Rapport IGAS IGF IGA CNRACL (2026)
IGAS Nos rapports
10 juin 2026, 05:00
Texte de la source originale
Mission complémentaire sur le système de
retraite des agents des collectivités locales
et des établissements hospitaliers –
Perspectives à horizon 2045
FÉVRIER 2026
Bastien SAYEN Benjamin FERRAS Laurent TRUPIN
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RAPPORT
Mission complémentaire sur le système de retraite des
agents des collectivités locales et des établissements
hospitaliers – Perspectives à horizon 2045
Établi par
BASTIEN SAYEN
Inspecteur général adjoint
de l'administration
- FÉVRIER 2026 –
Inspection générale des
finances
IGF N° 2025-E-042-03
Inspection générale de
l'administration
IGA N° 25019R
LAURENT TRUPIN
Inspecteur général des
finances
Avec la participation de
BERTRAND MARTINOT
Administrateur de l'État au
Secrétariat général des
ministères financiers
Inspection générale des
affaires sociales
IGAS N° 2025-054R
BENJAMIN FERRAS
Inspecteur général des
affaires sociales
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Rapport « Mission complémentaire sur le système de retraite des agents des collectivités locales
et des établissements hospitaliers – perspectives à horizon 2045 »
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PROPOSITIONS DE LA MISSION
N° Proposition Echéance Responsables
1
Renforcer le pilotage du régime au niveau national en prévoyant, tous les
deux ans, un rapport du COR sur les retraites publiques et en consacrant,
chaque année, une séance du conseil commun de la fonction publique aux
retraites publiques.
Dès le 2 ème
trimestre 2026 DSS, DB, DGAFP, DGCL, COR
2
Tirer les conséquences de la circularité du financement des retraites
publiques et rendre obligatoire, dans les fiches d’impact des mesures
législatives ou réglementaires des dispositions qui concernent la
fonction publique, l’évaluation de leurs conséquences pour les régimes
publics de retraite.
Dès le 2 ème
trimestre 2026
Premier ministre et
ministères concernés
(DGAFP, DGCL, DGOS, DB,
DSS), SGG et Conseil d’Etat
3
Renforcer le pilotage du régime par le conseil d’administration de la
CNRACL, en le rendant destinataire d’indicateurs de pilotage plus fins et
en lui confiant la responsabilité de proposer, chaque année, les mesures
à adopter, au titre des risques vieillesse et invalidité, en recettes et en
dépenses, et rendre publics les travaux du conseil d’administration.
Dès 2026 et au
plus tard au 1 er
trimestre 2027
DSS (évolution des textes),
DB, CA et services de la
CNRACL, Acoss
4
Construire, à l’aide des travaux analysés par la mission, dans un souci de
sincérité et de transparence, une présentation comptable et financière,
permettant de mieux identifier les ressources et les charges du régime et
séparer les gestions des risques vieillesse et invalidité.
PLF/PLFSS 2027
puis lois
financières
ultérieures
Premier ministre et
ministères concernés
DB, DSS, CDC
5
En ce qui concerne la prise en charge des dépenses dites de solidarité et
de la compensation démographique, sous réserve des travaux
d’ensemble en cours, faire évoluer les ressources du régime dans le cadre
proposé par la première mission.
PLF/PLFSS 2027
puis lois
financières
ultérieures
Premier ministre et
ministères concernés
DB, DSS, CDC
6
Maintenir l’augmentation de taux prévue par le décret n°2025-86 du 30
janvier 2025, suivre ses effets et l’assortir d’une contribution portant sur
l’emploi des contractuels, afin de neutraliser les écarts de coûts, au titre
du risque vieillesse, entre les titulaires et les non-titulaires.
PLF/PLFSS 2027
Premier ministre et
ministères concernés
DGCL, DB, DSS
7
Créer et préparer les conditions d’un transfert de la dette de la CNRACL
et revoir les stratégies de gestion financière du régime et de
recouvrement et de contrôle des employeurs territoriaux et hospitaliers.
A partir de 2026
et au plus tard en
2028
Premier ministre et
ministères concernés, DB,
DSS, Acoss, CADES, Caisse
des dépôts
8
Considérer que le statu quo ne pourrait être que temporaire, fragile et
incertain ; par conséquent, mener les concertations nécessaires sur la
base des travaux de la mission, pour permettre le choix d’un changement
systémique, en rattachant la CNRACL à un pôle « public » ou à un pôle
« privé » de retraite.
Travaux
préparatoires et
concertations
lancés dès 2026,
pour mise en
œuvre au plus
tard en
PLF/PLFSS 2028
Premier ministre et
ministères concernés
Partenaires sociaux, CA
CNRACL, COR
9
Mettre en place la structure administrative adaptée, pour mener les
indispensables travaux complémentaires d’évaluation des impacts
institutionnels, financiers et juridiques du choix opéré et décider des
modalités techniques (alignement, intégration, adossement) de mise en
œuvre de ce choix.
Travaux
préparatoires et
concertations
lancés dès 2026,
pour mise en
œuvre en 2028
DB, DSS, DGCL, DGAFP, COR
Premier ministre et
ministères concernés
Partenaires sociaux, CA
CNRACL
10 En s’appuyant sur les travaux de la mission, définir une stratégie de
changement des textes et de concertation à court, moyen et long termes.
2 ème trimestre
2026 DB, DSS, DGAFP, DGOS, DGCL
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SYNTHÈSE
La Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) gère un régime
intégré de retraite et d’invalidité, qui assure la couverture de base et complémentaire des
agents titulaires des fonctions publiques territoriale et hospitalière ayant une activité
hebdomadaire supérieure à 28 heures. Le régime et la caisse sont gérés paritairement et sous
la tutelle de l’Etat, l’opérateur en gestion est la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
En 2024, la CNRACL comptait environ 2,1M de cotisants pour 1,4M de pensionnés soit
environ 8% des effectifs de pensionnés de droit direct tous régimes. Elle a versé près de
30Mds€ de prestations.
Après avoir été structurellement excédentaire, le régime est en déficit, chaque année,
depuis 2018, à la suite d’une chute brutale de son ratio démographique, soit le rapport entre
le nombre de pensionnés et le nombre de cotisants. En 2024, la CNRACL a affiché un résultat
net négatif de 3Mds€ et une dette à hauteur de 7,9Mds€. Une mission de 2024 avait
formulé 11 propositions visant à rééquilibrer le régime et seule une hausse de 12 points des
cotisations à la charge des employeurs a été arrêtée, en janvier 2025 : ce taux augmentera
de trois points par an, pour atteindre 43,65% des traitements de base en 2028.
Cette mesure doit générer des ressources nouvelles importantes. Hors impact sur les
rémunérations et les emplois des titulaires, le rendement serait de 7,2Mds€ par an à partir de
2028, ce qui représenterait environ 60% de l’effort nécessaire pour un retour durable à
l’équilibre financier d’ici à 2045. Cette mesure, nécessaire mais dont le rendement reste à
confirmer, ne suffit pas à résoudre les difficultés structurelles du régime.
L’objectif de la présente mission est de proposer des pistes pour garantir l’équilibre du
régime et sa neutralité pour les administrations publiques, d’ici à 2045.
Afin de renforcer la maitrise de la trajectoire financière, la mission fait des propositions
concrètes de court et moyen termes recouvrant divers aspects :
Il s’agit ainsi d’améliorer la gouvernance des retraites publiques, par des travaux
dédiés du Conseil d’orientation des retraites (COR) et du conseil commun de la fonction
publique (CCFP), et de la CNRACL, par une plus forte responsabilité de son conseil
d’administration ;
Les problématiques de la CNRACL doivent être mieux prises en compte dans les
décisions en matière de rémunération, d’emploi et de retraites publiques ;
Les gestions du risque invalidité et du risque retraite doivent être dissociées, en
recettes et en dépenses ;
Le surcoût lié à l’emploi des titulaires, à la suite de la hausse des taux, doit être
neutralisé par un dispositif ad hoc ; sur son principe, cet aspect recueille l’accord des
parties prenantes ;
Toute évolution du dispositif de compensation ou de la prise en charge des
dépenses de solidarité doit prendre en compte la spécificité, actuelle et surtout
passée, de la CNRACL.
Une reprise de dette, par la caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) ou l’Etat,
est incontournable, comme l’examen des modes alternatifs de gestion financière. Cette
reprise de dette doit être assortie de garanties préalables très fortes : le suivi des
effets de la hausse des taux de cotisations employeurs ; un plan de retour à
l’équilibre du régime avec des efforts partagés entre employeurs, agents et acteurs
publics ; une amélioration du recouvrement des créances.
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Rapport « Mission complémentaire sur le système de retraite des agents des collectivités locales
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Mais aucune des réformes ne permet l’équilibre. En 2045, en euros courants, le régime
présenterait un déficit annuel de 8Mds€ et une dette de 85Mds€, malgré l’apport, à
compter de 2027, de versements au titre de la compensation démographique, soit les transferts
existants entre régimes de retraites pour tenir compte de leurs différences en termes de
contribution et de démographie.
Dans ce contexte, la mission a étudié les autres évolutions possibles. Actionner de
nouveau le seul levier des cotisations employeurs pour ramener la caisse à l’équilibre
paraît difficilement envisageable. En effet, même dans le cas d’une reprise de dette à
l’horizon 2028 dans le cadre d’un accord global avec les employeurs, une nouvelle hausse des
taux serait nécessaire, de l’ordre de 7 points.
En outre, le statu quo serait fragile et incertain. Le cumul des mesures proposées par la
première mission ne permet pas de ramener les comptes à l’équilibre au-delà de 2035, même
en modifiant les flux de la compensation généralisée dans un sens favorable à la CNRACL. Cela
induirait en outre des évolutions profondes de la compensation démographique au profit de la
CNRACL, tout comme de nouveaux modes de prise en charge des dépenses de solidarité par les
régimes publics.
*
Les décisions de rééquilibrage qui reste à prendre sont massives, et supposent, au
préalable, de clarifier et mettre en cohérence les responsabilités institutionnelles et
financières des divers acteurs. Il est donc nécessaire d’envisager des évolutions plus
fortes de l’organisation du système de retraites selon deux hypothèses. Le choix est de
constituer un pôle « privé » ou un pôle « public »1. Dans le premier cas, la CNRACL rejoint
les régimes des salariés du privé et applique les mêmes règles d’assiette et de taux. Dans ce cas,
la neutralité financière justifie le versement de sommes importantes (« soultes »). Dans le
second cas, les régimes de retraites des trois fonctions publiques seraient consolidés et celui
de la fonction publique d’Etat, clarifié. Leurs dépenses et recettes spécifiques seraient
préservées, dans un nouvel ensemble, autour d’une caisse des retraites publiques autonome et
financée par des cotisations libératoires.
La constitution de ce pôle, qu’il soit « public » ou « privé » peut prendre différentes
modalités : l’adossement, l’intégration ou l’alignement sont des voies techniques de
constitution d’un pôle. L’extension de l’assiette cotisée à la CNRACL ou de la population
cotisant à la CNRACL (inclusion des contractuels notamment) seraient des étapes éventuelles
dans la constitution de l’un ou l’autre pôle.
Les avantages et inconvénients des différentes solutions structurelles et techniques sont
présentées par le rapport et ses annexes, afin de permettre les indispensables
concertations préalables à toute action et évaluation complémentaires. Le choix d’une ou
l’autre de ces évolutions structurelles nécessite la mise en place d’une structure dédiée de
coopération entre administrations afin de préparer les concertations nécessaires.
*
1 La dénomination « public » ou « privé » se veut ici totalement neutre. Elle ne préjuge en aucun cas d’une
privatisation ou d’une publicisation de l’existant. Bien au contraire, les dénominations renvoient dans tous les cas à
des régimes publics financés au moyen de prélèvements obligatoires. La notion « privé » est par référence aux
régimes de base et complémentaire des actifs du secteur privé qui sont largement alignés. La notion « public »
renvoie aux régimes relevant en tout ou partie des dispositions du code des pensions civiles et militaires.
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Rapport « Mission complémentaire sur le système de retraite des agents des collectivités locales
et des établissements hospitaliers – perspectives à horizon 2045 »
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Tout ce qui précède, nécessite une démarche de conduite du changement structurée et
partagée soit adoptée reposant sur les principes suivants :
Le débat sur les retraites doit être mieux documenté : au niveau de la CNRACL par
des indicateurs nouveaux et enrichis, au niveau du secteur public en analysant des
modalités nouvelles de comptabilisation. Toutes ces mesures visent à permettre une
compréhension partagée des enjeux et des leviers d’action par les parties prenantes
pour, in fine, prendre les décisions qui s’imposent aujourd’hui pour préserver l’équilibre
de ce régime ;
Le redressement des comptes devra faire appel à la pluralité des leviers à
disposition des partenaires sociaux et des pouvoirs publics, tout en écartant toute
idée de solution miracle. En particulier, la recherche d’équilibre financier de la CNRACL
a, par construction, un impact sur les administrations publiques et ne peut être neutre,
tant dans une approche sectorielle que toutes APU ;
Les pistes doivent être combinées dans le cadre plus général, d’une part, de la réforme
des retraites qui serait retenue et, d’autre part, de la trajectoire nécessaire de
redressement des comptes publics qui devra prendre en compte cette question des
retraites.
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SOMMAIRE
PROPOSITIONS DE LA MISSION……………………………………………………..……………………… 1
SYNTHÈSE.............................................................................................................................................. 2
INTRODUCTION ................................................................................................................................... 1
1. LE RÉGIME D’ASSURANCE VIEILLESSE DES AGENTS TITULAIRES DES FONCTIONS
PUBLIQUES HOSPITALIÈRE ET TERRITORIALE EST CONFRONTÉ À DES
DYNAMIQUES DÉFAVORABLES ............................................................................................. 4
1.1. Les particularités du régime de retraite de la CNRACL ....................................................4
1.1.1. Un régime complet et financé presqu’exclusivement par des cotisations ..... 4
1.1.2. Un poids avéré dans le système de retraite, un poids croissant dans les
retraites publiques .................................................................................................................. 7
1.2. Un cadre de pilotage et de décision perfectible ...................................................................8
1.2.1. La connaissance, le pilotage et le débat sur la situation de la CNRACL
apparaissent largement perfectibles .............................................................................. 8
1.2.2. Un financement « circulaire » qui rend difficile la prise de décision entre
acteurs publics, une indécision qui a toujours un impact sur les ménages et
les entreprises............................................................................................................................ 9
1.2.3. Des dynamiques financières et démographiques défavorables ...................... 10
1.3. La volonté de retour pérenne à l’équilibre financier du régime des retraites des
agents titulaires des fonctions publiques territoriale et hospitalière justifie des
actions sur le pilotage, les charges et les produits du régime .................................... 12
1.3.1. Seule la hausse des taux a été retenue à la suite des travaux de la première
mission ....................................................................................................................................... 12
1.3.2. Le poids de la CNRACL et l’ampleur des efforts nécessaires pour renouer
avec l’équilibre justifient une approche plus systémique de sa situation et de
ses impacts pour le régime, la sphère publique et le système de retraite... 14
1.3.3. Les fragilités institutionnelles, financières et statistiques sont évidentes,
elles justifient une attention rénovée .......................................................................... 17
2. UN CADRE RÉNOVÉ DE PILOTAGE EST NÉCESSAIRE POUR PERMETTRE À LA
CNRACL DE REMPLIR SES MISSIONS ................................................................................. 19
2.1. Créer un cadre rénové de pilotage et de gouvernance des retraites publiques .. 20
2.1.1. Créer les conditions d’un débat nécessaire ............................................................... 20
2.1.2. Garantir une approche intégrée et complète des impacts des décisions
publiques en matière de gestion des ressources humaines ............................... 20
2.2. Affirmer la responsabilité des partenaires sociaux et renforcer le cadre de
pilotage propre à la CNRACL .................................................................................................... 21
2.2.1. Créer les conditions pour que le conseil d’administration documente un
débat public nécessaire ...................................................................................................... 21
2.2.2. Adopter une présentation alternative de la situation financière et
comptable de la CNRACL et des retraites publiques et séparer les gestions
des risques vieillesse et invalidité .................................................................................. 22
2.3. Prendre, dès que possible, toutes les mesures pour accroître les recettes du
régime est nécessaire mais non suffisant............................................................................ 23
2.3.1. Prendre acte que la trajectoire financière n’est pas soutenable .................... 23
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2.3.2. Faire évoluer la prise en charge des dépenses de solidarité, en prenant en
compte la situation de la CNRACL ................................................................................ 26
2.3.3. Maintenir la hausse des taux de cotisations employeurs et en suivre les
impacts ...................................................................................................................................... 26
2.3.4. Créer les conditions pour une incontournable reprise de dette et envisager
des alternatives en matière de gestion financière, de recouvrement et de
contrôle ..................................................................................................................................... 27
2.4. Envisager des évolutions systémiques ................................................................................ 28
2.4.1. Choisir une architecture du système de retraite de nature à prendre en
compte la situation de la CNRACL ................................................................................ 28
2.4.2. Travailler, évaluer et préparer les solutions techniques nécessaires dans le
cadre incontournable d’une coopération renforcée entre acteurs
administratifs ......................................................................................................................... 32
2.5. Une démarche de conduite du changement, structurée et claire pour les acteurs,
doit être adoptée par les pouvoirs publics ......................................................................... 33
CONCLUSION...................................................................................................................................... 37
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Rapport
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INTRODUCTION
Par lettre de mission du 2 mai 20252, le Premier ministre a demandé aux chefs des inspections
générales de l’administration (IGA), des affaires sociales (IGAS) et des finances (IGF) d’analyser
la situation du régime de retraite des agents titulaires des fonctions publiques
territoriale et hospitalière (FPT et FPH), géré par la caisse nationale de retraite des agents
des collectivités locales (CNRACL) et son conseil d’administration paritaire, qui a pour
opérateur la caisse des dépôts et consignations (CDC).
Cette mission faisait suite à deux types de travaux : d’une part, des travaux dédiés à la
CNRACL réalisés très récemment par les inspections générales3, puis par la délégation aux
collectivités territoriales de l’Assemblée nationale4, et, d’autre part, des travaux sur le
système de retraite dans son ensemble et des concertations au sein d’une délégation paritaire
provisoire (ou « conclave retraite »)5. Les premiers travaux avaient donné lieu à la
formulation de onze recommandations : une seule a été mise en œuvre soit une hausse assurée
et programmée du taux des cotisations employeurs6 (+13 points entre 20247 et 2028). Les
seconds travaux n’ont -selon les partenaires sociaux concernés (employeurs et salariés),
l’animateur du « conclave » et le cabinet du Premier ministre8- pas permis d’envisager la
situation particulière des retraites publiques au sein du système de retraite et, en particulier,
de la CNRACL : ils ont avant tout été consacrés aux retraites du secteur privé.
La mission a fait l’objet d’une approche partagée avec les commanditaires9 et les parties
prenantes10, matérialisée dans une note de cadrage11 qui a rappelé le cadre des travaux et les
paramètres clefs du régime.
2 Voir Annexe 1 – Lettre de mission.
3 Yannick Le Guillou, Vincent Ruol, Laurent Trupin et Bastien Sayen, Situation financière de la Caisse nationale de
retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
2023-104R / 2023-M-104-02.
4 Stéphane Delautrette, Rapport d'information sur le financement de la Caisse nationale de retraites des agents des
collectivités locales, à la suite des tables rondes organisées les 12 et 26 mars et 2 avril 2025 par la délégation, Délégation
aux collectivités territoriales et à la décentralisation, Assemblée nationale, n°1422, déposé le mardi 13 mai 2025.
5 Cour des comptes, Situation financière et perspectives du système de retraite, Communication au Premier ministre,
février 2025 et Cour des comptes, Impacts du système de retraites sur la compétitivité et l’emploi, Communication au
Premier ministre, avril 2025, Ces travaux ont été largement débattus et présentés notamment au sein des
assemblées parlementaires, voir par exemple la réunion de la commission des affaires sociales du Sénat du 5 mars
2025 (https://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20250303/soci.html).
6 Décret n°2025-86 du 30 janvier 2025 relatif au taux de cotisations vieillesse des employeurs des agents affiliés à
la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
7 Pour l’année 2024, s’agissant des collectivités territoriales, cette augmentation d’un point a été compensée par
l’Etat.
8 Voir Annexe 3 – Liste des personnes rencontrées.
9 La mission a travaillé sous l’égide du cabinet du Premier ministre, signataire de la lettre de mission. Elle a sollicité
l’ensemble des cabinets des ministres concernés qui ont donné suite ou non à ces sollicitations. Le cabinet du
Premier ministre a assuré le pilotage d’ensemble de la phase de lancement à la remise du présent rapport.
10 La mission a convenu avec les commanditaires de travailler en lien étroit avec les représentants des employeurs
et des salariés. Elle a ainsi étroitement associé les représentants des employeurs territoriaux et hospitaliers relevant
de la CNRACL. Ils ont ainsi participé activement à l’administration d’une enquête (Annexe 7 - Enquête auprès des
employeurs territoriaux et hospitaliers sur les impacts de la hausse des taux de cotisation à la CNRACL).
11 Voir Annexe 2 – Note de cadrage en date du 23 juillet 2025.
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Rapport
- 2 -
Cette mission est complémentaire à la précédente. Trois dimensions sont à rappeler :
la mission avait pour objet d’apprécier, non pas comme la précédente, des solutions
pour la seule CNRACL, mais les solutions concernant la CNRACL et en appréciant leurs
impacts sur le système de retraite dans son ensemble afin de viser à un objectif
particulier d’équilibre de la CNRACL et donc d’une contribution au moins neutre de celle-
ci à l’équilibre du système de retraites ;
la mission avait vocation à embrasser un regard plus large concernant, d’une part, les
impacts de la décision de hausse des taux de cotisations patronales et, d’autre part,
les équilibres financiers et démographiques du régime à un horizon bien plus long,
entre 2025 et 2045 ;
la mission avait pour objet d’envisager la CNRACL dans le cadre plus général du système
de retraites ; elle n’avait en revanche pas pour objet de se prononcer sur les
conséquences des décisions prises ne concernant pas les retraites ; ainsi, ne sont
pas envisagées ici les demandes de prises en charge ou de compensations des
surcoûts assumés et à assumer par les employeurs hospitaliers et territoriaux ; il a été
convenu, tant avec les parties prenantes qu’avec les commanditaires, de ne pas aborder
ces questions, qui sont pour partie des résultantes des débats intervenant tant en ce qui
concerne les retraites qu’en ce qui concerne les finances publiques en général et leurs
différents secteurs12
Ce rapport est de synthèse. Il présente les travaux menés qui sont matérialisés dans les
annexes (encadré 1). La mission recommande donc au lecteur de se rapporter aux annexes :
nombre de points ne sont abordés ici que de manière succincte et sont étayés par des
développements importants ou des précautions uniquement mentionnés en annexe. Tous ces
travaux ont été assurés en lien avec les intéressés, employeurs et salariés. Ils ont été permis
grâce à la très forte mobilisation des services statistiques de la CDC13 qui ont produit des
nombreuses projections et données chiffrées. La mission a pu compter sur le soutien de la
direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), de la direction
de la sécurité sociale (DSS) et de certains experts14. Elle a profité du concours de la direction
du budget (DB) et du secrétariat général du conseil d’orientation des retraites (COR). Elle les
remercie pour leurs contributions15.
Encadré 1 : Le contenu des 14 annexes
Les annexes 1 à 3 revêtent un caractère documentaire et procédural. Elles ont trait à la lettre de
mission (1), à la note de cadrage (2), à la liste des personnes rencontrées (3). La dernière (annexe 14)
présente les supports utilisés lors des réunions avec les commanditaires et les parties prenantes.
12 Etat, collectivités territoriales et administrations de sécurité sociale et, au-delà de l’approche en comptabilité
nationale, le financement spécifique apporté aux hôpitaux par la sécurité sociale (assurance maladie) et les autres
acteurs publics.
13 Département des études et des statistiques de direction de la gestion financière et des statistiques au sein de la
direction des politiques sociales.
14 En particulier, Patrick Aubert, qui a accompagné la mission et la Drees dans la réalisation de travaux inspirés des
siens. Voir Patrick Aubert, Maïlys Pedrono, Maxime Tô, Todor Tochev, Retraites des fonctionnaires d’État : faut-il
changer la convention comptable ?, in Institut d’études des politiques publiques (IPP - collectif), Perspectives
budgétaires, juin 2025.
15 Elle assume donc les éventuelles erreurs ou omissions qui seraient de son fait.
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Rapport
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L’annexe 4 analyse l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant
des fonctions publiques hospitalière et territoriale au travers des déclarations sociales. Elle propose une
analyse de la circularité des financements assurés par la sphère publique aux retraites des agents
titulaires des sphères sanitaire et territoriale. Elle assure une exploitation, inédite à la connaissance de
la mission et des acteurs, des déclarations sociales sur les deux secteurs d’emploi, en utilisant, pour la
première fois, les possibilités offertes par la déclaration sociale nominative. Elle propose, assortis de
réserves importantes, de premiers ordres de grandeur sur des évolutions pouvant intervenir, à partir
des dernières données connues (extension de la population affiliée ou de l’assiette cotisée à la CNRACL).
Elle met en avant le potentiel offert par l’exploitation des données sociales pour assurer un suivi rénové
de la situation non seulement de la CNRACL mais aussi de l’emploi public sur ces secteurs clefs.
L’annexe 6 procède comme l’annexe 4 mais sur le champ, plus restreint, du recours à l’intérim par les
employeurs hospitaliers et territoriaux. L’annexe 5 décrit l’ensemble des évolutions à considérer
s’agissant de la CNRACL et de son insertion dans le système de retraites. Elle envisage l’évolution
du système de retraite autour d’un pôle « public » regroupant de manière encore plus forte les agents
des trois fonctions publiques et des régimes spéciaux ou d’un pôle « privé » autour du régime général,
des régimes alignés et de l’ensemble des agents des employeurs hospitaliers et territoriaux. Elle décrit
les évolutions techniques envisageables à ce titre via les opérations d’alignement, d’intégration ou
d’adossement. Elle souligne l’impact potentiellement structurant ou systémique d’une évolution des
populations affiliées à la CNRACL ou de l’assiette cotisée au régime, tout comme les choix de gestion
importants en termes de contrôle, de recouvrement et de gestion financière. L’annexe 7 fait état de
l’enquête menée auprès de plus de 7 000 employeurs territoriaux et hospitaliers. L’annexe 8
présente la couverture actuelle du risque invalidité au sein de la CNRACL, sa nature et ses
particularités. Elle souligne tout particulièrement l’opportunité de séparer les gestions de l’invalidité et
des retraites dans un souci de transparence et en cohérence avec d’autres évolutions en cours.
L’annexe 9 présente les mécanismes de compensation démographique et de surcompensation qui
ont concerné et concernent la CNRACL. Elle souligne les impacts de certains paramètres pour la CNRACL,
tout en mettant en avant que l’évolution de ces dispositifs ne pourrait se faire uniquement en cherchant
à prendre en compte les spécificités de la seule CNRACL et ne serait pas à la hauteur de ses besoins de
financements.
L’annexe 10 décrit, selon l’Insee et la DGAFP, les évolutions de la population affiliée à la CNRACL et
donc ses recettes. Elle identifie les impacts que pourraient avoir les hausses de taux de cotisations sur la
situation de l’emploi. Elle prolonge les analyses de l’annexe 4 en proposant un regard différent : les
déclarations sociales permettent d’apprécier des situations (cumul des flux et proratisation selon les
durées), là où les données d’effectifs sont arrêtées au 31 décembre de chaque année, pour les seuls
effectifs physiques. Les approches sont différentes et complémentaires.
L’annexe 11 présente, à partir de travaux d’experts, des pistes de présentations différentes des
produits et des charges de la CNRACL et leurs impacts en termes financiers et comptables. Elle
propose ainsi des voies et moyens de nature à renforcer la sincérité et la transparence des présentations
comptables et financières de la situation de la CNRACL, voire de l’ensemble des retraites publiques.
L’annexe 12 décrit l’ensemble des travaux de simulations et les différentes hypothèses testées, en
dépenses et en recettes, pour la CNRACL, entre 2025 et 2045. Elle présente, à ce titre, les éléments
calculés par la mission, qui intègrent les charges de la compensation démographique, les charges
financières et assurent le passage des euros courants à des euros constants, dans un cadre
conventionnel. Elle fait état des travaux menés par ailleurs par la CDC dans le cadre de la mission.
L’annexe 13 décrit l’état des créances détenues sur les employeurs hospitaliers et territoriaux. Elle
rappelle les modalités de recouvrement applicables. Toutes ces annexes font partie intégrante du
rapport. Elles engagent toutes la mission qui ne fait état ci-après que d’éléments stylisés, indétachables
des contenus et analyses produits par ailleurs16.
Source : Mission.
16 La « cartographie des flux financiers » escomptée relevait de la gageure. La mission précise que les annexes4, 5, 6,
8, 9, 10, 11, 12 et 13 donnent à voir des dimensions inédites de la CNRACL et de ses relations financières avec les
tiers. Avec les précédents travaux des inspections générales, ces éléments permettent de remplir les besoins
formulés au travers d’une « cartographie » que la mission, en accord avec les commanditaires et les parties
prenantes, avait indiqué être dans l’incapacité de réaliser.
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Rapport
- 4 -
1. Le régime d’assurance vieillesse des agents titulaires des fonctions
publiques hospitalière et territoriale est confronté à des dynamiques
défavorables
1.1. Les particularités du régime de retraite de la CNRACL17
1.1.1. Un régime complet et financé presqu’exclusivement par des cotisations
La CNRACL est, comme la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV), une caisse de retraite
gérant un régime de retraite par répartition à prestations définies. Toutefois,
contrairement au régime général, il s’agit d’un régime « complet » ou « intégré » : les salariés
du secteur privé relèvent à la fois de la CNAV et des régimes complémentaires obligatoires
(Agirc-Arrco18), les agents titulaires des fonctions publiques territoriale et hospitalière ne
relèvent que de la CNRACL. Elle prend en charge non seulement le risque vieillesse mais aussi
le risque d’invalidité, de manière spécifique et sur le modèle existant dans le secteur public19.
La CNRACL est, à ce stade, financée presqu’exclusivement par des cotisations à la charge
des agents et des employeurs : elle ne bénéficie pas de transferts, du fait de sa situation en
matière de compensation (encadré 2 et infra20) ; ses dépenses dites de « solidarité » ne sont
pas financées par des apports de tiers (ancien fonds de solidarité vieillesse – FSV21 ou caisse
nationale des allocations familiales – CNAF) ou des impôts et taxes affectés (ITAF)22.
Encadré 2 : Un mode de calcul de la compensation démographique peu favorable à la CNRACL
Les précédents travaux des inspections générales ont souligné les limites du mode de calcul des
mécanismes de compensation démographique pour la situation particulière de la CNRACL. Le
rapport précédent a estimé que le cumul des versements avait été d’au moins 70Mds€ courants. A
ces versements se sont ajoutés, de 1986 à 2011, des contributions dues au titre de la
surcompensation entre régimes publics et spéciaux, à hauteur de 26 Mds€. Ces éléments sont
rappelés et décrits en annexe23.
17 Ces particularités sont présentées de manière détaillée dans les annexes : 4 - Analyse de l’évolution des
rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales
au travers des déclarations sociales ; 5 - Analyse des évolutions à caractère systémique de la CNRACL et des autres
évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de retraites ; 10 - Les évolutions de la population
affiliée et des recettes de la CNRACL et les impacts des hausses de taux sur les stratégies d’emploi. Pour une approche
comparée et globale, voir Pierre Cheloudko (dir.), Les retraités et les retraites – édition 2025, Panoramas de la Drees
- social, Drees, juillet 2025.
18 Association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc) créée le 14 mars 1947 et, pour les non-cadres,
Association des régimes de retraite complémentaire (Arrco), créée le 8 décembre 1961.
19 Voir annexe 8 - La couverture du risque invalidité et l’opportunité de la séparer de celle du risque vieillesse au sein
de la CNRACL.
20 Voir annexe 9 - La compensation et la surcompensation entre les régimes de retraite et leurs impacts pour la
CNRACL.
21 L’alinéa 22 de l'article 24 de la loi n°2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025
transfère les droits et obligations du FSV à la CNAV à compter du 1 er janvier 2026.
22 La CNRACL dispose d’autant moins d’ITAF par rapport aux autres régimes que les emplois en collectivités
territoriales et dans les hôpitaux ne relèvent pas du champ d’application des allégements généraux de cotisations,
pour lesquels les pertes de recettes aux régimes concernés sont compensées par l’affectation de ressources fiscales.
23 Voir annexe 9 - La compensation et la surcompensation entre les régimes de retraite et leurs impacts pour la
CNRACL.
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Rapport
- 5 -
Plusieurs paramètres ne sont pas favorables à la CNRACL. Tel est le cas de l’exclusion des régimes
complémentaires obligatoires du champ, de l’exclusion partielle des régimes des non-salariés, agricoles
ou non agricoles en ce que leurs capacités contributives demeurent appréciées de manière distincte ; du
mode de décompte des poly-affiliés, du seuil de comptabilisation des retraités à partir de 65 ans. Le
dispositif de surcompensation a accru, pendant une période, au sein de la sphère publique, ce traitement
différencié de la CNRACL. Par ailleurs, comme l’indiquent les travaux de la mission, d’autres
paramètres sont favorables à la CNRACL.
Les travaux menés par le COR24 et la Cour des comptes25 soulignent que la recherche d’un mode
équilibré et plus juste de prise en compte de la compensation démographique ne passe pas par
la seule reconnaissance de la situation de la CNRACL. Elle pourrait même avoir des effets négatifs
sur cette dernière. En tout état de cause, la mission constate que, quelles que soient les évolutions
envisagées, elles ne seraient pas à la hauteur des besoins de financement, passés et à venir, rencontrés
par le régime.
Source : Mission.
Tant les choix institutionnels opérés que les règles applicables distinguent la CNRACL des
régimes de retraite du secteur privé : le régime de retraite des agents titulaires des FPT et FPH
est largement aligné sur les règles régissant la fonction publique d’Etat et son régime des
pensions civiles et militaires. Dans une approche globale, sous réserve de la spécificité de
trajectoires individuelles, les systèmes publics et privés couvrent leurs assurés dans des
conditions sensiblement comparables : selon la Drees26, l’application des règles du régime
général aux fonctionnaires entraînerait en moyenne une hausse de leurs droits à pension de
1,5% ; mais cette dynamique cache de grandes disparités27.
De plus, le régime de retraite des agents titulaires des FPT et FPH présente des particularités
notables. Comme dans les autres régimes publics, les cotisations ne sont prélevées que sur
la base du traitement indiciaire, qui constitue la base de calcul de la pension. Certains
agents (« catégories actives ») peuvent28 partir à la retraite de manière anticipée du fait de la
pénibilité de leur activité reconnue par les textes. En 2023, 19,7% des départs en retraite
étaient le fait des agents de ces catégories pour un impact complet (moindres cotisations et
surcroît de pensions) de 362M€. Les agents affilés à la CNRACL partent en outre relativement
plus fréquemment en retraite au titre des « carrières longues »29.
24 COR, Retraites : la rénovation des mécanismes de compensation, 11 ème rapport du COR, octobre 2011.
25 Cour des comptes, La compensation démographique entre régimes de retraite : un dispositif complexe, artificiel et
mal géré in Rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale (chapitre III), mai 2024.
26 Martin Chopard, Romain Guirriec, Serge Herbillon-Leprince, Anthony Marino, Clément Rousset (Drees), Retraite :
règles de la fonction publique et du privé - comparaison du calcul des droits à la retraite à l’aide du modèle Trajectoire,
les dossiers de la Drees, n°103, novembre 2022.
27 Ces travaux de la Drees portent sur la pension moyenne à la liquidation calculée pour la seule génération 1958.
28 Dans des conditions et sous des réserves comparables au régime des pensions civiles de l’Etat mais cependant
singulières.
29 En 2022, ils représentent 26,2 % des départs au titre des droits directs, contre 17,6 % dans le régime général.
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Rapport
- 6 -
Enfin, le régime se caractérise par sa très forte féminisation30 : la proportion de femmes
parmi les retraités et les agents y est significativement plus élevée que celle des autres régimes.
Cette forte représentation des femmes a, tant en stock qu’en flux, une double conséquence :
une espérance de vie relativement plus élevée à la retraite que dans les autres régimes, le
service notoirement plus important de droits directs et plus faible de droits indirects
(moins de pensions de réversion). Les charges de la CNRACL se caractérisent de ce fait par
des durées de versement et des niveaux, tous droits confondus, relativement plus
importants que ceux servis dans les autres régimes31.
Enfin, la CNRACL ne constitue pas le régime exclusif des actifs employés par les
collectivités territoriales ou les établissements publics sanitaires et médico sociaux : elle
ne concerne que les agents titulaires ayant une activité hebdomadaire supérieure ou égale à
vingt-huit heures. Les autres agents, titulaires ou non, relèvent soit de la CNAV et de l’Agirc-
Arrco, soit de la CNAV et de l’Institution de retraite complémentaire des agents non-titulaires
de l'Etat et des collectivités publiques (IRCANTEC).
La CNRACL fait face, au cours des dernières années, à une croissance constante des
pensionnés alors que l’évolution du nombre de cotisants est plus erratique. Cette
dernière n’est en tout état de cause pas au niveau permettant de faire face à la croissance des
effectifs de retraités (graphique 1).
Graphique 1 : Effectifs de pensionnés et d’actifs cotisant à la CNRACL – au 31 décembre de
chaque année - entre 2009 et 2023
Source : Projet de loi de finances pour 2026- Jaune « rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique ».
Travaux mission.
Les effectifs de pensionnés sont largement portés par les employeurs territoriaux (57%
des effectifs en 2023) et moins par les employeurs hospitaliers (43%). Les structures
hospitalières et le bloc communal représentent plus de deux pensionnés sur trois. Cette
répartition est stable dans le temps.
30 Selon la Drees, en 2022, la proportion d’agents affiliés de sexe féminin à la CNRACL est de 69% contre 55% pour
le régime général et le régime des exploitants agricoles, 40% pour le régime des salariés agricoles et 39% pour les
régimes des professions libérales.
31 Le législateur (article L. 111-2-1 du code de la sécurité sociale – CSS) a assigné comme objectif au système de
retraite « l'égalité entre les femmes et les hommes », cet aspect ne peut que retenir l’attention eu égard aux
caractéristiques propres de la CNRACL.
967 285
1 009 644
1 063 057
1 081 710
1 116 877
1 155 087
1 194 790
1 237 242
1 280 165
1 331 158
1 380 551
1 427 413
1 471 401
1 519 561
1 570 948
2 056 867
2 133 042
2 165 726
2 171 826
2 194 861
2 223 212
2 230 195
2 225 333
2 218 660
2 203 076
2 202 032
2 199 214
2 189 791
2 188 201
2 191 490
2009
2011
2013
2015
2017
2019
2021
2023
Pensionnés Cotisants
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Rapport
- 7 -
1.1.2. Un poids avéré dans le système de retraite, un poids croissant dans les retraites
publiques
En 2023, près de 9% des retraités de droits directs ou dérivés percevaient une pension
de la CNRACL. Le régime sert une pension moyenne plus faible par mois que celle perçue par
la moyenne des retraités. Tous régimes confondus, le régime de retraite des agents
titulaires des FPT et FPH verse plus de 8% des montants de pensions (tableau 1).
Tableau 1 : Données clefs d’effectifs, de niveaux de pensions et de dépenses de prestations des
principaux régimes de retraite en 2023
Effectifs de retraités*
Montant mensuel
moyen de la pension
brute de droit direct,
hors majoration pour
3 enfants ou plus*
Dépenses de
prestations***
en M€
En
milliers
Pensionnés de
droits directs
(en %)
Ensemble
en €
Écart entre la
pension des
femmes et celle
des hommes (en
%)
Retraités résidant en France
ou à l'étranger* 18 082 95% 1 563** -35% nd
Régime général 15 297 95% 734 -28% 149 832
Agirc-Arrco 13 701 92% 527 -53% 92 414
FPE civils 1 849 89% 2 223 -14% 59 546
FPE militaires 511 74% nd nd
Ircantec 2 278 91% 140 -38% 3 972
CNRACL 1 505 90% 1 400 -9% 25 644
Source : Drees, CCSS, comptes des régimes, travaux mission. (*) données tous régimes confondus, Drees, Les retraités et
les retraites - édition 2025 ; (**) données tous régimes confondus, Drees, ibid. - 1 246€ pour les femmes et 1 922€ pour
les hommes ; (***) prestations sociales nettes - données CCSS et comptes des régimes.
Le poids de la CNRACL dans les équilibres du système de retraite va aller croissant. Ainsi,
à compter de 2041, elle devient le premier régime public de retraites, devant celui des
pensions civiles et militaires de l’Etat (graphique 2). En 1991, la CNRACL représentait
uniquement 32% des retraités de la sphère publique ; elle en représente plus de 45% en
202432 et plus de 50% en 2041. Ce régime se distingue de l’Etat, en ce que sa situation est le
fruit de décisions multiples, de très nombreux acteurs, soumis à des contraintes -budgétaires,
territoriales et de recrutement- très variées et qui y répondent de manière particulière. Là est
la grande différence avec l’Etat qui se caractérise par une plus forte unité dans les politiques
de gestion des ressources humaines.
32 Projet de loi de finances pour 2026, Jaune « rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique », octobre
2025.
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Rapport
- 8 -
Graphique 2 : Effectifs de pensionnés des régimes de la CNRACL et de la fonction publique d’Etat
– en millions – entre 2023 et 2070
Source : Projet de loi de finances pour 2026- Jaune « rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique ». Les
effectifs côté fonction publique de l’Etat ne comprennent pas les doubles comptes liés au cumul de pensions civiles et
militaires par certains retraités. Travaux mission.
Compte tenu de la nature de la CNRACL, nombre des mesures possibles sont neutres,
toutes administrations publiques (APU) confondues33.
1.2. Un cadre de pilotage et de décision perfectible
1.2.1. La connaissance, le pilotage et le débat sur la situation de la CNRACL
apparaissent largement perfectibles
La situation des retraites publiques est ambivalente. Ces dépenses et recettes peuvent,
alternativement ou cumulativement, relever d’une approche agrégée au niveau des
administrations publiques ou séparée au sein de chaque secteur (Etat, collectivités
territoriales, sécurité sociale). Les montants correspondants sont, pour partie, retracés dans le
corps de la loi de finances et ses annexes et dans les rapports de la commission des comptes de
la sécurité sociale (CCSS) et dans les lois de financement de la sécurité sociale (LFSS). Ces
chevauchements ou séparations, largement conventionnels, sont d’autant plus complexes
que les référentiels financiers et comptables ne sont pas les mêmes entre l’Etat, les collectivités
territoriales et la sécurité sociale.
33 Seules les mesures de baisse de pensions ne sont pas neutres et améliorent le solde des administrations
publiques. Les hausses de cotisations pourraient améliorer le solde des APU sous la forte hypothèse qu’elles seraient
autofinancées par les acteurs.
2,13
0,23 0,21
1,96 2,02
0,43 0,24
-
0,50
1,00
1,50
2,00
2,50
2023
2025
2027
2029
2031
2033
2035
2037
2039
2041
2043
2045
2047
2049
2051
2053
2055
2057
2059
2061
2063
2065
2067
2069
CNRACL Retraités de
droit direct
CNRACL Retraités de
droit dérivé
Fonction publique de
l'Etat Retraités de droit
direct
Fonction publique de
l'Etat Retraités de droit
dérivé
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Rapport
- 9 -
Les retraites des agents titulaires des FPH et FPT donnent lieu à un traitement spécifique au
sein de la sphère publique : alors que l’Etat gère directement le régime des pensions civiles et
militaires et équilibre ses dépenses, les secteurs de la FPH et de la FPT ont entendu créer une
caisse portant et gérant le régime, financée au moyen de cotisations ayant un caractère
libératoire. Là où le déséquilibre ne peut être directement constaté du côté des pensions
civiles et militaires, il est directement appréhendable au travers des comptes de la
CNRACL. Cet effort de transparence n’est cependant que partiel, donc imparfait : si le COR
publie des données concernant les régimes publics, celles-ci sont largement conventionnelles
et déterminées par le ministère des finances. En dehors des annexes au projet de loi de finances
et des rapports dédiés des inspections générales, aucune analyse spécifique n’est consacrée
aux retraites publiques.
Si l’existence d’une caisse est un atout, les partenaires sociaux siégeant au conseil
d’administration de la CNRACL ne disposent pas de capacité directe d’intervention sur
les recettes ou les dépenses34 du régime, ces dernières étant déterminées par voie
réglementaire ou législative. Comme indiqué dans le précédent rapport, le conseil
d’administration de la CNRACL, qui devrait être encore mieux accompagné, ne constitue pas
un lieu de débat, de décision ou d’expertise à la hauteur des enjeux rencontrés par le
régime35.
1.2.2. Un financement « circulaire » qui rend difficile la prise de décision entre acteurs
publics, une indécision qui a toujours un impact sur les ménages et les
entreprises
La situation spécifique de la CNRACL rend la prise de décision difficile. En effet, les
politiques de gestion des ressources humaines et des retraites sont par trop
déconnectées les unes des autres au sein du secteur public36.
Ainsi, la décision de maîtriser voire de réduire l’emploi ou la masse salariale de la FPH
ou de la FPT a un effet très négatif sur les recettes de cotisations, donc sur la situation
financière des régimes de retraites publics. Cette situation est d’autant plus ambivalente,
que l’approche, par secteur de dépenses publiques, conduit chaque secteur à rejeter la
responsabilité sur un autre ou un tiers. Schématiquement, l’Etat serait en position de
justifier des efforts de la part des collectivités territoriales et des établissements publics de
santé ou des administrations de sécurité sociale. Les collectivités peuvent demander que les
contraintes pesant sur leurs coûts et notamment le financement des retraites soient mieux
partagées au sein de la sphère publique. Les établissements publics sanitaires et médico
sociaux peuvent enfin demander une compensation des coûts auxquels ils sont exposés à
l’assurance maladie ou encore à l’Etat. L’approche est d’autant plus paradoxale que tout
mouvement, s’il a des effets puissants sur chaque secteur, est neutre au niveau des
administrations publiques37.
34 Comme la CNAV et la plupart des régimes de base, en dehors des dépenses de gestion administrative et de l’action
sociale.
35 Yannick Le Guillou, Vincent Ruol, Laurent Trupin et Bastien Sayen, Situation financière de la Caisse nationale de
retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
2023-104R / 2023-M-104-02.
36 L’approche globale n’intervient ainsi pas au niveau du COR pour les retraites, au niveau des instances
consultatives de la fonction publique (Conseil commun de la fonction publique - CCFP) dans une approche centrée
sur les retraites publiques ou sur un des versants de la fonction publique.
37 Voir Annexes 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des
fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales ; 5 - Analyse des évolutions à
caractère systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de
retraites ; 11 - Présentations comptables actuelles et envisageables de la situation de la CNRACL – enjeux et
problématiques.
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Rapport
- 10 -
Le schéma 1 montre ces mesures ayant des effets différenciés sur les acteurs.
Schéma 1 : Effets des hausses et baisses des effectifs et des rémunérations pour la CNRACL, les
employeurs et les finances publiques
Entité / secteur Mesure Impact financier de la mesure
sur l'entité / le secteur
CNRACL
Hausse des effectifs et/ou des
rémunérations
Amélioration des cotisations puis, à
terme, hausse des dépenses
Baisse ou maîtrise des effectifs et/ou
des rémunérations
Détérioration des cotisations puis, à
terme, maîtrise ou baisse des
dépenses
Employeurs
Hausse des effectifs et/ou des
rémunérations Hausse des dépenses de personnel
Baisse ou maîtrise des effectifs et/ou
des rémunérations
Baisse ou maîtrise des dépenses de
personnel
Finances publiques
Hausse des effectifs et/ou des
rémunérations
Amélioration CNRACL, détérioration
employeur - sens et impact variant
selon la compensation des surcoûts
employeurs
Baisse ou maîtrise des effectifs et/ou
des rémunérations
Détérioration CNRACL, amélioration
employeur - sens et impact variant
selon qui supporte la détérioration
CNRACL
Source : Mission.
Tout besoin de financement public, même financé par de la dette, a vocation, à terme, à être
supporté par les ménages ou les entreprises.
Il est en outre nécessaire de bien mesurer ce que signifie la dette au niveau d’un régime
de retraite en répartition : elle conduit à faire supporter, par les actifs de demain, non
seulement la charge des pensions futures, mais aussi celle des pensions actuelles. Pour
ces raisons, la situation d’endettement d’un régime de retraite, en particulier d’un des premiers
d’entre eux, ne peut être qu’écartée. Elle ne constitue non pas une solution peu durable ou peu
souhaitable mais une impasse. Elle n’a, de toutes façons, vocation qu’à se traduire par des
prélèvements obligatoires supportés par les ménages ou les entreprises, immédiatement ou à
terme, quel que soit le secteur public devant porter le fardeau considéré (Etat, collectivités
locales, administrations de sécurité sociale).
1.2.3. Des dynamiques financières et démographiques défavorables
Le ratio démographique brut, soit le rapport du nombre de cotisants au nombre de
pensionnés de droit direct, a baissé de près du tiers pour la CNRACL entre 2013 et 2023.
Alors qu’elle avait une situation démographique, donc financière, plus favorable que les autres
régimes de retraite, elle est, depuis 2021, dans une situation dégradée par rapport à l’ensemble
des régimes de retraite (graphique 3)38. Cette tendance va se poursuivre.
38 Voir aussi sur les tendances notablement défavorables les annexes : 5 - Analyse des évolutions à caractère
systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de retraites ;
8 - La couverture du risque invalidité et l’opportunité de la séparer de celle du risque vieillesse au sein de la CNRACL ;
9 - La compensation et la surcompensation entre les régimes de retraite et leurs impacts pour la CNRACL ; 10 - Les
évolutions de la population affiliée et des recettes de la CNRACL et les impacts des hausses de taux sur les stratégies
d’emploi ; 12 - Simulations financières à l’horizon 2045.
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Rapport
- 11 -
Graphique 3 : Ratio démographique brut – CNRACL et ensemble des régimes de retraites de
base et complémentaires – entre 2023 et 2023
Source : CNRACL, 2025 pour la CNRACL, INSEE pour le ratio « tous régimes » (non disponible en 2023). Travaux mission.
La mission a, avec la CDC, réalisé des projections des charges et produits et de l’équilibre
entre les années 2025 et 2045, reprenant en cela les travaux réalisés par le COR, sur un
horizon plus restreint (2045 et non 2070). La mission a, par rapport aux projections du COR et
du gestionnaire, souhaité prendre en compte, entre 2025 et 2045, trois dimensions qui lui
sont apparues tout à fait structurantes pour le régime : les charges financières, les
transferts découlant de la compensation démographique et la présentation non en
euros courants mais en euros constants, au moyen des tables utilisées par la statistique
publique. Les charges financières conduisent à dégrader les comptes, alors que les autres
dimensions conduisent à améliorer les tendances. Ainsi, le choix de convention retenue a un
impact majeur sur les chiffrages produits.
Les différentes conventions permettent de constater que la situation de la CNRACL demeure
durablement déficitaire et que la hausse de sa dette est, toutes choses égales par ailleurs,
inéluctable (tableau 2). Mais la sensibilité est très forte, puisque les résultats et la dette
cumulées oscillent, dans un rapport d’un à deux, selon que l’on prend en compte ou non les
conventions concernant les charges financières, la compensation démographique et l’unité
monétaire : le résultat en 2045 serait déficitaire à - 10,4Mds€ ou à -5,5Mds€, la dette
cumulée s’élèverait soit à 60,7Mds€ soit à 110,4Mds€.
Tableau 2 : Scénario de référence produit par la CDC puis corrigé par la mission en intégrant la
compensation démographique du COR– entre 2025 et 2045 – en Mds € courants ou constants
2025
2025 2030 2035 2040 2045
Scénario référence CDC – euros
courants
Résultat annuel -2,2 -1,7 -4,9 -7,4 -10,4
Dette cumulée 10,1 14,6 32,9 64,8 110,4
Scénario réf. CDC avec compensation
démographique COR – euros
courants
Résultat annuel -2,2 -1,3 -3,7 -5,4 -7,8
Dette cumulée 10,1 14,2 27,8 51,4 85,3
Scénario réf. CDC avec compensation
démographique COR – euros
constants
Résultat annuel -2,2 -1,2 -3,1 -4,2 -5,5
Dette cumulée 10,1 13,1 23,5 39,9 60,7
Source : CDC, travaux mission. Le scénario CDC intègre les charges financières.
La dégradation constante des équilibres financiers et démographiques du régime d’assurance
vieillesse des agents titulaires des FPT et FPH est inéluctable. Elle justifie des actions, trop
longtemps retardées, et désormais indispensables.
2,29 2,23
2,08 1,99 1,91 1,83 1,76 1,7 1,64 1,58
1,74 1,73 1,71 1,72 1,71 1,71 1,71 1,74 1,77
1,5
1,7
1,9
2,1
2,3
2,5
2013 2014 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Ratio brut CNRACL Ratio brut tous régimes
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Rapport
- 12 -
1.3. La volonté de retour pérenne à l’équilibre financier du régime des retraites
des agents titulaires des fonctions publiques territoriale et hospitalière
justifie des actions sur le pilotage, les charges et les produits du régime
1.3.1. Seule la hausse des taux a été retenue à la suite des travaux de la première
mission
Les travaux précédents des inspections générales portaient sur les leviers à la disposition des
pouvoirs publics pour permettre le retour à l’équilibre financier de la CNRACL, du seul point
de vue du régime et sans demander de prendre en compte certains effets de système.
Répondant à la commande, ces propositions revêtaient un caractère parfois paramétrique et
parfois systémiques. Parmi ces mesures, les pouvoirs publics n’ont retenu que le levier de
la hausse des taux de cotisations patronales (tableau 3). La mission rappelle l’importance
des travaux menés en 2024. Ces propositions demeurent. La mission complémentaire a
approfondi certaines de ces approches. Elle n’a pas mené de travaux complémentaires sur
certains points (catégories actives notamment39) en ce qu’ils avaient déjà été documentés ou
qu’ils n’ont pas été mis en avant par les commanditaires et les parties prenantes lors de la
phase de cadrage.
Tableau 3 : Propositions des inspections générales – précédente mission de 2024 -nature des
propositions, suites données
n° Proposition Dimension Suites
1
Renforcer la gouvernance par la mise à disposition d’une ressource
permanente et la nomination de personnalités qualifiées au conseil
d’administration permettant d’assurer un meilleur pilotage de la CNRACL
et une meilleure communication institutionnelle.
Paramétrique Néant
2 Affilier à la CNRACL l’ensemble des fonctionnaires, y compris ceux
nommés sur des emplois à temps non complets. Systémique Néant
3
Aligner, par un décret en Conseil d’Etat, le calcul de la majoration pour
enfants à la CNRACL sur celui du régime général en supprimant la
majoration supplémentaire de cinq points pour chaque enfant au- delà du
troisième. Pour préserver l’égalité des droits entre les fonctionnaires,
faire de même pour la fonction publique d’Etat par un article en loi de
financement de la sécurité sociale modifiant l’article L 18 du Code des
pensions civiles et militaires
Systémique Néant
4
Instaurer, en loi de financement de la sécurité sociale, un remboursement
à la CNRACL de la majoration pour enfants par la Caisse nationale des
allocations familiales.
Systémique Néant
5
Instaurer, en loi de financement de la sécurité sociale, un financement par
le FSV des validations de périodes de congés maladie non cotisées dans
leur entièreté.
Systémique Néant
6
Faire financer par le Fonds de solidarité vieillesse la part des pensions
d’invalidité et de retraite résultant de la garantie d’une pension minimale
équivalente à la moitié du dernier traitement brut perçu pour les
pensionnés dont le taux d’invalidité est au moins égal à 60 %.
Systémique Néant
39 Le précédent rapport a documenté l’impact des catégories dans les droits servis estimés à 400M€ par an. Sachant
que ces catégories représentant « 20,1 % des départs à la retraite des pensionnés de la CNRACL ayant liquidé leurs
droits en 2022. Les proportions sont très différentes selon la fonction publique concernée : 45,2 % des départs des agents
hospitaliers, 6,1 % des départs des agents territoriaux ». Leur importance doit être relativisée : la CNRACL est avant
tout caractérisée non par ces dispositifs particuliers mais bien plus par l’importance des départs pour carrière
longue et des durées de versements de droits directs plus longues par rapport aux autres régimes. Voir Yannick Le
Guillou, Vincent Ruol, Laurent Trupin et Bastien Sayen, Situation financière de la Caisse nationale de retraite des
agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R / 2023-104R /
2023-M-104-02.
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Rapport
- 13 -
n° Proposition Dimension Suites
7
Individualiser les cotisations par risque (vieillesse/invalidité) sans pour
autant scinder les deux risques et, à terme, ajuster le taux des cotisations
employeurs invalidité sur la dynamique des dépenses, tout en
maintenant le taux de cotisation vieillesse.
Paramétrique Néant
8
Conduire sous l’égide du Conseil d’orientation des retraites un travail de
refonte de la compensation démographique devant en premier lieu
simuler l’effet redistributif d’une suppression ou d’un abaissement de
l’âge minimum de 65 ans ainsi que d’une pondération des effectifs par les
durées validées.
Systémique Néant
9 Faire reprendre la dette de la CNRACL par la CADES, ou par l’Etat, en
amont de la constitution d’un déficit auto-entretenu. Systémique Néant
10
En lien avec l’augmentation des taux employeurs pour les fonctionnaires,
générer une ressource additionnelle pour la CNRACL à travers une
contribution assise sur la masse salariale contractuelle afin de rendre le
plus neutre possible l’arbitrage par l’employeur entre emploi contractuel
et emploi fonctionnaire.
Paramétrique Néant
11
Définir en concertation avec les employeurs une trajectoire de hausse du
taux de leur contribution, déduction faite des mesures proposées et
retenues.
Paramétrique
Mise
en
œuvre
Source : Mission.
Cette hausse est forte. Comme indiqué, le retour à l’équilibre financier du régime justifie le
recours aux leviers disponibles, le seul recours aux taux de cotisations employeurs conduit
à des hausses très fortes (graphique 4).
Graphique 4 : Taux de cotisations des agents et employeurs affilés à la CNRACL – entre 1947 et
2028 – en % du traitement indiciaire
Source : CNRACL, travaux mission. Dans le cas d’une hausse de taux en cours d’année, la valeur la plus forte au titre de
cette année a été retenue. Les hausse de taux de fin de période sont celles prévues par les textes40.
40 Voir Décret n°2025-86 du 30 janvier 2025 relatif au taux de cotisations vieillesse des employeurs des agents
affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
11,10%
18,20%
30,40%
37,65%
40,65%
43,65%
0,00%
5,00%
10,00%
15,00%
20,00%
25,00%
30,00%
35,00%
40,00%
45,00%
50,00%
1947
1949
1951
1953
1955
1957
1959
1961
1963
1965
1967
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
2017
2019
2021
2023
2025
2027
Cotisations à la charge des agents
Cotisations à la charge des employeurs
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Rapport
- 14 -
1.3.2. Le poids de la CNRACL et l’ampleur des efforts nécessaires pour renouer avec
l’équilibre justifient une approche plus systémique de sa situation et de ses
impacts pour le régime, la sphère publique et le système de retraite
La CNRACL a un poids important au sein des retraites publiques puisqu’elle deviendrait, à
terme, le premier régime de retraite des agents publics. Les leviers de réforme ne concernant
que la CNRACL sont très limités.
La réforme de la CNRACL ne peut être directement pensée sans la réforme des retraites .
Les travaux menés par la mission, avec l’appui de la CDC, conduisent à souligner qu‘aucun des
leviers actionnables ne permettent le retour à l’équilibre financier de la CNRACL.
