2019 06 27 bip no 13873
USI Actualités
11 juin 2026, 06:00
Texte de la source originale
L E Q U O T I D I E N D U P É T R O L E E T D U G A Z N A T U R E L
@BiPgazpetrole www.enerpresse.com
FRANCE
Une politique climatique sous haute
surveillance
« Agir en cohérence avec les ambitions ». Le titre
du premier rapport du Haut Conseil pour le climat
(HCC) dévoilé mardi 25 juin donne d’entrée de jeu
le ton.
« Les premiers efforts fournis sont réels, mais
ils sont nettement insuffisants et n’ont pas produit
les résultats attendus », affirme,
« sans surprise »,
sa présidente Corinne Le Quéré.
Lire page 2
AUSTRALIE
La production de GNL
redémarre sur Pluto LNG
La compagnie australienne
Woodside a annoncé le 24 juin le
redémarrage de la production de
GNL sur son site de liquéfaction
Pluto LNG. Le 11 juin dernier,
Woodside avait indiqué avoir
achevé les travaux de
maintenance du site mais elle avait
observé des vibrations au niveau
du compresseur de réfrigérant
mixte à son redémarrage.
Woodside a donc réalisé des
contrôles supplémentaires.
ACTUALITÉS
Bourbon : le pacte
d’actionnaires renouvelé
Le président de Bourbon
Corporation, Jacques de
Chateauvieux et sa holding
familiale, Jaccar Holdings, Cana
Tera, Henri de Chateauvieux, Mach
Invest et Mach Invest International
ont décidé de renouveler pour
5 ans leur pacte d’actionnaires,
qui arrive à échéance ce mercredi
26 juin, a annoncé le groupe. Le
concert détient 60,71 % du capital
et 56,19 % des droits de vote.
Lire pages 3 à 7
TABLEAU DE BORD
Les découvertes du mois
d’avril 2019
Découverte d’hydrocarbures
au large du Mexique, de gaz de
schiste en Chine, ou de gaz
naturel sur le prospect offshore
Karish North dans les eaux
israéliennes… Le
BIP revient sur
les principales découvertes
d’hydrocarbures annoncées
au mois d’avril.
Lire pages 8 et 9
STATISTIQUES
Importations, production,
consommations de gaz
Nous publions dans le
BIP de ce
jour les chiffres des importations,
production, consommations de
gaz naturel en France pour le mois
d’avril 2019, communiquées par le
Service de l’observation et des
statistiques (SOeS) du
Commissariat général au
développement durable (CGDD).
Lire page 10
ÉTUDES & DOCUMENTS
L’analyse d’IFPEN sur les
marchés pétroliers
IFP Énergies Nouvelles publie,
chaque trimestre, une analyse sur
les marchés pétroliers.
Nous reprenons dans cette édition
du
BIP celle diffusée juin,
titrée : « Un excédent potentiel
éclipsé par les tensions
géopolitiques et la gestion OPEP ».
Lire pages 11 à 18
MARCHÉS À TERME – 25 JUIN 2019
NYMEX ICE
WTI
$/bl
Gaz nat.
$/MBtu
Brent
$/bl
Gazole
$/t
Juillet - 2,308 - 589,00
+0,005 +9,25
Août 57,83 2,286 65,05 591,50
-0,07 +0,19
Sept. 57,89 2,260 64,28 594,25
Oct. 57,80 2,294 63,91 597,00
Nov. 57,66 2,383 63,66 596,00
Les cours du pétrole ont évolué mardi
en ordre dispersé sans afficher une
tendance claire. Le marché hésitait
entre les inquiétudes liées aux tensions
au Moyen-Orient et l’attente du sommet
du G20.
N°13873 — Jeudi 27 juin 2019 — 54e année
Président / Directeur de la publication : Julien Elmaleh - Directrice éditoriale : Christine Kerdellant (01 77 92 94 83)
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2 À LA UNE N°13873
Jeudi 27 juin 2019
FRANCE
Une politique climatique sous haute surveillance
« Agir en cohérence avec les ambitions ». Le titre du premier rapport du Haut Conseil pour le climat
(HCC) dévoilé mardi 25 juin donne d’entrée de jeu le ton.
« Les premiers efforts fournis sont réels,
mais ils sont nettement insuffisants et n’ont pas produit les résultats attendus », affirme,
« sans
surprise », sa présidente Corinne Le Quéré. Le document, dont l’objectif est d’émettre des avis et
recommandations au gouvernement quant à la mise en œuvre de sa politique climatique, relève
que l’ensemble du dispositif actuel
« n’a pas permis d’atteindre l’objectif de la SNBC1 (Stratégie
Nationale Bas Carbone, ndlr) et ne permettra vraisemblablement pas en l’état d’atteindre l’objectif du
projet de SNBC2 ». Points noirs, le secteur des transports, dont les émissions ont dépassé de 9 %
le budget carbone prévu par la SNBC1 sur la période 2015-2018, et celui des bâtiments qui l’a, lui,
dépassé de 16 %. La transformation d’énergie a de son côté enregistré de meilleurs résultats, avec
une baisse des émissions de 10 % par rapport à la trajectoire anticipée.
Sans appel
Le Premier ministre Édouard Philippe, auprès duquel l’instance indépendante est placée, a rappelé
dans un communiqué que
« les ONG européennes du réseau pour l’action climatique ont classé en
2018 la France 3ème sur 28 pays en matière d’ambition et d’action pour le climat », mais a toutefois
reconnu que
« l’action menée (devait) néanmoins être amplifiée au regard de l’urgence ». Les
conclusions du HCC sont en effet sans appel. Outre ces dépassements de budget carbone, celui-ci
note que
« les changements structurels nécessaires pour accélérer la baisse des émissions de gaz
à effet de serre sont insuffisants et peu suivis » et qu’
« au niveau national, la SNBC est isolée et peu
opérationnelle ». « Juridiquement, la SNBC n’est contraignante que pour la programmation
pluriannuelle de l’énergie (PPE), ce qui limite son effet structurant dans le développement d’autres lois
et programmes qui ont, eux aussi,
« un impact potentiel majeur sur les émissions de GES », précise-
t-il. Les investissements climat – publics et privés – ont par ailleurs bien augmenté sur la période
du premier budget carbone, atteignant 41,4 milliards d’euros en 2018 soit une hausse moyenne de
4 % par an, mais restent toujours insuffisants par rapport à la trajectoire des investissements
nécessaires pour réaliser la trajectoire de la SNBC1. Pire, les investissements défavorables au climat
atteignaient, en 2017, 75 mds¤, majoritairement par le biais des achats de véhicules thermiques soit
98 % du total des investissements défavorables au climat, dans un contexte où les alternatives ne
sont pas encore assez accessibles ou compétitives.
