Politique française d’expérimentation nucléaire : M. Manuel Valls, ministre des Outre-mer ; Auditions diverses - Mardi 13 mai 2025
13 mai 2025
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Politique française d’expérimentation nucléaire : M. Manuel Valls, ministre des Outre-mer ; Auditions diverses - Mardi 13 mai 2025
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Intervenant 1
Écoutez, vous propose qu'on démarre chers collègues et puis les députés qui sont disponibles ou qui ont envie de nous rejoindre nous rejoindront. Justement non ils arrivent. Bienvenue monsieur le ministre cher Manuel Valls, au sein de cette commission, commission d'enquête, chercher d'évaluer les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française. Nous finissons nos travaux cette semaine, aujourd'hui et demain, des travaux qui ont démarré au mois de janvier. Monsieur l'administrateur, combien d'auditions avons-nous menées ? Plusieurs dizaines, quasiment 50, et donc auditionné au total plusieurs dizaines de personnes.
Nous serons rendus en Polynésie il y a un peu plus d'1 mois, 1 mois et demi maintenant, une partie en tous les cas de la commission, une délégation, donc les travaux qui ont démarré au mois de janvier qui s'étaient interrompus avant la dissolution, qui avaient démarré déjà en 2024 grâce à la ténacité de Mariana Rederbelot et bien et son groupe a, comment dire, sollicité à nouveau de redéposer une demande de création de commission d'enquête qui a été acceptée. Donc nous avons repris nos travaux en janvier, nous les terminons bientôt et madame la rapporteur doit rendre son rapport d'ici 3 semaines maintenant puisque pour la mi-juin nous allons devoir communiquer sur le rapport. Donc merci de vous être rendu disponible pour cette audition, une audition bien évidemment essentielle pour nous parce qu'il était bien entendu indispensable de vous entendre puisque vous êtes, de par votre portefeuille ministériel, en première ligne pour traiter de ce sujet des essais nucléaires et que vous avez déjà eu à connaître lorsque vous étiez Premier ministre. Alors d'emblée, je vous le dis au fur à mesure de nos auditions que nous avons menées depuis plusieurs mois, je je peux affirmer aujourd'hui que les essais nucléaires restent sujet encore très sensible en Polynésie française.
Les témoignages que nous avons reçus les uns et les autres, l'émotion avec laquelle certains témoins nous ont parlé, faut le dire, l'attente même de la venue d'une délégation de notre commission d'enquête sur place, autant d'éléments qui témoignent de ce que la période des essais nucléaires a profondément touché l'ensemble de la Polynésie et reste aujourd'hui encore, il faut bien le dire, un sujet traumatisant et un sujet également sur lequel il y a encore beaucoup d'attentes à l'égard de l'État français. À ce titre, je le dis ici, il ne faudrait pas croire pour autant que les Polynésiens rejettent les essais nucléaires, ce n'est pas le sujet. Les attitudes sur ce point ont divergé et contribué d'ailleurs à fortement modéliser la vie politique polynésienne et la vie tout court en Polynésie. Être opposé aux essais à l'époque signifiait souvent être opposé à la métropole et donc pouvait être une affirmation indépendantiste de la part de certains, dans certains cas interprétée comme telle. En outre, certains Polynésiens étaient et restent encore aujourd'hui, pour ceux qui sont encore en vie, fiers d'avoir travaillé pour permettre à notre pays de bénéficier de la dissuasion nucléaire qui, dans le contexte géopolitique mondial actuel, est un atout sans commune mesure, bien évidemment, pour notre pays.
2 questions pour dans ce contexte que j'aimerais vous poser un peu pour lancer les propos liminaires, monsieur le ministre, et puis après je laisserai la parole aux députés présents et en premier lieu bien évidemment à madame la rapporteure qui ouvrira le feu des questions. Deux questions, la première, vous n'en souvenez peut-être pas, mais d'une réponse faite en 2015 au député de Polynésie Jean-Paul Thuaïeva. Et alors que vous étiez Premier ministre, vous aviez reconnu que l'indemnisation des victimes des essais nucléaires via le Siven n'avait pas eu l'efficacité escomptée et vous étiez déclaré favorable à l'époque à une modification de la loi Morin. La loi du 28 février 2017 ensuite est passée par là, la loi dite Erom qui a supprimé le critère du risque négligeable et qui a eu pour effet de faciliter considérablement l'indemnisation des demandeurs. Quel regard portez-vous aujourd'hui en 2025 sur cette évolution législative et pensez-vous qu'il faille de nouveau modifier et faire évoluer le dispositif existant ? Ça, c'est ma première question un peu pour lancer le débat.
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