Commission des affaires économiques : M. Marc Ferracci, ministre délégué chargé de l’industrie

12 novembre 2024

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Commission des affaires économiques : M. Marc Ferracci, ministre délégué chargé de l’industrie

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Intervenant 1
Nous accueillons aujourd’hui Monsieur Marc Ferracci, ministre délégué chargé de l’industrie, pour évoquer sa feuille de route ministérielle et, plus généralement, la situation et les perspectives de l’industrie française.  Nous avons commencé à aborder ces questions avec le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, Monsieur Antoine Armand, que nous avons reçu la semaine dernière.  L’accélération des annonces de plans sociaux et des fermetures de sites de production, comme ceux du groupe Michelin à Vannes et à Cholet, qui emploient plus de 1 250 personnes, suscite inquiétude et colère, d’autant que ce groupe enregistre des bénéfices considérables et a perçu des centaines de millions d’euros (M€) d’aides publiques depuis dix ans.  Lorsque nous l’avions auditionné, le 18 septembre dernier, le PDG de Michelin avait surtout vanté sa politique salariale.  À Vannes, où beaucoup d’entre nous se sont rendus, les salariés sont sous le choc, mais aussi dans l’incompréhension face à l’absence de protection de la puissance publique. 

Nombre de nos circonscriptions subissent la même situation.  Nous avons aussi auditionné la présidente de Sanofi France à la suite du projet, pour le moins contesté, de rachat par un fonds américain de sa filiale Opella qui fabrique le Doliprane, ainsi que le directeur Europe de Stellantis.  Nous n’en sommes pas sortis rassurés sur l’avenir des emplois, loin de là.  De surcroît, la récente élection aux États-Unis d’un président prêt à la guerre commerciale dessine la perspective de difficultés pour nos entreprises industrielles les plus exportatrices, sans parler de la concurrence déloyale de la surproduction chinoise qui frappera notre industrie si la France et l’Union européenne ne se dotent pas d’une politique industrielle et commerciale plus adéquate.  Vous restez à l’écoute des remontées de terrain concernant les fermetures de sites – et c’est appréciable. 

Mais nous voulons aussi connaître votre stratégie face aux risques d’affaiblissement de nos capacités industrielles et de destruction massive d’emplois, et comprendre ce que vous proposez pour ces entreprises et leurs salariés : je pense à la filière automobile, à la chimie et à l’industrie verte, dans lesquelles de nombreux emplois sont en jeu.  Le ministère chargé de l’économie communique sur un bilan industriel positif depuis sept ans, mais les chiffres présentent une autre réalité.  La politique de l’offre n’est pas parvenue à enrayer la baisse de la part de l’emploi industriel dans l’emploi total.  On note, tout au mieux, une décélération de sa baisse continue depuis quarante ans.  Dans l’industrie, 3,2 millions d’emplois sont en jeu, dont on estime que des dizaines de milliers seront supprimés dès cette année. 

Quel est votre plan en matière de protection commerciale, de régulation des décisions des grands groupes, de protection des salariés et de protection spécifique des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE et PME) ?  Par ailleurs, le Premier ministre a dit vouloir savoir ce que le groupe Michelin a fait des aides publiques : un travail spécifique a-t-il été lancé en la matière et, plus généralement, au sujet des aides publiques aux entreprises ? 

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