Crises sanitaires : prévenir, anticiper, coordonner
À propos
De nouvelles crises sanitaires sont inéluctables. La question n'est pas tant de déterminer si mais quand et le CESE estime que la France n'y est pas suffisamment préparée car il manque une réelle culture de prévention des risques. Le CESE appelle dès aujourd’hui à une meilleure structuration des politiques publiques et à plus de transversalité pour une coordination efficace des acteurs (pouvoirs publics, scientifiques, professionnels de santé, élus…). Rendre prioritaire la prévention et l’anticipation pour une meilleure gouvernance 1- Renforcer la capacité à affronter les crises à venir en se basant sur six prérequis structurants et opérationnels pour une société mieux préparée. 2- Améliorer la gouvernance des situations sanitaires d’urgence, en tirant les leçons de la Covid-19 et des crises précédentes, autour de sept principes. Des crises sanitaires complexifiées Aujourd'hui, les risques sanitaires sont globalement identifiés, comme l'explicite Brigitte Autran, présidente du Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (COVARS), qui a été auditionnée : "Le COVARS a identifié plusieurs séries de risques sanitaires majeurs pour les prochaines années en France métropolitaine et ultramarine, qui concernent essentiellement deux grands risques de maladies infectieuses : les maladies infectieuses respiratoires dues à des virus pandémiques type grippe aviaire ou coronavirus et ce qu'on appelle les arboviroses, maladies virales transmises par des moustiques ou des tiques." Ces crises sanitaires se trouvent ainsi aggravées par la combinaison et la corrélation de facteurs comme le changement climatique, la perte de biodiversité, les zoonoses (60 % des maladies infectieuses émergentes provenant d’animaux), l'antibiorésistance (40 % des patients grippés reçoivent une prescription antibiotique, alors que dans un tel contexte - hormis dans les cas de surinfection bactérienne et/ou de personnes particulièrement fragiles - cela ne sert strictement à rien) ou encore l'intensification des échanges mondiaux. Des fragilités structurelles révélées Le système de santé était déjà à bout de souffle avant la pandémie de Covid : moyens humains insuffisants, conditions de travail des personnels soignants difficiles, métiers peu valorisés, investissements insuffisants, déserts médicaux, modèle économique inadapté à des logiques de prévention et exigences des parcours de soin. Ces difficultés structurelles se sont aggravées et six ans après, l'organisation de la santé peine à se relever. La crise de la Covid-19 a aussi soulevé la question de l'autonomie stratégique sur la conception de vaccin, la fabrication de médicaments et d'équipement de protection individuelle... mais aussi sur l'énergie, confirmant une vulnérabilité dans plusieurs secteurs. L'environnement, l'économie et la géopolitique complexifient davantage encore la gestion de ces crises devenues plus systémiques, plus rapides et plus difficiles à maîtriser. Le constat du CESE est fort, la France n'est pas prête à affronter une nouvelle crise sanitaire : manque d’anticipation, coordination insuffisante entre acteurs, culture de prévention encore trop limitée. Christelle Caillet (groupe de la CFDT) Aide-soignante, Christelle Caillet est Secrétaire générale syndicat CFDT santé sociaux du Doubs. Membre du groupe de la CFDT du CESE, elle siège aux commissions Affaires sociales et santé et Travail et emploi. En 2024, elle a rapporté l’avis « Articulation des temps de vie professionnel et personnel : de nouveaux défis ». En savoir plus : https://www.lecese.fr/actualites/mieux-se-preparer-dineluctables-crises-sanitaires