Crise du gazole : mobilisations de pêcheurs en Normandie et blocages jusqu’au détroit d’Ormuz
Citation
"À la criée, on ne maîtrise pas le prix de vente, impossible de répercuter la hausse du gazole sur le prix du poisson."
L’article documente une résurgence de tensions sociales chez les marins-pêcheurs normands, catalysées par la hausse persistante du prix du gazole, essentielle à leur activité mais impossible à répercuter sur le prix de vente du poisson, fixé aux criées. Cette crise, à la croisée de problématiques économiques, géopolitiques et environnementales, touche l’ensemble de la filière : mobilisation syndicale (blocage du dépôt pétrolier de Caen), adaptation organisationnelle (pêche en continu en Bretagne) et recherche d’aides institutionnelles (50 000 euros votés par les Hauts-de-France). Parallèlement, la mention de 20 000 marins de la marine marchande bloqués dans le détroit d’Ormuz rappelle la profondeur de la dépendance énergétique et la vulnérabilité du secteur aux chocs internationaux, y compris sécuritaires. L’article met en lumière un sentiment d’insécurité professionnelle aggravé, un besoin de solidarité sectorielle et interterritoriale, sur fond de tensions géopolitiques mondiales. Cette séquence préfigure de nouvelles demandes d’engagement de l’État et des collectivités sur le soutien au secteur pêche, ainsi que de potentielles répercussions sur la cohésion sociale littorale.
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Mercredi 15 avril 2026, je rentre du port du Havre, m’arrêtant au port de Trouville. Au Havre, de larges banderoles accrochées aux passerelles avec le même slogan qu’on trouve sur les tracteurs des agriculteurs, qui est aussi un cri devant l’avenir de leur métier aux défis dont nous sommes témoins à la Mission de la mer : les enjeux de la géopolitique, mais aussi ceux de l’économie, de l’environnement.
Au port de Trouville, des bateaux sont à quai ; ils ne sortent pas en mer en soutien de leurs camarades qui bloquent le dépôt pétrolier de Caen pour protester : « Après un premier débrayage devant la criée de Port-en-Bessin lundi 13 avril, plusieurs dizaines de pêcheurs normands ont monté au créneau devant l’entrée d’un dépôt pétrolier du Calvados mercredi 15 avril. Une action qui se veut pacifique pour dénoncer la hausse constante du prix du gasoil pêche dont ils dépendent » écrit leur journal Le marin, daté du mardi 14.
« À la criée, on ne maîtrise pas le prix de vente, impossible de répercuter la hausse du gazole sur le prix du poisson, » explique un marin.
Ailleurs, la région des Hauts de France a voté un budget, une aide exceptionnelle de 50 000 euros pour soutenir les marins.
En Bretagne, des marins s’adaptent : ils alternent la pêche de nuit et en journée sans rentrer au port pour perdre le moins de rentabilité possible.
100 marins normands, 20 000 autres marins de la marine marchande bloqués dans le détroit d’Ormuz. J’ai reçu un message d’un jeune d’une vingtaine d’années, étudiant à l’ENSEM du Havre. Il raconte ce qui se passe à bord du Knutsen. Il a été rapatrié il y a 10 jours au Havre, « sorti de là au plus vite, en sécurité ».
« Bien sûr que cette crise du gazole nous met en tension. Mais nous, on n’est pas sous les bombes ! » relativise un pêcheur.
P. Georges Vimard
Mission de la mer
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