Commission des finances : M. Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance
20 janvier 2021
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Commission des finances : M. Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance
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Intervenant 1
Nous avons souhaité en ce début d’année poursuivre notre réflexion sur le suivi économique et financier de la crise. Nous avons ainsi eu l’occasion de recevoir M. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France la semaine dernière ; nous recevrons mercredi prochain M. Olivier Sichel, directeur de la banque des territoires, et M. Benoît Cœuré, qui préside le comité chargé du suivi des réponses à la crise. Nous avons le plaisir d’accueillir aujourd’hui M. Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance : chacun connaît l’importance de cette banque publique, organisme chargé notamment de la distribution du prêt garanti par l’État (PGE) depuis le début de la crise. Bpifrance est également chargée du déploiement de fonds, tant en vue de l’investissement dans les fonds propres des entreprises que du développement des prêts. Bpifrance se place ainsi au cœur du système de réponse à la crise et il est important d’entendre Nicolas Dufourcq sur les actions de Bpifrance et les ressentis du terrain, au travers des multiples capteurs dont il dispose.
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Intervenant 2
Je suis très content de pouvoir présenter les actions de Bpifrance à votre commission en ce début d’année. En 2020, nous avons engagé dix milliards d’euros de crédits à l’investissement, contre environ trois milliards d’euros lors de la création de la Banque publique d’investissement, en 2012. Six milliards d’euros de crédit sont constitués de prêts sans garantie, adossés à des fonds de garantie dotés par la puissance publique. Le principal instrument correspond aux prêts « atout » lancés le 16 mars, jour de l’annonce du confinement par le Président de la République, compris entre 15 000 euros et 30 000 euros, à dix ans, assortis d’importants différés de remboursement et de taux d’intérêt relativement attractifs. Ces prêts ont suscité une forte demande de la part des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises.
Au total, nous avons placé près de trois milliards d’euros de prêts de ce type. S’y ajoute l’une des grandes nouveautés de l’année 2020, qui est le déploiement massif de prêts directs, sans garantie, aux très petites entreprises (TPE), les prêts « rebond », qui financent le volet immatériel de l’investissement. Ces prêts sont adossés à des fonds de garantie entièrement financés par les conseils régionaux, et non par l’État. Nous en avons conclu pour près d’un milliard d’euros, dont 350 millions d’euros par le biais d’un nouveau canal 100 % digital, sans aucun contact avec un agent. Le processus permettant de juger du risque est réalisé au travers d’algorithmes, en cochant une multitude de cases sur le site internet de Bpifrance.
Cette nouveauté nous accompagnera à l’avenir, puisque nous prévoyons chaque année une extension de notre canal de prêts directs aux TPE par le biais du digital. Le budget 2021 prévoit un total de prêts à hauteur de neuf milliards d’euros. La partie fondamentalement contracyclique de notre action s’est traduite dès 2020, même si notre budget a été établi alors que nous n’avions aucun moyen d’anticiper la situation sanitaire que nous connaissons encore actuellement. J’en viens à présent au financement de l’innovation et à l’action de Bpifrance en tant qu’opérateur du plan de relance et du programme d’investissements d’avenir (PIA). En 2019, nous avions distribué 1,5 milliard d’euros en prêts à l’innovation et subventions à l’innovation.
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