Contrôle de l’activité du groupe Medicharme 0
IGAS Nos rapports
10 juin 2026, 05:00
Texte de la source originale
Contrôle de l’activité du groupe Medicharme
MARS 2024
Frédéric LAVENIR
Antonin NGUYEN
Lucile WAQUET-AIRY
Laurent HABERT
Dr. Claude GADY-CHERRIER
Agnès JOSSELIN
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Ministère délégué chargé des Comptes publics
Ministère du Travail, du plein Emploi et de l'Insertion
Ministère des Solidarités et des Familles
CONTRÔLE DE L’ACTIVITÉ DU GROUPE MEDICHARME
ANTONIN NGUYEN
Inspecteur des finances
LUCILE WAQUET-AIRY
Inspectrice des finances
Sous la supervision de
FRÉDÉRIC LAVENIR
Inspecteur général des finances
LAURENT HABERT
Inspecteur général des affaires sociales
Dr. CLAUDE GADY-CHERRIER
Médecin, membre de l'Inspection
générale des affaires sociales
AGNÈS JOSSELIN
Inspectrice des affaires sociales
Avec la participation de
LÉNA KOVALSKY
Stagiaire de l'IGAS
- MARS 2024 -
Inspection générale des affaires sociales Inspection générale des finances
IGF N° 2023-M-080-04 IGAS N° 2023-077R
RAPPORT FINAL
Établi par
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Rapport
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SYNTHÈSE
Par lettre du 1 er août 2023, le ministre du Travail, du plein emploi et de l’insertion, la ministre
des Solidarités et des familles et le ministre délégué chargé des Comptes publics ont saisi le
chef de l’Inspection générale des affaires sociales et la cheffe de l’Inspection générale des
finances d’une demande de contrôle du groupe Médicharme, gestionnaire de structures
médico-sociales hébergeant des personnes âgées. Cette saisine fait suite à des alertes émanant
de plusieurs ARS sur le fonctionnement de certains établissements.
Avec 43 établissements d'hébergement pour personnes âgées, dont 32 EHPAD, le groupe
Médicharme se situe, en France, en 8 ème position du classement des groupes d’EHPAD en
fonction du nombre de lits, très loin derrière les cinq premiers acteurs qui concentrent, à eux
seuls, 66 % des lits en France. Il a réalisé en 2022, un chiffre d’affaires d’environ 89 M€ hors
activité immobilières et comptait 1 280 salariés. Depuis 2018, le groupe est détenu à 95 % par
le fonds d’investissement G Square Capital.
La croissance externe rapide du groupe Médicharme est intervenue dans un contexte général
de consolidation du secteur des EHPAD dans les années 2010 : le groupe, constitué début 2015,
a acquis en moyenne près de quatre établissements par an, entre 2015 et 2022, et jusqu’à neuf
établissements en 2019. Pour �inancer cette croissance, le groupe s’est endetté auprès du fonds
d’investissement BlackRock et a revendu, en cession-bail, la quasi-intégralité de l’immobilier
des établissements acquis, en lot à des acteurs institutionnels ou « à la découpe » à des
centaines d’épargnants particuliers.
Ces opérations, bien que comptablement bénéficiaires, se sont avérées presque
systématiquement financièrement déficitaires en raison notamment des frais
d’intermédiation, du coût fiscal et du coût des travaux de mise aux normes. Elles ont, de ce fait,
contribué à l’épuisement de la trésorerie du groupe. Par ailleurs, le niveau élevé des loyers
consentis aux investisseurs-bailleurs, combiné aux modalités complexes du refinancement
BlackRock, pèse désormais lourdement sur le résultat d’exploitation du groupe (à hauteur de
près de 15 % du chiffre d’affaires). Enfin, en acceptant de signer des baux de 11 à 18 ans,
Médicharme a figé la destination des murs de ses EHPAD pour des durées très longues, obérant
toute perspective de regroupement ou de relocalisation géographique, alors même que de tels
mouvements eussent été nécessaires compte tenu de la taille manifestement sous-critique de
certains établissements.
Les investisseurs particuliers acquéreurs des chambres, ont été quant à eux amenés à
s’engager, dans des conditions peu transparentes, sur des supports complexes et risqués. Plus
que d’un investissement immobilier il s’agit en effet pour eux de faire « à l’aveugle » crédit à
très long terme à un exploitant d’EPHAD, en s’exposant à l’éventualité d’un retrait ou d’un non
renouvellement de l’autorisation administrative d’exploitation, voire d’une défaillance de
l’entreprise.
Tant pour permettre les rapprochements et mobilités géographiques d’établissements en vue
de viabiliser le modèle économique du secteur que par souci de protection des investisseurs
non professionnels, la mission suggère ainsi d’envisager l’interdiction de la vente à la découpe
des EHPAD.
Médicharme a tardé à maitriser les implications organisationnelles de sa croissance
dynamique et ne s’est doté que tardivement de certaines fonctions centrales essentielles : ainsi
en particulier, alors que les fonctions financières, budgétaires et immobilières avaient été
rapidement mises en place, la direction des ressources humaines (DRH) et la direction
médicale n’ont été créées ou structurées que tardivement.
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Le groupe a également sous-estimé, dans un premier temps, le défi opérationnel que
représentait la gestion des établissements acquis. Ceux-ci ont ainsi connu d’importants
dysfonctionnements, relevés par les agences régionales de santé et les conseils
départementaux à l’occasion de leurs contrôles, auxquels le groupe a commencé à remédier.
La mission a d’abord constaté une instabilité du trio de gouvernance des EHPAD (direction,
médecin et infirmier coordinateurs), ce turnover ne favorisant pas l’engagement, sur la durée,
des démarches structurées d’amélioration de la qualité. L’instabilité des directions s’est
doublée d’une absence ou d’un temps de présence insuffisant des médecins coordonnateurs.
Par ailleurs, le groupe fait face à des difficultés, courantes dans le secteur, de recrutement
d’aides-soignants : le taux moyen d’encadrement soignant y est inférieur de cinq points à ce
qui est constaté dans le secteur des EHPAD à but lucratif, les agents de service hospitalier
(ASH), recrutés en plus grand nombre s’y substituant pour partie. Plus généralement, les
tutelles ont relevé de nombreuses carences de fonctionnement découlant de ces insuffisances :
au 1 er novembre 2023, dans la suite de leurs contrôles, près de 30 % des injonctions et un peu
moins de la moitié des prescriptions n’étaient pas considérées comme levées.
Le groupe Médicharme a réalisé des progrès visibles depuis deux ans, sous l’impulsion d’une
direction renouvelée. Ainsi, les directions d’établissements, se stabilisent et des dispositions
visant à améliorer la qualité de l’accompagnement ont été prises : recrutements de médecins
coordonnateurs, recrutement d’infirmiers coordonnateurs, sécurisation du circuit du
médicament, diffusion de procédures qualité à l’initiative de la direction médicale
nouvellement créée, politique de formation en cours de structuration. Un logiciel de soins et de
tarification commun, en cours de déploiement, Titan Groupe, permet d’améliorer la traçabilité
et la coordination des soins. S’agissant spécifiquement des médecins coordonnateurs, la
mission a pu constater l’intérêt, en cas l’absence d’autre possibilité, du recrutement de
médecins coordonnateurs en distanciel. Cependant cette pratique, qui pourrait se développer
compte tenu de l’évolution défavorable de la démographie médicale, mérite d’être encadrée.
La mission constate qu’en dépit de ces avancées, il reste des progrès à accomplir pour
structurer la démarche qualité dans le groupe et poursuivre l’appropriation par les équipes de
la politique de bientraitance.
Ces efforts de mise à niveau, inévitablement générateurs de coûts supplémentaires, ont été
réalisés dans une période où les difficultés de recrutement de personnel soignant, la hausse
corrélative des coûts salariaux (suite notamment au Ségur de la santé), et la baisse des taux
d’occupation des EPHAD (consécutive au Covid et à l’affaire ORPEA) fragilisaient le modèle
économique de l’ensemble du secteur : ils ont ainsi ajouté des facteurs spécifiques aux facteurs
généraux de dégradation des conditions d’exploitation.
Or le groupe Médicharme n’était pas en état de supporter financièrement une telle conjonction
de facteurs défavorables, en raison du poids extrêmement élevé de sa base de coûts fixes quasi
incompressibles: en tout premier lieu les frais financiers (dette bancaire et BlackRock) et
immobiliers (loyers) liés à la stratégie de croissance et à ses modalités de financement décrites
plus haut; mais également les frais de siège, disproportionnés à la taille du groupe ; et enfin les
coûts fixes des établissements de taille souvent trop petite pour atteindre le point mort. À cet
égard, la mission recommande le lancement d’une mission pour définir le capacitaire optimal
des EHPAD dans les différents contextes géographiques, dans l’objectif de concilier qualité de
l’accompagnement et viabilité du modèle économique et d’en tirer les conséquences
éventuelles en termes de modulation des ressources allouées.
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Cette situation dégradée a conduit Médicharme dans une impasse : la direction générale a
engagé fin 2022 une procédure de conciliation, puis fin 2023 une procédure de « prepack
cession », c’est-à-dire de cession du groupe par appartements, prénégociée pendant une phase
de conciliation puis arrêtée par le tribunal de commerce dans le cadre d’un redressement ou
d’une liquidation judiciaire. Cette procédure était en cours lors de la rédaction du présent
rapport.
Aussi la mission s’est-elle abstenue de formuler des recommandations spécifiques à
Médicharme, dans la mesure où le groupe n’existera plus (ou sera sur le point de disparaître)
au moment du rendu du présent rapport. Elle considère toutefois que, quel que soit le devenir
du groupe, les constats réalisés par les ARS et les conseils départementaux à l’occasion
d’inspections, comme ceux mis en évidence par la mission elle-même, devront faire l’objet d’un
suivi par les directions d’établissements sous la supervision des autorités de contrôle.
La mission s’est par ailleurs attachée à analyser les conditions d’utilisation des fonds publics
alloués à Médicharme au titre principalement des dotations soins et dépendance, et
d’élaboration des supports de contrôle (EPRD/ERRD).
Il s’avère à cet égard que le reporting de la gestion des dotations publiques effectué par le
groupe relève d’un processus complexe, peu fiable et in fine contestable. Du fait notamment de
ses difficultés à recruter du personnel soignant qualifié, auquel il substitue, comme cela semble
répandu dans le secteur, des agents non diplômés, le groupe ne « sature » pas les dotations
soins et dépendance et constitue des excédents. Afin de réduire cette sous-consommation, le
groupe ajuste les clefs d’imputation de la masse salariale entre les différents financeurs1. Ces
clefs ne sont ni justifiables par le groupe, ni même parfois vraisemblables, et privent de sens le
reporting financier dans son ensemble, dès lors que la masse salariale représente 95 % des
montants financés. En outre, lorsque des excédents sont malgré tout constitués, ceux-ci sont
traités dans la comptabilité des établissements comme totalement libres d’emploi et dès lors
librement distribuables en dividendes.
Ces constats soulèvent la question de la pertinence du dispositif de contrôle des dotations
publiques. En premier lieu, alors que les EPRD / ERRD devraient constituer le support du
dialogue de gestion entre établissements et tutelles, ils sont en réalité, du fait de la complexité
de leur remplissage, élaborés de manière centralisée au siège du groupe. En second lieu, les
modalités manifestement arbitraires d’imputation de la masse salariale, observées au sein du
groupe Médicharme comme dans un autre groupe de grande taille contrôlé par les pouvoirs
publics, le caractère par conséquent complètement non significatif des excédents reportés, leur
statut juridique ambigu et leur traitement comptable en produits libres d’affectation, mettent
en évidence que ce reporting ne permet en aucun cas de contrôler , a fortiori de garantir un
usage approprié des dotations publiques. En troisième lieu, les autorités de tarification ne
disposent ni des effectifs qualifiés, ni des informations (notamment de niveau groupe) ni des
outils (notamment des référentiels) permettant d’assurer un suivi adéquat de la situation
financière des établissements.
À mi-chemin entre une logique d’affectation analytique des fonds publics et une logique de
forfaitisation des dotations sur base de coûts standards, le dispositif actuel manque ainsi à
l’essentiel des objectifs qui lui sont assignés : le contrôle de l’emploi des fonds public est
inopérant et le suivi financier en pratique quasi inexistant.
1 c.à.d. le groupe lui-même via les tarifs d’hébergement, l’assurance-maladie via le forfait soins et le département
via le forfait dépendance
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La mission suggère, pour faire suite à ces constats, deux pistes d’évolution alternatives. La
première consisterait à renforcer une nouvelle fois significativement les obligations de
reporting et surtout d’auditabilité des affectations analytiques de charges des établissements
ainsi que les moyens des ARS et conseils départementaux dévolus à l’analyse de ces données.
La seconde, qui semble davantage s’inscrire dans l’évolution du financement public des EHPAD
vers une logique forfaitaire, consisterait à opérer une simplification radicale du reporting, en
renonçant à la présentation analytique de l’usage des dotations publiques et à la notion
d’excédent sur dotation, pour recentrer le dispositif, d’une part sur le contrôle de la qualité et
de la conformité des conditions physiques d’accueil des résidents au regard notamment des
valeurs de référence retenues dans la construction des coûts standards pour le calcul des
dotations, d’autre part sur le suivi de la situation financière des établissements. Les ATC,
pourraient par ailleurs être dotées de la capacité de réduire les dotations publiques lorsque
leurs prescriptions ne seraient pas respectées.
Enfin, le système de suivi financier des EHPAD, qui s’effectue aujourd’hui exclusivement à la
maille des établissements, ne permet pas d’identifier l’appartenance d’un établissement à un
groupe, a fortiori d’appréhender les flux intra-groupe ni la situation consolidée. Il est donc
proposé d’une part de rendre obligatoire dans le reporting la mention d’appartenance à un
groupe ; d’autre part de faire évoluer les règles applicables lors des opérations de cession, qui
devraient faire l’objet d’une information préalable des ATC quelles qu’en soient les modalités ;
enfin de créer une cellule nationale de suivi des groupes. Celle-ci serait chargée de centraliser,
d’analyser et de restituer les éléments propres à la situation financière et à la stratégie de
groupe, pour enrichir et mettre en perspective le suivi par établissement, lequel resterait
assuré par les ATC (ARS et Départements).
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SOMMAIRE
INTRODUCTION ................................................................................................................................... 1
1. LA CROISSANCE RAPIDE DU GROUPE A ETE MARQUEE PAR DES CHOIX
STRATEGIQUES PEU MAITRISES ET UN PILOTAGE OPERATIONNEL DEFAILLANT
JUSQUE FIN 2021 ........................................................................................................................ 3
1.1. La croissance du groupe, intervenue dans un contexte général de consolidation
du secteur, a été très rapide.........................................................................................................3
1.2. Les choix de financement de la croissance du groupe, opérés en vue d’une revente
à court terme, se sont avérés coûteux .....................................................................................7
1.3. Le groupe ne s’est doté que tardivement des fonctions centrales permettant le
pilotage opérationnel de ses établissements ........................................................................8
1.3.1. Seules les fonctions financières et immobilières ont, dans un premier temps,
été centralisées au siège ....................................................................................................... 8
1.3.2. Certaines fonctions de pilotage pourtant essentielles n’ont été mises en
place que tardivement et ont été développées par la nouvelle direction du
groupe ........................................................................................................................................... 9
2. SI LES CONDITIONS DE PRISE EN CHARGE INITIALEMENT TRES
DYSFONCTIONNELLES SONT EN AMELIORATION SENSIBLE, LES MODALITES DE
GESTION DES DOTATIONS PUBLIQUES RESTENT CONTESTABLES ....................... 10
2.1. La stabilisation de la gouvernance des établissements et la diffusion de
procédures ont permis une amélioration de l’accompagnement qui doit se
poursuivre ........................................................................................................................................ 10
2.1.1. La gouvernance des établissements a longtemps été vacante ou instable 10
2.1.2. Le groupe rencontre des difficultés pour recruter des personnels soignants
en nombre suffisant ............................................................................................................. 11
2.1.3. Les tutelles ont relevé à de nombreuses reprises des carences de
fonctionnement découlant de ces insuffisances...................................................... 12
2.1.4. Le groupe a commencé à remédier à ses carences avec pour conséquence
une amélioration de l’accompagnement des résidents ....................................... 12
2.2. Le reporting de la gestion des dotations publiques par le groupe, qui relève d’un
processus complexe et peu fiable, parait contestable.................................................... 15
2.2.1. L’élaboration des ERRD, entièrement réalisée au siège, repose sur un
retraitement fastidieux de données de comptabilité générale
imparfaitement traduites en comptabilité M 22 ................................................... 15
2.2.2. Le reporting RH de l’annexe activité de l’ERRD et le tableau des effectifs et
des rémunérations semblent pilotés pour minimiser les excédents sur les
dotations soins et dépendance........................................................................................ 16
2.2.3. Les excédents sur dotations publiques et les crédits non reconductibles
(CNR) sont traités dans la comptabilité des établissements comme
totalement libres d’emploi, c’est-à-dire comme fonds propres librement
distribuables en dividendes .............................................................................................. 17
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3. LES POUVOIRS PUBLICS NE DISPOSAIENT PAS DES OUTILS PERMETTANT
D’ANTICIPER LA DEGRADATION DE LA SITUATION FINANCIERE DE
MEDICHARME, QUI RESULTE A LA FOIS DE FACTEURS EXOGENES ET
ENDOGENES............................................................................................................................... 18
3.1. Un retraitement excluant les activités immobilières du groupe fait apparaitre une
exploitation déficitaire depuis 2019, certains établissements se trouvant
désormais dans une situation critique ................................................................................. 18
3.2. La situation financière du groupe s’explique d’une part par une baisse d’activité
ayant touché l’ensemble du secteur… .................................................................................. 22
3.3. … et d’autre part par une augmentation des charges inhérentes à la stratégie du
groupe ................................................................................................................................................ 23
4. L’ANALYSE DES DIFFICULTES DU GROUPE MEDICHARME MET EN EVIDENCE
CERTAINES FAIBLESSES DE LA POLITIQUE PUBLIQUE D’ACCUEIL DES
PERSONNES AGEES DANS LES EHPAD A BUT LUCRATIF ........................................... 25
4.1. Le financement de la croissance des groupes d’EHPAD par la vente à la découpe
des chambres à des particuliers menace la soutenabilité de leur modèle
économique et expose les investisseurs à des risques financiers............................. 25
4.1.1. La vente de chambres à la découpe menace la soutenabilité du modèle
économique des EHPAD et compromet leur capacité à se restructurer ..... 25
4.1.2. Les particuliers investissant en LMNP prennent des risques qu’ils ne
mesurent sans doute qu’imparfaitement .................................................................. 26
4.2. La portée des règles applicables en matière d’autorisation administrative
d’exploitation d’EHPAD pourrait être clarifiée ................................................................. 27
4.3. Le dispositif de contrôle de l’utilisation des dotations publiques est à la fois lourd
et inopérant ..................................................................................................................................... 30
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INTRODUCTION
Par lettre du 1er août 2023, les ministres commanditaires ont saisi l’inspection générale
des finances et l’inspection générale des affaires sociales d’une demande de contrôle du
groupe Médicharme, gestionnaire de structures médico-sociales hébergeant des personnes
âgées. Il s’agit du premier contrôle effectué en application des dispositions du 3° de l’article
62-1 de la LFSS 2023 du 23 décembre 2022. Cette saisine fait suite à des alertes émanant de
plusieurs ARS concernant les pratiques de ce groupe.
À la date du contrôle, le groupe disposait d’une capacité de 1 936 places réparties
entre 32 établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD),
deux établissements d'hébergement pour personnes âgées (EHPA), six résidences services
seniors (RSS) et un foyer d'accueil médicalisé (FAM). Les EHPAD disposaient d’un capacitaire
de 1 765 places et accueillaient 1 628 résidents. Fin 2022, Médicharme avait un chiffre
d’affaires d’environ 89M€ hors activité immobilières (156 M€ en incluant celles-ci) et
comptait 1 280 salariés pour 1 160 équivalents temps plein (ETP). Depuis 2018, le groupe
est détenu à 95 % par le fonds d’investissement G Square Capital. Un autre fonds
d’investissement, BlackRock, a financé sa croissance externe en souscrivant des
obligations convertibles (80 M€), devenant le principal créancier de Médicharme. Le groupe
a fait l’objet d’une procédure de conciliation suivie par le comité interministériel de
restructuration industrielle (CIRI) au printemps 2023 et aboutissant à un accord en avril 2023.
La mission s’est déplacée dans sept établissements, de façon inopinée, après la
notification du contrôle au groupe et un premier échange avec le siège de la société. Ces
déplacements ont permis d’examiner les relations du groupe avec ses établissements
(existence de procédures et appropriation de ces procédures, conditions de délégation et
autonomie des directions, gestion des ressources humaines, etc.) ainsi que les conditions de
prise en charge des résidents.
La mission de contrôle s’est déroulée dans un contexte particulier : dès la première
réunion avec la direction de Médicharme, au début du mois d’octobre, il est apparu que le
groupe traversait d’importantes difficultés financières susceptibles d’entrainer son placement
en procédure préventive ou collective pendant la mission. La mission a immédiatement alerté
les ministres commanditaires. Après un conseil de surveillance qui s’est tenu à la fin du mois
d’octobre, la direction de Médicharme a engagé une procédure de « prepack cession »,
c’est-à-dire de cession du groupe par appartements, prénégociée pendant une phase de
conciliation puis arrêtée par le tribunal de commerce (TC) dans le cadre d’un
redressement ou d’une liquidation judiciaire. Cette procédure était en cours lors de la
rédaction du présent rapport. Plusieurs scénarios étaient alors envisagés : un scénario
privilégié mais difficilement atteignable de vente en bloc du groupe via la prise de contrôle de
sa holding de tête (société Médicharme), ou des scénarios de vente par lots – par exemple
géographiques – par cession des titres des sociétés d’exploitation ou seulement des actifs nets
de ces sociétés (afin de ne pas reprendre certains passifs).
Le groupe Médicharme devrait ainsi cesser d’exister en tant que tel dans les semaines
suivant la remise du présent rapport à ses commanditaires. Par conséquent, malgré un
diagnostic faisant apparaitre tant les faiblesses de la stratégie de croissance du groupe que des
enjeux de conformité à la réglementation de certaines de ses pratiques, la mission n’a pas jugé
pertinent de formuler des recommandations que le groupe ne sera pas en mesure de mettre en
œuvre à l’issue de la procédure collective. Cependant, les non-conformités identifiées dans les
annexes du rapport devront être traitées, quel que soit l’avenir du groupe et de chacun de ses
établissements.
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La mission a cependant souhaité analyser les circonstances et les choix ayant mené le
groupe dans cette impasse, afin d’en tirer des enseignements plus généraux quant à la
politique publique d’accueil et de prise en charge des personnes âgées. La mission propose
ainsi quelques perspectives d’évolution du cadre normatif relatif à l’exploitation, au
financement et au reporting financier des EHPAD privés lucratifs, dont la faisabilité pourrait
être examinée en détail par les pouvoirs publics à l’occasion de travaux ultérieurs dédiés à ces
questions.
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1. La croissance rapide du groupe a été marquée par des choix
stratégiques peu maîtrisés et un pilotage opérationnel défaillant
jusque fin 2021
1.1. La croissance du groupe, intervenue dans un contexte général de
consolidation du secteur, a été très rapide
Médicharme est un gestionnaire de structures médico-sociales hébergeant des
personnes âgées. Médicharme se situerait, en France, en 8 ème position du classement des
groupes d’EHPAD en fonction du nombre de lits, mais très loin cependant derrière les cinq
premiers acteurs qui concentrent, à eux seuls, 66 % des lits en France (cf. tableau 1).
Tableau 1 : Classement des groupes d’EHPAD par taille, au 31 décembre 2022
Groupe France Étranger Total France &
étranger Part de
marché France
(% lits) Lits ETS Lits ETS Lits ETS
Korian / Clariane 24 914 289 39 714 426 62 465 698 19 %
DomusVi 21 100 261 23 565 198 44 665 459 16 %
Orpéa 19 922 226 51 905 551 71 827 777 15 %
Colisée 12 352 156 19 236 159 31 588 315 10 %
Domidep 7 939 114 3 100 36 11 039 150 6 %
Sous-total top 5 86 227 1 046 137 520 1 370 221 584 2 399 66 %
LNA Santé 4 655 45 555 4 5 210 49 4 %
Emera 4 267 48 4 957 45 9 224 93 3 %
Médicharme 1 955 37* 0 0 1 955 37 2 %
Vivalto Vie 1 954 26 4 920 53 6 874 79 2 %
SGMR Ouest –
Iroise Bellevie 1 808 25 258 3 2 066 28 1 %
SEDNA 1 512 19 2 581 21 4 093 40 1 %
Omeris 1 340 17 98 6 1 438 23 1 %
Maisons de
Famille 1 295 16 19 478 163 20 773 179 1 %
Philogeris 700 11 0 0 700 11 1 %
Steva 647 7 0 0 647 7 0 %
Total 106 360 1 297 170 367 1 665 274 564 2 945 82 %
Source : Le Mensuel des Maisons de Retraite n°2572 (*les 37 établissements recensés comptent probablement non
seulement les trois établissements fermés, mais également les deux EHPA – les chiffres retenus par le mensuel peuvent
différer légèrement des chiffres de la mission).
À la date du contrôle, le groupe comptait ainsi (cf. cartes 1 et 2) :
35 EHPAD, dont trois sont actuellement fermés (cf. infra), deux EHPA, six résidences
services seniors (RSS) et un foyer d'accueil médicalisé (FAM), accueillant 1 628 résidents
(EHPAD) pour une capacité de 1 936 places (soit environ 2 % de parts de marché en
France) ;
2 Il n’existe pas de source officielle offrant une vision consolidée du secteur des EHPAD, les obligations de reporting
auxquelles ces établissements sont assujettis ne mentionnant par leur appartenance à un groupe (cf. infra).
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1 280 salariés (1 160 ETP) pour l’ensemble des structures.
Carte 1 : Localisation des établissements du groupe Médicharme*
* Les points rouges désignent les établissements dans lesquels s’est rendue la mission.
Source : Mission.
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Carte 2 : Année d’acquisition des EHPAD par le groupe Médicharme
Source : Mission.
Fondé en 2015, le groupe a été acquis en 2018 par le fonds d’investissement G Square
situé à Londres (2 Md€ d’actifs sous gestion fin 2023), spécialisé dans le secteur de la
santé. G square détient environ 95 % du capital de la holding de tête, les 5 % restant étant
possédés par les dirigeants de Médicharme et les membres de son Conseil de surveillance.
Médicharme a également contracté, entre juillet 2019 et janvier 2022, une dette obligataire de
80 M€ auprès du fonds d’investissement BlackRock via Avenir santé (AVS), filiale à 100 % de
Médicharme, afin de financer les acquisitions d’EHPAD du périmètre de cette filiale (11
établissements).
La croissance externe du groupe Médicharme, très rapide, est intervenue dans le
contexte général de consolidation du secteur dans les années 2010 (cf. annexe fonctionnement,
situation et modèle économique du groupe Médicharme), c’est-à-dire en concurrence avec les
stratégies d’acquisition d’acteurs nettement plus importants, ce qui a pu conduire à évincer le
groupe des meilleures opérations. Médicharme, qui ne comptait qu’un établissement lors de sa
constitution début 2015, a acquis en moyenne près de quatre établissements par an, entre
2015 et 2022, et jusqu’à neuf établissements en 2019 (cf. graphique 1).
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Son chiffre d’affaires a été multiplié par près de trois entre 2019 et 2022, pour
atteindre 156 M€ en 2022 (dont 89 M€ au titre de l’exploitation des EHPAD et 67 M€ au titre
de la vente d’immeubles – cf. graphique 2).
Le groupe a acquis les parts sociales des sociétés exploitant les EHPAD et des sociétés civiles
immobilières (SCI) correspondantes, sans faire disparaître ces sociétés. Il est ainsi composé
d’environ 60 sociétés, détenues à 100 % par la société Médicharme ou par sa filiale Avenir
Santé.
Graphique 1 : Évolution de la taille du groupe Médicharme
Source : Médicharme (NB : à la date du contrôle, 3 établissements sur 35 étaient fermés).
Graphique 2 : Évolution du CA consolidé de Médicharme entre 2019 et 2022
Source : Comptes consolidés du groupe Médicharme depuis 2018, mission.
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
2000
0
5
10
15
20
25
30
35
40
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Nb. d'établissements Nb. de lits
Prise de contrôle
par G Square
Début du financement
par BlackRock
0
20
40
60
80
100
120
140
160
180
2019 2020 2021 2022
Millions
CA immobilier
CA dépendance
CA soin
CA hébergement
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Rapport
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1.2. Les choix de financement de la croissance du groupe, opérés en vue d’une
revente à court terme, se sont avérés coûteux
Dans un premier temps, la direction de Médicharme a mis en place une stratégie de
croissance externe ambitieuse (cf. supra), en vue d’atteindre une taille critique permettant
potentiellement de revendre le groupe dans le contexte de consolidation du secteur observé
au cours des années 2010. Ces acquisitions ont été financées par deux moyens : la souscription
d’une dette obligataire auprès du fonds BlackRock, logée dans la holding Avenir Santé (AVS) et
caractéristique d’un modèle de croissance par « leveraged buy out » (LBO)3 successifs4, et la
revente des chambres d’EHPAD à la découpe, au fil des acquisitions.
Ainsi, au cours de sa constitution, le groupe a rapidement revendu la quasi-totalité de
l’immobilier acquis, soit à des foncières, soit à des particuliers investisseurs, intéressés à
ce type d’investissement par les dispositifs fiscaux applicables à la location meublée non
professionnelle (LMNP et « Censi-Bouvard »5). Plus de 1 000 particuliers ont acquis une
chambre d’un EHPAD du groupe.
La revente à la découpe des chambres a permis au groupe de dégager des liquidités,
réinvesties dans l’achat de nouveaux établissements. Cependant l’examen du bilan
comptable et « cash » de ces opérations montre que, si elles ont généré un résultat
comptable important, elles ont consommé in fine de la trésorerie. En effet, le résultat
comptable prend en compte la valeur comptable des murs (souvent nulle ou faible, les
bâtiments étant déjà amortis) et les amortissements, tandis que le résultat en trésorerie tient
compte de la valeur réelle d'achat et du montant des travaux.
Le groupe a ainsi dégagé un résultat comptable avant impôt sur les sociétés (IS) très
élevé mais un cash-flow faible, du fait de valeurs conventionnelles en moyenne cinq fois plus
élevées que les valeurs nettes comptables et du montant des travaux. Par ailleurs, il a dû
acquitter un IS élevé (car calculé sur la marge comptable) et des frais de commercialisation des
chambres. Cela a entrainé, pour ces opérations immobilières, un résultat net comptable
après IS élevé (+ 90M€, soit + 47 % de marge comptable nette) et un résultat cash négatif
(- 15M€, soit - 8 % de marge cash nette).
Les cessions de chambres d’EHPAD, qui ont suivi le rythme des acquisitions, étaient
assorties de la conclusion, avec les acquéreurs, particuliers ou institutionnels, d’un bail
de long terme (cession-bail ou « lease back »). Ces opérations, combinées à la souscription
auprès du fonds BlackRock d’un emprunt obligataire, n’ont pas permis de sécuriser des
conditions de financement favorables (cf. annexe fonctionnement, situation et modèle
économique du groupe Médicharme).
La cession-bail s’analyse, en termes financiers, comme une entrée de trésorerie correspondant
au prix de cession, net d’impôts et de frais de commercialisation, ayant pour contrepartie une
dette de loyers sur la durée du bail. Cette opération s’assimile à un emprunt amortissable en
totalité, sur la durée du bail, par annuités variables indexées, selon les stipulations
contractuelles, sur l’augmentation annuelle des prix des prestations d’hébergement.
3 Le Leveraged buy-out (LBO) ou rachat avec effet de levier est un montage financier permettant le rachat d'une
entreprise via une société holding portant l’endettement lié à l’opération.
4 D’après les éléments recueillis par la mission auprès de Médicharme, ce financement a été octroyé à un taux indexé
sur l’euribor, avec un taux plancher de 7,25%.
5 Institué en 2009 et supprimé au 1er janvier 2023, le dispositif Censi-Bouvard visait, grâce à une réduction d’impôt
sur le revenu, à encourager l’investissement des particuliers dans les logements, neufs ou réhabilités, de certains
types d’établissements dont les EHPAD.
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Rapport
- 8 -
Ainsi par exemple, pour une opération- type offrant à l’investisseur un rendement locatif facial
de 4 % sur 18 ans et un taux de revalorisation des loyers de 2 %, le gestionnaire d’EHPAD a
obtenu une entrée de trésorerie égale à environ 66 % du prix de vente (après impôt et frais de
commercialisation) en contrepartie du paiement d’un taux d’intérêt implicite de 3 %. Ce taux
apparait, en première analyse, plus bas que les conditions de marché à la même période.
Cependant, dans le périmètre de la holding Avenir Santé, Médicharme devait nantir auprès de
BlackRock les sommes ainsi retirées des ventes, pour ensuite pouvoir les emprunter au même
partenaire sous forme de financement obligataire à des conditions nettement moins
favorables. D’après les calculs de la mission, ce montage complexe a donc conduit
Médicharme à refinancer certaines de ses acquisitions6 à un coût supérieur à 10 % (hors
variation de l’Euribor7).
Cette stratégie, qui a détruit de la trésorerie et s’est avérée coûteuse, peut s’expliquer
par la volonté des organes de gouvernance du groupe d’atteindre une taille critique de
plusieurs milliers de lits en vue de revendre celui-ci rapidement, fût-ce au détriment de
la soutenabilité à long terme de son modèle économique.
1.3. Le groupe ne s’est doté que tardivement des fonctions centrales permettant
le pilotage opérationnel de ses établissements
1.3.1. Seules les fonctions financières et immobilières ont, dans un premier temps, été
centralisées au siège
La croissance rapide du groupe s’est accompagnée d’une forte augmentation des
effectifs du siège, qui ont été multipliés par plus de 2,6 entre janvier 2020 et
janvier 2022, atteignant à cette période plus de 60 équivalents temps plein (ETP). Pourtant,
cette période de croissance porte également la marque d’un pilotage opérationnel défaillant.
L’essentiel des effectifs du siège a été concentré sur les fonctions financières et, dans une
moindre mesure, immobilières qui constituaient manifestement les centres d’intérêt
prioritaires des dirigeants du groupe.
La centralisation de la fonction budgétaire et comptable au siège, qui découle
naturellement de la constitution d’un groupe, a eu des conséquences sur les fonctions et
les profils des directeurs d’établissements : ceux-ci se consacrent à la gestion
opérationnelle des EHPAD, sans pression manifeste sur leurs coûts de fonctionnement mais
avec la validation de certaines dépenses par les directeurs régionaux. Cependant, ils sont peu
sensibilisés à l’équilibre financier de leurs exploitations dont ils ne connaissent généralement
pas le résultat net. Le processus budgétaire est ainsi largement descendant, même s’il fait,
depuis deux ans, l’objet d’itérations entre le siège et les chefs d’établissement portant, pour
l’essentiel, sur les taux d’occupation, les tarifs d’hébergement et les ressources humaines. La
préparation des états prévisionnels des recettes et des dépenses (EPRD) et des états réalisés
des recettes et des dépenses (ERRD) des établissements est par conséquent entièrement
centralisée, l’apport des directions se limitant à compléter, par leurs commentaires, les
rapports afférents à chacun de ces documents. Ces outils complexes sont ainsi peu maitrisés
par les directeurs d’établissement, qui sont pourtant les interlocuteurs des ARS et des conseils
départementaux.
6 Celles réalisées via la holding Avenir Santé, soit environ 50% des acquisitions.
7L’Euribor est le taux d'intérêt moyen auquel les établissements financiers se prêtent de l'argent sur le marché
interbancaire de la zone euro.
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Rapport
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Les relations avec les familles (contractualisation, émission des factures) sont, dans un cadre
global, du ressort des directions d’établissement. La mission a pu constater que la conformité
des contrats aux prescriptions réglementaires n’était pas exempte de défaut, même si elle a pu
également noter un effort récent d’uniformisation et d’amélioration des stipulations
contractuelles8 (cf. annexe tarification et facturation du groupe Médicharme vis à vis des
résidents).
La fonction immobilière a également été presqu’intégralement centralisée au siège. La
commercialisation des chambres auprès des investisseurs a été logiquement centralisée mais
la mission a pu constater que les directions n’étaient même pas informées des conditions de
propriété des murs de leurs établissements. Les travaux dans les établissements sont conduits
directement par le siège, avec une association limitée des directeurs dans leur conception et
aucune dans leur réalisation, comme a pu également le constater la mission lors de l’un de ses
déplacements. L’organisation de la maintenance du bâti est centralisée, les responsables de
maintenance régionaux étant rattachés directement à la direction de l’immobilier au siège.
Au-delà de la centralisation de ces fonctions, le groupe n’a pas souhaité développer une
identité de groupe, privilégiant le maintien de l’identité antérieure de chaque
établissement et une communication marketing exclusivement locale9.
1.3.2. Certaines fonctions de pilotage pourtant essentielles n’ont été mises en place que
tardivement et ont été développées par la nouvelle direction du groupe
À compter de l’année 2021, dans le contexte des difficultés de fonctionnement
constatées, le groupe Médicharme a entamé une politique volontariste d’étoffement de
ses effectifs tant au niveau des établissements et des territoires qu’au niveau du siège,
avec l’arrivée début 2022 d’une nouvelle directrice générale. Au niveau local, trois postes
de directeurs (inter) régionaux10 créés en août 2021 constituent un échelon supplémentaire
dédié au pilotage opérationnel de l’ensemble des établissements. Cette création est allée de
pair avec un effort de recrutement et de stabilisation des directions d’établissement,
principales interlocutrices des ARS et des départements. Au niveau du siège, le doublement,
entre 2020 et 2023, des effectifs dédiés aux fonctions financières et comptables a permis
l’élaboration d’une procédure de contrôle de gestion.
La direction des ressources humaines ne s’est structurée et étoffée qu’à compter de juin
2021 alors que le groupe avait déjà acquis l’essentiel de ses établissements. Elle a
particulièrement pris en charge la fonction paie et la gestion centralisée des contentieux en
droit du travail, se plaçant en posture d’appui, par la formalisation d’un grand nombre de
procédures, et de contrôle du respect du droit du travail11. La mission relève l’absence,
jusqu’en avril 2023, de toute instance représentative à l’échelle du groupe, de même que
l’absence de toute politique conventionnelle. En matière de recrutement ou de formation,
en dépit d’enjeux majeurs, le positionnement de la DRH a été davantage celui d’un
facilitateur, fournisseur d’outils aux établissements, que de porteur d’une ambition
stratégique forte (cf. annexe ressources humaines).
8 Un nouveau contrat de séjour a été mis en place en janvier 2023.
9 Des contrats cadres ont toutefois été passés avec des sociétés de placement (Cap retraite et Retraite plus).
10 Région Nord Est : Grand est, Hauts de France, Ile de France, Bourgogne Franche Comté, Puy de Dôme ; Région
Ouest : Nouvelle Aquitaine, Normandie ; Région Sud : Occitanie, Provence Côté d’Azur, Ardèche.
11 Contrôle qu’elle exerce en programmant des audits réalisés par les trois responsables des ressources humaines
régionaux.
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La création, tardive, sous l’impulsion de la nouvelle gouvernance, d’un poste de
directeur médical en octobre 2022, après celui de l’infirmière de coordination (IDEC)
réseau mi 2021, a permis d’uniformiser et d’optimiser les pratiques de soins dans les
EHPAD du groupe. Si certains établissements avaient développé des bonnes pratiques sous
l’impulsion en particulier de médecins coordonnateurs, la plupart ne disposaient pas de
procédures robustes dans le domaine du soin. Le directeur médical a élaboré rapidement et
diffusé de nombreuses procédures et l’équipe médicale nationale s’est rendue dans les EHPAD
pour les présenter et promouvoir leur utilisation. La mission a pu vérifier, lors de ses
déplacements, l’appropriation en cours de ces procédures, par le biais de mini-formations
conduites souvent par les IDEC. La direction médicale a mené de nombreux audits
d’organisation des soins, soit thématiques, soit globaux, selon des grilles plusieurs fois révisées
se rapprochant des critères d’évaluation retenus par le référentiel national d’évaluation de la
qualité arrêté par la Haute autorité de santé en mars 2022 (cf. annexe accompagnement des
résidents).
En conclusion, il apparait que la centralisation des fonctions financières et immobilières a été
rapide, tandis que le sous-dimensionnement de l’appui aux établissements sur les autres
fonctions a perduré jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle équipe dirigeante en 2022 : le groupe a
manifestement sous-estimé dans un premier temps les difficultés opérationnelles des
établissements qu’il acquérait.
2. Si les conditions de prise en charge initialement très dysfonctionnelles
sont en amélioration sensible, les modalités de gestion des dotations
publiques restent contestables
Comme indiqué supra, le groupe Médicharme a bâti rapidement une offre d’accueil sans
véritable cohérence géographique, avec des établissements nettement plus petits que la
moyenne du secteur des EHPAD à but lucratif (53 places contre 82 places) et sans avoir conduit
de restructuration notable, à l’exception d’un regroupement finalisé fin 2023. L’offre,
composée essentiellement de places d’hébergement permanent, accueille des résidents un peu
plus jeunes, aussi dépendants et légèrement moins requérants en soins que la moyenne des
résidents du secteur. Le groupe Médicharme ne se distingue donc pas par le profil des résidents
accueillis mais plutôt par la capacité réduite de ses établissements (40 % ont une capacité
inférieure ou égale à 40 lits) qui est un handicap pour recruter du personnel qualifié et assurer
la continuité de fonctionnement des établissements.
2.1. La stabilisation de la gouvernance des établissements et la diffusion de
procédures ont permis une amélioration de l’accompagnement qui doit se
poursuivre
2.1.1. La gouvernance des établissements a longtemps été vacante ou instable
Un premier constat majeur est celui de la grande instabilité, dans beaucoup
d’établissements, du trio de gouvernance des EHPAD : direction, médecin coordonnateur,
infirmier de coordination. Cette instabilité est à la source en partie des autres
dysfonctionnements constatés.
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Le rachat par le groupe Médicharme d’EHPAD à gestion souvent individuelle ou
familiale s’est fréquemment traduit par un changement de direction de l’établissement,
occasionnant une succession de directeurs avant une stabilisation de la direction. Mais
au-delà de la phase de reprise, la mission a mis en évidence des dysfonctionnements affectant
un nombre élevé d’établissements. Dans treize établissements, représentant 40 % de
l’offre de Médicharme, les directeurs, depuis le rachat par le groupe, sont restés en
moyenne moins d’un an, ou à peine plus d’un an pour l’un d’entre eux. Le groupe a
développé des stratégies de compensation des périodes de vacance : intérims par d’autres
directeurs d’établissement, par une directrice d’appui, par les directeurs régionaux ou encore
par des directeurs de transition externes. Le turn-over des directions a handicapé la capacité
des établissements à mener sur la durée des démarches structurées d’amélioration de la
qualité et à piloter les ressources humaines (cf. annexe ressources humaines).
L’instabilité des directions s’est doublée d’une absence ou d’un temps de présence
insuffisant des médecins coordonnateurs. Du fait en particulier de la petite taille des
établissements, seuls deux tiers des établissements sont dotés d’un médecin coordonnateur,
quand la moyenne du secteur des EHPAD commerciaux est de 89 %12. Lorsqu’il y a un médecin,
sa quotité de présence est, à une exception près, inférieure à ce que prévoit le code de l’action
sociale alors que ces difficultés ne touchent qu’¼ des EHPAD13. Dans plus de la moitié des
cas, la qualification ou la formation des médecins ne sont pas celles prescrites par le
code de l’action sociale et des familles et celles qui sont conformes concernent des médecins
en fin de carrière (le plus jeune a 64 ans). Plusieurs ARS ont pu cependant confirmer à la
mission que les difficultés de recrutement de médecins coordonnateurs disposant des
diplômes requis n’étaient pas propres à ce groupe (cf. annexe accompagnement des résidents).
L’instabilité managériale a trouvé son reflet dans le nombre important des procédures
contentieuses en droit du travail concernant des cadres mais aussi plus largement les
collaborateurs du groupe. L’issue contentieuse est rarement favorable au groupe (quatre
décisions favorables sur quatorze décisions rendues) et a obligé le groupe à provisionner
950 000 € à ce titre en 2022 (cf. annexe ressources humaines).
2.1.2. Le groupe rencontre des difficultés pour recruter des personnels soignants en
nombre suffisant
La mission a pu constater des écarts d’accès aux ressources soignantes extérieures aux
EHPAD mais qui semblent à mettre en rapport avec la densité des professionnels
concernés sur le territoire d’implantation des établissements. En tout état de cause,
97,3 % des résidents disposaient d’un médecin traitant, ce qui est identique au taux moyen
observé dans la totalité des EHPAD.
En revanche, les difficultés de recrutement au sein des établissements concernent
l’ensemble des personnels intervenant en EHPAD : médecins, infirmiers, psychologues,
aides-soignants et sont particulièrement fortes s’agissant de ces derniers. Si cette
situation n’est pas propre au groupe, elle y est plus marquée : le taux moyen d’encadrement
soignant et singulièrement celui d’aides-soignants est inférieur de cinq points dans les
établissements du groupe à ce qui est constaté dans le secteur des EHPAD à but lucratif14. Les
agents de service hospitalier (ASH) recrutés en plus grand nombre se substituent pour partie,
dans beaucoup d’établissements, aux aides-soignants manquants et « font fonction » pour une
partie de leurs tâches.
12 Source : tableau de bord de la performance du secteur médico-social.
13 Ibid.
14 Source : Médicharme et CNSA ; tableau de bord de la performance du secteur médico-social.
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Rapport
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Là encore, il ne s’agit pas d’une situation propre au groupe mais cette réalité est
fortement présente dans le fonctionnement des établissements. Elle présente des risques
pour les résidents lorsqu’elle conduit par exemple, dans certains établissements, à ce qu’aucun
professionnel qualifié n’assure de présence la nuit (seuls des ASH sont présents) ou,
ponctuellement, à ce que des professionnels non qualifiés assurent la distribution de
médicament. Le défaut de qualification et de formation s’accompagne également d’une plus
forte instabilité des équipes dans les établissements, avec une part importante des contrats à
durée déterminée (CDD) et un taux de rotation des personnels plus élevé.
Confronté à cette situation, le groupe n’a pas mis en place de stratégie globale de
qualification de ses personnels par la voie de la validation des acquis de l'expérience
(VAE) ou de l’apprentissage, laissant l’initiative à chaque directeur d’établissement, avec
des résultats hétérogènes. Plus généralement, la formation n’a pas constitué un axe prioritaire
du groupe jusqu’à récemment, l’initiative étant, là encore, laissée aux directeurs
d’établissement. La mission note qu’une politique plus volontariste de formation est mise en
œuvre depuis deux ans : les établissements réalisent tous, comme prévu réglementairement,
un plan de formation annuel, grâce à un outil mis à disposition par la DRH. La formalisation
d’une politique nationale de formation demeure toutefois incomplète, sans recensement de
l’offre de formation disponible ni organisation de formations mutualisées, laissant peser la
charge afférente sur les directeurs d’établissement (cf. annexe ressources humaines).
2.1.3. Les tutelles ont relevé à de nombreuses reprises des carences de fonctionnement
découlant de ces insuffisances
Des dysfonctionnements significatifs ont été identifiés par les inspections menés par les
ARS et les conseils départementaux entre 2019 et 2023. De nombreux EHPAD du groupe
(plus de 90 % d’entre eux) ont fait l’objet de contrôles, dans près de 90 % des cas sur
place. Ces contrôles se sont intensifiés dans le cadre du plan national de contrôle des
EHPAD lancé en 2022. Ils ont mis en évidence les carences de gouvernance, et de
qualification évoquées supra et des anomalies concernant, pour les plus nombreuses, le
circuit du médicament, les glissements de tâches, l’absence de médecin coordonnateur et
l’insuffisance de la formation.
Ces contrôles ont donné lieu à 125 injonctions et 195 prescriptions, dont près de 30 %, pour
les premières et un peu moins de la moitié pour les secondes, n’étaient pas considérées
comme levées au 1er novembre 2023. Dans certains cas, les constats opérés ont conduit
les autorités à prendre des mesures exceptionnelles, comme la cessation d’activité d’un
établissement en Seine-Saint-Denis ou la suspension de l’accueil de nouveaux résidents dans
quatre autres établissements du groupe. Au 1er janvier 2024, une mesure de suspension de
l’accueil était encore en vigueur (cf. annexe suites données aux inspections).
2.1.4. Le groupe a commencé à remédier à ses carences avec pour conséquence une
amélioration de l’accompagnement des résidents
Le groupe a pris conscience tardivement de ces dysfonctionnements et tente depuis
deux ans d’y remédier. Les directions d’établissements, notamment, se stabilisent.
Au 1 er novembre 2023, sur les 29 EHPAD du groupe acquis depuis plus d’un an :
dans 21 EHPAD (soit les deux tiers), le directeur était en poste depuis au moins un an ;
dans douze EHPAD (41 %), le directeur était en poste depuis plus de deux ans.
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Les équipes de direction ont été renforcées, en particulier dans les EHPAD multi sites avec pour
l’objectif de doter tous les sites d’un responsable dédié. Le groupe n’échappe pas pour autant
aux déconvenues managériales qui prolongent, dans certains établissements, une situation
d’instabilité (cf. annexe ressources humaines).
Pour compenser la pénurie de médecins coordonnateurs, le groupe a recours au service
de deux sociétés assurant les fonctions de médecins coordonnateurs en distanciel.
Les onze établissements qui ne disposent pas d’un médecin coordonnateur sont désormais
couverts par ce dispositif coûteux. Malgré des stipulations contractuelles imprécises quant à la
nature du service rendu et le temps consacré à chaque établissement et en dépit du fait que ce
dispositif ne permet pas de satisfaire toutes les missions du médecin coordonnateur, la mission
observe qu’il améliore significativement la coordination et la qualité des soins dans les EHPAD
qui en bénéficient.
À titre d’exemple, lors de ses déplacements, la mission a ainsi constaté une hétérogénéité des
pratiques de prescription de la contention selon qu’il y a ou non présence d’un médecin
coordonnateur. Dans un établissement dans lequel celui-ci n’est présent qu’un jour par
semaine, les durées de prescription peuvent être allongées et les réévaluations sont peu
fréquentes. Dans trois autres structures au contraire, les deux médecins coordonnateurs, très
impliqués, réévaluent chaque semaine l’opportunité des contentions. Dans deux EHPAD
bénéficiant des services de MedCo conseil, la réévaluation de toutes les situations est réalisée
tous les mois par le médecin coordonnateur, lors d’une réunion pluridisciplinaire en distanciel.
Si ces modalités s’écartent de la procédure prévoyant une réévaluation hebdomadaire, la
mission a pu constater la rigueur de ce suivi qui peut se compléter de réévaluations plus
fréquentes de certaines situations à la demande de l’équipe soignante.
Au total, compte tenu des difficultés de recrutement de médecins coordonnateurs, la mission
estime que le recours à de tels services, dès lors qu’il est avéré que le recrutement d’un médecin
coordonnateur n’a pas été possible, permettrait d’améliorer l’accompagnement des résidents.
Cette pratique pourrait être mieux encadrée en élaborant un cahier des charges précisant les
conditions de réalisation de la prestation par les services de « télé médecine de coordination »
et en définissant précisément le contenu du contrat liant la société employeur du médecin
coordonnateur et l’EHPAD.
Six rapports d’inspection pointaient des dysfonctionnements importants dans le circuit du
médicament. Ces injonctions, levées depuis à une exception près, ont induit un engagement
du groupe vers une amélioration de la sécurisation du circuit du médicament. Ainsi, 29 des
35 EHPAD bénéficient de la préparation des doses à administrer (PDA), dispositif recommandé
car sécurisant la préparation et la distribution des médicaments. Un point majeur de non-
conformité reste la transcription non sécurisée des ordonnances dans le logiciel Titan. Ces
difficultés ne pourront se résoudre sans un renforcement notable de l’implication d’une part
des médecins traitants pour améliorer la dématérialisation de leurs prescriptions dans Titan
et d’autre part de certains médecins coordonnateurs.
Le groupe a généralisé, au prix d’une revalorisation de la fonction, la présence
d’infirmière de coordination dans ses EHPAD, à l’exception de quelques établissements de
petite taille où l’infirmier partage cette fonction de coordination avec un temps de soin
(cf. annexe ressources humaines).
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Un logiciel de soins et de tarification commun, Titan Groupe, a été progressivement
déployé dans l’ensemble des établissements. Ce logiciel métier est le support du dossier
médical et du dossier de soins des résidents. Il est l’outil central pour les transmissions entre
professionnels et la traçabilité des événements affectant l’accompagnement du résident. La
mission a pu constater dans les établissements visités un bon niveau d’appropriation du
logiciel métier par les professionnels. Fait notablement exception l’utilisation du logiciel par
les médecins traitants, ce qui conduit les infirmières, dans certains établissements dans
lesquels le médecin coordonnateur est peu disponible, à retranscrire les ordonnances sous
Titan, sans contrôle d’un médecin et en dehors de tout cadre légal. Ce même logiciel est
employé par le groupe pour uniformiser sa politique de tarification entre ses établissements
ainsi que contrôler l’évolution des prix d’hébergement appliqués aux résidents.
Le groupe s’efforce également de combler son retard dans la mise en conformité de ses
établissements avec le cadre légal et réglementaire destiné à garantir la qualité du
service aux résidents. Le taux de couverture de ses établissements par des contrats
pluriannuels d’objectifs et de moyens est encore faible (37 %) mais progresse et la conclusion
des CPOM fait partie des objectifs sur lesquels sera évaluée la performance des directeurs en
2023, conditionnant le montant de leur part variable. Il en est de même de l’élaboration des
projets d’établissement, qui précédent logiquement les CPOM : si dix établissements seulement
en sont dotés, tous l’ont mis en chantier.
La mission considère que des progrès doivent encore être accomplis pour structurer la
démarche qualité dans tous les établissements du groupe. La mise en œuvre du nouveau
cadre d’évaluation prévu par la loi du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la
transformation du système de santé15 est encore peu avancée. Six établissements ont fait
l’objet d’une évaluation externe, qui n’a pas été satisfaisante pour trois d’entre eux. La
préparation à cette évaluation a été laissée à la main des directeurs d’établissement, alors qu’il
s’agit d’une démarche nouvelle, mettant en œuvre une méthodologie très spécifique fondée
notamment sur le recueil d’éléments de preuve et des entretiens tant avec des résidents
qu’avec des professionnels. Les gains en efficacité liés à une démarche partagée dans le groupe
et à un pilotage centralisé sont évidents, mais la faiblesse des effectifs du siège qui y sont
consacrés et leur coordination insuffisante handicapent la capacité de pilotage du groupe dans
ce domaine. Toutefois, les directions médico-sociale et médicale vont dès janvier 2024
accompagner les EHPAD dans la préparation des futures évaluations externes.
La politique de bientraitance est également encore insuffisamment déployée et portée
par le groupe. Le déploiement de la politique de promotion de la bientraitance passe
notamment par la définition des modalités de sa mise en œuvre dans le projet d’établissement,
la mise en place de formations à la bientraitance et à la détection de la maltraitance et la
diffusion de procédures de signalement en cas de maltraitance. La mission note que les projets
d’établissement déjà établis comportent des formulations largement stéréotypées, faisant
craindre un défaut d’appropriation et que les formations à la bientraitance n’ont commencé à
être priorisées que depuis deux ans. Toutefois, les procédures de signalement des événements
indésirables existent, avec pour support le logiciel de soins Titan. Le degré d’appropriation de
cette procédure par les équipes est cependant difficile à déterminer au regard de son caractère
extrêmement récent. Lors des visites d’établissement, la mission a pu vérifier que les
personnels en connaissaient l’existence mais des rapports d’ARS récents soulignent encore la
méconnaissance du personnel de l’ensemble de la procédure. Ils relèvent par exemple
l’absence de retour d’expérience pourtant indispensable à l’évolution des pratiques. Certaines
de ces difficultés font écho au déficit de formation identifié.
15 Ce texte a fait évoluer l’évaluation de la qualité dans les ESSMS : la HAS a élaboré un référentiel commun à tous
les ESSMS et de nouvelles exigences pèsent sur les organismes évaluateurs, qui doivent notamment être accrédités
par le Comité français d'accréditation (COFRAC).
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- 15 -
Concernant l’expression des résidents et de leurs familles, la mission constate que les
conseils de la vie sociale sont mis en place dans la plupart des établissements, même si
quelques-uns font encore exception, et se réunissent régulièrement. Les principaux sujets
abordés concernent la restauration, l’animation et parfois les déficits en personnel. En
revanche, les supports de recueil des plaintes et réclamations sont parfois absents et la
traçabilité des réclamations formulées oralement n’est pas assurée, leur analyse en réunion
pluridisciplinaire restant par ailleurs l’exception (cf. annexe accompagnement des résidents).
Quel que soit le devenir du groupe Médicharme, la mise en œuvre par les EHPAD des mesures
correctives suites aux inspections mentionnées ci-dessus (cf. 2.1.3) comme des non-
conformités ou insuffisances relevées dans le présent rapport, doit faire l’objet d’un suivi
attentif par les directions d’établissement, sous la supervision des ARS et des départements.
2.2. Le reporting de la gestion des dotations publiques par le groupe, qui relève
d’un processus complexe et peu fiable, parait contestable
2.2.1. L’élaboration des ERRD, entièrement réalisée au siège, repose sur un
retraitement fastidieux de données de comptabilité générale imparfaitement
traduites en comptabilité M 2216
L’article 58 de la loi d’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015 a fait
évoluer les modalités de reporting budgétaire et financier des EHPAD, avec la transmission
d’un état des prévisions de recettes et de dépenses à compter du 1er janvier 2017. L’année
suivant l’état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD), l’établissement doit produire
un état réalisé des recettes et des dépenses (ERRD), justifiant l’emploi des fonds publics perçus.
Jusqu’à récemment, les établissements relevant du secteur privé lucratif étaient assujettis à des
obligations de reporting simplifiés (« EPRD et ERRD simplifiés »), mais doivent17, à compter de
l’exercice 2023, produire notamment des EPRD et ERRD « complets ». Ce reporting financier
répond à un double objectif de surveillance de la santé financière des EHPAD et de
justification de l’utilisation des dotations publiques. En effet, les dotations publiques
versées aux EHPAD ne peuvent être utilisées que pour les destinations prévues par la
réglementation18, c’est-à-dire :
les charges de personnel contribuant aux soins19 et à l’accompagnement de la
dépendance20 et les honoraires et frais liés à l’intervention de personnels contribuant à
l’accompagnement des soins et de la dépendance dans les établissements ;
les achats de produits médicaux ou de nettoyage, d’entretien et de protections ;
l’amortissement de certains matériels médicaux et petits équipements figurant sur une
liste fixée par arrêté.
De même, les excédents éventuels sur ces dotations ne peuvent être affectés qu’à des objets
précis.
16 Le plan comptable M22 a été élaboré afin de regrouper dans une nomenclature unique et spécifique, distincte de
la comptabilité hospitalière (M21), les mesures comptables et les dispositions budgétaires propres aux
établissements publics sociaux et médico-sociaux.
17 Cf. décret n° 2022-734 du 28 avril 2022 portant diverses mesures d'amélioration de la transparence financière
dans la gestion des ESSMS.
18 Cf. articles R314-166 et R314-176 du code de l’action social et des familles.
19 Aides-soignants, aides médico-psychologiques, aides, accompagnants éducatif et social, infirmiers diplômés et
professions médicales.
20 Auxiliaires de vie, psychologue, serveurs, plongeurs.
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Rapport
- 16 -
Les documents produits, qui servent de support au dialogue de gestion entre les
autorités de tarification et de contrôle (ATC) et les établissements sont réalisés pour
chaque EHPAD par une seule personne au siège21, mais sont signés par chaque directeur
d’établissement, eux-mêmes responsables des données transmises, alors qu’ils ne sont pas
chargés de leur élaboration. Le processus d’établissement des ERRD est complexe : il conduit
à traduire dans le cadre comptable M22 les éléments issus de la comptabilité générale des
établissements. En l’absence de tout cadre national, cette opération s’appuie sur une table de
correspondance ad hoc. Cette méthodologie est à la fois fastidieuse et peu fiable, la
multiplicité des opérations de consolidation manuelles étant potentiellement sources
d’erreurs.
La mission s’est attachée à examiner la construction de l'ERRD de deux établissements,
afin d’analyser la robustesse et la réplicabilité du processus, ainsi que son auditabilité.
Pour ce faire, la mission a choisi d’appliquer, étape par étape, la méthodologie déployée par le
groupe Médicharme. Ces travaux font apparaitre des écarts entre les données transmises dans
les ERRD 2022 et les balances des comptes du même exercice qui, même s’ils ne semblent pas
intentionnels et portent sur de faibles montants, confirment les problèmes de fiabilité du
reporting effectué. (cf. annexe comptabilité et utilisation des fonds publics). Le contrôle par les
autorités de tarification de la correcte imputation des dépenses aux différentes sections
nécessite un travail de vérification long et fastidieux pour lequel elles ne sont pas, aujourd’hui,
équipées et dont la pertinence se heurte à l’impossibilité pour les ARS et les départements de
reprendre les éventuels excédents.
2.2.2. Le reporting RH de l’annexe activité de l’ERRD et le tableau des effectifs et des
rémunérations semblent pilotés pour minimiser les excédents sur les dotations
soins et dépendance
Le mode de financement tripartite retenu avant la loi de 2015 comportait une clef de
répartition du financement des dépenses de personnel, entre département (forfait
dépendance), ARS (forfait soins) et établissement (forfait hébergement), qui fonctionnait de la
manière suivante :
les départements finançaient 30 % des dépenses de personnel liées à la dépendance
(ASH) contre 70 % pour le forfait hébergement ;
l’assurance maladie, via les ARS, finançait 70 % du personnel soignant (AS et personnel
médical) via le forfait soins contre 30 % pour les départements, via le forfait dépendance.
Depuis la réforme de 201522, il n’existe plus de clefs de répartition impératives, mais les
dépenses correspondantes doivent continuer à être affectées « concurremment » aux
différentes dotations, selon leur finalité (soins, dépendance, hébergement).
Médicharme décrit, dans le reporting EPRD /ERRD, l’imputation de ses charges
salariales entre les différentes enveloppes. Il apparait que ces clefs sont, dans la plupart
des cas, définies arbitrairement, et parfois fixées pour maximiser la consommation des
dotations publiques. En effet, le groupe, comme l’ensemble du secteur, fait face à des
difficultés pour recruter du personnel soignant, et pallie celles-ci en confiant des fonctions de
soins à des catégories de personnel n’ayant pas vocation à les exercer (ASH faisant fonction
d’aide-soignant - AS). Or la masse salariale des ASH ne peut pas, réglementairement, être
imputée sur l’enveloppe soins, qui est sous-consommée du fait de la difficulté de recruter des
AS diplômés.
21 Le « responsable projets finance et comptabilité ».
2222 Et le décret n° 2016-1814 du 21 décembre 2016.
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Rapport
- 17 -
Pour réduire cette sous-consommation, Médicharme dispose d’un tableau nommé
« suivi avancement ERRD 2022 » qui retrace l’ajustement des clefs de répartition
effectué par le groupe et son effet sur la consommation des différentes enveloppes. Cet
outil fait apparaitre des clefs de répartition atypiques dans plus de la moitié des
établissements, avec des cas extrêmes dans cinq établissements pour lesquels :
80 % à 99 % de la masse des ASH est imputée sur l’enveloppe dépendance financée par
le département et seulement 1 % à 20 % - contre 70 % selon la clef « historique » - sur la
section hébergement financée par le groupe via la tarification de l’hébergement ;
97 % à 99 % de la masse salariale des AS est imputée sur l’enveloppe soin financée par
l’assurance-maladie et seulement 1 % à 3 % - contre 30 % selon la clef « historique » -
sur la section dépendance financée par le département23.
Interrogé par la mission, le groupe a indiqué que, par application de l’article R. 314-176 du
code de l’action sociale et des familles (CASF), la répartition des charges doit être faite
« concurremment » entre les différentes enveloppes, avec un « décloisonnement [des] taux
applicables ». Le groupe n’a pas justifié les taux retenus dans les ERRD, par exemple sur le
fondement des emplois du temps des personnels concernés. La mission estime que si la
réglementation offre effectivement la faculté aux opérateurs de répartir le financement
de la masse salariale entre les différents financeurs, selon des taux qu’ils déterminent
eux-mêmes, ces taux ne peuvent pas être arbitraires, voire pilotés pour réduire la
constitution d’excédents. Faute d’être justifiables, ou même parfois vraisemblables, ils
privent de sens le reporting financier, y compris le montant des excédents éventuels, et
par conséquent le contrôle de l’utilisation des dotations publiques.
2.2.3. Les excédents sur dotations publiques et les crédits non reconductibles (CNR)
sont traités dans la comptabilité des établissements comme totalement libres
d’emploi, c’est-à-dire comme fonds propres librement distribuables en
dividendes
Les dispositions de la loi ASV mettent fin à la possibilité pour l’autorité de tarification
de reprendre les résultats, que l’établissement soit passé en contrat pluriannuel d’objectifs
et de moyens (CPOM) ou qu’il soit en attente de CPOM en demeurant financé sur la base des
anciennes conventions tripartites24. S’ils ne peuvent être repris, les résultats doivent
néanmoins être affectés conformément aux dispositions du CASF25. Les autorités
tarificatrices peuvent en outre toujours rejeter des dépenses « manifestement étrangères, par
leur nature ou par leur importance, à celles qui avaient été envisagées lors de la procédure de
fixation du tarif, et qui ne sont pas justifiées par les nécessités de la gestion normale de
l'établissement ou du service. »26.
Sur la période 2020-2022, le suivi des ERRD du groupe Médicharme permet d’identifier,
pour l’ensemble de ses établissements, 8 M€ d’excédents cumulés sur les forfaits soins
et dépendance. Ces excédents sont la conséquence de difficultés de recrutement d’aides-
soignants. La mission n’a pas identifié, au moins sur la période la plus récente, de stratégie
délibérée de maximisation des résultats par une contrainte sur les recrutements (cf. 2.2.2).
23 On pourrait en déduire que la sur-imputation de la masse salariale des ASH sur le financement départemental est
en quelque sorte compensée par une sous imputation des AS sur la même enveloppe.
24 Cf. articles R. 314-210 à 244 du code de l’action sociale et des familles.
25 Cf. article R. 314-234et article R. 314-244 du CASF.
26 Cf. article R. R314-236 du CASF.
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Rapport
- 18 -
Au regard du cadre juridique applicable depuis 2017 aux excédents issus des forfaits soins et
dépendance, les excédents réalisés par les EHPAD du groupe Médicharme demeurent à la
disposition du groupe qui doit, cependant, respecter leurs modalités d’affectation
réglementaires. Toutefois, la nature des excédents issus des forfaits soins et dépendance ne fait
pas l’objet d’une doctrine partagée entre d’une part établissements à but lucratif et d’autre part
ARS et départements, notamment en ce qui concerne leur suivi et leur affectation en
comptabilité générale.
Du fait qu’ils ne sont plus récupérables par les ATC depuis la réforme de 2017, les excédents
soins et dépendance des établissements ne sont pas considérés par le groupe et ses
commissaires aux comptes comme des produits constatés d’avance ou comme des dettes, mais
comme des produits certains, fongibles dans le résultat de chaque établissement.
Ainsi, malgré les demandes de la mission, le groupe n’a pu fournir à la mission d’écritures
comptables permettant de justifier la bonne affectation en report à nouveau des excédents, ou
encore leur non-utilisation par le groupe pour des dépenses non prévues règlementairement
(dividendes par exemple). Leur suivi réalisé via les ERRD, non traduit en comptabilité
générale, ne s’adresse donc qu’aux ARS et aux départements et l’objectif de l’ERRD de
pouvoir contrôler la conformité règlementaire de leur usage apparait compromis.
Des observations similaires peuvent être faites s’agissant du suivi et de l’affectation des
crédits non reconductibles (CNR). En effet, ceux-ci n’ont pas été consommés intégralement,
mais leur affectation n’est pas suivie dans la comptabilité générale des établissements27. Là
encore, le reporting budgétaire réalisé ne s’inscrit pas dans une réalité comptable du
groupe permettant de s’assurer du bon usage de ces financements.
3. Les pouvoirs publics ne disposaient pas des outils permettant
d’anticiper la dégradation de la situation financière de Médicharme,
qui résulte à la fois de facteurs exogènes et endogènes
3.1. Un retraitement excluant les activités immobilières du groupe fait
apparaitre une exploitation déficitaire depuis 2019, certains
établissements se trouvant désormais dans une situation critique
Le chiffre d’affaires du groupe Médicharme (156 M€ en 2022) peut être décomposé en
deux grands types d’activités :
l’exploitation d’EHPAD, dont le chiffre d’affaires (CA) se subdivise lui-même entre
les revenus tirés :
des prestations d’hébergement, comprenant la mise à disposition et l’entretien
des chambres des résidents (CA 2022 : 44 M€, soit 28 % du CA total et 50 % du CA
hors immobilier) ;
des prestations de soins financées par l’assurance-maladie, c’est-à-dire le
suivi sanitaire et médical des résidents (CA 2022 : 34 M€ soit 22 % du CA total et
38 % du CA hors immobilier) ;
des prestations de dépendance financées par le département, comprenant
l’aide, la surveillance et l’assistance pour l’accomplissement des actes de la vie
quotidienne (CA 2022 : 11 M€ soit 7 % du CA total et 12 % du CA hors
immobilier) ;
27 Ces montants devraient être portés au compte 487 « produits constatés d’avance » de la comptabilité générale.
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Rapport
- 19 -
la revente des chambres d’EHPAD acquises dans le cadre de la croissance externe du
groupe (CA : 67 M€ en 2022, 43 % du CA total).
L’excédent brut d’exploitation (EBE), solde intermédiaire de gestion proche de la notion
d’Ebitda retraçant la capacité du groupe à générer de la trésorerie à partir de son exploitation,
est positif depuis 2019, ressortant en moyenne à 14,5 M€. Toutefois, le calcul de l’EBE
comprend l’activité d’achat-vente d’immobilier, qui n’est pas, par nature, associée à
l’exploitation d’EHPAD et n’est pas pérenne. En effet, elle ne peut se poursuivre que dans le
contexte d’une croissance externe dynamique, permettant d’acquérir de nouveaux EHPAD afin
d’en vendre les murs.
Par conséquent, pour mieux approcher la réalité de l’exploitation du groupe, la mission a
calculé un « EBE hors immobilier », en retranchant le revenu lié aux activités immobilières
s’agissant des produits et les dépenses liées aux achats immobiliers s’agissant des charges. Le
calcul de l’EBE hors immobilier fait apparaitre que l’exploitation est en réalité
déficitaire depuis 2020 (cf. graphique 3), avec un taux d’EBE hors immobilier rapporté
au CA hors immobilier qui n’a cessé de se dégrader pour atteindre - 11 % en 2022. En
outre, un changement de norme comptable intervenu en 2019 exclut la plupart des loyers du
calcul d’EBE/EBITDA. Si l’on réintégrait les charges de loyers dans le calcul d’EBITDA,
l’exploitation serait en réalité déficitaire sur l’ensemble de la période.
Graphique 3 : Évolution de l’EBE du groupe Médicharme entre 2019 et 2022
Source : Comptes consolidés du groupe Médicharme depuis 2018 ; Mission.
L’examen de la situation financière des 27 sociétés regroupant les 32 EHPAD en activité
du groupe confirme une situation très déséquilibrée de la majorité des établissements
que l’on peut classer en trois catégories en fonction de la gravité des difficultés
financières (cf. tableau 2 ) :
quatre sociétés ont un EBITDAR, c’est-à-dire un excédent brut d’exploitation avant
paiement des loyers, négatif ; sur l’ensemble du périmètre, l’EBITDAR est de 16 % ;
neuf sociétés ont un EBITDA28 avant paiement des coûts centraux (« management
fees » facturés par le siège) négatif, sur l’ensemble du périmètre, la marge d’EBITDA
hors coûts centraux est de seulement 3 % ;
28 EBITDA calculé selon une méthodologie pré-IFRS 16, c’est-à-dire intégrant les loyers comme des charges
d’exploitation.
8%
-4% -6% -11% -20%
-10%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
-15
-10
-5
0
5
10
15
20
25
30
2019 2020 2021 2022
Millions
Excédent brut
d'exploitation
EBE hors immobilier
(calcul mission)
Marge EBE hors
immobilier (calcul
mission)
Marge d'excédent brut
d'exploitation
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Rapport
- 20 -
vingt sociétés (près des trois quarts) ont un résultat net négatif après imputation
des loyers, des charges financières et des frais de siège29.
De premiers calculs réalisés par la mission sur l’évolution de la situation financière des EHPAD
privés lucratif montrent une nette dégradation de leurs résultats depuis l’année 2020. Les
difficultés du groupe, et en particulier de ses petits établissements, qui se sont accentuées
concomitamment avec les démarches d’amélioration de l’accompagnement des résidents
engagées par la nouvelle direction de Médicharme, posent la question de la soutenabilité du
modèle économique du secteur.
29 Parmi celles-ci, une société (les chênes verts) aurait eu, hors résultat exceptionnel d’environ 11 M€, un résultat
net négatif.
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Rapport
- 21 -
Tableau 2 : Principaux indicateurs financiers des EHPAD en activité du groupe Médicharme (année 2022)
Établissement Lits TO CA Personnel %
CA EBITDAR Marge % Loyers
Tiers % CA EBITDA
hors MF Marge % Management
fees (MF) % CA RESULTAT
NET
Résidence Saint Georges 110 91 % 4 580 (2 062) 45 % 1 417 31 % (707) 15,4 % 722 16 % (409) 8,9 % 238
Oreadis 24 58 % 1 302 (735) 57 % 146 11 % (115) 8,8 % 31 2 % (115) 8,8 % (199)
Les châtaigniers 50 64 % 1 749 (1 320) 75 % (226) -13 % (305) 17,5 % (532) -30 % (154) 8,8 % (1 212)
La Croix du sud 95 77 % 3 112 (1 912) 61 % 393 13 % (342) 11,0 % 49 2 % (274) 8,8 % (213)
La Madrague 47 91 % 1 704 (1 114) 65 % 57 3 % (119) 7,0 % 126 7 % (174) 10,2 % (82)
Meissel et AERIA 142 100 % 6 893 (3 395) 49 % 1 773 26 % (763) 11,1 % 688 10 % (561) 8,1 % 36
L'Elvody 46 93 % 2 270 (1 207) 53 % 561 25 % (389) 17,1 % 131 6 % (203) 8,9 % (172)
Le Beau site 40 88 % 1 781 (1 104) 62 % 211 12 % (138) 7,7 % 73 4 % (157) 8,8 % (118)
La vallée du Bandiat 40 95 % 1 566 (970) 62 % 128 8 % (219) 14,0 % (6) 0 % (153) 9,8 % (215)
Viteal - les Mimosas 57 96 % 3 137 (1 706) 54 % 646 21 % (625) 19,9 % 21 1 % (277) 8,8 % (270)
La maison de Thérèse 26 85 % 1 389 (696) 50 % 245 18 % (128) 9,2 % 117 8 % (123) 8,8 % 6
La Juvenie 47 81 % 2 266 (1 367) 60 % 177 8 % (167) 7,4 % (68) -3 % (212) 9,4 % (291)
Les Chênes verts 69 97 % 3 357 (1 942) 58 % 710 21 % (403) 12,0 % 307 9 % (703) 21,0 % 7 855
Les Genévriers 82 98 % 4 006 (2 313) 58 % 285 7 % (511) 12,7 % (247) -6 % (383) 9,6 % (244)
Résidence Zoppola
résidence de Beurre
résidence du Lac
136 98 % 6 572 (4 002) 61 % 769 12 % (1 101) 16,7 % (270) -4 % (609) 9,3 % (1 663)
Les Quatre saisons 40 100 % 1 946 (1 105) 57 % 426 22 % (286) 14,7 % 141 7 % (172) 8,8 % (97)
Seuil d'Argonne - Souilly
Pierrefitte-sur-Aire 109 93 % 4 914 (2 507) 51 % 1 256 26 % (880) 17,9 % 376 8 % (433) 8,8 % (184)
Le Champ de la dame 84 87 % 4 292 (2 259) 53 % 1 234 29 % (677) 15,8 % 692 16 % (398) 9,3 % 191
Les Feuillantines 54 87 % 2 536 (2 060) 81 % (187) -7 % - 0,0 % (242) -10 % (188) 7,4 % (655)
Résidence de France 84 88 % 4 090 (1 954) 48 % 1 262 31 % (447) 10,9 % 762 19 % (361) 8,8 % 290
Villa Claudine 36 100 % 1 540 (886) 57 % 331 22 % (240) 15,6 % 132 9 % (143) 9,3 % (55)
Les Airelles 28 100 % 1 433 (1 025) 72 % (7) -1 % (165) 11,5 % (179) -13 % (126) 8,8 % (903)
Les Jardins d'Aiffres 39 87 % 1 930 (1 163) 60 % (277) -14 % (564) 29,2 % (841) -44 % (196) 10,2 % (1 100)
Au Bon Accueil 24 96 % 1 104 (692) 63 % 108 10 % - 0,0 % 34 3 % (100) 9,0 % (211)
Les Jardins de Sainte Baume 85 98 % 3 877 (2 253) 58 % 752 19 % (763) 19,7 % (10) 0 % (342) 8,8 % (541)
Les Amis des ainés 19 100 % 936 (435) 46 % 278 30 % - 0,0 % 215 23 % (83) 8,8 % (65)
La Bastide du Luberon 92 95 % 4 809 (3 223) 67 % 564 12 % (359) 7,5 % 205 4 % (942) 19,6 % 2 094
Total 1705 N.A. 79 091 (45 407) 57 % 13032 16 % (10413) 13 % 2427 3 % (7991) 10 % 2220
Source : Médicharme.
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- 22 -
Les autorités de tarification étaient doublement dans l’incapacité d’anticiper ces
difficultés :
les modalités de reporting financier des établissements privés lucratifs ne
permettent pas :
de reconstituer le compte de résultat des établissements car, jusqu’en 2022,
ils ne comportaient pas les données financières de la section hébergement, non
financée sur dotation publique et représentant de l’ordre de 50 % des recettes de
ces établissements ;
d’avoir une vision consolidée de la situation financière des groupes,
comprenant les holdings porteuses de l’endettement financier, car le reporting est
réalisé à la maille des établissements, auxquels il n’est pas demandé de rapporter
leur rattachement à un groupe.
elles ont indiqué à la mission ne pas disposer des informations, des outils, des
compétences et des effectifs nécessaires pour procéder à l’analyse de la situation
financière des établissements sous leur tutelle et permettre des comparaisons
avec l’ensemble du secteur.
3.2. La situation financière du groupe s’explique d’une part par une baisse
d’activité ayant touché l’ensemble du secteur…
Les EHPAD bénéficiaient, à la fin des années 2010, de taux d’occupation30 élevés : 96,4 %
en 2018 et 2019 d’après la CNSA et le rapport d’évaluation des politiques de sécurité sociale
autonomie consacré à l’autonomie31 (« REPSS autonomie ») annexé au projet de loi de
financement de la sécurité sociale 2022. Ce taux a commencé à chuter à 94 % en 2020, pour
atteindre 88,4 % en 2021.
La crise sanitaire est la principale cause de cet effondrement : l’épidémie a entrainé de
nombreux décès parmi les résidents de ces établissements et les personnes âgées susceptibles
d’en devenir les clients. La baisse brutale des taux d’occupation provoquée par l’épidémie
de Covid-19 a été amplifiée par le dommage réputationnel déclenché par l’affaire Orpéa,
compromettant le redressement rapide de l’activité de ces établissements.
Cette baisse générale de l’activité n’a pas épargné le groupe Médicharme, dont le taux
d’occupation est passé de 95,7 % en 2019, à 95,2 % en 2020 et 85,7 % en 2021, avant de
commencer à se redresser à 89,1 % en 2022. Le groupe a tenté d’y remédier en ayant
recours aux services de deux sociétés de placement mettant en relation des familles en
recherche d’établissement et des EHPAD, mais cette stratégie a eu un coût important
pour le groupe, plus de 930 000 € en trois ans, en forte progression sur la période
(477 000 € pour la seule l’année 2022 – cf. annexe tarification et facturation du
groupe Médicharme vis à vis des résidents).
En plus de ces deux chocs, le secteur est confronté à des défis plus structurels :
le recul de l’âge moyen et de l’âge moyen à l’entrée des résidents des EHPAD
(cf. tableau 3) : avant la crise sanitaire, l’âge moyen d’entrée dans les EHPAD privés
lucratifs avait déjà reculé de 4 mois entre 2015 et 2019, passant de 86 ans et 5 mois à
86 ans et 9 mois ;
30 Le taux d’occupation est le rapport entre le nombre de résidents et le nombre de places disponibles.
31 Le REPSS est élaboré par la Direction de la sécurité sociale, en collaboration avec l’ensemble des institutions et
régimes partenaires qui produisent les données statistiques et financières (CNAM, CNAV, CNSA, DREES).
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- 23 -
l’accroissement du niveau moyen de dépendance des résidents : le GIR32 moyen
pondéré (GMP) des EHPAD passe ainsi de 696 en 2015 à 705 en 2019 (cf. graphique 4).
Tableau 3 : Évolution de l’âge moyen et de l’âge moyen à l’entrée des résidents des EHPAD entre
2015 et 2019
Catégorie d’établissement
Âge moyen à l'entrée Âge moyen
2015 2019 Évolution 2015 2019 Évolution
Ensemble des EHPAD 85 ans et 8
mois
85 ans et
11 mois +3 mois 86 ans et 5
mois
86 ans et
10 mois +5 mois
EHPAD privés à but lucratif 86 ans et 5
mois
86 ans et 9
mois +4 mois 87 ans et 6
mois
88 ans et 1
mois +7 mois
EHPAD privés à but non
lucratif
85 ans et 7
mois
85 ans et
11 mois +4 mois 86 ans et 8
mois 87 ans +4 mois
EHPAD publics 85 ans et 3
mois
85 ans et 6
mois +3 mois 85 ans et
10 mois
86 ans et 3
mois +5 mois
EHPAD publics hospitaliers 84 ans et 9
mois 85 ans +3 mois 84 ans et
11 mois
85 ans et 5
mois +6 mois
EHPAD publics non hospitaliers 85 ans et 8
mois
85 ans et
10 mois +2 mois 86 ans et 5
mois
86 ans et
10 mois +5 mois
Source : DREES, Études et résultats n° 1237 (juillet 2022), Études et résultats n° 1015 (juillet 2017).
Graphique 4 : Évolution de la répartition des résidents en EHPAD par GIR entre 2015 et 2019
Source : DREES, Études et résultats n° 1237 (juillet 2022).
3.3. … et d’autre part par une augmentation des charges inhérentes à la
stratégie du groupe
Alors que l’activité du groupe stagnait, voire reculait, comme dans l’ensemble du secteur, sous
l’effet des différents chocs (pandémie, image) et des difficultés structurelles évoquées supra, la
part de ses principales charges dans le chiffre d’affaires « hors immobilier » a continué à croitre
ou à se maintenir à un niveau élevé. Comme indiqué dans le graphique 5, entre 2019 et
2022, période pendant laquelle le groupe a triplé de taille en nombre de lits (en avril
2019, le groupe comptait 600 lits, contre 1 837 fin février 2022) :
32 Le GIR (groupe iso-ressources) est un indicateur du niveau de dépendance de la personne (le GIR 1 correspondant
aux situations de dépendance les plus élevées et le GIR 6 aux dépendances les plus légères) ; les personnes classées
en GIR 1 à 4 peuvent bénéficier de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).
0,0%
5,0%
10,0%
15,0%
20,0%
25,0%
30,0%
35,0%
40,0%
45,0%
GIR 1 GIR 2 GIR 3 GIR 4 GIR 5 GIR 6
2015
2019
-- 31 of 338 --
- 24 -
les charges de personnel rapportées au chiffre d’affaires (CA) se sont accrues de
11 points, passant de 56 % du CA à 67 % du CA ; elles incluent les charges de personnel
du siège, dont la part dans le CA s’est accrue de 2 points au lieu de diminuer à mesure
que le groupe s’agrandissait ;
les charges associées aux achats de denrées et autres rapportées au CA ont
augmenté de 9 points, passant de 13 % du CA à 22 % du CA ;
les charges de loyers rapportées au CA ont augmenté de 7 points, passant de 8 % à
15 % du CA33, à la suite de l’externalisation progressive de l’immobilier par le groupe
(celle-ci a suivi le rythme des acquisitions avec un décalage de 12 à 18 mois en raison
des délais de commercialisation des chambres) ;
les intérêts de la dette financière (c’est-à-dire hors intérêts sur obligations
locatives) rapportés au CA ont cru de 2 points, passant de 8 % à 10 % du CA.
Graphique 5 : Évolution de certaines charges du groupe Médicharme
Source : Comptes consolidés du groupe Médicharme depuis 2018 ; Mission.
La progression du taux de ces charges rapporté au CA s’explique en partie par un effet
dénominateur : le CA réalisé est inférieur au CA potentiel du groupe, avec la baisse
d’environ 7 points du taux d’occupation entre 2019 et 2022. Néanmoins, même en neutralisant
cet effet, ces taux augmentent fortement :
la progression des charges de loyers et des charges financières est imputable à la
stratégie de croissance du groupe (cf. 1.2.) ;
l’accroissement des charges de personnel s’explique par :
le poids des rémunérations du siège ;
la politique volontariste de recrutement de la nouvelle équipe dirigeante sur
l’ensemble des fonctions au sein des établissements (cf. 2.1) s’inscrivant dans le
cadre du redressement opérationnel du groupe ;
l’accroissement général du niveau des rémunérations (Ségur, inflation …) dans un
contexte de difficultés de recrutement ;
La structure du groupe, qui comporte de petits établissements dans lesquels
certaines dépenses de personnels sont incompressibles (personnel de nuit,
cuisiniers etc.).
33 Ces charges ont été reconstituées post IFRS 16 en faisant la somme du montant de la dotation aux amortissements
des droits d’utilisation des immeubles et du montant des intérêts sur obligations locatives (cf. annexe
fonctionnement, situation et modèle économique du groupe Médicharme).
56%
67%
13%
22%
8% 10% 9% 15%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
2019 2020 2021 2022
Charges de personnel
Achats de denrées et
autres
Intérêts sur dette
financière
Immobilier (loyers)
-- 32 of 338 --
- 25 -
La baisse de l’activité et donc des produits du groupe, couplée à l’accroissement de ses
charges, a conduit celui-ci à une situation critique. Lors du contrôle, son exploitation
courante entraînait une consommation mensuelle de liquidité de l’ordre de 1,5 M€, qui devrait
entrainer une impasse de trésorerie au printemps 2024. La direction de Médicharme a par
conséquent engagé une procédure de « prepack cession34 » (cf. supra).
4. L’analyse des difficultés du groupe Médicharme met en évidence
certaines faiblesses de la politique publique d’accueil des personnes
âgées dans les EHPAD à but lucratif
4.1. Le financement de la croissance des groupes d’EHPAD par la vente à la
découpe des chambres à des particuliers menace la soutenabilité de leur
modèle économique et expose les investisseurs à des risques financiers
4.1.1. La vente de chambres à la découpe menace la soutenabilité du modèle
économique des EHPAD et compromet leur capacité à se restructurer
Certains groupes d’EHPAD ont financé leur croissance en vendant les chambres à la
découpe (cf. 1.2.). Cette stratégie, en plus d’être potentiellement assez coûteuse, pèse
sur leur capacité de transformation ou de redressement de leur modèle économique :
ces cession-bail ont pour effet de faire financer la croissance externe du groupe
directement par le résultat futur des établissements, au travers d’un loyer35 qui pèse à
hauteur de près de 15 % de leur chiffre d’affaires ;
les baux, conclus pour une durée de 12 à 18 ans, figent la destination des murs, puisque
la société d’exploitation s’est engagée, pour cette durée, à payer des loyers élevés,
interdisant de facto tout rapprochement d’établissements ou relocalisation de l’activité,
la société devant sinon payer des loyers pour des locaux vides en sus de l’investissement
réalisé dans de nouveaux locaux.
Ces modalités de financement privent ainsi les groupes d’EHPAD de la possibilité de
réaliser des optimisations structurelles, telles que le regroupement de petits
établissements36, et sont susceptibles de compromettre leur restructuration financière.
Dans le cas de Médicharme, les établissements sont débiteurs de loyers auprès de centaines de
co-propriétaires de chambres d’EHPAD, ce qui rend par ailleurs leur renégociation dans le délai
contraint de la procédure de prepack cession très incertaine.
34 Il s'agit, dans le cadre d'une conciliation, et à la demande du débiteur, de préparer une cession totale ou partielle
qui pourra être mise en place dans le cadre d'une procédure collective ultérieure (article L. 611-7 du code de
commerce). Le prepack cession permet de réduire au maximum le délai de mise en œuvre du plan de cession et
préserve la confidentialité de l’opération.
35 Au lieu de faire porter un endettement financier par une holding susceptible d’être restructurée.
36 À l’exception du rapprochement de l’établissement « les Charmilles », en cours de fusion avec les Jardins d’Aiffres.
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- 26 -
4.1.2. Les particuliers investissant en LMNP prennent des risques qu’ils ne mesurent
sans doute qu’imparfaitement
Les investisseurs particuliers réalisent une opération complexe : celle-ci est
juridiquement une transaction immobilière mais présente les caractéristiques
économiques d’un prêt avec un taux d’intérêt implicite comportant une composante fixe et
une composante variable. En effet, certains biens immobiliers cédés n’ont qu’une faible valeur
intrinsèque37. Le montant de la transaction dépend donc essentiellement des cash flows que
représentent les loyers versés par l’exploitant pendant la durée du bail. Les investisseurs sont
ainsi exposés à plusieurs risques.
En premier lieu, les particuliers s’exposent à un risque de contrepartie : l’opération
s’analysant économiquement comme un prêt, le risque principal est que la contrepartie du
prêt, la société d’exploitation d’EHPAD, preneur du bail, soit défaillante et entre en procédure
collective. Dans une telle hypothèse :
en l’absence de repreneur, les loyers ne sont plus versés et la valeur de la chambre
d’EHPAD, qui dépendait de ces versements, peut être quasiment nulle (en fonction de sa
localisation) ;
en cas de reprise des actifs sans reprise de la personne morale partie au contrat de bail,
un nouveau contrat de bail doit être signé avec le nouveau preneur du bail, qui n’a aucune
incitation à maintenir les loyers élevés consentis initialement en contrepartie de l’apport
de liquidités.
Dans une telle situation, l’acheteur / bailleur peut perdre la quasi-intégralité du capital
engagé. Si son acquisition a été financée pour tout ou partie par un prêt bancaire, le particulier
peut se trouver avec un montant à rembourser supérieur à la valeur de sa chambre d’EHPAD.
Les acquéreurs peuvent également, en deuxième lieu, surestimer la valeur terminale de
leur investissement, déterminée par plusieurs paramètres dont le contrôle leur
échappe :
le maintien de l’exploitation d’un EHPAD à l’issue du bail, qui dépend elle-même à la
fois de la volonté de l’exploitant de poursuivre son activité dans le même bâtiment et de
sa capacité à conserver ou renouveler ses autorisations administratives ;
les stipulations du nouveau contrat de bail à passer avec l’exploitant (durée, niveau
des loyers, modalités de leurs révisions), probablement moins favorables que celles du
contrat initial, obtenues en contrepartie d’un apport de liquidités38.
Cette valeur terminale est pourtant essentielle pour calculer le taux de rentabilité
interne (TRI) de cet investissement. À titre d’exemple, si la valeur terminale du bien
subit une décote de 33 % (ce qui semble un cas de figure non exceptionnel), le TRI de cet
investissement atteint 2,7 %. Si la valeur terminale subit en revanche une décote de
100 %, c’est-à-dire par exemple si le bail n’est pas renouvelé pour une raison évoquée
supra, le TRI de l’opération est négatif (- 11,4 %).
37 C’est le cas notamment des chambres d’EHPAD isolés en territoire rural.
38 la valeur terminale du bien dépend, comme sa valeur initiale, du montant des loyers versés par l’établissement.
Or il parait peu probable que le contrat de bail renégocié prévoit des loyers aussi élevés que le contrat initial, dès
lors qu’au renouvellement du bail, le bailleur n’apporte pas les liquidités correspondant à l’acquisition de la chambre
lors du contrat initial. La valeur terminale de l’investissement est ainsi presque certainement décotée, à hauteur de
la réduction des loyers renégociés.
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- 27 -
Enfin, l’investisseur particulier peut, le cas échéant, s’exposer à d’autres risques :
dégradation du bien dont les travaux de maintenance, rénovation et entretien sont à la charge
du preneur, survenance de « grosses réparations » au sens de l’article 606 du code civil39 à la
charge du bailleur, etc.
Pour répondre aux enjeux de bonne compréhension du risque afférent à l’investissement
réalisé, la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la
corruption et à la modernisation de la vie économique, dite « loi Sapin 2 », a introduit un article
L. 122-23 du code de la consommation assujétissant la publicité pour certains
investissements locatifs à des obligations renforcées. Ainsi, la publicité pour les opérations
ouvrant droit aux dispositifs fiscaux prévus aux articles 199 tervicies40, 199 sexvicies41
et 199 novovicies42 du code général des impôts doit permettre « raisonnablement de
comprendre les risques afférents à l'investissement ». Avec la mise en extinction du
« Censi-Bouvard », ces dispositions ne seront toutefois plus applicables aux acquisitions
de chambre d’EHPAD en LMNP.
En conclusion, cette modalité de financement de la croissance des groupes constitue un
obstacle sérieux aux opérations de regroupement d'établissements et plus
généralement à la mise en œuvre d'une politique publique de restructuration du
secteur. Elle fait, en outre, peser des risques financiers sur les particuliers sans qu’ils en
aient pleinement conscience.
Proposition n° 4 : Examiner la possibilité d’interdire la vente à la découpe des chambres
d’EHPAD.
4.2. La portée des règles applicables en matière d’autorisation administrative
d’exploitation d’EHPAD pourrait être clarifiée
L’article L. 313-1 du code de l’action sociale et des familles prévoit que la création d’un
établissement médico-social est soumise à autorisation. Pour les EHPAD, cette
autorisation est délivrée par l’agence régionale de santé et le conseil départemental. Le même
article soumet à l’accord des mêmes autorités la cession d’une telle autorisation, celles-
ci devant s’assurer que le cessionnaire pressenti remplit les conditions pour gérer
l'établissement. Cet article impose également d’informer les autorités compétentes de
« tout changement important dans l'activité, l'installation, l'organisation, la direction ou
le fonctionnement d'un établissement ou d'un service soumis à autorisation », sans préciser ce
qu’est un changement important au sens de ces dispositions. Par ailleurs, l’article L. 313-1-1
du même code soumet à autorisation « les projets, y compris expérimentaux, de création, de
transformation et d'extension d'établissements ou de services sociaux et médico-sociaux ».
La mission s’interroge sur la portée et les modalités du contrôle susceptible d’être
exercé par les autorités compétentes, selon la forme juridique que prend le changement de
gestionnaire de l’EHPAD.
39 Art. 606 du code civil : « les grosses réparations sont celles des gros murs et des voûtes, le rétablissement des poutres
et des couvertures entières. Celui des digues et des murs de soutènement et de clôture aussi en entier. Toutes les autres
réparations sont d'entretien. »
40 Réduction d'impôt dite « Malraux » (dépenses liées à la restauration complète de certains immeubles classés).
41 Réduction d'impôt dite « Censi-Bouvard » (cf. encadré 2 de l’annexe fonctionnement, situation et modèle
économique du groupe Médicharme).
42 Réduction d'impôt dite « Denormandie ancien » (dépenses liées à l’acquisition d’un logement vide à rénover dans
certaines zones).
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- 28 -
Si les autorités compétentes doivent donner leur accord préalable lorsqu’une société
envisage de céder l’autorisation d’exploiter un EHPAD, il en va différemment lorsque
cette société est elle-même cédée, avec l’intégralité de son actif incluant les autorisations, à
une autre entité. Une telle opération, qui ne parait pas être soumise à autorisation, pourrait
toutefois, le cas échéant, être qualifiée de « changement important » et faire l’objet à ce titre
d’une information des autorités, dans un délai et sous une forme qui ne sont pas précisés.
Le groupe Médicharme, par exemple, a généralement acquis les actions ou parts sociales des
sociétés d’exploitation d’EHPAD. Dès lors qu’il n’y a pas eu changement de la personne
détentrice de l’autorisation, il n’y a pas eu de contrôle préalable des ARS ou des
départements. Le groupe a en revanche bien informé les agences régionales et les
conseils départementaux de sa prise de contrôle. À l’instar de ce qui a été observé pour
Médicharme, la plupart des grandes opérations du secteur des EHPAD intervenues dans les
années 2010 se sont produites sous la forme de fusions et acquisitions classiques., les achats
d’actifs sans reprise de la personne morale les détenant intervenant généralement dans le
cadre de procédures collectives. Or, que le changement de gestionnaire intervienne via la
cession des autorisations ou via le changement de contrôle de la société d’exploitation,
il a des incidences équivalentes, et parfois perturbatrices, sur le fonctionnement des
établissements.
Une évolution des règles pourrait donc être envisagée pour renforcer la capacité de
contrôle de l’État et des départements. Elle devrait tenir compte du besoin de réassurance
sur la compétence et le projet du gestionnaire, mais aussi des nécessités de la vie économique
et des contraintes inhérentes aux règles de l’UE qui conduisent à circonscrire les régimes
d’autorisation préalable. Si les pouvoirs publics souhaitaient aligner les règles applicables
en cas de changement de contrôle d’une société d’exploitation et de cession
d’autorisation, deux options seraient envisageables :
la première option consisterait à prévoir, pour les deux opérations, ou pour le
changement de contrôle seulement43, l’information préalable des autorités
compétentes, de façon à permettre un échange avec le futur gestionnaire en amont de
l’acquisition ;
une deuxième option consisterait à soumettre les deux opérations, qui entrainent
de facto les mêmes conséquences, à un régime d’autorisation préalable.
La mission relève que l’article 12 quater de la proposition de loi « bien vieillir » 44, introduit par
amendement en première lecture à l’Assemblée nationale pendant le déroulement de la
mission, introduit ce type de disposition dans le droit positif. En effet, le texte prévoit que :
l’information des autorités compétentes doit avoir lieu « dans un délai de deux mois
précédant » la mise en œuvre du « changement important » ;
les changements « dans les modalités de contrôle direct ou indirect de la personne morale
gestionnaire de l’établissement, du service ou du lieu de vie et d’accueil (…) sont soumis à
l’accord préalable de l’autorité compétente ».
La mission estime toutefois que la solution retenue, à ce stade de la procédure, dans la
proposition de loi « bien vieillir » soulève des difficultés opérationnelles et juridiques.
43 Un alignement total des deux régimes paraitrait rationnel mais il serait concevable que le législateur souhaite
laisser inchangé le régime de cession d’autorisation (qui demeurerait soumis à autorisation préalable).
44 Cf. proposition de loi portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir.
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- 29 -
En premier lieu, la notion de « changement dans les modalités de contrôle direct ou
indirect » est imprécise45, car elle peut en réalité désigner de nombreuses opérations sur le
capital des sociétés d’exploitation ou de leurs holdings (toute prise de participation ayant un
effet sur le contrôle de ces sociétés), réalisées par des acteurs français ou étrangers46. Par
ailleurs, une telle solution parait complexe à mettre en œuvre : les autorités compétentes,
c’est-à-dire l’ARS et le conseil départemental, devraient parfois se prononcer localement sur
des changements de contrôle d’établissements résultant d’opérations de fusion / acquisition
d’envergure nationale ou internationale (par exemple : la fusion Korian / Medica a concerné
des centaines d’établissements). Enfin, sa conformité au droit de l’Union Européenne (UE)
est incertaine, dès lors que ce dispositif porte atteinte à la liberté d’établissement et à la libre
circulation des capitaux, garanties par les traités47, et auxquelles on ne peut déroger qu’en
invoquant des motifs d’ordre et de sécurité publics48.
Sauf à ce que ces difficultés soient clairement levées, la mission estime préférable de
s’en tenir à soumettre le changement de contrôle des établissements à une obligation
d’information préalable, permettant d’engager, le cas échéant, un dialogue entre les ATC et
les investisseurs, plutôt qu’à une véritable autorisation préalable.
En complément de ces évolutions, la mission identifie comme un enjeu important d’une
bonne information des ARS et des départements l’identification d’un établissement
comme faisant partie d’un groupe. Cette donnée n’est en effet pas actuellement répertoriée,
les autorités locales comme nationales n’ont pas de moyen simple d’appréhender le périmètre
des groupes. La mission considère que cette information doit pouvoir être disponible
facilement, en particulier pour les organismes statistiques nationaux (DREES). Plusieurs voies
pourraient être explorées : modification du répertoire FINESS, enrichissement du tableau de
bord de la performance du secteur médico-social49, enrichissement des données des
EPRD / ERRD.
