OPECST : M. Gilles Pijaudier-Cabot (CNE2) ; Mme Marie-France Bellin et M. Jean-Christophe Niel de l’IRSN

21 juillet 2022

Aucun chapitre disponible pour le moment

Choix scientifiques et technologiques (office d'évaluation) Assemblée nationale

00:00 - 01:40
Intervenant 1
– Monsieur le Président, merci pour votre présentation de l’ensemble de la filière nucléaire française, qui conduit finalement à un constat assez sombre, à bien des égards, notamment lié au vieillissement du parc actuel.  Aucune date n’est programmée pour la fin d’un réacteur nucléaire.  Contrairement à une croyance populaire, une obsolescence n’est pas programmée sur les réacteurs de deuxième et troisième générations.  Néanmoins, ce parc est vieillissant et il va falloir penser à le remplacer.  Le constat est sombre aussi parce qu’il manque une vision politique depuis un certain nombre d’années. 

La France n’a pas construit de réacteurs depuis vingt ans et aujourd’hui, nous faisons face à des problèmes d’entretien, qui sont liés à la crise sanitaire, à des problèmes de corrosion.  Le parc produit à la moitié de sa capacité, ce qui est évidemment un problème, notamment dans la période de crise politique que nous connaissons avec la guerre en Ukraine.  Un autre constat assez sombre est la perte de compétences, liée à cette absence de construction pendant vingt ans.  Nous avons perdu le savoir-faire sur notre territoire, ce qui est aussi cruel à dire qu’à entendre.  Nos ingénieurs, à force de « nucléaire bashing », se sont écartés de la filière nucléaire et se sont tournés vers d’autres domaines. 

C’est une réalité.  Aujourd’hui, il est difficile de relancer la machine et, par exemple, de recruter des soudeurs, dans un domaine très technique qui demande bien sûr de la formation.  Le dernier constat très sombre concerne le retard par rapport à nos concurrents internationaux, qui ne nous ont pas attendus dans nos tergiversations écolo-climatiques pour avancer sur leur filière nucléaire propre.  Ceci étant dit, j’observe, comme vous, une inflexion politique au niveau national avec l’intention de construire six EPR à un horizon qui me semble également un peu ambitieux.  On ne reconstruit pas une filière nucléaire comme une filière automobile ou une autre filière industrielle. 

En tout cas, il serait temps de passer aux actes.  Cette inflexion fait suite à des décisions contraires.  Il faut rappeler par exemple la fermeture de Fessenheim, dans le quinquennat précédent.  On voit aussi une inflexion au niveau européen, avec la bataille pour inclure le nucléaire dans la taxonomie verte.  Je suis d’avis de considérer le nucléaire comme participant à l’effort climatique, au règlement du dérèglement climatique. 

La suite de la transcription est réservée aux clients Pro

Débloquez la transcription complète, le chat et toutes les fonctionnalités d'analyse avec Polyfact Pro.

Posez une question sur cette vidéo — j'analyse sa transcription pour vous répondre.