Des recommandations prises en compte
Le HCC partage d’ailleurs l’idée, largement consensuelle auprès des experts, que la taxe carbone
est un instrument efficace pour réduire les émissions, demandant à être réévalué. Inscrire le niveau
des budgets carbone dans la loi et pas seulement par décret, rattacher les émissions liées aux
transports aériens et maritimes internationaux dans l’objectif de neutralité carbone de la France,
clarifier et inscrire dans la loi énergie le non-recours aux crédit internationaux pour l’atteinte des
objectifs 2050, font également partie des recommandations émises pour l’élaboration de la
prochaine SNBC. La semaine dernière, c’est la Commission européenne qui avait elle aussi
demandé à la France de revoir sa copie lors son évaluation des plans nationaux énergie climat
(cf. BIP du 21.06). Mme Le Quéré sera auditionnée lors du prochain Conseil de défense écologique
qui se tiendra début juillet, et Matignon a promis de présenter à cette occasion les suites qu’il
donnera à ces recommandations,
« dont certaines seront prises en compte dès l’examen
parlementaire du projet de loi relatif à l’énergie et au climat » qui a commencé en séance publique
à l’Assemblée nationale mercredi 26 juin.
Louise Rozès Moscovenko
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À LA UNE
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ACTUALITÉS 3N°13873
Jeudi 27 juin 2019
UNION EUROPÉENNE/TURQUIE/CHYPRE
Gaz : les chefs d’État de l’UE menacent la Turquie de sanctions
Les chefs d’État de l’UE souscrivent à l’idée de sanctions contre la Turquie en raison des
forages au large de Chypre. Les conclusions adoptées lors du Sommet européen des 20 et
21 juin contiennent un paragraphe qui
« condamne fermement les actions illégales que la
Turquie continue de mener en Méditerranée orientale et en mer Égée », en référence aux
forages exploratoires menés actuellement par Ankara dans la zone économiques exclusive
de Chypre. Aux termes de ces conclusions, la Commission européenne et le Service européen
pour l’action extérieure (SEAE) sont chargés de présenter
« sans délai des options en vue de
mesures appropriées, y compris des mesures ciblées ». L’UE, souligne encore les conclusions,
continuera de suivre de près l’évolution de la situation
« et se tient prête à réagir de manière
appropriée et en totale solidarité avec Chypre. »
La déclaration a été faite quelques jours après qu’Ankara a décidé d’envoyer un deuxième
navire de forage,
Yavuz, escorté par un bâtiment militaire. Le navire doit commencer à forer
début juillet à proximité du premier navire de forage turc, le
Fatih, envoyé il y a quelques mois
au large de Chypre dans l’intention d’explorer des prospects dans la zone économique
exclusive de l’île.
« Nous poursuivrons sans interruption nos forages. C’est notre droit le plus
légitime », a déclaré le 20 juin le ministre turc de l’Énergie, Fatih Dönmez pendant la cérémonie
organisée avant le départ du Yavuz.
(I. S. et
AFP)
FRANCE
Transition énergétique : l’USI appelle au
« principe de réalité »
L’avancée de la transition énergétique rattrape peu à peu tous les segments du monde
énergétique français. Les gestionnaires d’infrastructures gazières sont déjà concernés par le
sujet, les opérateurs des infrastructures pétrolières devront eux aussi s’adapter.
« L’arrêt de la
production des moteurs thermiques des véhicules en 2040 sera sans doute la plus lourde de
conséquences », a affirmé Olivier Peyrin, président de l’Union des stockistes industriels (USI)
lors d’une soirée organisée le 20 juin dernier à l’occasion des 25 ans de l’organisation. La fin
des moteurs thermiques conduira en effet au déclin de la consommation des carburants et
donc de la nécessité de gérer des stocks, cœur de métiers de la plupart de ses membres.
Si l’USI travaille sur cette question avec l’administration, l’organisation voit aussi d’un mauvais
œil la volonté de certains politiques à vouloir accélérer le mouvement. L’idée entendue
pendant la campagne aux élections européennes d’avancer la fin de la production des moteurs
thermiques à 2030 est
« une idée qui devrait être confrontée au principe de réalité », a déclaré
Olivier Peyrin. Mais, le temps que mettra le parc automobile français à se convertir aux
énergies propres fait que
« nous auront encore besoin de toutes les énergies », a-t-il conclu.
Suffisamment en tout cas pour permettre à ses 22 membres, représentant environ 26 millions
mètres cubes de capacités de stockage, de s’adapter
« tout en continuant à garantir le bon
fonctionnement de la chaîne logistique pétrolière, des raffineries ou ports d’importation
jusqu’aux clients finaux, stations-service, entreprises et particuliers. »
FRANCE
Bourbon : le pacte d’actionnaires renouvelé pour cinq ans
Le président de Bourbon Corporation ne se place pas dans l’idée de perdre le contrôle de son
groupe. Jacques de Chateauvieux et sa holding familiale Jaccar Holdings, Cana Tera, Henri
de Chateauvieux, Mach Invest et Mach Invest International ont en effet décidé de renouveler
leur pacte d’actionnaires, a annoncé le 24 juin le groupe dans un communiqué. Cet accord, qui
a également donné lieu à la constitution d’une action de concert vis-à-vis de Bourbon, arrive
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ACTUALITÉS
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en effet à échéance ce mercredi 26 juin. Il est donc renouvelé à compter de ce même jour
pour une durée de 5 ans supplémentaires. Le concert détient actuellement 60,71 % du capital
et 56,19 % des droits de vote.
Parallèlement, et sous réserve de la décision du gendarme boursier français, l’Autorité des
marchés financiers (AMF),
« des actionnaires historiques détenant, ensemble, environ 8,822 %
du capital social et 13,55 % des droits de vote de Bourbon Corporation, ont décidé (…) de
signer un accord de 5 ans, distinct du pacte d’actionnaires (...), portant engagement de vote
en vue de soutenir la stratégie et la gouvernance défendues par le concert initial ainsi qu’un
engagement de vote et de concertation sur les décisions importantes concernant Bourbon »,
annonce également Bourbon. Pour que ce nouveau pacte d’actionnaires soit mis en œuvre, ses
actionnaires attendent notamment une dérogation de l’AMF pour ne pas avoir à lancer d’offre
publique.
Pour les dirigeants de Bourbon, la création de ce second concert est un appui conséquent, au
moment où le conseil d’administration examine deux offres dans le cadre de la restructuration
du groupe. L’une d’entre elles, émanant des principaux créanciers, prévoit en effet de prendre
le contrôle du groupe, en plus d’apporter son aide financière
(cf. BIP du 06.06). Or, l’objectif
de ce nouveau concert est bien de renforcer le bloc de contrôle. Le concert élargi détiendrait
environ 69,53 % du capital social et 69,74 % des droits de vote de Bourbon.
