VNF : 3 leviers pour réduire le poids carbone des travaux - Decision-achats.fr
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2 juin 2026, 10:18
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Accueil / #Achats responsables Établissement public sous tutelle du ministère chargé des transports, Voies navigables de France (VNF) exploite 6700 kilomètres de voies d’eau et ses achats représentent annuellement 443 millions d’euros d’achats annuels, ce qui place VNF parmi les 10 plus gros établissements publics [1] . Aussi, VNF structure son organisation achat afin de répondre au mieux aux objectifs de la politique des achats de l’État et aux objectifs stratégiques de l’Établissement. Les achats techniques représentent 333 millions d’euros [2] répartis sur deux segments (biens immobiliers et travaux de construction et maintenance et exploitation des bâtiments et infrastructures). Par ailleurs, trois segments représentent, à eux seuls, 84 % des dépenses achats de l’Établissement, les deux segments précités et le segment l’informatique-télécom. Le bilan carbone de VNF s’élève à 156 kilotonnes de CO₂ , dont près de 59 % imputables aux achats d’investissement et de travaux . C’est sur ce poste que VNF concentre son action. Sa nouvelle stratégie pour des achats durables et responsables, le SPASER 2026–2030 , présenté au conseil d’administration le 17 juin prochain est aligné sur le SPASER de l’État, marque un recentrage avec le précédent (2021-2025). « Ce Spaser met en avant notre enjeu premier, qui est celui des achats de travaux » confirme Anthony Petitprez. Études amont, CCTP, performance chantier : la méthode en trois temps Le premier levier est le plus en amont, il consiste à intégrer le bilan carbone comme paramètre de conception dès les études préliminaires, en balayant toutes les solutions (type de barrage, nombre de passes, implantation), puis en affinant aux phases AVP et PRO jusqu’à la définition des matériaux. « On balaie toutes les solutions et on sous-pèse le bilan carbone par rapport au prix de l’ouvrage, aux délais, à la durabilité » . Le deuxième levier est contractuel, il touche aux spécifications matériaux inscrites dans le CCTP , explique Hervé Marneffe, ciblant en priorité l’acier et le béton, les deux plus gros postes d’émissions. En connaissance des améliorations des industriels, nous fixons des exigences de performance d’empreinte Carbone sur notamment les profilés, les palplanches, les armatures de béton armé, et le(s) béton(s) ce qui est à la fois est vertueux pour nos opérations de construction et qui participe de la promotion des efforts et trajectoires des industriels. Sur l’acier, une précision importante contre l’idée reçue « certains produits sont fabriqués (ceux suscités) selon la filière four à arc-électrique à partir d’acier recyclé, qui a un ratio carbone très avantageux et qui, pré-existante économiquement depuis de nombreuses années, ne présente pas de surcoût. » . A contrario, d’autres produits (tôles, tôles épaisses) ne disposant pas encore de filière performante, peuvent difficilement faire l’objet d’exigences carbone. Le troisième levier exige que les entreprises de construction elles-mêmes soient performantes et peu gourmandes en carbone et travaillent sur leurs équipements (matériel électrique vs fossile), sur leurs approvisionnements (transports décarbonés, tel que le transport fluvial, favorisés) et sur les distances d’acheminement. Doctrine éco-conception, ACV et trajectoire à construire En appui de ces leviers opérationnels, VNF développe un outil propre de calcul de l’empreinte carbone de ses ouvrages, adapté aux spécificités fluviales, en s’appuyant également sur des calculateurs existants comme Seve-TP et Ciogen. Une doctrine d’éco-conception est en cours de finalisation. « C’est un document qui visera à accompagner les chargés d’opération à chaque étape du cycle de vie d’un projet, pour leur fournir des outils, fixer des exigences, dans le but de réduire l’impact environnementa l de nos opérations de travaux » explique Florian Huilier. Si elle n’a pas vocation à être publiée, les cas d’usage qui l’alimentent seront mis en valeur dans un prochain guide de l’IDRRIM (Institut des routes, rues et infrastructures de mobilité). L’établissement reconnaît être encore en phase de fiabilisation des émissions de son bilan carbone relatives aux travaux, la trajectoire chiffrée et les objectifs quantifiés de décarbonation des opérations d’infrastructures fluviales, sont en cours d’élaboration. « La première étape est le diagnostic, puis se fixer des objectifs chiffrés et déployer une feuille de route » . Dans le cadre du webinaire du 5 juin 2026 (journée internationale de l’environnement) auquel VNF participe aux côtés des acteurs du groupe de travail climat du Club des Infrastructures Linéaires, proposé pour présenter les leviers de décarbonation actionnés par ces acteurs du terrain, un sondage mené auprès des fournisseurs invités permettra de restituer leurs pratiques actuelles de décarbonation et de mesurer leur engagement vis-à-vis des attentes des donneurs d’ordre du CIL. Lire aussi : Top 5 des outils de décarbonation et achats responsables en 2026 [1] Les dépenses achats des établissements publics et organismes (dont universités) représentent 25 milliards d’euros hors taxes en 2024. Dix établissements représentent à eux seuls 50% des dépenses d’achat (par ordre décroissant : le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), la société du Grand Paris (SGP), le Centre national d’études spatiales (CNES), France Travail, le centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’établissement français du sang (EFS), l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (APIJ), l’Office national des forêts (ONF), Voies navigables de France (VNF ), le Centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS). [2] Chiffres 2025