PREF Shift Project Transition robuste 14 avril 2026
The Shift Project Publications
11 juin 2026, 06:00
Texte de la source originale
DANS LE CADRE DU
PLAN ROBUSTE POUR L’ECONOMIE FRANCAISE
RÉUSSIR LA TRANSITION
DANS L’INCERTITUDE :
LA MÉTHODE SHIFT
EN 20 CHANTIERS
LE THINK TANK DE LA
TRANSITION BAS CARBONE
Synthèse – Avril 2026
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Résumé exécutif
Proposer un plan pour une décarbonation
française robuste aux aléas futurs
Un travail consultatif en deux volets
Dans un contexte de crises énergétiques et climatiques
de plus en plus fréquentes, il est crucial d’intensifier
les efforts pour décarboner la France. Le pays reste
dépendant à plus de 60 % des énergies fossiles
(pétrole, gaz, charbon) pour sa consommation d’énergie
finale, et à plus de 70 % dans son exposition énergétique
(incluant l’énergie contenue dans les biens et services
qu’elle importe). La planification nationale a un grand rôle
à jouer pour aligner, coordonner et accompagner
les acteurs économiques, territoriaux et les ménages.
The Shift Project, quatre ans après la publication de
son Plan de transformation de l’économie française,
souhaite à nouveau contribuer à la réflexion. En se basant
sur les flux physiques, et en intégrant pleinement le fait
que les prochaines décennies risquent d’être jalonnées
de crises et d'imprévus.
L’analyse des dynamiques et freins de 20 chantiers
incontournables et emblématiques de la décarbonation.
Cette analyse s’est appuyée sur une large revue
de littérature et des centaines d’entretiens d’experts et
de professionnels des secteurs étudiés, afin de proposer
un ensemble de préconisations pour tenir les bons
rythmes de déploiement. Dans le rapport, chaque chantier
fait l’objet d’un zoom d’une dizaine de pages.
Une analyse de robustesse imaginant des
trajectoires dégradées de décarbonation,
pour mieux les éviter. Ces trajectoires chiffrées
ont été construites à partir de variantes supposant
des issues plus ou moins optimistes pour chaque chantier.
Le simulateur de trajectoires utilisé évalue les émissions
de gaz à effet de serre, les consommations d’énergies, les
besoins en emploi et l’empreinte cuivre, entre 2025 et 2050.
Le présent rapport expose les résultats de ces analyses,
et en tire de grandes lignes d’action pour une décarbonation
française réussie dans un contexte incertain.
Pour proposer un plan qui réussirait dans l’incertitude,
le Shift Project a développé deux analyses :
2
1
Dans les transports : déploiement du vélo,
extension des transports en commun,
généralisation de la voiture électrique sobre,
massification du train, décarbonation de l’aérien
(SAF et baisse du trafic), relance du fret ferroviaire,
déploiement des camions électriques.
Dans le logement : rénovation des habitations,
déploiement des pompes à chaleur (PAC).
Dans le numérique : maîtrise du déploiement
des centres de données.
Dans l’industrie : production d’acier bas-carbone,
production d’hydrogène bas-carbone, captage et
séquestration de carbone (CCS).
Dans l’agriculture : transformation
des systèmes d’élevage (baisse sélective
des cheptels bovins), transformation
de la gestion de l’azote (légumineuses),
maintien et développement des puits de
carbone naturels, agricoles et forestiers.
Dans l’industrie de l’énergie : prolongation
du nucléaire historique et lancement
du nouveau nucléaire (EPR2), déploiement
des énergies renouvelables (photovoltaïque,
éolien terrestre, éolien en mer), déploiement
soutenable des bioénergies.
P.2 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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Les enseignements clés de nos travaux
La France peut réussir sa décarbonation et s’affranchir des énergies
fossiles d’ici 2050, à condition d’accélérer sur l’ensemble des
chantiers. Même dans un contexte incertain, où les imprévus seront
inévitables, la transition peut aboutir. En revanche, tout affaiblissement
de l’ambition ou tout retard dans sa mise en œuvre accroîtrait les tensions
autour des ressources énergétiques, dans un monde déjà marqué par
l’instabilité et les aléas. L’urgence est d’accélérer, sans compromis.
La France a pris trop de retard pour faire l'impasse sur les chantiers
majeurs, qu'il va falloir mener de front : production d’énergies bas
carbone française, électrification massive des équipements, maîtrise
de la consommation d’énergie, réduction des émissions de carbone
hors combustion, préservation des puits de carbone naturels. Si la France
parvient à accélérer sur l'ensemble des chantiers, elle regagnera une
marge de manœuvre sur sa trajectoire au cours de la décennie 2040.
Le succès de chaque chantier de décarbonation dépend de conditions clés,
dont la réalisation reste incertaine et dont la maîtrise totale ne peut être
garantie — c'est autant de défis à relever pour réussir la décarbonation :
rythme de déploiement industriel ou infrastructurel, développement
de technologies aujourd’hui peu matures, évolution des usages et des
comportements, rythme de recrutement et de formation, bonnes conditions
agronomiques ou sylvicoles. Il faut tout faire pour maîtriser au mieux ces
prérequis par leur planification rigoureuse, mais sans être trop optimiste
sur leur réalisation future, tributaire de conditions extérieures favorables.
L’électrification massive des équipements est incontournable pour
une décarbonation poussée de l’économie française, et pour mettre
à l’abri les ménages français des prochaines crises sur les énergies
fossiles : petites voitures électriques abordables, pompes à chaleur,
procédés industriels électriques, flottes de camions électriques.
La production électrique bas-carbone française doit fortement
augmenter pour permettre l’électrification. À ce titre, renoncer
au nucléaire ou ralentir le rythme de déploiement des énergies
renouvelables, c’est risquer de manquer d’électricité bas-carbone
et souveraine dès la décennie 2030.
Maîtriser la consommation des différentes énergies (carburants
liquides, gaz, électricité) est indispensable pour sécuriser la
décarbonation française. À ce titre, il faut démultiplier l’usage du vélo,
déployer les transports en commun et le train, réduire le trafic aérien,
rénover massivement les logements, continuer à améliorer l’efficacité
des équipements, maîtriser le déploiement des centres de données.
P.3
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Contexte et objectif
L’Europe est vulnérable face aux
aléas énergétiques et météorologiques
de plus en plus fréquents
Les crises les plus récentes ont démontré de manière
éclatante la dépendance étroite entre les activités
humaines, économiques ou non, et l'énergie.
La crise COVID de 2020 a mis à l’arrêt une partie de
la production économique et a fortement contraint les
déplacements. Elle a induit une réduction sensible de la
consommation d’énergie française et a entrainé une baisse
de 5 % de ses émissions de gaz à effet de serre territoriales
en 2020. C’est également vrai à l’échelle du globe.
La sortie de crise s’est accompagnée d’une crise
énergétique : initialement, en 2021, elle s’explique
par la relative lenteur de la reprise des fournitures
pétrolières et gazières mondiales, empêchant une reprise
économique rapide. La situation s’est nettement aggravée
avec la guerre en Ukraine (2022) et la détérioration des
relations avec la Russie. L’Europe a effectué une réduction
graduelle de sa dépendance à l’approvisionnement gazier
russe. Cet approvisionnement a été partiellement compensé
par de nouvelles importations de gaz naturel liquéfié
(GNL) depuis les Etats-Unis, et par des réductions de
consommation (des baisses de chauffage dans les bâtiments
et de la consommation dans l’industrie).
Depuis, deux nouvelles tensions géopolitiques mettant
à risque les approvisionnements fossiles pour la France
et l’Europe se sont ajoutées : la dépendance accrue
à des USA dont les comportements à l’égard de l’Europe
sont plus ouvertement inamicaux, et la guerre en Iran qui
limite l’approvisionnement du marché mondial, accentuant
la compétition globale pour l’accès au pétrole, au gaz et
aux ressources liées (engrais, hélium…).
La France, et l’Europe, sont particulièrement exposées
aux crises sur les énergies fossiles. Leur économie,
et les activités quotidiennes y sont encore très dépendantes.
De plus, ces énergies sont majoritairement importées.
Cette dépendance aux importations est structurelle :
la production locale (en particulier les exploitations en mer
du Nord) décline depuis les années 2000.
Les tensions géopolitiques mondiales en lien avec
les ressources fossiles risquent d’augmenter à mesure
que les gisements mondiaux s’épuisent, alors que
les nouvelles découvertes ne suffisent plus à compenser
leur déclin et que les économies restent fortement
dépendantes de ces énergies.
De plus, la France sera exposée de manière croissante
aux aléas météorologiques extrêmes, de manière
différenciée sur ses territoires : vagues de chaleur,
sécheresses, fortes précipitations, cyclones tropicaux,
érosion du littoral, favorisant notamment feux de végétation
et retrait-gonflement des argiles. Ce sont les effets attendus
du réchauffement climatique. Des efforts d’adaptation sont
planifiés par l’Etat, dans son 3e Plan national d’adaptation
au changement climatique (PNACC), pour limiter les
conséquences prévisibles de ces aléas.
Dans ce contexte contraint, la réussite de tout projet économique
pour la France est conditionnée au succès de la décarbonation :
celle-ci redonne de la liberté d’action. Il est urgent de l’accélérer
et de la sécuriser face aux crises à venir. La décarbonation réduit
l’exposition des activités françaises aux crises sur les énergies fossiles,
à condition de ne pas reposer massivement sur des énergies bas-carbone
importées. Il est plus que jamais urgent d’accélérer les efforts.
