Philippe de Villiers : «Ceux qui ont établi Schengen ont du sang sur les mains»
4 septembre 2026
Philippe de Villiers : «Ceux qui ont établi Schengen ont du sang sur les mains»
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Et bien quand j'ai lu la presse cet été, je me suis dit : "Ah, cette fois-ci ça y est, ça bascule, c'est le début de la fin de Schengen". Ils ont tenu, mais là ils peuvent plus parce que les gens décrochent, parce que c'est un spectacle qui n'a pas besoin de sous-titres. Alors en fait, quelles sont les leçons de Ceuta ? Première leçon, c'est la puissance de l'appel d'air. On a le Premier ministre espagnol, souvenez-vous, qui en janvier dernier décide de régulariser 500 000 migrants.
Résultat, le 30 juin, on apprend que 1 200 000 dossiers ont été déposés. Et donc la brèche est ouverte, et puis ensuite les migrants arrivent, ils sont 70 000, 80 000, on ne sait pas trop. On devrait se poser la question pour nous, la question de la puissance de l'appel d'air parce que nous, on a l'aide médicale d'État, 1 milliard d'euros. C'est-à-dire que c'est beaucoup plus facile pour un étranger clandestin de se faire soigner gratuitement en France que pour un Français. C'est-à-dire que le clandestin, il est logé gratuitement, le débouté du droit d'asile est logé, etc., blanchi, etc.
Bon, vous vous rendez compte que les prestations sociales non contributives en France, c'est entre 15 et 20 milliards d'euros. Donc on a ce problème de l'appel d'air. Et Nicolas Pouvreau-Monti, qui est un garçon remarquable, a dit récemment : "La différence entre l'Espagne et la France, c'est qu'eux ils font une régularisation d'un coup, nous on fait au compte-gouttes, en fait 30 000 par an". Donc 30 000 par an, en 10 ans ça fait 300 000, en 20 ans ça fait 600 000, c'est pas très sérieux. Ensuite, deuxième élément, deuxième leçon, c'est l'extraordinaire précarité de la frontière unique.
Parce que quand il y a la frontière unique, il suffit qu'il y ait une seule brèche, c'est-à-dire une seule défaillance d'un seul pays, et tout le monde en pâtit. Madame Meloni pourrait en témoigner, elle a protesté comme les Danois, comme les etc., comme les autres. Et je vais vous raconter une anecdote personnelle. Quand on a décidé pour le premier Vendée Globe de définir le règlement de la course, le président de la Fédération de la voile, un homme remarquable, qui m'a dit : "Attention au principe du Titanic". La construction des bateaux doit intégrer l'idée du Titanic.
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