Partant, si une réforme des retraites concernant les recettes ou les dépenses est tout à fait
concevable et donne lieu à des débats publics intenses, il est absolument indispensable de
prendre conscience que les réformes des retraites envisagées n’apportent jamais une solution
à la situation de la CNRACL41.
1.3.2.1. Aucune des hypothèses de réforme ne permet à la CNRACL d’atteindre l’équilibre
financier
Une approche complémentaire doit être menée pour viser l’équilibre des retraites publiques
et, en particulier, de la CNRACL. Ainsi, la mission a simulé des scénarios de hausse et de
baisse des droits, des effectifs et des recettes. Ces simulations sont assorties de
conventions très fortes, qui sont présentées en annexe42. La mission a souhaité s’écarter des
conventions actuelles retenues par le COR et la CDC, sur la base des éléments indiqués par la
direction du budget, soit les hypothèses de stabilité des effectifs et des rémunérations, pour
proposer une approche plus adaptée à la situation spécifique de la CNRACL. Ces simulations
donnent des ordres de grandeur, en projection, en ce qu’elles sont largement produites toutes
choses égales par ailleurs, donc avec de faibles impacts des changements sur les
comportements des agents actifs ou retraités ou des employeurs. Elles reposent en outre sur
une convention encore plus importante : celle de changements ne concernant que la CNRACL
alors que de telles réformes auraient, par nature, vocation à être conduites simultanément
dans tous les régimes.
Quelle que soit l’hypothèse simulée, la CNRACL demeure, entre 2025 et 2045 dans une
situation financière durablement dégradée (tableau 4).
Tableau 4 : Résultats annuels de la CNRACL selon les hypothèses simulées – en 2025, 2030,
2035, 2040 et 2045 – en Mds € constants 2025
Scénario 2025 2030 2035 2040 2045
Référence avec compensation démographique et charges
financières – euros constants -2,2 -1,2 -3,1 -4,2 -5,5
Gel de l’AOD à 63 ans -2,1 -1,2 -3,2 -4,2 -5,5
Passage de l’AOD à 65 ans sans ajustement à la baisse des embauches -2,2 -1,1 -2,6 -3,3 -4,5
Passage de l’AOD à 65 ans avec ajustement à la baisse des embauches -2,1 -1,1 -2,7 -3,6 -4,9
Age d'équilibre COR du système de retraite à 66, 5 ans en 2045 -2,2 0,6 -1,6 -2 -2,1
41 Pour toutes les conventions, limites et modes de lecture des données présentées ci-après voir annexe 12 -
Simulations financières à l’horizon 2045.
42 Voir annexe 12 - Simulations financières à l’horizon 2045.
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Rapport
- 15 -
Scénario 2025 2030 2035 2040 2045
Non remplacement d’un départ à la retraite sur deux entre 2026 et
2030 -2,2 -3,8 -6,2 -7,8 -9,4
Baisse annuelle des effectifs employés à hauteur de -0.18% par an
(tendance emplois titulaires 2013-2023) -2,2 -1,5 -3,8 -5,3 -6,8
Hausse annuelle des effectifs employés à hauteur de +0,59% par an
(tendance tous emplois 2013-2023) -2,1 -0,2 -1,2 -1 -0,7
Hausse conventionnelle de 100 points de base des taux d’intérêts
retenus dans l’hypothèse e référence CDC -2,2 -1,2 -3,4 -4,6 -5,6
Source : CDC et COR, travaux mission.
Dans tous les cas de figure, sa dette s’accroit sensiblement sur la période (tableau 5).
Tableau 5 : Dette en cumul de la CNRACL -– entre 2025 et 2045 – en Mds € constants 2025
Scénario 2025 2030 2035 2040 2045
Référence avec compensation démographique et charges
financières – euros constants -10,1 -13,1 -23,5 -39,9 -60,7
Gel de l’AOD à 63 ans -10,1 -12,8 -23,7 -40,2 -61,0
Passage de l’AOD à 65 ans sans ajustement à la baisse des
embauches -10,1 -12,5 -21,5 -34 -50,5
Passage de l’AOD à 65 ans avec ajustement à la baisse des
embauches -10,1 -12,5 -21,8 -35,6 -53,6
Age d'équilibre COR du système de retraite à 66, 5 ans en 2045 -10,1 -3,3 -6,5 -15,3 -23,8
Non remplacement d’un départ à la retraite sur deux entre
2026 et 2030 -10,1 -20,2 -44,3 -75,3 -111,5
Baisse annuelle des effectifs employés à hauteur de -0.18% par
an (tendance emplois titulaires 2013-2023) -10,1 -14 -27 -47,5 -73,6
Hausse annuelle des effectifs employés à hauteur de +0,59%
par an (tendance tous emplois 2013-2023) -10,1 -10,2 -13,5 -17,8 -20,5
Hausse conventionnelle de 100 points de base des taux
d’intérêts retenus dans l’hypothèse e référence CDC -10,1 -13,1 -24,4 -42,3 -63,2
Source : CDC et COR, travaux mission.
Les travaux menés soulignent qu’en ne recourant, pour équilibrer le régime, qu’à une
variation de l’âge, celui-ci devrait être progressivement amené à près de 68 ans, toutes
choses égales par ailleurs (graphique 5).
Graphique 5 : Age de départ spontané et âge de départ permettant d’équilibrer les comptes de
la CNRACL, écart entre les deux valeurs – entre 2025 et 2045
Source : COR, travaux mission.
62,3 62,6 62,9 63,1 63,3 63,6 64,3
66,1 67,2 67,8
58
60
62
64
66
68
2025 2030 2035 2040 2045
Âge de départ « spontané »
calculé par le COR toutes
choses égales par ailleurs
Âge de départ d'« équilibre »
financier de la CNRACL
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Rapport
- 16 -
Alors que, pour l’ensemble du système de retraite, tous régimes confondus, l’âge
d’équilibre calculé par le COR en 2045 est de 66,5 ans, celui que la CNRACL doit atteindre
pour assurer seule son équilibre financier est de 67,8 ans, alors même que les conventions
retiennent les hypothèses les plus favorables possibles en matière de recettes et de dépenses
puisque la CNRACL a un apport de recettes sans, à cet horizon, être encore exposée à un
surcroît de dépenses de pensions43 (graphique 6).
Graphique 6 : Age de départ d’équilibre financier du système de retraite et de la CNRACL - en
2045
Source : COR, travaux mission.
1.3.2.2. La situation financière de la CNRACL pèse sur les finances publiques et sociales
La dernière opération de reprise de dette intervenue en 202044 a été effectuée pour des
raisons d’ordre conjoncturel à la suite de la crise de la Covid 19. Les administrations de
sécurité sociale ont dû faire face à des dépenses soutenues, alors que leurs recettes
s’effondraient. La reprise de dette sociale par la caisse d’amortissement de la dette sociale
(CADES) en 2020 a conduit à repousser la date de fin de ses missions de 2024 à 2033. Les
montants repris sont de 136 Mds€. Ils correspondent à 31 Mds€ au titre des déficits passés ;
13 Mds€ pour la reprise d'un tiers de la dette des hôpitaux publics ; 92 Mds€ au titre des
déficits sociaux prévisionnels 2020-2023 liés à la crise ainsi qu’aux investissements dans les
établissements publics de santé (« Ségur de la santé »).
Le secteur des collectivités territoriales et des établissements sanitaires publics a donc
bénéficié de cette reprise de dette à trois égards : la reprise de la dette de la CNRACL à
hauteur de 1,3 Md€ au titre des déficits passés, la reprise de la dette des hôpitaux, les
soutiens apportés au secteur hospitalier. Ce précédent est lié directement à la spécificité de
la crise liée à la Covid 19 et peut s’expliquer à ce titre45. Toutefois, s’agissant d’un régime de
retraite en répartition, comme souligné ci-dessus, le principe applicable est celui de l’équilibre
entre les recettes et les dépenses, la dette accroissant le transfert inter générationnel, déjà à
l’œuvre.
43 En effet, la hausse de la pension moyenne induite par des carrières plus longues est compensée par une durée
moyenne de versement des pensions plus faible.
44 Voir Loi organique n°2020-991 du 7 août 2020 relative à la dette sociale et à l'autonomie.
45 Voir, sur ces questions, les travaux de la Cour des comptes et du Haut conseil au financement de la protection
sociale (HCFIPS). Par exemple, HCFIPS (avec le HCAAM et le HCFEA), Pour un redressement durable de la Sécurité
sociale, juillet 2025.
67,8
66,5
Âge de départ d'« équilibre » financier de la
CNRACL
Âge de départ d'« équilibre » financier du
système de retraite
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Rapport
- 17 -
Les travaux de la mission montrent que les déséquilibres constatés en 2020 demeurent.
Ils ne peuvent plus être justifiés par un contexte de crise comme celui de la Covid 19. La dette
hospitalière est croissante46. Les impayés de cotisations et de contributions sociales sont de
plus en plus importants et largement le fait des établissements de santé, non seulement auprès
de la CNRACL mais aussi auprès des autres créanciers sociaux, ce qui justifierait une approche
renouvelée et renforcée47.
1.3.3. Les fragilités institutionnelles, financières et statistiques sont évidentes, elles
justifient une attention rénovée
La hausse des taux de cotisations patronales est inéluctable, compte tenu des besoins de
financement à couvrir. Une fragilité très forte des projections mobilisées a trait au fait que
le produit attendu de la hausse des taux de cotisations est, dans tous les travaux, estimée en
partant du principe qu’elle n’a aucun effet sur le nombre des agents affiliés à la CNRACL
et le niveau de leurs rémunérations (encadré 3).
Encadré 3 : Les hypothèses à long terme du COR et du gestionnaire reposent sur des paramètres
conventionnels qui rendent fragiles les projections
Les recettes de cotisations de la CNRACL dépendent de l’évolution des effectifs employés et de
l’assiette cotisée. Elles sont plus difficiles à projeter que les recettes du régime général. En effet,
alors que dans le régime général celles-ci évoluent peu ou prou comme l’emploi global (donc comme le
PIB, sous réserve d’hypothèses sur la productivité et l’évolution du taux d’emploi) et renvoient à des
projections macro-économiques et démographiques générales, celles de la CNRACL dépendent de divers
paramètres externes qui n’ont pas de raison a priori d’évoluer à long terme comme les grandes variables
macro-économiques : niveau de contrainte budgétaire pesant sur les employeurs, politiques et
stratégies RH menées dans les collectivités territoriales et le secteur hospitalier, décisions de l’Etat…
Ainsi, les projections macro-économiques générales (taux de chômage, productivité, population active)
utilisées par le COR n’ont qu’un impact très indirect sur la trajectoire financière de la CNRACL.
C’est pourquoi, alors que les projections réalisées chaque année par le COR sur le régime général
proposent plusieurs variantes plus ou moins favorables (notamment sur la productivité et l’évolution
de la population active, l’espérance de vie, etc.) et dont certaines sont endogènes (par exemple le taux
d’emploi dépend des paramètres du régime général de retraite CNAV-AGIRC-ARRCO), tel n’est pas le cas
des hypothèses clés qui sous-tendent les projections qui sont réalisées pour la CNRACL.
En revanche, les projections de la CNRACL à long terme dépendent fortement des hypothèses
d’évolution des effectifs de titulaires. Or, ces variables sont difficiles à projeter, à la fois en volume
(effectifs en équivalents temps plein) et dans leur structure (part des titulaires / contractuels, part des
primes non-assujettis / part des traitements…). Les projections dépendent en outre de l’évolution à long
terme du point d’indice dans la fonction publique, paramètre qui échappe aux employeurs relevant de
la CNRACL et pour lesquelles seules des hypothèses très conventionnelles peuvent être faites.
La mission constate que ces hypothèses ne font l’objet que de transmissions de la part de la
direction du Budget aux acteurs concernés (COR, CDC), ne sont pas contre-expertisées et ne font
pas l’objet de débats avec les administrateurs de la CNRACL. Elles ne font pas davantage l’objet de
variantes, notamment en ce qui concerne l’évolution des effectifs cotisants ou encore l’évolution de la
valeur du point d’indice.
Source : Mission.
46 Alexandre Cazenave-Lacroutz, Noémie Courtejoie, Clémentine De Champs, Hamid Khaoua (DREES), La
dégradation des comptes financiers des hôpitaux publics se poursuit en 2024 - Premiers résultats sur les établissements
de santé en 2024, Études et résultats, DREES, n°1344 , juillet 2025 (mis à jour en janvier 2026).
47 Voir annexe 13 - Recouvrement et contrôle des créances sociales sur les employeurs territoriaux et hospitaliers.
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Rapport
- 18 -
Le rendement escompté de la hausse des taux de cotisation est ainsi estimé a maxima.
Les effets des taux de cotisation sur les niveaux de l’emploi et des rémunérations sont
fortement documentés sur le champ du secteur privé48. Ils le sont notoirement moins du côté
du secteur public. En effet, la hausse du coût du travail peut être compensée par une hausse
des financements (prélèvements obligatoires, crédits budgétaires, redéploiements). Elle peut
aussi ne pas avoir de conséquences sur les cadres statutaires d’emploi ou sur les niveaux de
rémunération versées pour deux raisons : d’une part, les garanties spécifiques qui régissent
l’emploi public et, d’autre part, dans des contextes de tension sur le marché du travail, les actifs
peuvent rejoindre les administrations publiques uniquement si celles-ci leur offrent un
avantage statutaire ou de rémunération suffisant ou supérieur à celui offert par les acteurs
privés. La relation entre l’offre et la demande de travail et le prix d’équilibre au travers de la
rémunération est donc tout à fait singulière au sein des secteurs publics.
Si le signal prix constitué par une hausse forte du coût de l’emploi peut ne pas avoir les mêmes
effets que ceux que l’on constaterait dans le secteur privé, il ne peut toutefois être fait
l’hypothèse que ce signal prix serait dépourvu d’effets, convention qui est néanmoins
retenue dans toutes les projections déployées.
La mission aurait souhaité apporter un correctif, pour tenir compte de la sensibilité, en
recettes et en dépenses, de l’équilibre financier du régime à ces dimensions clefs. Elle a mené
des travaux dédiés à cette fin.
D’une part, elle a interrogé les employeurs dans le cadre d’une vaste enquête49. Si les
résultats de cette enquête ne sont pas univoques, l’enquête souligne les très fortes
préoccupations des employeurs territoriaux et hospitaliers sur la hausse en cours du coût
du travail. Ils n’anticipent pas tous et toujours des évolutions notables. Une hausse du recours
à l’intérim, le développement de l’externalisation de fonctions ou missions, le recrutement
d’agents non titulaires et non plus de titulaires ou encore le passage des agents titulaires en
deçà du seuil d’affiliation de la CNRACL, sont des moyens qui restent à la disposition des
employeurs pour faire face à la hausse des coûts. Ils ne peuvent être négligés50. La mission
documente ainsi les différences très fortes de coûts, dès à présent et à terme, de l’emploi des
agents titulaires et des agents non titulaires51.
48 Pour l’approche la plus récente, voir Antoine Bozio et Etienne Wasmer (dir), Les politiques d'exonérations de
cotisations sociales : une inflexion nécessaire, rapport au Premier ministre, octobre 2024.
49 Voir Annexe 7 - Enquête auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers sur les impacts de la hausse des taux de
cotisation à la CNRACL.
50 En 2025, pour recruter un agent au salaire brut de 2 500 €, la dépense employeur s’élève à 3 533 € pour un
titulaire (dont 658 € de CNRACL) contre 3 535 € pour un contractuel. En 2026, la dépense employeur atteindra 3
583 € pour un titulaire (dont 708 € de CNRACL) contre 3 535 € pour un contractuel, soit +48 € par mois. En 2028,
ce sera +148 € de plus par mois que les employeurs devront dépenser pour recruter un titulaire à la place d’un
contractuel à rémunération brute équivalente.
51 Voir Annexe 10 - Les évolutions de la population affiliée et des recettes de la CNRACL et les impacts des hausses de
taux sur les stratégies d’emploi.
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Rapport
- 19 -
D’autre part, pour les mesurer, la mission a mobilisé les données détaillées et nouvelles
disponibles dans les déclarations sociales, grâce à la déclaration sociale nominative
(DSN)52. Si des opérations de fiabilisation doivent encore être menées, les travaux montrent
que l’exploitation de ces données est souhaitable53. Une approche globale est possible et
pertinente. Elle conduit à ce stade à nuancer les mouvements de substitution d’emplois entre
agents titulaires et agents non titulaires, même si la période récente est favorable aux
contractuels, en nombre et en masse de rémunérations versées.
Ces travaux n’ont pas permis de corriger les hypothèses figurant dans les projections.
La mission a cependant simulé les effets de « chocs » en recettes et en dépenses. Ils
permettent d’appréhender, en première intention, les effets éventuels que pourrait avoir
le renchérissement du coût du travail sur le niveau de l’emploi public et les rémunérations
servies. Mais, compte tenu du caractère singulier de la sphère publique, seul un suivi fin
d’effets, qui ne manqueront pas d’intervenir mais dont nul ne peut préjuger ni la nature ni
l’ampleur à la date de ce rapport, est de nature à prémunir les parties prenantes et les
décideurs des effets financiers des évolutions à l’œuvre qui peuvent à nouveau fragiliser
le régime.
2. Un cadre rénové de pilotage est nécessaire pour permettre à la CNRACL
de remplir ses missions
La situation de la CNRACL appelle des actions à quatre niveaux : le pilotage des retraites
publiques au sein du système de retraite ; le pilotage et la gouvernance de la CNRACL ; la
garantie des recettes allouées au régime ; l’intégration de la CNRACL dans le cadre plus
général d’une réforme des retraites d’ordre systémique, qui doit être -d’ores et déjà-
préparée.
Tous ces éléments justifient de mettre en place une démarche adaptée de conduite du
changement, pour clarifier la démarche nécessaire pour les décideurs, les parties prenantes,
les agents et employeurs concernés et le débat public en général. Eu égard aux défis qu’elle a
constatés et documentés, la mission avance 10 propositions structurantes et dans un
format délibérément synthétique et ouvert afin de laisser la place aux indispensables
analyses et concertations devant être menées à la suite de la remise du présent rapport. Ces
propositions sont assorties des justifications et des éléments complémentaires décrits ci-
dessous54.
52 Voir Annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des
fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales.
53 Les travaux menés à partir de l’exploitation des DSN permettent un regard tout à fait neuf sur l’emploi public qui
donnent une image très différente des données classiquement mobilisée par la statistique publique, le plus souvent
en dénombrant uniquement des effectifs physiques en fin d’année alors que la DSN permet de relier des profils, des
rémunérations et de les proratiser selon la quotité travaillée. Elle permet en outre d’accéder à de très nombreuses
informations.
54 Ces propositions sont reprises dans un tableau proposé au début de rapport qui fait état des entités responsables
et des échéances de mise en œuvre de ces propositions.
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Rapport
- 20 -
2.1. Créer un cadre rénové de pilotage et de gouvernance des retraites
publiques
2.1.1. Créer les conditions d’un débat nécessaire55
La mission constate que, si la situation de la CNRACL est connue depuis longtemps, il n’y a
pas eu de prise de conscience conduisant, dans les délais nécessaires, à des décisions
indispensables. Le contexte de décision, délicat du fait de la circularité des financements et
de la pluralité des responsabilités, devrait être dépassé : c’est chose difficile, du fait des
intérêts divergents de l’Etat, des collectivités territoriales, des administrations de sécurité
sociale et des employeurs territoriaux et hospitaliers. Pourtant, le cadre institutionnel existe :
le COR est chargé de l’analyse, du suivi et de l’examen des réformes et évolutions du système
de retraite, la fonction publique est appréciée dans un cadre ad hoc (CCFP). Mais les travaux de
la mission mettent en avant deux limites : les intérêts potentiellement contradictoires des
administrations, ministères, des employeurs et des représentants des agents ne permettent
pas d’aborder ces questions dans un cadre général ou sectoriel, les différentes instances n’ont
pas conduit des travaux à la hauteur des enjeux, plus que significatifs, des retraites publiques.
La mission ne propose pas des évolutions dans la composition des instances actuelles.
Certaines pourraient toutefois être envisagées : le COR, notamment, pourrait voir sa
composition élargie afin de représenter directement les employeurs publics et non de les faire
représenter par le truchement des ministères et administrations concernés et, du côté des
agents, un principe de représentation systématique des agents publics (au moins sur tous les
sujets les concernant) pourrait utilement être retenu. Ces éléments, structurants, devraient
être appréciés par les partenaires sociaux, dans le cadre de concertations spécifiques, eu égard
à leurs nombreuses implications.
Au-delà, il est souhaitable que des cadres rénovés de structuration du débat public et de la
prise de décision, nécessaires, sur les retraites publiques, soient mis en œuvre. La mission
propose d’inscrire dans les textes l’obligation, d’une part, d’un rapport régulier du COR
spécifiquement dédié aux retraites publiques et de consacrer, chaque année, une séance du
CCFP à ces questions et de les assoir sur des travaux dédiés dans chacune de ces instances, le
cas échéant via des formations spécialisées et adaptées..
Proposition n° 1 : Renforcer le pilotage du régime au niveau national en prévoyant, tous
les deux ans, un rapport du COR sur les retraites publiques et en consacrant, chaque
année, une séance du conseil commun de la fonction publique aux retraites publiques.
2.1.2. Garantir une approche intégrée et complète des impacts des décisions publiques
en matière de gestion des ressources humaines56
Les politiques d’emploi et de rémunération dans le secteur public sont totalement
indétachables de leurs effets en matière d’assurance vieillesse. Ainsi, il est nécessaire de
documenter de manière systématique les impacts des changements, au niveau de chaque
agent mais aussi de manière globale, en évaluant les effets de décisions de paramètres sur
le système de retraite et ses équilibres.
55 Voir annexes 5 - Analyse des évolutions à caractère systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir
des effets sur l’architecture du système de retraites et 10 - Les évolutions de la population affiliée et des recettes de la
CNRACL et les impacts des hausses de taux sur les stratégies d’emploi.
56 Voir annexes 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des
fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales ; 6 - Analyse du recours à l’intérim
dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales ; 7 - Enquête auprès des employeurs
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Rapport
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La mission constate que, trop souvent, les textes et normes élaborés, du fait du
cloisonnement entre ministères et administrations, ne sont pas assortis des évaluations de
ces impacts, même dans une approche purement qualitative. Une approche globale des
sujets de retraites et de rémunérations, cohérente avec la circularité des financements
suppose une organisation et une méthode de travail plus transversale et une plus forte
coopération entre administrations. La mission propose donc de renforcer le cadre
procédural régissant les études d’impact jointes aux projets de textes législatifs et
réglementaires, afin qu’ils comportent, de manière systématique, une mesure détaillée de ces
impacts, matérialisant les échanges indispensables intervenus, entre administrations, avant
toute mesure. Les études d’impact devraient désormais obligatoirement comporter une
section proposant une analyse des impacts des actions en matière de ressources humaines et
de retraites publiques. Outre l’intervention du Premier ministre auprès des ministres
concernés, ce changement ne pourrait intervenir, outre par la mobilisation des acteurs
concernés, que via un rôle de vérification de la qualité des études d’impacts qui ne semble
pouvoir être pleinement assuré in fine que par le Secrétariat général du gouvernement et le
Conseil d’Etat.
Proposition n° 2 : Tirer les conséquences de la circularité du financement des retraites
publiques et rendre obligatoire, dans les fiches d’impact des mesures législatives ou
réglementaires des dispositions qui concernent la fonction publique, l’évaluation de
leurs conséquences pour les régimes publics de retraite.
2.2. Affirmer la responsabilité des partenaires sociaux et renforcer le cadre de
pilotage propre à la CNRACL
2.2.1. Créer les conditions pour que le conseil d’administration documente un débat
public nécessaire57
Les travaux précédents ont souligné combien le conseil d’administration semblait
faiblement outillé afin, sinon de décider, au moins de proposer des évolutions en
recettes et en dépenses, donc de remplir le rôle qui lui incombe en matière de préservation
de l’équilibre financier du régime. Une approche pourrait consister à confier aux partenaires
sociaux, sur le modèle existant dans les régimes complémentaires du privé (Agirc-Arrco), des
pouvoirs en matière de fixation des taux de cotisations ou des conditions de liquidation et de
niveau des pensions. Une approche de cette nature préjugerait d’une évolution plus forte du
système, aspect évoqué par ailleurs58.
territoriaux et hospitaliers sur les impacts de la hausse des taux de cotisation à la CNRACL ; 10 - Les évolutions de la
population affiliée et des recettes de la CNRACL et les impacts des hausses de taux sur les stratégies d’emploi.
57 Voir annexes 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des
fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales ; 5 - Analyse des évolutions à
caractère systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de
retraites ; 6 - Analyse du recours à l’intérim dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et
territoriales ; 7 - Enquête auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers sur les impacts de la hausse des taux de
cotisation à la CNRACL ; 10 - Les évolutions de la population affiliée et des recettes de la CNRACL et les impacts des
hausses de taux sur les stratégies d’emploi.
58 La mission a abordé ces questions dans le cadre des échanges et auditions avec les partenaires sociaux
représentant les employeurs et salariés au niveau de la CNRACL ou au niveau interprofessionnel. Si cette piste a
parfois été avancée, elle ne correspond pas à une demande majoritaire d’évolution portée à ce stade par les acteurs.
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Rapport
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L’action du conseil d’administration de la CNRACL doit être confortée, approfondie et
amplifiée. La précédente mission avait avancé des propositions de renforcement des moyens
dédiés par l’opérateur au conseil d’administration. Des évolutions de ce type auraient vocation
à être réexaminées dans le cadre des négociations à venir des conventions d’objectifs et de
gestion59.
Il est nécessaire de documenter et d’outiller les évaluations et le suivi de l’impact des mesures.
C’est l’apport des travaux menés par la mission et largement développés en annexe. Elle a veillé
à bien indiquer les méthodes retenues afin de permettre, à la suite du présent rapport, aux
organismes et aux acteurs, de poursuivre ces travaux au moyen de coopérations nouvelles. Les
échanges d’informations sont non seulement possibles mais ils sont indispensables. Si la
contribution des services statistiques de la CDC au profit des travaux du conseil
d’administration de la CNRACL peut être mieux organisée et accrue, elle doit nécessairement
être complétée par des données et analyses en provenance de tiers et, au premier chef,
l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale. Les travaux de la mission permettent de
déterminer un mode rénové de suivi non seulement du régime mais aussi des politiques
d’emploi et de rémunération des secteurs territoriaux et hospitaliers.
Les travaux du conseil d’administration auraient donc vocation à être élaborés en son sein
et à donner lieu à un vote. Les éléments retenus devaient être portés à la connaissance non
seulement des pouvoirs exécutifs et législatifs mais aussi rendus largement publics.
Proposition n° 3 : Renforcer le pilotage du régime par le conseil d’administration de la
CNRACL, en le rendant destinataire d’indicateurs de pilotage plus fins et en lui confiant
la responsabilité de proposer, chaque année, les mesures à adopter, au titre des risques
vieillesse et invalidité, en recettes et en dépenses, et rendre publics les travaux du
conseil d’administration.
2.2.2. Adopter une présentation alternative de la situation financière et comptable de
la CNRACL et des retraites publiques60 et séparer les gestions des risques
vieillesse et invalidité61
Plusieurs experts ont souligné les limites du cadre financier et comptable actuel de
présentation des retraites publiques62. D’ores et déjà, les pouvoirs publics ont entendu
amorcer un changement dans la présentation des annexes budgétaires63.
59 Ces travaux doivent au demeurant reposer, comme d’usage, sur des travaux préparatoires d’évaluation et de
proposition des inspections générales.
60 Voir Annexe 11 - Présentations comptables actuelles et envisageables de la situation de la CNRACL – enjeux et
problématiques.
61 Voir Annexe 8 - La couverture du risque invalidité et l’opportunité de la séparer de celle du risque vieillesse au sein
de la CNRACL.
62Voir Cour des comptes, Situation financière et perspectives du système de retraite, février 2025 ; Patrick Aubert,
Maïlys Pedrono, Maxime Tô, Todor Tochev, Retraites des fonctionnaires d’État : faut-il changer la convention
comptable ?, in Institut d’études des politiques publiques (IPP - collectif), Perspectives budgétaires, juin 2025 ;
Hélène Paris, Retraites des fonctionnaires d’État : pas de déficit caché mais un coût salarial surévalué, Focus du conseil
d’analyse économique, n°121, septembre 2025 ; Haut-commissariat au plan, Retraite : une base objective pour le
débat public, note du HCP, décembre 2022 ; Jean-Pascal Beaufret, Retraites obligatoires et déficits publics - Pour la
clarté, in Commentaire, été 2023 (n°182 et 2/2023) ; Gilbert Cette (en tant que Président du COR), La mesure du
solde du système de retraite dans les rapports du COR, Note publique, janvier 2025 ; annexe 1 du rapport du COR de
juin 2025 reproduisant une note de l’Insee de février 2025, Annexe 1 – Quelle est la part du déficit des régimes de
retraite dans le déficit public ? in COR, Évolutions et perspectives des retraites en France, Rapport annuel, juin 2025.
63 Annexe au projet de loi de finances pour 2026, Rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique, Jaune
budgétaire du « CAS pensions », octobre 2025.
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La mission a analysé toutes les méthodes utilisées par les différents experts, en veillant à
s’écarter des analyses polémiques qui les ont parfois accompagnées64. Les présentations des
situations financières et comptables sont, du fait de la spécificité du secteur public et des modes
d’équilibrage de ses régimes d’assurance vieillesse, partielles et trompeuses. Aucune méthode
ne permet de se prémunir de certaines limites. Les approches doivent donc être combinées,
pour mieux appréhender les droits et obligations pesant effectivement sur le système des
retraites publiques et chaque secteur en ayant la charge. Ce débat n’est pas un débat technique
mais citoyen en ce que chaque méthode donne à voir des dimensions du système actuel et à
venir et des effets différents des réformes. Ces différentes propositions pourraient servir de
base à une présentation rénovée et différente de la situation des retraites publiques et des
obligations incombant aux différents acteurs publics.
Un autre effort de transparence est nécessaire. Il est actuellement à l’œuvre au sein de la
fonction publique d’Etat, sous l’effet du développement de couvertures complémentaires. Il
consiste à appréhender, de manière distincte, les dépenses et recettes, au titre des
risques invalidité et vieillesse. Ce changement, recommandé par les travaux précédents des
inspections générales65, doit être mené à bien pour séparer les dépenses et financer celles-
ci au moyen de cotisations spécifiques et distinctes. Cet effort de clarification est nécessaire
et largement documenté par la mission66.
Proposition n° 4 : Construire, à l’aide des travaux présentés par la mission, dans un souci
de sincérité et de transparence, une présentation comptable et financière, permettant
de mieux identifier les ressources et les charges du régime et séparer les gestions des
risques vieillesse et invalidité.
2.3. Prendre, dès que possible, toutes les mesures pour accroître les recettes du
régime est nécessaire mais non suffisant
2.3.1. Prendre acte que la trajectoire financière n’est pas soutenable
Le régime se trouve dans une impasse financière à long terme, compte tenu de l’évolution de
son ratio démographique. Certes, la hausse des cotisations employeur, décidée en 2025,
devrait permettre de redresser les comptes de la CNRACL, de 2028 à 2030, sauf
modification des comportements des employeurs, du fait du renchérissement du coût du
travail des titulaires. Cette seule réforme n’assurera pas la soutenabilité du régime à long
terme. Le scénario de référence laisse peu de doutes sur la poursuite de la dégradation des
comptes de la CNRACL au-delà de 2030. Cette dégradation est commune aux deux versants de
la fonction publique concernés, FPT et FPH, qui se retrouvent donc confrontées au même défi.
64 Elle ne fait donc pas sienne l’idée d’un « déficit caché » des retraites.
65 La proposition va au-delà de la précédente, au bénéfice des travaux menés : « Proposition 7 - Individualiser les
cotisations par risque (vieillesse/invalidité) sans pour autant scinder les deux risques et, à terme, ajuster le taux des
cotisations employeurs invalidité sur la dynamique des dépenses, tout en maintenant le taux de cotisation vieillesse. »
in Yannick Le Guillou, Vincent Ruol, Laurent Trupin et Bastien Sayen, Situation financière de la Caisse nationale de
retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
2023-104R / 2023-M-104-02.
66 Voir Annexe 8 - La couverture du risque invalidité et l’opportunité de la séparer de celle du risque vieillesse au sein
de la CNRACL.
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En tout état de cause, le scénario de référence se caractérise par une croissance continue
et inéluctable, des effectifs de pensionnés, jusqu’à l’horizon de la projection. Dans un
premier temps, celle-ci s’effectue à un rythme très soutenu, en raison du départ à la retraite
des générations nombreuses du baby-boom, puis des embauches réalisées au début des années
2000. La croissance des effectifs de pensionnés de droit direct serait plus modérée par la suite.
Au total, ces effectifs devraient atteindre 2,1M en 2045 contre 1,38M en 2023.
En outre, la proportion de femmes parmi les retraités de droit direct se maintiendrait
aux alentours de 70%, sur l’ensemble de la période de projection : le régime continuerait
donc à être marqué par une espérance de vie des retraités supérieure à la moyenne des
régimes. Au regard de ces évolutions du côté des pensionnés, ce scénario table sur une stabilité
des effectifs cotisants, conformément aux hypothèses conventionnelles retenues par le COR,
sur la base des documents transmis par la direction du budget.
Sous ces hypothèses, le ratio démographique brut (cotisants / pensionnés de droit
direct) devrait continuer à diminuer pour descendre aux alentours de 1,1 en 2045
(contre 1,6 en 2023). Cette diminution serait sensiblement plus rapide que celle qui est
retenue par le COR dans ses projections pour le régime général (CNAV : 1,4 en 2045 contre 1,5
en 2023). Au total, l’écart relatif des ratios démographiques entre la CNRACL et le régime
général se creuserait fortement.
De manière générale, compte tenu des montants en jeu, la compensation démographique
jouera un rôle absolument central dans la situation financière à long terme de la
CNRACL. Toute réforme tendant à la renforcer pourrait significativement améliorer ses
perspectives. A l’inverse, une réduction, voire une suppression de ce mécanisme, telle que l’a
proposé la Cour des comptes,67 rendrait définitivement impossible le redressement financier.
En intégrant tous ces éléments, la trajectoire financière de la CNRACL dans le scénario de
référence serait celle présentée ci-après (tableau 6).
Tableau 6 : Dette en cumul de la CNRACL – dans le scénario de référence – entre 2025 et 2045 –
en Mds € constants 2025
2025 2030 2035 2040 2045
Résultat annuel -2,2 -1,2 -3,1 -4,2 -5,5
Dette cumulée -10,1 -13,1 -23,5 -39,9 -60,7
Source : Calcul de la mission, sur la base des hypothèses d’inflation du COR
Cette projection permet de quantifier l’impasse financière à long terme dans laquelle se trouve
la CNRACL à réglementation inchangée. La hausse des taux de cotisation employeurs pourrait
permettre de stabiliser la dette à l’horizon 2028, mais apparaît tout à fait insuffisante au-delà.
Des mesures de court terme pourraient cependant être mises en œuvre, pour limiter la
dégradation financière de la CNRACL (encadré 4).
67 Voir Cour des comptes, La compensation démographique entre régimes de retraite : un dispositif complexe, artificiel
et mal géré in Rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale (chapitre III), mai 2024 ; la Cour
précisait que « au total, la suppression de la compensation démographique devrait s’intégrer dans une approche plus
large de l’évolution des régimes, de la mise en cohérence des transferts, de l’éventuel adossement de régimes au régime
général, en articulant mieux les transferts de solidarité, simplifiés, avec les autres mécanismes d’équilibrage ».
Malheureusement, cette « approche plus large » n’est pas détaillée dans son rapport, qui confirme par ailleurs que
la CNRACL serait la perdante de l’opération.
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Encadré 4 : Les mesures financières de court terme pouvant être mises en œuvre
Comme l’ont indiqué les inspections générales dans les travaux précédents68, la situation financière
de la CNRACL peut être améliorée à court terme si certaines des mesures préconisées sont mise en
œuvre en plus de l’augmentation de taux : (i) la diversification des ressources au titre de la prise en
charge des dépenses de solidarité (« avantages non-contributifs ») et d’autre part à un alignement
de ces droits sur ceux du régime général ; (ii) une révision idéale et en profondeur des modalités
de la compensation démographique dans un sens rendant la CNRACL plus fortement bénéficiaire à
partir de 2028 ; (iii) au titre de mesures complémentaires, (a) sous réserve des effets constatés
précédemment, une nouvelle augmentation des cotisations employeurs à l’horizon 2028, et (b) une
contribution sur la rémunération des contractuels afin de neutraliser le surcoût « vieillesse »
supportés au titre de l’emploi des titulaires par rapport aux emplois de contractuels.
L’équilibre, même précaire et temporaire de la CNRACL, suppose donc une modification
importante du mécanisme de compensation démographique dans un sens très favorable à la
CNRACL. Or la mission démontre69 que la correction des paramètres les plus défavorables à la
CNRACL n’auraient qu’un impact limité et qu’il faudrait donc une inflexion significative dans le sens
de la CNRACL (notamment la revalorisation de la pension dite « de référence », ce que, dans un exercice
à somme nulle, les autres régimes pourraient ne pas accepter). A minima, la mission propose de ne pas
supprimer la compensation démographique au moment même où elle deviendrait une source de recette
pour la CNRACL.
A défaut d’un apport significatif de la compensation généralisée, le retour à l’équilibre de la
CNRACL, même temporaire dans la période 2028-2030, passe par un effort supplémentaire de la
part des employeurs donc soit via une contribution sur la rémunération des contractuels visant à
assurer la neutralité du coût du travail entre les deux populations (voir recommandation n°10 du
rapport précédent), soit via une nouvelle hausse progressive du taux de cotisation à partir de 2035
comprise entre 4 et 5 points. A ce niveau de renchérissement du coût du travail pour les employeurs des
collectivités locales et des hôpitaux, il est par ailleurs très probable que l’on observerait une attrition
accélérée ou un dynamisme moindre de la population cotisante et de l’assiette cotisée, voire une hausse
importante des défauts de paiement de la part des employeurs.
Cet effort supplémentaire ne serait sans doute envisageable qu’en contrepartie d’une reprise de
la dette de la CNRACL par la CADES ou par l’Etat. Il n’appartient pas à la mission de faire une
préconisation en faveur de ces reprises de dette, ces questions dépassant largement la question de
l’avenir de la seule CNRACL. Toutefois, il paraît évident que la reprise de la dette de la CNRACL à l’horizon
de la fin de la hausse de la cotisation des employeurs, soit 2028, serait un élément central d’un accord
global avec les employeurs, territoriaux et hospitaliers, permettant d’assurer la soutenabilité de la
trajectoire financière du régime.
Toutefois, chacune de ces mesures apparaît très exigeante.
La mission recommande donc d’aborder le traitement financier du régime de retraite des
fonctionnaires territoriaux et hospitaliers dans le cadre de deux approches plus systémiques autour
d’un pôle « public » ou « privé » (voir 24, infra).
Source : Mission.
68 Yannick Le Guillou, Vincent Ruol, Laurent Trupin et Bastien Sayen, Situation financière de la Caisse nationale de
retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
2023-104R / 2023-M-104-02.
69 Voir annexe 9 - La compensation et la surcompensation entre les régimes de retraite et leurs impacts pour la
CNRACL.
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2.3.2. Faire évoluer la prise en charge des dépenses de solidarité, en prenant en compte
la situation de la CNRACL70
Les travaux précédents ont souligné les impacts des modes actuels de calcul de la
compensation et de prise en charge de dépenses dites de « solidarité » par les régimes
publics. Pour autant, dans la continuité des travaux menés, l’évolution des modes de calcul de
la compensation ou encore des modes de prise en charge de certaines dépenses pourrait être
justifiée dans une recherche plus générale de clarification et d’équité. Les travaux menés à ce
stade sont prospectifs71. Ils pourraient avoir des effets puissants sur la CNRACL. En particulier,
une évolution du mode de calcul de la compensation pourrait conduire à revoir, à la baisse, les
transferts devant lui être accordés, au titre des années à venir.
Si une telle approche était retenue, elle devrait nécessairement prévoir une période de
transition, de sorte de respecter les situations passées au cours desquelles la CNRACL a été très
fortement mise à contribution. Il n’appartient pas à la mission de recommander des évolutions
générales de la compensation ou du financement de certaines dépenses de retraite.
Proposition n° 5 : En ce qui concerne la prise en charge des dépenses dites de solidarité
et de la compensation démographique, sous réserve des travaux d’ensemble en cours,
faire évoluer les ressources du régime dans le cadre proposé par la première mission.
2.3.3. Maintenir la hausse des taux de cotisations employeurs et en suivre les impacts
Comme indiqué ci-dessus (point 13), la hausse des taux des cotisations employeurs est
nécessaire. Elle ne suffit pas, à elle seule, à permettre à la CNRACL d’atteindre l’équilibre.
La mission a, à cet égard, simulé le scénario d’une reprise de dette en 2028 et d’un équilibre
uniquement par la hausse continue des taux de cotisations employeurs. Toutes choses égales
par ailleurs, donc avant correction des effectifs employés et des masses de rémunérations
versées, l’équilibre justifierait une nouvelle hausse de sept points de cotisations d’ici à 2045.
Ces ordres de grandeur demeurent, tout comme la situation financière du régime, des plus
fragiles et indicatifs. Pour toutes ces raisons, la mission, - sans préjudice des échanges
pouvant intervenir sur le mode de financement de ces surcoûts, aspect qui ne relevait pas de
son champ d’intervention- souligne la nécessité d’intégrer dans les travaux du conseil
d’administration de la CNRACL un dispositif consacré spécifiquement à la mesure des
impacts de la hausse de taux, sur la base des indicateurs de pilotage rénovés qu’elle
propose (supra, 221).
70 Voir Annexe 11 - La compensation et la surcompensation entre les régimes de retraite et leurs impacts pour la
CNRACL.
71 Voir Cour des comptes, La compensation démographique entre régimes de retraite : un dispositif complexe, artificiel
et mal géré in Rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale (chapitre III), mai 2024 ; COR,
Droits familiaux et conjugaux, 16 ème rapport du COR, novembre 2025.
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Les travaux précédents des inspections générales72 avaient envisagé la création d’un
dispositif de taxation au titre de l’emploi des agents contractuels, afin de dissuader les
éventuels mouvements de substitution entre recrutements de contractuels et de titulaires
susceptibles d’intervenir à la suite d’une hausse des taux de cotisation. Le dispositif devait, par
nature, être calibré selon la hausse des taux constatée. Dans le cadre des auditions menées avec
les partenaires sociaux et les parties prenantes, la mission a évoqué à nouveau ce dispositif. Il
apparaît qu’il est très majoritairement et quasi unanimement considéré comme justifié. La
proposition initiale est cependant aménagée. Il s’agirait d’instaurer un dispositif de
neutralisation du surcoût lié à la hausse des seules cotisations vieillesse des agents
titulaires73. Le renchérissement de l’emploi des contractuels ne serait alors pas dissuasif mais
permettrait que les parts des coûts du travail liés à l’assurance vieillesse des agents soient les
mêmes et neutres, pour les agents titulaires comme pour les agents non titulaires. La mission
considère qu’un dispositif de ce type pourrait utilement être mis en œuvre dans le cadre
des lois financières à venir. Elle propose plusieurs modalités techniques pouvant être
retenues, sous réserve d’analyses complémentaires de faisabilité et des concertations
indispensables devant accompagner une mesure de ce type. Cette recette nouvelle financerait
le risque vieillesse de la CNRACL : elle aurait pour objet de neutraliser les effets éventuels, pour
le régime, d’une baisse ou d’une stagnation de ses recettes, du fait du moindre dynamisme de
l’emploi ou des rémunérations des titulaires au profit des contractuels.
Proposition n° 6 : Maintenir l’augmentation de taux prévue par le décret n°2025-86 du
30 janvier 2025, suivre ses effets et l’assortir d’une contribution portant sur l’emploi
des contractuels, afin de neutraliser les écarts de coûts, au titre du risque vieillesse,
entre les titulaires et les non-titulaires.
2.3.4. Créer les conditions pour une incontournable reprise de dette et envisager des
alternatives en matière de gestion financière, de recouvrement et de contrôle
La dernière loi de financement de la sécurité sociale (LFSS)74 dessine des perspectives
financières durablement dégradées de la sécurité sociale. Celle-ci devra, de ce fait, recourir très
fortement à l’emprunt au moins pour couvrir des besoins de trésorerie. Ce financement par
l’emprunt de trésorerie serait le préalable à une opération éventuellement plus structurelle
de reprise de dette, par la CADES ou par l’Etat. Une telle opération devrait, comme par le
passé, donner lieu à un débat public nourri et structuré.
72 Voir proposition 10 «En lien avec l’augmentation des taux employeurs pour les fonctionnaires, générer une
ressource additionnelle pour la CNRACL à travers une contribution assise sur la masse salariale contractuelle afin de
rendre le plus neutre possible l’arbitrage par l’employeur entre emploi contractuel et emploi fonctionnaire. »
in Yannick Le Guillou, Vincent Ruol, Laurent Trupin et Bastien Sayen, Situation financière de la Caisse nationale de
retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
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73 Les solutions envisageables sont présentées, dans les mêmes termes, dans les annexes 4 - Analyse de l’évolution
des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et
territoriales au travers des déclarations sociales et 5 - Analyse des évolutions à caractère systémique de la CNRACL et
des autres évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de retraites.
74 Voir Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 et les travaux
réguliers de la Cour des comptes te du HCFIPS sur les finances sociales. L’article 48 de la LFSS organise cependant
une nouvelle reprise de dette, à hauteur de 15 Mds€, de nature à alléger le besoin de trésorerie de la sécurité sociale.
Cette reprise ne concerne que le régime général et pas la CNRACL.
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Le besoin de financement de la CNRACL pèse non seulement sur les besoins de trésorerie
de la sphère sociale mais aussi sur la dette sociale et la dette publique dans son
ensemble. En 2026, le plafond d’emprunt accordé à l’Agence centrale de organismes de
sécurité sociale par la LFSS est de 83,0Mds€, celui pour la CNRACL est de 13,7Mds€. Le poids
de la CNRACL dans la dette et les besoins d’emprunt de la sphère sociale sont croissants. Tout
risque systémique doit être écarté. Pour prémunir toute difficulté à trouver les financements,
des mesures nouvelles doivent être analysées : par exemple, la CDC pourrait intervenir non
seulement en tant qu’opérateur mais aussi en termes de financeur du régime dont elle assume
la gestion, dans la continuité du rôle historique qu’elle a joué précédemment. La mission
recommande aux administrations et opérateurs d’envisager toutes les options possibles de
manière à prémunir non seulement la CNRACL, mais aussi la sphère sociale, et la sphère
publique, de tout risque lié à une gestion financière de plus en plus complexe.
Par ailleurs, les travaux de la mission soulignent que le recouvrement et le contrôle des
créances détenues par les régimes sociaux sur les employeurs territoriaux et
hospitaliers est hautement perfectible75. Des évolutions législatives pourraient être
menées. Ce point, par nature, devrait être abordé à nouveau dans le cadre de la préparation
des futures conventions d’objectifs et de gestion.
Sans préjudice de ces évolutions des modalités de gestion, financière et du
recouvrement et du contrôle, il est nécessaire d’ores et déjà de créer les conditions
d’une reprise de dette de la CNRACL : quel que soit le scénario envisagé, celle-ci semble
inéluctable. En outre, cette gestion de la dette sociale de la CNRACL serait cohérente avec les
outils financiers mobilisés à cette fin. Cette reprise ne pourrait cependant revêtir le caractère
d’un blanc-seing ; elle devrait nécessairement être accompagnée d’une stratégie complète et
articulée de retour à l’équilibre du régime. Transférer de la dette au titre de la retraite n’est
certainement pas un acte anodin : les conditions doivent donc être crées pour que cette
reprise soit assortie d’une trajectoire d’équilibre reposant sur des efforts renouvelés, en
recettes et en dépenses, des acteurs concernés.
Proposition n° 7 : Créer et préparer les conditions d’un transfert de la dette de la CNRACL
et revoir les stratégies de gestion financière du régime et de recouvrement et de
contrôle des employeurs territoriaux et hospitaliers.
2.4. Envisager des évolutions systémiques 76
2.4.1. Choisir une architecture du système de retraite de nature à prendre en compte
la situation de la CNRACL
Les travaux de la mission peuvent permettre aux décideurs d’opter pour des solutions
transitoires et éventuellement dégradées, de nature à répondre ponctuellement aux
contraintes rencontrées. Par exemple, la hausse des taux de cotisations est inéluctable. Ses
effets doivent être suivis. Pour autant, il est évident qu’aucune solution satisfaisante ne
peut intervenir à la seule échelle de la CNRACL. Celle-ci n’est en effet pas le seul régime
d’assurance vieillesse des agents relevant des employeurs de la FPT et de la FPH. La
recherche d’une éventuelle pérennité pourrait passer, comme l’envisageaient les précédents
travaux, par une extension de la population affiliée à la CNRACL ou, comme l’envisage le
présent rapport, par une évolution de l’assiette cotisée au régime.
75 Voir annexe 13 - Recouvrement et contrôle des créances sociales sur les employeurs territoriaux et hospitaliers.
76 Toutes ces approches d’ordre systémique sont documentées par la mission dans l’annexe 5 - Analyse des
évolutions à caractère systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du
système de retraites.
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Rapport
- 29 -
Toutes ces solutions de champs et de périmètres relèvent en fait d’une approche
beaucoup plus systémique. Elles ont des effets sur les équilibres internes au système de
retraite, en déplaçant des populations et assiettes, au sein même de ce système, entre régimes
et entités gestionnaires.
Le poids et les enjeux de la CNRACL sont ceux des retraites publiques. Pour toutes ces
raisons, les choix envisagés par les acteurs entre alignement, intégration ou adossement -par
rapport aux régimes de droit commun du privé ou des régimes publics- sont secondaires. Il est
nécessaire de déterminer la configuration future du système de retraite. La mission
avance ainsi deux possibilités idéales typiques qui pourraient être soumises à la
concertation et au débat : l’organisation des retraites autour soit d’un pôle « public », soit
d’un pôle « privé ». Les travaux identifient les impacts de ces différentes approches afin de
faciliter des concertations et choix politiques nécessaires et structurants. La mission se
prononce par ailleurs, dans le cas d’un pôle « public », pour la création d’une caisse financée au
moyen de cotisations à caractère libératoire. S’il n’appartenait pas à la mission de se prononcer
sur telle ou telle approche, elle a veillé à documenter une prise de décisions qui lui semble
inéluctable, pour la CNRACL, pour les retraites publiques et pour le système de retraite dans
son ensemble (schéma 2).
Schéma 2 : Choix à opérer, champs documentés par la mission et travaux restant à mener
Source : Travaux mission.
Cette décision pourrait être prise au regard des premiers impacts appréciés par la mission
dont les natures sont indiquées dans l’encadré 5.
Encadré 5 : Les impacts institutionnel, financier, politique et juridique des différentes
modalités techniques de mise en place d’un pôle « public » ou d’un pôle « privé »
Les conventions retenues, modes de mesure et analyses produites pour chaque axe sont largement
documentés en annexe77. La mission a choisi d’évaluer relativement les impacts des solutions
techniques possibles sous quatre prismes : institutionnel, financier, politique et juridique.
77 Voir annexe 5 - Analyse des évolutions à caractère systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir
des effets sur l’architecture du système de retraites.
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Rapport
- 30 -
L’impact institutionnel d’une évolution correspond au degré de changement que représenterait
l’option ou le scénario envisagé, du point de vue des institutions, donc des structures juridiques et des
personnes morales en charge du régime, ainsi que l’identification ou non d’un service dédié ou plus
général offert aux employeurs territoriaux et hospitaliers, à leurs agents et aux retraités de ces secteurs.
L’approche embrasse ici uniquement l’identification d’une entité dédiée sans préjuger du cadre de
gouvernance (rôle des partenaires sociaux et mode de représentation ou d’association des intéressés au
régime).
L’impact financier d’une réforme consiste à mesurer l’importance du changement aux plans financiers
soit l’impact purement financier du scénario ou du changement présenté. L’impact mesuré ici ne
correspond cependant pas à l’effort nécessaire pour atteindre l’équilibre, tout changement devant
permettre d’atteindre l’équilibre financier. L’impact mesuré correspond à l’ampleur des déplacements
de masses financières entre secteurs et sous-secteurs publics ou des administrations publiques et des
administrations de sécurité sociale. Par nature, cet impact est donc moins prononcé dans le cadre d’un
pôle « public », les règles étant déjà largement coordonnées que dans le cadre d’un pôle « privé ».
L’analyse est ici purement qualitative en ce que le calcul des effets financiers de tel ou tel scénario n’est
en aucun cas susceptible d’être assuré par la mission. De plus, l‘analyse de l’impact financier ne s’entend
ici qu’au niveau de la CNRACL et des régimes concernés, et uniquement en première intention. L’impact
financier ne prend pas en compte ici des éléments de déplacement des charges qu’aurait une solution au
sein des administrations publiques. Les travaux de la mission n’entendent en aucun cas se substituer
aux travaux indispensables de chiffrages et de simulations. Ils visent en fait à orienter le ou les scénarios
susceptibles d’être choisis par les pouvoirs publics et les parties prenantes, sur la base d’une première
analyse qualitative mais qui comprend une mesure indirecte de l’impact financier, de manière intuitive.
L’impact politique d’une évolution correspond à la prise en compte, d’une part, du bouleversement que
représenterait l’évolution pour les acteurs et, au premier chef, pour les partenaires sociaux représentant
les employeurs et les agents et, d’autre part, aux effets plus globaux du changement sur les équilibres du
système de retraite ou des interventions publiques.
Enfin, la quasi-intégralité des options conduisent à des évolutions de niveau législatif. Elles sont plus ou
moins importantes et complexes cependant selon le type de changement retenu. Tel est l’objet de la
mesure de l’impact juridique.
Ces différents impacts sont évalués sous le mode de l’analyse d’experts par la mission. Les
évaluations ne sont jamais normatives ou existantes par elles-mêmes mais toujours relatives. Chaque
scénario donne lieu à une évaluation relative des différents impacts par rapport aux impacts
évalués pour les autres scénarios. Les impacts sont ainsi évalués dans des degrés allant de 1 à 5
matérialisés par des signes « + » et des couleurs allant du vert (1 signe « + », faible impact) à orange
(deux à trois signes « + », impact plus prononcé) et rouge (quatre à cinq signes « + », impact fort à
majeur).
Source : Mission.
Les modalités techniques de mise en œuvre d’un pôle « public » ou d’un pôle « privé »
seraient soit les mesures d’alignement, d’adossement ou d’intégration soit des mesures a
priori de champs mais qui auraient un effet de système. Tous ces changements auraient des
effets puissants sur les composantes actuelles du système de retraite en base et en
complémentaire (encadré 6).
Encadré 6 : Trois modalités techniques et deux mesures ayant un impact sur un pôle « public »
ou un pôle « privé », des impacts très forts sur les régimes et caisses existants
Afin de permettre aux acteurs de choisir non seulement la future architecture du système de retraite
mais aussi son organisation, la mission a évalué les opérations menées précédemment pour en sortir
trois idéaux types d’évolution. Schématiquement : l’« alignement » consiste à appliquer en recettes
et/ou en dépenses les mêmes règles à des populations et professions considérées a priori comme
distinctes ou pouvant être distinguées ; l’« adossement » consiste à garantir la pérennité d’un régime
en opérant une triple évolution (i) la reprise des droits par un autre régime (base ou complémentaire)
assortie de la garantie que les règles de ce régime s’appliquent en recettes et en dépenses, (ii) la
consolidation du régime adossé composé d’une partie reprise et d’une partie spécifique, (iii) la collecte
des produits et le service des prestations par le régime adossé et son opérateur (« caisse ») sur la base
de son action propre ou de son action avec et pour le compte du régime d’adossement ; l’« intégration »
correspond à la reprise d’un régime par un autre ; elle peut être totale ou partielle, juridique et/ ou
financier, etc.
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Rapport
- 31 -
Par ailleurs, dans la continuité des travaux précédents des inspections générales, la mission a envisagé
deux autres évolutions possibles : d’une part, affilier tous les agents, titulaires et non titulaires,
quelle que soit leur durée hebdomadaire de travail à la CNRACL et, d’autre part, étendre l’assiette des
cotisations CNRACL à tous les éléments de rémunération (non plus le traitement de base mais aussi
les primes). Des travaux spécifiques de chiffrages assez frustres permettent de disposer de premiers
ordres de grandeur, qui restent partiels et fragiles78.
Ces ordres de grandeur permettent de mesurer l’importance des déplacements opérés. Ils pourraient
certes consolider la CNRACL et un pôle « public » ou « privé ». Ils auraient aussi des conséquences très
profondes sur le système de retraites. En effet, dans le cas de la hausse de la population affiliée à la
CNRACL, plusieurs régimes perdraient des affilés, donc des recettes. C’est le cas de la CNAV, de l’Agirc-
Arrco et de l’Ircantec. Ce dernier est encore plus concerné en ce que son existence même serait
interrogée par de tels changements. Par ailleurs, si les agents affiliés à la CNRACL étaient amenés, comme
les salariés du privé, à cotiser sur l’ensemble des leurs éléments de rémunération, cela poserait
directement la question de l’intervention du régime additionnel de la fonction publique (RAFP) au moins
sur ce champ spécifique. La vision proposée par la mission est en outre limitée aux seules recettes alors
que les droits acquis par les intéressés auraient un effet sur les charges futures de pensions, aspect qui
ne peut, à ce stade, être intégré dans l’analyse.
Les travaux permettent de souligner qu’aucune évolution n’est neutre : l’accroissement de la
population affiliée à la CNRACL pourrait consolider son apport à un pôle (à titre principal « public » mais
aussi une possibilité dans un pôle « privé ») et que de facto, l’extension de l’assiette cotisée à la CNRACL
ne pourrait être perçue autrement qu’un alignement sur les règles du privé, donc la préfiguration
possible d’un pôle « privé ».
Source : Mission.
Ces impacts et modalités techniques de mise en œuvre d’un pôle « public » ou d’un pôle
« privé » sont présentés ci-après (tableau 7)79. La couleur verte répond à un impact faible,
orange à un impact moyen à fort, rouge à un impact très fort80.
Tableau 7 : Synthèses des analyses des impacts relatifs pour chaque scénario idéal typique
N° Intitulé Pôle Impacts
Instit. Fin. Pol. Jur.
1
Alignement intégral entre le régime de la
CNRACL et celui des pensions civiles et
militaires de l’Etat
« public » + +++ + +
2
Alignement entre le régime de la CNRACL
et les régimes de droit commun des
salariés du secteur privé (CNAV et Agirc-
Arrco)
« privé » ++ +++ ++++ +++
3 Intégration de la CNRACL au régime des
pensions civiles et militaires de l’Etat « public » +++ ++ ++ +
4 Adossement de la CNRACL au régime des
pensions civiles et militaires de l’Etat « public » ++ ++ ++ +
5
Intégration de la CNRACL aux régimes de
droit commun des salariés du secteur
privé (CNAV et Agirc-Arrco)
« privé » +++++ ++++ +++++ +++
6
Adossement de la CNRACL aux régimes de
droit commun des salariés du secteur
privé (CNAV et Agirc-Arrco)
« privé » ++ ++++ +++++ +++
78 Voir annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des
fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales.
79 On doit rappeler que la constitution d'un pôle ne fait, à règles constantes, que placer le déficit de la CNRACL dans
un ensemble plus grand : l’atteinte de l’équilibre justifiera des mesures à cette échelle.
80 Voir annexe 5 - Analyse des évolutions à caractère systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir
des effets sur l’architecture du système de retraites.
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Rapport
- 32 -
N° Intitulé Pôle Impacts
Instit. Fin. Pol. Jur.