Décarboner la France et l’Europe, c’est gagner en souveraineté
et retrouver une maîtrise de notre destin face aux incertitudes
sur l’avenir. Aussi la stratégie doit maintenant viser à sécuriser les efforts
de décarbonation, et à accélérer.
P.4 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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Du Plan de transformation
de l’économie française (PTEF)
au Plan robuste pour l’économie
française (PREF)
Explorer l’avenir pour mieux
sécuriser la décarbonation française
face aux incertitudes
Dans un monde qui se fragmente et soumis
à des chocs, les systèmes se grippent,
les prévisions se faussent et les plans
ne se déroulent pas comme prévu.
Par la présente étude, le Shift Project vise
à apporter des enseignements et propositions
utiles pour sécuriser la transformation de
l’économie française, vers sa décarbonation
et sa sortie des énergies fossiles.
Fin 2021 et début 2022, le Shift Project publiait son
plan de transformation de l’économie française (PTEF),
composé d’une quinzaine de rapports thématiques et d’un
livre de synthèse. Le PTEF mettait sur la table un ensemble
de propositions concrètes pour la France, visant à réduire
fortement ses émissions de gaz à effet de serre et ses
consommations d’énergie fossile, de 5 %/an, dès 2022
et jusqu’à 2050. Une modélisation quantitative assurait
la cohérence du PTEF du point de vue des flux physiques
et des besoins en emploi, à l’échelle du territoire français.
L’objectif du PTEF était de convaincre un maximum
de décideurs politiques et économiques de planifier
la transition, avec des propositions concrètes et chiffrées
et avec le soutien d’un maximum de professionnels,
d’acteurs économiques et de la société civile qui seraient
embarqués avec nous dans cette direction. L’impératif de
planification est toujours d’actualité : de nombreux chantiers
de décarbonation doivent être menés de front. Certains
doivent accélérer quand d’autres débutent à peine.
Tous nécessitent une vision et un accompagnement stable
sur le temps long ; certains requièrent des coordinations
nouvelles entre acteurs, des reconversions, et parfois des
évolutions d’habitude dans le quotidien.
Même s’il contribuait à réduire la sensibilité de l’économie
française aux crises énergétiques, le PTEF, comme
beaucoup de travaux sur la décarbonation d’alors,
supposait implicitement un monde relativement stable
dans les décennies à venir : chaque décision y portait
entièrement ses fruits, supposant une organisation sans
accroc, et une maîtrise complète des trajectoires.
Dans le cadre du Plan robuste pour l’économie
française (PREF), le Shift Project souhaite explorer
la transition en tenant compte du fait que le monde
sera incertain, et que les acteurs français ne pourront
pas tout maîtriser au cours des 25 prochaines années.
La présente étude Réussir la transition dans l’incertitude
est la brique technique du PREF qui apporte de nouveaux
enseignements en réinterrogeant le PTEF sous l’angle
des incertitudes, pour le rendre plus robuste.
Le Shift souhaite faire émerger des enseignements
nouveaux, pour rendre la décarbonation française robuste
aux aléas des 20 prochaines années, dans la lignée
des premiers travaux de RTE Futurs énergétiques 2050
ou du projet de SNBC 3. Ce rapport présente à la fois
la méthode d’analyse d’incertitude que nous avons
mise en œuvre à partir du PTEF et les enseignements
que nous en avons tirés. Les propositions faites dans
le PTEF nous semblent toujours d’actualité ; l’analyse
d’incertitude vient à la fois renforcer certaines propositions,
et en ajouter d’autres.
PTEF
PREF
2030
2040
2050
2060
2070
2080
P.5
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20 chantiers incontournables
pour réussir la transition
Objectifs et méthode
Décarboner l’économie française passe
concrètement par le déploiement d’un certain
nombre de chantiers. Cette étude a retenu
une vingtaine de chantiers que nous considérons
comme incontournables, et emblématiques
de la décarbonation.
La liste des chantiers retenus ne saurait prétendre
à l’exhaustivité. Ils couvrent cependant une large partie
des enjeux de décarbonation et illustrent l’ensemble
des familles d’actions que la France doit mener et accélérer :
maîtrise de la consommation d’énergie, électrification,
déploiement de la production électrique bas carbone,
déploiement des bioénergies, évolution des pratiques
agricoles et stockage du carbone atmosphérique.
Chacun de ces chantiers a fait l’objet d’une analyse
détaillée pour :
Faire le point sur l’avancement du chantier à date.
Un état des lieux de chaque chantier, en termes
de développements concrets, de pratiques, de
structuration de filière a été établi.
Identifier ses conditions de réussite, en détectant
les freins ou points de blocage actuels et à venir,
par exemple en termes de visibilité économique
pour les filières, d’organisation interne, ou d’emploi
et de formation.
L’analyse a principalement reposé sur une large étude
bibliographique et sur plusieurs centaines d’entretiens
avec les acteurs, experts et professionnels des secteurs
concernés. Dans ces entretiens, nous avons mis l’accent
sur la réussite des chantiers à la bonne échelle et
à temps, et sur les défis que cela pose pour leur secteur.
Nous avons exploré les actions concrètes à mettre
en œuvre (infrastructures, industries, développement
de technologies, recrutements, formations, évolutions
des usages et des comportements), et identifié les enjeux
d’accélération, et les freins, ou risques qui pèsent sur elles.
Tout au long des recherches, la grille d’analyse du
Shift Project a été utilisée, principalement centrée sur
les flux physiques, sur les enjeux techniques, sur
les questions d’énergie et de matière, d’emplois et de
compétences, sur les problématiques organisationnelles
concrètes, et sur les usages.
P.6 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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Déployer massivement
le vélo
Étendre les transports
en commun
Relancer
le fret ferroviaire
Généraliser la voiture
électrique sobre
Electrifier
les poids-lourds
Produire de l'acier
bas-carbone en France
Maîtriser
le déploiement des
centres de données
Prolonger et relancer
le nucléaire
Transformer
la gestion de l'azote
Rénover les logements
Décarbonner
le secteur aérien
Massifier la production
d'hydrogène
bas-carbone
H2
H2
Déployer l'éolien et
le photovoltaïque
Transformer les système
d'élevage
Déployer les
pompes à chaleur
Massifier le train
passagers
Capter, stocker
et valoriser le CO²
CSC
Mettre en œuvre un
déploiement soutenable
des bioénergies
Préserver les puits
de carbone
TRANSPORTS LOGEMENT
INDUSTRIE ÉNERGIE
AGRICULTURE
NUMÉRIQUE
P.7
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Réussir la transition dans les transports
Les transports : un poste
d’émissions majeur en
France, à la forte dépendance
aux énergies fossiles
Les transports pèsent pour environ un tiers des émissions
totales françaises, dont une moitié pour les voitures
et un tiers pour les utilitaires et les poids-lourds.
Les véhicules circulant actuellement en France
fonctionnent très majoritairement aux carburants fossiles
(à plus de 90 %) : essence, diesel, kérosène.
Nous avons analysé 7 chantiers incontournables
ou emblématiques pour décarboner les transports.
Emissions de GES des transports en 2023
Déployer massivement
le vélo
Atteindre 25 % des distances parcourues en 2050
pour les déplacements du quotidien à vélo est
possible :
Accélérer la construction des infrastructures
Pistes cyclables continues et sécurisées,
Lieux de stationnements abondants et sûrs.
Développer une industrie française de vélos
Large gamme de vélos de qualité et accessibles,
Montée en puissance d’une filière de production
et de réparation.
Instaurer un accompagnement politique
Soutien à l’achat ou à la location,
Financements publics stables et lisibles,
Avantager le vélo face à la voiture : réduction
de la vitesse, stationnement, avantages fiscaux…
Généraliser la voiture électrique sobre
Renforcer et étendre
les transports
en commun (TC)
Multiplier par 2 l’usage quotidien des TC d’ici à 2050
est possible :
Pérenniser et accélérer le déploiement des TC,
notamment via des projets de métropole :
Grand Paris Express et Services Express Régionaux
Métropolitains (SERM), connectés aux territoires voisins.
Assurer une vision nationale des projets et de leur
contribution à la décarbonation
Donner de la visibilité, notamment financière, aux
acteurs, pour préparer les recrutements, achats de
matériel roulant, etc.
Faciliter l’utilisation des Transports Collectifs :
rendre le service accessible, confortable, simple et fiable,
augmenter les fréquences dans les zones denses
Communiquer sur l’existence et les avantages du
service (prix, gain de temps, fiabilité, environnement)
Transport aérien
des français
Voitures
Utilitaires légers
Poids lourds
Autres routier,
fer, navigation
17 %
5 %
7,1 %
5,5 %
1,9 % 37 %
14 % Usage
des bâtiments
4 % Traitement
déchets
17 % Industrie et
construction
9 % Industrie
de l'énergie
19 % Agriculture
et forêt
Transport
Emissions territoriales françaises et des voyages en avion par les Français.
Source: CITEPA, The Shift Project pour l'aérien
Un parc automobile entièrement décarboné
à l’usage d’ici 2050 est possible :
Maintenir la trajectoire CO2 réglementaire pour
la vente de voitures électriques (VE) neuves.
Poursuivre le déploiement des infrastructures
de recharge, notamment en zones peu denses.