FRANCE
Méthanisation : Vol-V Biomasse mise sur la voie sèche continue
Vol-V Biomasse, filiale d’Engie spécialisée dans la construction et l’exploitation d’unités de
méthanisation, a inauguré le 13 juin la première unité en voie sèche continue de Normandie.
L’unité est installée sur le site de la Centrale biogaz du Neubourg, à Bellangreville. Elle est
dimensionnée pour valoriser jusqu’à 26 000 tonnes de sous-produits organiques secs par an,
essentiellement du lisier, fumier, déchets végétaux et sous-produits issus d’activités agro-
industrielles. L’introduction de la matière organique dans le process se fera de manière
continue, c’est-à-dire que l’alimentation et la vidange du digesteur se fera en permanence,
avec une quantité entrante de matière équivalente à celle sortante. Le biogaz produit,
alimentant un moteur de cogénération, permettra la production annuelle de 7,1 GWh
d’électricité verte livrée sur le réseau local (équivalent à la consommation de 1 400 foyers),
et de 7,3 GWh d’énergie thermique sous forme d’eau chaude. L’investissement total dans
l’unité s’élève à près de 9,5 millions d’euros (M¤). L’Ademe Normandie et la région Normandie
ont contribué au financement à hauteur de 1,9 M¤ de subventions. La Caisse des dépôts et
Consignations et la Caisse d’Épargne Régions Normandie et Loire-Centre ont participé grâce
à un prêt de 6 M¤. Enfin, les fonds propres apportés par Vol-V Biomasse s’élèvent à 1,7 M¤.
FRANCE
CGG se renforce dans l’acquisition sismique marine
Le groupe français de géosciences CGG a signé un accord avec Shearwater GeoServices
Holding en vue d’établir un partenariat stratégique dans l’acquisition sismique marine et
la technologie des
streamers, a-t-il annoncé début juin dans un communiqué. Les deux
partenaires espèrent finaliser leur accord d’ici la fin de ce mois pour mettre en œuvre
leur collaboration avant la fin de l’année. Dans le cadre de cet accord, CGG transférera
à Shearwater 5 navires
« de haut de gamme » actuellement détenus par CGG Marine Resources
Norge et Eidesvik Offshore. Pour autant, le groupe français continuera à exploiter les navires
et à exécuter ses contrats en cours jusqu’à la finalisation de la transaction, précise le
communiqué. Parallèlement, CGG disposera d’un accès sécurisé à une capacité de navires pour
ses futurs projets multi-clients. En contrepartie, le Français s’engagera pendant cinq ans sur
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l’utilisation d’un minimum annuel de deux années-navire, assurant ainsi à Shearwater un flux de
trésorerie et un niveau d’activité minimum. Par ailleurs, les deux groupes envisagent de créer
un partenariat sous la marque Sercel, détenu par CGG, pour le développement et la vente
d’équipement streamers d’acquisition sismique marine.
FRANCE
EkWateur lève 10,6 M¤ et accueille un 4e investisseur
Le fournisseur d’énergie EkWateur vient de lever 10,6 millions d’euros (M¤). Ces fonds lui
permettront
« d’accélérer sa croissance, de développer de nouvelles offres et surtout de
continuer à défendre sa vision tournée vers une transition écologique performante », a-t-il
indiqué le 12 juin. Ces nouveaux fonds proviennent des trois investisseurs historiques, Aster,
BNP Paribas Développement et Bouygues Telecom Initiatives, auxquels s’est joint un nouveau
venu, le groupe de conseil et de services aux entreprises Mantu (ex-groupe Amaris).
« EkWateur
est la plateforme résolument tournée vers le consommateur en lui donnant accès en quelques
clics à une offre énergétique 100 % verte alliant innovation et technologie responsable », a
déclaré, Olivier Brourhant, p-dg de Mantu, dans un communiqué. À noter qu’un million d’euros
provient d’une levée de fonds collaborative record sur la plateforme Sowefund. Pour Julien
Tchernia, président et co-fondateur d’EkWateur,
« l’autoconsommation est un enjeu majeur
pour la transition écologique. C’est l’une des clés qui nous permettra de passer d’une
production électrique centralisée et non renouvelable à une production décentralisée et
renouvelable. » Aster, BNP Paribas Développement et Bouygues Telecom Initiatives avaient
apporté 2 M¤ en janvier 2017.
NORVÈGE
ExxonMobil veut quitter l’offshore norvégien
La compagnie pétrolière américaine ExxonMobil songe à vendre les parts qu’elle détient dans
des champs pétroliers et gaziers situés au large de la Norvège, selon une information de
Reuters du 22 juin, reprenant une annonce d’Anne Fougner, porte-parole d’Exxon. Il y a 2 ans,
la
major avait déjà vendu l’ensemble de ses actifs opérés dans la zone. Elle conservait
cependant une participation dans plus de 20 champs, dont Snorre, opéré par Equinor et
Ormen Longe, par Shell.
« Cette décision n’est pas une surprise, estime ainsi Neivan Boroujerdi,
analyste chez Wood Mackenzie,
Nous avions récemment mis en exergue que la Norvège
semblait tout indiquée pour permettre à ExxonMobil de se rapprocher de son objectif de
désinvestissement de 15 milliards de dollars ».
ExxonMobil a par ailleurs décidé d’ouvrir une data room pour tester l’intérêt du marché pour
son portefeuille Amont en Norvège, signale
Reuters. L’agence de presse note qu’Okea, Aker BP
ou encore DNO ont déjà exprimé plus tôt dans l’année leur volonté de renforcer leur
portefeuille dans le plateau continental norvégien (NCS). La valeur de ces actifs n’a pas été
communiquée par Exxon. Toutefois, Wood Mackenzie souligne que cette vente sera
« potentiellement la plus importante dans le pays scandinave depuis 2006, et la fusion entre
Statoil [l’ancien nom d’Equinor]
et Norsk Hydro ». La part nette de production du pétrolier
américain en Norvège s’élevait à 170 000 barils équivalent pétrole par jour (bep/j) en 2017.
Évoquant plutôt 150 000 bep/j aujourd’hui, Neivan Boroujerdi rappelle que les actifs d’Exxon
sont majoritairement opérés par Equinor, qui a déjà annoncé vouloir accroitre son extraction
de pétrole dans les années à venir.
« Il y aura donc des opportunités d’investissements »,
souligne-t-il. Cette décision n’est pas la première du genre. L’an dernier, Chevron et Total
ont cédé leurs parts dans plusieurs licences de l’offshore norvégien
(cf. BIP du 01.08.2018).
