Commission des affaires culturelles : Mme Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
27 janvier 2021
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Commission des affaires culturelles : Mme Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
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Intervenant 1
Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, c’est un plaisir pour moi de vous retrouver en chair et en os en ce début d’année. Puisque le mois de janvier n’est pas encore terminé, permettez-moi de vous renouveler mes vœux de bonheur et surtout de santé pour 2021. Au-delà des souhaits personnels, nous espérons tous que cette nouvelle année nous permette enfin de tourner la page de la pandémie, pour renouer avec les joies simples de la vie d’avant, mais aussi pour nous atteler aux nombreux chantiers que cette vague d’épreuves inédites laissera derrière elle en se retirant. Depuis bientôt un an, le Gouvernement a engagé toutes les forces de notre pays dans la bataille contre le covid-19. Nous devons continuer de le faire sans jamais cesser de regarder l’avenir, animés de l’ambition de faire de cette crise un moment constructif.
Préserver l’avenir c’est, avant tout, préserver notre jeunesse. Or les étudiants subissent de plein fouet les conséquences économiques, sociales, psychologiques et sanitaires de cette crise qui les prive, selon leurs propres mots, de leurs plus beaux moments. Il est de notre devoir de leur permettre de construire leur avenir malgré la situation actuelle, en leur adressant un message d’espoir. À un âge où la vie s’élargit à de nouvelles expériences, à de nouveaux cercles d’amis, à de nouveaux pays, leur horizon s’est tout à coup borné à leur chambre d’étudiant ou d’adolescent, avec un écran d’ordinateur pour seule fenêtre sur l’existence : un écran pour apprendre, un écran pour discuter entre amis, un écran pour s’évader, alors que l’entrée dans l’enseignement supérieur leur promettait des liens à nouer, des projets à construire, de la liberté et de l’autonomie à conquérir. Certains ont le sentiment que la crise sanitaire leur a tout enlevé, jusqu’à leurs rêves et leur confiance dans l’avenir.
Pour d’autres, l’angoisse du lendemain a pris le pas sur le reste. En même temps que le coup d’arrêt porté aux petits boulots, on a vu apparaître des étudiants dans les files d’attente des Restos du cœur ou du Secours populaire. D’autres encore sont allés chercher au fond d’eux-mêmes des trésors d’engagement et de solidarité. Il importe de le reconnaître et de remercier l’ensemble des étudiants d’avoir été capables de prendre soin les uns des autres. Le rapport issu des travaux de la commission d’enquête menée par Mmes les députées Sandrine Mörch et Marie-George Buffet dépeint bien ces détresses comme ces engagements, et la difficulté, parfois, de notre société à entendre sa jeunesse.
Je tiens à saluer ce travail, qui a su s’élever au-dessus des clivages politiques pour éclairer un phénomène qui doit tous nous alerter. Cette détresse étudiante, le Gouvernement n’a pas attendu qu’elle devienne médiatique pour commencer à y apporter des réponses. Dès le printemps dernier, nous avons déployé des aides inédites pour accompagner les étudiants dans cette période difficile. Nous n’avons jamais cessé depuis d’étoffer notre action sur tous les fronts. Celui de la continuité pédagogique, d’abord, par le soutien à l’hybridation des formations au sein des établissements, dès cet été – je tiens à saluer l’engagement des équipes pédagogiques et des professeurs qui ont, pendant la période estivale, préparé une rentrée dont on se doutait qu’elle pourrait être compliquée.
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