Anticiper la formation dans la filière aval
(distributeurs, réparateurs, auto-écoles...).
Soutenir l’industrie locale (FR & UE) des VE
Production de batteries en France et en Europe
Vente de voitures intégrant un minimum de contenu local
Déployer les voitures électriques sobres
Vente de petites voitures électriques neuves abordables
Développement du marché de l’occasion pour le VE
Informer les consommateurs sur la bonne autonomie des VE
Dispositifs ciblés de remplacement des voitures
thermiques les plus émettrices
Ces chantiers Transport ne sont pas les seuls : les travaux du Shift,
dont le PTEF, en mentionnent de nombreux autres : limitation des distances
à parcourir, par l’urbanisme, le télétravail et les visioconférences ; réduction
du trafic aérien pour les voyages, par une offre abondante et diversifiée
de train en Europe, et par des vacances lointaines plus longues mais moins
fréquentes ; réduction des consommations des voitures par une meilleure
aérodynamique, l’écoconduite et la réduction des vitesses, etc.
P.8 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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Massifier le train
passagers
Tripler les distances parcourues
en train à l’horizon 2050 est possible :
Investir fortement dans le réseau, aujourd’hui
vieillissant : rénovation, modernisation et extension.
Produire du matériel roulant (rames de TGV
et trains régionaux) au bon rythme.
Cela requiert une planification claire et stable,
pour que les constructeurs ferroviaires
(Alstom, CAF) et leurs sous-traitants aient
la visibilité suffisante, et une accélération
des procédures pour qu’ils puissent produire
rapidement ces nouveaux matériels.
Réaliser un effort massif de recrutement et
formation, aujourd’hui insuffisamment anticipé :
personnels roulants, exploitants des gares et
du réseau, agents de maintenance des matériels
et infrastructures.
Proposer une offre de trains abondante,
fiable et abordable, pour consolider et stimuler
la demande.
Relancer le fret
ferroviaire
Couvrir 30 % du transport de marchandises
par train en 2050 (pour 9 % en 2025) est possible :
Déployer et améliorer le service
Moderniser et étendre le réseau, en augmentant
son intermodalité
Assurer la qualité du service, en termes
de ponctualité et de traçabilité
Anticiper les recrutements dans le secteur
Stimuler la demande
Aides financières et conseil dédié aux entreprises
pour faciliter l'accès au transport ferroviaire
Obligation progressive de recours au rail pour
les chargeurs, afin de sécuriser une demande
à la hauteur des enjeux
Garantir des prix bas et stables de l’électricité
Etablir une planification d’ensemble, orchestrée
par les pouvoirs publics en collaboration avec la
filière, et pensée territorialement
Décarboner
le secteur aérien
Décarboner le secteur aérien est possible :
Améliorer l’efficacité énergétique des appareils.
Progrès possibles mais insuffisants pour
contrebalancer la hausse tendancielle du trafic.
Déployer les carburants durables (dits « SAF »)
en structurant une filière de production industrielle
française. Ils sont bas carbone et utilisables dans
les avions existants.
Réduire le trafic aérien : report modal vers le
ferroviaire, fiscalité, quotas, fermetures de lignes,
etc. Le volume de SAF sera limité par la ressource
en biomasse durable et en électricité bas-carbone :
réduire le trafic évitera les conflits d’usage.
Poursuivre la R&D sur l’avion à hydrogène, même
s’il ne jouera pas un rôle significatif avant 2050.
Electrifier
les poids-lourds
Atteindre 100 % de poids lourds électriques
(PLE) à la vente en 2050 est possible :
Déployer la production. La réglementation
européenne VECTO, qui revient à donner
des objectifs de production de PLE aux constructeurs
(-90 % d’émissions des PL neufs à 2040), doit être
maintenue et respectée, voire renforcée.
Planifier le déploiement adéquat des bornes
de recharge de forte puissance.
Stimuler la demande
Instaurer des obligations de part de transport
routier effectuée en PLE pour les chargeurs
et commissionnaires
Exigence de mise en place d’une trajectoire
de décarbonation active par ces acteurs
Aides à l’acquisition pour compenser le surcoût
des PLE par rapport aux poids-lourds thermiques
Encadrer les tarifs de recharge sur autoroute
Accompagner le secteur
Fournir une information claire sur les options
& priorités de décarbonation
Accompagner le changement des acteurs
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Réussir la transition dans le logement
Réussir la transition dans le numérique
L’usage des bâtiments pèse pour environ
15 % des émissions totales françaises.
Plus de la moitié provient du chauffage,
de l’eau chaude et de la cuisson dans les
logements. Encore 45 % des logements
sont dépendants du gaz ou du fioul.
Nous avons analysé 2 chantiers
incontournables pour décarboner
les logements.
La filière des centres de données connaît une expansion
rapide en France, due à un fort soutien politique et un
usage croissant de l’IA générative. Cela a des conséquence
physiques et techniques : consommation d’électricité en
hausse rapide, saturation de la file d’attente des demandes
de raccordement au réseau, etc.
Si rien n’est fait, cela peut porter atteinte à la décarbonation
des autres secteurs :
Conflit d’usages pour l’électricité bas-carbone avec
les autres secteurs (transport, logement, industrie),
Augmentation des délais de raccordement au réseau
des sites industriels souhaitant électrifier leurs procédés.
Rénover les habitations
Massifier la rénovation des logements
en France est possible :
Garantir des financements publics importants,
stables et lisibles pour les ménages.
Fournir un accompagnement des ménages
par un tiers de confiance public, pour rassurer
sur la qualité des travaux et aider dans leur
organisation, la rénovation étant complexe et
technique.
Le secteur du bâtiment doit fournir un effort
majeur de recrutements et de formation,
pour répondre à la demande lorsqu’elle viendra
à s’accélérer sous l’effet des leviers précédents.
Déployer les pompes
à chaleur
Déployer massivement les pompes à chaleur
en France est possible :
Garantir la compétitivité par rapport aux chaudières
gaz, en proposant des dispositifs d’aides à l’achat
conséquents et stables, et un prix de l'électricité bas
(par rapport au gaz) et stable.
Faire monter en puissance la filière industrielle,
aujourd’hui déjà solide en France et en Europe
Assurer des débouchés stables et une protection
vis-à-vis de la concurrence internationale
Recruter et former de nombreux installateurs
et mainteneurs. Garantir une installation correcte des
PAC est un prérequis à leur bon fonctionnement et est
essentiel pour une confiance favorisant la diffusion.
Maîtriser le déploiement
des centres de données
Réguler cette dynamique de déploiement est possible :
Prendre des arbitrages politiques forts, afin que
les centres de données ne puissent pas préempter
l’électricité bas-carbone et les capacités de raccordement,
Créer un observatoire de l’évolution des capacités
installées et des consommations,
Permettre un débat éclairé sur l’usage pertinent de l’IA
et sur ses différents impacts.
Emissions de GES du logement en 2023
2 % 4 % 8 %
37 % 14 %
Usage des
bâtiments
4 %
Traitement
déchets
17 %
Industrie
et construction
9 %
Industrie
de l'énergie
19 %
Agriculture
et forêt
Transport
Chauffage, eau chaude
et cuisson domestique
Autres activités
du bâtiment Chauffage, eau chaude
et cuisson tertiaire
P.10 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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H2
H2
Produire de l’acier
bas-carbone en France
Il est possible de décarboner la production d’acier française:
Développer le four à arc électrique (EAF), technologie
mature et décarbonée de recyclage des aciers, en
améliorant le tri des ferrailles et la réduction de leur exportation.
Développer la réduction directe du minerai de fer par
hydrogène et four à arc électrique (DRI-H2-EAF), en
substitution des hauts fourneaux fonctionnant au charbon.
C’est un défi industriel à la temporalité longue, à lancer
rapidement, et reposant sur l’émergence d’une filière
française d’hydrogène décarboné.
Gérer le surcoût des technologies bas-carbone très électro-
intensives. Donner de la visibilité sur une électricité bas-carbone,
abondante et abordable, et sur des prix du CO2 élevés.
Sécuriser les débouchés de la filière
Imposer des taux d’incorporation d’acier bas carbone aux
secteurs consommateurs (bâtiment, automobile, infrastructures)
Assurer une protection vis-à-vis de la concurrence
internationale, notamment quand elle est plus carbonée.
Massifier la production
d’hydrogène bas-carbone
Assurer une production d’hydrogène décarbonée
à l’échelle industrielle est possible :
Déployer la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau
Structuration rapide de l’appareil productif, pour
de premières mises en service à horizon 2030-35
Réalisation des recrutements adéquats
Sécurisation des débouchés avals (acier, engrais décarbonés)
Garantir sur le temps long une électricité abordable
et disponible, et un coût du CO2 élevé, pour maîtriser
le surcoût par rapport à l’hydrogène carboné
Organisation à moyen et long terme des capacités
de transport et de stockage d’hydrogène pour tirer
profit d’un équilibrage énergétique et économique
entre offre et demande géographiquement distantes.
Maîtriser les usages de l’hydrogène pour limiter
la consommation d’électricité
Arbitrer en faveur des usages où l’hydrogène décarbone
le plus au moindre coût d’ici 2050 : acier, engrais, e-fuel
Maîtriser la consommation des e-fuels par une baisse du
trafic aérien.