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6 ACTUALITÉS N°13873
Jeudi 27 juin 2019
NORVÈGE
Lundin fait 2 découvertes d’hydrocarbures sur la licence PL338
La compagnie suédoise Lundin,
via sa filière Lundin Norway, a réalisé deux découvertes
principalement pétrolières sur la licence onshore PL338, à l’Est du champ norvégien d’Edvard
Grieg, sur l’Utsira High, selon un communiqué du 20 juin. Combinées, Jorvik et Tellus East
auraient des réserves d’hydrocarbures estimées entre 4 et 37 millions de barils équivalent
pétrole. Sur Jorvik, le puits de Lundin a rencontré du pétrole et les premiers tests ont révélé
un débit faible anticipé de 130 barils équivalent pétrole par jour. Les mêmes caractéristiques
de réservoir ont également été trouvées au Sud et à l’Est d’Edvard Grieg et un puits horizontal
de production devrait démarré sur la zone de Jorvik du champ. Sur Tellus East, le puits a
rencontré une colonne de brut de 60 mètres. Les 2 découvertes pourront être développées
grâce à la plateforme en place sur Edvard Grieg. Lundin est opérateur à 65 % sur cette licence,
au côté d’OMV (20 %) et Wintershall DEA (15 %).
POLOGNE/UKRAINE/RUSSIE
Varsovie prête à envoyer du gaz en Ukraine
L’échéance du contrat de transit de gaz russe prévu à la fin de cette année anime les esprits.
Dans cette perspective, la Commission européenne et la Russie tentent de trouver un accord
pour organiser une nouvelle réunion avant les élections du 21 juillet
(cf. BIP du 24.06) quand les
plus pessimistes ne s’attendent pas à un retour des négociations avant la deuxième quinzaine
de septembre. Dans tous les cas, la Pologne s’est dite prête à aider son voisin, l’Ukraine, en cas
de nouvelle crise gazière. Le secrétaire d’État polonais pour l’infrastructure énergétique, Piotr
Naimski, a déclaré le 20 juin que la Pologne est en effet prête à lancer la construction d’un
gazoduc pour relier le réseau de transport de gaz polonais, opéré par Gaz-System, à celui
d’Ukrtransgaz au point d’interconnection d’Hermanowicze, selon une dépêche de l’agence
ukrainienne d’informations,
Unian, relayé par le site web
Neftegaz. Sa capacité sera de
2 milliards de mètres cubes.
« Ce n’est pas beaucoup, a concédé Piotr Naimski,
mais quand
les Ukrainiens ont besoin d’une aide d’urgence, nous sommes prêts à leur fournir ». Pour ce
projet, la Pologne attend encore la décision du côté ukrainien.
IRAN/ÉTATS-UNIS
Des hauts dignitaires iraniens visés par de nouvelles sanctions US
La politique américaine de la « pression maximale » sur l’Iran continue. Après l’arrêt des
« waivers » fin avril
(cf. BIP du 24.04), Donald Trump a annoncé le 24 juin une nouvelle salve de
sanctions à l’encontre de hauts responsables de la République islamique. Premier concerné, le
Guide suprême. Accusé d’être
« l’ultime responsable de l’attitude hostile de l’Iran », l’ayatollah
Ali Khamenei, son équipe et
« d’autres qui lui sont étroitement liés » perdent
« l’accès à des
ressources financières essentielles », a affirmé le président des États-Unis.
Concrètement, ce sont des
« milliards de dollars d’actifs » qui vont être gelés, a annoncé le
secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin, évoquant également des sanctions prochaines
contre le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif. Huit hauts gradés des Gardiens de la
Révolution ont aussi été visés par ces nouvelles sanctions, dont le commandant de la Marine
Ali Reza Tangsiri
« qui a menacé de fermer le détroit d’Ormuz » et le commandant de la Force
aérienne Amirali Hajizadeh, accusé d’avoir abattu un drone américain le 20 juin.
Ces sanctions, qui visent à isoler l’Iran du système financier international, tombent durant une
période de fortes tensions au Moyen-Orient
(cf. BIP du 20.05). Plusieurs attaques et actes de
sabotages ont eu lieu à l’encontre de navires ou installations pétrolières depuis mi-mai
(cf. BIP
des 14.05, 16.05 et 14.06), Washington et Téhéran s’accusant mutuellement d’en être les
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ACTUALITÉS 7N°13873
Jeudi 27 juin 2019
instigateurs
(cf. BIP des 05.06 et 18.06). Toujours le 24 juin, Donald Trump a évoqué sur Twitter
le rôle joué par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz.
« Pourquoi continuer à protéger les
routes commerciales d’autres pays contre zéro compensations ? » s’est-il demandé.
(Avec AFP)
RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
Lancement du 1er round d’octroi de permis de l’île
La ministre de l’Énergie et des Mines de la République Dominicaine va ouvrir le premier round
d’octroi de permis du pays, mettant à disposition 14 blocs, selon un article d’
Oil&Gas Journal
du 17 juin. Le lancement de ce round se fera le 10 juillet, durant un évènement organisé en
partenariat avec Wood Mackenzie. Les acheteurs potentiels auront jusqu’à décembre pour
manifester leur intérêts concernant l’un des blocs en vente : 10 blocs onshore, dont 6 dans le
bassin de Cibao, 3 dans le bassin d’Enriquillo et 1 dans le bassin d’Azua, et 4 blocs offshore dans
le bassin de San Pedro. Du pétrole a déjà été produit sur l’île, dans les champs de Maleno et
Higuerito. Des données sismiques pour Enriquillo, San Juan, Cibao sont détenus par le ministère
dominicain, et de récentes cartographies ont pu clarifier la géologie de la zone. Des prospects
non-forés auraient été révélés par ces données dans le bassin d’Enriquillo, précise l’article.
EN BREF ________________________________________________________________
NORVÈGE Capricorn Norge a obtenu l’autorisation de forer son puits d’essai (
wildcat well)
6608/11-9 sur la licence de production PL 842, en mer de Norvège, selon un communiqué de la Direction
norvégienne du pétrole (NPD) du 26 juin. La compagnie, filiale de l’Ecossais Cairn Energy, est opérateur
à 40 % sur cette licence, au côté de Skagen44 (30 %) et Pandion Energy (30 %). C’est le premier puits
d’exploration foré sur cette licence, situé à cheval sur les blocs 6608/10, 6608/11 et 6608/12.
