Permis de tuer : la loi de la honte - Léa Balage El Mariky & Issam El Khalfaoui
26 août 2026
Permis de tuer : la loi de la honte - Léa Balage El Mariky & Issam El Khalfaoui
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Intervenant 1
Bienvenue, bienvenue autour de ce dialogue concernant la loi de permis de tuer. Vous l'avez vu sur le programme, vous le voyez aussi sur le t-shirt d'Issam. Issam El Khalfaoui, vous êtes le père, est-ce qu'on peut se tutoyer pendant l'échange ? Bien sûr. Tu es le père de Souheil qui a été tué par le tir d'un policier stagiaire à l'âge de 19 ans à Marseille.
Et tu portes au-delà de la douleur et du deuil un combat pour la vérité et la justice pour ton fils. Mais aussi tu as été le porte-voix de toutes les familles de victimes de violences policières lors d'un débat parlementaire que nous avons eu ces derniers mois autour de la question de la loi qu'on appelle permis de tuer. De quoi il s'agit véritablement ? Depuis 2017, on va dire la police a un certain nombre de possibilités de tir, notamment lors des contrôles routiers. Et là, il y a eu une revendication des syndicats de l'extrême droite qui a été validée par le gouvernement pour offrir, d'abord on parlait de légitime défense, maintenant on parle de légalité présumée d'un tir de police.
Donc c'est-à-dire que celles et ceux qui ont la responsabilité la plus lourde dans notre État, qui ont l'autorité la plus forte avec une arme létale, sont beaucoup moins contrôlés. Et quand on connaît ton histoire, celle de ton fils, la manière dont la vérité a du mal encore à éclater, c'est avec autant de difficulté, de stupeur et d'effroi qu'on a eu ces débats parlementaires qui se sont soldés le 7 juillet par un vote de la honte, un vote qui a fait adopter cette proposition de loi à l'initiative d'un député LR, Éric Pauget. On dit souvent que le pire arrive du Sénat, en fait le pire arrive aussi de l'Assemblée nationale et c'était le cas avec cette proposition de loi. Et tu avais dans les débats parlementaires, vous savez chaque groupe parlementaire a des chefs de file, pour le groupe Écologiste et Social, c'est Pouria Amirshahi qui déjà en 2016-17 quand il était député s'opposait à la loi qui actuellement régit les tirs de policiers, de forces de l'ordre, et qui là a été notre porte-parole et il a été ton porte-parole lors du débat parlementaire puisque tu avais dit de mémoire : "Je ne suis pas député, je ne suis pas juriste, je suis le père d'un fils dont la République n'a toujours pas manifesté la vérité depuis maintenant 5 ans". C'est ça ton histoire, mais c'est aussi l'histoire de familles que tu as pu rencontrer dans ton combat et donc j'aimerais que tu puisses d'abord nous en parler.
Et je voudrais véritablement que vous puissiez applaudir Issam parce que sa présence, c'est la présence de toutes les familles des victimes. C'est la présence d'un combat qui se fait de père à père, de proche en proche parce qu'en fait ta parole, elle est rarement entendue dans les médias. On entend plutôt la parole du ministre de l'Intérieur sans contradiction et donc ces espaces de dialogue, ils recadrent le débat et on en a beaucoup besoin, donc merci d'être là.
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