Réussir la transition dans l’industrie
L’industrie : une diversité de
filières, des émissions de GES
relativement concentrées
L’industrie représente environ 15 % des émissions totales,
principalement réparties entre la métallurgie (notamment l’acier),
la chimie (notamment les engrais), et les minéraux (notamment le
ciment). La production d’acier est fortement consommatrice de
charbon. La production d’engrais est actuellement réalisée à partir de
gaz fossile. La production de ciment repose sur une réaction chimique
libérant du CO2, (émissions dites de procédés). Nous avons analysé
3 chantiers incontournables pour la décarbonation de l’industrie.
Ces chantiers Industrie ne sont pas les seuls : les travaux du Shift, dont le PTEF,
en mentionnent de nombreux autres : décarbonation de la filière plastiques,
par le recyclage, la substitution par des bioplastiques ou des matériaux alternatifs
durables ; massification de l’électrification dans l’industrie, par les pompes à chaleur,
la compression mécanique de vapeur ou les différents types de fours électriques ;
décarbonation de l’industrie verrière par l’électrification et cas particuliers de besoins
en hautes températures, etc.
Emissions de GES de l’industrie en 2023
Autres industries
manufacturières
Agro-alimentaire
Construction
Métallurgie
Minéraux non-
métalliques,
matériaux de
construction
Chimie
0,9 %
4 %
3 %
2 %
2,3 %
4,2 %
37 %
14 % Usage
des bâtiments
4 % Traitement
déchets
17 % Industrie et
construction
9 % Industrie
de l'énergie
19 % Agriculture
et forêt
Transport
CSC
Capter, stocker et valoriser les émissions résiduelles de CO2 industriel
Il est possible de développer le captage
et la séquestration de carbone :
Aligner les acteurs sur le transport du CO2,
notamment sur le niveau d’impuretés acceptable
Identifier et sécuriser des sites de stockage
suffisamment vite, notamment en France
Eclairer les débats sur ces projets, par des études
d’impacts sur leur cycle de vie complet
Gérer le surcoût du CCS
Garantir des prix de l’électricité bas et stables et des prix
du CO2 élevés et prévisibles
Répartir le surcoût de manière acceptable entre les acteurs
– industriels, secteurs avals, consommateur final et Etat
P.11
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Réussir la transition dans l’agriculture
et la forêt Emissions de GES de l’agriculture
et de la forêt en 2023
Porcins
Engins, moteurs
et chaudières
Autres émissions
(cultures,
élevages)
Engrais et
amendements
minéraux
Bovins
3,6 %
2,5 %
2,4 %
0,6 %
10 %
37 %
14 % Usage
des bâtiments
Traitement
déchets
17 % Industrie et
construction
9 % Industrie
de l'énergie
19 % Agriculture
et forêt
Transport
L’agriculture et la sylviculture comptent pour environ 20 % des
émissions totales françaises. Celles-ci comprennent notamment
les émissions de méthane des élevages bovins, les émissions de
protoxyde d’azote liées à l’épandage des engrais azotés de synthèse
ou encore le déstockage de carbone liée à la perte de surfaces
en prairies. Les écosystèmes agricoles et forestiers peuvent jouer
un rôle de puits de carbone naturel : ils compensent aujourd’hui
10 % du total des émissions annuelles de carbone. Nous avons
analysé 3 chantiers incontournables pour la décarbonation
de l’agriculture et la gestion des puits de carbone naturels.
Ces chantiers agriculture ne sont pas les seuls : les récents travaux du Shift
sur l’agriculture en mentionnent de nombreux autres : recours à des cultures sobres
en eau, optimisation de la fertilisation phosphatée, etc.
Transformer la gestion
agricole de l’azote
Il est possible de réduire la consommation
d’engrais azotés de synthèse en transformant
la gestion agricole de l’azote :
Relancer à grande échelle les cultures de
légumineuses, principale source d’azote naturelle,
à l'échelle nationale
Adapter le parc de silos au stockage des légumineuses
Mener le déploiement territorial en tenant compte
des contextes pédoclimatiques locaux
Former des agriculteurs aux spécificités de ces cultures
Accélérer la sélection génétique pour adapter
les semences aux aléas climatiques et biotiques
Sécuriser les débouchés, en particulier dans
la restauration collective.
Déployer d’autres pratiques de gestion de l’azote
Produire des engrais bas carbone (hydrogène, CCS)
et optimiser leur usage
Généraliser le recours aux couverts végétaux
Recycler l’azote contenu dans les effluents d’élevage,
boues de station d’épuration, etc.
Mettre en place une véritable planification,
tant à l’échelle des territoires que des filières.
Généraliser les élevages
bovins résilients et bas carbone
Permettre le maintien ou la transition vers des systèmes
d’élevage bovin résilients et bas carbone est possible :
Réduire de manière planifiée et progressive les cheptels
bovins, pour réduire leurs émissions de méthane.
L’élevage en prairies doit être préservé, notamment
car les prairies sont des stocks de carbone importants.
Relocaliser l’alimentation bovine, en remplaçant
notamment les tourteaux de soja, importés et sources de
déforestation, par de l’herbe et des légumineuses de prairies.
Reconnecter territorialement les productions
animales et végétales, pour fertiliser directement
les cultures par les effluents d’élevage local et réduire
la consommation d’engrais de synthèse.
Améliorer la génétique et la santé animale, pour
réduire l’empreinte carbone sans nuire au bien-être
animal, et obtenir une meilleure résilience des troupeaux
aux stress climatiques (fortes chaleurs) et aux maladies.
Proposer un soutien économique et réglementaire
plus fort pour sécuriser la situation des éleveurs.
Le secteur doit redevenir attractif, en garantissant des
revenus dignes et des conditions de travail décentes.
Préserver les puits de carbone naturels
Les puits de carbone agricoles et forestiers
s’érodent rapidement. Il faut agir pour les préserver,
mais leur évolution dépendra des impacts
du changement climatique. Voici nos pistes :
Sanctuariser les stocks existants en
préservant des prairies permanentes
Reconstituer les puits de carbone dans les territoires
de grandes cultures, par une transformation des
pratiques agricoles : couverts végétaux, haies,
agroforesterie, prairies temporaires, etc.
Déployer d’urgence une stratégie
d’adaptation des forêts françaises
pour enrayer la mortalité
croissante des arbres et le
ralentissement de leur croissance
Déployer des bouquets d’essences
adaptés aux spécificités locales
et au changement climatique,
Déployer des protections contre
les incendies,
Renouveler les forêts sinistrées
et valoriser le bois de crise,
Laisser suffisamment
de bois mort & résidus de coupe
pour favoriser santé
et contenu carbone des sols,
Adopter des techniques de
coupes plus durables,
Prévenir les conflits d’usages
sur la ressource en bois via une
planification adéquate,
Eviter la prolifération excessive de
grand gibier, qui mange les jeunes
pousses.
4 %
P.12 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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Réussir la transition dans l’énergie
L’industrie de l’énergie fait face à des enjeux majeurs. En
2025, l’énergie consommée en France est à plus de 60 %
fossile et importée. Cela concerne tout particulièrement les
carburants liquides et le gaz. La production d’énergies bas
carbone, si possible en France, doit se déployer massivement
et de manière soutenable. Les énergies liquides et gazeuses,
produites à partir de matières organiques (bioénergies) ou
d’électricité (e-fuels), deviendront plus rares ; l’électricité,
d’origine renouvelable ou nucléaire, prendra une place plus
grande pour compenser. Nous avons analysé 3 chantiers
incontournables pour que l’industrie de l’énergie
contribue à la décarbonation de l’économie.
Ces chantiers Energie ne sont pas les seuls : nous aurions pu étudier la
production de chaleur renouvelable, la production de chaleur nucléaire,
d’autres types d’énergies énergies renouvelables électrique (hydroliennes) ou
encore d’autres enjeux relatifs au nucléaire (SMR, cycle du combustible), etc.
Déployer les bioénergies soutenables
Consommation d'énergie finale en France en 2025
100 %
50 %
0 %
Estimation
The Shift Project
Liquide
Fossile
Nucléaire
Renouvelables*
et déchets Produite en
France**
Importée
Gaz
Électricité
Autres
Prolonger et relancer
le nucléaire
Prolonger le parc nucléaire historique
paraît possible. La prolongation à 50 ans du parc
existant est déjà en cours et celle à 60 ans semble
très probable. Il n’y pas de certitude à date sur
une potentielle prolongation au-delà de 60 ans,
même si rien ne semble l’interdire dans le principe.
Connecter de nouveaux réacteurs nucléaires
de type EPR2 (6 à 14 réacteurs d’ici à 2050)
est possible. Pour ce faire la filière doit :
Réaliser un effort massif d’investissement,
de recrutement et de formation,
Intégrer le retour d’expérience de l’EPR de Flamanville,
afin de maîtriser les délais et les coûts.
Pour cela la filière doit disposer d’un horizon
de long-terme, clair et stable.
Il faut également qu’Etat, filière et commission européenne
convergent sur un schéma de financement.
Les bioénergies (biogaz, biocarburants et bois-énergie) sont
produites à partir de biomasse. Elles contribueront notamment
à la décarbonation des usages difficilement électrifiables
(procédés industriels haute température, aérien, maritime...).
