Commission des affaires étrangères : Mme Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
12 juillet 2022
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Affaires étrangères (commission) Assemblée nationale
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Intervenant 1
Madame la ministre, nous sommes très heureux de vous accueillir. Je regrette que nous ne soyons pas plus nombreux ce soir, le vote en cours à l’hémicycle requérant la présence de commissaires qui auraient souhaité vous entendre. Vous sortez à peine d’un débat en séance publique au Sénat et je salue la disponibilité dont vous faites preuve en vous présentant devant nous dès que possible. Votre parcours est celui d’une diplomate aux remarquables activités professionnelles au service du Quai d’Orsay, doublées de responsabilités politiques, voire ministérielles, impressionnantes. Vous avez été la représentante permanente de la France auprès de l’UNESCO, de 2008 à 2010, et de l’OCDE, de 2014 à 2019.
Vous étiez auparavant ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire en Italie, de 2012 à 2014, et au Royaume-Uni, de 2019 à mai dernier. Vous avez également exercé les fonctions de porte-parole du président Jacques Chirac de 1995 à 2004. Enfin, vous avez déjà assumé des responsabilités ministérielles, en tant que ministre déléguée aux affaires européennes, de juin 2005 à juin 2007. En un mot, nous avons face à nous une personnalité particulièrement qualifiée pour conduire la diplomatie française. Depuis votre nomination, des sommets importants de dirigeants internationaux se sont tenus en Europe au cours des vingt derniers jours, constituant en cela une séquence – pour ne pas dire un « marathon » – diplomatique majeure.
Le Conseil européen des 23 et 24 juin derniers, ultime Conseil de la présidence française de l’Union européenne, a été marqué par la décision historique de conférer à l’Ukraine et à la Moldavie le statut, sous conditions, de candidats à l’adhésion. Vous avez également accompagné le Président de la République, en compagnie du chancelier allemand, du président du Conseil italien et du président de la Roumanie, à Kiev, le 16 juin dernier. Le deuxième événement est le sommet du G7 au Château d’Elmau, en Bavière, qui s’est tenu du 26 au 28 juin. L’Allemagne assume actuellement la présidence de cette instance et cette réunion a été l’occasion pour ces chefs d’État et de gouvernement de faire le point sur les implications économiques et alimentaires de la guerre en Ukraine. Enfin, les 29 et 30 juin, la capitale espagnole a accueilli le sommet des chefs d’État et de gouvernement des 30 membres de l’Alliance atlantique.
Ce rendez-vous, prévu de longue date, visait à réorganiser l’OTAN, qui était jusque-là, si ce n’est « en mort cérébrale », selon les termes du Président de la République, du moins en coma profond. À Madrid, cette organisation a été tirée de son coma. Parmi l’ensemble des sujets évoqués, je citerai la décision novatrice et révolutionnaire d’accueillir favorablement l’adhésion en son sein de la Finlande et de la Suède. Vous avez ainsi été particulièrement occupée. Vous faites face à une situation dramatique, où se heurtent les enjeux les plus décisifs.
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