CARNET ________________________________________________________________
CFBP Matthieu Lassalle a été élu à la présidence du Comité français du butane et du
propane (CFBP) lors de son assemblée générale qui s’est tenue le 11 juin dernier, a-t-il annoncé le
25 juin. P-dg de Primagaz France depuis mai 2019
(cf. BIP du 03.05), il succède à Eric Naddéo, président
d’Antargaz Finagaz qui exerçait son mandat depuis juin 2017. Pour rappel, Joël Pedessac est directeur
général du CFBP.
GRDF Edouard Sauvage a été reconduit mardi 25 juin à la direction générale de GRDF
pour un nouveau mandat de 4 ans, a annoncé le groupe. M. Sauvage,
âgé de 53 ans, ancien élève de l’École Polytechnique, ingénieur en
chef du corps des Ponts, des Eaux et des Forêts, est directeur général
de GRDF depuis 2016. Avant de rejoindre GRDF, il a été entre 2013 et
2016 directeur de la Stratégie et membre du comité exécutif du
groupe Engie.
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8 TABLEAU DE BORD N°13873
Jeudi 27 juin 2019
LES DÉCOUVERTES D’AVRIL 2019
TABLEAU DE BORD
N°13873
Jeudi 27 juin 2019
Zone
géographique Actifs Opérateur Ressources Commentaires
Mexique Puits Cholula-1, bloc
5, bassin de Salina,
Golfe du Mexique
Murphy Oil
(opérateur, 30 %),
aux côtés de PC
Carigali, filiale de
Petronas (23,34 %),
Ophir (23,33 %), et
Sierra Oil & Gas
(23,33 %), rachetée
par DEA
Hydrocarbures
(offshore)
Le puits d’exploration Cholula-1 a mis
au jour des hydrocarbures dans le bloc 5,
situé par 700 à 1 100 mètres d’eau dans le
bassin de Salina du Golfe du Mexique.
«
Il faudra probablement forer davantage
pour confirmer la commercialité du bloc »,
ajoute Ophir.
Chine Puits Dongye-1,
champ de Weirong,
dans la province de
Sichuan
Sinopec Gaz de schiste Le puits Dongye-1, foré à plus de
4 200 mètres de profondeur sur le bloc
Dingshan-Dongxi, a révélé des ressources
prouvées de 124,7 milliards de mètres cube
(Gm3), avec une capacité de production
d’environ 310 000 m3 par jour. Sinopec
a pour objectif d’accroitre la production
du champ de Weirong pour atteindre un
niveau annuel d’1 Gm3 d’ici la fin de l’année.
Israël Prospect Karish
North
Energean Israel
(opérateur, 100 %)
Gaz (offshore) Le groupe grec Energean a mis au jour une
découverte de gaz
« significative » lors du
forage d’un puits d’exploration sur le
prospect Karish North. Le puits, foré à une
profondeur totale intermédiaire de
4 880 mètres, a en effet rencontré une
colonne d’hydrocarbures de 249 mètres
bruts et une carotte de 27 mètres a été
prélevée et remontée à la surface. Selon
des données préliminaires, le réservoir,
présent dans les formations sableuses B
et C, est de grande qualité et pourrait
contenir un volume de gaz en place estimé
entre 1 « trillion » de pieds cubes (Tcf, 28
milliards de mètres cubes) et 1,5 Tcf (42
G.m3), détaille Energean.
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TABLEAU DE BORD 9N°13873
Jeudi 27 juin 2019
Les découvertes sont classées par ordre chronologique de leur annonce.
Pakistan Puits Dharian-I ST-3,
près de Gujar Khan
dans la région du
Pendjab
Mari Petroleum
Company Limited
(opérateur, 65 %),
avec Pakistan
Petroleum Limited
(35 %)
Pétrole (onshore) La compagnie pétrolière pakistanaise Mari
Petroleum Company Limited (MPCL)
a découvert des réserves de pétrole sur
son puits de Dharian-l ST-3, près de Gujar
Khan dans la région du Pendjab. Le puits,
foré en décembre 2017 et qui atteint une
profondeur de 4 770 mètres, avait pour
objectif initial d’évaluer les réserves
potentielles en hydrocarbures des
formations de Sakessar et Khewra. C’est
dans cette dernière que le puits a révélé
une production de 372 barils par jour de
brut.
Guyana Puits Yellowtail-1,
bloc Stabroek
ExxonMobil
(opérateur, 45 %),
aux côtés de Hess
Guyana Exploration
Ltd. (30 %) et
CNOOC (25 %)
Pétrole (offshore) La compagnie pétrolière ExxonMobil
a réalisé une nouvelle découverte de
pétrole sur son puits de Yellowtail-1, dans
le bloc de Stabroek, au large du Guyana.
C’est la treizième découverte faite sur ce
bloc, et la cinquième sur la zone de Turbot.
Le puits Yellowtails-1, foré à une
profondeur maximum de 5 622 mètres
dont 1 843 m d’eau, a atteint un réservoir
d’environ 89 m contenant du pétrole de
grande qualité.
États-Unis Prospect de
Blacktip, bloc 380 de
l’Alaminos Canyon,
Golfe du Mexique
Shell (opérateur,
52,375 %), aux côtés
de Chevron (20 %),
Equinor (19,125 %)
et Repsol (8,5 %)
Pétrole (offshore) La découverte se situe dans la ceinture de
Perdido, dans le bloc 380 de l’Alaminos
Canyon, dans les eaux profondes du Golfe
du Mexique, à environ 1 900 mètres de
profondeur. Le puits de Blacktip a révélé
la présence de 400 pieds nets de pétrole
exploitable, avec de bonnes
caractéristiques de réservoir et de fluides.
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Jeudi 27 juin 2019
Importations, production, consommations
de gaz naturel en France, relevé mensuel –
Avril 2019Source : Service de l’observation et des statistiques
En TWh sur PCS Août
2018
Sept.
2018
Oct.
2018
Nov.
2018
Déc.
2018
Janv.
2019
Févr.