Les déployer de manière limitée et soutenable est possible :
Déployer la filière biométhane de manière soutenable
Assurer une planification pour répartir les méthaniseurs
sur le territoire, faciliter le suivi des intrants, et garantir que
les usages alimentaires et agronomiques (retour au sol,
stockage de carbone) de la biomasse restent prioritaires,
Former du personnel qualifié dans la construction
et la maintenance de méthaniseurs,
Intégrer les compétences de méthanisation dans le socle
de formation des agriculteurs,
Garantir une visibilité financière sur l’activité de méthanisation,
Favoriser les méthanisations agroécologiques,
évitant par exemple la fertilisation intensive des intrants.
Stabiliser la production des biocarburants routiers
(bioessence et biogazole) : une forte croissance
ferait concurrence à la production alimentaire. Ils joueront
le rôle de carburants de transition pour décarboner le parc
thermique résiduel.
Encadrer l’exploitation du bois-énergie, qui continuera
néanmoins à jouer un rôle majeur dans la fourniture
de chaleur bas carbone pour le logement et l’industrie :
Donner la priorité aux usages de long terme du bois,
tels que le bois d’œuvre et le bois industrie.
Limiter les prélèvements de bois afin de préserver
les stocks et puits forestiers de carbone.
Déployer l’éolien
et le photovoltaïque
Déployer à un rythme élevé l'éolien
et le photovoltaïque (PV) est possible :
Déployer sous contrainte d’espace. Le foncier
concrètement accessible aux projets EnR est contraint et se
raréfie rapidement. Il faut réserver du foncier aux énergies
renouvelables (EnR), augmenter la puissance moyenne
des éoliennes installées, et déployer les solutions PV qui ne
consomment pas de foncier dédié (toitures, agrivoltaïsme…).
Accélérer les installations, par un effort important
de recrutement et de formation, au sein des services
administratifs et instances judiciaires qui traitent les dossiers
des projets EnR, et chez les gestionnaires de réseau
électrique pour accélérer les raccordements des projets.
Produire en France et en Europe. Pour notre souveraineté,
iI faut pérenniser (dans l’éolien) et relocaliser (dans le PV)
des capacités de production industrielles françaises
et européennes. Pour cela les filières doivent bénéficier
d’un horizon clair, de débouchés stables et d’un pilotage
d’ensemble.
**Electricité produite par
des centrales en France,
bioénergies, chaleur
renouvelable (PAC) et
déchets produits en France
*Y compris
chaleur
renouvelable
(PAC)
P.13
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Les conditions de réussite des chantiers
Le succès de chaque chantier de
décarbonation dépend de conditions clés,
dont la réalisation reste incertaine et dont
la maîtrise totale ne peut être garantie —
c'est autant de défis à relever pour réussir
la décarbonation : rythme de déploiement
industriel ou infrastructurel, développement
de technologies aujourd’hui peu matures,
évolution des usages et des comportements,
rythme de recrutement et de formation,
bonnes conditions agronomiques ou sylvicoles.
Il faut tout faire pour maîtriser au mieux ces
prérequis par leur planification rigoureuse,
mais sans être trop optimiste sur leur réalisation
future, tributaire de conditions extérieures
favorables.
Ces prérequis sont incertains : les acteurs ne pourront pas les maîtriser entièrement au cours des prochaines décennies,
étant donné le contexte géopolitique et climatique de plus en plus propice aux mauvaises surprises. Il faut tout faire
pour maîtriser au mieux ces prérequis, par une planification rigoureuse, mais sans être trop optimiste sur leur réalisation future.
Le bon déploiement d’infrastructures est crucial pour la massification
du train voyageur et du fret ferroviaire, le transport de CO2 ou d’hydrogène,
ou encore le raccordement des énergies renouvelables électriques.
Le déploiement de technologies aujourd’hui peu matures est un
prérequis pour la production d’acier bas carbone et pour le déploiement
de la captation et du stockage de carbone. La prolongation des réacteurs
nucléaires au-delà de 60 ans est une autre forme de pari technologique.
La disponibilité en main d’œuvre au bon moment et aux bons
endroits est une condition de réussite pour la massification du train,
pour la rénovation thermique des logements, et pour le déploiement
des moyens de production électrique bas carbone.
L’évolutions de certains usages, choix et comportements des
individus est un prérequis pour la massification de l’usage des transports
en commun, du vélo, du train, la généralisation de la voiture électrique
et de la pompe à chaleur, les rénovations thermiques des logements.
Des conditions agronomiques (rendements agricoles) et sylvicoles
(mortalité des arbres) favorables sont des conditions de réussite pour la production
des bioénergies, et pour la préservation des puits de carbone naturels.
La structuration et la montée en puissance de filières industrielles en
France et en Europe, ou l’évolution de certains procédés industriels est
une condition de réussite pour les chantiers de déploiement des pompes
à chaleur, des véhicules électriques, des trains, pour la production d’acier et
d’hydrogène bas carbone, pour la production de carburants d’aviation durable,
pour la construction de nouvelles centrales nucléaires, pour le déploiement
des méthaniseurs, ou encore pour la captation et le stockage de carbone.
P.14 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
-- 14 of 28 --
Nos enseignements
clés pour réussir
dans l'incertitude
P.15
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Cette étude vise à fournir des clés pour penser
la décarbonation française à l’ère des crises
et de l’incertitude. Notre méthode s’apparente
à ce qu’on pourrait appeler une analyse de robustesse.
En ingénierie, un système robuste est un système
dont la performance se maintient malgré des variations
importantes des conditions extérieures. Un tel système
est capable d’encaisser certaines perturbations tout
en continuant à remplir les fonctions d’ensemble pour
lesquelles il a été conçu. Par analogie, une transition
robuste vise à atteindre ses objectifs de décarbonation,
même quand tout ne se passe pas comme prévu.
Elle ne doit pas dérailler au premier retard industriel
ou à la première fluctuation géopolitique.
Elle ne doit pas reposer trop exclusivement sur un petit
nombre de technologies ou de filières industrielles,
dont l’échec individuel signifierait alors l’échec de
l’ensemble. Le succès d’une transition robuste ne doit pas
dépendre de quelques paris risqués.
Notre analyse de robustesse consiste à simuler
des trajectoires de transformation de l’économie
française, intégrant des hypothèses de réalisation
plus ou moins dégradées sur tout ou partie
des chantiers étudiés précédemment, à en estimer
les conséquences, et à comparer ces trajectoires
ou groupes de trajectoires pour faire émerger des
enseignements clés.
Cette analyse de robustesse s’appuie sur un outil
de simulation développé par The Shift Project.
Celui-ci permet de mettre en chiffre les évolutions
imaginées pour les chantiers retenus, ainsi que pour
d’autres évolutions « hors-chantiers », généralement
reprises du PTEF. Il évalue la trajectoire nationale
qui en résulte, en termes de consommation d’énergie,
d’émissions de GES, de consommation de cuivre
et de besoins en emplois.
Nous définissons trois variantes pour chaque chantier :
une variante haute, dans laquelle le chantier
se déroule complètement dans le temps imparti,
une variante intermédiaire, dans laquelle
il ne se déroule que partiellement et/ou en retard,
une variante basse, dans laquelle il ne se déroule
pas du tout ou ne fait que poursuivre les tendances
observées.
Par exemple, le chantier de relance du fret ferroviaire
fait l’objet d’une variante haute dans laquelle le train
couvre 30 % du transport de marchandises en 2050,
d'une variante intermédiaire où il en couvre 20 %
et d'une variante basse où il en couvre 10 %
(contre 9 % aujourd’hui). Les évolutions « hors-chantiers »
sont modélisées mais ne font pas l’objet de variantes.
L’outil de simulation permet de sélectionner la variante
de son choix pour chaque chantier, pour définir
une combinaison de variantes couvrant l’ensemble
des chantiers. Il simule alors les effets de la trajectoire
nationale qui en résulte (consommation énergétique
et cuivre, émissions de GES, besoins en emplois).
C’est en comparant les trajectoires entre elles qu’on
peut faire émerger des enseignements clés sur
la robustesse de la décarbonation française, selon
les différents prismes d’analyse retenus : énergie-climat,
cuivre et emploi-formation.
Nos enseignements clés
pour réussir dans l’incertitude
Une analyse de robustesse pour penser
la décarbonation à l’ère des crises
Notre méthode de calcul
P.16 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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Rappel des enseignements
structurants du PTEF de 2022
Le plan de transformation de l'économie française (PTEF) du Shift Project,
publié en 2022 et sur lequel s’appuie ce travail, a fait émerger plusieurs
enseignements structurants pour la décarbonation de l’économie française.
Ces enseignements restent valables et sont un point de départ du présent travail.
Le déploiement des énergies bas carbone, de
manière soutenable et si possible en France, est
nécessaire à la décarbonation. Ces énergies couvrent
actuellement moins de 40 % de la consommation
française. Il faudra en produire suffisamment pour
sortir des énergies fossiles et importées.
L’électrification est nécessaire. L’analyse des
potentiels de déploiement des énergies bas carbone
françaises à 2050 montre une raréfaction des
carburants liquides et du gaz (qu’ils soient fossiles
ou non), et un potentiel de croissance de l’énergie
électrique. Un transfert doit s’opérer de l’utilisation
des premières vers la seconde.
Il est nécessaire de maîtriser les consommations
d’énergies d’ici 2050, pour assurer que les
productions d’énergies bas carbone suffisent
au bon fonctionnement de l’économie. Sans cela,
la France resterait dépendante aux énergies fossiles
importées plus longtemps.