Enfin, alors qu’une décision de justice récente50 a conclu que le déménagement d’un
établissement n’était pas soumis à autorisation, mais à simple déclaration, la mission considère
utile de rappeler, par voie de circulaire, les éléments constitutifs essentiels de l’autorisation,
dont le lieu d’implantation. La modification d’un de ces éléments, tel le transfert d’un
établissement, nécessiterait une nouvelle autorisation.
Proposition n° 5 : modifier l’alinéa 4 de l’article L. 313-1 du CASF comme suit :
préciser que l’information de l’autorité compétente doit intervenir préalablement
au « changement important », dans un délai51 et selon des modalités définis par
décret ;
ajouter « le changement de contrôle au sens de l’article L. 233-3 du code de
commerce » à l’énumération des changements importants devant être notifiés aux
ATC et organiser la remontée de cette information au fil de l’eau à la CNSA.
45 La réglementation sur le contrôle des investissements étrangers vise par exemple des opérations précisément
définies (cf. article R. 151-2 du code monétaire et financier).
46 Par exemple : acquisition du groupe Colisée par le fonds EQT Infrastructure et la Caisse de dépôt et placement du
Québec en 2020.
47 Articles 49 et 63 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE).
48 Cf. le règlement du 19 mars 2019 sur le filtrage des investissements directs étrangers dans l'Union.
49 Le remplissage de ce tableau de bord a été rendu obligatoire par arrêté du 10 avril 2019 relatif à la généralisation
du tableau de bord de la performance dans le secteur médico-social.
50 TA Montpellier, 14 mai 2019, Soc. R. Patrimoine et autres, req. n° 1802387.
51 Ce délai devra être suffisamment long pour permettre un dialogue avec les ATC, sans toutefois faire obstacle au
bon déroulement des opérations de fusion et acquisition.
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Proposition n° 6 : préciser, par voie de circulaire, que le changement de localisation d’un
l’établissement est soumis à autorisation par application de l’article L. 313-1-1 du CASF.
Proposition n° 7 : ajouter les informations sur l’appartenance à un groupe au
reporting ERRD et au tableau de bord de la performance.
4.3. Le dispositif de contrôle de l’utilisation des dotations publiques est à la fois
lourd et inopérant
L’élaboration des EPRD et ERRD représente annuellement une tâche très lourde pour les
établissements : dans un groupe tel que Médicharme cette fonction est assurée au siège de
manière centralisée (cf. supra), la complexité de cette tâche conduisant à mobiliser une ou
plusieurs personnes disposant de l’expertise nécessaire. Cette centralisation de la fonction
semble être la solution généralement retenue par les groupes d’EHPAD52 équipés d’une
direction financière centrale, tandis que les EHPAD indépendants ont plutôt recours à la sous-
traitance faute de capacité technique interne. L’intérêt de ce reporting, en termes de
surveillance de la santé financière des EHPAD et de contrôle de la consommation des
dotations publiques, ne parait pas à la hauteur du fardeau administratif pesant sur les
assujettis.
D’abord, du fait de cette complexité qui rend l’exercice difficilement praticable au
niveau des établissements, le système manque son objectif premier d’être le support du
dialogue de gestion entre établissements et tutelles. Dans le cas de Médicharme, le dialogue
financier est ainsi un dialogue triangulaire entre les autorités de tarification et de contrôle
(ATC), les établissements, et le siège, suscitant d’importants coûts de coordination et une faible
appropriation du reporting financier par les chefs d’établissement (cf. 1.3.1).
Ensuite, la sincérité des éléments relatifs aux imputations de la masse salariale dans les
différentes sections est questionnable, alors même qu’il s’agit de l’essentiel (plus de 90 %)
des charges imputées sur les dotations publiques :
le groupe Médicharme a indiqué à la mission avoir, dans un premier temps, imputé sur
la section soin des dépenses de masse salariale liées à des personnels non qualifiés mais
effectuant des tâches de personnel soignant (ASH « faisant fonction » non inscrit en
formation ou en parcours de VAE) ;
à la demande des ATC, le groupe a cessé cette pratique, mais a piloté certaines clefs de
répartition de la masse salariale des ASH et des AS entre les différentes enveloppes pour
diminuer les excédents sur dotations publiques, au lieu de tenter de rapporter une image
fidèle des tâches effectivement réalisées par ces catégories de personnel (cf. 2.2.2).
Par conséquent, les chiffres figurant dans les tableaux d’affectation des charges par section des
EPRD et ERRD ne reflètent aucune réalité opérationnelle. De ce fait le système manque son
deuxième objectif qui est d’être un outil d’incitation à un emploi des dotations publiques
conforme à leur objet (emploi de personnel qualifié, suffisance des fournitures et
équipements de soins…).
Par ailleurs, quand le groupe constate des excédents, malgré l’insincérité du reporting
destiné à les réduire, ceux-ci sont considérés comme fongibles dans le résultat de
l’établissement et ne font pas l’objet d’un traitement comptable spécifique (cf. 2.2.3). Ils
sont réputés faire l’objet de report à nouveau dans les ERRD, sans que cette affectation soit
retracée dans les comptes. Le suivi des excédents cumulés est donc complètement notionnel.
Ce dispositif manque donc son troisième objectif de permettre le suivi dans le temps des
éventuels excédents sur dotations publiques en vue de leur emploi conforme.
52 Qui représentent plus de 80% des parts de marché, cf. supra.
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- 31 -
Les ARS et conseils départementaux rencontrés par la mission, semblent avoir eu
connaissance des pratiques53 contestables, sans s’y opposer. Ils paraissent en outre ne
pas être en mesure de suivre les excédents ou déficits cumulés autrement que via la
documentation fournie par les établissements. Plus généralement, les ARS et les services
départementaux ne contrôlent d’ailleurs pas les EPRD et ERRD, certes par manque de temps et
de moyens mais aussi et surtout :
parce qu’un véritable contrôle exigerait la tenue d’une comptabilité analytique appuyée
sur les comptes-rendus quotidiens des tâches effectuées par chaque AS et ASH ;
parce que le contrôle est en pratique sans intérêt, aucun rappel de fonds n’étant jamais
opéré.
Le système manque donc son quatrième objectif d’être un instrument permettant de
documenter d’éventuelles mesures de reprises de dotations lorsqu’elles n’ont pas été
employées conformément à leur objet.
Enfin, si l’assujettissement du secteur privé lucratif à l’obligation de fournir des ERRD et EPRD
« complets », c’est-à-dire intégrant les charges et les produits de la section hébergement,
apparaît bienvenu pour donner une image de la situation financière des établissements, il
manque encore, en pratique, en grande partie cet objectif :
pour les établissements appartenant à un groupe parce qu’à la vision locale manque à la
fois la vision consolidée (et donc la capacité à apprécier la situation réelle - difficultés
économiques ou au contraire sur profit) et celle des flux intra-groupe (facturations intra
groupe, endettement porté pour compte commun et financé par remontées de
dividendes, flux immobiliers…) ;
et, plus généralement, parce que les ARS et les départements ne sont pas suffisamment
outillés pour apprécier la situation financière des établissements (effectifs,
qualifications, temps, outils d’analyse et référentiels…).
Le dispositif des EPRD et ERRD, dans sa fonction de répartition analytique des dépenses
entre dotations, ne parait donc pas en mesure de répondre aux objectifs qui lui sont
assignés. Il est resté à mi-chemin entre une logique de contrôle analytique de l’emploi des
fonds, qu’exprime la présentation par section et la notion d’excédent / déficit par section, et
une logique de forfaitisation des dotations, que reflètent leur calcul par des équations tarifaires
indépendantes des dépenses des établissements et la non-exigibilité des excédents. L’effet de
cette posture ambiguë est qu’aucune des deux démarches n’est opérante et que le système n’est
pas correctement régulé.
Pour répondre à cette situation, il existe deux solutions alternatives.
La première consisterait à renforcer une nouvelle fois les obligations de reporting des
établissements et les moyens des ARS et conseils départementaux dévolus à l’analyse de ces
données. Les ATC conserveraient alors à la fois un rôle de surveillance de la santé financière
des EHPAD, de contrôle de l’utilisation des dotations publiques et de contrôle de la qualité de
l’accompagnement.
53 Les clefs de répartition atypiques apparaissent par exemple clairement dans les EPRD / ERRD qui leurs sont
soumis.
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- 32 -
La seconde, qui semble davantage s’inscrire dans l’évolution du financement public des
EHPAD vers une logique forfaitaire, consisterait à renoncer au reporting systématique
de l’usage des dotations publiques pour recentrer le dispositif EPRD / ERRD sur un
objectif de supervision de la santé financière du secteur. Les autorités de tarification, dont
les pouvoirs de contrôle ne s’exerceraient plus que sur la qualité de l’accompagnement des
résidents, disposeraient de la capacité de moduler les dotations publiques lorsque leurs
prescriptions ne seraient pas respectées (par exemple si un établissement refuse d’améliorer
un taux d’encadrement visiblement en-deçà de la moyenne du secteur). Elles continueraient à
exercer, par ailleurs, leur rôle de supervision de la santé financière du secteur grâce aux
EPRD / ERRD, dont ce serait la principale finalité.
En tout état de cause par ailleurs, la mission considère comme pertinente la création d’une
cellule nationale de suivi des groupes, placée auprès de la DGCS ou de la CNSA, qui analyserait
la situation consolidée des principaux groupes d’EHPAD et serait à même de compléter ainsi,
par des éléments propres à la stratégie de groupe, l’analyse de la situation financière des
établissements faites par les ARS. Cette cellule pourrait animer des « comités de groupe »
réunissant les ARS couvrant les établissements d’un même groupe.
Proposition n° 8
Option 1 : Revenir à une régulation par affectation analytique des dotations aux charges
correspondant à leur objet, ce qui supposerait :
l’auditabilité des affectations analytiques (obligation de feuilles de tâche
quotidiennes des AS et ASH, validation ex ante des tableaux de passage de la
comptabilité générale à la comptabilité M22, dispositif de certification externe ou
de contrôle des ERRD) ;
le retour au principe de remboursement des excédents non consommés au terme
d’un certain délai.
Ce schéma est lourd d’implications opérationnelles (moyens à déployer) tant pour
l’administration que pour les entreprises. Il présente l’inconvénient de favoriser les mauvaises
gestions et de sanctionner les gestions efficaces. Dans le contexte actuel de fragilité extrême
des opérateurs, il aurait probablement un effet déstabilisant sur le secteur.
Option 2 : Achever l’évolution vers la forfaitisation des dotations publiques, ce qui
supposerait :
de simplifier le dispositif de reporting administratif en supprimant l’ensemble des
obligations d’affectation analytique des charges et en renonçant à toute notion
d’excédent ou de déficit sur dotation publique ;
de calculer les dotations sur base de coûts standards réévalués régulièrement en
systématisant la réalisation des coupes Pathos et GIR à mi-parcours des CPOM
de faire évoluer les référentiels existants afin de mieux prendre en compte les
réalités de terrain (par exemple ratio d’encadrement selon les GIR ET PATHOS) et
ainsi fournir aux autorités de tarification un référentiel actualisé comportant des
indicateurs leur permettant d’évaluer la qualité de l’accompagnement et le
respect de bonnes pratiques.
de permettre aux ATC de moduler les dotations publiques en cas de non-respect
de leurs prescriptions relatives à la qualité de l’accompagnement des résidents.
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- 33 -
Ce schéma nécessite d’achever la transition du financement public des EHPAD vers un
dispositif purement forfaitaire, dont les conditions de mise en place et les impacts
opérationnels devraient être examinés par les pouvoirs publics dans le cadre, le cas
échéant, d’une nouvelle mission des inspections compétentes. La mission relève que la
fusion des sections soins et dépendance, prévue par la loi de financement de la sécurité sociale
pour 2024, constitue une nouvelle étape importante dans cette direction, bien que son
caractère « volontaire » risque d’en différer la généralisation.
Proposition n° 9 : Améliorer la supervision de la santé financière des EHPAD
mettre en place un suivi économique et financier des établissements à travers un
reporting comptables normalisé, certifié par les commissaires aux comptes, des
référentiels financiers et des outils d’analyse à disposition des ARS et des
départements dans le but de détecter les établissements en difficulté ou au
contraire les situations de profit atypique ;
imposer aux groupes d’EHPAD la communication annuelle d’états consolidés à une
cellule nationale de suivi des groupes, qui viendrait en appui aux ARS.
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- 34 -
À Paris, le 15 mars 2024
Les membres de la mission,
L’inspecteur général des
finances,
L’inspecteur général des affaires
sociales,
Frédéric Lavenir
L’inspecteur des finances,
Antonin Nguyen
L’inspectrice des finances,
Lucile Waquet-Airy
Laurent Habert
Le médecin, membre de
l'Inspection générale des
affaires sociales,
Claude Gady-Cherrier
L’inspectrice des affaires sociales,
Agnès Josselin
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Réponses au contradictoire – Rapport-Synthèse
- 1 -
Réponses de l’organisme Nouvelles observations de la mission
- Rapport provisoire 1.2, p.8, §1 :
« D’après les calculs de la mission, ce montage complexe a donc
conduit MEDICHARME à refinancer ses acquisitions à un coût
supérieur à 10% »
Il s’agit uniquement du périmètre des acquisitions
réalisés par la holding Avenir Santé ne représentant que
la moitié des acquisitions.
- Rapport provisoire 1.3.1, p.8, §1 :
Dans son rapport, la mission affirme que le
développement des fonctions supports se serait
uniquement concentré sur les fonctions financières et
immobilières, ce qui est erroné.
En effet, contrairement à ce que laisse entendre la
mission, une direction des ressources humaines a été
mise en place dès la création de la société.
(Cf. Annexe III 3.5.4. page 34 de l’annexe et page 11 et
12 des observations)
- Rapport provisoire 1.3.1, p.9, §1 :
« La conformité des contrats aux prescriptions réglementaires
n’est pas exempte de défaut » :
La mission indique que les contrats de séjour du groupe
MEDICHARME ne seraient pas conformes aux
prescriptions règlementaires.
Or, le groupe a remédié à cette non-conformité par la
mise en place d’un nouveau contrat de séjour en janvier
2023.
(Cf. Annexe II page 2 de l’annexe, 1.2. et page 1 des
observations sur l’annexe II)
- Rapport provisoire 1.3.1, p.9, §2 :
Dans son rapport, la mission reproche le manque
d’implication des directeurs dans l’immobilier.
Or, la gestion de l’immobilier est complètement
indépendante de la gestion de l’exploitation et ne relève
donc aucunement des fonctions du directeur d’EHPAD.
Vu, rapport modifié en ce sens.
Rédaction maintenue : les autres fonctions étaient
embryonnaires (DRH) ou inexistantes (direction
médicale)
Vu, précision apportée en ce sens dans le rapport.
Vu. Rédaction maintenue.
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Réponses au contradictoire – Rapport-Synthèse
- 2 -
Parallèlement, l’ensemble immobilier dans lequel est
exploité l’EHPAD est détenu par une SCI, ou bien par des
investisseurs, lesquels sont uniquement liés à la société
qui détient l’autorisation d’exploiter l’EHPAD par un
contrat de bail commercial, de sorte que le directeur de
l’EHPAD n’a pas à gérer l’ensemble immobilier dans
lequel est exploité l’EHPAD, et encore moins à
intervenir sur la commercialisation en lots de
l’ensemble immobilier dans lequel l’EHPAD est exploité.
Le Directeur est employé par la société d’exploitation
qui est toujours preneuse à bail commercial (soit un bail
unique, soit de multiples baux dans le cadre des
investissements LNMP et censier bouvard, soit sous
location en cas de CBI).
« La maintenance est centralisée »
Elle est confiée à des professionnels, responsables
régionaux travaillant en étroite collaboration avec les
directeurs régionaux et les directeurs d’établissements,
afin de maitriser la levée de réserves des rapports
périodiques et des commissions de sécurité.
Sur tous les sites, il existe un agent technique pour
s’occuper de la maintenance quotidienne sous la
direction du directeur d’établissement.
- Rapport provisoire 1.3.1, p.9, §3 :
Contrairement à ce que laisse entendre le rapport, le
groupe a déployé la politique du groupe au sein des
établissements après les acquisitions et a bien procédé
à une harmonisation au sein des différentes structures.
Tout l’enjeu de cette harmonisation était de trouver un
équilibre afin de permettre à chaque établissement de
garder l’identité connue des résidents et des salariés,
tout en déployant la politique du groupe. Cet équilibre
peut s’avérer difficile à trouver d’autant plus lors du
rachat de structures familiales. Les salariés peuvent
avoir une réaction négative voir de rejet face aux
changements inhérents au rachat de l’établissement par
un groupe, d’où la nécessité de déployer la politique du
groupe de façon progressive.
Dans la réponse à l’annexe III, le groupe MEDICHARME
détaille précisément les actions mises en œuvre pour
procéder à cette harmonisation.
(Cf : Annexe III page 2 de l’annexe, § 2 et page 3 des
observations relatives à l’Annexe III)
L’organisation de la maintenance est centralisée et
dépend de la direction immobilière. Précision
rédactionnelle apportée en ce sens
Le paragraphe visé mentionne la faible référence à
l’identité de groupe dans sa communication, ce qui est
incontestable et se manifeste par exemple par l’absence
de référence au groupe dans la signalétique des
établissements. Cela n’induit pas qu’il n’y a pas eu de
politique de groupe dans les différentes fonctions et
missions exercée au sein du groupe (immobilier,
budget, RH etc..). Rédaction maintenue.
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Réponses au contradictoire – Rapport-Synthèse
- 3 -
- Rapport provisoire 1.3.2, p.9, §2 :
Contrairement à ce que laisse entendre le rapport de la
mission, une direction des ressources humaines a été
mise en place dès la création de la société, le groupe
ayant toutefois rencontré des difficultés afin de
pérenniser la direction des ressources humaines avant
juin 2021.
L’historique de la direction des ressources humaines
est détaillée dans la réponse rédigée par le groupe aux
observations formulées par la mission dans l’Annexe III.
(Cf. Annexe III 3.5.4. page 11 des annexes et page 12
des observations)
- Rapport provisoire 1.3.2, p.9, §3 :
Les négociations relatives à la mise en place d’un CSE de
groupe ont été entreprises en juin 2022.
La mise en place des IRP groupe a été rendue
compliquée avant cette date par les difficultés
rencontrées par la société MEDICHARME pour
pérenniser la direction des ressources humaines.
En sus des audits réalisés par les RRH, lors des
acquisitions, la société MEDICHARME confiait la
réalisation d’un audit social à son conseil qui établissait
un audit social des établissements préalablement à
l’acquisition.
- Rapport provisoire 1.3.2, p.10, §2 :
Des fonctions supports ont été mis en place dès la
création de la société concernant la DRH puis
ultérieurement pour les autres fonctions supports
comme précisé dans les observations ci-dessus
concernant le rapport provisoire 1.3.1, p.8, §1 et détaillé
dans les réponses du groupe MEDICHARME à l’Annexe
III.
(Cf. Annexe III 3.5.4. page 11 de l’annexe et page 12
des observations)
- Rapport provisoire 1.3.2, p.10, §3 :
« Le groupe a manifestement sous-estimé dans un premier
temps les difficultés opérationnelles des établissements qu’il
acquérait » :
La fonction ressources humaines était embryonnaire
(et même intermittente) jusqu’en juin 2021 et ne s’est
structurée et étoffée qu’à compter de cette date.
Rédaction précisée sur ce point
La mise en place du CSE date d’avril 2023. Rédaction
maintenue
La mission maintient le constat d’un net sous-
dimensionnement dès l’origine de certaines fonctions
(RH, direction médicale notamment)
Rédaction maintenue. La faible structuration de
fonctions pourtant essentielles en appui de
l’exploitation (RH, qualité) exposait le groupe à la
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Réponses au contradictoire – Rapport-Synthèse
- 4 -
Les audits lors des reprises ne permettent pas
d’envisager les difficultés rencontrées avec les
Directeurs et la nouvelle Direction.
(Cf. Annexe IV, 1.1. page 2 de l’annexe et page 1 des
observations)
- Rapport provisoire 2.1.1, p.10, §1 :
« Un premier constat majeur est celui de la grande instabilité,
dans beaucoup d’établissements, du trio gouvernance des
EHPAD » :
Concernant les fonctions de directeur, médecin
coordonnateur et IDEC, il s’agit d’un problème
structurel en EHPAD mis en exergue par la Cour des
comptes dans un rapport publié en février 2022.
Face à un désert médical ou une concurrence acharnée,
le groupe MEDICHARME rencontre de grandes
difficultés pour trouver des médecins coordonnateurs
et des IDEC.
En général, la concurrence provient essentiellement du
fait que le libéral est privilégié pour ces deux activités.
Les propositions d’augmentation des salaires pour ces
postes ne suffisent pas à être attractifs.
Les difficultés de recrutement sont d’autant plus
importantes pour les postes qualifiés et notamment
pour le trio : directeur, IDE, médecin coordonnateur.
Ces difficultés de recrutement s’expliquent par
l’importance des missions attachées à ce type de poste,
et par l’absence de souplesse d’un engagement en CDI.
Ces difficultés se sont renforcées avec la crise sanitaire
et le scandale ORPEA qui ont rendu les recrutements
encore plus difficiles.
Les difficultés rencontrées par le groupe MEDICHARME
sur ce point sont détaillées dans la réponse apportée
aux observations formulées par la mission dans
l’annexe III.
(Cf. Annexe III 2.2.1. page 15 de l’annexe et page 8 et
9 des observations)
- Rapport provisoire 2.1.1, p.11, §3 :
difficulté de faire face aux problèmes liés à
l’exploitation des établissements
Les difficultés de recrutement ne concernent pas que le
groupe Médicharme. Elles ont toutefois été majeures et
durables au sein du groupe, même si la mission a noté
une amélioration au cours des deux dernières années.
Lorsque l’on dispose de données de comparaison
(médecins coordonnateurs), ces donnes montrent une
performance plus faible du groupe par rapport aux
autres établissements du même secteur. Rédaction
maintenue.
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Réponses au contradictoire – Rapport-Synthèse
- 5 -
Le rapport fait mention de 14 décisions prud’homales
en 2022 et laisse entendre que le nombre de
contentieux serait très important.
Comme indiqué en réponse à l’Annexe III, le groupe
employant plus de 1 300 salariés, il est impossible
d’éviter la survenance de contentieux sociaux.
Le groupe travaille néanmoins quotidiennement afin de
prévenir la survenance de tels contentieux.
- Rapport provisoire 2.1.2, p.11, §2 :
« Les difficultés de recrutement au sein des établissements
concernent l’ensemble des personnels intervenant en EHPAD :
médecins, infirmiers, psychologues, aides-soignantes » :
Comme évoqué dans les observations relatives au
Rapport provisoire 2.1.1, p.10, §1, il existe de
nombreuses problématiques liées au recrutement et
notamment les déserts médicaux ainsi que la
pénibilité du travail et ce, malgré des offres de
rémunération revalorisée.
En outre, le groupe MEDICHARME étant un groupe de
taille moyenne, il souffre particulièrement de la
concurrence des autres groupes (petits et grands
groupes) dans sa recherche de candidats pour les
postes vacants.
- Rapport provisoire 2.1.2, p.12, §1 :
Il convient tout d’abord de préciser que la présence
d’IDE de nuit en EHPAD n’est pas une obligation légale,
ce qui s’explique notamment par des besoins
hétérogènes selon la taille et le type d’établissements,
mais aussi par les grandes difficultés de recrutement
rencontrées dans le secteur depuis des années.
Une grande majorité des EHPAD en France ne disposent
pas d’IDE de nuit. Le service de nuit est donc très
souvent réalisé par les AS, ce qui ne saurait être
reproché spécifiquement au groupe MEDICHARME.
Une part importante de CDD :
Face à une demande croissante, c’est le salarié qui
décide et c’est sa volonté de vouloir percevoir les 10%
de précarité et d’être libre de choisir son embauche.
Cette problématique est généralisée sur le territoire
national. Elle est d’ailleurs soulignée par la Cour des
comptes dans son rapport de février 2022, dans lequel
Rédaction maintenue. La mission souligne que le
groupe a rarement gagné les procédures contentieuses
et qu’il provisionne largement pour cela.
Dont acte s’agissant de la taille du groupe qui peut jouer
sur son attractivité ; rédaction maintenue
Le paragraphe visé ne concerne pas la présence
d’infirmier la nuit mais la présence d’un aide-soignant,
qui parfois n’a pu être assurée. Rédaction maintenue.
La problématique n’est effectivement pas propre au
groupe Médicharme. Rédaction légèrement modifiée
compte tenu de la difficulté à avoir des données
comparatives actualisées à ce sujet.
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Réponses au contradictoire – Rapport-Synthèse
- 6 -
la Cour des comptes met en exergue le fort recours au
travail à durée déterminée par les EHPAD comptes tenu
de la volonté des salariés de pouvoir changer
régulièrement de travail et de bénéficier de conditions
financières plus avantageuses propres au travail à
durée déterminée.
(Cf. : Annexe III, 3.2. page 22 de l’annexe et page 9
et 10 de la réponse à l’Annexe III)
- Rapport provisoire 2.1.3, p.12, §1 :
Les contrôles des Tutelles :
Concernant l’EHPAD de LA ROSERAIE, la société
conteste la sanction prise par l’ARS. La procédure sur le
fond est actuellement pendante devant le Tribunal
Administratif de Montreuil.
- Rapport provisoire 2.1.4, p.13, §1 :
« Le groupe n’échappe pas pour autant pas aux déconvenues
managériales qui prolongent, dans certains établissements,
une situation d’instabilité »
Si le groupe MEDICHARME n’échappe pas aux
déconvenues managériales qui peuvent entrainer une
vacance de certains postes de direction, il a mis en place
plusieurs moyens palliatifs pour assurer une continuité
de direction.
Ceci est d’ailleurs détaillé dans la réponse apportée par
le groupe MEDICHARME aux observations formulées
par la mission dans son annexe III
(Cf. : Annexe III, page 11 § 3 de l’annexe et page 5 et 6
de la réponse à l’Annexe III)
- Rapport provisoire 2.1.4, p.13, §5 :
« Un point majeur de non-conformité reste la
transcription non sécurisée des ordonnances dans le
logiciel TITAN. Ces difficultés ne pourront se résoudre
sans un renforcement notable de l’implication des
médecins traitants et de certains médecins co » :
Le groupe MEDICHARME se heurte aux refus des
médecins traitants de compléter les dossiers médicaux
des résidents sur le logiciel TITAN.
Rédaction maintenue, concernant un épisode de
carence majeure de fonctionnement d’un
établissement.
La rédaction, qui mentionne également les efforts
déployés par le groupe pour stabiliser les effectifs, est
maintenue.
Rédaction maintenue : le rapport mentionne cette
difficulté de mobilisation des médecins traitants.
Toutefois, la mission a pu constater un investissement
inégal des médecins coordonnateurs pour former leurs
collègues et les inciter à utiliser cet outil. Quand bien
même les personnels auraient été formés, cela reste un
point de non-conformité.
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Réponses au contradictoire – Rapport-Synthèse
- 7 -
La problématique est réelle car les médecins traitants
ne sont pas salariés de l’établissement de sorte que le
groupe se trouve confronté à l’impossibilité de
contraindre le médecin traitant à compléter le dossier
informatique des résidents.
Les établissements du groupe ont néanmoins procédé à
de nombreuses formations des salariés du groupe pour
s’assurer que ceux-ci assurent la traçabilité des soins
sur le logiciel TITAN.
- Rapport provisoire 2.1.4, p.14, §2 :
Les retards dans la conclusion des CPOM ne peut pas
être reproché à MEDICHARME. Les ARS sont maitres
des calendriers de négociation, Le groupe a d’ailleurs
relancé l’ensemble des ARS en 2022 sur ce point.
(Cf. : Annexe IV 1.1. page 3 de l’annexe, 2ème § et
page 3 de la réponse aux observations formulées
sur l’annexe IV)
- Rapport provisoire 2.2.1, p.16, §2 :
Les problèmes de fiabilité du reporting effectué :
Les travaux de la mission font apparaitre des écarts
entre les données transmises dans les ERRD 2022 et les
balances des comptes du même exercice.
Cependant « les écarts constatés demeurent d’un faible
montant » ce qui est souligné par la mission (page 45 de
l’annexe VI)
- Rapport provisoire 2.2.2, p.16, §3 :
Il apparait que ces clefs sont, dans la plupart des cas,
définies arbitrairement, et parfois fixées pour
maximiser la consommation des dotations publiques :
Les clefs de répartition appliquées dans les ERRD 2022,
comme l’a déjà indiqué la société à la mission «
proviennent donc de l’application d’une faculté de
répartition offerte par les textes. » En outre, le groupe
Médicharme tient à indiquer que « les EPRD 2022 ont
été validés par les autorités de tarification. »
En outre la mission souligne en annexe VI que : «
L’analyse par la mission des dépenses imputables aux
dotations soins et dépendance ne fait pas apparaitre une
L’annexe IV indique bien que la signature des CPOM est
également tributaire de la volonté et de la capacité des
ARS à négocier. Le taux de couverture par un CPOM des
établissements du groupe est toutefois en deçà de la
moyenne du secteur. Rédaction maintenue
Vu, précision apportée en ce sens.
Le caractère insincère des clefs de répartition tient à la
fois (i) au fait qu’elles ne reflètent pas la réalité des
tâches réalisées par le personnel d’une part, et d’autre
part, (ii) qu’elles répondent avant tout à une logique de
saturation des forfaits soins et dépendance. Rédaction
maintenue.
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Réponses au contradictoire – Rapport-Synthèse
- 8 -
volonté de la part du groupe Médicharme de maitrise des
dépenses ou de constitution d’excédents. Au contraire,
elle fait apparaitre une forte augmentation des dépenses
de personnel qui dessine une tendance observée par la
mission au niveau de la politique de soin et
d’accompagnement des résidents » page 31 de l’annexe
VI.
- Rapport provisoire 2.2.2, p.18, §3 :
Malgré les demandes de la mission, le groupe n’a pas pu
fournir à la mission d’écritures comptables permettant
de justifier la bonne affectation en report à nouveau des
excédents ou encore leur non-utilisation par le groupe
pour les dépenses non prévues réglementairement
(dividendes par exemple)
Medicharme n’a jamais distribué le moindre dividende
à ses actionnaires ou à l’extérieur du Groupe
Medicharme. L’absence d’écriture comptable justifiant
la mise en réserve de sommes liées à d’éventuels
excédents est donc sans objet ni préjudice de
l’utilisation de fonds publics.
- Rapport provisoire 3.3 p.23, §1 :
Les charges du personnel : depuis la crise sanitaire,
nous constatons une augmentation significative des
salaires pour les IDEC et ASH, face aux difficultés de
recrutement.
En effet le groupe a été contraint d’augmenter ses
propositions de salaires afin de rendre les postes plus
attractifs et de faire face la concurrence tant publique
que privé. (ex : en moyenne l’offre de salaire pour un
IDE est passée de 2 400 € à 2 700 € et de 3 000 € à
3 500 € pour un IDEC).
Vu. La rédaction est maintenue car la réglementation
prévoit une affectation des dotations au niveau des
établissements.
Vu. Rédaction maintenue.
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ANNEXES ET PIÈCE JOINTE
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L I S T E D E S A N N E X E S E T D E L A P I È C E J O I N T E
ANNEXE I : FONCTIONNEMENT, SITUATION ET MODÈLE ÉCONOMIQUE DU
GROUPE MEDICHARME
ANNEXE II : TARIFICATION ET FACTURATION DU GROUPE MEDICHARME
VIS-À-VIS DES RÉSIDENTS
ANNEXE III : LES RESSOURCES HUMAINES
ANNEXE IV : L’ACCOMPAGNEMENT DES RÉSIDENTS
ANNEXE V : N/C
ANNEXE VI : REPORTING BUDGÉTAIRE ET COMPTABLE RELATIF A L’USAGE DES
DOTATIONS PUBLIQUES
ANNEXE VII : PERSONNES RENCONTRÉES
PIÈCE JOINTE : LETTRE DE MISSION
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ANNEXE I
Fonctionnement, situation et modèle
économique du groupe Médicharme
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SOMMAIRE
1. APRES UNE PERIODE D’EMBALLEMENT, LE SECTEUR DES EHPAD CONNAIT DES
DIFFICULTES CROISSANTES ................................................................................................... 1
1.1. Le secteur des EHPAD privés lucratifs, dont relève Médicharme, représente
environ un quart de l’offre de lits d’EHPAD et s’est récemment consolidé .............1
1.1.1. Le secteur privé commercial est très concentré ........................................................ 1
1.1.2. Dans les années 2010, plusieurs opérations majeures de fusion et
acquisition (M&A) ont eu lieu dans le secteur des EHPAD en France ............. 2
1.1.3. Médicharme est un acteur de taille modeste par rapport aux acteurs du top
5 ....................................................................................................................................................... 4
2. LE SECTEUR DES EHPAD A ETE AFFECTE PAR L’EPIDEMIE DE COVID-19, PUIS
PAR LES SUITES DE L’AFFAIRE ORPEA ............................................................................... 8
2.1. Avec la pandémie de Covid-19 puis l’affaire Orpéa, le secteur a traversé deux
crises majeures ayant affecté sa réputation, son chiffre d’affaires et son accès aux
financements ......................................................................................................................................8
2.1.1. La Covid-19 a touché près des trois quarts des établissements en 2020 et
provoqué une chute des taux d’occupation de l’ordre de 7 points .................... 8
2.1.2. La pandémie, puis la publication d’un ouvrage mettant en cause les
pratiques d’un acteur majeur du secteur, ont gravement nuit à la
réputation du secteur ......................................................................................................... 10
2.2. Au total, l’activité des EHPAD s’est dégradée dans les trois dernières années ... 11
3. LE GROUPE MEDICHARME, QUI CONNAIT UNE BAISSE D’ACTIVITE COMPARABLE
AU RESTE DU SECTEUR, EST EN GRANDE DIFFICULTE DU FAIT DE SES CHOIX
STRATEGIQUES ........................................................................................................................ 13
3.1. L’examen des comptes consolidés du groupe montre que l’exploitation est
déficitaire depuis plusieurs années ....................................................................................... 13
3.2. En raison d’une baisse de l’activité et de coûts fixes élevés, l’exploitation des
EHPAD du groupe génère une très faible marge avant imputation des coûts
centraux ............................................................................................................................................ 16
3.3. Les difficultés du groupe sont dues à l’accroissement des charges de personnel, à
des charges financières élevées et à sa stratégie de croissance financée par la
revente de chambres de d’EHPAD ......................................................................................... 18
3.3.1. L’analyse des comptes consolidés du groupe fait apparaitre un
accroissement de ses charges rapportées à son chiffre d’affaires ................. 18
3.3.2. En vendant les chambres d’EHPAD, le groupe a fait financer sa croissance
externe par l’exploitation future des établissements, grâce à des opérations
immobilières dont la rationalité économique est incertaine ........................... 19
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Annexe I
- 1 -
1
1. Après une période d’emballement, le secteur des EHPAD connait des
difficultés croissantes
1.1. Le secteur des EHPAD privés lucratifs, dont relève Médicharme, représente
environ un quart de l’offre de lits d’EHPAD et s’est récemment consolidé
1.1.1. Le secteur privé commercial est très concentré
Les EHPAD relèvent de trois grandes catégories de statut juridique (cf. tableau 1) : le secteur
privé commercial (1 700 EHPAD en 2022, soit 28 % des établissements), le secteur privé non
lucratif (2 115 EHPAD en 2022, 34 % du total) et le secteur public (2 342 EHPAD en 2022, 38 %
du total). Les EHPAD du secteur privé commercial sont en moyenne plus petits que les EHPAD
du secteur public.
Tableau 1 : Répartition des EHPAD selon la taille et le statut juridique en 2022
Taille Secteur privé lucratif Secteur privé non
lucratif Secteur public
Nombre % Nombre % Nombre %
- 45 places 171 10 % 219 10 % 267 11 %
45 à 59 places 180 11 % 238 11 % 266 11 %
60 à 99 places 1 157 68 % 1 369 65 % 1 122 48 %
100 à 199 places 185 11 % 252 12 % 501 21 %
+ 199 places ; 7 0 % 37 2 % 186 8 %
Total 1 700 2 115 2 342
Source : BDD Finess à la date du 18/12/2023.
Il n’existe pas de source officielle récente permettant de reconstituer le nombre
d’établissements et de lits d’EHPAD par groupe. En effet, les bases de données de la CNSA,
extraites des ERRD, ne permettent pas de rattacher les établissements et les entités juridiques
à une holding commune. Par ailleurs, les documents d'enregistrement universel des entités
cotées (Korian / Clariane, Orpéa et LNA Santé) ne détaillent pas la répartition de leurs lits et
de leurs établissements entre origine géographique et typologie (RSS, EHPA, EHPAD).
Cependant, le « mensuel des maisons de retraite » établit chaque année un classement des
groupes d’EHPAD retraçant le nombre de lits et d’établissement des 15 plus grands groupes,
en France et à l’étranger. Selon le classement 2023 (cf. tableau 2), les cinq plus grands
groupes en France (Korian / Clariane, DomusVi, Orpéa, Colisée, Domidep) représentent
environ les deux tiers du nombre total de lits du secteur privé commercial, soit près de
90 000 lits (et plus de 1 000 établissements).
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Annexe I
- 2 -
2
Tableau 2 : Classement des groupes d’EHPAD par nombre d’établissements et de lits au
31/12/2022
Groupe France Étranger Total France &
étranger Part de
marché France
(% lits) Lits ETS Lits ETS Lits ETS
Korian / Clariane 24 914 289 39 714 426 62 465 698 19 %
DomusVi 21 100 261 23 565 198 44 665 459 16 %
Orpéa 19 922 226 51 905 551 71 827 777 15 %
Colisée 12 352 156 19 236 159 31 588 315 10 %
Domidep 7 939 114 3 100 36 11 039 150 6 %
Sous-total top 5 86 227 1 046 137 520 1 370 221 584 2 399 66 %
LNA Santé 4 655 45 555 4 5 210 49 4 %
Emera 4 267 48 4 957 45 9 224 93 3 %
Médicharme 1 955 37* 0 0 1 955 37 2 %
Vivalto Vie 1 954 26 4 920 53 6 874 79 2 %
SGMR Ouest –
Iroise Bellevie 1 808 25 258 3 2 066 28 1 %
SEDNA 1 512 19 2 581 21 4 093 40 1 %
Omeris 1 340 17 98 6 1 438 23 1 %
Maisons de
Famille 1 295 16 19 478 163 20 773 179 1 %
Philogeris 700 11 0 0 700 11 1 %
Steva 647 7 0 0 647 7 0 %
Total 106 360 1 297 170 367 1 665 274 564 2 945 82 %
Source : Le Mensuel des Maisons de Retraite n°2571 (*les 37 établissements recensés comptent probablement non
seulement les 3 établissements fermés, mais également les EHPA).
1.1.2. Dans les années 2010, plusieurs opérations majeures de fusion et acquisition
(M&A) ont eu lieu dans le secteur des EHPAD en France
La mission a examiné les acquisitions des trois plus grands opérateurs (Korian /
Clariane, DomusVi, Orpéa) au cours des années 2010 à 2020.
Korian / Clariane a conforté sa position dans l’Union Européenne en procédant à
plusieurs acquisitions au cours des années 2010 (seules sont citées les principales
opérations) :
en 2013, Korian est devenu le premier acteur allemand du secteur des maisons de
retraite en prenant le contrôle, par le biais d’une offre publique d’achat, de la société
allemande Curanum AG (alors n°2 du marché avec 9 962 lits, 75 établissements), pour
une valorisation d’environ 270 M€2 (27 k€ / lit), soit de l’ordre de 8 fois son EBITDA au
moment du dépôt de l’offre ;
1 D’après la presse financière citant une étude de CM-CIC Securities.
2 Curanum a annoncé avoir réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 293 M€ M€ pour un EBITDAR de 89,5 M€ M€
(30,5%) et un EBITDA de 34,0 M€ M€.
-- 56 of 338 --
Annexe I
- 3 -
3
en 2014, Korian est devenu le premier acteur français des EHPAD en 2014, à
l’occasion de sa fusion-absorption avec Medica (à l’époque numéro 3 du secteur) :
avant la fusion, le groupe Korian disposait d’une capacité d’accueil de 34 000
résidents/patients en Europe et gérait près de 270 maisons de retraite
médicalisées, 50 cliniques de soins de suite ;
à l’issue de la Fusion, le groupe disposait d’une capacité d’accueil de plus de 57 000
résidents/patients en Europe et gérait 506 maisons de retraite médicalisées et 87
cliniques de soins de suite.
en 2016, Korian a acquis Casa Reha, le troisième opérateur allemand du secteur des
maisons de retraite (74 établissements et 10 182 lits), pour une valorisation de l’ordre
de 300 M€ soit d’environ 10 fois l’EBITDA (30 k€ / lit) du groupe et le groupe belge
Foyer de Lork (17 établissements et 1 466 lits) ;
en 2017, le groupe a acquis huit établissements d’une capacité d’environ 1 000 lit, auprès
du groupe Senior Assist (puis huit établissements fin 2017 et, en 2018, 21 nouveaux
établissements et 1 786 lits auprès de la même entité) ;
en 2019, le groupe a acquis le groupe Omega en France (14 maisons de retraite, 3
résidences services et 9 agences de services à domicile), Schauinsland en Allemagne (six
maisons de retraite médicalisées, 420 lits), la société Seniors en Espagne (sept
établissements médicalisés, environ 1 300 lits) et l’activité maison de retraite de Grupo 5
dans le même pays (six établissements médicalisés, 696 lits).
En 2011, DomusVi et Dolcéa ont fusionné pour créer un groupe de 225 établissements
en France et 16 000 lits au total (dans 212 EHPAD, 8 résidences services, et 5 cliniques de
soins de suite), l’entité fusionnée devenant temporairement le leader français du secteur. Par
la suite, DomusVi va continuer à croitre :
en 2015, DomusVi a acquis Geriatros, 3ème opérateur privé en Espagne (environ
40 établissements et 6000 lits), pour une valorisation de 210 M€ (35 k€ /lit) ;
en 2017, Domusvi a acquis SARquavitae en Espagne (88 résidences médicalisées et
11 000 lits), pour une valorisation de 440 M€ (40 k€/lit) et devient le 1 er opérateur privé
en Espagne ;
en 2018, DomusVi a acquis Gerovida en Espagne (18 établissements, 2 517 places) ;
En 2021, DomusVi a acquis le groupe Medeos en France (34 EHPAD dans le Sud-est et en
Corse et 11 résidences services seniors, 2 693 lits).
Orpéa a également participé à la consolidation du secteur européen des maisons de
retraite :
en 2010, Orpéa a acquis le groupe Mediter et pris une participation de 49 % dans le
groupe Medibelge, représentant au total plus de 4 800 lits et 57 établissements (pour un
montant d’environ 130 M€) ;
en 2012, Orpéa a acquis Artevida en Espagne (plus de 1 150 lits et places), et pris le
contrôle de Medibelge en Belgique ;
en 2014, Opéra a acquis Senevita en Suisse (plus de 2 200 lits et 21 maisons de retraite)
et Silvercare en Allemagne (plus de 5 900 lits et 61 maisons de retraite) ;
en 2015 a acquis, en Autriche et en République tchèque, le groupe SENECURA (plus de
4 200 lits), et, en Allemagne, le groupe Celenus Kliniken (15 cliniques, plus de 2 600 lits),
Residenz Gruppe Bremen (plus de 3 000 lits) et Vitalis (plus de 2 400 lits) ;
en 2016 Orpéa a acquis Sanyres en Espagne (3 300 lits et 18 établissements) ;
en 2017, Orpéa a acquis Dr. Wagner en Autriche (plus de 1 800 lits), Anavita en
République tchèque (plus de 930 lits et six maisons de retraite) ;
en 2018, Orpéa a acquis Dagelijks Leven aux Pays-Bas (800 lits et 40 maisons de
retraite) ;
-- 57 of 338 --
Annexe I
- 4 -
4
en 2019, Orpéa a acquis September (175 lits et sept maisons de retraite) aux Pays-Bas et
Axion en Allemagne (plus de 900 lits et sept maisons de retraite).
Dans la même période, le secteur s’est financiarisé avec l’intervention d’acteurs du
private equity.
Parmi les 5 premiers acteurs du secteurs, trois ne sont pas côtés : DomusVi, Colisée, Domidep.
Ces groupes ont fait l’objet de plusieurs opérations.
DomusVi, d’abord acquis par PAI Partners en 2014 pour environ 650 M€, a été revendu au
fonds ICG en 2017 (sur la base d’une valorisation de plus de 2 milliards d’euros – c.à.d. un
multiple de 12,7 fois l’EBITDA), le fondateur du groupe conservant environ 30 % du capital. En
2021, celui-ci réalise un LBO de relution valorisant le groupe à 4,3 Md€ (16,4 fois l’EBITDA) et
lui permettant de détenir 49 % du capital de l’entité.
Le groupe Colisée a d’abord été détenu, de 2014 à 2017, par Eurazeo qui a largement participé
à sa croissance. En 2014, la société comptait 46 établissements contre 90 établissements, près
de 7 000 lits et plus de 70 agences de services à la personne âgée à domicile lors de sa revente
à IK Investment Partners en 2017, pour un prix de cession de 236 M€. En 2020, IK Investment
Partners a revendu le groupe au fonds EQT Infrastructure et la Caisse de dépôt et placement
du Québec, pour un montant qui aurait été compris entre 2,2 et 2,3 Md€, soit 15 fois l’EBITDA
du groupe à l’époque (le groupe comptait alors 270 établissements et 25 000 résidents, depuis
son rapprochement avec le groupe Armonea en 2019).
Domidep détenu par un consortium d’investisseurs (dont le fondateur) a été vendu à I-Squared
Capital en 2019, pour une valorisation de 1,15 Md€ (80 établissements, 5 600 résidents), soit
environ 14 à 15 fois l’EBITDA prévisionnel de l’exercice).
Ces opérations ont généralement été réalisées sous la forme de leveraged buy-out (LBO),
c’est-à-dire de rachats avec effet de levier. La croissance de ces acteurs a donc été largement
financée par de la dette3.
1.1.3. Médicharme est un acteur de taille modeste par rapport aux acteurs du top 5
Médicharme est un gestionnaire de structures médico-sociales hébergeant des
personnes âgées. Médicharme arriverait, en France, en 8 ème position du classement évoqué
supra. Le groupe compte ainsi, à la date de la mission de contrôle (cf. tableau 3) :
- 35 EHPAD, dont 3 sont actuellement fermés en raison de différents incidents, 2 EHPA,
6 résidences services seniors (RSS) et 1 foyer d'accueil médicalisé (FAM), accueillant
1 628 résidents (hors RSS) pour une capacité de 1936 places (soit environ 2 % de parts
de marché en France) ;
- 1 280 salariés (1 160 ETP).
La constitution du groupe Médicharme est intervenue dans le contexte général de
consolidation du secteur mentionné supra, c’est-à-dire en concurrence avec la stratégie
de croissance externe d’acteurs nettement plus importants. Médicharme, qui ne comptait
qu’un établissement lors de sa constitution début 2015, a acquis près de 4 établissements par
an en moyenne, entre 2015 et 2022, et jusqu’à 9 établissements en 2019. A la date du contrôle,
Médicharme comptait 35 EHPAD, dont 3 n’accueillaient plus de résidents pour des raisons
diverses :
L’EHPAD « les charmilles » est en cours de fusion avec l’EHPAD « les jardins d’Aiffres » ;
L’EHPAD « la Roseraie » a fait l’objet d’une fermeture administrative ;
3 Cf. « Financiariser : le grand âge le rôle du capital-investissement dans la gestion des maisons de retraite au Royaume-
Uni, en Allemagne et en France », Institut Veblen (janvier 2022).
-- 58 of 338 --
Annexe I
- 5 -
5
L’EHPAD « la fruitière » a été fermé par le groupe à la suite de la découverte de fissures
affectant la structure.
Le groupe a été acquis en 2018 par le fonds d’investissement G Square (2 Md€ d’actifs
sous gestion fin 2023), spécialisé dans le secteur de la santé. G square détient environ
95 % du capital de la holding de tête, les 5 % restant étant possédés par les dirigeants de
Médicharme et les membres de son Conseil de surveillance. La société a également contracté,
entre juillet 2019 et janvier 2022, une dette obligataire de 80 M€ auprès du fonds
d’investissement BlackRock via sa filiale Avenir santé (AVS), afin de financer les acquisitions
d’EHPAD du périmètre AVS (11 établissements).
À ce titre BlackRock dispose d’une action de préférence (golden share) émise par AVS le
8 juillet 2019. Celle-ci confère à son porteur, d’après les statuts d’AVS deux types de
prérogatives :
un droit de veto sur les décisions susceptibles d’entrainer une violation de certains
engagements ;
le droit, en cas de défaut majeur (défaut de paiement, non-respect des ratios etc.), de
remplacer le représentant légal de la société et d'adopter toute décision de cession
d'actifs.
Figure 1 : Évolution de la taille du groupe Médicharme
Source : Médicharme (NB : à la date du contrôle, 3 établissements sur 35 étaient fermés).
Tableau 3 : Liste des établissements pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du groupe
Médicharme et date d’acquisition
Nom
établissement Raison sociale Lits
autorisés Périmètre Région Adresse Siège Acquisition
VITEAL - LES
MIMOSAS
VITEAL
OLERON 57 MDC Ouest
Rue de Bonnifaut
17310 Saint Pierre
d'Oléron
22/12/2014
RESIDENCE DE
FRANCE SERF 84 MDC Nord
ROUTE NATIONALE
41 RUE DU GÉNÉRAL
LECLERC
62660 BEUVRY
31/12/2015
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
2000
0
5
10
15
20
25
30
35
40
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Nb. d'établissements Nb. de lits
-- 59 of 338 --
Annexe I
- 6 -
6
Nom
établissement Raison sociale Lits
autorisés Périmètre Région Adresse Siège Acquisition
MAISONS DE
SANTE LA
ROSERAIE
LA ROSERAIE 39 MDC Nord -
Fermé
85 avenue de Saint
Cloud 78000
VERSAILLES
31/03/2016
LES EAUX VIVES -
TRIAUCOURT
SAS ELTER
49 MDC Nord
20, voie de Beaulieu
55250 SEUIL
D'ARGONNE
29/07/2016
LES EAUX VIVES -
SOUILLY 30 MDC Nord
Chemin derrière les
Jardins 55220
SOUILLY
29/07/2016
LES EAUX VIVES -
PIERREFITTE-
SUR-AIRE
30 MDC Nord
Rue du Moulin 55260
PIERREFITTE SUR
AIRE
29/07/2016
LES AIRELLES COUILLY 28 MDC Nord
14, Avenue Constant
Coquelin 77860
COUILLY-PONT-AUX-
DAMES
31/05/2017
LES
CHATAIGNIERS
LES
CHATAIGNIERS 50 MDC Sud
Antraigues - 07530 –
Vallées d'Antraigues-
Asperjoc
28/12/2017
LES JARDINS
D'AIFFRES
LES JARDINS
D'AIFFRES 39 MDC Ouest
128 rue la Boétie -
bureau 46 - 75008
PARIS
09/03/2018
RESIDENCE
SAINT GEORGES
RESIDENCE ST
GEORGES 110 AVS Nord
1, rue du Château - 02
600 - COEUVRES ET
VALSERY
27/09/2018
LE CHAMP DE LA
DAME
LE CHAMP DE
LA DAME 84 MDC Nord
Passy les Tours - 58
400 - VARENNES LES
NARCY
20/12/2018
LES CHARMILLES LES JARDINS
D'AIFFRES 48 MDC Ouest -
Fermé
Rue des Jonchères -
79500 MELLE 30/04/2019
LA CROIX DU SUD CROIX DU SUD 95 MDC Sud Place de la Halle
09230 FABAS 15/05/2019
LA MAISON DE
THERESE
MAISON DE
THERESE 26 MDC Nord
4, rue Franche - 21
400 - AISEY SUR
SEINE
03/07/2019
RESIDENCE DU
LAC
RESIDENCE DU
LAC (SAS)
55 AVS Ouest
Lieudit La Bartère –
47 700 -
CASTELJALOUX
16/07/2019
RESIDENCE DE
BEURRE EHPAD 35 AVS Ouest
1 rue René Chabrier -
47 300 - VILLENEUVE
SUR LOT
16/07/2019
RESIDENCE
ZOPPOLA 46 AVS Ouest 16 rue Labruyère
47400 Tonneins 16/07/2019
VILLA CLAUDINE PAPIN PROST 36 MDC Nord 4 place de la Mairie -
63 310 - RANDAN 24/07/2019
LE BEAU SITE TAPROM 40 AVS Ouest Lieu dit LE BEAU SITE
- 14570 - CLECY 30/12/2019
LES GENEVRIERS LES
GENEVRIERS 82 AVS Sud
32 rue du Centre
31360 SAINT
MARTORY
30/12/2019
LA MADRAGUE LA MADRAGUE 47 MDC Sud Le Pastelier - 09 130 -
LE FOSSAT 15/01/2020
LES QUATRE
SAISONS
LES QUATRE
SAISONS 40 MDC Ouest
47, rue de la Fontaine
Saint Pierre, TESSY
BOCAGE - 50 420 -
TESSY SUR VIRE
03/03/2020
LA JUVENIE LA JUVENIE 47 MDC Ouest La Juvenie - 24 270 -
PAYZAC 29/09/2020
-- 60 of 338 --
Annexe I
- 7 -
7
Nom
établissement Raison sociale Lits
autorisés Périmètre Région Adresse Siège Acquisition
L'ELVODY L'ELVODY 46 AVS Ouest
Saint Germain de
Tallevende, Le Bourg-
14500 Vire
Normandie
30/09/2020
LES CHENES
VERTS
LES CHENES
VERTS 69 MDC Ouest Le Lyonnet - 24 460 -
AGONAC 30/09/2020
LA VALLEE DU
BANDIAT
MAISON DE
RETRAITE DE
LA VALLEE DU
BANDIAT
40 MDC Ouest
Grand Plantier et la
Garenne - 16 380 -
MARTHON
20/11/2020
LA FRUITIERE LA FRUITIERE 45 AVS Sud -
Fermé
108 Chemin des
Anémones – 13 012 –
MARSEILLE
29/12/2020
LES JARDINS DE
SAINTE BAUME
LES JARDINS DE
SAINTE BAUME 85 AVS Sud
943T, route de
Brignoles - 83 860 -
NANS LES PINS
29/12/2020
LES AMIS DES
AINES
LES AMIS DES
AINES 19 MDC Sud
Chemin de
l'Infirmerie, Quartier
Mau Segu - 83870
SIGNES
29/03/2021
AU BON ACCUEIL AU BON
ACCUEIL 24 MDC Sud
Rue Bizet, Quartier la
Mondrive - 83260 LA
CRAU
29/03/2021
OREADIS OREADIS 24 MDC Sud
78 Avenue de
Brancolar - 06100
NICE
28/09/2021
LA BASTIDE DU
LUBERON
LA BASTIDE DU
LUBERON 92 MDC Sud Avenue de la Gare -
84440 ROBION 01/10/2021
AERIA
SEMRR
85 AVS Sud
38 Boulevard Meissel-
13010 MARSEILLE
31/01/2022
MEISSEL 57 AVS Sud 31/01/2022
LES
FEUILLANTINES LA CERISAIE 54 MDC Sud
Route de Peille
Quartier La Russa -
06440 L'ESCARENE
28/02/2022
Source : Médicharme, mission.
-- 61 of 338 --
Annexe I
- 8 -
8
2. Le secteur des EHPAD a été affecté par l’épidémie de COVID-19, puis
par les suites de l’affaire Orpéa
2.1. Avec la pandémie de Covid-19 puis l’affaire Orpéa, le secteur a traversé
deux crises majeures ayant affecté sa réputation, son chiffre d’affaires et
son accès aux financements
2.1.1. La Covid-19 a touché près des trois quarts des établissements en 2020 et
provoqué une chute des taux d’occupation de l’ordre de 7 points
Les EHPAD bénéficiaient, à la fin des années 2010, de taux d’occupation4 élevés : 96,4 %
en 2018 et 2019 d’après la CNSA et le rapport d’évaluation des politiques de sécurité sociale
autonomie consacré à l’autonomie5 (« REPSS autonomie ») annexé au PLFSS 2022. Ce taux a
commencé à chuter à 94 % en 2020, pour atteindre 88,4 % en 2021.
La crise sanitaire est la principale cause de cet effondrement. L’épidémie a en effet
entrainé de nombreux décès parmi les résidents de ces établissements et les personnes âgées
susceptibles d’en devenir les clients. L’Insee relève ainsi que les décès observés de mars 2020
à décembre 2021 « ont été nettement supérieurs à ceux attendus en l’absence d’épidémie de
Covid-19 » avec une surmortalité estimée à 95 000 décès6, toutes classes d’âge confondues.
Cette surmortalité a particulièrement touché les personnes âgées de 75 ans et plus
(cf. figure 2), alors que l’âge moyen d’entrée en EHPAD était de 85 ans et 11 mois en 2019 et
que l’âge moyen des résidents était de 86 ans et 10 mois (cf. tableau 4 et figure 3).
Figure 2 : Écart entre décès observés et attendus par âge en 2020 et 2021
Source : Insee (Lecture : en 2021, les décès observés des 75-84 ans dépassent de 11 % les décès attendus).
4 Le taux d’occupation est le rapport entre le nombre de résidents et le nombre de places disponibles.
5 Le REPSS est élaboré par la Direction de la sécurité sociale, en collaboration avec l’ensemble des institutions et
régimes partenaires qui produisent les données statistiques et financières (CNAM, CNAV, CNSA, DREES).
6 Ce chiffre est inférieur au nombre de décès attribuables à la Covid-19, estimé entre 130 000 et 146 000, car celui-
ci inclut les décès de personnes qui seraient décédées même sans l’épidémie en 2020 ou 2021 ; en outre un certain
nombre de décès ont été évités (par exemple les accidents de la route évités en période de confinement).
-6
-4
-2
0
2
4
6
8
10
12
Moins
de 35
ans
35-54
ans
55-64
ans
65-74
ans
75-84
ans
85-94
ans
95 ans
ou plus
2020
2021
-- 62 of 338 --
Annexe I
- 9 -
9
Tableau 4 : Évolution de l’âge moyen et de l’âge moyen à l’entrée des résidents des
EHPAD entre 2015 et 2019
Catégorie d’établissement
Âge moyen à l'entrée Âge moyen
2015 2019 Évolution 2015 2019 Évolution
Ensemble des EHPAD 85 ans et
8 mois
85 ans et
11 mois +3 mois 86 ans et
5 mois
86 ans et
10 mois +5 mois
EHPAD privés à but lucratif 86 ans et
5 mois
86 ans et
9 mois +4 mois 87 ans et
6 mois
88 ans et
1 mois +7 mois
EHPAD privés à but non
lucratif
85 ans et
7 mois
85 ans et
11 mois +4 mois 86 ans et
8 mois 87 ans +4 mois
EHPAD publics 85 ans et
3 mois
85 ans et
6 mois +3 mois 85 ans et
10 mois
86 ans et
3 mois +5 mois
EHPAD publics hospitaliers 84 ans et
9 mois 85 ans +3 mois 84 ans et
11 mois
85 ans et
5 mois +6 mois
EHPAD publics non
hospitaliers
85 ans et
8 mois
85 ans et
10 mois +2 mois 86 ans et
5 mois
86 ans et
10 mois +5 mois
Source : DREES, Études et résultats n° 1237 (juillet 2022), Études et résultats n° 1015 (juillet 2017).
Figure 3 : Répartition des résidents en EHPAD selon leur tranche d’âge en 2019
Source : Études et résultats n° 1237, DREES, juillet 2022.
D’après la DREES, en 2020, plus de 72 % des EHPAD ont eu au moins un de leurs
résidents qui a contracté la Covid-19, tandis qu’un établissement sur cinq a connu un
épisode particulièrement grave au cours duquel au moins 10 résidents ou 10 % des résidents
sont décédés (cf. tableau 5). Ainsi, sur cette seule année, près de 38 % des résidents ont été
contaminés (224 500) et 5 % sont décédés (29 300 décès). Au 1 er semestre 2021, après le
début de la vaccination dans les EHPAD7, 36 000 résidents ont été infectés et 5 300 sont
décédés. La DREES relève également que « les EHPAD privés commerciaux ont été
significativement plus touchés que les autres structures, à autres caractéristiques et à localisation
comparables », évoquant notamment le turn-over des équipes au sein de ces établissements
comme cause possible de cette situation.
7 La vaccination dans les EHPAD a commencé fin décembre 2020 ; le taux de vaccination des résidents (première
dose) a atteint environ 60 % début février 2021 ; dès avril 2021, 70 % des résidents avaient reçu une 2 ème dose de
vaccin.
De 85 à 89 ans ;
26%
De 90 à 94 ans ; 27%
+ de 95 ans ; 15%
-- 63 of 338 --
Annexe I
- 10 -
10
Tableau 5 : Impacts de l’épidémie de Covid-19 sur les EHPAD en France en 2020 - 2021
2020 S1 - 2021
Nombre de résidents touchés 224 500 36 000
Nombre de résidents décédés 29 300 5 300
Part de résidents touchés par la Covid-19 37,5 % 6,4 %
Part de résidents décédés de la Covid-19 4,9 % 0,9 %
Nombre d’établissements touchés 5 438 2 891
Part des établissements touchés 72,3 % 38,4 %
Nombre moyen de résidents touchés par établissement touché 41 N.C.
Nombre moyen de résidents décédés par établissement touché 5 N.C.
Source : Études et résultats n°1196, DREES, juillet 2021.
Dans une étude très récente8, la DREES estime que, en 2020, 30 % des décès dus au COVID-19
(soit 20 900) ont eu lieu en EHPAD, alors que, toutes causes confondues, seuls 21 % des décès
se produisent dans ces établissements sur la même période. Cette proportion diminue à 15 %
en 2021, ce qui correspond cependant à 8 900 décès.
La pandémie a ainsi directement contribué à la baisse du taux d’occupation des EHPAD
du fait du décès d’un grand nombre de résidents (cf. supra). Elle a également probablement
retardé le rétablissement de ce taux en raison du dommage réputationnel porté au secteur,
contribuant à accentuer la tendance, déjà observée avant l’épidémie, à l’augmentation de l’âge
moyen à l’entrée dans les EHPAD et au développement des alternatives à ce mode
d’hébergement. Avant la crise sanitaire, l’âge moyen d’entrée dans les EHPAD privés lucratifs
avait déjà reculé de 86 ans et 5 mois à 86 ans et 9 mois entre 2015 et 2019 (+4 mois, cf. tableau
4).
2.1.2. La pandémie, puis la publication d’un ouvrage mettant en cause les pratiques
d’un acteur majeur du secteur, ont gravement nuit à la réputation du secteur
Dans un article du 24 janvier 2022, le journal Le Monde a publié les bonnes feuilles9 d’un
ouvrage de Victor Castanet, « les fossoyeurs », qui devait être publié deux jours tard, le
26 janvier 2022. Cet évènement, et les investigations notamment publiques10 qui ont suivi,
ont entrainé des difficultés en cascade pour les acteurs du secteur des EHPAD. Les
conséquences de cette publication ont été multiples, sur un secteur dont l’image était déjà
affectée par l’épisode de Covid-19, et sont complexes à quantifier. Ces principaux effets sont :
l’effondrement de la capitalisation boursière des acteurs cotés (cf. figure 4) ; sur la
période du 21 janvier 2022 (dernier jour de cotation avant la publication) au
8 février 2022 (derniers mouvements de cours significatifs immédiatement après
l’évènement) :
le cours de clôture de l’action Korian est passé de 27,64 € à 17,70 € (-36 %) ;
le cours de clôture de l’action Orpéa est passé de 43,81 € à 18,57 € (-58 %) ;
le cours de clôture de l’action LNA Santé est passé de 45,60 € à 33,20 € (-27 %).
le dommage réputationnel sur l’ensemble des acteurs, ayant impacté :
8 Grandes causes de décès en France en 2021 : une année encore fortement marquée par le Covid-19, DREES, :
études et résultats décembre 2023 n° 1288
9 Cf. « Les Fossoyeurs », un livre qui ouvre le débat sur la gestion et le contrôle des maisons de retraite.
10 Cf. Rapport de l’IGF et de l’IGAS.
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Annexe I
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11
le retour de leur taux d’occupation au niveau pré-pandémie ;
leur capacité à lever des financements et à mettre en œuvre leurs
programmes de cession d’actifs immobiliers11, matérialisant, au moins pour
Orpéa, un risque de liquidité12.
Par la suite, Orpéa comme Korian / Clariane ont dû procéder à des restructurations
financières :
le 24 juillet 2023, le tribunal de commerce spécialisé de Nanterre a approuvé le plan de
sauvegarde accélérée proposé par Orpéa (par voie d’application forcée interclasse)
prévoyant des augmentations de capital successives pour plusieurs milliards d’euros ;
le 14 novembre, Korian / Clariane a annoncé un plan de restructuration financière
d’1,5 Md€.
Figure 4 : Évolution du cours de clôture des trois acteurs cotés
Source : mission.
2.2. Au total, l’activité des EHPAD s’est dégradée dans les trois dernières années
Des calculs préliminaires de la mission, réalisés grâce aux données recueillies grâce aux
EPRD / ERRD, non retraitées des anomalies et des valeurs extrêmes, montrent un nette
dégradation de la marge des EHPAD, notamment dans le secteur privé lucratif (cf. tableau 6).
La marge d’EBITDA serait même devenue en moyenne négative dans les plus petits
établissements privés en 2022. Ces calculs devront être confirmés par les travaux actuellement
menés par la CNSA.
11 Cf. communiqué de Korian / Clariane en date du 14 novembre 2023.
12 Cf. document d’enregistrement universel 2022 d’Orpéa et Korian / Clariane et de LNA Santé.
0 €
10 €
20 €
30 €
40 €
50 €
60 €
70 €
80 €
Korian Orpea LNA Santé
24/01/2022 : Le Monde publie des
éléments du livre « Les Fossoyeurs ».
11/03/2020 : l’OMS qualifie
la Covid-19 de Pandémie
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Annexe I
- 12 -
12
Tableau 6 : Évolution de la situation financière des EHPAD par secteur et par capacité (moyenne)
Chiffre d'affaires EBITDA Marge EBITDA Résultat
2020 2021 2022 2020 2021 2022 2020 2021 2022 2020 2021 2022
Secteur privé lucratif 3,90 M€ 4,11 M€ 3,81 M€ 0,27 M€ 0,24 M€ 0,12 M€ 6,9 % 5,9 % 3,1 % 0,08 M€ 0,10 M€ -0,06 M€
Moins de 45 places 2,22 M€ 2,15 M€ 1,54 M€ 0,14 M€ 0,12 M€ -0,03 M€ 6,3 % 5,5 % -1,7 % 0,03 M€ 0,02 M€ -0,09 M€
45 à 59 places 2,31 M€ 2,24 M€ 2,08 M€ 0,09 M€ 0,13 M€ -0,01 M€ 3,8 % 5,6 % -0,3 % -0,04 M€ 0,06 M€ -0,07 M€
60 à 99 places 3,88 M€ 4,01 M€ 3,94 M€ 0,36 M€ 0,28 M€ 0,17 M€ 9,2 % 6,9 % 4,2 % 0,15 M€ 0,13 M€ -0,01 M€
100 à 199 places 5,67 M€ 5,80 M€ 6,10 M€ 0,37 M€ 0,31 M€ 0,09 M€ 6,5 % 5,3 % 1,5 % 0,12 M€ 0,10 M€ -0,31 M€
Plus de 199 places 5,58 M€ 5,50 M€ 8,90 M€ 0,41 M€ 0,02 M€ 0,06 M€ 7,3 % 0,4 % 0,7 % 0,26 M€ -0,12 M€ -0,14 M€
Secteur privé non lucratif 3,65 M€ 3,86 M€ 3,99 M€ 0,33 M€ 0,28 M€ 0,24 M€ 8,9 % 7,3 % 6,1 % 0,05 M€ 0,00 M€ -0,04 M€
Moins de 45 places 2,11 M€ 2,13 M€ 1,98 M€ 0,17 M€ 0,14 M€ 0,08 M€ 8,3 % 6,4 % 3,8 % 0,02 M€ -0,01 M€ -0,04 M€
45 à 59 places 2,49 M€ 2,65 M€ 2,72 M€ 0,19 M€ 0,14 M€ 0,15 M€ 7,4 % 5,4 % 5,5 % 0,02 M€ -0,02 M€ -0,04 M€
60 à 99 places 3,60 M€ 3,79 M€ 3,89 M€ 0,33 M€ 0,29 M€ 0,24 M€ 9,2 % 7,5 % 6,2 % 0,06 M€ 0,02 M€ -0,03 M€
100 à 199 places 5,79 M€ 6,12 M€ 6,42 M€ 0,52 M€ 0,46 M€ 0,43 M€ 9,0 % 7,6 % 6,6 % 0,04 M€ 0,00 M€ -0,08 M€
Plus de 199 places 9,29 M€ 7,89 M€ 12,04 M€ 0,89 M€ 0,52 M€ 0,77 M€ 9,5 % 6,6 % 6,4 % 0,12 M€ -0,11 M€ -0,15 M€
Secteur public 3,88 M€ 4,09 M€ 4,26 M€ 0,38 M€ 0,31 M€ 0,25 M€ 9,8 % 7,5 % 5,8 % 0,07 M€ 0,01 M€ -0,06 M€
Moins de 45 places 2,06 M€ 2,19 M€ 2,00 M€ 0,18 M€ 0,11 M€ 0,06 M€ 8,7 % 5,2 % 2,9 % 0,04 M€ -0,02 M€ -0,05 M€
45 à 59 places 2,42 M€ 2,57 M€ 2,67 M€ 0,22 M€ 0,16 M€ 0,11 M€ 9,0 % 6,3 % 4,3 % 0,05 M€ 0,00 M€ -0,05 M€
60 à 99 places 3,60 M€ 3,76 M€ 3,90 M€ 0,35 M€ 0,29 M€ 0,23 M€ 9,8 % 7,7 % 6,0 % 0,07 M€ 0,02 M€ -0,05 M€
100 à 199 places 6,14 M€ 6,41 M€ 6,66 M€ 0,66 M€ 0,54 M€ 0,48 M€ 10,8 % 8,5 % 7,2 % 0,14 M€ 0,03 M€ -0,06 M€
Plus de 199 places 8,08 M€ 8,99 M€ 12,75 M€ 0,76 M€ 0,62 M€ 0,68 M€ 9,4 % 6,9 % 5,3 % 0,06 M€ -0,05 M€ -0,19 M€
Source : extraction « ERRD FIN FINESSET.csv" » (données saisies dans les fichiers de présentation tarifaire) à la date du 18/12/2023. Champ : ERRD complet
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Annexe I
- 13 -
13
3. Le groupe Médicharme, qui connait une baisse d’activité comparable
au reste du secteur, est en grande difficulté du fait de ses choix
stratégiques
3.1. L’examen des comptes consolidés du groupe montre que l’exploitation est
déficitaire depuis plusieurs années
Le chiffre d’affaires du groupe Médicharme (156 M€ en 2022) peut être décomposé en
deux grands types d’activités (cf. figure 5) :
l’exploitation d’EHPAD, dont le chiffre d’affaires (CA) se subdivise lui-même entre
les revenus tirés :
des prestations d’hébergement (notamment : mise à disposition et entretien des
chambres des résidents) dont le socle est défini par l’annexe 2-3-1 du code de
l’action sociale et des familles (CA 2022 : 44 M€, soit 28 % du CA total et 50 % du
CA hors immobilier) ;
des prestations de soins financées par l’assurance-maladie, c’est-à-dire le
suivi sanitaire et médical des résidents (CA 2022 : 34 M€ soit 22 % du CA total
et 38 % du CA hors immobilier) ;
des prestations de dépendance financées par le département, comprenant
l’aide, la surveillance et l’assistance pour l’accomplissement des actes de la vie
quotidienne (CA 2022 : 11 M€ soit 7 % du CA total et 12 % du CA hors
immobilier) ;
la revente des chambres d’EHPAD acquises dans le cadre de la croissance externe du
groupe (CA : 67 M€ en 2022, 43 % du CA total).
Figure 5 : Décomposition du CA consolidé du groupe Médicharme entre 2019 et 2022
Source : comptes consolidés du groupe Médicharme depuis 2018, mission.
L’excédent brut d’exploitation (EBE), solde intermédiaire de gestion proche de la notion
d’Ebitda retraçant la capacité du groupe à générer de la trésorerie à partir de son
exploitation, est très positif depuis 2019, ressortant en moyenne à 14,5 M€.
0
20
40
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100
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140
160
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2019 2020 2021 2022
Millions
CA immobilier
CA dépendance
CA soin
CA hébergement
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14
Toutefois, le calcul de l’EBE comprend l’activité d’achat-vente d’immobilier. Or celle-ci n’est
pas, par nature, associée à l’exploitation d’EHPAD et n’est pas pérenne. En effet, elle ne peut se
poursuivre que dans le contexte d’une croissance externe dynamique, permettant d’acquérir
de nouveaux EHPAD afin d’en vendre les murs (et sous réserve qu’il existe un marché pour les
chambres d’EHPAD).
Par conséquent, pour mieux approcher la réalité de l’exploitation du groupe, la mission estime
nécessaire de retraiter l’EBE, c’est-à-dire de calculer un « EBE hors immobilier », en
retranchant :
le revenu lié aux activités immobilières s’agissant des produits ;
les dépensés liées achats immobiliers s’agissant des charges.
Le calcul de l’EBE hors immobilier réalisé par la mission fait apparaitre que
l’exploitation est en réalité déficitaire depuis 2020 (cf. figure 6), avec un taux d’EBE hors
immobilier rapporté au CA hors immobilier qui n’a cessé de se dégrader pour atteindre
-11 % en 2022 (marge d’EBE hors immobilier).
Figure 6 : Évolution de l’EBE du groupe Médicharme entre 2019 et 2022
Source : comptes consolidés du groupe Médicharme depuis 2018, mission.
En outre, le changement de norme comptable intervenu en 2019 (cf. encadré 1) a modifié le
calcul de l’EBE : les loyers associés à des baux d’une durée supérieure à un an ne sont plus
comptabilisés comme des charges d’exploitation, comprises dans le calcul d’EBE/EBITDA, mais
apparaissent sous la forme d’une dotation aux amortissements et d’une charge d’intérêts. Ainsi,
si l’on souhaite donner une image la plus fidèle possible du cash-flow généré par l’exploitation,
il faut alors également retrancher de « l’EBE hors immobilier » la somme du montant de la
dotation aux amortissements des droits d’utilisation des immeubles et du montant des intérêts
sur obligations locatives13, ce qui permet de calculer « l’EBE hors immobilier pré-IFRS 16 » en
reconstituant l’équivalent des charges de loyers. Selon, un tel calcul, l’exploitation serait en
réalité déficitaire sur l’ensemble de la période.
Par ailleurs, le résultat net consolidé du groupe est déficitaire depuis 2019, et très
négatif en 2022 en raison de dépréciation de goodwill (-23,5 M€) et d'actifs incorporels,
tels que les autorisations d'exploitation (-30,5 M€ en 2022).
13 Constituant ensemble l’équivalent des charges de loyers pré-IFRS 16.
8%
-4% -6% -11% -20%
-10%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
-15
-10
-5
0
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2019 2020 2021 2022
Millions
Excédent brut
d'exploitation
EBE hors immobilier
(calcul mission)
Marge EBE hors immobilier
(calcul mission)
Marge d'excédent brut
d'exploitation
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Annexe I
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15
Tableau 7 : Compte de résultat consolidé du groupe Médicharme
2019 2020 2021 2022
Chiffre d'affaires 53,8 M€ 112,5 M€ 136,9 M€ 155,8 M€
dont CA hébergement 21,1 M€ 31,9 M€ 37,7 M€ 44,1 M€
dont CA soin 12,6 M€ 20,3 M€ 30,5 M€ 34,2 M€
dont CA dépendance 4,3 M€ 7,2 M€ 9,8 M€ 10,5 M€
dont CA immobilier 15,8 M€ 53,2 M€ 59,0 M€ 66,9 M€
CA hors immobilier (calcul mission) 38,0 M€ 59,3 M€ 77,9 M€ 88,9 M€
Charges de personnel -21,4 M€ -35,9 M€ -50,9 M€ -59,6 M€
dont charges de personnel siège -2,1 M€ -3,7 M€ -5,7 M€ -6,8 M€
Achats consommés et autres charges externes -20,7 M€ -48,7 M€ -61,8 M€ -74,5 M€
dont achats denrées et autres -4,7 M€ -12,2 M€ -17,0 M€ -19,6 M€
dont achats denrées -2,2 M€ -8,1 M€ -12,1 M€ -12,6 M€
dont autres achats -2,5 M€ -4,0 M€ -4,9 M€ -7,1 M€
dont achats immobiliers -9,5 M€ -27,3 M€ -34,5 M€ -41,3 M€
dont sous-traitance -1,4 M€ -1,5 M€ -1,7 M€ -2,5 M€
dont entretien et maintenance -0,7 M€ -1,0 M€ -1,6 M€ -2,0 M€
dont honoraires -2,4 M€ -5,0 M€ -4,6 M€ -6,2 M€
dont autres -1,9 M€ -1,7 M€ -2,4 M€ -2,9 M€
Loyers -0,9 M€ -2,2 M€ -2,0 M€ -2,4 M€
Impôts et taxes -1,3 M€ -1,9 M€ -2,5 M€ -3,6 M€
Autres produits et charges d'exploitation 0,0 M€ 0,0 M€ -0,1 M€ -0,1 M€
Excédent brut d'exploitation 9,5 M€ 23,8 M€ 19,6 M€ 15,7 M€
EBE hors immobilier (calcul mission) 3,2 M€ -2,1 M€ -4,9 M€ -9,9 M€
EBE hors immobilier pré-IFRS 16 (calcul mission) -0,2 M€ -7,1 M€ -12,9 M€ -22,9 M€
Dotations nettes aux amortissements et provisions -3,9 M€ -6,2 M€ -8,8 M€ -13,1 M€
dont dotations aux amortissements et
dépréciations des immobilisations corporelles -0,9 M€ -2,3 M€ -3,0 M€ -3,7 M€
dont dotations aux amortissements droits
d'utilisation IFRS 16 -2,9 M€ -3,9 M€ -5,6 M€ -8,8 M€
dont autre -0,1 M€ 0,1 M€ -0,1 M€ -0,5 M€
Résultat opérationnel courant 5,6 M€ 17,6 M€ 10,8 M€ 2,6 M€
Autre résultat opérationnel* -5,7 M€ -11,5 M€ -6,7 M€ -57,6 M€
Résultat opérationnel -0,1 M€ 6,1 M€ 4,2 M€ -55,0 M€
Produits de trésorerie 0,0 M€ 0,0 M€ 0,0 M€ 0,0 M€
Coût de l'endettement brut -3,6 M€ -6,2 M€ -10,0 M€ -13,2 M€
dont intérêts sur emprunts -1,0 M€ -1,0 M€ -1,8 M€ -1,7 M€
dont intérêts sur dette obligataire -2,0 M€ -4,2 M€ -5,7 M€ -6,8 M€
dont intérêts sur obligations locatives -0,6 M€ -1,1 M€ -2,4 M€ -4,2 M€
dont intérêts sur découverts 0,0 M€ 0,0 M€ -0,2 M€ -0,5 M€
Coût de l'endettement net -3,6 M€ -6,2 M€ -10,0 M€ -13,2 M€
Autres produits financiers 0,0 M€ 0,0 M€ 0,0 M€ 0,0 M€
Autres charges financières -0,3 M€ 0,0 M€ 0,0 M€ -0,4 M€
Impôt sur le résultat 0,2 M€ -2,2 M€ -0,5 M€ 9,1 M€
Résultat net -3,7 M€ -2,4 M€ -6,4 M€ -59,5 M€
Source : comptes consolidés du groupe Médicharme depuis 2018, mission. *Notamment en 2022 : dépréciation et sortie
de goodwill (-23,5 M€) et dépréciation d'actifs incorporels tels que les autorisations d'exploitation (-30,5 M€).
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Annexe I
- 16 -
16
3.2. En raison d’une baisse de l’activité et de coûts fixes élevés, l’exploitation des
EHPAD du groupe génère une très faible marge avant imputation des coûts
centraux
L’examen de la situation financière des établissements du groupe Médicharme en 2022 fait
apparaitre une situation globalement déséquilibrée, bien que contrastée. A la date du contrôle,
32 EHPAD accueillaient des résidents, à la suite de la fermeture ou du transfert de trois
établissements (la fruitière, la Roseraie, les Charmilles). Ces trois établissements sont exclus
du périmètre de l’analyse ci-dessous (cf. tableau 8). Par ailleurs, 8 établissements sont
regroupés sous 3 sociétés :
deux établissements, Meissel et Aeria, appartiennent à la société d’exploitation de
maisons de repos et de retraites (SEMRR) ;
trois établissements, Résidence Zoppola, Résidence de Beurre et Résidence du Lac,
appartiennent à la SAS Résidence du Lac ;
trois établissements, les Eaux Vives Seuil d'Argonne, les Eaux Vives Souilly, les Eaux
Vives Pierrefitte-Sur-Aire, appartiennent à la SAS ELTER.
Ainsi, sur les 27 sociétés, regroupant les 32 EHPAD en activité :
4 sociétés ont un EBITDAR, c’est-à-dire un excédent brut d’exploitation avant
paiement des loyers, négatif ; sur l’ensemble du périmètre, l’EBITDAR est de 16 % ;
9 sociétés ont un EBITDA14 avant paiement des coûts centraux (« management
fees » facturés par le siège) négatif ; sur l’ensemble du périmètre, la marge d’EBITDA
hors coûts centraux est de seulement 3 % ;
Seules 7 sociétés ont un résultat net positif, et parmi celles-ci, une société (les chênes
verts) aurait eu un résultat net négatif hors résultat exceptionnel d’environ 11 M€.
L’exploitation souvent déficitaire de ces établissements s’explique par la conjonction :
d’un taux d’occupation relativement bas : 10 sociétés ont un taux d’occupation
inférieur à 90 % (voire à 80 % pour trois d’entre elles - Oreadis, Les Châtaigniers, La
Croix du Sud) ;
de coûts fixes élevés :
les dépenses de personnel et de loyer représentent, sur le périmètre des EHPAD
en activité15, plus de 70 % des coûts ;
les coûts de consommables, principaux coûts variables, ne représentent
qu’environ 7 % du CA.
Le résultat net très déficitaire de ces sociétés est notamment dû au niveau élevé des frais
de siège (environ 10 % du CA).
Ces observations sont confirmées par l’examen de l’évolution de la structure de coûts
du groupe.
14 EBITDA calculé selon une méthodologie pré-IFRS 16, c’est-à-dire intégrant les loyers comme des charges
d’exploitation.
15 À distinguer du périmètre de consolidation du groupe évoqué infra, qui comprend également le siège et les
établissements fermés pour lesquels des loyers ou des dépenses de personnel ont pu être acquittées au cours de
l’année 2022.
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Annexe I
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17
Tableau 8 : Principaux indicateurs financiers des EHPAD en activité du groupe Médicharme (année 2022)
Établissement Lits TO CA Personnel %
CA EBITDAR Marge % Loyers
Tiers % CA EBITDA
hors MF Marge % Management
fees (MF) % CA RESULTAT
NET
RESIDENCE SAINT GEORGES 110 91 % 4 580 (2 062) 45 % 1 417 31 % (707) 15,4 % 722 16 % (409) 8,9 % 238
OREADIS 24 58 % 1 302 (735) 57 % 146 11 % (115) 8,8 % 31 2 % (115) 8,8 % (199)
LES CHATAIGNIERS 50 64 % 1 749 (1 320) 75 % (226) -13 % (305) 17,5 % (532) -30 % (154) 8,8 % (1 212)
LA CROIX DU SUD 95 77 % 3 112 (1 912) 61 % 393 13 % (342) 11,0 % 49 2 % (274) 8,8 % (213)
LA MADRAGUE 47 91 % 1 704 (1 114) 65 % 57 3 % (119) 7,0 % 126 7 % (174) 10,2 % (82)
MEISSEL - AERIA 142 100 % 6 893 (3 395) 49 % 1 773 26 % (763) 11,1 % 688 10 % (561) 8,1 % 36
L'ELVODY 46 93 % 2 270 (1 207) 53 % 561 25 % (389) 17,1 % 131 6 % (203) 8,9 % (172)
LE BEAU SITE 40 88 % 1 781 (1 104) 62 % 211 12 % (138) 7,7 % 73 4 % (157) 8,8 % (118)
LA VALLEE DU BANDIAT 40 95 % 1 566 (970) 62 % 128 8 % (219) 14,0 % (6) 0 % (153) 9,8 % (215)
VITEAL - LES MIMOSAS 57 96 % 3 137 (1 706) 54 % 646 21 % (625) 19,9 % 21 1 % (277) 8,8 % (270)
LA MAISON DE THERESE 26 85 % 1 389 (696) 50 % 245 18 % (128) 9,2 % 117 8 % (123) 8,8 % 6
LA JUVENIE 47 81 % 2 266 (1 367) 60 % 177 8 % (167) 7,4 % (68) -3 % (212) 9,4 % (291)
LES CHENES VERTS 69 97 % 3 357 (1 942) 58 % 710 21 % (403) 12,0 % 307 9 % (703) 21,0 % 7 855
LES GENEVRIERS 82 98 % 4 006 (2 313) 58 % 285 7 % (511) 12,7 % (247) -6 % (383) 9,6 % (244)
RESIDENCE ZOPPOLA
RESIDENCE DE BEURRE
RESIDENCE DU LAC
136 98 % 6 572 (4 002) 61 % 769 12 % (1 101) 16,7 % (270) -4 % (609) 9,3 % (1 663)
LES QUATRE SAISONS 40 100 % 1 946 (1 105) 57 % 426 22 % (286) 14,7 % 141 7 % (172) 8,8 % (97)
SEUIL D'ARGONNE - SOUILLY
PIERREFITTE-SUR-AIRE 109 93 % 4 914 (2 507) 51 % 1 256 26 % (880) 17,9 % 376 8 % (433) 8,8 % (184)
LE CHAMP DE LA DAME 84 87 % 4 292 (2 259) 53 % 1 234 29 % (677) 15,8 % 692 16 % (398) 9,3 % 191
LES FEUILLANTINES 54 87 % 2 536 (2 060) 81 % (187) -7 % - 0,0 % (242) -10 % (188) 7,4 % (655)
RESIDENCE DE FRANCE 84 88 % 4 090 (1 954) 48 % 1 262 31 % (447) 10,9 % 762 19 % (361) 8,8 % 290
VILLA CLAUDINE 36 100 % 1 540 (886) 57 % 331 22 % (240) 15,6 % 132 9 % (143) 9,3 % (55)
LES AIRELLES 28 100 % 1 433 (1 025) 72 % (7) -1 % (165) 11,5 % (179) -13 % (126) 8,8 % (903)
LES JARDINS D'AIFFRES 39 87 % 1 930 (1 163) 60 % (277) -14 % (564) 29,2 % (841) -44 % (196) 10,2 % (1 100)
AU BON ACCUEIL 24 96 % 1 104 (692) 63 % 108 10 % - 0,0 % 34 3 % (100) 9,0 % (211)
LES JARDINS DE SAINTE
BAUME 85 98 % 3 877 (2 253) 58 % 752 19 % (763) 19,7 % (10) 0 % (342) 8,8 % (541)
LES AMIS DES AINES 19 100 % 936 (435) 46 % 278 30 % - 0,0 % 215 23 % (83) 8,8 % (65)
LA BASTIDE DU LUBERON 92 95 % 4 809 (3 223) 67 % 564 12 % (359) 7,5 % 205 4 % (942) 19,6 % 2 094
TOTAL 1705 N.A. 79 091 (45 407) 57 % 13032 16 % (10413) 13 % 2427 3 % (7991) 10 % 2220
Source : Médicharme.
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Annexe I
- 18 -
18
3.3. Les difficultés du groupe sont dues à l’accroissement des charges de
personnel, à des charges financières élevées et à sa stratégie de croissance
financée par la revente de chambres de d’EHPAD
3.3.1. L’analyse des comptes consolidés du groupe fait apparaitre un accroissement de
ses charges rapportées à son chiffre d’affaires
Alors que l’activité du groupe stagnait, voire reculait, comme dans l’ensemble du secteur, sous
l’effet des différents chocs (pandémie, image) évoqués supra, la part de ses principales charges
dans le chiffre d’affaires « hors immobilier » a continué à croitre (cf. figure 7) ou à se maintenir
à un niveau élevé. Entre 2019 et 2022, période pendant laquelle le groupe a triplé de taille
en nombre de lits16 :
les charges de personnel rapportées au CA se sont accrues de 11 points, passant de
56 % du CA à 67 % du CA17 ; elles incluent les charges de personnel du siège, dont la part
dans le CA s’est accrue de 2 points au lieu de diminuer à mesure que le groupe
s’agrandissait18 ;
les charges associées aux achats de denrées et autres rapportées au CA ont
augmenté de 9 points, passant de 13 % du CA à 22 % du CA ;
les charges de loyers rapportées au CA ont augmenté de 7 points, passant de 8 % du
CA à 15 % du CA ; elles ont été reconstituées post IFRS 16 en faisant la somme du
montant de la dotation aux amortissements des droits d’utilisation des immeubles et du
montant des intérêts sur obligations locatives (cf. encadré 1) ;
les intérêts de la dette financière (c’est-à-dire hors intérêts sur obligations
locatives) rapportés au CA ont cru de 2 points, passant de 8 % du CA à 10 % du CA.
La progression du taux de ces charges rapportées au CA s’explique en partie par un effet
dénominateur : le CA réalisé est inférieur au CA potentiel du groupe, avec la baisse d’environ
7 points du taux d’occupation entre 2019 et 2022. Néanmoins, même en neutralisant cet effet,
ces taux augmentent fortement.
Figure 7 : Évolution de certaines charges du groupe Médicharme
Source : comptes consolidés du groupe Médicharme depuis 2018, mission.
16 Jusqu’en avril 2019, le groupe comptait 600 lits, contre 1 837 fin février 2022.
17 Le groupe indique que cet accroissement est dû au dynamisme du recrutement, visant à pouvoir aux postes
vacants et à créer des postes dans le cadre de sa démarche qualité, ainsi qu’à des augmentations de salaires.
18 Les effectifs et la masse salariale du siège n’avaient pas vocation à tripler, comme la taille du groupe sur la période.
56%
67%
13%
22%
8% 10% 9% 15%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
2019 2020 2021 2022
Charges de personnel
Achats de denrées et
autres
Intérêts sur dette
financière
Immobilier (loyers)
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Annexe I
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19
Encadré 1 : Comptabilisation des contrats de location selon la norme IFRS 16
La norme IFRS 16, qui remplace la norme IAS 17, est obligatoire pour les exercices ouverts à partir du
1 er janvier 2019. Elle impose un nouveau traitement comptable des contrats de location (les locations
dont la durée n’excède pas un an ou de faible valeur ne sont pas concernées).
Au bilan, ceux-ci doivent être comptabilisés comme suit :
à l’actif, figure un droit d’utilisation de l’actif (immobilier, véhicules, outils de production) égal à
la somme des loyers futurs actualisés ;
au passif figure une dette relative à l’obligation de paiement des loyers.
Au compte de résultat :
le droit d’utilisation est amorti sur la durée de la location, cet amortissement se substituant à un
loyer décaissé ;
les paiements relatifs à la dette locative sont considérés comme un remboursement d’emprunt :
seule la part d’intérêt figure en charge, la part en capital venant en diminution de la dette.
Les effets de cette nouvelle modalité de comptabilisation sont triples :
l’amortissement n’est (par construction) pas comptabilisé dans le calcul d’EBE / Ebitda,
contrairement aux loyers auxquels il se substitue (par conséquent, toutes choses égales par
ailleurs, l’EBE / Ebitda augmente post IFRS 16) ;
le paiement des intérêts sur obligations locatives est comptabilisé dans le résultat financier, ce
qui améliore le résultat opérationnel ;
en début de location, le résultat se dégrade légèrement car les amortissements sont généralement
linéaires et la part d’intérêt dégressive avec la durée.
Pour les besoins de la mission, les charges inhérentes à l’externalisation de l’immobilier par Médicharme
sont donc reconstituées en additionnant le montant de la dotation aux amortissement des droits
d’utilisation et le montant des intérêts sur obligations locatives.
Source : mission.
3.3.2. En vendant les chambres d’EHPAD, le groupe a fait financer sa croissance externe
par l’exploitation future des établissements, grâce à des opérations
immobilières dont la rationalité économique est incertaine
3.3.2.1. En raison notamment de frottements fiscaux significatifs, les opérations
immobilières du groupe ont dégagé un résultat net comptable positif tout en
consommant de la trésorerie
L’ancienne direction de Médicharme a mis en place une stratégie de croissance externe
ambitieuse, cf. supra, en vue d’atteindre une taille critique permettant potentiellement de
revendre le groupe dans le contexte de consolidation du secteur observé au cours des années
2010. Ces acquisitions ont été financées par deux moyens :
la souscription d’une dette obligataire auprès du fonds BlackRock, logée dans la holding
Avenir Santé (AVS) ;
la revente, au fil des acquisitions d’établissements, des chambres d’EHPAD :
à la découpe à des particuliers (via le dispositif fiscal LMNP – cf. encadré 2) ;
à des acteurs institutionnels.
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Annexe I
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20
La revente des chambres a permis au groupe de dégager des liquidités, celles issues
d’opérations relevant du périmètre de la holding AVS étant alors nanties conformément aux
termes du contrat de souscription conclu le 21 juin 2019 entre Avenir Santé, GLAS en et
BlackRock19. L’examen du bilan comptable et « cash » de ces opérations montre qu’elles ont
généré une marge comptable importante, tout en consommant in fine de la trésorerie
(cf. figure 8 et tableau 9). En effet, schématiquement :
le résultat comptable est égal au produit des vente de chambres d’EHPAD auquel
on soustrait :
les frais de vente et honoraires ;
la valeur nette comptable (VNC) de l’immobilier (souvent faible ou nulle
s’agissant d’immeubles amortis) ;
les dotations aux amortissements associées aux travaux (faibles car ces
montants sont amortis sur 10 à 20 ans) ;
l’impôt sur les sociétés (IS) et, le cas échéant, la participation, calculés sur la marge
comptable (élevée, dès lors que la VNC était faible ou nulle).
le résultat « cash » est égal au produit des ventes de chambres d’EHPAD auquel on
soustrait :
les frais de vente et honoraires ;
la valeur conventionnelle de l’immobilier, c’est-à-dire la valeur convenue entre
l’acquéreur et le vendeur au moment de l’acquisition concomitante de
l’exploitation et de l’immeuble ;
le coût intégral des travaux (et non le moment de la dotation aux
amortissements) ;
l’IS et, le cas échéant, la participation, calculés sur la marge comptable (et non sur
la marge cash, très inférieure).
En conclusion le groupe a dégagé :
une marge comptable avant IS très élevée, du fait de VNC nulles ou faibles, fortement
imposée à l’IS et donnant parfois lieu à des versements très importants de participation ;
une marge cash avant IS faible, du fait de valeurs conventionnelles en moyenne 5 fois
plus élevées que les VNC et du montant des travaux, à laquelle il a fallu soustraire un IS
élevé (car calculé sur la marge comptable).
Cela a entrainé, pour ces opérations immobilières, un résultat net comptable élevé
(+ 90 M€, soit + 47 % de marge comptable nette) et un résultat cash négatif (-15 M€, soit
– 8 % de marge cash nette).
19 Cf. décision en date du 8 juillet 2019 enregistrée au RCS le 9 octobre 2019. En plus du nantissement de ses
comptes bancaires, AVS a nanti des participations et ses créances intragroupe, et Médicharme a notamment nanti
sa participation dans AVS.
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Annexe I
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Figure 8 : Distinction entre les impacts en comptabilité et en trésorerie des opérations
immobilières du groupe Médicharme
Source : Direction des affaires financières de Médicharme, mission.
COMPTABILITÉ
Produit des ventes
Honoraires divers
Valeur nette comptable
Amortissements de travaux
Marge comptable avant IS &
participation
IS & participation
(calculé sur marge comptable)
RÉSULTAT NET COMPTABLE
Marge de +47%
TRÉSORERIE
Produit des ventes
Honoraires divers
Valeur conventionnelle
= VNC x 5
Coûts des travaux
= amortissements x [10 à 20]
Marge cash avant IS &
participation
= marge comptable ÷ 6
IS & participation
(calculé sur marge comptable)
RÉSULTAT CASH
Marge de -8%
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Annexe I
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22
Tableau 9 : bilan en trésorerie et en comptabilité des opérations immobilières du groupe Médicharme
Société Produit
ventes
Valeur
conventionnelle VNC
Marge cash
avant IS &
participation
Marge P&L
avant IS &
participation
IS Part.
Marge cash
après IS et
participation
Marge P&L
après IS
Participation
Montant % CA Montant % CA
Foncière Château Coeuvres 16,5 M€ 6,8 M€ 0,4 M€ 1,6 M€ 8,7 M€ -2,3 M€ N.A. -0,7 M€ -4 % 6,4 M€ 39 %
Genévriers 11,8 M€ 9,9 M€ 2,8 M€ -0,1 M€ 7,2 M€ -1,5 M€ -1,7 M€ -3,3 M€ -28 % 4,1 M€ 34 %
Foncière Château Coeuvres 8,4 M€ 6,1 M€ 0,0 M€ 0,6 M€ 2,4 M€ -0,6 M€ N.A. -0,1 M€ -1 % 1,7 M€ 21 %
Foncière Château Coeuvres 6,0 M€ 0,8 M€ 0,0 M€ 0,9 M€ 1,3 M€ -0,3 M€ N.A. 0,6 M€ 10 % 1,0 M€ 16 %
RDL / ABL / Alyson / Malou 26,1 M€ 17,2 M€ 3,5 M€ 3,5 M€ 18,8 M€ -4,4 M€ -1,4 M€ -2,3 M€ -9 % 13,0 M€ 50 %
Suisse Normande 4,2 M€ 3,5 M€ 0,9 M€ 0,6 M€ 3,3 M€ -0,8 M€ N.A. -0,2 M€ -4 % 2,5 M€ 60 %
SCI La Fruitière 4,6 M€ 4,0 M€ 0,3 M€ -0,1 M€ 3,9 M€ -1,0 M€ N.A. -1,1 M€ -23 % 2,9 M€ 62 %
SCI Ste Baume 15,8 M€ 13,6 M€ 2,6 M€ -0,1 M€ 11,9 M€ -3,2 M€ N.A. -3,3 M€ -21 % 8,7 M€ 55 %
Aeria / PCM / Almeriades 24,5 M€ 18,1 M€ 5,1 M€ 3,7 M€ 18,0 M€ -4,4 M€ N.A. -0,6 M€ -3 % 13,6 M€ 56 %
Total Avenir Santé 117,8 M€ 80,0 M€ 15,6 M€ 10,7 M€ 75,4 M€ -18,5 M€ -3,1 M€ -10,9 M€ -9 % 53,8 M€ 46 %
SC Jardin de la fontaine 6,3 M€ 4,5 M€ 0,1 M€ 0,8 M€ 5,7 M€ -1,5 M€ N.A. -0,7 M€ -12 % 4,2 M€ 67 %
Chênes Verts 11,5 M€ 9,4 M€ 0,1 M€ 0,7 M€ 10,8 M€ -2,9 M€ N.A. -2,1 M€ -18 % 7,9 M€ 69 %
Jean Serien 4,9 M€ 3,3 M€ 1,3 M€ 0,9 M€ 2,9 M€ -0,8 M€ N.A. 0,1 M€ 2 % 2,1 M€ 44 %
Passy les TOURS 15,1 M€ 8,9 M€ 2,4 M€ 4,1 M€ 10,8 M€ -2,9 M€ N.A. 1,1 M€ 7 % 7,8 M€ 52 %
ABEMI 2,8 M€ 1,3 M€ 0,0 M€ 0,9 M€ 1,1 M€ -0,3 M€ N.A. 0,6 M€ 22 % 0,8 M€ 29 %
SCI Bandiat 6,4 M€ 4,3 M€ 0,1 M€ 0,5 M€ 5,4 M€ -1,3 M€ N.A. -0,8 M€ -12 % 4,1 M€ 64 %
SCI Panifous 6,5 M€ 2,6 M€ 0,3 M€ -0,6 M€ 3,3 M€ -0,7 M€ N.A. -1,3 M€ -20 % 2,6 M€ 40 %
Jean Serien 3,3 M€ n/a 0,0 M€ 0,3 M€ 0,5 M€ -0,1 M€ N.A. 0,2 M€ 6 % 0,3 M€ 10 %
SCI Arbis 5,5 M€ 5,3 M€ 0,1 M€ -1,3 M€ 4,5 M€ -1,1 M€ N.A. -2,4 M€ -44 % 3,5 M€ 63 %
Bastide du Luberon 12,0 M€ 7,5 M€ 6,2 M€ 3,5 M€ 5,1 M€ -1,0 M€ -1,5 M€ 1,0 M€ 8 % 2,7 M€ 22 %
Total Médicharme 74,2 M€ 47,0 M€ 10,6 M€ 9,8 M€ 50,2 M€ -12,6 M€ -1,5 M€ -4,3 M€ -6 % 36,1 M€ 49 %
Total groupe 192,0 M€ 126,9 M€ 26,2 M€ 20,4 M€ 125,6 M€ -31,0 M€ -4,7 M€ -15,3 M€ -8 % 89,9 M€ 47 %
Source : Médicharme, mission.