2019
Mars
2019
Avril
2019
Approvisionnements
Production primaire
(extraction de gaz
commercialisé) 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Importations réelles 40,5 38,5 41,8 45,7 41,7 38,3 35,3 50,0 53,6
- Norvège 15,5 17,0 19,6 20,9 19,1 22,3 19,6 23,1 20,9
- Algérie 2,0 3,1 3,8 4,0 4,4 2,3 4,6 4,0 4,0
- Russie 10,8 9,6 9,5 8,4 8,3 10,3 7,3 12,3 14,1
- Pays-Bas 3,3 5,9 3,4 5,2 4,9 0,3 0,6 4,3 5,1
- Court terme 17,7 12,1 14,7 13,7 15,0 13,8 12,8 14,7 17,4
Variation de stock utile - 21,6 - 16,4 - 6,4 10,2 18,9 36,3 20,8 - 1,3 - 14,0
Consommation
Consommation totale 18,3 21,7 35,1 55,7 60,7 74,2 55,9 48,9 36,9
- réelle par les gros
clients reliés au réseau
de transport 12,0 13,0 16,9 20,2 18,6 22,1 17,5 15,5 14,0
- réelle par les clients
reliés au réseau de
distribution 6,2 8,7 18,3 35,4 42,0 52,1 38,4 33,4 22,8
Consommation totale
corrigée du climat 18,3 21,7 36,7 57,5 67,1 71,7 62,8 53,5 37,6
Informations connexes
Indice de rigueur 1,0 1,0 0,9 0,9 0,8 1,0 0,8 0,8 0,9
N°13873
Jeudi 27 juin 2019
STATISTIQUES
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Études & documents
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L’ANALYSE D’IFPEN SUR LES
MARCHÉS PÉTROLIERSSource : IFPEN – 1ère partie
IFP Énergies Nouvelles publie, chaque trimestre, une analyse sur les marchés pétroliers.
Nous reprenons ci-après celle diffusée juin, titrée : « Un excédent potentiel éclipsé par les
tensions géopolitiques et la gestion OPEP ».
Le prix du pétrole, qui se situait à 50 $/b en début d’année, évolue entre 65 et 75 $/b depuis mars,
influencé par les inquiétudes économiques, les tensions géopolitiques et le niveau des stocks
américains. Le prix moyen pour les cinq premiers mois de 2019 (66 $/b) reste inférieur à celui atteint en
2018 (71 $/b). L’équilibre à venir du marché dépendra de nombreux aléas côté demande et surtout côté
offre avec trois interrogations principales.
Elles portent sur l’impact de l’embargo américain sur l’Iran, sur les reculs dans certains pays dont le
Venezuela ou la Libye et enfin sur les perspectives de développement des huiles de schiste aux
États-Unis. Le bilan permettra de définir la politique de l’OPEP en juin, organisation qui, avec le soutien
désormais de la Russie, détient encore un pouvoir important pour orienter l’équilibre du marché
pétrolier.
Une hausse continue des prix du pétrole jusqu’en mai
Après la forte chute des cours du pétrole au troisième trimestre 2018 sous l’effet des incertitudes
économiques, le prix s’est redressé en 2019 passant de 50 $/b en janvier à une zone comprise entre
65 et 75 $/b depuis fin mars. C’est l’annonce, par le gouvernement américain, de la fin des exemptions
sur l’embargo pétrolier contre l’Iran qui a déclenché le passage au-dessus des 70 $/b pour le Brent.
Le seuil des 80 $/b, dépassé deux fois en 2018, n’a en revanche pas été atteint cette année.
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ÉTUDES & DOCUMENTS
L’ANALYSE D’IFPEN SUR LES MARCHÉS PÉTROLIERS
Les autres pétroles, en particulier le WTI, pétrole de référence aux États-Unis, ou le WTM, référence
pour le bassin permien, connaissent des décotes par rapport au Brent qui ont tendance à s’accentuer
depuis le début de l’année. Le WTM connaît pour sa part une décote supplémentaire par rapport au
WTI en raison d’une insuffisance des capacités de transport disponibles pour évacuer l’ensemble
de la production en forte progression.
C’est un sujet d’importance pour comprendre la dynamique actuelle du marché pétrolier en
complément des tensions géopolitiques en Libye, au Venezuela ou en Iran et plus généralement
au Moyen-Orient. Le marché est en effet soumis à deux forces contradictoires avec, d’une part, une
hausse de la production des non-OPEP en particulier aux États-Unis et, d’autre part, des réductions
subies et difficilement prévisibles de l’offre pour certains pays OPEP.
Les doutes sur l’économie, facteur d’instabilité des marchés financiers
et du prix du pétrole
Mais, au-delà des forces du marché, le prix du pétrole est aussi largement influencé par les soubresauts
constatés récemment sur les marchés financiers (
Figure 3 et 4). Ces soubresauts sont dus en grande
partie aux anticipations économiques divergentes depuis fin 2018, liées pour l’essentiel à l’évolution
des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine.
Cela a conduit à une forte baisse des marchés financiers au 4e trimestre 2018 suivie d’une reprise
au 1er trimestre 2019 puis à nouveau une baisse à partir de début mai. Cette baisse coïncide avec la
décision de l’administration américaine de renforcer les droits de douane sur 200 mds$ d’exportations
chinoises, décisions suivies par l’annonce de nouvelles mesures de représailles envisagées par la Chine.
La réaction à la baisse des marchés s’explique par l’anticipation d’un ralentissement économique
mondial et d’un recul des échanges mondiaux de marchandises évoqué dès avril par l’OMC (2,6 % en
2019 contre 3 % en 2018). Dans ses dernières perspectives économiques mondiales, l’OCDE fait le même
constat en soulignant «
l’atonie persistante de l’économie mondiale tandis que la faiblesse des échanges
freine la croissance ».
Les marchés financiers, qui connaissent ponctuellement des rebonds après les fortes corrections
baissières, restent désormais dans l’attente de la matérialisation d’un accord entre les États-Unis
et la Chine, susceptible d’éviter la poursuite de l’escalade des tensions et l’adoption de mesures
commerciales et industrielles restrictives.
Un risque d’excédent sur le marché pétrolier lié à la progression
de la production américaine…
En dehors du contexte financier, les corrections sur le prix du pétrole reflètent aussi le risque de revivre
l’épisode de 2014. En 2014, sous l’effet d’une progression importante et régulière de la production
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Jeudi 27 juin 2019 ÉTUDES & DOCUMENTS
L’ANALYSE D’IFPEN SUR LES MARCHÉS PÉTROLIERS
américaine, le prix du pétrole s’était effondré afin de permettre l’ajustement de l’équilibre entre l’offre
et la demande. Il avait fallu trois ans à l’OPEP pour éliminer les excédents et réduire les stocks de
pétrole et de produits pétroliers des pays occidentaux.
La situation semble sur le point de se répéter avec une progression de 2,2 Mb/j en 2018 de la
production américaine de liquides, incluant le pétrole et les liquides associés à la production de gaz
naturel (LGN). L’administration américaine de l’énergie anticipe un niveau de croissance assez proche
en 2019 (
Figure 5). Ces progressions de l’ordre de 2 Mb/j sont bien supérieures à la hausse annuelle de la
demande de pétrole qui évolue entre 1,1 Mb/j et 1,5 Mb/j depuis 2016 et qui devrait se situer à 1,3 Mb/j
en 2019 d’après l’AIE.
