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FEDEPSAD Communiqués de presse
11 juin 2026, 06:00
Texte de la source originale
Fédération des PSAD, 4 place Louis Armand, Tour de l'Horloge 75603 PARIS Cedex 12
SNADOM, 66, bd Saint-Michel 75006 PARIS
UNPDM, 13 rue Ballu 75009 PARIS
UPSADI, 157, rue du Faubourg Saint Antoine 75011 PARIS
Patients, réservez vos places à l’hôpital !
C’est partagés entre colère et incompréhension que nous, prestataires de santé à domicile
(PSAD), avons décidé de quitter la réunion convoquée ce mercredi 12 décembre par le Comité
économique des produits de santé (CEPS) pour nous informer de baisses drastiques sur les tarifs
de la perfusion à domicile.
Moins de deux semaines après la présentation d’un plan d’économies de plus de 100 M€ sur les
tarifs des stomies et troubles de la continence, soit une coupe de plus de 20%, le CEPS nous
annonce de nouvelles baisses tarifaires dans le domaine de la perfusion, pour 40 millions
d’économies supplémentaires. Et l’hémorragie tarifaire ne semble pas terminée puisque, selon
nos informations, 40 M€ seraient également attendus sur les lits médicalisés, équivalant à une
baisse tarifaire de près de 20% sur deux ans.
Illustration d’une méthode irresponsable et brutale, les PSAD ne sont informés qu’en décembre
de l’effort de 180 M€ exigés de leur part en 2019. Des annonces de dernière minute auxquelles
il convient d’ajouter les baisses déjà « négociées » courant 2018 sur les tire-laits,
l’oxygénothérapie, la PPC, les escarres ou les orthèses. Au total, ce sont donc 250 M€ qui sont
demandés aux PSAD en 2019, soit une ponction équivalente à celle subie en 5 ans ! Ce n’est
pas simplement déraisonnable, c’est signer l’arrêt de mort de la prestation de santé à domicile.
L’argument utilisé pour justifier ces mesures est toujours le même : une croissance « trop
dynamique ». Outre le vieillissement de la population et la prévalence des maladies chroniques,
l’augmentation du nombre de patients pris en charge à domicile est, avant tout la conséquence
du virage ambulatoire encouragé par tous les gouvernements ces vingt dernières années pour
soulager l’hôpital et maîtriser les dépenses de santé. Et pour cause, le coût d’une prise en charge
à domicile est inférieur de 30 à 40 % à celui d’une prise en charge hospitalière !
À l’incohérence politique s’ajoute donc l’incohérence budgétaire, mais aussi une
méconnaissance consternante du secteur de la prestation de santé à domicile.
Nous nous étions déjà battus en 2016 pour faire admettre aux pouvoirs publics que la prestation
de santé à domicile est un métier de services qui ne peut faire l’objet d’une simple régulation
prix-volumes : plus de patients à prendre en charge, c’est plus de personnels pour les
accompagner à domicile, plus de dispositifs médicaux à mettre à leur disposition... en effet la
régulation prix/volumes atteint rapidement ses limites. Nous nous heurtons encore et toujours
au mur de la régulation comptable et court-termiste. Mais il est plus facile de faire une règle de
trois que d’imaginer de nouveaux modèles. Cela fait pourtant près de 3 ans que nous proposons
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Fédération des PSAD, 4 place Louis Armand, Tour de l'Horloge 75603 PARIS Cedex 12
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inlassablement des modèles innovants de régulation et d’organisation des soins avec, à la clé,
des économies dépassant les 800 millions d’euros.
Les prestataires de santé à domicile sont exsangues. Au-delà de la mise en péril d’un secteur et
de ses 20 000 collaborateurs, les mesures annoncées par le CEPS se feront au détriment direct
des centaines de milliers de patients.
Ce sont 130 000 patients nécessitant des perfusions à domicile pour une antibiothérapie en
sortie d’hospitalisation, des douleurs chroniques, une chimiothérapie, une immunothérapie …,
qui seront demain contraints de rester à l’hôpital ou d’y retourner ; 150 000 patients stomisés
ou atteints de troubles de la continence qui n’auront d’autre choix que de se former seuls à
l’utilisation de leurs dispositifs médicaux et de retourner à l’hôpital pour traiter les
complications ; 300 000 patients qui, sans lit médicalisé, ne pourront plus être maintenus à
domicile.
A terme, ce sont plus de 2 millions de patients qui seront privés de l’accompagnement
personnalisé et de proximité réalisé par les PSAD.
Face à l’urgence de la situation, nous cessons toute discussion avec le CEPS et demandons à être
reçus, dans les plus brefs délais, par la Ministre de la Santé afin de :
● réaffirmer le principe de négociations conventionnelles loyales entre le CEPS et les
prestataires ;
● co-construire, avec les acteurs du secteur, de nouveaux modes de régulation des
dépenses basés sur la qualité et la pertinence du service rendu au patient ;
● négocier sur une base triennale des objectifs réalistes ;
● intégrer au futur projet de loi santé la reconnaissance et la consolidation du rôle des PSAD
en qualité d’acteur de santé à part entière.
C’est alors que nous pourrons nous engager dans un travail collaboratif et constructif comme
nous l’avons toujours souhaité.
Charles-Henri
des VILLETTES
Carmela
MARCHAND
Emeric
PIVIDORI
Fabrice
CAMAIONI
Didier
DAOULAS
Président du
SYNALAM
Président du
SYNAPSAD
Président du
SNADOM
Président de
l’UNPDM
Président de
l’UPSADI
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Pour plus d’informations ou l’organisation d’une interview, veuillez contacter :
Fédération des PSAD: Clara DALLAY – 06 48 45 01 53 / 01 44 18 65 58
SNADOM: Jonathan MARTINEZ – 06 18 55 00 76
UNPDM: Heïdi GRANDO – 06 89 84 52 17
UPSADI : Nathalie CREVEUX – 06 60 16 61 40
Le secteur de la prestation de santé à domicile
Les acteurs de la prestation de santé à domicile prennent en charge à domicile près de
2 millions de patients chaque jour sur l’ensemble du territoire national. Représentant près
d'un millier d'acteurs de toutes tailles, TPE locales, PME régionales ou filiales de grands
groupes et, les prestataires sont des entreprises et des associations de services qui
emploient 20 000 salariés dont 4000 professionnels de santé, et créent chaque année
entre 800 et 1000 emplois sur le territoire. Acteurs de l'innovation, ils contribuent à rendre
les dépenses de santé plus efficientes en permettant notamment le basculement, à
domicile, d’activités hospitalières, la réduction des durées d’hospitalisation et le
déploiement de solutions de e-santé.
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