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Annexe I
- 23 -
23
3.3.2.2. Ces opérations n’ont par ailleurs pas permis d’offrir à Médicharme des conditions
de financement avantageuses
La cession assortie d’un bail long terme (cession-bail ou lease back) s’analyse comme
suit (cf. également l’encadré 1 sur l’IFRS 16) :
au niveau des actifs d’exploitation : un droit d’utilisation des locaux vient se
substituer à l’immeuble cédé ;
au niveau financier : une entrée de trésorerie correspondant au prix de cession
net d’impôts et de frais de commercialisation a pour contrepartie une dette de
loyers sur la durée du bail.
Dans la mesure où l’expiration du bail met fin à toute obligation du locataire à l’égard du
bailleur, l’opération financière s’assimile à un emprunt amortissable en totalité, sur la
durée du bail, par annuités variables indexées conformément aux stipulations
contractuelles, sur l’augmentation annuelle des prix des prestations d’hébergement
plafonnée par arrêté des ministres chargés des personnes âgées et de l'économie20.
Si VN est l’entrée de trésorerie, L est le loyer initial revalorisé annuellement au taux i, et N la
durée du bail, le taux d’intérêt auquel MDC s’est procuré les fonds est donc tel que :
VN = ∑n=0->N L*(1+i)n/(1+t)n = L*∑n=0->N [(1+i)/(1+i+r)]n
où r est le taux d’intérêt réel du prêt.
Pour simplifier on considérera que (1+i)/(1+i+r) ~ 1/1+r et donc que r est tel que :
VN = L*∑n=0->N 1/1+r
r est donc le taux actuariel d’un prêt d’un montant VN amortissable par annuités constantes
sur N années, dont le taux nominal sera à peu près égal à r+i.
Dans le cas MDC, supposons un rendement locatif standard de 4 %, une durée de 18 ans et un
produit net VN égal à 66 % du prix de vente VB, après impôt sur la plus-value et frais de
commercialisation LMNP. L’annuité constante L est donc :
L = 4 %*VB = 4 %*(VN/0,66) = 6 %*VN
Les tables d’amortissement à annuités constantes donnent, pour un crédit sur 18 ans et une
annuité égale à 6 % du capital initial un taux actuariel de 1 %.
Si le taux de revalorisation annuel des loyers est de 2 %, le taux implicite auquel le
groupe s’est procuré les fonds est t = r+i = 1 % + 2 % = 3 %.
Ce taux apparait en première analyse plus bas que les conditions de marché à la même période.
Cependant, pour les acquisitions relevant du périmètre de la holding Avenir Santé,
Médicharme a dû nantir les sommes collectées pour obtenir, de la part de BlackRock, un
financement obligataire à des termes nettement moins favorables (taux variable indexé sur
l’euribor avec un plancher à 7,25 %).
Ces opérations ont conduit Médicharme à payer un taux d’intérêt implicite de l’ordre
7,25 % + 3 % = 10,25 % pour financer ses acquisitions (hors variation de l’euribor).
Ce montage, qui substitue une dette de loyer, directement acquittée par les sociétés
d’exploitations, à une dette financière qui aurait été logée dans des holdings, a au moins deux
conséquences défavorables :
20 Cf. article L. 342-3 du CASF : ce plafond tient compte de l'évolution des coûts de la construction et des loyers, des
produits alimentaires et des services et du taux d'évolution des retraites de base (0,46% en 2017, 1,21% en 2018,
1,25 % en 2019, 1,08% en 2020, 0,46% en 2021, 1,97% en 2022, 5,14% en 2023, soit en moyenne 2% depuis 2019).
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Annexe I
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24
il empêche la restructuration de l’activité (rapprochements d’établissements) en
figeant, pour la durée du bail, l’utilisation des immeubles ;
il contraint, en cas de difficultés financière, la restructuration financière du
groupe en multipliant les contreparties (les milliers de co-propriétaires des
chambres) et en changeant leurs nature (particuliers versus acteurs financiers).
3.3.2.3. Les particuliers ayant acheté des chambres d’EHPAD sont exposés à des risques
qu’ils semblent peu en capacité de mesurer
Les particuliers investissant en LMNP s’engagent dans une opération particulière : celle-ci est
juridiquement une transaction immobilière mais présente les caractéristiques économiques
d’un prêt avec un taux d’intérêt implicite comportant une composante fixe et une composante
variable (cf. supra). En effet, certains biens immobiliers cédés n’ont qu’une faible valeur
intrinsèque (c’est le cas notamment des chambres d’EHPAD isolés en territoire rural), le
montant de la transaction dépend donc essentiellement des cash flows que représentent les
loyers versés par l’exploitant pendant la durée du bail. Par conséquent, les investisseurs sont
exposés à plusieurs risques.
En premier lieu, le particulier s’expose à un risque de contrepartie : l’opération
s’analysant économiquement comme un prêt, le risque principal est que la contrepartie du
prêt, la société d’exploitation d’EHPAD, preneur du bail, soit défaillante et entre en procédure
collective. Dans une telle hypothèse :
en l’absence de repreneur, les loyers ne sont plus versés et la valeur de la chambre
d’EHPAD, qui dépendait de ces versements, peut être quasiment nulle (en fonction de sa
localisation) ;
en cas de reprise des actifs sans reprise de la personne morale partie au contrat de bail,
un nouveau contrat de bail doit être passé avec le nouveau preneur du bail, qui n’a
aucune incitation à maintenir les loyers élevés consentis initialement en contrepartie de
l’apport de liquidités.
Dans une telle situation, l’acheteur / bailleur peut perdre la quasi intégralité du capital
engagé. Si son acquisition a été financée pour tout ou partie par un prêt bancaire, le particulier
peut se trouver en « negative equity », avec un montant à rembourser supérieur à la valeur de
sa chambre d’EHPAD.
L’acquéreur peut également surestimer la valeur terminale de son investissement, qui
sera déterminée par plusieurs paramètres :
le maintien de l’exploitation d’un EHPAD à l’issue du bail, qui dépend elle-même à la
fois de la volonté de l’exploitant de poursuivre son activité dans le même bâtiment et de
sa capacité à conserver ou renouveler ses autorisations administratives ;
les stipulations du nouveau contrat de bail à passer avec l’exploitant (durée, niveau
des loyers, modalités de leurs révisions), probablement moins favorables que celles du
contrat initial, obtenues en contrepartie d’un apport de liquidité pour l’exploitant.
Cette valeur terminale est pourtant essentielle pour calculer le taux de rentabilité
interne de cet investissement. À titre d’exemple, la mission a calculé le TRI d’un
investissement dans une chambre d’EHPAD suivant la décote que subirait celle-ci à la fin du
bail. Les hypothèses de travail sont les suivantes :
Caractéristiques de l'investissement :
Prix de la chambre : 150 000 € ;
Dispositif « Censi Bouvard » : non éligible ;
Taux de rendement : 4,0 % (loyer initial : 6 000 €) ;
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Annexe I
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25
Taux de frais divers : 0,5 % ;
Indexation du loyer : 2,0 % ;
Taux de financement bancaire : 50,0 % ;
Valeur terminale : décote de 33,0 % ou 100 %.
Caractéristiques du prêt :
Taux effectif global annuel : 3,0 % ;
Capital emprunté : 75 000 € ;
Durée du prêt : 18 ans ;
Annuités : 5 398 €.
Si la valeur terminale du bien subit une décote de seulement 33 %, le TRI de cet
investissement atteint 2,7 %. Cette valeur terminale faiblement décotée suppose qu’au
terme du bail, l’exploitation existe toujours, et l’exploitant consent renouveler le bail pour un
loyer et une durée de bail proches des stipulations du bail initial. Si la valeur terminale subit
une décote de 100 %, c’est-à-dire par exemple si le bail n’est pas renouvelé pour une
raison évoquée supra, le TRI de l’opération est de -11,4 %.
Tableau 10 : calcul du TRI d’un investissement dans une chambre d’EHPAD dont la
valeur terminale est décotée de 33 %
Montants en euros Année 1 Année 2 Année 3 à 17 Année 18 Total
Capital (décote 33 %) -75 000 0 0 100 500 25 500
Loyers 6 000 6 120 6242 à 8 237 8 401 128 474
Frais divers -750 -765 -780 à -1030 -1 050 -16 059
Prêt -5 398 -5 398 -5 398 -5 398 -97 155
Cash flows -75 148 -43 65 à 1810 102 454 40 759
TRI 2,7 %
Source : mission.
Tableau 11 : calcul du TRI d’un investissement dans une chambre d’EHPAD dont la
valeur terminale est décotée de 100 %
Montants en euros Année 1 Année 2 Année 3 à 17 Année 18 Total
Capital (décote 100 %) -75 000 0 0 0 -75 000
Loyers 6 000 6 120 6242 à 8 237 8 401 128 474
Frais divers -750 -765 -780 à -1030 -1 050 -16 059
Prêt -5 398 -5 398 -5 398 -5 398 -97 155
Cash flows -75 148 -43 65 à 1810 1 954 -59 741
TRI -11,4 %
Source : mission.
Enfin, l’investisseur particulier peut le cas échéant s’exposer à d’autres risques :
dégradation du bien dont les travaux de maintenance, rénovation et entretien sont à la charge
du preneur, survenance de « grosses réparations » au sens de l’article 606 du code civil21 etc.
21 Art. 606 du code civil : « les grosses réparations sont celles des gros murs et des voûtes, le rétablissement des poutres
et des couvertures entières. Celui des digues et des murs de soutènement et de clôture aussi en entier. Toutes les autres
réparations sont d'entretien. »
-- 79 of 338 --
Annexe I
- 26 -
26
Pour répondre à ces enjeux, la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence,
à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dite « loi Sapin 2 », a
introduit un article L. 122-23 du code de la consommation assujétissant la publicité pour
certains investissements locatifs à des obligations renforcées. Ainsi, la publicité pour les
opérations ouvrant droit aux dispositifs fiscaux prévus aux articles 199 tervicies22,
199 sexvicies23 et 199 novovicies24 du code général des impôts doit permettre
« raisonnablement de comprendre les risques afférents à l'investissement ». Avec la mise en
extinction du Censi-Bouvard, ces dispositions ne seront plus applicables aux
acquisitions de chambre d’EHPAD en LMNP.
22 Réduction d'impôt dite « Malraux » (dépenses liées à la restauration complète de certains immeubles classés).
23 Réduction d'impôt dite « Censi-Bouvard » (cf. encadré).
24 Réduction d'impôt dite « Denormandie ancien » (dépenses liées à l’acquisition d’un logement vide à rénover dans
certaines zones).
-- 80 of 338 --
Annexe I
- 27 -
27
Encadré 2 : EHPAD et investissement locatif des particuliers
Statut de loueur meublé non professionnel
Défini par l’article 155 du code général des impôts, le statut de loueur de meublé non professionnel (LMNP) permet
à un propriétaire de mettre à disposition une chambre, dans une résidence, neuve ou ancienne, offrant un ensemble
de services destinés aux soins quotidiens et à l’assistance de personnes de plus de 60 ans. Pour ce faire, le
propriétaire signe avec l’exploitant de l’EHPAD un bail commercial (ce dernier n’est donc pas locataire) d’une durée
de neuf à douze ans. La gestion locative est entièrement à la charge de l’exploitant qui devra :
verser au prioritaire-bailleur un loyer quel que soit le taux d’occupation du bien ;
et s’acquitter des travaux de mise aux normes et de réhabilitation du bien à l’exception des travaux de structure
relevant de l’article 606 du code civil.
A l’inverse, en cas de rupture ou de non-renouvellement du bail commercial, le propriétaire devra payer une
indemnité d’éviction à l’exploitant.
Le propriétaire-bailleur conserve à sa charge :
la taxe foncière calculée selon la surface du bien et son emplacement ;
et le renouvellement du mobilier.
L’exploitant doit présenter au propriétaire-bailleur :
les différentes décisions prises lors des conseils d’administration de l’EHPAD ;
lui communiquer les assurances souscrites permettant de couvrir les risques d’incendies, de dégâts des eaux et
de responsabilité civile et professionnelle ;
en fin d’année, lui transmettre le taux d’occupation, les principaux évènements marquants, le montant et la
variation des charges.
Le propriétaire d’un bien situé dans un EHPAD est considéré comme loueur non professionnel si au moins l'une des
deux conditions suivantes est remplie :
les recettes annuelles tirées de cette activité par l'ensemble des membres du foyer fiscal sont inférieures à 23
000 € ;
les recettes (les loyers des meublés) sont inférieures au montant total des autres revenus d'activité du foyer
fiscal (salaires, autres BIC).
Dans le cadre d'une location meublée, les revenus relèvent de bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
S’ils ne dépassent pas 72 600 €, les revenus locatifs obtenus sont imposés selon le régime micro BIC : le bénéfice
imposable est égal aux recettes diminuées d'un abattement forfaitaire pour frais de 50 %. Les charges ne peuvent
pas être déduites.
En revanche, s’ils dépassent 72 600 €, ou si le propriétaire en fait le choix, les revenus locatifs obtenir relèvent du
régime réel qui offre la possibilité de déduire les loyers des locations meublées certaines charges effectivement
supportées dans le cadre de l’activité. À titre d’illustration, le propriétaire peut déduire l’amortissement du prix
d’achat des biens (logement et meubles). Enfin, en cas de déficit (plus de charges que de loyers), le propriétaire à la
possibilité de le déduire de ses revenus de location meublée non professionnelle de la même année et des dix années
suivantes.
Jusqu’au 1er janvier 2023, les propriétaires-bailleurs pouvaient bénéficier en sus du dispositif Censi-
Bouvard, pour les EHPAD neufs ou réhabilités.
Institué en 2009 et supprimé au 1er janvier 2023, le dispositif Censi-Bouvard visait, grâce à une réduction d’impôt
sur le revenu, à encourager l’investissement des particuliers dans les logements, neufs ou réhabilités, de certains
types d’établissements dont les EHPAD. La réduction d’impôt, répartie sur neuf ans (durée de l’engagement de
location sous le régime de bail commercial), est calculée en appliquant au prix de revient du logement un taux fixé
initialement à 25 % et réduit à 11 % depuis 2012.
Source : Rapport IGF, CGEDD, « Évaluation de la réduction d'impôt Censi-Bouvard »2022 ; Mission.
-- 81 of 338 --
Réponses au contradictoire – Annexe I
- 1 -
Réponses de l’organisme Nouvelles observations de la mission
- Annexe I page 3, 1.1.2 §2
En 2021, DomusVi a acquis le groupe Medeos situé en
France (34 EHPAD dans le Sud-est et en Corse et 11
résidences services seniors)
- Annexe I page 4, 1.1.3 § 2
Dans le cadre du regroupement et du transfert des 48
lits de l’EHPAD LES CHARMILLES situé à MELLE sur le
site d’AIFFRES, permettant l’accueil d’un EHPAD de 89
lits :
- Il a été nécessaire de réaliser un transfert
universel du patrimoine (TUP) de la société LES
CHARMILLES à la société LES JARDINS d’AIFFRES
- Il a été demandé aux Tutelles un arrêté conjoint
de transfert de l’autorisation qui a été obtenu le
10 janvier 2024. (arrêté portant fermeture et
transfert des 48 de l’EHPAD Les charmilles sur le
site de l’EHPAD les jardins d’Aiffres géré par la
SAS les Jardins d’Aiffres).
- Annexe I page 16, 3.2. §1
La fermeture ou le transfert de 3 établissements :
- La Roseraie : fermeture (abrogation de l’arrêté
d’exploitation), procédure en cours devant le
tribunal administratif de Montreuil en demande
d’annulation de l’abrogation de l’arrêté
d’exploitation.
- Aiffres : Arrêté conjoint de l’ARS et du CD en date
du 10 janvier 2024 portant sur la fermeture et le
transfert des 48 lits de l’EHPAD Les charmilles sur
le site de l’EHPAD les jardins d’Aiffres géré par la
SAS les Jardins d’Aiffres.
Cession de l’immeuble à destination d’EHPAD
situé à MELLE par la SCI DOLLE à la commune de
MELLE pour un euro symbolique au bénéfice
d’une association.
- La Fruitère : fermeture provisoire et transfert des
salariés et résidents en raison des désordres
affectant l’immeuble et provenant (selon expert)
du glissement du terrain. Le groupe reste dans
l’attente d’un arrêté de fermeture provisoire
permettant la réalisation de travaux dans un délai
de 2 ans.
- Annexe I page 3, 1.1.2 §2
Vu, annexe modifiée en ce sens.
- Annexe I page 4, 1.1.3 § 2
Vu.
- Annexe I page 16, 3.2. §1
Vu.
-- 82 of 338 --
Réponses au contradictoire – Annexe I
- 2 -
- Annexe I page 18, 3.3.1. §1
Les charges du personnel :
A compter de janvier 2022, l’objectif étant de mettre « le
résident au cœur du projet d’entreprise ».
Il a été initié une démarche d’amélioration de la qualité
afin d’assurer une bonne prise en charge et la sécurité
de chaque résident. Les établissements ont recruté des
salariés pour pouvoir aux postes vacants et aux
créations de postes en lien avec la démarche qualité. Il
a été décidé par le groupe des augmentations de
salaires pour faire face à la pénurie de personnels,
notamment sur les catégories AS (tassement de l’écart
avec les ASH en raison des augmentations de SMIC) et
IDE.
- Annexe I, page 24, 3.3.2.3,
Les investisseurs particuliers sont conseillés par des
Conseils en gestion de patrimoine (CGP) qui collaborent
avec des sociétés qui commercialisent des
investissements en LNMP en EHPAD.
Il est rappelé que le LNMP existe depuis 1949 et que
MEDICHARME a utilisé ce mode de commercialisation
de l’’immobilier en utilisant une pratique développée
par d’autres grands groupes dans le secteur des EHPAD
tels que (GDP VENDOME, ORPEA, DOMUSVI, COLISEE
PATRIMOINE, …)
- Annexe I page 18, 3.3.1. §1
Vu, annexe modifiée en ce sens.
- Annexe I, page 24, 3.3.2.3,
Vu.
-- 83 of 338 --
ANNEXE II
Tarification et facturation du
groupe Médicharme vis-à-vis des résidents
-- 84 of 338 --
SOMMAIRE
1. LA SYNTHESE DES CONTROLES EFFECTUES PAR LA DGCCRF FAIT APPARAITRE
DES MANQUEMENTS AU SEIN DES ETABLISSEMENTS DU GROUPE MEDICHARME
.......................................................................................................................................................... 1
1.1. Le secteur de l’hébergement des personnes âgées fait l’objet d’une vigilance
soutenue de la part de la DGCCRF, compte tenu de la vulnérabilité des personnes
qui recourent à ce type de service, le plus souvent dans l’urgence.............................1
1.2. Pour les établissements du groupe Médicharme, la DGCCRF a recensé, à la suite
de ses contrôles les plus récents, treize injonctions ou avertissements, portant au
total sur douze EHPAD différents..............................................................................................2
2. LA POLITIQUE DE TARIFICATION DU GROUPE MEDICHARME AUPRES DE SES
RESIDENTS DEPUIS 2019 NE COMPORTE PAS D’IRREGULARITES ........................ 12
2.1. La procédure de fixation des tarifs au sein du groupe Médicharme repose sur un
dialogue annuel entre établissements et direction générale ...................................... 12
2.2. L’évolution des prix d’hébergement appliqués aux résidents du groupe
Médicharme respecte le cadre règlementaire de fixation des tarifs sur la
période 2019-2023....................................................................................................................... 13
3. LA POLITIQUE DE TARIFICATION ET DE PRESTATION DU GROUPE
MEDICHARME EST CARACTERISEE PAR UN EFFORT D’UNIFORMISATION A
L’AIDE D’UN OUTIL METIER ET D’UN CONTRAT UNIQUE POUR L’ENSEMBLE DES
ETABLISSEMENTS ................................................................................................................... 15
3.1. La politique de facturation au sein du groupe Médicharme est pilotée par la
direction de l’administration des ventes à travers un unique logiciel pour
l’ensemble des établissements ................................................................................................ 16
3.2. Le contrôle des prestations hébergement facturées à partir d’un échantillon
d’établissements révèle de nombreux manquements à la complétude des
contrats et la facturation d’une prestation irrégulière dans un établissement... 17
4. DANS UN CONTEXTE DE TAUX D’OCCUPATION EN BAISSE, LES PRATIQUES DE
RECRUTEMENT DE NOUVEAUX RESIDENTS EMPORTENT DES RISQUES
FINANCIERS POUR LE GROUPE MEDICHARME ............................................................. 38
4.1. Afin de renforcer son taux d’occupation, la société Médicharme a recours au
service de deux sociétés de placement ................................................................................ 38
4.2. La politique d’augmentation du taux d’occupation des établissements du groupe
Médicharme s’est accompagnée d’une hausse des créances non recouvrées en
raison d’une dégradation de la solvabilité des nouveaux résidents ........................ 43
-- 85 of 338 --
Annexe II
- 1 -
1
1. La synthèse des contrôles effectués par la DGCCRF fait apparaitre des
manquements au sein des établissements du groupe Médicharme
1.1. Le secteur de l’hébergement des personnes âgées fait l’objet d’une vigilance
soutenue de la part de la DGCCRF, compte tenu de la vulnérabilité des
personnes qui recourent à ce type de service, le plus souvent dans l’urgence
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
(DGCCRF) intervient pour garantir la protection des consommateurs, en particulier les
personnes âgées résidant dans les Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées
Dépendantes (EHPAD), en veillant à la transparence des prix, à la conformité des contrats, à la
prévention des pratiques commerciales trompeuses et à la qualité des prestations offertes.
Le cadre règlementaire d'intervention de la DGCCRF dans les EHPAD est défini par les articles
du Code de la consommation et du Code de l'action sociale et des familles.
S’agissant du Code de la consommation, la DGCCRF est compétente en matière de :
affichage des Prix/Tarifs (article L. 112-1) : elle veille à ce que les EHPAD affichent de
manière transparente et lisible leurs prix et tarifs, permettant ainsi aux consommateurs,
notamment les familles des résidents, de prendre des décisions éclairées ;
conformité des contrats (article L. 132-1) : elle vérifie la conformité des contrats
proposés par les EHPAD, s'assurant qu'ils respectent les droits des consommateurs et ne
contiennent pas de clauses abusives ;
encadrement des prix (article L. 113-1) : elle s'assure que les tarifs appliqués respectent
les règles d'encadrement, en particulier pour les places non habilitées à l'aide sociale à
l'hébergement ;
pratiques commerciales trompeuses (article L. 121-1) : elle surveille les pratiques
commerciales des EHPAD pour éviter tout comportement trompeur ou abusif envers les
consommateurs.
S’agissant du Code de l'action sociale et des familles, la DGCCRF intervient pour assurer :
la protection des personnes âgées résidant dans les EHPAD en vérifiant la qualité des
prestations, des contrats et en s'assurant que les droits des résidents sont respectés
(article L. 311-1) ;
le respect des dépenses liées à des modalités d'accueil particulières, telles que l'accueil
de jour, l'hébergement temporaire, les pôles d'activité et de soins adaptés, etc.
(article D. 313-1) ;
l’examen des dépenses liées au développement des parcours de santé et d'autonomie
coordonnés, favorisant la collaboration entre les différentes structures médico-
sociales (article L 313-12) ;
le respect de la mise en œuvre des actions de prévention et des obligations qui incombent
aux établissements en termes de gestion des situations de crise
exceptionnelles (article R. 314-163)
la réalisation des opérations de modernisation, d'adaptation et de restructuration des
EHPAD (article D. 313-1).
Des contrôles sont menés par la DGCCRF tous les ans depuis 2006 (pour les premiers
répertoriés) et ces campagnes de contrôle ciblent en moyenne 500 établissements par
an. Ainsi, la DGCCRF a réalisé le contrôle de :
447 établissements habilités ou non à recevoir des bénéficiaires de l’aide sociale
contrôlés, lors de 532 visites, en 2013-2014 ;
-- 86 of 338 --
Annexe II
- 2 -
2
652 établissements (866 visites), en 2016-2017.
Les années suivantes, les contrôles se sont accrus, sur des EHPAD de statut différent :
en 2017-2018, 552 établissements ont été contrôlés (682 visites), habilités à recevoir
des bénéficiaires de l’aide sociale ;
en 2019-2021, plus de 1 000 établissements, non habilités, ont été contrôlés. Le ciblage
de cette enquête portait en priorité sur les sièges et les établissements des grands groupes
tels que Korian, DomusVi, Colisée ou encore Orpéa.
Ces contrôles peuvent parfois être diligentés à la suite de plaintes ou de signalements qui sont
toutefois, peu nombreux pour ce secteur. À titre d’illustration, seulement 37 signalements (pas
nécessairement tous dans le champ de compétence de la DGCCRF) ont été recensés sur la
plateforme SignalConso en 2021 sur les EHPAD (de tous statuts).
Les principaux points de vigilance ressortant typiquement de ces enquêtes, tous opérateurs
confondus, sont :
les non-conformités du contrat et la présence de clauses abusives (droits de résiliation,
facturation post-décès, mise à jour tarifaire et changements contractuels non intégrés) ;
les informations précontractuelles et l’information sur les prix lacunaires (défauts
d’affichage des prestations d’hébergement optionnelles, divergence des prix mentionnés
sur le site Internet de la CNSA et dans les établissements) ;
les pratiques commerciales trompeuses (prestations d’hébergement et allégations
inexistantes ou portant à confusion dans les supports de communication) ;
les confusions et facturations abusives concernant les prestations d’hébergement
relatives au blanchissage du linge plat et du linge personnel.
1.2. Pour les établissements du groupe Médicharme, la DGCCRF a recensé, à la
suite de ses contrôles les plus récents, treize injonctions ou avertissements,
portant au total sur douze EHPAD différents
Sans que celles-ci distinguent le groupe de l’ensemble du secteur, les principales
problématiques soulevées par la DGCCRF dans les établissements du groupe
Médicharme sont les suivantes (cf. tableau 1) :
manque d’indications sur l’ensemble des prestations prévues dans le socle de
prestations par le décret n° 2015-1868 du 30 décembre 2015 (8 fois) ;
défaut d'informations sur le médiateur de la consommation (7 fois) ;
non-respect de l’article 13 de l’arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l’information du
consommateur sur les prix (absence d’affichage clair et lisible sur le lieu de réception des
familles) (6 fois).
Ont également été relevées les pratiques irrégulières suivantes :
non-restitution dans les trente jours après un décès des sommes perçues
d’avance (5 fois) ;
absence d'indication sur les conditions de facturation en cas d'absence ou
d'hospitalisation (4 fois) ;
absence d’état des lieux contradictoire (3 fois).
De manière plus épisodique, ont pu être relevés aussi dans de plus rares cas : le droit de
rétraction non respecté, la non-conformité des clauses de résiliation du contrat, la non-remise
de reçu lors de versement d'arrhes, la présence d’une clause illicite, des allégations de nature
à induire le consommateur en erreur, un défaut d’information sur le mode du calcul du prix, un
prix non à jour sur le site internet ou des informations peu claires sur le dépôt de garantie.
-- 87 of 338 --
Annexe II
- 3 -
3
Par établissement du groupe Médicharme, les principaux éléments d’intérêt remontés
des contrôles départementaux réalisés par les services de la DGCCRF, mais aussi par
ceux des autres services des Directions départementales de la Protection des
populations (DDPP) sont les suivants :
s’agissant de la résidence de la Juvénie (Payzac), la visite du 18 avril 2019 a donné
lieu à une injonction faisant l’objet à ce jour d’un contentieux administratif en cours
devant le tribunal administratif d’Amiens (référé suspension). Les faits reprochés sont
les suivants :
défaut de complétude du contrat : conditions de facturation du tarif dépendance
en cas d’absence ou d’hospitalisation ; conditions de facturation du tarif
hébergement identiques en cas d’absence ou d’hospitalisation ; absence en annexe
de toutes les prestations fournies ainsi que leurs prix ; absence des prestations
prévues dans le socle de prestations par le décret n° 2015-1868
du 30 décembre 2015 ; absence des coordonnées du médiateur de la
consommation ;
défaut de conformité du contrat concernant la clause de facturation après décès et
en cas de résiliation du contrat.
s’agissant de la résidence des Châtaigner (Antraigues-sur-Volane), la visite
du 22 juin 2021 a donné lieu à une mise en demeure en raison d’une maîtrise des risques
sanitaires jugée insuffisante en restauration. Cette mise en demeure a été levée
le 20 octobre 2021 avec avertissement ;
s’agissant de la résidence des Feuillantines (L’Escarène), la visite
du 23 décembre 2019 a donné lieu à une injonction pour défaut d’information sur les
prix et la non-conformité d’un contrat ;
s’agissant de la résidence des Genévriers (Saint Martory), la visite du mois de
novembre 2022 a donné lieu à une amende administrative d’un montant de 15 000 €
pour cause de non-respect du taux d’évolution, non restitution du dépôt de garantie dans
les 30 jours et défaut d’information sur les prix ;
s’agissant des Jardins d’Aiffres (Aiffres), la visite du mois de novembre 2021 a donné
lieu à un avertissement pour défaut d’information sur les prix des intervenants et défaut
d’indication du médiateur de la consommation ;
s’agissant de la résidence des jardins de Sainte Baume (Nans-les-pins), la visite
du 3 septembre 2021 a donné lieu à un avertissement pour défaut d’information sur les
prix, non-conformité du contrat et non-restitution des sommes perçues d’avance au-delà
du délai d’un mois. En outre, le contrôle des cuisines a reçu une appréciation
« acceptable » en 2022 pour carence de maintenance des locaux, absence de certains
plats témoin, défaut de nettoyage/désinfection et absence de formation du personnel.
Des mesures correctives ont été demandées ;
s’agissant de la résidence Maison de Thérèse (Asey sur Seine), le contrôle de 2021 n’a
pas donné lieu à des suites ;
s’agissant de la résidence de Beurre (Villeneuve sur Lot), la visite du mois d’août 2019
a donné lieu à un avertissement pour défaut d’information sur les prix. Il est notamment
apparu lors du contrôle qu’une des deux infirmières exerçait son activité à temps partiel
et qu’aucun masseur kinésithérapeute ne faisait partie de l’équipe ;
s’agissant de la Résidence de France (Beuvry), la visite du mois de mars 2023 a donné
lieu à un avertissement pour manque de maîtrise sanitaire en restauration ;
s’agissant de la résidence d’Elvody (St Germain Tallevende), la visite du mois
d’octobre 2022 n’a pas permis de relever de manquement ni d’infraction ;
-- 88 of 338 --
Annexe II
- 4 -
4
s’agissant de la résidence la Madrague (Le Fossat), la visite du mois de février 2022 a
donné lieu à une injonction qui fait aujourd’hui l’objet d’un recours contentieux en cours
devant le tribunal administratif d’Amiens (référé suspension) ;
s’agissant de la résidence des Charmilles (Melle), la visite du mois de mai 2021 a
donné lieu à un avertissement pour manque de maitrise sanitaire en restauration ;
enfin, s’agissant de la résidence des Chênes verts (Agonac), la visite du mois de
décembre 2021 a donné lieu à un avertissement pour défaut d’information sur les prix
et non restitution des sommes perçues d’avance dans le délai de 30 jours.
-- 89 of 338 --
Annexe II
- 5 -
5
Tableau 1 : Principaux manquements et infractions relevés lors des visites de la DGCCRF et des DPPP dans les établissements du groupe Médicharme
depuis 2019
Etablissement La Croix
du Sud La Juvénie La
Madrague
Les
Châtaigni
ers
Les
Chênes
Verts
Les
Feuillanti
nes
Les
Genévrier
s
Les
Jardins
d'Aiffres
Les
Jardins de
Sainte
Baume
Meissel Résidence
de Beurre Total
Manque
d'information
sur le dépôt de
garantie
1 1
Défaut
d'information
sur le mode de
calcul du prix
1 1 2
Absence de
convention
signée avec tout
prestataire
externe
1 1
-- 90 of 338 --
Annexe II
- 6 -
6
Etablissement La Croix
du Sud La Juvénie La
Madrague
Les
Châtaigni
ers
Les
Chênes
Verts
Les
Feuillanti
nes
Les
Genévrier
s
Les
Jardins
d'Aiffres
Les
Jardins de
Sainte
Baume
Meissel Résidence
de Beurre Total
Absence
d'indication sur
les conditions de
facturation en
cas d'absence ou
d'hospitalisatio
n
1 1 1 1 4
Prix non à jour
sur l'annuaire
du site de la
CNSA
1 1 2
-- 91 of 338 --
Annexe II
- 7 -
7
Etablissement La Croix
du Sud La Juvénie La
Madrague
Les
Châtaigni
ers
Les
Chênes
Verts
Les
Feuillanti
nes
Les
Genévrier
s
Les
Jardins
d'Aiffres
Les
Jardins de
Sainte
Baume
Meissel Résidence
de Beurre Total
Défaut
d'informations
pré-
contractuelles
relatives aux
caractéristiques
essentielles des
prestations sur
les plaquettes,
affiches et
livrets
1 1 2
Information
non-visible du
public
1 1 1 1 1 1 1 7
-- 92 of 338 --
Annexe II
- 8 -
8
Etablissement La Croix
du Sud La Juvénie La
Madrague
Les
Châtaigni
ers
Les
Chênes
Verts
Les
Feuillanti
nes
Les
Genévrier
s
Les
Jardins
d'Aiffres
Les
Jardins de
Sainte
Baume
Meissel Résidence
de Beurre Total
Allégation de
nature à induire
le
consommateur
en erreur
1 1
1
(concerna
nt la
restauratio
n, le
marquage
du linge et
les
prestation
s gratuites
proposées
par
l'établisse
ment)
1
(présence
d'infirmièr
es,
masseur
kiné, etc.)
2
Clauses illicites,
abusives ou
incomplètes
1 1
1 (sur le
tribunal
compétent
)
2
-- 93 of 338 --
Annexe II
- 9 -
9
Etablissement La Croix
du Sud La Juvénie La
Madrague
Les
Châtaigni
ers
Les
Chênes
Verts
Les
Feuillanti
nes
Les
Genévrier
s
Les
Jardins
d'Aiffres
Les
Jardins de
Sainte
Baume
Meissel Résidence
de Beurre Total
Non-restitution
des sommes
perçues à la
suite d’un décès
dans les 30 jours
1 1 1
1
(facturatio
n de frais
de remise
en état en
cas de
dégradatio
ns
volontaire
s de la
chambre)
1
(facturatio
n de frais
de remise
en état en
cas de
dégradatio
ns
volontaire
s de la
chambre)
1 1 5
Non-remise de
reçu lors de
versement
d'arrhes
1 1 2
Absence de
réalisation des
états de lieux
d'entrée et de
sortie
1 1 1 3
Annexes au
contrat non-
complètes
1 1 1 1 4
-- 94 of 338 --
Annexe II
- 10 -
10
Etablissement La Croix
du Sud La Juvénie La
Madrague
Les
Châtaigni
ers
Les
Chênes
Verts
Les
Feuillanti
nes
Les
Genévrier
s
Les
Jardins
d'Aiffres
Les
Jardins de
Sainte
Baume
Meissel Résidence
de Beurre Total
Absence
d'indications sur
les prestations
prévues dans le
socle de
prestations
1 1 1 1 1 1 1 1 8
Non-conformité
des clauses de
résiliation du
contrat
1 1 2
Défaut
d'information
sur le médiateur
de la
consommation
1 1 1 1 1 1 1 7
Problème de
délégation de
pouvoir
1 1
-- 95 of 338 --
Annexe II
- 11 -
11
Etablissement La Croix
du Sud La Juvénie La
Madrague
Les
Châtaigni
ers
Les
Chênes
Verts
Les
Feuillanti
nes
Les
Genévrier
s
Les
Jardins
d'Aiffres
Les
Jardins de
Sainte
Baume
Meissel Résidence
de Beurre Total
Droit de
rétractation
non-respecté
1 1 2
Source : DGCCRF et Mission.
-- 96 of 338 --
Annexe II
- 12 -
12
2. La politique de tarification du groupe Médicharme auprès de ses
résidents depuis 2019 ne comporte pas d’irrégularités
2.1. La procédure de fixation des tarifs au sein du groupe Médicharme repose
sur un dialogue annuel entre établissements et direction générale
Encadré 1 : Politique de tarification dans les EHPAD
Les tarifs des EHPAD sont composés de trois éléments :
un tarif hébergement journalier, fixé par l’établissement, qui couvre les prestations hôtelières
(hébergement, fonctionnement, restauration, etc.) et qui est à la charge du résident, ou s’il présente
des ressources insuffisantes, pris en charge par l’aide sociale du département. S’agissant des
établissements conventionnés à l’aide sociale, le tarif est fixé par le conseil départemental chaque
année (article L. 342-3-1 du Code de l’action sociale et des familles), pour les autres, ce tarif évolue
dans la limite d’un pourcentage fixé au 1 er janvier de chaque année par décret des ministres de
l’économie et des affaires sociales (Article L. 342-3 du même code) ;
un tarif dépendance journalier qui couvre toutes les dépenses liées à la prise en charge de l’état
de dépendance de la personne accueillie. Ce tarif est fonction du degré d’autonomie de chaque
résident et peut être pris en charge par le conseil départemental dans le cadre de l’Allocation
personnalisée d’autonomie (APA) pour les personnes présentant un degré de dépendance élevé ou
moyennement élevé (GIR 1 à 4). Cependant, le tarif GIR 5-6 est le plus souvent appliqué et c,e quel
que soit le niveau de GIR de la personne. Il s’applique automatiquement aux personnes ayant un
revenu mensuel inférieur à 2 486,89 €. Ces tarifs dépendance sont différents selon les
établissements car calculés en fonction du niveau moyen de dépendance de chaque établissement
et sont arrêtés chaque année par le conseil départemental ;
un tarif soins journaliers qui correspond aux prestations médicales et paramédicales comprises
dans la prise en charge médicale de la personne accueillie. Il arrêté chaque année par l’Agence
régionale de santé et prend en compte les données recueillies lors de la dernière coupe Pathos
réalisée pour chaque résident par le médecin coordinateur.
Tableau 2 : Les différents groupes d’iso-ressources
Groupe iso-
ressources (GIR) Degrés de dépendance
Gir 1
Demandeur confiné au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont
gravement altérées et qui nécessite une présence indispensable et continue
d'intervenants
Gir 2
Demandeur confiné au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales ne
sont pas totalement altérées et dont l'état exige une prise en charge pour
la plupart des activités de la vie courante
Ou demandeur dont les fonctions mentales sont altérées, mais qui est
capable de se déplacer et qui nécessite une surveillance permanente
Gir 3
Demandeur ayant conservé son autonomie mentale, partiellement son
autonomie locomotrice, mais qui a besoin quotidiennement et plusieurs fois
par jour d'une aide pour les soins corporels
Gir 4
Demandeur n'assumant pas seul ses transferts mais qui, une fois levé, peut
se déplacer à l'intérieur de son logement, et qui a besoin d'aides pour la
toilette et l'habillage
Ou demandeur n'ayant pas de problèmes locomoteurs mais qui doit être
aidé pour les soins corporels et les repas
-- 97 of 338 --
Annexe II
- 13 -
13
Gir 5 Demandeur ayant seulement besoin d'une aide ponctuelle pour la toilette, la
préparation des repas et le ménage
Gir 6 Demandeur encore autonome pour les actes essentiels de la vie courante
Source : Mission.
La politique de fixation des tarifs pour les établissements du groupe Médicharme repose
sur un dialogue entre les directeurs d'établissement, le directeur régional et la direction
générale, appuyée par le service du contrôle de gestion.
Comme indiqué dans l’annexe VI, la fixation des tarifs hébergement fait l’objet d’un échange
entre l’établissement et le siège lors de la construction du budget annuel. Ainsi, pour
l’année 2024, les directeurs régionaux et les directeurs d’établissement sont invités à faire
parvenir au service contrôle de gestion de la Direction de l’administration et des finances, leurs
hypothèses concernant le prix moyen d’hébergement (PMH) applicable aux nouveaux entrants
en année N, la validation de ce dernier restant soumise à la validation de la présidente.
Cette politique tarifaire s’articule autour de plusieurs enjeux :
la compétitivité prix par rapport aux autres établissements du département ;
le taux d’occupation de l’établissement ;
la mise en œuvre d’une politique tarifaire différente selon les caractéristiques des
chambres proposées (surface, orientation, balcon, etc.) ;
le degré de dépendance des résidents de chaque établissement.
Toutefois, cette co-construction des prix hébergement ne concerne que les nouveaux entrants
en ce que, lors de l’envoi des maquettes aux directeurs d’établissement, le contrôle de gestion
a déjà prérempli le taux d’inflation à appliquer aux résidents présents au 31 décembre 2023,
soit 4 %.
Cet ajustement automatique des tarifs est assuré via le logiciel TITAN, garant de la cohérence
et de l’application uniforme de la politique tarifaire du groupe dans l’ensemble des
établissements.
2.2. L’évolution des prix d’hébergement appliqués aux résidents du groupe
Médicharme respecte le cadre règlementaire de fixation des tarifs sur la
période 2019-2023
La mission a procédé à l’analyse de l’évolution de la tarification hébergement appliquée aux
résidents, sur la période 2019-2023, à travers :
d’une part, pour les établissements conventionnés à l’aide sociale, le respect des tarifs
fixés chaque année par le conseil départemental (article L. 342-3-1 du Code de l’action
sociale et des familles) ;
d’autre part, pour les autres établissements, le respect du plafonnement de l’évolution
du prix socle de prestations et les prix des autres prestations d'hébergement encadrés
chaque année par arrêté ministériel conformément à l’article L. 342-3 du Code de l’action
sociale et des familles (cf. tableau 3).
-- 98 of 338 --
Annexe II
- 14 -
14
Tableau 3 : Taux d’évolution maximal du prix du socle des prestations et des autres prestations
d’hébergement par an depuis 2019
Année Revalorisation de l'indice EHPAD
2019 + 1,25 %
2020 + 1,08 %
2021 + 0,46 %
2022 + 1,97 %
2023 + 5,14 %
Source : Arrêtés 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023 relatifs aux prix des prestations d'hébergement de certains
établissements accueillant des personnes âgées.
La mission a restreint son analyse à six établissements du groupe Médicharme pour lesquels
elle a réalisé une visite sur site dans le cadre de son contrôle (cf. tableau 4).
Tableau 4 : Etablissements de l’échantillon composé par la mission pour le contrôle des prix
d’hébergement et des prestations facturées aux résidents du groupe Médicharme sur la
période 2019-2023
Nom
établissement
Direction
régionale
Date
d'acquisition
Lits
autorisés
Résidents au
30/09/2023
Date de la
visite par la
mission
RESIDENCE SAINT
GEORGES Nord 27/09/2018 110 100 04/10/2023
MEISSEL Sud 31/01/2022 57 57 10/10/2023
AERIA Sud 31/01/2022 85 85 10/10.2023
LES EAUX VIVES -
Site Souilly Nord 29/07/2016 30 30 12/10/2023
LES AIRELLES Nord 31/05/2017 28 28 15/11/2023
LES JARDINS
D'AIFFRES Ouest 09/03/2018 39 34 23/11/2023
Source : Mission.
Parmi les établissements de l’échantillon, les résidences AERIA et Meissel de Marseille ont fait
le choix d’appliquer un taux d’augmentation du tarif hébergement en 2023 de 3 %, inférieur à
celui fixé par décret ministériel pour cette année, soit 5,14 %, eu égard aux revenus de leurs
résidents et aux tarifs appliqués par les autres établissements du département.
La vérification par la mission du respect de la hausse tarifaire du tarif hébergement
entre 2019 et 2023 pour les établissements de l’échantillon fait apparaitre les
évolutions suivantes :
depuis 2019, la politique tarifaire du groupe Médicharme respecte le cadre
règlementaire applicable ;
depuis 2022, le groupe a adopté un modèle de contrat unique appliqué à l’ensemble des
résidents ;
en 2023, conformément au décret n° 2022-734 du 28 avril 2022, et à travers un avenant
au contrat de l’ensemble des résidents, le groupe Médicharme a réalisé :
-- 99 of 338 --
Annexe II
- 15 -
15
l’application d’un prix d’hébergement journalier et non plus mensuel ;
l’intégration du forfait entretien du linge personnel dans le prix d’hébergement
journalier pour les contrats antérieurs au 1 er janvier 2023.
S’agissant des écarts constatés en 2023 pour certains résidents, la direction de
l’administration des ventes du groupe Médicharme a fait parvenir l’explication suivante
à la mission :
« Le fichier « SUIVI TARIFS HEBERGT » fourni par la direction de l’administration des ventes est
un Tableau Croisé Dynamique (TCD) issu de la requête de la facturation « Hébergement » du
logiciel TITAN ;
Ce TCD cumule les Prix Unitaires (PU) « Hébergement » facturé sur la facture mensuelle. Il
additionne le tarif du mois en cours et les régularisations antérieures.
En janvier 2023, il a été appliqué le taux règlementaire de 5.14 % sur les tarifs de 12/2022 (prix
de journée ou forfait mensuel).
En février 2023 ou mars 2023 suivant la signature de l’avenant au 01/01/2023 (intégrant le linge
au tarif hébergement et/ou le passage d’un forfait mensuel en prix de journée), le tarif indiqué
dans le TCD cumule le nouveau tarif en 2/2023 et la régularisation de 1/2023 (addition de tous
les PU Hébergement) ».
S’agissant de hausses tarifaires d’hébergement supérieures au plafond défini par les taux
règlementaires, la Direction de l’administration des ventes a indiqué que le tarif appliqué est
celui augmenté du linge comme indiqué dans les avenants au contrat de séjour selon la
méthode suivante :
« Pour exemple pour un forfait linge de 75.00 € en 2022
- 75.00 + 5.14 % (taux règlementaire) = 78.85 € mensuel
- 78.85 x 12 /365 = 2.59 € / jour
Ce tarif a été ajouté au prix de journée hébergement du résident. »
Au regard de ces éléments de réponse, la mission a pu justifier les écarts constatés
en 2023 et estime qu’il n’existe pas, pour l’échantillon constitué, d’irrégularités.
3. La politique de tarification et de prestation du groupe Médicharme est
caractérisée par un effort d’uniformisation à l’aide d’un outil métier et
d’un contrat unique pour l’ensemble des établissements
Encadré 2 : Un cadre règlementaire renforcé en 2022
Le décret n° 2022-734 du 28 avril 2022 portant diverses mesures d'amélioration de la transparence
financière dans la gestion des établissements et services sociaux et médico-sociaux mentionnés au I de
l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles renforce les obligations en termes de
transparence financière et budgétaire des établissements et services sociaux et médico-sociaux.
Dans cette perspective, il renforce l'information et la protection des personnes accompagnées et
leurs aidants en prévoyant de nouvelles mentions obligatoires dans les contrats de séjour en
établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), à savoir :
la mention de la liste des prestations minimales relatives à l’hébergement relevant du socle de
prestations de l’article L 314-2 comme le blanchissage et le marquage du linge résident (il n’est ainsi
plus autorisé d’appliquer une tarification supplémentaire pour ce service) et la possibilité d’accès à
internet dans les chambres ;
la précisions sur les prestations délivrées ou proposées ne relevant pas du socle ;
la mention du droit de rétractation ;
la mention de la possibilité que les prix augmentent chaque année et l’obligation d’informer des
nouveaux prix.
-- 100 of 338 --
Annexe II
- 16 -
16
Il précise aussi les règles de facturation par les EHPAD en cas d'absence du bénéficiaire pour
hospitalisation ou en cas de décès d'un résident et par les services à domicile pour certains frais
annexes à travers :
la déduction du forfait hospitalier en cas d’absence de plus de 72 heures ;
l’intégration d’un délai de six jours maximum pour la facturation après la date du décès du résident ;
l’encadrement de la facturation d’arrhes en cas de rétractation du résident ;
le remplacement de la notion de « caution » par celle de « dépôt de garantie ». Ce dépôt devant être
restitué dans les 30 jours qui suivent la sortie de l’établissement (qui correspond à la date de l’état
des lieux contradictoire).
Enfin, il rend obligatoire la transmission à la CNSA de cinq indicateurs relatifs aux conditions
d'accompagnement en EHPAD, en vue de les rendre publics via le site www.pour-les-personnes-
agees.gouv.fr :
la composition du plateau technique (salle de rééducation par exemple) ;
le profil des chambres (doubles/simples) ;
le nombre de places habilitées à l’aide sociale à l’hébergement ;
la présence d’un infirmier de nuit et d’un médecin coordonnateur dans l’établissement ;
le partenariat avec un dispositif d’appui à la coordination des parcours de santé mentionné à
l’article L. 6327-1 du code de la santé publique.
L’ensemble de ces dispositions relatives au renforcement de l’information et de la transparence
sur les prix et les prestations minimales sont applicables à compter du 1er janvier 2023 et ne
s’appliquent qu’aux nouveaux contrats.
Source : Décret n° 2022-734 du 28 avril 2022 portant diverses mesures d'amélioration de la transparence financière
dans la gestion des établissements et services sociaux et médico-sociaux.
3.1. La politique de facturation au sein du groupe Médicharme est pilotée par la
direction de l’administration des ventes à travers un unique logiciel pour
l’ensemble des établissements
La politique de facturation est assurée au niveau du siège par la Direction de
l’administration des ventes (DAV), rattachée à la Direction de l’administration et des
finances.
Créée en 2020 et composée d’une directrice et d’un responsable de l’administration des
ventes, cette direction a pour principales missions :
le contrôle de la facturation du chiffre d’affaires des EHPAD à savoir :
le contrôle de la facturation « résidents » des établissement dans les délais requis
en lien avec les directeurs des EHPAD ;
le contrôle de la facturation « dépendance » des établissements ;
l’assistance auprès des directeurs d’établissement dans la méthodologie de
facturation ;
l’assurance de la cohérence des factures issues du logiciel TITAN et de la
comptabilité ;
l’intégration des établissements récemment acquis par le groupe et l’application
des procédures ;
le pilotage et l’animation du recouvrement des établissements :
la standardisation des pratiques de recouvrement au sein des établissements ;
l’établissement d’un tableau de bord mensuel des encaissements en retard ou
litiges ;
la mise en place d’une procédure de recouvrement contentieux ;
-- 101 of 338 --
Annexe II
- 17 -
17
le déploiement de pratiques groupe au sein des établissements à travers la formation des
équipes administratives (notamment aux normes de la DGCRF) et le contrôle sur site du
respect de celles-ci.
Graphique 1 : Organigramme de la fonction facturation au sein du siège du groupe Médicharme
Source : Organigramme du groupe Médicharme à la date du 11 octobre 2023.
Pour ses missions, la DAV s’appuie sur le déploiement du logiciel TITAN dans l’ensemble
des établissements du groupe Médicharme. En plus des activités de soins (cf. annexe IV), ce
logiciel a pour mission de gérer les prestations d'hébergement et de dépendance, le ticket
modérateur, les frais annexes et le forfait global dépendance. Ainsi, à partir des
caractéristiques de chaque résident, renseignées par l’établissement d’accueil, TITAN assure le
suivi de la tarification et de la facturation mensuelles.
Enfin, la DAV est chargée d’effectuer des contrôles sur site et sur place pour s’assurer du
respect de la politique de tarification du groupe dans les établissements. Dans cette
perspective, des contrôles sur site sont effectués pour vérifier le respect de l'affichage
obligatoire des tarifs des prestataires. S’agissant des contrôles sur pièce, la DAV vérifie
l’effectivité de l’enregistrement des contrats des résidents sous TITAN, le contrôle de
l’application du tarif correspondant et la cohérence mensuelle de la facturation avec le contrôle
de gestion pour tous les établissements.
3.2. Le contrôle des prestations hébergement facturées à partir d’un
échantillon d’établissements révèle de nombreux manquements à la
complétude des contrats et la facturation d’une prestation irrégulière dans
un établissement
À partir d’un échantillon de six établissements (cf. tableau 4), la mission a procédé au contrôle
des prestations facturées par le groupe Médicharme auprès de ses résidents pour la
période 2022-2023.
Dans un premier temps, pour l’échantillon constitué, le contrôle s’est attaché à la vérification :
Présidente
Direction de
l’administration et
des finances
Directrice de
l'Administration des
ventes
Responsable de
l'administration des
ventes
Directeurs régionaux
(3 ETP)
Directeurs
d'établissement
(26 ETP)
-- 102 of 338 --
Annexe II
- 18 -
18
de la conformité des contrat de cinq résidents choisis parmi ceux présents le jour de
visite de la mission ;
de la cohérence des dix dernières factures adressées à chaque résident.
Les conclusions de chaque contrôle d’un établissement réalisé par la mission, ont fait l’objet
d’un échange contradictoire avec les directeurs d’établissement et la Direction de
l’administration des ventes afin de pouvoir justifier les éventuels écarts constatés.
L’ensemble de ces échanges est mentionné dans les tableaux tableau 5, tableau 6, tableau 7,
tableau 8 et tableau 9.
Malgré ces échanges, le contrôle par la mission fait ressortir les irrégularités suivantes :
s’agissant de la résidence Saint-Georges, des frais de préparation de la chambre et
de dossier d’un montant de 75 € ont été appliqués lors de l’entrée de
trois résidents ce qui, après échanges avec la DGCCRF, apparait comme irrégulier.
En effet, le contrat établi entre l’EHPAD et le résident doit détailler la liste, la nature et le
coût prévisionnel des prestations. Cela comprend le socle de prestations socles (dont la
liste est définie par le décret n°2015-1868 du 30 décembre 2015 relatif à la liste des
prestations minimales d'hébergement délivrées par les établissements d'hébergement
pour personnes âgées dépendantes) et les prestations hors prix
hébergement/prestations non comprises.
Le prix hébergement correspondant au socle de prestations est un prix global, qui doit
intégrer tous les frais inhérents à la prestation rendue. Les prestations d’administration
générale sont comprises dans le socle de prestations (gestion administrative de
l'ensemble du séjour, notamment état des lieux contradictoire d'entrée et de sortie et
élaboration et suivi du contrat de séjour, de ses annexes et ses avenants), de même que
certaines prestations d'accueil hôtelier, comme la mise à disposition de la chambre. Les
frais de dossier et administratifs facturés en supplément sont donc interdits.
En outre, la mission relève les manquements suivants :
s’agissant de la résidence AERIA, pour deux résidents, le tarif journalier d’hébergement
n’est pas indiqué dans le contrat car, selon la direction, l’établissement étant habilité à
l’aide sociale, le tarif est celui fixé par arrêté départemental de l’année d’entrée.
Toutefois, en l’absence de transmission, la mission n’a pas pu procéder à l’évaluation de
l’évolution règlementaire du tarif hébergement appliqué à ces résidents ;
s’agissant de la complétude des contrats :
pour dix résidents, les contrats ne précisent pas si lors de leur entrée, les résidents
ont versé un acompte ni le montant de celui-ci ;
neuf contrats ne précisent pas si les établissements ont bien respecté l’obligation
de réaliser un état des lieux contradictoire lors de l’entrée des résidents ;
douze contrats ne comportent pas la mention des prestations complémentaires
choisies par le résident, dont le forfait mensuel entretien du linge personnel, ni
leur prix ;
dix-sept contrats ne précisent pas si l’établissement a demandé au résident le
versement d’un dépôt de garantie ni son montant qui ne doit pas dépasser le prix
mensuel d’hébergement restant à la charge de la personne hébergée ;
enfin, deux contrats ne sont pas signés, l’établissement ayant effectué une relance
pour un résident entré en novembre 2023 et étant en échange avec le curateur
pour l’autre résident.
-- 103 of 338 --
Annexe II
- 19 -
19
Tableau 5 : Résidence MEISSEL - Contrôle des dix dernières factures de cinq résidents présents le jour du contrôle de la mission
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte
Dépôt
de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse
de
tarification
Commentaire Réponse de
l'établissement
Marie-
Claude FICHEFEUX 36 25/08/2021 113,60 € Non indiqué Non
indiqué 954,40 € Oui Oui
Avenant au
contrat de séjour
établit le
01/01/2023 pour
intégrer les
prestations
d'entretien du
linge dans le tarif
hébergement et
réévaluer le prix
de journée
hébergement à
128,19 € soit un
tarif supérieur à
la limite de
119,31 €
maximum.
Madame bénéficie
sur son tarif
hébergement de
128,19 € d'une
remise de 14,90 €
ce qui revient à un
prix de journée à
113,29 €.
Renée MOLINI 7 21/09/2023 77,92 € Non indiqué 500 € Non
indiqué Oui Oui
Le prix de journée
hébergement
diffère de la
tarification en
vigueur indiquée
dans l'annexe 1
du contrat pour
l'année 2023.
Mme MOLINI
résidait à l'EHPAD
La Fruitiére qui a
fermé
temporairement
pour cause de
travaux depuis le
20/11/2023. Nous
l'avons alors
accueillie sans
changer le tarif
consenti à La
Fruitiére comme
le Groupe s'y était
engagé. Il en est
de même pour
-- 104 of 338 --
Annexe II
- 20 -
20
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte
Dépôt
de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse
de
tarification
Commentaire Réponse de
l'établissement
Mmes CANU et
QUILLOT.
Emma TUA 3 24/02/2020 136,02 € Non indiqué Non
indiqué
Non
indiqué Oui Oui
Avenant au
contrat de séjour
établit le
03/07/2022
pour :
- changement de
chambre (45) ;
- intégration des
prestations
d'entretien du
linge personnel
dans le tarif
hébergement à
compter du
01/01/2023 ;
- évaluer le prix
de la journée
hébergement à
140,10 € à
compter du 1er
janvier 2023
Le tarif
correspond à
l'augmentation du
tarif annuel de
3 %.
Georges SEBAN 40 10/08/2023 112 € Non indiqué Non
indiqué 3 360 € Oui Oui
Le contrat ne
mentionne pas le
versement
d'acompte et les
factures ne
précisent pas si
celui-ci a bien été
déduit lors des
premiers mois du
Monsieur SEBAN
n'a versé aucun
acompte. Il n'y a
aucune
déduction à faire
apparaître sur les
factures. Par
contre il a déposé
un dépôt de
-- 105 of 338 --
Annexe II
- 21 -
21
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte
Dépôt
de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse
de
tarification
Commentaire Réponse de
l'établissement
prix
d'hébergement
garantie de
3 360 €.
Jacqueline PALOUX 32 04/11/2022 81,70 € Non indiqué 653,60 € Non
indiqué Oui Oui
Avenant au
contrat de séjour
en date du
01/01/2023
pour :
intégration
des
prestations
d'entretien
du linge
personnel
dans le tarif
hébergement
à compter du
01/01/2023 ;
évaluer le prix
de la journée
hébergement
à 79,23 € à
compter du
01/01/2023
Tarif évalué pour
le couple en
chambre double
mais le mari est
décédé une
semaine avant
leur entrée. Tarif
préférentiel
attribué aux
riverains et
entourage des
salariés.
Source : Contrats et factures de cinq résidents présents le jour de la visite de la mission ; traitement mission.
-- 106 of 338 --
Annexe II
- 22 -
22
Tableau 6 : Résidence AERIA - Contrôle des dix dernières factures de cinq résidents présents le jour du contrôle de la mission
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte Dépôt de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse de
tarification
Commentaires Réponse de
l'établissement
Jacqueline AZAM 325 06/08/2020 100,00 € Non indiqué Non
indiqué 1 000 € Oui Oui
Liste des
prestations
hébergement
complémentaire
s choisies par le
résident n'est
pas indiquée
ainsi que les
tarifs appliqués
Application d'un
nouveau prix de
journée
hébergement
d'un montant de
92,70 €
Avenant au
contrat de
séjour pour
intégrer
l'entretien du
linge personnel
du résident dans
le tarif
hébergement à
compter du 1er
janvier 2023.
L'entretien du
linge était déjà
intégré dans le
tarif
hébergement
2022. Le
marquage du
linge quant à lui
était en sus.
Colette BRUNET 204 25/02/2022 Ehpad habilité
à l'aide sociale Non indiqué Non
indiqué
Non
indiqué Non disponible Non
disponible
Tarif
hébergement
appliqué à
compter de
l'entrée du
résident n'est
pas indiqué
dans le contrat
de février 2022
Le tarif aide
sociale
n'apparait pas
sur le contrat de
février 2022 car
avant le rachat
nous avions des
contrats type
aide sociale qui
-- 107 of 338 --
Annexe II
- 23 -
23
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte Dépôt de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse de
tarification
Commentaires Réponse de
l'établissement
ne permettant
pas à la mission
de vérifier
l'évolution
règlementaire
du tarif
hébergement
Avenant au
contrat de
séjour établi le
30/06/2023
pour
changement de
chambre (116)
sans impact sur
le tarif appliqué
indiquaient dans
son article 4 que
le prix de
journée était
fixé par arrêté
du Président du
CD.
Nadine LIBES 215 05/07/2017 Ehpad habilité
à l'aide sociale Non indiqué Non
indiqué
Non
indiqué Non disponible Non
disponible
Liste des
prestations
hébergement
complémentaire
s choisies par le
résident n'est
pas indiquée
ainsi que les
tarifs appliqués
- la mission ne
peut donc
procéder à
l'évaluation de
l'évolution
règlementaire
du tarif
hébergement
pour le résident.
Avenant au
contrat de
séjour signé le
Le tarif aide
sociale
n'apparait pas
sur le contrat
car avant le
rachat nous
avions
des contrats
type aide sociale
qui indiquaient
dans son article
4 que le prix de
journée était
fixé par arrêté
du Président du
CD. Les
prestations type
coiffure et
pédicure
notamment
étaient réglées
-- 108 of 338 --
Annexe II
- 24 -
24
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte Dépôt de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse de
tarification
Commentaires Réponse de
l'établissement
04/08/2022
pour un
changement de
chambre (102)
directement par
le résident
auprès du
prestataire.
Michel AGOUES 213 01/11/2023 Ehpad habilité
à l'aide sociale Non indiqué Non
indiqué
Non
indiqué Non disponible Oui
Contrat n'a pas
été encore signé
par le résident
cf. mail envoyé
par
l'établissement
Relance par
téléphone le
22/11 et mail
Abderrahmane BENABBES 113 10/02/2022 Ehpad habilité
à l'aide sociale Non indiqué Non
indiqué
Non
indiqué Non disponible Oui
Avenant au
contrat de
séjour établi le
18/09/2022
pour un
changement de
chambre (113)
sans
modification des
prestations.
Contrat non
signé mais
résident sous
curatelle.
Le résident
refuse de signer
son contrat. Il
est sous mesure
de curatelle
renforcée. Le
curateur est
prévenu. Une
demande de
tutelle est en
cours.
Source : Contrats et factures de cinq résidents présents le jour de la visite de la mission ; traitement mission.
-- 109 of 338 --
Annexe II
- 25 -
25
Tableau 7 : Résidence Les Airelles - Contrôle des dix dernières factures de cinq résidents présents le jour du contrôle de la mission
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte
Dépôt
de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse
de
tarification
Commentaire Réponse de
l'établissement
Andrée LEBRET 15 16/02/2019 75,00 € Aucune Non
indiqué 2 250 € Non Oui
Marie-
Thérèse BENVENUTI 1 26/01/2022 2 861,27 €
Entretien du linge
du résident 80 €
par mois
700 € Non
indiqué Non Non
disponible
Etat des lieux signé par la
directrice de l'EHPAD mais
pas par le résident.
Prix de journée non indiqué
dans le contrat ne permettant
pas à la mission de vérifier la
régularité de l'augmentation
tarifaire depuis 2019.
Chambre 29 indiquée sur les
factures soit une chambre
confort alors que la
chambre 1 indiquée sur le
contrat est une chambre
standard.
Prestations d'entretien du
linge retirée du prix
d'hébergement.
Etat des lieux
non signé par la
résidente et
chambre 29 : Il
s'agit d'un oubli
de signature de
la part de la
famille et Mme
Benvenutti a
toujours été en
chambre 29 ; il
s'agit d'une
erreur de
frappe.
Prix de journée
non indiqué :
effectivement
les prix de
journées
n'étaient pas
indiqué lors de
ma prise de
poste ; il
s'agissait de prix
mensuels ; un
avenant a été
envoyé et signé
par la famille
avec le prix
journalier
indexant le tarif
hébergement
dans le prix
-- 110 of 338 --
Annexe II
- 26 -
26
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte
Dépôt
de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse
de
tarification
Commentaire Réponse de
l'établissement
journalier en,
application du
décret n°2022-
734 du 28 avril
2022
Francis BONNEAU Non
indiqué 08/05/2023 107,00 € Entretien du linge
du résident inclus 700 € 3 210 € Oui Non
disponible
Chambre 4 indiquée sur les
factures (chambre standard)
contre un hébergement en
chambre confort (soit 97 €)
indiqué dans le contrat soit
102 €.
Prix de journée Hébergement
non indiqué dans le contrat.
Pas de remboursement de
l'acompte de 700 € sur la
facture de juin 2023.
La chambre 4
est une chambre
privilège au tarif
de 107 € ttc
(tarif journalier
indiqué dans le
contrat en page
27).
Il n'y a pas
d'acompte ayant
été débité à
700 € donc pas
de
remboursement.
Un dépôt de
garantie est
prévu dans le
contrat de
séjour.
Jeanine DUPONT Non
indiqué 01/05/2021 2 706,00 €
Entretien du linge
du résident inclus
dans le forfait
hébergement
500 € Non
indiqué Non Non
disponible
Numéro de chambre n'est pas
indiqué dans le contrat.
Tarif chambre prestige
indiqué dans le contrat alors
que le résident occupe la
chambre 26 qui correspond à
une chambre confort soit
102 €.
Prix de journée non indiqué
dans le contrat ne permettant
pas à la mission de vérifier la
régularité de l'augmentation
tarifaire.
Lors de mon
arrivée au sein
de
l’établissement,
il n’y avait pas
de nominations
différentes des
chambres. Mme
Dupont occupe
la chambre 26
au tarif négocié
lors de son
arrivée avec la
-- 111 of 338 --
Annexe II
- 27 -
27
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte
Dépôt
de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse
de
tarification
Commentaire Réponse de
l'établissement
Mention d’une remise
hébergement de 399,54 €
chaque mois.
directrice d’où
la remise
commerciale
hébergement,
Hélène CHEREAU 23 05/12/2018 85,00 € Entretien du linge
personnel 70 € 500 € Non
indiqué Oui Non
Avenant au contrat en date
du 05/01/2023 pour
désormais appliquer :
un prix de journée et non
plus un forfait mensuel
intégrer la prestation
d'entretien du linge dans
le tarif hébergement
un prix de journée
hébergement de 95,10 €
pour la chambre 11
(chambre standard) qui
dépasse l'évolution
règlementaire du niveau
du prix journalier
d'hébergement (93,69 €)
Le prix de
journée 2022
était à 88,01 €
déduction faite
d’une remise de
4 € par jour
en 2022.
Chiffre indiqué
dans le tableau
croisé
dynamique qui a
additionné ces
deux valeurs.
L'augmentation
a été appliquée
sur le tarif pour
hébergement
ainsi que sur la
remise donc le
prix
hébergement
est passé à
92,53 € et la
remise à -4,21 €.
A ce prix nous
ajoutons 2,57 €
de linge : ce qui
nous donne
95,10 €.
Effectivement la
remise lors du
passage de Titan
-- 112 of 338 --
Annexe II
- 28 -
28
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte
Dépôt
de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse
de
tarification
Commentaire Réponse de
l'établissement
groupe n'a pas
été transférée.
Mme Chereau
aura une
régularisation
de cette remise
depuis le mois
de mai 2023 sur
la facture de
décembre 2023
Source : Contrats et factures de cinq résidents présents le jour de la visite de la mission ; traitement mission.
-- 113 of 338 --
Annexe II
- 29 -
29
Tableau 8 : Résidence Saint Georges - Contrôle des dix dernières factures de cinq résidents présents le jour du contrôle de la mission
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date
d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complémentaires Acompte Dépôt de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de
la hausse
de
tarification
Commentaire Réponse de
l'établissement
Odette POTIER Non
indiqué 01/03/2021 1 890 € Entretien du linge
personnel 75 € 700 € Non
disponible Oui Oui
Facturation de
frais de
dossier et de
préparation
de la chambre
lors de
l'entrée pour
75 €.
En attente de
l'avenant à
compter du
1er janvier
2023 pour
intégrer
l'entretien du
linge dans le
prix
hébergement
journalier.
Envoi de
l'avenant au
contrat pour, à
partir du 1er
janvier 2023 :
-non intégration
des prestations
d'entretien du
linge personnel
dans le prix
hébergement ;
- application de
la hausse
règlementaire
2023 du prix
socle de
prestations
d'hébergement
de 5,14 % ;
- application
d'un prix de
journée
hébergement
d'un montant de
65,33 €.
Brigitte FROMONT Non
indiqué 20/09/2021 1 890 € Entretien du linge
personnel 75 € 700 € Non
disponible Oui Oui
Facturation de
frais de
dossier et de
préparation
de la chambre
lors de
l'entrée pour
75 €.
En attente de
l'avenant à
compter du
Envoi de
l'avenant au
contrat pour, à
partir du 1er
janvier 2023 :
- intégration des
prestations
d'entretien du
linge personnel
dans le prix
hébergement ;
-- 114 of 338 --
Annexe II
- 30 -
30
1er janvier
2023 pour
intégrer
l'entretien du
linge dans le
prix
hébergement
journalier.
- application de
la hausse
règlementaire
2023 du prix
socle de
prestations
d'hébergement
de 5,14 % ;
- application
d'un prix de
journée
hébergement
d'un montant de
67,22 €.
Alain BOURGUIGNON Non
indiqué 21/05/2021 1 795 € Entretien du linge
personnel 75 € 700 € Non
disponible Non Oui
Facturation de
frais de
dossier et de
préparation
de la chambre
lors de
l'entrée pour
75 €.
Prix mensuel
indiqué par
jour sur les
factures pour
un montant de
67,91 € qui
dépasse le
seuil
d'évolution
autorisé (max.
1924,44 €).
En attente de
l'avenant à
compter du
1er janvier
2023 pour
intégrer
l'entretien du
linge dans le
prix
Envoi de
l'avenant au
contrat pour, à
partir du 1er
janvier 2023 :
- intégration des
prestations
d'entretien du
linge personnel
dans le prix
hébergement ;
- application de
la hausse
règlementaire
2023 du prix
socle de
prestations
d'hébergement
de 5,14 % ;
- application
d'un prix de
journée
hébergement
d'un montant de
61,97 €.
-- 115 of 338 --
Annexe II
- 31 -
31
hébergement
journalier.
Mauricette DUMONCHEL Non
indiqué 22/09/2021 1 890 € Entretien du linge
personnel 75 € 700 € Non
disponible Oui Oui
Facturation de
frais de
dossier et de
préparation
de la chambre
lors de
l'entrée pour
75 €.
Facturation
d'un forfait
entretien du
linge de 55 €
par mois
contre 75 €
indiqué dans
le contrat.
En attente de
l'avenant à
compter du
1er janvier
2023 pour
intégrer
l'entretien du
linge dans le
prix
hébergement
journalier
Envoi de
l'avenant au
contrat pour, à
partir du 1er
janvier 2023 :
- intégration des
prestations
d'entretien du
linge personnel
dans le prix
hébergement ;
- application de
la hausse
règlementaire
2023 du prix
socle de
prestations
d'hébergement
de 5,14 % ;
- application
d'un prix de
journée
hébergement
d'un montant de
67,22 €.
Claude BAHSI Non
indiqué 22/04/2020 1 790 € Entretien du linge
personnel 55 € 610 € Non
disponible Non Oui
Facturation de
frais de
dossier et de
préparation
de la chambre
lors de
l'entrée pour
55 €
En attente de
l'avenant à
compter du
1er janvier
Envoi de
l'avenant au
contrat pour, à
partir du 1er
janvier 2023 :
- intégration des
prestations
d'entretien du
linge personnel
dans le prix
hébergement ;
-- 116 of 338 --
Annexe II
- 32 -
32
2023 pour
intégrer
l'entretien du
linge dans le
prix
hébergement
journalier
- application de
la hausse
règlementaire
2023 du prix
socle de
prestations
d'hébergement
de 5,14 % ;
- application
d'un prix de
journée
hébergement
d'un montant de
65,27 €.
Source : Contrats et factures de cinq résidents présents le jour de la visite de la mission ; traitement mission.
-- 117 of 338 --
Annexe II
- 33 -
33
Tableau 9 : Résidence Les Jardins d’Aiffres - Contrôle des dix dernières factures de cinq résidents présents le jour du contrôle de la mission
Prénom NOM
Numéro
de la
chambre
(contrat)
Date d'entrée
Prix de
journée
hébergement
(contrat)
Prestations
complément
aires
Acompte Dépôt de
garantie
État des lieux
contradictoire
Respect de la
hausse de
tarification
Commentaire Réponse de
l'établissement
Chantal DEMPURE 22 12/10/2017 61,50 €
Entretien
linge résident
63 €/mois
Non
indiqué
30 jours
d'hébergement Oui Oui
Le contrat ne
comporte par les
annexes mentionnant
le prix hébergement
journalier ni le prix
des prestations
complémentaires.
Avenant au contrat de
séjour en date du 1er
août 2023 pour :
- accueillir la résidente
à compter de la date
de l'avenant dans
l'Ehpad des Jardins
d'Aiffres et non plus
des Charmilles ;
- accueillir la résidente
dans une chambre
double n°20.
Annexe transmise
pour précision des
éléments
manquants (tarif
hébergement et
prestations
complémentaires)
Eliane LARGEAU 29 14/03/2022 2 413,45 €
Entretien
linge résident
80 €/mois
700 € Non indiqué Oui Oui
Factures 2023
mentionnent un prix
journalier de 85,52 € /
Conforme selon les
taux d'évolution
règlementaires des
prix d'hébergement et
intégration du forfait
entretien du linge
personnel
Michel COUSIN 16 07/10/2019 76 €
Mise à
disposition
d'une ligne
téléphonique
15 € /mois
500 € 30 jours
d'hébergement Oui Oui
Factures 2023
mentionnent un prix
journalier de 82,73 € /
Conforme selon les
taux d'évolution
-- 118 of 338 --
Annexe II
- 34 -
34
règlementaires des
prix d'hébergement
Gérard RACINE 30 02/03/2023 85,50 € Non indiqué 700 € 2 565 € Oui Oui L'acompte a bien été
reversé en avril 2023.
Yvonne NEVEUR 7bis 08/10/2020 2 356 €
Entretien
linge résident
80 €/mois
700 € Non disponible Oui Oui
Factures 2023
mentionnent un prix
journalier de 85,52 €
/Conforme selon les
taux d'évolution
règlementaires des
prix d'hébergement et
intégration du forfait
entretien du linge
personnel
Source : Contrats et factures de cinq résidents présents le jour de la visite de la mission ; traitement mission
-- 119 of 338 --
Annexe II
- 35 -
35
La mission a ensuite procédé à la vérification du reversement des dépôts de garantie
pour un échantillon de 22 résidents parmi la liste des résidents décédés en 2022
transmise par la Direction de l’administration des ventes du groupe Médicharme.
Les établissements retenus sont les mêmes que ceux constituant l’échantillon du contrôle des
contrats et factures des résidents (cf. tableau 4).
Selon l’article R. 314-149 du Code de l’action sociale et des familles, un EHPAD peut, lors de
l’entrée d’un résident, demander un dépôt de garantie qui ne peut excéder le montant du tarif
mensuel d'hébergement qui reste effectivement à la charge de la personne hébergée. En outre,
ce dépôt de garantie est restitué à la personne hébergée ou à son représentant légal dans les
trente jours qui suivent sa sortie de l'établissement, déduction faite de l'éventuelle créance de
ce dernier.
Si à la suite de chaque décès de résident, dans ou hors l’établissement, le groupe Médicharme
a procédé à l’émission d’un avoir pour remboursement à la famille ou autre ayant droit du
dépôt de garantie exigé lors de l’entrée du résident, pour six résidents, le délai de restitution
du dépôt de garantie est supérieur aux 30 jours de délai réglementaire (cf. tableau 10).
-- 120 of 338 --
Annexe II
- 36 -
36
Tableau 10 : Contrôle du reversement des dépôts de garantie pour un échantillon de résidents décédés en 2022 parmi six établissements du groupe
Médicharme
Etablissement Résident Sexe Date sortie Âge
sortie Motif
Restitution DG
Vérification Mission
Respect du délai
des 30 jours de
restitution
(O/N)
Montant
(€)
Date
AERIA GIMENEZ
Josette F 11/12/2022
75 ans,
10 Mois,
18 jours
Décédé dans l'établissement
3 107,40 11/12/2022
Conforme - AVOIR
AAER2301121 O
AIFFRES
BOUTET
Christian M 21/12/2022
90 ans,
11 Mois,
20 jours
Décédé hors établissement
1 972,50 01/02/2023
Conforme - AVOIR
AJDA2302035 N
GILBERT
Carmen F 09/06/2022
97 ans,
00 Mois,
22 jours
Décédé dans l'établissement
2 280,00 15/06/2022
Conforme - AVOIR
AJDA2206039 O
LABRACHERIE
Paul M 30/09/2022
100 ans,
09 Mois,
01 jours
Décédé dans l'établissement
2 280,00 02/11/2022
Conforme - AVOIR
AJDA2211001 N
MICHAUD
Suzel F 01/12/2022
97 ans,
02 Mois,
20 jours
Décédé dans l'établissement
2 280,00 22/12/2022
Conforme -
AJDA2212052 O
PROUST
Gilbert M 05/10/2022
80 ans,
03 Mois,
26 jours
Décédé hors établissement
2 380,20 14/10/2022
Conforme -
AJDA2210035 O
AIRELLES
CHAPUIS
Yvette F 07/11/2022
Non
renseigné
(N.R.)
Décédé dans l'établissement
2 573,00 30/11/2022
Conforme - AVOIR
AAIR2211032 O
EMONNET
Madeleine F 06/12/2022 N.R Décédé dans l'établissement 2 606,00 06/12/2022
Conforme - AVOIR
AAIR2212032 O
FRANCOIS
René M 25/09/2022 N.R Décédé dans l'établissement 2 970,00 30/09/2022
Conforme - AVOIR
AAIR2209005 O
GICQUEL
Robert M 31/03/2022 N.R Décédé hors établissement 975,00 01/04/2022
Conforme - AVOIR
AAIR2204006 O
-- 121 of 338 --
Annexe II
- 37 -
37
Etablissement Résident Sexe Date sortie Âge
sortie Motif
Restitution DG
Vérification Mission
Respect du délai
des 30 jours de
restitution
(O/N)
Montant
(€)
Date
ELTER - Souilly
LUCZAK
Claudine F 03/03/2022
87 ans,
03 Mois,
08 jours
Décédé hors établissement 2 265,00 07/03/2022 Conforme - AVOIR
AESO2203045 O
MICHEL Jean-
Claude M 23/04/2022
79 ans,
07 Mois,
27 jours
Décédé hors établissement 2 265,00 29/04/2022 Conforme - AVOIR
AESO2204044 O
NICOLAS
Antoinette F 27/08/2022
92 ans,
11 Mois,
19 jours
Décédé dans l'établissement 2 265,00 30/08/2022 Conforme - AVOIR
AESO2208041 O
MEISSEL
BENSAKKOUN
Samuel M 11/08/2022
95 ans,
04 Mois,
04 jours
Décédé dans l'établissement 2 700,00 11/08/2022 Conforme - AVOIR
AMEI22088362 O
MATHEOUD
Reine F 26/08/2022
94 ans,
08 Mois,
25 jours
Décédé dans l'établissement 1 238,90 01/10/2022 Conforme - AVOIR
AMEI2210003 N
VALENTIE
Maryse F 10/08/2022
80 ans,
04 Mois,
00 jours
Décédé hors établissement 1 161,50 10/08/2022 Conforme - AVOIR
AMEI22088365 O
Saint-Georges
MARTORY
Ginette F 16/02/2022
89 ans,
04 Mois,
25 jours
Décédé dans l'établissement 2 153,91 20/05/2022 Conforme - AVOIR
ARSG2205139 N
MASSON
Daniel M 04/10/2022
74 ans,
08 Mois,
28 jours
Décédé dans l'établissement 2 278,69 20/12/2022 Conforme - AVOIR
ARSG221214 N
MICHAUT
Micheline F 11/05/2022
94 ans,
11 Mois,
12 jours
Décédé dans l'établissement 1 967,40 09/06/2022 Conforme - AVOIR
ARSG2206134 O
Source : Direction de l’administration des ventes du groupe Médicharme ; Mission.
-- 122 of 338 --
Annexe II
- 38 -
38
4. Dans un contexte de taux d’occupation en baisse, les pratiques de
recrutement de nouveaux résidents emportent des risques financiers
pour le groupe Médicharme
Encadré 3 : Taux d’occupation et montant des dotations publiques
L’article R. 314-174 du code de l’action sociale et des familles (CASF) prévoit une possibilité de
modulation de la dotation lorsque le taux d'occupation au titre de l'hébergement permanent est inférieur
à un seuil fixé par arrêté des ministres chargés des affaires sociales et des collectivités territoriales.
Ainsi, le président du conseil départemental module le montant du forfait global.
La modulation est opérée sur la tarification de l'exercice en cours et prend en compte le dernier taux
d'occupation connu.
L’arrêté du 6 juin 2019 modifiant l’arrêté du 28 septembre 2017 relatif au seuil mentionné à l’article
R. 314-160 déclenchant le dispositif de modulation du forfait global de soins des établissements
hébergeant des personnes âgées dépendantes relevant du I et du II de l’article L. 313-12 du code de
l’action sociale et des familles a fixé ce seuil à 95 % pour 2024.
Le même article du CASF prévoit que l'autorité de tarification peut tenir compte de situations
exceptionnelles pour ne pas appliquer tout ou partie de la modulation. La modulation n’a ainsi pas été
appliquée en 2020 et 2021 pour tenir compte des impacts de la crise sanitaire.
Source : Code de l’action sociale et des familles.
4.1. Afin de renforcer son taux d’occupation, la société Médicharme a recours
au service de deux sociétés de placement
Depuis 2019, la société Médicharme recourt aux services de deux sociétés de placement pour
améliorer le taux d’occupation de ses établissements.
Les sociétés de placement de résidents, comme Cap retraite et Retraite plus, les deux
entreprises leader du marché en France, ont pour mission de mettre en relation des personnes
et des familles en recherche d’une place en résidence avec les EHPAD. Ces sociétés effectuent
pour le compte des établissements ou groupe d’établissement, un travail d’information et de
représentation auprès des potentiels futurs résidents en détaillant leurs caractéristiques
(situation, type de structure, prestations médicales, etc.) afin de faire connaitre et de valoriser
les établissements partenaires.
A la date du contrôle par la mission, le groupe Médicharme dispose de deux contrats-cadres :
l’un avec la société Retraite Plus depuis le 19 novembre 2018, et renouvelé
le 7 décembre 2022 ;
et l’autre, plus récemment, avec la société Cap retraite, depuis le 26 octobre 2021.
Ces deux contrat prévoient, qu’en échange de leur intervention et pour chaque entrée d’un
nouveau résident, ces deux sociétés perçoivent une rémunération de la part de chaque
établissement du groupe Médicharme qui dépend de :
la durée du séjour retenue par le nouveau résident ;
le tarif qui lui est appliqué (aide sociale à l’hébergement ou non) ;
et enfin, le choix par l’établissement de recourir à une « formule boost » lui offrant un
meilleur référencement (cf. tableau 11 et tableau 12).
Le tarif moyen d’admission pour un contrat d’hébergement permanent (long séjour) s’élève
à 1 420 €.
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Annexe II
- 39 -
39
Tableau 11 : Honoraires de placement du groupe Cap retraite
Tarifs d’admission dossier
normal (HT)
Tarifs d’admission dossier
ASH (HT)
Tarifs d’admission formule
Boost (HT)
1 460 € pour un long séjour :
supérieur à 90 jours
500 € pour un long séjour :
supérieur à 90 jours
90 jours 1 960 € pour un long
séjour : supérieur à 90 jours
730 € pour un moyen séjour :
de 31 à 89 jour
250 € pour un moyen séjour : de
31 à 89 jours
980 € pour un moyen : de 31
à 89 jours
365 € pour un court séjour : de 8
à 30 jours
125 € pour un court séjour :
de 8 à 30 jours
490 € pour un court séjour : de 8
à 30 jours
150 € pour un séjour : de 1
à 7 jours - 150 € pour un séjour :
de 1 à 7 jours
Source : Contrat-cadre entre le groupe Médicharme et Cap retraite en date du 26 octobre 2021.
Tableau 12 : Honoraires de placement pour le groupe Retraite plus
Tarifs d’admission dossier normal (HT)
1 380 € pour un long séjour : supérieur à 90 jours
690 € pour un moyen séjour : de 31 à 89 jours
345 € pour un court séjour : de 8 à 30 jours
150 € pour un séjour : de 1 à 7 jours
Source : Contrat-cadre entre le groupe Médicharme et Retraite plus en date du 7 décembre 2022.
Depuis 2020, l’ensemble des montants des prestations fournies aux établissements du
groupe Médicharme s’élève à 931 110,04 €.
A partir du compte 62269000 « HONO PLACT RESIDENT » de la balance des comptes annuelle
de chaque établissement depuis 2020, la mission a pu établir que le total général des dépenses
pour tous les établissements a connu une augmentation significative, passant de 209 058,34 €
en 2020 à 477 352,26 € en 2022, soit une augmentation de 95 %, pour un total cumulé
de 931 110,04 € (cf. tableau 13).
Les établissements présentant la plus forte augmentation de leurs dépenses d’honoraires de
placement entre 2021 et 2022 sont la résidence Au bon accueil (743 %), la résidence des
Airelles (417 %) et la résidence de la Fruitière (260 %), toutes trois disposant d’une
autorisation de moins de 50 lits. Si l’établissement de la Fruitière présente un taux
d’occupation nul en raison du déménagement de ses résidents au cours du mois de
septembre 2023 pour travaux, la résidence des Airelles dispose, à la même date, d’un taux
d’occupation de 100 % et la résidence Au bon accueil, d’un taux de 95,8 %, soient tous deux
supérieurs à la moyenne de l’ensemble du groupe qui s’élève à 85,6 %.
Le tarif moyen d’admission pour un contrat d’hébergement permanent (long séjour) étant
évalué à 1 420 €, la mission estime qu’au regard de la durée moyenne de séjour par
établissement sur la période 2020-20221, le prix moyen d’acquisition des résidents pour le
groupe Médicharme s’élève à 49,42 € par mois (cf. tableau 14).
1 Données issues de la Direction de l’administration et des finances du groupe Médicharme, à la demande de la
mission.
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Annexe II
- 40 -
40
Tableau 13 : Honoraires de placements de résident par établissement du groupe Médicharme (2020-2022)
Etablissement 2020
(€)
2021
(€)
2022
(€) Total général Evolution 2021/2022
AERIA ET MEISSEL (SEMMR) 42 945,66 42 945,66 Non applicable (N.A.)
AU BON ACCUEIL 3 795,00 32 006,00 35 801,00 743 %
LA CERISAIE (LES FEUILLANTINES) 4 720,00 4 720,00 N.A.
LES AMIS DES AINES 12 535,00 3 765,00 16 300,00 -70 %
SARL ELVODY 4 485,00 12 075,00 16 560,00 169 %
SARL LA JUVENIE 8 970,00 8 170,00 17 140,00 -9 %
SARL LES CHARMILLES 6 555,00 17 800,00 24 355,00 172 %
SARL LES CHENES VERTS 14 422,50 3 875,00 18 297,50 -73 %
SARL LES GENEVRIERS 15 180,00 23 350,00 38 530,00 54 %
SARL LES JARDINS DE SAINTE BAUME 29 552,00 4 140,00 18 440,00 52 132,00 345 %
SARL MAISON DE RETRAITE DE LA VALLEE DU BANDIAT 2 760,00 2 760,00 -100 %
SAS COUILLY 2 780,00 3 430,00 17 730,00 23 940,00 417 %
SAS CROIX DU SUD 7 245,00 17 395,00 24 640,00 140 %
SAS ELTER 23 660,00 5 075,00 14 945,00 43 680,00 194 %
SAS LA BASTIDE DU LUBERON 4 754,10 15 116,60 19 870,70 218 %
SAS LA FRUITIERE 4 140,00 14 920,00 19 060,00 260 %
SAS LA MADRAGUE 5 520,00 8 638,00 14 158,00 56 %
SAS LA MAISON DE THERESE 1 725,00 2 760,00 5 440,00 9 925,00 97 %
SAS LE CHAMP DE LA DAME 17 414,34 10 005,00 20 370,00 47 789,34 104 %
SAS LES CHATAIGNIERS 10 662,00 4 941,00 7 576,00 23 179,00 53 %
SAS LES JARDINS D’AIFFRES 17 940,00 12 195,84 16 684,00 46 819,84 37 %
SAS MAISONS DE SANTE LA ROSERAIE 8 280,00 5 175,00 4 220,00 17 675,00 -18 %
SAS OREADIS 16 574,00 16 574,00 N.A.
SAS PAPIN PROST 2 760,00 5 520,00 17 555,00 25 835,00 218 %
SAS RESIDENCE DU LAC 26 220,00 33 375,00 59 595,00 27 %
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Annexe II
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41
Etablissement 2020
(€)
2021
(€)
2022
(€) Total général Evolution 2021/2022
SAS RESIDENCE SAINT GEORGES 44 850,00 38 030,00 40 580,00 123 460,00 7 %
SAS SOCIETE DE PRESTATIONS DE SERVICES LES BUISSONNETS 11 730,00 5 600,00 17 330,00 N.A.
SAS SOCIETE D’EXPLOITATION DE LA RESIDENCE DE France 36 225,00 24 150,00 30 045,00 90 420,00 24 %
SAS TAPROM 7 312,00 7 312,00 N.A.
SAS VITEAL OLERON 1 480,00 5 520,00 16 130,00 23 130,00 192 %
SCS MAISON DE RETRAITE DU BEAU SITE 7 176,00 7 176,00 -100 %
Total général 209 058,34 244 699,44 477 352,26 931 110,04 95 %
Source : Balance des comptes annuelles des établissements, compte 62269000 ; traitement mission.
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Annexe II
- 42 -
42
Tableau 14 : Coût d’acquisition mensuel d’un résident par établissement au regard de la durée
moyenne de séjour sur la période 2020-2022
Nom du site Durée de séjour moyenne
2020/2022 (en mois)
Frais honoraires
placements par mois (en €)
Lits
exploités
2022
Fabas / Croix du sud 48,29 29,40 72
La Bastide du Luberon 43,21 32,87 92
Maison de Thérèse 39,41 36,03 26
LES JARDINS DE
SAINTE BAUME 37,99 37,38 85
AERIA ET MEISSEL
(SEMMR) 37,90 37,47 142
Châtaignier 37,10 38,27 49
LA VALLEE DU
BANDIAT 36,82 38,57 40
Les Feuillantines -
L’Escarene 34,11 41,64 54
Genévriers - EHPAD 33,22 42,74 82
Coeuvres / Résidence
Saint Georges 31,99 44,39 106
Résidence du Lac 31,40 45,22 150
Les quatre Saisons 31,09 45,67 40
La Madrague (Le
Fossat) 30,55 46,49 36
Viteal Oléron 30,08 47,21 57
Clecy 29,97 47,38 39
Oréadis 28,15 50,44 24
La Roseraie 27,47 51,70 37
LA FRUITIERE 26,87 52,84 40
Champ de la Dame /
Varennes 26,79 53,01 84
Serf / Résidence de
France 26,48 53,64 84
Les airelles 22,63 62,76 28
Les Amis des Ainés 22,62 62,78 19
Les charmilles 22,32 63,63 48
ELTER 21,85 65,00 109
Randan / Villa
Claudine / Papin prost 20,78 68,33 36
La Juvénie / Payzac 19,94 71,20 47
Jardins d'Aiffres 19,05 74,55 39
L'Elvody 16,00 88,73 46
Les Chênes Vert /
Agonac 14,31 99,20 69
Au Bon Accueil 13,60 104,41 24
TOTAL 28,73 49,42 1 804
Source : Direction de l’administration et des finances du groupe Médicharme ; Mission.
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Annexe II
- 43 -
43
4.2. La politique d’augmentation du taux d’occupation des établissements du
groupe Médicharme s’est accompagnée d’une hausse des créances non
recouvrées en raison d’une dégradation de la solvabilité des nouveaux
résidents
La politique de tarification du groupe Médicharme est confrontée à une hausse des
créances non recouvrées, en raison d'une dégradation de la politique de recouvrement
du siège. Cette dégradation est attribuée à une politique d'admission coûte que coûte visant à
améliorer le taux d'occupation et entraînant l'admission de résidents dont la solvabilité n'est
pas suffisamment robuste.
Pour remédier à cette situation, plusieurs mesures ont été prises, notamment :
la mise en place d’un tableau semestriel de suivi des créances, inscrites dès 30 jours de
retard après édition des factures, au niveau de la Direction de l’administration des ventes
depuis mai 2023, avec pour objectif d'inciter les établissements à effectuer les relances
nécessaires. Pour rappel, selon sa fiche de poste, le directeur d’établissement est
responsable de la politique de recouvrement des créances pour son établissement
(cf. annexe VI) ;
le recrutement de deux chargés de recouvrement depuis janvier 2024 pour renforcer les
effectifs de la Direction de l'administration des ventes et assurer le recouvrement des
créances.
L’analyse du tableau de suivi des créances à la date du 30 septembre 2023, transmis à la
mission par la Direction de l’administration des ventes, fait apparaitre les tendances
suivantes :
la majorité des créances détenues par le groupe (78 %) concerne des résidents présents,
soit respectivement 1,40 M€ pour les résidents soumis au tarif hébergement et 1,42 M€
pour les résidents bénéficiant de l’aide sociale à l’hébergement ;
quatre établissements présentent des créances supérieures à 300 000 € en 2022 :
s’agissant de l’établissement AERIA, les créances s’élèvent à 580 321,00 €
dont 80 % concernent des résidents présents bénéficiant de l’aide sociale à
l’hébergement ;
s’agissant de la résidence des Genévriers, 75 % des créances de l’établissement
(497 518,46 €) concernent des résidents présents ;
s’agissant de l’établissement de la Croix du Sud, la majorité des créances (54 %)
porte sur les résidents bénéficiant de l’aide sociale à l’hébergement ;
enfin, prêt de 85 % des créances de la résidence Saint-Georges (317 579,69 €)
concernent des résidents présents.
A l’exception de la résidence de la Croix du Sud, les établissements AERIA, Saint-Georges et des
Genévriers présentent des taux d’occupation supérieurs à la moyenne du groupe à la date
du 30 septembre 2023, soit respectivement 100 %, 90,9 % et 97,6 %, contre 85,6 % pour
l’ensemble des établissements Médicharme.
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Annexe II
- 44 -
44
Tableau 15 : Créances détenues par le groupe Médicharme auprès des résidents sortis ou présents au 30 septembre 2023 par établissement
Etablissement Présents
Payants (en €)
Présent Aide sociale
(en €)
Sortis
Payants
(en €)
Sortis Aide sociale
(en €) Créances + 2ans Total (en €) Nombre de résidents
(sortis ou présents)
AIRELLES 13 826,90 15 569,83 21 690,85 - 51 087,58 16
CHAMP DE LA DAME 11 358,14 2 854,85 - 14 212,99 9
MAISON THERESE 16 959,36 23 107,31 15,60 - 40 051,07 14
PIERREFITTE 16 356,05 45 504,40 269,55 - 28 878,80 14
RESIDENCE DE FRANCE 30 520,10 6 410,43 47 377,62 - 84 308,15 36
SOUILLY 6 179,50 8 170,99 486,00 20 734,88 - 22 240,37 18
ST GEORGES 142 376,33 125 796,90 49 406,46 - 317 579,69 55
TRIAUCOURT 10 704,10 52 217,37 5 539,02 16 785,35 - 51 675,14 29
VILLA CLAUDINE 1 526,50 7 361,54 - 8 888,04 7
BEAU SITE 12 497,06 38 710,17 13 415,11 1 390,92 - 66 013,26 13
AIFFRES 32 798,16 862,54 7 838,44 - 41 499,14 11
CHARMILLES 7 055,03 - 7 055,03 8
CHENES VERTS 18 459,46 10 245,14 3 568,99 - 32 273,59 15
ELVODY 30 444,94 70 201,03 31 743,48 - 132 389,45 28
JUVENIE 30 952,50 15 359,53 21 347,29 - 67 659,32 22
QUATRE SAISONS 13 455,02 3 437,75 6 425,61 - 10 467,16 9
VALLEE DU BANDIAT 1 720,96 - 1 720,96 2
VITEAL OLERON 61 635,23 25 841,59 - 87 476,82 31
OLERON RSS 2 525,00 - 2 525,00 2
RESIDENCE BEURRE 12 851,08 13 741,80 26 936,72 3 676,64 - 57 206,24 17
BEURRE RSS 1 330,00 7 235,00 - 8 565,00 3
BEURRE EHPA 4 401,20 60,00 - 4 461,20 4
RESIDENCE LAC 36 561,60 15 242,80 27 486,06 205,27 - 79 495,73 28
RESIDENCE ZOPPOLA 11 972,49 6 634,54 29 486,40 2 534,17 - 45 559,26 11
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Annexe II
- 45 -
45
Etablissement Présents
Payants (en €)
Présent Aide sociale
(en €)
Sortis
Payants
(en €)
Sortis Aide sociale
(en €) Créances + 2ans Total (en €) Nombre de résidents
(sortis ou présents)
BUISSONNET 40 867,80 29 342,43 - 70 210,23 43
CHATAIGNIERS 30 757,30 19 640,63 9 758,14 6 022,88 - 54 133,19 35
CHATAIGNIERS FAM 67 418,57 1 244,04 - 66 174,53 15
CROIX DU SUD 75 604,76 180 046,80 79 859,50 4 347,55 - 331 163,51 78
GENEVRIERS 121 993,66 247 780,04 100 980,25 26 764,51 - 497 518,46 80
MADRAGUE 44 829,30 38 619,46 38 478,87 27 897,80 - 149 825,43 29
FRUTIERE 79 512,46 - 79 512,46 19
SAINTE BAUME 104 942,86 56 093,53 64 841,22 21 974,78 - 203 902,83 62
BON ACCUEIL 2 625,89 7 589,14 - 10 215,03 12
AMIS DES AINES 26 416,44 1 284,42 - 27 700,86 14
MEISSEL 162 253,16 26 469,79 - 188 722,95 36
FEUILLANTINES 28 708,39 12 737,97 11 188,65 204,50 - 52 430,51 23
BASTIDE DU LUBERON 85 988,60 11 004,11 36 613,77 - 133 606,48 20
AERIA 147 638,56 463 738,80 5 953,07 37 009,43 - 580 321,00 110
OREADIS 14 483,09 21 169,02 - 35 652,11 14
TOTAL 1 408 521,49 1 421 934,08 847 357,46 35 672,80 - 3 642 140,23 992
Source : Direction de l’administration des ventes du groupe Médicharme.
-- 130 of 338 --
Réponses au contradictoire – Annexe II
- 1 -
Réponses de l’organisme Nouvelles observations de la mission
- Annexe II page 2, 1.2
Manque d’indications sur l’ensemble des prestations prévues
dans le socle de prestations par le décret du 30 décembre
2018.
La mise en place en 2022 du nouveau contrat de séjour,
puis en janvier 2023 le déploiement pour tous les
établissements d’un contrat de séjour répondant à
l’évolution de la réglementation a permis de généraliser
son utilisation et d’harmoniser les règles.
- Annexe II page 15, 3
Le contrat de séjour unifié, le CRM et le logiciel groupe
TITAN permettent le suivi du résident.
- Annexe II page 16, 3.1.
Chapitre préliminaire : la formation et l’accompagnement sur
site.
La DAV joue un rôle important dans le contrôle, le
pilotage mais aussi la formation des équipes
administratives présentes dans les établissements afin
que notamment les nouveaux salariés connaissent les
normes de la DGCCRF.
- Annexe II page 38, 4
Dans un contexte de taux d’occupation en baisse, les
pratiques de recrutement de nouveaux résidents
emportent des risques financiers pour le groupe
MEDICHARME.
