"Vous passez à côté des urgences agricoles" déplore Boris Vallaud face à Sébastien Lecornu
21 juillet 2026
"Vous passez à côté des urgences agricoles" déplore Boris Vallaud face à Sébastien Lecornu
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Monsieur le Premier ministre, l'urgence agricole est là, dans la canicule qui s'abat sur les cultures et sur les élevages, dans les rendements qui s'effondrent, dans les pénuries d'eau. Chez moi, dans les Landes, des milliers d'hectares n'ont pas été remis en culture. Jamais le revenu agricole n'a été si bas et les récoltes s'annoncent catastrophiques. Vous passez à côté des urgences agricoles. Les agriculteurs nous parlent de revenus, de trésorerie, de charges, de fourrage.
Pourquoi n'êtes-vous pas à Bruxelles pour réclamer des aides exceptionnelles ? Pourquoi n'avez-vous pas déjà engagé un plan fourrage ? Pourquoi n'avez-vous pas encore abondé le fonds d'allègement des charges ? Partout en France, beaucoup de nos paysans se demandent s'ils passeront l'hiver. Monsieur le Premier ministre, vous passez à côté des urgences agricoles car la crise agricole est d'abord une crise environnementale, doublement, du fait du réchauffement climatique, du fait de la perte de biodiversité.
Voilà pourquoi, s'agissant de l'eau, notre position est claire : nous sommes favorables au stockage de l'eau dans une logique de partage de la ressource et de démocratie locale, pas d'accaparement et de mise sous tutelle. Regardez, respecter la démocratie locale dans les Landes, ça marche. Voilà pourquoi notre position est claire : nous sommes attachés à l'autorité de la science libérée de toute pression politique et nous n'avons jamais souhaité la réintroduction de molécules, tout le reste est mensonge. Nous avons, Monsieur le Premier ministre, cherché une loi de compromis utile aux agriculteurs, mais tous les équilibres ont été rompus, tous les compromis ont été trahis. Hier soir, vous avez commis une triple faute : en ne respectant pas votre parole publique et en refusant d'écarter la question des pesticides, en interdisant le débat parlementaire sur ce sujet contrairement à vos propos du matin et semant le doute jusque dans vos propres rangs, en mettant dos à dos agriculture et environnement, les agriculteurs eux-mêmes et le reste de la société, prenant le risque d'ouvrir une guerre de l'eau et une guerre de la santé.
Monsieur le Premier ministre, comment entendez-vous éviter la faillite de nos agriculteurs et sa coupure avec une société qui ne demande rien d'autre que d'être derrière elle ?
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