L'AMF publie une étude sur les comportements des investisseurs particuliers sur les valeurs du CAC 40 à l'ère des réseaux sociaux
Autorité des marchés financiers
15 juil. 2026, 08:47
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L'AMF publie une étude sur les comportements des investisseurs particuliers sur les valeurs du CAC 40 à l'ère des réseaux sociaux L’essor de l’investissement des particuliers s’accompagne d’une évolution des modes d’information et d’accompagnement. Si les conseillers bancaires demeurent la première source d’information des investisseurs, les réseaux sociaux occupent une place croissante dans leurs parcours décisionnels, en particulier auprès des jeunes. La croissance de la négociation en bourse des particuliers au cours des dernières années s’est accompagnée d’une hausse de l’intérêt pour les sujets relatifs à la finance et aux investissements sur les réseaux sociaux. Selon le Baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’AMF publié en décembre 2025, 12 % des investisseurs français consultent les comptes et publications des établissements financiers sur les réseaux sociaux avant d’investir. Si les conseillers bancaires demeurent la première source d’information, les réseaux sociaux occupent une place croissante dans les décisions d’investissement. Cette tendance est particulièrement marquée chez les 18-24 ans, public moins expérimenté : 41 % déclarent s’informer par ce canal, selon une étude réalisée par l’OCDE pour l’AMF (publiée en novembre 2023). Cadre d’analyse : comparaison des comportements selon l’âge et l’entreprise d’investissement Afin de mieux comprendre ces nouveaux comportements d’investissement, cette étude propose d’analyser l’influence du réseau social X (ex-Twitter) sur l’activité des investisseurs particuliers intervenant sur les titres du CAC 40 en détention directe, entre janvier et novembre 2024. L’activité sur les réseaux sociaux est capturée par le nombre quotidien de messages échangés sur X, ainsi que les sentiments (positifs, négatifs ou neutres) qui y sont exprimés. Cette étude repose sur l’exploitation des données de reporting des transactions à l’AMF, qui offrent une vision exhaustive des opérations réalisées par des prestataires de services d’investissement européens sur les titres relevant de sa compétence. La richesse des données permet notamment d’analyser les flux de transactions des investisseurs selon leur âge, en comparant les investisseurs de plus et de moins de 35 ans, ainsi que selon le type d’intermédiaire utilisé pour exécuter les transactions, en distinguant les banques traditionnelles, les banques 100 % en ligne et les néo- brokers . L’analyse prend en compte les réseaux sociaux comme une source d’information susceptible d’influencer les investisseurs, tout en évaluant également l’influence de variables plus fondamentales telles que les niveaux des cours et les communications institutionnelles des émetteurs. Principales observations : les plus jeunes et les clients de néo- brokers sont plus sensibles aux informations diffusées sur les réseaux sociaux Les investisseurs particuliers français achètent des titres à la baisse et vendent à la hausse : Ce comportement contrariant est cohérent avec les précédents résultats académiques sur le sujet et pourrait refléter une volonté de sécuriser les bénéfices réalisés. Les investisseurs individuels tendent aussi à être plus actifs lorsque la volatilité augmente. Les investisseurs sont davantage sensibles au nombre des messages publiés sur les réseaux sociaux qu’à leur contenu : La teneur des messages publiés, c’est-à-dire l’expression d’une opinion positive ou négative, ne semble pas avoir d’influence sur l’activité. Les investisseurs les plus jeunes et les plus familiers des outils numériques sont les plus sensibles aux réseaux sociaux : il apparaît ainsi que les investisseurs les plus jeunes et la clientèle des néo- brokers tendent, globalement, à sous-réagir aux informations fondamentales (c.-à-d. le prix ou les communications faites par les émetteurs). Leurs comportements seraient ainsi moins sensibles à la conjoncture économique. À l’inverse, les clients de banques en ligne sont les plus à même d’ajuster leur comportement aux informations fondamentales. En revanche, les investisseurs les plus jeunes et la clientèle des néo- brokers surréagissent aux messages publiés sur les réseaux sociaux : soit ils sont les seuls à accroître leur activité lorsque le volume de messages publiés augmente ; soit, lorsqu’une hausse d’activité est observée chez l’ensemble des investisseurs, leur réaction est plus marquée : l’augmentation de leur activité est deux fois plus importante que celle des autres investisseurs. En parallèle, les clients de banques traditionnelles constituent la clientèle la moins sensible aux réseaux sociaux, un résultat cohérent avec le fait qu’ils regroupent probablement des investisseurs plus expérimentés et moins enclins à se tourner vers les réseaux sociaux. L’étude conforte la stratégie de l’AMF en matière de protection des épargnants Les résultats de cette étude soulignent l’importance pour l’AMF de poursuivre son accompagnement des investisseurs et notamment des plus jeunes en les incitant à s'informer de manière rigoureuse avant d’investir, en s'appuyant sur des sources fiables et diversifiées. L’AMF a notamment lancé en 2023, en collaboration avec l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), un certificat de l’influence responsable dans la finance. En savoir plus L'influence des réseaux sociaux sur l'activité des investisseurs particuliers sur les titres du CAC 40