L’utilisation d’ODP (organisme de placement) est une
pratique courante et usuelle de la profession ; de
nombreux groupes d’EHPAD mais aussi des
exploitations indépendantes y ont recours.
Compte tenu que les ODP ont mis en œuvre un effort
très significatif sur le référencement google, l’absence
de partenariat avec les organismes de placement
porterait clairement atteinte à l’activité commerciale du
groupe.
Pour autant, le Groupe est conscient que son ancrage
local est absolument clé. C’est pourquoi, les
Directeurs d’établissement ont été formés par un
organisme externe spécialisé T-Orem à la démarche
- Annexe II page 2, 1.2
Il s’agit des principaux points soulevés lors des
contrôles de la DGCCRF – la mise en place d’un nouveau
contrat de séjour est bien mentionné dans la partie
dédiée de l’annexe.
- Annexe II page 15, 3
Vu.
- Annexe II page 16, 3.1.
Vu, annexe modifiée en ce sens.
- Annexe II page 38, 4
Vu.
-- 131 of 338 --
Réponses au contradictoire – Annexe II
- 2 -
commerciale et notamment au développement d’un
réseau de prescripteurs locaux.
Pour dynamiser cette démarche et la suivre, dans le but
de minimiser le recours aux ODP, les directeurs
s’appuient sur le CRM qui a été déployé.
En complément, les directeurs s’appuient sur l’outil
développé par les ARS Via Trajectoire lorsqu’il a été
déployé dans les départements / régions.
- Annexe II page 43, 4.2, 1er §
Dans le cadre des audits réalisés lors de l’acquisition
des titres des sociétés d’exploitation des EHPAD, la
politique du recouvrement des créances est mise en
place mais elle s’expose à des difficultés majeures qui
sont des dossiers incomplets, voir des pièces
essentielles manquantes et la prescription des factures
impayées. Il est à noter que le département prend
parfois du temps pour régler les sommes à sa charge au
titre de l’aide sociale.
Le recrutement de deux chargés de recouvrement à compter
de janvier 2024 pour renforcer les effectifs de la DAV et
assurer le recouvrement des créances.
Le process est en cours grâce à l’arrivée des nouveaux
collaborateurs en CDD.
- Annexe II page 43, 4.2, 1er §
La mission maintient son analyse quant à la dégradation
de la politique de recouvrement du siège mais prend
bonne note de l’arrivée de deux collaborateurs dédiés
(précision apportée dans l’annexe page 43).
-- 132 of 338 --
ANNEXE III
Les ressources humaines
-- 133 of 338 --
SOMMAIRE
1. LA STRUCTURATION DE LA FONCTION RH AU NIVEAU DU GROUPE EST RECENTE
ET REDUITE DANS SES AMBITIONS ..................................................................................... 1
1.1. La DRH a été créée récemment, avec un objectif premier de réassurance juridique
...1
1.1.1. Le niveau régional constitue un échelon d’appui et de contrôle ....................... 1
1.1.2. Les directeurs d’établissements ont une compétence limitée au
management de proximité .................................................................................................. 3
1.1.3. Les outils de pilotage sont incomplets et ne permettent pas au siège
d’impulser une stratégie de groupe en matière de ressources humaines ..... 4
1.2. L’organisation des relations sociales est essentiellement déconcentrée et
faiblement structurée .....................................................................................................................5
2. L’ENCADREMENT DANS LES ETABLISSEMENTS A CONSTITUE UN POINT DE
FAIBLESSE MAJEURE DU GROUPE MAIS LA SITUATION S’EST AMELIOREE ..........5
2.1. Les directions d’établissements se stabilisent mais des difficultés subsistent
localement ...........................................................................................................................................6
2.1.1. Les directeurs d’établissement du groupe ont des profils cohérents avec les
attendus du poste..................................................................................................................... 6
2.1.2. Le turn over des directeurs a été particulièrement élevé mais la situation
tend à s’améliorer .................................................................................................................... 9
2.2. Le déficit en médecin coordonnateur persiste mais des solutions palliatives ont
été mises en place ......................................................................................................................... 15
2.2.1. La couverture des établissements est partielle et pour une quotité
insuffisante .............................................................................................................................. 15
2.2.2. La qualification des médecins est le plus souvent non conforme à la
réglementation ...................................................................................................................... 16
2.2.3. La recherche systématique d’une solution palliative au déficit de médecins
coordonnateurs ..................................................................................................................... 17
2.3. La présence d’une infirmière de coordination est presque généralisée ................ 17
2.3.1. La fonction de coordination est organisée dans la quasi-totalité des
établissements ........................................................................................................................ 17
2.3.2. Des situations parfois dégradées persistent dans certains établissements18
2.4. Les défaillances dans le trio de gouvernance ont pu se cumuler et être à la source
de dysfonctionnements parfois graves dans les établissements............................... 19
3. LES EFFECTIFS SONT STABLES MAIS IL EXISTE DES DEFICITS PERSISTANTS DE
PROFESSIONNELS QUALIFIES ............................................................................................. 20
3.1. Les effectifs dans les établissements sont stables, hors effet de périmètre.......... 20
3.2. Le taux de contrat à durée déterminée est élevé ............................................................. 22
3.3. L’absentéisme est dans la norme du secteur et en baisse dans la période récente.
...23
3.4. Le turn over semble particulièrement élevé ...................................................................... 25
3.5. Le déficit de qualification des personnels est un problème central et persistant
pour le groupe ................................................................................................................................ 26
-- 134 of 338 --
3.5.1. Le groupe ne parvient pas à recruter du personnel qualifié en nombre
suffisant dans ses EHPAD .................................................................................................. 26
3.5.2. Les ratios du nombre de soignants par place témoignent d’un encadrement
déficitaire en personnel soignant .................................................................................. 29
3.5.3. Des ASH « faisant fonction » d’aide-soignant exercent dans de nombreux
établissements mais cette situation, relevée dans de nombreux rapports
d’inspection, n’est pas propre au groupe ................................................................... 31
3.5.4. La politique d’encouragement à la qualification est déconcentrée, non
homogène et globalement insuffisante....................................................................... 33
3.6. L’évolution des effectifs du siège a été beaucoup plus importante que celle des
établissements................................................................................................................................ 35
4. LA POLITIQUE DE FORMATION EST ENCORE EN COURS DE CONSTRUCTION
MALGRE DES OBLIGATIONS FORTES................................................................................ 35
4.1. Le défaut majeur de formation est documenté dans les rapports d’inspection des
ARS ...................................................................................................................................................... 36
4.2. La formalisation de la politique de formation voulue par le siège peine à prendre
de l’ampleur faute d’appui concret sur le terrain ............................................................ 37
4.2.1. Le siège a développé un ensemble de procédures à destination des
directeurs d’établissements ............................................................................................. 37
4.2.2. L’harmonisation des pratiques demeure faible, notamment du fait d’un
manque d’accompagnement des RRH et d’implication d’autres directions
du siège ...................................................................................................................................... 38
4.3. L’évaluation de la portée de ces dispositifs de formation est difficile .................... 38
-- 135 of 338 --
Annexe III
- 1 -
1
1. La structuration de la fonction RH au niveau du groupe est récente et
réduite dans ses ambitions
1.1. La DRH a été créée récemment, avec un objectif premier de réassurance
juridique
Le pilotage des ressources humaines s’organise à trois niveaux : le siège, le niveau territorial
ou régional et les établissements.
Le siège a distingué trois régions dirigées par des directeurs régionaux (DR). L’une couvre les
régions PACA et Occitanie, auparavant distinctes mais regroupées depuis le départ et le non-
remplacement d’un directeur. La deuxième comprend Hauts de France, Grand-Est,
Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne Franche Comté (7 établissements mais
très dispersés) et la troisième, Nouvelle Aquitaine et Normandie (11 établissements).
La direction des ressources humaines dispose d’un effectif de sept personnes. Elle comprend
une directrice arrivée en juin 2021 et six responsables, toutes comptabilisées dans les effectifs
du siège et rattachées hiérarchiquement à la DRH :
trois sont positionnées au siège : une responsable gestion de la paye et comptabilité, une
responsable RH siège et une responsable recrutement ;
trois responsables ressources humaines (RRH), arrivées respectivement pour deux
d’entre elles en octobre 2021 et pour une autre en septembre 2022, sont positionnées
au niveau territorial et accompagnent les établissements en direct.
Au niveau territorial, le travail des RRH s’articule avec celui des trois directeurs régionaux,
hiérarchiquement rattachés à la directrice du groupe et eux-mêmes responsables fonctionnels
des directeurs et directrices d’établissements. Le périmètre géographique d’intervention des
RRH est sensiblement le même que celui des DR mais la Normandie est suivie avec la zone
Hauts de France, Grand-Est, Ile de France, Auvergne Rhône-Alpes et Bourgogne Franche Comté.
Le DR qui couvre Nouvelle Aquitaine et Normandie est donc en contact avec deux RRH.
Le siège a structuré les missions des DR, RRH et directeurs d’établissement mais il ne pilote
pas réellement la fonction RH et n’intervient qu’en cas de difficulté. Il ne dispose d’ailleurs pas
de données consolidées. L’activité principale de la RH du siège est le suivi des contentieux pour
l’ensemble du groupe, actuellement au nombre de 24.
1.1.1. Le niveau régional constitue un échelon d’appui et de contrôle
Les directeurs régionaux constituent une interface entre le siège et les
établissements (cf. Annexe Comptabilité et utilisation des fonds publics). Rattachés
directement à la présidente du groupe, qui les recrutent, ils pilotent la politique de ressources
humaines sur l’ensemble du territoire dont ils ont la responsabilité et disposent d’un pouvoir
hiérarchique sur les directeurs d’établissement. Le profil recherché sur ces postes est celui
d’une personne diplômée bac + 5 en gestion ou école de commerce, disposant si possible d’un
diplôme de type certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement ou de service
d’intervention sociale (CAFDES) et de 5 ans d’expérience. C’est le cas de deux des directeurs
recrutés récemment, la troisième personne est de formation infirmière.
Leurs prérogatives en matière de RH sont de trois ordres : accompagner et soutenir les
directeurs d’établissement d’une part, s’assurer de la qualité du climat et du dialogue social au
sein des établissements et veiller au suivi des orientations du siège, d’autre part.
-- 136 of 338 --
Annexe III
- 2 -
2
Du fait de leurs responsabilités administratives et de suivi de la performance, ils veillent
également à l’adéquation entre le taux d’occupation et les moyens RH associés ainsi qu’à la
bonne application du droit du travail.
Ils accompagnent les directeurs d’établissement selon leurs besoins mais ce sont eux qui
valident les recrutements en CDI ou le recours à l’intérim, le plan de formation etc. Beaucoup
des échanges avec les directions d’établissement se passent par mail ou téléphone mais les
directeurs régionaux sont amenés à se déplacer fréquemment sur des territoires très vastes.
La fiche de poste des directeurs régionaux a évolué en juin 2022. Auparavant, ils étaient
rattachés à un directeur réseau au siège et sont désormais sous l’autorité directe de la
directrice générale. Ils avaient la responsabilité de missions désormais dévolues aux RHH
comme le suivi administratif et réglementaire des établissements.
Les trois directeurs régionaux actuels sont en poste depuis décembre 2021, juin 2022 et janvier
2023.
Les directeurs régionaux disposent d’une part variable de rémunération qui peut représenter
jusqu’à 20% de leur rémunération annuelle. Elle repose actuellement sur quatre objectifs fixés
dans un courrier individualisé adressé à chaque directeur régional au printemps de l’année en
cours. Aucun de ces objectifs ne vise les ressources humaines :
atteinte d’un taux d’occupation moyen annuel – 30% (minoré de 50% si 2 points en
dessous du seuil fixé, nul en dessous) ;
évolution du tarif moyen d’hébergement -10% ;
EBITDAR – 40% ;
objectif qualitatif personnalisé – 20%.
Les responsables ressources humaines exercent principalement une mission de conseil et
d’appui juridique auprès des directeurs d’établissement qui demeurent décisionnaires. Ces
professionnelles ont indiqué à la mission avoir constaté, à leur arrivée, de retards majeurs pris
en matière de sécurisation des pratiques administratives. Les situations d’un établissement à
l’autre étaient très hétérogènes, sans standardisation des pratiques ou même des outils. La
plupart des gestionnaires en place ignoraient leurs obligations et les risques pris du fait des
manquements. La mise en conformité des pratiques avec le droit a sous-tendu leur action
depuis l’arrivée de la présidente en juin 2022.
Elles réalisent notamment des audits sociaux au sein des établissements pour s’assurer du
respect et de la mise en œuvre des dispositions légales et réglementaires. Les audits donnent
lieu à un plan d’action et à un suivi de ce plan (cf. tableau 1).
Tableau 1 : Trame de l’audit social
Champs de l’audit Eléments/documents considérés
Affichages obligatoires Consignes de sécurité, obligations d’information en matière de
harcèlement et de discriminations, règlement intérieur, CSE,
accords collectifs, congés et repos
Registre du personnel Sécurisation des données
Planning Respect du temps de travail et des pauses, des repos
hebdomadaires et quotidiens, congés
Santé Arrêts de travail, mutuelle, prévoyance
Dossier du personnel Contrat de travail et avenants, DPAE, extrait de casier judiciaire,
diplôme, inscription aux ordres, n°ADELI, etc.
Contrat Tous les éléments du contrat (type de contrat, lieu de travail,
horaires, rémunération, congés etc.)
IRP Élections du personnel, tenue des CSE, etc.
Médecine du travail Suivi des visites médicales et de reprise
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Annexe III
- 3 -
3
Champs de l’audit Eléments/documents considérés
Conditions de travail Prévention des risques professionnels, tenues de travail, QVT,
entretiens annuels professionnels, formation
Source : Document Médicharme
Les RRH ont pour objectif la réalisation de trois audits sociaux par an et par établissement mais,
au regard des problèmes de conformité identifiés, l’accompagnement des plans d’action a pris
le pas.
Des échanges hebdomadaires existent entre les RRH et la DRH qui permettent d'identifier les
problèmes, de faire du partage d'expérience ou de bonnes pratiques mais qui ne donnent pas
lieu à des comptes rendus. Cependant, ils ont permis de faire évoluer la grille d’audit entre
2022 et 2023 en fonction des difficultés identifiées.
Les missions complémentaires des RRH portent sur l’aide au recrutement de professionnels
et la constitution de viviers. Elles ont la main sur la publication des postes sur des plateformes
spécialisées, le recrutement d’apprentis et de stagiaires. Elles garantissent la sécurisation du
dossier d'embauche et analysent les contrats de travail.
1.1.2. Les directeurs d’établissements ont une compétence limitée au management de
proximité
Les directeurs d’établissement sont les managers de proximité. À ce titre, ils s’occupent de la
gestion administrative du personnel : gestion des plannings, congés et absences, conditions de
travail (travail de nuit, heures supplémentaires, temps de pause etc.), saisie des éléments
relatifs à la paye, réalisation des entretiens d’évaluation.
Ils sont également responsables de l’animation et du développement des ressources
humaines : recrutement, élaboration du plan de formation, VAE, dialogue social etc.
Ils sont donc assistés dans ces tâches par les fonctions support du siège et le niveau régional.
Ont été mises à leur disposition des fiches de procédure dans de nombreux domaines de façon
à cadrer et homogénéiser les pratiques mais leur appropriation est encore en cours.
Dans la pratique, leurs relations avec les RRH sont très régulières et la fonction d’appui et de
conseil juridique de ces dernières apparait comme un atout pour garantir la conformité de la
gestion administrative. Les directeurs d’établissements souhaiteraient également que les RRH
puissent contribuer davantage à structurer l’offre de formation sur le territoire, notamment en
mutualisant la réponse aux besoins des établissements. Cependant la mise en conformité s’est
avérée particulièrement importante et chronophage et n’a pas permis aux RRH de dégager du
temps pour développer cette offre.
D’après les entretiens conduits par la mission auprès des chefs d’établissement, les profils de
directeurs recrutés ont été axés sur la capacité à garantir la qualité de prise en charge et moins
sur la connaissance administrative et budgétaire du secteur. La mission a noté lors de ses
déplacements une certaine distance par rapport à ces enjeux administratifs et budgétaires.
L’implication récente des directeurs dans l’élaboration des budgets a mis cette difficulté en
lumière puisque leur contribution a été largement guidée par une procédure « pas à pas »
élaborée au siège.
Un autre marqueur de la priorisation des missions concerne la part variable de leur
rémunération qui ne comporte pas d’objectif en matière de ressources humaines et un objectif
d’EBITDAR en matière budgétaire sur lequel ils ont en réalité peu de prise (cf. annexe
Comptabilité et utilisation des fonds publics).
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Annexe III
- 4 -
4
1.1.3. Les outils de pilotage sont incomplets et ne permettent pas au siège d’impulser
une stratégie de groupe en matière de ressources humaines
Du fait de la faible structuration du groupe, le pilotage stratégique des ressources
humaines est fragilisé. L’absence d’un outil commun ne facilite pas la remontée
d’informations. Les données dont dispose le siège sont trimestrielles et proviennent des
logiciels de paye. Elles concernent le nombre d’ETP, le turnover, le nombre de CDD,
l’absentéisme global et l’absentéisme maladie. Les extractions sont chronophages et le seul
indicateur mensuel est le nombre d’ETP. Les établissements peuvent tenir des tableaux de bord
mais leur nomenclature n’est pas standardisée ce qui rend leur consolidation complexe.
Ce défaut de pilotage est le reflet d’une absence de politique RH globale et de la
coexistence de configurations d’établissements et de spécificités qui persistent.
L’harmonisation des pratiques qui a commencé de se développer, notamment au travers de
l’accompagnement des établissements par les RRH, n’est pas achevée. Des différences
substantielles demeurent, que ce soit en matière de rémunération, de primes, de formation etc.
Ainsi, selon les besoins et les difficultés de recrutement, les rémunérations des personnels
soignants varient d’un établissement à l’autre. Les pratiques administratives étaient si loin des
attendus (contrats de travail non signés, absence de vérification des diplômes et des casiers,
absence de visites médecine du travail…) que leur mise en conformité a été le point d’attention
des RRH qui n’ont pu de ce fait dédier leur activité à d’autres objectifs.
Le siège n’est donc pas en capacité d’effectuer des requêtes systématisées sur un certain
nombre d’indicateurs afin de détecter rapidement les problèmes ou d’effectuer des
comparaisons facilement. À cet égard un SIRH doit être développé en 2024
Cette absence de vision stratégique au niveau du groupe laisse d’importantes marges de
manœuvre aux directeurs d’établissement et leur permet de s’adapter à leurs réalités locales,
mais ne permet pas d’optimiser les ressources, de partager les bonnes pratiques et de garantir
un pilotage efficace.
Le pilotage opérationnel est organisé autour de réunions régulières mais qui ne
donnent pas lieu à des comptes-rendus formalisés. Une réunion est ainsi organisée une fois
par mois en présence des 3 DR, des 3 RRH, du service RH du siège et de la DRH afin de partager
les sujets communs RH.
Au niveau régional, les échanges sont structurés comme suit
avec la direction du groupe :
une visio par semaine ;
des échanges quotidiens par téléphone en cas de besoin ;
avec les DR :
une réunion de 2 jours au siège une fois par mois ;
un point hebdomadaire par téléphone ;
le DR avec la RRH :
un point hebdomadaire sur l’actualité RH : programmation des entretiens annuels
d’évaluation, programmation les congés payés, travailler sur le plan de formation,
le recrutement ;
des échanges en fonction de l’actualité de l’établissement (programmation des
élections professionnelles dans un établissement, procédure disciplinaire…) ;
le DR avec les directeurs du périmètre :
une visio collective hebdomadaire ;
une visio en individuel en fonction de l’actualité de l’établissement : analyse
financière, point qualité, actualité de l’établissement ;
-- 139 of 338 --
Annexe III
- 5 -
5
des échanges téléphoniques dès que nécessaire avec chaque directeur.
Avec les RRH, l’accompagnement n’est pas formalisé par l’organisation de réunions régulières,
bilatérales ou collectives avec les établissements de la région. L’accompagnement semble se
faire davantage au fil de l’eau, en fonction des besoins ou difficultés rencontrés sans traçabilité
particulière.
Au sein des établissements, des comités de direction sont organisés de façon hebdomadaire et
associent le directeur, ses adjoints s’il y en a, le médecin coordonnateur, l’IDEC, le psychologue
quand il y en a un.
L’absence de traçabilité rend toutefois difficile le suivi effectif de l’activité, de son organisation
et met en exergue une communication qui fonctionne encore de façon trop informelle.
1.2. L’organisation des relations sociales est essentiellement déconcentrée et
faiblement structurée
La faible structuration de Médicharme en tant que groupe détermine aussi
l’organisation de ses relations sociales.
Il n’y a pas d’unité économique et sociale reconnue à l’échelle du groupe. Des comités sociaux
d’entreprise sont constitués au sein de chacune des sociétés d’exploitation des établissements
(à l’exception de l’une d’entre elles, du fait d’un nombre d’ETP inférieur à 11) ainsi qu’au sein
de la société Médicharme, employant les personnels du siège.
Toutefois, aucun CSE n’était constitué dans neuf des 31 EHPAD du groupe en activité au
1 er novembre 2023 et en situation d’être doté d’un CSE, du fait de la carence de candidats. Le
groupe est de ce point de vue, compte tenu de son histoire relativement récente, en partie
tributaire des démarches entreprises par les précédents exploitants des EHPAD concernés, les
élections au CSE n’étant organisées que tous les 4 ans.
Lorsqu’il y a des candidats et des élus, il s’agit dans la moitié des cas de personnels sans
appartenance syndicale. Par ailleurs, compte tenu de la taille modeste des établissements, qui
emploient le plus souvent entre 11 et 50 ETP, le nombre des représentants du CSE est en tout
état de cause réduit (1 à 2 titulaires).
La direction du groupe a souhaité constituer en 2023 un comité de groupe, en
application des articles L 2331-1 et suivants du code du travail. Les compétences du
comité de groupe sont réduites par rapport au CSE puisqu’il est seulement tenu informé de la
situation financière, de l’activité ou des perspectives économiques, sans obligation de
consultation. Ce comité s’est réuni deux fois, en avril et juillet 2023. Le seul procès-verbal
disponible à la date de la mission, celui de la séance d’installation, est limité à l’installation du
comité et ne retrace pas déchanges approfondis, ce alors que le groupe sortait pourtant d’une
première procédure de conciliation.
Il faut noter en complément qu’il n’existe aucun accord collectif à l’échelle du groupe, ni aucun
essai d’harmoniser l’organisation du travail au sein des différents établissements du groupe,
qui relève de l’initiative de chaque directeur d’établissement.
2. L’encadrement dans les établissements a constitué un point de
faiblesse majeure du groupe mais la situation s’est améliorée
La gouvernance d’un EHPAD s’appuie sur un trio : directeur d’établissement, médecin
coordonnateur, infirmière de coordination (IDEC). Les carences dans l’une de ces
fonctions, comme la rotation accélérée des titulaires, sont des facteurs majeurs de
désorganisation de l’EHPAD, potentiellement préjudiciable aux résidents et aux salariés.
-- 140 of 338 --
Annexe III
- 6 -
6
À cet égard, la situation du groupe Médicharme s’est caractérisée depuis l’origine par une forte
instabilité du trio de gouvernance dans nombre des établissements, source de nombreux
dysfonctionnements. Si la situation s’est améliorée au cours de la période récente, elle n’est pas
complètement stabilisée.
2.1. Les directions d’établissements se stabilisent mais des difficultés
subsistent localement
2.1.1. Les directeurs d’établissement du groupe ont des profils cohérents avec les
attendus du poste
2.1.1.1. Leurs qualifications sont, à une exception près, conformes aux prescriptions
réglementaires
Les articles D. 312-176-6 et D. 312-176-7 du code de l’action sociale et des familles imposent
aux directeurs d’EHPAD un niveau de certification minimal :
de niveau I (master) pour les établissements répondant à au moins deux des trois
critères suivants : plus de 50 salariés ; plus de 3,1 M€ de chiffres d’affaires HT ; plus
de 1,55 M€ de total de bilan
de niveau II (licence/ maîtrise) dans le cas contraire.
On notera que les dispositions du code, qui font encore référence au cadre de classification
antérieur au décret n° 2019-14 du 8 janvier 2019 relatif au cadre national de certification1,
pourraient être mises à jour.
Les vérifications opérées par la mission ont permis de constater que les directeurs sont, pour
la plupart, titulaires soit du CAFDES2 (pour trois d’entre eux), soit d’un master ou d’un diplôme
certifié de niveau 7 enregistré au répertoire national des certifications professionnelles. Parmi
eux, trois infirmiers, qui ont complété leur formation initiale par un master.
Trois professionnels sont toutefois seulement titulaires d’un diplôme de niveau 6. Deux des
trois, titulaires d’une licence pour l’un et du CAFERUIS3 pour l’autre, sont directeurs d’un
établissement de petite taille, répondant aux critères rappelés ci-dessus. Le troisième, titulaire
d’une maîtrise d’économétrie, est directeur du plus gros établissement du groupe4 (110 lits).
Le décret n°2017-221 du 19 février 2007, pris en application de la loi 2002-2 du 2 janvier 2002
qui a introduit l’obligation de qualification des directeurs, a prévu un délai de 10 ans après la
date de publication du décret pour obtenir les qualifications requises lorsque le directeur était
en fonction avant l’entrée en vigueur de la loi de 2002, ce qui est le cas du directeur concerné,
ancien gérant de l’EHPAD avant son acquisition par Médicharme et en poste depuis 2000. Le
non-respect de la réglementation a été relevé par le contrôle sur pièce effectué par l’ARS5, sans
qu’aucune conséquence en soit tirée à ce jour. L’établissement dispose d’une directrice
adjointe, exerçant également de longue date dans l’établissement, mais qui elle-même n’est pas
titulaire d’un diplôme de niveau 7.
1 Le niveau I correspond dans la nouvelle classification au niveau 7, le niveau II au niveau 6
2 Certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement ou de service d’intervention sociale – niveau 7
3 Certificat d’aptitude aux fonctions d’encadrement et de responsable d’unité d’intervention sociale – niveau 6
4 Résidence saint Georges à Coeuvres et Valsery (Aisne)
5 Rapport du 18 avril 2023
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Annexe III
- 7 -
7
Deux des trois directeurs régionaux, qui peuvent être amenés à diriger par intérim un EHPAD,
sont également titulaires d’un master. La troisième est titulaire d’un diplôme d’Etat d’infirmier,
qui n’autoriserait pas de direction d’établissement.
2.1.1.2. Leurs modalités de rémunérations sont homogènes
2.1.1.2.1. Les écarts de rémunérations sont fonction de la taille des établissements
La mission a pris connaissance des contrats de travail des directeurs. Leur rémunération est le
plus souvent comprise entre 50 000 € à 55 000 € bruts pour un EHPAD de taille moyenne.
Autour de cette référence, la rémunération est plus élevée pour les établissements de plus
grande taille (de l’ordre de 60 000 € et jusqu’à 65 000 €) et plus faible pour les petits
établissements (45 000 € ou moins et jusqu’à 36000 €). Fait exception à cette gradation, la
rémunération d’un directeur expérimenté récemment embauché pour diriger un EHPAD de
taille moyenne, mais après une période de forte instabilité de la direction et qui plus est, accolé
à un foyer d’accueil médicalisé : sa rémunération est parmi les plus élevées. Il faut noter que
l’un des directeurs, qui a exercé par ailleurs pendant plus de trois ans les fonctions de directeur
du réseau au sein du groupe Médicharme, n’est rémunéré que sur la base de 20% d’un temps
plein au titre de ses fonctions de directeur d’établissement6. Lors de l’échange avec la mission,
qui l’a rencontré lors de son déplacement sur site, il a pourtant indiqué être en réalité impliqué
en continu dans la gestion de l’établissement.
Les directeurs disposent d’un véhicule de fonction, qu’ils peuvent utiliser à des fins
personnelles.
Les directeurs adjoints sont pour leur part rémunérés dans une fourchette de 33 000 € à
39 000€, à une exception près pour une personne dont les fonctions s’apparentent à celle d’un
directeur.
Les directeurs régionaux sont rémunérés davantage (de 65 000 à 75 000€) ; la rémunération
de deux d’entre eux a été revalorisée avec l’extension de leur périmètre géographique.
2.1.1.2.2. Ils bénéficient d’une part variable, sur des objectifs partiellement en rapport avec leur
latitude d’action
Un dispositif non contractuel de part variable, qui s’ajoute à la rémunération fixe, a été
introduit tardivement en 2022 et reconduit en 2023. Le montant maximal de cette part variable
est de 10% de la rémunération fixe.
La part variable est décomposée en 3 objectifs :
40% de son montant est fonction de l’objectif de taux d’occupation de l’établissement ;
40% en fonction d’un objectif d’Ebitdar ;
les 20% restant sont fonction « d’objectifs qualitatifs personnalisés », reflétant les
projets prioritaires du groupe.
Si pour 2022, les courriers fixant les objectifs sont inégalement précis, les notifications pour
2023 sont davantage standardisées.
6 EHPAD « Résidence saint Georges ». Le groupe a mis fin au contrat couvrant les 80% restant en tant que directeur
du réseau
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Annexe III
- 8 -
8
La réalisation de l’objectif relatif au taux d’occupation est en partie tributaire de la politique
tarifaire, qui relève d’une compétence partagée entre le siège et le directeur. L’objectif
d’Ebitdar n’est également que partiellement à la main des directeurs d’établissement, compte
tenu des contraintes économiques (inflation) et de ressources humaines pesant sur les
établissements.
Pour 2022, les objectifs qualitatifs évoquent la mise en œuvre des projets du groupe (Titan,
évaluation de soins, audits RH etc..). Pour 2023, les objectifs retenus sont l’application et
l’appropriation des procédures de soins dans les établissements, l’élaboration des projets
d’établissement et la négociation des CPOM prévus en 2023.
L’analyse des montants versés en 2022 montre des écarts significatifs d’un directeur à l’autre,
confirmant le caractère variable de la rémunération.
2.1.1.3. Leurs conditions de délégation sont réglementairement conformes mais peuvent
être source de confusion avec le rôle des directeurs régionaux
L’article D. 312-176-5 du code de l’action sociale et des familles prévoit que, dans les
établissements de droit privé, les compétences et missions confiées par le gestionnaire au
directeur de l’établissement sont définies par un document unique de délégation (DUD), lequel
précise la nature et l'étendue de la délégation, notamment en matière de définition et de mise
en œuvre du projet d'établissement, de gestion et d’animation des ressources humaines, de
gestion budgétaire, financière et comptable et de coordination avec les institutions et
intervenants extérieurs.
La mission a pu constater que les directeurs des EHPAD détiennent ce document de délégation,
signé par la direction générale de Médicharme en tant que président des différentes sociétés
d’exploitation du groupe et établi sur le même modèle, correspondant formellement aux
prescriptions réglementaires.
Sur le fond, le document est cohérent avec le cadre d’organisation du groupe, qui confère au
directeur d’établissement un rôle de gestionnaire de proximité.
Les directeurs régionaux sont également munis d’un DUD, dont le contenu est globalement
cohérent avec la mission de supervision de deuxième niveau qui est la leur, mais dont la
formulation peut être source de confusion dans l’exercice des responsabilités. Ainsi, si les
directeurs d’établissement sont « responsables de la sécurité » de leur établissement, les
directeurs régionaux reçoivent délégation pour « garantir la sécurité des résidents en prenant
toutes les décisions nécessaires notamment en matière d’accessibilité, de prévention des
accidents, de sécurisation des locaux, de prévention des incendies ».
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Annexe III
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9
2.1.2. Le turn over des directeurs a été particulièrement élevé mais la situation tend à
s’améliorer
2.1.2.1. L’instabilité des directions d’établissement a été particulièrement forte au sein
du groupe Médicharme
Le rachat par le groupe Médicharme d’EHPAD à gestion souvent individuelle ou
familiale s’est fréquemment traduit par un changement de direction de l’établissement.
Les situations de continuité, l’ancien gérant ou un membre de sa famille devenant directeur
salarié du groupe, sont minoritaires. Elles ne sont d’ailleurs pas sans poser problème : dans
l’un des établissements, visité par la mission, l’alignement stratégique entre la direction de
l’établissement et le groupe est visiblement déficient (s’agissant par exemple de la politique
tarifaire, décidé localement sans l’aval formel du groupe) ; dans un autre, la persistance d’un
fonctionnement familial est source de difficultés et de risques – cf. annexe prise en charge des
résidents.
Dans de nombreux cas, la transition n’a pas été correctement opérée par le groupe
Médicharme, du fait notamment du turnover des directions. C’est le cas par exemple à l’EHPAD
« les Eaux vives », visité par la mission, selon le constat fait par les services du conseil
départemental de la Meuse, avant que la situation se stabilise avec l’arrivée d’une nouvelle
directrice. C’est le cas également pour l’EHPAD « L’Elvody »7, selon le constat fait par le rapport
d’inspection de l’ARS, avant là encore que la situation se stabilise.
Mais au-delà de la phase de reprise, la gouvernance est restée instable dans un nombre élevé
d’établissements, comme l’illustre la chronique des titulaires de postes, concernant 13 EHPAD
(cf. tableau 2).
Tableau 2 : Rotation des postes de direction - 13 EHPAD
Nom de l’établissement Date d’acquisition
Nombre des
titulaires/période de
référence
Viteal Oléron (Charente
Maritime) 22/12/2014 7 directeurs en 4 ans et demi
(mars 2019-novembre 2023) ;
Résidence de France (Pas de
Calais) 31/12/2015 5 directeurs en 4 ans (juin 2019-
novembre 2023) ;
Les Châtaigniers (Ardèche) 28/12/2017 7 directeurs en 6 ans (décembre
2017 – novembre 2023)
Les jardins d‘Aiffres (Deux
Sèvres) 09/03/2018 5 directeurs en 5 ans et demi
(mars 2018/ novembre 2023)
La Croix du Sud (Ariège) 15/05/2019 6 directeurs en 4 ans et demi
(mai 2019 – novembre 2023)
Résidence du lac (3 EHPAD – Lot
et Garonne) 16/07/2019 5 directeurs en 3 ans et demi
(avril 2020/novembre 2023)
Les Genévriers (Haute Garonne) 30/12/2019 5 Directeurs en 4 ans (janvier
2020/ novembre 2023)
7 Rapport d’inspection des 6 et 7 juillet 2021
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Annexe III
- 10 -
10
Nom de l’établissement Date d’acquisition
Nombre des
titulaires/période de
référence
La vallée du Bandiat (Charente) 20/11/2020 3 directeurs en 3 ans (décembre
2020-novembre 2023)
La Fruitière (Bouches du Rhône) 29/12/2020 4 directeurs en près de 3 ans
(janvier 2021- octobre 2023)
Oréadis (Alpes Maritimes) 28/09/2021
4 directeurs en 2 ans
(septembre 2021 – novembre
2023)
Les Feuillantines (Alpes
Maritimes) 28/02/2022 3 directeurs en 20 mois (février
2022 – novembre 2023)
Source : Médicharme ; rapports d’inspection des ARS.
Dans 12 de ces 13 établissements, le temps moyen de durée dans le poste est inférieur à un an,
parfois beaucoup moins. Dans le 13 ème, il est légèrement supérieur à un an.
Ces EHPAD représentent 40% de la capacité du groupe. L’instabilité de la direction des
établissements n’est donc pas un phénomène marginal au sein du groupe Médicharme. Elle
concerne aussi bien des EHPAD acquis tôt par le groupe que des établissements l’ayant rejoint
plus récemment.
L’examen des circonstances de départ montre un nombre relativement conséquent de
ruptures conventionnelles, prises d’acte ou licenciements (cf. tableau 3).
Tableau 3 : nombre de ruptures conventionnelles, prises d’acte ou licenciements intervenus en
2021, 2022 et 2023 (avant le 1er novembre)
Motifs de rupture 2021 2022 2023
Rupture conventionnelle 1 1 2
Prise d’acte 1 1 0
Licenciement 5 4 1
Source : Médicharme - DRH
En 2021, les 7 départs survenus selon l’une de ces trois modalités ont représenté plus de la
moitié des départs (13) de directeurs en CDI8 ; en 2022 ce sont 6 départs sur 13 qui ont pris
cette forme. Quatre contentieux concernant ces départs étaient en cours au 1 er novembre 2023.
Les conséquences de la rotation accélérée des directeurs sur le fonctionnement des
établissements sont problématiques, tant dans le fonctionnement au quotidien des
établissements que dans la conduite de projets, comme le relèvent les rapports
d’inspection.
8 Hors démission pour changement d’établissement
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Annexe III
- 11 -
11
Le rapport d’inspection de l’EHPAD les Châtaigniers en 20219 note ainsi « une tension latente
présente à la fois au sein des salariés et au niveau de la direction (...). La succession de quatre
directeurs en quatre années10 depuis la reprise par Médicharme est aussi un élément d’instabilité
mal vécu par les professionnels ».
Le rapport d’inspection de l’EHPAD « les Feuillantines »11 indique pour sa part que « le taux de
rotation des directeurs de l’EHPAD est important : trois personnes ont assuré la fonction de
directeur depuis le 1 er janvier 2018, dont deux depuis la reprise par le groupe en mars 202212. (…)
Cette instabilité de la gouvernance représente un facteur de risque pour l’organisation de la prise
en charge au sein de l’EHPAD ».
La rotation accélérée des titulaires des postes a pour corollaire de fréquentes périodes de
vacance et de rupture dans la continuité de direction, voire de carence, en l’absence de
sous-directeur et plus largement d’équipes administratives étoffées.
Ainsi, lors de l’inspection de l’EHPAD « la vallée du Bandiat » réalisée le 26 juin 2021 par les
services de l’ARS, a-t-il été constaté l’absence de directeur. Il est indiqué aux inspecteurs par le
groupe Médicharme que la gestion opérationnelle est confiée à la secrétaire de direction et à la
cheffe d’équipe « hébergement et vie sociale », alors qu’aucune des deux ne possède la
formation nécessaire à la direction d’un établissement, non plus que des fiches de poste
adéquates. Deux référents du groupe Médicharme (adjoints direction réseau) peuvent être
contactés par la secrétaire et la cheffe d’équipe.
Ces carences ont été d’autant plus problématiques qu’elles se sont doublées fréquemment de
l’absence de médecin coordonnateur ou de l’infirmière de coordination (cf. ci-dessous).
Confronté à ces situations récurrentes, le groupe Médicharme a développé des
stratégies palliatives pour compenser les carences.
Elles s’appuient d’abord sur les ressources internes du groupe. Les directeurs d’établissement
peuvent être amenés à réaliser des intérims dans des établissements en relative proximité13.
Une directrice d’appui, ancienne directrice d’un des établissements du groupe, placée auprès
de la directrice générale, a effectué également de nombreuses missions de transition en cas de
vacance de poste. Les directeurs régionaux sont par ailleurs fréquemment sollicités pour
intervenir en intérim.
Ces stratégies trouvent toutefois leur limite, s’agissant en particulier des directeurs régionaux,
dans la dispersion géographique des établissements et la disponibilité effective des directeurs.
Ainsi le rapport d’inspection de l’EHPAD « La Fruitière »14 à Marseille, notant l’absence de
directeur de site au moment de l’inspection et la succession de trois directeurs en 15 mois,
constate : « la directrice régionale a indiqué assurer le pilotage de l’EHPAD durant les périodes
de transition mais il ressort des échanges avec le personnel que sa présence sur site n’est pas
effective et que les professionnels en poste n’ont pas d’information sur ces départs ».
9 Inspection des 27, 28 et 29 septembre 2021
10 À la date de l’inspection ; depuis, 3 autres directeurs se sont succédé
11 Contrôle sur pièces – 9 novembre 2022
12 Une nouvelle directrice a pris ses fonctions en avril 2023
13 C’est le cas, à la date de la mission, de l’EHPAD La Croix du Sud, dirigé par le directeur de l’EHPAD Les genévriers,
ancien directeur de l’EHPAD La croix du sud, du 17 août au 31 octobre 2023
14 Inspection du 30 mai 2022
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Annexe III
- 12 -
12
De même, l’inspection de l’EHPAD « Au bon accueil »15, à La Crau (Var), révèle une organisation
confuse des responsabilités en période d’intérim : « La présence effective d’une direction sur
place est difficile à appréhender. En effet, à l’arrivée de la mission d’inspection, le premier agent
rencontré indique qu’il n’y a pas de directeur ou directrice dans l’établissement. La personne
repérée comme responsable est la directrice adjoint de l’EHPAD « Les amis des aînés » à Signes, à
hauteur de 0,1 ETP (…). Elle indique assurer l’intérim de l’EHPAD en lien avec la directrice
régionale PACA du groupe Médicharme », laquelle dispose bien d’une délégation la nommant
directrice par intérim. La directrice adjointe, qui concrètement assure la fonction de direction
sur place, ne dispose en revanche pas de lettre de mission ou de délégation de compétences.
Le groupe a également recours à des directeurs de transition externes, notamment dans des
situations de crise à l’origine du départ du directeur. Au 1 er novembre 2023, un établissement
était doté d’un directeur de transition16, dont le contrat initial a été prolongé et trois autres17,
sous une même direction, sortaient également d’une période de direction de transition.
2.1.2.2. La situation tend à se stabiliser
2.1.2.2.1. La stabilisation des directions est une priorité d’action affichée du groupe
Le renforcement et la stabilisation des directions d’établissement ont été une priorité
affichée de la nouvelle gouvernance de Médicharme installée en 2022. La DRH s’est ainsi
renforcée d’une collaboratrice spécifiquement dédiée au recrutement de cadres.
Cette stratégie a eu des résultats. Sans que la mission ait pu précisément vérifier ce point, le
groupe a indiqué qu’une quinzaine de postes de direction étaient vacants début 2022 et que
les recrutements étaient très difficiles compte tenu de l’image du groupe. À la date
du 1er novembre 2023, les établissements du groupe étaient tous dotés d’un directeur.
Si l’on considère, parmi les 32 Ehpad du groupe en activité au 1 er novembre 2023, les 29 EHPAD
acquis avant novembre 2021 :
21 (soit les 2/3) étaient dirigés par le même directeur depuis au moins un an ;
12 (41%) étaient dirigés par le même directeur depuis plus de deux ans.
Un autre axe d’action du groupe a concerné les EHPAD multi-sites. Certains ont été dotés d’un
directeur temps plein pour l’un des sites : c’est le cas de l’EHPAD « le Beau site » à Clécy
(Calvados), précédemment en direction commune avec les deux autres EHPAD situés en
Normandie et doté d’une directrice temps plein depuis décembre 2021. Un des deux autres
EHPAD, « l’Elvody », a été pourvu d’une directrice adjointe, ancienne IDEC, à compter de
septembre 2022. De même, les trois EHPAD du Lot et Garonne ont désormais, avec le
recrutement d’un 3 ème collaborateur, tous été dotés de directeurs adjoints, relais locaux du
directeur commun à l’ensemble des sites (cf ci-dessous).
Cinq EHPAD18 continuent toutefois à être gérés par des directeurs communs (à deux ou trois
EHPAD) sans adjoint de direction. De façon plus générale, la petite taille des EHPAD du groupe
ne permet pas de généraliser un binôme de direction, qui n’est présent, hors EHPAD multi site,
que dans une partie des établissements les plus grands : trois des sept EHPAD de plus de
80 places sont dotés d’un directeur adjoint19.
15 Inspection du 8 décembre 2021
16 EHPAD les jardins d’Aiffres
17 Etablissements gérés par la SAS Résidence du lac
18 EHPAD « Les eaux vives », « les amis des aînés » et « le bon accueil » ;
19 EHPAD Résidence saint Georges, « Les Genévriers », « La bastide du Luberon »
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Annexe III
- 13 -
13
2.1.2.2.2. Des difficultés de gouvernance persistent dans certains établissements
Les progrès dans la gouvernance de établissements laissent subsister des situations de
fragilité.
Le groupe n’échappe pas aux déconvenues managériales, qui conduisent à des situations de
crise dans le fonctionnement des établissements.
C’est le cas notamment pour les EHPAD du groupe dans le Lot-et-Garonne. Ces trois EHPAD,
gérés par la SAS « Résidence du lac », sont regroupés au sein d’une direction commune. Le
directeur recruté en avril 2020 a été licencié en juin 2022, au motif de son inaction face à des
situations de maltraitance par certains membres de son personnel. Le directeur recruté en
juin 2022 a fait l’objet d’une rupture conventionnelle en août 2023 à la suite du constat de faits
de harcèlement. S’en est suivie une période de direction par un directeur de transition avant le
recrutement d’une nouvelle directrice au 1 er novembre 2023. Le recrutement de deux
nouveaux directeurs adjoints en septembre et octobre derniers permet à ces EHPAD de
disposer d’une équipe de direction au complet (une directrice commune et un sous-directeur
dans chaque établissement). En parallèle, la coordination médicale et paramédicale a été
renforcée avec, d’une part, l’arrivée sur le site de la « Résidence du lac » d’une IDEC en
septembre 2023, qui assure à mi-temps la coordination de deux infirmières référentes (IDER)
situées sur les deux autres sites et, d’autre part la convention passée avec la société MedCo
conseil (cf infra) pour le site de la « Résidence de Beurre » dépourvu de médecin
coordonnateur20.
Il faut noter également la situation de l’EHPAD « les Jardins d’Aiffres » (Deux-Sèvres),
également visité par la mission. Cet EHPAD, dont la situation financière est la plus dégradée du
groupe (-44% de marge d’EBITDA en 2022), est par ailleurs engagé dans la seule opération de
regroupement menée au sein du groupe, avec l’EHPAD Les Charmilles situé également dans les
Deux-Sèvres. L’établissement est dirigé par un directeur de transition, qui a pris la suite d’une
directrice restée en poste sept mois et demi et licenciée, en même temps que son adjointe, en
juillet 2023. Cette directrice, qui a pris ses fonctions en novembre 2022, prenait la suite de la
directrice d’appui du groupe, en fonction de direction pendant 2 mois et demi, après la
démission (précédé d’un arrêt de travail sans reprise de poste) d’une directrice en poste elle-
même pendant 15 mois seulement.
D’autres établissements ont fait l’objet jusqu’il y a peu d’une grande instabilité dans leur
direction. Parmi les EHPAD mentionnés dans le tableau 3 ci-dessus, il faut souligner en
particulier la situation de l’EHPAD Les Châtaigniers à Antraigues sur Volane (Ardèche) de
l’EHPAD La Croix du Sud à Fabas (Ariège) ou de l’EHPAD La vallée du Bandiat à Marthon
(Charente). Ces EHPAD ont bénéficié toutefois d’une gouvernance plus stable au cours de la
période récente.
2.1.2.3. Du fait de ces difficultés, le groupe a connu un nombre important de contentieux
RH dont certains sont encore en cours
Le groupe Médicharme a actuellement 25 contentieux en cours qui concernent d’anciens
directeurs d’établissement mais également des personnels soignants. La plupart des motifs de
litiges sont relatifs à la contestation par les anciens salariés des motifs de licenciement ou à des
réclamations relatives au temps de travail et à la rémunération (congés, heures
supplémentaires etc.). Une procédure concerne une personne qui se trouve toujours en poste.
20 Les deux autres sites disposent d’un médecin coordonnateur
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Annexe III
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14
Depuis 2018, le groupe recense 44 procédures contentieuses. Sur les 19 qui sont terminées,
deux résultent d’un désistement, quatre ont été remportées par le groupe, 10 ont donné lieu
au versement d’indemnités et trois ont abouti grâce à une transaction entre les parties.
25 procédures sont en cours, dont quatre en appel à la suite d’un premier jugement défavorable
et donc avec un risque identifié de devoir payer des indemnités, cinq à la suite d’un premier
jugement favorable au groupe et dont les salariés ont fait appel, et 16 en attente (cf. tableau 4).
Tableau 4 : Recensement des contentieux RH du groupe de 2018 à 2023 au 03-12-2023
Etat des
contentieux Jugement Nombre de
procédures
Montants
Demandés Versés
Terminés -
19
Condamnations 10 366 595
Transactions 3 34 101
Favorables au groupe 4 219 030 O
Désistements 2 0 0
En cours -25 Procédures en appel
suite à 1 ere décision
défavorable non
exécutoire
2 114 882
Procédures en appel
suite à 1 ere décision
défavorable
exécutoire
2 84 745 +
remboursement
6 mois
d’ASSEDIC
Procédures en appel
suite à 1 er jugement
favorable
5 506 633
En attente de premier
jugement
16 1 315 731
Source : mission d’après document Médicharme
S’agissant des procédures en cours, la détermination des risques financiers liés à un jugement
défavorable est évaluée par le groupe lors de deux réunions annuelles entre la direction
comptable et la direction des ressources humaines. Ce comité des risques détermine un
montant à provisionner. Ce montant est tracé dans les comptes des établissements concernés
par les litiges en cours ou ceux du siège si le salarié y travaillait, en provisions pour risques et
charges par une charge exceptionnelle.
Lorsque la procédure prend fin favorablement pour le groupe, la provision est reprise
comptablement par une reprise exceptionnelle. En cas de condamnation, la charge est
comptabilisée en frais de personnel et en charge exceptionnelle s’il s’agit d’une transaction.
En 2022, le groupe a ainsi provisionné 867 560 € pour risques de contentieux RH pour
22 procédures sur 31 procédures alors en cours dans le réseau. Il a également provisionné
80 000 € pour une procédure au siège sur deux procédures en cours cette année-là.
-- 149 of 338 --
Annexe III
- 15 -
15
2.2. Le déficit en médecin coordonnateur persiste mais des solutions palliatives
ont été mises en place
2.2.1. La couverture des établissements est partielle et pour une quotité insuffisante
L’article L.312-12 (V) du code de l’action sociale rend obligatoire la présence d’un médecin
coordonnateur au sein des EHPAD. L’article D.312-156 du même code définit le quantum de
présence de médecin coordonnateur en fonction de la taille de l’établissement.
Le décret n°2022-731 du 27 avril 2022, applicable à compter du 1 er janvier 2023, a majoré ces
quantums. Le tableau ci-après récapitule les ratios avant et après cette réforme (cf. tableau 5).
Tableau 5 : Quantum de présence des médecins coordonnateurs en fonction de la taille des
EHPAD
Taille de l’établissement Jusqu’au 31/12/2022 Depuis le1er janvier 2023
Moins de 44 places 0,25 0,4
De 44 à 59 places 0,40 0,4
De 60 à 99 places 0,50 0,6
De 100 à 199 places 0,60 0,8
200 places et plus 0,80 1,0
Source : Code de l’action sociale et des familles
Au 1 er novembre 2023, seize médecins coordonnateurs exerçaient dans les 32 EHPAD du
groupe21. Compte tenu de la couverture par trois de ces médecins de deux ou trois EHPAD, 20
EHPAD, soit 63% des EHPAD du groupe, étaient donc dotés d’un médecin coordonnateur. Cette
proportion est significativement plus faible que ce qui peut être observé dans le secteur des
EHPAD à but lucratif, où le taux moyen des EHPAD sans médecin coordonnateur n'est que de
11%, avec des variations importantes selon les régions22.
Tableau 6 : Part des EHPAD du secteur privé à but lucratif sans médecin coordonnateur dans
les régions d’implantation du groupe Médicharme en 2021 (en %)
Région ARA BFC Gd
ESt HDF IDF Normandie NA Occitanie. PACA France
Part des
EHPAD sans
médecin
coordonnateur
(en %)
13,8 20 13,4 12,8 4,3 8,3 18 7,7 7,4 11
Source : Tableau de bord de la performance du secteur médico-social
21 Le groupe a indiqué qu’un médecin était en cours de recrutement dans un EHPAD supplémentaire (« l’Elvody »)
22 Il s’agit d’un taux toutes tailles confondues ; comme indiqué supra, la capacité des EHPAD du groupe est
nettement plus faible que la moyenne du secteur
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Annexe III
- 16 -
16
Les médecins coordonnateurs exerçant au sein du groupe ont été, pour la majorité d’entre eux,
recrutés récemment : 9 sur 17 ont été recrutés en 2022 ou 2023, 3 entre 2017 et 202123 et 4
seulement exercent dans leur EHPAD depuis plus de cinq ans. Parmi les médecins récemment
recrutés, quatre ont pris la suite de médecins coordonnateurs dans une relative continuité
d’exercice24. On peut donc estimer que 11 EHPAD seulement ont connu la présence régulière
dans le temps d’un médecin coordonnateur. La chronique des contrats de travail des médecins
coordonnateurs signés avec les EHPAD du groupe Médicharme offre de nombreux exemples
de recrutement pour des durées limitées, illustrant la difficulté à s’adjoindre une ressource
fondamentalement rare.
La petite taille des établissements et leur isolement semblent constituer des obstacles au
recrutement d’un médecin coordonnateur : parmi les sept établissements « isolés »25 du
groupe, ie hors direction commune avec un autre EHPAD à proximité, et comptant 40 places
ou moins, deux seulement bénéficient du concours d’un médecin coordonnateur. Pour autant,
la taille ne garantit pas la collaboration d’un médecin : sur les sept établissements de plus de
80 places que compte le groupe, deux n’ont pas de médecin coordonnateur.
Lorsque des médecins sont présents dans les EHPAD, les quotités de présence sont en
deçà de ce que prévoit le code de l’action sociale et des familles. Au 1er novembre 2023, un
seulement (Vitéal Les Mimosas Oléron – Charente maritime) respecte les prescriptions alors
que c’est le cas de près des ¾ des établissements du secteur26. Deux autres établissements,
distincts juridiquement mais situés sur un même site, seraient conformes s’ils ne formaient
qu’une entité (Aeria et Meissel – Bouches du Rhône). Avant le 1er janvier 2023 par ailleurs, trois
autres établissements respectaient les quantums, mais les temps de présence n’ont pas été
adaptés pour suivre l’évolution de la norme.
Six EHPAD, souvent des EHPAD de petite taille, ont un quantum inférieur ou égal à un quart
temps, quand le minimum réglementaire est de 0,4 ETP.
Enfin, il faut relever l’âge élevé des médecins : sept ont plus de 65 ans, cinq entre 60 et 65 ans
et quatre seulement moins de 55 ans. Il s’agit donc d’une évidente fragilité pour le
fonctionnement des EHPAD dans un proche avenir.
2.2.2. La qualification des médecins est le plus souvent non conforme à la
réglementation
L’article D. 312-157 du code de l’action sociale et des familles prévoit que « le médecin
coordonnateur doit être titulaire d'un diplôme d'études spécialisées complémentaires de
gériatrie, d'un diplôme d'études spécialisées de gériatrie ou de la capacité de gérontologie ou d'un
diplôme d'université de médecin coordonnateur d'établissement d'hébergement pour personnes
âgées dépendantes ou, à défaut, d'une attestation de formation continue. »
23 Dont un pour trois EHPAD (les eaux vives) et un pour deux (Aeria /meissel)
24 Résidence Saint Georges, Les airelles, Les genévriers, la Juvénie ;
25 Ehapd Oréadis, « La vallée du Bandiat », « La maison de Thérèse », « Les amis des ainés », « Au bon accueil », « Les
airelles », « Villa Claudine »
26 73,16% - données tableau de bord de la performance du secteur médico-social – données 2022
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Annexe III
- 17 -
17
Les médecins coordonnateurs du groupe ne sont toutefois qu’une minorité à répondre à ces
prescriptions : seuls six des 16 médecins sont titulaires soit d’une capacité (pour trois d’entre
eux), soit d’un diplôme universitaire (pour les trois autres)27, les autres sont uniquement
qualifiés en médecine générale. Les attestations de formation continue produites par certains
médecins ne portent pas sur la fonction de coordination médicale en EHPAD. Les six médecins
disposant des qualifications requises seront âgés de 64 ans et plus fin 2023 et sont donc
susceptibles de quitter leur activité à relativement brève échéance.
Pour autant, les contrats de travail type signés avec les praticiens comportent tous une clause,
soit d’engagement du signataire à transmettre les documents attestant de la capacité à exercer
les fonctions de médecin coordonnateur, soit reconnaissant être titulaires d’un des diplômes
ou attestation requis par l’article D. 312-157, ce qui n’est manifestement pas le cas.
2.2.3. La recherche systématique d’une solution palliative au déficit de médecins
coordonnateurs
De façon à garantir la fonction de coordination médicale dans les EHPAD du groupe, le groupe
a conclu à compter de mi-2022, avec la société MedCo conseil, des contrats de prestation, qu’il
a progressivement étendu à tous ses établissements dépourvus de médecins coordonnateurs.
Dix établissements étaient, au 1 er décembre 2023, en contrat avec cette société.
Un 11 ème établissement, également dépourvu de médecin coordonnateur, a conclu un contrat
avec une autre société, Telemedicare.
Ainsi, tous les EHPAD du groupe sont dotés d’une fonction de coordination médicale.
Le montant de la prestation de MedCo conseil varie de 2 500 € HT à 5 600 € HT par mois selon
la taille de l’établissement, un coût supérieur à celui du recrutement d’un médecin
coordonnateur salarié28.
2.3. La présence d’une infirmière de coordination est presque généralisée
2.3.1. La fonction de coordination est organisée dans la quasi-totalité des
établissements
Le code de l’action sociale et des familles n’impose pas la présence d’infirmière de coordination
(IDEC) dans les EHPAD. L’article D. 312-15-0 (II) de ce code prévoit seulement qu’un EHPAD
dispose d’une équipe pluridisciplinaire « comprenant au moins (..) un professionnel infirmier
titulaire du diplôme d’état ».
27 Un autre médecin est titulaire d’un DU « maladies des personnes âgées », ce qui ne correspond pas totalement
aux prescriptions réglementaires mais s’en approche
28 De l’ordre de 2500€ pour un établissement inférieur à 25 lits, 3500€ pour un établissement de 40 lits, 4800 à
5600€ pour un établissement de 85 lits. Pour comparaison, la rémunération contractuelle des médecin salariés pour
une quotité de 0,4 ETP est en moyenne de 3200€.
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Annexe III
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18
Pour autant, la présence d’une IDEC fait partie des bonnes pratiques d’organisation largement
répandues et que les pouvoirs publics souhaitent promouvoir. Dans la suite du rapport des
professeurs Jeandel et Guerin29, la feuille de route EHPAD/ USLD publiée en mars 2022 prévoit
de reconnaître la fonction d’infirmier coordonnateur sur la base d’un référentiel national.
L’IDEC organise les soins, a la responsabilité de l’élaboration des plannings, est le référent de
l’équipe paramédicale soignante (IDE, aides-soignants) et enfin, le vecteur des bonnes
pratiques de soins. Elle est à l’interface de la direction, du médecin coordonnateur, des
médecins traitants et des professionnels libéraux extérieurs à l’EHPAD, ainsi que des résidents
et de leurs familles.
La présence systématique d’une infirmière de coordination est d’autant plus nécessaire que,
comme on l’a vu supra, le déficit en médecins coordonnateurs, et plus encore l’instabilité sur
ce poste, sont importants.
La présence d’une IDEC correspond à une orientation affirmée de la gouvernance du groupe
Médicharme depuis 2022. Cette présence est généralisée au sein des EHPAD du groupe et ces
postes sont effectivement pourvus. À la date du 1 er novembre 2023, deux établissements
seulement comportaient une vacance de ce poste.
Il faut toutefois noter la faible ancienneté moyenne des infirmières en poste. La plupart des
infirmières coordonnatrices ont été recrutées en 2022 ou 2023 : sur les 32 établissements en
activité au 1 er novembre 2023, seuls 6 comptaient une IDEC recrutée avant 2022, c’est-à-dire
avec plus de deux ans d’ancienneté dans le poste.
Il faut également noter que la priorité donnée au recrutement d’IDEC a conduit le groupe à
ajuster les rémunérations proposées pour rester attractif, avec une augmentation au cours des
dernières années de plus de 20% des rémunérations proposées (de 2 800 € à 3 400 € brut en
moyenne)30.
2.3.2. Des situations parfois dégradées persistent dans certains établissements
La rotation des effectifs sur les postes d’IDEC expose les établissements à des périodes de
carence. De nombreux rapports d’inspection font ainsi état de l’absence d’IDEC au moment de
l’inspection31, créant un risque pour l’organisation et la continuité des soins.
L’infirmière de coordination nationale, ancienne IDEC dans l’un des établissements du groupe,
a été amenée, dans ces conditions, à réaliser des missions d’intérim dans les situations de
défaillance et de difficultés d’organisation au sein de l’établissement.
Dans deux établissements de petite taille, l’effectif ne permet pas la création d’un poste temps
plein d’IDEC. Le groupe a pris l’option de désigner en substitut une « infirmière référente »
(IDER), qui cumule alors ses activités de soins avec celles de la coordination des soins. Cette
solution palliative, qui ne permet de consacrer qu’une partie du temps aux fonctions de
coordination, peut s’avérer insuffisante notamment en cas de défaut d’une des autres
composantes du trio de gouvernance.
29 Rapport de mission « Unités de soins de longue durée et EHPAD » juin 2021
30 Entretien de la mission avec la DRH
31 Inspections des EHPAD « Les Jardins d’Aiffres », « la Croix du Sud», « l’Elvody, » « Au bon accueil », Oréadis
-- 153 of 338 --
Annexe III
- 19 -
19
La fonction d’IDER est également présente dans les établissements situés en Lot et Garonne. Il
existe un poste d’IDEC pour les trois EHPAD du groupe dans le département, laquelle IDEC
exerce à 50 % dans l’un des établissements, et un poste d’IDER dans les deux autres
établissements. La mission a pu constater lors de sa visite que cette organisation n’est pas
optimale. L’IDER est en effet intégrée au planning des IDE exerçant dans l’établissement. Deux
semaines par mois, elle exerce donc à temps plein une mission d’IDE et ne peut exercer sa
fonction de coordination32.
2.4. Les défaillances dans le trio de gouvernance ont pu se cumuler et être à la
source de dysfonctionnements parfois graves dans les établissements
Les situations de carence ou de dysfonctionnement ont pu concerner simultanément
plusieurs des composantes du trio de gouvernance, voire toutes, engendrant une
situation de risque pour les résidents.
L’inspection de l’EHPAD « la vallée du Bandiat » menée le 26 juin 2021 relevait ainsi l’absence
simultanée de direction, de médecin coordonnateur et d’IDEC.
Le rapport d’inspection de l’EHPAD « la Fruitière 33 fait état, non d’une absence physique mais
d’un « déficit de compétence, de connaissance et de présence au niveau de la direction et du
médecin coordonnateur (qui) induit un glissement de tâche qui est reporté sur l’IDEC. De ce fait,
elle n’est pas en mesure d’assurer pleinement les missions qui lui sont propres ».
Les conséquences délétères pour les résidents de la défaillance du trio de gouvernance d’un
établissement ont été clairement mises en évidence lors des inspections réalisées par l’ARS
d’Ile-de-France et le conseil départemental de Seine-Saint-Denis à l’EHPAD « La Roseraie »,
aboutissant à la fermeture de l’établissement (cf. encadré 1).
Encadré 1 : Constats opérés par l’ARS Ile-de-France et le conseil départemental de
Seine-Saint-Denis à l’EHPAD « La Roseraie » et suites données
L’EHPAD « La Roseraie » est un EHPAD de 39 places situé à Livry Gargan, racheté par le groupe
Médicharme en 2016. Le groupe envisageait, avec l’aval des autorités de tutelle, un transfert de l’EHPAD
dans les locaux neufs situé à Montreuil.
Une première inspection conduite le 8 juillet 2021 avait conduit, après relance de l’établissement, à deux
injonctions notifiées le 20 septembre avec délai de mise en œuvre au 15 octobre (dont l’une portant sur
le constat de carences dans la prise en charge médicale et infirmière) et trois injonctions, huit
prescriptions et douze recommandations complémentaires notifiées par courrier du 2 février 2022.
À la suite de la réception de signalements et de la survenue d’un événement indésirable grave (défaut
d’administration d’un traitement suivi de l’hospitalisation d’une patiente), une nouvelle inspection est
diligentée le 18 février 2022. Elle constate une dégradation de la situation par rapport à la première
inspection. Les principaux constats sont la quintessence des dysfonctionnements organisationnels au
sein d’un EHPAD. Outre des locaux et des conditions matérielles dégradés :
l’absence de direction stable : la directrice en titre est en arrêt maladie entre août et septembre puis
de nouveau depuis novembre 2021 ; une directrice régionale assure entre novembre et janvier
2022 « une présence sur site épisodique, l’EHPAD restant durant cette période de deux mois, sans
pilotage réel par une direction sur place ». Une directrice intérimaire est nommée à compter de
janvier ;
l’absence de médecin coordonnateur depuis 2018 ;
l’absence d’IDEC, en arrêt maladie ;
32 Les deux IDE de Beurre travaillent sur une plage horaire de 12h (7h-19h) 3 semaines par mois et bénéficient
d’une semaine de repos mensuelle
33 Inspection de l’EHPAD la Fruitière 30 mai 2022
-- 154 of 338 --
Annexe III
- 20 -
20
une présence infirmière assurée uniquement par des vacataires en CDD et des intérimaires et un
temps de présence dans l’établissement insuffisant ;
des glissements de tâches entre AS et ASH ;
un même médecin traitant pour tous les patients, présent une fois tous les 15 jours ;
l’incomplétude des dossiers médicaux et un défaut d’utilisation du logiciel Titan ;
le caractère minimal des prestations de restauration et d’animation.
Une évaluation de la situation de santé des résidents diligentée à la demande de l’ARS a conduit à
l’hospitalisation de trois résidents.
L’ARS et le conseil départemental ont d’abord suspendu l’autorisation par arrêté du 22 février 2022 et
nommé un administrateur provisoire puis retiré de façon définitive l’autorisation le 4 juillet 2022. Un
signalement au procureur a été fait sur le fondement de l’article 40 du code pénal au titre des articles L.
221-14, L. 223-1, 223-4, L.223-6 et L. 225-14 du code pénal
Source : rapport d’inspection ARS conseil départemental – inspection du 18 février 2022
Encore récemment, l’inspection de l’EHPAD Oréadis, intervenue début 202334, a été confrontée
à l’absence simultanée de la direction du médecin coordonnateur et de l’IDEC. Le rapport
constate qu’il « apparaît au regard des différents entretiens réalisés avec le personnel que
l’EHPAD a été laissé sans direction du 26 décembre 2022 au 9 janvier 2023 », date d’arrivée de la
directrice d’appui du groupe. Il note que « le triptyque classique participant à la gouvernance d’un
EHPAD à savoir le directeur, le médecin coordonnateur et l’infirmier coordonnateur n’est pas
constitué(..) Cette fragilité du trépied Direction-MEDCO-IDEC fragilise l’organisation de soins et
ne permet pas une prise en charge continue, de qualité et sécurisée des résidents ». ARS et conseil
départemental des Alpes-Maritimes ont en conséquence suspendu l’admission de nouveaux
résidents. Depuis, le trio de gouvernance de l’EHPAD a été reconstitué.
Ces situations de carence complète du trio de gouvernance demeurent l’exception. Elles sont
par ailleurs le reflet d’une situation historique qui a évolué depuis deux ans. Mais l’instabilité
initiale de la gouvernance a eu des répercussions durables sur le groupe et une incidence sur
le fonctionnement des établissements, leur capacité à assurer un recrutement de personnels
qualifiés (cf. ci-dessous) comme à mener des démarches d’amélioration de la qualité suivies
dans le temps.
3. Les effectifs sont stables mais il existe des déficits persistants de
professionnels qualifiés
3.1. Les effectifs dans les établissements sont stables, hors effet de périmètre
Les développements suivants concernent l’ensemble des sociétés d’exploitation du groupe,
hors siège. Ce périmètre est plus large que celui des EHPAD puisqu’il comprend également le
foyer d’accueil médicalisé géré par le groupe ainsi que deux résidences autonomie et quelques
structures employant un nombre très limité de personnes en appui au siège ou à l’exploitation.
L’évolution des effectifs au sein de ces sociétés ne fait l’objet d’un suivi consolidé par le siège
(contrôle de gestion) que depuis 2022. Les données détaillées par établissement existent à
partir d’août 2021.
Le graphique 1 retrace l’évolution globale des effectifs depuis décembre 202035.
34 Inspection du 24 janvier 2023
35 Ces effectifs incluent, encore sur la période récente, un établissement hors périmètre du groupe (EHPAD la
chevalière)
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Annexe III
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21
Graphique 1 : Évolution des ETP des sociétés d’exploitation du groupe Médicharme
Source : Mission d’après données Médicharme
Le groupe rémunérait au mois de septembre 2023, 1 272,8 ETP. Les effectifs ont crû de 25 %
entre décembre 2020 et septembre 2023, avec toutefois plusieurs phases contrastées : une
diminution des effectifs entre août et novembre 2021, motivée par une action volontaire du
groupe de réduction des effectifs dans un contexte de baisse des taux d’occupation dans les
établissements ; une forte progression au cours des premiers mois de 2022, correspondant à
l’acquisition des derniers établissements du groupe ; et une quasi-stabilité depuis plus d’un an.
Le graphique 2 neutralise l’effet périmètre en isolant les établissements acquis après
le 1 er janvier 2021.
Graphique 2 : Évolution des ETP à isopérimètre au 1er janvier 2021
Source : Mission d’après données Médicharme
Hors effet périmètre, les effectifs du groupe sont quasiment stables sur la période récente pour
les établissements entrés dans le groupe avant le 1 er janvier 2021.
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
0,00
200,00
400,00
600,00
800,00
1000,00
1200,00
1400,00
1600,00
ETP ETP iso
-- 156 of 338 --
Annexe III
- 22 -
22
3.2. Le taux de contrat à durée déterminée est élevé
La stabilité des équipes est un paramètre important dans la qualité et la continuité des
prestations délivrées. Plusieurs directeurs d’établissement ont fait part à la mission d’une
difficulté accrue à recruter du personnel en contrat à durée indéterminée au sortir de la crise
du Covid, les tensions sur le marché du travail (insuffisance des personnels par rapport à la
demande) favorisant des comportements privilégiant le choix des périodes et des horaires de
travail et limitant les durées d’engagement.
Le graphique 3 indique l’évolution du nombre de salariés sous CDI et sous CDD au cours des
trois dernières années dans les établissements du groupe.
Graphique 3 : Évolution des effectifs en CDD et CDI dans le groupe Médicharme
Source : Mission d’après données Médicharme
Le nombre des CDD est relativement constant, avec une augmentation conjoncturelle
récurrente en été. Hors période estivale, le taux de CDD est proche de 20% sur la période.
Le taux de CDD calculé inclut toutefois les stagiaires et apprentis. Hors des deux populations,
le taux est de l’ordre de 3 à 4 points inférieur. Par comparaison, le taux observé en 2019 dans
le secteur des EHPAD à but lucratif était de l’ordre de 15 points36. La crise de la Covid a pu avoir
une incidence sur ce taux et les pratiques contractuelles sous-jacentes.
Le taux moyen recouvre toutefois des réalités territoriales plus contrastées. Le graphique 4
retrace le taux de CDD par établissement pour l’année 2022.
36 Tableau de bord de la performance du secteur médico social
0,00
200,00
400,00
600,00
800,00
1000,00
1200,00
1400,00
1600,00
déc-20
févr-21
avr-21
juin-21
août-21
oct-21
déc-21
févr-22
avr-22
juin-22
août-22
oct-22
déc-22
févr-23
avr-23
juin-23
août-23
TOTAL CDD CDI
-- 157 of 338 --
Annexe III
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23
Graphique 4 : Taux de CDD par établissement en 2022 (en vert, les établissements situés en
région PACA)
Source : Mission d’après données Médicharme
Autour d’un taux moyen de 22%, plusieurs établissements sont proches ou excèdent 30%. C’est
le cas des EHPAD « Les jardins d’Aiffres », « Les châtaigniers » et « la Fruitière », trois
établissements en forte difficulté (et aujourd’hui fermé pour le troisième du fait de risques de
sécurité liés aux bâtiments). C’est aussi le cas plus globalement des EHPAD situés en région
PACA, particularité soulignée auprès de la mission lors de son déplacement dans les Bouches-
du-Rhône et de son échange avec les services du conseil départemental.
3.3. L’absentéisme est dans la norme du secteur et en baisse dans la période
récente
Il n’y a pas de suivi agrégé au niveau national de l’absentéisme dans les établissements. Le taux
d’absentéisme est suivi pour chaque établissement au travers des tableaux de bord trimestriels
produits par le contrôle de gestion et la DRH.
Le tableau 7 retrace l’évolution au cours de la période récente de la moyenne des taux
d’absentéisme constatés dans les EHPAD du groupe, quelle qu’en soit la cause ou pour cause
de maladie.
Tableau 7 : Évolution des taux d’absentéisme dans les EHPAD, toutes causes confondues et pour
maladie
Taux
d’absentéisme 2021 2022 T1 2023 T2 2023
Global - Toutes
causes confondues
15 % 16 % 14 % 14 %
Pour maladie 10 % 10 % 9 % 8 %
Source : Calculs de la mission d’après Médicharme - DRH
Le taux d’absentéisme global, comme celui pour maladie, décroissent sur la période la plus
récente.
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
40%
45%
Aiffres
Coeuvres St Georges
Beuvry
Couilly
Oléron
les eaux vives
les châtaigniers
Fabas
Aisey_Maison_Thérèse
résidence du lac
Varennes
Buissonnets
Randan / Papin Prost
La Madrague
Quatre saisons
Le beau site
les genevriers
L'Elvody
La Juvenie
Les Chênes Verts
La Vallée du Bandiat
Les Jardins de Sainte…
La Fruitiere
Au bon accueil
Les amis de nos aines
Oreadis
La Bastide du luberon
Aeria Meissel
Les Feuillantines
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Annexe III
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24
Le taux est comparable avec ce qui est observé dans le secteur des établissements à but lucratif.
Le tableau de bord de la performance du secteur médico-social piloté par l’ATIH fait ainsi état
d’un taux global de 14% en moyenne pour le secteur des EHPAD à but lucratif en 2021.
Le constat est toutefois ici encore, à l’échelle du groupe, celui d’une forte hétérogénéité des
situations selon les établissements, que ce soit pour l’absentéisme pour maladie, qui peut être
le signal, hors effets liés à la structure par âge, d’une difficulté sociale latente, ou pour
l’absentéisme toutes causes confondues, dont l’absentéisme pour maladie est une composante
essentielle.
Le graphique 5 indique le taux d’absentéisme pour maladie pour l’année 2022 et le premier
semestre 2023. Les taux sont hétérogènes et le restent globalement d’une année sur l’autre.
Graphique 5 : Absentéisme pour maladie dans les EHPAD en 2022 et au premier semestre 2023
Source : Mission d’après données Médicharme ; 2 établissements fermés ou regroupés début 2023
Le graphique 6 fait état du taux d’absentéisme global pour la même période. Les taux sont en
moyenne un peu plus élevés dans les établissements situés en région PACA.
Graphique 6 : Absentéisme global dans les EHPAD en 2022 et au premier semestre 2023 (en
vert, les établissements situés en région PACA)
0%
2%
4%
6%
8%
10%
12%
14%
16%
18%
20%
1 2 3 4 5 6 7 8 9 101112131415161718192021222324252627282930
2022 2023
0%
5%
10%
15%
20%
25%
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29
2022 2023
-- 159 of 338 --
Annexe III
- 25 -
25
Source : Mission d’après données Médicharme ; 2 établissements fermés ou regroupés début 2023
Les échanges concordants de la mission avec la DRH du groupe, les directeurs régionaux et les
directeurs des établissements visités témoignent de l’absence de consigne ou de
contingentement spécifiques s’agissant des remplacements, lesquels sont opérés localement
en fonction des besoins.
Le recours aux CDD est privilégié et le recours à l’intérim est limité autant que possible au
regard de son coût.
L’analyse des dépenses d’intérim (compte 621) révèle toutefois une forte augmentation au
cours des années récentes (cf. tableau 8).
Tableau 8 : Dépenses d’intérim (ensemble du groupe) entre 2020 et 2022
Années 2020 2021 2022
Dépenses d’intérim
(compte 621) 434 562 € 508 924 € 977 076 €
Source : comptabilité Médicharme
L’analyse des dépenses (574 000 €) au titre des dix premiers mois de l’année 2023 semble
signaler cependant une évolution à la baisse des montants et montre que :
la dépense d’intérim concerne d’abord les personnels infirmiers (54 % du total) et
secondairement les aides-soignants (41 %) ; en revanche, de façon très marginale
seulement les ASH, dont le recrutement et le remplacement ne posent pas de difficulté ;
la dépense se concentre sur un petit nombre d’établissements en difficulté de
recrutement : 45 % de la dépense est concentrée sur trois établissements (EHPAD « les
jardins d’Aiffres », « la Juvénie », « les Genévriers »), 69% sur huit établissements (en sus
des trois premiers, EHPAD « Résidence saint Georges », Aeria, Meissel, « Les
Feuillantines » et « La madrague »). S’agissant de l’EHPAD « les jardins d’Aiffres », qui
représente à lui seul 20% de la dépense, le recours à l’intérim est lié à la difficulté de
recruter des infirmiers (aucun titulaire jusqu’il y a peu) et aux carences en aides-
soignants ». Le montant des dépenses d’intérim pour cet établissement a plus que triplé
entre 2020 et 2023.
3.4. Le turn over semble particulièrement élevé
Les données transmises par la DRH de Médicharme font ressortir un taux de rotation des
personnels37 des établissements du groupe particulièrement élevé, comparé aux
établissements du secteur privé à but lucratif.
Pour l’analyse de ce ratio, n’ont été retenus que les établissements dont la capacité est
supérieure à 30 lits pour éliminer les données reposant sur un effectif trop faible pour que les
évolutions soient significatives. Ainsi calculée38, la moyenne des taux de rotation s’établit à
34% en 2021 et 41% en 2022, avec des situations très contrastées entre établissements.
37 ‘Nombre de départs sur l’année N + nombre d’arrivée sur l’année N) / 2/ effectifs au 31 décembre N-1 ou 1 er
janvier N
38 Les données issues du contrôle de gestion diffèrent de celles figurant dans le tableau de bord de la performance
médico-sociale pour les établissements du groupe, renseignées par les directions d’établissement. Il a été choisi de
privilégier les premières.
-- 160 of 338 --
Annexe III
- 26 -
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Graphique 7 : Turn over des personnels dans les EHPAD du groupe Médicharme en 2021 et
2022
Source : Missions d’après données Médicharme
Le tableau de bord de la performance médico-sociale indique en comparaison un taux moyen
de turn over de 19% pour le secteur des EHPAD à but lucratif en 2021 (dernière année
disponible). Pour les EHPAD de 25 à 44 places et 45 à 59 places du même secteur, il était un
peu plus élevé, respectivement de 24,8% et 21%.
L’analyse de l’ensemble des contrats passés en 2022 dans plusieurs établissements du
groupe39 montre un très grand nombre de contrats en CDI avec une durée de présence dans
l’établissement très courte, de quelques semaines à quelques mois, ce qui contribue à majorer
le taux de rotation. Ce constat a été partagé avec la direction du groupe. De cet échange, il
ressort que ce fort turn over serait le reflet d’une part de la forte volatilité du marché du travail,
d’autre part d’une posture assumée visant à ne pas conserver des personnels dans les effectifs
qui ne donnent pas satisfaction.
3.5. Le déficit de qualification des personnels est un problème central et
persistant pour le groupe
3.5.1. Le groupe ne parvient pas à recruter du personnel qualifié en nombre suffisant
dans ses EHPAD
Le groupe n’échappe pas aux difficultés sectorielles de recrutement du personnel soignant,
difficultés accrues à l’issue de la crise sanitaire du Covid. Les directeurs des établissements
visités par la mission ont tous souligné ce contexte défavorable, même si la situation varie selon
les établissements.
39 EHPAD « les jardins d’Aiffres, Résidence du Lac, Résidence de Beurre, Vitéal Oléron
0
10
20
30
40
50
60
70
80
evoldy
quatre saisons
villa claudine
les charmilles
aiffres
saint georges
SERF/ Beuvry
elter
champ de la dame
beau site
croix du sud
juvenie
bandiat
chenes verts
genevriers
residence lac
la madrague
oleron
la fruitiere
les chataigniers
les feuillantines
jardins de sainte…
aeria/ meissel
2021 2022
-- 161 of 338 --
Annexe III
- 27 -
27
Le code de l’action sociale et des familles n’est pas normatif quant au personnel exerçant dans
les EHPAD (sauf pour le médecin coordonnateur, cf. ci-dessus), l’article D. 312-155-0 indiquant
la nécessité de disposer d’une équipe pluridisciplinaire « comprenant au moins un médecin
coordonnateur, un professionnel infirmier titulaire du diplôme d'Etat, des aides-soignants, des
aides médico-psychologiques, des accompagnants éducatifs et sociaux et des personnels psycho-
éducatifs ».
Les fonctions de soins ne peuvent toutefois être exercées que par des personnes qualifiées,
dans le cadre des dispositions du code de la santé publique régissant l’exercice des professions
de santé. C’est notamment le cas pour les aides-soignants, dont les règles d’exercice et le champ
de compétence sont définies par le code de la santé publique (Art. L 4391-1 et suivants, R 4311-
4) et le référentiel de formation arrêté le 10 juin 2021.
Le graphique 8 retrace, pour la période d’août 2021 à septembre 2023, l’évolution des effectifs
d’infirmiers, d’aides-soignants et d’agents de service (ASH) dans les EHPAD du groupe
Médicharme.
Graphique 8 : Évolution des effectifs (ETP) IDE – ASH – AS
Source : Mission d’après données Médicharme
Les effectifs infirmiers progressent de 50 % (de 74 à 111) entre septembre 2021 et septembre
2023. La progression des effectifs d’ASH (+39% entre ces deux dates) est plus rapide que celle
des effectifs d’aides-soignants (+14%).
Il a semblé intéressant là encore de neutraliser les effets d’évolution du périmètre du groupe.
Le graphique suivant met ainsi en regard de l’évolution des effectifs, l’évolution à périmètre
constant (cf. graphique 9).
0,00
100,00
200,00
300,00
400,00
500,00
600,00
AS ASH IDE
-- 162 of 338 --
Annexe III
- 28 -
28
Graphique 9 : Évolution des effectifs d’infirmiers, d’aides-soignants et d’ASH, dont à
isopérimètre
Source : Mission d’après données Médicharme
La croissance des effectifs d’ASH est imputable sur cette période à plus de 2/3 à l’effet de
périmètre. La croissance du nombre d’aides-soignants masque en réalité une diminution des
effectifs à périmètre constant (8% entre septembre 2021 et septembre 2023), pour les
établissements présents dans le groupe avant 2021.
Ces évolutions illustrent les difficultés de recrutement de personnels qualifiés et tout
particulièrement d’aides-soignants. La comparaison des effectifs prévus et réalisés dans les
EPRD et ERRD (annexe relative au tableau des emplois et rémunérations) de quelques
établissements met en évidence la situation d’EHPAD qui ne parviennent pas à recruter les
aides-soignants nécessaires et recrutent des ASH en substitut (cf. tableau 9).
Tableau 9 : Comparaison des effectifs d’AS et ASH prévus et effectivement recrutés – EPRD/
ERRD 2022
Etablissements Aides-soignants ASH
Prévision EPRD ERRD Prévision EPRD ERRD
La Vallée du
Bandiat 10,7 5,57 6 ,14 11,85
Les Jardins
d’Aiffres 8 5,03 7,3 13,49
Les Châtaigniers 7,57 4,54 13,74 16,07
Source : EPRD/ERRD 2022
0,00
100,00
200,00
300,00
400,00
500,00
600,00
AS AS iso ASH ASH iso IDE IDE iso
-- 163 of 338 --
Annexe III
- 29 -
29
Ainsi dans l’EHPAD « La vallée du Bandiat », confronté à une forte crise du recrutement, les
effectifs globaux d’aide-soignant et d’ASH employés par l’établissement ont ainsi été
légèrement plus importants que prévus à l’EPRD (17,4 ETP contre 16,8 ETP) mais les
proportions d’aide-soignant et d’ASH sont inversés entre la prévision et la réalisation (63%
d’aide-soignant prévus à l’EPRD, 68% d’ASH réalisés).
La réponse aux carences de recrutement passe, lorsqu’il s’agit d’infirmiers, par le recours à
l’intérim ou à des infirmiers libéraux. Dans certains cas, c’est l’ensemble du personnel infirmier
de l’établissement qui est ainsi précarisé. Le rapport d’inspection de l’EHPAD « les jardins
d’Aiffres »40 indique ainsi qu’ « actuellement l’EHPAD fonctionne avec un infirmier en CDD
(refuse un CDI) et des intérimaires ». La mission a toutefois pu constater lors de sa visite qu’une
infirmière avait pu être recrutée en CDI depuis lors.
Ponctuellement, le groupe a été amené à tolérer ou cautionner des recrutements non
conformes au droit. Lors de l’inspection de l’EHPAD Aeria »41, il est mentionné le recrutement
en tant qu’infirmier d’un professionnel détenteur d’un diplôme de « technicien supérieur de la
santé » hors Union européenne. Au moment de la visite de la mission au sein de cet
établissement, le contrat de travail de ce professionnel avait été modifié pour un poste d’ASH.
3.5.2. Les ratios du nombre de soignants par place témoignent d’un encadrement
déficitaire en personnel soignant
La difficulté persistante de recrutement du personnel qualifié a sa traduction dans la faiblesse
des ratios d’encadrement en personnel soignant des EHPAD du groupe.
Le tableau 10 établit, pour l’année 2022 :
les taux d’encadrement en aides-soignants, infirmiers et en personnels soignants (y
compris médecin et psychologues) ;
les taux d’encadrement en ASH ;
les taux d’encadrement cumulés AS/ ASH et IDE ;
et enfin, les taux d’encadrement tout personnels confondus, et ce pour les EHPAD du
groupe en activité au 31 décembre 202242.
Tableau 10 : Effectifs globaux, effectifs IDE, AS et ASH et effectifs soignants par place dans les
EHPAD du groupe Médicharme – moyenne 2022
Établissements AS+AMP/
place
IDE/
place
Professionnels
soignants/
place
ASH/
place
AS+ASH+IDE/
place
ETP
(global)/
place
Les jardins
d’Aiffres 0,13 0,06 0,19 0,34 0,53 0,70
Résidence St
Georges 0,17 0,05 0,22 0,15 0,36 0,45
Résidence de
France 0,33 0,05 0,39 0,11 0,49 0,58
Les Airelles 0,17 0,07 0,24 0,32 0,55 0,72
Viteal Oleron 0,20 0,07 0,28 0,34 0,61 0,72
Les eaux vives (3
EHPAD) 0,23 0,06 0,30 0,18 0,47 0,58
40 Inspection du 24 mai 2023
41 Inspection du 27 janvier 2023
42 À l’exception de l’EEHPAD « Les Charmilles », dont la fermeture était programmée
-- 164 of 338 --
Annexe III
- 30 -
30
Établissements AS+AMP/
place
IDE/
place
Professionnels
soignants/
place
ASH/
place
AS+ASH+IDE/
place
ETP
(global)/
place
les châtaigniers 0,07 0,08 0,19 0,33 0,49 0,66
La croix du Sud 0,12 0,04 0,17 0,20 0,37 0,45
AiseyMaiso
deThérèse 0,22 0,00 0,23 0,30 0,52 0,62
Résidence du lac
(3 EHPAD) 0,19 0,05 0,25 0,24 0,49 0,61
Varennes 0,24 0,06 0,32 0,26 0,56 0,67
Villa Claudine 0,15 0,07 0,24 0,25 0,48 0,63
La Madrague 0,11 0,06 0,18 0,27 0,45 0,55
Les quatre
saisons 0,21 0,06 0,27 0,33 0,59 0,68
Le beau site 0,23 0,06 0,29 0,30 0,59 0,73
les genévriers 0,18 0,04 0,23 0,38 0,59 0,69
L'Elvody 0,20 0,04 0,25 0,29 0,53 0,66
La Juvenie 0,12 0,05 0,21 0,32 0,48 0,65
Les Chênes Verts 0,30 0,05 0,38 0,20 0,56 0,67
La Vallée du
Bandiat 0,26 0,04 0,32 0,17 0,48 0,66
Les Jardins de
Sainte Baume 0,24 0,06 0,31 0,18 0,48 0,60
La Fruitiere 0,15 0,06 0,22 0,19 0,40 0,52
Au bon accueil 0,22 0,09 0,31 0,33 0,64 0,71
Les amis de nos
aines 0,12 0,03 0,15 0,37 0,52 0,57
Oreadis 0,24 0,09 0,34 0,24 0,57 0,67
La Bastide du
Luberon 0,20 0,05 0,27 0,31 0,56 0,67
Aeria Meissel 0,19 0,06 0,26 0,18 0,43 0,52
Les Feuillantines 0,15 0,05 0,23 0,28 0,48 0,64
Total général 0,20 0,05 0,26 0,24 0,49 0,61
Source : Mission d’après données Médicharme ; Note de lecture : il y a, à l’EHPAD « le jardin d’Aiffres », 0,7 personnel
par place. Dans ce total, les personnels soignants représentent 0, 19 personne par place et les ASH 0, 34 personne par
place. Les personnels soignants incluent à titre principal les aides-soignants et AMP et les IDE (colonnes 1 et 2) ainsi
que les médecins et les psychologues
Les taux d’encadrement en personnel soignant au sein du groupe Médicharme, et tout
particulièrement en aides-soignants, sont sensiblement inférieurs à ceux des EHPAD
comparables. Le tableau 11 indique les taux d’encadrement en professionnels soignants dans
les EHPAD selon leur secteur d’appartenance.
Tableau 11 : Taux d’encadrement en personnel soignant dans les EHPAD, selon le secteur
d’appartenance
Professions Privé
lucratif
Privé non
lucratif
Public
autonome
Public
rattaché à
un EPS
Public
territorial Total
Professionnels
paramédicaux
30,2 30,5 38,8 40,6 34,5 33,9
-- 165 of 338 --
Annexe III
- 31 -
31
Professions Privé
lucratif
Privé non
lucratif
Public
autonome
Public
rattaché à
un EPS
Public
territorial Total
dont IDE 5,2 5,4 6,5 7,6 6,1 6,1
dont AMP 3,2 2,8 2,5 1,9 2,3 2,6
dont AS 20,9 21,4 27,2 30,5 25,3 24,5
Psychologue 0,7 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6
Médecin 0,6 0,5 0,5 0,7 0,4 0,5
Total
professionnels
soignants
31,4 31,6 37,8 41,8 35,5 35,1
Total 56,7 61,1 76,9 72,1 72 66,1
Source : Tableau de bord de la performance du secteur médicosocial – CNSA – 2021
Les écarts les plus notables concernent l’encadrement en aides-soignants et AMP. Le taux
moyen au sein du groupe Médicharme (AS+ AMP) était de 20 pour 100 places contre un taux
comparable de 24,1 pour 100 places dans le secteur privé à but lucratif.
L’encadrement moyen est également plus faible concernant les psychologues et les médecins
coordonnateurs. Il n’y a pas en revanche d’écart concernant le personnel infirmier. Au total,
l’encadrement en personnel soignant qualifié est inférieur de l’ordre de 5 points par rapport
au secteur des EHPAD privés à but lucratif.
Ce déficit est compensé par un encadrement en ASH nettement plus élevé au sein du groupe
Médicharme. Le taux d’encadrement est de de 24 pour 100 places au sein du groupe. Il est de
l’ordre de 15 pour 100 places en moyenne dans le secteur des EHPAD à but lucratif selon les
données du tableau de bord de la performance dans le secteur médico-social.
Plus globalement, si le taux d’encadrement en personnel soignant est plus faible le taux
d’encadrement global est en revanche, du fait principalement du nombre important d’ASH, plus
élevé que la moyenne du secteur commercial (61 pour 100 places contre 57,6 pour 100 places).
D’un point de vue méthodologique, il faut souligner que les comparaisons ci-dessus supposent
que les données du tableau de bord du secteur médico-social reflètent bien la composition du
personnel selon leur qualification et non selon leur emploi effectif, c’est-à-dire que les ASH
faisant fonction sont bien répertoriées comme ASH, ce dont la mission n’a pas la certitude.
3.5.3. Des ASH « faisant fonction » d’aide-soignant exercent dans de nombreux
établissements mais cette situation, relevée dans de nombreux rapports
d’inspection, n’est pas propre au groupe
L’existence d’agents de service hospitalier « faisant fonction » d’aide-soignant est une réalité
connue au sein du groupe.
-- 166 of 338 --
Annexe III
- 32 -
32
À la demande de la mission, la DRH du groupe a produit une liste, établie par les directions
d’établissement, de 154 salariés, ASH, occupant des fonctions de soins43. Leur nombre varie
sensiblement d’un établissement à l’autre : neuf établissements, sur les 32 en activité au
1 er novembre 2023, concentrent ainsi plus de 60% des salariés figurant sur cette liste. Dans ces
établissements, ils représentent une part majoritaire des ASH.
Le tableau 12 met en rapport le nombre d’ASH en CDI faisant fonction, mentionné sur cette
liste avec le nombre (ETP) des ASH dans la structure.
Tableau 12 : Nombre d’ASH faisant fonction d’aide-soignant/ETP d’ASH dans l’établissement
EHPAD (numéro de
département)
Nombre de lits
autorisés
Nombre d’ASH en CDI
faisant fonction ETP d’ASH (2022)
Les genévriers (31) 82 17 31,23
Les eaux vives (55) 109 14 19,28
Les jardins d’Aiffres (79) 39 13 13,43
La croix du sud (09) 95 11 19,29
La vallée du Bandiat (16) 40 8 11,98
Le beau site (14) 40 8 12,15
Résidence de Beurre (47) 36 5 10, 99
Les amis des aînés (83) 24 5 7,09
Au bon accueil (83) 19 5 7,91
Source : Liste des ASH faisant fonction (Médicharme - DRH)
Le recours structurel à des ASH pour contribuer aux fonctions de soins concerne ainsi des
établissements de taille très variable.
L’on peut faire l’hypothèse que le territoire d’implantation est un facteur déterminant : c’est
notamment le cas pour l’EHPAD « Les Eaux vives », visité par la mission, confronté à des
difficultés de recrutement de personnels qualifiés. Les services du conseil départemental ont
pu confirmer que cette situation était commune aux EHPAD du département de la Meuse. C’est
également le cas dans les Deux-Sèvres (EHPAD « les jardins d’Aiffres »). Mais il faut signaler
l’hétérogénéité des situations : d’autres établissements ont un recours moins important aux
ASH faisant fonction, alors même qu’ils sont également situés en zone rurale. Ainsi l’examen
du planning du mois d’octobre de la Résidence Saint Georges (Aisne), visité par la mission, n’a
mis en évidence de recours qu’à quatre ASH pour des fonctions de soins et pour l’une d’entre
elle de façon ponctuelle.
L’évidence du recours à des ASH faisant fonction transparait jusque dans la formulation des
contrats de travail. La mission a pu ainsi prendre connaissance à l’EHPAD « les Eaux vives » de
contrats de travail à durée déterminée prévoyant le recrutement de salariés ASH « pour
effectuer le remplacement pour une partie des tâches » d’une aide-soignante absente.
43 Cette liste n’est certainement pas exhaustive, certains établissements identifiés pourtant comme étant en pénurie
de personnel qualifié déclarent peu d’agents faisant fonction ex : EHPAD « Les châtaigniers »)
-- 167 of 338 --
Annexe III
- 33 -
33
Le constat d’un défaut de qualification du personnel est également présent dans de
nombreux rapports d’inspection des agences régionales de santé et des conseils
départementaux.
À titre illustratif, le rapport d’inspection de l’EHPAD « les jardins d’Aiffres »44 note qu’« une
majorité des professionnels de l’établissement sont des faisant fonction. Sur la partie soins, trois
personnes sont diplômées sur les 14 : une personne diplômée sur les 10 personnes travaillant en
journées et deux personnes diplômées sur les quatre travaillant de nuit ».
L’inspection de l’EHPAD « Les châtaigniers »45 met également en évidence un « manque de
qualification du personnel de soins. Sur les 23 intervenants identifiés sur le soin, seuls 8 agents
ont le diplôme d’aides-soignantes (…) Ainsi 15 ASH font fonction d’AS, dont 2 ASH ayant accepté
de s’engager dans un processus de VAE. (…) Il est également constaté le peu d’expérience de
l’équipe d’ASH faisant fonction d’AS puisque plus de la moitié ont débuté leur contrat dans le mois
qui précède ».
Le rapport d’inspection de l’EHPAD « Le Beau site « à Clécy46 fait le constat de la présence aux
effectifs de 3 aides-soignants, pour 9 ASH dont 5 dédiés aux soins et souligne que « la
qualification du personnel intervenant auprès de la personne âge n’est pas adaptée aux
compétences requises. ».
Le rapport d’inspection concernant l’EHPAD « la Fruitière »47 note que, sur le pool des aides-
soignants, 42% sont des ASH faisant fonction d’aide-soignant, 42% sont en CDD et 42%
également sont à temps partiel.
La situation du groupe Médicharme doit être toutefois mise en regard de la situation
prévalente dans le secteur des EHPAD, qui montre un recours massif à des personnels non
qualifiés pour accomplir une partie des tâches dévolues aux aides-soignants. La DREES évaluait
en 2019 à 27 000 le nombre des faisant fonction d’aide-soignant en EHPAD, soit 16% du total
des aides-soignants, dont 56% n’avaient aucun diplôme48. Une enquête de l’Union nationale
interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux (UNIOPSS)
indiquait que plus de la moitié des EHPAD avait recours à des faisant fonction49. Cette situation,
conjuguée à la situation de tension sur les effectifs d’aides-soignants, a conduit les pouvoirs
publics à envisager la création d’une qualification intermédiaire d’« accompagnant
autonomie » et un plan de résorption des faisant fonction dans les EHPAD.
3.5.4. La politique d’encouragement à la qualification est déconcentrée, non homogène
et globalement insuffisante
Le diplôme d’aide-soignant peut être acquis par la validation des acquis de l’expérience (VAE
– art. D 4391-1 du code de la santé publique). Outre le fait de disposer de personnels qualifiés,
l’intérêt pour l’employeur réside également dans la capacité d’imputer les dépenses à ce titre
sur la dotation soins des EHPAD (art.R.314-166 du code de l’action sociale et des familles – cf.
annexe Comptabilité et utilisation des fonds publics).
44 Rapport de l’inspection du 24 mai 2023
45 Inspection des 27, 28 et 29 novembre 2021
46 Inspection du 12 janvier 2023
47 Inspection du 30 mai 2022
48 Enquête EHPA DREES 2029
49 Enquête flash du réseau URIOPSS/ UNIOPSS septembre 2019
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Annexe III
- 34 -
34
La mission a pu constater un positionnement de principe du groupe favorable à cette
démarche, sans que toutefois cette orientation se traduise par une politique unifiée à l’échelle
du groupe ni par une prise en charge financière, alors même qu’il s’agit d’une problématique
essentielle pour lui.
La consultation par la mission des listes de personnels engagés dans une démarche de VAE
montre une grande hétérogénéité de pratiques d’un établissement à l’autre. Certains
établissements (EHPAD « La Croix du Sud », « Les genévriers », « La bastide du Luberon », « Les
amis des aînés », « Au bon accueil »), pratiquent une politique systématique d’inscription de
leur personnel dans la démarche de VAE. Quatre des cinq établissements cités figurent parmi
les établissements comportant une forte proportion d’ASH faisant fonction. Mais d’autres
établissements, pourtant dans la même situation, ne se distinguent pas par le nombre de leurs
personnels engagés dans une démarche de VAE.
Il faut signaler que certains établissements sont engagés dans des démarches de qualification
différentes de la VAE, sans que le groupe n’ait là encore une vision d’ensemble de ce qui est
entrepris : c’est le cas par exemple de l’EHPAD « Les Eaux vives », qui, en plus d’accompagner
des personnels en VAE, accueillait au moment du déplacement de la mission six apprentis
aides-soignants. C’est le cas également de l’EHPAD « les jardins d’Aiffres », qui accueillait un
apprenti aide-soignant au moment de la visite de la mission.
L’inscription dans une démarche de VAE, qui se traduit par une décision de recevabilité du
dossier, n’est pas gage d’aboutissement. Il n’existe pas, dans le groupe Médicharme, de suivi
national du parcours de VAE et son aboutissement. L’inspection en date des 26 et 27 novembre
2019 de l’EHPAD « La croix du sud » signalait le défaut de qualification des personnels mais
notait que 14 personnes étaient engagées dans une VAE. La mission a demandé que lui soit
indiqué l’état d’avancement de la démarche pour les 10 personnes signalées comme engagées
dans une VAE au 31 décembre 2020. Sur ces 10 personnes, six avaient quitté l’établissement
depuis, une avait abandonnée, deux étaient encore en cours (et ont d’ailleurs dû se réinscrire)
et une personne était diplômée.
Il faut toutefois noter que les difficultés du dispositif de VAE sont identifiées par les pouvoirs
publics et ne sont pas propres au groupe. Une note de la DGCS fait état en 2022, pour 1 736
diplômes d’aide-soignant délivrés par ce canal, d’un nombre supérieur (1 853) de validations
seulement partielles et de 843 échecs ; les abandons ne sont par ailleurs pas comptabilisés.