Les perspectives de hausse de la production américaine ne sont pas remises en cause par la réduction
de l’activité de forage dans les bassins de schiste. La hausse passée de la productivité des puits de
production (production cumulée sur la durée de vie d’un puits) permet désormais de produire plus avec
moins de puits. Ainsi, le nombre de puits horizontaux pour la production de pétrole est passé de plus
de 30 000 par an entre 2012 et 2014 à environ 15 000 en 2018 et peut-être 14 000 cette année (source
Spears).
Sur ces bases, le modèle d’IFPEN permet d’anticiper une hausse de la production dans les années à venir
en supposant une stagnation de l’activité de forage et une stabilité de la productivité des puits au
niveau actuel (
Figure 6). À l’inverse, une baisse significative du nombre de puits forés sans hausse de la
productivité des puits ou un recul de la productivité à forage constant pourraient conduire à une
décroissance de la production dans les trois ans à venir. Ce n’est toutefois pas ce qui est retenu par l’EIA
dans ses prévisions de référence de court terme.
Il reste toutefois une contrainte à lever concernant les insuffisances des capacités de transport, ce qui
pourrait être fait dans les prochains mois. Déjà, deux nouveaux pipelines d’une capacité globale de
0,2 Mb/j ont été mis en service en début d’année et plusieurs projets devraient démarrer en fin d’année
et en 2020 pour un total d’au moins 1,2 Mb/j.
… les tensions géopolitiques pèsent sur le prix en dépit de la hausse
des shale oil américains…
Plusieurs pays OPEP connaissent aujourd’hui des situations particulières qui impactent ou qui pourraient
impacter leur production de pétrole. C’est le cas bien sûr de l’Iran dont la production a reculé de
1,2 Mb/j depuis juillet 2018 sous l’effet de l’embargo américain mis en place en novembre dernier
(
Figure 7). Ce niveau de baisse est assez proche des effets du précédent embargo appliqué
conjointement par les États-Unis et l’Europe entre 2012 et 2015.
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ÉTUDES & DOCUMENTS
L’ANALYSE D’IFPEN SUR LES MARCHÉS PÉTROLIERS
Mais, le gouvernement américain a décidé fin avril de supprimer les exemptions qui autorisaient certains
pays importateurs, dont la Chine et l’Inde, à importer du pétrole iranien. Les premières statistiques
estiment à 0,5 Mb/j les exportations iraniennes pour le mois de mai, ce qui situe la production iranienne
à 2,5 Mb/j contre 3,6 Mb/j en avril et 4,8 Mb/j en juillet 2018.
Au-delà de ces éléments chiffrés, qui soulignent l’impact potentiellement significatif de l’embargo
américain contre l’Iran, le contexte géopolitique régional inquiète les marchés. Cette tension régionale
est devenue palpable avec deux attaques en mai, l’une sur quatre navires, dont deux pétroliers
saoudiens, au large de l’émirat du Foujairah et l’autre, revendiquée depuis le Yémen par des rebelles
Houthis, perpétrée sur des stations de pompage d’un oléoduc en Arabie saoudite.
L’évacuation partielle de l’ambassade américaine à Bagdad annoncée le 15 mai laisse par ailleurs
supposer un risque pour la stabilité en Irak, pays qui figure, avec un total produit de 4,7 Mb/j, parmi les
grands pays producteurs mondiaux. De façon plus large, il convient également de rappeler l’importance
des pays du golfe dans la production mondiale avec un total de l’ordre de 22 Mb/j pour les six pays
du CCG1 dont 12 Mb/j pour l’Arabie saoudite (
Figure 8). La déstabilisation de la région ferait à l’évidence
peser une forte contrainte sur l’équilibre pétrolier mondial.
Au-delà de cette région, placée sous les feux de l’actualité, il convient de souligner la situation de
grande fragilité économique du Venezuela. Cette situation a des répercussions importantes sur la
production de pétrole du pays, qui a ainsi reculé de 1,6 Mb/j depuis début 2016, se situant à 1 Mb/j
en avril (
Figure 9). Les disponibilités à l’export (solde entre offre et demande) ont dans le même temps
été divisées par deux, se situant à 1 Mb/j en janvier et à environ 0,6 Mb/j en avril.
1 Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe ou Conseil de coopération du Golfe est une organisation régionale regroupant six monarchies arabes
et musulmanes du golfe Persique : l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar.
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Jeudi 27 juin 2019 ÉTUDES & DOCUMENTS
L’ANALYSE D’IFPEN SUR LES MARCHÉS PÉTROLIERS
Ce pays est par ailleurs soumis à des sanctions, mises en place par l’administration américaine fin janvier,
visant en particulier à restreindre les importations de pétrole vers les États-Unis, d’une part, et à
interdire les exportations américaines de diluants utilisés pour les huiles lourdes du Venezuela, d’autre
part. Les importations américaines de pétrole vénézuélien, qui représentent une part importante
du total exporté, sont ainsi passées de 0,6 Mb/j en janvier à 0,3 Mb/j en février (
Figure 10).
En dehors de la situation de l’Iran et du Venezuela, il est nécessaire de rappeler les incertitudes planant
sur plusieurs autres pays (
Figure 11) dont l’Algérie, depuis la démission du président Bouteflika le 2 avril,
ou la Libye. La production pétrolière de ce pays reste extrêmement instable après la révolution de
février 2011, évoluant entre 0,6 et 1,2 Mb/j depuis 2017 contre 1,6 Mb/j en 2010. En Libye, l’offensive sur
Tripoli lancée le 4 avril dernier par le maréchal Haftar fait à nouveau craindre une déstabilisation
susceptible d’affecter la production. Celle-ci, concentrée pour une grosse part à l’ouest du pays, est
soumise à des perturbations récurrentes liées en particulier à la question de la répartition des revenus
pétroliers entre la compagnie nationale et les autorités locales situées à l’est du pays.
Une politique de « l’OPEP+ » attentiste, adaptée à un marché incertain
Les déclarations récurrentes de l’OPEP+, c’est-à-dire l’OPEP associé avec certains partenaires dont la
Russie, indiquent que l’objectif de cette organisation est de préserver l’équilibre offre/demande afin
d’assurer la stabilité du marché pétrolier. Les trois principales interventions de l’OPEP + depuis 20161
vont effectivement dans ce sens. Elles se sont traduites, pour l’OPEP, par une forte baisse de l’offre
début 2017, puis par un ajustement à la hausse en juillet 2018 suivi d’un nouveau recul début 2019
(
Figure 12). Cette politique a, en particulier, permis de réduire fortement le niveau des stocks détenus
par les pays OCDE entre 2015 et 2018 (
Figure 13).
