Police - Jeunesse : peut-on sortir de la défiance ? - #CamPuS2026

9 septembre 2026

Police - Jeunesse : peut-on sortir de la défiance ? - #CamPuS2026

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Intervenant 1
On va parler ici de la relation entre la police et la jeunesse avec une grande question : peut-on sortir de la défiance ?  Donc on sait aujourd'hui que malheureusement on a évidemment la question de la sécurité va être au cœur des débats à venir dans l'élection présidentielle de 2027.  Et on sait qu'à la fois on a une forte demande de sécurité mais qu'on a aussi un sujet sur la vision que nous avons aujourd'hui de la police, sur la relation en particulier de la police avec toute une partie de notre jeunesse avec une relation qui s'effrite, une relation de confiance qui a disparu, une relation même de défiance qui s'est installée, voire même de confrontation parfois.  Et l'objet de cette table ronde c'est d'examiner l'état des lieux de cette relation et de voir quelles perspectives peuvent être devant nous pour retrouver le sens d'une police véritablement républicaine dans laquelle la jeunesse peut aussi avoir confiance.  Donc moi je suis Corinne Narassiguin, je suis secrétaire nationale et trésorière du parti mais je suis aussi et surtout ici en tant que sénatrice de la Seine-Saint-Denis et je vais co-animer cette table ronde avec mon collègue sénateur Christophe Chaillou, sénateur du Loiret. 

Et nous avons quatre intervenants extérieurs, donc qui ne sont pas membres du Parti socialiste.  Nous avons choisi d'avoir cette table ronde avec quatre intervenants qui viennent apporter leur expertise sur ce sujet.  Sebastian Roché, politologue français spécialisé en criminologie, docteur en sciences politiques et directeur de recherche au CNRS.  Et vous avez bien sûr produit beaucoup de travaux sur la question de la police et de la doctrine d'emploi de la police et des forces de sécurité.  Pierre-Antoine Cazau, avocat au barreau de Bordeaux mais ici surtout en tant que co-secrétaire national de la LDH, référent des observatoires des pratiques policières. 

Justine Probst, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature qui va nous apporter donc cette vision des magistrats et notamment vous travaillez aussi beaucoup sur la question de la justice des mineurs.  Et Jean-Marie Godard qui est journaliste, qui est spécialiste des questions de maintien de l'ordre, de la sécurité publique au quotidien, auteur de plusieurs livres, le plus récemment co-auteur de Sécurité, notre bien commun, mais aussi auteur de Paroles de flics.  Vous avez beaucoup travaillé avec les policiers.  Pour lancer cette discussion, et je salue Jérôme Durain qui est au fond ici et dont les travaux vont aussi probablement être abordés pendant cette table ronde, travaux qu'il a menés au Sénat.  Je voudrais, on va commencer avec Christophe par introduire cette problématique par deux angles, deux sujets qui nous paraissent être des sujets qui aujourd'hui sont symboliques, sont la cristallisation des dysfonctionnements qui existent aujourd'hui dans la relation entre la police et la jeunesse. 

Moi-même j'ai porté au Sénat une proposition de loi de réforme des contrôles d'identité pour lutter contre les contrôles au faciès.  Et Christophe ensuite vous parlera de la proposition de loi qu'il porte, dont il est co-auteur, sur la réforme des amendes forfaitaires délictuelles qui aujourd'hui sont un peu devenues le pendant de tous les dysfonctionnements qu'on rencontre déjà avec les contrôles d'identité.  Donc quand on est socialiste, parler de la question des contrôles au faciès c'est un petit peu compliqué parce qu'on sait tous que pendant très longtemps on a fait la promesse de mettre le récépissé, puis on a été cinq ans au pouvoir et on l'a pas fait, et on continue à nous le reprocher à juste titre.  Et donc quand j'ai décidé de porter de nouveau ce sujet-là, je l'ai fait avec cette conscience-là du fait qu'il fallait d'abord admettre que c'était quelque chose qu'on n'avait pas fait et qu'on aurait dû faire, et de pas simplement proposer le récépissé.  La raison pour laquelle c'est la première proposition de loi, moi je suis sénatrice depuis 2023 comme Christophe, donc la première proposition de loi que j'ai choisi de déposer c'est parce que j'ai participé très rapidement après mon élection aux travaux d'une mission d'information qui avait été lancée par le Sénat sur les émeutes qui ont eu lieu à l'été 2023, et donc suite à la mort de Nahel Merzouk. 

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