La mission a pu constater lors de ses échanges et de ses déplacements qu’il n’existe pas d’appui
systématique de l’employeur à la VAE, qui est avant tout considérée comme une démarche
personnelle du collaborateur. Jugé difficile par les collaborateurs concernés (remplissage du
livret 2, oral final), le parcours de VAE peut faire l’objet d’un accompagnement informel au sein
de l’établissement, par l’IDEC notamment, mais il n’est pas systématique. Plus rarement, il a été
signalé à la mission la mise en place d’un accompagnement externe par un prestataire. La
mission a pu constater lors d’un de ses déplacements (Résidence de Beurre – Lot et Garonne)
que dans ce cas, le prestataire était financé par le compte personnel formation de l’agent
concerné.
Lorsqu’il n’y a pas d’appui par l’employeur, il n’y a pas non plus systématiquement de suivi de
l’avancée du salarié dans sa démarche, comme la mission a pu le constater par exemple à
l’EHPAD « Résidence Saint Georges ». Quatre salariés étaient toujours considérés comme en
VAE par la direction sans qu’elle se soit informée de l’état d’avancement du parcours, alors que
l’inscription dans le parcours datait de plus de trois ans et n’était donc plus valable.
Au total, alors que le déficit de recrutement en aides-soignants est fort, le groupe
Médicharme ne s’est pas donné les moyens d’une politique active et homogène de
soutien à la qualification de ses agents.
-- 169 of 338 --
Annexe III
- 35 -
35
3.6. L’évolution des effectifs du siège a été beaucoup plus importante que celle
des établissements
Les effectifs du siège ont progressé très fortement en même temps que le groupe augmentait
son périmètre et se structurait. Ils ont été ainsi multipliés par 2,6 en deux ans, de janvier 2020
à janvier 2022, avant de diminuer de près de 25% entre janvier 2022 et octobre 2023.
Graphique 10 : Effectifs (ETP) du siège du groupe Médicharme
Source : Mission d’après données Médicharme
Début janvier 2020, alors que le siège, ne comptait que 29 collaborateurs, certaines fonctions
étaient absentes (direction médicale, responsable de projets médicaux sociaux), d’autres
étaient embryonnaires (ressources humaines, appui au réseau). En octobre 2023, les effectifs
sont constitués pour moitié des personnels de la direction des affaires financières, personnels
comptables pour l’essentiel. La direction des ressources humaines est un peu plus étoffée mais
les fonctions d’appui soignant ou médico-social représentent nettement moins de 10% des
effectifs.
4. La politique de formation est encore en cours de construction malgré
des obligations fortes
Les professionnels de santé exerçant en EHPAD doivent satisfaire depuis le 1 er janvier 201350
l’obligation de développement professionnel continu (DPC). La direction de l’établissement en
est responsable pour les personnels paramédicaux salariés. Les professions médicales et
libérales portent leur propre responsabilité sous le contrôle des ordres et des ARS. Le choix
des thématiques du DPC fait partie intégrante du plan de formation de l’établissement.
Au-delà de cette obligation globale de maintien des compétences pour les professionnels de
santé, des formations spécifiques obligatoires existent, qui peuvent également concerner
d’autres catégories de personnel. S’ajoutent les formations obligatoires liées aux usages de
logiciels spécifiques (cf. tableau 13).
50 Article 59 de la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux
territoires (HPST)
0,00
10,00
20,00
30,00
40,00
50,00
60,00
70,00
janv-20
mars-20
mai-20
juil-20
sept-20
nov-20
janv-21
mars-21
mai-21
juil-21
sept-21
nov-21
janv-22
mars-22
mai-22
juil-22
sept-22
nov-22
janv-23
mars-23
mai-23
juil-23
sept-23
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Annexe III
- 36 -
36
Tableau 13 : Formations obligatoires par type de personnel
Formation Personnel concerné Fréquence
Formation aux gestes et soins d’urgences qui délivre
une attestation (AFGSU)
Niveau 1 : tout le
personnel
Niveau 2 : soignants
Tous les 4 ans
Sécurité incendie Tout le personnel 2 fois/an
Habilitation électrique ATM Tous les 3 ans
Plan de maitrise sanitaire - HACCP Cuisiniers, animateurs,
ASH cuisine
Une fois
Titan soins Soignants Une fois
Titan facturation Directeur et personnel
administratif
Une fois
Silae (logiciel de gestion de la paye) Directeur et personnel
administratif
Une fois
Bionettoyage ASH Tous les ans
Source : Document Médicharme
Les formations sont proposées par des organismes de formation mais également par certains
des fournisseurs. C’est notamment le cas pour la formation au bionettoyage à destination des
ASH.
4.1. Le défaut majeur de formation est documenté dans les rapports
d’inspection des ARS
L’analyse des rapports d’inspection des ARS dans les différents établissements du groupe met
en exergue un déficit majeur de formation des personnels sur la période préalable à 2022. Sur
l’ensemble des inspections, 30 ont mentionné un défaut de formation, qu’il s’agisse d’une
absence globale de plan de formation, de déficit sur des formations obligatoires (gestes
d’urgence) ou de thématiques plus spécifiques comme la bientraitance, la procédure
événements indésirables graves ou encore le recours au logiciel Titan ou le ciblage d’une partie
des personnels.
Les défauts sont donc multiples et dans certains cas, si la formation n’est pas évoquée dans les
rapports, c’est parce que les autres difficultés ou manquements sont tels que cela n’apparait
pas comme une priorité immédiate. Ces constats sont d’ailleurs corroborés par les entretiens
réalisés par la mission.
Cependant il est difficile d’imputer la responsabilité de cette absence de formation au seul
groupe Médicharme. En effet, la plupart des établissements n’ont été acquis que très
récemment et l’impact de la politique RH du groupe, ou de son absence, est donc difficile à
mesurer. Cette situation dont on peut supposer qu’elle préexistait au rachat de ces
établissements a été renforcée par la crise sanitaire qui n’a permis qu’une attention réduite et
des possibilités diminuées d’accès à la formation pendant une période relativement longue.
Enfin, le turn over des directeurs et l’absence d’équipe médicale (médecin coordonnateur,
IDEC) ont achevé de reléguer la formation dans les activités accessoires.
-- 171 of 338 --
Annexe III
- 37 -
37
4.2. La formalisation de la politique de formation voulue par le siège peine à
prendre de l’ampleur faute d’appui concret sur le terrain
4.2.1. Le siège a développé un ensemble de procédures à destination des directeurs
d’établissements
Le déploiement de plans de formation s’est considérablement renforcé du fait de la
formalisation de procédures partagées au niveau du siège.
Sur le volet structuration, une fiche de procédure pour l’établissement du plan de formation a
été établie par la DRH. Elle propose un calendrier d’élaboration du plan et en retrace les
différentes étapes : diagnostic des besoins, recensement des formations obligatoires et choix
parmi les formations optionnelles ouvertes, modalités de financement et validation par la
direction régionale.
En 2023, 27 établissements ont élaboré leur plan de formation sous la forme d’un tableau excel
harmonisé mais qui n’est pas consolidé au niveau du siège. Celui-ci recense les formations
programmées, les organismes pourvoyeurs, le nombre d’heures, le coût ainsi que le coût de
remplacement du personnel à prévoir. Certains mentionnent le nombre d’inscrits, d’autres si
la formation est rattachée au DPC ou non. Depuis qu’ils existent, ces tableaux/plans sont
réédités chaque année sans toujours conserver l’historique de l’année précédente.
L’attestation de la bonne tenue de ces formations et de la participation effective des personnels
n’est en revanche pas assurée hormis pour les formations délivrant une attestation, telle la
formation aux gestes et soins d’urgences qui délivre une attestation (AFGSU). Les
établissements n’effectuent pas de bilan. La plupart du temps, le nombre d’inscrits n’est pas
renseigné et, s’il l’est, il n’est jamais rapporté au nombre de personnes qui devraient être
formées (notamment pour les formations obligatoires) ou qui seraient potentiellement
concernées (formations optionnelles).
Dix-huit établissements disposaient déjà d’un plan de formation en 2022 mais pour certains
très succinct, consistant en une liste de noms associés à une thématique de formation, sans
mention de la date, de l’organisme organisateur, ou du nombre d’heures.
La direction médicale du siège a également été à l’initiative de la production de l’outil
« medibox », un ensemble de procédures relatives à l’amélioration de la qualité de la prise en
charge des résidents. Diffusées dans l’ensemble des établissements, ces procédures servent de
support à des formations effectuées en interne par les MedCo et les IDEC. Si ces formations ont
le mérite de permettre des échanges facilitant le développement de pratiques communes, elles
sont souvent assez courtes car contraintes par l’activité. Des remplacements sont prévus pour
permettre aux professionnels d’y participer quand cela est possible.
La mission relève que le plan de formation de certains établissements, hors formations
obligatoires, reposent quasi exclusivement sur cette offre.
-- 172 of 338 --
Annexe III
- 38 -
38
4.2.2. L’harmonisation des pratiques demeure faible, notamment du fait d’un manque
d’accompagnement des RRH et d’implication d’autres directions du siège
L’activité des RRH s’est principalement centrée sur la mise en conformité juridique de la
gestion administrative. Les formations n’ont pas été leur priorité au regard des difficultés que
rencontraient les établissements. Les possibilités de mutualisation sur une région ou un
ensemble de département n’ont donc été exploitées que très marginalement. Pourtant
certaines formations pourraient être proposées à l’échelle régionale afin de garantir une
harmonisation des pratiques au sein du groupe et entre établissements, gagner du temps dans
l’organisation, permettre des fréquences plus régulières, adapter les formations aux besoins
etc.
De la même façon, les personnels du siège qui sont en contact avec le terrain soit au travers
d’échanges, soit par le biais des audits réalisés, ne sont pas associés à la définition d’axes de
formation. Il serait pourtant en mesure de faire remonter les besoins identifiés lors de leurs
déplacements sur le terrain
Les directeurs d’établissements sont demandeurs d’un tel appui. Ils estiment perdre beaucoup
de temps et d’énergie à prévoir et organiser ces modules, à identifier les bons organismes de
formation et à assurer un suivi. De ce fait, la formalisation s’est arrêtée au milieu du gué.
Le recours aux formations fournisseurs a été évoqué lors des entretiens et déplacements
comme un appui réel aux professionnels et la garantie d’un bon usage des dispositifs. Toutefois,
le groupe n’est pas en mesure de suivre la mise en place et la participation effective à ces
formations qui sont organisées au niveau de chaque établissement.
4.3. L’évaluation de la portée de ces dispositifs de formation est difficile
Au regard de ces éléments et en l’absence de bilan et d’évaluation des formations, il est difficile
de mesurer leur impact sur les professionnels des établissements. On note toutefois dans les
rapports des ARS, et lors des entretiens auprès des directeurs, une amélioration des pratiques.
Mais celle-ci n’est pour l’instant pas objectivée, ce qui est regrettable au regard du travail
accompli.
Lorsque l’historique est conservé, il permet de constater une relative absence de formation
pendant la période de la crise sanitaire et d’observer une certaine évolution dans les
thématiques de formation inscrites au plan depuis deux ans. Auparavant les formations étaient
centrées sur le risque incendie et la sécurité. L’émergence de thématiques d’amélioration de la
qualité de prise en charge comme la bientraitance, la nutrition ou encore la prévention des
chutes apparaît dans les deux dernières années. Cette évolution est liée pour partie au travail
qu’a effectué la direction médicale du siège à partir de 2022.
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 1 -
Réponses de l’organisme Nouvelles observations de la mission
- Annexe III page 1, 1.1 dernier §
Le siège ne dispose que de peu de données consolidées.
La DRH du siège pilote la politique des ressources
humaines du groupe en concertation avec la Présidente
du groupe et en tenant compte des délégations de
pouvoir de chaque métier.
- Annexe III page 2, 6ème §
« Les responsables ressources humaines »
Les responsables ressources humaines exercent
principalement une mission de conseil et d’appui
juridique auprès des directeurs d’établissement dont le
niveau d’autonomie est défini pour chaque procédure
par le DR et le directeur d’établissement.
La mise en conformité des pratiques avec le droit a
sous-tendu leur action depuis l’arrivée de la DRH en
juin 2021.
- Annexe III page 2, dernier §
« Audits sociaux »
Lors des acquisitions le groupe MEDICHARME réalisait
un audit social complet de la société acquise, souvent
avec le concours de son avocat, pour identifier les
problématiques et ainsi pouvoir mettre en conformité
l’établissement acquis.
Il est important de souligner que les EHPAD acquis
étaient très souvent indépendants. Au cours des
reprises, il est clairement apparu que les gestionnaires
individuels rencontraient les plus grandes difficultés à
mettre en place les dispositions nécessaires au respect
de la législation relative au droit du travail,
occasionnant, de fait, un travail colossal à la suite des
reprises pour les équipes RH afin de mettre en
conformité les établissements.
- Annexe III page 3, 2 derniers § et page 7
2.1.2.2.
Page 3
« Les profils des directeurs recrutés et la part variable de leur
rémunération »
Constat et rédaction maintenus
Rédaction maintenue
Vu.
La mission maintient ses observations. La
sensibilisation à la gestion financière n’est pas apparue
lors des entretiens menés.
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 2 -
Le groupe veille à recruter des directeurs accomplis
ayant également des compétences de gestionnaire.
Il est à noter que la mission ne semble pas tirer les
justes conséquences du mode de détermination de la
part variable de la rémunération des directeurs.
En effet, le mode de détermination de la part variable de
rémunération des directeurs est lié aux résultats
financiers des établissements, ce qui démontre que le
groupe souhaite sensibiliser les directeurs concernant
la gestion financière des établissements.
En revanche, Il n’est pas prévu de part variable, si la
condition de qualité comprenant la bientraitance n’est
pas remplie.
L’objectif d’EBITDAR en matière budgétaire se calcule
avec les éléments dont les Directeurs ont la maitrise et
l’initiative, à savoir : les tarifs, les autres charges
externes, le taux d’occupation, la liste des
investissements, les ETP liés à l’organisation
journalière au regard de la structure et des résidents.
- Annexe III page 4, § 2
« Du fait de la faible structuration du groupe, le pilotage
stratégique des ressources humaines est fragilisé. […]
Contrairement à ce que laisse entendre le rapport, la
direction des RH a déployé la politique du groupe au
sein des établissements après les acquisitions et a bien
procédé à une harmonisation au sein des différentes
structures.
Tout l’enjeu est de trouver un équilibre afin de
permettre à chaque établissement de garder l’identité
connue des résidents et des salariés, tout en déployant
la politique du groupe. Cet équilibre peut s’avérer
difficile à trouver d’autant plus lors du rachat de
structures familiales. Les salariés peuvent avoir une
réaction négative voir de rejet face aux changements
inhérents au rachat de l’établissement par un groupe,
d’où la nécessité de déployer la politique du groupe de
façon progressive.
En tout état de cause l’harmonisation a bien avancé, le
service RH ayant mis en place :
- Une gestion du personnel unifiée (intitulés des
fonctions - dates d’ancienneté - rubriques de paies
- simplification de saisie des variables - gestion
des dispenses de mutuelle - suivi des visites
médicales…) ;
S’agissant des éléments participant de l’EBITDAR, ils
sont également fonctions du contexte dans lequel
évolue l’établissement (tarifs pratiqués par ses
concurrents par exemple) et la mission ne partage pas
l’idée que les directeurs en ont la maîtrise.
La mission maintient sa rédaction. Elle ne remet pas en
question la volonté actuelle de cadrer et d’harmoniser
les pratiques et l’évolution en cours. Elle a même
souligné à de nombreuses reprises dans le rapport le
travail des RRH sur ce point. Mais elle considère que
l’harmonisation de pratiques et la « mise aux normes »
ne constituent pas per se des éléments de pilotage ou
une véritable politique RH.
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 3 -
- Des contrats de travail uniformes sur tout le
réseau ;
- Une gestion des paies uniformisée ;
- Une structure de rémunération partiellement
uniformisée dont l’harmonisation pourrait
s’achever avec la mise en place de l’avenant 33
concernant les rémunérations ;
- Une suppression progressive de certains usages
spécifiques liés aux établissements ;
- Un organisme de mutuelle uniformisé (ce point
est en cours, il reste 8 établissements où il
convient de la déployer) ;
- La suppression de la subrogation en cas de
maladie afin d’uniformiser la gestion du maintien
de salaire ;
- Une gestion des congés payés uniformisée ;
- Uniformisation des entretiens annuels ;
- Un Règlement intérieur et un DUERP type pour
tous les établissements du groupe.
Il est important de souligner que la direction des
ressources humaines est intervenue sur de nombreux
points en dehors des contentieux, contrairement à ce
que laisse entendre la mission, à savoir :
1. La définition des priorités RH en lien avec la
stratégie de la société chaque année :
- Gestion du personnel ;
- Recrutement des cadres réseau/siège ;
- Organisation des activités RH en établissement ;
- Politique portant sur le maintien d’un bon climat
social ;
- Soutien et pilotage pour répondre aux questions
du CSE ;
2. Le support juridique au niveau du droit
social :
- Relecture/rédaction des courriers complexes
réseau de tous ordres ;
- Gestion des relations avec les administrations :
inspections du travail / médecine du travail /
URSSAF ;
- Aide à la rédaction ou rédaction des accords de
société locaux ;
- RH du siège : CSE/gestion du personnel du
siège/réponses aux courriers ;
3. La gestion de projets :
- Organisation du réseau (création du poste des
DR) ;
- Harmonisation des plannings réseau ;
- Formation des directeurs : parcours
d’intégration/recrutement ;
- Procédures RH ;
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 4 -
- Développement de la marque employeur au
niveau local ;
- Qualité de vie du travail des salariés en
établissement (cf. audit social des RRH).
- Annexe III point 1.2 page 5
« Il n'y a pas d'unité économique et sociale reconnue à l'échelle
du groupe. »
Le groupe MEDICHARME respecte dans ses différentes
filiales les obligations en matière d’élections
professionnelles. Il est important de souligner qu’il n’y
a pas de CSE pour 9 établissements ayant le nombre
d’ETP nécessitant sa mise en place uniquement en
raison soit de l’établissement d’un PV de carence ou de
l’organisation d’élection en cours, de sorte que cela ne
saurait en aucun cas être reproché au groupe qui
respect la législation applicable en la matière.
S’agissant du Comité de groupe, les dispositions légales
permettent d’opter pour un comité de groupe ou pour
un CSE de groupe.
La société MEDICHARME a respecté la législation en
vigueur en choisissant de mettre en place un comité de
groupe correspondant mieux à la réalité sociale et
juridique du groupe ainsi qu’à ses moyens d’alors.
- Annexe III 1.2 page 5
« L’organisation des relations sociales est essentiellement
déconcentrée et faiblement structurée. »
Contrairement aux affirmations de la mission,
l’organisation des relations sociales est essentiellement
déconcentrée et est structurée. Les RRH ainsi que la
DRH veillent à la tenue des CSE, à leur bon déroulement
et à la qualité des réponses apportées en instance.
L’équipe RH met tout en œuvre pour apporter des
solutions avec les DR si nécessaire afin de garantir un
bon climat social dans les établissements et de bonnes
relations sociales.
- Annexe III 1.2 page 5
« Il n'existe aucun essai d’harmoniser l’organisation du
travail. »
Dont acte. Rédaction maintenue : elle fait le simple
constat du nombre des entités sans CSE, en indiquant
par ailleurs que la responsabilité en revient en partie
aux exploitants précédents
Dont acte, rédaction maintenue. La mission a fait le
constat du caractère assez formel de ce comité
Dont acte s’agissant de l’appui de la DRH aux
établissements pour la gestion des CSE. Rédaction
toutefois maintenue : les relations sociales sont
pratiquement inexistantes à l’échelle du groupe,
exception faite du comité de groupe dont l’activité a été
faible
Rédaction maintenue : l’organisation du travail est
essentiellement locale et une prérogative du directeur
d’établissement
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 5 -
Il existe des grands principes qui sont individualisés en
tenant compte des résidents, des bâtiments et de
l’historique lors des acquisitions d’EHPAD.
- Annexe III 2.1.1.2.1. page 7
« Il faut noter que l'un des directeurs qui a exercé par ailleurs
pendant plus de 3 ans les fonctions de directeur du réseau au
sein du groupe MEDICHARME, n'est rémunéré que sur la base
de 20% d'un temps plein au titre de ses fonctions de directeur
d'établissement. Lors de l'échange avec la mission, qui l’a
rencontré lors de son déplacement sur site, il a pourtant
indiqué être en réalité impliqué en continu dans la gestion de
l'établissement. »
Le Directeur évoqué ici est rémunéré sur la base de 20%
d’un temps plein car il ne travaille qu’un jour par
semaine, ce qui est d’ailleurs confirmé par le contrat de
travail transmis à la mission.
Si ce directeur n’est présent qu’un jour par semaine
c’est parce qu’il était auparavant embauché en qualité
de directeur réseau par la société MEDICHARME.
Lors de la rupture conventionnelle de son contrat de
travail avec MEDICHARME, son contrat de travail avec
la résidence de COEUVRES est demeuré inchangé. Ledit
contrat correspond bel et bien à la réalité de la relation
contractuelle des parties.
Il est à noter que ce directeur se sent particulièrement
impliqué dans l’établissement car il était auparavant
actionnaire de la société d’exploitation, jusqu’à la
cession de ses titres au groupe MEDICHARME le 27
septembre 2018.
- Annexe III 2.1.1.3. page 8
« Les directeurs régionaux sont également munis d'un DUD,
dont le contenu est globalement cohérent avec la mission de
supervision de deuxième niveau qui est la leur, mais dont la
formulation peut être source de confusion dans l'exercice des
responsabilités. »
Si certaines des missions confiées aux directeurs
régionaux dont les thèmes sont similaires à ceux
indiqués dans les missions des directeurs
d’établissement, aucune confusion ne peut exister.
Le spectre géographique de compétence des directeurs
régionaux étant bien distinct du spectre géographique
de compétence des directeurs d’établissement.
Les directeurs régionaux ont plusieurs établissements
dans leur spectre de compétence et jouent un rôle de
supervision distinct de celui des directeurs
d’établissement.
Rédaction (y compris la note de bas de page)
maintenue, les précisions apportées sont conformes à la
rédaction initiale
Rédaction maintenue : s’agissant de la sécurité, les
attributions des directeurs et directeurs régionaux sont
en partie concurrentes et de nature à susciter une
interrogation sur les responsabilités effectives dans ce
domaine.
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 6 -
- Annexe III page 11 § 3 et suivants
« La rotation accélérée des titulaires des postes a pour
corollaire de fréquentes périodes de vacance et de rupture dans
la continuité de direction, voire de carence, en l'absence de
sous-directeur et plus largement d'équipes administratives
étoffées.
Il convient de souligner que ces périodes de vacance
sont inhérentes aux dispositions du droit du travail et
amplifiées par les difficultés de recrutement du secteur.
En effet en cas de licenciement, la procédure de
recrutement ne peut être lancée qu’à compter de la
notification de la rupture au salarié. Si le recrutement
est lancé avant, cela signifie que la décision de licencier
le salarié était prise avant l’issue de la procédure
disciplinaire ce qui constitue une faute de l’employeur
engageant sa responsabilité.
Dès lors, compte tenu des délais de recrutements, en cas
de licenciement il est quasiment impossible de trouver
un nouveau directeur avant le départ du précédent.
Ceci est d’autant plus vrai que les licenciements de
directeur sont souvent intervenus pour faute grave, et
que dans un tel cas, aucun préavis n’est réalisé par le
salarié licencié.
Indépendamment de la chronologie inhérente aux
procédures disciplinaires, ces périodes de vacances
s’expliquent également par les difficultés de
recrutement structurelles existant dans le secteur.
Ces difficultés sont d’ailleurs soulignées dans le rapport
publié par la Cour des comptes en février 2022.
Toutefois, comme le relève la mission, le groupe
MEDICHARME a mis en place des stratégies palliatives
afin d’assurer la direction des établissements par
l’usage des ressources internes (directeurs d’appui) et
externes au groupe (directeurs de transition) dans
l’attente des remplacements définitifs.
Le groupe MEDICHARME fait donc tout son possible
pour résoudre ce problème structurel en anticipant ces
problématiques et a ainsi créée un poste entièrement
dédié à cette question au siège (un recruteur pour les
postes cadre).
- Annexe III 2.1.2.2.2. page 13
Dont acte ; le turn over très important constaté pour les
fonctions de direction se traduit effectivement par des
périodes de carence incompressible. La rédaction
mentionne les stratégies palliatives et leurs limites, de
même que la création d’un poste à la DRH spécialement
chargé du recrutement. Rédaction maintenue
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 7 -
« 2.1.2.2.2. Des difficultés de gouvernance persistent dans
certains établissements
Les progrès dans la gouvernance des établissements laissent
subsister des situations de fragilité.
Le groupe n’échappe pas aux déconvenues managériales, qui
conduisent à des situations de crise dans le fonctionnement des
établissements. »
Une nouvelle directrice a été recrutée le 1er novembre
2023 pour les EHPAD situé dans le Lot-et-Garonne.
La mission vise ici des cas particuliers démontrant la
rigueur du groupe qui met tout en œuvre pour veiller à
la santé et la sécurité de ses résidents et salariés en
ayant une tolérance 0 face aux agissements de
maltraitance et de harcèlement.
S’agissant de l’établissement Résidence du Lac, la
mission vise le licenciement de Monsieur T. à qui des
faits de maltraitance divers sont reprochés, parmi
lesquels des faits de maltraitance dans les soins ainsi
que de dénutrition des résidents.
Son successeur a eu un comportement tout aussi
répréhensible en commettant des actes de harcèlement
grave à l’égard des salariés, ayant nécessité la rupture
du contrat de travail pour préserver la sécurité des
salariés de l’établissement concerné.
S’agissant de la directrice des JARDINS D’AIFFRES,
l’employeur a découvert que la salariée, dont
l’employeur avait pourtant vérifié le casier judiciaire,
lui avait caché qu’elle avait fait l’objet d’une
condamnation pénale pour avoir volé 33 chèques à une
personne âgée résidant au sein de l’EHPAD dont elle
était alors salariée.
Lorsque la salariée a su que son employeur avait
découvert l’existence de sa condamnation pénale elle a
produit un arrêt maladie puis elle a été licenciée pour
inaptitude professionnelle.
Les cas particuliers ainsi mentionnés, bien loin de
démontrer une défaillance du groupe, démontrent au
contraire une rigueur importante mise en place afin de
veiller au respect de la législation sociale et médico-
sociale en vigueur.
- Annexe III 2.1.2.3 pages 13 et 14
« Le groupe Médicharme a actuellement 25 contentieux en
cours qui concernent d'anciens directeurs d'établissements
mais également des personnels soignants. La plupart des motifs
de litige sont relatifs à la contestation par les anciens salariés
des motifs de licenciement ou à des réclamations relatives au
Erreur factuelle de date (2022 au lieu de 2023) rectifiée
s’agissant du recrutement de la nouvelle directrice.
Les deux cas particuliers s’inscrivent dans une longue
série de turn over accéléré sur les postes de direction
des établissements du groupe, même si la mission a pu
noter une amélioration de la situation au cours des deux
dernières années. Rédaction maintenue.
La mission maintient ses observations : ce qu’elle décrit
est factuel et étant donné les provisions opérées par le
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 8 -
temps de travail et à la rémunération (congé, heures
supplémentaires, etc.). Une procédure concerne une personne
qui se trouve toujours en poste.
La mission laisse entendre que le nombre de
contentieux serait colossal alors qu’il s’agit des
contentieux sur la période ouverte depuis 2019 à ce
jour.
Il convient de souligner que le groupe emploie plus de
1 300 salariés, de sorte qu’il est impossible dans ce type
de structures d’éviter la survenance de contentieux
sociaux.
Le groupe travaille néanmoins quotidiennement afin de
prévenir la survenance de tels contentieux.
Il convient de préciser que les juridictions
prud’homales ne condamnent qu’exceptionnellement
les salariés, et ont au contraire tendance à être
particulièrement sévères avec les employeurs, de sorte
que selon les cas d’espèce, la réduction des
condamnations est considérée comme une décision
positive.
Ce point doit être pris en compte dans l’appréciation de
l’issue d’une procédure contentieuse.
- Annexe III 2.2.1. page 15
« 2.2.1. La couverture des établissements est partielle et pour
une quotité insuffisante »
L’article L.312-12 (V) du code de l’action social rend
obligatoire la présence d’un médecin coordonnateur en
fonction de la taille de l’établissement.
Il est tout d’abord important de noter que le législateur
a augmenté le temps de présence des médecins
coordonnateurs exigé au sein des EHPAD sans prendre
de mesures pour remédier aux difficultés de
recrutement de médecin coordonnateur existant dans
ce secteur.
Les difficultés de recrutement des médecins
coordonnateurs et des IDEC sont un problème
structurel en EHPAD, lequel a d’ailleurs été mis en
exergue par le rapport publié par la Cour des comptes
en février 2022.
Ces difficultés se sont renforcées avec la crise sanitaire
et le scandale ORPEA qui ont rendu les recrutements
encore plus difficiles.
Cette problématique est particulièrement présente au
sein du groupe MEDICHARME en raison :
groupe et les montants versés, les litiges ne sont pas
minimes
Rédaction maintenue ; les difficultés de recrutement de
médecins coordonnateurs ne sont effectivement pas
propres au groupe Médicharme, mais sont toutefois
comparativement plus importantes pour ce groupe.
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 9 -
- De l’existence de déserts médicaux autour de
certains établissements ;
- De la concurrence acharnée existant pour
procéder au recrutement de ce personnel qualifié
et qui défavorise les groupes de taille
intermédiaire.
Le groupe MEDICHARME a tenté de trouver des
solutions pour pallier ces difficultés de recrutement et
a notamment augmenté les salaires proposés aux
médecins coordonnateurs, aux IDE et aux IDEC pour
attirer plus de candidats (ex : en moyenne l’offre de
salaire pour un IDE chez MEDICHARME est passée de
2 400 € à 2 700 € et de 3 000 € à 3 500 € pour un IDEC).
Cependant, ces efforts ne suffisent pas à rendre les
postes plus attractifs.
- Annexe III 2.2.1. page 16
« Lorsque des médecins sont présents dans les EHPADs, les
quotités de présence sont en deçà de ce que prévoit le code de
l’action sociale et des familles »
L’offre d’emploi des médecins coordonnateurs est
toujours conforme aux conditions légales.
Pour le cas des médecins coordonnateurs en poste, une
proposition d’augmentation du temps de travail est
toujours faite par le directeur et souvent refusé par le
médecin coordonnateur.
- Annexe III 2.2.3. page 17
« La recherche systématique d’une solution palliative au déficit
de médecins coordonnateurs »
Le salaire moyen d’un médecin coordonnateur s’élève à
8.000 € par mois soit 3.200 € pour 0,4 ETP.
- Annexe III 2.4. pages 19 et 20
« Les conséquences délétères pour les résidents de la
défaillance du trio de gouvernance d'un établissement ont été
clairement mis en évidence lors des inspections réalisées par
l'ARS d’Ile-de-France et le Conseil départemental de Seine-
Saint-Denis à l'EHPAD « La Roseraie », aboutissant à la
fermeture de l'établissement (cf. encadrer 1)
Face au plan d’action mené tant sur le plan opérationnel
que structurel (d’investissement significatif), et malgré
l’accord de principe des Tutelles (ARS et CD) du projet
Dont acte, la quotité de travail dépend effectivement de
la disponibilité et de la volonté du médecin. La
performance du groupe à ce sujet est toutefois
inférieure à celle du secteur dans son ensemble.
Rédaction maintenue
Note de bas de page modifiée pour apporter cette
précision
Rédaction maintenue.
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 10 -
de transfert de lits sur un EHPAD neuf à Montreuil, la
société MAISONS DE SANTE LA ROSERAIE a saisi le
Tribunal Administratif de Montreuil pour une demande
d’annulation de l’abrogation de l’arrêté d’exploitation.
Le groupe n’entend développer les arguments faisant
l’objet de son mémoire dans le cadre de procédure en
cours.
- Annexe III 3.2. page 22
« 3.2. Le taux de contrat à durée déterminée est plus élevé que
la moyenne du secteur »
Il est tout d’abord intéressant de noter que la mission se
fonde sur la moyenne de recours aux CDD en EHPAD
établie en 2019, soit avant la crise sanitaire liée au
COVID et le scandale ORPEA qui ont amplifié les
difficultés de recrutement et donc le taux de recours au
CDD.
Il est donc difficile d’affirmer sur cette base que le taux
de recours au CDD est plus important que la moyenne
au sein du groupe MEDICHARME.
Il n’est toutefois pas contesté que le taux de recours au
CDD est important au sein du groupe, notamment en
raison du refus des salariés de conclure des CDI qui sont
moins avantageux financièrement.
La pénurie de personnels soignants, permet à ces
derniers de changer de poste régulièrement sans
craindre de période d’inactivité.
Ce phénomène a été amplifié par le développement de
différentes applications permettant aux soignants de
connaître en temps réel les différents postes vacants
autour de leur domicile.
- Annexe III 3.3. page 25
« Tableau 8 : Dépenses d’intérim (ensemble du groupe) entre
2020 et 2022 »
L’augmentation du recours à l’intérim s’explique par
l’augmentation des difficultés de recrutement
rencontrées par certains établissements du groupe, en
fonction de leur histoire et de leur positionnement
géographique.
L’année de référence est effectivement antérieure à la
crise de la Covid, laquelle a pu contribuer à majorer les
taux de CDD. Une précision apportée à ce sujet dans la
rédaction
Rédaction maintenue ; elle précise que le recours à
l’interim intervient en dernier ressort et qu’il est
largement lié à quelques situations particulières
d’établissements
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 11 -
Toutefois, il convient de souligner que si cette solution
s’avère couteuse, le groupe n’y a eu recours qu’en
l’absence d’autres solutions pour pourvoir les postes
vacants et indispensables à la prise en soins des
résidents.
- Annexe III 3.4. page 26
« L’analyse de l’ensemble des contrats passés en 2022 dans
plusieurs établissements du groupe montre un très grand
nombre de contrats en CDI avec une durée de présence dans
l’établissement très courte, de quelques semaines à quelques
mois, ce qui contribue à majorer le taux de rotation. Ce constat
a été partagé avec la direction du groupe. De cet échange, il
ressort que ce fort turn over serait le reflet d’une part de la forte
volatilité du marché du travail, d’autre part d’une posture
assumée visant à ne pas conserver des personnels dans les
effectifs qui ne donnent pas satisfaction. »
Comme indiqué par la mission, le turnover constaté
s’explique par le marché du travail lui-même mais aussi
par un choix de la direction MEDICHARME de faire
preuve d’une tolérance 0 en cas de maltraitance, étant
précisé que cette notion est bien plus large que la
simple violence physique.
- Annexe III 3.5.1. page 29
« Ponctuellement le groupe a été amené à tolérer ou
cautionner des recrutements non conformes au droit. Lors de
l'inspection de l’EHPAD Aeria, il est mentionné le recrutement
en tant qu’infirmier d'un professionnel détenteur d'un diplôme
de « technicien supérieur de la santé » hors Union européenne.
Au moment de la visite de la mission au sein de cet
établissement, le contrat de travail de ce professionnel avait été
modifié pour un poste d'ASH ».
Contrairement à ce que laisse entendre la mission, le
groupe n’a pas accepté de recruter un infirmier n’ayant
pas le diplôme nécessaire.
Il s’agissait en réalité d’un ressortissant hors union
européenne qui avait fait la demande d’équivalence de
son diplôme, raison de son embauche en qualité d’IDE.
Lorsque l’établissement a su que l’équivalence n’était
pas obtenue elle a procédé à la modification de sa
qualification.
- Annexe III 3.5.4. page 34
« V.A.E..»
La réponse confirme la rédaction, qui est maintenue.
Rédaction maintenue. Le groupe ne peut ignorer que les
diplômes d’infirmiers hors union Européenne (en
l’occurrence algérien) ne sont pas reconnus et
n’ouvrent pas droit à équivalence en France. L’emploi,
même temporaire, d’un professionnel titulaire de ce
diplôme en tant qu’infirmier est contraire au code de la
santé publique.
-- 184 of 338 --
Réponses au contradictoire – Annexe III
- 12 -
Les VAE sont toujours proposés par la direction mais ne
sont pas toujours accepté par le salarié.
Dans le plan de formation, il est donné pour consigne de
bien intégrer les salariés qui le souhaitent et
d’encourager les autres salariés à pratiquer une VAE.
- Annexe III 3.5.4. page 34
« Début janvier 2020, alors que le siège ne comptait que 29
collaborateurs, certaines fonctions étaient absentes (direction
médicale, responsable de projets médico-sociaux), d'autres
étaient embryonnaires (ressources humaines, appui au
réseau). En octobre 2023, les effectifs sont constitués pour
moitié des personnels de la direction des affaires financières,
personnel comptable pour l'essentiel. La direction des
ressources humaines est un peu plus étoffée mais les fonctions
d'appui soignants ou médico-social représentent nettement
moins de 10% des effectifs. »
Contrairement à ce que laisse entendre la mission, une
direction des ressources humaines a été mise en place
dès la création de la société, tout d’abord par la
conclusion d’un contrat avec une consultante
extérieure, Madame ROUSSEAU, qui est intervenue dès
2015.
Par suite du départ de Madame ROUSSEAU, Madame
Emmeline CARRE a été recruté en 2019 au poste de
DRH afin de structurer la direction des ressources
humaines et de relever les défis inhérents au fort
développement du groupe.
Madame CARRE a quitté le groupe au bout de quelques
mois. La société MEDICHARME a donc embauché
Madame Martine LESTOQUOY en qualité de DRH.
Malheureusement cette dernière n’avait pas les
compétences nécessaires, elle a quitté son poste aux
alentours de juin 2020.
C’est ainsi que Madame Catherine DE FREITAS a été
embauchée en juin 2021 au poste de DRH du groupe
MEDICHARME, poste qu’elle occupe depuis lors.
Cet historique démontre que si la société MEDICHARME
s’est heurtée à des difficultés de recrutement, elle n’a
pas attendu 2021 pour développer la direction des
ressources humaines, mais a, dès son origine, investi
dans cette fonction support primordiale.
Le groupe a également très rapidement développé une
direction réseau.
Rédaction maintenue. La politique d’incitation à la VAE
et d’accompagnement du salarié est, au-delà d’une
position de principe favorable, très faible au sein du
groupe.
Rédaction maintenue : elle mentionne que les fonctions
« ressources humaines » et « appui au réseau » ont
longtemps été embryonnaires, bien moins développées
que les fonctions financières et immobilières.
S’agissant de la direction médico-sociale, il s’agit
comme le précise la réponse du groupe, d’une ressource
externe contractuelle et non d’un ou une salarié(e) de
Médicharme.
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Réponses au contradictoire – Annexe III
- 13 -
Cette fonction support avait pour but de superviser les
exploitations et d’aider les directeurs dans
l’accomplissement des nombreuses missions leurs
incombant.
Le 1er juillet 2018, la société MEDICHARME a ainsi
embauché Madame Claire RAD en qualité de directrice
des exploitations. Compte tenu du développement très
rapide du groupe, la société MEDICHARME a embauché
un deuxième directeur des exploitations le 2 janvier
2019. Si ces deux salariés ont quitté leurs fonctions au
cours de l’année 2019, la société MEDICHARME a
pourvu à leur remplacement par l’embauche de
Monsieur GAYRAUD et de Madame CLERC en qualité de
directeurs réseaux.
La société MEDICHARME a également développé, dès sa
création, la direction médico-sociale par la conclusion
d’un contrat avec Madame Nathalie MANAUT,
consultante externe chargée de cette fonction.
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ANNEXE IV
L’accompagnement des résidents
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SOMMAIRE
1. L’OFFRE D’ACCUEIL EST DE FAIBLE CAPACITE ET PEU DIVERSIFIEE......................1
1.1. Les établissements du groupe sont nettement plus petits que la moyenne du
secteur ..................................................................................................................................................1
1.2. L’offre d’accueil est également moins diversifiée ...............................................................3
1.3. Les conditions d’autorisation sont globalement respectées ..........................................5
2. LE GROUPE A OPERE RECEMMENT UN VIRAGE EN STRUCTURANT SA POLITIQUE
DE SOINS ET DE PRISE EN CHARGE ...................................................................................... 6
2.1. La structuration de la politique de soins est récente ........................................................6
2.1.1. La constitution d’une direction médicale a impulsé une politique de soins à
l’échelle du groupe .................................................................................................................. 6
2.1.2. Le déploiement d’un système d’information et de procédures métiers,
associé à des outils internes d’évaluation, a favorisé l’amélioration des
pratiques ...................................................................................................................................... 8
2.2. Le groupe rattrape son retard dans la mise en conformité de ses établissements
avec le cadre institutionnel de fonctionnement des EHPAD ....................................... 16
2.2.1. La négociation des CPOM progresse mais elle est pour l’heure moins
avancée que dans le reste du secteur commercial ................................................ 17
2.2.2. Le pilotage de la politique d’évaluation externe est encore en construction
....................................................................................................................................................... 17
2.2.3. Les projets d’établissement ont commencé à être élaborés de façon
systématique dans la période récente ......................................................................... 18
2.2.4. Les projets d’accompagnement personnalisés restent inégalement et
incomplètement déployés et construits sans participation systématique des
résidents et de leur famille ............................................................................................... 19
2.2.5. Les conseils de la vie sociale sont mis en place dans la plupart des
établissements ........................................................................................................................ 20
3. SI LA PRISE EN CHARGE DES RESIDENTS S’EST AMELIOREE, IL SUBSISTE DES
MARGES DE PROGRES SIGNIFICATIVES........................................................................... 21
3.1. Les résidents ont un profil un peu plus jeune et un peu moins requérant en soins
que la moyenne du secteur ....................................................................................................... 21
3.2. L’organisation des soins dans les établissements dépend de la stabilité de
l’équipe de coordination et des capacités de recrutement de personnel qualifié
...23
3.2.1. La coordination des soins s’est davantage structurée......................................... 23
3.2.2. L’organisation des soins et la prise en charge des résidents pâtissent de la
difficulté à recruter du personnel soignant qualifié en nombre suffisant.. 28
3.2.3. La sécurisation du circuit du médicament a été renforcée par l’adoption de
la préparation des doses à administrer mais reste fragilisée par des
transcriptions non sécurisées d’ordonnances dans le logiciel Titan............. 32
3.3. L’accès des résidents aux professionnels de santé est le reflet de l’offre de soin
des territoires ................................................................................................................................. 37
3.3.1. Malgré des difficultés liées à une densité médicale en décroissance, la quasi-
totalité des résidents disposent d’un médecin traitant ....................................... 37
3.3.2. L’accès aux spécialistes reste cependant plus difficile......................................... 39
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3.3.3. L’intensité des soins de masso-kinésithérapie prodigués varie beaucoup en
fonction des établissements ............................................................................................. 41
3.3.4. Les relations de partenariat avec les établissements de santé sont
inégalement développées .................................................................................................. 43
3.4. La politique de la bientraitance, incluant le traitement des événements
indésirables, est en voie de structuration ........................................................................... 44
3.4.1. Le signalement des EIG fait l’objet de procédures nationales qui restent en
cours d’appropriation......................................................................................................... 44
3.4.2. La politique de bientraitance ne s’est structurée que récemment à l’échelle
du groupe ................................................................................................................................. 45
3.4.3. Si les contentions sont bien réalisées sur prescription médicale, le suivi et le
renouvellement des prescriptions n’est pas toujours conforme aux bonnes
pratiques ................................................................................................................................... 47
3.5. Une attention renforcée aux enjeux d’alimentation et aux risques de dénutrition
qui doit être poursuivie .............................................................................................................. 48
3.6. L’animation dans les établissements souffre d’un déficit de structuration .......... 50
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Annexe IV
- 1 -
1
1. L’offre d’accueil est de faible capacité et peu diversifiée
1.1. Les établissements du groupe sont nettement plus petits que la moyenne
du secteur
Le groupe exploite essentiellement des EHPAD. Au 1er novembre 2023, ils étaient au nombre
de 32, après trois fermetures d’établissement : la première (EHPAD « la Roseraie » à Livry
Gargan – Seine-Saint-Denis) consécutive à une mesure administrative de cessation d’activité ;
la deuxième (EHPAD « Les Charmilles » à Melle – Deux Sèvres) dans le cadre d’une opération
de regroupement ; la troisième (EHPAD « la Fruitière » à Marseille) à la suite de désordres dans
le bâti créant des risques pour la sécurité des résidents. Un autre EHPAD (« La chevalière » à
Mazamet – Tarn) a été abusivement rattaché au périmètre du groupe alors qu’il n’avait pas le
contrôle effectif de cet EHPAD à gouvernance associative.
Le groupe gère également un petit Foyer d’accueil médicalisé de 14 places, accolé à l’un des
EHPAD en Ardèche. Les deux établissements ont en commun de recruter historiquement de
façon privilégiée des patients adressés par un établissement psychiatrique, même si cette
spécificité s’est aujourd’hui amoindrie. Enfin, le groupe gère une résidence autonomie et
dispose de places de même nature en sus de places d’EHPAD dans le Lot-et-Garonne.
Les développements qui suivent concernent les EHPAD, qui constituent l’essentiel de l’offre.
Les EHPAD du groupe Médicharme sont de faible capacité : la taille moyenne des EHPAD en
fonctionnement au 1 er novembre 2023 est de 53 lits. Le tableau suivant indique la répartition
des EHPAD du groupe selon leur capacité.
Tableau 1 : Répartition des EHPAD du groupe Médicharme en fonctionnement au
1er novembre 2023 selon leur capacité
Capacité Nombre d’établissements
Moins de 41 places 131
41 à 59 places 102
60 à 79 places 1
80 places et plus 8
Source : arrêtés d’autorisation.
Tant la taille moyenne que la forte proportion des établissements de petite capacité sont très
atypiques au sein du secteur privé à but lucratif. Les données du tableau de bord de la
performance du secteur médico-social pour 2021 font état d’une moyenne (hébergement à
temps complet + hébergement temporaire) de 82 lits dans ce secteur. Près des 2/3 des EHPAD
du secteur ont une taille comprise entre 60 et 99 places. Le tableau ci-dessous compare la
répartition par taille des EHPAD du secteur privé à but lucratif avec celle des EHPAD du groupe.
1 Un EHPAD de 39 places (les jardins d’Aiffres- Deux Sèvres) doit toutefois voir sa capacité portée à 87 places à la
suite du regroupement de capacités avec l’EHPAD « Les Charmilles ».
2 Un des EHPAD de cette catégorie est situé sur le même site qu’un EHPAD de 85 places ; les deux ont toutefois des
organisations distinctes et du personnel dédié pour l’essentiel.
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Annexe IV
- 2 -
2
Tableau 2 : Répartition des EHPAD selon leur capacité (en pourcentage)
Capacité EHPAD à but lucratif Médicharme
1 à 24 places 9,1 % 9,3 %
25 à 44 places 7,4 % 31,3 %
45 à 59 places 9,9 % 31,3 %
60 à 99 places 63,1 % 25 %
100 et + 10,4 % 3,1 %
Source : Tableau de bord de la performance du secteur médico-social – 2021.
Il n’existe pas de référentiels mettant en regard la taille de l’établissement et la qualité de la
prise en charge et définissant une taille optimale sur ce critère. Il est certain toutefois qu’une
capacité réduite pose des difficultés spécifiques dans le recrutement de certains personnels qui
ne pourront exercer qu’à temps partiel : médecin coordonnateur ; psychologue ; animateur...
L’organisation reposant sur un nombre plus réduit de personnels (infirmier notamment), le
risque de rupture dans la continuité des prises en charge est également accru, en cas d’absence
(maladie, maternité) ou de vacance de poste. Enfin, la taille réduite des équipes administratives
ne favorise pas la conduite de projets et l’établissement de procédures garantissant la qualité
et la continuité.
L’offre, déjà structurée au moment de son acquisition par le groupe Médicharme, a peu évolué
sous sa gouvernance. La seule opération structurante concerne le regroupement de deux
établissements de petite taille situés à moins de 30 km l’un de l’autre dans les Deux-Sèvres
(EHPAD « les jardins d’Aiffres » de 39 places et « Les charmilles » de 48 places), opération en
voie de finalisation. Elle est pour l’heure source de déficits importants pour le groupe. Seuls 10
résidents ont accepté d’être transférés de l’EHPAD « Les charmilles » vers l’EHPAD d’Aiffres.
En dépit de ces transferts, l’EHPAD accueillait seulement 30 résidents le jour de la visite de la
mission, pour une capacité opérationnelle de 39 places et ce alors qu’une partie du personnel
des Charmilles a été transférée à Aiffres. La montée en charge des 48 nouvelles places, portant
la capacité totale de l’EHPAD à 87 places, s’annonce difficile dans un contexte où l’offre locale
ne semble pas saturée et où les coûts de l’hébergement sont dans la fourchette haute du
département (2 773 euros/ mois pour une chambre seule)3.
3 Le département des Deux Sèvres compte 72 EHPAD dont le prix d’hébergement varie de 1 990 à 2 997 euros/mois.
Seuls 3 EHPAD affichent des prix d’hébergement supérieurs à ceux des Jardins d’Aiffres.
https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/annuaire-ehpad-et-comparateur-de-prix-et-restes-a-
charge?departement=DEUX-SEVRES%20(79)&form=form-annuaire&annuaire=EHPAD#container-result-query
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Annexe IV
- 3 -
3
L’organisation actuelle laisse subsister des configurations territoriales peu adaptées à une
organisation des soins efficace et économe en ressources humaines. C’est notamment le cas
pour l’EHPAD « les Eaux Vives », dans le département de la Meuse, visité par la mission, qui
comporte trois petites structures de respectivement 30, 30 et 49 places, éloignées d’une
vingtaine de kilomètres, dispersion qui oblige à prévoir des effectifs de nuit supplémentaires
par rapport à une configuration regroupée, complexifie la coordination et impose des
déplacements chronophages à la direction, à l’IDEC et à la psychologue. La coordination
médicale pâtit de cette dispersion, un même médecin assurant les fonctions de médecin
coordonnateur pour les 3 structures, sans présence physique régulière dans deux des trois
sites. C’est le cas également de deux petites structures, en deçà de 25 places, localisées dans le
Var, acquises en 2021, pour lesquelles un projet de regroupement avec un établissement plus
important situé dans le même département a été envisagé et demandé par le groupe aux
autorités de tutelle mais ne s’est pas à ce jour concrétisé et fait donc perdurer une organisation
de la prise en charge des résidents contestable (cf. infra).
1.2. L’offre d’accueil est également moins diversifiée
Les EHPAD du groupe Médicharme comportent essentiellement des places d’hébergement
permanent (cf. tableau 3). Onze établissements, sur les 32 en fonctionnement au 1 er novembre
2023, proposent également des places d’hébergement temporaire, généralement d’une à trois,
à l’exception d’un établissement qui en comporte sept. Trois établissements seulement
comportent des places d’accueil de jour, dont un de six places. Les places d’hébergement
temporaire représentent environ 2,7% de l’offre dans le secteur commercial, une proportion
plus élevée de 50% que dans le groupe Médicharme.
Tableau 3 : type d’accueil au sein des EHPAD du groupe Médicharme
Type d’hébergement Hébergement
permanent
Hébergement
temporaire Accueil de jour
Nombre de places
autorisées 1765 33 10
Source : Arrêtés d’autorisation. Ehpad autorisés au 1 er novembre 2023.
Une partie de l’offre d’EHPAD est adaptée à l’accueil spécifique de personnes souffrant de
troubles neuro cognitifs. Parmi les établissements du groupe, 14 comportent ainsi une unité de
vie protégée Alzheimer (UVP), d’une capacité comprise entre 8 et 14 places. En revanche, seuls
4 établissements sont dotés d’un pôle d’activités et de soins adaptés (PASA) et le groupe n’a
pas souhaité répondre à des appels d’offre de création de nouveaux PASA.
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Annexe IV
- 4 -
4
Encadré 1 : Les unités de vie protégée Alzheimer (UVP) et les pôles d’activités et de soins
adaptés PASA
Les UVP sont des services d’hébergement, situées au sein d’un EHPAD, permettant d’accueillir en toute
sécurité des personnes valides, atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées. De
petite taille, elles disposent généralement d’une capacité d’accueil de 10 à 20 résidents. D’une
architecture adaptée aux spécificités de la maladie d’Alzheimer et troubles cognitifs, elles comportent
des chambres réparties autour d’une salle commune permettant de partager les repas et les activités et
d’un espace extérieur. Des dispositifs de sécurité (digicodes, serrures, clôtures …) permettent d’éviter
que le résident ne se perde ou sorte de l’enceinte de l’EHPAD. Elles disposent de personnels
spécifiquement formés.
Création du plan Alzheimer et maladies apparentées, le PASA propose, durant la journée, à des résidents
ayant des troubles du comportement modérés, des activités sociales et thérapeutiques au sein d’un
espace de vie spécialement aménagé et adapté à leurs besoins.
Alors que la création d’une UVP ne donne lieu à aucun financement public, les ARS accordent des crédits
lors de l’ouverture d’un PASA, crédits destinés à financer des postes dédiés exclusivement aux soins
(assistants de soins gériatriques, psychomotriciens, ergothérapeutes, kinésithérapeutes, aides-
soignants ou aide médico-psychologiques .)
Source : mission.
Les unités protégées répondent à une demande forte, confirmée par les directeurs des
établissements visités par la mission. Elles induisent toutefois également des contraintes
supplémentaires en locaux, en organisation et en personnel dédié, sans financement
supplémentaire.
Ainsi, le cahier des charges d’un appel à projet4 pour la création de 19 places d’UVP de l’ARS
Auvergne Rhône Alpes5 précise la nécessité pour l’EHPAD candidat (seul projet nouveau à ce
jour pour le groupe) de disposer d’une équipe d’encadrement comportant a minima un
directeur, un médecin coordonnateur, un cadre de santé et un psychologue et de s’engager à
mettre en place un plan de formation du personnel spécifique à la prise en charge de personnes
atteintes de maladies dégénératives. Les équipements et locaux devront être adaptés à la prise
en charge de ces résidents (cf. encadré 1).
Treize établissements sont habilités à l’aide sociale, pour un total de 286 places, soit 16% du
total des capacités. Ces habilitations préexistaient au rachat des établissements concernés par
le groupe. Trois établissements concentrent près de 60% des capacités : un des établissements
est habilité en totalité6, deux autres respectivement à 49% et 82%7 de leur capacité. Le taux de
places habilitées est significativement supérieur au taux constaté dans le secteur des EHPAD
privés à but lucratif (légèrement inférieur à 10% en 20218). Cette proportion élevée peut
paraître d’autant plus surprenante que l’encadrement par les conseils départementaux de
l’évolution des tarifs d’hébergement pour les places habilitées à l’aide sociale ne créait pas un
élément de contexte favorable à une mise en vente de leur immobilier (cf. annexe tarification
et facturation du groupe Médicharme vis-à-vis des résidents).
4 Procédure d’appel à projet dans le cadre de l’arrêté du 30 août 2010 relatif au contenu minimal de l’état descriptif
des principales caractéristiques du projet déposé dans le cadre de la procédure de l’appel à projets mentionnée à
l’article L. 313-1-1 du code de l’action sociale et des familles.
5ARS Auvergne-Rhône-Alpes : Cahier des charges de l’appel à projets pour la création de 19 places d’hébergement
permanent en unité de vie protégée pour personnes âgées dépendantes souffrant de la maladie d’Alzheimer et
maladie apparentée sur la filière gérontologique de Roanne (42), AAP n° 2020-DD42-EHPAD département de la
Loire AAP n° 2020-14 .
6 EHPAD « la madrague ».
7 EHPAD « la croix du Sud » et Aeria.
8 Donnée issue du tableau de bord de la performance médico-sociale 2021.
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Annexe IV
- 5 -
5
1.3. Les conditions d’autorisation sont globalement respectées
La mission s’est assurée que les capacités exploitées correspondaient bien à des
autorisations en vigueur. Elle note toutefois la fragilité juridique de l’autorisation
d’exploitation d’un des EHPAD du groupe, situé à Tonneins (Lot et Garonne), la résidence
Zoppola. L’autorisation délivrée conjointement par le directeur général de l’ARS et le président
du conseil départemental le 15 décembre 2014, antérieurement à l’acquisition par le groupe
Médicharme, concerne un établissement situé à Clairac, à quelques kilomètres de Tonneins,
établissement qui devait faire l’objet d’une reconstruction à Tonneins. L’établissement a été
reconstruit mais l’arrêté autorisant le transfert n'a pourtant jamais été pris. L’accord de l’ARS
et du département ne fait pas de doute et le nouveau bâtiment a d’ailleurs fait l’objet d’une
visite de conformité en 2016 mais les deux tutelles devraient s’attacher à régulariser la
situation9.
Concernant une opération beaucoup plus récente, la mission note également qu’alors que les
travaux visant à rénover et transformer les locaux d’une ancienne résidence services seniors
pour accueillir des places d’EHPAD sont achevés à Aiffres (cf. supra), l’autorisation de transfert
de l’EHPAD n’a pas été préalablement délivrée par l’ARS et le conseil départemental, plaçant le
groupe dans une situation d’insécurité juridique10.
La mission a vérifié également que les dispositions du code de l’action sociale et des
familles relatives au changement de gestionnaire ont été respectées. Ces dispositions (art.
L. 313-1) prévoient un accord préalable des autorités en cas de cession des autorisations et
une information, dont il n’est pas précisé qu’elle doit être « préalable », en cas de changement
important dans « l'activité, l'installation, l'organisation, la direction ou le fonctionnement d'un
établissement ou d'un service soumis à autorisation ». Le groupe Médicharme s’est porté
acquéreur, dans la plupart des cas, des parts sociales des sociétés d’exploitation, constituées
sous forme de SAS. Dès lors, il n’y a pas eu changement de la personne morale détentrice de
l’autorisation et pas d’accord préalable sollicité. La mission a pu vérifier en revanche que les
ARS et les conseils départementaux avaient été systématiquement destinataires d’un courrier
d’information du groupe Médicharme au moment de l’acquisition. Dans un cas seulement
(l’acquisition du premier EHPAD « Viteal les mimosas » à Oléron), l’information a été délivrée
avec un délai de cinq mois. Dans quelques rares situations, l’acquisition a été précédée d’une
rencontre avec l’ARS et le conseil départemental.
La mission a enfin vérifié que la capacité exploitée correspondait bien à la capacité
autorisée. Elle conclut que la capacité autorisée est respectée à deux exceptions près : un
établissement, le plus petit en capacité du groupe, a accueilli régulièrement davantage de
résidents que de places autorisées. La situation a été constatée en avril 2023 par une
inspection11 et a donné lieu à un signalement au Procureur de la République sur le fondement
de l’article L. 313-22 du code de l’action sociale et des familles. Le tableau de suivi des taux
d’occupation du groupe12 permet de constater que la situation perdurait en mai mais a été
rectifiée à compter du mois de juin. Par ailleurs une ARS a noté un taux de suroccupation
ponctuel dans un second établissement13.
9 L’absence d’autorisation constitue une infraction pénale (Article L.313-22 du code de l’action sociale et des
familles).
10 La décision d’autorisation est finalement intervenue le 10 janvier 2024.
11 Inspection de l’EHPAD « Les amis des aînés » 13 avril 2023 ; 23 places installées, 21 résidents accueillis pour 19
places autorisées.
12 « Palmarès opérationnel 2023 ».
13 Résidence du Lac (Lot et Garonne).
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Annexe IV
- 6 -
6
2. Le groupe a opéré récemment un virage en structurant sa politique de
soins et de prise en charge
2.1. La structuration de la politique de soins est récente
2.1.1. La constitution d’une direction médicale a impulsé une politique de soins à
l’échelle du groupe
La direction du groupe dispose d’une direction médicale coordonnée par un directeur médical
secondé d’une responsable des soins et d’une infirmière coordinatrice (IDEC) réseau. Le
directeur médical est placé directement sous l’autorité de la présidente. Un service
médico-social, également sous l’autorité de la présidente, est constitué d’une seule personne,
coordinatrice de projets médico-sociaux. Ces services sont de création récente.
2.1.1.1. La création bien que tardive d’un poste de directeur médical a permis la mise en
œuvre d’une stratégie médicale de groupe et un saut de performance rapide dans
les établissements
Le Directeur Médical est chargé de définir la politique médicale du groupe, de contrôler
sa bonne application et d’animer, former et coordonner l’ensemble des équipes
médicales au sein des établissements. Responsable de la qualité et de l’organisation des
soins dans les établissements du groupe, il a la charge de l’évaluation de la mise en œuvre des
bonnes pratiques. Le directeur médical est l’interlocuteur des tutelles, en particulier des ARS,
sur le champ médical (suivi des inspections, CPOM…). Chargé de l’accompagnement et de
l’animation des équipes d’encadrement (médecin coordonnateur et infirmier coordinateur ou
référent), il peut mener des coupes PATHOS14 et AGGIR15 en cas d’absence d’un médecin
coordonnateur.
La création de ce poste intervient très tard dans la structuration du groupe puisque l’embauche
du premier et à ce jour seul titulaire du poste ne date que d’octobre 2022, témoignant de
l’absence de priorité donnée jusque-là à la structuration d’une démarche qualité à l’échelle du
groupe. Le directeur médical a quitté ses fonctions durant l’été dernier, moins d’un an après
son recrutement et le poste était donc vacant au moment de la mission.
Le travail accompli permet pourtant de mesurer le caractère indispensable de cette
fonction.
L’arrivée d’un directeur médical a permis d’uniformiser et d’optimiser les pratiques de soins
dans les EHPAD du groupe. Si certains établissements avaient développé des bonnes pratiques
sous l’impulsion en particulier de médecins coordonnateurs (EHPAD Meissel et Aeria…), selon
les dires des personnels des EHPAD rencontrés, corroborés par les constats des ARS, la plupart
des établissements ne disposaient pas de procédures solides dans le domaine du soin. Le
directeur médical, en s’inspirant parfois de protocoles utilisés dans certains établissements du
groupe, a élaboré et diffusé de nombreuses procédures. L’équipe médicale nationale s’est
rendue dans les EHPAD pour les présenter et promouvoir leur utilisation (cf. infra).
14 Le référentiel PATHOS évalue les soins requis pour assurer la prise en charge de toutes les pathologies d’une
population de personnes âgées.
15 La grille AGGIR permet de classer les résidents du Groupe iso-ressources (GIR) 1 (le plus dépendant) au GIR 6 (le
moins dépendant).
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Annexe IV
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7
L’équipe médicale a accès aux bases du logiciel métier TITAN de tous les établissements. À
partir de ces données, elle réalise des analyses qui peuvent servir de bases à des audits (cf.
infra).
2.1.1.2. Le recrutement d’une infirmière diplômée d’état coordinatrice réseau très
opérationnelle avait précédemment permis une avancée substantielle dans la
gestion de la prise en charge des résidents et de la qualité des soins
L’infirmière diplômée d’état coordinatrice (IDEC) réseau recrutée en 2021, toujours en poste
à ce jour, avait précédemment permis une avancée substantielle. Avant son arrivée, le groupe
ne disposait d’aucune structure de coordination des équipes soignantes des établissements.
Depuis l’arrivée du directeur médical, elle exerce ses fonctions sous sa responsabilité. Il s’agit
d’un poste très opérationnel : elle a pour mission principale d’auditer, de réorganiser, de
coordonner et d’optimiser les pratiques de soins dans les établissements du groupe, en veillant
à la qualité et la sécurité des pratiques. Pour ce faire, elle participe, en lien avec le directeur
médical, à l’élaboration et la diffusion de protocoles de soins, accompagne la mise en œuvre de
projets de soins et participe à l’animation et à la formation des équipes. Elle peut assurer le
remplacement d’une IDEC ou accompagner une prise de poste. Elle a la charge en propre du
suivi de la consommation et des coûts des dispositifs médicaux.
Plusieurs équipes rencontrées ont évoqué des réunions organisées mensuellement par l’IDEC
réseau, permettant un échange de pratiques et des audits. Si elle reconnait leur intérêt, une
IDEC a indiqué n’être en capacité d’y participer que rarement, les horaires n’étant pas
compatibles avec sa charge de travail. Dans certaines équipes rencontrées, certains soignants
parmi les plus aguerris ou les plus anciens voient peu d’intérêt à la création de cette fonction,
certains regrettant l’autonomie d’organisation dont ils bénéficiaient jusque-là. A contrario,
plusieurs équipes d’encadrement ont fait des retours très positifs sur l’appui de l’IDEC réseau,
en particulier lors de la vacance d’un poste d’IDEC ou l’arrivée d’une nouvelle coordinatrice.
2.1.1.3. Le recrutement très récent d’une responsable des soins devrait permettre de
suppléer pour partie au départ du directeur médical
Début octobre 2023, le groupe a procédé au recrutement d’une responsable des soins, placée
sous l’autorité directe de la présidente. Ce cadre infirmier se voit confier une partie des
fonctions du directeur médical démissionnaire (suivi et évaluation de la mise en œuvre des
protocoles, du projet de soins, relations avec les ARS). En complément de ces missions dont
elle assure en quelque sorte l’intérim, elle participe au recrutement, à la formation et à
l’animation des IDEC. Elle propose à la direction une répartition des ressources en soins des
établissements et évalue les besoins de remplacement. La responsable des soins anime le
réseau des directeurs régionaux sur les thématiques liées à la qualité des soins. Elle se voit
confier des missions tenant aux ressources humaines. L’arrivée de ce cadre infirmier est trop
récente pour évaluer l’intérêt de la fonction. On peut cependant s’interroger sur la plus-value
de ce poste si un nouveau directeur médical devait être nommé. Alors que la phase de
déploiement des protocoles est terminée, que la quasi-totalité des établissements disposent
d’un médecin coordonnateur (ou des services de la société MEdCo conseil) et d’un IDEC, les
fonctions de cette responsable pourraient être réparties entre le directeur médical et l’IDEC
réseau.
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Annexe IV
- 8 -
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La coordinatrice de projets médico-sociaux doit conforter son rôle d’accompagnement des
établissements. Elle a été recrutée au siège en 2021 et est directement rattachée à la directrice
générale. Infirmière de formation, ses missions sont centrées sur le suivi de la démarche qualité
et de l’évaluation. Elle aide les établissements à se préparer aux évaluations externes dont ils
vont faire l’objet et a ainsi réadapté la grille d’évaluation interne de façon à y intégrer les
éléments du référentiel HAS sur lequel elle doit être prochainement formée. Du fait de
premières évaluations externes insatisfaisantes, elle devrait accompagner dès janvier 2024 les
EHPAD soumis à une évaluation externe et assurer le suivi de la mise en place des plans
d’action qui en résulteront, ce qui n’était pas fait jusqu’à présent.
La coordinatrice a également dans son portefeuille le développement de projets d'extension ou
de transformation, de création d'UVP ou de PASA mais n’a répondu à aucun appel à projets
dernièrement au regard de l’absence de demande des établissements. Au moment du contrôle,
la fonction de coordination consiste encore pour l’essentiel en un accompagnement au fil de
l’eau et à la demande plutôt qu’au déploiement d’une stratégie de développement de la qualité
suscitant la mobilisation des établissements.
2.1.2. Le déploiement d’un système d’information et de procédures métiers, associé à
des outils internes d’évaluation, a favorisé l’amélioration des pratiques
2.1.2.1. La politique d’évaluation de la prise en charge des résidents est très récente et
mériterait davantage de coordination entre les directions médicale et médico-
sociale
La direction médicale mène depuis 2021, dans les EHPAD, des audits portant sur la prise
en charge des résidents. Certains audits, réalisés par l’IDEC réseau avec l’appui d’aide
soignants d’EHPAD du groupe, se concentrent principalement sur la sécurisation du circuit du
médicament (EHPAD Meissel, Aeria, « Résidence de Beurre », Zoppola), mais sont également
circonstanciels (audit d’intégration de l’EHPAD « Les Jardins d’Aiffres », audit à l’arrivée d’une
IDEC dans la résidence Saint Georges ou l’établissement des Charmilles). Certains des supports
d’audit comportent un plan d’action mais sans calendrier de mise en œuvre. La mission n’a pas
eu connaissance de données tenant à l’évaluation de ces plans.
La direction médicale a réalisé par ailleurs des audits qualité, de périmètre plus large, à
partir d’une grille standardisée de 186 items. Ces audits, centrés sur l’accompagnement et
la prise en charge des résidents, s’intéressent dans une moindre mesure aux
dimensions management et ressources humaines. La mission a analysé les grilles d’audit
complétées de six établissements, adressées par la direction du groupe à la mission. Ces grilles
ne comportent ni date ni identité des auditeurs. Seule la colonne « commentaires » est
renseignée. Les différents items ne sont pas scorés et l’onglet « synthèse » est vide, rendant ces
audits inexploitables tant pour la direction du groupe que pour les EHPAD concernés.
L’IDEC réseau a confirmé qu’aucun suivi de ces audits n’avait été réalisé, tout du moins à
l’échelle du groupe. La responsable des soins, nouvellement arrivée, a indiqué avoir abandonné
ces deux modalités d’audit au profit d’une nouvelle grille plus complète, en voie de finalisation.
Une campagne d’audits, qu’elle va mener avec l’IDEC réseau, est en cours de préparation.
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Annexe IV
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9
Ces audits seront menés pour partie en lien avec la direction médico-sociale dans le cadre de
préparations aux audits externes. En 2022, les trois établissements de la Meuse16 et les trois
EHPAD du Lot et Garonne17 ont fait l’objet d’évaluations externes (cf. infra), menées par des
organismes habilités par la HAS, dans le cadre de l’obligation d’évaluation quinquennale de la
qualité des activités et prestations délivrées aux personnes accueillies par les ESSMS18. Ces
établissements n’avaient bénéficié d’aucun accompagnement du siège. La coordinatrice des
projets médico-sociaux a été chargée par la présidente, en lien avec les directions des
établissements concernés, d’une part de l’élaboration et du suivi de la mise en œuvre de plan
d’actions permettant de répondre aux constats de ces évaluations et d’autre part de la
préparation, des audits externes HAS prévus en 2024.
Sans une coordination forte, ce double pilotage pourrait être source de redondance et
d’incompréhension de la part des équipes de terrain. Aussi, est-il impératif que les deux
directions élaborent ensemble la stratégie d’évaluation de la qualité de la prise en charge, y
compris la préparation aux audits externe HAS.
La société MedCo conseil réalise également des audits transversaux dans les
établissements dans lesquels intervient l’un de ces médecins. La procédure prévoit la
réalisation d’un audit initial, puis d’un audit à 2 mois et à six mois. La mission a eu connaissance
des audits réalisés dans neuf EHPAD suivis par cette société. Les audits initiaux comportent
une évaluation scorée à deux et six mois. Les grilles sont accompagnées d’un plan d’action. La
direction médicale est destinataire de ces documents et peut intervenir lorsque la mise en
œuvre du plan d’action le nécessite. La mission n’a eu toutefois connaissance d’aucun
document de suivi de la mise en œuvre des plans d’action. La direction indique prévoir de
déployer une V2 intégrant un module de gestion des plans d’actions
2.1.2.2. Desprotocoles de soins nationaux élaborés et déployés sous l’impulsion du
directeur médical dans des délais très restreints ont permis de lever des
injonctions et prescriptions faites par les ARS lors de contrôles
Comme indiqué supra, sous l’impulsion du directeur médical, des protocoles de soins ont été
élaborés et diffusés dans les EHPAD du groupe. Ces procédures, couvrent les domaines
suivants :
sécurisation du circuit du médicament ;
gestion et la prise en charge de l’urgence ;
prévention et prise en charge de la douleur et des soins palliatifs ;
prévention et prise en charge des plaies et des escarres ;
prévention et prise en charge des chutes et de la contention ;
prévention et prise en charge de la dénutrition et de la déshydratation ;
prévention et prise en charge des troubles de l’humeur et du comportement ;
prévention et prise en charge de la dépression et de l’état suicidaire ;
prévention et prise en charge du risque infectieux ;
protocoles techniques ;
appui aux missions du médecin.
16 Les eaux Vives de Souilly, de Pierrefitte et de Triaucourt.
17 Résidence de Beurre, du lac et « Zoppola ».
18 Établissements et services sociaux et médico-sociaux.
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Annexe IV
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10
Chaque procédure comporte plusieurs protocoles, de portée très variée (de la fiche technique
au protocole pluridisciplinaire de prise en charge), assurant une très bonne couverture du
spectre des situations pouvant être rencontrées en EHPAD. Ils sont disponibles sur un portail
informatique (Médibox) accessible aux médecins coordonnateurs et aux IDEC et infirmières
référents (IDER)19 des établissements du groupe. Ils précisent le public concerné et
comportent une liste d’émargement. Ils sont signés par les rédacteurs, le vérificateur et
l’approbateur et comportent les dates d’application et de diffusion. En revanche, toutes ne font
pas mention d’une échéance de révision. La mission n’a pu analyser dans le fond l’ensemble de
ces nombreuses procédures. L’analyse par la mission d’un échantillon, l’absence de constat des
ARS portant sur un défaut de qualité de ces procédures, et le renvoi régulier à des
recommandations, en particulier de la HAS et, pour les protocoles liés au médicament, à des
documents établis par des OMEDIT20, sont en faveur d’une conformité aux recommandations.
Toutefois l’absence de réévaluation programmée systématique, confirmée par la direction
médicale, n’est pas conforme aux bonnes pratiques. Aussi, il conviendrait de prévoir, pour
chaque protocole, un calendrier de révision et de nommer une personne en charge de ce suivi.
La procédure nationale prévoit que, sous la responsabilité de l’IDEC ou de l’IDER, un classeur
regroupant l’ensemble des protocoles soit mis à disposition des personnels concernés. Une
annexe à chaque protocole permet d’indiquer le lieu de classement (version papier et version
informatique) et, pour chaque séance de formation, la date et la liste des personnes présentes.
Douze contrôles d’ARS pointent des manquements dans l’existence, l’adaptation ou
l’appropriation par les personnels de protocoles de soins donnant lieu à injonction ou
prescription. Le tableau suivant retranscrit, à titre d’exemples, des injonctions ou prescriptions
concernant l’absence ou le défaut d’appropriation de protocoles et procédures de soins et la
situation au 1 er novembre.
Tableau 4 : Exemples d’injonctions ou de prescriptions faisant suite à des contrôles des ARS en
rapport avec les protocoles de soins
Identité de
l’EHPAD
Date de
l’inspection
Nature et libellé de l’injonction (I) ou de la
prescription (P)
Situation au 1er
novembre 2023
Au bon
accueil
Décembre
2021
I Établir les procédures et protocoles de
soins permettant d'assurer la continuité
de la prise en charge des résidents
---
Elaborer une procédure de préparation,
distribution et administration des
médicaments. S'assurer de sa diffusion
auprès du personnel soignant
Levée
Levée
La croix du
sud
Novembre
2019
I Transmettre les protocoles et les
procédures de soins
Levée sous réserves
de l'apport de
précisions dans les
meilleurs délais
Les eaux
vives
Octobre2019 I Rédiger les protocoles sur les conduites à
tenir en cas d'urgence.
Formaliser un protocole écrit du circuit du
médicament de la préparation jusqu'à
l'administration.
Levée sur ce point
Oréadis Janvier 2023 I Élaborer un protocole de prévention des
chutes
Maintenue
19 Les IDER assurent des fonctions de coordination en plus de fonctions de soins.
20 Les Observatoires des Médicaments, des Dispositifs médicaux et de l’Innovation Thérapeutique (OMEDIT) ont
été créé dans chaque région en 2006 conformément au décret n°2005-1023 du 24/08/2005 relatif au Contrat de
Bon Usage des Médicaments, Produits et Prestations et à la circulaire d’application du 19/01/2006.
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Annexe IV
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11
Identité de
l’EHPAD
Date de
l’inspection
Nature et libellé de l’injonction (I) ou de la
prescription (P)
Situation au 1er
novembre 2023
Résidence du
lac
Septembre
2022
P Organiser l'élaboration ou la mise à jour
des protocoles et procédures en les
adaptant à l'environnement de l'EHPAD et
assurer leur appropriation par le
personnel
---
Elaborer ou actualiser les protocoles et
procédures relatives à la gestion de la
douleur, des contentions,
l'accompagnement en fin de vie et les
soins palliatifs et le suivi des médicaments
à risque
---
Actualiser les procédures et protocoles
relatifs aux conduites à tenir en cas
d'urgence et veiller à leur appropriation
par le personnel concerné
Maintenue
Maintenue
Levée
Résidence de
beurre
Mars 2022 P
I
I
Elaborer une procédure de signalement et
de gestion des dysfonctionnements graves
et EIG
----
Organiser l'élaboration ou la mise à jour
des protocoles et procédures et assurer
leur appropriation par le personnel
---
Elaborer ou actualiser les protocoles et
procédures relatives à la gestion de la
douleur, l'accompagnement en fin de vie
et les soins palliatifs et le suivi des
médicaments à risque
Levée
Levée
Levée
Source : Rapports d’inspection des ARS – Données retravaillées par la mission.
Le nombre important d’injonctions et de prescriptions levées à ce jour témoigne d’un effort
important mais récent de la direction médicale du groupe pour diffuser ces protocoles et d’une
appropriation par les personnels en cours.
La mission confirme ces évolutions. Elle a pu constater dans les établissements visités la
présence en salle de soins de ces classeurs, très volumineux, dont l’accessibilité est variable
selon l’EHPAD. Les personnels de plusieurs établissements ont confirmé à la mission
l’organisation, à l’arrivée de personnels dans l’établissement et lors des points journaliers ou
hebdomadaires organisés par l’IDEC, de mini-formations sur un ou des protocoles selon les
besoins ou les circonstances (survenue d’un évènement indésirable…). Certains personnels ont
indiqué à la mission être incités à consulter les protocoles en dehors de toute formation
organisée. Ils apposent alors leur signature dans l’annexe correspondante. Plusieurs soignants,
en particulier des aides-soignants, notaient toutefois la lourdeur et la complexité de certains
protocoles ne permettant pas une appropriation aisée. Par ailleurs, plusieurs cadres infirmiers
ont signalé les difficultés d’appropriation de ces protocoles par des personnels en contrat à
durée déterminé ou en intérim.
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Annexe IV
- 12 -
12
2.1.2.3. Un système informationnel unique, TITAN Groupe, est en cours de déploiement
dans l’ensemble de ces établissements
Depuis février 2023, le groupe a entrepris la migration de l’ensemble de ses
établissements sur le logiciel Titanlink (TL) ou Titan. Ce logiciel de soin, développé par la
société Malta informatique, est l’un des logiciels spécifiquement dédiés aux EHPAD. Il répond
aux normes d’hébergement des données de santé. Le groupe Médicharme équipe
progressivement ces établissements de la version « groupe » de ce logiciel. Il se compose de
plusieurs modules :
Soin et activités comportant en particulier le dossier du résident, le cahier de
transmission, un plan de soins personnalisable, le tableau de bord des soignants et
du médecin coordonnateur ;
Nomade, qui permet aux infirmiers de disposer des données de soins « aux pieds du
résident », sur un support de type tablette ;
Pharma, outil permettant l’accès à distance par l’équipe de l’officine
pharmaceutique ;
Réception des résultats de biologie ;
Téléconsultation ;
Hygiène et hôtellerie ;
Zapette, solution de pointage par code-barres ;
Interopérabilité permettant des interphases avec les logiciels métiers et le DMP ;
Facturation ;
Famille, extranet destiné aux familles.
L’accès est sécurisé via un login et un mot de passe personnel. Plusieurs niveaux d’accès
peuvent être créés pour tenir compte des fonctions de l’utilisateur. Chaque utilisateur est alors
rattaché à un groupe, ce qui détermine ses droits d’accès, permettant en particulier de
restreindre l’accès aux données médicales aux seuls professionnels de santé.
À la date de la mission, Titan groupe était déployé dans 17 EHPAD. L’absence d’accès à
un internet de qualité suffisante est la principale cause du non-déploiement de la
solution dans les autres établissements. Il s’agit en particulier de structures implantées
dans des zones rurales encore mal équipées. Si le problème est en cours de résolution dans
quatre EHPAD, 11 restent sans solution à ce jour. Le groupe a indiqué à la mission avoir
entrepris des démarches auprès de plusieurs opérateurs pour résoudre ces difficultés. La
direction indique que cette migration est facilitée par le fait que la plupart des établissements
utilisaient déjà TITAN, dans sa version « individuelle » peu différente. Seuls quelques
établissements dotés d’un logiciel métier différent devront s’approprier les fonctionnalités de
ce nouvel outil. Le tableau suivant, transmis par le siège, détaille la situation de chaque EHPAD
vis-à-vis de Titan groupe.
Tableau 5 : Etat d’avancement de la bascule des EHPAD du groupe Médicharme vers la solution
TITAN groupe (au 3 novembre 2023)
Nom de l’établissement
Déploiement
titan Groupe
techniquement
possible à ce
jour
Effectivité
de titan
Groupe
dans
l’EHPAD
Date
prévisionnelle
de bascule dans
TITAN Groupe
EHPAD Résidence de France OUI OUI 22/02/2023
EHPAD La Croix du Sud OUI OUI 08/03/2023
EHPAD Les Quatre Saisons OUI OUI 16/03/2023
EHPAD La Vallée du Bandiat OUI OUI 05/04/2023
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Annexe IV
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13
Nom de l’établissement
Déploiement
titan Groupe
techniquement
possible à ce
jour
Effectivité
de titan
Groupe
dans
l’EHPAD
Date
prévisionnelle
de bascule dans
TITAN Groupe
EHPAD Les Chênes Verts OUI OUI 14/04/2023
EHPAD La Juvenie OUI OUI 20/04/2023
EHPAD Les Airelles OUI OUI 27/04/2023
EHPAD La Bastide du Luberon OUI OUI 28/04/2023
EHPAD Le Beau Site OUI OUI 04/05/2023
EHPAD L'Elvody OUI OUI 11/05/2023
EHPAD La Maison de Thérèse OUI OUI 17/05/2023
EHPAD OREADIS OUI OUI 06/06/2023
EHPAD Villa Claudine OUI OUI 15/06/2023
EHPAD Les Genévriers OUI OUI 14/07/2023
EHPAD AERIA OUI OUI 26/07/2023
EHPAD MEISSEL OUI OUI 28/07/2023
EHPAD Les Jardins d'Aiffres OUI OUI 14/09/2023
EHPAD Viteal Oléron OUI NON Q4/2023
EHPAD Les Feuillantines NON NON Q1/2024
EHPAD La Fruitière NON NON En attente
EHPAD Les Jardins de Sainte-Baume NON NON Q1/2024
EHPAD Les Amis des Ainées NON NON Q1/2024
EHPAD Au Bon Accueil NON NON Q1/2024
EHPAD Les Châtaigniers NON NON Q1/2023
EHPAD Résidence du Lac NON NON Q4/2023
EHPAD Résidence Zoppola OUI NON Q4/2023
EHPAD Résidence de Beurre OUI NON Q4/2023
EHPAD Les Eaux Vives - Triaucourt NON NON Q4/2023
EHPAD Les Eaux Vives - Pierrefitte OUI NON Q4/2023
EHPAD Les Eaux Vives - Souilly NON NON Q4/2023
EHPAD Le Champ de la Dame NON NON Q1/2024
EHPAD La Madrague NON NON Q1/2024
Source : Médicharme.
Les groupes d’utilisateurs (ou profils) ont été définis par le siège. La gestion des habilitations
est déléguée à chaque direction d’EHPAD, qui attribue à chaque personnel un profil (et donc
des droits) selon sa fonction, en se référant aux consignes nationales. Ainsi, seuls le médecin
coordonnateur, les médecins traitants, l’IDEC et les infirmiers ont accès aux dossiers médicaux
des résidents21. Les aides-soignants disposent quant à eux d’un accès au dossier de soins. Les
agents de service hospitaliers (ASH) faisant fonction d’aide-soignant ont également accès au
dossier de soins. Les autres ASH n’ont accès qu’à la partie hébergement.
21 Le médecin traitant n’ayant accès qu’aux seuls dossiers de ces patients ;
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Annexe IV
- 14 -
14
Les personnels se connectent au logiciel à partir de postes fixes implantés dans les salles de
transmission et les infirmeries. Les infirmiers sont dotés de tablettes leur permettant de
disposer du dossier médical au chevet des résidents et de valider en temps réel la dispensation
des médicaments ou la réalisation des soins. Les aides-soignants sont équipés de lecteurs de
code-barres (zapettes) permettant de tracer la réalisation des tâches. Un cahier de
transmissions est accessible dans le module soins. Certaines données sont intégrées
automatiquement (création ou modification d’une ordonnance, saisie fiche de chute, départ
d’un résident…). Pour le reste, la saisie se fait texte libre ou à partir d’un menu déroulant. La
mission a pu constater l’utilisation de cet outil, en salle de transmission, dans des infirmeries
et des bureaux de Médecin coordonnateur, dans plusieurs EHPAD visités. Certains des
personnels interrogés regrettent l’obligation fastidieuse de rentrer leurs identifiants à chaque
connexion et le manque de fluidité du logiciel.
Les médecins coordonnateurs ont accès, dans l’établissement ou depuis leur cabinet22, aux
dossiers médicaux des résidents. Ils disposent, selon les configurations, d’un poste dédié ou
partagent l’ordinateur des soignants. Dans les établissements ayant contractualisé avec la
société Médecin coordonnateur conseil, le médecin coordinateur en charge de l’EHPAD dispose
d’un accès à distance à Titan. L’accès des médecins traitants aux dossiers de leur patients peut
se faire sur place ou depuis leur cabinet, sous réserve de disposer du matériel ad hoc.
L’équipe médicale nationale, renforcée d’une personne en octobre 2022, a accompagné les
établissements lors de la phase de déploiement en réalisant des réunions, le plus souvent sous
forme de visioconférence avec les cadres de santé. Ils assurent une formation au fil de l’eau aux
nouveaux arrivants. Un corpus documentaire fourni par la société Malta et complété par des
guides propres à Médicharme, est disponible dans le logiciel Titan.
Selon la direction, le passage à une solution unique de groupe doit contribuer à l’uniformisation
des pratiques et permettre la réalisation d’évaluations nationales. Ce dernier objectif semble
toutefois difficile à atteindre pour l’équipe chargée du déploiement de cet outil, la solution
« groupe » ne leur permettant à ce jour qu’un accès à des bases individuelles juxtaposées sans
possibilité d’obtenir des données agrégées sur la totalité ou une partie des EHPAD.
Aucune procédure de contrôle n’a été mise en place et aucun audit n’a été mené
permettant de s’assurer de la bonne application des directives nationales concernant
l’attribution des profils, le respect des règles de confidentialité et tout particulièrement
du secret médical23.
Les salariés de plusieurs établissements rencontrés par la mission ont ainsi pu déplorer que
certaines personnes, y compris soignants, laissaient en évidence leurs identifiants. Les
directions et un médecin coordonnateur nous ont indiqué réaliser des rappels très fréquents
sur l’obligation de confidentialité des identifiants.
Par ailleurs des contrôles ARS (EHPAD « les Genévriers », « Zoppola », « Résidence de
Beurre », « Les châtaigniers », « l’Elvody ») ont relevé des pratiques de transcription
d’ordonnances dans TITAN par des infirmiers ou des aides-soignants en particulier
lorsque les médecins n’utilisent pas le logiciel de soins. Ces transcriptions peuvent être
réalisées en dehors de la présence du médecin et sans aucune validation, ce qui est contraire
aux normes réglementaires de qualité et de sécurité24. Le tableau suivant détaille, pour chacun
de ces établissements, les constats lors des contrôles des ARS et au 1 er novembre 2023.
22 Pour ceux ayant une activité libérale et qui disposent de la solution web.
23 Article L1110-4 du code de santé publique.
24 Article R 4312-42 du code de santé publique.
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Annexe IV
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15
Tableau 6 : Nature des constats des ARS sur les pratiques de transcriptions de prescriptions
médicales par des infirmiers
EHPAD Date de
l’inspection Qualification et libellé des constats Situation au 1er
novembre 2023
Zoppola Février 2023 Injonction
Anticiper le renouvellement des
prescriptions avec les médecins
traitants et faire cesser les
retranscriptions des
prescriptions sans vérification
médicale dans le logiciel TITAN
Maintenue
Les Genévriers Décembre
2020 Prescription
Plusieurs médecins traitants
refusent d’utiliser TITAN. Ils
rédigent leur prescription
médicamenteuse sur
ordonnance papier ou la dicte à
l’IDE. La transcription est faite
ultérieurement par l’IDE ou l’AS
sans vérification systématique
de sa qualité par le médecin
Prescription
levée
Les
chataigniers
Septembre
2021 Prescription
Garantir la signature des
prescriptions médicales par le
médecin …
Levée
Elvody Juillet 2021 Prescription
La retranscription de la quasi-
totalité des prescriptions
médicales par l’IDE sur le
logiciel TITAN est source
d’erreurs potentielles
Levée
partiellement
Beurre Mars 2022 Injonction
Les prescriptions sont toutes
sous format papier. C’est le
personnel infirmier qui
retranscrit l’ensemble des
prescriptions sur le logiciel
TITAN, sans vérification
médicale ultérieure. Cette
pratique expose à un risque
d’erreur et engage la
responsabilité des IDE
Levée
Source : Rapports d’inspection des ARS – Données retravaillées par la mission.
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Annexe IV
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16
Ces constats font écho aux propos des personnels des EHPAD visités par la mission qui
ont évoqué les réticences de nombreux médecins traitants à utiliser le logiciel. Dans un
tel cas, la transcription des ordonnances papier devrait être réalisée par le médecin
coordonnateur. Si, selon les dires des personnels rencontrés, il leur est facile d’obtenir cette
transcription lorsque le médecin coordonnateur appartient à MedCo conseil, tous font état de
difficultés pour obtenir rapidement cette transcription par le médecin coordonnateur, souvent
à temps partiel et très occupé par son exercice libéral, à une exception près (« Aeria » –
« Meissel »). Dans ces deux établissements marseillais, qui partagent le même site, le médecin
coordonnateur commun (à 0,9 ETP) a indiqué à la mission avoir obtenu des médecins traitants
(dont il fait partie) qu’ils renseignent informatiquement les dossiers de leurs patients, au-delà
de la transcription des ordonnances. Il indique avoir organisé un tour de garde de nuit en
semaine avec trois autres médecins traitants de résidents et a, de ce fait, élargi leur habilitation
à l’ensemble des résidents. Ces bonnes pratiques restent malheureusement manifestement
l’exception. Si le rôle moteur du médecin coordonnateur est indéniable, la situation plus
favorable en termes de démographie médicale de ce département25 explique certainement
pour partie la coopération de ces médecins.
2.2. Le groupe rattrape son retard dans la mise en conformité de ses
établissements avec le cadre institutionnel de fonctionnement des EHPAD
Le fonctionnement des EHPAD s’inscrit dans un cadre législatif et réglementaire destiné
à garantir et améliorer la qualité de prise en charge des résidents.
Une première composante fondamentale est la négociation avec ARS et conseils
départementaux d’un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyen (CPOM), rendu obligatoire
par la loi n°2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au
vieillissement. Conclu pour cinq ans, le CPOM doit être conforme dans son contenu à un cahier
des charges type défini par un arrêté du 3 mars 2017, prévoyant la réalisation systématique
d’un diagnostic partagé et des items possibles de contractualisation, dont la structuration des
parcours des personnes âgées et qualité de prise en charge des résidents. La tarification
forfaitaire « à la ressource », est calculée en fonction de l'appréciation de l'évaluation de la
perte d'autonomie, à partir du calcul du groupe iso-ressources (GIR)26 moyen pondéré (GMP),
ainsi que l'évaluation des besoins en soins requis des résidents de chaque EHPAD, à partir du
PATHOS27 moyen pondéré (PMP). GMP et PMP sont calculés en début de contrat,
respectivement à partir de coupes AGGIR et PATHOS 28. Une évaluation à mi contrat peut être
réalisée.
Une deuxième composante majeure de cadre est l’évaluation à venir des établissements dans
un contexte juridique et opérationnel renouvelé par la loi 2019-774 du 24 juillet 2019.
25 Au 1 er janvier 2022, la densité de médecins généralistes était de 180/100 000 dans les Bouches du Rhône versus
149/100 000 France entière (source ASIP – santé RPPS, traitement DREES).
26 La grille AGGIR permet de classer les résidents du GIR 1 (le plus dépendant) au GIR 6 (le moins dépendant).
27 Le référentiel PATHOS évalue les soins requis pour assurer la prise en charge de toutes les pathologies d’une
population de personnes âgées.
28 Les coupes sont des enquêtes qui prennent en compte l’ensemble des résidents présents en hébergement
permanent et non hospitalisés un jour donné. Elles sont menées par le médecin coordonnateur à partir de grilles
nationales standardisées et sont validées par des médecins valideurs du département et de l’ARS.
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Annexe IV
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17
Enfin, troisième composante, différents outils et instances, issus de la loi 2002-2 du 2 janvier
2002, sont destinés à piloter et organiser le fonctionnement des EHPAD. Dans la suite de
l’affaire Orpéa, le ministre des Solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées a lancé
un plan de contrôle des EHPAD en 2 ans (2022-2023). Dans ce cadre, les inspections menées
par les ARS et les services des conseils départementaux contrôlent systématiquement le
respect de ces prescriptions réglementaires. La mission s’est attachée plus particulièrement à
évaluer le respect de trois des prescriptions obligatoires parmi les plus structurantes :
l’existence d’un projet d’établissement ; la réalisation de projets d’accompagnement
personnalisés ; la mise en place et le fonctionnement des conseils de la vie sociale.
2.2.1. La négociation des CPOM progresse mais elle est pour l’heure moins avancée que
dans le reste du secteur commercial
La direction du groupe a fait de la négociation des CPOM une priorité, inscrite au nombre des
objectifs qualitatifs dont l’atteinte est susceptible de déclencher une partie de la part variable
des directeurs d’établissement.
La négociation des CPOM est toutefois également dépendante de la capacité et de la volonté
des services des ARS et des conseils départementaux à mener la négociation.
Au 1 er novembre 2023, 12 EHPAD sur les 32 en fonctionnement (37%) étaient dotés d’un
CPOM. Concernant les 20 autres, trois devaient être conclus avant la fin de l’année, neuf
disposaient d’un engagement de négociation avec l’ARS et le conseil départemental courant
2024 et huit n’avaient en revanche pas de perspective précise. En dépit des CPOM signés cette
année, le taux de conclusion des CPOM pour le groupe reste inférieur au taux observé sur le
plan national (51,4% au 31/12/2021, dernière donnée connue29).
La forme comme le contenu des CPOM déjà signés sont hétérogènes et dépendent du cadre et
des priorités de négociation établies par les deux tutelles.
Plusieurs directions ont souligné que les coupes GIR et Pathos étaient rarement réévaluées en
cours de contrat, ce que confirment les ARS rencontrées, arguant d’un déficit de moyens et de
compétences, en particulier médicales, difficultés que l’on retrouve dans les services
départementaux. Ainsi, si le profil des résidents entrant en cours de CPOM se modifie, les
financements des parties soins et dépendance ne sont pas ajustés en conséquence, ce qui peut
être défavorable si l’établissement a accueilli durant la période des résidents plus dépendants
ou présentant des pathologies plus sévères.
2.2.2. Le pilotage de la politique d’évaluation externe est encore en construction
La loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 a créé un nouveau cadre d’évaluation des établissements
médico-sociaux, dont elle a confié l’architecture à la Haute autorité de santé (HAS). L’évaluation
de la qualité des prestations délivrées par les établissements intervient désormais tous les cinq
ans, dans le cadre d’une programmation établie par les autorités en charge de l’autorisation.
Elle est réalisée par un organisme certificateur accrédité par la HAS, sur la base d’un référentiel
national établi également par la Haute autorité30. Les résultats des évaluations sont pris en
compte dans le renouvellement de l’autorisation.
La démarche d’évaluation repose, outre cette évaluation quinquennale par un organisme tiers,
sur une auto-évaluation régulière des établissements, non obligatoire mais fortement
recommandée.
29 Tableau de bord de la performance du secteur médico-social.
30 La Haute autorité de santé a publié le 8 mars 2022 un référentiel national et un manuel d’évaluation de la qualité.
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Annexe IV
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Les conditions d’application de la réforme ont été précisées par le décret n° 2021-1476 du 12
novembre 2021 relatif au rythme des évaluations de la qualité des ESSMS et le décret
modificatif n° 2022-695 du 28 avril 2022, ainsi que par la récente instruction du 28 juin 2023.
La première programmation est établie à compter de juillet 2023 jusqu’au 31 décembre 2027.
Des dispositions de transition, articulant le nouveau dispositif avec le précédent, sont prévues
pour les établissements autorisés en 2008 et 2009 qui n’ont pas transmis entre le 1er janvier
2021 et le 31 décembre 2022 de rapport d’évaluation ou de certification pour le
renouvellement de leur autorisation prévue en 2023 ou 2024 : ils doivent réaliser une
évaluation fondée sur le référentiel national établi par la HAS entre le 1 er janvier et 1 er juillet
2023.
Six établissements du groupe Médicharme ont donné lieu à évaluation par un organisme tiers
de mai à juillet 2023. Il s’agit d’une part de trois établissements de l’EHPAD « les Eaux vives »
(Meuse), d’autre part des trois établissements de Lot et Garonne, tous concernés par les
dispositions de transition. On notera que dans la Meuse comme en Lot et Garonne, les
établissements sont placés sous une direction unique. Les résultats sont globalement
satisfaisants pour le premier groupe d’établissement, en revanche insuffisants pour les
établissements du 2 ème groupe. Même si les démarches sont différentes, ces résultats sont
convergents avec les observations des inspections et celles de la mission. Mais ils reflètent
aussi les conditions de préparation à l’évaluation.
Cette préparation a en effet été laissée largement à la main des directions d’établissement pour
ces premières évaluations, la coordinatrice des établissements médico-sociaux au siège du
groupe (cf. supra) intervenant subsidiairement et en appui. Ce positionnement ne peut
qu’étonner s’agissant d’une démarche nouvelle, mettant en œuvre une méthodologie très
spécifique, fondée notamment sur le recueil d’éléments de preuve et des entretiens tant avec
des résidents qu’avec des professionnels. Les gains en efficacité lié à une démarche partagée
dans le groupe et à un pilotage centralisé sont évidents.
La démarche d’accompagnement est, à la date du présent rapport, en cours de structuration à
l’échelle du groupe, qui a désormais connaissance de la programmation prévue par les ARS et
les conseils départementaux pour la plupart de ses établissements : 11 établissements doivent
réaliser une évaluation en 2024, neuf en 2025, trois en 2026 et deux en 2027.
Le référentiel de la HAS a été intégré dans le logiciel utilisé par le groupe Médicharme31 et
servira de support au dialogue entre les établissements et le siège ; ce référentiel se substitue
aux outils propres au groupe utilisés jusqu’alors. Les six établissements d’ores et déjà évalués
sont accompagnés dans la production de leur plan d’action, déjà réalisé pour le premier groupe
d’EHPAD, en cours pour le second.
2.2.3. Les projets d’établissement ont commencé à être élaborés de façon systématique
dans la période récente
Le projet d’établissement a vocation à traiter de l’organisation, du fonctionnement, des
coopérations, comme des procédures d’évaluation de la qualité et lutte contre la maltraitance
au sein des EHPAD ; il est établi pour une durée maximale de cinq ans. Il est obligatoire en
application des articles L. 311-8 et D. 311-38 du code de l’action sociale et des familles.
31 Logiciel développé par GEPI Conseil.
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Annexe IV
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19
Sept inspections menées par les ARS depuis 2019 ont donné lieu à injonction ou prescription
du fait de l’inexistence ou la péremption des projets d’établissement. La direction de
Médicharme a fait de l’élaboration ou de l’actualisation des projets d’établissement une priorité
de l’exercice 2023, inscrite, comme les CPOM, parmi les objectifs qualitatifs ouvrant droit, pour
les directeurs d’établissement, à la part variable de rémunération. La mission a pu
effectivement constater l’existence de projets pour la plupart des établissements, à des stades
variables de réalisation allant de l’ébauche (avec calendrier de finalisation début 2024) à la
production d’un document finalisé (10 projets aboutis). Les projets consultés sont élaborés,
pour les plus récents, sur une même trame formelle, commune aux établissements du groupe.
Ils correspondent dans leur contenu aux attendus de ce type de document.