1 Accords OPEP/Non OPEP depuis 2016 : Dec 2016/mai 2017 : baisse de de 1,2 Mb/j et 0,6 Mb/j respectivement de la production en 2017, accord prolongé
jusqu’en mars 2018 ; Juin 2018 : demande d’un respect de l’accord à 100 % face à une baisse trop importante de l’offre. Déc. 2018 : baisse de 0,8 Mb/j et 0,4 Mb/j
respectivement de l’offre par rapport à octobre 2018 sur les six premiers mois de 2019. Prochaine réunion en juin 2019.
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Jeudi 27 juin 2019
ÉTUDES & DOCUMENTS
L’ANALYSE D’IFPEN SUR LES MARCHÉS PÉTROLIERS
La situation du marché apparaît de ce point de vue comme assainie et l’enjeu pour l’OPEP est désormais
d’éviter un trop fort excédent d’offre comme ce fut le cas au 4e trimestre 2018. Mais il s’agit aussi
de pouvoir faire face aux diverses défaillances de l’offre sur le marché afin d’éviter de fortes hausses
des prix du pétrole. Au-delà des demandes récurrentes du président américain vis-àvis de l’OPEP, cette
stratégie s’inscrit également dans le sens des intérêts de long terme de l’OPEP afin d’éviter une baisse
trop importante de la consommation. Ces deux objectifs, portant sur les excédents et les défaillances,
se retrouvent dans cette déclaration du comité de suivi du marché (JMMC) datant de mai 2019 :
« A balanced oil market remains our focus ».
L’équilibre offre/demande sur la base des données actuelles
Après l’annulation de la réunion ministérielle du mois d’avril, la politique de « l’OPEP+ » pour le second
semestre 2019 sera définie lors des réunions ministérielles des 25 et 26 juin prochains. Il serait
présomptueux d’anticiper aujourd’hui le choix final.
Si l’on s’en tient aux tendances actuelles, et en supposant une stabilité de la production iranienne,
l’écart offre/demande serait équilibré en 2019 (
Figure 14). Cela signifie à l’inverse qu’un renforcement
de l’embargo sur l’Iran nécessiterait probablement de recourir aux capacités excédentaires de l’OPEP
estimées à 3 Mb/j (
Figure 15). L’usage de ces « réserves » a en général pour effet de peser à la hausse
sur le prix du pétrole.
En juin, il s’agira pour l’OPEP de faire un bilan complet portant en particulier sur l’évolution de la
demande mondiale, qui dépend de la situation économique, sur les tendances concernant l’offre
américaine et sur l’impact de l’embargo américain. Le contexte géopolitique au Moyen-Orient,
en Libye ou au Venezuela pourra également influencer la décision finale.
Difficile dans ce contexte de tenter d’anticiper des prix du pétrole. Il convient toutefois de noter que le
coût marginal de production du pétrole, qui influence fortement les prix en situation d’équilibre du
marché, est en forte baisse. Les dernières analyses de Rystad Energy confirment en effet les baisses des
coûts de production du pétrole, estimées par d’autres organismes à environ 30 % depuis la chute des
cours de 2014. Les coûts de production les plus élevés sont évalués par Rystad Energy à 60 $/b, hors
huiles lourdes canadiennes (83 $/b) dont le développement n’est plus indispensable à l’équilibre du
marché depuis la montée en puissance des huiles de schiste.
Comme ce sont ces coûts qui définissent le prix en phase d’équilibre du marché, des niveaux de prix
autour de 100 $/b ne devraient plus constituer, hors situation de crise importante sur l’offre, la
référence du marché. La fragilité des prix constatés depuis 2018, quand ils dépassent le seuil des 70 $/b,
pourrait aussi s’expliquer par ces nouvelles références.
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L’ANALYSE D’IFPEN SUR LES MARCHÉS PÉTROLIERS
Focus : impacts financiers des baisses de production en Iran et au Venezuela
Iran
Les conditions d’application de l’embargo pétrolier américain sur l’Iran, mis en oeuvre partiellement
à partir de novembre 2018, devraient être plus strictes désormais. Mais, faute de certitudes sur les
évolutions à venir, deux hypothèses sont retenues après mai, l’une tablant sur un volume exporté de
1,6 Mb/j après cette date, l’autre reposant sur un volume de 0,8 Mb/j seulement. À titre de
comparaison, les disponibilités à l’export se situaient à 2,7 Mb/j en 2017 (
Figure 16).
Sur ces bases, le recul des exportations a abouti à une baisse des revenus de 4 mds$ en 2018.
Elle pourrait se situer entre 26 et 40 mds$ en 2019 (
Figure 17). Ces baisses représentent en 2019 de
5 à 8 % du PIB iranien (450 mds$ en 2018 - source FMI). Au-delà des exportations, les sanctions
américaines devraient aussi impacter les investissements qui représentent 35 à 38 % du PIB par an.
Venezuela
Les disponibilités pétrolières à l’exportation du Venezuela, en recul depuis 2016, ont été divisées par
deux en 2018 (1 Mb/j) et par plus de trois en 2019 (0,6 Mb/j) par rapport à 2015 (2 Mb/j ;
Figure 18).
Comparé à un scénario de stabilité des disponibilités à l’exportation, la perte représente 20 mds$
en 2018 et 30 mds$ en 2019 (
Figure 19), soit respectivement 21 et 38 % du PIB par ailleurs en chute libre
depuis 2015 (division par trois en 2018).
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Jeudi 27 juin 2019
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L’ANALYSE D’IFPEN SUR LES MARCHÉS PÉTROLIERS
Focus : Prix des produits pétroliers en France et prix du pétrole
Suite à la décision de maintenir le niveau des taxes en 2019 au niveau de celles fixées en 2018, les prix
à la pompe dépendent essentiellement des évolutions du prix des produits pétroliers constatées
sur les marchés. Ils sont eux-mêmes largement influencés par le prix du pétrole (
Figure 20).
Toutefois, entre novembre 2018 et mars 2019, des conditions particulières, liées pour partie à la faiblesse
du niveau du Rhin perturbant la navigation, ont abouti à une décote de l’essence et au contraire à une
certaine pression pour le gazole. Le prix de l’essence a été, sur cette période, équivalent au prix en euro
du pétrole, ce qui constitue une situation exceptionnelle. Cela explique le rapprochement des prix TTC
des deux produits (
Figure 21).
Avec la reprise de la consommation d’essence aux États-Unis (
driving season), les écarts sur le prix de
l’essence par rapport au pétrole sont revenus à des niveaux conformes aux évolutions historiques.
Cela explique une hausse plus importante du prix de l’essence à la pompe entre janvier et mai. Il a ainsi
progressé de 17 ct¤/l sur cette période contre 10 ct¤/l pour le gazole, produit qui a suivi la progression
du prix du pétrole.
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