Vers une théologie de la mobilité : les diocèses de Dijon, Autun et Nevers réfléchissent sur migration et foi
Citation
"La migration n’apparaît plus comme une anomalie, mais comme une dimension essentielle de l’existence humaine."
Cet article relate un événement organisé par les délégués diocésains de la Pastorale des Migrants de trois diocèses, axé sur la réflexion théologique de la migration à partir de la foi chrétienne. L’enjeu principal ici réside dans l’élaboration d’une posture institutionnelle des Églises locales face à la question migratoire, non plus perçue comme une exception ou un problème, mais constitutive de l’expérience humaine et spirituelle. Cette approche s’inspire du récit biblique, redonnant à la migration un statut fondateur dans l’histoire d’Israël et dans le Nouveau Testament, et crée les bases d’un discours qui valorise l’ouverture, la rencontre et l’hospitalité réciproque. Dans un contexte sociopolitique marqué par la polarisation sur les questions migratoires, ce positionnement peut renforcer la légitimité des Églises comme acteurs de médiation et de plaidoyer, influençant potentiellement les politiques locales et nationales d’accueil. Il s’agit aussi d’une tentative de renouvellement de la pastorale au service d’une société traversée par les mobilités. Ce type de démarche institutionnalise l’engagement chrétien en faveur des migrants et propose un récit alternatif susceptible de fédérer au-delà des cercles ecclésiaux.
Texte de la source originale
Les délégués diocésains de la Pastorale des Migrants des diocèses de Dijon, Autun et Nevers ont organisé un « temps fort » le 14 mars 2026.
Au cours de cette journée, les participants ont d’abord assisté à une conférence, avant de poursuivre par des travaux en groupe, puis un temps de restitution permettant de partager les réflexions de chacun.
La réflexion proposée par Sœur Marie Monet invitait à « penser la foi chrétienne à partir de la mobilité ». Loin d’être un phénomène marginal, la migration apparaît dans la Bible comme une réalité structurante de l’humanité. Dès les premières pages, l’être humain est en mouvement : Adam et Ève quittent le jardin, Abraham est appelé à partir, et le peuple d’Israël se construit dans l’Exode.
Cette dynamique ne concerne pas seulement l’homme : Dieu lui-même se révèle comme un Dieu en chemin. Présent dans la tente au désert, refusant d’être enfermé dans un temple, il accompagne son peuple dans un mouvement constant. Ce va-et-vient entre Dieu et l’humanité devient alors le signe même de l’alliance.
Dans cette perspective, la migration n’apparaît plus comme une anomalie, mais comme une dimension essentielle de l’existence humaine. Elle suppose toujours une rencontre entre celui qui arrive et celui qui accueille. L’hospitalité devient ainsi une expérience réciproque, où chacun reçoit de l’autre.
Enfin, l’Évangile prolonge cet appel : Jésus invite à prendre soin des personnes rencontrées. La mobilité révèle alors une vérité spirituelle profonde : nous sommes tous en chemin, appelés à vivre dans la relation, l’ouverture et l’accueil.
Jean de Dieu Bajyagahe
L’article Vers une théologie de la mobilité est apparu en premier sur Diocèse Nevers.