7
Affiliation de tous les agents des
collectivités territoriales et des
établissements publics de santé à la
CNRACL
Etape
avant
« public »
++ +++ +++ ++
8
Extension de l’assiette cotisée à la
CNRACL à tous les éléments de
rémunération servis aux agents des
fonctions publique territoriales et
hospitalières
Etape
avant
« privé »
++ +++ +++ ++
Autres
Evolutions de gestion, transferts de
mission, séparation des populations
couvertes, séparation des risques, etc.
Impact à
intégrer
avec le
choix
éventuel
de pôle
A
apprécier
pour
chaque
évolution
A
apprécier
pour
chaque
évolution
A
apprécier
pour
chaque
évolution
A
apprécier
pour
chaque
évolution
Source : Travaux mission.
Proposition n° 8 : Considérer que le statu quo ne pourrait être que temporaire, fragile et
incertain ; par conséquent, mener les concertations nécessaires sur la base des travaux
de la mission, pour permettre le choix d’un changement systémique, en rattachant la
CNRACL à un pôle « public » ou à un pôle « privé » de retraite.
2.4.2. Travailler, évaluer et préparer les solutions techniques nécessaires dans le cadre
incontournable d’une coopération renforcée entre acteurs administratifs
Une fois le choix d’organisation du système de retraite autour d’un pôle « public » ou
« privé » de retraite intervenu, plusieurs solutions techniques sont ouvertes aux
décideurs, aux parties prenantes et aux acteurs administratifs. La mission les présente. Elle en
évalue les impacts pour chacun d’entre eux.
Compte tenu de l’ampleur des opérations envisagées, un choix doit être opéré avant toute
demande de chiffrage aux administrations, sur la base des concertations menées. A la suite
du choix de système, des travaux complémentaires d’évaluation et de modalités de mise
en œuvre sont nécessaires. La mission recommande donc la désignation, par le Premier
ministre, d’une structure dédiée, de nature à aider les concertations, puis la prise de
décisions et ses modalités pratiques de mise en œuvre. La responsabilité administrative
de cette structure pourrait relever de la direction de la sécurité sociale. Le choix final est
néanmoins directement lié au choix d’architecture retenue en matière d’organisation autour
d’un pôle « public » ou d’un pôle « privé » ; l’alignement, l’intégration ou l’adossement tout
comme les évolutions d’assiette cotisées ou de populations affiliées n’en constituant qu’une des
modalités.
Proposition n° 9 : Mettre en place la structure administrative adaptée, pour mener les
indispensables travaux complémentaires d’évaluation des impacts institutionnels,
financiers et juridiques du choix opéré et décider des modalités techniques (alignement,
intégration, adossement) de mise en œuvre de ce choix.
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Rapport
- 33 -
2.5. Une démarche de conduite du changement, structurée et claire pour les
acteurs, doit être adoptée par les pouvoirs publics
Cette mission revêt un caractère complémentaire. La mission souligne les évolutions qui
doivent impérativement être conduites en termes de pilotage, d’organisation du travail
administratif, de préservation des recettes ou de création de nouvelles, de mise en œuvre de
concertations en vue des choix structurants devant être opérés ou encore de responsabilités
des différents acteurs à ce titre.
Le présent rapport ne revêt en aucun cas un cadre prescriptif mais est bien une boîte à
outils soulignant non seulement les choix à opérer mais aussi les éventuelles variantes et
gammes de choix offerts. Reste que l’action est totalement nécessaire et incontournable.
Alors que la prise de décision est difficile, elle est plus que jamais nécessaire. Il s’agit, dès à
présent, de définir non seulement des changements de court terme mais aussi des évolutions
de moyen et de long termes qui, compte tenu de leurs natures, ne peuvent être menées qu’à la
suite de concertations avec les partenaires sociaux et au bénéfice de choix politiques précis, à
la suite d’un débat éclairé. Un cadre doit être défini. Les textes doivent être pris au niveau
législatif et réglementaire. Des instructions doivent être données.
L’action est d’autant plus nécessaire qu’elle doit nécessairement reposer sur plusieurs
leviers de nature à permettre le retour à l’équilibre financier tout en ayant à l’esprit que,
s’agissant d’administrations publiques, les financements sont par natures circulaires et
supportés par les entreprises ou les ménages. L’approche est nécessairement plurielle et de
synthèse donc particulièrement difficile (encadré 7).
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Rapport
- 34 -
Encadré 7 : Les différents leviers et solutions envisagés pour permettre le retour à l’équilibre
financier du régime
La mission a, dans ses différents travaux, cherché à envisager tous les cas de figure et leviers à
disposition. Elle a œuvré, dans ce cadre, dans la continuité des travaux précédents, en menant certains
approfondissements. En ce qui concerne la compensation et la prise en charge des dépenses de
solidarité, l’impact de ces paramètres est tout à fait important, tant dans un cadre rétrospectif que
prospectif. Les simulations sont très sensibles aux paramètres retenus sur ces questions. Des analyses
sont en cours sur ces aspects, par le COR et la Cour des comptes. Il en résulte plusieurs enseignements :
le changement de cadre de financement sur ces questions a des effets très importants sur le système de
retraite et les équilibres de chaque caisse et régime en son sein ; il est difficilement envisageable de faire
évoluer les paramètres de calculs et modes de prise en charge de dépenses pour servir les intérêts d’une
caisse ou d‘un régime. Tout changement devrait être accompagné d’une attention très forte sur le
passage d’un système à un autre. La CNRACL doit tout particulièrement retenir l’attention à ce titre, eu
égard aux contributions dont elle a été l’objet par le passé. La mission ne propose donc pas de
changement de cadres qui, par nature, relèvent d’autres travaux et cercles de décision. Elle appelle
cependant l’attention sur la spécificité de la CNRACL à cet égard. Ce paramètre st clef en ce qu’il agit
toujours sur les charges et produits du régime, de manière dynamique. Par ailleurs, les recettes de la
CNRACL, même après la hausse de cotisations voire du fait de cette hausse, ne sont pas garanties
au niveau escompté par les prévisions. Elles doivent donc faire l’objet d’un suivi attentif, couplé à un
suivi rénové de l’emploi et de la masse salariale, dans les secteurs territoriaux et hospitaliers. Elles
doivent en outre être mieux garanties, par un dispositif de contribution sur les contractuels de nature,
d’une part, dans une approche micro, à neutraliser le coût de l’embauche et, d’autre part, dans une
approche macro, à garantir que la fuite d’emplois ou de rémunérations vers des agents non affiliés à la
CNRACL ne porterait pas un préjudice financier au régime. Si une nouvelle évolution de ces recettes, par
exemple par une hausse de cotisations patronales, ne peut être écartée, l’impact de ce levier doit être
mieux évalué et les marges semblent des plus ténues. Sur un autre plan, les simulations opérées par
la mission en recettes et en dépenses permettent d’identifier que les mesures qui pourraient
s’appliquer (ce qui serait potentiellement très délicat) uniquement à la CNRACL ou à l’ensemble des
régimes ne permettent par le retour à l’équilibre financier de la CNRACL. Il n’appartenait pas à la
mission de préjuger d’une réforme des retraites et du fait qu’elle s’applique uniquement à la CNRACL ou
à tous les régimes. Les leviers sont cependant clairement identifiés. Aucun de ces leviers ou combinaison
de certains ne permet de résoudre les très fortes tensions financières dans lesquelles se trouve le régime
des agents titulaires de la FPT et de la FPH. Un effort de clarification est indispensable. Il doit
intervenir à cinq niveaux.
Premier niveau, les charges et produits du régime doivent être mieux cernés et évalués. Cela
justifie la séparation des risques invalidité et retraite tout comme une présentation comptable ajustée.
Deuxième niveau, si la compensation et la prise en charge des dépenses de solidarité devaient
évoluer, la situation de la CNRACL devrait retenir l’attention (voir supra).
Troisième niveau, la CNRACL demeure dans une situation durablement dégradée et son poids
dans le système des retraites justifie de la prendre en considération de manière tout à fait
particulière. Le fait que la CNRACL rejoigne un des ensembles institutionnels déjà existant
(« privé » ou « public ») a des effets puissants sur le système de retraites et ses équilibres : les pouvoirs
publics et partenaires sociaux peuvent ainsi opter soit pour un pôle « public » consolidé, soit pour un
pôle « privé », enrichi de l’apport des populations affiliées à la CNRACL. Ce choix est éminemment
politique, il ne relève pas d’une mission d’inspection. Il a cependant des effets très importants, en
déplaçant des recettes et des dépenses au sein du système. Il a en outre des effets financiers évidents,
puisque non seulement le problème financier demeure, mais il est en outre rendu très apparent : la
mission se prononce, dans tous les cas de figure, pour la défense de la neutralité financière de toute
opération pour les régimes concernés. Partant, l’accueil de la CNRACL dans un pôle ou un autre
devrait conduire à compenser l’intégration par un autre régime, en dépenses et en recettes, du
régime dégradé de la CNRACL. De plus, étendre la population affiliée à un régime ou modifier l’assiette
des cotisations constituerait un levier envisageable mais qui s’inscrirait forcément dans un choix de pôle.
L’embellie ne serait que temporaire : en matière de retraite, de plus fortes rentrées de cotisations se
traduisent toujours, à terme, par des droits plus importants à servir.
Quatrième niveau, là encore particulièrement politique, il est illusoire de considérer que la CNRACL
reste viable au regard de l’endettement auquel elle doit faire face. Quel que soit le changement
privilégié, le retour à l’équilibre passe par un apurement de la dette, par la CADES ou l’Etat.
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Rapport
- 35 -
Cinquième et dernier niveau, s’agissant de dépenses et de recettes publiques, la « circularité
financière » du raisonnement s’applique. La question de la répartition des efforts à réaliser entre
secteurs n’est pas neutre en ce qu’elle responsabilise plus ou moins fortement tel ou tel secteur des
administrations publiques (APU, APUL et ASSO). Mais les besoins de financement découlant de la
dette, des recettes insuffisantes ou des dépenses trop importantes n’ont qu’une vocation à long terme :
être pris en charge par les ménages ou les entreprises.
C’est dans ce contexte qu’il convient de mesurer le poids de choix trop longtemps retardés et désormais
incontournables : il n’existe aucune solution miracle, mais une pluralité de solutions à mobiliser
pour assurer la pérennité de la CNRACL, dans un contexte de traitement de la dette sociale et de
choix politiques structurants à rendre en matière de retraites. Ces décisions ne peuvent être prises
qu’au terme d’un débat public et de concertations entre acteurs politiques et partenaire sociaux. Ce
rapport n’entend pas mettre un terme aux difficultés rencontrées mais plutôt à permettre un échange
sur les voies d’un rétablissement, pluriel et incontournable, qui concerne aujourd’hui la CNRACL mais
aussi, à terme, l’ensemble des retraites publiques et tout le système de retraite.
Source : Mission.
Il est donc nécessaire de créer, d’ores et déjà, ces conditions, nécessaires mais non
suffisantes, de réussite. Aussi appartient-il aux décideurs publics de conduire les
concertations nécessaires et de déterminer les suites qu’ils entendent donner à ce
rapport, sur chacune de ses dimensions, pour définir les évolutions de textes à mener, les
évaluations complémentaires à assurer, les rôles nouveaux du conseil d‘administration de la
CNRACL et des autres instances de gouvernance. Une démarche unique, coordonnée et
intégrée, est nécessaire. Elle devrait, selon la mission, intervenir rapidement pour décider, en
toute transparence, des suites données aux neuf précédentes propositions et clarifier la
responsabilité incombant à chacun. D’ores et déjà, les partenaires sociaux, au sein de la
CNRACL ou au-delà, pourraient décider des mesures susceptibles d’être mises en œuvre
et actions à conduire.
Proposition n° 10 : En s’appuyant sur les travaux de la mission, définir une stratégie de
changement des textes et de concertation à court, moyen et long termes.
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Rapport
- 36 -
CONCLUSION
Au terme de ces travaux, la mission souhaite à nouveau remercier les parties prenantes, les
opérateurs et les administrations concernées pour le concours qu’elles leurs ont apporté.
Ces travaux ont souligné la grande complexité des problématiques auxquelles elles sont et
nous sommes confrontés et l’importance des défis à relever, non seulement en ce qui concerne
la CNRACL mais plus généralement concernant l’ensemble des régimes publics de retraite.
Il est néanmoins un atout, indéniable, sur lequel l’analyse et la prise de décision ne peuvent que
prospérer : les compétences au sein des administrations et des opérateurs, tout comme chez les
décideurs et parties prenantes, sont plurielles et nombreuses. Elles doivent être combinées
pour définir, collectivement, un changement nécessaire.
Ce changement ne se situe pas au seul niveau de la CNRACL car, en tant qu’entité publique, le
régime est financé par des prélèvements sur les ménages et les entreprises. Sa dette et son
besoin de financement doivent trouver des réponses plurielles que la mission a veillé à
identifier. Aucune de ces réponses n’a un caractère définitif.
Elles sont cependant nécessaires. Elles ne peuvent être prises isolément. Elles concernent
d’une part, la stratégie retenue en matière de réforme des retraites et d’architecture
d’ensemble du système cible et, d’autre part, les trajectoires de redressement des comptes
publics dans leur ensemble et pour chaque secteur (Etat, collectivités territoriales,
administrations de sécurité sociale). Pour autant, elles ne peuvent être prises sans une
décision au terme d’un débat public et de concertations nourries avec les partenaires
sociaux.
Si ce rapport permet de créer les conditions de ce débat nécessaire et de ces choix
désormais incontournables, il aura été utile.
À Paris, le 19 février 2026
Les membres de la mission,
Pour l’IGF Pour l’IGAS
L’inspecteur général des
finances,
Pour l’IGA
L’inspecteur général adjoint
de l'administration,
L’inspecteur général des
affaires sociales,
Bastien Sayen Benjamin Ferras Laurent Trupin
Avec la participation de
l’administrateur de l’État
au secrétariat général
des ministères financiers,
Bertrand Martinot
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ANNEXES
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L I S T E D E S A N N E X E S
ANNEXE I :
ANNEXE II :
ANNEXE III :
ANNEXE IV :
ANNEXE V :
ANNEXE VI :
ANNEXE VII :
ANNEXE VIII :
ANNEXE IX :
ANNEXE X :
ANNEXE XI :
ANNEXE XII :
ANNEXE XIII :
ANNEXE XIV :
LETTRE DE MISSION
NOTE DE CADRAGE
LISTE DES PERSONNES RENCONTRÉES
ANALYSE DE L’ÉVOLUTION DES RÉMUNÉRATIONS ET DES EFFECTIFS
EMPLOYÉS DANS LES ENTITÉS RELEVANT DES FONCTIONS PUBLIQUES
HOSPITALIÈRES ET TERRITORIALES AU TRAVERS DES DÉCLARATIONS
SOCIALES
ANALYSE DES ÉVOLUTIONS À CARACTÈRE SYSTÉMIQUE DE LA CNRACL
ET DES AUTRES ÉVOLUTIONS POUVANT AVOIR DES EFFETS SUR
L’ARCHITECTURE DU SYSTÈME DE RETRAITES
ANALYSE DU RECOURS À L’INTÉRIM DANS LES ENTITÉS RELEVANT DES
FONCTIONS PUBLIQUES HOSPITALIÈRES ET TERRITORIALES
ENQUÊTE AUPRÈS DES EMPLOYEURS TERRITORIAUX ET HOSPITALIERS
SUR LES IMPACTS DE LA HAUSSE DES TAUX DE COTISATION À LA
CNRACL
LA COUVERTURE DU RISQUE INVALIDITÉ ET L’OPPORTUNITÉ DE LA
SÉPARER DE CELLE DU RISQUE VIEILLESSE AU SEIN DE LA CNRACL
LA COMPENSATION ET LA SURCOMPENSATION ENTRE LES RÉGIMES DE
RETRAITE ET LEURS IMPACTS POUR LA CNRACL
LES ÉVOLUTIONS DE LA POPULATION AFFILIÉE ET DES RECETTES DE LA
CNRACL ET LES IMPACTS DES HAUSSES DE TAUX SUR LES STRATÉGIES
D’EMPLOI
PRÉSENTATIONS COMPTABLES ACTUELLES ET ENVISAGEABLES DE LA
SITUATION DE LA CNRACL – ENJEUX ET PROBLÉMATIQUES
SIMULATIONS FINANCIÈRES À L’HORIZON 2045
RECOUVREMENT ET CONTRÔLE DES CRÉANCES SOCIALES SUR LES
EMPLOYEURS TERRITORIAUX ET HOSPITALIERS
PRÉSENTATIONS ASSURÉES LORS DES RÉUNIONS AVEC LES
COMMANDITAIRES : RÉUNION DE LANCEMENT, RÉUNION
INTERMÉDIAIRE, RÉUNION DE RESTITUTION FINALE
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ANNEXE I
Lettre de mission
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...PREMIER
MINISTRE
Liberté
Égalité
Fraternité
Q\e:,{�/..R 00�
Paris, le O 2 MAI 2025
• Madame Catherine SUEUR
Cheffe du service de l'inspection générale des finances
Monsieur Michel ROUZEAU
Chef du service de l'inspection générale
defadministration
Monsieur Thomas AUDIGÉ
Chef du service de l'inspection générale des affaires
sociales
Objet: Mission complémentaire sur le système de retraite des agents des collectivités locales et des
établissements hospitaliers.
Face aux perspectives financières très dégradées de la Caisse nationale de retraite des agents des
collectivités locales et de l'hôpital (CNRACL), les ministres chargés du Travail, de la Santé, des éomptes
publics et des Collectivités territoriales ont demandé à vos inspections un rapport rendu en mai 2024 à
la suite d'une lettre de mission du 3 novembre 2023.
Ces travaux ont permis d'illustrer l'importance des déséquilibres du régime de la CNRACL sous l'effet de
la dégradation du ratio démographique ainsi que les leviers mobilisables pour le régime afin de l'orienter
vers une trajectoire de retour à l'équilibre.
Sur la base de vos préconisations, une hausse des cotisations employeurs a été décidée par le
Gouvernement, et négociée durant la discussion des textes financiers. Le décret du 30 janvier 2025
prévoit ainsi une hauss.e de trois points par an chaque année pendant quatre années. Comme le montre
votre rapport, cette seule hausse ne permettra toutefois pas de projeter un retour à l'équilibre durable
du régime.
Aussi, dans la continuité de votre rapport de 2024, et en bonne articulation avec la concertation des
partenaires sociaux sur les retraites actuellement en cours, le Gouvernement souhaite approfondir
l'analyse et explorer des pistes d'amélioration du financement et de la gestion de ce régime, en précisant
leurs conséquences financières.
Annexe I
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hospitalier.
2. L'identification de nouvelles mesures pour rétablir la situation financière de la CNRACL, en
complément de la hausse des taùx de cotisations employeurs qui n'a pas vocation à être remise en
cause. Notamment:
• l'élaboration de propositions opérationnelles afin dé réduire les frais de gestior:i de la
CNRACL. Une analyse comparative avec d'autres régimes, pourra être mobilisée afin
d'identifier les marges d'optimisation et les leviers d'amélioration;
• une analyse des modalités d'un adossement de la caisse au régime général ou à celui des
agents de la fonction publique d'Etat.
3. Une étude de la faisabilité et de la pertinence de certaines _des mesures détaillées dans le rapport
d'inspection précité :
• la prise en compte de certains mécanismes de solidarité propre àu régime de retraite de
la CNRACL, par la CNAF ou la CNAV;
• la révision du mécanisme de compensation démographique, en tenant compte et en
veillant à exposer l'impact sur les autres régimes de base;
• les conditions dans lesquelles une reprise de la dette de la CNRACL par la caisse
d'amortissement de la dette sociale serait justifiée.
4. Une étude de l'impact sur la CNRACL de certains leviers étudiés par les inspections dans leur rapport
de 2024 ou par la Cour des comptes dans ses deux rapports de début 2025 ·sur le système de
retraites:
• variation à la hausse ou à la baisse de l'âge d'ouverture des droits;
• instauration d'un mécanisme d'encadrement de l'indexation des pensions.
Les modifications de paramètres qui auraient fait entre temps l'objet d'un accord dans le cadre de la
concertation en cours sur les retraites seront naturellement prises en compte dans les travaux que vous
conduirez.
Vos c·onclusions auront vocation à nourrir des discussions de concertation sur le redressement financier
. et l'avenir de la CNRACL, qui se tiendront sous l'égide des ministres compétents, avec les représentants
des employeurs territoriaux et hospitaliers, à l'automne.
_ Je vous remerc_ie de me faire part de vos conclusions et recommandations au plus tard à la fin du mois
d'octobre 2025.
f �-
ROU
A cet effet, je vous charge de conduire, dans un délai ress_erré, une mission portant sur les axes suivants:
1. · L'élaboration d'uri.e cartographie des flux financiers entre les employeurs locaux et hospitaliers et
les différents régimes de retraite publics et privés, au-delà de la seule situation budgétaire de la
CNRACL. L'objectif est de se doter d'une vision consolidée de la situation de tous les régimes de
retraite (de base et complémentaire) auxquels cotisent les agents territoriaux et hospitaliers. Dans
ce cadre, la mission présentera la trajectoire financière du régime à horizon 2045, ten·ant compte de
la hausse des contributions employeurs déjà actée. Dans le cadre de la trajectoire de hausse des
cotisations arbitrée par le Gouvernement, sera _également évalué à cette occasion l'impact de
l'augmentation des cotisations employeurs sur l'emploi public, particulièrement sur le versant
- 2 -
Annexe I
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ANNEXE II
Note de cadrage
-- 50 of 491 --
Annexe II
- 1 -
Mission complémentaire sur le système de retraite des
agents des collectivités locales et des établissements
hospitaliers
N OTE DE CADRAGE
Etablie par
Bastien Sayen (IGA)
Benjamin Ferras (IGAS)
Bertrand Martinot (administrateur civil)
Laurent Trupin (IGF)
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Annexe II
- 2 -
Table des matières
NOTE DE CADRAGE ......................................................................................................................................... 1
1 LA HAUSSE DES COTISATIONS EMPLOYEURS, RÉPONSE UNIQUE MAIS INSUFFISANTE
DONNÉE AUX PROPOSITIONS DU PREMIER RAPPORT .................................................................. 4
1.1 LE RAPPORT DE MAI 2024 DOCUMENTE LES DÉFICITS PRÉVISIONNELS DE LA CNRACL ET PROPOSE DES
PISTES DE REDRESSEMENT ...................................................................................................................... 4
1.2 L’E TAT N ’A , À CE STADE , RETENU DE CES MESURES QUE LA HAUSSE SUR 4 ANS DU TAUX DE
COTISATIONS CNRACL SUPPORTÉ PAR LES EMPLOYEURS ...................................................................... 7
1.3 LA CNRACL CONTINUE À PRÉSENTER UNE SITUATION FINANCIÈRE DURABLEMENT DÉGRADÉE ........... 10
1.4 LES DÉTERMINANTS DE CETTE SITUATION FINANCIÈRE DÉGRADÉE , DÉJÀ MIS EN AVANT PAR LE
PRÉCÉDENT RAPPORT, SONT BIEN CONNUS ET PLURIELS ....................................................................... 11
2 DANS LA CONTINUITÉ DES PRÉCÉDENTS TRAVAUX, LA MISSION DOIT ÉCLAIRER LES
DÉCISIONS PUBLIQUES DEVANT ÊTRE PRISES POUR PERMETTRE À LA CNRACL DE
RENOUER AVEC L’ÉQUILIBRE FINANCIER, DÈS 2030 ................................................................... 13
2.1 LES ENJEUX DE LA NOUVELLE MISSION .................................................................................................. 13
2.2 DES TRAVAUX TECHNIQUES AU SERVICE DE DÉCISIONS PUBLIQUES NÉCESSAIRES ................................. 13
2.2.1 Réactualiser les projections à l’horizon 2045 ................................................................................... 13
2.2.2 Mesurer l’impact financier et extra-financier de la hausse des cotisations employeur déjà
décidées .................................................................................................................................................14
2.2.3 Approfondir certaines recommandations, parfois systémiques, formulées par le précédent
rapport ...................................................................................................................................................15
2.2.4 Une nécessaire action de concertation et de recherche d’appropriation des travaux par les
acteurs concernés ................................................................................................................................ 16
2.3 UNE AMBITION CLAIRE ET AFFIRMÉE PAR LES COMMANDITAIRES ET LES PARTIES PRENANTES :
DOCUMENTER ET FACILITER LA PRISE DE DÉCISION PUBLIQUE ............................................................... 17
3 MÉTHODOLOGIE ET CALENDRIER .................................................................................................... 18
3.1 M ÉTHODOLOGIE .................................................................................................................................. 18
3.2 E NTRETIENS, ÉCHANGES ET CONCERTATIONS ENVISAGÉS PAR LA MISSION .......................................... 18
3.3 C ALENDRIER ........................................................................................................................................ 19
ANNEXE 1 – LETTRE DE MISSION .............................................................................................................. 20
ANNEXE 2 – DONNÉES STATISTIQUES ET FINANCIÈRES COMPLÉMENTAIRES ............................ 22
ANNEXE 3 – ANALYSE DES RECOMMANDATIONS DU RAPPORT DE 2024 .................................... 26
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Annexe II
- 3 -
[1] Par lettre de mission en date du 2 mai 2025 (voir annexe 1), le premier ministre a sollicité les
chef(fe)s des trois inspections générales afin de réaliser une mission complémentaire sur le
système de retraites des agents des fonctions publiques territoriales et sanitaires1. Cette mission
se situe dans la continuité d’un précédent travail des inspections générales, considéré -par les
commanditaires comme par les parties prenantes- comme constituant un apport
déterminant2.elle a été reprise et complétée par des travaux parlementaires spécifiques3.
[2] Ce premier rapport n’a, à ce stade, donné lieu qu’à la décision en cours de mise en œuvre,
d’augmenter le taux de cotisations employeurs de douze points : soit trois points par an entre
2025 et 2028. Alors que des concertations concernant le système de retraite en général se sont
déroulées au cours des derniers mois (délégation paritaire permanente ou « conclave »), il est
apparu légitime de reprendre les travaux, sans préjudice de réformes d’ensemble, sur le seul
champ de la CNRACL, compte tenu de ses spécificités et de sa situation financière
particulièrement dégradée. Plus que jamais, la nécessité de renouer avec une trajectoire
d’équilibre dès 2030 semble nécessaire. Cet objectif est, de plus, un des engagements souscrits
par la France au niveau européen afin de crédibiliser sa volonté de maîtriser ses finances
publiques.
[3] La lettre de mission a été élaborée dans un cadre très ouvert, en ce que les parties prenantes
et, au premier chef les représentants des employeurs des fonctions publiques territoriale (FPT) et
hospitalière (FPH), ont souhaité cette mission complémentaire. Ils en ont défini la nature et les
contours. Cette note de cadrage a été formalisée à la suite des entretiens que la mission a pu
conduire avec les commanditaires4, avec les parties prenantes5 et de premiers travaux avec les
acteurs administratifs et institutionnels concernés6 et des experts7. Compte tenu de la nature de
la mission et du contexte particulier d’élaboration de la lettre de mission, les travaux ont porté
avant tout sur la clarification des attentes. Cette note sera transmise aux commanditaires ainsi
que, sous réserve de leur accord, aux parties prenantes. Elle sera annexée au rapport final. Elle
présente, successivement, les conclusions de la précédente mission, (1), la situation actuelle de la
CNRACL (2) avant de détailler les travaux techniques prioritaires à mener (3) et de présenter des
éléments de méthode et de calendrier (4).
1 Les chefs des inspections générales ont respectivement désigné : au titre de l’inspection générale de
l’administration (IGA), Bastien SAYEN, inspecteur ; au titre de l’inspection générale des affaire sociales
(IGAS), Benjamin FERRAS, inspecteur général ; au titre de l’inspection générale des finances (IGF), Laurent
TRUPIN, inspecteur général et Bertrand MARTINOT, administrateur civil, mis à disposition.
2 Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation financière de la Caisse
nationale de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS
/ IGF, 23107R / 2023-104R / 2023-M-104-02
3 Voir Stéphane DELAUTRETTE, Rapport d'information sur le financement de la Caisse nationale de retraites
des agents des collectivités locales, à la suite des tables rondes organisées les 12 et 26 mars et 2 avril 2025 par
la délégation, n° 1422, déposé le mardi 13 mai 2025, Assemblée nationale.
4 Cabinets du premier ministre et cabinets des ministres concernés. A ce stade, les ministères en charge de
l’intérieur et des collectivités territoriales n’avaient pu encore donner suite aux propositions de rendez-vous
de la mission.
5 Représentants des employeurs territoriaux et hospitaliers en particulier, sachant que la mission sera amenée
à rencontrer l’ensemble des parties prenantes voir infra.
6 Caisse des dépôts et consignations, direction de la sécurité sociale, direction du budget, secrétariat général
du conseil d’orientation ces retraites en particulier.
7 Patrick AUBERT et Todor TOCHEV de l’Institut des politiques publiques (IPP), voir infra.
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Annexe II
- 4 -
1 La hausse des cotisations employeurs, réponse unique mais
insuffisante donnée aux propositions du premier rapport
1.1 Le rapport de mai 2024 documente les déficits prévisionnels de la
CNRACL et propose des pistes de redressement
[4] La caisse nationale de retraite des agents des collectivités territoriales8 est l’entité gérant
les prestations en espèces des risques vieillesse et invalidité des agents titulaires des fonctions
publiques territoriales et hospitalières9.
[5] La CNRACL est une entité particulière à deux égards :
• D’une part, contrairement à l’Etat, le choix a été fait d’identifier dans une structure dédiée
-une caisse- les recettes et dépenses de retraite et donc de donner à voir l’équilibre ou le
déséquilibre du régime qui de ce fait est plus immédiatement perceptible donc susceptible
d’être mieux piloté que dans un compte d’affectation spéciale en loi de finances et un
service administratif pour la FPE10 ;
• D’autre part, la CNRACL dispose a priori de peu de marges de manœuvre côté dépenses
puisque les paramètres la régissant sont très largement déclinés de ceux applicables à la
fonction publique d’Etat (FPE, pensions civiles) et qu’il n’a pas, à ce stade, été introduit
d’évolution tendant à rompre cet alignement délibéré des réglementations sociales entre
les trois fonctions publiques (FPE-FPT-FPH).
[6] Ainsi, dans la logique de l’application du principe d’unicité de la fonction publique, toute
mesure touchant la fonction publique territoriale ou hospitalière a vocation à s’appliquer à la
fonction publique d’Etat. Inversement, la marge de manœuvre de la CNRACL est limitée du fait
que les paramètres la régissant sont largement des déclinaisons de ceux de la FPE. Néanmoins, la
CNRACL présente une vision plus transparente des retraites des agents de la FPH et PFT que celle
du Compte d’affectation spéciale dédié à la FPE.
[7] Le premier rapport (rendu en mai 2024) était une réponse à la prise de conscience de la
dégradation brutale des finances de la CNRACL, dont les fonds propres sont négatifs et qui
anticipait un déficit annuel de l’ordre de 10 Mds € dès 2028 (graphique 1).
8 Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation financière de la Caisse
nationale de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS
/ IGF, 23107R / 2023-104R / 2023-M-104-02
9 Titulaires effectuant une durée hebdomadaire de travail au moins égale à 28 heures
10 Soit, respectivement, pour la fonction publique de l’Etat, le compte d’affectation spéciale pensions (« CAS
pensions ») et le service des retraites de l’Etat (SRE). La mission tiendra compte de l’existant et des pistes
d’évolution envisagées.
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Annexe II
- 5 -
Graphique 1 : Solde tendanciel de la CNRACL avant hausse de cotisation - de 2025 à
2028 – en M€
Source : Direction de la sécurité sociale, éléments joints à l’étude d’impact du projet de décret
portant hausse des cotisations de la CNRACL, transmis au conseil national d'évaluation des normes
(CNEN).
[8] Après avoir rappelé, à la suite de plusieurs travaux antérieurs l’accroissement mécanique du
déficit de la CNRACL, le rapport formulait 11 recommandations (tableau 1 et annexe 3). L’effet
combiné des propositions était susceptible de garantir un redressement financier très significatif
de la caisse : à horizon 2030, les déficits cumulés passaient ainsi de plus de 60 Mds € à un niveau
de 13 Mds €, avant toute reprise de dette ou révision proposée par le rapport du dispositif de
compensation généralisée vieillesse (plus communément appelée compensation
démographique).
-4 840
-5 800
-6 876
-9 972
-10 000
-9 000
-8 000
-7 000
-6 000
-5 000
-4 000
2025 2026 2027 2028
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Annexe II
- 6 -
Tableau 1 : Recommandations de la précédente mission
n° Recommandation Aut Échéance
1 Renforcer la gouvernance par la mise à disposition d’une ressource permanente et la nomination de personnalités qualifiées au conseil
d’administration permettant d’assurer un meilleur pilotage de la CNRACL et une meilleure communication institutionnelle. DSS
31/12/2024 Après élection
de la présidence de la
CNRACL
2 Affilier à la CNRACL l’ensemble des fonctionnaires, y compris ceux nommés sur des emplois à temps non complets. DSS 31/12/2024
3
Aligner, par un décret en Conseil d’Etat, le calcul de la majoration pour enfants à la CNRACL sur celui du régime général en supprimant
la majoration supplémentaire de cinq points pour chaque enfant au- delà du troisième. Pour préserver l’égalité des droits entre les
fonctionnaires, faire de même pour la fonction publique d’Etat par un article en loi de financement de la sécurité sociale modifiant
l’article L 18 du Code des pensions civiles et militaires
DSS 31/12/2024
4 Instaurer, en loi de financement de la sécurité sociale, un remboursement à la CNRACL de la majoration pour enfants par la Caisse
nationale des allocations familiales. DSS LFSS pour 2025
5 Instaurer, en loi de financement de la sécurité sociale, un financement par le FSV des validations de périodes de congés maladie non
cotisées dans leur entièreté. DSS LFSS pour 2026
6
Faire financer par le Fonds de solidarité vieillesse la part des pensions d’invalidité et de retraite résultant de la garantie d’une pension
minimale équivalente à la moitié du dernier traitement brut perçu pour les pensionnés dont le taux d’invalidité est au moins égal à 60
%.
DSS LFSS pour 2027
7 Individualiser les cotisations par risque (vieillesse/invalidité) sans pour autant scinder les deux risques et, à terme, ajuster le taux des
cotisations employeurs invalidité sur la dynamique des dépenses, tout en maintenant le taux de cotisation vieillesse. DSS 31/12/2024
8
Conduire sous l’égide du Conseil d’orientation des retraites un travail de refonte de la compensation démographique devant en
premier lieu simuler l’effet redistributif d’une suppression ou d’un abaissement de l’âge minimum de 65 ans ainsi que d’une
pondération des effectifs par les durées validées.
COR Mi 2025
9 Faire reprendre la dette de la CNRACL par la CADES, ou par l’Etat, en amont de la constitution d’un déficit auto-entretenu. DSS et DB 17/07/1905
10
En lien avec l’augmentation des taux employeurs pour les fonctionnaires, générer une ressource additionnelle pour la CNRACL à travers
une contribution assise sur la masse salariale contractuelle afin de rendre le plus neutre possible l’arbitrage par l’employeur entre
emploi contractuel et emploi fonctionnaire.
DSS et DB LF pour 2025
11 Définir en concertation avec les employeurs une trajectoire de hausse du taux de leur contribution, déduction faite des mesures
proposées et retenues.
DSS, DGCL
et DGOS 31/12/2024
Source : Situation financière de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA /
IGAS / IGF
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Annexe II
- 7 -
[9] Les mesures proposées peuvent être classées en quatre catégories :
• Une hausse des recettes venant des employeurs, que ce soit via une hausse de taux de
cotisations, un élargissement d’assiette (intégration des fonctionnaires travaillant moins de
28 heures par semaine, ce qui équivaudrait à un transfert financier en provenance du régime
général) ou encore la création d’une taxation des rémunérations des contractuels ;
• Des prises en charge de dépenses par d’autres financeurs (FSV, CNAF…). Si elles sont neutres
pour la dépense publique globale, ces propositions permettent de localiser les déficits là ou
ils doivent être (ce qui facilite leur traitement) et sont l’occasion d’une harmonisation des
règles inter-régimes. Une harmonisation sur le moins généreux permet de faire contribuer
les cotisants au redressement de leur caisse. Enfin, dans une logique de solidarité nationale,
une reprise de dette permettrait de concentrer les efforts sur l’atteinte d’un équilibre
opérationnel, plutôt que de mobiliser des moyens pour payer des intérêts sans cesse
croissant (en prolongeant la tendance actuelle la charge d’intérêt se monterait à 1,5 Mds €
en 2030).
• Des clarifications des comptes via la révision de la compensation démographique11, ainsi
que la séparation des risques invalidité et vieillesse au sein de la CNRACL ;
• Une amélioration de la gestion (frais de gestion et gouvernance).
1.2 L’Etat n’a, à ce stade, retenu de ces mesures que la hausse sur 4 ans du
taux de cotisations CNRACL supporté par les employeurs
[10] Le redressement financier décidé correspond à la recommandation n°11, relative au taux de
cotisation employeur : un décret12 prévoit une hausse annuelle des taux de cotisations employeur
d’une ampleur inédite : trois points de plus au premier janvier de chaque année de 2025 à 2028,
pour aboutir au taux de 43,65 % au premier janvier 2028, soit une augmentation de 12 points (13
points avec l’augmentation de 2024 qui avait donné lieu à des mesures dédiées
d’accompagnement13) et de 16,35 points depuis 2011 (graphique 2).
11 Soit la compensation généralisée vieillesse, plus communément appelée compensation démographique.
Ce mécanisme a conduit à faire contribuer la CNRACL à hauteur de plus de cent milliards d’euros en cumul
depuis la création du dispositif, en 1978.
12 Voir décret n°2025-86 du 30 janvier 2025 relatif au taux de cotisations vieillesse des employeurs des agents
affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
13 Voir décret n°2024-49 du 30 janvier 2024 relatif aux taux de cotisations maladie et vieillesse des
employeurs des agents affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. Cette
hausse de cotisation a fait l’objet d’une première partie de la mission précédente pour en définir les
modalités de compensation comme le souhaitait le gouvernement. C’est un swap de taux qui a été décidé
par le gouvernement en diminuant à due proportion le taux de cotisations dues au titre de l’assurance
maladie de manière symétrique d’un point. Ce swap était temporaire : il n’est intervenu, aux termes du
décret précité (article 4), que pour la seule année 2024.
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Annexe II
- 8 -
Graphique 2 : Taux de cotisation employeur à la CNRACL - de 2011 à 2028 - en %
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
[11] Les cotisations supportées par les agents ont augmenté également par le passé. Mais la
hausse des cotisations salariales ne constitue pas le moyen privilégié de retour à l’équilibre, eu
égard notamment aux effets qu’une évolution de ce type aurait sur les rémunérations nettes
versées aux actifs (graphique 3).
Graphique 3 : Taux de cotisation salariale CNRACL - de 2011 à 2025 - en %
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
[12] Au total, depuis 2011, le taux de cotisation global à la CNRACL s’accroitrait de 19,33 points
en 2028 (graphique 4).
27,30% 27,40%
28,85%
30,40%30,50%30,60%30,65% 30,65%31,65%
34,65%
37,65%
40,65%
43,65%
25,00%
29,00%
33,00%
37,00%
41,00%
45,00%
8,12%
8,39% 8,49%
8,76%
9,14%
9,54%
9,94%
10,29%
10,56%
10,83%
11,10% 11,10%
8,00%
9,00%
10,00%
11,00%
12,00%
-- 58 of 491 --
Annexe II
- 9 -
Graphique 4 : Taux global de cotisation à la CNRACL - - de 2011 à 2028 - en %
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
[13] L’effet des mesures décidées est des plus significatifs, les recettes de cotisations
s’accroissant de plus de 7 Mds € par an à compter de 2028 (graphique 5).
Graphique 5 : Rendement estimé de la hausse des cotisations employeurs à la
CNRACL - de 2025 à 2029 - prévisions en M€
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
[14] Toutefois, cette amélioration ne permet pas le retour à l’équilibre de la caisse : un déficit
annuel conséquent demeure à horizon 2028, de l’ordre de 3 Mds € (graphique 6), avec une
perspective encore plus dégradée à l’horizon 2030 et sans doute au-delà. A cet égard, le
précédent rapport de 2024 soulignait que le seul effort d’équilibre par les cotisations justifierait
un taux de cotisation employeur à hauteur de 45,13 % en 2030 (il n’est que de 43,65 % dans le
cadre actuel) et que des mesures d’accompagnement étaient nécessaires pour assurer un
équilibre durable, notamment la reprise de dette.
35,42%35,69%35,89%
37,61%
39,54%40,04%40,54%40,94% 41,21% 41,21% 41,75% 41,75%42,75%
45,75%
48,75%
51,75%
54,75%
35,00%
39,00%
43,00%
47,00%
51,00%
55,00%
1 811
3 627
5 446
7 305 7 348
2025 2026 2027 2028 2029
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Annexe II
- 10 -
Graphique 6 : Solde de la CNRACL - avant et après hausse des cotisations
patronales - de 2025 à 2028 - en M€
Source : Direction de la sécurité sociale, éléments joints à l’étude d’impact du projet de décret
portant hausse des cotisations de la CNRACL, transmis au conseil national d'évaluation des normes
(CNEN).
1.3 La CNRACL continue à présenter une situation financière durablement
dégradée
[15] Un déficit annuel de l’ordre de 3 Mds € est considérable par lui-même mais encore plus au
regard de ce qu’il représente pour la CNRACL soit près de 10% de ses produits annuels.
[16] La situation de la CNRACL va demeurer durablement dégradée. Certes, son résultat
technique va être significativement amélioré du fait de la hausse décidée des cotisations
patronales (graphique 7) : la mesure permettrait de contenir un déficit technique inférieur à
1 Md € en 2029 alors qu’il se serait élevé à plus de 8 Mds € en l’absence de toute intervention.
Graphique 7 : Résultat technique de la CNRACL - réalisé prévu et estimé hors
mesures cotisation - de 2025 à 2029 - en M€
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
-3 094 -2 307 -1 635
-2 984
-4 840 -5 800
-6 876
-9 972
-12 000
-10 000
-8 000
-6 000
-4 000
-2 000
0
2025 2026 2027 2028
Solde prévisionnel après mesure de hausse de cotisation
Solde tendanciel avant mesure de hausse de cotisation
-1 739 -1 053
-452
226
-968
-3 550
-4 680
-5 898
-7 079
-8 316
-10 000
-8 000
-6 000
-4 000
-2 000
0
2 000
2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
Résultat technique Résultat technique estimé sans hausse de cotisation employeur
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Annexe II
- 11 -
[17] Cette amélioration du résultat technique ne se traduit pas dans le résultat net car le poids
des frais financiers demeure important, de l’ordre d’au moins 350 M € par an (voir les données
complémentaires proposées en annexe 2). De fait, la dette de la CNRACL demeure très
importante. Elle représente près du tiers de ses produits d’une année (graphique 8). La hausse de
cotisation ne permet de la limiter que dans une proportion inférieure à 50% à horizon 2029.
Graphique 8 : Dette de la CNRACL - prévue et estimée avec et hors hausse de
cotisation - de 2025 à 2029 - en M€
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
1.4 Les déterminants de cette situation financière dégradée, déjà mis en
avant par le précédent rapport, sont bien connus et pluriels14
[18] Entre 2023 et 2029, après réforme des retraites15, le nombre de pensionnés pris en charge
par la CNRACL passerait de 1,5 à 1,8 M. L’essentiel des droits servis sont des droits directs : plus
de 80% des droits servis en 2029. Les montants moyens des pensions vont croissants : ils s’élèvent
à 1 502 € mensuels en 2023 ; ils seraient de l’ordre de 1 674 € en 2029 ; soit une hausse de plus de
10 % du montant moyen servi en six ans.
[19] Si les effectifs cotisants croîtraient entre 2023 et 2029 (+ 12 000 environ), cette hausse est
négligeable au regard de la forte croissance du nombre de pensionnés (+0,3 M). Par conséquent,
le ratio démographique -estimé à titre provisoire par la mission- de la CNRACL se dégraderait
constamment et rapidement (graphique 9).
14 Sur tous ces aspects, des éléments sont proposés par ailleurs (voir annexe 2 – Données statistiques et
financières complémentaires).
15 Voir Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023, portant
réforme des retraites et ses textes d’application.
-10 036
-11 409 -11 965 -11 820
-12 870
-11 847
-15 036
-17 411
-19 125
-20 218
-21 000
-19 000
-17 000
-15 000
-13 000
-11 000
-9 000
-7 000
-5 000
2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
Dette - avec hausse de cotisation employeur Dette - sans hausse de cotisation employeur
-- 61 of 491 --
Annexe II
- 12 -
Graphique 9 : Rapport brut effectifs cotisants / pensionnés CNRACL - de 2023 à
2029
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025, travaux mission.
[20] Au-delà, les recettes de la CNRACL seraient affectées par des mouvements divers :
• La masse salariale soumise à cotisations CNRACL augmenterait de manière très limitée
entre 2023 et 2029 (entre + 0,1 et + 0,6 % par an entre 2025 et 2029) ;
• Les défauts de paiement demeureraient à un niveau élevé et supérieur -tous exercices
confondus- à 500M€, principalement du fait des débits concentrés sur quelques
établissements de santé, médico sociaux et certaines collectivités territoriales
d’outremer16 ;
• La CNRACL deviendrait bénéficiaire à la compensation17 à compter de 2027 mais pour des
montants sans commune mesure avec les enjeux financiers auxquels elle est confrontée
(graphique 10).
Graphique 10 : Compensation généralisée vieillesse due (-) ou reçue (+) par la
CNRACL - de 2023 à 2029 - en M€
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
16 A cet égard, l’augmentation des cotisations pourrait avoir un effet sur le volume des impayés.
17 Soit la compensation généralisée vieillesse, plus communément appelée compensation démographique.
1,41 1,38 1,34
1,31
1,27
1,23
1,20
2023 (r) 2024 (r) 2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
-635
-475
-310
-126
46 118 118
-800
-600
-400
-200
0
200
2023 (r) 2024 (r) 2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
-- 62 of 491 --
Annexe II
- 13 -
2 Dans la continuité des précédents travaux, la mission doit
éclairer les décisions publiques devant être prises pour
permettre à la CNRACL de renouer avec l’équilibre financier,
dès 2030
2.1 Les enjeux de la nouvelle mission
[21] La lettre de mission détaille les travaux complémentaires à effectuer. La mission retient que
les attentes concernant cette mission complémentaire sont de quatre ordres :
• Des enjeux d’approfondissement et de réactualisation de la trajectoire financière de la
CNRACL, les projections précédentes se basant le plus souvent sur des données de 2022
(sauf les comptes de la CNRACL qui étaient ceux de 2023). Ces projections devraient par
ailleurs s’étendre bien au-delà de l’horizon 2030 (au moins l’horizon 2045), dans la mesure
où un système de retraite doit se piloter sur le long terme ;
• Des enjeux en termes de mesure de l’impact des décisions déjà prises en matière de hausse
des cotisations employeurs sur les employeurs concernés ;
• Des enjeux d’approfondissement, notamment opérationnel, de certaines recommandations
formulées par le précédent rapport ;
• Des enjeux de concertation et d’appropriation par les acteurs concernés de cette hausse,
et plus généralement des différentes autres mesures de redressement qui pourraient être
prises dans les prochaines années, notamment au regard de la situation démographique et
financière singulière que présente la CNRACL par rapport aux autres régimes. Une
dimension doit retenir l’attention, celle du mode d’équilibrage des comptes de la CNRACL
et ses effets éventuels sur les comptes non seulement des employeurs mais aussi sur les
impacts en comptabilité nationale.
2.2 Des travaux techniques au service de décisions publiques nécessaires
2.2.1 Réactualiser les projections à l’horizon 2045
[22] Les travaux réalisés dans le cadre du précédent rapport demeurent d’actualité. Mais une
actualisation de la trajectoire financière s’impose pour plusieurs raisons :
• Un calage sur les nouvelles données 2023 et 2024, aussi bien sur les données
macroéconomiques et financières que sur la démographie. De ce point de vue, le rapport
d’activité 2025 du COR constituera une base solide ;
• L’intégration dans les projections de l’impact financier de la hausse des cotisations
employeurs déjà décidées ;
-- 63 of 491 --
Annexe II
- 14 -
• Une projection qui pourrait intégrer des variantes de diminution des effectifs cotisants dans
la FPT et, dans une moindre mesure, dans la FPH18 et, sous réserve des travaux à mener,
d’impacts divers sur la masse salariales soumise à cotisation.
[23] La mission s’attachera sur ce point à reprendre les travaux réalisés par les services de la
Caisse des dépôts et consignations (CDC), par la Commission des comptes de la sécurité sociale
(CCSS) et par le Conseil d’orientation des retraites (COR). Dans la continuité des travaux assurés
régulièrement, elle limitera les éléments présentés au champ classiquement rendu public en ces
matières.
2.2.2 Mesurer l’impact financier et extra-financier de la hausse des cotisations
employeur déjà décidées
[24] De ce point de vue, il convient de bien distinguer entre les différents secteurs concernés :
• S’agissant de l’hôpital public, l’Etat s’est engagé à une compensation à l’euro près. Cela
étant, cette décision n’épuise pas le sujet, compte tenu des très fortes contraintes qui
pèsent par ailleurs sur l’ONDAM et sur les risques, évoqués par les employeurs hospitaliers,
de concurrence avec le secteur de l’hospitalisation privée ;
• S’agissant du secteur social et médico-social (pour les établissements qui emploient des
ressortissants de la fonction publique hospitalière), l’impact semble également devoir être
facialement neutralisé par un abondement de l’ONDAM médico-social. Toutefois, les effets
financiers sur les sections dépendance, voire hébergement des établissements employant
des fonctionnaires n’ont pas été clarifiés tout comme le cadre concurrentiel avec les acteurs
privés ;
• S’agissant des collectivités locales, l’Etat ne prévoit aucune compensation financière. Pour
autant, l’impact financier semble suffisamment important pour entraîner des évolutions RH
très sensibles : impact sur les effectifs de la FPT, possibles effets de substitution avec les
contractuels pour lesquels l’écart de coût du travail va se creuser, évolution qui aurait en
retour un impact négatif sur les comptes de la CNRACL donc allant à rebours de l’effet
recherché.
[25] Les échanges intervenus conduisent à acter que la mission n’a en aucun cas pour objet de
s’intéresser aux modalités effectives de compensation des surcoûts liés à la trajectoire de
redressement. Ce débat, nécessaire, n’interviendrait qu’à la suite des travaux et dans un tout autre
cadre. De même, la mission n’a pas pour objet de vérifier la réalité des montants d’ores et déjà
compensés.
[26] Les travaux attendus (voir supra) concernent uniquement l’analyse des impacts potentiels
sur le volume et la structure de l’emploi public -et, le cas échéant, sur la masse salariale- des
décisions prises et susceptibles de l’être à l’avenir.
18 Diminution qui serait justifiée par les contraintes financières qui vont fortement peser sur les acteurs
publics durant les prochaines années et qui pourrait, en outre, intégrer des effets de substitution avec les
contractuels.
-- 64 of 491 --
Annexe II
- 15 -
[27] Dans ce cadre, la mission entend mener des auditions auprès de l’ensemble des parties
prenantes. Elle veillera à exploiter les analyses disponibles et évoquées par les représentants de
employeurs territoriaux et hospitaliers. Elle se réserve la possibilité de recourir également à des
enquêtes pour apprécier les comportements et ressentis des acteurs. Sur ce champ, la question
de l’accès effectif à des données exhaustives et de qualité revêt une première importance : la
mission analysera dans quelle mesure les données produites dans le cadre de la déclaration sociale
nominative présentent un degré avéré de fiabilité. A défaut, la mission se réserve la possibilité de
formuler des recommandations pour permettre, à l’avenir, de disposer des éléments nécessaires
d’analyse.
2.2.3 Approfondir certaines recommandations, parfois systémiques, formulées
par le précédent rapport
[28] Les différentes propositions du rapport précédent, notamment celles tendant à diminuer
les pensions versées, accroître l’assiette des cotisants ou encore revoir certains mécanismes dits
« de solidarité » (par exemple le mode de calcul des bonifications familiales) seront rappelées et
leurs modalités de mise en œuvre pourront être précisées (voir annexe 3).
[29] En effet, la précédente mission avait pour objet de proposer toutes les mesures possibles
pour ramener la CNRACL vers une trajectoire d’équilibre. La mission complémentaire a reçu pour
mandat exprès, tant des commanditaires que des représentants des employeurs, d’apprécier
quelles propositions revêtaient un caractère paramétrique et isolable uniquement sur le seul
champ de la CNRACL, des mesures relevant d’une approche plus globale et, le cas échéant
systémique. La mission a amorcé ses travaux dans cet esprit, avec les acteurs, en identifiant les
apports et limites de chaque mesure tant au niveau de la CNRACL comme le faisait le précédent
rapport qu’en ce qui concerne le système général de retraite, comme cela est désormais attendu.
[30] A cet égard, la question de l’ « adossement » de la CNRACL au régime général ou au régime
de la fonction publique d’Etat ne sera appréciée que dans un cadre théorique et exploratoire et
sans que des déchiffrages soient attendus à ce stade. Trois modalités sont susceptibles d’être
mises en œuvre : l’alignement des régimes, l’intégration des régimes ou, enfin, l’adossement sur le
modèle retenu pour les industries électriques et gazières par exemple. S’agissant de l’adossement
au régime général, les arguments présentés par le rapport précédent à l’encontre d’une telle
réforme sont toujours d’actualité. Quant à l’adossement au régime de la FPE, son opportunité
semble conditionnée au résultat de travaux qui pourraient être réalisés à court terme sur
l’évolution du CAS Pensions ou, à tout le moins des modalités de présentation des flux
financiers 19.
[31] L’analyse des frais de gestion de la CNRACL est mentionnée par la lettre de mission. Ces
enjeux financiers sont néanmoins sans commune mesure avec les efforts nécessaires pour
parvenir à l’équilibre du régime à horizon 2030 et au-delà. Dans la continuité des travaux assurés,
les administrations et les commanditaires ont indiqué que des travaux seraient lancés sur ces
champs afin de préparer les conventions d’objectifs et de gestion devant être conclues entre le
gestionnaire et l’Etat. Soucieuse de ne pas interférer en ces matières, la mission limitera ses
19 Des travaux seraient en cours à ce sujet. La mission analysera les évolutions envisagées et leur impact sur
ses travaux et propositions.
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Annexe II
- 16 -
investigations au strict nécessaire. Elle interviendra en bonne intelligence avec la mission des
inspections générales qui devrait être lancée de manière dédiée sur ces questions.
[32] La question des frais financiers et de leur soutenabilité sera appréciée par la mission. Elle
rapprochera ces travaux des conditions dans lesquelles une reprise de dette, par la caisse
d’amortissement de la dette sociale (CADES), pourrait intervenir. Ce dernier volet est cependant
connu et documenté : la mission se limitera à décrire les modalités envisageables à cet égard, afin
de faciliter une prise de décision éventuelle. Ces travaux seront menés, à titre principal, avec
l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale et les services de la caisse des dépôts et
consignations ainsi qu’avec la direction de la sécurité sociale.
[33] Enfin, la mission sera amenée à apprécier de manière spécifique et dédiée la compensation
démographique en ce que des évolutions seraient susceptibles d’intervenir20 et qu’il est donc de
de ce fait nécessaire d’en apprécier les impacts éventuels pour la CNRACL et leur comptabilité
ou leur opposition avec les évolutions proposées par le rapport précédent.
2.2.4 Une nécessaire action de concertation et de recherche d’appropriation
des travaux par les acteurs concernés
[34] La situation de la CNRACL justifie des décisions publiques fortes au-delà des hausses de
cotisations employeur déjà décidées. Au final, la situation de cette caisse relève de toutes les
façons d’un effort public renforcé de financement que ce financement soit assuré par les
cotisations, par l’impôt ou par la dette. L’objectif principal est de mesurer dans quelle mesure le
raisonnement doit ici être dédié ou s’il est par nature « circulaire » pour les finances publiques. La
difficulté de la situation a trait en effet tant à la nécessaire approche distincte d’un régime social
qu’à sa parfaite imbrication dans les finances sociales, de l’Etat et les finances locales. L’objectif
-très ambitieux- des commanditaires et parties prenantes est néanmoins clair : il s’agit de créer les
conditions pour un équilibre financier de la CNRACL, en 2030 et au-delà, qui n’aurait d’impact ni
sur le solde des administrations de sécurité sociale ni sur celui des administrations publiques au
sens de la comptabilité nationale. Dans cette perspective, la mission centrera ses
recommandations sur les décisions susceptibles d’être prises et répondant aux besoins de
financement importants de la CNRACL.
[35] Une attente forte réside dans la documentation des flux financiers existant sur le champ
des collectivités territoriales et du secteur public sanitaire et médico-social vers les différents
régimes de protection sociale. Outre l’analyse de la séparation des risques invalidité et vieillesse,
il est attendu de la mission qu’elle présente, autant que faire se peut, les recettes et dépenses de
la CNRACL et des autres régimes sociaux dans toute leur diversité. Elle doit également être
amenée, autant que faire se peut, à détailler les effets de carrières relevant de différents régimes.
Ce faisant, elle analysera la CNRACL dans sa singularité : un régime public, très féminisé, avec des
20 Voir notamment les travaux en cours du Haut conseil du financement de la protection sociale et de la
direction de la sécurité sociale dans la suite des travaux de la Cour des comptes (Cour des comptes, Rapport
annuel sur les lois de financement de la sécurité sociale, Chapitre III La compensation démographique entre
régimes de retraite : un dispositif complexe, artificiel et mal géré, mai 2024).
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Annexe II
- 17 -
pensions directes d’un niveau croissant, servies sur une longue période et avec souvent des
carrières pleines ou longues.
[36] Pour autant, une cartographie exhaustive de l’ensemble des flux financiers intervenant
entre les différents régimes et secteurs de la protection sociale et les employeurs territoriaux et
hospitaliers serait impossible à réaliser dans les délais impartis. En accord avec les
commanditaires et les parties prenantes, les ambitions concernant la cartographie financière
souhaitée par la lettre de mission doivent donc être perçues dans une perspective resserrée,
pragmatique et plus ponctuelle. L’objectif vise avant tout à documenter et mieux expliquer les
flux existants et leurs effets éventuels, le cas échéant au moyen de cas types.
[37] La mission appréciera ces éléments au regard de l’existant. Elle vérifiera les données
susceptibles d’être récupérées, notamment du côté de la DREES ou du COR.
2.3 Une ambition claire et affirmée par les commanditaires et les parties
prenantes : documenter et faciliter la prise de décision publique
[38] La situation de la CNRACL conduit de facto à prendre des mesures dans la durée. Dans la
continuité de la première mission, qui identifiait les moyens permettant de renouer vers
l’équilibre à court et moyen termes, il est attendu de la mission de faciliter un cadre plus apaisé,
consenti et anticipé de prise de décision publique alors même que celle-ci a des effets sur les
finances sociales, de l’Etat et les finances locales.
[39] La mission entend donc documenter les choix et décisions pouvant être pris à court, moyen
et long termes et à bien identifier leurs impacts potentiels non seulement sur un plan financier
mais aussi pour les différents secteurs et leur caractère paramétrique au seul niveau de la CNRACL
ou plus systémique pour l’ensemble de l’assurance vieillesse.
[40] A cet égard, la mission entend proposer des indicateurs et méthodes de manière à
permettre de mesurer les effets de réformes éventuelles ou de documenter les leviers à la
disposition des différents décideurs. Elle envisage donc de tester auprès de nos interlocuteurs, à
titre exploratoire, diverses propositions de mesures des déficits démographiques, appréciés soit
via les travaux menés par la Cour des comptes en ce qui concerne la compensation
démographique et son évolution, soit au regard des travaux menés récemment par l’institut des
politiques publiques. Ces travaux permettront de cerner les différents efforts relevant du champ
de la solidarité nationale, interprofessionnelle et les efforts devant être supportés par les
employeurs publics.