2.2.4. Les projets d’accompagnement personnalisés restent inégalement et
incomplètement déployés et construits sans participation systématique des
résidents et de leur famille
Dans la suite de la loi de janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale, les articles
L. 311-3 et D.312-155-0 (3°) du code de l’action sociale et des familles prévoient, dans une
logique de parcours, que chaque résident bénéficie d’un projet d'accompagnement
personnalisé (PAP) adaptés à ses besoins. Elaboré dans les six mois suivant l’admission du
résident, il s’agit d’un outil de coordination, co-construit avec la personne ou son représentant
légal, qui doit permettre de répondre aux besoins et attentes du résident sur le long terme,
dans le respect de l’article 4 de la Charte des droits et libertés de la personne accueillie. Le PAP
comporte un projet de soins et un projet de vie visant à favoriser le développement, de
l’autonomie et l’insertion du résident. Il doit être adapté à son âge et à ses besoins. Chaque
établissement désigne un référent de projet qui est l’interlocuteur privilégié du résident et de
la famille. Un coordonnateur des projets personnalisés, qui peut se confondre avec le référent,
s’assure du déploiement de ces projets. Le logiciel TITAN, déployé dans la quasi-totalité des
établissements du groupe (cf. infra), propose une fonctionnalité « projet personnalisé »
permettant la saisie des éléments constitutifs du PAP et de son suivi.
Le projet de soins vise à s’assurer de la qualité de la prise en charge de la personne au sein de
l’EHPAD. Réalisé par l’équipe soignante, il est adapté aux besoins et prend en compte le niveau
de dépendance du résident32. Dans les établissements visités par la mission, les personnels
interrogés n’identifient pas de démarche de co-construction des projets de soins personnalisés
et ne disposent pas d’une méthode d’élaboration des PAP. Le médecin de la mission a pu
vérifier la présence de données actualisées de soins dans le logiciel Titan de plusieurs
établissements, mais les données apparaissent de manière segmentée, en différenciant ce qui
relève de la responsabilité des infirmiers de ce qui incombe aux aides-soignants, sans synthèse
globale et sans notion de participation ou d’information du résident ou de sa famille. Aucun
référent projet n’est formellement désigné.
Trois contrôles menés en 2023 par les ARS relèvent également un déficit de PAP. Ainsi, le
rapport de février 2023 concernant l’EHPAD « Résidence du Lac » situé à Casteljaloux (Lot et
Garonne) fait injonction à l’établissement d’« élaborer et actualiser, de façon pluridisciplinaire
l'ensemble des projets de vie des résidents de l'établissement et de communiquer la
méthodologie de l'élaboration de ces projets de vie retenue pour l'EHPAD ». Deux autres
contrôles font état de carence de PAP, voire d’absence de procédure de rédaction et de mise en
œuvre des PAP opérationnelle pour chaque résident33.
32 Evalué selon la grille AGGIR, cf. supra.
33 EHPAD Les Châtaigniers (Ardèche) et « les jardins de Sainte Baume » (Var).
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Annexe IV
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Plusieurs audits, réalisés par la direction médicale du groupe Médicharme, mettent également
en évidence l’absence de procédures d’entrée pour l’accueil du résident (Résidences de Beurre
et du lac) ou des données du PAP incomplètes (EHPAD « les Jardins d’Aiffres »).
Le projet de vie est, quant à lui, réalisé par le psychologue attaché à l’établissement. Sa
réalisation est donc très directement tributaire d’un recrutement effectif sur ce poste. En
l’absence de psychologue, les inspections sont amenées à constater, comme à l’EHPAD
« l’Elvody »34, l’absence de formalisation du projet personnalisé d’accompagnement, le projet
de vie prenant la forme en l’occurrence d’une « fiche projet de vie » qui comporte quelques
éléments personnels sur l’usager ». À la « Résidence de Beurre », comme à la « Résidence du
lac » (Lot et Garonne), seuls bénéficient d’un projet individualisé respectivement sept des 46
résidents et trois des 49 résidents35. À l’EHPAD Oreadis36 (Alpes Maritimes), le projet de vie se
limite à l’indication du lieu des repas, du régime et des textures. D’autres rapports font mention
de l’absence d’actualisation des projets de vie du fait de l’absence pour maladie ou de la carence
de psychologue.37
L’examen des effectifs de psychologues dans les EHPAD du groupe sur une période de 20 mois,
entre janvier 2022 et septembre 2023, montre un effectif global compris entre 10 et 12 ETP,
couvrant 24 à 26 (75 à 80%) des 32 EHPAD en fonctionnement au 1er novembre 2023. La
quotité attachée à l’établissement varie de 0,1 à 1 ETP. La moyenne pour les établissements
dotés est de 0,5 ETP, contre 0,7 ETP pour les établissements du secteur privé commercial en
202138. Six établissements du groupe ne salarient pas de psychologue sur la période et parmi
ces six EHPAD, quatre des cinq établissements du groupe avec une capacité inférieure à 30 lits,
le cinquième étant doté en fin de période d’un effectif de 0,1 ETP. Au sein du groupe, la taille
est donc un facteur discriminant important de la capacité à recruter un psychologue.
2.2.5. Les conseils de la vie sociale sont mis en place dans la plupart des établissements
Le conseil de la vie sociale (CVS) est un organe consultatif présent dans chaque EHPAD en
application de l’article L. 311-6 du code de l’action sociale et des familles. Il a pour objectif de
représenter et de prendre en compte la parole des résidents et de leurs proches. Il est composé
de représentants élus des résidents, de leurs familles, du personnel ainsi que de représentants
de l'organisme gestionnaire. Il se réunit au moins trois fois par an39.
L’analyse des procès-verbaux d’élection et des comptes-rendus permet de constater que, dans
la plupart des établissements, les CVS sont constitués40 et se tiennent généralement tous les
quatre à six mois. Deux établissements présentaient en revanche des périodes d'inactivité de
plus d’un an et sept établissements n’ont pas eu d’activité sur des périodes de cinq à dix mois.
En outre, dans cinq établissements, il n’y pas trace d’activité, deux de ces établissements ayant
établi des procès-verbaux de carence.
34 Rapport d’inspection des 6 et 7 juillet 2021.
35 Inspection des 8 mars et 21 septembre 2022.
36 Inspection du 24 janvier 2023.
37 Contrôle sur pièce Résidence Saint Georges 18 avril 2023 ; inspection de la résidence Zoppola du 22 février 2023.
38 Données du tableau de bord de la performance du secteur médico-social, sans distinction de taille alors que les
EHPAD du groupe sont de capacité inférieure à la moyenne du secteur.
39 Article D 311-16 CASF.
40 Il doit comporter au minimum deux représentants des personnes accueillies ou prises en charge, s'il y a lieu, un
représentant des familles ou des représentants légaux, un représentant du personnel, un représentant de
l'organisme gestionnaire.
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Annexe IV
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Plusieurs éléments notables tendent à ressortir dans les ordres du jour et comptes-rendus des
CVS du groupe. Les difficultés de recrutement et le manque de personnel sont mentionnés de
façon récurrente. La qualité et la diversité des repas sont également fréquemment à l’ordre du
jour, de même que le contenu des animations. De façon générale toutefois, la diversité des
sujets abordés, liés au contexte propre à chaque établissement, confirme l’intérêt de réunir
régulièrement le conseil.
3. Si la prise en charge des résidents s’est améliorée, il subsiste des
marges de progrès significatives
3.1. Les résidents ont un profil un peu plus jeune et un peu moins requérant en
soins que la moyenne du secteur
Les EHPAD du groupe Médicharme accueillent des résidents en moyenne un peu plus jeunes
et avec un besoin en soins un peu moins important de celui des établissements du secteur privé
à but lucratif.
Le tableau ci-dessous met en regard la répartition par âge des résidents des établissements du
groupe avec d’une part, celle observée dans le secteur privé à but lucratif et d’autre part, celle
observée, dans le même secteur, dans les EHPAD ayant une taille comparable à la taille
moyenne des EHPAD du groupe Médicharme (45 à 59 places).
Tableau 7 : Répartition selon l’âge des résidents dans les établissements du groupe
Médicharme et dans les établissements du secteur privé lucratif
Établissements 60-74 ans 75-84 ans 85 – 95 ans 96 ans et plus
Établissements du groupe
Médicharme (moyenne) 12 % 19 % 55 % 14 %
EHPAD secteur privé à but
lucratif (quelle que soit la
taille)
8 % 20 % 58 % 14 %
EHPAD secteur privé à but
lucratif – 45 à 59 places 8 % 20 % 56 % 16 %
Source : Tableau de bord de la performance médico-sociale / DGCS/ CNSA.
La part des résidents âgés entre 60 et 74 ans est significativement plus élevée, celle des 85-95
ans plus réduite que dans les EHPAD comparables. Le caractère rural de certains
établissements, desservant une population de proximité, peut expliquer la proportion plus
élevée de résidents de moins de 75 ans. Ainsi, l’EHPAD « Les eaux vives » (Meuse), qui déploie
son activité sur trois sites, accueillait-il le jour du déplacement de la mission 15 résidents de
74 ans et moins sur un total de 101 résidents (soit près de 16%). Toutefois, la mission a pu
constater une augmentation de l’âge d’entrée dans ces établissements.
Il n’y a pas de spécificité du groupe quant au degré de dépendance de ses résidents. Le tableau
ci-dessous met en regard la répartition des résidents selon leur niveau de dépendance. La
distribution est comparable à ce que l’on observe dans les établissements à but lucratif.
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Annexe IV
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Tableau 8 : Répartition des résidents dans les établissements du groupe Médicharme et les
établissements du secteur privé lucratif par GIR
Établissements GIR 1 GIR 2 GIR 3 GIR 4 GIR 5 GIR 6
Établissements du
groupe Médicharme
(moyenne)
17% 43% 20% 14% 4% 2%
EHPAD secteur privé
à but lucratif (quelle
que soit la taille)
16% 42% 20% 18% 3% 1%
EHPAD secteur privé
à but lucratif – 45 à
59 places
16% 42% 20% 18% 3% 1%
Source : Tableau de bord de la performance médico-sociale / DGCS/ CNSA
Le niveau de soins requis est en revanche un peu inférieur à ce qui est constaté dans le secteur
privé à but lucratif. Le tableau ci-dessous met en regard le GMP et le PMP des établissements
du groupe avec ceux de ce secteur.
Tableau 9 : GMP et PMP moyens validés dans les établissements du groupe Médicharme et les
établissements du secteur privé lucratif
Établissements GMP41 validé PMP42 validé
Établissements du groupe Médicharme
(moyenne) 758 213
EHPAD secteur privé à but lucratif (quelle que
soit la taille) 742 227
EHPAD secteur privé à but lucratif 25-44 lits 752 223
EHPAD secteur privé à but lucratif – 45 à 59
places 749 230
Source : Tableau de bord de la performance médico-sociale / ERRD 2022/ projets d’établissement.
Si le niveau de GMP est comparable, le niveau de PMP est inférieur à ce qui est constaté dans le
secteur. On peut ainsi dresser un profil de « résident type » des établissements du groupe de
niveau de dépendance comparable au secteur mais nécessitant une prise en charge médicale
légèrement moindre.
Cependant, ces données moyennes concernant le groupe recouvrent des situations très
différentes. Ainsi, plusieurs établissements, bien que de très petite taille (moins de 30 places),
accueillent des personnes dépendantes et requérantes en soins43 (EHPAD « La maison de
Thérèse », « Au bon accueil »). D’autres établissements ont un profil inverse, accueillant des
personnes manifestement peu requérantes et peu dépendantes44 (EHPAD « La vallée du
Bandiat » et « La croix du sud »)45.
41 GMP= Gir moyen pondéré, évaluant le niveau de dépendance des résidents.
42 PMP = pathos moyen pondéré, évaluant le besoin requis en soin.
43 GMP> 850 et PMP > 255.
44 GMP proche ou inférieur à 700, PMP <206.
45 Donnée CNAM « profils des EHPAD 2022 ».
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Annexe IV
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3.2. L’organisation des soins dans les établissements dépend de la stabilité de
l’équipe de coordination et des capacités de recrutement de personnel
qualifié
3.2.1. La coordination des soins s’est davantage structurée
3.2.1.1. Les médecins coordonnateurs peinent, faute de temps, à assumer leur mission
Les fonctions de coordination et d’organisation des soins sont dévolues au médecin
coordonnateur et à l’infirmière coordonnatrice (IDEC).
Les missions des médecins coordonnateurs sont définies à l’article D. 312-158 du code de
l’action sociale et des familles.
Encadré 2 : Les missions du médecin coordonnateur
14 missions sont listées par le code de l’action sociale et des familles pour le médecin coordonnateur :
1° Élabore, avec le concours de l'équipe soignante, le projet général de soins, et coordonne et évalue
sa mise en œuvre ;
2° Donne un avis sur les admissions des personnes à accueillir ;
3° Préside la commission de coordination gériatrique chargée d'organiser l'intervention de
l'ensemble des professionnels salariés et libéraux au sein de l'établissement ;
4° Évalue et valide l'état de dépendance des résidents et leurs besoins en soins requis ;
5° Veille à l'application des bonnes pratiques gériatriques (…) et formule toute recommandation utile
dans ce domaine et contribue à l'évaluation de la qualité des soins ;
6° Coordonne la réalisation d'une évaluation gériatrique et, dans ce cadre, peut effectuer des
propositions diagnostiques et thérapeutiques, médicamenteuses et non médicamenteuses ;
7° Contribue auprès des professionnels de santé exerçant dans l'établissement à la bonne adaptation
aux impératifs gériatriques des prescriptions de médicaments et des dispositifs médicaux ;
8° Contribue à la mise en œuvre d'une politique de formation et participe aux actions d'information
des professionnels de santé exerçant dans l'établissement. Il peut également participer à
l'encadrement des internes en médecine et des étudiants en médecine, notamment dans le cadre de
leur service sanitaire ;
9° Élabore un dossier type de soins ;
10° Coordonne, avec le concours de l'équipe soignante, un rapport annuel d'activité médicale qu'il
signe conjointement avec le directeur de l'établissement ;
11° donne un avis sur le contenu et participe à la mise en œuvre de la ou des conventions conclues
entre l'établissement et les établissements de santé au titre de la continuité des soins ainsi que sur le
contenu et la mise en place, dans l'établissement ;
12° Identifie les risques éventuels pour la santé publique dans les établissements et veille à la mise en
œuvre de toutes mesures utiles à la prévention, la surveillance et la prise en charge de ces risques ;
13° Réalise des prescriptions médicales pour les résidents de l'établissement au sein duquel il exerce
ses fonctions de coordonnateur en cas de situation d'urgence ou de risques vitaux ainsi que lors de la
survenue de risques exceptionnels ou collectifs nécessitant une organisation adaptée des soins, (...). Il
peut intervenir pour tout acte, incluant l'acte de prescription médicamenteuse, lorsque le médecin
traitant ou désigné par le patient ou son remplaçant n'est pas en mesure d'assurer une consultation
(…) ;
14° Élabore les mesures particulières de protection ou de restriction de la liberté d’aller et venir
adaptées à la situation des personnes.
Source : Article D. 312-158 du code de l’action sociale et des familles.
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Annexe IV
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24
Les missions de coordination sont essentielles dans l’organisation des soins, leur traçabilité,
l’amélioration des pratiques professionnelles et la structuration d’une démarche de qualité au
sein des établissements. Elles sont d’autant plus nécessaires que la part des professionnels non
permanents, en CDD ou en intérim, est importante, ce qui est le cas pour le groupe Médicharme
(cf. annexe ressources humaines).
Le groupe dispose de médecins coordonnateurs en présentiel dans un peu moins des 2/3 de
ses établissements. Cependant, la mission a pu constater dans deux EHPAD visités que le temps
de présence effective du médecin coordonnateur n’est pas suffisant pour réaliser une réelle
coordination. Ainsi, dans la Meuse, alors que son contrat est établi sur la base de 0,6 ETP, selon
la direction, le médecin assurant les fonctions de coordination pour les trois EHPAD46, par
ailleurs médecin traitant de plusieurs résidents du site de Pierrefitte, n’est présent que
quelques heures un jour par semaine, et uniquement sur le site de Pierrefitte. Il reste
disponible par téléphone pour les équipes en dehors de ce temps de présence. Concernant la
résidence « Zoppola »47, le médecin coordonnateur n’a accepté qu’un contrat de 43 heures
mensuelles alors que la structure dispose d’un financement à hauteur de 0,4 ETP, selon les
besoins estimés par la tutelle. La direction a indiqué à la mission être en négociation avec ce
médecin pour augmenter son temps de coordination.
Pour le tiers restant des EHPAD, sans médecin coordonnateur, le groupe est lié
contractuellement à la société MedCo Conseil, pour 10 établissements, et à la société
Telemedicare pour un 11ème (cf. annexe ressource humaine), deux sociétés situées en région
PACA qui réalisent une prestation pour l’essentiel en distanciel.
Un certain nombre d’indicateurs, correspondant à des prescriptions réglementaires
d’organisation ou de production découlant de l’article D. 312-158, permettent d’évaluer une
partie des missions des médecins coordonnateurs :
l’élaboration des projets généraux de soins (1°) dépend de celle des projets
d’établissement, dont ils sont l’une des composantes (cf. supra). En l’état actuel, ils
font donc encore défaut dans la plupart des établissements du groupe mais sont en
voie d’élaboration ;
la commission de coordination gériatrique (3°) réunit sous la présidence du
médecin coordonnateur les professionnels du soin intervenant dans
l’établissement, dont les professionnels libéraux, médecins traitants et masseurs
kinésithérapeutes notamment. Elle doit être réunie au moins une fois par an. Les
inspections menées par les ARS et les conseils départementaux n'analysent pas de
façon systématique ce point. L’étude des comptes-rendus transmis par le groupe
Médicharme ne permet pas par ailleurs, compte tenu de la faible formalisation de
ces documents et de leur hétérogénéité, d’évaluer leur réalité comme leur utilité (les
participants ne sont notamment pas toujours recensés). Toutefois, la mission a pu
faire le constat d’une structuration des ordres du jour et d’une formalisation des
décisions sensiblement plus importantes lorsque ces réunions sont organisées par
le prestataire Medco conseil ;
46 Les trois EHPAD disposent d’une autorisation de 109 places, dont 98 places d’hébergement permanent, 6 Places
d’accueil de jour et 5 places hébergement temporaire.
47 La résidence « Zoppola » dispose d’une autorisation de 45 places d’hébergement permanent.
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Annexe IV
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25
le médecin coordonnateur est chargé d’élaborer un « dossier type de soins » (9°). Le
logiciel TITAN comporte un dossier médical et un dossier de soins. Une
nomenclature éditée par la direction du groupe limite l’accès à certaines données
sensibles aux médecins et infirmiers (dossier médical), voir aux seuls médecins et
cadre de santé (codage des pathologies, élaboration du plan de soins). Le dossier de
soins standardisé, accessible également aux aides-soignants, reprend le dossier
médical expurgé de données médicales du résident. Il ne comporte ni les
antécédents, ni le PATHOS, ni le GIR ni les évaluations gérontologiques. Le dossier
médical standardisé proposé par TITAN, classique et complet, est organisé en sous
dossiers (rapport de pré admission, antécédents-allergies, pathologies en cours,
traitements, plan de soins individuel, modèle PATHOS, vaccinations, résultats
biologiques, GIR, évaluations gérontologiques…). Il permet de disposer d’une vision
hebdomadaire des soins, activités et consultations. Son accès est limité au médecin
coordonnateur et aux infirmiers. Les médecins traitants ont accès aux dossiers
médicaux de leurs patients. Le dossier de soins standardisé comporte des
fonctionnalités permettant de réaliser un suivi transversal des dossiers (projets
personnalisés, vaccinations, pansements, prescriptions à renouveler, transmissions
non clôturées …). Le médecin de la mission a pu consulter quelques dossiers
médicaux dans trois établissements48. Les niveaux d’habilitation étaient respectés
et les dossiers correctement renseignés. Le médecin coordonnateur (dont l’un est
un salarié de MedCo conseil) et les infirmiers maitrisaient les fonctionnalités du
logiciel ;
le rapport d’activité médicale annuel (RAMA) retrace « (...) les modalités de la
prise en charge des soins et l'évolution de l'état de dépendance et de santé des
résidents » (10°). Il est établi conjointement par le médecin coordonnateur et le
directeur d’établissement. La production de ce rapport est donc logiquement
tributaire de la présence d’un médecin coordonnateur au sein de l’établissement ou
de sa couverture par MedCo conseil. Toutefois, la mission a pu constater qu’elle est
largement automatisée et standardisée dans l’environnement Titan et fait la part
belle à la réalisation d’états statistiques préétablis. Un certain nombre de rapports
ont d’ailleurs pu être produits même en l’absence de médecin coordonnateur censé
en coordonner la production avec l’équipe soignante.
Au-delà de ces aspects formels, l’apport du médecin coordonnateur se mesure dans la
structuration des démarches qualité et d’amélioration des pratiques professionnelles
par la formation, la prévention des risques collectifs (notamment infectieux) et dans
l’appui des équipes soignantes dans la prise en charge des résidents (évaluation des
résidents à l’admission, prévention des chutes, mesures de contention). Lors de ces
déplacements, la mission n’a rencontré que deux médecins coordonnateurs, faute de
disponibilité des autres praticiens lors des visites inopinées. Il s’agit du médecin
coordonnateur des EHPAD « Aéria » et « Meissel » déjà cité supra et de celui des Airelles.
48 EHPAD « Meissel », « Aéria » et » les jardins d’Aiffres ».
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Annexe IV
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Dans les EHPAD « Aéria » et « Meissel », le médecin coordonnateur était présent avant le rachat
de ces deux établissements par Médicharme. Médecin coordonnateur expérimenté, il a assumé
les fonctions de directeur médical d’un groupe d’EHPAD puis des fonctions de médecin
coordonnateur dans deux autres EHPAD avant son arrivée en 2017 dans ces structures. Il est
salarié sur la base d’un contrat à 0,9 ETP pour les deux structures. Il dispose d’un bureau dans
l’enceinte des établissements et est présent du lundi au vendredi. Il est également médecin
traitant de nombreux patients de « Meissel ». Précédemment à l’arrivée du directeur médical
du groupe, il avait élaboré et diffusé des procédures de soins dans les deux EHPAD, dont
certaines ont été reprises par la direction nationale. Les structures disposaient du logiciel Titan
dont il gérait les habilitations versant soins et suivait le bon usage. Comme indiqué supra, il a
créé une dynamique avec ses trois confrères médecins traitants intervenants dans la
résidence49, qui, selon ses dires, complètent l’outil TITAN lors de chaque visite et assurent, avec
lui, une astreinte nocturne en semaine.
Dans l’EHPAD « Les Airelles », le médecin coordonnateur est arrivé en février 2022, après des
venues perlées pour aider à la vaccination pendant la crise du covid. L’IDEC est arrivée au
printemps de la même année. Médecin généraliste, il est prévu qu’il entre en formation de
Médecin coordonnateur en janvier 2024. Il est présent à raison de 0,4 ETP, les mercredis et
vendredis, journées pendant lesquelles il organise des temps de transmission et de réunion
avec l’équipe. Lors de ces échanges, sont notamment passées en revue les situations de
contention, l’évolution du poids et les chutes des résidents. Un médecin traitant vient tous les
15 jours à 3 semaines, selon les besoins, pour assurer le suivi de l’ensemble des résidents, lui
permettant ainsi de se concentrer sur ses tâches spécifiques. En lien étroit avec la direction
médicale du siège, le médecin coordonnateur a réadapté les fiches et protocoles à l’échelle de
l’établissement et organise régulièrement des temps de formation, même très courts, pour
garantir leur appropriation par les équipes, si nécessaire la nuit pour l’équipe de nuit. Il est
associé aux recrutements de nouveaux résidents et se déplace quand la demande vient de
l’hôpital. Concernant la commission de coordination gériatrique, le médecin coordonnateur
souligne la difficulté à mobiliser les professionnels libéraux qui ne voient pas toujours l’intérêt
d’y participer.
Dans les trois EHPAD de la Meuse, le médecin coordonnateur, salarié à 0.6 ETP, est présent un
jour par semaine et uniquement sur un site. En dehors de cette vacation, il peut être joint par
téléphone. Les personnels soignants indiquent « faire une synthèse toutes les 3 semaines » avec
le médecin coordonnateur, ce qui est largement insuffisant au regard des missions qui lui sont
dévolues. Les personnels ont fait part à la mission des difficultés à mobiliser ce médecin, très
pris par ailleurs par son exercice libéral, mais aussi à trouver des médecins traitants pour leurs
résidents entrants. La faiblesse de la densité médicale dans la Meuse50 explique en grande
partie le peu de disponibilité du médecin coordonnateur. De leur côté, es EHPAD « Résidence
de Beurre » et « les jardins d’Aiffres », situés eux aussi dans une zone à faible densité médicale
et confrontés à une impossibilité de recruter un médecin coordonnateur, ont fait appel, sur
incitation de la direction, à la société MedCo conseil.
3.2.1.2. L’intervention à distance de médecins coordonnateurs gériatres permet de
pallier de manière satisfaisante l’absence de solution locale
La mission a souhaité examiner plus spécifiquement la prestation délivrée par la société MedCo
Conseil aux 10 établissements du groupe qui y ont recours.
49 Deux autres médecins n’interviennent chacun que pour un patient.
50 131/100 000 habitants versus 149/100 000 France entière pour les généralistes, 74/100 000 versus
192/100 000 France entière.
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Annexe IV
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Il n’existe pas de contrat-cadre à l’échelle du groupe, chaque établissement contractualisant
avec cette société pour son compte. La mission fait le constat que les contrats, tous établis sur
le même modèle, ne définissent aucune obligation pour la société à l’égard des établissements,
autre que « le suivi et la mise en place d'un partenariat autour des missions de coordination
médicale et du soin dans l'établissement concerné ». En particulier il n’existe aucune indication
concernant le temps consacré à l’établissement par le médecin coordonnateur désigné. Il lui
apparaît que le groupe Médicharme se prive ainsi des moyens d’un pilotage précis de la relation
contractuelle, même si la mission au pu constater par ailleurs, la réalité de la prestation, tenant
à la disponibilité et également à la qualification en gériatrie de ces professionnels, ce qui est
rarement le cas des médecins coordonnateurs.
La prise en main d’un établissement s’appuie sur la réalisation d’un audit transversal (cf. supra)
réalisé sur place par le médecin de la société en charge de l’EHPAD. En régime de croisière, la
prestation de la société s’organise autour de deux staffs hebdomadaires, thématisés (dont un
au moins consacré chaque mois respectivement à la nutrition, aux contentions, aux plaies et
aux chutes). Deux séances de formation sont également prévues sur des thématiques variables.
En dehors de ces temps récurrents, des échanges quotidiens ont lieu entre le personnel
infirmier et les médecins coordonnateurs pour la prise en charge des patients. L’intervention
de la société inclut la retranscription des prescriptions des médecins traitants dans le logiciel
Titan et, le cas échéant, la prescription de traitements, à défaut de médecin traitant.
La mission a pu évaluer le fonctionnement de ce dispositif lors de de ses déplacements dans
deux établissements bénéficiant de cette prestation (Résidence de Beurre en Lot-et-Garonne
et EHPAD « les jardins d’Aiffres » dans les Deux Sèvres). Elle a pu constater la qualité des
prestations effectuées et la satisfaction des personnels concernés quant à l’appui ainsi
prodigué. Cependant, certains soignants, tout en reconnaissant l’implication du médecin de
MedCo conseil, déplorent l’absence de connaissance individuelle des résidents, rendant les
interventions impersonnelles. Cette organisation, qui peut apparaître meilleure à certains
égards que dans des situations où le médecin coordonnateur, physiquement présent, est peu
investi, suppose une stabilité de l’organisation soignante de l’EHPAD et de ses personnels
infirmiers, interlocuteurs du médecin en distanciel. Elle rencontre par ailleurs des limites : elle
ne permet pas ce qui, dans les missions d’un médecin coordonnateur, requiert un examen
clinique du résident, comme l’évaluation du résident à l’entrée en EHPAD et ne satisfait donc
pas complètement aux dispositions de l’article D. 312-158 (13°).
Au total, compte tenu des difficultés de recrutement de médecins coordonnateurs, les services
de « télé coordination médicale » pourraient être amenés à se développer. La mission estime
que le recours à de tels services, dès lors qu’il est avéré que le recrutement d’un médecin
coordonnateur n’a pas été possible, permettrait d’améliorer l’accompagnement des résidents.
Cependant, afin de garantir la qualité de cette coordination, il serait préférable d’encadrer au
préalable ces pratiques, en élaborant un cahier des charges précisant les conditions de
réalisation de la prestation par les services de « télé médecine de coordination » et en
définissant précisément le contenu du contrat liant la société employeur du médecin
coordonnateur et l’HEPAD.
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Annexe IV
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28
3.2.1.3. La fonction des infirmiers coordinateurs devient centrale du fait de l’absence ou
de la faible disponibilité des médecins coordonnateurs
La fonction d’infirmier de coordination n’est pas consacrée par la réglementation. Aucune
disposition légale ou réglementaire n’impose la création de ce poste dans un EHPAD. Le
rapport des Prs Jeandel et Guérin relatif aux Ehapd et aux USLD51 a toutefois souligné le
caractère indispensable de ce poste et préconisé la reconnaissance d’un statut de l’infirmière
coordonnatrice. La feuille de route « EHPAD USLD » 2021-2023 publiée en mars 2022 dans la
suite du rapport précité prévoit (mesure 10) la reconnaissance de la fonction d’infirmière de
coordination sur la base d’un référentiel métier national.
Les missions de l’IDEC sont larges. La fiche de poste type au sein du groupe Médicharme en
identifie six groupes : la conception, la mise en œuvre d’un projet paramédical ; l’animation et
encadrement des équipes soignantes ; l’organisation des actes de soins et paramédicaux,
gestion, coordination et planification de l’activité ; le contrôle et évaluation de la qualité des
activités du service ; la prévention et l’évaluation de la souffrance et de la détresse des
personnes et participer à leur soulagement.
La fonction de coordination recouvre, outre la définition des plannings (cf. infra), l’organisation
des transmissions, soit entre équipes (matin/après-midi ; jour/nuit), soit au sein d’une équipe
en journée. Si les transmissions ont d’abord pour support le logiciel TITAN, l’organisation de
phase de chevauchement lors des changements d’équipe, comme la tenue régulière de
réunions d’équipe, sont en effet des bonnes pratiques dans la circulation de l’information
relative aux résidents. La mission a pu par exemple constater une telle organisation à l’EHPAD
« Meissel » (réunion quotidienne à 15h00). Dans l’EHPAD « Les jardins d’Aiffres », à la suite du
contrôle de l’ARS, la direction a procédé à une réorganisation du travail des équipes de nuit
(modification des horaires) afin que les transmissions puissent être assurées par un infirmier.
La carence en IDEC, les difficultés de recrutement ou les organisations du travail mises en place
dans les établissements peuvent au contraire compromettre la qualité des transmissions. Ainsi
le rapport d’inspection de l’EHPAD « les châtaigniers » note-t-il que les « horaires instaurés ne
permettent pas un temps de transmissions en commun des équipes qui se succèdent sur les 24H.
Ces dernières sont donc exclusivement écrites. » Le rapport d’inspection de l’EHPAD « Beau site »
note également qu’aucun chevauchement d’équipe n’est prévu et que « l’IDEC réitère les
transmissions orales de fin de postes du matin auprès de l’équipe d’après-midi ».
3.2.2. L’organisation des soins et la prise en charge des résidents pâtissent de la
difficulté à recruter du personnel soignant qualifié en nombre suffisant
3.2.2.1. L’organisation des soins est directement affectée par le défaut de personnel
qualifié, notamment en période de nuit
Les visites effectuées par la mission ont confirmé la présence en nombre important d’agents
de services hospitaliers (ASH) faisant fonction d’aide-soignant, intervenant de façon
structurelle dans l’organisation des soins et notamment pour les aides à la toilette et aux repas
dans les établissements (cf. annexe ressources humaines).
51 Unités de soins de longue durée et les EHPAD – rapport de mission – juin 2021.
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Annexe IV
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Plusieurs directions des établissements visités ont fait état de la compétence et de
l’engagement professionnel de ces personnels. Par ailleurs, il semble que les organisations
réservent en général aux aides-soignants la réalisation des actes et prestations les plus
complexes. Il demeure que, dans certaines circonstances, l’absence de personnels qualifiés
expose à des risques de rupture dans la continuité des soins et des prises en charge. C’est
notamment le cas la nuit, compte tenu du faible nombre de personnels présents qui ne permet
pas de garantir complètement la présence de personnel soignant.
Seul un établissement a mis en place un système d’astreinte infirmière de nuit52, organisation
pourtant en cours de déploiement sur le territoire national53 dans la mesure où elle permet de
réduire sensiblement le recours au SAMU et à l’hospitalisation en période de nuit et qui a donné
lieu à des aides dédiées versées par les agences régionales de santé. Le groupe, confronté à des
difficultés de recrutement pour ses personnels infirmiers, n’a pas souhaité ajouter une
contrainte qui pouvait être facteur de défaut d’attractivité. Il n’a pas non plus cherché à
s’inscrire dans des organisations territoriales plus larges, avec des services d’HAD par exemple.
Il a été indiqué à la mission lors de ces déplacements que l’IDEC pouvait parfois être sollicitée,
de façon informelle, pendant la période nocturne.
Les équipes de nuit sont en règle générale composées d’un binôme aide-soignant/ASH,
renforcé éventuellement, selon la configuration des lieux, la taille de l’établissement ou
l’existence d’une UVP, par un personnel supplémentaire. C’est le cas dans les établissements
visités par la mission : à la Résidence « Saint Georges » (Aisne – 110 places), une aide-soignante
(AS), une ASH et une auxiliaire de vie sont présents pour couvrir les deux bâtiments
d’hébergement ; à l’EHPAD, les « Eaux vives » (Meuse), une aide-soignante et une ASH sont
présents sur chaque site. C’est également le cas à « Meissel » (57 places). Dans l’EHPAD
« Aeria » (85 places), deux aides-soignants et une ASH sont présents la nuit.
La difficulté à recruter des aides-soignants expose toutefois l’établissement à des situations
dans lesquelles aucun personnel soignant qualifié n’est présent dans l’établissement. Les
rapports d’inspection relatent fréquemment ces situations : le rapport d’inspection de l’EHPAD
« les Châtaigniers »54 indique ainsi que « les plannings mettent en évidence que la nuit est
assurée par la présence d’un binôme AS/ ASH. Toutefois, le départ d’un AS affecté la nuit et non
remplacé ne permet pas d’assurer la présence de ce binôme toutes les nuits. Dans le cadre des
roulements, il arrive donc que deux ASH effectuent seules les nuits ». Le constat est identique lors
de l’inspection des EHPAD « Résidence de Beurre » 55 et « Résidence du lac » (Lot et Garonne)
ou encore à l’EHPAD « La vallée du Bandiat » (Charente)56.
Le défaut de personnel qualifié est un facteur de fragilité et d’insécurité dans les soins
dispensés aux résidents, notamment pour la dispensation des médicaments. Plusieurs
rapports d’inspection relatent des situations où un personnel non qualifié a été amené à opérer
cette distribution, en dérogation avec les règles d’exercice des professions et d’organisation du
circuit du médicament : c’est là encore le cas lors de l’inspection des EHPAD « Résidence de
Beurre » et « Résidence du lac ». Le rapport d’inspection de l’EHPAD « L’Elvody » (Calvados)
fait pour sa part mention d’un événement indésirable grave de non-administration d’un
médicament dans un contexte particulier de l’absence inopinée d’AS « laissant seule une ASH
pour l’administration des 2 services de médicaments du soir ».
52 L’EHPAD Les Airelles dispose d’une convention avec l’URPS à cet effet.
53 La loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 garantit dans le budget alloué aux EHPAD la généralisation
en 2023 de la présence d'une astreinte d'infirmier de nuit dans tous ces établissements.
54 Inspection des 27, 28 et 29 septembre 2021.
55 Inspection des 8 mars et 21 septembre 2022.
56 Inspection du 12 décembre 2022.
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Annexe IV
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La mission note que, dans un cas très spécifique, le groupe Médicharme s’est accommodé d’une
organisation qui, pour historique qu’elle soit, est nettement dérogatoire aux principes de
bonne organisation. L’EHPAD « les amis des aînés » (Var) est une structure familiale de très
petite taille (19 places), acquise par le groupe Médicharme en 2021. Le rachat par le groupe n’a
pas modifié l’organisation familiale qui prévalait. Le père de la directrice fait office d’agent
d’entretien et de cuisinier sans en avoir les diplômes. La mère, ancienne gérante, est l’une des
deux infirmières. En retraite depuis 2029, elle « exerce bénévolement au sein de la structure.
Elle n’est pas inscrite dans l’annuaire santé contrairement à l’article L.4311-15 du code de la
santé publique. Le conseil de l’ordre des infirmiers, sollicité, n’a pas retrouvé de professionnel
inscrit à son nom 57». En période de nuit, la taille très faible de la structure comme son
organisation très particulière induisent une organisation fragile et hors norme : ainsi, « le
planning ne prévoit la nuit qu’un seul personnel ayant la qualification d’ASH (…). Lors des
entretiens il a été indiqué à la mission que l’agent de nuit débute son service à 20h00 et le termine
à 5h45. L’IDE bénévole assure la surveillance de 5h45 jusqu’à l’arrivée d’un premier personnel de
jour à 7h30 ».
Au-delà de ce cas particulier, la mission note que les établissements de faible capacité sont
beaucoup plus exposés, compte tenu de la faiblesse de leurs effectifs, aux risques de carence en
personnel qualifié pendant ces périodes en cas notamment d’arrêt maladie des titulaires de
poste.
3.2.2.2. La disponibilité des ressources humaines et l’organisation des cycles de travail
conditionnent également l’organisation de la journée des résidents
L’élaboration des plannings d’intervention des personnels revient à l’IDEC.
L’organisation hebdomadaire ou mensuelle du travail distingue équipe et contre-équipe (ou
équipe miroir), dont l’alternance permet d’assurer la continuité des prises en charge sept jours
sur sept et garantit la prise de jours de repos selon une trame régulière, en semaine ou en
week-end.
L’organisation quotidienne du travail distingue l’organisation en journée de celle de nuit. La
dichotomie d’organisation entre le jour et la nuit peut toutefois recouvrir des réalités
différentes dans l’organisation du travail et pour les résidents selon d’une part les horaires
d’embauche de l’équipe de nuit, d’autre part les tâches assignées à cette équipe, qu’il s’agisse
des levers et des couchers ou de la distribution de médicaments
En cours de journée, les ressources soignantes et en personnel hôtelier disponibles sont
concentrées en matinée, pour la réalisation des levers, des petits déjeuners et des toilettes,
ainsi que des soins, puis pour le service du déjeuner assuré en salle de restauration collective.
Les effectifs présents l’après-midi et en fin de journée (pour le repas du soir) sont plus
restreints.
L’on retrouve ce canevas général d’organisation dans tous les EHPAD. L’organisation effective
dépend toutefois dans chacun d’entre eux des effectifs disponibles et des tâches attribuées.
En matinée, le temps consacré à la toilette est un marqueur de la qualité de la prise en charge
des résidents. Il dépend du nombre des aides-soignants ou ASH affectés aux soins au regard du
nombre de résidents.
À cet égard, les ratios suivants ont pu être relevés dans les établissements visités par la
mission ou lors des inspections :
57 Inspection du 13 avril 2023.
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Annexe IV
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Tableau 10 : Nombre moyen d’aides-soignants ou d’ASH faisant fonction par résident
Établissement
Nombre d’AS ou d’ASH
faisant fonction en
matinée
Nombre de résidents
présents (capacité) Ratio
Établissements visités par la mission
Résidence saint
Georges
12 100 (110) 8,3
Meissel 6 57 (57) 9,5
Aeria 9 85 (85) 9,5
Les jardins d’Aiffres 6 30 (39) 5
Les eaux vives 4 44(49) 11
Résidence de Beurre 4 34(36) 8,5
Constats issus de rapports d’inspection
Les amis des aînés 2 21 (19) 10,5
Oreadis 2 14(24) 7
Les Feuillantines 6 46 (54)58 7,5
Les genévriers 9 à 10 (82) 8 à 9
Source : Mission et rapports d’inspection ARS/ CD.
Ces ratios sont dans certains cas le reflet de taux d’occupation parfois relativement faibles
(exemple d’ « Oréadis » : 58 %), qui diminuent temporairement la charge des personnels
présents. Dans le cas de l’EHPAD « les jardins d’Aiffres », le ratio très bas reflète à la fois un
faible taux d’occupation (77%) et du renfort depuis le 1 er août des personnels auparavant
employés à l’EHPAD « Les Charmilles », fermé dans le cadre de l’opération de regroupement
sur le site d’Aiffres59 (cf. supra).
En dehors de ces circonstances particulières, le ratio semble s’établir fréquemment autour de
neuf résidents par personnel réalisant des toilettes. Ce ratio ne prend pas en compte les
absences inopinées et non remplacées qui peuvent majorer la charge de travail un jour donné.
Ces constats ne sont pas éloignés de ceux de la conférence des directeurs d’EHPAD, citée par la
Cour des comptes60, établissant à 10 le nombre de résidents par soignant pour
l’accompagnement du matin.
58 Contrôle sur pièce et non un jour donné ; le taux d’occupation était de 85% fin 2022.
59 Le rapport d’inspection du 24 mai 2023, réalisé antérieurement au regroupement, évoque un nombre de toilettes
de 6 à 8 en moyenne par agent.
60 Rapport relatif à la prise en charge médicale en EHPAD février 2022.
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Annexe IV
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Ces ratios ne reflètent pas complètement la disponibilité des personnels, qui est également
fonction de l’état de dépendance des patients et du nombre des toilettes complexes, impliquant
deux personnels. Lors de la visite de l’EHPAD « Les eaux vives » par exemple, l’échange avec
des personnels a ainsi mis en évidence la difficulté à assurer une toilette complète incluant une
douche plus d’une fois par semaine. La fréquence des douches peut varier sensiblement d’un
établissement à l’autre. Sur le fondement des entretiens menés par la mission avec les
personnels des établissements, elle s’établissait par exemple à une douche par jour dans l’unité
protégée de l’EHPAD « Meissel », et à une douche tous les deux jours dans l’EHPAD « les jardins
d’Aiffres » (pour lequel le ratio personnel sur résident est pourtant particulièrement bas) et à
une à deux douches par semaine aux Eaux Vives.
Pour les résidents, les heures du repas, en particulier du petit déjeuner et du diner, de même
que les heures du coucher comme du lever sont également des repères importants pour la
qualité de vie. Ils peuvent être impactés par le déficit en personnel ou en personnel qualifié et
l’organisation du travail, tout particulièrement pour les personnes les plus dépendantes qui
nécessitent une aide au repas ou au coucher.
Les organisations locales, dans les établissements visités par la mission, prévoient
fréquemment un lever à partir de 7h00 et des heures de début de repas entre18h00 et 19h00.
À l’intérieur de ce cadre général, l’adaptation au rythme de vie particulier des résidents fait
partie des éléments du projet d’accompagnement personnalisé.
Les rapports d’inspection relatent toutefois des organisations parfois plus contraignantes du
fait de l’insuffisance de personnel ou de personnel qualifié, qui peuvent se traduire par des
périodes allongées de jeûnes nocturnes.
Le rapport d’inspection de l’EHPAD « l’Elvody » (Calvados) note ainsi que le dîner se fait en
deux services du fait du nombre d’agents réduit pour l’aide à la prise du repas : 17h30 pour les
dépendants et 19h00 pour les résidents autonomes. Pour les premiers, l’amplitude du jeune
entre le souper et le petit déjeuner est de 15h00, bien supérieur aux recommandations (pas
plus de 12 heures de jeûne). Suite à l’inspection, l’horaire du dîner a été décalé entre 18h00 et
18h30.
Le rapport d’inspection de l’EHPAD « Au bon accueil » fait également mention d’un coucher qui
débute à 16h30 pour quelques résidents (mais entre 17h30 et 18h00 pour la plupart).
Le rapport d’inspection de l’EHPAD « Les amis des aînés », déjà cité, donne une illustration
synthétique de ce qu’une organisation défaillante, reposant sur des moyens insuffisants, peut
avoir comme incidence délétère sur les résidents. Ce rapport note que « le respect du rythme de
vie des résidents est peu effectif au sein de l’établissement (…) Le matin, les toilettes se déroulent
toutes de la même manière. Les résidents sont d’abord déshabillés lors du passage des AS, puis
douchées un par un lors du passage de l’IDE. Cela signifie donc que les personnes attendent,
dévêtues, d’avoir leur douche alors que la porte de leur chambre est ouverte (…). La mise en
pyjama pour la nuit se fait à partir de 17h00. Ce changement précoce ne respecte ni le rythme
individuel des résidents, ni leur dignité, ni leur bien-être physique et moral. Il ressort des
entretiens que le dîner début à 17h45 et que le petit déjeuner est servi à partir de 7h30, ce qui
génère un jeûne important de 12h30. »
3.2.3. La sécurisation du circuit du médicament a été renforcée par l’adoption de la
préparation des doses à administrer mais reste fragilisée par des transcriptions
non sécurisées d’ordonnances dans le logiciel Titan
La direction médicale a élaboré et diffusé de nombreux protocoles dans le champ du
médicament, actant d’une volonté de sécuriser le circuit du médicament. L’encadré suivant
détaille les protocoles constitutifs de la procédure de sécurisation du circuit du médicament
diffusée par la direction médicale et disponible dans Titan.
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Annexe IV
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Encadré 3 : Procédures de sécurisation du circuit du médicament diffusées par la direction
médicale de Médicharme
Présentation et mode d’emploi
V0-Ind 01 Présentation et mode d’emploi du circuit du médicament.docx
Les protocoles
V01-Ind 01 CAT médicament rupture de la chaîne du froid.docx
V01-Ind 01 La iatrogeénie.docx
V01-Ind 01 La prescription.docx
V01-Ind 01 Médicaments cytotoxiques.docx
V01-Ind 02 Insulinothérapie.docx
V02-Ind 01 Distribution et administration.docx
V02-Ind 01 Gestion des AVK.
V02-Ind 01 La préparation.docx
V02-Ind 01 Prescriptions anticipées personnalisées ou si besoin.docx
V02-Ind 01 Stock tampon en médicaments urgents.docx
V02-Ind 01 Stockage des médicaments.docx
V02-Ind 01 Température et médicament.docx
V02-Ind 01 Utilisation du stock Tampon.docx
V03-Ind 01 Suivi sac d'urgence.docx
Documents et guides
Arrêté du 12 mars 2013 relatif aux substances.docx
OMEDIT- médicaments écrasables.xlsx
Prévention et gestion des erreurs médicamenteuses
Durée d'utilisation des solutés et des sirops
Bon usage de l'oxygénothérapie en EHPAD
OMEDIT-oxygénothérapie
Règlementation Gaz Comprimes
Outils de suivi
V01-Ind 01 Affiche identification frigo med.docx
V01-Ind 01 Affiche réfrigérateur SONDE.doc
V02-Ind 01 Fiche de suivi de la maintenance du réfrigérateur médical.docx
V02-Ind 01 Relevé températures des locaux.docx
Source : Médicharme.
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Annexe IV
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34
Aucun établissement du groupe ne dispose d’une pharmacie à usage intérieur (PUI). Dans ce
cas, les EHPAD peuvent conclure avec une ou plusieurs pharmaciens titulaires d’officine ou
avec un pharmacien assurant la gérance d’une pharmacie à usage intérieur, des conventions
relatives à la fourniture en médicaments ou produits de santé des personnes qu’elles
hébergent61. La, ou les,À conventions désignent un pharmacien référent qui doit concourir à la
bonne gestion et au bon usage des médicaments, collaborer avec les médecins traitants et
participer, avec le médecin coordonnateur, à l’élaboration de la liste des médicaments à utiliser
préférentiellement. Les conventions déterminent les modalités d'approvisionnement, de
dispensation et de détention pour les médicaments et autres produits62. Elles sont transmises
à l’ARS, à la caisse primaire d’assurance maladie et au conseil régional de l’ordre des
pharmaciens. La mission n’a pas trouvé trace de document officiel constituant une trame de
convention. Plusieurs ARS (Ile de France, pays de Loire, Centre Val de Loire, PACA…) proposent
toutefois des trames ou des guides méthodologiques pour aider à la rédaction de ces
conventions.
Tous les établissements du groupe ont signé des conventions avec au moins une officine. Les
conventions analysées par la mission suivent des modèles types et comportent les éléments
réglementaires requis, y compris concernant la préparation des doses à administrer (PDA) (cf.
infra). La plupart, de portée très générale, renvoient à des annexes (cahier des charges et
procédures de contrôle, en particulier de la PDA, identification du pharmacien référent, des
modèles de courriers, fiches de traçabilité …). Les conventions analysées sont signées des deux
parties.
Afin de sécuriser le circuit du médicament (sécurité du traitement et traçabilité de
l’administration), il est recommandé de mettre en place la préparation des doses à administrer.
La PDA permet de préparer des piluliers nominatifs contenant la ou les prises des patients,
selon les prescriptions. Les médicaments sont conditionnés sous forme de sachets-doses ou de
pilulier rigide pour une durée de 7 à 28 jours. Ce conditionnement permet d’éviter les erreurs
de dispensation (oubli ou erreur de dosage voire erreur de patient). La PDA procure par
ailleurs un gain de temps pour le personnel infirmier. Selon les documents fournis par le siège,
à sept exceptions près, dont un en instance de migration, les EHPAD du groupe sont passés en
PDA (cf. tableau suivant).
Tableau 11 : Situation des EHPAD du groupe Médicharme vis-à-vis de la préparation des doses à
administrer (PDA)
EHPAD Mise en place d’une PDA
Maison de Thérèse OUI
Résidence de France OUI
Résidence Saint Georges OUI
Les Airelles OUI
Les Eaux Vives Pierrefitte-sur-Aire OUI
Les Eaux Vives Souilly OUI
Les Eaux Vives Triaucourt OUI
Villa Claudine Devis validé
Le Champ de la Dame OUI
Résidence Les Chênes Verts OUI
61 Articles L5126-10 et R5126-106 du code de santé publique.
62 Articles R5126-107 à R5126-112 du code de santé publique.
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Annexe IV
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EHPAD Mise en place d’une PDA
Les Jardins d’Aiffres OUI
Résidence le beau Site OUI
Résidence du Lac OUI
Résidence Zoppola OUI
Résidence de Beurre OUI
La Vallée du Bandiat OUI
Résidence EHPAD Vitéal Oléron OUI
La Juvénie OUI
Résidence Elvody OUI
Résidence les 4 Saisons NON
Les Châtaigniers OUI
Résidence La Croix du Sud OUI
Résidence Au Bon Accueil NON
Résidence La Madrague OUI
Les Feuillantines NON
Résidence Aéria NON*
Résidence Meissel NON*
Les Jardins de Sainte Baume OUI
Nice Oréadis OUI
La Bastide du Luberon OUI
Les Genévriers OUI
Résidence Les Amis Des Aînés NON
*Lors de la visite de la mission, la PDA venait de se mettre en place dans la résidence Aéria . Son déploiement était
prévu avant la fin de l’année à Meissel
Source : Médicharme.
La mission a pu constater dans six établissements visités la mise en place de la PDA. Les
médicaments sont conditionnés, pour chaque résident en sachets dose, reliés entre eux63. Les
infirmiers valident sur leur tablette reliée à TITAN la délivrance ou la prise (si le résident n’est
pas en capacité de prendre seul son traitement) des médicaments. Les équipes rencontrées se
sont montrées satisfaites de ces modalités, très récentes pour certaines (EHPAD « Aéria »), qui
les sécurisent et permettent un gain de temps appréciable64. Il s’agit d’une bonne pratique qui
permet de sécuriser l’observance.
Plusieurs rapports d’inspection des ARS ont signalé des dysfonctionnements liés au circuit du
médicament.
63 Système dénommé « escargot » par les équipes.
64 Auparavant, les infirmiers se chargeaient de la préparation (déconditionnement et mise en piluliers) de la
délivrance des médicaments.
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Annexe IV
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36
Les constats posés à la suite d‘une inspection menée durant l’été 2021 dans un établissement
(résidence « Elvody ») était particulièrement inquiétant. Ainsi, l’ARS a formulé plusieurs
injonctions, dont certaines immédiates et des prescriptions sur ce champ. Les injonctions
tenaient au manque de sécurisation du circuit (depuis l’officine) et de l’administration des
médicaments. L’ARS relevait par ailleurs des manquements concernant le tri des médicaments
périmés et le stockage des médicaments stupéfiants. Au-delà de ces éléments, le rapport
soulignait « un niveau critique d'exposition aux risques avec menace de mise en place d'une
administration provisoire en cas de réponse insuffisamment adaptée. » Depuis, si la grande
majorité de injonctions et prescriptions ont été levées, il persiste des anomalies concernant la
comptabilisation des médicaments stupéfiants et l’amélioration du circuit de transmission de
la prescription à l’officine.
À côté de ce cas extrême, cinq rapports d’inspections ont été suivi d’injonctions. Plusieurs
tiennent à la sécurisation du circuit du médicament, d’autres à la qualification des personnels
en charge de la distribution des médicaments par l’équipe de nuit, ce qui fait écho aux constats,
tant par les ARS que par la mission, de l’emploi fréquent de personnel non qualifié (ASH faisant
fonction d’AS), en particulier dans les équipes de nuit. Enfin, certaines injonctions concernent
la transcription des ordonnances dans TITAN par du personnel non habilité (infirmier ou aide-
soignant) sans validation médicale. Le tableau suivant retranscrit un échantillon d’injonctions
illustratives.
Tableau 12 : Extraits de rapports d’inspections d’ARS concernant des injonctions dans les suites
de dysfonctionnements du circuit du médicament
Nature de
l’injonction EHPAD Libellé de l’injonction
Injonction
immédiate Résidence Elvody
Nécessité de saisir en temps réels l'administration ou la non-
administration de chaque médicament pour chaque résident, sur
une tablette opérationnelle, synchronisée au logiciel titan
Injonction La Fruitière Les prescriptions doivent toutes être effectuées dans le logiciel
titan
Injonction
immédiate Résidence Elvody
Sécuriser le circuit du médicament en mettant en place des
organisations et des mesures adaptées respectant la
réglementation en vigueur
Injonction Au Bon Accueil
Élaborer une procédure de préparation, distribution et
administration des médicaments. S’assurer de sa diffusion auprès
du personnel soignant
Injonction La Fruitière Les médicaments doivent rester identifiables jusqu’à leur
administration
Injonction La Croix du Sud Sécuriser la dispensation des soins et le circuit du médicament
Injonction La Fruitière Le casier nominatif d’un résident ne doit contenir que les
médicaments que le patient utilise dans le cadre de son traitement.
Injonction La Fruitière
Les infirmiers et les aides-soignants doivent pouvoir disposer
d’informations claires pour procéder à l’administration des
traitements aux patients. Selon les cas, une prescription médicale
anticipée personnalisée doit être rédigée par le médecin
coordonnateur
Injonction Résidence de Beurre
S’assurer pour chaque résident de la complétude du dossier
médical concernant la prise en charge des médicaments,
notamment la validité des ordonnances et la traçabilité de la
dispensation et de l'administration. L’usage des prescriptions
préremplies par le personnel infirmier est à proscrire.
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Annexe IV
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Nature de
l’injonction EHPAD Libellé de l’injonction
Injonction Résidence Zoppola
Anticiper le renouvellement des prescriptions avec les médecins
traitants et faire cesser les retranscriptions des prescriptions sans
vérification médicale dans le logiciel titan
Injonction Résidence Elvody
Tenir un registre de compatibilité des médicaments stupéfiants
pour chaque résident en bénéficiant, et sécuriser spécifiquement
leur stockage dans le local de stockage des médicaments à accès
réservé de l'infirmerie.
Injonction Résidence de Beurre
Respecter et faire respecter les règles de prescription des
médicaments stupéfiants (en particulier non-chevauchement,
ordonnance sécurisée
Source : Rapports d’inspection des ARS – Données retravaillées par la mission.
Au 1 er novembre 2023, les injonctions reprises dans le tableau ci-dessus ont été levées, à
l’exception de celle concernant « la Croix du Sud », de celle tenant à la sécurisation de la
retranscription des prescriptions dans Titan notifiée à la résidence « Zoppola » et enfin de celle
concernant la sécurisation des médicaments stupéfiants pour la résidence « l’Elvody », comme
indiqué supra.
Dans plusieurs établissements, les équipes ont soulevé des difficultés de distribution des
médicaments par l’équipe de nuit. En effet, les équipes de nuit des EHPAD visités ne disposent
pas d’un infirmier et certaines pas non plus d’un aide-soignant diplômé de manière régulière
(cf. supra). Devant l’impossibilité de disposer d’un aide-soignant diplômé chaque nuit, une
équipe a indiqué à la mission, élaborer avec le médecin coordonnateur un protocole visant à
sécuriser la distribution de médicaments par des équipes de nuit non diplômées. Ces modalités
ne sont pas conformes à la réglementation mais témoignent d’une volonté de l’équipe
soignante d’améliorer la sécurité de la délivrance des médicaments.
Comme explicité également supra, un point majeur de non-conformité reste la transcription
non sécurisée des ordonnances dans le logiciel Titan. Ces difficultés ne pourront se résoudre
sans un renforcement notable de l’implication d’une part des médecins traitants pour
améliorer la dématérialisation dans Titan de leurs prescriptions et d’autre part de certains
médecins coordonnateurs. En effet, ces derniers doivent contribuer à la bonne adaptation aux
impératifs gériatriques des prescriptions de médicaments et des dispositifs médicaux et
peuvent intervenir pour tout acte de prescription médicamenteuse, lorsque le médecin traitant
ou désigné par le patient ou son remplaçant n'est pas en mesure d'assurer une consultation.
3.3. L’accès des résidents aux professionnels de santé est le reflet de l’offre de
soin des territoires
3.3.1. Malgré des difficultés liées à une densité médicale en décroissance, la quasi-
totalité des résidents disposent d’un médecin traitant
Si le médecin coordonnateur joue un rôle fondamental dans les EHPAD en intervenant dans le
processus d’admission, en élaborant et en suivant le projet de soins de l’établissement et en
animant des personnels soignants, cette fonction est bien différente de celle de médecin
traitant. Cela ne fait toutefois pas obstacle, s’il exerce par ailleurs une activité libérale, à ce qu’il
soit lui-même médecin traitant de certains des résidents, ce qui est d’ailleurs très fréquent.
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Annexe IV
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38
Pour intervenir auprès de leurs patients dans un établissement, les médecins doivent signer
une convention en application de l’article L. 314-12 du code de l’action sociale et des familles.
Un arrêté fixe les modèles des contrats types65. La direction de Médicharme a transmis à la
mission des conventions avec des médecins traitants passées par 13 EHPAD, soit moins de 40%
de ses établissements. Parmi ceux-ci, seuls cinq établissements (« Beau site », « Les
Feuillantines », « La fruitière », « résidence du Lac », « Meissel ») ont signé plusieurs contrats.
Ceux-ci sont établis sur la base d’un modèle type conforme aux dispositifs réglementaires66.
L’établissement « Les Chênes verts », qui n’a signé aucun contrat, a fait parvenir à la mission
un courrier de deux médecins généralistes indiquant leur refus de signer la convention « pour
diverses raisons d’ordre déontologique et professionnel ». Ce cas ne semble pas isolé, plusieurs
directions d’établissement ayant fait état, si ce n’est de refus formels, tout du moins de
difficultés à engager les médecins intervenant dans l’établissement à signer une convention. Si,
légalement, ils devraient refuser l’accès à l’EHPAD à ces professionnels, la difficulté à trouver
des médecins acceptant de prendre en charge les résidents rend très difficile et contraire à
l’intérêt des résidents l’application de telles mesures. Des personnels de plusieurs
établissements ont signalé par ailleurs à la mission le refus de certains médecins traitants de
se déplacer les obligeant à faire appel à un transport sanitaire, le plus souvent couché, pour
transporter le résident au cabinet de son médecin traitant.
Malgré ces difficultés, en moyenne 97,3 % des résidents des établissements du groupe67
disposent d’un médecin traitant, ce qui est identique au taux moyen observé dans la totalité
des EHPAD68. Dans 11 EHPAD, la totalité des résidents a un médecin traitant. À l’inverse, seuls
79 %, soit 19 résidents sur 24, de la « résidence du Lac » en disposent. Dans les autres
établissements, les taux varient de 92,1 à 98,9 %. Au total, au 31 décembre 2022, 1 377 des
1 415 résidents du groupe avaient un médecin traitant. Le tableau suivant détaille ces données.
Tableau 13 : Dénombrement et pourcentage de résidents disposant d’un médecin traitant dans
chaque EHPAD Médicharme
EHPAD Nbre de
résidents
Nbre de
résidents avec
médecin
traitant
% de résidents
avec médecin
traitant
RESIDENCE SAINT GEORGES 88 87 98,9%
OREADIS 19 18 94,7%
LES FEUILLANTINES 46 46 100,0%
LES CHATAIGNIERS 32 32 100,0%
LA CROIX DU SUD 67 64 95,5%
LA MADRAGUE 33 33 100,0%
MEISSEL 48 47 97,9%
LA FRUITIERE 20 20 100,0%
AERIA 79 77 97,5%
L'ELVODY 42 41 97,6%
LE BEAU SITE 29 29 100,0%
LA VALLEE DU BANDIAT 37 35 94,6%
65 Arrêté du 30 décembre 2010 fixant les modèles de contrats types devant être signés par les professionnels de
santé exerçant à titre libéral et intervenant au même titre dans les établissements d'hébergement pour personnes
âgées dépendantes.
66 Articles L.311-3, L.313-12 et L.314-12 du code de l’action sociale et des familles.
67 Hors Les charmilles et les Jardins d’Aiffres.
68 Source : RESIDEHPAD au 31 décembre 2022- Données traitées par la Cnam.
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Annexe IV
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EHPAD Nbre de
résidents
Nbre de
résidents avec
médecin
traitant
% de résidents
avec médecin
traitant
VITEAL - LES MIMOSAS 49 48 98,0%
LA MAISON DE THERESE 25 25 100,0%
LA JUVENIE 34 33 97,1%
LES CHENES VERTS 69 68 98,6%
LES GENEVRIERS 76 70 92,1%
RESIDENCE DU LAC 24 19 79,2%
RESIDENCE DE BEURRE EHPAD 31 29 93,5%
RESIDENCE ZOPPOLA 37 35 94,6%
LES QUATRE SAISONS 39 39 100,0%
LES EAUX VIVES - Site SEUIL D'ARGONNE 39 39 100,0%
LES EAUX VIVES - Site SOUILLY 29 29 100,0%
LES EAUX VIVES - Site PIERREFITTE-SUR-AIRE 28 28 100,0%
LE CHAMP DE LA DAME 74 73 98,6%
RESIDENCE DE FRANCE 70 68 97,1%
VILLA CLAUDINE 36 36 100,0%
LES AIRELLES 27 26 96,3%
AU BON ACCUEIL 21 20 95,2%
LES JARDINS DE SAINTE BAUME 64 63 98,4%
LES AMIS DES AINES 18 18 100,0%
LA BASTIDE DU LUBERON 85 82 96,5%
TOTAL établissements Médicharme* 1 415 1 377 97,3%
TOTAL EHPAD France 472 938 460 324 97,3%
TOTAL EHPAD Privés en financement partiel
sans PUI 192 644 188 778 98,0%
* Hors Les charmilles et les Jardins d’Aiffres gérés par la MSA.
Source : CNAM à partir des données Résidehpad au 31-12-2022 – Données retraitées par la mission.
3.3.2. L’accès aux spécialistes reste cependant plus difficile
La direction médicale et plusieurs directions d’établissement ont indiqué à la mission des
difficultés pour adresser leurs résidents à des professionnels de santé de ville, difficultés qui
s’aggravent d’année en année.
Si des établissements ont pu signer des conventions avec des structures hospitalières (cf.
infra), les personnels et les résidents rencontrés ont fait état de difficultés d’accès à des
médecins spécialistes. L’EHPAD « Les Eaux Vives », situé dans une zone particulièrement
dépourvue de spécialistes, a déployé une solution de télémédecine (TokTokDoc) et dispose
d’un équipement permettant de réaliser des auscultations à distance et de transmettre les
résultats d’ECG. Une convention avec le service de gériatrie du CHU de Nancy est en cours de
signature.
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Annexe IV
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Les données de la CNAM concernant le remboursement d’actes de consultation aux résidents
confirment ces difficultés d’accès. Ainsi, dans certains EHPAD, les résidents ne bénéficient que
de très peu d’actes de spécialistes libéraux (« Résidence St Georges », « Au bon accueil », « Beau
site », « Villa Claudine ») alors que ces dépenses sont 50 fois plus importantes à l’EHPAD « Les
Feuillantines », situé dans les Alpes-Maritimes. Dans certains EHPAD, le recours à des
consultations en établissement hospitalier est plus fréquent, pouvant signer un déficit en
médecins libéraux (« Les Châtaigniers » - Ardèche). On notera une dynamique de dépenses de
médecine générale particulièrement forte dans les établissements marseillais (« Meissel » et
« Aéria »). Le constat est identique pour ce qui concerne les dépenses de kinésithérapie
(cf. infra). La mission n’a pu réaliser d’analyse spécifique sur l’opportunité de ces actes de
volume très atypique, dans un territoire bien doté tant en professions médicales que
paramédicales.
Graphique 1 : Consultations médicales : Montants moyens remboursés par l’assurance maladie
aux résidents selon l’EHPAD* en 2022
* Hors résidences Les charmilles et Les Jardins d’Aiffres
Source : CNAM – Données retravaillées par la mission.
0,00 € 20,00 € 40,00 € 60,00 € 80,00 € 100,00 € 120,00 € 140,00 €
RESIDENCE AERIA
RESIDENCE MEISSEL
LA FRUITIERE
LES AMIS DES AINES
LA CROIX DU SUD
LES JARDINS DE SAINTE BAUME
LES FEUILLANTINES
LES QUATRE SAISONS
LA JUVENIE
OREADIS
AU BON ACCUEIL
LA MAISON DE THERESE
SAINT GEORGE
LA MADRAGUE
RESIDENCE ZOPPOLA
LES AIRELLES
VALLEE DU BANDIAT
L'ELVODY
LE CHAMP DE LA DAME
LA BASTIDE DU LUBERON
LES EAUX VIVES DE TRIAUCOURT
LE BEAU SITE
RESIDENCE DU LAC
LA VILLA CLAUDINE
RESIDENCE VITEAL OLERON
RESIDENCE DE France
RESIDENCE BEURRE
LES CHENES VERTS
GENEVRIERS
LES CHATAIGNIERS
médecins généralistes médecins spécialistes autres
Actes et consultations externes hôpital public
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Annexe IV
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Les difficultés d’accès concernent également les soins dentaires. Plusieurs équipes rencontrées
par la mission ont signalé des difficultés pour obtenir des rendez-vous avec des chirurgiens-
dentistes. De ce fait, les soins n’interviennent souvent qu’en situation d’urgence. Le siège a fait
parvenir à la mission trois conventions69, signée pour l’une avec l’association française pour la
santé bucco-dentaire des Alpes Maritimes, pour la deuxième avec une société de télémédecine
(TokTokDoc) et pour la dernière avec une unité mobile de soins dentaires. Les deux premières
visent à réaliser des actions collectives de prévention buccodentaire. Seule la dernière prévoit
la réalisation de soins à des résidents dans l’incapacité de se déplacer. Lors de la visite de
l’EHPAD « les Eaux Vives, » la directrice a fait état d’une convention passée avec un
chirurgien-dentiste et un prothésiste qui se déplacent dans les établissements à la demande.
3.3.3. L’intensité des soins de masso-kinésithérapie prodigués varie beaucoup en
fonction des établissements
Les soins de masso-kinésithérapie sont en EHPAD à visée curative (rééducation) mais
participent également à la politique de prévention, notamment des chutes. Les projets de soins
que la mission a pu consulter développent toutefois peu cette dernière dimension.
Les masseurs-kinésithérapeutes intervenant dans les EHPAD doivent être eux aussi signataires
d’une convention. Le groupe a transmis à la mission des contrats avec des masseurs-
kinésithérapeutes pour la plupart des établissements. Ces contrats sont établis sur le même
modèle, qui n’appelle pas d’observations quant à son contenu.
À l’exception de deux établissements70, les EHPAD du groupe sont en tarif partiel. Les
masseurs-kinésithérapeutes facturent donc les résidents à l’acte, en sus des dotations aux soins
versées. La mission a pu examiner les données transmises par la CNAM sur la consommation
de soins de masso-kinésithérapie dans les établissements. Il en ressort une très grande
variabilité des montants facturés. En 2021, alors que la moyenne nationale de coût mensuel
des soins de masso-kinésithérapie remboursés aux résidents était de 59€, sept établissements
affichaient des coûts mensuels par résident supérieurs à 100€ dont deux supérieurs à 150€.
À l’inverse, huit établissements avaient des coûts moyens inférieurs à 30€ (graphique 2).
69 Avec les EHPAD les Feuillantines, Beau site et Bastide du Lubéron.
70 EHPAD « les châtaigniers » et « Les genévriers ».
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Annexe IV
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Graphique 2 : Dépenses mensuelles moyennes de soins de masso-kinésithérapie des résidents
des EHPAD du groupe Médicharme* (données 2022)
* hors les châtaigniers et les genévriers en forfait global et les Charmilles et les Jardins d’Aiffres dépendant
de la MSA
Source : Données Cnam retravaillées par la mission.
0 € 50 € 100 € 150 € 200 €
RESIDENCE AERIA
RESIDENCE MEISSEL
LA FRUITIERE
LES AMIS DES AINES
LA CROIX DU SUD
LES JARDINS DE SAINTE BAUME
LES FEUILLANTINES
LES QUATRE SAISONS
LA JUVENIE
OREADIS
AU BON ACCUEIL
LA MAISON DE THERESE
SAINT GEORGE
LA MADRAGUE
RESIDENCE ZOPPOLA
LES AIRELLES
VALLEE DU BANDIAT
L'ELVODY
LE CHAMP DE LA DAME
LA BASTIDE DU LUBERON
LES EAUX VIVES DE TRIAUCOURT
LE BEAU SITE
RESIDENCE DU LAC
LA VILLA CLAUDINE
RESIDENCE VITEAL OLERON
RESIDENCE DE France
RESIDENCE BEURRE
LES CHENES VERTS
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Annexe IV
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43
Les positionnements respectifs des établissements sont stables d’une année sur l’autre et l’on
peut faire l’hypothèse d’une corrélation avec la densité de professionnels dans les régions
concernées. Parmi les huit établissements où les montants sont les plus élevés, sept sont en
effet situés en région PACA. En revanche, les établissements de Normandie figurent parmi ceux
où les montants sont les plus faibles. Or, la densité des masseurs-kinésithérapeutes dans les
Bouches-du-Rhône (186,6/100 000 habitants) et le Var (185,3/100 000 habitants en 202271)
est deux fois celle prévalant dans le Calvados (92,2/100 000 habitants). La comparaison des
profils des établissements avec celle des autres établissements de leur région confirme cette
hypothèse. La mission a pu observer, lors de la visite de deux établissements à Marseille, les
plus consommateurs en soins de masseurs-kinésithérapie du groupe, une présence
effectivement dense de professionnels, mobilisés par exemple plusieurs fois par semaine pour
des aides à la marche.
3.3.4. Les relations de partenariat avec les établissements de santé sont inégalement
développées
La bonne insertion des EHPAD dans le tissu sanitaire de leur territoire est facteur de qualité de
la prise en charge pour les résidents accueillis. La mission a consulté les conventions
transmises par le groupe à sa demande, qui portent en majorité sur l’hospitalisation à domicile
(HAD) et les soins psychiatriques.
Les services d’hospitalisation à domicile peuvent intervenir notamment dans des situations de
soins complexes ou en soins palliatifs. Compte tenu de la faiblesse des taux d’encadrement en
soignants au sein du groupe, le recours à ces services parait une bonne pratique à développer.
La mission a eu connaissance de 25 conventions avec des EHPAD du groupe, établies parfois
de longue date, soit un taux de couverture des établissements de 75%. Les données de
consommation transmises par la CNAM mettent en évidence chaque année l’absence de
recours à l’HAD dans environ la moitié des établissements. Dans dix établissements, le taux de
recours den 2022 était compris entre 1 et 5 %72.Il faut noter toutefois que certains EHPAD font
appel à d’autres types de dispositifs territoriaux, telles des équipes mobiles en soins palliatifs.
Treize établissements sont signataires de convention avec des établissements de santé
mentale. L’objet de ces conventions est le plus souvent de prévoir les conditions de suivi des
résidents par l’équipe de psychiatrie de secteur ou une équipe spécialisée en
gérontopsychiatrie et/ ou de prévoir les conditions d’hospitalisation et de suivi post-
hospitalier. L’un des établissements est membre d’un GCS départemental de santé mentale. La
mission considère comme un objectif souhaitable, eu égard à l’évolution de la population
accueillie, d’augmenter fortement le nombre de partenariats noués avec les établissements de
santé mentale qui acceptent de contractualiser, ce qui n’est pas le cas de tous.
Quelques-unes des conventions transmises portent enfin sur des dispositifs visant à faciliter
l’admission des résidents en clinique ou en structures hospitalières, sans passage par les
services d’urgence (accès direct). Il s’agit là encore d’une bonne pratique à développer avec les
établissements de santé qui ont mis en place ce type de dispositif.
Les taux d’hospitalisation en structure hospitalière publique ou privée (MCO) des résidents du
groupe en 2022 varient de 13% (La maison de Thérèse) à 56 % (La Fruitière). La moitié des
établissements a un taux d’hospitalisation compris en 30 et 39%73.
71 Source : conseil de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes.
72 Source Cnam – DCIR-PMSI – hors les Charmilles et les Jardins d’Aiffres.
73 Idem.
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Annexe IV
- 44 -
44
3.4. La politique de la bientraitance, incluant le traitement des événements
indésirables, est en voie de structuration
3.4.1. Le signalement des EIG fait l’objet de procédures nationales qui restent en cours
d’appropriation
Les inspections des ARS ont relevé la survenue d’évènements indésirables graves dont tous
n’étaient pas signalés. La nature de ces incidents n’est pas toujours explicitée dans les rapports
d’inspection, qui interviennent souvent une fois que l’EIG a eu lieu, ou les éléments transmis à
la mission mais a pu concerner tant une panne d’ascenseur qu’une ingestion de produits
toxiques, la fugue d’une résidente ou un abandon de poste. Certains EIG relèvent de
comportements agressifs de résidents, interrogeant le caractère adapté ou non de la prise en
charge et les difficultés d’accompagnement des résidents présentant des troubles
neurocognitifs.
La direction de Médicharme a mis en place une procédure qui n’a été finalisée qu’au printemps
dernier. Auparavant, aucune procédure nationale n’avait été mise en place. Il incombait à
chaque établissement d’en définir une, sans que cela fasse l’objet d’une remontée et d’un suivi
par le siège. Un mémo est disponible sur le réseau pour l’ensemble des personnels.
Il rappelle tout d’abord ce que sont les évènements indésirables et définit un plan d’action par
étapes.
Liste des évènements indésirables
Les évènements indésirables graves associés au soin
Les sinistres et évènements météorologiques exceptionnels
Les défaillances techniques majeures, significatives et durables
Les cas groupés de pathologies infectieuses
Les 33 maladies à déclaration obligatoire
Les autres évènements en santé environnementale
Les perturbations dans l’organisation du travail et la gestion des ressource
humaines
Les difficultés relationnelles récurrentes avec la famille ou les proches d’un résident
ou autre personne extérieure à l’établissement
Le suicide ou la tentative de suicide
Les situations de maltraitance à l’égard des résidents
La disparition inquiétante d’un résident
Les comportements violents de la part d’un résident
Les actes de malveillance
Les infections associées aux soins inhabituelles ou qui ont provoqué un décès
Étapes à suivre
la mise en sécurité
L’alerte
L’information des familles
La formalisation de l’EIG auprès de l’ARS dans les 48 heures en lien avec le directeur
régional
La poursuite des actions
Le retour d’expérience et la transmission du compte-rendu aux tutelles
La clôture de l’EIG.
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Annexe IV
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45
Une note interne a également été diffusée aux directeurs régionaux et aux directeurs
d’établissements pour les informer de la mise en place d’une adresse électronique générique
visant à permettre la remontée d’informations au niveau du siège, le recensement et la
traçabilité des évènements indésirables et l’évaluation de leur degré de criticité.
Ces évènements sont retracés dans Titan et la communication à l’ARS se fait au moyen du
formulaire CERFA. Certains ont été communiqués à la mission lors des déplacements au sein
des établissements mais le groupe a été dans l’incapacité de transmettre à la mission la liste
consolidée des EIG survenus ces deux dernières années.
Le degré d’appropriation de cette procédure par les équipes est difficile à déterminer au regard
de son caractère extrêmement récent. Lors des visites d’établissement, la mission a pu vérifier
que les personnels en connaissaient l’existence mais des rapports d’ARS récents soulignent
encore la méconnaissance du personnel sur l’ensemble de la procédure. Ils relèvent par
exemple l’absence de retour d’expérience pourtant indispensable à l’évolution des pratiques.
Certaines de ces difficultés font écho au déficit de formation identifié.
3.4.2. La politique de bientraitance ne s’est structurée que récemment à l’échelle du
groupe
La prévention de la maltraitance a fait l’objet d’un encadrement légal renforcé avec
l’introduction dans le code de l’action sociale et des familles (article L. 119-1) d’une définition
de la maltraitance par la loi du n°2022-140 du 7 février 2022 et l’obligation faite par la même
loi que les projets d’établissement définissent la politique de prévention et de lutte contre la
maltraitance mise en œuvre par l’établissement. Le référentiel national d’évaluation de la
qualité dans les établissements établi par la HAS prévoit parmi les critères évalué la promotion
de la bientraitance (critère 3.1) et la prévention de la maltraitance (critère 3.11).
Les situations de maltraitance, comme les définit la loi, « peuvent être ponctuelles ou durables,
intentionnelles ou non. Leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. » Du
point de vue institutionnel, c’est l’ensemble des actions mises en œuvre pour favoriser
l’autonomie des personnes, respecter leurs droits, s’adapter à leurs besoins et garantir la
continuité et la qualité de leur prise en charge qui va constituer un environnement bientraitant.
Mais le déploiement de cette politique passe a minima par : la définition des modalités de sa
mise en œuvre dans le projet d’établissement, des formations à la bientraitance et à la détection
de la maltraitance et l’existence et la diffusion de procédures de signalement en cas de
maltraitance.
L’élaboration des projets d’établissement a été évoquée supra. Elle est en cours mais concerne
pour l’heure moins du tiers des établissements. Les projets d’établissement finalisés consultés
prévoient effectivement des actions de développement de la culture de bientraitance et de
prévention et de lutte contre la maltraitance. La mission note toutefois le caractère largement
stéréotypé des formulations, issues du modèle type de projet d’établissement et faiblement
amodiées. Le déploiement des formations à la bientraitance ou à la prévention de la
maltraitance est tributaire de l’existence de plans de formation et de la priorisation des actions
relatives à la bientraitance.
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Annexe IV
- 46 -
46
Plusieurs rapports d’inspection (inspection des EHPAD « le beau site », « l’Elvody », « la
fruitière ») font état de l’absence de politique de la bientraitance et de formations dédiées au
sein des établissements. La mission a identifié trois situations dans lesquelles des signalements
pour maltraitance ont motivé des inspections. La première concerne l’EHPAD « la Roseraie » à
Livry Gargan. Le rapport de l’ARS et du conseil départemental a souligné la réaction tardive et
largement insuffisante du groupe après une première inspection du 8 juillet 2021 se traduisant
par deux injonctions dont l’une relative au défaut d’encadrement infirmier et médical. La
seconde inspection, menée le 17 février 2022, faisait le constat en effet d’une situation
dégradée par rapport à la première inspection et a abouti à la décision d’urgence de suspension
de l’autorisation et placement sous administration provisoire, suivie d’une décision de
cessation définitive d’activité, les résidents étant transférés dans d’autres établissements.
La deuxième situation concerne les EHPAD du Lot et Garonne et plus spécifiquement les
EHPAD « Résidence de Beurre » et « Zoppola ». Il faut souligner que l’inspection faisait suite
dans ce cas au signalement d’un événement indésirable grave par le directeur régional du
groupe Médicharme lui-même. Les faits signalés avaient trait à la fois à l’insuffisance des
quantités de nourriture servies aux résidents et aux faits de maltraitance et de défaut de prise
en charge médicamenteuse de la part de personnels infirmiers. L’inspection a pu objectiver la
perte de poids de résidents, l’absence de suivi de certains paramètres clé (troubles de la
déglutition, hydratation, contrôle des assiettes et des quantités effectivement consommées) et
l’insuffisance des personnels pour les aides au repas ; de même, dans un des EHPAD, les
manquements dans la régularité de la réalisation d’un soin et les difficultés relationnelles du
professionnel incriminé avec ses collègues et des résidents, sans pouvoir tracer des actes de
maltraitance. Le groupe Médicharme a réagi à cette situation et procédé, après confirmation
des faits par un audit de l’IDEC réseau, au licenciement du directeur de l’établissement.
La troisième situation concerne l’EHPAD « Les jardins d’Aiffres ». L’inspection diligentée à la
suite de signalements74 n’a pas abouti à caractériser des situations de maltraitance mais a
relevé, comme d’ailleurs l’inspection des EHPAD du Lot et Garonne, des facteurs objectifs de
risque dans le fonctionnement des établissements (recours à du personnel non qualifié,
absence de médecin coordonnateur, instabilité de l’encadrement de proximité, recours
important à l’intérim sans tutorat).
Sans que puisse être exclue la constatation d’actes volontaires de maltraitance dans un
établissement, les inspections menées comme les constats de la mission mettent d’abord en
évidence les risques issus de gouvernances instables et des difficultés de recrutement de
personnels, ne favorisant pas le développement et l’appropriation d’une culture
professionnelle de la qualité et mettant en risque la continuité des prises en charge.
74 Inspection du 24 mai 2023.
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Annexe IV
- 47 -
47
La mission a analysé en complément quels étaient les dispositifs à la disposition des résidents
et de leurs familles pour s’exprimer en cas de dysfonctionnements ou de maltraitance. Le
traitement des plaintes et réclamations fait partie des items, considérés comme critères
impératifs, pris en compte par le référentiel national d’évaluation de la qualité produit par la
Haute autorité de santé. Les inspections comme la mission ont pu constater que ce recueil est
loin d’être généralisé et formalisé de façon homogène. Les inspections des EHPAD « les
Châtaigniers », « Zoppola », « la Résidence du Lac », « l’Elvody », « le beau site », « le bon
accueil » notent l’absence de support de recueil des plaintes. À l’EHPAD « les jardins d’Aiffres »,
visité par la mission, les plaintes sont reçues par la secrétaire chargée de l’accueil mais ne font
pas systématiquement l’objet d’un recueil écrit. En revanche, dans les EHPAD « Aeria » et
« Meissel », les réclamations des familles font l’objet depuis 2022 de fiches de réclamations
archivées dans un classeur, que la mission a pu consulter et qui donnent lieu à analyse
collective régulière. La directrice indique toutefois qu’elle privilégie d’abord l’échange direct et
oral avec les familles. À la résidence « Saint Georges » (Aisne), il existe deux supports de
réclamation : l’un pour les réclamations recueillies par les personnels auprès des familles ou
des résidents, l’autre tenu par la secrétaire d’accueil. À L’EHPAD « les Eaux vives » (Meuse), le
registre des relations avec les usagers intègre le traitement des plaintes et réclamations. Des
échanges qu’elle a pu avoir avec les personnels et les directions des établissements visités, la
mission retient que le cahier de réclamation, ouvert à la lecture de tous, est peu propice à une
expression libre des résidents comme de leur famille. Elle retient également l’importance d’une
traçabilité par un recueil écrit des réclamations et de leur examen régulier en réunion
pluridisciplinaire.
3.4.3. Si les contentions sont bien réalisées sur prescription médicale, le suivi et le
renouvellement des prescriptions n’est pas toujours conforme aux bonnes
pratiques
L’état de certains résidents nécessite l’utilisation de mesures de contention mécanique.
L’encadrement de ces usages fait partie de la politique de bientraitance à l’égard des résidents.
La HAS définit la contention mécanique comme « l’utilisation de tous moyens, méthodes,
matériels ou vêtements empêchant ou limitant les capacités de mobilisation volontaire de tout ou
partie du corps dans un but de sécurité pour un patient dont le comportement présente un risque
grave pour son intégrité ou celle d’autrui. »75 Il s’agit d’une mesure exceptionnelle, employée en
dernier recours, pour une durée limitée, après évaluation du patient par un médecin. Ces
mesures sont appliquées sur prescription médicale. L’ANSM76 a réalisé un bilan des incidents
liés à l’utilisation de dispositifs de contention. Ainsi, entre 2011 et 2019, 99 incidents, pour la
plupart en milieu hospitalier ou en EHPAD, impliquant un dispositif de contention au lit ou au
fauteuil, ont été déclarés à l’ANSM. Devant ce constat, elle a publié des recommandations de
mise en œuvre, en particulier des contentions au lit et au fauteuil.
75 https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2017-08/contention_synthese_v3_actualisee.pdf
76 Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé -
https://ansm.sante.fr/actualites/recommandations-pour-assurer-la-securite-des-patients-necessitant-une-
contention-medicale
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Annexe IV
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48
La direction médicale du groupe a élaboré et diffusé une procédure relative à la prescription et
au suivi des contentions. Cette procédure respecte les recommandations de bonnes pratiques.
Ainsi, elle comporte les indications, le type et la durée de la contention ainsi que l’appréciation,
en pluridisciplinarité du bénéfice-risque. La réévaluation est prévue toutes les semaines,
respectant le caractère limité dans la durée. Le prescripteur doit indiquer la durée envisagée,
sans que celle-ci ne puisse excéder un mois. Enfin, la procédure prévoit que le médecin traitant
puisse expressément déléguer le renouvellement au médecin coordonnateur. Le protocole est
co-signé par le médecin traitant et le résident ou son représentant. Une fiche de suivi de la
contention (lieu de classement, émargement des personnes présentes lors des réunions de
suivi) est annexée au protocole. Cette procédure est intégrée dans Titan.
Trois inspections menées par des ARS ont relevé une mauvaise application de ces
recommandations donnant lieu à injonctions, immédiate dans un cas. Dans un établissement,
les équipes de l’ARS ont constaté la mise en œuvre de contention sans prescription médicale et
sans réévaluation. L’absence ou la fréquence insuffisantes des réévaluations était également le
motif de l’injonction dans les deux autres établissements. Dans trois autres établissements, les
ARS ont pointé la nécessité de diffuser aux équipes une procédure ad hoc.
Lors de ces déplacements, la mission a constaté une hétérogénéité des pratiques, en lien étroit
avec la présence du médecin coordonnateur. Dans un établissement, si les situations des
résidents avec contentions sont passées en revue par les équipes soignantes toutes les
semaines, les durées de prescription peuvent être allongées et les réévaluations peu
fréquentes. Dans deux autres structures, le médecin coordonnateur commun réévalue chaque
semaine l’opportunité des contentions, en lien avec les médecins traitants. Dans un autre
EHPAD, le médecin coordonnateur prescrit les contentions et les réévalue hebdomadairement.
Dans deux EHPAD bénéficiant des services de MedCo conseil, la réévaluation est réalisée tous
les mois par le médecin coordonnateur, lors d’une réunion pluridisciplinaire en distanciel,
s’écartant de la procédure prévoyant une réévaluation hebdomadaire.
3.5. Une attention renforcée aux enjeux d’alimentation et aux risques de
dénutrition qui doit être poursuivie
Dans sa logique de sécurisation et d’harmonisation des pratiques, la direction a bien rappelé
l’obligation de formation des personnels de cuisine (cuisiniers et ASH) à la formation HACCP
(Hazard Analysis Critical Control Point), une formation de sécurité sanitaire qui figure dans
l’ensemble des plans de formation transmis à la mission. Elle repose sur 4 piliers : l’origine et
la traçabilité des matières premières, les règles à suivre tout au long du processus de
préparation des aliments (manipulation, conservation, cuisine, refroidissement), le nettoyage
et la désinfection du local dans son ensemble (chambres froides, installations sanitaires,
espaces de stockage et systèmes de ventilation et de filtration) et l’entretien du matériel utilisé
en cuisine.
Il existe une certification professionnelle de cuisinier en restauration collective mais elle n’est
pas obligatoire pour exercer. Les titulaires de CAP ou BEP cuisine sont dispensés de la
formation HACCP, dispensée pendant leur année de diplôme. Sur l’ensemble des
établissements, seuls deux ont leur cuisine externalisée. Parmi les autres, les chefs de cuisine
disposent en grande majorité d’un CAP ou d’un BEP. Deux ne sont pas diplômés et un est en
cours de VAE.
Au sein des rapports de contrôle des ARS, la mission a relevé trois injonctions et quatre
prescriptions. Celles-ci concernent majoritairement la gestion du risque de dénutrition,
insuffisamment pris en compte. Elles sont concentrées sur six établissements. D’autres
problèmes ont pu être identifiés qui ont donné lieu à des visites des ARS mais pas
nécessairement à un rapport circonstancié, comme des portions insuffisantes.
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Annexe IV
- 49 -
49
Face à ces constats, la direction médicale du siège a produit une série de fiches d’information
et de procédures qui accompagnent la montée en compétences des personnels sur les enjeux
d’alimentation et de nutrition et sécurisent les pratiques de prise en charge.
Dépistage, prise en charge et prévention de la dénutrition :
La fiche présente la définition de la dénutrition, les situations à risque générales et
spécifiques à la personne âgée, les critères de diagnostic de dénutrition et de
dénutrition sévère et les modalités de surveillance de l’état nutritionnel. Elle précise
qu’en cas d’évènement clinique intercurrent ou de diminution de l’appétit et des
consommations alimentaires, la surveillance doit devenir hebdomadaire et que
celle-ci doit porter sur le poids avec la pesée des résidents, l’appétit et les
consommations effectives77. Le poids doit être reporté dans Titan afin de permettre
une traçabilité et de visibiliser la trajectoire de poids du patient.
Ces préconisations sont d’autant plus appropriées par les soignants que la structure
dispose d’un médecin coordonnateur. MedCo conseil assure ainsi une séance
systématique sur le sujet par mois avec les équipes et vérifie que les pesées ont lieu
régulièrement, au moins une fois par mois. Et les médecins coordonnateurs que la
mission a pu croiser lors de ses déplacements ont confirmé cette attention renforcée
au sujet.
Le repas chez le résident porteur d’une maladie d’Alzheimer ou maladie apparentée
(MAMA) :
Cette fiche rappelle essentiellement la façon dont les personnels peuvent
accompagner les résidents atteints de MAMA lors des repas, afin de faciliter leur
consommation alimentaire : les conditions liées à l’environnement (calme, manger
seul ou en groupe etc.), le respect des goûts alimentaires, du rythme de la personne,
la présentation et la texture des aliments.
Toutefois, la possibilité de respecter l’ensemble de ces recommandations paraît compromise
du fait d’un nombre de personnel présent lors des repas insuffisant. En effet, si la répartition
des tâches implique que les aides-soignants soient dévolus à l’aide au repas alors que les ASH
s’occupent de la préparation du lieu, du débarrassage et nettoyage, cette organisation ne
fonctionne que lorsque tout le monde est présent. Ensuite, certains résidents mangent dans la
salle à manger collective et d’autres dans leur chambre, ce qui oblige les aides-soignantes à
circuler d’un espace à l’autre, celles qui sont en chambre ne pouvant intervenir pour un autre
résident que celui dont elles s’occupent. Le fait qu’un résident prenne ses repas dans la salle à
manger ne signifie pas pour autant qu’il est autonome pour la prise de repas.
De plus, les temps dédiés aux repas sont très contraints en général 12h – 13h30 pour le
déjeuner et à partir de 18h le soir. L’adaptation au rythme des résidents n’est pas effective
même s’il existe deux services le soir. Le deuxième commence en général une demi-heure après
le premier soit à 18h30, ce qui implique que les premiers soient rapides. Dans certains
établissements, les résidents passent à table dès 17h30, dès 16h30 dans l’un d’entre eux.
Le dîner doit être terminé quand l’équipe de nuit arrive, en général aux alentours de 19h15
alors que les départs de l’équipe de jour sont perlés et commencent avant. D’une part cela ne
laisse pas beaucoup de personnel pour aider les résidents pendant le repas et d’autre part cette
organisation génère un jeûne nocturne supérieur à 12h. Si les réserves de cuisine sont fermées
la nuit ou même le week-end, comme cela est le cas dans certains établissements, il est
impossible de fournir une collation si celle-ci n’a pas été spécifiquement prévue.
Un goûter est généralement servi mais sa composition est variable selon les établissements et
la fiche de procédure ne fournit pas de conseils nutritionnels de ce point de vue.
77 Critères d’alerte : Perte de poids ≥ 5 % en 1 mois ou ≥ 10 % en 6 mois ou ≥ 10 % par rapport au poids habituel.
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Annexe IV
- 50 -
50
S’agissant de la prise en compte des demandes des résidents, la mission a remarqué que les
commissions « menu » étaient tenues dans les établissements. Les résidents y font part de leurs
doléances, de leurs envies et le responsable de la cuisine évalue sa possibilité d’y répondre.
Cette réponse paraît aléatoire selon les établissements. Dans certains établissements, les
résidents rencontrés ont dit avoir été entendus et avoir vu les propositions de repas
s’améliorer même si certaines insatisfactions demeurent. D’autres semblent plus contraints.
La capacité d’adaptation aux besoins et aux demandes des résidents est évidemment plus
grande lorsque l’établissement dispose de sa propre cuisine et que la prestation n’est pas
externalisée.
3.6. L’animation dans les établissements souffre d’un déficit de structuration
Concernant la fonction d’animation, celle-ci ne semble pas avoir été considérée comme
prioritaire au regard des enjeux de mise en conformité qui ont pris le pas. Ainsi, sur l’ensemble
des établissements, trois ne disposent pas d’animateur, neuf ne disposent d’un animateur qu’à
temps partiel. Les autres ont un animateur à temps plein voire plus s’ils ont plusieurs sites.
Mais ce chiffre n’est pas revu en fonction du nombre de résidents.
Tableau 14 : Nombre d’ETP d’animateurs par établissement et diplôme
Etablissements Animateur
ETP Diplôme
Les Châtaigniers 1 ETP BPJEPS Animation Sociale
Résidence La Croix du sud 1 ETP BPJEPS loisirs tout public
Au bon accueil 0 -
Résidence la Madrague 0,5 ETP Pas de diplôme
Les feuillantines 1 ETP BPJEPS tout public
Aéria 1 ETP Pas de diplôme
Meissel 0,7 ETP BPJEPS Animation
Les jardins de Sainte Beaume 1,4 ETP BPJEPS Animation
Oréadis 0,5 ETP Aide médico-psychologique
La Bastide du Lubéron 1 ETP BPJEPS Animation
Les genévriers 1 ETP BPJEPS Animation
Les amis des aînés 0 ETP -
La Maison de Thérèse 0 ETP -
Résidence de France 1 ETP Éducateur spécialisé
Les Airelles 0,5 ETP CAP petite enfance
Résidence St Georges 1 ETP Pas de diplôme
Les Eaux Vives 2 ,65 ETP / 3
effectifs
Licence pro activités sportives
animatrice de convivialité en
maison de retraite
Le Champ de la Dame 1 ETP Animateur en gérontologie
La Villa Claudine 1 ETP BPJEPS
La Juvénie 2 x O,5 ETP Art thérapeute
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Annexe IV
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51
Etablissements Animateur
ETP Diplôme
Vitéal Oléron 1 ETP AS et Aide médico-psychologique
Le beau site 0,5 ETP Assistant de soins en gérontologie
Les chênes verts 0,5 ETP AS
Les jardins d'Aiffres 1 ETP BPGEPS
La vallée du Bandiat 1 ETP Certificat formation Dien Chan
multi réflexologie
Résidence Zoppola 1 ETP Pas de diplôme dédié
Résidence de Beurre 1ETP Aide médico-psychologique
Résidence du lac 30h par semaine BPGEPS
Quatre saisons 0,5 ETP Assistant de soins en gérontologie
Elvody 1 ETP Animateur en gérontologie
Source : Directeurs régionaux du groupe Médicharme ; Mission.
Les directeurs soulignent la difficulté à recruter des animateurs. Le vivier de recrutement est
réduit car les formations du secteur de l’animation sont plutôt destinées à accompagner un
public jeune. Il existe des formations d’animateurs en gérontologie ou d’animateur de
convivialité mais qui ne semblent pas encore très répandues.
Le temps de présence correspond à des horaires classiques de semaine, le matin de 9h30 à
l’heure du déjeuner et l’après-midi de 14h à 17h ou 17h30. À l’exception d’un établissement, il
n’y a personne après 17h30, ce qui correspond peu ou prou à l’heure du diner et la présence le
week-end est très occasionnelle. Lorsque cela est prévu dans le planning, c’est en général une
fois par mois.
Les activités proposées alternent entre activités manuelles (fabrication de décorations,
épluchage de légumes), activité sportive douce (étirements, assouplissements), jeux de société
ou loto et lecture du journal, chant, écoute de musique. Lorsque les établissements disposent
d’un espace extérieur, certains y organisent des activités de type potager mais ce n’est pas
généralisé.
Les activités se déroulent parfois dans des espaces dédiés mais tous les établissements n’ont
pas cette possibilité, auquel cas les activités se déroulent dans l’espace de vie commune.
Certains s’appuient sur des partenariats locaux afin de faire entrer d’autres publics dans
l’EHPAD mais ce n’est pas répandu et le groupe ne semble pas avoir donné d’indications ou
d’orientations à ce sujet. La mutualisation d’activités entre EHPAD du groupe est inexistante et
rare avec des EHPAD de proximité avec lesquels des rencontres ou des sorties peuvent être
organisés, y compris lorsque des EHPAD partagent un espace extérieur commun (¨ »Meissel »
et « Aéria »)..
Il est notable que le temps d’animation ou le nombre d’animateurs sont insuffisants pour
mobiliser l’ensemble des résidents. En effet, la participation se fait sur la base du volontariat et
les professionnels n’ont pas le temps d’aller mobiliser les résidents qui restent en retrait ou
d’adapter et de développer leur « offre » afin de toucher le plus grand nombre. Les lieux
disposent de peu de matériels, jeux, livres, CD ou encore DVD pour accompagner le
développement d’activités accompagnées ou autonomes. Enfin des propositions relativement
basiques comme des soirées jeux ou cinéma ne sont quasiment jamais proposées du fait de
l’absence de personnel sur ces créneaux.
-- 240 of 338 --
Annexe IV
- 52 -
52
Très peu de sorties sont organisées, éventuellement au marché du village s’il y en a un à
proximité, notamment du fait de l’absence de véhicules adaptés pour les personnes à mobilité
réduite ou d’accompagnateurs en nombre suffisant pour éviter les chutes.
En dépit des temps d’animation dédiés, la mission a pu remarquer que les résidents passaient
beaucoup de temps dans leurs chambres ou alors devant la télévision. Celle-ci est allumée de
façon continue dans la plupart des lieux visités sans qu’un programme précis semble avoir été
décidé, et constitue un bruit de fonds permanent. Dans certains établissements, un fond de
musique est diffusé en permanence et, hormis dans les chambres, il n’est pas possible d’avoir
du silence.
Les rapports d’inspection des ARS relèvent des non-conformités en matière d’animation dans
six établissements dont une injonction et cinq prescriptions. L’ensemble de ces manquements
relèvent d’une absence de plan d’animation et de commission d’animation visant à recenser les
envies des résidents conformément à la règlementation (article L 311-3 du CASF). Lors des
déplacements et de la revue de documents, les établissements n’ont, de fait, pas été en mesure
de fournir de tels éléments.
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Réponses au contradictoire – Annexe IV
- 1 -
Réponses de l’organisme Nouvelles observations de la mission
- Annexe IV 1.1. page 1, 1er §
Cf commentaires autres sur les 3 EHPAD actuellement
fermés
- Annexe IV 1.1. page 1, Tableau 1
La mission indique que le groupe gèrerait deux
résidences autonomie.
Cette affirmation est erronée le groupe gère seulement
une résidence autonomie, la résidence LES
BUISSONNETS.
Le groupe dispose toutefois en sus de places d’EHPA au
sein des EHPAD de la société RESIDENCE DU LAC
- Annexe IV 1.1. page 2, dernier §
Il convient de souligner que le groupe a investi
28.000.000 € pour la réalisation de travaux consistant
à améliorer l’offre mais aussi en dédoublant les
chambres à deux lits en chambre simple, et en rendant
conforme les locaux à la réglementation. Plus
précisément les travaux susmentionnés ont été les
suivants :
- Concernant le regroupement et du transfert des
lits de l’EHPAD LES CHARMILLES sur le site
d’AIFFRES :
Suivant arrêté portant fermeture et transfert des
48 lits de l’EHPAD Les charmilles sur le site de
l’EHPAD les jardins d’Aiffres en date du 10 janvier
2024, des travaux ont été réalisés pour permettre
l’accueil d’un EHPAD de 89 lits. Le transfert des
salariés et d’une partie des résidents a été opéré.