Cet enseignement est issu du PTEF. La présente étude
en confirme, et en affine, les différents aspects.
…sans faire l'impasse sur aucun de ces leviers
la production d’énergies
bas carbone française
l’électrification massive
de l’économie
la maîtrise de la
consommation d’énergie
Maîtriser le volume de certains usages
(aérien, numérique, distances parcourues,
construction de logements, consommation
de biens) est indispensable pour maîtriser
la consommation d’énergie. Cela sécurise
la décarbonation de la France en évitant les
conflits d’usage sur les énergies décarbonées
et en réduisant les besoins d’importation
d’énergies.
Les niveaux de consommation de carburants liquides,
de gaz, et d’électricité doivent être maîtrisés d’ici à 2050
pour pouvoir les produire en quantité suffisante de manière
bas carbone en France. Dans ce contexte, sécuriser
la décarbonation demande de maîtriser le volume
de certains usages : réduire la fréquence de certains
voyages à longues distance (aujourd’hui faits en avion),
maîtriser nos usages numériques, maîtriser les distances
que nous parcourons pour nos différentes activités,
ou encore asservir le volume de construction de
logements neufs au besoin démographique.
Cet enseignement est tiré du PTEF. Les chantiers
de réduction du trafic aérien, de maîtrise des distances
parcourues ou encore de maîtrise du volume de
construction de logements neufs n’ont pas fait l’objet
d’analyse dans la présente étude. Ces chantiers sont
en revanche intégrés dans son cadre : l'étude suppose
que ces volumes sont maîtrisés tout au long des
différentes trajectoires.
Sécuriser la décarbonation demande de déployer simultanément : Enseignement PTEF
1 2 3
Enseignement PTEF
P.17
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Nos enseignements clés
énergie-climat
Décarboner la France est encore
possible. Si elle s’en fixe l’ambition
et s’en donne les moyens dès
le prochain quinquennat, la France
peut réussir sa décarbonation,
y compris si tout ne se passe pas
comme prévu. En revanche,
plus l’ambition et/ou les moyens
seront revus à la baisse ou retardés,
plus le risque de rater les objectifs
climatiques et de rester dépendant
des hydrocarbures importés sera élevé,
dans un monde imprévisible où de
mauvaises surprises sont probables.
Si elle se fixe une forte ambition pour l’ensemble
des chantiers de décarbonation, qu’elle mobilise
dès le prochain quinquennat les moyens de les réussir,
et que les conditions externes ne sont pas trop
défavorables, la France peut atteindre la neutralité
carbone, respecter l’Accord de Paris, et sortir totalement
des énergies fossiles à 2050. À ambition forte et
moyens alloués adéquats, plus la réussite des chantiers
sera grande, et plus ils seront démarrés tôt, plus la
décarbonation et l’indépendance vis à vis des énergies
fossiles seront atteintes rapidement.
Se fixer les objectifs les plus ambitieux pour l’ensemble
des chantiers et se donner les moyens de les atteindre
à temps sécurise la décarbonation : même l'échec partiel,
ou le retard, de tous les chantiers (atteinte du niveau
intermédiaire) mène à une France certes encore émettrice
en 2050, mais dans laquelle il est encore possible de
respecter l’Accord de Paris après 2050. Sa dépendance
aux énergies fossiles importées persiste à 2050 mais elle
est limitée.
Les risques de l’inaction sont critiques. Echouer,
ou retarder, un nombre trop important de chantiers,
que ce soit par manque d’ambition, de moyens, ou
à cause de conditions extérieures trop adverses,
mène à conserver d’importantes émissions de GES
en 2050, et rend pratiquement impossible la tenue
de l’Accord de Paris. L’inaction maintient une forte
dépendance aux énergies fossiles importées dans
les transports, le chauffage et l’industrie, laissant
la France vulnérable aux crises énergétiques qui
surviendraient en cours de trajectoire.
Nous avons testé trois trajectoires contrastées :
la première mettant en scène une réussite complète
des différents chantiers de transformation
(courbe bleu foncée), la seconde une réussite partielle
de ces chantiers (courbe bleu clair) et la troisième
leur échec (ou de manière équivalente un retard trop
conséquent, courbe orange).
La première permet l’atteinte de la neutralité carbone,
le respect du budget carbone français et une sortie
presque complète des énergies fossiles.
La seconde permet une forte décarbonation, mais
ne garantit pas le respect du budget carbone sur le temps
long – des efforts post 2050 seront requis.
La troisième rate les objectifs climatiques et laisse
certaines activités fortement dépendantes aux énergies
fossiles :
40 % de l’énergie des camions serait encore fossile
en 2050, 55 % pour les véhicules légers, et 25 % pour
le chauffage des logements. Le pays importerait encore
100 TWh de carburants liquides fossiles et 200 TWh
de gaz fossile à l’horizon 2050.
Enseignement n°1
P.18 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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La préservation des puits de carbone
naturels, agricoles et forestiers
doit être visée pour sécuriser la
décarbonation. Nous ne contrôlons
pas entièrement cette préservation,
à cause des incertitudes liées au
changement climatique. La réduction
drastique des émissions brutes reste
absolument indispensable.
La préservation des puits de carbone naturels,
agricoles et forestiers, jouera un rôle majeur pour
tendre vers la neutralité carbone. Ils pourront contribuer
à capter environ 45 MtCO2/an en cas de pleine réussite
des chantiers de préservation, mais devenir émetteurs
de 30 MtCO2/an en cas d’échec total.
Le changement climatique rend malheureusement
leur évolution largement incertaine (incendies,
maladies, sécheresses et inondations). Il faut mener
ces chantiers de préservation sans compter sur leur
pleine réussite future, et donc agir en parallèle sur
la réduction massive et rapide des émissions brutes
pour sécuriser la transition.
Enseignement n°2
Emissions nettes de CO² en MtCO²
2025 2035 2045 2050 2040 2030
250
200
150
100
50
- 50
0
300
Réussite basse de tous les chantiers
Réussite intermédiaire de tous les chantiers
Réussite haute de tous les chantiers
Emissions tous GES nettes en MtCO²e
2025 2035 2045 2050 2040 2030
300
200
100
0
400
Cumul émissions CO² nettes en MtCO²
2025 2035 2045 2050 2040 2030
5000
6000
4000
3000
2000
1000
0
7000
Budget carbone France +2°C
Consommation française d'énergies
fossiles en TWh
2025 2035 2045 2050 2040 2030
1200
1000
800
600
400
200
0
Capacité des puits comparée aux émissions
brutes actuelles en MtCO²e par niveau de
réussite de leur préservation
Réussite basse Réussite intermediaire Réussite haute
2025 2035 2045 2050 2040 2030
150
100
50
- 50
0
250
300
400
350
200
Emissions brutes GES 2025
P.19
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Il est nécessaire de réduire
significativement les émissions de
GES non-énergétiques pour atteindre
la neutralité carbone. Cela nécessite
une transformation importante
de certaines pratiques agricoles
et de certains procédés industriels.
La réussite partielle, ou l’échec de
ces transformations laisserait un talon
important d’émissions à long terme,
qui ne pourraient être compensées
que par des puits incertains.
Les émissions de GES non-énergétiques englobent
principalement les émissions de méthane (élevage
bovin) et de protoxyde d’azote (épandage d’engrais)
de l’agriculture et les émissions de procédés de
l’industrie (réactions chimiques pour produire de l’acier
ou du ciment, par exemple).
La réduction du cheptel bovin – sélective, pour
favoriser l’élevage en prairies, et la réduction de
l’usage des engrais azotés – notamment permise par
le déploiement des légumineuses, sont cruciales pour
baisser les émissions de méthane et de protoxyde
d’azote. La réduction forte du cheptel bovin mise en
scène dans la trajectoire de réussite haute a pour
contrepartie une évolution vers un régime alimentaire
sensiblement moins carné.
Enseignement n°3
Emissions de méthane (CH4) et de protoxyde
d'azote (N2O) françaises (MtCO²e) selon le niveau
de réussite des chantiers élevage et azote
Emissions de procédés industrielles (MtCO²e)
incluant émissions énergétiques hauts-fourneaux
selon le niveau de réussite du chantier acier
Dans la réduction des émissions de procédés de
l’industrie (essentiellement dans les secteurs de l’acier,
du ciment, de la chimie), le succès du chantier de
production d’acier bas carbone est crucial. Au global,
les émissions peuvent être divisées par 2, en tenant
compte de la maîtrise des volumes de produits avals
(construction neuve de logements, production de
véhicules, engrais…) et des efforts d’efficacité matière
(moins de ciment dans le béton par exemple).
Par ailleurs, le succès du déploiement de la capture
et séquestration de carbone sur les sites industriels
dont les procédés carbonés n’ont pas d’alternative
(production de ciment par exemple) permettrait une
réduction des émissions de 3 MtCO2/an à l’horizon 2050.
Les émissions non énergétiques résiduelles qui ne peuvent
ni être réduites par des évolutions de pratiques agricoles
ou par un changement de procédé industriel, ni être captées
par du CCS, sont difficilement compressibles. Elles ne
peuvent être compensées que par les puits de carbone
naturels et (dans une moindre mesure) technologiques.
Or le niveau de ces puits à 2050 est incertain.