[41] Au-delà de ce volet de présentation, la mission pourrait s’attacher à mieux prendre en
compte les interrogations des différents acteurs par rapport aux hausses de cotisation employeur
et évoquer avec eux diverses recommandations déjà faites par le précédent rapport, voire tester
de nouvelles pistes de redressement qui pourraient émerger lors des discussions. A cet égard, la
recommandation d’instituer une taxe spécifique sur les contractuels (proposition n° 10 du
précédent rapport) devrait faire l’objet d’un approfondissement et d’une concertation toute
particulière (opportunité, calibrage, impact financier et sur la gestion RH des employeurs
concernés, en distinguant naturellement selon les différentes secteurs économiques). La mission
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Annexe II
- 18 -
analysera dans quelle mesure des approches prenant en compte les comportements des
employeurs sont susceptibles d’être adoptées (approche experience based)21.
[42] Aux projections « de base », à titre indicatif, il est proposé d’intégrer dans les projections,
à titre de variante, les hypothèses d’un changement de calcul des pensions ou du recul progressif
de l’âge effectif de départ en retraite (sans en expliciter les modalités) jusqu’à 66,5 ans à l’horizon
2040. Dans ce cas, la problématique de la pénibilité spécifique aux métiers des agents relevant de
la CNRACL pourrait être abordée. Ces éléments seront logiquement mis en perspective en ce
qu’ils concernent l’ensemble du système des retraites et non la seule CNRACL Bien entendu,
compte tenu des caractéristiques particulières du régime de retraite géré par la CNRACL, un
minimum d’hypothèses assez standard devrait être faites concernant le recul de l’âge de départ
des catégories actives et des carrières longues. Cette variante ne donnerait pas lieu à
préconisation. Elle aurait essentiellement une vocation informative et pédagogique à destination
des acteurs (employeurs, organisations syndicales…).
3 Méthodologie et calendrier
3.1 Méthodologie
[43] La mission capitalisera sur les acquis de la mission précédente. Elle veillera à accéder aux
travaux et données nouveaux des directions d’administrations centrales, des institutions et
acteurs et parties prenantes.
[44] Les travaux d’exploitation se baseront sur ceux effectués par la DREES et le COR. Une
dimension clef a trait à l’accès aux données issues de la déclaration sociale nominative et à leur
qualité dans le champ public. La mission analysera tout particulièrement ces éléments. Elle
recourra, le cas échéant, sous réserve de ses besoins et des données à mobiliser, au soutien des
pôles données de l’IGF et/ou de l’IGAS.
3.2 Entretiens, échanges et concertations envisagés par la mission
[45] Outre les acteurs institutionnels incontournables, la mission se rapprochera des experts (IPP
notamment). Elle tâchera de croiser d’éventuels travaux quantitatifs avec ces regards plus
qualitatifs d’acteurs de terrain qu’elle sélectionnera notamment au regard des propositions des
parties prenantes. Elle se réserve la possibilité d’administrer, le cas échéant et là encire en lien
avec les parties prenantes, des enquêtes.
[46] La mission se rapprochera des parlementaires concernés dans le cadre arrêté avec les
commanditaires.
[47] En accord avec les commanditaires, les travaux associeront fortement les parties prenantes
tant du côté des employeurs que des représentants des agents et salariés. Cette action de
21 Outre la préoccupation d’identifier les différentes dimensions à prendre en compte, la mission analysera
la capacité opérationnelle à mettre en place un dispositif de ce type et son bien fondé.
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Annexe II
- 19 -
concertation concernera tant la nature des investigations menées que les recommandations
avancées par la mission au terme de ses travaux.
[48] Dans cette perspective, la mission échangera en priorité avec les acteurs représentatifs du
secteur au travers des représentants des organisations d’employeurs et de salariés siégeant au
sein du conseil d’administration de la CNRACL. La mission se rapprochera des autres institutions
compétentes (ERAFP, IRCANTEC notamment). Au-delà, elle sollicitera les organisations
représentant les salariés au niveau national.
3.3 Calendrier
[49] Dans le cadre arrêté avec les commanditaires, la mission assurera des points d’étape auprès
du cabinet du premier ministre, à charge pour ce dernier d’associer les cabinets des ministres
concernés. Un premier point est prévu à l’occasion du cadrage. Aucune autre restitution
intermédiaire n’est envisagée à ce stade.
[50] La mission poursuivra les échanges avec les parties prenantes, afin de faciliter
l’appropriation de ses constats et de ses propositions.
[51] Tant les parties prenantes que les commanditaires ont souligné que la priorité réside avant
tout dans la production d’éléments complets et stabilisés. La date d’octobre revêt donc un
caractère indicatif. Aucune mesure n’est envisagée dans le cadre des lois financières de
l’autonome. Les travaux de la mission ne sont, dans ce cadre, soumis à la seule contrainte que
celle liée à la disponibilité des données nécessaires et la capacité des inspecteurs à les exploiter
et les analyser.
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Annexe II
- 20 -
ANNEXE 1 – LETTRE DE MISSION
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Annexe II
- 21 -
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Annexe II
- 22 -
ANNEXE 2 – DONNÉES STATISTIQUES
ET FINANCIÈRES COMPLÉMENTAIRES
Graphique 11 : Résultat net de la CNRACL - réalisé avec et estimé hors hausse de
cotisation - de 2025 à 2029 - en M€
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
Graphique 12 : Frais financiers CNRACL - en M€
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
-2 159
-1 373 -556
145
-1 051
-3 970
-5 000
-6 002
-7 160
-8 399 -9 000
-8 000
-7 000
-6 000
-5 000
-4 000
-3 000
-2 000
-1 000
0
1 000
2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
Résultat net - avec hausse de cotisation Résultat net - estimé sans hausse de cotisation employeur
139,2
269 260
290 300
350 350
100
150
200
250
300
350
2023 (r) 2024 (r) 2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
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Annexe II
- 23 -
Graphique 13 : Evolution du nombre de pensionnés à la CNRACL - dont pensionnés
de droits directs - de 2023 à 2029 - en milliers
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
Graphique 14 : Pensions mensuelles moyennes de droit direct - vieillesse CNRACL -
de 2023 à 2029 - en €
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
1 526 1 563 1 602
1 651
1 701
1 749 1 798
1 240 1 273 1 307
1 350
1 393 1 434 1 475
1 000
1 100
1 200
1 300
1 400
1 500
1 600
1 700
1 800
2023 (r) 2024 (r) 2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
Effectifs moyens pensionnés Effectifs moyens pensionnés de droit direct
1 502
1 580
1 605
1 616
1 631
1 652
1 674
1 500
1 520
1 540
1 560
1 580
1 600
1 620
1 640
1 660
1 680
2023 (r) 2024 (r) 2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
-- 73 of 491 --
Annexe II
- 24 -
Graphique 15 : Effectifs moyen cotisant à la CNRACL - en équivalent temps plein -
de 2023 à 2029- en milliers
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
Graphique 16 : Évolution annuelle de la masse salariale soumise à cotisations de la
CNRACL - de 2023 à 2029- en %
Source : Caisse des dépôts et consignations - travaux pour la commission, des comptes de la
sécurité sociale (CCSS) de juin 2025.
796 806 809 809 810 810 810
1 349 1 349 1 349 1 349 1 349 1 349 1 349
0
500
1 000
1 500
2 000
2023 (r) 2024 (r) 2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
FPH FPT
2 144 2 152 2 155 2 155 2 156 2 156 2 156
3,70%
3,00%
0,20% 0,10% 0,10%
0,60% 0,60%
2023 (r) 2024 (r) 2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
-- 74 of 491 --
Annexe II
- 25 -
Graphique 17 : Nombre de collectivités défaillantes dans le paiement des
cotisations à la CNRACL - fin mai 2025
Source : Caisse des dépôts et consignations, données arrêtées en mai 2025.
Graphique 18 : Montants dus par les collectivités à la CNRACL - par secteur - en
M €
Source : Caisse des dépôts et consignations, données arrêtées en mai 2025.
87
32
FPH FPT
462,8
475,2
21,2
21,0
0,0 100,0 200,0 300,0 400,0 500,0 600,0
Montants au 30/4/24
Montants au 31/5/25
FPH FPT
496,3 M€
484 M€
-- 75 of 491 --
Annexe II
- 26 -
ANNEXE 3 – ANALYSE DES RECOMMANDATIONS
DU RAPPORT DE 2024
n° Recommandation
Approche
opérationnelle
possible?
Utilité / apport
mission?
Dimension systémique
ou paramétrique?
1
Renforcer la gouvernance par la mise à disposition d’une ressource permanente et la
nomination de personnalités qualifiées au conseil d’administration permettant d’assurer un
meilleur pilotage de la CNRACL et une meilleure communication institutionnelle.
Oui, textes à modifier Moyen Paramétrique
2 Affilier à la CNRACL l’ensemble des fonctionnaires, y compris ceux nommés sur des emplois à
temps non complets. Oui, textes à modifier Très faible Systémique
3
Aligner, par un décret en Conseil d’Etat, le calcul de la majoration pour enfants à la CNRACL
sur celui du régime général en supprimant la majoration supplémentaire de cinq points pour
chaque enfant au- delà du troisième. Pour préserver l’égalité des droits entre les fonctionnaires,
faire de même pour la fonction publique d’Etat par un article en loi de financement de la
sécurité sociale modifiant l’article L 18 du Code des pensions civiles et militaires
Oui, textes à modifier Très faible Systémique
4 Instaurer, en loi de financement de la sécurité sociale, un remboursement à la CNRACL de la
majoration pour enfants par la Caisse nationale des allocations familiales. Oui, textes à modifier Très faible Systémique
5 Instaurer, en loi de financement de la sécurité sociale, un financement par le FSV des
validations de périodes de congés maladie non cotisées dans leur entièreté. Oui, textes à modifier Très faible Systémique
6
Faire financer par le Fonds de solidarité vieillesse la part des pensions d’invalidité et de
retraite résultant de la garantie d’une pension minimale équivalente à la moitié du dernier
traitement brut perçu pour les pensionnés dont le taux d’invalidité est au moins égal à 60 %.
Oui, textes à modifier Très faible Systémique
-- 76 of 491 --
Annexe II
- 27 -
n° Recommandation
Approche
opérationnelle
possible?
Utilité / apport
mission?
Dimension systémique
ou paramétrique?
7
Individualiser les cotisations par risque (vieillesse/invalidité) sans pour autant scinder les deux
risques et, à terme, ajuster le taux des cotisations employeurs invalidité sur la dynamique des
dépenses, tout en maintenant le taux de cotisation vieillesse.
Oui, textes à modifier Fort Paramétrique
8
Conduire sous l’égide du Conseil d’orientation des retraites un travail de refonte de la
compensation démographique devant en premier lieu simuler l’effet redistributif d’une
suppression ou d’un abaissement de l’âge minimum de 65 ans ainsi que d’une pondération des
effectifs par les durées validées.
Oui, textes à modifier Fort Systémique
9 Faire reprendre la dette de la CNRACL par la CADES, ou par l’Etat, en amont de la constitution
d’un déficit auto-entretenu. Oui, textes à modifier Fort Systémique
10
En lien avec l’augmentation des taux employeurs pour les fonctionnaires, générer une ressource
additionnelle pour la CNRACL à travers une contribution assise sur la masse salariale
contractuelle afin de rendre le plus neutre possible l’arbitrage par l’employeur entre emploi
contractuel et emploi fonctionnaire.
Oui, textes à modifier Fort Paramétrique
11 Définir en concertation avec les employeurs une trajectoire de hausse du taux de leur
contribution, déduction faite des mesures proposées et retenues. Effectué Sans objet Paramétrique
-- 77 of 491 --
ANNEXE III
Liste des personnes rencontrées
-- 78 of 491 --
SOMMAIRE
1. CABINETS MINISTÉRIELS ........................................................................................................ 1
1.1. Cabinet du Premier ministre .......................................................................................................1
1.2. Ministère des affaires sociales ....................................................................................................1
1.2.1. Cabinet de Mme Astrid Pasnoyan – Bouvet, ministre chargée du Travail et
de l'Emploi .................................................................................................................................. 1
1.2.2. Cabinet de Mme Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des
Solidarités et des Familles ................................................................................................... 1
1.2.3. Cabinet de Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée auprès de
la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, chargée de
l'autonomie et du handicap ................................................................................................ 1
1.2.4. Cabinet de M. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités
.......................................................................................................................................................... 1
1.3. Cabinet du ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de
l’État Ministère de l’Action et des Comptes publics ...........................................................1
1.4. Cabinet du ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation ....2
2. ASSEMBLÉES PARLEMENTAIRES .......................................................................................... 2
2.1.1. Assemblée nationale ............................................................................................................... 2
2.1.2. Sénat .............................................................................................................................................. 2
3. DIRECTIONS D’ADMINISTRATION CENTRALE ................................................................. 2
3.1. Direction générale de l’administration et de la fonction publique ..............................2
3.2. Direction de la sécurité sociale ...................................................................................................2
3.3. Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques ...............3
3.4. Direction du budget.........................................................................................................................3
3.5. Direction générale des collectivités locales...........................................................................4
4. CAISSE NATIONALE DE RETRAITE DES AGENTS DES COLLECTIVITÉS
TERRITORIALES ......................................................................................................................... 4
4.1. Représentants des agents actifs et retraités, au titre de la confédération française
démocratique du travail (CFDT) ................................................................................................4
4.2. Représentants des agents actifs et retraités, au titre de la Confédération générale
du travail (CGT) ................................................................................................................................4
5. CAISSE DES DÉPÔTS ET CONSIGNATIONS.......................................................................... 4
6. EMPLOYEURS TERRITORIAUX ET HOSPITALIERS ......................................................... 5
6.1. Association des maires de France .............................................................................................5
6.2. Régions de France ............................................................................................................................5
6.3. Coordination des employeurs territoriaux............................................................................5
6.4. Départements de France ...............................................................................................................5
6.5. Fédération hospitalière de France ............................................................................................5
6.6. France urbaine ..................................................................................................................................5
-- 79 of 491 --
7. ORGANISATIONS REPRÉSENTANT LES SALARIÉS ET AGENTS ET LES
EMPLOYEURS AU NIVEAU NATIONAL ................................................................................. 6
7.1. Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) ...........................................6
7.2. Confédération générale du travail - Force ouvrière (CGT - FO)....................................6
7.3. Union nationale des syndicats autonomes (UNSA)............................................................6
7.4. Confédération française démocratique du travail (CFDT)..............................................6
7.5. Confédération générale du travail (CGT) ...............................................................................6
7.6. Mouvement des entreprises de France – niveau national...............................................6
7.7. Union des entreprises de proximité – niveau national.....................................................6
8. AUTRES STRUCTURES .............................................................................................................. 6
8.1. Inspection générale des finances - Pôle données ...............................................................6
8.2. Cabinet Adelyce.................................................................................................................................7
8.3. Association des DRH de grandes collectivités ......................................................................7
8.4. Caisse d'Amortissement de la Dette Sociale (CADES).......................................................7
8.5. Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés .................................7
8.6. Agence centrale des organismes de sécurité sociale - URSSAF Caisse nationale et
réseau Urssaf......................................................................................................................................7
8.7. Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des
collectivités publiques....................................................................................................................8
8.8. Établissement de retraite additionnelle de la fonction publique .................................8
8.9. Conseil d’orientation des retraites............................................................................................8
8.10. Cour des comptes ..........................................................................................................................8
8.11. Institut des politiques publiques (IPP) ................................................................................8
8.12. Personnalités qualifiées .............................................................................................................8
-- 80 of 491 --
Annexe III
- 1 -
1
1. Cabinets ministériels
1.1. Cabinet du Premier ministre
M. Etienne Barraud, Conseiller chargé des comptes sociaux
M. Paul Bazin, Conseiller social, chef de pôle
Mme Claudie Calabrin, Conseillère technique finances locales et action publique
territoriale
M. Jean-Benoît Eymeoud, Conseiller Macroéconomie et Politique publique
Mme Virginie Magnant, Directrice adjointe du cabinet
M. Aymeric Morin, Conseiller social, chef de pôle
Mme Alix Rimaud-Gufflet, Conseillère chargée de la fonction publique
M. Axel Vandamme, Conseiller Fonction publique
1.2. Ministère des affaires sociales
1.2.1. Cabinet de Mme Astrid Pasnoyan – Bouvet, ministre chargée du Travail et de
l'Emploi
M. Giuliano de Franchis, Conseiller en charge de la protection sociale et de l'assurance
chômage
1.2.2. Cabinet de Mme Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des
Solidarités et des Familles
Mme Marine Pardessus, Conseillère filières, métiers et attractivité
1.2.3. Cabinet de Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée auprès de la
ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, chargée de
l'autonomie et du handicap
M. Louis Costa de Beauregard, Conseiller grand âge et bien vieillir
1.2.4. Cabinet de M. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités
M. Ulric de la Batut, Directeur adjoint du cabinet
M. Diego Mermet, Conseiller protection sociale
Mme Aurore Vitou, Directrice du cabinet
1.3. Cabinet du ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la
Réforme de l’État Ministère de l’Action et des Comptes publics
M. Sylvain Moulierac, Conseiller chargé des Comptes sociaux et de la Synthèse des
finances publiques
-- 81 of 491 --
Annexe III
- 2 -
2
1.4. Cabinet du ministre de l’Aménagement du territoire et de la
Décentralisation
M. Jordan Eustache, Conseiller en charge de la simplification, de la performance de
l'action locale et de la fonction publique territoriale
2. Assemblées parlementaires
2.1.1. Assemblée nationale
M. Stéphane Delautrette, Président de la Délégation aux collectivités territoriales et à la
décentralisation
Mme Sandrine Runel, Rapporteuse de la branche vieillesse pour le projet de loi de
financement de la sécurité sociale
2.1.2. Sénat
Mme Élisabeth Doineau, Rapporteuse générale de la commission des affaires sociales,
vice-Présidente de la mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale
Mme Pascale Gruny, Vice-Présidente de la commission des affaires sociales
3. Directions d’administration centrale
3.1. Direction générale de l’administration et de la fonction publique
M. Philippe Charpentier, Chef du service des politiques sociales, salariales et des
carrières
M. Jérémie Vencatachellum, Sous-directeur de la politique salariale et des carrières
3.2. Direction de la sécurité sociale
M. Romain Bey, Adjoint à la Sous-directrice des études et des prévisions financières
Mme Elise Boekwa, Chargée d’études, Bureau Etudes et évaluation, Sous-direction des
études et prévisions financières
M. Charles Boriaud, Adjoint au Sous-directeur du financement de la sécurité sociale
Mme Sophia Bouzid, Cheffe du bureau Accès aux soins et prestations de santé, Sous-
direction de l’accès aux soins, des prestations familiales et des accidents du travail
M. Hédi Brahimi, Chef du bureau des régimes professionnels de retraites et institutions
de protection sociale complémentaire, Sous-direction des retraites et des institutions de
la protection sociale complémentaire
Mme Céline Charozé, Cheffe du bureau prévision et analyse des comptes, Sous-direction
des études et prévisions financières
Mme Delphine Chaumel, Sous directrice des retraites et des institutions de la protection
sociale complémentaire
Mme Fanny Chauvire Adjointe à la Sous directrice des retraites et des institutions de la
protection sociale complémentaire
-- 82 of 491 --
Annexe III
- 3 -
3
M. Valère Cormier, Adjoint à la cheffe du bureau prévision et analyse des comptes, Sous-
direction des études et prévisions financières
M. Morgan Delaye, Chef de service et adjoint du Directeur de la sécurité sociale
M. Alex Epée, Chargé de mission sous-direction du financement de la sécurité sociale
Mme Anne Fichen, Sous-directrice des études et des prévisions financières
M., Tamer Hagag, Chargé d’études, Bureau prévision et analyse des comptes, Sous-
direction des études et prévisions financières
Mme Laura Hubert, Adjointe à la Cheffe de bureau du recouvrement, sous-direction du
financement de la sécurité sociale
M. Silvère Ghesquiere, Adjoint à la Cheffe de bureau du recouvrement, sous-direction du
financement de la sécurité sociale
Mme Nathalie Gouge, Adjointe à la cheffe du bureau de la synthèse financière
Mme Cléo Lhermet, Cheffe du bureau Etudes et évaluation, Sous-direction des études et
des prévisions financières
M. Alexandre Marguerite, Adjoint à la Sous-directrice du pilotage du service public de la
sécurité sociale
Mme Marion Muscat, Sous-directrice de l’accès aux soins, des prestations familiales et
des accidents du travail
M. Harry Partouche, Sous-directeur des études et des prévisions financières
Mme Maroussia Perehinec, Adjointe à la Sous-directrice de l’accès aux soins, des
prestations familiales et des accidents du travail
Mme Lise Péron, Cheffe du bureau de la synthèse financière, sous-direction du
financement de la sécurité sociale
Mme Marie Perrin-Ballaire, Cheffe de bureau du recouvrement, sous-direction du
financement de la sécurité sociale
M. Thomas Ramilijaona, Sous-directeur du financement de la sécurité sociale
M. Guillaume Ravier, Adjoint au chef de bureau des régimes spéciaux, Sous-direction des
retraites et des institutions de la protection sociale complémentaire
M. Rémi Tabaud Deboth, Adjoint au Chef du bureau des régimes professionnels de
retraites et institutions de protection sociale complémentaire, Sous-direction des
retraites et des institutions de la protection sociale complémentaire
Mme Claire Vincenti, Sous-directrice du pilotage du service public de la sécurité sociale
Mme Estelle Violette, Chargée de mission, Bureau des régimes spéciaux, Sous-direction
des retraites et des institutions de la protection sociale complémentaire
3.3. Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques
M. Franck Arnaud, Sous-directeur des Synthèses, des études économiques et de
l’évaluation
M. Pierre Cheloudko, Adjoint au chef du Bureau Retraites
Mme Julie Labarthe, Sous-directrice de l'observation de la solidarité
Mme Christelle Minodier, Cheffe de service
3.4. Direction du budget
Mme Anaïs Mateos, Cheffe du bureau des retraites et régimes spéciaux
M. Léo Zakeossian, Adjoint à la cheffe du Bureau des retraites et des régimes spéciaux
-- 83 of 491 --
Annexe III
- 4 -
4
3.5. Direction générale des collectivités locales
Mme Maéva Achemoukh, cheffe du bureau de l'emploi territorial et de la protection
sociale
M Jean-Philippe Lorentziadis, adjoint à la cheffe du bureau de l'emploi territorial et de la
protection sociale
Mme Gaëlle Lugand, Adjointe du sous-directeur des élus locaux et de la fonction publique
territoriale
M. Pascal Mathieu, Sous-directeur des élus locaux et de la fonction publique territoriale
4. Caisse nationale de retraite des agents des collectivités territoriales
M. Jean-Pierre Cazenave, Président du conseil d’administration, représentant les
employeurs hospitaliers
4.1. Représentants des agents actifs et retraités, au titre de la confédération
française démocratique du travail (CFDT)
M. Alain Anastasi
M. Cyrille Bellanger
Mme Fabienne Billoux
Mme Marie Coubret
Mme Martine Fournier
Mme Céline Gassin
4.2. Représentants des agents actifs et retraités, au titre de la Confédération
générale du travail (CGT)
M. Frédéric Aubisse
M. Claude Barré
Mme Michèle Carbonnier Ben Azouz, Présidente de la commission de l'action sociale.
2ème vice-présidente
M. Ludovic Degraeve
Mme Sophie Gallienne
Mme Cécile Martin, Présidente de la commission de l'invalidité et de la prévention
5. Caisse des dépôts et consignations
M. Michael Boyer Vidal, Responsable du département juridique et vie sociale des
régimes, Direction du pilotage et de l'appui à la performance
M. Arnaud Cartron, Directeur du pilotage et de l'appui à la performance
M. Pierrick Joubert, Chargé d'études statistiques
Mme Marianne Kermoal-Berthomé, Directrice des politiques sociales
M. Ronan Mahieu, Responsable des études et des statistiques à la direction des politiques
sociales
M. Axel Rahola, Directeur adjoint des politiques sociales
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Annexe III
- 5 -
5
6. Employeurs territoriaux et hospitaliers
6.1. Association des maires de France
Mme Stéphanie Colas, Chargée de mission Fonction publique territoriale
Mme Murielle Fabre, secrétaire générale de l'association des maires de France
M. Laurent Trijoulet, Directeur général adjoint
6.2. Régions de France
M. Jérémy Pierre-Nadal, Conseiller économie sociale et solidaire et politiques ressources
humaines
M. Frédéric Potier, Directeur général
6.3. Coordination des employeurs territoriaux
M. Gil Averous, Président de l'association Villes de France
M. Romain Derache, Conseiller auprès du Président du CNFPT
M. Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie
M. Thierry Sénamaud, Directeur des ressources humaines. Fédération Nationale des
Centres De Gestion
M. Philippe Laurent, vice-Président de l'association des maires de France et Maire de
Sceaux, président du conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT)
M. Laurent Trijoulet, Directeur général adjoint de l'Association des Maires de France
6.4. Départements de France
M. Gilles Le Breton, directeur général
M. Jérôme Briend, conseiller réforme territoriale, fonction publique territoriale
6.5. Fédération hospitalière de France
M. Marc Bourquin, Conseiller stratégie parcours, proximité, autonomie et territoire
auprès de la délégation générale
M. Benjamin Caniard, Co-responsable Autonomie et médico-social
Mme Hélène Gendreau, Adjointe au responsable du Pôle Ressources Humaines
Hospitalières
M. Rodolphe Soulié, Responsable du Pôle Ressources Humaines Hospitalières
6.6. France urbaine
M. Franck Claeys, délégué adjoint
Mme Louise Cornilliere, Conseillère Finances publiques locales
M. Bastien Taloc, conseiller fonction publique territoriale et institutions
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Annexe III
- 6 -
6
7. Organisations représentant les salariés et agents et les employeurs au
niveau national
7.1. Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC)
M. Nassim Chibani, Conseiller technique
M. Léonard Guillemot, Conseiller confédéral
7.2. Confédération générale du travail - Force ouvrière (CGT - FO)
M. Dominique Regnier, Secrétaire Fédéral des services publics et santé, administrateur
Mme Nicole Leborgne, secrétaire adjointe, suppléante
7.3. Union nationale des syndicats autonomes (UNSA)
M. Luc Farré, Secrétaire Général de l'UNSA Fonction Publique
7.4. Confédération française démocratique du travail (CFDT)
Mme Cécilia Rapine Secrétaire nationale
M. Thibaut Sellier, Secrétaire confédéral, Politique des retraites
7.5. Confédération générale du travail (CGT)
M. Pierre-Yves Chanu, Conseiller confédéral de la CGT
M. Denis Gravouil, Secrétaire confédéral de la CGT chargé des retraites
M. Gilles Oberrieder, CGT fonction publique, Conseiller Retraites et Non-titulaires
7.6. Mouvement des entreprises de France – niveau national
Contribution écrite
7.7. Union des entreprises de proximité – niveau national
M. Laurent Boulangeat
8. Autres structures
8.1. Inspection générale des finances - Pôle données
M. Aymeric Floyrac
Mme Katia Jodogne-del Litto
Mme Agathe Rosenzweig
-- 86 of 491 --
Annexe III
- 7 -
7
8.2. Cabinet Adelyce
Mme Marion Salomon, Responsable des relations institutionnelles
8.3. Association des DRH de grandes collectivités
M. Jérome Lesavre, DGA de la communauté d’agglomération de Cergy Pontoise
M. Nicolas Lonvin, DGS du centre de gestion du Finistère
8.4. Caisse d'Amortissement de la Dette Sociale (CADES)
M. Philippe Petitbon, Secrétaire général
M. Pierre Ricordeau, Président du Conseil d'Administration
8.5. Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés
Mme Valérie Albouy, directrice de la statistiques, prospectives et retraite
M. Frédéric Birrittieri, directeur national de la retraite
M. Renaud Villard, directeur général
8.6. Agence centrale des organismes de sécurité sociale - URSSAF Caisse
nationale et réseau Urssaf
Mme Ghania Abbar, Adjointe au Directeur de Programme Conformité des Données
Sociales
M. Bertrand Decaix, Directeur de cabinet
M. Emmanuel Dellacherie, Directeur de la Réglementation, du Recouvrement et du
Contrôle
M. Pierre-Sylvain Guely, Directeur de Programme Conformité des Données Sociales,
Urssaf Caisse nationale
M. Sébastien Grippi, Directeur de l’Urssaf de Corse
Mme Evelyne Fleuret, Directrice de Mission
M. Cyrille Hagneré, Adjoint au Directeur des statistiques, Responsable du département
Risques Recherche Evaluation et Publications
Mme Annabel Klein , Adjointe au responsable du département Risques Recherche
Evaluation et Publications
M. Emmanuel Laurent, Directeur financier, Directeur central trésorerie, banque, finance
et investissement
M. François Lavigne, Sous-directeur Trésorerie au siège et relations avec les partenaires,
Direction Financière
M. Camille L’Hernault, Agent comptable de l'Agence centrale des organismes de sécurité
sociale
Mme Sophie Rivière, Chargée d’études
Mme Anne-Laure Zennou, Responsable du département des statistiques et de
l’animation du réseau
-- 87 of 491 --
Annexe III
- 8 -
8
8.7. Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et
des collectivités publiques
M. Jean-Christophe Couvy, Président du CA
M. Christophe Iaccobi, Vice-président du CA
8.8. Établissement de retraite additionnelle de la fonction publique
Mme Adelaïde Amouzou, Responsable reporting et coordination Caisse des Dépôts
M. Ngo Chi-Thien, Responsable Asset and Liability Management et Actuariat
M. Vincent Lidsky, Président
M. Régis Pélissier, Directeur
8.9. Conseil d’orientation des retraites
M. Emmanuel Bretin , Secrétaire général
Mme Frédérique Nortier-Ribordy, Chargée de mission
8.10. Cour des comptes
M. Yves Guégano, conseiller maître
M. Bernard Lejeune, président de la 6 ème chambre
Mme Corinne Soussia, conseillère maître, présidente de la 4 ème section de la 6 ème chambre
8.11. Institut des politiques publiques (IPP)
M. Patrick Aubert, Expert senior
M. Todor Tochev, Economiste sénior
8.12. Personnalités qualifiées
M. Denis Le Bayon, inspecteur général des affaires sociales
M. Jean-Jacques Marette, Animateur du conclave sur les retraites, ancien directeur
général de l’Agirc-Arrco
M. Pierre Prady, Inspecteur des finances
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ANNEXE IV
Analyse de l’évolution des rémunérations
et des effectifs employés dans les entités
relevant des fonctions publiques
hospitalières et territoriales au travers
des déclarations sociales
-- 89 of 491 --
SOMMAIRE
1. DES DONNÉES ISSUES, D’UNE PART, DE LA DÉCLARATION ANNUELLE DES
DONNÉES SOCIALES ET DES DÉCLARATIONS PÉRIODIQUES POUR LES ANNÉES
2012 À 2024 ET, D’AUTRE PART, DE LA DÉCLARATION SOCIALE NOMINATIVE
POUR LES MILLÉSIMES 2022 À 2024, UNE CIRCULARITÉ AVÉRÉE DES
FINANCEMENTS .......................................................................................................................... 2
1.1. Une montée en charge progressive de la DSN dans le secteur public, une première
exploitation des données ..............................................................................................................2
1.2. Des données permettant d’apprécier les dynamiques à l’œuvre en termes
d’effectifs employés et de rémunérations versées .............................................................2
1.3. Des effets différents des évolutions des agents recrutés et des rémunérations
pour la CNRACL, pour les entités d’emploi et pour les finances publiques .............3
1.4. Une approche large des entités, des rémunérations et des effectifs employés ......4
1.4.1. Les données mobilisées auprès de l’Acoss ou Urssaf caisse nationale ............. 5
1.4.1.1. Des données de gestion ...................................................................................... 5
1.4.1.2. Des données globales via la déclaration annuelle des données
sociales pour les exercices depuis 2012, une approche très
détaillée -grâce à la déclaration sociale nominative- pour les
exercices 2022 à 2024 .................................................................................... 5
1.4.1.3. Un jeu de données sur douze ans et un ensemble géographique
large ........................................................................................................................ 6
1.4.1.4. Une approche selon les profils de cotisants ............................................. 6
1.4.1.5. Des approches directes et indirectes des assiettes et des salariés . 6
1.4.2. Des données qui restent à prendre avec précaution mais qui mériteraient
d’être suivies par le gestionnaire, les partenaires sociaux et les tutelles ...... 7
2. ENTRE 2012 ET 2024, UNE CROISSANCE DES RECETTES PORTÉE PAR LES
EMPLOYEURS HOSPITALIERS, DES DONNÉES GLOBALES QUI NE PERMETTENT
PAS DE DOCUMENTER UN ÉVENTUEL MOUVEMENT DE BAISSE, EN VALEUR OU
EN VOLUME, DES AGENTS TITULAIRES COTISANT À LA CNRACL AU PROFIT
D’AUTRES AGENTS COTISANT AU RÉGIME GÉNÉRAL.................................................... 8
2.1. Des rémunérations versées par les employeurs publics hospitaliers et
territoriaux en hausse sensible entre 2012 et 2024 mais des proportions
comparables aux évolutions du secteur privé, hors crise sanitaire ............................8
2.2. Une croissance des rémunérations portée par les agents cotisant à la CNRACL et
ceux cotisant au régime général.................................................................................................9
2.3. Un poids évident des collectivités territoriales en nombre de salariés mais
moindre en termes de rémunérations versées par salarié .......................................... 10
2.4. Les structures de rémunérations versées aux différentes catégories d’agents ou
de salariés divergent entre les employeurs hospitaliers et territoriaux................ 11
2.5. Globalement, les rémunérations versées aux agents cotisant à la CNRACL
demeurent prédominantes et les données ne permettent pas de percevoir une
dynamique de hausse des emplois de titulaires à temps partiel ou de contractuels
...13
2.6. Les dynamiques à l’œuvre dans chaque secteur employeur sont néanmoins très
différentes ........................................................................................................................................ 14
-- 90 of 491 --
3. L’ANALYSE DES DONNÉES DÉTAILLÉES DISPONIBLES POUR LES ANNÉES 2022 À
2024 PERMET D’APPRÉCIER DES DYNAMIQUES COMPLÉMENTAIRES ET UNE
TENDANCE À LA STAGNATION DES AGENTS TITULAIRES ET À UN ESSOR DES
CONTRACTUELS ....................................................................................................................... 15
3.1. Des données globales, agrégées, accessibles par secteur et par catégories d’agents
mais en cours de fiabilisation................................................................................................... 15
3.2. L’analyse des données d’effectifs permet de cerner de premiers mouvements de
substitution d’emplois, intervenant au détriment de la CNRACL ............................. 17
3.2.1. Une légère baisse du poids des agents cotisant à la CNRACL entre 2022 et
2024 ............................................................................................................................................ 18
3.2.2. Une hausse du poids des agents cotisant aux régimes de droit commun entre
2022 et 2024 ........................................................................................................................... 20
3.3. Les données de rémunérations permettent des approches complémentaires ... 22
3.3.1. Des rémunérations qui évoluent positivement entre 2022 et 2024 avec des
hausses plus prononcées du côté des employeurs hospitaliers........................ 22
3.3.2. Toutes catégories d’agents et secteurs confondus, une hausse plus marquée
des rémunérations versées aux agents relevant des régimes de salariés du
privé ............................................................................................................................................ 23
3.3.3. Du côté des fonctionnaires titulaires, une hausse notable des rémunérations
versées aux agents relevant des régimes des salariés du privé, du seul fait
des employeurs hospitaliers............................................................................................. 25
3.3.4. S’agissant des contractuels, une hausse notable des rémunérations versées
à ces agents portée par une hausse de près d’un quart de la masse salariale
mobilisée par les collectivités territoriales à ce titre en trois ans ................. 26
3.3.5. Les autres catégories non directement identifiées contribuent fortement à
al dynamique de renforcement des agents cotisant aux régimes des salariés
du privé...................................................................................................................................... 27
3.4. Les données de salariés moyens par tête en DSN indiquent que les rémunérations
sont plus élevées pour les fonctionnaires titulaires mais moins dynamiques que
pour les autres catégories ......................................................................................................... 28
3.5. Le rapprochement de l’assiette soumise à contributions sociales et l’assiette
CNRACL permet d’apprécier les ordres de grandeur et le dynamisme avéré des
primes versées ............................................................................................................................... 29
4. LES DONNÉES DISPONIBLES EN DSN PERMETTENT DE DISPOSER D’UN
« PORTRAIT » DES AGENTS EMPLOYÉS ET RÉMUNÉRATIONS VERSÉES PAR LES
DIFFÉRENTES ENTITÉS, POINT DE REPÈRE EN VUE D’UN SUIVI À DÉVELOPPER
À L’AVENIR................................................................................................................................. 30
4.1. Les employeurs hospitaliers et territoriaux présentent des caractéristiques très
différentes en 2024 ...................................................................................................................... 30
4.1.1. Les collectivités territoriales emploient le plus grand nombre d’agents et
comptent en leurs seins la plus forte proportion d’agents cotisant à la
CNRACL ..................................................................................................................................... 30
4.1.2. Les collectivités territoriales contribuent à près de deux fois plus que les
employeurs hospitaliers à l’assiette des cotisations CNRACL .......................... 31
4.1.2.1. Les employeurs hospitaliers et territoriaux servent, compte tenu
de leurs poids respectifs, des niveaux équivalents de
rémunérations cotisées aux régimes de retraite et des autres
éléments de rémunération (primes, avantages accessoires, etc.)
................................................................................................................................ 31
-- 91 of 491 --
4.1.2.2. En revanche, quel que soit le régime de cotisation au titre du
risque vieillesse, les rémunérations moyennes sont notablement
plus élevées dans le secteur hospitalier et médicosocial que dans
les collectivités territoriales...................................................................... 32
4.2. Au sein des employeurs publics du champ sanitaire, des différences notables
entre les acteurs hospitaliers, médicosociaux et les autres acteurs ........................ 33
4.2.1. Près des deux tiers des agents employés dans le secteur public sanitaire
cotisent à la CNRACL mais cette proportion est nettement plus faible pour
les acteurs du médicosocial public ............................................................................... 33
4.2.2. 51% des éléments de rémunérations versées par les employeurs hospitaliers
ne donnent pas lieu à cotisations CNRACL ............................................................... 34
4.3. Les collectivités territoriales sont avant tout le reflet du poids en leur sein des
communes et des départements et l’analyse de l’emploi montre le caractère
déterminant du bloc local sur les ressources de cotisations....................................... 35
4.3.1. Au sein des collectivités territoriales, 67% des emplois donnent lieu à
cotisations à la CNRACL du fait du poids déterminant du bloc communal35
4.3.2. Une part encore plus importante des rémunérations versées donne lieu à
cotisations à la CNRACL .................................................................................................... 37
4.3.3. Près d’un euro sur deux de rémunérations versées par les collectivités ne
donne pas lieu à cotisations à la CNRACL ................................................................. 39
5. LES TRAVAUX PERMETTENT D’IDENTIFIER LES RÉMUNÉRATIONS QUI
POURRAIENT ÊTRE SOUMISES À PRÉLÈVEMENT AU TITRE DE LA CNRACL ...... 41
5.1. Deux approches possibles : l’élargissement de la population affiliée à la CNRACL
pour l’évolution de l’assiette sur laquelle sont appliquées les cotisations à la
CNRACL ............................................................................................................................................. 41
5.2. Ces deux approches auraient des effets pluriels que la mission ne peut
intégralement chiffrer ................................................................................................................. 41
5.3. Des impacts peuvent partiellement être mesurés sous forme d’ordres de
grandeur et avant tout du point de vue de la CNRACL .................................................. 43
5.3.1. Des ordres de grandeur à prendre avec précaution et représentatifs, à titre
principal, uniquement des impacts en recettes pour la CNRACL au titre de
l’année 2024, dernière année disponible en DSN................................................... 43
5.3.2. La mission a étudié cinq scénarios, du point de vue de la CNRACL, à partir
des données mobilisables .................................................................................................. 44
5.4. Les scénarios systémiques affectant la base cotisante conduiraient à augmenter
l’assiette soumise à cotisations de la CNRACL dans des ordres de grandeur
compris entre 18 et 167 milliards d’euros et concerneraient les situations d’entre
1 et 3,1 millions d’agents en équivalent temps plein ..................................................... 46
5.5. Ces scénarios, favorables à court terme à la CNRACL mais dont les effets à moyen
et long termes ne sont pas chiffrés induiraient des transferts financiers annuels
bruts compris entre 5,6 et 57,9 milliards d’euros au profit de la CNRACL
... ........................................................................................................................................................... 47
5.6. Ces premières approches doivent aussi être rapprochés des ordres de grandeur
de ces décisions pour les autres régimes, évaluables en première intention si l’on
retient les régimes de droit commun du privé entre 30 et 46Mds€ ........................ 48
6. LES MODALITÉS DE NEUTRALISATION OU DE RENCHÉRISSEMENT DU COÛT DES
EMPLOIS OU DES RÉMUNÉRATIONS NE DONNANT PAS LIEU À COTISATION À LA
CNRACL PEUT PRENDRE PLUSIEURS FORMES .............................................................. 51
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Annexe IV
- 1 -
1
Un des moyens permettant de mesurer la nature des emplois et des rémunérations donnant
lieu à cotisation à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL)
est d’exploiter les déclarations sociales que font régulièrement les employeurs auprès des
organismes sociaux.
Cette annexe comporte trois parties de volumes, natures et portées différentes :
Cette annexe repose sur l’exploitation des données brutes issues des déclarations
sociales, si ces informations sont en cours de fiabilisation, elles permettent de cerner
des tendances ;
La première partie présente les données mobilisées via ces déclarations, leurs
natures et leurs limites, ainsi que les tendances qu’elles permettent potentiellement
d’observer ; elle met en avant le caractère circulaire des financements accordés aux
régimes publics de retraites et les effets des évolutions pour les employeurs, les
salariés et les finances publiques ;
La deuxième partie décrit les tendances à l’œuvre entre 2012 et 2024, observables
au travers des déclarations annuelles des données sociales ;
La troisième partie vise à analyser les données plus précises, disponibles
uniquement sur les années 2022 à 2024 au travers de la déclaration sociale
nominative ;
La quatrième présenter un « portrait » des emplois et rémunérations au travers des
informations disponibles par secteur et structure d’emplois au sein des entités relevant
des fonctions publiques hospitalière et territoriale, afin de faciliter le suivi des tendances
à l’œuvre ; ce « portrait est très différent de l’image classiquement présentée dans
les statistiques publiques qui sont largement basées sur des données budgétaires ou
en effectifs physiques appréciées au 31 décembre de chaque année (données du système
d'information sur les agents des services publics - Siasp)1 ; la divergence entre les
données actuellement mobilisées et celles disponibles au travers des déclarations
sociales, justifie un suivi rénové de l’emploi et des rémunérations territoriales et
hospitalières ;
Fort de ces éléments, en cinquième partie, l’annexe avance de premiers ordres de
grandeur des possibilités d’extension de l’assiette cotisée ou de la population des
agents affiliés à la CNRACL au titre du risque vieillesse ; elle décrit des grandeurs tant
pour la CNRACL que pour les autres régimes concernés en termes de gains et de pertes ;
Enfin, en sixième partie, de manière succincte, les différents leviers permettant de
neutraliser ou de renchérir le coût des emplois et rémunérations ne donnant pas
lieu à cotisation CNRACL sont présentés.
1 Ces données sont disponibles dans l’annexe 10 – Les évolutions de la population affiliée et des recettes de la CNRACL
et les impacts des hausses de taux sur les stratégies d’emploi. La mission constate les différences entre les deux
approches, si elle n’a pu mener les travaux de rapprochement et de comparaison à leur terme, elle souligne la
nécessité pour les administrations concernées de procéder au rapprochement des informations disponibles dans
les deux sources.
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Annexe IV
- 2 -
2
1. Des données issues, d’une part, de la déclaration annuelle des données
sociales et des déclarations périodiques pour les années 2012 à 2024
et, d’autre part, de la déclaration sociale nominative pour les
millésimes 2022 à 2024, une circularité avérée des financements
1.1. Une montée en charge progressive de la DSN dans le secteur public, une
première exploitation des données
Pour le secteur public, le déploiement de la déclaration sociale nominative (DSN) a été
assuré à compter de l’exercice 2022. Les données sont donc disponibles à compter de cette
date. Leur fiabilité demeure relative, tout particulièrement si on compare ces données
avec celles mobilisées pour le secteur privé.
En effet, les services statistiques de l’Urssaf caisse nationale ou de l’Agence centrale des
organismes de sécurité sociale (Acoss) opèrent, depuis la montée en charge et la généralisation
au sein du secteur privé de la DSN, des actions et opérations de fiabilisation. Ce déploiement
est plus récent sur le champ du secteur public. Ces opérations de fiabilisation n’ont donc pu
être menées. Elles revêtent, en raison de la nature particulière des acteurs publics, des degrés
moindres2.
Aussi, les travaux menés par la mission constituent-ils de premières tentatives
d’exploitation des données disponibles via la DSN sur le champ des employeurs
territoriaux et hospitaliers, dans une approche et un usage aussi larges. Pour autant, de
manière globale, les éléments produits sont apparus cohérents à la mission et donc
susceptibles d’être présentés ci-après.
L’annexe mentionne également les éventuelles atypies et anomalies déclaratives afin que le
lecteur ou les analystes suivant puissent, le cas échéant, les prendre en compte dans
l’exploitation -souhaitable- de données nouvelles et à fiabiliser.
1.2. Des données permettant d’apprécier les dynamiques à l’œuvre en termes
d’effectifs employés et de rémunérations versées
Ces données revêtent un caractère clef pour la CNRACL mais aussi pour l’ensemble des
décideurs publics.
2 Par exemple, les opérations de fiabilisation des données, de contrôle sur place ou sur pièces ne sont pas toujours
de même nature sur le champ du secteur privé et sur celui du secteur public. En effet, pour le secteur privé, les Urssaf
agissant pour la quasi-intégralité des organismes (à l’exception notable des institutions de retraite complémentaire)
alors que, pour le champ public, leur intervention se limite au recouvrement des cotisations légales obligatoires et
ne relevant pas d’entités spécialisées. Par exemple, les Urssaf n’interviennent pas en ce qui concerne le
recouvrement et le contrôle des cotisations dues à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales
(CNRACL).
-- 94 of 491 --
Annexe IV
- 3 -
3
Sont disponibles via la DSN non seulement des données d’assiette de prélèvements sur
revenus d’activité, soit l’ensemble des rémunérations déclarés par les employeurs mais aussi
des données relatives aux effectifs employés. La mission a essayé de croiser les données
d’assiettes disponibles pour disposer d’une approche concernant l’évolution tant des éléments
de rémunération au sein de la fonction publique hospitalière (FPH) et de la fonction publique
territoriale (FPT) que celle des effectifs employés. Ces éléments sont clefs pour la CNRACL
en ce qu’ils déterminent, dans une approche démographique, sa « base cotisante » mais
aussi, dans une approche financière ou comptable, l’assiette sur laquelle porte les taux
des cotisations la finançant. Une approche différenciée ou relative permet de déterminer les
agents échappant à cette base cotisante tout comme les éléments de rémunérations qui ne
seraient pas compris dans l’assiette soumise à prélèvement.
Pour les acteurs publics, ces données permettent donc de cerner les dynamiques à l’œuvre en
termes d’effectifs employés et de rémunérations versées.
1.3. Des effets différents des évolutions des agents recrutés et des
rémunérations pour la CNRACL, pour les entités d’emploi et pour les
finances publiques
Ces éléments sont clefs aussi en ce que les objectifs poursuivis par les acteurs publics sont
pluriels et peuvent potentiellement avoir des impacts opposés (schéma 1).
En effet :
Du point de vue de la CNRACL,
l’embauche d’agents et/ou les augmentations de rémunération ont, à court terme,
un effet positif sur les finances de la CNRACL en ce que ces dynamiques conduisent
à augmenter la base cotisante ou l’assiette cotisée, donc à majorer les recettes de
la CNRACL ; dans un deuxième temps, cet effet est potentiellement moindre en ce
que les pensions versées tiennent compte in fine de ces dynamiques ;
la maîtrise ou la baisse des effectifs et la maîtrise des rémunérations ont un effet
négatif sur les comptes de la CNRACL et on ne note pas directement d’effet de
deuxième rang ;
Du point de vue des employeurs publics et de leurs agents,
l’embauche d’agents ou la hausse des rémunérations conduit à augmenter les
dépenses de personnel ;
la maîtrise ou la baisse des effectifs et la maîtrise des rémunérations permet a
contrario de contenir les dépenses de personnel ;
les évolutions à la hausse ou à la baisse des taux ou de l’assiette ont des effets de
mêmes natures ; ils posent en outre la question du financeur ou du bénéficiaire de
cette tendance qui peut être soit l’employeur soit l’agent (hausse ou baisse de la
rémunération nette perçue) ;
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Annexe IV
- 4 -
4
Du point de vue des finances publiques,
l’embauche d’agents ou la hausse des rémunérations conduit à augmenter les
dépenses publiques, en particulier dans le cas de figure où ces surcoûts sont
compensés par les financeurs ; symétriquement, cette dynamique améliore, dans
un premier temps, les finances de la CNRACL ;
la maîtrise ou la baisse des effectifs et la maîtrise des rémunérations a des effets
positifs sur les dépenses des entités d’emploi et un effet négatif sur l’équilibre de
la CNRACL3.
Schéma 1 : Effets des évolutions des emplois et des rémunérations
Entité / secteur Mesure Impact financier de la mesure
sur l'entité / le secteur
CNRACL
Hausse des effectifs et/ou des
rémunérations
Amélioration des cotisations puis, à
terme, hausse des dépenses
Baisse ou maîtrise des effectifs et/ou
des rémunérations
Détérioration des cotisations puis, à
terme, maîtrise ou baisse des
dépenses
Employeurs
Hausse des effectifs et/ou des
rémunérations Hausse des dépenses de personnel
Baisse ou maîtrise des effectifs et/ou
des rémunérations
Baisse ou maîtrise des dépenses de
personnel
Finances publiques
Hausse des effectifs et/ou des
rémunérations
Amélioration CNRACL, détérioration
employeur - sens et impact variant
selon la compensation des surcoûts
employeurs
Baisse ou maîtrise des effectifs et/ou
des rémunérations
Détérioration CNRACL, amélioration
employeur - sens et impact variant
selon qui supporte la détérioration
CNRACL
Source : Travaux mission.
1.4. Une approche large des entités, des rémunérations et des effectifs
employés
Les extractions ont été assurées en identifiant les entités déclarantes qui, du fait de leur
nature, relèvent du champ de la FPH ou de la FPT4.
Les données présentées ci-après (encadré 1) ne comprennent donc pas les agents relevant
de ces deux versants de la fonction publique mais n’étant pas en activité dans une
structure relevant de ce champ. Ne sont ainsi notamment pas compris les agents faisant
l’objet d’un détachement ou d’une mise à disposition de tiers. En revanche, tous les agents
salariés par ces structures sont dans le champ de l’analyse, qu’ils soient titulaires ou
non.
Les rémunérations sont ici prises dans l’approche la plus large : tous les éléments de
rémunération sont pris en compte.
3 Ces mécanismes s’entendent sans prise en compte des effets de second rang découlant des autres prélèvements
obligatoires et notamment des prélèvements -directs ou indirects- supportés par les personnes morales ou
physiques.
4 Ces entités sont identifiées dans le système d’information des Urssaf et en DSN car ils ne relèvent pas du droit
commun du recouvrement et du contrôle applicable aux entités privées.
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Annexe IV
- 5 -
5
En ce qui concerne les effectifs, ceux-ci sont appréciés de deux manières. Sont ainsi
décomptés :
le nombre des salariés qui ont été effectivement déclarés au cours de l’année ; par
conséquent un salarié peut ici être compté à plusieurs reprises en ce qu’il a été déclaré
plusieurs fois ;
les salariés déclarés en équivalent temps plein, en tenant compte, pour chaque
salarié, des horaires travaillés par les individus ; la mission a décidé de retenir avant tout
cette notion.
Encadré 1 : Sources et méthodes
Les données sont issues des extractions assurées par l’Acoss – Urssaf caisse nationale à la demande de
la mission.
Les extractions ont été faites sur les bases DADS et DSN.
Toutes les entités cotisantes relevant du champ des collectivités territoriales et des établissements
publics de santé et médicosociaux ont été intégrées dans la requête.
Les données utilisées en DSN sont celles du bloc 51 pour les assiettes et les effectifs. Les données
d’effectifs déclarées ont été proratisées selon les données de temps de travail disponibles pour chaque
salarié afin de calculer des équivalents temps plein.
Les données d’intérim sont déclarées à part dans la DSN. Elles ont donc été traitées par ailleurs (voir
annexe 6 - Analyse du recours à l’intérim dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et
territoriales).
Source : Acoss – Urssaf caisse nationale, travaux mission.
1.4.1. Les données mobilisées auprès de l’Acoss ou Urssaf caisse nationale
1.4.1.1. Des données de gestion
Les données sont issues des données de gestion transmises aux unions de recouvrement des
cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) et, outremer, aux caisses
générales de sécurité sociale (CGSS) dans le cadre de leurs activités de recouvrement.
Par nature, elles reflètent la qualité des déclarations produites par les entités publiques,
qui a été régulièrement amélioré au fil des ans, notamment dans le cadre du déploiement de la
déclaration sociale nominative (DSN). Pour autant, il n’est pas possible ici de faire la part des
éléments reflétant de sous déclarations, de fraudes ou d’éventuelles erreurs déclaratives. Les
dernières années permettent de procéder à de nouvelles opérations de vérification qui
soulignent indirectement l’amélioration de la qualité des déclarations du secteur public (voir
infra).
1.4.1.2. Des données globales via la déclaration annuelle des données sociales pour les
exercices depuis 2012, une approche très détaillée -grâce à la déclaration sociale
nominative- pour les exercices 2022 à 2024
Les données correspondent, avant 2022, aux données agrégées au niveau de chaque
établissement ou entité d’emploi déclarées par les cotisants considérés et, à partir de
données 2022, aux données individuelles, salarié par salarié, déclarées dans le cadre de
la déclaration sociale nominative.
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Annexe IV
- 6 -
6
Une attention particulière doit être portée aux données fournies au titre de 2022 qui reflètent
potentiellement la montée en charge de la DSN : les évolutions entre 2022 et 2023 ne
peuvent ainsi être analysées comme reflétant uniquement une dynamique de
rémunération ou d’emploi mais pouvant aussi correspondre à des données
imparfaitement déclarées.
Les données désormais disponibles à un niveau individuel sur le champ considéré sont
considérées comme solides et fiables : les travaux de vérification assurés par la mission et
l’Acoss5 ont conclu à une forte qualité des données disponibles et prises dans leur ensemble
(forte fiabilité au niveau macro mais moindre au niveau micro). Les informations transmises
par les déclarants hospitaliers et territoriaux sont cohérentes avec celles qui pouvaient être
attendues. En 2023 et 2024, les erreurs ou spécificités semblent présenter des poids et valeurs
résiduels.
1.4.1.3. Un jeu de données sur douze ans et un ensemble géographique large
La période embrassée court donc globalement de 2012 à 2024. Le champ géographique
retenu est celui de l’ensemble du territoire national (France métropolitaine, DROM et
Mayotte).
1.4.1.4. Une approche selon les profils de cotisants
Les données sont issues d’une sélection portant sur les seules entités relevant des
catégories juridiques disponibles dans les fichiers. Cela correspond aux déclarations des
collectivités territoriales et des établissements publics de santé et médicosociaux6. Les
catégories « autres » pour la FPH et la FPT correspondent aux entités ne relevant pas de
grandes catégories mais relevant du champ de ces entités juridiques.
1.4.1.5. Des approches directes et indirectes des assiettes et des salariés
Sur la base de la sélection de ces entités déclarantes7, les données disponibles sont analysées.
Il est ainsi possible d’identifier les assiettes de rémunération déclarées au titre des
agents employés et les régimes et branches bénéficiant des cotisations et contributions
sociales correspondantes. Il est également possible de faire la part des agents selon le
statut déclaré par leur employeur en DSN et également selon leur quotité travaillée.
Les assiettes et régimes bénéficiaires permettent aussi de faire la part des rémunérations
selon leur nature (traitement de base et primes pour les fonctionnaires) et de distinguer
les agents titulaires selon qu’ils cotisent ou non à la CNRACL8.
5 Via sa direction des statistiques des études et de la prévision (DISEP).
6 Donc pour les collectivités territoriales (CT_commune / CT_EPCI / CT_CCAS / CT_dept / CT_region / CT_autre) et
pour les EPS ou EPS (CH_autre / CH_CMS / CH_Hop).
7 Les entités versant en lieu unique sont prises en compte, il n’est pas proposé de segmentation géographique des
données qui restent agrégées au niveau national.
8 En particulier, les agents titulaires travaillant moins de 28 heures hebdomadaires et les PUPH relèvent du régime
général.
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Annexe IV
- 7 -
7
La mission a plus particulièrement, sur la base des échanges intervenus avec l’Acoss, retenu les
variables ci-après : la rémunération brute non plafonnée et soumise à cotisations et
contributions sociales (bloc 51), les revenus d’activité soumis à la contribution sociale
généralisée et à la contribution au remboursement de la dette sociale (bloc 78 cd04), les
revenus soumis à cotisations CNRACL (bloc 78 cd48). La différence entre les deux assiettes,
permet, pour les fonctionnaires titulaires, d’avoir une approche des primes versés aux agents.
L’analyse des populations et assiettes relevant, d’une part, de la CNRACL et, d’autre part,
du régime général ou des autres régimes, permet de disposer d’ordres de grandeur des
montants qui seraient cotisés à la CNRACL dans le cas où son champ d’affiliation serait
étendu aux primes.
Les données d’effectifs retenues sont celles au titre d’une des assiettes mobilisées (bloc
51). Elles correspondent aux moyennes annuelles des agents déclarés pour un mois par une
entité déclarante ou cotisante9. Ces éléments sont corrigés et corrigeables par l’approche par
statut. Des données très agrégées sont par ailleurs disponibles et produites en ETPMA à partir
de l’ensemble des données disponibles au sein de la DSN. Des données agrégées sont également
disponibles et proposées concernant l’intérim pour les seules années récentes où des données
individuelles sont mobilisables (2022, 2023, 2024 – voir annexe 6 - Analyse du recours à
l’intérim dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales).
1.4.2. Des données qui restent à prendre avec précaution mais qui mériteraient d’être
suivies par le gestionnaire, les partenaires sociaux et les tutelles
Dans un contexte de montée en charge d’une nouvelle modalité déclarative et en l’absence
d’opérations de fiabilisation, les données sur l’année 2022 et l’évolution entre l’année 2022 et
2023 doivent être prises avec une certaine distance. En revanche, les données de fin de période
sont plus fiables en ce que les déclarants ont progressivement intégré la bonne manière de
renseigner les messages DSN (voir aussi infra, point 3.1).
Pour autant, le suivi de ces données revêt une importance particulière tant pour la CNRACL
que pour l’ensemble des décideurs publics. Compte tenu des sources mobilisées (voir supra,
encadré 1), la mission propose de systématiser le calcul d’indicateurs à périodicité annuelle
(encadré 2).
Encadré 2 : Indicateurs d’assiette, d’effectifs, de régimes et segmentations à retenir
Les données exploitées dans le cadre de la présente annexe seraient à mobiliser à intervalles réguliers
pour apprécier les évolutions à l’œuvre. Relèvent des mesures utiles : les assiettes cotisées au titre de la
contribution sociale généralisée, au titre des différentes cotisations retraite et les effectifs
correspondants (en ETP). Ces données ont vocation à être appréciées par grand secteur de rattachement
(FPH ou FOT) et, en leur sein, selon les segmentations disponibles (pour les collectivités : communes,
CCAS, EPCI, départements, régions, autres ; pour les établissements publics de santé : hôpitaux, centres
médicosociaux et autres). Elles permettent de calculer des salaires moyens par tête (SMPT) qui doivent
aussi retenir l’attention.