- Concernant le regroupement des lits de l’EHPAD
LES AMIS DES AINES situé à SIGNES et de l’EHPAD
AU BON ACCUEIL situé à LA CRAU sur le site de
NANS LES PINS :
Le permis de construire a été obtenu et la
demande de transfert des autorisations
d’exploitation a été demandé aux Tutelles (ARS et
CD) dès l’acquisition des titres des sociétés
d’exploitation des deux EHPAD. Le groupe reste
dans l’attente de l’obtention d’une autorisation de
transfert et de regroupement des lits sur le site de
NANS LES PINS depuis près de 3 ans.
Maintien de la rédaction, qui mentionne factuellement
la fermeture de trois sites pour des motifs à chaque fois
différents
Rédaction modifiée pour intégrer cette précision
Dont acte. Le paragraphe concerné indique simplement
qu’une seule opération structurante de regroupement
de deux entités a été menée à bien depuis 2015, alors
même que beaucoup d’entités du groupe se
caractérisent par leur petite taille, préjudiciable à leur
équilibre économique.
Rédaction modifiée pour mentionner qu’une demande
de regroupement des sites de Signes et la Crau avec le
site de Nans les pins a été effectuée
-- 242 of 338 --
Réponses au contradictoire – Annexe IV
- 2 -
- Concernant l’EHPAD de FABAS de 82 lits :
Une extension a été effectuée afin de permettre de
se conformer à l’autorisation d’exploiter de 95 lits.
Il a également été procédé au dédoublement des
chambres.
- Concernant l’EHPAD LA MADRAGUE :
Une unité de vie de 9 lits a été créé. Des travaux
portant sur la construction de l’unité de vie et le
dédoublement des chambres ont permis
d’augmenter la capacité d’accueil de
l’établissement et d’améliorer l’offre de services
- Concernant l’EHPAD L’ELVODY :
Des travaux de mise aux normes des chambres
ont été réalisés ainsi que l’amélioration de l’offre
pour 8 chambres par l’installation de douche dans
les chambres concernées.
- Concernant l’EHPAD LA MAISON DE THERESE :
Un dédoublement des chambres à deux lits a été
réalisé et certaines chambres ont été agrandies.
- Concernant l’EHPAD MAISON DE RETRAITE DU
BEAU SITE situé à Clécy une extension et une
réhabilitation de l’EHPAD existant par
dédoublement de l’ensemble des chambres afin
de n’offrir que des chambres simples.
- Concernant l’EHPAD MAISONS DE SANTE LA
ROSERAIE, construction d’un ensemble
immobilier neuf destiné à accueillir à Montreuil
un EHPAD de 39 lits par transfert des lits
précédemment exploités au sein de l’ensemble
immobilier situé à LIVRY ;
- Concernant l’EHPAD COEUVRES et VALSERY, il a
été procédé à une extension de l’EHPAD ainsi qu’à
la réhabilitation du bâtiment Les Grands Greniers
afin d’améliorer l’offre en réunissant les deux
bâtiments et en dédoublant des chambres
- Concernant l’EHPAD ANTRAIGUES SUR VOLANE,
réhabilitation de l’EHPAD et du FAM par
dédoublement des chambres.
- D’autres travaux moins significatifs ont été
réalisés dans un souci d’amélioration de l’offre au
bénéfice des résidents.
-- 243 of 338 --
Réponses au contradictoire – Annexe IV
- 3 -
- Annexe IV 1.1. page 3, 2ème §
« Le groupe n’a pas souhaité répondre à des appels d’offre de
création de nouveaux PASA ».
Les discussions relatives à la création de nouveaux
PASA se font notamment lors de la signature des CPOM.
Il est, en effet, constaté un retard important apporté à la
signature des CPOM, dont le calendrier est de la
responsabilité des ARS et non de l’exploitant.
Le groupe a relancé en 2022, l’ensemble des ARS
concernées pour finaliser la signature des CPOM.
Au cours de l’année 2022, le groupe a décidé d’arrêter
de répondre aux appels à projet ou manifestation
d’intérêt afin de pouvoir mieux s’investir et se recentrer
sur les fondamentaux avant de diversifier l’offre.
- Annexe IV 1.3. page 5, 2ème §
L’autorisation de transfert de l’EHPAD (LES CHARMILLES)
n’a pas été préalablement délivrée par l’ARS et le Conseil
département, plaçant le groupe dans une situation
d’insécurité juridique.
La réalisation d’un transfert universel du patrimoine
(TUP) de la société LES CHARMILLES à la société LES
JARDINS d’AIFFRES ainsi que le transfert des salariés et
partiellement des résidents sur le site d’AIFFRES a été
un préalable avant la délivrance de l’autorisation de
transfert qui a été accordé le 10 janvier 2024 par les
Tutelles, à la suite de la visite de conformité.
L’autorisation de transfert a été sollicitée par le groupe
à l’ARS depuis l’acquisition des titres de la société
d’exploitation LES CHARMILLES.
- Annexe IV 1.3. page 5
Projet de regroupement des autorisations des EHPAD ABA et
LADA situés à SIGNES et à LA CRAU pour un transfert sur le
site de NANS LES PINS, l’accord n’est pas concrétisé à ce jour
et fait donc perdurer une organisation de la prise en charge
des résidents contestable.
Il a été rappelé ci-dessus que dans le cadre du
regroupement des lits des EHPAD LES AMIS DES AINES
situé à SIGNES et AU BON ACCUEIL situé à LA CRAU sur
le site de NANS LES PINS, le groupe reste toujours dans
l’attente de l’obtention d’une autorisation de transfert
et de regroupement des lits depuis près de 3 ans.
Rédaction maintenue ; comme la réponse l’indique,
l’absence d’implantation de nouveaux PASA est
également un choix stratégique contraint, conséquence
des difficultés opérationnelles du groupe qui l’ont
amené à se concentrer sur son exploitation courante au
détriment de projets innovants
Rédaction modifiée pour mentionner la décision de
transfert du 10 janvier 2024, postérieure à la rédaction
du rapport provisoire de la mission
Cf ci-dessus : mention page 2 de la demande de
regroupement des trois sites
-- 244 of 338 --
Réponses au contradictoire – Annexe IV
- 4 -
- Annexe IV 2.1.1.1 page 6, 2ème §
Le Directeur médical
A la demande de la Directrice Générale du Groupe
arrivée en janvier 22, le poste de directeur médical a été
créé, après accord du Conseil de surveillance. Un délai
de 6 mois a été nécessaire pour son recrutement.
- Annexe IV 2.1.1.3 page 8, 2ème §
La coordinatrice a également dans son portefeuille le
développement de projets d’extension ou de transformation,
de création d’UVP ou de PASA mais n’a répondu à aucun appel
à projets dernièrement au regard de l’absence de demande
des établissements.
Renvoi aux observations sous l’article Annexe IV 1.1.
page 3, 2ème paragraphe.
- Annexe IV 2.1.2.1 page 9, 3ème §
« Medco Conseil : La mission n’a eu toutefois connaissance
d’aucun document de suivi de la mise en œuvre des plans
d’action ».
Pour pallier ce manquement, le Groupe va déployer une
version 2 de la CRM qui comportera un module
additionnel permettant de gérer les plans d’actions
qualité conformément au référentiel HAS.
- Annexe IV 2.1.2.3 page 12, 2ème §
Logiciel Titan groupe :
Le logiciel Titan groupe permet un paramétrage
unique et répond aux normes d’hébergement des
données de santé en mode SAS mais nécessite une
connexion internet à haut débit.
- Annexe IV 2.1.2.3 page 14, 5ème §
Le siège a créé des profils types TITAN qui définissent
pour chaque profil l’étendue des accès aux
informations contenus sur le logiciel TITAN en
fonction du poste occupé.
Chaque directeur d’établissement ouvre ensuite un
compte TITAN pour les salariés qu’il embauche en
choisissant parmi les profils types définis par le siège.
Dont acte. Rédaction maintenue, le poste a été créé en
octobre 2022, soit sept ans après la création de la
société
Rédaction maintenue
Rédaction modifiée pour intégrer ces éléments
Mention ajoutée au §1 de ce chapitre
Rédaction maintenue – La direction n’a apporté à la
mission aucune élément factuel concernant des
contrôles aléatoires
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Réponses au contradictoire – Annexe IV
- 5 -
A partir de là le siège va effectuer des contrôles
aléatoires en croisant la liste des salariés de
l’établissement et des fiches TITAN pour vérifier que
les accès donnés sont corrects.
- Annexe IV 2.1.2.3 page 14, 7ème §
Concernant les pratiques de transcription
d’ordonnances par les médecins traitants dans TITAN
il serait nécessaire de convenir au niveau de la
profession, d’une action corrective afin de sécuriser le
système et d’être en conformité avec la législation.
- Annexe IV 2.2.1 page 17, 3ème §
« Retard apporté dans la négociation des CPOM »
Renvoi aux observations sous l’article Annexe IV 1.1.
page 3, 2ème paragraphe
- Annexe IV 2.2.1 page 18, 3ème §
Cette préparation (de l’évaluation) a en effet été laissée
largement à la main des directions d’établissement pour
ces premières évaluations, la coordination des
établissements médico-sociaux au siège du groupe
intervient subsidiairement et en appui.
La responsable médico-sociale a été formé en externe
par GEPI Conseil aux nouvelles normes HAS.
Elle sera un support pour la formation interne sur la
nouvelle norme HAS des établissements.
Pour 2024, la présidente a mis la priorité sur
l’accompagnement des établissements pour préparer
les évaluations externes avec le support conjoint de la
responsable medico-sociale et la directrice des soins.
- Annexe IV 2.2.3 page 19, 1er §
Tous les directeurs d’établissement ont notamment
dans leur objectif qualitatif 2023 de réaliser leur projet
d’établissement.
- Annexe IV 2.2.4 page 20, 3ème §
Difficulté de recruter un psychologue qui réalise le projet de
vie et la taille des établissements est un facteur discriminant
Dont acte, le rapport souligne ces difficultés. Rédaction
maintenue
Rédaction maintenue ; elle indique que le rythme de
conclusion des CPOM est également tributaire des ARS
et des conseils départementaux
Dont acte ; rédaction maintenue : elle indique qu’après
une première phase pendant laquelle la main a été
laissée aux établissements, une démarche
d’accompagnement par le groupe est en cours de
structuration
Dont acte ; c’est ce qu’indique le rapport, rédaction
maintenue
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Réponses au contradictoire – Annexe IV
- 6 -
Les psychologues exercent en général en libéral.
Le groupe ne rencontre aucune difficulté pour
recruter un psychologue à temps partiel.
La responsale médico-sociale et la directrice des soins
travaillent activement sur un nouveau projet de vie
simplifié et la procédure associée et vont
accompagner les psychologues dans le déploiement et
également dans la promotion de la bientraitance
(formation en cours).
- Annexe IV 3.2 page 23, 3ème §
Médecins coordonnateurs : Carence des candidats.
Les annonces de recrutement proposent un temps de
travail légal.
Pour les postes en cours, le groupe s’expose à certains
refus des médecins coordonnateurs d’augmentation
leurs temps de travail.
- Annexe IV 3.2 page 24, 2ème § et page 26 3ème
§
Médecin coordinateur dans la Meuse :
Le Médecin coordonnateur est toujours joignable et se
rend régulièrement sur les trois établissements.
Il a refusé par écrit une augmentation du temps de
travail à 0,8 parce qu’il exerce en libéral.
Il est également médecin traitant sur les sites de
Pierrefitte et Souilly.
- Annexe IV 3.2.2.2 page 32, 5ème paragraphe
Rapport d’inspection de l’EHPAD l’Elvody portant sur le
diner
Depuis l’inspection ARS de 2021, le changement
d’horaires des salariés a été opéré pour accompagner
qualitativement la prise des repas. L’horaire du diner
est plus tardif entre 18h et 18h30.
Dans chaque établissement, des collations de nuit
sont proposées lors du tour de nuit, lorsque le
résident ne dort pas.
- Annexe IV 3.2.2.2 page 32, 7ème paragraphe
Rapport d’inspection de l’EHPAD Les Amis des Ainés
portant sur le respect du rythme de vie des résidents
Depuis deux ans, le groupe s’est employé au
changement de consignes.
Rédaction maintenue. Elle relève que, factuellement, ce
sont surtout les petits établissements qui sont
dépourvus de psychologues. S’il n’y a aucune difficulté
de recrutement même à temps très partiel, on peut
s’étonner de ce que cette situation perdure.
Dont acte ; rédaction maintenue
Tous ces éléments figurent dans le paragraphe.
Rédaction maintenue
Rédaction modifiée pour intégrer cette précision et
l’évolution de l’organisation des repas suite
à l’inspection
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Réponses au contradictoire – Annexe IV
- 7 -
Les dysfonctionnements majeurs sont levés au fur et
à mesure.
- Annexe IV 3.4.1 page 45, 3ème paragraphe
La formalisation des premiers plans de formation a
été réalisée en 2023, avec la prise en compte des
formations bientraitance.
Il s’agit pour le groupe d’un changement culturel fort
d’inciter les salariés au droit de s’exprimer sur l’outil
TITAN qui permet la déclaration d’évènements
indésirables.
La plupart des salariés du groupe ont un accès au
compte TITAN.
Pour les salariés qui n’ont pas accès au compte TITAN,
ils ont à leur disposition une boite aux lettres pour
déposer leurs déclarations sur les évènements
indésirables.
- Annexe IV 3.4.2 page 46, 1er §
Maltraitance La Roseraie
Cette situation fait l’objet d’une procédure en cours en
annulation de l’abrogation de l’arrêté d’exploitation
devant le Tribunal Administratif de Montreuil.
- Annexe IV 3.4.2 page 46, 4ème §
Le déploiement d’outils sur la démarche qualité permet
d’assurer une continuité en cas de changement de
gouvernance.
L’appui d’une IDEC groupe, d’un directeur, des DR et
RRH, des fonctions supports et d’une directrice d’appui
permettent de stabiliser la gouvernance.
Le groupe a par ailleurs développé une politique de
tolérance « 0 » concernant la maltraitance. Pour ce
faire, le respect de cet objectif premier est pris en
compte dans le mode de détermination de la
rémunération variable des directeurs.
Il est ainsi précisé aux directeurs que la qualité de la prise
en soins des résidents est prioritaire dans le but de
garantir leur bientraitance, de sorte que si celle-ci
n’était pas au niveau attendu, le versement d’une
prime variable ne pourrait être envisagé.
Rédaction maintenue faute d’éléments probants précis
vu
Rédaction maintenue
Dont acte s’agissant de la rémunération variable des
directeurs, la formulation de la conditionnalité étant
toutefois relativement imprécise. Rédaction maintenue.
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Réponses au contradictoire – Annexe IV
- 8 -
- Annexe IV 3.4.2 page 47, 1er §
Certaines inspections ARS ont été, de fait, réalisées
avant la prise en compte et la mise en place des
recommandations et avant la stabilisation des mesures
préconisées.
- Annexe IV 3.5 page 49, 4ème §
Il est systématiquement mis à disposition des équipes
de nuit des collations en fonction des attentes et besoins
des résidents.
- Annexe IV 3.5 page 50, 2ème §
A l’exception de deux établissements ayant une
prestation de restauration externalisée à partir d’une
cuisine centrale du groupe, tous les autres
établissements du groupe ont une cuisine sur place.
Un changement radical a été opéré avec le contrat cadre
PRIMAPPRO sur tous les établissements afin de
favoriser :
- Les produits frais,
- Une cuisine sur place,
- Une adaptation des menus,
- Un enrichissement naturel,
- Un renforcement des équipes en cuisine en charge
de piloter la restauration en fonction des attentes
des résidents et dans le cadre d’un respect du CRJ
- Une sécurisation des normes HAACCP
- Annexe IV 3.6 page 51, 3ème §
Le groupe est surpris des conclusions visant les postes
animation et restauration, alors que l’enjeu du groupe a
porté notamment sur l’amélioration de la qualité de ces
deux sujets clé, facteurs de satisfaction des résidents.
Concernant la restauration, cf observations Annexe IV
3.5 page 50, 2ème §.
Concernant l’animation :
L’organisation de l’animation est hétérogène sur
l’ensemble des EHPAD du groupe.
Le directeur d’établissement est à l’initiative et détient
un budget suffisant pour proposer des animations
internes de qualité et des sorties externes (avec ou sans
véhicule)
Dont acte ; certaines des inspections sont antérieures
aux initiatives et actions visant à développer la qualité
de la prise en charge au sein du groupe. Rédaction
maintenue
Rédaction maintenue : La mission a pu constater dans
un établissement visité que les équipes n’avaient pas
accès aux cuisines durant la nuit, ne laissant à
disposition des équipes qu’un nombre limité de
collations, ce qui s’avère souvent insuffisant.
La mission avait noté trois : correction apportée dans le
rapport
La mission a basé ses constats sur ses visites et ses
propres observations et non sur des posts LinkedIn.
Elle a consulté les plannings d’animation qui sont
souvent pauvres et maintient ses observations.
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Réponses au contradictoire – Annexe IV
- 9 -
Cette appropriation de l’animation par le directeur
d’établissement se fait site par site, en fonction
notamment du GMP et de la localisation de l’EHPAD.
Pour constater l’implication des directeurs dans
l’animation, il suffit de se connecter au compte LinkedIn
ou google de l’EHPA ou du directeur, dans lequel les
directeurs postent régulièrement les animations
réalisées, photos à l’appui.
Il existe dans les établissements des plannings
d’animation.
Dans certains établissements les animateurs ont des
temps de présence également le Week end.
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ANNEXE VI
Reporting budgétaire et comptable relatif à
l’usage des dotations publiques
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SOMMAIRE
1. L’INTEGRATION PROGRESSIVE DE LA FONCTION BUDGETAIRE AU SEIN DU
GROUPE MEDICHARME TEMOIGNE DE LA REPRISE EN MAIN RECENTE PAR LE
SIEGE DU PILOTAGE DE L’ACTIVITE DES ETABLISSEMENTS ......................................1
1.1. Depuis 2021, la centralisation de la fonction budgétaire au niveau du siège
s’appuie sur une politique de recrutement volontaire et de restructuration des
missions entre services du siège et établissements...........................................................1
1.1.1. L’application d’une procédure budgétaire uniforme est assurée au niveau
du siège par une direction dédiée dont les effectifs se sont progressivement
étoffés à mesure de l’extension du groupe ................................................................... 1
1.1.2. Créé en août 2021, le poste de directeur de région a vocation à structurer le
déploiement de la stratégie et des projets du groupe au niveau régional .... 2
1.1.3. Les directeurs d’établissement sont responsables de la bonne gestion
financière et budgétaire de leur établissement et les interlocuteurs
privilégiés des autorités publiques .................................................................................. 7
1.2. La volonté croissante de pilotage des établissements par le siège s’est
accompagnée de l’adoption de procédures budgétaires dont la diffusion et
l’application sont assurées à l’aide d’une démarche de contrôle de gestion ........ 10
1.2.1. Si la procédure d’élaboration du budget de chaque établissement repose sur
une volonté de dialogue entre directeur d’établissement et direction
générale, elle intervient dans un cadre défini préalablement par le siège 10
1.2.2. La politique d’achats du groupe Médicharme repose sur l’adoption récente
d’une procédure de validation des engagements au profit des directeurs
régionaux et la mise en place par le siège de contrats-cadres pour
l’ensemble des établissements ........................................................................................ 13
1.2.3. L’application de la stratégie financière et budgétaire du groupe s’appuie
sur une procédure de reporting qui permet d’assurer l’atteinte des objectifs
fixés pour chaque établissement.................................................................................... 19
2. LES FINANCEMENTS PUBLICS REÇUS PAR LE GROUPE MEDICHARME ONT
EVOLUE A MESURE DE SA STRATEGIE D’EXPANSION ET COUVRENT, EN
MAJORITE ET DE MANIERE CONSTANTE DEPUIS 2020, DES DEPENSES DE
PERSONNEL ............................................................................................................................... 24
2.1. Afin d’évaluer le bon usage des dotations publiques, la mission a comparé
l’évolution des dotations publiques avec celle des dépenses imputables à ces
deux sections sur la période 2020-2022 ............................................................................. 24
2.2. Dans un contexte d’expansion, les montants des forfaits soins et dépendance
versés au groupe Médicharme ont augmenté de 41 % sur la période 2020-2022
...27
2.3. L’augmentation des principales dépenses financées par le forfait soins et le forfait
dépendance est portée depuis 2020 par les dépenses de personnel ...................... 30
3. LE CARACTERE FASTIDIEUX, NON NORME ET NON TRANSPARENT DE LA
METHODOLOGIE D’ELABORATION DES ETATS DE PREVISION ET DE
REALISATION DES RECETTES ET DES DEPENSES (EPRD ET ERRD) PORTE
ATTEINTE A LA FIABILITE DU REPORTING BUDGETAIRE AUPRES DES
AUTORITES DE TARIFICATION........................................................................................... 36
-- 252 of 338 --
3.1. La procédure de construction des EPRD et ERRD de l’ensemble des
établissements du groupe est placée sous la responsabilité d’un unique
responsable projets finance et comptabilité...................................................................... 37
3.2. Le remplissage des ERRD repose sur une méthodologie fastidieuse de
transposition de la comptabilité générale, définie en interne par le groupe
Médicharme et sans cadre normatif préalable imposé par les autorités de
tarification........................................................................................................................................ 40
3.3. La reconstitution par la mission de la méthodologie employée par le groupe
Médicharme pour élaborer deux ERRD 2022 révèle le manque de fiabilité et de
complétude des informations transmises aux autorités de tarification................. 44
4. AFFECTEES SELON DES CLEFS DE REPARTITION DECLARATIVES, LES DEPENSES
IMPUTEES ENTRE LES DIFFERENTES SECTIONS DE L’ERRD REPONDENT AVANT
TOUT A UNE LOGIQUE DE SATURATION DES ENVELOPPES SOINS ET
DEPENDANCE............................................................................................................................ 55
4.1. Le reporting RH de l’annexe activité et le tableau des effectifs et des
rémunérations sont pilotés pour minimiser les excédents sur les dotations soins
et dépendance................................................................................................................................. 55
4.2. Dès lors que l’affectation des charges est non significative, le suivi des excédents
soins et dépendance par le groupe Médicharme ne reflète aucune réalité
comptable ni même économique............................................................................................ 58
4.2.1. Entre 2020 et 2022, le groupe Médicharme déclare avoir
dégagé 8 040 471,84 € d’excédents sur ces forfaits sans que la comptabilité
ne permette d’en retracer le suivi ni d’en garantir l’affectation dans le
respect du cadre réglementaire ..................................................................................... 58
4.2.2. Les crédits non reconductibles octroyés par les ARS ne font pas fait l’objet
d’un suivi comptable consolidé permettant de justifier de leur
consommation et de la conformité règlementaire de leur usage................... 64
5. RENFORCE PAR L’APPLICATION EN 2023 DU CADRE COMPLET DES ERRD, LE
CONTROLE DES AUTORITES DE TARIFICATION PATIT D’UN MANQUE
D’OBJECTIFS ET DE METHODOLOGIE POUR POUVOIR APPRECIER LA SITUATION
FINANCIERE DES ETABLISSEMENTS ................................................................................. 68
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Annexe VI
- 1 -
1
1. L’intégration progressive de la fonction budgétaire au sein du groupe
Médicharme témoigne de la reprise en main récente par le siège du
pilotage de l’activité des établissements
1.1. Depuis 2021, la centralisation de la fonction budgétaire au niveau du siège
s’appuie sur une politique de recrutement volontaire et de restructuration
des missions entre services du siège et établissements
Depuis l’arrivée en 2021 d’une nouvelle présidente à la tête du groupe Médicharme,
l’intégration budgétaire des établissements s’est traduite en premier lieu par une politique
d’étoffement des services du siège (1.1.1), en particulier, à travers la création de trois postes
de directeurs régionaux (1.1.2) et ensuite, par le recrutement actif des postes vacants de
directeurs d’établissement (1.1.3).
1.1.1. L’application d’une procédure budgétaire uniforme est assurée au niveau du
siège par une direction dédiée dont les effectifs se sont progressivement étoffés
à mesure de l’extension du groupe
En parallèle de la stratégie d’expansion menée par le groupe depuis sa création en 2015
et son accélération à compter de 2018, date d’entrée d’un nouvel actionnaire, G-Square,
la procédure budgétaire fait l’objet depuis 2017 d’une centralisation progressive auprès
du siège.
Au niveau du siège, la procédure budgétaire et comptable est assurée depuis
le 1 er novembre 2017 par la Direction de l’administration et des finances, rattachée
directement à la présidente du groupe Médicharme (cf. graphique 1).
De 11 ETP début 2020, la direction de l’administration et des finances compte, à la date du
contrôle, 22 ETP pour un groupe qui compte 32 établissements d'hébergement pour
personnes âgées dépendantes (EHPAD) accueillant 1 628 résidents pour une capacité de 1 936
places, deux établissements d'hébergement pour personnes âgées (EHPA), 6 résidences
services seniors (RSS) et un foyer d'accueil médicalisé (FAM).
Cette direction s’est étoffée à mesure que le groupe a acquis de nouveaux établissements et est
aujourd’hui composée de :
un poste de directeur administratif et financier qui, lors de la procédure de contrôle du
groupe Médicharme par la mission, était vacant et ses missions, assurées par un
directeur administratif et financier dans le cadre d’une convention d’assistance et de
conseil entre Médicharme et la société Prospheres depuis le 21 août 2023 et sans date
de fin pré-définie ;
un poste de responsable projets finance et comptabilité qui a pour mission :
d’analyser les budgets des établissements et opérer un contrôle de gestion ;
d’apporter également son expertise financière et budgétaire afin de coordonner et
piloter des dispositifs médico-sociaux ;
d’assurer la réalisation et le suivi des états prévisionnels de recettes et des
dépenses (EPRD) et des états réalisés des recettes et des dépenses (ERRD) ;
un poste de trésorier groupe et un poste de trésorière opérationnelle qui assurent la
gestion des activités de trésorerie pour le groupe ;
un poste de responsable contrôle de gestion exploitation qui, avec l’appui d’une
contrôleuse de gestion sociale et médico-sociale et d’une contrôleuse de gestion
exploitation, assure :
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Annexe VI
- 2 -
2
le pilotage et la production du processus budgétaire ;
la réalisation des exercices prévisionnels ;
l’analyse mensuelle du chiffre d’affaires ;
et enfin, le suivi opérationnel de chaque établissement du groupe ;
un poste de directrice administration des ventes ainsi qu’un poste de responsable
administration des ventes en charge des procédures de tarification et de facturation
(cf. annexe II) ;
enfin, un poste de directeur des comptabilités qui assure des missions d’animation des
clôtures comptables annuelles et mensuelles et les exercices de reporting qui en
découlent, l’intégration des nouveaux établissements, la réalisation des clôtures des
comptes consolidés en lien avec les commissaires aux comptes et les prestataires de paie.
Enfin, il assure l’encadrement des différents postes qui composent la direction, à savoir :
un poste de responsable comptable fournisseur qui assure l’interface du groupe
avec les fournisseurs à travers le logiciel « YOOZ », outil de dématérialisation des
factures fournisseurs, et encadre une équipe de trois aide-comptable fournisseur ;
sept postes de comptables généraux qui disposent chacun d’un portefeuille de
sociétés du groupe dont ils assurent les clôtures comptables mensuelles et
fiabilisent les balances ;
deux postes de comptables immobilier qui ont pour mission d’assurer les clôtures
comptables mensuelles et annuelles des sociétés civiles immobilières (SCI) du
groupe, l’élaboration trimestrielle des quittances de loyers faites pour le compte
des propriétaires, le suivi de la validation des factures par le service immobilier du
siège, l’établissement et le suivi des encaissements des appels de fonds demandés
pour les ventes des logement en l’état futur d’achèvement (VEFA) et, enfin, le suivi
des encaissements des autres ventes de logements du groupe.
1.1.2. Créé en août 2021, le poste de directeur de région a vocation à structurer le
déploiement de la stratégie et des projets du groupe au niveau régional
A travers la création de trois postes de directeurs régionaux en août 2021, à l’initiative
de la présidente actuelle, le groupe Médicharme s’est doté d’un échelon supplémentaire
dédié au pilotage opérationnel de l’ensemble de ses établissements.
Dans le cadre de la politique budgétaire, le directeur régional a pour première mission
de superviser la procédure d’élaboration du budget annuel de chaque établissement
relevant de son périmètre.
Lors du contrôle de Médicharme par la mission, trois directeurs régionaux avaient en charge
chacun la supervision d’un des trois périmètres définis par le groupe à l’échelle
régionale (cf. tableau 1) :
le secteur Nouvelle-Aquitaine et Normandie (neuf établissements) ;
le secteur sud qui regroupe l’Occitanie et la région PACA (quinze établissements) ;
enfin, le secteur nord qui regroupe la région des Hauts-de-France, la région Grand-Est, la
région Bourgogne-Franche-Comté, la région Auvergne-Rhône-Alpes, la région
Île-de-France et le Centre-Val de Loire (sept établissements).
Chaque directeur régional est selon sa fiche de poste « responsable du respect des budgets des
établissements et ce, dans le respect de normes de qualité. Il a pour mission d’optimiser l’ensemble
des charges en fonction du taux d’occupation ». Pour ce faire, il est assisté des fonctions support
du siège et notamment de la direction de l’administration et des finances. Il a ainsi pour
missions :
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Annexe VI
- 3 -
3
d’analyser mensuellement les indicateurs produits par la responsable de contrôle de
gestion exploitation et son équipe dans des tableaux de bord économiques et sociaux
(réunis dans un document unique appelé « opération contribution ») qui recensent le
taux d’occupation, le chiffre d’affaires, les frais de personnel et proposent une analyse
comparative avec le prévisionnel ;
de respecter les procédures financières ;
de mettre en place des actions adaptées en fonction des résultats analysés par
établissement dans le but de réaliser les objectifs fixés pour l’année.
Au sein des établissements de son secteur, les directeurs régionaux disposent des délégations
de pouvoir de la présidente du groupe pour les missions budgétaires suivantes :
s’assurer que tous les moyens sont réunis, notamment financiers et budgétaires, pour
garantir une prise en soins qualitative des résidents ;
communiquer aux directeurs des établissements les informations venant de la direction
générale, nécessaires à la réalisation de leur activité ainsi qu’à la réalisation des projets
d’établissement ;
prendre les mesures disciplinaires nécessaires à l’encontre des directeurs
d’établissement ;
s’assurer d’un bon climat social dans les établissements de son territoire ;
veiller en permanence à ce que les établissements de son secteur disposent des
ressources humaines nécessaires à leur bon fonctionnement ;
s’assurer que les directives et les procédures soient appliquées.
Afin d’assurer l’ensemble de ces missions, le directeur régional :
peut engager les dépenses nécessaires pour assurer la sécurité des personnes et des
biens, dans le respect de la procédure d’engagement des dépenses qui fixe les seuils de
validation de celles-ci (cf. 1.2.2), à l’exclusion des dépenses d’investissement qui restent
la prérogative exclusive de la présidente et qui devront faire l’objet d’une validation par
cette dernière ;
peut faire diligenter les audits nécessaires pour vérifier le respect de la législation en
matière d’hygiène et de sécurité, ainsi qu’en matière sociale et médico-sociale.
Une part variable de la rémunération du directeur régional (20 %) dépend de l’atteinte
d’objectifs budgétaire et financier fixés chaque année à l’échelle de son périmètre.
Selon la lettre adressée le 10 mai 2023 à chaque directeur régional par la présidente, le
système de rémunération variable pour l’année 2023 repose avant tout sur « la qualité de la
prise en soins des résidents dans le but de garantir leur bientraitance ». Trois objectifs sont
cependant définis plus précisément s’agissant des enjeux budgétaires :
un taux d’occupation moyen des établissements1 de la région à atteindre
représentant 30 % de la prime ;
un tarif moyen d’hébergement (TMH) de la région à atteindre représentant 10 % de la
prime ;
un objectif d’Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation, Amortisation and restructuring
or rent costs (EBITDAR)2 représentant 40 % de la prime et issu de la co-construction
budgétaire entre le directeur régional, les directeurs d’établissement et le siège.
Ainsi, seulement 20 % de la part variable de la rémunération des directeurs régionaux ne sont
pas consacrés à des objectifs budgétaires.
1 Soit le ratio entre le nombre de lits occupés et le nombre de lits exploitables travaux exclus.
2 Soit pour un établissement les revenus avant soustraction des intérêts, impôts, dépréciation, amortissement et
frais de restructuration ou de location. L’EDITBAR est utilisé pour analyser la performance financière d’un
établissement et son potentiel de profit.
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Annexe VI
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4
La création de ces trois postes est venue pallier un pilotage de l’activité financière et
budgétaire des établissements du groupe Médicharme qui était jusqu’à présent
uniquement assuré par le siège sans autre relai local que les directeurs d’établissement.
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Annexe VI
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5
Tableau 1 : Liste des directeurs régionaux et des directeurs d’établissement du groupe Médicharme à la date du contrôle
Région Directeur régional Nom établissement Directeur
Aquitaine Normandie Pedro BARBOSA VITEAL OLERON Céline ORRYE GARLAN
Aquitaine Normandie Pedro BARBOSA LES 4 SAISONS Anne WEYNANT
Aquitaine Normandie Pedro BARBOSA LE BEAU SITE Chloé ANGER
Aquitaine Normandie Pedro BARBOSA L'ELVODY Anne WEYNANT
Aquitaine Normandie Pedro BARBOSA LA JUVENIE Annie JABOULAY remplacée par Amélie NARFIT
Aquitaine Normandie Pedro BARBOSA LES CHENES VERTS Hortense PERIER
Aquitaine Normandie Pedro BARBOSA
RESIDENCE DU LAC
RESIDENCE DU LAC (ZOPPOLA)
RESIDENCE DU LAC (BEURRE)
Benjamin STROUK (manager de transition)
Aquitaine Normandie Pedro BARBOSA LES JARDINS D'AIFFRES Michel DORLET (Manager de Transition)
Aquitaine Normandie Pedro BARBOSA LA VALLEE DU BANDIAT Annick CASAS
Nord RESIDENCE SAINT GEORGES Raphael GAYRAUD
Nord RESIDENCE DE FRANCE Julian RAMBAULT
Nord LES AIRELLES Sonia BOUSLAMA
Nord LES EAUX VIVES Laurence LESIRE
Nord LA MAISON DE THERESE Thierno AGANDANOU
Nord LE CHAMP DE LA DAME Nicolas DA CRUZ
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Annexe VI
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6
Région Directeur régional Nom établissement Directeur
Nord LA VILLA CLAUDINE Guillaume FANGET
Sud Matthias HOULLEBREQUE LES CHATAIGNIERS Jean Claude SADY
Sud Matthias HOULLEBREQUE LA PASSERELLE Jean Claude SADY
Sud Matthias HOULLEBREQUE LA CROIX DU SUD William ZULLO
Sud Matthias HOULLEBREQUE LES BUISSONNETS Stephane DAMOUR
Sud Matthias HOULLEBREQUE LA MADRAGUE Nathalie TANIC
Sud Matthias HOULLEBREQUE LES GENEVRIERS / REOC William ZULLO
Sud Matthias HOULLEBREQUE LES JARDINS DE SAINTE BAUME Anne VINCENT
Sud Matthias HOULLEBREQUE LA FRUITIERE Stéphanie CRISTIANO
Sud Matthias HOULLEBREQUE AU BON ACCUEIL Christel MICHEL
Sud Matthias HOULLEBREQUE LES AMIS DES AINES Christel MICHEL
Sud Matthias HOULLEBREQUE OREADIS Soraya BANNICQ
Sud Matthias HOULLEBREQUE LA BASTIDE DU LUBERON Charlotte NERI
Sud Matthias HOULLEBREQUE AERIA Géraldine LOUISOR
Sud Matthias HOULLEBREQUE MEISSEL Géraldine LOUISOR
Sud Matthias HOULLEBREQUE LES FEUILLANTINES Fabienne DUPILLE
Source : Données transmises à la mission par le groupe Médicharme en date du 11 octobre 2023.
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Annexe VI
- 7 -
7
1.1.3. Les directeurs d’établissement sont responsables de la bonne gestion financière
et budgétaire de leur établissement et les interlocuteurs privilégiés des autorités
publiques
Depuis l’arrivée en 2021 d’une nouvelle présidente, le groupe Médicharme a entrepris
le recrutement et la stabilisation du nombre de directeurs d’établissement
(cf. annexe III).
Aussi, lors du contrôle de la mission, le groupe Médicharme compte 26 directeurs qui
encadrent ses 43 établissements parmi lesquels :
deux directeurs de transition ;
et quatre directeurs encadrant plus de deux établissements (cf. tableau 1).
Ces recrutements sont nécessaires au regard des prérogatives des directeurs
d’établissement en termes de gestion financière au sein du groupe Médicharme.
En effet, selon sa fiche de poste, le directeur d’établissement est le garant :
de la bonne gestion des comptes d’exploitation et du respect du budget annuel ;
de la mise en œuvre du suivi régulier du budget ;
de l’élaboration de la documentation financière relative aux déclarations auprès des
autorités de tarification ;
du suivi des lignes de coûts (charges avant EBITDAR) en recherchant leur maitrise ;
de la facturation client y compris la gestion de l’aide sociale ;
de la politique de recouvrement des créances de l’établissement ;
et enfin, de la gestion des stocks et de l’acquisition d’équipements nécessaires à son
activité, dans le respect des contrats-cadres du siège.
Afin d’accomplir ses missions, le directeur d’établissement dispose, de la part de la
présidente du groupe Médicharme, de délégations de pouvoir en termes de gestion
budgétaire et financière qui sont les suivantes :
mise en œuvre des procédures budgétaires et tarifaires nécessaires à la gestion de
l’établissement ;
participation à l’élaboration, au suivi et au respect des budgets prévisionnels en
collaboration avec le directeur administratif et financier ;
élaboration des comptes d’emploi ainsi que du recueil de tous les justificatifs nécessaires
au contrôle budgétaire des autorités de tarification ;
facturation client en conformité avec la législation et les règlementations en vigueur.
Le directeur d’établissement peut engager des dépenses pour le compte de l’établissement
selon la procédure d’engagement des dépenses en date du 20 juillet 2022 qui fixe un seuil
maximal de 1 000 €, au-delà duquel l’avis et la signature du directeur régional sont obligatoires
(cf. 1.2.2).
Malgré une centralisation accrue de la fonction budgétaire, le directeur d’établissement
demeure le garant de la sincérité du reporting budgétaire auprès du siège tout en étant
l’interlocuteur unique des autorités publiques.
Le directeur est aussi responsable de la conformité et de l’exactitude des éléments de salaires
transmis à la direction de l’administration et des finances ainsi que de la rédaction des rapports
d’activités de son établissement.
Il est surtout le responsable de la sincérité des documents attestant du bon usage des dotations
publiques auprès des autorités de tarification, agence régionale de santé (ARS) et conseil
départemental, en étant le signataire chaque année de l’état prévisionnel des recettes et des
dépenses (EPRD) et de l’état réalisé des recettes et des dépenses (ERRD) de son établissement.
-- 260 of 338 --
Annexe VI
- 8 -
8
Une part variable de sa rémunération annuelle (10 %) dépend de l’atteinte d’objectifs
budgétaires et financiers.
Comme pour les directeurs régionaux, pour l’année 2023, la lettre adressée le 10 mai 2023 par
la présidente à l’ensemble des directeurs d’établissement définit les objectifs annuels suivants
s’agissant des enjeux budgétaires et financiers :
un taux d’occupation moyen annuel pour chaque établissement représentant 40 % de la
prime ;
un EBITDAR budgété représentant 40 % de la prime qui résulte de la co-construction
budgétaire réalisée par l’établissement avec les services du siège.
-- 261 of 338 --
Annexe VI
- 9 -
9
Graphique 1 : Organigramme de la fonction budgétaire et comptable du groupe Médicharme en octobre 2023
Source : Organigramme du groupe Médicharme à la date du 11 octobre 2023 ; Mission.
Présidente
Directeur
administratif et
financier
Responsable Projets
finance et
comptabilité
Trésorière groupe
Trésorière
opérationnelle
Responsable
Contrôle de gestion
exploitation
Contrôleuse de
gestion sociale et
médico-sociale
Contrôleuse de
gestion exploitations
Directrice
Administration des
ventes
Responsable
Administration des
ventes
Directeur des
comptabilités
Responsable
comptable
fournisseurs
Aides-comptables
fournisseurs
(3 ETP)
Comptables
généraux
(7 ETP)
Comptables
immobilier
(2 ETP)
Directeurs
régionaux
(3 ETP)
Directeurs
d’établissement
(26 ETP)
-- 262 of 338 --
Annexe VI
- 10 -
10
1.2. La volonté croissante de pilotage des établissements par le siège s’est
accompagnée de l’adoption de procédures budgétaires dont la diffusion et
l’application sont assurées à l’aide d’une démarche de contrôle de gestion
L’adoption en 2022 d’une politique budgétaire commune à l’ensemble des établissements
(cf. 1.2.1), qui repose notamment sur une procédure d’achats structurée autour de
contrats-cadres au niveau du groupe (cf. 1.2.2), a permis au groupe Médicharme de renforcer
l’intégration financière et budgétaire de ses établissements. Intégration qui est aujourd’hui
encadrée par une démarche de contrôle de gestion mensuelle qui emporte un suivi de l’atteinte
des objectifs annuels fixés à chaque établissement (cf. 1.2.3).
1.2.1. Si la procédure d’élaboration du budget de chaque établissement repose sur une
volonté de dialogue entre directeur d’établissement et direction générale, elle
intervient dans un cadre défini préalablement par le siège
La procédure d’adoption du budget annuel s’appuie sur un calendrier commun à tous
les établissements du groupe Médicharme.
Pour le budget de l’année N de chaque établissement, les directeurs d’EHPAD sont
destinataires, en août N-1, de maquettes budgétaires préremplies par le service contrôle de
gestion du siège. A partir de ces documents, ils sont chargés de proposer dans un premier
temps et à partir des résultats cumulés depuis janvier N-1, des hypothèses relatives au chiffre
d’affaires (taux d’occupation notamment), aux charges fixes de leur établissement, aux frais de
personnel et, enfin, aux investissements nécessaires. Ces hypothèses font ensuite l’objet d’un
échange entre chaque directeur d’établissement et chaque directeur régional en amont puis
avec le service du contrôle de gestion ainsi que la direction de l’immobilier entre mi-octobre et
mi-novembre N-1.
Le budget global est arrêté par le contrôle de gestion à la fin du mois de novembre N-1 et
présenté mi-décembre N-1 à la direction générale pour transmission ensuite aux actionnaires
pour validation.
Chaque établissement est enfin destinataire de son budget en janvier de l’année N.
Si la procédure repose sur un échange entre le siège et les établissements, la mission
constate qu’une grande partie des éléments intégrés dans les maquettes transmises en
août 2023 pour le budget 2024 est déjà préremplie par le contrôle de gestion
(cf. tableau 2).
Pour l’hébergement, certaines hypothèses sont déjà préremplies s’agissant :
du nombre de chambres exploitées mois par mois, sur la base des informations
transmises par la direction de l’immobilier ;
du taux d’inflation à appliquer aux résidents présents au 31 décembre 2023, soit 4 %.
S’agissant des dotations soins et dépendances, les hypothèses sont, là encore, définies par le
contrôle de gestion conjointement avec le contrôle de gestion médico-sociale à partir :
des arrêtés Soins et Dépendance 2023 communiqués avant l’été 2023 par l’agence
régionale de santé et le conseil départemental ;
des éventuels arrêtés modificatifs envoyés à l’automne 2023 ;
des hypothèses de taux d’occupation transmises par les directeurs régionaux et les
directeurs d’établissement.
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Annexe VI
- 11 -
11
Pour les produits annexes, le contrôle de gestion définit le chiffre d’affaires envisagé pour les
services complémentaires proposés par les établissements à partir des éléments issus de
l’année 2023.
S’agissant des charges consommables, si leur évolution est proportionnelle à l’évolution de
l’activité de chaque établissement (coût alimentaire par exemple), le contrôle de gestion
modélise à partir des données de l’année précédente les hypothèses pour l’année 2024.
En outre, certaines charges, telles que les coûts informatiques, les dépenses de maintenances
et les dépenses liées à des chantiers de travaux, sont directement inscrites dans les maquettes
budgétaires par les équipes du siège en lien avec la direction de l’immobilier. De même, la
fixation des loyers et de leur évolution en 2024 puis dans les deux années à venir sont
déterminées par la direction de l’immobilier avec le service contrôle de gestion sans
association des établissements.
Enfin, pour les dépenses d’investissement liées à l’exploitation (achat de matériel par
exemple), chaque établissement est invité à faire parvenir au contrôle de gestion ses besoins
pour l’année 2024 en indiquant leur nature, leur ordre de priorité, le montant estimé hors taxes
et la période d’investissement souhaitée. Les dépenses d’investissement liées à la maintenance
et aux projets de construction et de travaux qui relèvent des sociétés d’exploitation sont
budgétées directement entre le contrôle de gestion, le service maintenance régional et la
direction de l’immobilier.
En définitive, les hypothèses émises par les directeurs régionaux et les directeurs
d’établissement portent uniquement sur :
s’agissant de l’hébergement :
le nombre d’entrées / sorties mensuelles de fin août 2023 à décembre 2024 ;
le prix moyen d’hébergement (PMH) applicable aux nouveaux entrants en 2024 ;
s’agissant des charges consommables, les achats qui ne sont pas proportionnels à
l’évolution de l’activité de l’établissement (honoraires, intérim, énergie par exemple) ;
s’agissant des ressources humaines, à partir d’un fichier de travail transmis par le
contrôle de gestion aux établissements mentionnant les ETP mensuels par fonction, pour
les ETP réels présents à la fin du mois d’août 2023 et ceux mentionnés dans les
EPRD 2023 :
les salaires ;
les dispositifs de primes ;
et les besoins en remplacement.
Toutefois, ce travail doit être fait en relation avec le référent ressources humaines (RRH)
régional et il revient ensuite au contrôle de gestion la responsabilité du calcul de la masse
salariale globale pour l’année 2024 et pour chaque établissement à partir de l’ensemble de ces
données.
La procédure budgétaire ainsi que la chaine de validation au sein des établissements du
groupe Médicharme laisse donc peu de marge de manœuvre aux directeurs
d’établissement à l’exception des enjeux de ressources humaines et de taux
d’occupation. La mission constate que cette procédure entraine une forme de
déresponsabilisation des directeurs d’établissement s’agissant des enjeux budgétaires
de leur établissement.
-- 264 of 338 --
Annexe VI
- 12 -
12
Tableau 2 : Méthodologie de réalisation de la maquette budgétaire annuelle par établissement
Eléments de la maquette budgétaire annuelle
Données
préremplies par le
service du contrôle
budgétaire
Hypothèses formulées
par les établissements
et validées par le
siège
Hébergement
Nombre de chambres exploitées
mois par mois Oui -
Taux d’inflation à appliquer aux
résidents présents au
31 décembre 2023
Oui -
Nombre d’entrées / sorties
mensuelles de fin août 2023 à
décembre 2024 ;
- Oui
Prix moyen
d’hébergement (PMH) applicable
aux nouveaux entrants en 2024
- Oui
Dotations soins et dépendance
Oui, en lien avec le
contrôle de gestion
médico-sociale
Oui, pour les taux
d’occupation
Produits
annexes
Chiffre d’affaires pour les services
complémentaires Oui -
Ressources
humaines
Augmentation des salaires -
Oui, en lien avec le
référent ressources
humaines (RRH)
régional
Dispositifs de prime - Oui, en lien avec le RRH
régional
Besoins en remplacement - Oui, en lien avec le RRH
régional
Masse salariale globale Oui -
Charges
consommables
Si proportionnelles à l’activité de
l’établissement Oui -
Si non proportionnelles à
l’activité de l’établissement - Oui
Coûts informatiques
Oui, en lien avec la
direction de
l’immobilier
-
Dépenses de maintenance
Oui, en lien avec la
direction de
l’immobilier
-
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Annexe VI
- 13 -
13
Eléments de la maquette budgétaire annuelle
Données
préremplies par le
service du contrôle
budgétaire
Hypothèses formulées
par les établissements
et validées par le
siège
Dépenses liées à des chantiers de
travaux
Oui, en lien avec la
direction de
l’immobilier
-
Dépenses
d’investissement
Si liées à l’exploitation - Oui
Si liées à la maintenance et aux
projets de construction ou de
travaux
Oui, en lien avec le
service de
maintenance régional
-
Fixation des loyers
Oui, en lien avec la
direction de
l’immobilier
-
Source : Mission.
1.2.2. La politique d’achats du groupe Médicharme repose sur l’adoption récente d’une
procédure de validation des engagements au profit des directeurs régionaux et
la mise en place par le siège de contrats-cadres pour l’ensemble des
établissements
Définie par la direction de l’administration et des finances, la procédure d’engagement
des dépenses opérationnelles, applicable à l’ensemble des établissements du groupe
depuis le 20 juillet 2022, accroit la responsabilité des directeurs régionaux aux dépens
de l’autonomie des directions d’établissement.
Chaque directeur peut engager de manière autonome une dépense sans validation
complémentaire dans la limite unitaire de 1 000 €. Au-delà de ce montant, le directeur doit
obtenir la validation préalable du directeur de région. Cette validation doit être tracée et
historisée.
De son côté, le directeur de région a la possibilité d’engager une dépense allant jusqu’à 5 000 €.
Au-delà de ce montant, il doit obtenir la validation préalable de la direction générale du groupe.
Là encore, cette validation doit être tracée et historisée.
En revanche, la validation préalable du siège et dès le premier euro est obligatoire pour :
les dépenses de maintenance et d’investissement (comme par exemple le matériel de
cuisine et les lits) ;
les dépenses informatiques.
Enfin, les contrats de baux immobiliers ne relèvent pas de la responsabilité du directeur de
l’établissement ou du directeur de région mais de l’équipe immobilière du siège.
Cette procédure d’engagement laisse toutefois une marge de manœuvre aux directeurs
d’établissement pour les enjeux de ressources humaines et de restauration.
En effet, cette règle connait des exceptions s’agissant des frais relatifs au personnel salarié
pour lesquels les directeurs ont l’autonomie (sans validation du directeur régional mais dans
le respect de la masse salariale définie au budget), pour :
recruter des salariés en CDD à iso-salaire pour les remplacements ;
autoriser des heures complémentaires et supplémentaires.
Toutefois, les autres engagements de dépenses doivent être validés par le directeur de région
dès le premier euro, pour notamment :
-- 266 of 338 --
Annexe VI
- 14 -
14
recruter des salariés en CDI ;
recruter des salariés en CDD hors remplacements et/ou avec des salaires supérieurs à
ceux appliqués pour le même poste ;
engager toutes procédure de rupture de contrat et de contentieux sur le plan social.
Enfin, pour les dépenses d’intérim et de travail temporaire, tout engagement doit être validé
au préalable dès le premier euro par le directeur de région.
S’agissant de la restauration, l’engagement des dépenses (hors investissement relatif au
matériel de cuisine) jusqu’à 10 000 € relève de la responsabilité du directeur de
l’établissement. Au-delà de ce montant, la validation du directeur de région est obligatoire.
Au-delà de la procédure d’engagement, la centralisation de la politique achats du groupe
est assurée par l’intermédiaire de contrats-cadres.
S’agissant des achats, le groupe s’appuie sur un ensemble de contrats-cadres qui recouvrent la
majorité des besoins en achats des établissements (cf. tableau 2). Les établissements
procèdent à leurs achats à travers un unique logiciel, « YOOZ », offrant une procédure
entièrement dématérialisée des commandes et des factures.
L’ensemble de ces contrats-cadres couvre les principales activités d’exploitation des
établissements, à savoir la restauration, les fournitures médicales et pour l’incontinence, les
produits et matériels d’entretien, les vêtements de travail, le mobilier et le matériel de
bureautique ainsi que les assurances et les organismes de placement (cf. annexe II).
Seuls certains contrats sont encore passés par établissement mais le suivi est, là encore, assuré
par le siège. Il s’agit des activités :
de blanchissage pour lesquelles un contrat-cadre est en cours d’étude par le groupe ;
de copieur et d’imprimante :
et de réseau informatique et d’internet.
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Annexe VI
- 15 -
15
Tableau 3 : Recueil des fournisseurs et des prestataires du siège et des établissements du groupe Médicharme en 2023
Destinataire Domaine Fournisseur Contenu année contrat
oui/non Autres/commentaires
EXPLOITATIONS - ELRES APPRO/ELIOR
Modalités de fourniture de denrées
alimentaires et assistance
technique
2022 Oui Démarrage du contrat le 01/10
EXPLOIT+SIEGE FOURNITURES
ALIMENTAIRES
Café Richard via Elres
Appro Café d’accueil/restaurant/office 2022 Non Via ELRES APPRO /Contrat
ELIOR
EXPLOITATIONS PETIT MATERIEL DE
CUISINE / RESTAURATION Henri Julien Matériels de cuisine, vaisselle,
ustensiles, verrerie, cuisson, etc. 2021 Oui Remise catalogue
EXPLOITATIONS ANALYSES
BACTERIOLOGIQUES Merieux Siliker
Analyses bactériologiques
alimentaires, potabilité, légionnelle,
audit cuisine
2021 Oui
Fiche ouverture par
établissement, mercuriale
Médicharme
EXPLOITATIONS VETEMENT DE TRAVAIL
MCE International Tenues de travail, badge 2021 Non Mercuriale avec des prix
négociés
MCE International Chaussures de travail 2021 Non Mercuriale avec des prix
négociés
EXPLOITATIONS
LOCATION et
BLANCHISSAGE DU LINGE
PLAT
ELIS, Kalhyge, ANETT… Linge plat et vêtement de travail en
location entretien - -
Regrouper les contrats en cours
et négocier les conditions :
mettre en place un contrat
cadre et déployer au niveau
groupe
EXPLOITATIONS
SOUS TRAITANCE PETIT
LINGE
Hors buanderie interne
MÉDICHARME
Bulle de Linge Externalisation du linge résident,
éponges, nappages 2022 Oui Contrat sur 7 établissements
AD3 Externalisation du linge résident,
éponges, nappages
EXPLOITATIONS FOURNITURES MEDICALES
Dispositifs médicaux
Bastide Médical DM achats et locations 2023 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
Bastide Médical Lits médicalisés achats et location 2023 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
Bastide Médical Gros DM achats et locations 2023 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
Bastide Médical Oxygénothérapie 2023 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
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Annexe VI
- 16 -
16
Destinataire Domaine Fournisseur Contenu année contrat
oui/non Autres/commentaires
Bastide Médical Douche au lit, baignoire, chaise de
douche 2023 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
Hartmann DM liées au traitement de la plaie 2023 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
EXPLOITATIONS INCONTINENCE Hartmann
Produits d'incontinence,
produits hygiène et soins et
accompagnement palliatif
2023 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
EXPLOITATIONS PRODUITS D’ENTRETIEN
GENERAL Paredes
Produits d'entretien hôtelier
FOURNITURE MEDICALE/ hygiène
des mains
2022 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
EXPLOITATIONS MATERIEL D’ENTRETIEN
GENERAL
Paredes Supports, lavettes, franges, etc., 2022 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
Paredes Chariots ménage 2022 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
Paredes (Karcher) Nettoyeur vapeur, monobrosse 2022 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
EXPLOITATIONS MOBILIER ESPACES
COMMUNS Lyreco Mobilier de bureau 2021 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
EXPLOITATIONS MOBILIER DE JARDIN Henri Julien
Tables, chaises, salons, parasols
d'extérieurs, composteur, recyclage
extérieur et cuisine
2021 Oui Remise catalogue
EXPLOITATIONS MATERIEL ELECTRO DARTY Pro
Multimédia (TV, son, ventilateurs,
etc) et électroménager (linge,
cuisine, etc.)
2021 Non Mercuriale Médicharme
EXPLOITATIONS
PETIT MATERIEL PARTIES
COMMUNES
OUTILLAGE
SIDER Outillage /Quincaillerie 2021 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme, Remise catalogue
REXEL Outillage /Quincaillerie 2023 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme, Remise catalogue
EXPLOIT+SIEGE FOURNITURES DE BUREAU Lyreco Bureautique, produits d'accueil,
animation 2021 Oui E-shop et Mercuriale
Médicharme
Amazon Fourniture divers 2021 Non pour le moment que sur le siège
EXPLOIT+SIEGE PLATEFORME DE
RESERVATION VOYAGES Ghozi (Selectour)
Réservation déplacement de plus
de 10 voyageurs, events et
meetings
2015 Non Revoir les conditions
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Annexe VI
- 17 -
17
Destinataire Domaine Fournisseur Contenu année contrat
oui/non Autres/commentaires
Ghozi (Selectour)
Réservation déplacement : vol,
voiture, train, hôtel (SOUS AUTRES
CHARGES EXTERNES)
2015 Non Revoir les conditions
EXPLOIT+SIEGE ENERGIE ENI Fourniture de gaz de ville 2023 OUI Jusqu'au 31/12/2024
EDF Fourniture d'électricité 2021 Oui Jusqu'au 31/12/2024
EXPLOITATIONS REPROGRAPHIE,
GRAPHISTE VEOPRINT Plaquette com, pochette, carte de
visit, flyers, affiches… 2022 Non Mercuriale Médicharme et prix
négociés
SIEGE CARTE ESSENCE Total Carte essence, lavage, péage 2019 Oui Revoir les attributions et
conditions
SIEGE LOCATION VEHICULES
fonction/service
ALD Flex LMD 2020 Oui
Arval LLD 2019 Oui
MYLEASING LLD 2022 Oui
ALD LLD 2020 Oui
SIEGE LOGICIEL
MALTA
INFORMATIQUE Logiciel métier Titan (EHPAD) Oui
SAGE 1000 Logiciel comptable Oui
SILAE Logiciel de paie hébergé
YOOZ Logiciel traitement de la facturation Oui
EXPLOIT+SIEGE RESEAU INFORMATIQUE
Bouygues Réseau informatique et internet 2023 Oui Contrat par établissement
SFR Réseau informatique et internet 2022 Oui Contrat par établissement
Orange Réseau informatique et internet 2022 Oui Contrat par établissement
SIEGE HEBERGEMENT OVH Hébergement et location de
licences Oui
EXPLOIT+SIEGE MATERIEL INFORMATIQUE SMARS PC, petite imprimantes, licences,
matériel autres… 2022
Delta PC, imprimantes Oui Contrat par établissement
SIEGE MATERIEL INFORMATIQUE SMARS Tablettes
EXPLOIT+SIEGE COPIEUR ET IMPRIMANTE
DIGIDOC
Fourniture de copieur et
imprimante y compris
consommable pour l'équipement en
location
2022 Oui Contrat par établissement
Rexrotary Fourniture de copieur et
imprimante y compris 2023 Oui Contrat par établissement
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Annexe VI
- 18 -
18
Destinataire Domaine Fournisseur Contenu année contrat
oui/non Autres/commentaires
consommable pour l'équipement en
location
Delta
Fourniture de copieur et
imprimante y compris
consommable pour l'équipement en
location
Oui Revoir les conditions et mettre
en concurrence
EXPLOITATIONS FOURNITURE CARTOUCHE
D'ENCRE IMPRIMANTE Lyreco
Fourniture cartouche d'encre pour
imprimante (hors copieur en
location…)
Oui Revoir pour trouver un autre
fournisseur
EXPLOIT+SIEGE TELEPHONIE MOBILE SFR Ligne téléphonique mobile 2022 Oui
Orange Ligne téléphonique mobile Oui
EXPLOIT+SIEGE ASSURANCES
CLC Courtier 2021 Oui
RELYENS Assurances
multirisques/véhicule/Automission 2021 Oui
AIG Assurances dirigeant 2021 Oui
SIEGE ORGANISMES DE
PLACEMENT
CAP RETRAITE Agence de conseil et d'orientation
en EHPAD 2022 Oui
RETRAITE PLUS Agence de conseil et d'orientation
en EHPAD 2019 Oui Revoir les conditions
Source : Recueil des fournisseurs et prestataires, Médicharme, en date du 1 er février 2023.
-- 271 of 338 --
Annexe VI
- 19 -
19
1.2.3. L’application de la stratégie financière et budgétaire du groupe s’appuie sur une
procédure de reporting qui permet d’assurer l’atteinte des objectifs fixés pour
chaque établissement
L’analyse financière et budgétaire est assurée par la responsable du contrôle de gestion
des exploitations qui a pour missions de réaliser :
le pilotage et la production du processus budgétaire pour chaque établissement
(cf. 1.1.1) ;
la production de modélisation financière (P&L) pour les établissements du groupe à
destination de la direction et des actionnaires en s’appuyant sur des indicateurs de
performance (taux d’occupation, prix moyen d’hébergement, composition du chiffre
d’affaires, suivi des dotations soins et dépendance, etc.).
A partir de la définition d’un budget annuel et d’une prévision financière pour chaque
établissement, le service contrôle de gestion est en charge du suivi opérationnel de
l’exploitation ainsi que de l’élaboration d’un reporting opérationnel auprès des directeurs
d’établissement, des directeurs régionaux et de la direction générale.
Cette démarche, qui fait l’objet d’un dialogue de gestion mensuel entre directeur
d’établissement et directeur régional appelé « Business review », s’appuie sur un document
intitulé « Opération contribution » qui décrit pour chaque établissement, la trajectoire
financière et d’exploitation réalisée et comparée aux projections définies pour l’année. Ce
document doit permettre d’identifier les éventuelles difficultés rencontrées par les
établissements et de définir une stratégie corrective en cas de besoin.
Ce reporting repose en premier lieu sur des éléments financiers relatifs à l’activité de
l’établissement (cf. tableau 4) qui présentent des résultats cumulés et réalisés pour chaque
mois depuis le début de l’année mis en comparaison :
des quatre derniers mois ;
des objectifs budgétés pour l’année, différents de l’EPRD, lors des négociations
budgétaires menées entre le directeur d’établissement, le directeur régional et le
siège.
-- 272 of 338 --
Annexe VI
- 20 -
20
Tableau 4 : Indicateurs mensuels relatifs à l’activité financière et transmis à chaque directeur
d’établissement
Indicateurs
KPis
Lits disponibles EHPAD
Taux d’occupation ( %) annuel EHPAD
Lits occupés EHPAD (moy/annuelle)
PMH (€/jour) – EHPAD
Compte de résultat
Hébergement
Soins
Dépendance
CA RSS (si concerné)
Autres
Chiffres d’affaires
Consommable (et % du CA)
Personnel (et % du CA)
Autres charges externes (et % du CA)
Impôts et taxes (et % du CA)
EBITDAR Marge %
Source : Service du contrôle de gestion du groupe Médicharme.
A cela s’ajoutent :
une analyse des frais de personnel internes et externes issus de la balance des comptes
relatifs à la masse salariale (cf. tableau 5), aux honoraires et aux prestations d’intérim
(cf. tableau 6) ;
ainsi qu’une analyse des ETP réels et budgétés pour chaque mois depuis le début de
l’année, accompagnée d’un rappel des ETP réels de l’année N-1 par fonction. Certains de
ces comptes sont aussi employés par le groupe Médicharme pour renseigner les ERRD
transmis aux autorités tarificatrices (cf. 3.2).
Tableau 5 : Comptes correspondant aux frais de personnel suivis chaque mois par le contrôle de
gestion du groupe Médicharme
Compte Libellé Intégré dans les
ERRD
63300100 FORMATION Non
64110000 APPOINTEMENTS PERSL. Oui
64110001 SALAIRES ADMINISTR. Oui
64110100 HEURES SUP & COMP Oui
64110200 HEURES & IND SUJETION - NUIT & DIMANCHE Oui
64110300 ABSENCES Oui
64111000 APPOINTEMENTS GUSO Oui
64121000 VAR.PROV.CP DED. Non
64122000 VAR.PRO.CP NON DED. Non
64130000 PRIMES/OBJ & EXCEPT Oui
64130100 PRIME D'ANCIENNETE Oui
64131000 PRIMES SPECIFIQUES Oui
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Annexe VI
- 21 -
21
Compte Libellé Intégré dans les
ERRD
64132000 REVALORISATION SEGUR Oui
64136100 VAR.PROV.PRIM.SPEC Non
64136250 VAR.PROV.IFC.CDD Non
64140000 AVANTAGES EN NATURE Oui
64140100 IND. DEPART RETRAITE Oui
64140200 IND. LICENCIEMENT Oui
64140300 INDEMNITES TRANSACT. Non
64140400 INDEMNITES DIVERSES Oui
64140500 INDEMNITE INFLATION Non
64141000 IJSS PREVOYANCE - SUBROGATION Oui
64510000 COTIS.URSSAF Oui
64515000 COTIS.URSSAF AUTRES Oui
64520000 CHARGES SOCIALES S/ CONGES PAY Oui
64521000 COTIS.MUTUELLES Oui
64530000 COTIS.RETRAITES Oui
64532000 COTIS.PREVOYANCE Oui
64540000 COTIS.ASSEDIC Oui
64550000 COTIS. GUSO Oui
64560000 COTISATIONS SOCIALES GERANT Oui
64586021 VAR.PRO.CSOC.CP DED Non
64586100 VAR.PROV.CH.SOC.SPE. Non
64586500 VAR.PRO.CSOC.I.F.C Non
64700000 AUTRES OEUVRES SOCIALES Non
64720000 VERSEMENTS CE FONCTIONNEMENT Non
64750000 MEDECINE DU TRAVAIL Non
64760000 TITRES RESTAURANT Non
64782000 Provision CP Non
64782100 Extourne RTT Non
64782400 64782400 Provision RC Non
64800000 AUTRES CHGES PERSO. Non
79120000 REMB.CH.SAL.PREVOY. Oui
79121000 REMB. FORMATION Oui
79140000 AVANTAGES EN NATURE Non
79145000 TRANS CH.AV.REPAS Oui
79147000 TRANS.CH.AV.VEHIC Oui
79150000 RECL. RES. CHG. EXT. Oui
79151000 TRANSFT DE CH. PERSONNELS Oui
Source : Service contrôle de gestion du groupe Médicharme.
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Annexe VI
- 22 -
22
Tableau 6 : Comptes correspondant aux honoraires et prestation d’interim suivis chaque mois
par le contrôle de gestion du groupe Médicharme
Comptes Section Libellé Intégré dans les ERRD
61150000
Honoraires
PRESTATIONS A CARACTERE MEDICAL Oui
62140088 DETACHEMENT DU PERS. GROUPE Oui
62267000 HONO MEDICAL Oui
62268000 HONO PARA-MEDICAL Oui
62268100 HONO PSYCHOLOGUES Non
62267100 HONO INFIRMIERE LIBERALE Non
62100000 Intérim PERS. INTERIMAIRE Oui
Source : Service contrôle de gestion du groupe Médicharme.
Le document « Opération contribution » offre, en outre, un aperçu de l’évolution du taux
d’occupation de la dernière semaine du mois, en comparaison du taux moyen d’occupation
par mois depuis le début de l’année ainsi que la décomposition des mouvements des résidents
pour la dernière semaine du mois comparée à la dernière semaine de l’année N-1.
Enfin, une analyse des consommables et des autres achats relatifs aux charges externes
suivie par compte et par type (cf. tableau 7) complète les éléments financiers et budgétaires
transmis aux directeurs d’établissement. Elle introduit une comparaison de la part du chiffre
annuel d’affaires que ces consommables et ces achats représentent pour l’année N et N-1. Ces
achats et consommables ont été retenus par le service de contrôle de gestion car variant selon
le taux d’occupation de sorte qu’ils sont représentatifs de la dynamique de l’activité de
l’établissement.
Tableau 7 : Comptes correspondant aux achats de consommables suivis chaque mois par le
contrôle de gestion du groupe Médicharme
Compte
général Libellé compte Informations
60110000 ACHATS ALIMENTATION
Matières premières et fournitures destinées
à entrer dans un cycle de production
interne et à être stockée
60613600 ACHAT DM DECRET Fournitures non stockables
60613700 ACHAT DM HORS DECRET Fournitures non stockables
60630000 FTES HOTELIERES LIEES A DEPENDANCE Fournitures d’entretien et petit équipement
60630100 ACHATS INCONT HYG NON STOCK Fournitures d’entretien et petit équipement
60635000 ACHAT PROD ENTRE Fournitures d’entretien et petit équipement
60637000 ACHATS EQUIP MEDICAL Fournitures d’entretien et petit équipement
60656000 COMPLEMENT ALIMENTAIRES MED Médicaments
60680000 AUTRES MATERIEL ET FOURNITURES
Film, Alu, gobelets … (fournisseurs Paredes)
Achats divers réalisés dans les magasins de
bricolage ou les supermarchés
Désherbants, insecticides …
60910000 R.R.R.O ACHATS Rabais, remises, ristournes obtenus sur
achats après émission d’une facture d’avoir
Source : Service contrôle de gestion du groupe Médicharme ; Mission.
Toutefois, dans le cadre de cet exercice de reporting budgétaire, le service contrôle de
gestion a choisi de ne transmettre aux directeurs d’établissement que les indicateurs
relatifs à l’exploitation.
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Annexe VI
- 23 -
23
Ne sont transmis qu’au siège par le service contrôle de gestion, tous les mois, les éléments
financiers suivants :
les éléments détaillés par compte de résultat (hébergement, soins, dépendance et autres)
et pour la partie relative au chiffre d’affaires (consommable, personnel, autres charges
externes et impôts et taxes) ;
pour l’EDITBAR :
les loyers et leur part dans l’EBITDAR ;
EBITDA hors coûts centraux ;
EBITDA hors interco (amortissements) ;
EBI hors ICO (management fees, impôts (CVAE et IS)) ;
le résultat net (social).
Enfin, s’agissant de la comptabilité, chaque établissement dépend d’un comptable
général au niveau siège appartenant à la direction des comptabilités, relevant de la
direction de l’administration et des finances (cf. graphique 1) qui assure à la fois la
fiabilisation des comptes mais aussi la clôture des balances annuelles.
L’ensemble des établissements du groupe est intégré à l’aide d’un unique logiciel dédié à cette
fonction, « SAGE 1000 ». Ces comptables constituent aussi l’interface avec les prestataires de
paie pour chaque EHPAD. En particulier, la comptabilité des achats est assurée par une équipe
de trois aides-comptables fournisseur encadrée par un responsable fournisseur.
-- 276 of 338 --
Annexe VI
- 24 -
24
2. Les financements publics reçus par le groupe Médicharme ont évolué
à mesure de sa stratégie d’expansion et couvrent, en majorité et de
manière constante depuis 2020, des dépenses de personnel
Encadré 1 : Cadre règlementaire de financement des EHPAD
Les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sont financés par deux
dotations publiques :
le forfait global "soins" pris en charge par la sécurité sociale via les agences régionales de santé (ARS)
et le forfait global "dépendance" financé par les conseils départementaux, avec des contributions des
résidents et des tarifs déterminés par d'autres départements.
Le forfait soins est calculé en fonction du "groupe iso-ressources (GIR) moyen pondéré" (GMP) et du
"pathos moyen pondéré" (PMP), évalués individuellement pour chaque résident.
Le forfait dépendance est déterminé en fonction de la capacité autorisée et financée pour l’hébergement
permanent, la valeur départementale du point GIR, les participations des résidents et les tarifs des
résidents d'autres départements.
Les articles R. 314-166 et R. 314-176 du Code de l’action sociale et des familles (CASF) détaillent les
modalités d'utilisation des produits des deux forfaits.
Le forfait global soins peut couvrir divers éléments tels que le petit matériel médical, les fournitures
médicales, les charges liées au personnel médical, pharmaceutique et auxiliaire médical, ainsi que les
médicaments.
De son côté, le forfait global dépendance peut prendre en charge des dépenses telles que les fournitures
pour l’incontinence, les fournitures hôtelières, les produits d’entretien, les charges liées au personnel
affecté aux fonctions de blanchissage, nettoyage, service des repas, etc.
La loi du 28 décembre 2015 a introduit des changements à partir du 1 er janvier 2017, en instaurant une
réforme tarifaire qui repose sur le financement forfaitaire des soins et de la dépendance, ainsi qu'une
refonte des règles budgétaires et comptables avec la mise en place d'états prévisionnels des dépenses et
des recettes (EPRD). Depuis cette réforme, les gestionnaires d'EHPAD ont la possibilité de décider de
l'affectation de leurs résultats issus des dotations soins et dépendance, sous réserve du respect des
règles définies dans les CPOM et tout en maintenant le droit des autorités tarificatrices de rejeter des
dépenses jugées non conformes à la gestion normale de l’établissement.
Source : Code de l’action sociale et des familles ; Mission.
2.1. Afin d’évaluer le bon usage des dotations publiques, la mission a comparé
l’évolution des dotations publiques avec celle des dépenses imputables à
ces deux sections sur la période 2020-2022
Pour déterminer le bon usage des dotations publiques reçues par les établissements du groupe
Médicharme, la mission a évalué l’évolution des forfaits soins et dépendance versés aux
établissements du groupe sur la période 2020-2022 à partir de deux sources distinctes :
les balances des comptes annuelles 2020-2022 de chaque établissement du groupe
afin d’y distinguer :
les comptes de classe 7 (forfaits soins, comptes 7063XXX et forfaits dépendance,
comptes 7062XXX et 70645000) pour chaque entité pour déterminer les montants
issus des dotations publiques par an ;
les comptes de classe 6 pour déterminer les dépenses imputables sur les
dotations soins et dépendance selon la nomenclature définie par le service de
contrôle de gestion pour son reporting budgétaire mensuel auprès des
établissements (cf. tableau 7) ;
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Annexe VI
- 25 -
25
le tableau de suivi des dotations versées chaque année au groupe réalisé par la direction
de l’administration et des finances placé sous la responsabilité du responsable projets
finance et comptabilité.
Cette dernière source reposant sur des éléments déclaratifs, la mission a choisi de l’utiliser
uniquement comme élément de comparaison avec les données issues des balances comptables.
Les écarts constatés sont issus, selon le groupe Médicharme, du périmètre retenu entre les
balances des comptes et le tableau de suivi sans que la mission ne partage cette analyse : le
nombre d’établissements est identique dans les deux cas.
Pour le périmètre des établissements étudiés, celui-ci varie selon la politique d’expansion
déployée par le groupe sur la période choisie (2020-2022), passant de 26 à 32 établissements.
Enfin, la mission a procédé à un échantillonnage portant sur sept EHPAD (cf. tableau 8)
pour analyser, à l’échelle de chacun d’entre eux, les évolutions des dotations publiques
reçues au regard de la dynamique des différentes dépenses imputables.
Cet échantillon est représentatif dans la mesure où :
il comporte des établissements répartis sur l’ensemble des trois périmètres régionaux
du groupe Médicharme ;
les dates d’acquisition des établissements couvrent une période allant du 29 juillet 2016
pour la résidence des Eaux Vives (site de Souilly), au 31 janvier 2022 pour les deux
établissements de la ville de Marseille, les résidences AERIA et Meissel ;
les 384 lits pour l’ensemble de ces sept établissements représentent 21,4 % des 1 798
lits autorisés pour l’ensemble du groupe ;
les 369 résidents représentent quant à eux 24,6 % de l’ensemble des 1 560 résidents
accueillis par le groupe à la date du 30 septembre 2023 ;
en revanche, la moyenne du taux d’occupation et de l’EDITBAR de l’échantillon,
respectivement de 96,9 % et 15,0 %, est plus élevée que celle de ces deux indicateurs
pour l’ensemble du groupe, à savoir 86,1 % et 14,5 %.
L’ensemble de ces établissements a fait l’objet d’une visite inopinée et sur site par la mission
entre le mois d’octobre et le mois de novembre 2023.
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Annexe VI
- 26 -
26
Tableau 8 : Liste des sept établissements composant l’échantillon retenu par la mission
FINESS ET FINESS EJ Nom
établissement
Direction
régionale
Date
d'acquisition
Lits
autorisés
Résidents au
30/09/2023
Taux
d’occupation EBITDAR
Modalités
de
tarification
(tarif global
ou tarif
partiel)
Date de la
visite par la
mission
020004024 020001020 RESIDENCE
SAINT GEORGES Nord 27/09/2018 110 100 90,9 % 30,9 % Partiel 04-oct-23
130008568 130001753 MEISSEL Sud 31/01/2022 57 57 100,0 % 25,7 % Partiel 10-oct-23
130784424 130001753 AERIA Sud 31/01/2022 85 85 100,0 % 25,7 % Partiel 10-oct-23
470004110 470016064 RESIDENCE DE
BEURRE EHPAD Ouest 16/07/2019 35 35 100,0 % 11,7 % Partiel 21-nov-23
550006357 550007769 LES EAUX VIVES
- Site Souilly Nord 29/07/2016 30 30 100 % 25,6 % Partiel 12-oct-23
770001469 750059776 LES AIRELLES Nord 31/05/2017 28 28 100,0 % - 0,5 % Partiel 15-nov-23
790016588 750067340 LES JARDINS
D'AIFFRES Ouest 09/03/2018 39 34 87,2 % - 14,3 % Partiel 23-nov-23
Source : Mission.
-- 279 of 338 --
Annexe VI
- 27 -
27
2.2. Dans un contexte d’expansion, les montants des forfaits soins et
dépendance versés au groupe Médicharme ont augmenté de 41 % sur la
période 2020-2022
Les données issues de la balance des comptes annuelle de chaque établissement et compilées
par la mission révèlent une augmentation significative des forfaits soins et dépendance
au cours de la période, avec une évolution totale de 41 % à mettre toutefois en parallèle avec
l’augmentation du nombre d'établissements concernés (19 %) sur la même période
(cf. tableau 9).
Cette évolution est aussi présente à l’échelle des sept établissements de l’échantillon qui voient
tous leurs dotations soins et dépendance augmenter en moyenne de 28 % entre 2020 et 2022
(cf. tableau 10).
Cette tendance est aussi constatée via le tableau de suivi des dotations forfaitaires du
responsable des projets finance et comptabilité mais dans une moindre mesure (+ 29 %).
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Annexe VI
- 28 -
28
Tableau 9 : Evolution des forfaits soins et dépendance pour le groupe Médicharme sur la période 2020-2022 (en euros)
Forfait 2020 (en €) 2021 (en €) 2022 (en €) Evolution 2020/2022
Forfaits soins (comptes 7063XXX) 23 861 421,51 31 311 276,90 34 648 611,17 + 45 %
Forfait soins selon tableau de suivi Médicharme 26 416 200,41 33 325 413,66 32 842 017,62 + 24 %
Forfaits dépendance (comptes 7062XXX et 70645000) 8 276 639,67 9 216 303,74 10 655 251,18 + 29 %
Forfait dépendance selon tableau de suivi Médicharme 7 480 526,71 9 185 815,38 11 016 519,20 + 47 %
Total selon balances des comptes annuelles 32 138 061,18 40 527 580,64 45 303 862,35 + 41 %
Total selon tableau de suivi Médicharme 33 896 727,12 42 511 229,04 43 858 536,82 + 29 %
Ecart - 1 758 665,94 - 1 983 648,40 - 1 445 325,53 Non applicable
Nombre d'établissements concernés 26 31 32 + 19 %
Source : Balance annuelle des comptes de chaque établissement du groupe Médicharme 2020, 2021 et 2022 ; Tableau de suivi des dotations soins et dépendance de la Direction de
l’administration et des finances de Médicharme 2020-2022 ; traitement mission.
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Annexe VI
- 29 -
29
Tableau 10 : Evolution des forfaits dépendance et soins pour sept établissements du groupe Médicharme sur la période 2020-2022 (en euros)
Etablisseme
nt Source
2020 2021 2022 Total général Evolution
2020/2022 Soin Dépen
dance Total Soin Dépen
dance Total Soin Dépen
dance Total Soin Dépen
dance Total
AERIA ET
MEISSEL
(SEMMR)
selon balance
annuelle des
comptes
Non
applicable
(N.A.)
N.A. N.A. N.A. N.A. N.A. 2 590
412,20
723
435,11
3 313
847,31
2 590
412,20
723
435,11
3 313
847,31 N.A.
selon tableau de suivi
Médicharme N.A. N.A. N.A. N.A. N.A. N.A. 2 590
412,20
702
100,23
3 292
512,43
2 590
412,20
702
100,23
3 292
512,43 N.A.
SAS
COUILLY
selon balance
annuelle des
comptes
348 620,78 165
045,13
513
665,91
474
627,89
133
708,36
608
336,25
531
092,60
151
898,40
682
991,00
1 354
341,27
450
651,89
1 804
993,16 + 33 %
selon tableau de suivi
Médicharme 480 159,42 166
091,78
646
251,20
509
088,64
176
793,64
685
882,28
652
350,73
178
279,88
830
630,61
1 641
598,79
521
165,30
2 162
764,09 + 29 %
SAS ELTER
selon balance
annuelle des
comptes
1 481
339,42
558
936,82
2 040
276,24
1 970
345,66
558
158,56
2 528
504,22
1 976
370,16
612
128,24
2 588
498,40
5 428
055,24
1 729
223,62
7 157
278,86 + 27 %
selon tableau de suivi
Médicharme 1 688 363,07 536
451,03
2 224
814,10
1 944
200,01
609
861,63
2 554
061,64
1 976
370,16
652
375,26
2 628
745,42
5 608
933,24
1 798
687,93
7 407
621,17 + 18 %
SAS LES
JARDINS
D'AIFFRES
selon balance
annuelle des
comptes
593 296,49 231
981,59
825
278,08
708
856,80
220
282,88
929
139,68
831
402,20
248
793,43
1 080
195,63
2 133
555,49
701
057,90
2 834
613,39 + 31 %
selon tableau de suivi
Médicharme 627 478,37 213
182,78
840
661,15
703
802,00
228
121,22
931
923,22
714
646,00
230
891,22
945
537,22
2 045
926,37
672
195,22
2 718
121,59 + 12 %
SAS
RESIDENCE
DU LAC
selon balance
annuelle des
comptes
2 007
242,58
738
761,30
2 746
003,88
2 389
857,38
794
896,59
3 184
753,97
2 372
426,98
794
383,56
3 166
810,54
6 769
526,94
2 328
041,45
9 097
568,39 + 15 %
selon tableau de suivi
Médicharme 2 226 912,81 736
707,69
2 963
620,50
2 379
698,00
801
244,43
3 180
942,43
2 419
055,00
825
362,24
3 244
417,24
7 025
665,81
2 363
314,36
9 388
980,17 + 9 %
SAS
RESIDENCE
SAINT
GEORGES
selon balance
annuelle des
comptes
1 333
418,94
573
728,19
1 907
147,13
1 890
950,74
575
978,54
2 466
929,28
1 883
492,86
664
943,40
2 548
436,26
5 107
862,54
1 814
650,13
6 922
512,67 + 34 %
selon tableau de suivi
Médicharme 1720198,28 608224
2 328
422,28
191161
0,52
684766,
65
2 596
377,17
188349
2,81
749136,
88
2 632
629,69
5 515
301,61
2 042
127,53
7 557
429,14 + 13 %
Source : Balance annuelle des comptes de chaque établissement du groupe Médicharme 2020, 2021 et 2022 ; Tableau de suivi des dotations soins et dépendance de la Direction de l’administration et des
finances de Médicharme 2020-2022 ; traitement mission.
-- 282 of 338 --
Annexe VI
- 30 -
30
2.3. L’augmentation des principales dépenses financées par le forfait soins et le
forfait dépendance est portée depuis 2020 par les dépenses de personnel
Conformément aux articles R. 314-166 et R. 314-176 du code de l’action social et des familles,
les financements publics reçus par le groupe Médicharme ne peuvent connaître que les
destinations suivantes :
les charges de personnel contribuant aux soins (aides-soignants, aides médico-
psychologiques, aides, accompagnants éducatif et social, infirmiers diplômés et
professions médicales) et à l’accompagnement de la dépendance (auxiliaires de vie,
psychologues, serveurs, plongeurs) et les honoraires et frais liés à l’intervention de
personnels contribuant à la prise en charge des soins et de la dépendance dans les
établissements ;
les achats de produits médicaux ou de nettoyage, d’entretien et de protections ;
l’amortissement de certains matériels médicaux et petits équipements figurant sur une
liste fixée par arrêté des ministres chargés des affaires sociales et de la sécurité sociale ;
les excédents éventuels dégagés sur les forfaits.
Afin de reconstituer la part et l’évolution de chacune de ces dépenses au regard des dotations
reçues par le groupe Médicharme entre 2020 et 2022, la mission s’est appuyée sur les éléments
qui composent la démarche de reporting et de suivi déployée par la Direction de
l’administration et des finances (cf. 1.2.3) et a retenu les données issues des balances
comptables annuelles de chaque établissement de l’échantillon (cf. 2.2).
Pour ce faire, pour le niveau siège et celui des établissements qui composent
l’échantillon (cf. tableau 11 et tableau 12), la mission a retenu les charges suivantes :
les charges de personnel interne (comptes pour le personnel interne auxquels s’ajoutent
les comptes dédiés et honoraires comme les prestations à caractère médical, le
détachement du personnel groupe, les honoraires médicaux, paramédicaux et des
infirmières et psychologues libéraux) ;
les charges de personnel intérimaire ;
les charges liées aux achats de fournitures médicales dont les dispositifs médicaux
recensés par l’arrêté du 26 avril 1999 fixant la liste du petit matériel médical et des
fournitures médicales et la liste du matériel médical amortissable compris dans le tarif
journalier afférent aux soins mentionné à l’article R. 314-161 du code de l’action sociale
et des familles, les achats d’équipement médical et l’achat de compléments alimentaires
et de médicaments ;
les fournitures pour l’incontinence ;
les produits d’entretien ;
et enfin, les prestations de blanchissage.
L’analyse de l’évolution des dépenses pour l’ensemble du groupe et par catégorie,
entre 2020 et 2022, révèle plusieurs tendances significatives :
la part de chaque type de dépenses dans le total annuel reste identique sur la
période 2020-2022, à savoir une prépondérance des dépenses de personnel, soit 93 %
en moyenne de l’ensemble des dépenses, voire 95 % si l’on y ajoute les dépenses de
personnel d’intérim et d’honoraires médicaux ;
à l’échelle de chaque dépense, une augmentation constante des dépenses de personnel
(36 %) accompagnées par la forte progression des dépenses relatives au personnel
intérimaire (25 %) et aux honoraires médicaux (273 %) qui tend à pallier des difficultés
croissantes de recrutement dans ce secteur d’activité ;
-- 283 of 338 --
Annexe VI
- 31 -
31
enfin, une augmentation des autres postes de dépenses sur la même période, en
adéquation avec la stratégie d’expansion du groupe (+ 19 % d’établissements). Cette
tendance maitrisée peut être le résultat d'une optimisation des processus d'achat ou
d'une renégociation des contrats avec les fournisseurs (cf. 1.2.2).
Ces tendances sont aussi observées à l’échelle des sept établissements de l’échantillon
pour lesquels :
l’augmentation globale des dépenses est portée par les charges de personnel et les
honoraires médicaux qui présentent tous deux les taux d’évolution les plus élevés sur la
période 2020-2022 (cf. tableau 12) ;
une part constante des dépenses de personnel qui représentent la grande majorité des
dépenses annuelles de chaque établissement (92 % en moyenne pour les EHPAD de
l’échantillon).
L’analyse par la mission des dépenses imputables aux dotations soins et dépendance ne
fait pas apparaitre une volonté de la part du groupe Médicharme de maitrise des
dépenses ou de constitution d’excédents. Au contraire, elle fait apparaitre une forte
augmentation des dépenses de personnel qui dessine une tendance observée par la
mission au niveau de la politique de soin et d’accompagnement des résidents
(cf. annexe IV).
-- 284 of 338 --
Annexe VI
- 32 -
32
Tableau 11 : Achats pour le soin et la dépendance réalisés par le groupe Médicharme entre 2020 et 2022
Intitulé Compte 2020(€)
Part
dans le
total
annuel
2021 (€)
Part
dans le
total
annuel
2022 (€)
Part
dans le
total
annuel
Évolution
2020-2022
Personnel interne
63300100 ; 6411XXX ; 64121000 ; 64122000 :
64130000 ; 64130100 ; 64131000 ; 64132000 ;
64136100 ; 64136250 ; 64140XXX ; 64141000 ;
64510000 ; 64515000 ; 64520000 ; 64521000 ;
64530000 ; 64532000 ; 64540000 ; 64550000 ;
64560000 ; 64586021 ; 64586100 ; 64586500 ;
64700000 ; 64720000 ; 64750000 ; 64760000 ;
64782000 ; 64782100 ; 64782400 ; 64800000 ;
79120000 ; 79121000 ; 79140000 ; 79145000 ;
79147000 ; 79150000 ; 79151000
45 275 575,79 93,2 % 46 160 045,22 93,1 % 61 690 353,90 92,5 % + 36 %
Honoraires
personnel médical
61150000 ; 62140088 ; 62267000 ; 62268000 ;
62268100 ; 62267100 267 834,72 0,6 % 396 401,08 0,8 % 998 598,42 1,5 % + 273 %
Personnel
intérimaire 62100000 434 562,33 0,9 % 508 924,50 1,0 % 977 076,93 1,5 % + 125 %
Fournitures
médicales 60613600 ; 60637000 ; 60656000 907 482,25 1,9 % 549 583,75 1,1 % 722 353,05 1,1 % - 20 %
Fournitures pour
l’incontinence 60630100 462 187,07 1,0 % 597 850,40 1,2 % 779 182,89 1,2 % + 69 %
Produits
d’entretien 60635000 356 632,71 0,7 % 432 123,70 0,9 % 368 990,38 0,6 % +3 %
Fournitures
hôtelières liées à la
dépendance
60630000 5 117,52 0,0 % 21 875,99 0,0 % 36 178,13 0,1 % + 607 %
Location de
matériel médical 61357000 378 226,11 0,8 % 418 010,59 0,8 % 500 601,69 0,8 % + 32 %
Prestation de
blanchissage 61122000 479 646,70 1,0 % 511 544,26 1,0 % 593 893,45 0,9 % + 24 %
TOTAL 48 567 265,20 100,0
% 49 596 359,49 100,0 % 66 667 228,84 100,0
% + 37 %
Source : Mission, d’après les balances comptables du groupe Médicharme depuis 2020.
-- 285 of 338 --
Annexe VI
- 33 -
33
Tableau 12 : Achats pour le soin et la dépendance réalisés par sept établissements du groupe Médicharme entre 2020 et 2022
Etablissement Achats 2020 (€)
Part
total
annuel
2021 (€)
Part
total
annuel
2022 (€)
Part
total
annuel
Total général
(€)
Evolution
2020/2021
AERIA ET
MEISSEL
(SEMMR)
Blanchissage - - - - 24 157,56 0,7 % 24 157,56
Non
applicable (N.A.
)
Fournitures dépendance - - - - 8 682,23 0,2 % 8 682,23 N.A.
Fournitures médicales - - - - 69 041,72 1,9 % 69 041,72 N.A.
Honoraires médicaux - - - - 2 688,96 0,1 % 2 688,96 N.A.
Incontinence - - - - 52 110,10 1,4 % 52 110,10 N.A.
Intérim - - - - 71 082,32 2,0 % 71 082,32 N.A.
Location matériel médical - - - - 2 192,41 0,1 % 2 192,41 N.A.
Personnel - - - - 3 351 236,99 93,0 % 3 351 236,99 N.A.
Produits d'entretien - - - - 32 013,84 0,9 % 32 013,84 N.A.
Total général - - - - 3 604 779,66 100,0
% 3 604 779,66 N.A.
SAS COUILLY
Blanchissage 7 816,32 0,8 % 9 220,29 1,1 % 9 239,99 0,8 % 26 276,60 + 18 %
Fournitures médicales 8 664,51 0,9 % 10 948,69 1,3 % 14 497,04 1,3 % 34 110,24 + 67 %
Honoraires médicaux 480,00 0,1 % 435,20 0,1 % 1 968,00 0,2 % 2 883,20 + 310 %
Incontinence 15 388,59 1,6 % 11 244,64 1,3 % 14 574,22 1,3 % 41 207,45 - 5 %
Intérim - N.A. - N.A. 11 505,85 1,0 % 11 505,85 N.A.
Location matériel médical 7 005,84 0,7 % 10 781,34 1,3 % 15 110,85 1,4 % 32 898,03 + 116 %
Personnel 913 211,74 95,9 % 804 391,03 94,3 % 1 024 563,69 93,3 % 2 742 166,46 + 12 %
Produits d'entretien - N.A. 6 289,85 0,7 % 6 201,22 0,6 % 12 491,07 N.A.
Total général 951 895,30 100,0
% 853 270,88 100,0
% 1 097 660,86 100,0
% 2 902 827,04 + 15 %
SAS ELTER Blanchissage 79 154,03 3,1 % 68 803,67 3,0 % 60 023,01 2,1 % 207 980,71 - 24 %
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Annexe VI
- 34 -
34
Fournitures dépendance - N.A. - N.A. 6,16 0,0 % 6,16 N.A.
Fournitures médicales 66 607,40 2,6 % 26 893,21 1,2 % 17 481,71 0,6 % 110 982,32 - 74 %
Honoraires médicaux 17 059,90 0,7 % 28 319,97 1,2 % 39 276,95 1,4 % 84 656,82 + 130 %
Incontinence 36 740,42 1,4 % 27 578,29 1,2 % 32 437,16 1,1 % 96 755,87 - 12 %
Intérim - N.A. - N.A. 3 494,87 0,1 % 3 494,87 N.A.
Location matériel médical 46 240,12 1,8 % 45 445,92 1,9 % 51 558,67 1,8 % 143 244,71 + 12 %
Personnel 2 347 186,25 91,3 % 2 179 611,67 93,5 % 2 723 602,90 94,5 % 7 250 400,82 + 16 %
Produits d'entretien 22 353,36 0,9 % 31 857,65 1,4 % 18 664,79 0,6 % 72 875,80 - 17 %
Total général 2 570 699,86 100,0
% 2 331 894,20 100,0
% 2 880 803,87 100,0
% 7 783 397,93 + 12 %
SAS LES
JARDINS
D'AIFFRES
Blanchissage 23 443,97 2,0 % 18 200,91 1,6 % 7 662,29 0,5 % 49 307,17 - 67 %
Fournitures médicales 13 790,49 1,2 % 14 917,50 1,3 % 33 277,20 2,2 % 61 985,19 + 141 %
Honoraires médicaux 2 760,00 0,2 % 10 722,30 1,0 % 37 833,93 2,5 % 51 316,23 + 1 271 %
Incontinence 11 733,91 1,0 % 11 992,64 1,1 % 6 535,70 0,4 % 30 262,25 - 44 %
Intérim 29 963,89 2,5 % 36 502,04 3,3 % 96 855,96 6,5 % 163 321,89 + 223 %
Location matériel médical 17 267,93 1,5 % 12 993,48 1,2 % 21 970,13 1,5 % 52 231,54 + 27 %
Personnel 1 077 413,55 91,2 % 999 553,66 90,0 % 1 296 726,09 87,1 % 3 373 693,30 + 20 %
Produits d'entretien 10 003,76 0,8 % 6 075,06 0,5 % 8 413,48 0,6 % 24 492,30 - 16 %
Total général 1 180 801,07 100,0
% 1 110 564,43 100,0
% 1 488 435,59 100,0
% 3 779 801,09 + 26 %
SAS RESIDENCE
DU LAC
Blanchissage 32 487,25 0,9 % 36 001,68 1,1 % 51 226,24 1,1 % 119 715,17 + 58 %
Fournitures dépendance - N.A. - N.A. 216,48 0,0 % 216,48 N.A.
Fournitures médicales 38 017,28 1,1 % 35 480,95 1,1 % 42 231,52 0,9 % 115 729,75 + 11 %
Honoraires médicaux - N.A. 5 836,01 0,2 % 49 594,22 1,1 % 55 430,23 N.A.
Incontinence 44 037,82 1,2 % 36 380,29 1,1 % 62 344,19 1,4 % 142 762,30 + 42 %
Intérim 460,84 0,0 % 31 541,07 0,9 % 110 169,98 2,5 % 142 171,89 + 23 806 %
Location matériel médical 8 962,69 0,3 % 12 774,19 0,4 % 31 526,25 0,7 % 53 263,13 + 252 %
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Annexe VI
- 35 -
35
Personnel 3 476 534,35 97,1 % 3 190 933,42 95,8 % 4 188 442,37 93,9 % 10 855 910,14 + 20 %
Produits d'entretien 35 893,98 1,0 % 38 122,66 1,1 % 27 434,00 0,6 % 101 450,64 - 24 %
Total général 3 579 375,69 100,0
% 3 332 360,18 100,0
% 4 459 221,36 100,0
% 11 370 957,23 + 25 %
SAS RESIDENCE
SAINT
GEORGES
Blanchissage 19 188,13 0,9 % 17 206,58 0,9 % 27 638,53 1,2 % 64 033,24 + 44 %
Fournitures dépendance - N.A. - N.A. 351,96 0,0 % 351,96 N.A.
Fournitures médicales 61 338,97 2,8 % 48 363,74 2,6 % 31 485,01 1,4 % 141 187,72 - 49 %
Honoraires médicaux 4 880,00 0,2 % 212,06 0,0 % 92 386,74 4,0 % 97 478,80 + 1 793 %
Incontinence 42 136,49 1,9 % 35 638,71 1,9 % 35 381,40 1,5 % 113 156,60 - 16 %
Intérim 68 794,83 3,2 % 60 990,46 3,2 % 28 151,09 1,2 % 157 936,38 - 59 %
Location matériel médical 17 548,90 0,8 % 11 131,77 0,6 % 11 699,78 0,5 % 40 380,45 - 33 %
Personnel 1 937 282,25 89,4 % 1 696 747,03 89,6 % 2 104 649,28 90,3 % 5 738 678,56 + 9 %
Produits d'entretien 28 211,58 1,3 % 32 187,32 1,7 % 14 541,93 0,6 % 74 940,83 - 48 %
Total général 2 166 752,85 100,0
% 1 893 332,69 100,0
% 2 330 183,56 100,0
% 6 390 269,10 + 8 %
Total général 10 449 524,77 9 521 422,38 15 861 084,90 35 832 032,05 + 52 %
Source : Mission, d’après les balances comptables du groupe Médicharme depuis 2020.
-- 288 of 338 --
Annexe VI
- 36 -
36
3. Le caractère fastidieux, non normé et non transparent de la
méthodologie d’élaboration des états de prévision et de réalisation des
recettes et des dépenses (EPRD et ERRD) porte atteinte à la fiabilité du
reporting budgétaire auprès des autorités de tarification
Encadré 2 : Relations avec les tutelles, EPRD et ERRD
L’article 58 de la loi d’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015 a fait évoluer les
modalités de transmission des documents budgétaires des EHPAD, avec la réalisation d’un état des
prévisions de recettes et de dépenses à compter du 1 er janvier 2017. L’année suivant l’état prévisionnel
des recettes et des dépenses (EPRD), l’établissement doit produire un état réalisé des recettes et des
dépenses (ERRD), justifiant l’utilisation des fonds publics. L’article 89 de la loi du 23 décembre 2016 de
financement de la sécurité sociale pour 2017 dispose que lorsqu’une personne morale gère ou contrôle
plusieurs EHPAD situés dans le même département, un contrat pluriannuel d’objectifs et de
moyens (CPOM) est conclu pour l’ensemble des établissements entre cette personne morale (le groupe
Médicharme ici), le président du conseil départemental et l’ARS.
Désormais le reporting budgétaire de chaque EPHAD s’appuie sur deux documents principaux :
EPRD : celui-ci doit être transmis dans les 30 jours suivant la réception des notifications de
financements (soins et dépendance) alloués au titre de l’année en cours (entre le 30 avril et
le 30 juin). L’EPRD prévoit un niveau d’activité qui induit un niveau de ressources, qui va conduire
à un besoin financier adapté. Les autorités de tarification (conseil départemental ou ARS) ont ensuite
30 jours pour valider ou refuser l’EPRD, en fonction des masses financières budgétées, des objectifs
du CPOM et de la trajectoire financière de l’établissement. En cas de refus, une deuxième version de
l’EPRD est transmise, qui prend en compte les motifs de refus. Le second EPRD est soit exécutoire,
soit refusé et arrêté par le directeur général de l’ARS ;
ERRD : prévu par les articles R. 314-232 et R. 314-233 du CASF, il comporte l’état réalisé des recettes
et des dépenses (simplifié), un compte d’emploi établi pour chaque compte de résultat et un rapport
financier d’activité. Il est transmis au plus tard le 30 avril de l’année qui suit l’exercice auquel il se
rapporte.
L’ensemble de ces documents est soumis à l’application du cadre comptable M22, instruction
comptable de droit commun de tous les établissements du secteur médico-social quels que soient leur
activité, leur financement (par tarification ou non) et leurs gestionnaires.
Le décret n° 2022-734 du 28 avril 2022 a renforcé ces documents à travers diverses mesures
d'amélioration de la transparence financière dans la gestion des établissements et services sociaux
et médico-sociaux mentionnés au I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles et qui
concernent principalement les établissements du secteur privé qui étaient soumis à un cadre normalisé
simplifié.