2025 2035 2045 2050 2040 2030
30
20
10
0
50
60
40
Réussite basse Réussite intermediaire Réussite haute Réussite basse Réussite intermediaire Réussite haute
2025 2035 2045 2050 2040 2030
20
25
10
5
0
30
35
25
P.20 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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L'électrification massive des usages
(transports, bâtiments, industrie)
est incontournable pour une
décarbonation poussée de l'économie
française. Elle est conditionnée
à une transformation rapide des
équipements (véhicules, chauffages,
procédés industriels).
La décarbonation de l’économie se jouera au
premier ordre sur l’électrification large et rapide
des équipements : véhicules routiers électriques,
pompes à chaleur, procédés industriels à
l’électricité ou à l’hydrogène lui-même produit
à partir d’électricité. La trajectoire de baisse
des émissions sera directement fonction du niveau
de réussite atteint sur l’électrification des équipements.
Enseignement n°4
Réduction des émissions de CO²
énergétiques (MtCO²) entre 2025 et 2050,
due à 3 chantiers d'électrification majeurs :
voitures électriques (VE), poids lourds
électriques (PLE), pompes à chaleur (PAC)
Niveau
2025 Evolution
tendancielle
hors chantiers
VE/PLE/PAC
Evolution
tendancielle
VE/PLE/PAC
Accélération
des chantiers
VE/PLE/PAC
150
100
50
0
250
300
200
301
- 138
- 68
- 32
La seule électrification des voitures, des camions et
des systèmes de chauffage (par la pompe à chaleur)
permet de réduire d’un tiers les émissions de CO2 dues
à la combustion d’énergies fossiles, d’ici 2050.
Elle permet également de réduire drastiquement la
dépendance des transports et du logement à ces énergies.
Mais l’électrification inclut aussi le recours à l’hydrogène
électrolytique, comme pour la production de carburants
de synthèse (e-fuels) ou pour la production d’ammoniac
et d’engrais bas carbone. Elle inclut également
un ensemble de leviers « hors-chantier » : électrification
des bus et autocars, des motos, etc. Nous n’avons pas
évalué l’effet de ces leviers séparément.
Pour sécuriser la décarbonation, il faut :
réduire très fortement la consommation
totale de gaz et de carburants liquides,
via les chantiers d’électrification et de
maîtrise de la consommation ; développer
les bioénergies, mais de manière
limitée pour en éviter les contreparties
agroécologiques et agronomiques ;
développer les e-fuels, mais de manière
très limitée pour sécuriser l’électrification.
Une forte réduction de la consommation totale de gaz
et de carburant liquide est nécessaire. Les consommations
actuelles de gaz et de diesel sont 3 à 4 fois supérieures
à ce qui pourrait être produit à partir de biomasse (biogaz,
biodiesel) en France.
De fortes réductions de consommation, par l’électrification
et la maîtrise de la consommation, sont possibles. Pour le
gaz, la réduction ne serait pas tout à fait suffisante pour que
le déploiement maximal du biogaz couvre la consommation.
Pour le diesel, la réduction serait largement suffisante
(voir figure), sauf à rater l’électrification des camions et la
relance du fret ferroviaire. Quant au biokérosène (bioSAF),
associé au e-kérosène (eSAF), ils permettent de couvrir la
consommation seulement si le trafic aérien est réduit d’ici 2050.
Les filières bioénergies doivent être déployées de manière
limitée. Le fort déploiement des filières de production des
bioénergies impose de fortes contreparties agroécologiques
(surexploitation des sols, occupation de surfaces agricoles
dédiées à l’alimentation).
Enseignement n°5
Production biogazole espérée (TWh)
par niveau d'incertitude
Incertitude
modérée à élevée
Incertitude
faible à modérée
Incertitude
nulle à faible
Consommation diesel PL
2025
Consommation diesel PL
avec PLE bas et fret ferro bas
Consommation diesel PL
avec PLE haut et fret ferro haut
2025 2035 2045 2050 2040 2030
60
40
20
0
100
120
80
P.21
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aussi avoir besoin de carburants de synthèse. Pour rehausser
le niveau de production, il faut à la fois compenser la fin
de vie des centrales existantes au cours de la trajectoire,
et ajouter des moyens de production supplémentaires.
Soutenir l’ensemble des chantiers de production électrique
(figure du haut) sécurise autant que possible la production
(c’est sur la figure du haut que la production a le plus de
chances d’être élevée). Mais ce soutien à toutes les filières
ne garantit pas entièrement que la production sera suffisante
en 2050 : les chantiers ne délivreront peut-être pas au rythme
espéré (à visualiser comme une baisse au sein de la zone
orange foncé, voire passage dans la zone orange clair, etc,
dans la figure du haut).
Le renoncement au nucléaire (pas de prolongation
au-delà de 60 ans, et pas d’EPR2, figure du milieu)
fait décliner la production nucléaire française d’environ
280 TWh d’ici 2050. Cela mène à un manque d’électricité
française bas-carbone dans la décennie 2040 et au-delà,
même si les EnR réussissent fortement leur déploiement
(soit 350 TWh d’EnR en 2050 dans notre exercice).
Le volume manquant augmente si les chantiers EnR
ne délivrent pas au rythme escompté. Il diminue si la
consommation d’électricité est davantage maîtrisée.
Le renoncement aux EnR fait porter toute la charge
sur le nucléaire (figure du bas). Or, une réussite complète
des chantiers nucléaires n’augmente la production que
de 100 TWh en 2050, par rapport à aujourd’hui, production
qui amorce un déclin après 2050. Elle ne permet pas
de couvrir l’électrification escomptée des équipements.
Renoncer au déploiement des EnR c’est risquer de
manquer d’électricité française bas-carbone, dans la
décennie 2030. Le risque, et le volume manquant associé,
augmentent au cours de la décennie 2040, et est fonction
de la réussite des chantiers nucléaires. Le risque diminue
si la consommation d’électricité est davantage maîtrisée.
Note : le prolongement du nucléaire existant réduit significativement
le risque de manque et donne plus de temps aux EnR pour se
déployer, mais fait fortement reposer la réussite de l’électrification
sur ce prolongement et sur un déploiement sans faille des EnR.
Enseignement n°6
L’électrification des équipements
va nécessiter une forte hausse de
la production électrique bas-carbone
française. Sécuriser cette électrification
demande de réaliser simultanément
les chantiers du nucléaire et des
énergies renouvelables, et de maîtriser
la consommation d’électricité.
L’électrification des équipements va induire une forte hausse
de la consommation d’électricité. Cette hausse peut toutefois
être limitée par une maîtrise de la consommation d’énergie.
Elle nécessitera dans tous les cas une hausse de la production
d’électricité.
La réussite des différents chantiers de maîtrise de la
consommation retenus dans cette étude (dont la base
de travail contient déjà des hypothèses de maîtrise de la
consommation) permet d’éviter 130 TWh de consommation
électrique à l’horizon 2050, ce qui réduira d’autant les
potentielles tensions sur l’approvisionnement électrique à
moyen et long terme. Cette maîtrise limite le risque de devoir
arbitrer entre les usages traditionnels de l’électricité
(éclairage, électroménager, chauffage…), les usages futurs
issus de l’électrification (véhicules, PAC, procédés industriels),
ou d’autre usages futurs (par exemple, numériques).
Mener simultanément les chantiers du nucléaire
et les chantiers des EnR sécurise l'adéquation
production-consommation électrique.
Renoncer aux chantiers du nucléaire, c’est risquer de manquer
d’électricité française bas-carbone dans la décennie 2040
et au-delà, même si le déploiement des EnR réussit fortement.
Renoncer aux chantiers des EnR c’est risquer de manquer
d’électricité française bas-carbone dès la décennie 2030,
même si le chantier nucléaire réussit pleinement le maintien
du parc historique et le lancement des EPR2.
Maîtriser notre consommation d’électricité sécurise
l’électrification face aux aléas sur les filières de production
électrique. Elle limite les risques de conflit d’usage
de l’électricité, en particulier les risques de devoir arbitrer
entre l’électrification et d’autres usages.
Nous avons simulé trois trajectoires
de production électrique.
Elles mettent en scène un cas où la France décide dès
aujourd’hui de miser sur les chantiers nucléaires et EnR,
un cas où elle déciderait de ne miser que sur le nucléaire,
et un cas où elle déciderait de ne miser que sur les EnR.
Nous avons croisés ces trajectoires avec celles de
la consommation d’électricité (réussite des chantiers
d’électrification avec ou sans maîtrise de la consommation).