Source : Acoss – Urssaf caisse nationale, travaux mission.
9 Un agent travaillant une heure chaque mois est dénombré pour un agent ; un agent travaillant à temps plein
pendant un mois de l’année compte pour 1/12 ème d’agent ; un agent travaillant une heure pendant un mois de
l’année compte aussi pour 1/12ème d’agent.
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Annexe IV
- 8 -
8
2. Entre 2012 et 2024, une croissance des recettes portée par les
employeurs hospitaliers, des données globales qui ne permettent pas
de documenter un éventuel mouvement de baisse, en valeur ou en
volume, des agents titulaires cotisant à la CNRACL au profit d’autres
agents cotisant au régime général
2.1. Des rémunérations versées par les employeurs publics hospitaliers et
territoriaux en hausse sensible entre 2012 et 2024 mais des proportions
comparables aux évolutions du secteur privé, hors crise sanitaire
Entre 2012 et 2024, les assiettes soumises à prélèvements sociaux, soit les éléments de
toutes natures versés par les employeurs territoriaux et hospitaliers à leurs agents de
tous statuts ont crû de plus de 30Mds€ (graphique 1).
Graphique 1 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers – entre
2012 et 2024 – en Mds€
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024. Travaux mission.
Cette évolution est néanmoins très variable selon les années : le taux annuel d’évolution
oscille ainsi entre 1 et 6% (graphique 2).
Graphique 2 : Evolution des rémunérations versées par les employeurs territoriaux et
hospitaliers – entre 2012 et 2024 – en %
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024. Travaux mission.
Ces évolutions ne sont pas déterminées directement et de manière univoque par les
paramètres généraux de rémunération fixés par les pouvoirs publics, sans que les
employeurs territoriaux et hospitaliers n’interviennent directement. Ainsi, les évolutions de
la valeur du point, mesures concernant les deux fonctions publiques considérées,
n’expliquent que pour partie les dynamiques constatées sur la période. Les évolutions des
rémunérations ne résultent donc pas directement et uniquement de ces paramètres généraux,
pris au niveau national, et s’appliquant à l’ensemble de la fonction publique. (graphique 3).
80,54 82,56 84,89 86,72 87,58 89,44 90,55 92,04 94,49 100,06 105,37 110,12 114,59
70,00
80,00
90,00
100,00
110,00
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
2,50% 2,82% 2,15%
0,99%
2,12%
1,24% 1,65%
2,66%
5,90% 5,31% 4,51% 4,06%
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Annexe IV
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9
Graphique 3 : Hausses du point fonction publique – depuis 2009- en %
Source : Insee, données 2009 à 2025. Travaux mission.
Ces évolutions sont globalement cohérentes -hormis pendant la période de crise sanitaire-
avec celles constatées en France pour l’ensemble de la masse salariale du secteur privé
concurrentiel (graphique 4).
Graphique 4 : Evolutions annuelles de la masse salariale du secteur privé et des rémunérations
versées par les employeurs territoriaux et hospitalier – en % - entre 2012 et 2024
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024 (REPSS financement joint au PLACSS 2025)10.
Travaux mission.
2.2. Une croissance des rémunérations portée par les agents cotisant à la
CNRACL et ceux cotisant au régime général
Les rémunérations de certaines catégories portent les dynamiques observées : ainsi,
entre 2012 et 2024, au sein des effectifs employés par les employeurs territoriaux et
hospitaliers, ce sont les agents titulaires cotisant à la CNRACL et les agents titulaires ou
contractuels cotisant au régime général qui prennent une place croissante, du fait de la
diminution des rémunérations versées aux agents relevant de la fonction publique d’Etat et de
la relative stabilité des rémunérations versées aux élus (graphique 5).
10 Soit le rapport d’évaluation des politiques de sécurité sociale joint au projet de loi d’approbation des comptes de
la sécurité sociale pour 2025, voir https://evaluation.securite-sociale.fr/home/financement/1-4-2-evolution-de-la-
masse-sala.html.
0,50% 0,30% 0,50% 0,60% 0,60%
3,50%
1,50%
1er juillet
2009
1er octobre
2009
1er juillet
2010
1er juillet
2016
1er février
2017
1er juillet
2022
1er juillet
2023
1,2% 1,5% 1,7% 2,4%
3,6% 3,5% 3,1%
-5,7%
9,0% 8,7%
5,7%
3,3%
2,5% 2,8%
2,2% 1,0% 2,1% 1,2% 1,6%
2,7%
5,9% 5,3% 4,5% 4,1%
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Masse salariale du secteur privé
concurrentiel
-- 101 of 491 --
Annexe IV
- 10 -
10
Graphique 5 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers – par type
d’agents – en 2012 et en 2024 - en % de l’ensemble des rémunérations versées
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024. Travaux mission. Les catégories spécifiques
(Détenus, service civique, accessoires de rémunérations, etc.) ne sont pas représentées car elles représentent moins de
0.01% des montants versés.
2.3. Un poids évident des collectivités territoriales en nombre de salariés mais
moindre en termes de rémunérations versées par salarié
Ces évolutions sont en outre à apprécier au regard du poids respectif des employeurs
hospitaliers et territoriaux : les collectivités territoriales versent, en termes de mase de
rémunérations, globalement entre 30 (2012) et 25 % (2024) de plus que les structures
publiques sanitaires et médico-sociales (graphique 6).
Graphique 6 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers – entre
2012 et 2024 – en Mds€
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024. Travaux mission.
Entre 2022 et 2024, les effectifs en équivalents temps plein sont disponibles : ils reflètent
à nouveau le poids prépondérant des employeurs territoriaux qui représentent près des
deux tiers des effectifs employés. Si le nombre d’agents croit dans les deux secteurs, le poids
des employeurs territoriaux diminue sensiblement (-6.6 points sur la période – voir tableau 1).
Ces données s’entendent ici tous types d’agents confondus (hors intérim). Sont donc pris en
compte les titulaires comme les contractuels.
61,8%
27,5%
8,7% 1,9%
67,3%
30,8%
0,0% 1,8%
Agents titulaires cotisant
CNRACL
Agents titulaires ou
contractuels cotisant au
régime général
Agents titulaires de
l'Etat cotisant au SRE
(civils et militaires)
Elus locaux cotisant au
régime général
2012
2024
33,0 34,0 34,6 35,1 35,7 36,4 36,9 37,4 39,2
43,0 45,5 47,5 49,3
47,6 48,6 50,3 51,6 51,8 53,0 53,7 54,6 55,3 57,1 59,8 62,6 65,3
30,0
35,0
40,0
45,0
50,0
55,0
60,0
65,0
70,0
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Employeurs hospitaliers Employeurs territoriaux
-- 102 of 491 --
Annexe IV
- 11 -
11
Tableau 1 : Salariés et agents en équivalents temps plein des employeurs territoriaux et
hospitaliers – en nombre et en % - de 2022 à 2024
2022 2023 2024
Nombre % Nombre % Nombre %
Employeurs hospitaliers 862 892 31,39% 995 731 34,69% 1 171 987 37,92%
Employeurs territoriaux 1 886 425 68,61% 1 874 953 65,31% 1 918 518 62,08%
Total 2 749 317 2 870 684 3 090 505
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
Si les collectivités territoriales emploient le plus grand nombre de salariés, leurs agents
sont sensiblement moins bien rémunérés que les salariés des employeurs hospitaliers.
Cela reflète directement la répartition par catégories hiérarchiques qui est différente ente les
fonctions publiques territoriales et hospitalières (voir également annexe 10 - Les évolutions de
la population affiliée et des recettes de la CNRACL et les impacts des hausses de taux sur les
stratégies d’emploi . Si l’on rapporte la masse des rémunérations de toutes natures versées aux
effectifs en équivalent temps plein, la différence apparaît significative puisque globalement les
établissements publics sanitaires et médicosociaux rémunèrent leurs agents entre 40 à 20%
de plus que les employeurs territoriaux. Mais ces fortes différences sur la période reflètent à la
fois la fiabilisation progressive des déclarations et de forts mouvements de recrutement
(tableau 2).
Tableau 2 : Rémunérations moyennes versées par équivalent temps plein par les employeurs
territoriaux et hospitaliers – en € - de 2022 à 2024
2022 2023 2024
Employeurs hospitaliers 52 341 47 538 42 172
Employeurs territoriaux 31 297 32 927 33 458
Total 37 902 37 995 36 763
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
2.4. Les structures de rémunérations versées aux différentes catégories
d’agents ou de salariés divergent entre les employeurs hospitaliers et
territoriaux
Pour les employeurs hospitaliers, la tendance entre 2012 et 2024 est particulièrement
nette : la hausse des rémunérations versées est directement portée par la hausse du
poids des rémunérations des agents cotisant à la CNRACL dans l’ensemble des
rémunérations versées. Cette tendance est en apparence clairement favorable aux recettes de
la CNRACL. Elle a, par construction, un effet potentiel à terme sur les masses de pensions
versées (graphique 7). Ce mouvement s’explique par la disparition d’une catégorie
d’agents : les agents titulaires employés par les établissements publics sanitaires et
médicosociaux mais relevant de la fonction publique d’Etat, civile ou militaire.
-- 103 of 491 --
Annexe IV
- 12 -
12
Graphique 7 : Structure des rémunérations versées par les employeurs hospitaliers – par type
d’agents – entre 2012 et 2024 - en %
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024. Travaux mission. Les catégories spécifiques
(Détenus, service civique, accessoires de rémunérations, etc.) ne sont pas représentées car elles représentent moins de
0.01% des montants versés.
En ce qui concerne les employeurs territoriaux, la dynamique est différente : le poids
des rémunérations versées au titre des agents cotisant à la CNRACL est stable, alors que
la part des rémunérations versées au titre des agents cotisant au régime général croît
plus sensiblement du fait de la disparition des agents relevant de la fonction publique d’Etat,
civile ou militaire. Le poids des élus est stable tout au long de la période. Cette dynamique
globale est a priori neutre pour la CNRACL (graphique 8).
Graphique 8 : Structure des rémunérations versées par les employeurs territoriaux – par
catégorie d’agents – entre 2012 et 2024 - en %
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024. Travaux mission. Les catégories spécifiques
(Détenus, service civique, accessoires de rémunérations, etc.) ne sont pas représentées car elles représentent moins de
0.01% des montants versés.
47,8%
62,6%
34,7%
37,3%
17,4%
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Agents titulaires de
l'Etat cotisant au
SRE (civils et
militaires)
Agents titulaires ou
contractuels
cotisant au régime
général
Agents titulaires
cotisant CNRACL
71,5% 70,8%
22,6% 25,9%
2,6%
3,3% 3,2%
Elus locaux cotisant au régime
général
Agents titulaires de l'Etat
cotisant au SRE (civils et
militaires)
Agents titulaires ou
contractuels cotisant au régime
général
Agents titulaires cotisant
CNRACL
-- 104 of 491 --
Annexe IV
- 13 -
13
2.5. Globalement, les rémunérations versées aux agents cotisant à la CNRACL
demeurent prédominantes et les données ne permettent pas de percevoir
une dynamique de hausse des emplois de titulaires à temps partiel ou de
contractuels
Ainsi, entre 2012 et 2024, la CNRACL voit a priori sa situation confortée en ce que les
rémunérations versées aux agents cotisant à la CNRACL sont supérieures à celles
versées aux agents cotisant au régime général (tableau 3).
Leur croissance est cependant moins forte : les rémunérations versées aux agents cotisant
à la CNRACL augmentent de 55% entre 2012 et 2024. Celles versées aux agents cotisant au
régime général augmentent pour leur part de 59%. Ces dynamiques différentes ne remettent
cependant pas en cause la répartition des rémunérations entre catégories. Il n’existe donc pas
de tendance de nature à affecter l’équilibre de la CNRACL.
Tableau 3 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers au titre de
leurs agents relevant de la CNRACL ou du régime général – en Mds€
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Agents
cotisant à
la
CNRACL
49,80 53,28 55,22 56,70 57,87 60,99 62,23 63,54 65,09 67,98 71,21 74,49 77,11
Agents
cotisant
au régime
général
22,19 22,29 22,99 23,44 23,61 24,28 24,83 25,28 26,31 29,16 31,82 33,48 35,32
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024. Travaux mission. Les agents cotisant au régime
général correspondent aux agents titulaires travaillant moins de 28 heures hebdomadaires ou agents contractuels.
Ainsi, si l’on ne prend en compte que ces deux catégories, leur poids relatif évolue peu au cours
de la période analysée (graphique 9). La hausse des rémunérations versées aux agents
cotisant au régime général, donc aux agents contractuels ou aux agents titulaires travaillant
moins de vingt-huit heures par semaine est légère et peu perceptible. Son impact semble a
priori des plus faibles sur l’équilibre financier de la CNRACL.
Graphique 9 : Poids respectifs des rémunérations versées aux agents des employeurs
territoriaux et hospitaliers selon qu’ils cotisent à la CNRACL ou au régime général au titre du
risque vieillesse – années 2012 et 204 – en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
69,2% 68,6%
30,8% 31,4%
2012 2024
Agents cotisant au régime
général
Agents cotisant à la
CNRACL
-- 105 of 491 --
Annexe IV
- 14 -
14
2.6. Les dynamiques à l’œuvre dans chaque secteur employeur sont néanmoins
très différentes
La croissance des rémunérations versées aux agents cotisant à la CNRACL est très
largement portée par les employeurs hospitaliers : entre 2012 et 2024, les rémunérations
qu’ils versent au titre des agents cotisant à la CNRACL sont multipliées par deux alors que celles
versées aux mêmes agents par les collectivités territoriales n’augmentent que de moitié
(graphique 10). Sur la période, la dynamique de financement de la CNRACL semble donc
plus portée par les établissements publics de santé et médicosociaux.
Graphique 10 : Rémunérations versées aux agents cotisant à la CNRACL par les employeurs
territoriaux et hospitaliers– années 2012 et 204 – en Mds €
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024. Travaux mission.
De même, les rémunérations versées par les employeurs hospitaliers à leurs agents
cotisant au régime général (agents contractuels ou agents titulaires travaillant moins de
vingt-huit heures par semaine) doublent sur la période (graphique 11). La hausse est moins
prononcée du côté des employeurs territoriaux (+36%).
Graphique 11 : Rémunérations versées aux agents cotisant au régime général par les
employeurs territoriaux et hospitaliers– années 2012 et 204 – en Mds €
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024. Travaux mission.
15,76
18,1518,7719,0519,8521,9122,3722,9523,97
26,2528,1829,6630,86
34,0435,1236,4537,6538,0239,0739,8540,5841,1241,7243,0444,8446,25
15,00
20,00
25,00
30,00
35,00
40,00
45,00
50,00
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Employeurs hospitaliers
Employeurs territoriaux
15,76 22,37
30,86
34,04
39,85
46,25
15,00
20,00
25,00
30,00
35,00
40,00
45,00
50,00
Employeurs hospitaliers
Employeurs territoriaux
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Annexe IV
- 15 -
15
Les données disponibles sur les assiettes de rémunération ne permettent donc pas à ce stade
de cerner un mouvement de substitution d’agents titulaires cotisant à la CNRACL à des
agents, titulaires ou non, cotisant au régime général. Les dynamiques à l’œuvre sont très
différentes et le poids des employeurs territoriaux pèse sur les résultats d’ensemble
(tableau 4).
Tableau 4 : Evolution des rémunérations versées par les employeurs territoriaux et
hospitaliers au titre de leurs agents relevant de la CNRACL ou du régime général – entre 2012 et
2024 - en %
Agents cotisant à la CNRACL Agents cotisant au régime général
Employeurs hospitaliers + 95,8% + 60,7%
Employeurs territoriaux + 35,9% + 57,5%
Ensemble + 54,8% + 59,2%
Source : Acoss – données DADS et DSN au titre des années 2012 à 2024. Travaux mission. Les agents cotisant au régime
général correspondent aux agents titulaires travaillant moins de 28 heures hebdomadaires ou agents contractuels.
3. L’analyse des données détaillées disponibles pour les années 2022 à
2024 permet d’apprécier des dynamiques complémentaires et une
tendance à la stagnation des agents titulaires et à un essor des
contractuels
3.1. Des données globales, agrégées, accessibles par secteur et par catégories
d’agents mais en cours de fiabilisation
Les données mobilisées entre 2012 et 2024 sont générales et très agrégées. Les données
disponibles pour les années 2022 à 2024 sont plus détaillées. Comme on l’a souligné, elles sont
cependant à apprécier dans un contexte de montée en charge d’une nouvelle procédure de
déclaration via la déclaration sociale nominative (DSN). Celle-ci a d’abord été déployée dans le
secteur privé. Elle est le fruit d’actions constantes de fiabilisation des données déclarées en
usant de plusieurs leviers (encadré 3).
Encadré 3 : La DSN, reflet d’une action continue de fiabilisation es données du secteur privé et
de leur usage statistique
Les données disponibles en déclaration sociale nominative (DSN) et utilisées ci-après sont des données
de gestion. Elles sont donc le reflet direct des déclarations effectués par chaque employeur ou chaque
établissement cotisant. La DSN a été déployée dès 2013 pour l’ensemble des entités relevant du secteur
privé, que ces entités aient une activité lucrative ou non. Ce déploiement s’appuyait sur une démarche
ancienne de fiabilisation des données déclarées par le secteur privé, en particulier via la déclaration
annuelle des données sociales, les déclarations mensuelles ou trimestrielles et les autres déclarations
événementielles.
La particularité de la DSN est de reposer sur les informations disponibles dans le système ou logiciel
utilisé par le déclarant, soit un « message » DSN, qu’il soit lié à une obligation périodique ou à un
évènement (embauche ou licenciement, arrêt de travail, etc.).
Dans le secteur privé, la fiabilisation des données DSN a reposé sur plusieurs leviers : la sensibilisation
et l’information -progressives et renforcées- des déclarants et des employeurs ; l’encadrement et
l’amélioration des traitements et informations transmises par les logiciels de paye et les tiers
déclarants ; la montée en puissance de dispositifs d’identification des atypies et anomalies déclaratives
permettant, dès réception des informations, de solliciter une nouvelle validation des éléments atypiques
par le déclarant ; la montée en puissance puis la reconduction d’opérations de contrôle sur pièces et sur
place donnant lieu, le cas échéant à des corrections ou des redressements assortis de majorations de
retard (équivalent à un taux d’intérêt) et de pénalités (revêtant la nature d’une sanction).
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Annexe IV
- 16 -
16
Outre ces opérations très fortes de fiabilisation des données administratives déclarées dans un but de
recouvrement et de gestion, des actions de fiabilisation statistique ont été menées de manière régulière :
au fil de l’usage du système de gestion, les statisticiens ont pu identifier les difficultés liées non à des
erreurs de déclaration mais au système d’informations en tant que tel. Cette connaissance accrue a
permis, de manière routinière, de fiabiliser les données produites et d’en renforcer la connaissance et la
maîtrise. Elles ont pu en outre, parfois, justifier des évolutions de la nature même des déclarations. Ces
actions conduisent aujourd’hui à considérer les données disponibles via l’Acoss (ou Urssaf-caisse
nationale) sur le champ du secteur privé comme exhaustives et relevant un haut niveau de fiabilité.
Source : Acoss – Urssaf caisse nationale, travaux mission.
Le secteur public n’a été soumis à la DSN que plus récemment. Il ne relève pas des mêmes
actions de fiabilisation que celles conduites de longue date dans le secteur privé (encadré 4).
Encadré 4 : La DSN, une mise en œuvre plus tardive dans le secteur public permettant d’accéder
à des données de gestion encore en cours de fiabilisation
Les actions menées dans le secteur privé relevant du champ concurrentiel n’ont, à ce stade, pas été
systématiquement dupliquées du côté du secteur public. Ce champ relève de démarches obligatoires,
spécifiques et autonomes de fiabilisation, reflet notamment du choix de séparation entre les fonctions
d’ordonnateur et de comptable. Contrairement aux entreprises privées, pour lesquelles les Urssaf
constituent l’acteur quasi exclusif des actions de recouvrement et de contrôle des cotisations et
contributions sociales, les entités publiques sont non seulement confrontées à plusieurs recouvreurs
pour leurs cotisations et contributions sociales mais en outre ne relèvent pas de la même législation en
recettes (taux et assiettes) comme en dépenses (prestations). Elles ne donnent pas lieu aux mêmes
actions de recouvrement et de contrôle.
La DSN n’a ainsi été déployée que progressivement dans le secteur public. Seuls les millésimes à compter
de 2022 sont exploitables. Et l’analyse des données successivement déclarées souligne indirectement
l’ampleur des opérations de fiabilisation effectuées à ce stade de manière relativement basique soit le
reflet des corrections assurées par les utilisateurs au fil de leur appropriation de formalités déclaratives
rénovées. Mais nul ne dispose des leviers comparables sur ce champ à celui qu’exercent les Urssaf sur
les entités privées. Au-delà, la mise à disposition de données consolidées permettant d’accéder à un
niveau de détail relativement inédit est tout à fait nouvelle. Il n’y a donc pas eu à ce stade
d’accommodation à ces données par les services statistiques et donc d’appropriation et de fiabilisation
purement statistiques de données de gestion. La qualité n’est ici pas comparable à celle existant pour le
secteur privé.
Source : Acoss – Urssaf caisse nationale, travaux mission.
Les données mobilisées sont donc spécifiques et utilisées de la sorte pour la première
fois à la connaissance de la mission et des services statistiques de l’Acoss. Elles permettent
tant à la CNRACL qu’à l’ensemble des décideurs de disposer de données bien plus précises et
détaillées. Ces données sont néanmoins brutes, de gestion et en cours de fiabilisation. Elles
doivent être appréciées à cette aune. C’est à ce titre que la mission a déployé des modalités
spécifiques de fiabilisation et de vérification (encadré 5).
Encadré 5 : Une approche spécifique de prudence et de fiabilisation menée par la mission
L’exploitation des données ci-après est donc relativement inédite. Elle constitue un précédent. Eu égard
à la nature des données et au contexte, la mission a précisé ponctuellement dans des encadrés
méthodologiques les limites et points d’attention.
En tout état de cause, les données présentées ci-après et en particulier les tendances peuvent témoigner
de deux mouvements dont il est impossible de mesurer les effets distincts : des dynamiques à l’œuvre
du fait des actions et décisions des employeurs, des approches reflétant plutôt la fiabilisation en cours
des données.
Sous ces réserves, les données 2024 sont considérées comme les plus solides et les meilleures pouvant
être utilisées pour produire les éléments nécessaires aux travaux menés. Les données présentées ci-
après, si elles sont perfectibles, présentent cependant un niveau de qualité inégalée sur le champ
embrassé.
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Annexe IV
- 17 -
17
Pour tenir compte des démarches de fiabilisation à l’œuvre, la mission a recouru à deux approches :
d’une part, des approches de vérifications globales de cohérence, en rapprochant les assiettes déclarées
des taux de cotisations afin d’estimer si les recettes ainsi calculées correspondent bien aux
encaissements et aux produits comptabilisés dans les comptes des entités bénéficiaires. Ces travaux,
menées sur le champ CNRACL ont souligné la solidité des données disponibles. La mission a par ailleurs
établi des indicateurs permettant notamment d’évaluer la fiabilité des déclarations : la plupart des
agents déclarés comme fonctionnaires doivent, sauf exception (professeurs des universités et praticiens
hospitaliers notamment) cotiser à la CNRACL et non au régime général. Là encore, ces travaux, dont cette
annexe atteste, ont souligné la qualité et la vraisemblance des données produites ci-après et des ordres
de grandeur qu’elles permettent de constater.
Source : Acoss – Urssaf caisse nationale, travaux mission.
3.2. L’analyse des données d’effectifs permet de cerner de premiers
mouvements de substitution d’emplois, intervenant au détriment de la
CNRACL
Les données disponibles permettent de disposer d’informations particulièrement riches en
termes de profils de personnels employés par les acteurs hospitaliers et territoriaux
(encadré 6).
Encadré 6 : Les données disponibles concernant les effectifs
La DSN permet de disposer d’informations potentiellement particulièrement riches concernant les
effectifs. Elle permet ainsi d’accéder aux statuts d’emploi, au nombre d’heures travaillées et aux régimes
auxquels les salariés cotisent.
En ce qui concerne les statuts d’emplois, sont identifiés en DSN : les fonctionnaires titulaires, les
contractuels, les apprentis. A ces catégories standards, pour tenir compte des salariés mal déclarés, sont
ajoutées deux catégories : les autres salariés à temps plein et les salariés non renseignés.
Les fonctionnaires titulaires ou les contractuels s’entendent des agents qui sont à temps plein ou à temps
partiel. Les salariés non renseignés peuvent exercer à temps plein ou à temps partiel.
Les données par salarié proposent donc, le cas échant, le statut de l’agent ainsi que le nombre d’heures
qu’il a travaillé au cours de la période examinée. Ces données permettent de calculer des employés en
équivalents temps plein par référence à la durée annuelle de travail. Sans préjudice des statuts, toutes
les données présentées ci-après ont ainsi été, à la demande de la mission, recalculées par l’Acoss – Urssaf
caisse nationale. Contrairement à d’autres approches, il a été retenu ici cette dimension de proratisation
et non de compter le nombre d’agents employés au moins un jour au cours de l’année considérée (voir
supra).
Enfin, les agents peuvent aussi être identifiés via le régime auxquels ils cotisent au titre du risque
retraite. Sont considérés ici : les agents qui cotisent à la CNRACL, ceux qui cotisent aux régimes de droit
commun des salariés du secteur privé (régime général et Agirc-Arrco) et ceux qui cotisent aux autres
régimes (très majoritairement ici des agents relevant du service des retraites de l’Etat ou d’autres
régimes spéciaux).
Source : Acoss – Urssaf caisse nationale, travaux mission.
Au cours de la période, les effectifs semblent croître de manière très forte : cette croissance est
très largement portée entre 2022 et 2024 par les employeurs territoriaux. Cette hausse
apparente dissimule sans doute un double mouvement ; d’une part, fiabilisation des éléments
déclarés et plus forte exhaustivité des DSN millésime après millésime et, d’autre part, hausse
effective des effectifs employés par les acteurs publics de la santé ou des territoires (tableau 5).
Le fait que les hausses les plus prononcées soient du côté des employeurs territoriaux est le
reflet que ceux-ci, notamment ceux de petites tailles, sont plus particulièrement concernés par
les opérations et actions de fiabilisation des données déclarées.
-- 109 of 491 --
Annexe IV
- 18 -
18
Tableau 5 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers au titre de
leurs agents relevant de la CNRACL ou du régime général – en Mds€
2022 2023 2024 2022-2024
Employeurs hospitaliers 862 892 995 731 1 171 987 309 095
Employeurs territoriaux 1 886 425 1 874 953 1 918 518 32 093
Ensemble 2 749 317 2 870 684 3 090 505 341 188
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
3.2.1. Une légère baisse du poids des agents cotisant à la CNRACL entre 2022 et 2024
De manière globale, les données DSN donnent à voir une hausse tant des effectifs cotisant
à la CNRACL qu’une hausse des agents cotisant aux régimes de droit commun du secteur
privé. Cela reflète sans doute des mouvements divers, tant d’évolution d’es emplois que de
fiabilisation des données déclaratives (tableau 6).
Tableau 6 : Effectifs employés - selon leur régime d’affiliation vieillesse - en équivalents temps
plein –
2022 2023 2024 2022-2024
en nombre
2022-2024
en %
Agents cotisant à la CNRACL 1 843 417 1 902 231 2 189 807 346 391 18,8%
Agents cotisant aux régimes de
droit commun du secteur privé 863 673 937 625 1 031 968 168 295 19,5%
Agents cotisant aux autres régimes 42 227 30 827 26 968 -15 260 -36,1%
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
Tous types d’employeurs confondus, le poids des fonctionnaires titulaires cotisant à la
CNRACL est décroissant entre 2022 et 2024 (-1,2 point) : la CNRACL perd, sur ce champ,
des effectifs cotisants. Mais au global, les effectifs, quel que soit leur statut, cotisant à la
CNRACL semblent stables ou croître légèrement (+0,4 point).
Cette dynamique est globalement cohérente en ce qu’il est plus que logique que plus de neuf
personnes sur dix, identifiées comme étant des agents titulaires, relevant des employeurs
territoriaux ou hospitaliers, cotisent au régime de droit commun : la CNRACL (graphique 12).
Ces éléments sont a priori les mieux maîtrisés par les déclarants. Les fonctionnaires titulaires
ne cotisant pas à la CNRACL correspondent soit à ceux dont la durée de travail est inférieure à
vingt-huit heures hebdomadaires et relèvent donc des régimes de droit commun des salariés
du secteur privé, soit à des catégories particulières échappant à l’affiliation à la CNRACL (cas
des praticiens hospitaliers – professeur des universités) ou encore à des fonctionnaires
relevant statutairement d’autres régimes publics (pensions civiles et militaires de l’Etat).
-- 110 of 491 --
Annexe IV
- 19 -
19
Graphique 12 : Effectifs employés relevant de la CNRACL - selon leur statut - en équivalents
temps plein – tous secteurs -en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission. Les apprentis ne sont pas présentés
car ils représentent moins de 0,1 % des effectifs globaux. Lecture : en 2022, 91,8% des fonctionnaires titulaires en
équivalent temps plein, quelle que soit leur quotité travaillée, donnent lieu à cotisation à la CNRACL. Ce taux est de
91,2% en 2023 et de 90,6% en 2024.
Les employeurs hospitaliers comprennent une part moins importante de fonctionnaires
titulaires qui cotisent à la CNRACL. Cela s’explique sans doute par le statut spécifique des
professeurs des universités – praticiens hospitaliers (PU-PH)11. Sur ce champ, on constate une
baisse sensible du poids des fonctionnaires titulaires cotisant à la CNRACL (-1,7 point
entre 2022 et 2024). Cela conduit à une baisse de 0,8 point des effectifs cotisant à la CNRACL
(graphique 13).
Graphique 13 : Effectifs employés relevant de la CNRACL - selon leur statut - en équivalents
temps plein – employeurs hospitaliers -en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission. Les apprentis ne sont pas présentés
car ils représentent moins de 0,1 % des effectifs globaux. Lecture : en 2022, 83,1% des fonctionnaires titulaires en
équivalent temps plein, quelle que soit leur quotité travaillée, donnent lieu à cotisation à la CNRACL. Ce taux est de
82,3% en 2023 et de 81,6% en 2024.
11 En ce qui concerne ces agents publics, ils relèvent, pour leurs différentes rémunérations, du régime des pensions
civiles et militaires et du régime général (CNAV) et des régimes complémentaires du privé (Agirc-Arrco).
90,6% 0,1% 0,2%
3,7% 67,4%
91,2% 0,1% 0,2%
8,4%
66,3%
91,8% 0,1% 0,1% 11,0% 67,0%
Fonctionnaires
titulaires (temps
plein et temps
partiel)
Contractuels
(temps plein et
temps partiel)
Temps plein non
identifiés
Non renseignés Ensemble
2022
2023
2024
81,6% 0,0% 0,0% 1,0% 64,2%
82,3% 0,0%
0,0%
1,4% 64,5%
83,1% 0,0%
0,1%
1,2% 65,0%
Fonctionnaires
titulaires (temps
plein et temps
partiel)
Contractuels
(temps plein et
temps partiel)
Temps plein non
identifiés
Non renseignés Ensemble
2022
2023
2024
-- 111 of 491 --
Annexe IV
- 20 -
20
Du côté des employeurs territoriaux (graphique XX), les opérations de fiabilisation sont
perceptibles au fil de la période en ce que le poids des personnes non identifiés est décroissant.
La quasi-intégralité des fonctionnaires titulaires cotise à la CNRACL, le poids de cette
catégorie au sein des titulaires va croissant au cours de la période (+0,7 point).
Symétriquement la part des contractuels cotisant à la CNRACL est tout à fait résiduelle ce qui
souligne potentiellement un faible taux d’erreur. Tous statuts confondus, on constate une
tendance marquée à la baisse des effectifs employés qui cotisent à la CNRACL puisque
ceux-ci passent de 68,0 à 66,7% (-1,3 point).
Graphique 14 : Effectifs employés relevant de la CNRACL - selon leur statut - en équivalents
temps plein – employeurs territoriaux -en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission. Les apprentis ne sont pas présentés
car ils représentent moins de 0,1 % des effectifs globaux. Lecture : en 2022, 96,2% des fonctionnaires titulaires en
équivalent temps plein, quelle que soit leur quotité travaillée, donnent lieu à cotisation à la CNRACL. Ce taux est de
96,6% en 2023 et de 96,9% en 2024.
3.2.2. Une hausse du poids des agents cotisant aux régimes de droit commun entre
2022 et 2024
S’agissant des agents cotisants aux régimes de droit commun des salariés du secteur
privé12 : leur part est réduite au sein des fonctionnaires titulaires mais augmente
significativement au cours de la période (+1,5 point), elle augmente aussi au sein des
contractuels (+1.4 point). Globalement, le poids de ces agents dans l’ensemble des agents est
stable sans doute du fait des mouvements de fiabilisation intervenant : ainsi, il est logique que
l’intégralité des apprentis relèvent des régimes d droit commun (graphique 15). Tous types
d’employeurs confondus, la tendance est à la hausse modérée de ces agents, hausse qui
se fait au détriment de la CNRACL.
12 Donc : le régime général pour la base, soit la caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) et les régimes
complémentaires (i) pour les salariés du secteur privé soit l’association générale des institutions de retraite des
cadres et l’association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Agirc-Arrco) pour les agents de droit
privé et (ii) pour les agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques l’institution de retraite
complémentaire des agents non-titulaires de l'Etat et des collectivités publiques (Ircantec).
96,9% 0,1% 0,3% 3,8% 66,7%
96,6% 0,1% 0,2%
8,6%
67,2%
96,2% 0,1% 0,1% 11,2% 68,0%
Fonctionnaires
titulaires (temps
plein et temps
partiel)
Contractuels
(temps plein et
temps partiel)
Temps plein non
identifiés
Non renseignés Ensemble
2022
2023
2024
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Annexe IV
- 21 -
21
Graphique 15 : Effectifs employés relevant des régimes des salariés du privé - selon leur statut -
en équivalents temps plein – tous secteurs -en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission. Lecture : en 2022, 7,4% des
fonctionnaires titulaires en équivalent temps plein, quelle que soit leur quotité travaillée, donnent lieu à cotisation aux
régimes des salariés du secteur privé. Ce taux est de 8,1% en 2023 et de 8,9% en 2024.
Sur le seul champ des employeurs hospitaliers (graphique 16), le poids des agents
cotisant aux régimes des salariés du privé va croissant, toutes catégories confondues et
hors mouvements de fiabilisation. Cette hausse est notamment marquée au sein de la
population des fonctionnaires titulaires (+1,7 point).
Graphique 16 : Effectifs employés relevant des régimes des salariés du privé - selon leur statut -
en équivalents temps plein – employeurs hospitaliers -en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
Sur le champ des employeurs territoriaux, les évolutions sont encore plus marquées
(+2,2 points entre 2022 et 2024). Elles reflètent largement des difficultés déclaratives
rencontrées par les employeurs, comme le montre le poids de ces agents parmi les agents à
temps plein non identifiés ou parmi les agents non renseignés (graphique 17).
8,9% 99,3% 93,3% 90,2% 99,3% 31,8%
8,1% 99,1% 95,3% 82,2% 98,8% 32,7%
7,4% 97,9% 96,6% 76,0% 95,4% 31,4%
Fonctionnaires
titulaires
(temps plein et
temps partiel)
Contractuels
(temps plein et
temps partiel)
Temps plein
non identifiés
Non renseignés Apprentis Ensemble
2022
2023
2024
18,0% 99,3% 69,0% 98,8% 99,8% 35,0%
17,2% 99,1% 79,7% 97,0% 99,6% 34,6%
16,3% 98,2% 94,9% 92,2% 99,8% 34,1%
Fonctionnaires
titulaires
(temps plein et
temps partiel)
Contractuels
(temps plein et
temps partiel)
Temps plein
non identifiés
Non renseignés Apprentis Ensemble
2022
2023
2024
-- 113 of 491 --
Annexe IV
- 22 -
22
Graphique 17 : Effectifs employés relevant des régimes des salariés du privé - selon leur statut -
en équivalents temps plein – employeurs territoriaux -en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
Par ailleurs, le poids des agents cotisants aux autres régimes est négligeable par rapport
aux autres emplois. Cette catégorie évolue cependant de manière très forte du côté des
collectivités territoriales. Cela reflète sans doute des difficultés déclaratives : la catégorie des
agents « non renseignés » évolue très fortement parmi les collectivités (tableau 7).
Tableau 7 : Effectifs employés – régimes autres que la CNRACL et le régime général - en
équivalents temps plein –
2022 2023 2024 2022-2024 2022-2024
Employeurs hospitaliers 9 742 8 720 7 853 -1 889 -19,4%
Employeurs territoriaux 17 225 22 108 34 374 17 149 99,6%
Ensemble 26 968 30 827 42 227 15 260 56,6%
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
3.3. Les données de rémunérations permettent des approches
complémentaires
3.3.1. Des rémunérations qui évoluent positivement entre 2022 et 2024 avec des
hausses plus prononcées du côté des employeurs hospitaliers
Les rémunérations, prises au sens le plus large, soit les revenus d’activité soumis à la
contribution sociale généralisée et à la contribution au remboursement de la dette sociale,
évoluent positivement au cours de la période (+9,4 Mds€ - tableau 8).
Tableau 8 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers – toutes
catégories d’agents – en M€
2022 2023 2024 2022-2024
Employeurs hospitaliers 45 164 47 335 49 425 + 4 261
Employeurs territoriaux 59 040 61 737 64 190 + 5 150
Ensemble 104 204 109 072 113 615 + 9 411
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
La tendance est cependant plus prononcée du côté des employeurs hospitaliers : les
rémunérations qu’ils versent augmentent ainsi de 0,7 point de plus entre 2022 et 2024 que
2,5% 99,3% 97,5% 90,1% 99,2% 32,4%
2,6% 99,1% 97,2% 81,8% 98,6% 31,6%
2,8% 97,8% 96,8% 75,7% 94,9% 30,2%
Fonctionnaires
titulaires
(temps plein et
temps partiel)
Contractuels
(temps plein et
temps partiel)
Temps plein
non identifiés
Non renseignés Apprentis Ensemble
2022
2023
2024
-- 114 of 491 --
Annexe IV
- 23 -
23
celles des employeurs territoriaux (graphique 18).
Graphique 18 : Evolution des rémunérations versées par les employeurs territoriaux et
hospitaliers – toutes catégories d’agents -en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
3.3.2. Toutes catégories d’agents et secteurs confondus, une hausse plus marquée des
rémunérations versées aux agents relevant des régimes de salariés du privé
Tous secteurs d’activité confondus, la hausse des rémunérations est notablement plus
soutenue du côté des agents relevant des régimes des salariés du secteur privé (+14,9%
entre 2022 et 2024) que de celui des agents cotisant à la CNRACL (+7,7%), les
rémunérations versées aux agents cotisant aux autres régimes diminuent très fortement pour
devenir résiduelles (-31,6% - graphique 19).
Graphique 19 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers – toutes
catégories d’agents – selon le régime d’affiliation en vieillesse - en M€
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
Pour les agents relevant des employeurs hospitaliers, les rémunérations sont plus
dynamiques entre 2022 et 2024 pour les agents cotisant aux régimes des salariés du
privé (+10,3%) que celles versées aux agents cotisant à la CNRACL (+9,0%), le poids des agents
cotisant aux autres régimes étant résiduel (graphique 20).
4,8% 4,4%
9,4%
4,6%
4,0%
8,7%
4,7%
4,2%
9,0%
3,0%
4,0%
5,0%
6,0%
7,0%
8,0%
9,0%
10,0%
2022-2023 2023-2024 2022-2024
Employeurs hospitaliers
Employeurs territoriaux
Ensemble
71 021 73 708 76 456
31 119 33 785 35 748
2 064 1 580 1 411
2022 2023 2024
Agents cotisant aux autres
régimes
Agents cotisant aux régimes
des salariés du privé
Agents cotisant à la CNRACL
-- 115 of 491 --
Annexe IV
- 24 -
24
Graphique 20 : Rémunérations versées par les employeurs hospitaliers – toutes catégories
d’agents – selon le régime d’affiliation en vieillesse - en M€
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
Du côté des employeurs territoriaux, les évolutions sont nettement plus marquées : les
rémunérations versées aux agents relevant des régimes des salariés du secteur privé
sont extrêmement dynamiques (+19,8% entre 2022 et 2024) par rapport à celles des
agents cotisant à la CNRACL (+6,8%). Le poids résiduel des agents cotisant aux autres régimes
peut expliquer l’évolution atypique de leurs rémunérations (-38,2% - graphique 21).
Graphique 21 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux – toutes catégories
d’agents – selon le régime d’affiliation en vieillesse - en M€
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
28 658 29 908 31 230
16 193 17 028 17 866
313 399 329
0
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
35 000
2022 2023 2024
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant aux régimes
des salariés du privé
Agents cotisant aux autres
régimes
42 363 43 800 45 226
14 926 16 757 17 881
1 751 1 180 1 082
0
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
35 000
40 000
45 000
50 000
2022 2023 2024
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant aux régimes des
salariés du privé
Agents cotisant aux autres
régimes
-- 116 of 491 --
Annexe IV
- 25 -
25
3.3.3. Du côté des fonctionnaires titulaires, une hausse notable des rémunérations
versées aux agents relevant des régimes des salariés du privé, du seul fait des
employeurs hospitaliers
Tous secteurs confondus, les rémunérations des fonctionnaires titulaires sont plus
dynamiques pour ceux relevant des régimes des salariés du secteur privé (+9,4% entre
2022 et 2024) que pour ceux relevant de la CNRACL (+7,8%). Les rémunérations versées
aux agents relevant des autres régimes sont résiduelles (graphique 22).
Graphique 22 : Rémunérations versées aux fonctionnaires titulaires par les employeurs
territoriaux et hospitaliers – selon le régime d’affiliation en vieillesse - en M€
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
Les employeurs hospitaliers sont seuls à l’origine de cette dynamique : ils rassemblent la
quasi intégralité des agents titulaires qui cotisent au régime général et non à la CNRACL
(graphique 23).
Graphique 23 : Rémunérations versées aux fonctionnaires titulaires par les employeurs
hospitaliers– selon le régime d’affiliation en vieillesse - en M€
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
En effet, du côté des collectivités territoriales, les fonctionnaires titulaires dans une quasi-
intégralité cotisent à la CNRACL, la part des fonctionnaires cotisant aux autres régimes étant
des plus résiduels (graphique 24).
70 831 73 527 76 360
9 591 10 023 10 497
877 905 748
0
20 000
40 000
60 000
80 000
100 000
2022 2023 2024
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant aux régimes des salariés du privé
Agents cotisant aux autres régimes
28 656 29 905 31 227
8 704 9 157 9 629
307 390 321
0
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
35 000
2022 2023 2024
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant aux régimes des salariés du privé
Agents cotisant aux autres régimes
-- 117 of 491 --
Annexe IV
- 26 -
26
Graphique 24 : Rémunérations versées aux fonctionnaires titulaires par les employeurs
territoriaux – selon le régime d’affiliation en vieillesse - en M€
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
3.3.4. S’agissant des contractuels, une hausse notable des rémunérations versées à ces
agents portée par une hausse de près d’un quart de la masse salariale mobilisée
par les collectivités territoriales à ce titre en trois ans
Reflet de la qualité des déclarations effectuées, la quasi-intégralité des agents contractuels
cotise aux régimes des salariés du privé (graphique 25). Sur la période, la hausse des
rémunérations qui leurs sont versées est supérieure à 15 points toutes catégories
confondus (+16.3%).
Graphique 25 : Rémunérations versées aux contractuels par les employeurs territoriaux et
hospitaliers – selon le régime d’affiliation en vieillesse - en M€
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
Cette hausse est avant tout le fait des employeurs territoriaux (tableau 9). La masse
salariale versée aux agents contractuels cotisant aux régimes du privé augmente, en trois
ans, de près de 24 % au sein des collectivités territoriales et leurs groupements ou
établissements alors que cette hausse n’est proche que de 10% du côté du secteur sanitaire et
médicosocial.
42 175 43 621 45 133
887 866 868 570 516 427
0
10 000
20 000
30 000
40 000
50 000
2022 2023 2024
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant aux régimes des salariés du privé
Agents cotisant aux autres régimes
20
23 24
17 676 19 483 20 870
322 69 63
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
2022 2023 2024
Agents cotisant aux autres
régimes
Agents cotisant aux régimes
des salariés du privé
Agents cotisant à la CNRACL
-- 118 of 491 --
Annexe IV
- 27 -
27
Tableau 9 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers aux agents
contractuels cotisant aux régimes des salariés du privé – en M€
2022 2023 2024 2022-2024
en %
Employeurs hospitaliers 7 250 7 623 7 952 + 9,7%
Employeurs territoriaux 10 425 11 860 12 918 + 23,9%
Ensemble 17 676 19 483 20 870 + 18,1%
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
3.3.5. Les autres catégories non directement identifiées contribuent fortement à al
dynamique de renforcement des agents cotisant aux régimes des salariés du
privé
La catégorie spécifique des apprentis conduit logiquement des cotisations auprès des
régimes de droit privé dans un cadre dérogatoire, revu à compter de 202513. Les
rémunérations versées demeurent résiduelles par rapport à l’ensemble des rémunérations
versées : les montants soumis à la contribution sociale généralisée et à la contribution au
remboursement de la dette sociale passent de 1,1 à 1,3 Mds€ soit une hausse notable de 21 %
sachant que les rémunérations augmentent plus fortement du côté des employeurs
hospitaliers mais que les employeurs territoriaux demeurent les premiers employeurs
d’apprentis.
En revanche, les catégories non identifiées en DSN que constituent les « temps plein non
identifiés » et les « non renseignés » doivent retenir l’attention. En effet, près de 90 % des
rémunérations versées le sont au titre d’agents affilés au régime général au titre du risque
vieillesse. Cette catégorie augmente fortement sur la période. Elle correspond donc à des
agents assimilables à des contractuels relevant des régimes des salariés du privé qui est en
plein essor (+13,7% de rémunérations versées en trois ans – tableau 10).
Tableau 10 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers aux
catégories non identifiées en DSN – en € et en %
2022 2023 2024 2022-2024
en nombre
2022-2024
en %
Agents cotisant à la
CNRACL 170 323 556 158 461 171 72 211 419 -98 112 138 -57,6%
Agents cotisant aux
régimes des salariés
du privé
3 851 633 340 4 277 486 856 4 379 279 573 527 646 234 13,7%
Agents cotisant aux
autres régimes 864 889 957 605 139 168 601 080 978 -263 808 979 -30,5%
Ensemble 4 886 846 853 5 041 087 195 5 052 571 970 165 725 117 3,4%
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
13 Voir les articles L.6241-1-1, L.6331-1 et L.6131-3 du code du travail et leur commentaire au bulletin officiel de la
sécurité sociale. L’exonération d’assiette est réduite à compter du 1 er mars 202, élément qui n’aura de conséquences
que pour les données observables à l’avenir.
-- 119 of 491 --
Annexe IV
- 28 -
28
3.4. Les données de salariés moyens par tête en DSN indiquent que les
rémunérations sont plus élevées pour les fonctionnaires titulaires mais
moins dynamiques que pour les autres catégories
L’analyse des salaires moyens mensuels par tête, appréciés en équivalents temps plein
soulignent que les rémunérations versées sont plus importantes dans le champ sanitaire
et médicosocial que dans celui des collectivités territoriales (graphique 26).
Graphique 26 : Rémunérations mensuelles moyennes par tête versés par les employeurs
territoriaux et hospitaliers – en €
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
Cependant, entre 2022 et 2024, les rémunérations moyennes évoluent de manière plus
dynamique du côté des employeurs territoriaux que de celui des employeurs
hospitaliers (tableau 11).
Tableau 11 : Rémunérations mensuelles moyennes par tête versés par les employeurs
territoriaux et hospitaliers – en €
2022 2023 2024 2022-2024
en nombre
2022-2024
en %
Employeurs hospitaliers 2 688 2 806 2 866 + 178 6,6%
Employeurs territoriaux 1 919 1 984 2 077 + 158 8,2%
Ensemble 2 197 2 281 2 363 + 166 7,6%
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
Si l’on s’attache aux catégories d’agents, on constate que les rémunérations versées sont en
moyenne nettement plus importantes pour les fonctionnaires titulaires que pour les
autres catégories de personnel (graphique 27).
Graphique 27 : Rémunérations mensuelles moyennes par tête versés par les employeurs
territoriaux et hospitaliers – par catégories d’agents en DSN – en €
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
2 688
2 806 2 866
1 919 1 984 2 077
2 197 2 281 2 363
1 800
2 000
2 200
2 400
2 600
2 800
2022 2023 2024
Employeurs hospitaliers
Employeurs territoriaux
Ensemble
2 434
1 927
968 1 432 1 007
2 624
2 102
1 038 1 445 1 121
0
500
1 000
1 500
2 000
2 500
3 000
Fonctionnaires
titulaires
(temps plein et
temps partiel)
Contractuels
(temps plein et
temps partiel)
Temps plein
non identifiés
Non renseignés Apprentis
2022
2023
2024
-- 120 of 491 --
Annexe IV
- 29 -
29
Toutefois, entre 2022 et 2024, les rémunérations de tous les agents augmentent plus
fortement que celles des fonctionnaires titulaires (tableau 12).
Tableau 12 : Rémunérations mensuelles moyennes par tête versés par les employeurs
territoriaux et hospitaliers – par catégories d’agents en DSN – en €
2022 2023 2024 2022-2024
en €
2022-2024
en %
Fonctionnaires titulaires (temps plein
et temps partiel) 2 434 2 517 2 624 + 190 + 7,8%
Contractuels (temps plein et temps
partiel) 1 927 2 044 2 102 + 175 + 9,1%
Temps plein non identifiés 968 1 004 1 038 + 70 + 7,2%
Non renseignés 1 432 1 529 1 445 + 13 + 0,9%
Apprentis 1 007 1 069 1 121 + 114 + 11,3%
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
3.5. Le rapprochement de l’assiette soumise à contributions sociales et
l’assiette CNRACL permet d’apprécier les ordres de grandeur et le
dynamisme avéré des primes versées
Les données disponibles en DSN permettent de disposer d’un ordre de grandeur des primes
versées aux agents, en rapprochant, d’une part, les rémunérations déclarées par les
employeurs au titre de l’assiette de la contribution sociale généralisée et, d’autre part, l’assiette
au titre des cotisations CNRACL.
Ainsi, les primes sont les éléments de rémunération qui évoluent de la manière la plus
dynamique, par rapport à tous les autres éléments de rémunération, quelle que soit la
catégorie d’agents considérée (graphique 28). De plus, les contractuels sont la catégorie qui
voit ces éléments de rémunération le plus fortement évoluer à la hausse. Ces tendances
sont clairement défavorables à la CNRACL puisque de ce fait son assiette de prélèvement
évolue de manière moins dynamique que les autres.
Graphique 28 : Evolution des primes, de l’assiette soumise à cotisation CNRACL et de l’assiette
CSG/CRDS pour les fonctionnaires, les contractuels et l’ensemble des agents - employeurs
territoriaux et hospitaliers – entre 2022 et 2024 – en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
9,0%
7,0%
11,3%
7,8%
7,4%
8,6%
16,3%
13,4%
16,3%
6,0% 8,0% 10,0% 12,0% 14,0% 16,0% 18,0%
Assiette CSG / CRDS
Assiette CNRACL
Primes évaluées
Contractuels (temps plein et temps partiel)
Fonctionnaires titulaires (temps plein et temps partiel)
Toutes catégories d'agents
-- 121 of 491 --
Annexe IV
- 30 -
30
Par ailleurs, en matière d’assurance vieillesse, le rapport entre les primes et l’assiette CNRACL
donne à voir que plus d’un quart des rémunérations ne donnent pas lieu à cotisation et
ne sont pas génératrices de droits à pensions : le poids des primes va croissant entre
2022 et 2024 pour correspondre à plus de 28 % des rémunérations intégrées dans
l’assiette CNRACL (graphique 29).
Graphique 29 : Rapport entre les primes et l’assiette CNRACL – pour les fonctionnaires
titulaires et l’ensemble des agents - employeurs territoriaux et hospitaliers – en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022 à 2024. Travaux mission.
4. Les données disponibles en DSN permettent de disposer d’un
« portrait » des agents employés et rémunérations versées par les
différentes entités, point de repère en vue d’un suivi à développer à
l’avenir
Comme indiqué ci-dessus, les données en DSN présentent, au fil des exercices un degré de
fiabilité de plus en plus important. Les données 2024 permettent ainsi de souligner les
structures de produits de la CNRACL et ses bases cotisantes de manière détaillée. Cette
approche peut être développée par versant de la fonction publique et par type de structure
d’emploi au sein de chaque versant.
Les éléments ci-après visent à proposer un portrait de manière à montrer comment ces
données peuvent être utilisées et la manière dont, à l’avenir, des indicateurs pourraient être
développés pour les décideurs et rendus publics.
4.1. Les employeurs hospitaliers et territoriaux présentent des caractéristiques
très différentes en 2024
4.1.1. Les collectivités territoriales emploient le plus grand nombre d’agents et
comptent en leurs seins la plus forte proportion d’agents cotisant à la CNRACL
Les employeurs territoriaux contribuent à 62% des emplois globaux. Mais ils
contribuent plus fortement que les employeurs hospitaliers à la population cotisante à la
CNRACL : 67% de leurs agents cotisent à la CNRACL contre uniquement 64% des agents des
employeurs hospitaliers (graphique 30).
27,9%
27,8%
28,3%
28,1%
27,9%
28,3%
27,4%
27,6%
27,8%
28,0%
28,2%
28,4%
2022 2023 2024
Toutes catégories et secteur
Fonctionnaires titulaires
(temps plein et temps partiel)
-- 122 of 491 --
Annexe IV
- 31 -
31
Graphique 30 : Agents salariés par les employeurs territoriaux et hospitaliers – par régime
d’assurance vieillesse - en équivalent temps plein – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
4.1.2. Les collectivités territoriales contribuent à près de deux fois plus que les
employeurs hospitaliers à l’assiette des cotisations CNRACL
A ce poids supérieur dans l’emploi général et dans l’emploi des agents cotisant à la CNRACL
se conjugue un apport encore plus important à l’assiette de rémunérations donnant lieu
à cotisations CNRACL : les montants cotisés par les employeurs territoriaux sont près de
deux fois supérieurs à ceux cotisés par les employeurs hospitaliers
(respectivement 45,2 et 24,7Mds€ - graphique 31).
Graphique 31 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers – par
régime d’assurance vieillesse - en M€ - en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
4.1.2.1. Les employeurs hospitaliers et territoriaux servent, compte tenu de leurs poids
respectifs, des niveaux équivalents de rémunérations cotisées aux régimes de
retraite et des autres éléments de rémunération (primes, avantages accessoires,
etc.)
Les niveaux de rémunérations versées sous forme de base cotisée à la CNRACL, de primes
ou de revenus d’activité de toutes natures sont globalement le reflet des poids respectifs de
chaque secteur (graphique 32).
1 279 552
621 741
17 225
1 918 518
752 018
410 227
9 742
1 171 987
0 500 000 1 000 000 1 500 000 2 000 000 2 500 000
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant au régime général
Agents cotisant aux autres régimes
Ensemble des agents
Employeurs hospitaliers Employeurs territoriaux
45 226
17 881
1 082
64 190
24 664
18 481
124
43 268
0 10 000 20 000 30 000 40 000 50 000 60 000 70 000
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant au régime général
Agents cotisant aux autres régimes
Ensemble des agents
Employeurs hospitaliers Employeurs territoriaux
-- 123 of 491 --
Annexe IV
- 32 -
32
Graphique 32 : Types de rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers
– par catégorie - en M€ - en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
4.1.2.2. En revanche, quel que soit le régime de cotisation au titre du risque vieillesse, les
rémunérations moyennes sont notablement plus élevées dans le secteur
hospitalier et médicosocial que dans les collectivités territoriales
Les différences sont importantes : les rémunérations versées par les employeurs
hospitaliers sont 38% plus élevées que celles versées par les employeurs territoriaux.
Cet écart est nettement plus important en ce qui concerne les agents relevant du régime
général ou des autres régimes. Il est notoirement plus mesuré concernant les
rémunérations versées aux agents cotisant à la CNRACL (graphique 33)
Graphique 33 : Salaires moyens mensuels par tête des agents relevant des employeurs
territoriaux et hospitaliers – par régime d’assurance vieillesse - en € - en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
64 190
35 305
28 885
39 118
22 298
16 820
0 10 000 20 000 30 000 40 000 50 000 60 000 70 000
Revenus d’activité
Revenus soumis à cotisations CNRACL
Primes et éléments non assujettis CNRACL
Employeurs hospitaliers Employeurs territoriaux
2 369
1 671
1 537
2 077
2 735
3 099
2 362
2 866
0 500 1 000 1 500 2 000 2 500 3 000 3 500
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant au régime général
Agents cotisant aux autres régimes
Ensemble des agents
Employeurs hospitaliers Employeurs territoriaux
-- 124 of 491 --
Annexe IV
- 33 -
33
4.2. Au sein des employeurs publics du champ sanitaire, des différences
notables entre les acteurs hospitaliers, médicosociaux et les autres acteurs
4.2.1. Près des deux tiers des agents employés dans le secteur public sanitaire cotisent
à la CNRACL mais cette proportion est nettement plus faible pour les acteurs du
médicosocial public
64% des agents des employeurs hospitaliers cotisent à la CNRACL au titre du risque
vieillesse (graphique 34).
Graphique 34 : Agents relevant des employeurs hospitaliers – par régime d’assurance vieillesse
- en équivalent temps plein – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
Parmi les trois structures identifiées en DSN, les hôpitaux occupent une place tout à fait
prépondérante : 65% de leurs agents cotisent à la CNRACL et 34% au régime général
(graphique 35). Cette répartition est différente au sein des structures médicosociales :
seuls 57% de leurs agents cotisent à la CNRACL, contre 42% qui cotisent au régime général.
Graphique 35 : Agents relevant des employeurs hospitaliers – par structure d’emploi et par
régime d’assurance vieillesse - en équivalent temps plein – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
752 018
410 227
9 742
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant au régime
général
Agents cotisant aux autres
régimes
683 956
67 935
127
358 196
50 055
1 975 9 424 309 9
0
100 000
200 000
300 000
400 000
500 000
600 000
700 000
800 000
Hôpitaux Centres médicosociaux Autres
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant au régime général
Agents cotisant aux autres régimes
-- 125 of 491 --
Annexe IV
- 34 -
34
4.2.2. 51% des éléments de rémunérations versées par les employeurs hospitaliers ne
donnent pas lieu à cotisations CNRACL
L’assiette cotisée reflète une double dynamique : le poids des primes et accessoires de
rémunération dans les rémunérations versées aux agents et le poids des agents ne
cotisant pas à la CNRACL au titre du risque vieillesse (graphique 36).
Graphique 36 : Rémunérations versées aux agents relevant des employeurs hospitaliers – par
catégorie de rémunérations - en M€ – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
En ce qui concerne l’assiette cotisée, on constate une répartition proche de celle
constatée au niveau des effectifs : les rémunérations sont très majoritairement versées par
les structures hospitalières ; les structures médicosociales se caractérisent par une part élevée
de rémunérations ne donnant pas lieu à cotisations à la CNRACL (graphique 37).