Ces évolutions portent sur l’obligation :
de produire pour tous les établissements relevant de l’article L. 342-1 du CASF des documents
relevant du cadre « complet » à compter de 2022, repoussé à 2023 ;
d’établir une comptabilité analytique distincte pour chaque structure gérée lorsqu’un même
organisme commercial ou non habilité à l’aide sociale gère plusieurs établissements ;
de transmettre un bilan comptable par établissement joint aux annexes de l’ERRD ;
de transmettre, si le gestionnaire est soumis à l’obligation de nommer un commissaire aux comptes,
le rapport de ce dernier et ses annexes avec le compte administratif ou l’ERRD ;
d’imputer les rabais, les remises et les ristournes sur les budgets sur lesquels ils ont été obtenus.
-- 289 of 338 --
Annexe VI
- 37 -
37
En outre, le décret n° 2022-734 du 28 avril 2022 précise les éventuelles sanctions en cas de
manquement à ces obligations. Ainsi, l'autorité de tarification peut « rejeter les dépenses qui sont
manifestement étrangères, par leur nature ou par leur importance, à celles qui avaient été envisagées lors
de la procédure de fixation du tarif, et qui ne sont pas justifiées par les nécessités de la gestion normale de
l'établissement ». Elle doit ensuite tenir compte de ce rejet lors de la fixation des tarifs de l’exercice
suivant « dans une limite de cinq ans après la réception du compte administratif de clôture afférent à
l'exercice auquel se rattache la dépense » (Article R. 314-52).
Source : Mission.
3.1. La procédure de construction des EPRD et ERRD de l’ensemble des
établissements du groupe est placée sous la responsabilité d’un unique
responsable projets finance et comptabilité
Support de dialogue entre les établissements et les autorités publiques, la constitution
des EPRD et des ERRD est aujourd’hui entièrement centralisée au sein du groupe
Médicharme.
La procédure de constitution et de transmission aux autorités de tarification des documents de
justification de l’utilisation des fonds publics est placée sous la responsabilité du responsable
projets finance et comptabilité, lui-même rattaché directement au directeur administratif et
financier et en lien avec les directeurs d’établissement (cf. graphique 2).
Graphique 2 : Organigramme de la procédure d’élaboration des EPRD et ERRD au niveau siège
pour le groupe Médicharme
Source : Organigramme du groupe Médicharme à la date du 11 octobre 2023 ; Mission.
La centralisation de cette fonction n’est pas propre à Médicharme et la mission conduite par
l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires sociales en 2022 auprès
du groupe Orpéa avait aussi fait état d’une organisation équivalente3.
3 Rapport de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale des affaires sociales sur la gestion des
EHPAD du groupe Orpéa, 2022.
Présidente
Directeur
administratif et
financier
Responsable
projets finance et
comptabilité
Responsable
contrôle de gestion
exploitation
Contrôleuse de
gestion sociale et
médico-sociale
-- 290 of 338 --
Annexe VI
- 38 -
38
Le responsable projets finance et comptabilité a pour mission d’assurer :
l’analyse des moyens financiers alloués (dotations soins et dépendance) aux
établissements par les autorités de tarification ;
la saisie des matrices budgétaires propres aux EHPAD sous le format de la
comptabilité M22 pour constitution des EPRD-ERRD ;
la rédaction des rapports budgétaires (EPRD, ERRD, BP et CA) en lien avec les directeurs
d’établissement qui en sont les signataires ;
la projection des données dans le cadre notamment des Contrats Pluriannuels d’Objectifs
et de Moyens (CPOM).
En outre, le responsable projets finance et comptabilité reçoit un appui de la part de la
contrôleuse de gestion sociale et médico-sociale, qui relève du service contrôle de gestion de
la même direction de l’administration et des finances, pour compléter les éléments nécessaires
aux EPRD-ERRD.
Cette procédure de réalisation des EPRD et ERRD repose sur un paradoxe :
ces documents de dialogue de gestion entre autorités de tarification et
établissements sont réalisés pour chaque EHPAD par une seule personne au siège ;
mais sont signés par chaque directeur d’établissement, lui-même responsable des
données transmises aux autorités de tarification et pourtant peu associé à leur
réalisation.
En effet, la mission a pu prendre connaissance de la procédure associant services du siège et
directeurs d’établissement compilée dans le document « Objectif ERRD 2022 : Uniformisation
du rapport – Base Rapport groupe Médicharme » élaboré par le responsable projets finance et
comptabilité pour les ERRD 2022 réalisés au cours de l’année 2023.
Dans ce document, la procédure de remplissage du rapport financier et d’activité pour chaque
établissement est uniformisée à l’échelle du groupe. Elle repose aussi sur une répartition des
rôles entre le responsable projets finance et comptabilité et les directeurs d’établissement : les
éléments quantitatifs sont produits par le siège et les commentaires et éléments de contexte,
apportés par les directeurs d’établissement (cf. tableau 13).
Tableau 13 : Répartitions de la production des éléments du rapport financier et d’activité pour
l’ERRD 2022
Partie du rapport
financier et
d’activité
Eléments préremplis
par le contrôleur de
gestion
Eléments remplis par le
directeur
d’établissement
Commentaires
Partie 1 - Eléments
de contexte
Présentation générale
de l’établissement
(coordonnées, capacités
autorisées de
l’établissement)
Conventions
pluriannuelles (CPOM
ou convention tripartie)
Options tarifaires ou
tarifs au titre de
l’exercice
Historique de
l’établissement
Faits marquant de l’année
Suivi des objectifs de la
convention tripartie ou du
CPOM
Suivi des objectifs issus de
la dernière évaluation
interne
Etat de la réalisation des
objectifs et démarche
continue de la qualité
-
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Annexe VI
- 39 -
39
Partie du rapport
financier et
d’activité
Eléments préremplis
par le contrôleur de
gestion
Eléments remplis par le
directeur
d’établissement
Commentaires
Partie 2 – Le profil
du public accueilli
et activité réelle
2022
GMP et Pathos
Données chiffrées pour
la partie Activité de
l’hébergement
permanent et
temporaire (nombre de
lits autorisés, nombre
de journées d’ouverture,
taux d’occupation, etc.)
Activité de l’accueil de
jour
Commentaire du GMP et
Pathos
Profils du public accueilli
Hébergement eprmanent
(Provenance
institutionnelle et
géographique des
entrées ; Détails des
sorties ; Répartition
Homme/Femme des
résidents, durée moyenne
de séjour)
Commentaire sur la partie
activité de l’hébergement
permanent et temporaire
Données issues du logiciel
Titan
Partie 3 – Analyse
du résultat
Recettes EHPAD et
affectations par sections
(données toutes
recettes confondues,
recettes hébergement,
recettes dépendance,
recettes soins, crédits
non reconductibles)
Dépenses EHPAD par
groupe I (dépenses
afférentes à
l’exploitation courante),
groupe II (dépenses
afférentes au personnel)
et groupe III (dépenses
afférentes à la
structure)
Commentaire concernant
les réalisations sur les
dépenses de groupe II
Données dépenses issues
des balances des comptes
des établissements et du
logiciel de paye SILAE
pour les éléments RH
Données relatives aux
dépenses portent
uniquement pour les
sections dépendances et
soins car ERRD simplifié
Le calcul en ETP est
effectué par rapport au
nombre d’heures
travaillées dans l’année
Partie 4 – Synthèse
et situation
financière
Détermination du
résultat par section
Affectation du résultat
Suivi de l’affectation des
résultat s
-
Excédent ou déficit
indiqué pour les sections
soins et dépendance
Source : Document interne « Rapport Financier et d’Activité - ERRD 2022 » base vierge, Direction de l’administration
et des finances du groupe Médicharme ; Mission.
S’agissant des ERRD 2022, le rapport financier et d’activité est le seul document qui associe les
directeurs d’établissement.
-- 292 of 338 --
Annexe VI
- 40 -
40
3.2. Le remplissage des ERRD repose sur une méthodologie fastidieuse de
transposition de la comptabilité générale, définie en interne par le groupe
Médicharme et sans cadre normatif préalable imposé par les autorités de
tarification
Pour l’ensembles des documents composant l’ERRD, le responsable projets finance et
comptabilité traduit dans le cadre comptable M22 les éléments issus des balances
annuelles des comptes de chaque établissement ainsi que les données RH issues du
logiciel de paie « SILAE ».
Pour ce faire, il s’appuie sur une table de conversion des comptes relevant de la comptabilité
générale vers le cadre comptable M22 qu’il applique à l’ensemble des établissements
(cf. tableau 14).
L’analyse de cette démarche par la mission fait apparaitre trois risques majeurs :
les éléments indiqués dans les ERRD font l’objet d’un retraitement fastidieux et non
systématisé de la part d’une seule personne de sorte que le risque de non fiabilité des
données transmises aux autorités de tarification s’en trouve accru ;
la matrice de passage entre comptabilité générale et M22 n’a fait l’objet d’aucun échange
avec les autorités de tarification. Elle est donc propre au groupe Médicharme. Sans cadre
normatif préalablement défini au niveau règlementaire, chaque EHPAD ou groupe
d’EHPAD dispose aujourd’hui de sa propre méthodologie de conversion de la
comptabilité générale vers la comptabilité M22, instruction comptable de droit commun
de tous les établissements et services du secteur médico-social ;
les comptes de comptabilité générale choisis par le responsable projets finance et
comptabilité pour remplir les ERRD et notamment, justifier l’imputation des dépenses
sur les forfaits soins et dépendance, diffèrent de ceux suivis par le contrôle de gestion
pour construire les budgets annuels de chaque établissement. Cet écart renforce la
décorrélation qui existe entre la procédure budgétaire interne du groupe Médicharme et
la procédure de justification de l’usage des dotations publiques auprès de l’ARS et du
département.
-- 293 of 338 --
Annexe VI
- 41 -
41
Tableau 14 : Matrice de passage des comptes de comptabilité générale en M22 pour les ERRD 2022 du groupe Médicharme
M22 Comptabilité générale
Numéro
de
compte
Intitulé Numéro de compte
60 ACHATS ET VARIATION DES STOCKS sauf
602, 603, 606
60110000 ; 60110088 ; 60114010 ; 60114020 ; 60114030 ; 60114060 ; 60120000 ; 60410000 ; 60410088 ;
60710000 ; 60720000 ; 60730000 ; 60910000
61 SERVICES EXTERIEURS sauf 6111, 61121,
61357, 61551, 61562 et 61681
61130000 ; 61140000 ; 61160000 ; 61190000 ; 61190188 ; 61210000 ; 61220000 ; 61221000 ; 61222000 ;
61223000 ; 61224000 ; 61320000 ; 61321000 ; 61322000 ; 61322088 ; 61322100 ; 61323000 ; 61323088 ;
61350000 ; 61350100 ; 61352000 ; 61353000 ; 61358000 ; 61359000 ; 61400000 ; 61400088 ; 61415000 ;
61419000 ; 61520000 ; 61550000 ; 61561100 ; 61561200 ; 61561300 ; 61561400 ; 61561500 ; 61561600 ;
61565100 ; 61565200 ; 61565400 ; 61565900 ; 61600000 ; 61610000 ; 61630000 ; 61650000 ; 61670000 ;
61680000 ; 61710000 ; 61810000
62 AUTRES SERVICES EXTERIEURS sauf 621,
62113, 6223, 62421 et 628
62220000 ; 62221000 ; 62230500 ; 62261000 ; 62261088 ; 62262000 ; 62263000 ; 62264000 ; 62265000 ;
62265088 ; 62269000 ; 62269500 ; 62269588 ; 62269600 ; 62269900 ; 62269988 ; 62270000 ; 62270100 ;
62280000 ; 62310000 ; 62340000 ; 62350000 ; 62360000 ; 62370000 ; 62380000 ; 62410000 ; 62490000 ;
62510000 ; 62510300 ; 62560000 ; 62610000 ; 62611000 ; 62620000 ; 62622000 ; 62700000 ; 62720000
64 CHARGES DE PERSONNEL 64110000 ; 64110001 ; 64110100 ; 64110200 ; 64110300 ; 64111000 ; 64130000 ; 64130100 ; 64131000 ;
64132000 ; 64140000 ; 64140100 ; 64140200 ; 64140400 ; 64141000 ; 64560000
65 AUTRES CHARGES DE GESTION COURANTE 65190000 ; 65410000 ; 65800000 ; 65810000 ; 65890000
66 CHARGES FINANCIERES sauf 6611 66150000 ; 66150088 ; 66180000
67 CHARGES EXCEPTIONNELLES 67120000 ; 67180000 ; 67510000 ; 67520000 ; 67881000
69
Compte ajouté pour la Participation / IS /
Intégration Fiscale Charge - Ligne inexistante
sur la présentation tarifaire ou pour partie
regroupée sur la partie Produit
69100000 ; 69500000 ; 69810000 ; 69890000
70 Produits
70110000 ; 70110088 ; 70120000 ; 70600000 ; 70611000 ; 70611120 ; 70611200 ; 70611300 ; 70611600 ;
70611700 ; 70612000 ; 70612300 ; 70612600 ; 70612700 ; 70615000 ; 70641000 ; 70642200 ; 70643000 ;
70644000 ; 70646000 ; 70650100 ; 70650500 ; 70652000 ; 70689262 ; 70700000 ; 70710500 ; 70712000 ;
70730000 ; 70831000 ; 70831088 ; 70839000 ; 70839001 ; 70840088 ; 70880000 ; 70881000 ; 70882000 ;
70883000 ; 70883500 ; 70883800 ; 70883888 ; 70889280 ; 70961100 ; 71330000
75 Autres produits de gestion courante 75800000 ; 75810000 ; 75820088
76 Produits financiers 76110000 ; 76180000 ; 76180088 ; 76400000 ; 76700000 ; 76800000
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Annexe VI
- 42 -
42
M22 Comptabilité générale
Numéro
de
compte
Intitulé Numéro de compte
79 Transferts de charges 79100000 ; 79110000 ; 79120000 ; 79121000 ; 79145000 ; 79147000 ; 79149000 ; 79150000 ; 79151000 ;
79190000 ; 79190001
621 PERSONNEL EXTERIEUR A
L'ETABLISSEMENT sauf 62113 62100000 ; 62140000 ; 62140088
628 (Autres services extérieurs) Divers sauf
6281, 6283 et 6288 62810000 ; 62890000 ; 62895000
635 AUTRES IMPOTS, TAXES ET VERSEMENTS
ASSIMILES (administration des impôts) 63511300 ; 63511400 ; 63512000 ; 63512500 ; 63513000 ; 63514000 ; 63516000 ; 63520000 ; 63540000
637 AUTRES IMPOTS, TAXES ET VERSEMENTS
ASSIMILES (autres organismes) 63710000 ; 63780000 ; 63790000
645 CHARGES PATRONALES DE PERSONNEL 63110000 ; 63331000 ; 63340000 ; 63350000 ; 63711000 ; 64510000 ; 64515000 ; 64521000 ; 64530000 ;
64532000 ; 64540000 ; 64550000 ; 64700000 ; 64720000 ; 64750000 ; 64760000
687 Dotations aux amortissements, dépréciations
et provisions : charges exceptionnelles 68725000 ; 68761100
738 Produits à la charge d’autres financeurs 74030000
711 Produits exceptionnels sur opérations de
gestion 77110000 ; 77180000
775 Produits de cessions d'éléments d'actif 77510000 ; 77520000 ; 77522000
777
Quote-part des subventions
d'investissement virée au résultat de
l'exercice
77700000
787 Reprises sur dépréciations et provisions (à
inscrire dans les produits exceptionnels) 78750000 ; 78761100
6021 Produits pharmaceutiques et produits à
usage médical 60613700
6066 Fournitures médicales 60613600 ; 60637000 ; 60656000 ; 60656088
6111 Prestations à caractère médical 61137000 ; 61150000 ; 62260500 ; 62281000 ; 62282000
6223 Intervenants médicaux 62267000 ; 62267088
6281 Blanchissage à l'extérieur 61120000 ; 61121000 ; 61122000
6288 Autres 62260000 ; 62830000 ; 63300100
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Annexe VI
- 43 -
43
M22 Comptabilité générale
Numéro
de
compte
Intitulé Numéro de compte
6611 Intérêts des emprunts et dettes 66110000
6811 Dotations aux amortissements des
immobilisations incorporelles et corporelles 68111000 ; 68112000
6815 Dotations aux provisions des charges
d'exploitation
64121000 ; 64136100 ; 64136250 ; 64520000 ; 64586021 ; 64586100 ; 64586500 ; 64782000 ; 64782100 ;
64782400 ; 64800000 ; 68150000 ; 68151140
6817 Dotations aux dépréciations des actifs
circulants 68174000
7351 Dont produits à la charge de l'assurance
maladie (sauf 7351125) 70633100 ; 70633110 ; 70635000 ; 74000000 ; 74010000 ; 74020000
7815 Reprises sur provisions d'exploitation 78150000 ; 78151140
7817 Reprises sur dépréciations des actifs
circulants 78174000
60222 Produits d'entretien 60312000 ; 60635000
60626 Fournitures hôtelières sauf 606261
"Couches, alèses et produits absorbants" 60633000 ; 60633088 ; 60634000 ; 60638000
61357 Location matériel médical 61357000
61562 Maintenance du matériel médical 61565700
62113 Personnel extérieur à l'établissement :
personnel médical et para-médical 62268000
73532 Dont part afférente à la dépendance
(hébergement permanent)
70621000 ; 70621100 ; 70621200 ; 70621300 ; 70621400 ; 70621500 ; 70621600 ; 70623600 ; 70624000 ;
70645000
606261 Couches, alèses et produits absorbants 60313000 ; 60630100
7352121 Dont part issue du résultat de l'équation
tarifaire dépendance (c/7352121) 70620000
Source : Direction de l’administration et des finances du groupe Médicharme ; Mission.
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Annexe VI
- 44 -
44
3.3. La reconstitution par la mission de la méthodologie employée par le groupe
Médicharme pour élaborer deux ERRD 2022 révèle le manque de fiabilité
et de complétude des informations transmises aux autorités de tarification
La mission s’est attachée à examiner la construction de l'ERRD de deux établissements, la
résidence Saint Georges et la résidence des Airelles, pour l’année 2022 afin d'évaluer :
d’une part, le montant des dépenses imputées sur les forfaits soins et dépendance ;
et d’autre part, la sincérité des informations déclarées aux autorités de tarification.
Pour ce faire, la mission a choisi d’appliquer, étape par étape, la méthodologie déployée par le
groupe Médicharme à partir des données issues de trois documents différents :
l'annexe 9E2 présentant la tarification de l'ERRD pour l'année 2022 des deux
établissements choisis ;
le document de travail interne de la Direction de l'administration et des finances du
groupe Médicharme comportant le tableau avec la clef de passage entre les comptes de
comptabilité générale et les comptes de la nomenclature comptable M22 (qui s’applique
à l’ensemble des établissements du groupe) ;
enfin, la balance comptable annuelle de l'année 2022 pour les résidences Saint Georges
et des Airelles.
Une première analyse par la mission fait apparaitre certains écarts entre les données
transmises dans les ERRD 2022 et les balances des comptes annuelles 2022 des deux
établissements de l’échantillon.
Ces écarts les plus significatifs portent sur les dépenses de personnel :
624 100,24 € pour la résidence Saint Georges (cf. tableau 15 et tableau 16) ;
314 569,17 € pour la résidence des Airelles (cf. tableau 17 et tableau 18).
Les écarts constatés entre ces données ont été soumis à un échange contradictoire avec
la Direction de l'administration et des finances du groupe Médicharme afin de clarifier
les divergences observées et d’obtenir des explications sur les variations constatées
dans la construction de chacun des ERRD étudiés.
S’agissant des dépenses de personnel, le responsable projets finance et comptabilité a indiqué
que les écarts constatés, pour les deux établissements, sont liés aux comptes relatifs aux
charges patronales et assimilées qui n’ont pas été pris en compte par la mission car non
indiqués dans la matrice de passage employée par le groupe. Après ajout de ces comptes, la
mission parvient à un montant de 1 132 731,59 €, soit un écart persistant de 74 602,31 €.
S’agissant des produits de l’ERRD 2022, le groupe Médicharme a indiqué qu’il était nécessaire
de prendre en compte :
pour le forfait soins, les comptes n° 7062, 706211, 706212, 706212, 706214 et 70645
pour la dépendance ;
et les comptes n° 706331, 7063311, 70635 et 4678 pour les soins.
Le groupe Médicharme précise aussi que, pour la dotation soins, les montants sont issus de la
somme des trois sections du compte n° 7351. L’ensemble de ces comptes ne sont pourtant pas
indiqués dans la matrice de passage du groupe Médicharme.
Malgré ces explications, l’écart constaté entre les données déclarés dans l’ERRD 2022 et les
balances des comptes demeure de 7 145,13 € pour la résidence des Airelles en raison :
d’une erreur de report sur l’onglet Recettes du fichier préparatoire de la DAF pour la
dotation dépendance ;
et d’une reprise de provision au 1 er janvier 2022 pour la dotation soins.
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Annexe VI
- 45 -
45
Les commentaires apportées par le groupe Médicharme pour justifier les écarts constatés par
la mission mettent en valeur la fragilité de la méthodologie de reporting budgétaire assuré via
les ERRD qui tient à la matrice de passage entre deux nomenclatures comptables.
Si les écarts constatés demeurent d’un faible montant, la méthodologie déployée par le
groupe Médicharme, faute d’un cadre imposé par les autorités de tarification et d’une
validation préalable à son application, ne permet pas aux autorités de tarification
d’entretenir un dialogue de gestion et de justification de l’usage des dotations publiques
qui est pourtant à l’origine du principe même des ERRD.
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Annexe VI
- 46 -
46
Tableau 15 : Présentation des charges – ERRD 2022 Résidence Saint Georges
Comptabilité générale M22
Ecarts
constatés par
la mission
Commentaires de Médicharme
N° de compte Montant (€]
N° de
comp
te
M22
Intitulé
Montants
ERRD 2022
(€)
60110000 ; 60610000 ;
60611000 ; 60612000 ;
60613000 ; 60614000 ;
60631000 ; 60631100 ;
60632000 ; 60640000 ; 60680000
387 804,99 60
ACHATS ET VARIATION
DES STOCKS sauf 602,
603, 606
386 670,99 - 1 134,00
Cf G8 reclassement fraction du compte
60631 par défaut mis sur l'Hébergement
vers le 6066 ERRD-Mat Soins (Zapettes
pour suivi des Soins)
60630000 351,96 606
ACHATS NON STOCKES
DE MATIERES ET
FOURNITURES sauf
60622, 60626 et 6066
351,96 0,00
60635000 14 541,93 6062
2 Produits d'entretien 14 541,93 0,00
60633000 ; 60638000 2 683,55 6062
6
Fournitures hôtelières
sauf 606261 "Couches,
alèses et produits
absorbants"
2 683,56 + 0,01
60630100 35 381,40 6062
61
Couches, alèses et
produits absorbants 28 742,40 - 6 639,00
Cf. 70838 Déduction de la RFA
directement en atténuation du compte
de charge
60613600 ; 60637000 ; 60656000 31 485,01 6066 Fournitures médicales 72 621,50 + 41 136,49
Somme des comptes 6021 et 6066 sur
l'annexe 9e-9g + fraction du compte
60631 par défaut mis sur
l'Hébergement : 1134 € de "Zapettes"
utilisées pour le suivi des Soins.
61160000 ; 61190000 ;
61320000 ; 61322100 ;
61323088 ; 61350000 ;
61353000 ; 61358000 ;
61359000 ; 61415000 ;
61520000 ; 61550000 ;
950 302,84 61
SERVICES EXTERIEURS
sauf 6111, 61121,
61357, 61551, 61562 et
61681
947 535,84 - 2 767,00
Se compense avec la ligne 12.
Réaffectation partielle du compte de
maintenance informatique 615652
(MALTA
108+220,17+219,69+112,92+112,18+11
1,87)/matériels relatifs aux dossiers de
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Annexe VI
- 47 -
47
Comptabilité générale M22
Ecarts
constatés par
la mission
Commentaires de Médicharme
N° de compte Montant (€]
N° de
comp
te
M22
Intitulé
Montants
ERRD 2022
(€)
61561100 ; 61561200 ;
61561300 ; 61561400 ;
61561500 ; 61561600 ;
61562000 ; 61565100 ;
61565200 ; 61565400 ;
61565900 ; 61600000 ; 61670000
soins informatisés et du 6116 (1882,17
MALTA) sur le compte de maintenance
de matériel médical.
61130000 ; 61137000 ; 61150000 7 499,68 6111 Prestations à caractère
médical 7 499,68 0,00
61357000 11 699,78 6135
7
Location matériel
médical 11 699,78 0,00
61565700 4 615,11 6156
2
Maintenance du
matériel médical 7 382,11 + 2 767,00 Cf. ligne 9
62262000 ; 62263000 ;
62264000 ; 62265088 ;
62269000 ; 62269600 ;
62269900 ; 62270100 ;
62340000 ; 62350000 ;
62370000 ; 62410000 ;
62510000 ; 62610000 ;
62611000 ; 62620000 ;
62622000 ; 62700000
512 193,50 62
AUTRES SERVICES
EXTERIEURS sauf 621,
62113, 6223, 62421 et
628
512 193,50 0,00
62100000 ; 62140000 ; 62140088 60 632,92 621
PERSONNEL
EXTERIEUR A
L'ETABLISSEMENT sauf
62113
2 075,83 - 58 557,09
L'écart provient de l'intérim des IDE et
des AS pour 28151,09 et pour 30406 de
la mise à disposition d'une ASH prise en
compte directement sur la partie
personnel salarié.
62268000 60 740,50 6211
3
Personnel extérieur à
l'établissement :
personnel médical et
para-médical
88 891,59 + 28 151,09 L'écart correspond à l'intérim des IDE et
des AS en 621
-- 300 of 338 --
Annexe VI
- 48 -
48
Comptabilité générale M22
Ecarts
constatés par
la mission
Commentaires de Médicharme
N° de compte Montant (€]
N° de
comp
te
M22
Intitulé
Montants
ERRD 2022
(€)
62890000 ; 62895000 1 737,93 628
(Autres services
extérieurs) Divers sauf
6281, 6283 et 6288
3 475,86 + 1 737,93 Pas d'écart (278,85+3197,01)
61121000 ; 61122000 27 768,27 6281 Blanchissage à
l'extérieur 27 768,27 0,00
62260000 10 390,00 6288 Autres 10 390,00 0,00
63511300 ; 63511400 ;
63512000 ; 63513000 ;
63514000 ; 63520000
33 261,80 635
AUTRES IMPOTS,
TAXES ET
VERSEMENTS
ASSIMILES
(administration des
impôts)
33 261,80 0,00
64110000 ; 64110100 ;
64110200 ; 64110300 ;
64130000 ; 64130100 ;
64132000 ; 64140000 ; 64140200
1 534 716,79 64
CHARGES DE
PERSONNEL 2 158 817,13
+ 624 100,34
Le compte 64 de la présentation tarifaire
comprend les charges patronales et
assimilées. Il faut ajouter aux comptes
sélectionnés par la mission les
comptes 6311 ; 63331 ; 6335 ; 6451 ;
64521 ; 6453 ; 64532 ; 6454 ; 6475 soit
593 694 € auxquels s'ajoutent les
30 406 € de mise à disposition d'1 ASH.
Dont personnel affecté
aux fonctions de
blanchissage, de
nettoyage et au service
des repas
569 089,12
Dont aides-soignants,
aides médico-
pédagogiques et
accompagnants
éducatifs et sociaux
715 610,10
65190000 ; 65800000 ; 65890000 1 220,57 65 AUTRES CHARGES DE
GESTION COURANTE 1 220,57 0,00
66150088 22 415,00 66
CHARGES
FINANCIERES sauf
6611
22 415 0,00
67180000 5 997,82 67 CHARGES
EXCEPTIONNELLES 5 997,82 0,00
-- 301 of 338 --
Annexe VI
- 49 -
49
Comptabilité générale M22
Ecarts
constatés par
la mission
Commentaires de Médicharme
N° de compte Montant (€]
N° de
comp
te
M22
Intitulé
Montants
ERRD 2022
(€)
68111000 ; 68112000 158 336,31 6811
Dotations aux
amortissements des
immobilisations
incorporelles et
corporelles
158 336,31 0,00
64121000 ; 64782000 ; 64782400 40 139,44 6815
Dotations aux
provisions des charges
d'exploitation
40 139,44 0,00
Total 3 915 917,10 Total 4 544 712,87 + 628 795,77
Source : Annexe 9E2 : Tableau de présentation tarifaire d'un établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes relevant des articles L. 342-1 à L. 342-6 du CASF de l’ERRD 2022 de
la résidence Saint Georges du groupe Médicharme ; Balance des comptes 2022 de la résidence Saint Georges ; traitement mission.
-- 302 of 338 --
Annexe VI
- 50 -
50
Tableau 16 : Présentation des produits – ERRD 2022 résidence Saint Georges
Présentation des produits Ecarts
constatés
par la
mission
Commentaire de
Médicharme
Comptabilité générale M22
N° de
compte Montant (€]
N° de
compte
M22
Intitulé
Montants ERRD 2022 (€)
Dépendance Soins Hébergement Total
70633100 ;
70633110 1 883 492,86 7351
Produits des
EHPAD - Secteur
des personnes
âgées dont produits
à la charge de
l'assurance maladie
(sauf 7351125)
78 734,19 1 757 995
,00 46 763,63 1 883 492,82 - 0,04
Non
applicable
(N.A.)
N.A. 789
Utilisation de fonds
dédiés et de fonds
reportés (ESSMS
privés)
- 2 922,20 - 2922,20 N.A.
Ce produit issu d'un CNR
2021 a été en 2021 intégré
au résultat comptable mais
provisionné au niveau de
l'ERRD et est repris en
fonction des dépenses
effectuées. Un écart sera
toujours constaté tant que
le CNR ne sera pas
entièrement consommé.
Source : Annexe 9E2 : Tableau de présentation tarifaire d'un établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes relevant des articles L. 342-1 à L. 342-6 du CASF de l’ERRD 2022 de
la résidence Saint Georges du groupe Médicharme ; Balance des comptes 2022 de la résidence Saint Georges ; traitement mission.
-- 303 of 338 --
Annexe VI
- 51 -
51
Tableau 17 : Présentation des charges – ERRD 2022 Résidence des Airelles
Comptabilité générale M22 Ecarts
constatés par
la mission
Commentaires de Médicharme
N° de compte Montant (€] N° de compte
M22 Intitulé
Montants
ERRD 2022
(€)
60110000 ; 60610000 ;
60611000 ; 60612000 ;
60614000 ; 60631000 ;
60631100 ; 60640000 ;
60680000 ; 60710000
133 466,97 60
ACHATS ET VARIATION
DES STOCKS sauf 602, 603,
606
133 466,97 0,00
60635000 6 201,22 60622 Produits d'entretien 6 201,22 0,00
60633000 ; 60634000 ;
60638000 6 945,22 60626
Fournitures hôtelières sauf
606261 "Couches, alèses et
produits absorbants"
6 945,22 0,00
60630100 14 574,22 606261 Couches, alèses et produits
absorbants 11 584,22 - 2 990,00 Cf. 70838 Déduction de la RFA directement
en atténuation du compte de charge
60613600 ; 60637000 ;
60656000 14 497,04 6066 Fournitures médicales 19 211,87 + 4 714,83 Somme des comptes 6021 et 6066 sur
l'annexe 9e-9g
61130000 ; 61140000 ;
61190000 ; 61224000 ;
61320000 ; 61323088 ;
61353000 ; 61359000 ;
61400000 ; 61415000 ;
61550000 ; 61561100 ;
61561200 ; 61561300 ;
61561400 ; 61561500 ;
61561600 ; 61562000 ;
61562100 ; 61565200 ;
61565400 ; 61565900 ;
61610000 ; 61630000 ;
61670000
282 189,56 61
SERVICES EXTERIEURS sauf
6111, 61121, 61357, 61551,
61562 et 61681
280 778,38 - 1 411,18
Se compense avec la ligne 11. Réaffectation
partielle du compte de maintenance
informatique 615652/matériels relatifs aux
dossiers de soins informatisés sur le compte
de maintenance de matériel médical.
61137000 ; 61150000 3 260,24 6111 Prestations à caractère
médical 3 260,24 0,00
61357000 15 110,85 61357 Location matériel médical 15 110,85 0,00
-- 304 of 338 --
Annexe VI
- 52 -
52
Comptabilité générale M22 Ecarts
constatés par
la mission
Commentaires de Médicharme
N° de compte Montant (€] N° de compte
M22 Intitulé
Montants
ERRD 2022
(€)
Non trouvé N.A 61562 Maintenance du matériel
médical 1 411,18 N.A. Cf. ligne 8
62262000 ; 62263000 ;
62264000 ; 62265088 ;
62269000 ; 62269600 ;
62269900 ; 62270000 ;
62340000 ; 62350000 ;
62370000 ; 62410000 ;
62510000 ; 62560000 ;
62610000 ; 62611000 ;
62620000 ; 62700000
170 881,88 62
AUTRES SERVICES
EXTERIEURS sauf 621,
62113, 6223, 62421 et 628
170 881,88 0,00
62100000 ; 62140000 12 128,74 621
PERSONNEL EXTERIEUR A
L'ETABLISSEMENT sauf
62113
12 128,74 0,00
61122000 9 239,99 6281 Blanchissage à l'extérieur 9 239,99 0,00
62260000 4 472,00 6288 Autres 4 472,00 0,00
63511300 ; 63511400 ;
63512000 ; 63513000 ;
63520000
10 795,00 635
AUTRES IMPOTS, TAXES ET
VERSEMENTS ASSIMILES
(administration des impôts)
10 795,00 0,00
63790000 2 569,00 637
AUTRES IMPOTS, TAXES ET
VERSEMENTS ASSIMILES
(autres organismes)
2 569,00 0,00
64110000 ; 64110100 ;
64110200 ; 64110300 ;
64130000 ; 64130100 ;
64132000 ; 64140000 ;
64140100 ; 64140200
743 560,11 64
CHARGES DE PERSONNEL 1 058 129,28 + 314 569,17
Le compte 64 de la présentation tarifaire
comprend les charges patronales et
assimilées. Il faut ajouter aux comptes
présents en A 19 les comptes 6311 ; 63331 ;
6335 ; 6451 ; 64521 ; 6453 ; 64532 ; 6454 ;
6475.
Dont personnel affecté aux
fonctions de blanchissage, de 323 758,66 N.A.
-- 305 of 338 --
Annexe VI
- 53 -
53
Comptabilité générale M22 Ecarts
constatés par
la mission
Commentaires de Médicharme
N° de compte Montant (€] N° de compte
M22 Intitulé
Montants
ERRD 2022
(€)
nettoyage et au service des
repas
Dont aides-soignants, aides
médico-pédagogiques et
accompagnants éducatifs et
sociaux
324 584,95 N.A.
65190000 ; 65800000 ;
65890000 1 907,34 65 AUTRES CHARGES DE
GESTION COURANTE 1 907,34 0,00
66150088 ; 66180000 36 472,58 66 CHARGES FINANCIERES
sauf 6611 36 472,58 0,00
66110000 6 760,70 6611 Intérêts des emprunts et
dettes 6 760,70 0,00
67180000 8 318,73 67 CHARGES
EXCEPTIONNELLES 8 318,73 0,00
68112000 19 406,70 6811
Dotations aux
amortissements des
immobilisations
incorporelles et corporelles
18 069,92 - 1 336,78
Pas d'écart si repositionnement de 156,24 €
de la Case G98 en G97 et de 1180,54 € de I98
en I97 Erreur de report
non trouvé N.A 6812
Dotations aux
amortissements des charges
d'exploitation à répartir
1 336,78 N.A. Idem ci-dessus. Erreur de report d'une ligne
64121000 ; 64136100 ;
64136250 ; 64586021 ;
64782000 ; 64782100 ;
64782400
- 8 143,97 6815 Dotations aux provisions
des charges d'exploitation - 8 143,97 0,00
Total 1 494 614,12 Total 1 810 908,12 + 316 294,00
Source : Annexe 9E2 : Tableau de présentation tarifaire d'un établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes relevant des articles L. 342-1 à L. 342-6 du CASF de l’ERRD 2022 de
la résidence Les Airelles du groupe Médicharme ; Balance des comptes 2022 de la résidence Les Airelles ; traitement mission.
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Annexe VI
- 54 -
54
Tableau 18 : Présentation des produits – ERRD 2022 Résidence des Airelles
Présentation des produits Ecarts
constatés
par la
mission (€)
Commentaires
de
Médicharme
Comptabilité générale M22
N° de
compte
Montant
(€]
N° de
compte
M22
Intitulé
Montants ERRD 2022 (€)
Dépendance Soins Hébergement Total
70620000 ;
70633100 ;
70633110 ;
70635000
594 035,48 735
Produits des
EHPAD -
Secteur des
personnes
âgées
- 179 959,78 576 035,83 755 995,61 + 161 960,13
Pour comparer avec les produits de
l'ERRD 2022,
Il faut prendre en compte
les comptes 7062 donc le 7062 ;
706211 ; 706212 ; 706212 ;
706214 et 70645 pour la
dépendance
et les comptes 706331 ;
7063311 ; 70635 et 4678 pour
les soins.
Par ailleurs, pour les soins, la
dotation soins est la somme des
montants répartis entre les 3
sections de la ligne-compte 7351.
Soit un écart de 7 145,13 € en
raison d’une erreur de report sur
l’onglet Recettes de notre fichier
préparatoire pour la dotation
dépendance et d’une reprise de
provision au 01/01/2022 pour la
dotation soins.
Source : Annexe 9E2 : Tableau de présentation tarifaire d'un établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes relevant des articles L. 342-1 à L. 342-6 du CASF de l’ERRD 2022 de
la Résidence Les Airelles du groupe Médicharme ; Balance des comptes 2022 de la Résidence Les Airelles ; traitement mission.
-- 307 of 338 --
Annexe VI
- 55 -
55
4. Affectées selon des clefs de répartition déclaratives, les dépenses
imputées entre les différentes sections de l’ERRD répondent avant tout
à une logique de saturation des enveloppes soins et dépendance
Dans cette partie, la mission s’est attachée à contrôler la logique ainsi que la pertinence de la
répartition des dépenses affectées aux différentes sections qui composent l’ERRD, à savoir la
section soins, la section dépendance et la section hébergement.
4.1. Le reporting RH de l’annexe activité et le tableau des effectifs et des
rémunérations sont pilotés pour minimiser les excédents sur les dotations
soins et dépendance
Encadré 3 : Règles applicables pour les dépenses de personnel
Le mode de financement tripartite retenu avant la loi de 2015 comportait une clef de répartition du
financement des dépenses de personnel, entre département (forfait dépendance), ARS (forfait soins) et
établissement (forfait hébergement), qui fonctionnait de la manière suivante :
les départements finançaient 30 % des dépenses de personnel liées à la dépendance (ASH) via
le forfait dépendance contre 70 % pour le forfait hébergement ;
l’assurance maladie, via les ARS, finançait 70 % du personnel soignant (AS) via le forfait soins
contre 30 % pour les départements, via le forfait dépendance.
Toutefois, depuis la réforme de 2015, les clés de répartition du financement des rémunérations du
personnel des EHPAD ne sont plus définies réglementairement de sorte qu’elles doivent désormais
seulement être « concurremment » réparties entre les différents forfaits.
Cette réforme du financement du personnel des EHPAD ne dispense pas pour autant les
établissements du principe de sincérité des données transmises aux autorités de tarification.
Source : Code de l’action sociale et des familles ; Code de la santé publique ; Mission.
Comme évoqué par la mission dans la partie 2 de cette annexe, l’essentiel des charges
imputées sur les forfaits soins et dépendance représente des dépenses de personnel, à
hauteur de 93 % pour la période 2020-2022.
Ces dépenses de personnel sont financées par les sections soins, dépendance et hébergement
selon une logique tripartite à partir de clefs de répartition, qui ne sont plus encadrées de
manière règlementaire depuis 2015 (cf. encadré 3).
Afin d’évaluer la pertinence des clefs de répartition choisies par le groupe Médicharme
dans ses ERRD 2022, la mission a cherché à comparer les données transmises dans le
tableau des effectifs et des rémunérations (annexes 9H à 9J) avec la réalité des tâches
réalisées par les AS et les ASH.
Pour ce faire, elle a interrogé le groupe Médicharme sur les éléments lui permettant :
d’assurer un suivi des tâches du personnel des établissements ;
et de pouvoir justifier des clefs de répartition appliquées pour répartir les ETP AS et ASH
entre les différentes sections.
A ce jour, ni les plannings transmis, ni les extractions des déclarations sociales nominatives
n’ont permis à la mission de pouvoir évaluer la pertinence des clefs de répartition retenues.
La mission a donc transmis à six établissements du groupe Médicharme les données issues du
tableau des effectifs et des rémunérations appartenant à l’ERRD 2022 de chacun d’entre eux et
qui présentaient la répartition des dépenses de personnel entre les dotations la plus éloignée
des clefs de répartition pré-2015 (cf. tableau 19) – charge à eux de lui transmettre les éléments
nécessaires à la justification de la répartition choisie.
-- 308 of 338 --
Annexe VI
- 56 -
56
Par courrier en date du 14 décembre 2022, le groupe Médicharme a indiqué s’appuyer
sur les dispositions de l’article R. 314-176 du CASF ainsi que celles portées par la
réforme de 2015.
Le groupe Médicharme estime ainsi que : « dans le cadre d’une tarification à la ressource où
les financements relatifs aux soins et à la dépendance sont calculés automatiquement par le biais
d’une équation tarifaire, les clés de répartition ne sont plus nécessaires mais le principe de la
répartition demeure dans les documents budgétaires. »
Dans cette perspective, le groupe Médicharme souligne que les dispositions de
l’article R. 314-176 du CASF emportent : « un décloisonnement sur les taux applicables aux
ventilations des charges Dépendance qui doivent être supportées concurremment avec la section
Hébergement et concurremment avec la section Soins ». Les clefs de répartition appliquées dans
les ERRD 2022 « proviennent donc de l’application d’une faculté de répartition offerte par les
textes. » En outre, le groupe Médicharme tient à indiquer que « les EPRD 2022 ont été validés
par les autorités de tarification. ».
Malgré ces explications, la mission constate que ces clefs de répartition méconnaissent
le principe de sincérité.
Malgré une répartition à concurrence entre les différentes sections, la mission estime que ces
clefs de répartition :
d’une part, ne sont manifestement pas représentatives de l’activité exercée par les
différents personnels des établissements du groupe en l’absence d’une démarche
robuste de suivi et de mesure des tâches réalisées ;
d’autre part, relèvent avant tout d’une logique discrétionnaire visant à saturer les
différentes enveloppes de manière à minimiser les excédents sur les sections soins et
dépendance au profit de la section hébergement (ainsi, dans certains cas, les clefs
reflètent la volonté du groupe d’affecter aux soins la dépense des ASH faisant fonction en
jouant à la fois sur la clef de répartition ASH et sur celle des AS).
Aussi, ce manque de sincérité relatif à l’imputation des charges de personnel, aux
différentes sections, porte atteinte à l’exercice par les autorités de tarification de leur
capacité de contrôle sur la conformité de l’usage des fonds publics à partir des ERRD.
-- 309 of 338 --
Annexe VI
- 57 -
57
Tableau 19 : Clefs de répartition des dépenses de personnel ASH et AS entre sections soins et dépendance retenues par le groupe Médicharme pour les
ERRD 2022 de six établissements
Etablissement
Clés ERRD 2022
ASH - Part Héb ASH - Part Dép AS - Part Dép AS - Part Soins
Résidence Saint Georges - Coeuvres 1 % 99 % 1 % 99 %
Résidence du Lac 470009739 - Casteljaloux 12 % 88 % 1 % 99 %
Résidence de Beurre 470004110 - Villeneuve sur lot 48 % 52 % 9 % 91 %
Résidence Zoppola 470004102 - Tonneins 51 % 49 % 15 % 85 %
Les Eaux Vives - Elter - Triaucourt/Souilly/Pierrefittes sur aire 32 % 68 % 10 % 90 %
Les Jardins d'Aiffres - Aiffres 32 % 68 % 5 % 95 %
Source : ERRD 2022 des établissements ; Mission
-- 310 of 338 --
Annexe VI
- 58 -
58
4.2. Dès lors que l’affectation des charges est non significative, le suivi des
excédents soins et dépendance par le groupe Médicharme ne reflète aucune
réalité comptable ni même économique
4.2.1. Entre 2020 et 2022, le groupe Médicharme déclare avoir dégagé 8 040 471,84 €
d’excédents sur ces forfaits sans que la comptabilité ne permette d’en retracer le
suivi ni d’en garantir l’affectation dans le respect du cadre réglementaire
Encadré 4 : Rappel des règles relatives au traitement des excédents soins et dépendance
Les dispositions de la loi ASV mettent fin à la possibilité pour l’autorité de tarification de reprendre les
résultats, que l’établissement soit passé en contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) ou qu’il
soit en attente de CPOM en demeurant financé sur la base des anciennes conventions tripartites.
En effet, le régime de l’ERRD applicable aux EHPAD à partir du 1 er janvier 2017 ne prévoit plus la
possibilité de reprise des résultats (articles R. 314-210 à 244 du code de l’action sociale et des familles
(CASF)).
S’ils ne peuvent être repris, les résultats doivent néanmoins être affectés conformément aux dispositions
de l’article R. 314-234 combiné aux dispositions de l’article R. 314-244 du CASF :
l’article R. 314-234 énumère ainsi les possibilités d’affectation d’un excédent d’exploitation du
compte de résultat. Celui-ci doit être affecté en priorité à l’apurement des déficits antérieurs du
compte de résultat concerné. Les autres possibilités sont l’affectation à un compte de report à
nouveau ou de réserve de compensation ;
en revanche, l’article R. 314-244 interdit aux EHPAD privés commerciaux certaines des autres
possibilités d’affectation de l’excédent listées au R. 314-234 : l’excédent éventuel du compte
d'emploi relatif aux tarifs afférents à la dépendance et aux soins ne peut pas être affecté au
financement de mesures d’investissement ni à un compte de réserve de trésorerie ou à la
compensation de charges d’amortissement ;
les mêmes articles précisent que le déficit éventuel du compte de résultat est couvert en priorité
par le compte de report à nouveau excédentaire de ce même compte de résultat.
Source : Code de l’action sociale et des familles.
Au regard du cadre juridique applicable, depuis 2017, aux excédents issus des forfaits
soins et dépendance (cf. encadré 4), les excédents réalisés par les EHPAD du groupe
demeurent à la disposition de Médicharme qui doit, cependant, respecter les modalités
d’affectation réglementaires.
Dans le cadre de l’instruction comptable M22, le suivi des excédents est assuré à travers
l’annexe « ERRD simplifié » qui indique le montant des résultats de l’exercice :
sur le compte 1205 pour les excédents de l'exercice des activités sociales et médico-
sociales sous gestion contrôlée ;
sur le compte 1295 pour le déficit de l'exercice des activités sociales et médico-sociales
sous gestion contrôlée.
En outre, l’affectation des résultats de l’établissement peut être réalisée soit en report à
nouveau, soit en réserves (cf. tableau 20).
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Annexe VI
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59
Tableau 20 : Comptes d’affectation en M22 des résultats issus des ERRD
Affectation Compte
(M22) Intitulé
Affectations en report à
nouveau
1150 Report à nouveau des activités sociales et médico-sociales
sous gestion contrôlée (solde créditeur)
11590 Report à nouveau des activités sociales et médico-sociales
sous gestion contrôlée (solde débiteur) (sans signe "-")
11591 ou
1195
Report à nouveau constitué de charges rejetées des
activités sociales et médico-sociales (dépenses refusées par
l'autorité de tarification) (sans signe "-")
115921 Amortissements comptables excédentaires différés
115922 Dépenses pour congés payés
115923 Autres droits acquis par les salariés non provisionnés en
application du 3° de l’article R 314-45
115928 Autres dépenses non opposables aux tiers financeurs
Affectation en réserves
106852 Excédents et réserves affectés à l'investissement
106855 Excédents affectés à la couverture du besoin en fonds de
roulement (réserve de trésorerie)
106856 Réserve de compensation des déficits
106857
Affectation en réserves de compensation des charges
d’amortissement
Reprise sur les réserves de compensation des charges
d'amortissement (montant précédé du
signe "-")
Source : Annexe « cadre simplifié » de l’ERRD.
Toutefois, la nature des excédents issus des forfaits soins et dépendance ne fait pas
l’objet d’une doctrine partagée entre établissements à but lucratif et autorités de
tarification, notamment en ce qui concerne leur suivi et leur affectation en comptabilité
générale.
Non récupérables par les autorités de tarification depuis la réforme de 2017 (cf. encadré 4), les
excédents soins et dépendance des établissements ne sont pas considérés par les commissaires
aux comptes comme des produits constatés d’avance, ni même des dettes, mais comme des
produits certains qui peuvent intégrer le résultat de chaque établissement.
Leur suivi réalisé via les ERRD ne s’adresse donc qu’aux autorités de tarification et l’objectif de
l’ERRD de pouvoir contrôler la conformité règlementaire de leur usage apparait à la mission
comme compromis.
Dans cette logique, sur la période 2020-2022, le suivi des ERRD du groupe Médicharme
permet d’identifier, pour l’ensemble de ses établissements, 8 040 471,84 € d’excédents
cumulés sur les forfaits soins et dépendance.
A la demande de la mission, le groupe Médicharme a effectué un travail de recensement des
excédents réalisés pour chaque établissement à partir des ERRD 2020-2022. Ce recensement
a été opéré par le responsable projets finance et comptabilité de la direction de
l’administration et des finances (cf. tableau 21).
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Annexe VI
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60
Tableau 21 : Résultats des forfaits soins et dépendance pour les établissements du groupe Médicharme sur la période 2020-2022
Etablissement
Résultat
Dépendance
ERRD 2020
Résultat Soins
ERRD 2020
Résultat
cumulé
(Dépendance +
Soins)
ERRD 2020
Résultat
Dépendance
ERRD 2021
Résultat Soins
ERRD 2021
Résultat
cumulé
(Dépendance +
Soins)
ERRD 2021
Résultat
Dépendance
ERRD 2022
Résultat Soins
ERRD 2022
Résultat
cumulé
(Dépendance +
Soins)
ERRD 2022
Saint Georges 27 663,62 € 107 570,96 € 135 234,58 € 54 805,94 € 449 264,74 € 504 070,68 € 89 316,76 € 448 251,12 € 537 567,88 €
OREADIS 1 239,45 € - 55 008,55 € - 53 769,10 € - 32 189,81 € - 115 803,45 € - 147 993,26 € - 40 109,95 € - 17 145,80 € - 57 255,75 €
Les
Feuillantines - 64 602,68 € 41 023,95 € - 23 578,73 € - 93 638,58 € 96 640,79 € 3 002,21 € - 77 967,84 € - 51 639,11 € - 129 606,95 €
Chataigniers 7 020,66 € 117 411,31 € 124 431,97 € -133 127,89 € 348 469,55 € 215 341,66 € - 216 011,06 € 101 308,80 € - 114 702,26 €
Passerelle - 50 796,00 € - 50 796,00 € - 3 749,00 € - 3 749,00 € 98 455,37 € 98 455,37 €
Croix du Sud 14 348,33 € 25 440,84 € 39 789,17 € 89 320,28 € 350 128,56 € 439 448,84 € - 116 979,97 € 287 384,97 € 170 405,00 €
Le Fossat 8 843,27 € 57 081,46 € 65 924,73 € - 88 028,14 € 92 519,99 € 4 491,85 € - 59 270,51 € 167 215,38 € 107 944,87 €
AERIA - 135 752,35 € 447 742,04 € 311 989,69 € - 64 389,00 € 410 303,42 € 345 914,42 € 19 214,63 € 328 865,60 € 348 080,23 €
MEISSEL - 6 400,24 € 234 613,60 € 228 213,36 € - 28 664,72 € 424 790,71 € 396 125,99 € 8 872,02 € 252 614,53 € 261 486,55 €
La Fruitière - 36 008,77 € 95 240,78 € 59 232,01 € - 27 394,26 € - 43 298,54 € - 70 692,80 € - 74 255,86 € 91 357,85 € 17 101,99 €
Le Beau Site - 32 992,83 € - 698,02 € - 33 690,85 € - 15 807,68 € 35 783,93 € 19 976,25 € - 36 144,62 € 6 685,81 € - 29 458,81 €
L'Elvody - 2 393,21 € 43 957,19 € 41 563,98 € - 120 277,07 € 164 735,29 € 44 458,22 € - 93 002,38 € 177 203,15 € 84 200,77 €
La vallée du
Bandiat - 37 856,23 € 75 695,75 € 37 839,52 € 100 845,21 € - 96 066,99 € 4 778,22 € - 105 490,54 € 60 149,47 € - 45 341,07 €
Viteal Oleron 4 394,57 € 4 437,20 € 8 831,77 € - 61 473,63 € 131 187,27 € 69 713,64 € - 81 120,90 € 161 564,33 € 80 443,43 €
Maison De
Thérèse 13 744,97 € 127 042,70 € 140 787,67 € 22 184,04 € 48 827,35 € 71 011,39 € 10 327,72 € 79 738,68 € 90 066,40 €
La Juvénie - 18 421,58 € - 10 992,57 € - 29 414,15 € - 52 385,25 € 79 577,01 € 27 191,76 € - 70 694,17 € 128 005,91 € 57 311,74 €
Les Chênes
Verts - 1 921,06 € 6 478,34 € 4 557,28 € - 33 930,94 € 186 493,30 € 152 562,36 € - 119 559,33 € 209 654,61 € 90 095,28 €
Genévriers - 64 783,29 € 143 400,96 € 78 617,67 € - 122 050,65 € 334 664,47 € 212 613,82 € - 190 115,68 € 59 450,13 € - 130 665,55 €
Résidence du
Lac 43 875,99 € 73 122,20 € 116 998,19 € - 133 968,87 € - 48 319,66 € - 182 288,53 € - 43 309,65 € - 15 739,83 € - 59 049,48 €
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Annexe VI
- 61 -
61
Etablissement
Résultat
Dépendance
ERRD 2020
Résultat Soins
ERRD 2020
Résultat
cumulé
(Dépendance +
Soins)
ERRD 2020
Résultat
Dépendance
ERRD 2021
Résultat Soins
ERRD 2021
Résultat
cumulé
(Dépendance +
Soins)
ERRD 2021
Résultat
Dépendance
ERRD 2022
Résultat Soins
ERRD 2022
Résultat
cumulé
(Dépendance +
Soins)
ERRD 2022
Résidence de
Beurre 928,55 € 61 011,83 € 61 940,38 € - 38 163,40 € - 11 088,97 € - 49 252,37 € - 63 671,42 € - 159 568,64 € - 223 240,06 €
Résidence
Zoppola 9 118,06 € 131 212,10 € 140 330,16 € - 18 391,44 € 110 654,33 € 92 262,89 € - 46 514,05 € 85 740,71 € 39 226,66 €
Les 4 Saisons - 233,81 € 2 530,88 € 2 297,07 € - 27 668,28 € 31 331,95 € 3 663,67 € - 74 797,51 € 91 314,34 € 16 516,83 €
Les Eaux Vives
Elter 12 957,39 € 87 882,90 € 100 840,29 € 1 233,40 € 352 183,02 € 353 416,42 € - 11 304,48 € 371 317,19 € 360 012,71 €
Champ de la
Dame 46 629,39 € 3 765,88 € 50 395,27 € - 28 012,43 € 8 632,17 € - 19 380,26 € - 77 051,16 € 33 456,45 € - 43 594,71 €
SERF Beuvry 53 401,24 € 134 543,29 € 187 944,53 € 84 005,30 € 253 947,40 € 337 952,70 € 89 312,07 € 223 739,81 € 313 051,88 €
Randan (Papin
Prost) 3 005,26 € - 1 514,03 € 1 491,23 € 5 611,16 € 4 406,09 € 10 017,25 € 40 703,64 € 109 568,08 € 150 271,72 €
Les Airelles - 20 327,30 € - 34 453,06 € - 54 780,36 € - 52 975,63 € 14 973,40 € - 38 002,23 € - 33 404,10 € 626,95 € - 32 777,15 €
Les Charmilles 10 548,27 € 15 332,91 € 25 881,18 € - 16 887,69 € 103 058,49 € 86 170,80 € - 24 595,12 € 117 539,74 € 92 944,62 €
Jardins
d'Aiffres 5 464,85 € 72 647,93 € 78 112,78 € 36 793,42 € 84 582,61 € 121 376,03 € - 85 527,69 € 75 357,29 € - 10 170,40 €
Jardins de
Sainte Baume - 91 074,43 € 92 413,66 € 1 339,23 € 44 736,38 € 8 354,37 € 53 090,75 € 24 972,55 € 55 824,92 € 80 797,47 €
Les Amis des
Ainés - 10 871,82 € 10 871,82 € - 9 500,84 € 84 397,02 € 74 896,18 € 16 818,26 € 124 362,70 € 141 180,96 €
Au Bon accueil - 5 459,68 € - 10 686,05 € - 16 145,73 € 5 440,35 € 86 162,75 € 91 603,10 € 29 145,56 € 31 576,61 € 60 722,17 €
La Bastide du
Lubéron - 4 475,50 € - 1 608,53 € - 6 084,03 € 32 552,60 € 136 270,84 € 168 823,44 € - 20 421,77 € 185 103,37 € 164 681,60 €
La Roseraie - 50 007,74 € 166 459,21 € 116 451,47 € - 6 099,21 € 263 602,97 € 257 503,76 € - - -
TOTAL - 309 526,83 € 2 213 174,88 € 1 903 648,05 € - 727 497,33 € 4 377 617,18 € 3 650 119,85 € - 1 432 636,55 € 3 919 340,49 € 2 486 703,94 €
Source : ERRD des établissements du groupe Médicharme pour la période 2020-2022, traitement Direction de l’administration et des finances du groupe Médicharme..
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Annexe VI
- 62 -
62
Parmi l’ensemble des établissements du groupe Médicharme, huit établissements présentent
un résultat déficitaire sur les sections soins et dépendance pour un montant total
de 928 129,63 €, sur la période 2020-2022 (cf. tableau 22).
Tableau 22 : Établissement présentant un résultat déficitaire sur les sections soins et
dépendance sur la période 2020-2022
Établissement
Total cumulé
2020-2022
(€)
Résidence OREADIS - 259 018,11
Résidence Les Feuillantines - 150 183,47
Résidence Le Beau Site - 43 173,41
Résidence La vallée du Bandiat - 2 723,33
Résidence du Lac - 124 339,82
Résidence de Beurre - 210 552,05
Résidence Le Champ de la Dame - 12 579,7
Résidence Les Airelles - 125 559,74
Source : ERRD des établissements du groupe Médicharme pour la période 2020-2022, traitement Direction de
l’administration et des finances du groupe Médicharme.
Toutefois, malgré une évaluation régulière via les ERRD, ces excédents ou déficit ne sont
pas traduits par le groupe Médicharme dans un suivi dédié en comptabilité générale.
Malgré les demandes répétées de la mission, le groupe Médicharme n’a pas été capable
d’indiquer les numéros de comptes de la balance annuelle de chaque établissement
correspondant au compte 115 « report à nouveau des activités sociales et médico-sociales sous
gestion contrôlée » du cadre comptable M22, lui permettant à la fois :
de justifier de la bonne affectation en report à nouveau des excédents ;
mais encore de leur non utilisation par le groupe pour des dépenses non prévues
règlementairement (dividendes par exemple).
En effet, au-delà du schéma comptable retenu, l’enjeu est bien la sincérité des comptes, ce qui
nécessite de faire apparaître l’existence d’une restriction sur la capacité du groupe à librement
utiliser une part de ses résultats.
Afin de connaitre leur affectation, la mission a procédé à l’analyse des procès-verbaux
issues des assemblées générales de six établissements afin de connaitre l’usage des
résultats de chacun d’entre eux.
Sur la période 2020-2022, les résultats des différents établissements de l’échantillon ont été
affectés :
en dividendes à 100 % en 2020 pour deux établissements présentant un résultat positif
(résidence Saint Georges et résidence du Lac) ;
en dividendes à 99,9 % pour les résidences AERIA et Meissele en 2020 ;
en comptes de report pour le reste.
Pour les établissements ayant distribué en intégralité leur résultat annuel en
dividendes, ils ne peuvent justifier, faute de suivi comptable dédié, de la non intégration
des excédents issus des dotations publiques.
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Annexe VI
- 63 -
63
Tableau 23 : Affectation des résultats pour six établissements du groupe Médicharme entre 2020 et 2022
Etablissement
2020 2021 2022 Cumul du
compte
report à
nouveau
(2020-2022)
en €
Excédent soin
et dépendance
(compte 115)
en €
Résultat en € Affectation
Excédent soin
et
dépendance
(compte 115)
en €
Résultat
en € Affectation
Excédent
soin et
dépendance
(compte
115) en €
Résultat
en €
Affectati
on
Saint Georges 135 234,58 1 457 147,00 Dividendes 504 070,68 1 321 375,00
Compte
"report à
nouveau"
537 567,88 237 611,00
Compte
"report à
nouveau"
1 558 986,00
AERIA 311 989,69 437 869,00
Dividendes
(99,9 %) et
Autres
réserves
(0,01 %)
345 914,42 439 511,00
Compte
"report à
nouveau"
348 080,23 36 270,00
Compte
"report à
nouveau"
475 781,00
MEISSEL 228 213,36 396 125,99 261 486,55
Résidence du Lac 61 940,38 2 543 715,00 Dividendes - 49 252,37 1 508 800,00 Dividendes - 223 240,06 1 663 414,0
0
Compte
"report à
nouveau"
- 1 663 414,00
Les Eaux Vives
Elter 100 840,29 - 330 171,00
Compte
"report à
nouveau"
353 416,42 398 048,00
Compte
"report à
nouveau"
360 012,71 - 183 813,00
Compte
"report à
nouveau"
- 465 055,00
Les Airelles - 54 780,36 - 70 052,00
Compte
"report à
nouveau"
- 38 002,23 - 272 460,00
Compte
"report à
nouveau"
- 32 777,15 - 902 824,00
Compte
"report à
nouveau"
- 1 653 984,00
Source : ERRD des établissements du groupe Médicharme pour la période 2020-2022 ; Procès-verbaux des assemblées générales des établissements de l’échantillon pour les années 2020,
2021, 2022 ; Mission.
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Annexe VI
- 64 -
64
4.2.2. Les crédits non reconductibles octroyés par les ARS ne font pas fait l’objet d’un
suivi comptable consolidé permettant de justifier de leur consommation et de la
conformité règlementaire de leur usage
Encadré 5 : Cadre règlementaire de l’affectation et du suivi des crédits non reconductibles
Le forfait global relatif aux soins est composé notamment de financements complémentaires,
mentionnés à l'article R. 314-163 du code de l’action sociale et de la famille et définis dans le contrat
pluriannuel d'objectifs et de moyens prévu au IV ter de l'article L. 313-12.
Ces derniers peuvent notamment recouvrir :
les dépenses correspondant à des modalités d’accueil particulières (accueil de jour incluant les
dépenses de transport entre le domicile et l’EHPAD, hébergement temporaire, pôle d’activité et de
soins adaptés, unité d’hébergement renforcée) ;
les dépenses de développement des parcours de santé et d'autonomie coordonnés et des modes
d'exercice dont l'objectif est de mettre en œuvre des pratiques, des organisations ou des
coopérations entre les structures médico-sociales, les structures sociales, les établissements et
centres de santé ou les professionnels de santé, en particulier grâce aux systèmes d'information de
santé ;
des actions visant à améliorer la qualité et la sécurité des soins et des prises en charge des résidents
notamment par le développement de la qualification des professionnels, particulièrement lorsque
la complexité et l'urgence des situations le nécessitent ;
des actions de prévention et des actions liées à la gestion des situations de crise exceptionnelles ;
des opérations de modernisation, d'adaptation et de restructuration des établissements.
Ces financements complémentaires peuvent être reconductibles (en particulier pour le financement de
certaines modalités d’accueil) ou non reconductibles. Dans ce dernier cas de figure, s’ils ne peuvent
financer des dépenses pérennes auxquelles ils n’étaient pas initialement destinés, ils sont disponibles
pour un emploi sur l’exercice N, non reconductible sur l’exercice N + 1. Ils ont ainsi vocation à financer
uniquement des mesures ponctuelles.
Les crédits non reconductibles qui n’ont pas été utilisés pour l’objet pour lequel ils avaient été octroyés
peuvent faire l’objet d’une reprise par les agences régionales de santé.
Source : Mission.
Les crédits non reconductibles (CNR) dont ont bénéficié les établissements du groupe
Médicharme n’ont pas été consommés intégralement sans que leur affectation ne soit
comptablement suivie.
Au sein du groupe Médicharme, la consommation des crédits non reconductibles est assurée
par le responsable projets finance et comptabilité de la Direction de l’administration et des
finances.
Le tableau de suivi de la consommation des CNR versés aux établissements du groupe permet
d’identifier les excédents dégagés sur les sommes octroyées par les ARS sur la
période 2020-2022 (cf. tableau 24).
Ainsi, les CNR non-consommés au 31 décembre 2022 représentent environ 732 070,37 €, soit
un taux de consommation de 89,3 % sur la période 2020-2022.
Conformément au cadre règlementaire (cf. encadré 5), ces montants devraient être indiqués
au compte 487 « produits constatés d’avance » de la comptabilité générale mais, selon la
Direction des comptabilités, les CNR ne font pas l’objet d’un suivi comptable de l’état de leur
consommation.
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Annexe VI
- 65 -
65
Or, après échange avec la direction des comptabilités, il s’avère que ces excédents ne
sont pas suivis en comptabilité générale4. Là encore, le reporting budgétaire réalisé n’est
pas inscrit dans une réalité comptable du groupe permettant de s’assurer du bon usage
de ces dotations.
4 Le groupe estime qu’il n’existe pas d’obligation comptable de suivre ces excédents, ce que les commissaires aux
comptes n’ont pas contesté lors du processus de certification des comptes.
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Annexe VI
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66
Tableau 24 : Suivi des dotations en crédits non reconductibles (CNR) par an et par établissement entre 2020 et 2022 pour le groupe Médicharme
Départements Etablissement Total CNR 2020
(en €)
Total CNR 2021
(en €)
Total CNR 2022
(en €)
Total 2020-2022
(en €)
Solde des CNR à
consommer au
31/12/2022
(en €)
Taux de
consommation
02 Résidence Saint Georges - Coeuvres 201 758,04 87 721,08 0,00 289 479,12 1 259,19 99,6 %
06 Les Feuillantines - L'Escarène 0,00 64 558,90 14 227,04 78 785,94 13 951,73 82,3 %
06 Oreadis - Nice 129 501,68 15 388,88 0,00 144 890,56 4 020,76 97,2 %
07 Les Châtaigniers - Antraigues 78 320,36 39 073,92 257 395,30 374 789,58 2 385,09 99,4 %
07 La Passerelle - Antraigues 55 920,95 83,71 3 032,47 59 037,13 20 390,18 65,5 %
09 La Croix du Sud - Fabas 16 284,67 111 987,88 0,00 128 272,55 1 999,31 98,4 %
09 La Madrague - Le Fossat - HAS 70 743,12 3 581,44 8 653,50 82 978,06 0,00 100,0 %
13 AERIA - Marseille - HAS 0,00 122 264,59 95 900,00 218 164,59 0,00 100,0 %
13 MEISSEL - Marseille 0,00 106 705,35 0,00 106 705,35 0,00 100,0 %
13 La Fruitière - Marseille 165 544,14 99 195,48 0,00 264 739,62 5 883,77 97,8 %
14 Le Beau Site - Clécy 80 884,31 9 794,67 500,00 91 178,98 2 213,85 97,6 %
14 L'Elvody - Saint Germain De
Tallevende 50 516,00 29 487,00 1 300,00 81 303,00 1 647,00 98,0 %
16 La vallée du Bandiat - Marthon 147 266,54 29 934,00 6 215,00 183 415,54 32 391,71 82,3 %
17 Viteal Oleron - St Pierre d'Oléron 83 056,55 3 601,00 8 853,00 95 510,55 13 354,00 86,0 %
21 Maison De Thérèse - Aisey sur Seine 63 558,00 8 061,00 9 340,00 80 959,00 5 895,00 92,7 %
24 La Juvénie - Payzac 123 588,39 26 193,00 97 016,00 246 797,39 117 689,61 52,3 %
24 Les Chênes Verts - Agonac 131 020,45 186 429,00 25 307,00 342 756,45 238 422,15 30,4 %
31 Les Buissonnets - Toulouse 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Non applicable
31 Les Genévriers EHPAD - Saint
Martory 354 496,71 69 704,36 16 899,50 441 100,57 27 887,76 93,7 %
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Annexe VI
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67
Départements Etablissement Total CNR 2020
(en €)
Total CNR 2021
(en €)
Total CNR 2022
(en €)
Total 2020-2022
(en €)
Solde des CNR à
consommer au
31/12/2022
(en €)
Taux de
consommation
47 Résidence du Lac 470009739 -
Casteljaloux 116 350,42 3 387,00 8 402,00 € 128 139,42 9 688,80 92,4 %
47 Résidence de Beurre 470004110 -
Villeneuve sur lot 86 047,54 61 170,00 30 103,00 177 320,54 30 574,00 82,8 %
47 Résidence Zoppola 470004102 -
Tonneins 196 048,97 128 502,00 120 974,00 445 524,97 10 198,00 97,7 %
50 Les Quatre Saisons - Tessy sur vire 68 379,41 2 552,04 0,00 70 931,45 6 481,00 90,9 %
55
Les Eaux Vives - Elter -
Triaucourt/Souilly/Pierrefittes sur
aire
143 254,00 48 124,00 3 000,00 194 378,00 7 875,40 95,9 %
58 Champ de la Dame - Varennes lès
Narcy 169 238,00 109 489,00 37 681,00 316 408,00 7 758,80 97,5 %
62 SERF - Beuvry 236 364,20 8 736,63 12 018,00 257 118,83 0,00 100,0 %
63 Villa Claudine - Papin Prost -
Randan 128 512,53 62 101,40 4 875,50 195 489,43 1 662,09 99,1 %
77 Les Airelles - Couilly 115 821,55 50 177,85 126 513,00 292 512,40 124 066,57 57,6 %
79 Les Charmilles - Melle 38 517,93 16 372,00 7 553,00 62 442,93 11 791,00 81,1 %
79 Les Jardins d'Aiffres - Aiffres 64 909,14 17 590,00 7 314,00 89 813,14 12 761,00 85,8 %
83 Les Jardins de Sainte Baume - Nans-
Les-Pins 111 383,07 139 036,08 0,00 250 419,15 13 937,21 94,4 %
83 Les Amis des Ainés - Signes 0,00 3 414,85 0,00 3 414,85 724,98 78,8 %
83 Au Bon accueil - La Crau 0,00 18 358,52 1 000,00 19 358,52 2 191,16 88,7 %
84 La Bastide du Lubéron - Robion 297 638,06 97 046,57 0,00 394 684,63 0,00 100,0 %
93 La Roseraie - Livry-Gargan 78 354,28 16 219,25 539 224,66 633 798,19 2 969,25 99,5 %
TOTAL 3 603 279,01 1 796 042,45 1 443 296,97 6 842 618,43 732 070,37 89,3 %
Source : Direction de l’administration et des finances du groupe Médicharme ; Mission.
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Annexe VI
- 68 -
68
5. Renforcé par l’application en 2023 du cadre complet des ERRD, le
contrôle des autorités de tarification pâtit d’un manque d’objectifs et
de méthodologie pour pouvoir apprécier la situation financière des
établissements
Encadré 6 : Cadre règlementaire du contrôle des ERRD par les ARS et les départements
Les agences régionales de santé ont compétence pour contrôler les EHPAD sur la base de
l’article L. 313-13 du CASF, qui dispose que l’autorité compétente pour délivrer l’autorisation d’activité
d’un établissement social ou médico-social contrôle aussi l’application des dispositions du code. Cette
compétence est conjointe à celle des conseils départementaux, conformément aux dispositions des
articles L. 313-3 et L. 313-13 du CASF.
Le contrôle budgétaire et financier réalisés par les ARS s’exerce au titre :
des dispositions générales de l’article L. 313-13 du CASF relatives au contrôle des ESMS ;
des dispositions de l’article L. 313-14-1 du CASF, qui prévoient que l’autorité de tarification peut
adresser une injonction et produire un plan de redressement en cas de « déséquilibre financier
significatif et prolongé » ou de « dysfonctionnements dans la gestion financière de ces établissements
et de ces services » ;
des dispositions des articles R. 314-56 et R. 314-57 du CASF qui prévoient que les ESMS et la
personne morale qui en assure la gestion, « doivent être à tout moment en mesure de produire aux
autorités de tarification ou de contrôle, sur leur demande, les pièces qui attestent du respect de leurs
obligations financières, sociales et fiscales », et que les inventaires d’équipements et de matériels
doivent être tenus à la disposition des autorités de tarification et de contrôle.
Source : Code de l’action sociale et des familles.
Cette partie s’appuie sur les entretiens réalisés avec les départements et les ARS où sont
localisés les établissement du groupe Médicharme (cf. annexe VII). S’agissant des ARS, la
mission s’est entretenue le 16 novembre 2023 avec les ARS Grand Est, Occitanie, Normandie,
Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Ile-de-
France et enfin, Nouvelle-Aquitaine. Pour les départements, la mission a rencontré le
département de l’Aisne le 7 novembre 2023 et les départements de la Meuse et des Bouches
du Rhône le 14 novembre 2023,
La mission estime que les autorités de tarification ne sont pas capables aujourd’hui
d’évaluer la situation financière des établissements de leur périmètre en raison à la fois
de l’absence d’objectifs clairs mais aussi d’un manque d’outils d’analyse mis à leur
disposition.
A l’absence d’objectifs clairs d’abord : les missions de contrôle des autorités de tarification
n’ont pas pour nature d’évaluer la santé financière d’un établissement mais portent en premier
lieu sur la conformité de l’emploi des dotations publiques.
La mission recommande ainsi d’adopter au niveau national une grille d’analyse pour introduire
une démarche d’analyse financière dont il convient de définir les objectifs attendus
(identification des établissements en difficulté ? et plus largement d’un groupe d’EHPAD ?
Inadéquations des dotations publiques au regard des besoins financiers de l’établissement ?…).
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Annexe VI
- 69 -
69
Un manque d’outils d’analyse ensuite : le cadre de l’EPRD et de l’ERRD actuel ne permet pas
de déployer une analyse financière. Aujourd’hui, les ARS reconnaissent s’en tenir, via les ERRD,
à un contrôle de la conformité règlementaire de l’usage des dotations publiques. Analyse qui
reste néanmoins partielle : les ARS ne disposant jusqu’à présent que d’une vision complète sur
les sections soins et dépendance dans le cadre simplifié des ERRD. De même, lors de la
réception des ERRD, le département de l’Aisne a indiqué s’attacher à vérifier en priorité les
établissements habilités à l’aide sociale et, pour les documents transmis, la complétude du
dossier.
Si une vision analytique d’un établissement pourrait être acquise à l’aide de l’application du
cadre complet de l’ERRD pour les EHPAD privés à but lucratif prévue en 2023, offrant une
vision sur la partie hébergement aux pouvoirs publics, elle doit s’accompagner de l’adoption
de référentiels nationaux et locaux de gestion qui s’appuieraient sur des outils d’analyse
financière. Le contrôle des ARS et des départements pâtit aujourd’hui d’un manque de
coordination s’appuyant sur des dispositifs capables d’agréger les données recueillies dans
chaque ERRD transmis afin d’obtenir des indicateurs à l’échelle nationale. En effet, la
pertinence de l’analyse financière d’un établissement s’appuie sur la capacité des pouvoirs
publics à le situer dans le contexte national, voire dans le contexte du groupe auquel il
appartiendrait.
La réussite du déploiement d’une démarche d’analyse financière dépend de la formation
et de la montée en compétence des services des autorités de tarification.
Les ARS et les départements ont fait part, dans l’ensemble, de leurs difficultés à exercer leur
contrôle sur les établissements via les ERRD en raison d’un manque de moyens humains et du
besoin de montée en compétences de leur personnel. En effet, les services des ARS ne sont pas
formés aujourd’hui à porter une appréciation sur l’activité économique d’un groupe d’EHPAD.
De leur côté, les département de l’Aisne et des Bouches du Rhône ont indiqué ne disposer, pour
assurer leur mission de contrôle, respectivement que de six personnes pour 61 EHPAD et
d’une dizaine d’agents pour 279 EHPAD.
Enfin, en tout état de cause, la mission estime que les autorités de tarification n’exercent
pas de manière efficiente leur mission première, à savoir leur pouvoir de contrôle de
l’emploi des dotations.
Cette mission de contrôle ne peut s’exercer correctement en l’état actuel des choses,
notamment faute de traçabilité des affectations analytiques des charges de personnel. Elle est
donc réduite aujourd’hui à la vérification du non dépassement des enveloppes forfaitaires
versées. Dans l’ensemble, les ARS et les département rencontrés par la mission ont indiqué que
le respect des montants forfaitaires attribués aux établissements et le respect de la tarification
constituaient les critères prioritaires pour l’exercice de leur contrôle lors de la réception des
ERRD. La sincérité et la fiabilité des données transmises n’est pas interrogée tant que
l’établissement ne dépasse pas l’enveloppe forfaitaire annuelle.
En outre, aucune autorité de tutelle rencontrée, à l’exception de l’ARS Nouvelle Aquitaine, ne
déclare avoir fait usage à ce jour :
de sa faculté à reprendre les dotations qui auraient été employées à des dépenses non
règlementaires ;
de sa capacité à reprendre les éventuels excédents constitués en fin de CPOM.
Les autorités de tarification ne disposent aujourd’hui d’aucun outil de dialogue de
gestion leur permettant de jouer un rôle de veille sur la santé financière des
établissements de leur territoire et ainsi, d’alerter, en amont, les pouvoirs publics à
l’échelle nationale en cas de difficultés économiques avérées.
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Réponses au contradictoire – Annexe VI
- 1 -
Réponses de l’organisme Nouvelles observations de la mission
- Annexe VI page 11, dernier paragraphe
La procédure budgétaire ainsi que la chaine de
validation au sein des établissement de groupe
MEDICHARME laisse donc peu de marge de manœuvre
aux directeurs d’établissement à l’exception des enjeux
de ressources humaines et de taux d’occupation. La
mission constate que cette procédure entraine une
forme de déresponsabilisation des directeurs
d’établissement s’agissant des enjeux budgétaires de
leur établissement.
Cette affirmation est erronée puisque les directeurs
d’établissement ont une large latitude pour définir les
ressources essentielles dont ils ont besoin pour assurer
une prise en charge des résidents dans les meilleures
conditions, à savoir :
- Les tarifs
- L’estimation du taux d’occupation
- Les autres charges externes
- Les investissements
- Les ETP
- Les consommables en lien avec le taux
d’occupation
Dans la procédure budgétaire, les directeurs
d’établissement n’ont pas d’initiative sur les seuls
postes suivants :
- Les contrats groupe,
- Les loyers
- Les amortissements
- Annexe VI page 12, tableau 2
Les données du tableau 2, page 12, concernant la
compilation des données entre le contrôle de gestion et
le directeur d’établissement afin de réaliser la maquette
budgétaire annuelle par établissement sont exactes.
Cependant, l’interprétation globale qui en est faite est
erronée parce qu’il s’agit d’une méthode pour assister
les directeurs d’établissements.
Le processus budgétaire est construit en effet sur un
« pré- remplissage » des tableaux avec notamment les
données réelles des années précédentes
(habituellement réel à fin septembre puis une
projection en fin d’année) et les éléments qui sont
reportés relèvent plutôt d’une assistance au
remplissage, afin de faciliter l’appropriation des chiffres
- Annexe VI page 11, dernier paragraphe
- Annexe VI page 12, tableau 2
La mission prend bonne note des éléments de réponse
transmis par le groupe Médicharme. Toutefois, malgré
ces précisions, l’analyse portée par la mission reste
inchangée dans la mesure où elle porte sur l’ensemble
du budget d’un établissement.
Les éléments transmis par le siège aux directeurs ne
portent que sur une partie du budget de leur
établissement (et sur laquelle, en effet, un dialogue de
gestion a bien été mis en œuvre ces dernières années
comme précisé dans l’annexe). Cependant, des
éléments essentiels de l’analyse financière d’un
établissement ne sont pas transmis aux directeurs ce
qui tend à ne pas les responsabiliser quant à la
rentabilité réelle de leur EHPAD.
Enfin, l’importance du bien-être des résidents a été
soulignée par la mission comme étant un des objectifs
fixés par le siège à l’ensemble des directeurs régionaux
et d’établissement pour l’année 2023.
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Réponses au contradictoire – Annexe VI
- 2 -
et des projections pour l’année suivante et donc le
travail d’analyse des directeurs d’établissements.
- Par exemple :
o les tarifs sont définis par les directeurs
d’établissement en fonction de leur
zone de chalandise et de leur marché
local.
o Les taux d’occupation cible du budget
sont définis par les directeurs
d’établissement.
o Les autres charges externes sont
définies par le directeur
d’établissement et pour celles liées au
taux d’occupation, elles sont calculées
au prorata de ces taux par le contrôle
de gestion.
o les investissements de chaque
établissement (maintenance) sont
demandés par les directeurs
d’établissement et arbitrés dans le
cadre d’une enveloppe avec en priorité
un critère lié à la sécurité.
o les effectifs sont bien définis par le
directeur d’établissement et les
évolutions de salaires sont calculées
par le contrôle de gestion avec la même
hypothèse d’indexation pour tous mais
avec une prise en compte si besoin
d’augmentations individuelles
spécifiques
o les dotations soin, qui sont le résultat
des équations tarifaires sont reprises
par le contrôle de gestion mais ne
dépendent pas du contrôle de gestion
(mais de l’ARS et des directeurs
d’établissement en réalité).
Le process budgétaire (en dehors de business review)
fait l’objet d’un dialogue constructif entre le directeur
d’établissement, le contrôleur de gestion et le directeur
régional avec pour objectif de toujours mettre le
résident au cœur du projet d’entreprise.
- Annexe VI page 56
« La mission constate que ces clefs de répartition
méconnaissent le principe de sincérité » :
Ce constat sévère résulte du choix de clefs de
répartition arbitraire utilisées par Médicharme,
mais qui n’ont jamais été remises en cause
directement par les ARS dans leurs examens
- Annexe VI page 56
La mission prend bonne note des précisions du
groupe Médicharme qui sont identiques à celles
apportées par le courrier du 14 décembre 2023,
mentionnée dans l’annexe.
Le caractère insincère des clefs de répartition tient à
la fois (i) au fait qu’elles ne reflètent pas la réalité des
tâches réalisées par le personnel d’une part, et d’autre
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Réponses au contradictoire – Annexe VI
- 3 -
annuels des ERRD et EPRD et que nous
considérons donc comme validées.
D’autant plus que le groupe applique avec une
parfaite transparence la répartition des salariés
ASH et des ASH faisant fonction sur une ligne
distincte dans les tableaux de support des ERRD.
Comme le rappelle la mission l’absence de « cadre
imposé par les autorités de tarification » ne peut
pas être reproché à Médicharme.
- Annexe VI page 65
« les excédents ne sont pas suivis en comptabilité
générale » :
À notre connaissance, il n’existe, à ce jour, aucune
obligation comptable de suivre les excédents.
Les Commissaires aux comptes ont toujours validé les
comptes de Médicharme sans souligner ce point.
De façon extra comptable, une indication est faite sur ce
sujet sur les tableaux de suivi des excédents pour les
ERRD et le groupe a communiqué ce tableau de suivi à
la mission.
part, (ii) qu’elles répondent avant tout à une logique
de saturation des forfaits soins et dépendance.
- Annexe VI page 65
Vu, précision apportée en ce sens dans l’annexe.
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ANNEXE VII
Personnes rencontrées
-- 327 of 338 --
SOMMAIRE
1. ACTEURS PUBLICS .....................................................................................................................1
1.1. Ministère des solidarités et des familles ................................................................................1
1.1.1. Direction générale de la cohésion sociale .................................................................... 1
1.2. Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et
numérique ...........................................................................................................................................1
1.2.1. Direction Générale des Finances Publiques ................................................................. 1
1.2.2. DGCCRF......................................................................................................................................... 1
1.2.3. Comité interministériel de restructuration industrielle ........................................ 1
1.3. Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie ...............................................................1
1.4. Caisse Nationale de l’Assurance Maladie ...............................................................................2
1.5. Agences régionales de santé ........................................................................................................2
1.5.1. ARS Provence Alpes Côtes d’Azur ..................................................................................... 2
1.5.2. ARS Ile-de-France .................................................................................................................... 2
1.5.3. ARS Occitanie............................................................................................................................. 2
1.5.4. ARS Nouvelle Aquitaine ........................................................................................................ 3
1.5.5. ARS Grand Est............................................................................................................................ 3
1.5.6. ARS Normandie......................................................................................................................... 3
1.5.7. ARS Auvergne Rhône Alpes ................................................................................................. 3
1.5.8. ARS Bourgogne Franche Comté ........................................................................................ 3
1.6. Conseils départementaux .............................................................................................................3
1.6.1. Conseil départemental des Bouches du Rhône ........................................................... 3
1.6.2. Conseil départemental de la Meuse................................................................................. 4
1.6.3. Conseil départemental de l’Aisne ..................................................................................... 4
1.6.4. Conseil départemental des Deux-Sèvres........................................................................ 4
2. GROUPE MEDICHARME ............................................................................................................4
2.1. Siège .......................................................................................................................................................4
2.2. Directions régionales ......................................................................................................................4
2.3. Établissements ..................................................................................................................................5
2.3.1. Résidence « Saint George », Aisne, Haut de France .................................................. 5
2.3.2. Résidences « Les Eaux Vives » - Souilly, Meuse, Grand Est .................................... 5
2.3.3. Résidences « Aéria » et « Meissel », Bouches-du-Rhône, PACA............................ 5
2.3.4. Résidence « de Beurre », Lot-et-Garonne, Nouvelle Aquitaine ........................... 5
2.3.5. Résidence « Les Airelles », Seine et Marne, Ile de France ...................................... 6
2.3.6. Résidence « les Jardins d’Aiffres », Deux Sèvres, Nouvelle Aquitaine ............... 6
3. ACTEURS PRIVES ........................................................................................................................6
3.1. Syndicat National des établissements, résidences et services d’aide à domicile
privé pour personnes âgées (Synerpa) ...................................................................................6
3.2. Cabinet Exelmans, Commissaire aux comptes .....................................................................6
3.3. Société Medco Conseil ....................................................................................................................6
3.4. M Patrick Boulard, fondateur et ancien président de Médicharme ............................6
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Annexe VII
- 1 -
1
1. Acteurs publics
1.1. Ministère des solidarités et des familles
1.1.1. Direction générale de la cohésion sociale
M. DUJOL Jean-Benoît, directeur général
Mme ALLOT Florence, cheffe de service politiques d’appui
M. BACHELLERY Olivier, sous-directeur affaires financières et modernisation
M. ANRIJS Michel, adjoint au sous-directeur professions sociales, emploi et
territoires
M. AHAMEDALLY Asiffe, chef du bureau de l'animation territoriale
Mme DUCOUDRE Laetitia, chargée de mission sur les réformes de la tarification des
ESMS
M. CHALENCON Gilles, adjoint à la cheffe de bureau, bureau SD5B
Mme POIRET Céline, chargée de mission CPOM-performance, bureau SD5B
1.2. Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et
numérique
1.2.1. Direction Générale des Finances Publiques
M. FANCELLI Éric, adjoint au chef du bureau SJCF-3B, Service de la sécurité
juridique et du contrôle fiscal
M. MONTAGNE François, bureau d'appui et de coordination des contrôles
1.2.2. DGCCRF
M. ROUSSEL Romain, sous-directeur « industrie, santé, logement »
Mme GARDON Virginie, cheffe du bureau santé
Mme LALLANDE Marise, secteur social et médico-social
1.2.3. Comité interministériel de restructuration industrielle
M. CHOTARD Pierre-Olivier, secrétaire général
Mme DECAZE Laure, rapporteur
1.3. Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie
M. OLIVIER Paul, directeur adjoint, direction du financement de l’offre
Mme DESPLANQUES Charlotte, chargée de mission, maitrise d’ouvrage cadre EPRD
et ERRD
Mme AZIZA Azza, réformes tarifaires des personnes âgées
Mme TOUPIN Marie-Hélène, direction de la prospective et des études
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Annexe VII
- 2 -
2
1.4. Caisse Nationale de l’Assurance Maladie
M. DEBEUGNY Gonzague, responsable du département d’étude sur les pathologies
et les patients, DSES
Mme LEBLANC Garménick, coordonnatrice de la cellule -médico-sociale,
département de l’hospitalisation, DDGOS
1.5. Agences régionales de santé
1.5.1. ARS Provence Alpes Côtes d’Azur
M. CATILLON David, directeur adjoint, direction de l’offre médico-sociale
Mme BUONSIGNORI Cathy, cheffe de mission inspection, contrôle, réclamations
Mme FALIP Evelyne, adjointe, mission inspection, contrôle, réclamations
1.5.2. ARS Ile-de-France
M. TERMIGNON Jean-Luc, directeur du pôle inspection régionale autonomie/santé
Mme CAAMANO Delphine, directrice adjointe de la délégation départementale de la
Seine-et-Marne
Mme BOUSSYGUINE Nelly, directrice adjointe de l’inspection régionale autonomie
santé
Mme TALBOT Stéphanie, directrice adjointe de la délégation départementale de
Seine Saint-Denis
Mme DE ZELICOURT Solenne, directrice Adjointe, direction de l’autonomie
Mme MONTANGNON Nathalie, responsable du département autonomie
Mme SANSON Aurore, adjointe, département autonomie
Mme FOUASSIER Pascale, animatrice territoriale
M. MOLTON Anthony, juriste
Mme SALVY Laura, chargée de mission ambulatoire
1.5.3. ARS Occitanie
M. MERRICHELLI Philippe, directeur, direction des droits des usagers, des affaires
juridiques et de l’inspection régionale
Mme MARTINET Régine, directrice adjointe, direction de l’offre de soins et de
l’autonomie
Mme BLAZY Cendrine, responsable de l’unité personnes âgées
Mme ROCHIS Julie, cadre référent sanitaire
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Annexe VII
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3
1.5.4. ARS Nouvelle Aquitaine
M. BROWN Richard, adjoint au responsable de pôle contrôle et inspection M.
DEMOULIN Matthieu, responsable adjoint du pôle financement de l’autonomie
Mme ALIOUM Yasmine, chargée de mission
Mme GUILLARD Claude, cheffe de mission, DPSA
M. TRANCHANT Arnaud, chargé de mission
Mme NEKERT Marie-Christine, chargée de mission sécurisation processus
inspection contrôle et déploiement SI
Délégation territoriale des Deux Sèvres
Mme ARONICA Elvire, directrice de la délégation départementale des Deux-Sèvres
Dr CHAGNON Véronique, médecin inspecteur de santé publique délégation
départementale des Deux-Sèvres
Mme PASSERON Aurélie, inspectrice, délégation départementale des Deux-Sèvres
Mme BIGNON Fanny, inspectrice, délégation départementale des Deux-Sèvres
1.5.5. ARS Grand Est
M. MULIC Michel, directeur de l’inspection contrôle et évaluation
Dr MAROTTA Joséphine, directrice adjointe, direction inspection, contrôle et
évaluation (DICE)
M. BILLIET Grégory, inspecteur, DICE
1.5.6. ARS Normandie
Mme CHEVALIER Cécile, adjointe mission inspection contrôle
M. DUPONT Jérôme, adjoint, direction de l’autonomie
Mme LEBARBIER Maud, chargée de la politique et de la tarification des
établissements ou services sociaux ou médico-sociaux
1.5.7. ARS Auvergne Rhône Alpes
M. DELEAU Stéphane, directeur, direction inspection, justice, usagers
1.5.8. ARS Bourgogne Franche Comté
Mme RAJAUD Sandra, directrice, direction de l’inspection, contrôle et audit
1.6. Conseils départementaux
1.6.1. Conseil départemental des Bouches du Rhône
Mme SAUVET Armelle, directrice adjointe des personnes âgées et des personnes
handicapées
Mme MEYER Véronique, cheffe de service personnes du bel âge
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Annexe VII
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4
1.6.2. Conseil départemental de la Meuse
Mme GERVASONI Laure, directrice de l’autonomie
M. HEINEN Pascal, responsable du service établissement et services sociaux et
médicosociaux
Mme DA SILVA Fanny, chargée de mission, promotion et évaluation de la qualité des
ESSMS
Mme MATHIEU Josiane, responsable du service prévention de la dépendance
1.6.3. Conseil départemental de l’Aisne
Mme GENARD Patricia, directrice, direction des politiques d’autonomie et des
solidarités
Mme DIEM Anne, cheffe du service offre d’accompagnement
1.6.4. Conseil départemental des Deux-Sèvres
M. CADIOU Stéphane, directeur de l’autonomie
2. Groupe Médicharme
2.1. Siège
Mme MAINGUY Delphine, présidente-directrice-générale
Mme ANTONIW Hélène, directrice de l’administration des ventes
M. DE DREUX-BREZE Antoine, directeur administratif et financier
Mme DE FREITAS Catherine, directrice des ressources humaines
M. HERNDL Andreas, directeur de la performance/qualité et règlementation
M. LECARME Christophe, directeur administratif et financier (management de
transition)
M. LEPLAT Richard, directeur des comptabilités
M. MOUSTACAS Laurent, directeur immobilier
Mme D’HONT Valérie, coordinatrice de projets médicaux-sociaux
Mme LEFIEUX Isabelle, infirmière de coordination réseau
Mme MBEKEK Blandine, responsable des soins
M. PERRIN Christophe, responsable projets finance et comptabilité (ERRD/ERPD)
Mme ROGER Stéphanie, responsable contrôle de gestion exploitation
M. YOLLO Jean-Thierry, responsable de l’administration des ventes.
2.2. Directions régionales
M. BARBOSA Pedro, directeur régional
, directrice régionale
M. HOULLEBERQUE Matthias, directeur régional
Mme COLLAS Axelle, responsable RH réseau
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Annexe VII
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5
Mme RAYNAL Célia, responsable RH réseau
Mme SIMEONE Marjorie, responsable RH réseau
2.3. Établissements
2.3.1. Résidence « Saint George », Aisne, Haut de France
M. GAYRAUD Raphaël, directeur de l’établissement
Mme GONZALEZ Marie-Thérèse, directrice adjointe
Mme DOCTRINAL Amandine, IDEC
Mme MARCHANDISE Catherine, IDE
Mme JACOT Sophie, aide sociale
2.3.2. Résidences « Les Eaux Vives » - Souilly, Meuse, Grand Est
Mme LESIRE Laurence, directrice
Mme LENOIR Justine, IDE
M. THILL Valentin, ASH
Mme REBOURS Aurélie, ASH
M. H. D., résident
Mme H. P., résidente
2.3.3. Résidences « Aéria » et « Meissel », Bouches-du-Rhône, PACA
Mme MARDIROSSIAN-LOUISOR Géraldine, Directrice
M. PRIMAVERA Silvio, directeur Adjoint
Dr COQUET Alain, médecin coordonnateur
Mme COQUET Christine, IDEC « Aéria »
Mme TARDIF Marion, IDEC « Meissel »
Mme BAUMEZIREN Cristelle, responsable hébergement et vie sociale
M. MAYAN Sébastien, IDE
Mme LINARES Marjorie, IDE
Mme SOETEKOUW Carla, aide-soignante
Une résidente de « Meissel »
Une résidente d’ « Aéria »
2.3.4. Résidence « de Beurre », Lot-et-Garonne, Nouvelle Aquitaine
Mme LADEL, directrice
Mme DELSOL Camille, directrice adjointe site « de Beurre »
Mme MASSIP Adeline, directrice adjointe, site « du Lac »
M MINIER Simon, directeur adjoint, site de « Zoppola »
Mme BOUTELIER, IDER
Mme GARDET Carole, IDE
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Annexe VII
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6
M PUEYO Miguel, cuisinier
Mme BRYNAERT Audrey, AS
Mme PRATES Elisa, ASH
Mme M, résidente
M. V., résident
2.3.5. Résidence « Les Airelles », Seine et Marne, Ile de France
Mme BOUSLAMA Sonia, directrice
Dr SALGE Christophe, médecin coordonnateur
M. ELLEICH Rami, IDEC remplaçant
Mme FILLATREAU Agnès, psychologue
Mme PONSART Julie, AS diplômée
Mme DE BRITO Céline, ASH
2.3.6. Résidence « les Jardins d’Aiffres », Deux Sèvres, Nouvelle Aquitaine
M. DORLET Michel, directeur d’Etablissement
Mme GRELIER Claudine, IDEC
Mme TURRA Nadège ASH FF, représentante du personnel
Mme GUILLOT Elodie, IDE
Mme DA SILVA Luciana, AS diplômée
Mme GUY-OBJOIS Mélanie, ASH en charge du ménage
M. R., résident
Mme M., résidente
3. Acteurs privés
3.1. Syndicat National des établissements, résidences et services d’aide à
domicile privé pour personnes âgées (Synerpa)
M. AMARANTIS Jean-Christophe, président
M. de BAILLIENCOURT Justin, délégué général par intérim.
Mme ROY Elisabeth, chargée de mission
3.2. Cabinet Exelmans, Commissaire aux comptes
M. GUEDJ Éric, directeur général du cabinet
M. KONOPNICKI Julien, co-commissaire aux comptes de Médicharme
3.3. Société Medco Conseil
Dr BEUCHAT CLOUET d’ORVAL Alexandra, présidente et fondatrice
M. RIPOLL Jean Blaise, co-fondateur
3.4. M Patrick Boulard, fondateur et ancien président de Médicharme
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Réponses au contradictoire – Annexe VII
- 1 -
Réponses de l’organisme Nouvelles observations de la mission
- Annexe VII page 4, 2.1
La fonction de Monsieur Jean-Thierry YOLLO est celle
de responsable de l’administration des ventes.
- Annexe VII page 7, 3.3
Monsieur Patrick Boulard ne fait pas partie de la Société
MedCo conseil.
Il s’agit de l’ancien Président de MEDICHARME,
actionnaire et membre fondateur.
Modification apportée
Erreur matérielle rectifiée
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PIÈCE JOINTE
Lettre de mission
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...GOUVERNEMENT
Liberti
Ég,r/itè
Frtttemitè
Le Ministre chargé des Comptes Publics
Le Ministre du Travail du Plein Emploi et de !'Insertion
La Ministre des Solidarités et des Familles Paris, le ..; 1 AOUî 2023
Réf:
Note
A l'attention de
M. Thomas Audigé
Chef de l'Inspection générale des affaires sociales
Mme Catherine Sueur
Cheffe de l'Inspection générale des finances
****
Nous avons été informés de plusieurs alertes concernant les pratiques du groupe MEDICHARME.
Dans le champ médico-social, ces alertes portent sur la stratégie de prise de contrôle du groupe sur des structures
médico-sociales en difficultés, tant sur le plan financier qu'opératio_nnel. La situation financière du groupe, fondée
sur une stratégie d'acquisition et d'intégration d'établissements s'est dégradée en raison d'une augmentation des
coûts et d'une faiblesse du taux d'occupation. Le groupe MEDICHARME fait face également à des difficultés au
niveau opérationnel.
Plusieurs risques ont été rapportés par les agences régionales de santé eu égard à ce mode opératoire et ces
montages juridico-financiers : risques budgétaires et financiers susceptibles de conduire à un détournement des
moyens octroyés pour les établissements sociaux et médico-sociaux, impact sur la prise en charge des résidents
(alertes sur les tensions dans l'organisation du travail, l'absentéisme, la rotation importante du ·personnel, la
politique de recrutement fondée pour partie sur une logique de suppression de postes et le recours à l'intérim) et
enfin non-respect par le groupe des. dispositions réglementaires d.u code de l'action sociale et des familles
notamment en matière de transferts d'autorisation de structures médico-sociales ou d'absence de signalement.
d'événements indésirables graves.
Nous vous remercions de bien vouloir désigner une mission d'inspection conjointe du groupe MEDICHARME
relative à ces faits présumés.
La mission examinera en particulier les points suivants, concernant le groupe MEDICHARME :
1. Les suites apportées aux contrôles et inspections effectués au sein des établissements et services dont
le groupe assure le contrôle ainsi qu'aux signalements et réclamations portés à sa connaissance;
2. Les différentes modalités de prise de contrôle d'établisse_ments sociaux et médico-sociaux et de leurs
gestio_nnaires et la 'transparence de l'information. délivrée aux autorités compétentes pour délivrer les
autorisations, suite aux prises de contrôle réalisées
3. Les chaines de gouvernance et leurs modalités d'exercice ainsi mises en place;
4. Les pratiques commerciales entre les différentes entités du groupe pour mettre en œuvre les prestations
qe prise en charge des personnes accueillies au sein des établissements;
ï�I 01.!0566000
I-' avenue Duquesr1e • ï5350 PARIS c� SP
Le traitement de vos données est nécessaire à la gestion de votre demande et entre dans le cadre des missions confiées aux ministères sociaux.
Conformément au règlement général sur la protection des données (RGPD), vous pouvez exercer vos droits à l'adresse ddc-roO