L’électrification induit une hausse de la consommation
électrique. La production française actuelle, bien
qu’excédentaire, ne suffira plus à couvrir l’électrification
d’ici 10 ans. Au-delà, le niveau de production doit
augmenter pour permettre l’électrification. Cette hausse
devrait être plus importante encore dans une optique
de forte réindustrialisation et/ou en intégrant d’autres
secteurs non-étudiés ici tel que le maritime – qui pourrait
Numérique
Consommation avec réussite haute de la maîtrise de la demande
H2 (dont e-fuels) Transports
Industrie Tertiaire Logement
Consommation électrique (TWh)
avec réussite haute des chantiers
d'électrification et réussite basse des
chantiers de maîtrise de la consommation
2025 2035 2045 2050 2040 2030
100
0
300
400
800
700
600
500
200
P.22 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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Production électrique espérée
par niveau d'incertitude (TWh)
si la France renonce aux EnR et vise
le plein déploiement du nucléaire
2025 2035 2045 2050 2040 2030
200
0
600
800
1000
400
Production électrique espérée
par niveau d'incertitude (TWh)
si la France renonce au nucléaire et
vise le plein déploiement des EnR
Production espérée (TWh)
par niveau d'incertitude si la France
vise le plein déploiement des
chantiers nucléaire et EnR
2025 2035 2045 2050 2040 2030
200
0
600
800
1000
400
Ces figures représentent la production électrique
espérée par niveau d’incertitude, en supposant
que la France décide aujourd’hui soit de mener
tous les chantiers EnR et nucléaire (figure du haut),
soit seuls les chantiers EnR (milieu), soit seuls
les chantiers nucléaire (bas). Les niveaux
d’incertitude sont indicatifs et correspondent à
la réussite totale de tous les chantiers lancés pour
le haut de la zone orange foncé, la réussite partielle
de tous les chantiers lancés pour le haut de la zone
orange, et l’échec total des chantiers pour le haut
de la zone blanche. Par exemple, on peut lire sur
la figure du haut que, si la France décide de mener
dès aujourd’hui l’ensemble des chantiers EnR et
nucléaires, produire 600 TWh d’électricité en 2050
est modérément incertain. On peut également lire
que réussir tous les chantiers simultanément mène
à une production de presque 1000 TWh, mais
que cela est hautement incertain. Des rythmes de
déploiement inférieurs à ceux espérés mèneraient
à des courbes plus bas dans la zone orange foncé,
voire dans la zone orange etc.
200
0
600
800
1000
400
2025 2035 2045 2050 2040 2030
Consommation avec réussite haute
+ réussite basse maîtrise
consommation
Consommation avec réussite haute
+ réussite haute maîtrise
consommation
Incertitude
modérée à élevée
Incertitude
faible à modérée
Incertitude
nulle à faible
P.23
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Nos enseignements clés
sur la consommation de cuivre
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
Cu
29
C
29
Cu
29
L’électrification des véhicules routiers
et, dans une moindre mesure,
l’augmentation de la capacité de
production électrique et le déploiement
des centres de données, sont les plus gros
contributeurs à la consommation de cuivre
au cours de la décarbonation.
Certains équipements clés de l’électrification (véhicules
électriques et leurs batteries, infrastructures de production
électrique renouvelable), contiennent du cuivre.
Leur déploiement rapide et massif, qui aura lieu au cours de
la prochaine décennie en cas d’accélération de l’électrification,
contribue à augmenter significativement la consommation
de cuivre de la France. Sur la même période, un déploiement
raisonné des centres de données sur le territoire français
(pour y accueillir les usages français) ou leur déploiement
non maîtrisé, contribuera aussi à l’augmentation significative
de la consommation de cuivre.
Limiter la consommation de cuivre,
par exemple par les reports modaux
de la voiture vers le train, les transports
en commun et le vélo, par une maîtrise
de la taille des voitures et par la maîtrise
du développement des centres de
données, contribue à sécuriser la
nécessaire électrification des équipements.
La période 2025-2035 est la plus critique pour la
consommation de cuivre en cas de réussite des chantiers
d’électrification et de déploiement des EnR électriques.
Ainsi, une contrainte d’approvisionnement en cuivre sur
cette période – annoncée par l’AIE, risquerait de ralentir
ces chantiers. Pour sécuriser l’électrification, il est nécessaire
de maîtriser la consommation de cuivre, ce que permettent
les chantiers de maîtrise de la consommation électrique :
reports modaux de la voiture vers le vélo, les transports en
commun et le train, maîtrise de la taille des voitures électriques.
P.24 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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La quantité de cuivre recyclable est
structurellement limitée à court terme
et dépend du rythme de la transition.
Les capacités industrielles de
recyclage au niveau européen devront
suivre ce rythme.
Le recyclage du cuivre contenu dans les produits
en fin de vie ne peut couvrir qu’une part limitée
des besoins en cuivre à court terme, en raison
de l’inertie des parcs d’équipements en contenant.
Une électrification rapide entraîne un besoin accru
de cuivre primaire sur la période 2025-2035 pour
l’incorporer dans des équipements qui resteront
sur le territoire français, avant de générer des
volumes recyclables significatifs à partir du milieu
des années 2040, lorsque ces équipements arriveront
en fin de vie.
Consommation annuelle de cuivre (en kt) dans la trajectoire
de réussite complète des chantiers retenus
2025 2035 2045 2050 2040 2030
200
300
400
100
250
350
450
150
50
0
Véhicules particuliers
Production & reseau
electrique
Electricité, plomberie,
PAC
Electroménager
Cuivre recyclé total
Reste mobilité
Numérique
Intrants agriculture
Industrie
Cuivre sortant total
+ 41 %
Recyclage : 25 % Recyclage :
30-35 %
Cu
29
P.25
-- 25 of 28 --
Nos enseignements clés sur
les besoins en emploi et formation
La décarbonation ne se fera pas
sans formation
L’ensemble des métiers est concerné à des degrés variables :
pour certains comme les mécaniciens automobiles, c’est une
forte transformation des activités qui nécessite l’apprentissage
de nouvelles techniques. Mais pour les 30 millions d’actifs,
et les centaines de milliers de jeunes qui entrent dans la vie
professionnelle chaque année, la formation permet de s’approprier
les enjeux de la transition dans leur domaine, et de faire évoluer
leur métier en adoptant de nouvelles manières de concevoir
des produits, de s’approvisionner, de gérer des risques...
Pour sécuriser les besoins de recrutement de demain, les formations
déployées doivent être adaptées aux besoins de chaque territoire.
Cela demande d’agir dès à présent : il faut au moins 2 ans
pour créer des formations continues et jusqu’à 10 ans pour
faire évoluer les diplômes et orienter les collégiens vers
ces filières, dont certaines souffrent de taux d’abandons élevés :
dans le bâtiment par exemple, 7 jeunes formés sur 10
ne s’insèrent pas dans le domaine après leur formation.
1
La décarbonation nécessite des centaines
de milliers d'emplois supplémentaires dans
des secteurs clés tels que la rénovation
des bâtiments, le ferroviaire, la production
d’électricité
Les profils à recruter sont principalement dans les catégories d’ouvriers
et de techniciens, dont l’attractivité est souvent insuffisante.
Il faut donc améliorer la qualité de ces emplois en tension en proposant
de meilleures conditions pour attirer et fidéliser les professionnels.
Différents secteurs sont en concurrence pour une partie de ces profils
en pénurie : électriciens, soudeurs, personnels de chantiers…
Des arbitrages sont nécessaires pour assurer que les secteurs de
la décarbonation puissent recruter : sécuriser les débouchés économiques
et donc la création d'emplois de qualité, sécuriser les investissements
en formation, et limiter la concurrence des secteurs carbonés, pour faire
en sorte qu'être soudeur pour un parc éolien soit plus accessible
et désirable qu'être soudeur pour construire des bateaux de croisière.
Nombre de ces emplois offrent aussi un fort potentiel de reconversion
et d'insertion pour des personnes éloignées de l'emploi, sous réserve
d’un accompagnement formateur.
2
25 30 40 35
P.26 — Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers — Synthèse
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Ces 3 enjeux nécessitent
de planifier dès maintenant
les évolutions nécessaires
de la formation pour répondre
aux besoins pressants
de recrutement de demain,
en considérant le temps long
et en coopérant dans les
filières et sur les territoires.
La décarbonation entraîne aussi des
suppressions d'emploi dans certains secteurs
Ceci nécessite d’ouvrir le dialogue sans tabou entre
représentants des salariés et des employeurs, pour projeter
les évolutions d’activité et leur conséquence sur les emplois
au niveau de chaque entreprise et de chaque filière.
Par exemple, la réduction du transport aérien, nécessaire
pour sa décarbonation, représente une baisse de 54 %
de l'emploi d'ici 25 ans.
Anticiper suffisamment ces évolutions permet de réduire
les licenciements, comme c’est le cas pour les chauffeurs
poids-lourds dont plus d’un quart partiront en retraite
dans la prochaine décennie, ce qui permet d’amortir
la baisse des effectifs liée à celle des volumes transportés.
L’Etat et les services locaux de l’emploi et les réseaux de formation
sont en appui pour impulser et accompagner des reconversions
réussies vers des secteurs plus durables en croissance.
3
P.27
-- 27 of 28 --
The Shift Project est un groupe de
réflexion qui vise à éclairer et influencer
le débat sur les défis climat-énergie.
Nous sommes une association d’intérêt
général. Nos membres financeurs sont
pour la plupart des entreprises. Guidé par
l’exigence de rigueur scientifique et
technique, notre regard sur l’économie
est avant tout physique et systémique.
www.theshiftproject.org
Graphisme
Jérémy Garcia Zubialde
Contacts
Clément Caudron
Chef de projet Transition Robuste
[email protected]
Nicolas Raillard
Coordinateur Transition Robuste
[email protected]
The Shift Project est un groupe de
réflexion qui vise à éclairer et influencer
le débat sur les défis climat-énergie.
Nous sommes une association d’intérêt
général. Nos membres financeurs sont
pour la plupart des entreprises. Guidé par
l’exigence de rigueur scientifique et
technique, notre regard sur l’économie
est avant tout physique et systémique.
www.theshiftproject.org
Graphisme
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Contacts
Clément Caudron
Chef de projet Transition Robuste
[email protected]
Nicolas Raillard
Coordinateur Transition Robuste
[email protected]
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