Graphique 37 : Rémunérations versées aux agents relevant des employeurs hospitaliers – par
structure d’emploi et par régime d’assurance vieillesse - en M€ – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
49 425,47
24 345,17
25 080,30
15 000,00 25 000,00 35 000,00 45 000,00 55 000,00
Revenus d’activité
Revenus soumis à cotisations CNRACL
Primes et éléments non assujettis CNRACL
22 141,72
2 517,74
4,31
16 856,55
1 562,10
62,40
120,20 2,70 0,69
0,00
5 000,00
10 000,00
15 000,00
20 000,00
25 000,00
Hôpitaux Centres
médicosociaux
Autres
Agents cotisant à la CNRACL
Agents cotisant au régime
général
Agents cotisant aux autres
régimes
-- 126 of 491 --
Annexe IV
- 35 -
35
S’agissant des salaires moyens versés, ils sont plus élevés dans les hôpitaux que dans les
structures médicosociales pour l’ensemble des agents mais cette différence est
notablement moins prononcée du côté des agents cotisant à la CNRACL.
Graphique 38 : Salaires moyens mensuels par tête des agents relevant des employeurs
hospitaliers – par structure d’emploi et par régime d’assurance vieillesse - en € - en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
Ainsi, plusieurs points concernant les employeurs hospitaliers doivent ici retenir
l’attention :
La part relativement faible d’agents cotisant à la CNRACL par rapport aux
collectivités territoriales ;
La situation tout à fait particulière des structures médicosociales ;
Les dynamiques dans les années à venir qui revêtiront une importance centrale
pour les équilibres démographiques et financiers de la CNRACL.
4.3. Les collectivités territoriales sont avant tout le reflet du poids en leur sein
des communes et des départements et l’analyse de l’emploi montre le
caractère déterminant du bloc local sur les ressources de cotisations
4.3.1. Au sein des collectivités territoriales, 67% des emplois donnent lieu à cotisations
à la CNRACL du fait du poids déterminant du bloc communal
La part des agents cotisant au régime général est de 32% (graphique 39).
2 737
2 711
2 359 2 735
3 241
2 145
2 266
3 099
2 379 892
5 414
2 362
2 915 2 448
2 284
2 866
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Hôpitaux Centres
médicosociaux
Autres Toutes
structures
Ensemble des agents
Agents cotisant aux autres régimes
Agents cotisant au régime général
Agents cotisant à la CNRACL
-- 127 of 491 --
Annexe IV
- 36 -
36
Graphique 39 : Agents relevant des employeurs territoriaux – par régime d’assurance vieillesse
- en équivalent temps plein – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
Près d’un emploi sur deux (48%) relève des communes, en y ajoutant les effectifs des EPCI et
des CCAS, l’emploi du bloc communal représente 68% de l’emploi total (graphique 40)
Graphique 40 : Agents relevant des employeurs territoriaux – par structure d’emploi - en
équivalent temps plein – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
Au sein du bloc communal, près des deux tiers des agents employés cotisent à la CNRACL,
ce poids est moindre dans les départements et, surtout, dans les régions (graphique 41).
1 279 552
621 741
17 225
Agents cotisant à la CNRACL Agents cotisant au régime général
Agents cotisant aux autres régimes
922 061
285 753
105 017
263 126
117 848
224 713
0 200 000 400 000 600 000 800 000 1 000 000
Communes
EPCI
CCAS
Départements
Régions
Autres
-- 128 of 491 --
Annexe IV
- 37 -
37
Graphique 41 : Agents relevant des employeurs territoriaux – par structure d’emploi et par
régime d’assurance vieillesse - en équivalent temps plein – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
4.3.2. Une part encore plus importante des rémunérations versées donne lieu à
cotisations à la CNRACL
Le bloc communal rassemble près de 65% des masses des rémunérations versées, les
départements en représentant 16% (graphique 42).
Graphique 42 : Rémunérations versées aux agents relevant des employeurs territoriaux - par
structure d’emploi - en M€ – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
Alors que 67% des emplois relèvent du régime d’assurance vieillesse de la CNRACL, plus de
70% des rémunérations versées sont frappées des cotisations CNRACL (graphique 43).
622 399
189 324
62 442
180 245
65 340
159 800
292 043
94 881 42 110
80 049
50 664
61 993
7 618 1 548
464
2 832
1 844 2 920
0
100 000
200 000
300 000
400 000
500 000
600 000
700 000
Communes EPCI CCAS Départements Régions Autres
Agents cotisant à la CNRACL Agents cotisant au régime général
Agents cotisant aux autres régimes
29 050
9 568
3 431
10 425
3 017
8 698
0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000 35 000
Communes
EPCI
CCAS
Départements
Régions
Autres
-- 129 of 491 --
Annexe IV
- 38 -
38
Graphique 43 : Rémunérations versées aux agents relevant des employeurs territoriaux - par
régime d’assurance vieillesse en M€ – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
En ce qui concerne les rémunérations versées par les différentes structures, elles sont
majoritairement versées aux agents cotisant à la CNRACL, les départements se
singularisant par un poids élevé des rémunérations versées à des agents relevant du régime
général (30% - graphique 44).
Graphique 44 : Rémunérations versées aux agents relevant des employeurs territoriaux - par
structure d’emploi et par régime d’assurance vieillesse - en M€ – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
45 226,05
17 881,44
1 082,31
Agents cotisant à la CNRACL Agents cotisant au régime général
Agents cotisant aux autres régimes
20 376
6 680
2 158
7 209
2 305
6 497
8 075
2 803
1 260
3 054
618
2 072
598
85
13
162
95
129
0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000
Communes
EPCI
CCAS
Départements
Régions
Autres
Agents cotisant aux autres régimes Agents cotisant au régime général Agents cotisant à la CNRACL
-- 130 of 491 --
Annexe IV
- 39 -
39
4.3.3. Près d’un euro sur deux de rémunérations versées par les collectivités ne donne
pas lieu à cotisations à la CNRACL
Ainsi, sur la masse des rémunérations versées par les employeurs territoriaux, près de
45% ne donnent pas lieu à versement à la CNRACL : les cotisations sont versées à d’autres
régimes ou les éléments de rémunération échappent à tout prélèvement au titre de l’assurance
vieillesse et, de ce fait, ne génèrent pas de droits à retraite (graphique 45)
Graphique 45 : Rémunérations versées aux agents relevant des employeurs territoriaux – par
catégorie de rémunérations - en M€ – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
Ce poids de l’assiette échappant aux cotisations CNRACL est globalement de même
niveau dans toutes les structures à l’exception notable des régions, où il est plus faible
(graphique 46).
Graphique 46 : Rémunérations versées aux agents relevant des employeurs territoriaux – par
catégorie de rémunérations et par structure d’emploi- en M€ – en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
64 190
35 305
28 885
0 10 000 20 000 30 000 40 000 50 000 60 000 70 000
Revenus d’activité
Revenus soumis à cotisations CNRACL
Primes et éléments non assujettis CNRACL
29 050 9 568 3 431 10 425 3 017 8 698
16 032 5 267 1 742 5 575 1 899 4 789
13 018 4 301 1 689 4 850 1 118 3 909
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Primes et éléments non
assujettis CNRACL
Revenus soumis à cotisations
CNRACL
Revenus d’activité
-- 131 of 491 --
Annexe IV
- 40 -
40
Les salaires moyens par tête servis aux agents cotisant à la CNRACL sont, dans toutes les
structures d’emploi, supérieurs aux salaires versés aux autres catégories. Les
rémunérations moyennes sont globalement plus élevées au sein des départements et des
autres structures territoriales (graphique 47).
Graphique 47 : Salaires moyens mensuels par tête des agents relevant des employeurs
territoriaux – par structure d’emploi et par régime d’assurance vieillesse - en € - en 2024
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission.
La situation des collectivités territoriales doit retenir l’attention à plusieurs titres en ce
qu’elle revêt une importance clef pour la CNRACL :
le maintien d’un haut niveau d’emploi cotisant à la CNRACL ;
la dynamique des rémunérations versées par les employeurs et notamment le
maintien voire la hausse des rémunérations donnant lieu à cotisations à la CNRACL ;
l’attention aux spécificités et dynamiques propres du bloc communal, des
départements et des régions.
2 221 2 388 2 321 2 672 2 194 2 662 2 369
1 388 1 795 1 927 2 913 1 281 1 877 1 671
1 005 1 759 1 713 2 603 2 313 2 031 1 537
1 849 2 145 2 136 2 745 1 780 2 376 2 077
Ensemble des agents
Agents cotisant aux autres
régimes
Agents cotisant au régime général
Agents cotisant à la CNRACL
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Annexe IV
- 41 -
41
5. Les travaux permettent d’identifier les rémunérations qui pourraient
être soumises à prélèvement au titre de la CNRACL
5.1. Deux approches possibles : l’élargissement de la population affiliée à la
CNRACL pour l’évolution de l’assiette sur laquelle sont appliquées les
cotisations à la CNRACL
Les choix institutionnels retenus conduisent la CNRACL à être l’objet de deux ensembles
de décisions distincts qui la singularisent au sein du système de retraites :
Le champ des affiliés à la CNRACL exclut par nature (a) certaines catégories
générales telles que celles (i) des fonctionnaires titulaires ayant une durée
hebdomadaire de travail inférieure à 28 heures, ou encore (ii) des agents contractuels
non titulaires, et (b) certaines catégories particulières qui donnent lieu à des
dispositions dérogatoires au sein de l’ensemble du système de retraite voire de sécurité
sociale à l’instar notamment (i) des apprentis et (ii) des professeurs des universités –
praticiens hospitaliers ; de ce fait, certains agents, quand bien même ils sont
employés par des employeurs territoriaux ou hospitaliers, ne cotisent pas à la
CNRACL ; au désavantage en recettes que constitue cette absence d’affiliation au régime
donc d’assujettissement à ses cotisations, répond un avantage en dépenses puisque la
CNRACL ne sert pas les pensions correspondantes aux cotisations acquittées ;
Le régime de la CNRACL est aligné en dépenses (hormis s’agissant des catégories dites
actives ou super-actives) sur le régime des pensions civiles de l’Etat mais il n’est que
partiellement aligné en recettes en ce que (i) l’assiette est la même dans le régime de
la CNRACL et dans celui des pensions civiles de l’Etat, seul le traitement indiciaire hors
primes est soumis à cotisations et donc générateur de droits à pensions futures et (ii)
l’autonomie de la CNRACL conduit à fixer des taux de cotisations spécifiques supportées
par les employeurs territoriaux et hospitaliers au titre des fonctionnaires titulaires qu’ils
emploient (sous les réserves évoqués supra).
Il apparaît nécessaire, en vue d’évaluer les changements et évolutions pouvant être conduits ;
d’apprécier les impacts de ces décisions. Deux approches peuvent ainsi être
considérées :
D’une part, étendre le champ des agents affiliés à la CNRACL ;
D’autre part, faire évoluer l’assiette de cotisations pour l’approfondir.
5.2. Ces deux approches auraient des effets pluriels que la mission ne peut
intégralement chiffrer
Ces décisions sont logiquement à rapprocher d’évolutions plus systémiques (voir annexe 5 -
Analyse des évolutions à caractère systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant
avoir des effets sur l’architecture du système de retraites). En effet des évolutions de ce type
auraient :
Des impacts institutionnels, politiques et financiers pour la CNRACL de natures
différentes en ce que
o l’extension du champ d’affiliation conduirait à des recettes nouvelles
correspondant aux cotisations acquittées au titre des agents nouvellement
affiliés à la CNRACL mais, symétriquement, constitueraient autant
d’engagements de dépenses de retraites futures, les cotisations acquittées
étant, à terme, génératrices de droits ;
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Annexe IV
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42
o et, sur un autre plan, l’évolution de l’assiette aurait aussi un impact tant en
recettes que potentiellement en dépenses, les cotisations devant a priori là
également à être génératrices de droits ;
o selon l’importance du changement effectué, ces évolutions conduiraient donc à
changer profondément la CNRACL non seulement en recettes et en dépenses
mais aussi potentiellement dans sa nature même ;
Cette « dépendance au sentier »14 peut expliquer la difficulté à retenir certaines
évolutions structurelles ; elle est d’autant plus forte que les changements évoqués
n’ont pas d’impact uniquement pour la CNRACL ; ainsi,
o la hausse de l’assiette ou l’assujettissement de certaines catégories sont
susceptibles d’avoir un effet sur le coût du travail et le renchérissement
résultant de ces évolutions poserait la question épineuse de déterminer l’entité
devant supporter cette charge nouvelle donc soit l’agent via une baisse de sa
rémunération nette perçue, soit les employeurs, soit les deux acteurs dans des
propositions à définir ;
o sur un autre plan, l’assujettissement d’éléments de rémunérations ou de
catégories aux cotisations CNRACL aurait un effet d’éviction en recettes et,
à terme, en dépenses, sur les régimes qui actuellement comptent ces affiliés ou
réponse sur ces éléments d’assiette ; ainsi
le régime général (Cnav) et l’Agirc-Arrco subiraient les effets
symétriques à ceux rencontrés par la CNRACL ;
l’Ircantec serait également concernée en ce que relèvent de son champ
tous les agents contractuels de droit public, recrutés depuis le 1 er
janvier 2017 mais aussi une partie des apprentis et des personnes
recrutées dans le cadre de contrats aidés ou dispositifs équivalents ;
l’extension de l’assiette aux primes poserait la question de l’articulation
entre l’assujettissement de ces éléments nouveaux d’assiette et le
champ dévolu actuellement au régime additionnel de la fonction
publique (RAFP) qui assure des droits à pensions de retraite sur les
éléments de rémunération non soumis à cotisation retraite mais dans
la limite de 20% du traitement indiciaire de l’agent titulaire
considéré15.
14 Voir W. Brian Arthur, Competing Technologies, Increasing Returns, and Lock-In by Historical Events, in The
Economic Journal, vol. 99, no 394, mars 1989, p. 116en particulier et P. Pierson, Increasing Returns, Path Dependence,
and the Study of Politics, in The American Political Science Review, vol. 94, no 2, 2000, p. 251–267; pour une approche
synthétique en français, voir B. Palier, Path dependence (dépendance au chemin emprunté), dans Dictionnaire des
politiques publiques, Presses de Sciences Po, 20 mars 2014.
15 En effet, les agents publics (à titre principal, tous les titulaires) cotisent au régime additionnel de la fonction
publique sur la base des éléments de rémunération suivants : primes et indemnités quelles qu'elles soient,
avantages en nature, toute autre rémunération sur laquelle ils ne cotisent pas au régime des pensions civiles et
militaires de retraite ou à la CNRACL. Les avantages en nature (logement ou véhicule de fonction, par exemple) sont
pris en compte pour leur valeur déclarée fiscalement. L'ensemble de ces éléments de rémunération est pris en
compte dans la limite de 20 % du montant du traitement indiciaire brut annuel de l’agent titulaire concerné.
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Annexe IV
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43
5.3. Des impacts peuvent partiellement être mesurés sous forme d’ordres de
grandeur et avant tout du point de vue de la CNRACL
5.3.1. Des ordres de grandeur à prendre avec précaution et représentatifs, à titre
principal, uniquement des impacts en recettes pour la CNRACL au titre de l’année
2024, dernière année disponible en DSN
Il n’est donc pas possible de simuler les impacts précis de décisions structurelles. La
mission entend cependant donner des ordres de grandeur des effets, uniquement en recettes
et avant tout pour la CNRACL.
Ainsi, à partir des données DSN, il est possible de disposer des éléments de base permettant de
simuler les effets des scénarios éventuels d’extension des populations assujetties en partant
du dernier exercice connu donc 2024.
Ces impacts ne concernent que le volet recettes, surtout pour la CNRACL à ce stade. Ce
volet est en outre tout à fait apprécié en ce que le partage entre primes et traitement
indiciaire revêt pour nombre de catégories mentionnées ci-dessus un caractère
conventionnel en DSN pour les déclarants : il n’engage pas leur responsabilité en ce qu’il ne
donne pas lieu à versement de cotisations.
Les montants affichés sont donc doublement majorés : les situations de réduction de
cotisations CNRACL ne peuvent être prises en compte ici tout comme les différentes situations
particulières. Les rémunérations sont estimées en partant de l’assiette la plus large (celle
de la CSG et de la CRDS) et en lui enlevant des primes estimées. Pour poursuivre dans les
ordres de grandeur, une estimation est donnée avec le taux 2024 et avec le taux 2025 du
fait des hausses décidées.
Ces ordres de grandeur sont très frustres. D’autant plus que les données en DSN ne
permettent pas toujours de distinguer, parmi les agents (assiettes globales et effectifs en
équivalents temps plein) qui sont des fonctionnaires titulaires à temps plein ou temps partiel
ceux qui, d’une part, cotisent à la CNRACL et ceux qui, d’autre part n’y cotisent pas. Ces
approches ne permettent pas de détailler précisément les profils de populations, notamment
celles qui ne cotisent pas à la CNRACL soit du fait qu’elles relèvent de catégories particulières
ou qu’elles travaillent moins de vingt-huit heures par semaines.
Ils ne permettent pas d’évaluer avec exactitude les conséquences en termes de
rendement de cotisations de ces changements pour les autres régimes concernés : une
telle démarche pourrait être menée de manière rigoureuse. Mais elle devrait partir des
données détail déclarées pour prendre en compte plusieurs dimensions : éligibilité de
certaines rémunérations aux allégements de cotisations et contributions notamment pour les
bas et moyens salaries, le fait que les cotisations retraites sont prélevées en prenant en compte
des assiettes plafonnées calculées selon la référence du plafond de la sécurité sociale, etc. La
mission ne pouvait mener ou demander aux organismes de mener ces travaux. Au demeurant,
au regard de leur lourdeur, ceux-ci ne pourraient être conduits que sur la base d’options de
changements plus stabilisées et arrêtées par les décideurs. Pour ces régimes, la mission a
cependant identifié des méthodes palliatives de nature à donner des ordres de grandeur :
elles sont décrites ci-dessous.
Ces calculs sont également susceptibles d’être mobilisés pour les évolutions de champ
envisagées par ailleurs par la mission notamment en ce qui concerne la séparation des risques
vieillesse et invalidité (voir annexe 8 - La couverture du risque invalidité et l’opportunité de la
séparer de celle du risque vieillesse au sein de la CNRACL).
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Annexe IV
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44
5.3.2. La mission a étudié cinq scénarios, du point de vue de la CNRACL, à partir des
données mobilisables
A partir des données mobilisables en DSN, la mission a envisagé plusieurs scénarios, étant
entendus que seuls des ordres de grandeur sont susceptibles d’être produits et à titre
purement illustratifs :
Le premier scénario consiste à intégrer dans l’assiette CNRACL tous les éléments de
rémunération des fonctionnaires titulaires cotisant actuellement à la CNRACL
donc à soumettre à cotisations tous les accessoires qui ne sont actuellement frappés que
de la CSG et de la CRDS et, pour une partie, de cotisations au titre du RAFP ;
Le deuxième scénario conduit à intégrer l’ensemble des agents des collectivités
territoriales et des établissements publics sanitaires et médico sociaux dans le
champ d’affiliation à la CNRACL ce pour la même assiette que les fonctionnaires
titulaires donc en appréciant les données déclarées à ce titre en DSN qui se révèlent des
plus fragiles ;
Le troisième scénario est une variante du deuxième en termes de base de
chiffrage ; il consiste à retenir le même changement que pour le deuxième scénario mais
en partant de l’ensemble des rémunérations versées aux agents relevant des employeurs
territoriaux et hospitaliers et en considérant que la répartition entre la part indiciaire et
statutaire et celle des primes et autres éléments de rémunération (avantages en nature
par exemple) est la même que celle constatée sur la population des fonctionnaires
titulaires cotisant à la CNRACL (voir supra, les primes et autres représentent 28,3% de
la masse des rémunérations versées en 2024) ;
Le quatrième scénario consiste à intégrer l’ensemble des agents des collectivités
territoriales et des établissements publics sanitaires et médico sociaux dans le
champ d’affiliation à la CNRACL mais non plus comme dans les scénarios deux et trois
sur la base d’une assiette statutaire mais sur l’ensemble des rémunérations qui
leurs sont versées ;
Le cinquième et dernier scénario revient à agréger les résultats des scénarios un et
quatre, en assujettissant aux cotisations CNRACL toutes les rémunérations et en affiliant
à la CNRACL tous les agents relevant actuellement des employeurs territoriaux et
hospitaliers.
Les cinq scénarios sont présentés dans le tableau 13.
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Annexe IV
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Tableau 13 : Cinq scénarios favorables aux recettes de la CNRACL retenus par la mission – hors
apprentis
N° Intitulé Description du contenu
1 Intégration des
primes des
fonctionnaires
titulaires cotisant
à la CNRACL dans
l'assiette CNRACL
Pour les agents cotisant actuellement à la CNRACL, tous les éléments identifiés en DSN qui échappent,
actuellement aux cotisations CNRACL (primes, avantages en nature, etc.), sont intégrés dans
l’assiette CNRACL. L’ordre de grandeur est donc majorant.
2 Intégration des
non titulaires
dans la base
cotisante sur une
assiette CNRACL -
données DSN
Pour les agents qui relèvent actuellement des employeurs territoriaux et hospitaliers en DSN mais
qui ne cotisent pas à la CNRACL, tous les éléments de rémunération qui sont déclarés sur la base
d’une assiette CNRACL sont soumis aux cotisations CNRACL. Cette approche est purement indicative
puisque les données sur un e assiette statutaire qui n’existe pas pour ces agents sont, en DSN,
extrêmement mal renseignées. Le chiffrage est maintenu à titre d’exemple des limites du cadre actuel,
il est très minorant.
3 Intégration des
non titulaires
dans la base
cotisante sur une
assiette CNRACL -
données DSN
rectifiées (taux de
prime moyen à
28,3%)
Ce scénario est une variante du scénario 2 eu égard à la très faible qualité et à l’incohérence des
données identifiées via le scénario 2. L’approche est ici indirecte. La mission part des données de
rémunération globales connues et renseignées en DSN intégrant donc tous les éléments de
rémunération (y compris les primes et avantages en nature, etc.) et elle applique à ces masses le taux
de rémunérations annexes constaté sur le champ des fonctionnaires titulaires cotisant à la CNRACL
(28,3%). L’assiette rectifiée correspondant donc aux rémunérations de toutes natures déclarées en
DSN pour les agents ne cotisant pas à la CNRACL minorées de ce taux. Le chiffrage est donc un
majorant.
4 Intégration des
non titulaires
dans la base
cotisante sur une
assiette intégrale
Ce scénario consiste à frapper des cotisations CNRACL tous les éléments de rémunération, quelles que
soient leurs natures, de tous les agents qui ne cotisent pas actuellement à la CNRACL mais sont
salariés par des employeurs territoriaux ou hospitaliers. Le chiffrage est majorant.
5 Intégration des
primes des
titulaires cotisant
à la CNRACL dans
l'assiette et des
non titulaires sur
une assiette
intégrale
Ce scénario est la combinaison des scénarios 1 et 4. Le chiffrage est donc majorant.
- Dans tous les
scénarios
Les données utilisées en DSN sont les dernières disponibles donc au titre du dernier exercice clos
connu : 2024.
Les populations prises en compote sont toutes celles disponibles en DSN soit les fonctionnaires
titulaires à temps plein ou temps partiel, les contractuels à temps plein ou temps partiel, les agents
à temps plein non identifiés en DSN et les agents non renseignés en DSN.
Ne sont pas pris en compte les apprentis : leur poids est résiduel et la particularité de leurs statuts a
conduit à neutraliser cette dimension des calculs opérés.
Les masses d’assiette ont été calculées à partir des données disponibles en DSN au centime d’euro.
Les effectifs sont calculés en équivalents temps plein sur la base des quotités travaillées déclarées
pour chaque agent par les employeurs en DSN.
Aux masses identifiées au_ titre de 2024 sont appliqués des taux de cotisations CNRACL applicables
respectivement en 2024 (taux de 31,65%) et 2025 (taux de 34,65%) pour disposer d’ordres de
grandeur sous formes de fourchettes
Source : Travaux mission.
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Annexe IV
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46
Ces différents scénarios présentent des impacts de court terme, pour la CNRACL, pour les
autres régimes, pour les agents affiliés et les employeurs qui sont décrits dans le tableau 14.
Tableau 14 : Impact des scénarios testés pour chaque catégorie d’acteurs
CNRACL Autres régimes (CNAV,
Agirc-Arrco et Ircantec*)
Employeurs Agents
Impact en
recettes -
court, moyen
et long
termes
Hausse des recettes du fait
de la hausse du rendement
des cotisations CNRACL
Baisse des recettes du fait
de la perte de cotisants
Hausse du coût du
travail si la hausse est
supportée par leurs
soins
Baisse du salaire net si la
hausse est supportée par
les agents
Impact en
dépenses -
moyen et long
termes
Hausse des dépenses, du
fait de la hausse des
cotisations génératrices de
droit
Baisse des dépenses du fait
que les droits à pensions
sont supportés par la
CNRACL
Néant
Selon les scénarios et les
situations, variation de la
pension perçue à terme de
la CNRAVL et des autres
régimes de l'agent partant
à la retraite
Approche
globale
Avantage pour la CNRACL,
l'évolution modifiant ses
paramètres
démographiques et
financiers et devant être
pris en compte pour
compenser les pertes aux
régimes cédants (soulte ou
équivalent à calculer)
Désavantage pour ces
régimes, l'évolution
modifiant leurs paramètres
démographiques et
financiers et devant être
pris en compte pour
compenser leurs pertes au
profit de la CNRACL (soulte
ou équivalent à calculer)
Approche relative à
avoir en termes de
coûts du travail par
rapport aux coûts
d'emplois
comparables qui ne
seraient pas supportés
directement par les
employeurs
Négociation salariale à
prévoir même dans une
approche minimale, du fait
que les salaires minimums
ne pourraient être affectés
par ce choc exogène
Source : Travaux mission. (*) = la situation du régime additionnel de la fonction publique n’est pas directement
appréciée ici en ce que celui-ci pourrait être maintenu mais dans ce cas il y aurait un double prélèvement sur une partie
des rémunérations ou alors en ce que sa complémentarité devrait être envisagée par ailleurs, la mission n’envisageant
pas sa suppression.
5.4. Les scénarios systémiques affectant la base cotisante conduiraient à
augmenter l’assiette soumise à cotisations de la CNRACL dans des ordres de
grandeur compris entre 18 et 167 milliards d’euros et concerneraient les
situations d’entre 1 et 3,1 millions d’agents en équivalent temps plein
Il est donc possible d’identifier, pour chaque scénario, les masses qui échappent actuellement
aux cotisations CNRACL et qui y seraient soumises et le nombre de salariés en équivalents
temps plein concernés par les changements proposés. Les assiettes soumises à cotisations
CNRAVCL échappent par construction aux autres régimes. Ces derniers sont ici compris de
manière large donc ils correspondent à titre principal aux régimes privés (Cnav, Agirc-Arco)
mais aussi aux régimes publics (Ircantec, pensions civiles et militaires de l’Etat). Le scénario
1 est le plus modeste en rendement financier. Il concerne cependant un nombre
important d’agents puisque tous les agents cotisant actuellement à la CNRACL sont
concernés. A contrario, le scénario 5 est celui qui a logiquement le plus grand rendement
financier pour la CNRACL et qui concerne le plus grand nombre d’agents. Le tableau 15
présente les données d’assiette et démographiques induites par chaque scénario.
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Annexe IV
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Tableau 15 : Impact des scénarios testés en surplus d’assiette soumis aux cotisations CNRACL
et en nombre d’agents concernés
N° Intitulé Assiette en € Nombre d’agents concernés en
équivalents temps plein
1
Intégration des primes des fonctionnaires
titulaires cotisant à la CNRACL dans l'assiette
CNRACL
17,6Mds€ de rémunérations en
plus dans l'assiette 2 038 668
2
Intégration des non titulaires dans la base
cotisante sur une assiette CNRACL - données
DSN
141Mds€ de rémunérations en
plus dans l'assiette 1 045 104
3
Intégration des non titulaires dans la base
cotisante sur une assiette CNRACL - données
DSN rectifiées (taux de prime moyen à 28,3%)
107,2 Mds€ de rémunérations en
plus dans l'assiette 1 045 104
4 Intégration des non titulaires dans la base
cotisante sur une assiette intégrale
149,5Mds€ de rémunérations en
plus dans l'assiette 1 045 104
5
Intégration des primes des titulaires cotisant à
la CNRACL dans l'assiette et des non titulaires
sur une assiette intégrale
167,0Mds€ de rémunérations en
plus dans l'assiette 3 083 772
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission. Les données du scénario 2 sont présentées pour
mémoire en ce que les données déclarées sont fragiles et peu pertinentes.
5.5. Ces scénarios, favorables à court terme à la CNRACL mais dont les effets à
moyen et long termes ne sont pas chiffrés induiraient des transferts
financiers annuels bruts compris entre 5,6 et 57,9 milliards d’euros au
profit de la CNRACL
Les rendements des différents scénarios sont chiffrés selon les taux applicables en 2024 et
2025 (tableau 16).
Tableau 16 : Impact des scénarios testés en recettes supplémentaires pour la CNRACL
N° Intitulé Surplus
assiette
Agents
concernés en
millions
CNRACL -
Equivalent
rendement
supplémentaire
2024 (31,65%)
CNRACL - Equivalent
rendement
supplémentaire
2025 (34,65%)
1 Intégration des primes des fonctionnaires titulaires
cotisant à la CNRACL dans l'assiette CNRACL 17,6Mds€ 2,038 5,561Mds€ 6,088Mds€
2 Intégration des non titulaires dans la base cotisante
sur une assiette CNRACL - données DSN 141M€ 1,045 44,734M€ 48,974M€
3
Intégration des non titulaires dans la base cotisante
sur une assiette CNRACL - données DSN rectifiées
(taux de prime moyen à 28,3%)
107,2 Mds€ 1,045 33,916Mds€ 37,130Mds€
4 Intégration des non titulaires dans la base cotisante
sur une assiette intégrale 149,5Mds€ 1,045 47,302Mds€ 51,786Mds€
5
Intégration des primes des titulaires cotisant à la
CNRACL dans l'assiette et des non titulaires sur une
assiette intégrale
167,0Mds€ 3,083 52,864Mds€ 57,875Mds€
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission. Les données du scénario 2 sont présentées pour
mémoire en ce que les données déclarées sont fragiles et peu pertinentes.
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Annexe IV
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5.6. Ces premières approches doivent aussi être rapprochés des ordres de
grandeur de ces décisions pour les autres régimes, évaluables en première
intention si l’on retient les régimes de droit commun du privé entre 30 et
46Mds€
Il est nécessaire de disposer d’ordres de grandeur des impacts qu’auraient la « perte »
des cotisants et d’éléments d’assiette. Or, la production de ces ordres de grandeur conduit à
identifier plusieurs difficultés :
la mission ne dispose pas des distributions détaillées des salariés par individu et,
de ce fait, n’est pas en mesure, d’une part, de calculer les effets des dispositifs de
réduction de cotisations et de contributions sociales sur les bas et moyens salaries et,
d’autre part, les prélèvements diversement plafonds ou déplafonnés finançant les
risques vieillesse ;
la répartition disponible permet d’identifier les agents salariés des employeurs
territoriaux et hospitaliers selon qu’ils relèvent (i) du régime intégré de la CNRACL, (ii)
de la CNAV et soit de l’Agirc-Arrco soit de l’Ircantec, (iii) des autres régimes et au premier
chef parmi ceux-ci des pensions civiles et militaires de l’Etat ; si le rattachement serait
ici théoriquement possible par régime, il ne représente pas d’intérêt en ce que
l’absence d’individualisation des rémunérations par salarié rend l’approche au
final totalement inopérante.
La mission a donc mis en œuvre une approche palliative afin de disposer d’ordres de
grandeur. Cette approche a comme points de départ :
des données déjà calculées ; donc les réserves les concernant demeurent, voire sont
accrues ;
deux options idéales typiques soit le fait que tous les agents qui sont transférés à la
CNRACL sont « prélevés » dans une des approches aux régimes de droit privé de droit
commun (CNAV et Agirc-Arrco) et dans l’autre au régime général en base (Cnav) et à
l’Ircantec au titre du régime complémentaire ;
pour ce faire, on applique le taux global de cotisations qui ne prend pas en compte
les allégements et le caractère plafonné ou non des assiettes ; il constitue donc un
majorant (en 2024, la somme des cotisations et contributions salariales et
patronales conduit à un taux global de 27,7% sur l’ensemble des rémunérations
perçues) ;
on constate ainsi un rendement global, que l’on répartit ensuite entre la CNAV et
l’Agirc-Arrco, en appliquant à ce montant la clef de répartition des produits
constatée en 2024 entre la Cnav et l’Agirc-Arrco16 ;
pour apprécier l’impact du passage d’une prise en charge de la complémentaire
par l’Ircantec et non pas l’Agirc-Arco, on considère la part Cnav comme stable et
on fait évoluer la part Ircantec à due proportion17.
16 En 2024, la Cnav a, selon la commission des comptes de la sécurité sociale, perçu un total de 136,290Mds€ de
cotisations, contributions et impôts nets. De son côté, selon ses comptes certifiés, l’Agirc-Arrco a perçu 97,384Mds€
de cotisations et compensations. La somme de ces produits est de 233,674Mds€ répartis entre la Cnav (58,32%) et
l’Agirc-Arrco (41,68%). C’est cette clef de réapparition qui est appliquée ici à titre d’ordre de grandeur.
17En 2024, selon ses comptes certifiés, l’Agirc-Arrco a donc perçu 97,384Mds€ de cotisations et compensations. De
son côté, là encore selon ses comptes certifiés, tous types d’agents confondus, l’Ircantec a reçu 5,200 Mds€ de
recettes techniques en 2024. La simulation d’un impact équivalent consisterait à comprendre qu’un euro de
cotisation Ircantec correspond à 18,72€ de cotisations Agirc-Arrco. Cela conduit à un autre ordre de grandeur
conventionnel
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Annexe IV
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Ces travaux permettent de dégager des ordres de grandeur conventionnels correspondant,
d’une part, à une situation où les seuls régimes cédants seraient la Cnav et l’Agirc-Arrco
(scénario A - tableau 17) et, d’autre part, où les seuls régimes cédants seraient la Cnav et
l’Ircantec (scénario B - tableau 18).
Dans le scénario A, les régimes de droit commun du secteur privé perdraient potentiellement
jusqu’à 46,3Mds€ (26,9Mds€ pour la Cnav et 19,3Mds€ pour l’Agirc-Arrco) alors que la
CNRACL gagnerait jusqu’à 52,9Mds€ (tableau 17).
Tableau 17 : Ordres de grandeur conventionnels des scénarios testés pour la CNRACL, la CNAV,
l’Agirc-Arrco (scénario A) et solde global théorique des opérations – en M€ et en Md€
N° Intitulé
CNRACL -
Equivalent
rendement
supplémentaire
2024 (31,65%)
Scénario A - seul la CNAV et l’Agirc – Arrco
cèdent assiette et cotisants (taux global de
27,7%)
Ordre de
grandeur des
pertes de
recettes pour
les régimes de
droit commun
(27,7%)
Ordre de
grandeur
majorant
CNAV
Ordre de grandeur
majorant Agirc
Arrco
1
Intégration des primes des fonctionnaires
titulaires cotisant à la CNRACL dans l'assiette
CNRACL
+ 5,561Mds€ - -
2 Intégration des non titulaires dans la base
cotisante sur une assiette CNRACL - données DSN + 44,734M€ -39,151M€ -22,833M€ -16,318M€
3
Intégration des non titulaires dans la base
cotisante sur une assiette CNRACL - données DSN
rectifiées (taux de prime moyen à 28,3%)
+ 33,916Mds€ -29,683Mds€ -17,311Mds€ -12,372Mds€
4 Intégration des non titulaires dans la base
cotisante sur une assiette intégrale + 47,302Mds€ -41,399Mds€ -24,144Mds€ -17,255Mds€
5
Intégration des primes des titulaires cotisant à la
CNRACL dans l'assiette et des non titulaires sur
une assiette intégrale
+ 52,864Mds€ -46,266Mds€ -26,983Mds€ -19,284Mds€
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission. Les données du scénario 2 sont présentées pour
mémoire en ce que les données déclarées sont fragiles et peu pertinentes.
Dans le scénario B, là encore, les régimes cédants perdraient potentiellement jusqu’à 46,3Mds€
alors que la CNRACL gagnerait jusqu’à 52,9Mds€. Mais la différence a trait au rôle que l’on
confierait à l’Ircantec (tableau 18).
-- 141 of 491 --
Annexe IV
- 50 -
50
Tableau 18 : Ordres de grandeur conventionnels des scénarios testés pour la CNRACL, la CNAV,
l’Ircantec (scénario B) et solde global théorique des opérations – en M€ et en Md€
N° Intitulé
CNRACL -
Equivalent
rendement
supplémentaire
2024 (31,65%)
Scénario B – seul la CNAV et l’Ircantec cèdent
assiette et cotisants
Ordre de
grandeur des
pertes de
recettes pour
les régimes de
droit commun
(27,7%)
Ordre de
grandeur
majorant
CNAV
Ordre de
grandeur
majorant
Ircantec
1
Intégration des primes des
fonctionnaires titulaires cotisant à la
CNRACL dans l'assiette CNRACL
+ 5,561Mds€ - -
2
Intégration des non titulaires dans la
base cotisante sur une assiette CNRACL -
données DSN
+ 44,734M€ -39,151M€ -22,833M€ -0,872M€
3
Intégration des non titulaires dans la
base cotisante sur une assiette CNRACL -
données DSN rectifiées (taux de prime
moyen à 28,3%)
+ 33,916Mds€ -29,683Mds€ -17,311Mds€ -660,899M€
4 Intégration des non titulaires dans la
base cotisante sur une assiette intégrale + 47,302Mds€ -41,399Mds€ -24,144Mds€ -921,755M€
5
Intégration des primes des titulaires
cotisant à la CNRACL dans l'assiette et
des non titulaires sur une assiette
intégrale
+ 52,864Mds€ -46,266Mds€ -26,983Mds€ -1,030Md€
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission. Les données du scénario 2 sont présentées pour
mémoire en ce que les données déclarées sont fragiles et peu pertinentes.
Tous les scénarios conduisent à un effort très important des employeurs et/ou des
salariés puisque ce sont eux qui, toutes choses égales par ailleurs, supportent cette
hausse.
Compte tenu du fait que le produit des cotisations CNRACL en 2024 est supérieur à tous
les autres, l’effort exigé des employeurs et/ou des salariés conduit à un excédent sur le
système des retraites en 2024 (tableau 19).
Cette approche est calculée sur 2024, elle demeure très conventionnelle en ce que le
levier ici consiste à mobiliser autant de recettes que possible par rapport à des situations
idéales typiques et non le niveau suffisant de recettes pour couvrir un niveau de dépenses,
élément clef dans l’analyse de l’équilibre d’un régime de protection sociale.
De plus, ces flux sont bruts en ce qu’ils ne tiennent pas compte des effets induits en
termes de prélèvements obligatoires (fiscalité sur les entreprises et les personnes
physiques). Ils ne tiennent pas davantage compte des effets de rééquilibrage qu’auraient
ces changements profonds sur les dispositifs de compensation. Le changement est en outre
mécanique en ce que les effectifs sont réputés changer de statut à un moment donné donc en
stock et non en flux alors même que la dynamique serait plus vraisemblablement celle d’une
transformation progressive des emplois d’un statut à un autre.
-- 142 of 491 --
Annexe IV
- 51 -
51
Tableau 19 : Ordres de grandeur conventionnels des scénarios testés pour la CNRACL, la CNAV,
l’Ircantec et solde global théorique des opérations – en M€ et en Md€
N° Intitulé
Tous scénarios -
CNRACL -
Equivalent
rendement
supplémentaire
2024 (31,65%)
Tous scénarios -
Ordre de grandeur
des pertes de
recettes pour les
régimes de droit
commun (27,7%)
Scénario A -
seul la CNAV et
l’Agirc – Arrco
cèdent assiette
et cotisants
Scénario B – seul la
CNAV et l’Ircantec
cèdent assiette et
cotisants
1
Intégration des primes des fonctionnaires
titulaires cotisant à la CNRACL dans
l'assiette CNRACL
+ 5,561Mds€ - -
2
Intégration des non titulaires dans la base
cotisante sur une assiette CNRACL -
données DSN
+ 44,734M€ -39,151M€ +5,583M€ +21,029M€
3
Intégration des non titulaires dans la base
cotisante sur une assiette CNRACL -
données DSN rectifiées (taux de prime
moyen à 28,3%)
+ 33,916Mds€ -29,683Mds€ +4,233Mds€ +15,944Mds€
4 Intégration des non titulaires dans la base
cotisante sur une assiette intégrale + 47,302Mds€ -41,399Mds€ +5,904Mds€ +22,237Mds€
5
Intégration des primes des titulaires
cotisant à la CNRACL dans l'assiette et des
non titulaires sur une assiette intégrale
+ 52,864Mds€ -46,266Mds€ +6,598Mds€ +24,851Mds€
Source : Acoss – données DSN au titre de 2024. Travaux mission. Les données du scénario 2 sont présentées pour
mémoire en ce que les données déclarées sont fragiles et peu pertinentes.
Pour toutes ces raisons et compte tenu de leur caractère instantané sur 2024 et très
conventionnel, ces calculs ne visent qu’à donner des ordres de grandeur qui permettent
de mesurer :
les impacts financiers plus ou moins prononcé des différents scénarios ;
les effets pluriels qu’ils sont susceptibles d’avoir sur chaque régime de retraite et sur
l’ensemble du système de retraite.
6. Les modalités de neutralisation ou de renchérissement du coût des
emplois ou des rémunérations ne donnant pas lieu à cotisation à la
CNRACL peut prendre plusieurs formes
Les travaux précédents des inspections générales ont mentionné la possibilité de mettre en
œuvre un dispositif de taxation spécifique des emplois ne donnant pas lieu à cotisations
à la CNRACL afin d’en renchérir le coût et de donner ainsi un signal prix aux employeurs
favorables à des emplois donnant lieu à affiliation à la CNRACL et à assujettissement à ses
cotisations. La mission a été amenée à échanger sur ce sujet avec les parties prenantes.
Un consensus s’est dégagé non en faveur d’une surtaxation des emplois ne donnant pas
lieu à cotisations CNRACL mais bien en faveur d’une neutralisation du signal prix
défavorable au recours à des emplois assujettis à cotisations CNRACL.
Un dispositif tendant à cette recherche de neutralité pourrait être assuré de plusieurs
manières :
-- 143 of 491 --
Annexe IV
- 52 -
52
application, pour chaque emploi d’un coefficient de majoration du coût pour le rendre
équivalent, quel que soit le type d’emploi, au coût acquitté au titre de l’emploi d’un agent
affilié à la CNRAVCL ; la mise en place de cette gestion au fil de l’eau et salarié par salarié
semble assez difficile à mettre en œuvre ;
analyse de l’évolution du comportement d’embauche d’un employeur d’une période par
rapport à une autre afin de neutraliser les éventuels mouvements et dynamiques
d’arbitrages défavorables à la CNRACL entre emplois assujettis ou non à ses cotisations ;
l’analyse de ce comportement pourrait être assurée sur des échéances trimestrielles,
semestrielles ou annuelles qui permettraient mieux que la périodicité mensuelle de
cerner les dynamiques à l’œuvre ;
application d’une année sur l’autre de coefficients fixes de majoration des emplois non
assujettis aux cotisations CNRACL afin de remplir l’objectif de neutralisation recherché ;
quel que soit le cadre retenu, le dispositif devrait prendre en compte l’impossibilité, dans
certains territoires, de recruter d’une certaine manière (cas des zones enclavées, de
l’outremer, etc.) ; c’est aussi cet aspect qui devrait guider in fine, la nature du dispositif
éventuellement retenu
Quelle que soit la modalité de neutralisation retenue, le produit en résultant serait par
nature affecté à la CNRACL du point de vue de la mission. Elle constate que la mise en œuvre
d’une solution de ce type serait potentiellement mieux assurée par un réseau spécialisé
dans les fonctions de recouvrement et jouant le rôle de recouvreur unique comme celui des
Urssaf qui ont été amenées à déployer des dispositifs, sinon comparables, au moins proches,
au cours des dernières années18.
18 Ces développements figurent également dans l’annexe 5 - Analyse des évolutions à caractère systémique de la
CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de retraites.
-- 144 of 491 --
ANNEXE V
Analyse des évolutions à caractère
systémique de la CNRACL et des autres
évolutions pouvant avoir des effets sur
l’architecture du système de retraites
-- 145 of 491 --
SOMMAIRE
1. LA CNRACL EST UN RÉGIME COMPOSITE, INTÉGRÉ OU COMPLET EN MATIÈRE
D’ASSURANCE VIEILLESSE, ALIGNÉ SUR LE RÉGIME DES PENSIONS CIVILES DE
L’ÉTAT, DONT LA SITUATION DOIT ÊTRE APPRÉHENDÉE DANS LE CADRE PLUS
GLOBAL DU SYSTÈME DE RETRAITES ................................................................................. 3
1.1. La CNRACL : un régime composite en invalidité et en vieillesse pour les agents
titulaires des fonctions publiques territoriales et hospitalières ..................................3
1.2. La CNRACL est un régime intégré ou complet en matière d’assurance vieillesse
... ..............................................................................................................................................................5
1.3. La CNRACL est un régime largement aligné sur le régime des pensions civiles et
militaires de l’État ............................................................................................................................5
1.4. La CNRACL a les caractéristiques d’un régime public et représente un poids
important au sein du système français des retraites ........................................................6
2. UNE ANALYSE AVANT TOUT QUALITATIVE DES CHANGEMENTS POUVANT
INTERVENIR SELON LEUR NATURE ET LEURS PROFONDEURS À PLUSIEURS
ÉGARDS .......................................................................................................................................... 9
2.1. Un choix à opérer en amont entre pôle public, pôle privé et maintien de
l’existant……........................................................................................................................................9
2.2. Des solutions techniques appréhendées compte tenu de leurs différents
impacts….. ......................................................................................................................................... 10
2.3. Avant mise en œuvre d’une réforme éventuelle, quatre décisions successives
doivent être prises ........................................................................................................................ 12
2.4. Huit scénarios envisagés par la mission, susceptibles de variantes et des
approches techniques complémentaires à avoir ............................................................. 16
3. DES APPROCHES SYSTÉMIQUES QUI NÉCESSITENT DES CHOIX FORTS SUR LE
SYSTÈME DE RETRAITE DANS SON ENSEMBLE ET SIX MODALITÉS TECHNIQUES
DE MISE EN ŒUVRE POSSIBLES ......................................................................................... 18
3.1. Le statu quo est difficilement envisageable, à terme un choix de système est
incontournable ............................................................................................................................... 18
3.1.1. Le statu quo ne serait a priori que temporaire....................................................... 18
3.1.2. Les choix à opérer ne concernent pas que la CNRACL mais l’ensemble du
système de retraites ............................................................................................................. 19
3.1.3. Deux organisations sont envisageables autour d’un pôle public ou d’un pôle
privé ............................................................................................................................................ 20
3.1.4. La constitution de pôles devrait logiquement être assorties de garanties
nouvelles et significatives ................................................................................................. 21
3.2. Une fois le choix de système opéré, trois modalités techniques et idéal-typiques
sont envisageables : alignement, intégration ou adossement .................................... 22
3.2.1. L’alignement ........................................................................................................................... 23
3.2.1.1. Le cadre général ................................................................................................ 23
3.2.1.2. L’alignement, modalité de mise en œuvre d’un pôle des retraites
publiques............................................................................................................ 24
3.2.1.3. L’alignement, modalité de mise en œuvre d’un pôle privé des
retraites .............................................................................................................. 25
-- 146 of 491 --
3.2.2. L’intégration ........................................................................................................................... 26
3.2.2.1. Le cadre général ................................................................................................ 26
3.2.2.2. L’intégration, modalité de mise en œuvre d’un pôle public de
retraite................................................................................................................ 27
3.2.2.3. L’intégration, modalité de mise en œuvre d’un pôle privé de
retraite................................................................................................................ 28
3.2.3. L’adossement .......................................................................................................................... 29
3.2.3.1. Le cadre général ................................................................................................ 29
3.2.3.1.1. La démarche spécifique retenue dans le cadre de l’ouverture à la
concurrence des marchés du gaz et de l’électricité en 2005 ..... 29
3.2.3.1.2. Les caractéristiques pouvant être retenues concernant un
adossement ....................................................................................................... 34
3.2.3.2. L’adossement, modalité de mise en œuvre d’un pôle public de
retraite................................................................................................................ 35
3.2.3.3. L’adossement, modalité de mise en œuvre d’un pôle privé de
retraite................................................................................................................ 36
4. LA HAUSSE DES RECETTES DE COTISATIONS DE LA CNRACL REVÊTIRAIT, SELON
L’OPTION RETENUE, AUSSI UN CARACTÈRE SYSTÉMIQUE ET PRÉPARATOIRE À
LA CONFIGURATION ULTÉRIEURE D’UN PÔLE PUBLIC OU PRIVÉ DE RETRAITES
....................................................................................................................................................... 37
4.1. L’affiliation de tous les agents relevant des employeurs territoriaux et
hospitaliers à la CNRACL, première étape envisageable dans la constitution d’un
nouveau pôle des retraites publiques .................................................................................. 38
4.2. L’extension de l’assiette cotisée à la CNRACL à tous les éléments de rémunération
servis, première étape envisageable dans la constitution d’un nouveau pôle privé
des retraites..................................................................................................................................... 39
5. D’AUTRES ÉVOLUTIONS DE GESTION DOIVENT ÊTRE STRICTEMENT
APPRÉCIÉES AU REGARD DE LEUR COMPATIBILITÉ AVEC UNE CHOIX
D’ORGANISATION, À TERME, DU SYSTÈME DE RETRAITE........................................ 39
5.1. La séparation des populations affiliées selon que l’employeur est une collectivité
territoriale ou un établissement public de santé ............................................................. 39
5.2. La séparation des risques invalidité et vieillesse............................................................. 40
5.3. Les transferts des fonctions de gestion technique et financière à des tiers ......... 40
5.3.1. Un réexamen des responsabilités en matière de recouvrement et de contrôle
qui serait à encourager...................................................................................................... 41
5.3.2. La nécessité de chercher des solutions nouvelles pour couvrir les besoins de
financement de la CNRACL et la couverture de sa dette .................................... 42
5.3.3. Un réexamen des missions menées en vue d’une capacité renforcée à faire
évoluer le dispositif de recouvrement, notamment pour neutraliser les
surcoûts liés aux cotisations CNRACL ......................................................................... 42
-- 147 of 491 --
Annexe V
- 1 -
1
Parmi les orientations devant être appréciées par la mission à la demande des commanditaires
et des acteurs, des approches de nature non pas paramétriques mais systémiques ont été
souhaitées concernant la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales
(CNRACL).
Cette annexe vise à apprécier ces différentes options et les questions ou problématiques
qu’elles induisent. La mission a clairement indiqué ne pas être en mesure de chiffrer des
évolutions aussi fortes que celles indiquées ci-après. En effet, nombres d’entre elles
justifieraient des travaux très importants et dédiés d’évaluation et de statistiques pour
déterminer les impacts financiers, économiques et sociaux des scénarios possibles et les
conditions dans lesquelles elles devraient être assorties de travaux de nature à garantir
leur neutralité actuarielle et financière pour l’ensemble des régimes concernés. Si la
mission a procédé à des simulations et des projections (voir annexes 4 - Analyse de l’évolution
des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des fonctions publiques
hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales ; 10 - Les évolutions de la
population affiliée et des recettes de la CNRACL et les impacts des hausses de taux sur les
stratégies d’emploi ; 12 - Simulations financières à l’horizon 2045), celles-ci demeurent
partielles et ne permettent pas de préjuger des effets de système, et le cas échéant, simplement
de disposer de premiers ordres de grandeur uniquement pour certaines approches1. La
présente annexe ne peut prétendre, même sur un plan qualitatif et à dires d’experts, embrasser
l’ensemble de conséquences de telle ou telle option. En particulier, les architectures et
évolutions retenues auraient un effet très important sur, d’une part, les mécanismes de
compensation entre les régimes de retraite et, d’autre part, sur les droits dits de
solidarité relevant d’une prise en charge spécifique du côté des régimes du secteur privé.
La présente annexe traite exclusivement des changements de système et d’architecture
du système français de retraites.
La mission a estimé nécessaire d’apprécier les tenants et aboutissants de chaque évolution
envisageable en formalisant une sorte de « doctrine » possible d’intervention. Ce faisant,
cette annexe propose des dénominations et un champ dont il est nécessaire de bien mesurer la
nature et le cadre. La mission a, parfois, au regard des précédents et de l’existant, été amenée
à retenir des idéaux-types qui sont présentés comme tels.
Pour faciliter une prise de décision qu’elle estime incontournable, la mission avance un
premier choix, cardinal qui consiste à opter entre (i) le maintien de la CNRACL, estimé
toutefois peu crédible et pérenne par la mission, (ii) la constitution d’un « pôle public » des
retraites soit l’organisation d’un ensemble plus ou moins important regroupant les agents
relevant actuellement des dispositions du code des pensions civiles et militaires de l’Etat ou
imprégnées de ce cadre, (iii) la constitution d’un « pôle privé », là encore plus ou moins
important, autour de l’architecture actuelle en base et en complémentaire.
1 L’annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des fonctions
publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales propose ainsi les effets partiels en 2024,
uniquement côté cotisations, des possibilités d’étendre l’assiette cotisée ou la population affiliée à la CNRACL.
-- 148 of 491 --
Annexe V
- 2 -
2
La recherche d’une architecture cible autour de pôles de ce type n’est pas nouvelle. Elle existe
d’ores et déjà pour partie2. La mission entend souligner dans cette présentation que le devenir
de la CNRACL a un effet, compte tenu du poids de ce régime, sur la configuration de l’ensemble
du système de retraite à trois égards : (i) le poids de la CNRACL fait que le rattachement à
un ensemble ou à un autre a un impact déterminant, (ii) ce choix de rattachement peut
conduire à avoir un pôle très important qui pose la question du maintien, à côté de ce
pôle devenant majeur, d’organisations singulières et ayant un moindre poids, (iii) certaines
évolutions pourraient apparaitre comme des changements ponctuels de périmètres ou
de règles (assiette de cotisation, rattachement de nouvelles populations cotisantes) mais elles
ont –l’annexe le souligne- en fait la même portée car elle correspondent à des choix
d’organisation en pôle ou revêtent des portées plus principielles ayant les mêmes impacts
(choix des règles du secteur public ou du secteur privé en particulier).
Une fois ce premier choix cardinal opéré, il est nécessaire de déterminer sa modalité de
mise en œuvre. La présente annexe s’y efforce en présentant, d’une part, trois options
techniques et, d’autre part, deux évolutions (assiette cotisée à la CNRACL ou population
affiliée à la CNRACL) qui ont les mêmes effets de système que les options techniques d’abord
envisagées. Sur un autre plan, la mission appelle enfin l’attention sur le fait que certains cadres
de gestion, actuellement en place ou susceptibles d’être envisagés, sont compatibles ou non
avec ces évolutions. Ils justifieraient donc d’être considérés à ce titre.
En effet, au regard du cadre actuel et des évolutions déjà introduites précédemment dans le
système de sécurité sociale français et en particulier en matière de retraites, la mission a
considéré trois options techniques différentes :
l’alignement, soit le fait que la CNRACL demeure mais applique strictement les mêmes
règles, en recettes et/ou en dépenses qu’un autre régime d’assurance vieillesse ;
l’intégration, soit le fait que le régime de la CNRACL disparaît et est intégré dans un
ensemble plus vaste ;
l’adossement, dispositif spécifique dans lequel le régime et la caisse sont -au moins en
apparence- préservés.
La mission a donc également apprécié dans quelle mesure d’autres évolutions, en
apparence paramétriques ou de périmètre, auraient les mêmes effets en termes
d’impacts prononcés sur le système actuel. Telles seraient le cas de :
une augmentation de la population cotisant à la CNRACL à tous les agents des
employeurs territoriaux ou hospitaliers, quel que soit leur statut ;
une extension de l’assiette de cotisation à la CNRACL par les agents qui lui sont
affilés à tous leurs éléments de rémunération (notamment les primes), et donc de
générer des droits à pensions à cette hauteur également.
Il n’existe aucune option technique parfaitement neutre donc purement technique. Le
choix des modes de gestion des populations, de la gestion financière et de la couverture de la
dette ou des déficits ou encore les activités de recouvrement et de contrôle revêt une
importance de premier ordre. La présente annexe appelle l’attention des décideurs sur les
effets qu’auraient certaines options ou choix présentés a priori comme relevant de la simple
gestion alors même qu’ils auraient des effets puissants : ils faciliteraient ou empêcheraient
parfois des évolutions plus fortes. L’annexe les mentionne pour que les décideurs et les parties
prenantes puissent se prémunir d’une éventuelle mesure imparfaite des impacts des choix de
gestion.
2 De fait, actuellement, on peut distinguer, d’une part, côté public, les régimes alignés sur le code des pensions civiles
et militaires de l’Etat et d’autre part, côté privé, les régimes alignés dans le cadre de la liquidation unique des régimes
alignés ou LURA décrites infra.
-- 149 of 491 --
Annexe V
- 3 -
3
Toutes ces solutions « techniques » ont en réalité des effets sur le système français de retraites
dans son ensemble. Elles doivent donc être directement appréciées au regard des choix très
profonds et structurants devant être apportés à celui-ci. Tant la situation actuelle et à venir
de la CNRACL que son importance conduisent à ce que toute évolution de celle-ci ait de
fait un impact mécanique plus ou moins fort non seulement sur les fonctions
publiques territoriales et hospitalières ou de l’Etat mais aussi potentiellement pour
tous les actifs, retraités et employeurs, publics ou privés, et sur le système de retraite dans
son ensemble.
Si nombre de solutions techniques sont ouvertes, elles reposent sur un choix premier
d’organisation du système de retraite autour d’un pôle « public » ou d’un pôle « privé »
des retraites qui prenne aussi en compte les mécanismes existants. A cet égard, toutes choses
égales par ailleurs, la mission rappelle que les compensations existantes entre les régimes
d’assurance-vieillesse tout comme les modes de prise en charge des dépenses de
solidarité seraient grandement affectés par de telles évolutions. L’architecture cible retenue
pour le système de retraites pourrait justifier leur évolution ou leur révision. Inversement, leur
éventuel réexamen devrait nécessairement tenir compte des choix opérés pour la CNRACL, les
retraites publiques et le système de retraite dans son ensemble. Ces éléments ne sont ici que
mentionnés mais ont un impact tout à fait central.
Cette annexe rappelle tout d’abord le cadre existant (1). Puis elle identifie les pistes appréciées
par la mission (2). Elle analyse ensuite les approches systémiques pouvant être retenues (3)
avant d’envisager les autres évolutions pouvant être considérées qui auraient un impact
profond non seulement sur la CNRACL mais aussi sur l’ensemble du système de retraite (4).
Elle présente enfin les options offertes en gestion et leurs impact potentiel sur le système cible
qui pourrait être retenu (5).
1. La CNRACL est un régime composite, intégré ou complet en matière
d’assurance vieillesse, aligné sur le régime des pensions civiles de
l’État, dont la situation doit être appréhendée dans le cadre plus global
du système de retraites
1.1. La CNRACL : un régime composite en invalidité et en vieillesse pour les
agents titulaires des fonctions publiques territoriales et hospitalières
Contrairement aux autres catégories d’actifs – salariés ou non-salariés-, les agents publics des
fonctions publiques territoriales et hospitalières ne sont pas l’objet de prises en charge
distinctes, d’une part au titre de l’incapacité de travail, de l’invalidité découlant d’un accident
de la vie, des accidents du travail et des maladies professionnelles et, d’autre part, en ce qui
concerne l’assurance vieillesse.
La CNRACL couvre dans un cadre sui generis des agents titulaires des fonctions publiques
territoriales et hospitalières (dont la durée hebdomadaire de travail est supérieure à 28
heures) sur le modèle retenu pour les fonctionnaires de l’Etat. La caisse gère donc un régime
à ce stade unique et composite : les prises en charge de l’invalidité et de l’assurance
vieillesse sont actuellement très fortement intriquées. Ces dimensions peuvent néanmoins
être distinguées. C’est le sens des travaux réalisé par ailleurs par la mission (voir annexe 8 - La
couverture du risque invalidité et l’opportunité de la séparer de celle du risque vieillesse au sein
de la CNRACL). Sans évoquer ici la prise en charge des personnes en situation de handicap qui
donnent lieu à des approches transverses et transcendant les cadres socio professionnels des
différents régimes, il n’existe pas de distinction sur le modèle de celle opérée pour les salariés
du privé entre les champs respectifs de la prise en charge de la retraite, de l’invalidité et des
accidents du travail ou des maladies professionnelles.
-- 150 of 491 --
Annexe V
- 4 -
4
La mission a demandé à la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des
statistiques (Drees), à partir des comptes de la protection sociale, de distinguer les dépenses
liées au risque invalidité de celles du risque « vieillesse -survie » selon la nomenclature retenue
par l’Insee et Eurostat3. Depuis 1990, la part des dépenses d’invalidité est comprise entre
5 et 2% de l’ensemble des dépenses du régime (graphique 1).
Graphique 1 : Dépenses d’invalidité et de vieillesse – survie de la CNRACL – en M€ - entre 1990
et 2023
Source : DREES, comptes de la protection sociale et SESPROS. +*= données provisoires pour 2022 et 2023. Travaux
mission.
3 Selon les comptes de la protection sociale « Les prestations de ce risque sont regroupées en deux sous-risques :
vieillesse et survie. Le sous-risque vieillesse rassemble les prestations protégeant contre les risques liés à la vieillesse
tels que perte de revenu, revenu insuffisant, manque d’indépendance dans l’accomplissement des tâches quotidiennes,
participation réduite à la vie sociale, etc. En revanche, les soins médicaux aux personnes âgées sont exclus car ils sont
comptabilisés dans le risque santé. Le sous-risque vieillesse couvre ainsi les prestations qui : assurent un revenu de
remplacement pour compenser la perte de revenu liée au départ à la retraite (pensions de droit direct) ; garantissent
un niveau de ressources lorsqu’une personne a atteint un âge prescrit (minimum vieillesse) ; fournissent des biens ou
des services spécifiquement requis par la situation personnelle ou sociale des personnes âgées telles que les prestations
liées à la dépendance des personnes âgées, comme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Le sous-risque
vieillesse a donc un champ plus large que les pensions de retraite de droit direct, même si ces dernières représentent la
grande majorité des dépenses de ce sous-risque. Le sous-risque survie désigne les besoins résultant de la disparition
d’un membre de la famille (le conjoint dans la majorité des cas). Il comprend principalement les pensions versées au
titre de droits dérivés des régimes obligatoires (pensions de retraite, d’invalidité, des accidents du travail et maladies
professionnelles), les prestations des organismes d’assurance et des fonds de pension, les allocations du minimum
vieillesse en complément d’une pension de réversion, et d’autres prestations comme des compensations de charge (frais
funéraires, capitaux décès). »
3 542
6 954
13 525
25 644
162
275
395
465
0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
2018
2020
2022*
Prestations "Invalidité" Prestations "Vieillesse-survie"
-- 151 of 491 --
Annexe V
- 5 -
5
1.2. La CNRACL est un régime intégré ou complet en matière d’assurance
vieillesse
La CNRACL joue le rôle dévolu, pour nombres d’autres catégories, à des régimes
distincts, en base et en complémentaire, en matière d’assurance vieillesse. Elle s’inscrit
dans ce cadre dans la continuité des autres régimes de la fonction publique : régimes des
pensions civiles et militaires de l’État ou fonds spécial des pensions des ouvriers des
établissements industriels de l'État (FSPOEIE) ou encore les autres régimes publics spéciaux
et uniques (régimes des parlementaires et des fonctionnaires des assemblées, régimes de
l’Opéra ou de la Comédie française, etc.).
1.3. La CNRACL est un régime largement aligné sur le régime des pensions
civiles et militaires de l’État
L’article 43 de la loi n°2014-40 du 20 janvier 2014 garantissant l'avenir et la justice du système
de retraites a prévu un dispositif commun de liquidation des pensions entre les régimes dits
alignés soit le régime général, l’ancien régime social des indépendants et le régime des salariés
agricoles. Cette liquidation unique a été rendue possible à compter du 1 er juillet 2017 par la
convergence des règles applicables aux pensions offertes aux pensionnés relevant de ces trois
régimes : outre qu’ils reposaient sur des paramètres généraux identiques, une action
complémentaire d’harmonisation et de coordination des règles a été menée afin de permettre
une liquidation unique par le dernier régime d’affiliation du pensionné.
Une telle liquidation unique n’existe pas encore entre les différents régimes de la fonction
publique. Cependant, le régime des agents titulaires des fonctions publiques territoriales
et hospitalières est un régime aligné sur les dispositions du code des pensions civiles et
militaires ce pour la quasi-intégralité de ses dispositions. Ainsi, l’appréciation des durées
de service, les validations de période, le mode de calcul des pensions, etc. appliqués par la
CNRACL sont ceux prévus pour les pensions civiles et, pour certains paramètres, pour les
pensions militaires.
Le régime de le CNRACL se distingue néanmoins des pensions civiles et militaires de
l’Etat sur trois aspects majeurs :
le régime est mis en œuvre par un organisme autonome, la CNRACL, géré par les
partenaires sociaux dans un cadre paritaire alors que le régime des pensions civiles et
militaires est géré par un service dédié du ministère en charge des finances, le service
des retraites de l’État (SRE) ; outre la dimension institutionnelle, le choix est différent en
ce que c’est la CNRACL, caisse autonome qui porte les engagements de retraite vis-à-vis
de ses assujettis, affiliés et pensionnés alors que cette charge n’incombe pas au SRE mais
bien à l’État qui en fait état en loi de finances (compte d’affectation spéciale
« pensions ») ;
si les catégories dites « actives », bénéficiant -du fait des contraintes que représentent
certains emplois- de possibilités de liquidation anticipée des pensions, existent dans les
deux régimes, les métiers relevant de ces catégories ne se recoupent pas intégralement ;
les catégories ayant droit à ces avantages étant plus nombreuses au sein du régime des
pensons civiles et militaires de l’État4 ;
4 Au demeurant, les différentes catégories actives, au sein de chaque fonction publique, peuvent donner lieu à des
spécificités en matière de retraite et d’invalidité.
-- 152 of 491 --
Annexe V
- 6 -
6
du fait de choix institutionnels différents les cotisations finançant la CNRACL et le
régime des pensions civiles et militaires de l’État ne sont pas de mêmes natures ;
la CNRACL est financée par des cotisations salariales et employeurs qui revêtent un
caractère libératoire ; le régime des pensions civiles et militaires de l’État est financé par
des cotisations salariales et par une cotisation dite d’équilibre de l’État, ce dernier
couvrant -chaque année- le besoin de financement sous la forme d’une cotisation
employeur d’équilibre ; c’est assurément sur ce dernier point que l’écart est le plus
important entre les régimes de la CNRACL et de la fonction publique d’État.
1.4. La CNRACL a les caractéristiques d’un régime public et représente un poids
important au sein du système français des retraites
La CNRACL fait face, au cours des dernières années à une croissance constante des
pensionnés alors que l’évolution du nombre de cotisants est plus erratique. Cette
dernière n’est en tout état de cause pas au niveau permettant de faire face à la croissance des
effectifs de retraités (graphique 2)5.
Graphique 2 : Effectifs de pensionnés et d’actifs cotisant à la CNRACL – au 31 décembre de
chaque année - entre 2009 et 2023
Source : Projet de loi de finances pour 2026- Jaune « rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique ».
Travaux mission.
Les effectifs de pensionnés sont largement portés par les employeurs territoriaux (57%
des effectifs en 2023) et moins par les employeurs hospitaliers (43%). Les structures
hospitalières et le bloc communal représentent plus de deux pensionnés sur trois
(graphique 3). Cette répartition est stable dans le temps.
5 L’approche est néanmoins différente selon que l’on approche les effectifs physiques constatés au 31 décembre ou
que l’on prend en compte les salariés identifiés via les déclarations sociales, voir sur ce point annexe 4 - Analyse de
l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et
territoriales au travers des déclarations sociales et 10 - Les évolutions de la population affiliée et des recettes de la
CNRACL et les impacts des hausses de taux sur les stratégies d’emploi.
967 285
1 009 644
1 063 057
1 081 710
1 116 877
1 155 087
1 194 790
1 237 242
1 280 165
1 331 158
1 380 551
1 427 413
1 471 401
1 519 561
1 570 948
2 056 867
2 133 042
2 165 726
2 171 826
2 194 861
2 223 212
2 230 195
2 225 333
2 218 660
2 203 076
2 202 032
2 199 214
2 189 791
2 188 201
2 191 490
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
2023
Pensionnés Cotisants
-- 153 of 491 --
Annexe V
- 7 -
7
Graphique 3 : Effectifs de pensionnés à la CNRACL – au 31 décembre 2023 – par structure
d’emploi
Source : Projet de loi de finances pour 2026- Jaune « rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique ».
Travaux mission.
Depuis les années quatre-vingt-dix, les tendances à l’œuvre en matière d’effectifs retraités
sont globalement de mêmes natures entre les régimes des pensions de l’Etat et celui des
employeurs territoriaux et hospitaliers (graphique 4).
Graphique 4 : Effectifs de pensionnés au sein des trois fonctions publiques – au 31 décembre de
l’année – entre 1991 et 2024
Source : Projet de loi de finances pour 2026- Jaune « rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique ».
Travaux mission.
17,7%
13,4%
8,3%
3,6%
35,6%
8,3%
5,1%
3,2% 2,8% 1,9% Centres hospitaliers généraux
Centres hospitaliers régionaux
Autres employeurs hospitaliers
Hôpitaux locaux
Communes
Départements
Autres employeurs territoriaux
Autres employeurs communaux
Centres d'action sociale
Régions
115 162 87 506
75 459
72 445
0
20 000
40 000
60 000
80 000
100 000
120 000
140 000
Retraités civils
et militaires -
ensemble de la
fonction
publique d'Etat
Retraités
CNRACL -
ensemble des
fonctions
publiques
territoriales et
hospitalières
-- 154 of 491 --
Annexe V
- 8 -
8
La hausse des effectifs pensionnés est, dans les deux fonctions publiques, largement
comparable mais on constate la spécificité de la CNRACL qui dénombre un poids
notoirement plus important de pensionnés de droits directs (tableau 1), conséquence du
fait que la CNRACL est un régime qui comporte une part plus importante de femmes que les
autres régimes d’assurance vieillesse.
Tableau 1 : Pensionnés de droits directs et de droits dérivés des régimes des pensions civiles et
militaires de l’Etat et de la CNRACL – au 31 décembre de l’année – entre 1991 et 2024
1991 2000 2010 2024
Nombre % Nombre % Nombre % Nombre %
Droits directs - retraités civils
et militaires - ensemble de la
fonction publique d'Etat
55 530 65% 69 267 68% 83 016 61% 58 749 48%
Droits dérivés- retraités civils
et militaires - ensemble de la
fonction publique d'Etat
30 192 35% 32 300 32% 53 927 39% 62 748 52%
Retraités civils et militaires
- ensemble de la fonction
publique d'Etat
76 240 100% 94 029 100% 110 446 100% 87 506 100%
Droits directs - retraités
CNRACL - ensemble des
fonctions publiques
territoriales et hospitalières
20 710 78% 24 762 78% 27 430 75% 28 757 75%
Droits dérivés - retraités
CNRACL - ensemble des
fonctions publiques
territoriales et hospitalières
5 836 22% 6 894 22% 9 036 25% 9 697 25%
Retraités CNRACL -
ensemble des fonctions
publiques territoriales et
hospitalières
36 028 100% 39 194 100% 62 963 100% 72 445 100%
Source : Projet de loi de finances pour 2026- Jaune « rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique ».
Travaux mission.
Cependant, à long terme, selon les hypothèses mobilisées par le Conseil d’orientation des
retraites sur la base des éléments transmis par le gouvernement, le poids de la CNRACL va
croissant puisqu’elle comporterait plus d’agents retraités que le régime des pensions
civiles et militaires de l’Etat à compter de 2041 (graphique 5). Au-delà, le poids des effectifs
de pensionnés, du fait des droits dérivés, est stable pour la CNRACL et décroissant pour la
fonction publique de l’Etat.
-- 155 of 491 --
Annexe V
- 9 -
9
Graphique 5 : Effectifs de pensionnés des régimes de la CNRACL et de la fonction publique d’Etat
– en millions – entre 2023 et 2070
Source : Projet de loi de finances pour 2026- Jaune « rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique ». Les
effectifs côté fonction publique de l’Etat ne comprennent pas les doubles comptes liés au cumul de pensions civiles et
militaires par certains retraités. Travaux mission.
2. Une analyse avant tout qualitative des changements pouvant
intervenir selon leur nature et leurs profondeurs à plusieurs égards
Compte tenu de ses caractéristiques, les évolution paramétriques prises pour la CNRACL
devraient aussi concerner les pensions civiles et militaires. Toute autre alternative
aurait pour effet de « désaligner » les deux régimes publics, option particulièrement
lourde aux plans politiques et symboliques, au premier chef pour les agents publics. Cette
approche est un des premiers éléments structurants qui doit nécessairement être pris en
compte dans l’analyse.
2.1. Un choix à opérer en amont entre pôle public, pôle privé et maintien de
l’existant
Une première approche de rupture consisterait ainsi à « désaligner » donc à séparer la
CNRACL par rapport à la fonction publique de l’Etat soit pour adopter des règles
différentes, soit pour rapprocher les règles régissant la CNRACL de celles retenues par
des autres régimes du secteur privé. La mission n’a pas envisagé de scénario spécifique
concernant les règles relatives à la CNRACL. Elle a cependant, à plusieurs égards, évalué les
effets de la modification de certains paramètres sur le seul champ de la CNRACL tels que le
mode de calcul des pensions ou l’indexation ou la désindexation des pensions liquidées et
versées par exemple (voir annexe 12 - Simulations financières à l’horizon 20456. Ce changement
fort est donc documenté par ailleurs.
6 La mesure de sous indexation ou de désindexation des seules pensions CNRACL marquerait non seulement un
désalignement vis-à-vis du régime des pensions civiles te militaires mais aussi vis-à-vis de l’ensemble du système
de retraite.
2,13
0,23 0,21
1,96 2,02
0,43 0,24
-
0,50
1,00
1,50
2,00
2,50
2023
2025
2027
2029
2031
2033
2035
2037
2039
2041
2043
2045
2047
2049
2051
2053
2055
2057
2059
2061
2063
2065
2067
2069
CNRACL Retraités de
droit direct
CNRACL Retraités de
droit dérivé
Fonction publique de
l'Etat Retraités de
droit direct
Fonction publique de
l'Etat Retraités de
droit dérivé
-- 156 of 491 --
Annexe V
- 10 -
10
Cette approche n’est pas à nouveau envisagée par la présente annexe qui envisage trois cas de
figure différents :
Premier cas de figure, la CNRACL rejoint un « pôle public » des retraites conforté,
composé de l’ensemble des régimes de retraites généraux et spéciaux de la fonction
publique mais avec un degré supplémentaire de synergies, en particulier au plan
financier ; dans ce cas les régimes des trois fonctions publiques sont consolidés dans un
ensemble nouveau, matérialisé par une caisse financée au moyen de cotisations
libératoires ; le régime des pensions civiles et militaires serait, de ce fait, clarifié ;
Deuxième cas de figure, la CNRACL est rapprochée des régimes de droit commun
des salariés de droit privé, en base (caisse national d‘assurance vieillesse des
travailleurs salariés ou CNAV) et, le cas échéant, en complémentaire (Association
générale des institutions de retraite des cadres et Association pour le régime de retraite
complémentaire des salariés ou Agirc-Arrco) ; un pôle « privé » élargi des retraites voit
ainsi le jour ;
Troisième cas de figure, le cadre institutionnel est préservé, l’organisation
générale de la CNRACL demeure dans ses spécificités, en recettes et en dépenses ;
cette hypothèse ne serait toutefois pas pérenne en ce que les choix qui devraient être
opérés pour préserver l’équilibre des comptes de la CNRACL conduiraient in fine et
inévitablement à opérer des choix paramétriques ou systémiques mais les efforts
demeureraient très importants pour les employeurs et les agents ; il est difficile de
déterminer des voies et moyens certains de pérennité financière de la CNRACL sachant
que certaines solutions sont, de fait, des choix de système et non des choix techniques ou
de paramètres (évolution de l’assiette ou affiliation de nouvelles populations à la
CNRACL, voir infra).
2.2. Des solutions techniques appréhendées compte tenu de leurs différents
impacts
Ainsi, la mission, sur la base de la lettre de mission et des échanges avec les commanditaires et
les parties prenantes, a veillé à respecter leurs attentes, soit, dans un premier temps,
investiguer l’ensemble des options théoriquement envisageables pour en apprécier ensuite les
impacts et donc, indirectement, doter les décideurs d’éléments de faisabilité de telle ou telle
autre approche.
Si aucune option n’est par elle-même écartée, leurs impacts et donc leur faisabilité sont
appréciés, relativement, pour chaque scénario : l’évaluation n’existe pas pour elle-même
mais par rapport aux autres solutions identifiées.
La mission a choisi d’évaluer relativement ces impacts sous plusieurs prismes :
institutionnel, financier, politique et juridique.
-- 157 of 491 --
Annexe V
- 11 -
11
L’impact institutionnel d’une évolution correspond au degré de changement que
représenterait l’option ou le scénario envisagé du point de vue des structures juridiques et
des personnes morales en charge du régime ainsi que l’identification ou non d’un service
dédié ou plus général offert aux employeurs territoriaux et hospitaliers, à leurs agents et aux
retraités de ces secteurs. L’approche embrasse ici uniquement l’identification d’une entité
dédiée sans préjuger du cadre de gouvernance (rôle des partenaires sociaux et mode de
représentation ou d’association des intéressés au régime) en ce que le pouvoir politique peut
être confié à une instance dédiée ou intégrée dans les structures existantes, à l’instar du choix
retenu pour les travailleurs non-salariés non-agricoles7, pour les travailleurs salariés et non-
salariés agricoles8 ou enfin dans le cadre des autres organisations9.
L’impact financier d’une réforme consiste ici à mesurer l’importance du changement aux
plans financiers soit l’impact purement financier du scénario ou du changement
présenté. L’impact mesuré ici ne correspond cependant pas à l’effort nécessaire pour atteindre
l’équilibre, tout changement devant permettre d’atteindre l’équilibre financier. L’impact
mesuré correspond à l’ampleur des déplacements de masses financières entre secteurs et sous-
secteurs publics ou des administrations publiques et des administrations de sécurité sociale.
Par nature, cet impact est donc moins prononcé dans le cadre d’un scénario « pôle public »,
les règles étant déjà largement coordonnées que dans le cadre d’un scénario « pôle privé ».
L’analyse est ici purement qualitative en ce que le calcul des effets financiers de tel ou tel
scénario n’est en aucun cas susceptible d’être assuré par la mission. De plus, l‘analyse de
l’impact financier ne s’entend ici qu’au niveau de la CNRACL et des régimes concernés, et
uniquement en première intention. L’impact financier ne prend pas en compte ici des éléments
de déplacement des charges qu’aurait une solution au sein des administrations publiques. Il ne
prend pas davantage en compte les autres effets de second rang de la solution proposée,
concernant la prise en charge de dépenses de solidarité et de compensation entre régimes.
L’impact financier ici est donc relatif, étroit et circonscrit. Au demeurant, l’analyse de tous les
impacts financiers conduirait à constater des impacts induits aux plans politiques et
institutionnels : la refonte de la compensation, par exemple, aurait de fait des effets très
puissants. C’est aussi la raison pour laquelle l’analyse de l’impact financier est ici sommaire.
Cet aspect a bien été souligné lors de la phase de cadrage. En effet :
le chiffrage de certaines approches pour la seule CNRACL est par nature ardu ; la
mission a proposé des chiffrages bruts de certaines mesures mais en assortissant les
éléments de grandeur de nombreuses précautions eu égard à leur caractère hautement
conventionnel10 (voir annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs
employés dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales au
travers des déclarations sociales) ;
au chiffrage brut pour la CNRACL doit être ajouté un effet net prenant en compte,
pour la CNRACL, tous les impacts du changement proposé ; par exemple, une
évolution de l’assiette cotisée devrait vraisemblablement être accompagnée d’une
hausse des droits servis ; le chiffrage de mesures de ce type n’a pu être réalisé par la
mission ;
7 Le Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI) a été mis en place en 2018 dans le cadre
de la suppression du Régime social des indépendants et de la reprise en gestion de ce public par le régime général
de sécurité sociale, voir les articles L. 612-1 et suivants du code de la sécurité sociale.
8 La composition des conseils d’administrations des caisses de mutualité sociale agricole et de la caisse centrale
reconnaît le poids de différents collèges permettant la représentation des différentes catégories de personnes prises
en charge, voir les articles L. 723-1 et suivants du code rural.
9 En ce qui concerne l’organisation retenu pour le régime général, voir les chapitres I et II du code de la sécurité
sociale et, pour les régimes complémentaires, les accords nationaux interprofessionnels les ayant institués.
10 Comme le souligne l’annexe 4, des conventions très fortes doivent être mobilisées pour parvenir à ce chiffrage,
ces conventions rendent l’évaluation frustre et donc relativement peu solide. Elle ne permet que de disposer d’un
ordre de grandeur des masses concernées.
-- 158 of 491 --
Annexe V
- 12 -
12
le chiffrage brut pour la CNRACL doit tenir compte des effets potentiellement très
importants que peut avoir un changement non pour la seule CNRACL mais sur les
autres régimes ; là encore, la mission a produit parfois de premiers ordres de grandeur
(voir annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les
entités relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des
déclarations sociales) à titre purement indicatif mais en ayant recours à de très fortes
conventions ;
ces approches doivent enfin être combinées pour disposer, d’une part, des effets
d’un changement sur l’ensemble du système de retraite ce qui induirait, en toute
rigueur, de procéder à des calculs rénovés des flux de compensation et des solidarités
financières inter régimes et, d’autre part, des effets en comptabilité publique sur les
différentes secteurs de dépenses (Etat, collectivités locales et administrations de sécurité
sociale) ;
par nature, de telles opérations nécessitent en amont de choisir un schéma
particulier en ce qu’elles induisent des calculs statistiques et actuariels
particulièrement longs et importants.
Cette annexe et les travaux de la mission n’entendent en aucun cas se substituer aux
travaux indispensables de chiffrages et de simulations. Ils visent en fait à orienter le ou
les scénarios susceptibles d’être choisis par les pouvoirs publics et les parties prenantes,
sur la base d’une première analyse qualitative mais qui comprend une mesure indirecte de
l’impact financier.
L’impact politique d’une évolution correspond à la prise en compte, d’une part, du
bouleversement que représenterait l’évolution pour les acteurs et, au premier chef, pour
les partenaires sociaux représentant les employeurs et les agents et, d’autre part, aux effets
plus globaux du changement sur les équilibres du système de retraite ou des
interventions publiques.
Enfin, la quasi-intégralité des options conduisent à des évolutions de niveau législatif.
Elles sont plus ou moins importantes et complexes cependant selon le type de changement
retenu. Tel est l’objet de la mesure de l’impact juridique apprécié ci-après.
Ces différents impacts sont évalués sous le mode de l’analyse d’experts par la mission.
Les évaluations ne sont jamais normatives ou existantes par elles-mêmes mais toujours
relatives. Chaque scénario donne lieu à une évaluation relative des différents impacts par
rapport aux impacts évalués pour les autres scénarios. Les impacts sont ainsi évalués dans
des degrés allant de 1 à 5 matérialisés par des signes « + » et des couleurs allant du vert
(1 signe « + », faible impact) à orange (deux à trois signes « + », impact plus prononcé) et rouge
(quatre à cinq signes « + », impact fort à majeur).
2.3. Avant mise en œuvre d’une réforme éventuelle, quatre décisions
successives doivent être prises
La présente annexe vise à faciliter quatre choix différents, l’option retenue étant logiquement
dépendante des choix opérés lors des étapes précédentes (schéma 1).
Pour la mission, ces étapes doivent être clairement appréciées par les décideurs et les
parties prenantes. Il s’agit en effet, en méthode, successivement de décider (i) de l’avenir
réservé à la CNRACL, (ii) du choix d’une organisation du futur système de retraite autour d’un
pôle public ou privé, (iii) de déterminer la solution technique privilégiée compte tenu des
réponses apportées précédemment et, sur ces bases, (iv) de mener les travaux préparatoires
indispensables.
-- 159 of 491 --
Annexe V
- 13 -
13
Schéma 1 : Choix à opérer, champs documentés par la mission et travaux restant à mener
Source : Travaux mission.
-- 160 of 491 --
Annexe V
- 14 -
14
La mission considère, à ce titre, trois modalités techniques de constitution d’un pôle public
ou privé (adossement, alignement, intégration), deux autres évolutions de même nature et
avec un effet de système et, enfin, les autres évolutions de gestion envisageables qui
doivent être combinées avec les choix assurés par ailleurs (schéma 2).
-- 161 of 491 --
Annexe V
- 15 -
15
Schéma 2 : Modalités techniques de constitution d’un pôle public ou privé et autres champs d’évolution
Source : Travaux mission.
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Annexe V
- 16 -
16
2.4. Huit scénarios envisagés par la mission, susceptibles de variantes et des
approches techniques complémentaires à avoir
Ces différentes options sont formalisables en huit grands scénarios ou cas de figure :
le scénario 1 repose sur la constitution d’un pôle public via l’alignement intégral entre
le régime de la CNRACL et celui des pensions civiles et militaires de l’Etat ;
le scénario 2 résulte du choix d’un pôle privé via l’alignement entre le régime de la
CNRACL et celui des régimes de droit commun du secteur privé (CNAV et Agirc-Arrco)
le scénario 3 est une variante de constitution d’un pôle public des retraites via
l’intégration de la CNRACL au régime des pensions civiles et militaires de l’Etat ;
le scénario 4 est une autre variante de constitution d’un pôle public des retraites via
l’adossement de la CNRACL au régime des pensions civiles et militaires de l’Etat ;
le scénario 5 est une variante de constitution d’un pôle privé via l’intégration de la
CNRACL aux régimes de droit commun des salariés du secteur privé (CNAV et Agirc-
Arrco) ;
le scénario 6 est une autre variante de constitution d’un pôle privé via l’adossement
de la CNRACL aux régimes de droit commun des salariés du secteur privé (CNAV et Agirc-
Arrco) ;
le scénario 7 est une des modalités possibles de mise en œuvre d’un pôle public et
repose sur l’affiliation de tous les agents des collectivités territoriales et des
établissements publics de santé à la CNRACL (ou au pôle public) ;
le scénario 8 est une des modalités possibles de mise en œuvre d’un pôle privé et
a trait à l’extension de l’assiette cotisée à la CNRACL à tous les éléments de
rémunération servis aux agents des fonctions publique territoriales et hospitalières.
Ces scénarios sont des possibilités techniques et idéales-typiques ouvertes aux
décideurs et aux parties prenantes. Elles permettent de cerner les grands axes alternatifs
qui sont envisageables. La mission entend souligner que des variantes peuvent tout à fait
être envisagées et sont parfois mentionnées dans les approches ci-après. Ainsi,
l’adossement, l’alignement ou l’intégration de la CNRACL pourrait être effectué
partiellement du côté du secteur privé en ne retenant que le niveau de base (CNAV) ou, cas
moins probable, le seul étage complémentaire obligatoire (Agirc-Arrco).
Quelle que soit la modalité technique retenue, des options complémentaires sont
susceptibles d’être retenues : les choix de gestion peuvent faciliter la constitution d’un pôle
public ou d’un pôle privé ou encore découler de telle ou telle approche systémique souhaitée.
Ces scénarios et approches sont recensés ci-après (tableau 2).
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Annexe V
- 17 -
17
Tableau 2 : Scénarios et approches envisagés par la mission
Scénario / approche /
cas de figure Intitulé Lien avec le choix de pôle
1 Alignement intégral entre le régime de la CNRACL et celui des pensions civiles et militaires de
l’Etat « Pôle public »
2 Alignement entre le régime de la CNRACL et les régimes de droit commun des salariés du secteur
privé (CNAV et Agirc-Arrco) « Pôle privé »
3 Intégration de la CNRACL au régime des pensions civiles et militaires de l’Etat « Pôle public »
4 Adossement de la CNRACL au régime des pensions civiles et militaires de l’Etat « Pôle public »
5 Intégration de la CNRACL aux régimes de droit commun des salariés du secteur privé (CNAV et
Agirc-Arrco) « Pôle privé »
6 Adossement de la CNRACL aux régimes de droit commun des salariés du secteur privé (CNAV et
Agirc-Arrco) « Pôle privé »
7 Affiliation de tous les agents des collectivités territoriales et des établissements publics de santé
à la CNRACL
Evolution vers un « pôle
public »
8 Extension de l’assiette cotisée à la CNRACL à tous les éléments de rémunération servis aux agents
des fonctions publique territoriales et hospitalières
Evolution vers un « pôle
privé »
Autres évolutions Evolutions de gestion, transferts de mission, séparation des populations couvertes, séparation des
risques, etc.
Impact à intégrer avec le choix
éventuel de pôle
Source : Travaux mission.
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Annexe V
- 18 -
18
3. Des approches systémiques qui nécessitent des choix forts sur le
système de retraite dans son ensemble et six modalités techniques de
mise en œuvre possibles
3.1. Le statu quo est difficilement envisageable, à terme un choix de système est
incontournable
3.1.1. Le statu quo ne serait a priori que temporaire
A l’échelle de la CNRACL, les travaux de la mission soulignent que, toutes choses égales par
ailleurs, les déficits cumulés seraient à horizon 2045 et a fortiori 2070, potentiellement
insoutenables non seulement pour la seule CNRACL mais aussi pour l’ensemble de la
sphère sociale (annexe 12 - Simulations financières à l’horizon 2045).
Dans la continuité des travaux réalisés précédemment par les inspections générales11, des
évolutions pourraient être conduites, à court terme, concernant la compensation
généralisée (annexe 9 - La compensation et la surcompensation entre les régimes de retraite et
leurs impacts pour la CNRACL) ou le financement des dépenses de solidarité. Ces réponses ne
seraient que ponctuelles. Elles ne permettraient pas de répondre aux besoins de
financement constatés. Une nouvelle hausse de cotisation pourrait également intervenir,
sans préjudice des questions qu’elle impliquerait en termes de soutenabilité et de
compensation pour les employeurs territoriaux et hospitaliers. Pour autant, les travaux de la
mission mettent en avant un besoin de financement persistant, justifiant l’analyse des
autres voies d’évolutions et, en particulier, celles ayant un caractère systémique. En
effet, la mission a pris acte de la demande des commanditaires de créer les conditions d’un
cadre soutenable pour tous les acteurs et pour le système de retraite. A cet égard, l’évolution
de l’architecture du système de retraites doit nécessairement être considérée. La
problématique de soutenabilité se pose en effet, à court et moyen termes, pour les
administrations de sécurité sociale, confrontées à des déficits et une dette sans précédent en
dehors des périodes avérées de crise. Le poids des besoins de financement de la CNRACL pèse
sur les administrations de sécurité sociale. Il est croissant. Il doit être apprécié au regard de la
soutenabilité pour la sphère sociale de déficits ou de dettes d’un niveau important et du recours
aux financements de marchés qu’ils induisent à cadre inchangé. La problématique de
soutenabilité se pose également pour la CNRACL : cela conduit la mission à proposer par
ailleurs une reprise de sa dette assortie d’une garantie de retour à l’équilibre financier. La
question de soutenabilité se pose au niveau de l’ensemble des administrations publiques ou au
niveau du système de retraites dans son ensemble : ces deux dimensions ne sont pas
directement dans le champ de la mission mais elle a été amenée à les appréhender
ponctuellement. Au final, c’est la combinaison de la situation de la CNRACL et de son poids
qui justifient des approches d’ordre systémique.
11 Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation financière de la Caisse nationale
de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
2023-104R / 2023-M-104-02.
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Annexe V
- 19 -
19
Le maintien de la CNRACL dans son cadre actuel, sans changements paramétriques ou
systémiques n’est qu’une option de court terme. Il ne répond pas à la demande des
commanditaires de créer les conditions d’un cadre soutenable pour tous les acteurs et pour le
système de retraite. Le statu quo ne saurait être que transitoire si la finalité d’une réforme de
la CNRACL avait pour objectif d’assurer le caractère soutenable du régime à moyen terme. Les
niveaux de déficits et de dette accumulés par le régime soulignent son déséquilibre structurel
qui ne peut se résoudre par des mesures ponctuelles. Son poids dans le système de retraite et
ses besoins croissants de financement invitent à engager des réformes systémiques pour éviter
tout effet de contagion des déséquilibres du régime sur l’ensemble de la sphère sociale.
Certes, la hausse sans précédent, en cours et programmée, des taux de cotisation entre 2024 et
2028 (+13 points) constitue une première étape, difficile mais nécessaire pour tendre à
l’équilibre des comptes. Si la dette demeure importante, les mois et années à venir peuvent
utilement être employés pour mener des travaux sur les évolutions complémentaires qui
devraient être conduites. C’est à cette aune que les approches systémiques doivent être
considérées. A court et moyen termes, la situation de statu quo financier et institutionnel
semble peu soutenable. La mission a souhaité, dans le cadre arrêté avec les commanditaires et
convenu avec les parties prenantes, explorer des évolutions plus fortes pouvant être soumises
à la concertation. Toutes les réponses à la problématique de soutenabilité de la CNRACL
empruntent des voies qui ont des impacts sur tous les acteurs, publics ou privés, et/ou au sein
des administrations publiques, et/ou au sein du système français des retraites.
3.1.2. Les choix à opérer ne concernent pas que la CNRACL mais l’ensemble du système
de retraites
La CNRACL est un des principaux régimes de retraite en France. Par conséquent, tant sa
situation que ses évolutions n’ont pas d’effets uniquement pour les employeurs territoriaux et
hospitaliers ou pour les administrations publiques. Les défis constitués par la CNRACL
concernent de fait l’ensemble du système de retraite. Aucune évolution n’est neutre
pour les acteurs privés ou publics.
La neutralité pour les administrations publiques ne peut en aucun cas être assurée
puisque, quelle que soit la modalité de financement retenue, si elle est supportée par les
employeurs territoriaux et hospitaliers, elle pèse sur les comptes publics de manière directe
(financement par les employeurs sans compensation) ou indirecte (financement total ou
partiel par une compensation).
La neutralité des changements pour les administrations de sécurité sociale ne peut
davantage être assurée en ce que les différents schémas peuvent conduire à des transferts
entre secteurs et sous-secteurs de dépenses publiques. En effet, les évolutions de la
compensation généralisée vieillesse ou des modes de prises en charge des dépenses de
solidarité, évoquées précédemment par les inspections générales12, si elles répondent bien et
uniquement en partie au besoin de financement de la CNRACL, sont neutres au niveau des
administrations de sécurité sociale :
l’évolution du mode de calcul de la compensation conduit à répartir différemment la
charge qu’elle induit entre les différents régimes la finançant ;
12 Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation financière de la Caisse nationale
de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
2023-104R / 2023-M-104-02.
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Annexe V
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20
toutes choses égales par ailleurs, la prise en charge par des entités autres que la CNRACL
(caisse nationale des allocations familiales - CNAF et ex fonds de solidarité vieillesse -
FSV intégré dans les comptes de la CNAV désormais13), est également neutre au niveau
des administrations de sécurité sociale.
La problématique financière de la CNRACL concerne donc, même à court ou moyen
terme, non seulement l’ensemble des administrations publiques mais aussi l’ensemble
des acteurs privés et publics :
la hausse éventuelle des taux a un impact sur les administrations publiques ;
l’évolution de la compensation ou de la prise en charge des dépenses de solidarité a un
impact sur les administrations publiques ;
toute évolution est donc susceptible d’avoir un impact, direct ou indirect, sur l’ensemble
des employeurs qu’ils soient publics ou privés, des actifs cotisant et des pensionnés quels
que soient leurs régimes d’affiliation.
De facto, les difficultés rencontrées par la CNRACL posent des problématiques
systémiques. C’est à cette aune que doivent donc être appréhendées toutes les solutions
envisageables permettant de garantir la pérennité des retraites des actifs et pensionnés des
fonctions publiques territoriales et hospitalières. La hausse, très forte et sur cinq années, sans
précédent, des taux de cotisations employeurs ne permet en effet pas d’atteindre l’équilibre
recherché. Cette situation justifie donc d’appréhender des évolutions plus prononcées.
3.1.3. Deux organisations sont envisageables autour d’un pôle public ou d’un pôle privé
Dès lors que la pérennité financière des retraites des actifs et pensionnés des fonctions
publiques territoriale et hospitalière n’est pas assurée, une évolution plus profonde est
nécessaire. Le projet d’un système universel de retraite14 ne semblant plus d’actualité, la
mission propose d’envisager deux schémas cibles et idéal-typiques d’organisation, à
terme, du système de retraites15.
Le premier schéma repose sur l’affirmation d’un pôle public des retraites, constitué du
régime des pensions civiles et militaires de l’Etat, de la CNRACL et des régimes et fonds
spéciaux publics. Ce schéma consisterait à inscrire dans la durée les spécificités des régimes
publics de retraite soit, à titre principal, le fait que :
les administrations publiques équilibrent au fil de l’eau et en dernier ressort les dépenses
de pensions ;
les cotisations sont prélevées sur une assiette limitée au traitement indiciaire ;
cette base de calcul est aussi celle de la pension, appréciée au titre des derniers mois
d’activité ;
de plus, dans ce cadre, la reconnaissance de la pénibilité de certaines activités est assurée
via les catégories actives et super actives qui permettent des départs anticipés à la
retraite.
13 L’alinéa 22 de l'article 24 de la loi n°2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025
transfère les droits et obligations du FSV à la CNAV à compter du 1 er janvier 2026.
14 Voir, en particulier, Pour un système universel de retraite - Préconisations de Jean-Paul Delevoye, Haut-Commissaire
à la réforme des retraites, juillet 2019. Par nature, la création de ce régime ne posait que la question de la période de
transition et de modalités de passage du système actuel au système futur. Partant, toute une partie des questions
propres à chaque régime était de moindre importance, seul les équilibres du régime universel devant çà terme
retenir l’attention et justifier des interventions.
15 Au demeurant, la constitution d’un ou de plusieurs pôles pourrait s’entendre comme une étape avant la
constitution, à terme, d’un régime unique de retraites.
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Annexe V
- 21 -
21
Un schéma alternatif consisterait à rapprocher la CNRACL des régimes de droit commun
du secteur privé (CNAV et Agirc-Arrco). Une telle évolution aurait des impacts extrêmement
lourds : pour la CNRACL, pour les autres régimes publics et pour les régimes privés. Elle
conduirait à désaligner la CNRACL par rapport au régime des pensions civiles et
militaires pour l’aligner sur les règles actuellement en vigueur dans le secteur privé non
seulement en termes de taux et d’assiette de cotisation mais aussi en termes de conditions de
liquidation des pensions (régimes en annuités pour la CNAV et en points pour l’Agirc-Arrco).
De plus, cette approche fragiliserait potentiellement, à terme, le maintien, à côté de ce
nouveau pôle privé d’un pôle public reposant avant tout sur le régime des pensions
civiles et militaires de l’Etat. Le seul changement concernant la CNRACL semble, de fait, peu
envisageable dans la durée. Il poserait rapidement la question de l’évolution, à plus ou moins
long terme, du régime des pensions civiles et militaires de l’Etat.
Ainsi, dans tous les cas de figure, les évolutions concernant la CNRACL ont non seulement un
effet sur le système de retraite dans son ensemble du fait de son poids démographique et
financier mais aussi, en ce qu’elles pourraient justifier une évolution de l’architecture du
système de retraites et de son organisation.
3.1.4. La constitution de pôles devrait logiquement être assorties de garanties
nouvelles et significatives
Pour la mission, toutes les évolutions, qu’elles revêtent un caractère plus ou moins
profond ou systémique, devraient nécessairement être assorties de plusieurs principes.
Le premier principe est - compte tenu de l’autonomie financière, politique et de gestion des
différents régimes - celui de la garantie de la neutralité actuarielle pour l’ensemble des
parties des changements opérés. Ce principe est par définition d’interprétation variable et
potentiellement diverse. Pour autant, les impacts des changements devraient être évalués
ex ante et suivis ex post pour s’assurer, autant que possible, de la neutralité des
changements effectués pour les employeurs, les actifs et les pensionnés de tous les régimes.
Ainsi, la recherche de neutralité actuarielle devrait conduire à prendre en compte les
dynamiques de recettes et de dépenses de chaque régime concerné avant et après le
changement envisagé, ce afin d’appréhender l’impact de la réforme sur les recettes et dépenses
du système de retraite dans son ensemble mais aussi et surtout pour chacun des régimes
concernés. Ces éléments sont détaillés pour chaque scénario.
Le deuxième principe est celui du maintien voire l’approfondissement de la
transparence et de la sincérité financières. En matière de retraite, la recherche d’une
approche de ce type plaide pour l’identification d’une personne morale autonome, une caisse,
chargée de la gestion et du financement des retraites pour une population déterminée. Cette
caisse, financée par des cotisations ayant un caractère libératoire serait seule porteuse des
engagements de retraite. De ce fait, il serait loisible d’apprécier la situation réelle des retraits
et de leur financement. Une approche de ce type est actuellement celle qui existe sur le champ
de la CNRACL. Elle devrait donc être maintenue. Dans le cadre du passage à un pôle des
retraites publiques, pour la mission, la création d’une caisse, entité autonome dotée de
la personnalité morale et juridique apparaitrait incontournable. Cette organisation se
substituerait donc à l’organisation actuelle des pensions civiles et militaires, reposant sur le
service des retraites de l’Etat (SRE).
Dans tous les cas, la comparaison à retenir est celle des effets des régimes publics de
retraite par apport aux règles du privé. Or, les travaux statistiques montrent que les
effets de chacun des systèmes ne sont pas univoques. Il n’existe pas un système, public ou
privé, qui apparaîtrait plus généreux que l’autre. Il existe des différences significatives qui
conduisent, dans chacun des systèmes, à apporter des protections différentes pour des
trajectoires de carrière comparables.
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Annexe V
- 22 -
22
La complexité de l’analyse est d’autant plus forte que les générations en cours ou à venir se
caractérisent par des situations de poly ou de pluri pensionnés qui conduisent à combiner les
effets des différents systèmes sur un trajectoire donnée. Sur ce volet, qui joue un rôle clef dans
l’analyse, la mission renvoie aux travaux existants (encadré 1).
Encadré 1 : L’évaluation du changement de législation, un chantier spécifique
Outre les travaux du COR qui présentent dans ses rapports annuels des cas types des trajectoires de
pensionnés, la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des
ministères sociaux a, de longue date, comparé les effets des législations d’assurance vieillesse existant
pour les salariés du secteur privé et celles pour les agents des fonctions publiques.
[Voir, en particulier, Martin Chopard, Romain Guirriec, Serge Herbillon-Leprince, Anthony Marino,
Clément Rousset (DREES), Retraite : règles de la fonction publique et du privé - Comparaison du calcul des
droits à la retraite à l’aide du modèle Trajectoire, Les dossiers de la DREES, n°103, 17 novembre 2022 et
Cindy Duc, Gwennaël Solard et Julie Treguier (DREES), Les différences de retraite entre secteurs public et
privé : résultats de simulations, Les dossiers de la DREES, n°16, mai 2017]
Ces travaux montrent que les différences de règles en matière de cotisations (taux et assiettes), de modes
d’acquisition de droits (points ou annuités), de date de départ en retraite (cas de départs anticipés ou
non, décotes et surcotes, etc.) et de conditions de liquidation de la pension (base de calcul et modes de
revalorisation de cette base) ont des effets de natures très différentes : il n’existe pas un régime qui serait
en tant que tel plus généreux, les deux cadres donnant des réponses différentes à des trajectoires de
carrière comparables qui peuvent favoriser certains profils et en défavoriser d’autres.
Il est donc difficile de présupposer les effets d’opérations techniques sur les niveaux de droits servis.
Pour autant la situation, démographique et financière, très dégradée par elle-même et relativement,
conduit à souligner que toute opération technique (intégration ou adossement) aurait un coût pour le
régime se substituant en tout ou partie à la CNRACL qui justifierait le calcul d’une soulte, dans le cadre
de la recherche d’une nécessaire neutralité actuarielle souhaitée par la mission.
Il n’est pas possible d’évaluer ces dimensions à ce stade. Il est nécessaire de procéder à des choix
d’architecture du système de retraite et de solution technique dans les conditions décrites par la
présente annexe avant de lancer les inévitables démarches d’évaluations actuarielles, statistiques et
financières.
Source : Drees, travaux mission.
3.2. Une fois le choix de système opéré, trois modalités techniques et idéal-
typiques sont envisageables : alignement, intégration ou adossement
Au premier chef, une décision forte devrait donc être prise. Elle concerne l’architecture du
système de retraite. C’est la situation de la CNRACL et le poids de celle-ci qui limitent la
possibilité d’agir de manière ponctuelle ou temporaire sur les paramètres du régime. En effet,
ceux-ci sont largement liés à ceux retenus pour les pensions civiles et militaires hormis les
questions du mode de financement et les catégories actives ou super actives. L’évolution de la
CNRACL pose la question d’un éventuel désalignement par rapport au régime de la fonction
publique d’Etat : ce désalignement constituerait également une évolution profonde du système
de retraite en préjugeant d’une nouvelle structuration de celui-ci16.
16 Le désalignement simple constituerait une source de complexité supplémentaire puisque le système français de
retraites serait alors constitué de quatre entités principales régies par des règles spécifiques : le régime des pensions
civiles et militaires de l’Etat, la CNRACL qui s’en distinguerait désormais, la CNAV et l’Agirc-Arrco. Le désalignement
de la CNRACL du régime des pensions civiles et militaires pour aligner la CNRACL sur les régimes du privé aurait, a
contrario, une vertu simplificatrice.
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Annexe V
- 23 -
23
Une fois le choix de structuration du système assuré, donc entre maintien temporaire et
relatif du cadre actuel, choix d’un pôle des retraites publiques ou d’un pôle des retraites privé,
le rapprochement entre la CNRACL et, d’une part, le régime des pensions civiles et militaires et
de l’Etat et, d’autre part, les régimes de droit commun des salariés du secteur privé peuvent
prendre trois formes ayant des impacts différenciés : alignement, intégration ou
adossement. Chacune des hypothèses a des impacts différenciés sous les primes
institutionnels, financiers, juridiques et politiques. Les impacts évalués ci-après sont donc la
combinaison des choix de pôles « privé » ou « public » et des modalités techniques de
rapprochement retenues.
Les développements ci-après sont basés sur les opérations historiquement intervenues
dans le champ de la sécurité sociale ou de la protection sociale obligatoire17. Ils visent à
proposer une approche théorique d’organisations singulières qui, en pratique, ont donné lieu
à de nombreuses variantes ou adaptations à la fois sous les prismes envisagés mais également
en matière de gestion. Le propos demeure général tout en faisant référence ponctuellement
aux opérations déjà intervenues. La présentation est parfois schématique. Elle vise avant tout
un but unique : faciliter un choix de solution technique par les décideurs et les parties
prenantes.
3.2.1. L’alignement
3.2.1.1. Le cadre général
La notion d’alignement renvoie au fait, pour des régimes distincts, d’être régis en tout
ou partie par des règles identiques. Ces règles peuvent concerner les recettes : l’alignement
consiste en ce cas à appliquer les mêmes taux de cotisations à des assiettes strictement
comparables. Ces règles peuvent concerner les dépenses : l’alignement repose alors sur le fait
que les mêmes règles s’appliquent en matière de valorisation et de conditions et modalités de
liquidation des droits et des pensions.
L’alignement n’est donc pas toujours possible : par exemple, pour les recettes, les salariés
et les non-salariés ne disposent pas des mêmes revenus d’activité et donc rechercher un
alignement entre ces populations relève de la gageure18. Pour autant, il existe des grandes
logiques d’alignement, d’une part, au sein de la sphère publique, sur les règles et conditions
posées par le code des pensions civiles et militaires pour la fonction publique d’Etat et, d’autre
part, au sein du secteur privé, dans le cadre d’une démarche progressive d’alignement
concrétisée par la liquidation unique des régimes alignés (LURA – encadré 2).
Encadré 2 : La démarche d’alignement des législations retraite au sein du secteur privé
Depuis 1973, les régimes de retraite de base du régime général (CNAV), des salariés agricoles (MSA) et
des anciens régimes des travailleurs non-salariés non agricoles (ex-régime social des indépendants -
RSI) sont réputés alignés en ce qu’ils appliquent les mêmes règles de calcul des pensions qu’ils versent
à leurs retraités.
Depuis 1996, les assurés réalisent une demande unique de retraite (DUR) pour les régimes alignés.
Chaque pension demeurait traitée de manière indépendante par chaque régime compétent : l’article 43
de la loi n° 2014-40 du 20 janvier 2014 garantissant l'avenir et la justice du système de retraites a prévu
un alignement opérationnel en ce que c’est le dernier régime de rattachement qui est chargé de liquider
la pension pour le compte de l’ensemble des régimes alignés auprès desquels l’assuré s’est ouvert des
droits.
17 Afin de remplir des objectifs qui ne sont que rarement ceux rencontrés aujourd’hui pour la CNRACL.
18 Voir notamment Haut conseil du financement de la protection sociale, Rapport sur la protection sociale des
travailleurs indépendants, septembre 2020.
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Annexe V
- 24 -
24
La mise en œuvre de cette réforme, dénommée LURA a conduit à procéder à des mesures
complémentaires d’alignement des réglementations propres à chaque régime.
Source : service-public.fr, en3s.fr, travaux mission.
3.2.1.2. L’alignement, modalité de mise en œuvre d’un pôle des retraites publiques
Si la démarche d’alignement au sein d’un pôle public était retenue, les ajustements
apportés seraient limités. En effet, comme indiqué supra, la CNRACL est d’ores et déjà très
largement alignée en recettes et en dépenses sur le régime des pensions civiles et militaires de
l’Etat. Les écarts concernent certains modes de financement en ce que là où les cotisations des
employeurs hospitaliers et territoriaux revêtent un caractère libératoire pour eux, tel n’est pas
le cas pour l’Etat, qui assure le financement soit par des cotisations de même type pour ses
opérateurs (calcul d’un équivalent cotisation employeur) soit par une contribution d’équilibre
qu’il assume chaque année. Par ailleurs les catégories actives et super actives permettant des
départs anticipés des agents des trois fonctions publiques diffèrent pour partie, mais pour des
effectifs modérés et des enjeux financiers limités, selon le régime d’affiliation et l’emploi
effectivement occupé.
Procéder à un alignement justifierait donc de choisir une modalité commune de
financement et d’harmoniser les conditions de départ anticipé entre les régimes
existants.
Dans la démarche d’alignement, les régimes demeurent autonomes. L’organisation
institutionnelle demeurerait inchangée tout comme les compétences des organes de
gouvernance tant du côté de la CNRACL que du SRE. Partant, les impacts sont mesurés à
l’exception du volet financier.
La recherche de neutralité actuarielle pourrait conduire à des réflexions ad hoc. Le cas des
catégories actives et super actives pourrait conduire à des charges supplémentaires ou
moindres. Dans le cas où cet alignement serait une première étape avant la constitution d’un
pôle public plus intégré, se poserait la question de la compatibilité éventuelle entre la solution
cible et une évolution de la compensation démographique ou des modes de prise en charge de
certaines dépenses comme le proposait la précédente mission des inspections générales.
La question clef a trait à la solution retenue en matière de financement. La mission
considère comme souhaitable, à terme, dans le cas où l’idée d’un pôle de retraites publiques
serait retenue, la constitution d’une caisse publique de retraite financée par des
cotisations employeurs reflétant la réalité des charges et ayant un caractère libératoire
ce sans préjudice d’une garantie de financement de l’Etat qui demeurerait mais qui ne
serait pas automatique comme c’est le cas actuellement via la contribution d’équilibre.
Partant, l’évolution du mode de financement revêtirait un caractère clef. Une autre hypothèse,
qui n’a pas la préférence de la mission, consisterait à ce que le dispositif de contribution
d’équilibre soit étendu à l’ensemble des régimes publics : dans ce cas l’Etat jouerait un rôle
pivot en assurant la contribution d’équilibre, il en tirerait ou non les conséquences dans ses
relations financières avec les autres administrations publiques. Concernant les retraites
publiques, cette approche ne permettrait pas de respecter les objectifs de sincérité et de
transparence budgétaires accrus qui ont été posés précédemment.
Les impacts appréciés relativement sont retracés ci-après (tableau 3). Compte tenu de la
proximité des régimes de la CNRACL et des pensions civiles et militaires de l’Etat, les impacts
relatifs sont ténus dans cette approche.
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Annexe V
- 25 -
25
Tableau 3 : Impacts relatifs du scénario 1 – Alignement intégral entre le régime de la CNRACL et
celui des pensions civiles et militaires de l’Etat
Intitulé Cible Impacts
Institutionnels Financiers Politiques Juridiques
Alignement intégral entre le régime de
la CNRACL et celui des pensions civiles
et militaires de l’Etat
« Pôle
public » + +++ + +
Source : Travaux mission.
3.2.1.3. L’alignement, modalité de mise en œuvre d’un pôle privé des retraites
L’alignement pourrait constituer une des voies de constitution, à terme, d’un pôle privé
des retraites. Il n’appartient pas à la mission de se prononcer sur le devenir du régime des
pensions civiles et militaires à ce titre. Mais son maintien ne serait pas sans soulever des
questions. Sur le champ de la CNRACL, cet alignement aurait des impacts très forts : les
agents cotiseraient sur la base des taux et assiettes auxquels sont assujettis les salariés du
secteur privé19. L’assiette serait ainsi plus large en ce qu’elle comprendrait l’ensemble des
éléments de rémunération20. Sur la base de cette assiette seraient appliqués des taux à
certains niveaux de plafonds ou sans plafond au titre du financement des régimes de base ou
des régimes complémentaires. Symétriquement, les droits et pensions seraient liquidés selon
les règles des régimes de droit commun des salariés du secteur privé en base (CNAV) et en
complémentaire (Agirc-Arrco).
La mise en œuvre d’une solution de ce type ne pourrait s’entendre comme une étape
préalable à un changement plus fort. En effet, une solution de ce type justifierait, à terme,
l’intégration du régime de la CNRACL dans les conditions évoquées ci-dessous.
Les modalités de passage du système actuel au système cible seraient clefs et
particulièrement complexes à définir. Les problématiques de maintien des droits acquis
dans le système précédent et de l’articulation entre le système actuel et le nouveau système
aligné, en recettes comme en dépenses seraient particulièrement prononcées.
Pour autant, le changement au plan institutionnel serait modéré puisque, dans le cadre
d’un alignement, la CNRACL demeurerait en tant que caisse et en tant que régime spécifique.
Le maintien de cette spécificité ne serait qu’apparente puisque le régime de la CNRACL ne
relèverait plus des règles régissant le secteur public mais bien de celles applicables aux salariés
de droit privé.
Le passage du système actuel au système cible poserait la question de la prise en charge
financière des éventuels surcoûts ou besoins de financement découlant de l’évolution
retenue. L’impact financier est donc très important : la recherche de neutralité actuarielle
ayant des conséquences très importantes au plan financier.
Au plan juridique, le passage d’une approche statutaire à une approche de droit privé
tout comme la gestion de la période de transition s’avèreraient ardus.
Mais l’impact le plus prononcé serait d’ordre politique puisque cette solution consacrerait
un désalignement du régime de la CNRACL par rapport au régime des pensions civiles et
militaires de l’Etat donc une évolution très forte qui ne serait pas sans susciter des réactions
fortes. Ces impacts relatifs sont proposés ci-après (tableau 4).
19 De plus, cette évolution percuterait le cadre actuel de gestion des ressources humaines dans la fonction publique
qui veille notamment à assurer des évolutions de carrière notamment en fin de période d’activité, du fait de ses
impacts sur la pension à percevoir.
20 Voir les articles L. 136-1 et L. 242-1 du code de la sécurité sociale.
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Annexe V
- 26 -
26
Tableau 4 : Impacts relatifs du scénario 2 – Alignement entre le régime de la CNRACL et les
régimes de droit commun des salariés du secteur privé (CNAV et Agirc-Arrco)
Intitulé Cible Impacts
Institutionnels Financiers Politiques Juridiques
Alignement entre le régime de la CNRACL et
les régimes de droit commun des salariés du
secteur privé (CNAV et Agirc-Arrco)
« Pôle
privé » ++ +++ ++++ +++
Source : Travaux mission.
En conclusion, si l’alignement a des impacts relativement mesurés du côté du pôle public,
les changements seraient beaucoup plus prononcés en cas d’un alignement de la CNRACL
sur les régimes de droit commun du privé21.
3.2.2. L’intégration
3.2.2.1. Le cadre général
L’intégration constitue une approche différente mais qui peut théoriquement se
recouper avec une opération d’alignement.
Dans le cadre d’une intégration, le régime en tant qu’entité et potentiellement la caisse
qui le gère disparaissent. Les droits et obligations du régime ainsi que sa gestion sont repris
par un autre régime et donc une autre organisation institutionnelle. La disparition du régime
peut conduire à renoncer à toutes ses spécificités concernant les règles en matière de recettes
ou de dépenses. Ainsi, par exemple, le régime des salariés agricoles est réputé intégré dans le
régime général : les salariés, qu’ils soient agricoles ou non relèvent des mêmes règles générales
en matière de cotisations et contributions sociales et en matière de droits sociaux. Des
singularités peuvent demeurer en termes de gestion : si les régimes des salariés agricoles sont
intégrés au régime général, ils demeurent gérés pour le compte de ce régime par des entités
dédiées, les caisses de la mutualité sociale agricole (MSA). Par ailleurs, un régime peut être
repris ou intégré dans un ensemble plus vaste tout en conservant des spécificités fortes
en matière de droits et obligations, en matière de cotisations et de prestations. C’est le
cas qui a été retenu pour l’ancien régime social des indépendants qui est désormais intégré
dans le régime général mais connaît des réglementations particulières et propres aux non-
salariés non-agricoles et une gouvernance spécifique (Conseil de la protection sociale des
travailleurs indépendants – CPSTI).
Dans le cadre d’une intégration, le régime qui intègrerait la CNRACL reprendrait ses
droits et obligations en tant que régime et en tant que caisse. Comme pour la démarche
d’alignement la période transitoire poserait des problématiques particulières.
21 D’autant plus qu’il conviendrait alors de développer de nouveaux métiers et missions au sein des administrations
publiques qui seraient amenées désormais à appliquer les règles du privé. La gestion de la CNRACL (par la CDC) en
serait en outre grandement affectée.
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Annexe V
- 27 -
27
Au-delà, la recherche de la neutralité actuarielle devrait conduire à opérer une « pesée »
rétrospective et prospective des deux régimes celui qui est intégré et celui qui intègre afin
de neutraliser les effets en recettes et en dépenses qu’aurait ce changement. Cette approche
n’a pas toujours été retenue par le passé mais elle se justifierait pour la mission. L’intégration
aurait nécessairement des impacts majeurs non seulement pour la CNRACL et le régime
la reprenant mais aussi pour le système de retraites dans son ensemble qui changerait
de nature : la constitution d’un pôle public intégré enrichi de la CNRACL ou d’un pôle privé
compétent sur le champ de la CNRACL aurait non seulement un impact sur chacun de ces pôles
mais aussi sur les transferts au sein du système dans des conditions très prononcées
(compensation et prise en charge des dépenses de solidarité en particulier).
Ainsi, une intégration peut être uniquement financière : le régime conserve des normes
spécifiques en recettes et en dépenses mais il est intégré financièrement dans un autre
ensemble qui reprend ses droits et obligations. L’intégration peut être totale : à l’intégration
financière est combinée un alignement total en recettes ou en dépenses. L’intégration peut
enfin sur ces différents champs être totale ou partielle. Plus qu’un schéma d’intégration,
de très nombreuses variantes pourraient être envisagées à la fois s’agissant de la
profondeur de l’intégration menée et de sa nature. Par exemple, une intégration pourrait être
partielle et ne concerner que le régime de base (CNAV) et non les régimes complémentaires
(Agirc-Arrco). La nature de l’intégration a des impacts potentiellement très puissants que
l’on doit mesurer : selon cette nature, le changement est plus ou moins profond et structurant.
Les développements ci-après ne peuvent toujours intégrer toutes ces variantes mais donnent
des éléments d’appréciation sur une intégration, qu’elle soit totale ou partielle, qu’elle soit
financière ou intégrale.
3.2.2.2. L’intégration, modalité de mise en œuvre d’un pôle public de retraite
L’intégration de la CNRACL au régime des pensions civiles et militaires de l’Etat
conduirait à la constitution d’un pôle des retraites publiques intégré et potentiellement
unique en ce qu’il poserait la question du maintien des différents régimes publics spécifiques
ou de certaines règles dérogatoires. La proximité entre la CNRACL et le régime des agents
de la fonction publique d’Etat rendrait une intégration de ce type relativement moins
complexe à mener que d’autres opérations.
Le changement institutionnel serait non négligeable : la CNRACL disparaitrait et la mission
recommande la création d’une caisse dédiée dont la gestion devrait associer les partenaires
sociaux dans des conditions à définir. Le changement serait fort en ce que les agents des
fonctions publiques territoriales et hospitalières ne relèveraient plus d’un opérateur dédié
mais d’un ensemble plus vaste.
L’impact financer relatif de ce schéma est relativement faible en ce que les règles régissant
les fonctions publiques sont quasiment identiques. Le choix de cette solution poserait
cependant la question des modes de neutralisation actuarielle de l’intégration, retenue par les
décideurs à la suite de la « pesée » des différents régimes. L’impact financier n’est donc pas
négligeable mais, s’agissant de régimes financés par des prélèvements obligatoires ou des
dépenses publiques, compte tenu de la circularité caractérisant les flux financiers
demeureraient d’une ampleur relativement limitée. Le sujet principal de débat aurait trait au
partage de l’effort entre les administrations publiques et les parts devant être supportées par
l’Etat, les collectivités territoriales et les administrations de sécurité sociale. Il y aurait donc là
matière à un nouveau débat sur la nature des charges supportées, leur caractère indu, le besoin
éventuel de compensation et les modalités éventuelles de cette compensation. Cette évolution
aurait logiquement un impact sur la compensation mais pas nécessairement sur la prise en
charge de dépenses de solidarité.
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Annexe V
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28
Au plan juridique, le changement serait particulièrement limité, les règles étant
identiques ou très proches entre les trois fonctions publiques.
Dans ce scénario, ce n’est pas la solution technique qui a un impact fort mais bien le
choix amont concernant la constitution d’un pôle public de retraites (caisse autonome,
financement dédié, dans les conditions indiquées supra). Les impacts relatifs sont présentés ci-
dessous (tableau 5).
Tableau 5 : Impacts relatifs du scénario 3 – Intégration de la CNRACL au régime des pensions
civiles et militaires de l’Etat
Intitulé Cible Impacts
Institutionnels Financiers Politiques Juridiques
Intégration de la CNRACL au régime
des pensions civiles et militaires de
l’Etat
« Pôle
public » +++ ++ ++ +
Source : Travaux mission.
3.2.2.3. L’intégration, modalité de mise en œuvre d’un pôle privé de retraite
L’alternative technique consisterait à intégrer la CNRACL dans les régimes de droit
commun des salariés du secteur privé. Cette approche aurait des effets puissants sur le
système de retraite dans son ensemble du fait de la constitution d’un pôle privé très
important. Les effets seraient très importants, notamment sur la compensation et sur la prise
en charge des dépenses de solidarité.
Au-delà, l’intégration de la CNRACL ne se justifierait techniquement que si le pôle privé
de retraite avait vocation, à terme, à être un régime unique. En effet, dans ce cadre, le
maintien du régime des pensions civiles et militaires serait à interroger.
Cette solution technique est celle qui, à tous égards, a les impacts relatifs les plus
prononcés.
L’impact institutionnel est très élevé puisque la CNRACL disparaît. Les décisions concernant
les employeurs territoriaux et hospitaliers et leurs agents relèveraient désormais des
gouvernances existant pour les salariés du secteur privé (CNAV et Agirc-Arrco). Il n’y aurait a
priori plus dans ce cadre-là de structure de gestion dédiée et répondant aux besoins des
employeurs et des agents actifs ou retraités22.
L’impact financier est également majeur en ce que la pesée devrait se faire tant vis à vis de
la CNAV que de l’Agirc-Arrco. Il serait donc nécessaire, dans ce cadre, de tracer les champs dont
les agents actuels des fonctions publiques territoriales et hospitalières relèveraient pour,
notamment, à l’instar de la démarche retenue du côté du secteur privé, distinguer les cadres
des non-cadres. De plus, la pesée rétrospective et prospective devrait être assurée, d’une part,
entre la CNRACL et la CNAV et, d’autre part, entre la CNRACL et l’Agirc-Arrco. En effet, les
recettes et leurs déterminants, tout comme les modes d’acquisition des droits sont singuliers
entre le régime de base et les régimes complémentaires et parfois au sein même des régimes
complémentaires. De même les modalités de liquidation des pensions sont propres à chacun
des régimes.
22 En outre les décisions salariales (point d‘indice par exemple) qui impactent aujourd’hui les agents des fonctions
publiques territoriale et hospitalière auraient un poids différent.
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Annexe V
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29
L’impact politique relatif est ici un des plus prononcés. Se combinent, en effet, le
désalignement avec la fonction publique d’Etat mais aussi la disparition de la caisse et du
régime ainsi que de ses structures de gouvernance. De plus, l’intégration de la CNRACL
conduirait de facto à revoir les modes de représentation des employeurs et des salariés
au sein des structures actuelles de la CNAV et de l’Agirc-Arrco pour prendre en compte les
employeurs publics et salariés concernés ou à opter pour une solution spécifique23. Le
bouleversement est donc ici total en ce que, d’une part, le cadre change intégralement et
marque une rupture très nette et, d’autre part, les équilibres internes régissant les
représentations des employeurs et des actifs au sein de la fonction publique et au sein du
secteur privé serait profondément modifiées. La complexité politique est d’autant plus
importante qu’il serait sans doute difficile de contraindre des régimes autonomes, en
particulier l’Agirc-Arrco, à convenir d’une opération de ce type sans leur accord et sans qu’ils
disposent de garanties substantielles quant aux impacts de l’opération, notamment au plan
financier.
Enfin, au plan juridique, le changement important nécessite une évolution forte du cadre
normatif qui aurait des impacts très forts en gestion. Là encore, la question de la période
de transition poserait des difficultés selon le type d’intégration retenue. Cette difficulté serait
en outre directement fonction de la durée de la période de transition et des modalités de
gestion retenues pour cette phase transitoire ainsi que les modes de bascule des droits anciens
dans le nouveau système. Ces opérations sont réputées être complexes, ce qui justifie la
cotation retenue par la mission.
Ces impacts relatifs très prononcés du scénario 5 sont présentés ci-dessous (tableau 6).
Tableau 6 : Impacts relatifs du scénario 5 – Intégration de la CNRACL aux régimes de droit
commun des salariés du secteur privé (CNAV et Agirc-Arrco)
Intitulé Cible Impacts
Institutionnels Financiers Politiques Juridiques
Intégration de la CNRACL aux régimes de
droit commun des salariés du secteur
privé (CNAV et Agirc-Arrco)
« Pôle
privé » +++++ ++++ +++++ +++
Source : Travaux mission.
3.2.3. L’adossement
3.2.3.1. Le cadre général
3.2.3.1.1. La démarche spécifique retenue dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des
marchés du gaz et de l’électricité en 2005
L’adossement constitue une modalité technique spécifique, retenue dans un cadre
inédit, celui de l’ouverture à la concurrence du secteur de l’énergie (électricité et gaz).
Cette ouverture à la concurrence d’une partie du secteur24 décidée au niveau européen a
conduit, en France, à faire évoluer l’arrangement institutionnel qui préexistait.
23 A l’instar du CPSTI mis en œuvre pour les travailleurs non-salariés non-agricoles, voir supra.
24 Très schématiquement, les activités ont été séparés entre celles relevant du champ commercial et celles relevant
d’une activité de service public, entre activités considérées au niveau communautaire comme devant être régulées
et les autres activités dites non régulées.
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Annexe V
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30
Avant la réforme, il existait un régime spécial d’assurance vieillesse – invalidité - décès et
accidents du travail - maladies professionnelles, au titre des seules prestations en espèces,
pour tous les agents relevant des -nombreuses- dispositions statutaires régissant les industries
électriques et gazières (IEG) en France. Les partenaires sociaux de la branche donc les
représentants des employeurs et des agents avaient à connaître et convenir au niveau de
la branche ou des entreprises des éventuelles évolutions de dispositions régissant leur
statut : le cadre normatif relevait ainsi d’une gouvernance tout à fait dédiée25.
Les opérateurs historiques (Electricité et Gaz de France – EDF et GDF) avaient créé un
service commun (IEG pensions) qui avait pour mission de gérer le régime spécial. A ce titre,
il servait la plus grande partie des droits et notamment les pensions de retraite. Il assurait en
outre la gestion d’un régime spécial équilibré par les apports des employeurs. Ainsi, fruit de
l’histoire, le régime spécial avait une réalité et une autonomie institutionnelles,
juridiques, comptables et financières.
L’ouverture à la concurrence a conduit à reconsidérer ce cadre en ce que le régime spécial
équilibré par les apports des employeurs ne pouvait plus demeurer. Conséquence de cette
ouverture à la concurrence, la France a dû produire des garanties sur la séparation des
interventions publiques et privées afin d’écarter tout idée de soutien indu aux opérateurs du
secteur qui auraient revêtu la nature d’« aides d’Etat ». A ce titre, plusieurs évolutions ont été
arrêtées. La première a consisté à séparer les activités de gestion de réseau et de transport
et de distribution d’énergie des activités purement commerciales, sur le modèle retenu
précédemment en matière de transport ferroviaire. Un autre changement a consisté à
transformer les entreprises publiques en entreprises privées. A cet égard, l’application
des normes comptables internationales26 présentait une particularité conduisant à remettre
en cause l’arrangement institutionnel préexistant : ces normes ne connaissent pas le cas de la
gestion d’un régime spécial par contribution d’équilibre du ou des employeurs, assurée au fil
de l’eau. Le passage à la structure privée conduisait les entreprises à être régies par des normes
comptables impliquant, dès lors que le risque est porté par l’employeur, à provisionner
chaque année le risque dans ses comptes.
Avant la réforme, les entreprises faisaient face à des besoins de financement annuels. Après la
réforme, à structure inchangée, elles devaient provisionner chaque engagement de retraite :
toute durée d’activité d’un agent statutaire devait trouver une traduction comptable au bilan.
Ce faisant, les entreprises publiques historiques se seraient vues dans l’obligation de
provisionner non seulement les engagements de retraite passés mais aussi les
engagements de retraite futurs. Alors que le changement de cadre était pour elle significatif,
le statu quo institutionnel les aurait mis dans une situation de péril. Elles ne pouvaient plus
compter sur des interventions publiques. Elles devaient donc faire appel à des investisseurs
privés en ouvrant leur capital. Mais ces opérations d’appel à l’épargne privée pouvaient être
largement mises en cause du fait que leur situation comptable allait significativement évoluer
puisqu’à la date de la réforme, chaque entreprise devait « couvrir » les engagements de retraite
passés et à venir et donc alourdir de manière extrêmement significative son bilan.
25 Les régimes spéciaux sont, depuis 1946, réputés demeurer à titre provisoire. Leur cadre normatif relève en
grande partie du niveau réglementaire, voir les articles L. 711-1 et suivants du code de la sécurité sociale.
26 Soit les normes IFRS- ex IAS pour depuis 2006 les normes internationales d'information financière (IFRS -
International Financial Reporting Standards), précédemment connues sous le nom de normes internationales de
comptabilité (IAS - International Accounting Standards).
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Annexe V
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Cette dimension était directement liée au fait de l’existence d’un régime spécial financé
largement par les employeurs dans le cadre d’une structure commune mais dont l’autonomie
juridique et institutionnelle n’était pas avérée. L’absence de caisse autonome, financée par des
cotisations à caractère libératoire posait une première difficulté compte tenu des changements
engagés. La création même d’une caisse autonome pouvait conduire en outre les
professionnels du chiffre (experts comptables et commissaires aux comptes) à considérer que
les cotisations n’avaient pas de caractère libératoire puisque, dans le cadre du régime spécial,
les employeurs étaient amenés à couvrir les dépenses chaque année via une contribution
d’équilibre.
Sur un autre plan, l’ouverture à la concurrence des marchés de l’énergie a donné lieu à
des débats politiques très nourris en France et à de nombreuses réticences. Parmi celles-ci,
les représentants des agents statutaires des IEG redoutaient de voir leurs droits spécifiques
remis en cause à terme du fait de la réforme. Compte tenu du risque social majeur que
représentait cette préoccupation, les pouvoirs publics ont entendu donner la garantie que
le régime spécial demeurerait inchangé dans sa nature, les droits servis aux agents
demeurant strictement identiques et étant dûment assurés27.
Face à ces différentes contraintes, d’une part, d’une nécessaire évolution de
l’arrangement institutionnel du fait de l’ouverture à la concurrence convenue au niveau
européen et de ses impacts pour les entreprises et, d’autre part, du maintien du niveau de
protection sociale tout à fait spécifique et dérogatoire, notamment en matière d’assurance
vieillesse, assuré aux agents statutaires, une solution inédite et sans précédent a été retenue :
l’adossement du régime spécial aux régimes de droit commun.
L’adossement28 a conduit, en premier lieu, à pérenniser le régime spécial. Les règles
régissant les prestations sont restées inchangées. Le régime a reçu une traduction
institutionnelle rénovée via la création d’un nouvel organisme de sécurité sociale : la caisse
nationale des industries électriques et gazières, dans le cadre d’une gouvernance paritaire
confiée aux représentants des agents et des employeurs, sous la tutelle des autorités
compétentes de l’Etat.
La création de la caisse a permis de séparer les comptes des entreprises de ceux du
régime de protection sociale. Toutefois, le financement courant du régime par la seule
contribution d’équilibre posait problème en ce que, comme on l’a indiqué, il pouvait être
considéré comme n’ayant pas un caractère libératoire pour les entreprises.
Aussi, pour affirmer le caractère libératoire, pour les acteurs, du nouveau schéma, deux
autres opérations sont intervenues.
La première opération a consisté à « adosser » financièrement le régime spécial aux
régimes de droit commun du secteur privé (CNAV et Agirc-Arrco). L’adossement financier
consiste à ce que les régimes d’accueil reprennent une partie des engagements de retraite du
régime spécial. Cette partie correspond aux pensions qu’ils verseraient si les agents relevant
du statut des IEG avaient cotisé ou cotisaient non pas au régime spécial mais aux régimes de
droit commun (même conditions de taux et d’assiettes).
27 L’adossement ne peut donc être considéré comme une simple « clause du grand-père », les garanties apportées
visant à ce que le cadre soit inchangé non seulement pour le passé mais aussi pour l’avenir.
28 Voir les articles 16 à 23 de la loi n°2004-803 du 9 août 2004 relative au service public de l'électricité et du gaz et
aux entreprises électriques et gazières ainsi que la présentation assurée au Conseil d’orientation des retraites
(COR) : Caisse nnationale des industries électriques et gazières (CNIEG), L’adossement du régime de retraite des IEG
aux régimes de la CNAV, de l’ARRCO et de l’AGIRC, séance du COR du 29 mars 2017, document n°14.
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Annexe V
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32
L’adossement a donc plusieurs conséquences en gestion :
les employeurs doivent, pour les engagements courants, acquitter auprès des
régimes de droit commun les montants qui seraient dus par les agents statutaires
si ceux-ci relevaient des régimes de droit commun (taux et assiette) ;
symétriquement, pour les engagements qui relèvent d’eux, les régimes de droit
commun doivent verser à la CNIEG les pensions qu’ils verseraient si les agents
statutaires des IEG leur étaient directement affiliés ;
la CNIEG a donc trois missions différentes
elle incarne le régime spécial, porte ses engagements, recouvre les cotisations
auprès des employeurs et sert les prestations aux agents retraités ; elle est, pour
le secteur et les tutelles, le seul interlocuteur et acteur ;
elle assure le rôle d’ensemblier de ressources en versant aux régimes de droit
commun les recettes qu’ils leurs reviennent (équivalent des recettes dues si les
agents statuaires cotisent à ces régimes) ;
elle assure un rôle d’ensemblier des pensions versées en servant les pensions aux
agents retraités qui sont en fait le fruit de la combinaison des pensions devant être
financées par les régimes de droit commun du secteur privé et celles demeurant
de la seule responsabilité du régime spécial.
L’adossement a donc eu des conséquences comptables et de gestion. Il a eu aussi des
conséquences financières très marquées.
En premier lieu, la recherche de neutralité actuarielle a justifié un débat spécifique entre
les régimes d’accueil et le régime spécial. Ce débat a été fondé sur des travaux actuariels et
statistiques sur plus d’un an conduisant à apprécier et expertiser les dynamiques à l’œuvre du
côté de chacun des régimes, en recettes et en dépenses, compte tenu des évolutions
économiques et démographiques envisageables. Les approches prospectives et rétrospectives
ont été effectuées via des projections sur plusieurs décennies. Elles ont conduit à procéder à
une « pesée » des droits passés et futurs. Elles ont de ce fait permis de simuler les impacts,
positifs et négatifs, en charges et en produits, qu’avait l’opération d’adossement pour les
régimes d’accueil.
Ainsi, la pesée ici décrite correspondait à la mise en œuvre d’une intégration financière
partielle, assortie de la recherche d’une neutralité actuarielle (voir supra). Ces projections ont
permis de définir les montants devant être versés par la CNIEG, pour éviter que l’opération
d’adossement n’ait des effets financiers non désirés sur le régime d’accueil. Ces montants
correspondent à une ou plusieurs soultes. C’est sur la base de ces évaluations que les
opérations de reprise de droits par les régimes d’accueil ont été décidées en appréhendant
trois dimensions différentes :
les droits « passés » et « futurs » à pensions des agents statutaires (reprise du stock de
pensions et de droits à verser ou uniquement du flux de droits nouveaux) ;
les droits des activités ouvertes à la concurrence ou non (« régulées » ou non
« régulées ») ;
les droits équivalents à ceux servis par les régimes de « droit commun » et ceux relevant
exclusivement des règles statuaires régissant le régime spécial (droits dits
« spécifiques »).
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Annexe V
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Pour assurer la pérennité du régime spécial et le caractère libératoire pour les entreprises des
financements qu’elles versent à la CNIEG tant en assurant aux régimes d’accueil la neutralité
actuarielle et des garanties de financement, d’autres évolutions ont été retenues par les
pouvoirs publics :
l’adossement revêtait pour partie d’une démarche volontaire, les régimes d’accueil
passant des conventions avec la CNIEG afin de formaliser leur intervention, le type de
reprise des droits et les montants de soulte calculés, ces montants étant arrêtés par les
autorités de tutelle ;
l’ouverture à la concurrence empêchant tout financement public des opérateurs
historiques et conduisant à une rupture forte, un prélèvement obligatoire nouveau
frappant les activités de services public ou régulées, donc les activités de réseau
(transport et acheminement) de l’énergie a été créé ; la contribution tarifaire
d’acheminement (CTA), supportée par le consommateur final d’énergie, précomptée par
les entreprises sur les factures et recouvrée et contrôlée par la CNIEG ;
ainsi, les droits, « spécifiques » et « communs », « passés » et « à venir », des
activités « régulées » et « non régulées » ont donné lieu à des financements
différents par les employeurs ou les consommateurs, par le biais des cotisations et
contributions sociales ou du nouvel impôt, la CTA dans les conditions présentées dans le
schéma 2.
Schéma 2 : Financement des pensions dans le cadre de l’adossement du régime des industries
électriques et gazières aux régimes de droit commun – situation en 2015
Source : CNIEG, note au COR, séance du 29 mars 2017, document n°14.
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Annexe V
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Ces opérations ont été soumises à l’examen et à l’approbation voire au jugement des autorités
européennes, des acteurs et autorités comptables nationales et internationales, du juge
constitutionnel et des autres juridictions compétentes. Elles n’ont pas, à la connaissance de
la mission, soulevé d’objections fortes, ce qui a permis au schéma singulier d’être déployé
depuis 2005.
3.2.3.1.2. Les caractéristiques pouvant être retenues concernant un adossement
Le recours à l’adossement a constitué une opération inédite, justifiée par le contexte tout à fait
particulier indiqué ci-dessus. Plusieurs caractéristiques peuvent être dégagées.
Du point de vue des employeurs et des agents, l’opération apporte une garantie spécifique :
le régime spécifique régissant un secteur d’activité est maintenu et pérennisé
institutionnellement et financièrement. Pour les employeurs, ils demeurent confrontés à un
interlocuteur unique qui est réputé prendre en compte leurs intérêts le mieux possible. Pour
les agents, actifs ou retraités, ils disposent aussi d’un interlocuteur unique.
L’acceptabilité du changement est facilitée par la garantie du maintien de spécificités
auxquels les acteurs sont souvent très attachés29.
Pour autant, l’adossement ne peut produire les effets escomptés que dans un cadre tout
à fait particulier :
le consentement des parties est fondamental et, au premier chef, celui des régimes
d’accueil, tout particulièrement en ce qui concerne les régimes complémentaires du
secteur privé ;
la recherche de neutralité actuarielle revêt une importance capitale et nécessite des
travaux très approfondis sur de nombreux mois aux plans statistiques et financiers
le schéma de gouvernance de l’ensemble revêt un caractère clef ;
la gestion d’une opération complexe tant dans sa mise en œuvre que dans le cadre de
la gestion courante a une importance forte.
L’adossement doit logiquement être assorti de garanties de financement pour servir les
soultes éventuelles et assurer la neutralité de l’opération que celle-ci soit en stock ou en
flux ; concernant des entreprises publiques devant des opérateurs privés, le choix a été fait de
créer une imposition de toutes natures spécifiques et affectée au financement des droits, quelle
que soit l’approche retenue, la pérennité financière de l’opération d’adossement repose sur
une clarification du schéma financier qui revêt une importance capitale et cardinale dans le
dispositif retenu.
De plus, l’adossement est une opération spécifique, particulièrement complexe et
lourde. Le recours à l’adossement a pu se justifier au cas d’espèce très particulier des IEG dans
le cadre de l’ouverture à la concurrence d’un marché. Les enjeux et défis en résultant ont
conduit à proposer cette opération spécifique. Mais il n’est pas avéré que le recours à
l’adossement soit justifié dès lors que celui-ci reviendrait de fait à un alignement ou à
une intégration financière. L’adossement n’a de sens que dans le cadre du besoin de
préserver, en apparence, un statu quo institutionnel dans le cadre d’une mécanique complexe
aux plans politiques, comptables, financiers et de gestion.
29 Tel est le cas, notamment des fonds dévolus à l’action sociale par exemple.
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Annexe V
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35
La mission n’a pas envisagé les cas particuliers d’adossement total ou partiel, de séparation des
activités, de reprise des droits passés ou futurs ou encore d’un adossement intervenant
uniquement au niveau des régimes de base et/ou des régimes complémentaires. Elle appelle
l’attention des décideurs sur le fait que cette solution technique correspond à un choix qui leur
est offert : celui d’un relatif statu quo en matière d’organisation institutionnelle du régime donc
qui n’est pas forcément cohérent avec la démarche de constitution d’un « pôle public » ou d’un
« pôle privé », présentées par ailleurs.
3.2.3.2. L’adossement, modalité de mise en œuvre d’un pôle public de retraite
Les impacts relatifs d’un adossement de la CNRACL au régime des pensions civiles et
militaires de l’Etat sont très modérés. Au plan institutionnel, le seul impact est en gestion
du fait que la CNRACL deviendrait un ensemblier, sur le modèle retenu pour la CNIEG. L’impact
financier est modéré en ce que les financements de la CNRACL sont ceux de la sphère publique :
il y a là un élément de « circularité » décrit par ailleurs par la mission (voir annexe 4 - Analyse
de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des fonctions
publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales). L’impact n’est
cependant pas nul en ce que l’autorité publique supportant tout ou partie du financement
pourrait évoluer de manière significative en cas d’adossement. La mission n’a pas identifié à ce
stade de mécanisme de financement par une imposition de toutes natures sur le modèle retenu
pour les IEG de nature à permettre ou à faciliter un éventuel adossement. Les impacts
politiques seraient aussi modérés, l’existant étant largement préservé. Au plan juridique, le
schéma apparaîtrait relativement simple, du fait de la proximité des législations en vigueur
entre la CNRACL et le régime des pensions civiles et militaires de l’Etat.
La solution technique de l’adossement aurait des conséquences non négligeables en ce
qu’elle conduirait à pérenniser l’existence du régime et d’une caisse à part, la CNRACL.
Elle ne permettrait pas la constitution d’un « pôle public » reposant sur une caisse dédiée,
évoqué par ailleurs par la mission. Elle conduirait de fait à un statu quo dont on mesure mal la
nécessité hormis dans une approche politique en ce que nombre de ses effets seraient ici
comparables et même identiques, du fait de la grande proximité des législations régissant les
pensions publiques, à une intégration ou un adossement. Les impacts relatifs sont décrits ci-
après (tableau 7) pour une solution qui demeure, du point de vue de la mission, largement
théorique et dont le bien-fondé n’est pas avéré.
Tableau 7 : Impacts relatifs du scénario 4 – Adossement de la CNRACL au régime des pensions
civiles et militaires de l’Etat
Intitulé Cible Impacts
Institutionnels Financiers Politiques Juridiques
Adossement de la CNRACL au régime
des pensions civiles et militaires de
l’Etat
« Pôle
public » ++ ++ ++ +
Source : Travaux mission.
-- 182 of 491 --
Annexe V
- 36 -
36
3.2.3.3. L’adossement, modalité de mise en œuvre d’un pôle privé de retraite
Comme indiqué supra (encadré 1)30, il est difficile d’évaluer les impacts respectifs des
législations applicables aux agents publics et aux salariés de droit privé à la fois en tant
que telles mais aussi du fait de l’essor des situations de pluri ou poly-pensionnés.
Or, cette approche revêt ici une importance toute particulière puisque l’adossement vise tant
pour le passé que pour l’avenir à tenir compte des différences de législations, en recettes et en
dépenses, en stock et en flux. On rappelle ici que, dans le cas d’un adossement aux régimes de
droit commun, celui-ci pourrait concerner de manière alternative ou cumulative les régimes
de base ou complémentaire.
Le maintien de l’existant institutionnel limiterait les impacts à ce titre, comme dans le cadre du
scénario retenu pour les IEG.
En revanche, les impacts financiers relatifs seraient des plus significatifs. L’accueil de la
CNRACL par la CNAV ou par l’Agirc-Arrco conduisant à sérieusement perturber leurs
équilibres financiers et démographiques : à cet égard, la mission souligne que la situation
démographique et financière est notoirement plus dégradée tant dans une approche
rétrospective que prospective que la situation que connaissait le régime des IEG avant les
opérations d’adossement. Les soultes et modes de neutralisation des impacts
démographiques et financiers de l’adossement seraient donc potentiellement très
importants. A ce stade, la mission n’a pas trouvé de dispositif du type de celui mis en place
pour les IEG via la CTA, qui serait transposable, en termes de rendement et de nature, au champ
de la CNRACL. Une autre solution devrait donc être trouvée pour répondre à des besoins de
financements très importants.
Ce cadre général conduit à considérer que l’impact politique relatif de cet adossement serait
majeur, du fait qu’il induirait des négociations entre la CNRACL et les régimes d’accueil sous
l’égide de l’Etat, ces négociations techniques revêtant un caractère politique affirmé. Au-delà,
le choix de la solution technique devrait être assortie d’éléments politiques de justification. La
mission n’a à ce stade pas trouvé d’éléments de même niveau que ceux existants pour les IEG
et décrits ci-dessus.
La complexité juridique de l’opération serait en revanche relativement limitée même si la
complexité de gestion serait avérée du fait de la gestion des droits passés et futurs et de la
mécanique particulière à mettre en œuvre.
Aussi, le choix de la solution technique d’adossement correspondrait-il à la volonté de
maintien d’un statu quo institutionnel apparent, sans nécessairement choisir une
évolution forte de l’organisation du système de retraite sur le modèle envisagé par la
mission d’un « pôle public » ou d’un « pôle privé ». L’adossement aux régimes de droit
commun du privé pourrait constituer une étape intermédiaire à une opération plus profonde
d’alignement ou d’intégration au sein d’un pôle privé. Elle conduirait néanmoins -compte tenu
de sa nature, de ses impacts et de ses implications financières, politiques et de gestion- à
reculer l’intervention d’une décision de ce type.
Les impacts relatifs de cette solution sont présentés ci-après (tableau 8).
30 Voir, en particulier, Martin CHOPARD, Romain GUIRRIEC, Serge HERBILLON-LEPRINCE, Anthony MARINO,
Clément Rousset (DREES), Retraite : règles de la fonction publique et du privé - Comparaison du calcul des droits à la
retraite à l’aide du modèle Trajectoire, Les dossiers de la DREES, n°103, 17 novembre 2022 et Cindy DUC, Gwennaël
SOLARD et Julie TREGUIER (DREES), Les différences de retraite entre secteurs public et privé : résultats de simulations,
Les dossiers de la DREES, n°16, mai 2017.
-- 183 of 491 --
Annexe V
- 37 -
37
Tableau 8 : Impacts relatifs du scénario 6 – Adossement de la CNRACL aux régimes de droit
commun des salariés du secteur privé (CNAV et Agirc-Arrco)
Intitulé Cible Impacts
Institutionnels Financiers Politiques Juridiques
Adossement de la CNRACL aux régimes de
droit commun des salariés du secteur
privé (CNAV et Agirc-Arrco)
« Pôle
privé » ++ ++++ +++++ +++
Source : Travaux mission.
4. La hausse des recettes de cotisations de la CNRACL revêtirait, selon
l’option retenue, aussi un caractère systémique et préparatoire à la
configuration ultérieure d’un pôle public ou privé de retraites
Outre les éventuelles recettes complémentaires, les travaux précédents des inspections
générales31 et de la mission permettent d’identifier deux pistes spécifiques de financement
ayant trait à :
l’affiliation non plus au titre du régime de base, au régime général et à l’Institution de
retraite complémentaire des agents non-titulaires de l'Etat et des collectivités publiques
(Ircantec) ou à l’Agirc-Arrco mais à la seule CNRACL de l’ensemble des agents,
titulaires ou non, quelle que soit leur durée hebdomadaire de travail, relevant des
employeurs territoriaux et hospitaliers ; donc en fragilisant de ce fait l’équilibre financier
de ces régimes et entités ;
l’extension de l’assiette des cotisations CNRACL à l’ensemble des éléments de
rémunération, donc en remettant potentiellement en cause l’intervention actuelle de
l’Erafp (soit l’établissement gérant le régime de retraite additionnelle de la fonction
publique - RAFP) sur ce champ.
La mission a présenté par ailleurs à ce titre le cadre actuel et les changements pouvant
intervenir ainsi que les premiers ordres de grandeur pouvant être produits à cet égard (voir
annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités
relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations
sociales).
De telles approches ne peuvent être prises en compte en dehors d’un choix en amont sur
l’organisation, à terme, du système de retraite. En effet, loin de constituer des seules
mesures de rendement, ces évolutions préjugeraient de l’organisation du futur système
de retraite :
la hausse de la population affiliée à la CNRACL aurait des effets de déplacement des
régimes actuels vers la CNRACL ; à cet égard, ils poseraient la question de l’évolution de
l’Ircantec mais aussi celle des modalités de mise en œuvre d’un pôle public nouveau en
matière de retraites ; l’extension de la population affiliée reviendrait en effet
indirectement à préjuger de la création d’un pôle public important « reprenant » une
partie des agents affiliés actuellement aux régimes de droit privé ;
la hausse de l’assiette cotisée poserait directement la question de l’intervention
actuelle de l’Erafp ; elle conduirait de facto à affirmer le primat de règles appliquées
actuellement pour les salariés du secteur privé ; elle constituerait donc une mesure
préparatoire à la mise en œuvre d’un pôle de retraites reposant sur le champ privé.
31 Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation financière de la Caisse nationale
de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
2023-104R / 2023-M-104-02.
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Annexe V
- 38 -
38
Le choix de l’une ou de l’autre solution devrait donc se faire en toute connaissance de cause. Si
ces mesures pourraient être mises en œuvre relativement rapidement, leurs impacts doivent
être appréciés, tant de manière immédiate qu’en ce qui concerne le fait qu’ils préfigureraient
potentiellement des évolutions systémiques.
Sous ces réserves, la mission, dans le cadre arrêté avec les commanditaires et les parties
prenantes procédé à l’évaluation des impacts de ces évolutions dans le même cadre que les
approches systémiques appréciées supra.
4.1. L’affiliation de tous les agents relevant des employeurs territoriaux et
hospitaliers à la CNRACL, première étape envisageable dans la constitution
d’un nouveau pôle des retraites publiques
Actuellement ne relèvent pas du champ d’affiliation de la CNRACL, les agents contractuels,
certaines catégories spécifiques (par exemple les professeurs des universités-praticiens
hospitaliers – PUPH) et les agents titulaires n’ayant pas une durée hebdomadaire de travail
supérieure à vingt-huit heures. Dans le cadre de la constitution d’un pôle public, une première
étape consisterait à affilier tous ces agents à la CNRACL.
Les impacts institutionnels et juridiques seraient relativement modérés en ce qu’il
s’agirait avant tout de changer les pratiques des employeurs et des agents.
Les impacts financiers et politiques seraient plus prononcés en ce que, d’une part, les
transferts de recettes entre régimes et au profit de la CNRACL seraient potentiellement
importants. La CNRACL disposerait en outre de recettes complémentaires mais devrait, à
terme, servir les droits correspondants. La personne assumant au final cette charge
supplémentaire (employeur, agent ou les deux) devrait être déterminée. L’acceptabilité
politique de ce scénario serait aussi relativement difficile à obtenir du fait de l’ampleur
des changements pour les employeurs et, surtout, pour les agents et des effets collatéraux de
ces changements sur les autre régimes et entités. Ces impacts sont présentés ci-après
(tableau 9).
Tableau 9 : Impacts relatifs du scénario 7 – Affiliation de tous les agents des collectivités
territoriales et des établissements publics de santé à la CNRACL
Intitulé Cible Impacts
Institutionnels Financiers Politiques Juridiques
Affiliation de tous les agents des
collectivités territoriales et des
établissements publics de santé à la
CNRACL
Etape
avant
« Pôle
public »
++ +++ +++ ++
Source : Travaux mission.
-- 185 of 491 --
Annexe V
- 39 -
39
4.2. L’extension de l’assiette cotisée à la CNRACL à tous les éléments de
rémunération servis, première étape envisageable dans la constitution
d’un nouveau pôle privé des retraites
Actuellement, les agents affiliés à la CNRACL ne cotisent que sur la base de l’assiette statutaire
qui ne comprend donc pas tous les éléments de rémunération et notamment pas les primes.
Sur ces éléments, une intervention partielle32 a été introduite depuis le 1 er janvier2005 via le
régime additionnel de la fonction publique (RAFP).
Ainsi, le changement consisterait à augmenter les recettes de la CNRACL, le cas échéant au
détriment du RAFP ou simultanément à son intervention. Les recettes de la CNRACL s’en
trouveraient là aussi accrues mais conduiraient à servir des droits nouveaux, le partage
éventuel de la charge de ces nouveaux prélèvements devrait être déterminé entre les
employeurs et les agents.
En synthèse, la cotation des impacts est ici équivalente au scénario examiné
précédemment sur les plans institutionnels, financiers, politiques et juridiques. Les
raisons en sont le symétrique en ce qu’ici c’est bien le pôle privé qui prendrait le pas sur un
éventuel pôle public des retraites. Ces impacts sont rappelés ci-dessous (tableau 10).
Tableau 10 : Impacts relatifs du scénario 8 – Extension de l’assiette cotisée à la CNRACL à tous
les éléments de rémunération servis aux agents
Intitulé Cible Impacts
Institutionnels Financiers Politiques Juridiques
Extension de l’assiette cotisée à la
CNRACL à tous les éléments de
rémunération servis aux agents des
fonctions publique territoriales et
hospitalières
Etape avant
« Pôle privé » ++ +++ +++ ++
Source : Travaux mission.
5. D’autres évolutions de gestion doivent être strictement appréciées au
regard de leur compatibilité avec une choix d’organisation, à terme, du
système de retraite
5.1. La séparation des populations affiliées selon que l’employeur est une
collectivité territoriale ou un établissement public de santé
Une première approche théorique doit être mentionnée ici, elle correspond à une évolution de
la CNRACL tendant à gérer de manière distincte les agents selon la nature de l’employeur dont
ils relèvent : employeur territorial ou hospitalier. Un élément qui pourrait plaider en ce sens a
trait à la forte différence de profil, selon le sexe et l’âge, des populations employées au sein des
fonctions publiques territoriales et hospitalières (graphique 6). Ce constat est cependant
contraire à l’idée de socialiser un risque entre des populations différentes qui justifie l’idée de
régimes de sécurité sociale dépassant certaines spécificités socio-professionnelles.
32 Partielle en ce que l’assiette de cotisation au RAFP est plafonnée à 20 % du traitement indiciaire brut et le taux
de cotisation est fixé à 10 % du montant de l’assiette : 5 % sont à la charge du fonctionnaire et 5 % sont à la charge
de l’employeur (www.rafp.fr).
-- 186 of 491 --
Annexe V
- 40 -
40
Graphique 6 : : Pyramide des âges par versant de la fonction publique - au 31 décembre 2023
Source : Siasp, Insee. Traitement DGAFP-SDessi in DGAFP, Caractéristiques des agents de la fonction publique en
2023.
Pour autant, la séparation des deux populations justifierait là encore une analyse rétrospective
et prospective des effectifs et rémunérations des deux fonctions publiques. Outre qu’il s’agirait
ici de rompre avec le principe de solidarité unissant actuellement les fonctions publiques
hospitalières et territoriales, l’intérêt immédiat d’une solution de ce type n’est pas apparu
évident à la mission qui a préféré avancer les hypothèses mentionnées ci-dessus qui lui
sont apparues plus envisageables et solides, tant techniquement qu’au plan principiel.
5.2. La séparation des risques invalidité et vieillesse
Cette approche est développée par ailleurs par la mission (voir annexe 8 - La couverture du
risque invalidité et l’opportunité de la séparer de celle du risque vieillesse au sein de la CNRACL).
Une approche de ce type apparaît solide et justifiée, en ce que la prise en charge du risque
invalidité ou incapacité professionnelle est désormais identifié au sein de la fonction publique
d’Etat et en ce que les couvertures au titre de l’invalidité, des accidents du travail et des
maladies professionnelles et des autres incapacités professionnelles sont clairement séparées
et identifiées du côté des salariés du secteur privé.
Pour toutes ces raisons, quelle que soit l’évolution retenue (statu quo, pôle public ou pôle
privé), la séparation des risques et des gestions paraît pleinement compatible avec
toutes les évolutions envisageables pour le régime de la CNRACL. La séparation des
risques aurait en outre la vertu de distinguer ce qui relève de l’assurance vieillesse au sens
strict des autres interventions.
5.3. Les transferts des fonctions de gestion technique et financière à des tiers
La mission n’avait pas vocation à se prononcer sur l’efficience de la gestion actuelle du régime.
Elle n’a pas été amenée à se prononcer sur ce point particulier, les enjeux étant sans commune
mesure avec les besoins de financement rencontrés.
Pour autant, la mission constate que d’ores et déjà la gestion de la CNRACL fait intervenir
plusieurs acteurs :
la caisse des dépôts et consignations est l’opérateur principal du régime ; elle prend
en charge le recouvrement des cotisations, la validation et la liquidation des droits et
pensions, le versement des prestations en espèces ;
-- 187 of 491 --
Annexe V
- 41 -
41
par ailleurs, l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale ou Urssaf caisse
nationale est en contact avec les employeurs territoriaux et hospitaliers auprès
desquels elle est chargée du recouvrement et du contrôle de prélèvements obligatoires
(contribution sociale généralisée et contribution au remboursement de la dette sociale,
autres cotisations sociales) ; elle assure en outre pour le compte de la CNRACL la gestion
de ses besoins de trésorerie qui correspondent pour partie aujourd’hui à une dette.
5.3.1. Un réexamen des responsabilités en matière de recouvrement et de contrôle qui
serait à encourager
En cohérence avec le projet de système universel de retraite, l’article 18 de la loi n°2019-1446
du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020 prévoyait une opération
de rationalisation du recouvrement et du contrôle des cotisations sociales en transférant ces
missions, pour nombre des régimes autonomes d’assurance vieillesse (dont l’Agirc-Arrco et la
CNRACL) au réseau des Urssaf.
L’article 13 de la loi n°2023-1250 du 26 décembre 2023 de financement de la sécurité sociale
pour 2024 a finalement, après plusieurs reports, annulé ces opérations de transfert. Si la forte
hostilité des partenaires sociaux et la volonté de préserver l’ autonomie de l’Agirc-Arrco a pu
expliquer de ce côté l’abrogation du transfert, les justifications de l’abrogation de ces
opérations sur le champ des organismes gérés par la caisse des dépôts et consignations sont
inconnues de la mission.
Plusieurs éléments doivent être pris en compte.
Tout d’abord, la complémentarité des actions de contrôle et de fiabilisation des données
individuelles reportées aux comptes des assurés justifie une action étroite de
concertation entre les organismes recouvrant les cotisations et les organismes inscrivant les
droits reportés au compte. Afin de garantir la bonne complémentarité des actions et leur
efficience, ces opérations de fiabilisation sont actuellement menées, sous l’égide de la direction
de la sécurité sociale, dans une approche de recherche de synergies entre la Cnav, l’Agric-Arrco
et le réseau des Urssaf. A ce stade, la caisse des dépôts n’est pas associée à ces travaux. Elle
est donc amenée à conduire de sa propre initiative des opérations de fiabilisation. Elle devrait
logiquement être intégrée dans la démarche en cours de montée en puissance afin de
s’assurer que les actions menées par chaque acteur sont de mêmes natures et niveaux
et cohérentes les unes par rapport aux autres.
Ensuite, la mission constate par ailleurs (voir annexe 13), les difficultés rencontrées en
matière de recouvrement auprès de certains employeurs relevant du champ de la CNRACL.
L’absence de coordination entre entités de recouvrement ne peut, à cet égard, qu’appeler les
plus fortes réserves. La supériorité d’un acteur unique en charge du recouvrement est
d’ores et déjà reconnue. Elle a justifié les différentes opérations de rationalisation souhaitées
par les pouvoirs publics. Elle serait d’autant plus justifiée dans le contexte de recouvrement
actuel auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers. De plus, il apparaitrait nécessaire
de disposer d’opérations de contrôle sur place qu’à ce stade seules les Urssaf ont la
capacité de mener, sur leur seul champ de compétence, sans pouvoir agir au titre de la
CNRACL.
-- 188 of 491 --
Annexe V
- 42 -
42
Quel que soit le scénario retenu, la mission estime nécessaire d’apprécier à nouveau
l’opportunité de transférer l’intégralité des opérations de contrôle et de recouvrement
au réseau des Urssaf afin de faire bénéficier les employeurs d’un interlocuteur unique et
d’améliorer l’efficience des opérations de recouvrement. Cette évolution permettrait en outre
la conduite de contrôles sur place portant sur l’ensemble du champ des prélèvement sociaux.
Simultanément, les moyens ainsi libérés pourraient être alloués aux indispensables opérations
de fiabilisation des données figurant dans les comptes individuels, opérations qui devraient
être menées de manière similaire par les différents acteurs de l’assurance vieillesse (Cnav,
Agirc-Arrco et CDC).
5.3.2. La nécessité de chercher des solutions nouvelles pour couvrir les besoins de
financement de la CNRACL et la couverture de sa dette
La mission constate combien les besoins de trésorerie de la CNRACL pèsent sur les
opérations menées par l’Acoss – Urssaf caisse nationale. Les niveaux très élevés de recours
à l’emprunt sont, pour partie, liés aux montants mobilisés pour répondre aux besoins sans
cesse croissants de la CNRACL (graphique 7).
Graphique 7 : Plafonds de trésorerie de l’Acoss et de la CNRACL – en Mds€
Source : LFSS 2025 et PLFSS 2026.
Afin de prévenir tout risque, il apparaît hautement souhaitable non seulement d’analyser
les conditions dans lesquelles une reprise de dette de la CNRACL pourrait intervenir
mais aussi de chercher d’autres modalités permettant de couvrir les besoins de
trésorerie de la CNRACL sans recourir à l’intervention de l’Acoss. A cet égard, la possibilité,
pour la CDC, d’apporter les financements nécessaires mériterait d’être examinée, au
moins en cas de besoin ou de manière conjoncturelle.
Les opérations de rationalisation de la gestion du recouvrement, du contrôle et de
trésorerie sont globalement compatibles avec les scénarios évoqués dans le cadre de la
présente annexe. Elles doivent cependant être poursuivies en cohérence avec les choix opérés
et de manière autonome, afin de renforcer l’efficience de gestion et sécuriser les financements.
5.3.3. Un réexamen des missions menées en vue d’une capacité renforcée à faire
évoluer le dispositif de recouvrement, notamment pour neutraliser les surcoûts
liés aux cotisations CNRACL
L’extension de la population cotisant à la CNRACL, tout comme la hausse de l’assiette donnant
lieu à cotisations, seraient susceptibles d’être facilement mis en œuvre par les Urssaf qui d’ores
et déjà connaissent ces assiettes et ces populations et assurent le recouvrement sur ce champ.
65,0
83,0
13,2 13,4
0,0
10,0
20,0
30,0
40,0
50,0
60,0
70,0
80,0
90,0
LFSS 2025 PLFSS 2026
Agence centrale des
organismes de
sécurité sociale
Caisse nationale de
retraite des agents
des collectivités
locales
-- 189 of 491 --
Annexe V
- 43 -
43
Au-delà, les travaux précédents des inspections générales ont mentionné la possibilité de
mettre en œuvre un dispositif de taxation spécifique des emplois ne donnant pas lieu à
cotisations à la CNRACL afin d’en renchérir le coût et de donner ainsi un signal prix aux
employeurs favorables à des emplois donnant lieu à affiliation à la CNRACL et à
assujettissement à ses cotisations. La mission a été amenée à échanger sur ce sujet avec les
parties prenantes. Un consensus s’est dégagé non en faveur d’une surtaxation des
emplois ne donnant pas lieu à cotisations CNRACL mais bien en faveur d’une
neutralisation du signal prix défavorable au recours à des emplois assujettis à cotisations
CNRACL.
Un dispositif tendant à cette recherche de neutralité pourrait être assuré de plusieurs
manières :
application, pour chaque emploi d’un coefficient de majoration du coût pour le rendre
équivalent, quel que soit le type d’emploi, au coût acquitté au titre de l’emploi d’un agent
affilié à la CNRAVCL ; la mise en place de cette gestion au fil de l’eau et salarié par salarié
semble assez difficile à mettre en œuvre ;
analyse de l’évolution du comportement d’embauche d’un employeur d’une période par
rapport à une autre afin de neutraliser les éventuels mouvements et dynamiques
d’arbitrages défavorables à la CNRACL entre emplois assujettis ou non à ses cotisations ;
l’analyse de ce comportement pourrait être assurée sur des échéances trimestrielles,
semestrielles ou annuelles qui permettraient mieux que la périodicité mensuelle de
cerner les dynamiques à l’œuvre ;
application d’une année sur l’autre de coefficients fixes de majoration des emplois non
assujettis aux cotisations CNRACL afin de remplir l’objectif de neutralisation recherché ;
quel que soit le cadre retenu, le dispositif devrait prendre en compte l’impossibilité, dans
certains territoires, de recruter d’une certaine manière (cas des zones enclavées, de
l’outremer, etc.) ; c’est aussi cet aspect qui devrait guider in fine, la nature du dispositif
éventuellement retenu
Quelle que soit la modalité de neutralisation retenue, le produit en résultant serait par
nature affecté à la CNRACL du point de vue de la mission. Elle constate que la mise en œuvre
d’une solution de ce type serait potentiellement mieux assurée par un réseau spécialisé
dans les fonctions de recouvrement et jouant le rôle de recouvreur unique comme celui des
Urssaf qui ont été amenées à déployer des dispositifs, sinon comparables, au moins proches,
au cours des dernières années33.
* *
*
33 Ces développements figurent également dans l’annexe 5 - Analyse des évolutions à caractère systémique de la
CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de retraites.
-- 190 of 491 --
Annexe V
- 44 -
44
En conclusion, l’analyse des différentes options st synthétisée dans le tableau ci-après.
Tableau 11 : Synthèses des analyses des impacts relatifs pour chaque scénario idéal typique
N° Intitulé Choix de pôle Impacts
Instit. Fin. Pol. Jur.
1
Alignement intégral entre le
régime de la CNRACL et celui
des pensions civiles et
militaires de l’Etat
« Pôle public » + +++ + +
2
Alignement entre le régime de
la CNRACL et les régimes de
droit commun des salariés du
secteur privé (CNAV et Agirc-
Arrco)
« Pôle privé » ++ +++ ++++ +++
3
Intégration de la CNRACL au
régime des pensions civiles et
militaires de l’Etat
« Pôle public » +++ ++ ++ +
4
Adossement de la CNRACL au
régime des pensions civiles et
militaires de l’Etat
« Pôle public » ++ ++ ++ +
5
Intégration de la CNRACL aux
régimes de droit commun des
salariés du secteur privé (CNAV
et Agirc-Arrco)
« Pôle privé » +++++ ++++ +++++ +++
6
Adossement de la CNRACL aux
régimes de droit commun des
salariés du secteur privé (CNAV
et Agirc-Arrco)
« Pôle privé » ++ ++++ +++++ +++
7
Affiliation de tous les agents
des collectivités territoriales et
des établissements publics de
santé à la CNRACL
Etape avant
« Pôle public » ++ +++ +++ ++
8
Extension de l’assiette cotisée à
la CNRACL à tous les éléments
de rémunération servis aux
agents des fonctions publique
territoriales et hospitalières
Etape avant
« Pôle privé » ++ +++ +++ ++
Autres
évolutions
Evolutions de gestion,
transferts de mission,
séparation des populations
couvertes, séparation des
risques, etc.
Impact à
intégrer avec
le choix
éventuel de
pôle
A
apprécier
pour
chaque
évolution
A
apprécier
pour
chaque
évolution
A
apprécier
pour
chaque
évolution
A
apprécier
pour
chaque
évolution
Source : Travaux mission.
-- 191 of 491 --
ANNEXE VI
Analyse du recours à l’intérim dans les
entités relevant des fonctions publiques
hospitalières et territoriales
-- 192 of 491 --
SOMMAIRE
1. LES DONNÉES EXPLOITÉES SONT ISSUES DE LA DÉCLARATION SOCIALE
NOMINATIVE POUR LES MILLÉSIMES 2022 À 2024 ....................................................... 1
1.1. Une montée en charge progressive de la DSN dans le secteur public, une première
exploitation des données ..............................................................................................................1
1.2. Des éléments permettant d’apprécier les dynamiques à l’œuvre en termes
d’effectifs employés et de rémunérations versées .............................................................1
1.3. Des effets différents des dynamiques d’emploi et de rémunération des agents des
fonctions publiques territoriales et hospitalières pour la CNRACL, les entités
d’emploi et les finances publiques ............................................................................................2
1.4. Une approche large des entités, des rémunérations et des effectifs employés ......3
1.5. Des données qui restent à prendre avec précaution mais qui mériteraient d’être
suivies ...................................................................................................................................................4
2. LA HAUSSE DU COÛT DES AGENTS TITULAIRES DU FAIT DE LA HAUSSE DES
COTISATIONS À LA CNRACL NE SE TRADUIT PAS, À CE STADE, PAR UNE HAUSSE
DE L’INTÉRIM .............................................................................................................................. 4
2.1. Tous types de salariés confondus et hors intérim, les rémunérations augmentent
plus fortement du côté des employeurs territoriaux ........................................................4
2.2. Les dépenses d’intérim sont largement portées par les employeurs hospitaliers,
tant en termes de montants que de dynamiques ................................................................5
2.3. L’intérim a globalement un impact financier des plus réduits......................................7
2.4. Le poids des salariés en intérim est résiduel et semble demeurer stable à ce stade
...…………………………………………………………………………………………………………………..7
-- 193 of 491 --
Annexe VI
- 1 -
1
Une des possibilités offertes aux établissements pour échapper à une hausse du coût du
travail consisterait à chercher une plus grande flexibilité de la main d’œuvre qu’ils
emploient. Cette flexibilité peut être obtenue en recourant à l’intérim. La présente annexe
présente les données mobilisées (1) puis détermine les tendances à l’œuvre (2).
1. Les données exploitées sont issues de la déclaration sociale
nominative pour les millésimes 2022 à 2024
1.1. Une montée en charge progressive de la DSN dans le secteur public, une
première exploitation des données
Le déploiement de la déclaration sociale nominative (DSN) a été assuré à compter de l’exercice
2022. Les données sont donc disponibles à compter de cette date. Leur fiabilité demeure
relative, tout particulièrement si on compare ces données avec celles mobilisées pour le
secteur privé. En effet les services statistiques de l’Urssaf caisse nationale ou agence centrale
des organismes de sécurité sociale (Acoss) opère, depuis la montée en charge et la
généralisation au sein du secteur privé de la DSN, des actions et opérations de fiabilisation.
Alors que le déploiement est plus récent sur le champ du secteur public, ces opérations de
fiabilisation n’ont pu être menées et revêtent, du fait de la nature des acteurs publics, des
degrés moindres1.
Aussi, les travaux menés par la mission constituent -ils des premières tentatives d’exploitation
des données disponibles via la DSN sur le champ des employeurs territoriaux et hospitaliers
dans une approche aussi large. Pour autant, de manière globale, les éléments produits sont
apparus cohérents et donc susceptibles d’être présentés ci-après.
1.2. Des éléments permettant d’apprécier les dynamiques à l’œuvre en termes
d’effectifs employés et de rémunérations versées
Ils revêtent en outre un caractère clef pour la CNRACL mais aussi pour l’ensemble des
décideurs publics. Sont disponibles via la DSN non seulement des données d’assiette de
prélèvements sur revenus d’activité soit l’ensemble des rémunérations déclarées par les
employeurs mais aussi des données relatives aux effectifs employés. La mission a essayé de
croiser les données d’assiettes disponibles pour disposer d’une approche double concernant
l’évolution des éléments de rémunération au sein de la fonction publique hospitalière (FPH) et
de la fonction publique territoriale (FPT) mais aussi celle des effectifs employés. Ces éléments
sont clefs pour la CNRACL en ce qu’ils déterminent, dans une approche démographique, sa
« base cotisante » mais aussi, dans une approche financière ou comptable, l’assiette sur laquelle
porte les taux des cotisations la finançant. Une approche différenciée permet donc de
déterminer les agents échappant à cette base cotisante tout comme les éléments de
rémunérations qui ne seraient pas compris dans l’assiette soumise à prélèvement.
1 Par exemple, les opérations de fiabilisation des données, de contrôle sur place ou sur pièces ne sont pas toujours
de même nature sur le champ du secteur privé et sur celui du secteur public. En effet, pour le secteur privé, les Urssaf
agissant pour la quasi-intégralité des organismes (à l’exception notable des institutions de retraite complémentaire)
alors que, pour le champ public, leur intervention se limite au recouvrement des cotisations légales obligatoires et
ne relevant pas d’entités spécialisées. Par exemple, les Urssaf n’interviennent pas en ce qui concerne le
recouvrement et le contrôle des cotisations dues à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales
(CNRACL). Voir également annexe5 -Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités
relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales.
-- 194 of 491 --
Annexe VI
- 2 -
2
Pour les acteurs publics, ces données permettent ainsi de cerner les dynamiques à l’œuvre en
termes d’effectifs employés et en termes de rémunération.
1.3. Des effets différents des dynamiques d’emploi et de rémunération des
agents des fonctions publiques territoriales et hospitalières pour la
CNRACL, les entités d’emploi et les finances publiques
Ces éléments sont clefs aussi en ce que les objectifs poursuivis par les acteurs publics sont
pluriels et peuvent potentiellement avoir des impacts opposés (schéma 1). En effet :
du point de vue de la CNRACL,
l’embauche d’agents et/ou les augmentations de rémunération ont, à court terme,
un effet positif sur les finances de la CNRACL en ce que ces dynamiques conduisent
à augmenter la base cotisante ou l’assiette cotisée, donc à majorer les recettes de
la CNRACL ; dans un deuxième temps, cet effet est potentiellement moindre en ce
que les pensions versées tiennent compte in fine de ces dynamiques ;
la maîtrise ou la baisse des effectifs et la maîtrise des rémunérations (notamment
du régime indiciaire) ont un effet négatif sur les finances de la CNRACL et on ne
note pas directement d’effet de deuxième rang ;
du point de vue des employeurs publics,
l’embauche d’agents ou la hausse des rémunérations conduit à augmenter les
dépenses de personnel ;
la maîtrise ou la baisse des effectifs et la maîtrise des rémunérations permet a
contrario de contenir les dépenses de personnel ;
du point de vue des finances publiques,
l’embauche d’agents ou la hausse des rémunérations conduit à augmenter les
dépenses publiques, en particulier dans le cas de figure ou ces surcoûts sont
compensés par les financeurs ; symétriquement, cette dynamique améliore dans
un premier temps les finances de la CNRACL ;
la maîtrise ou la baisse des effectifs et la maîtrise des rémunérations a des effets
positifs sur les dépenses des entités d’emploi et un effet négatif sur l’équilibre de
la CNRACL.
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Annexe VI
- 3 -
3
Schéma 1 : Effets des évolutions des emplois et des rémunérations
Source : Travaux mission.
1.4. Une approche large des entités, des rémunérations et des effectifs
employés
Les extractions ont été assurées en identifiant les entités déclarantes qui, du fait de leur nature,
relèvent du champ de la FPH ou de la FPT2.
Les données présentées ci-après (encadré 1) ne comprennent donc pas les agents relevant de
ces deux versants de la fonction publique mais n’étant pas en activité dans une structure
relevant de ce champ. Ne sont ainsi notamment pas compris les agents faisant l’objet d’un
détachement ou d’une mise à disposition de tiers. En revanche, tous les agents salariés par ces
structures sont dans le champ de l’analyse retenue ici, qu’ils soient des agents titulaires ou non.
Les rémunérations sont ici prises dans l’approche la plus large : tous les éléments de
rémunération sont pris en compte.
En ce qui concerne les effectifs, ceux-ci sont appréciés de deux manières. Sont ainsi décomptés :
le nombre des salariés qui ont été effectivement déclarés au cours de l’année ; par
conséquent un salarié peut ici être compté à plusieurs reprises en ce qu’il a été déclaré
plusieurs fois ;
les salariés déclarés en équivalent temps plein, en tenant compte, pour chaque salarié,
des horaires travaillés par les individus.
Encadré 1 : Sources et méthodes
Les données sont issues des extractions assurées par l’Acoss – Urssaf caisse nationale à la demande de
la mission.
Les extractions ont été faites sur les bases DSN.
Toutes les entités cotisantes relevant du champ des collectivités territoriales et des établissements
publics de santé et médicosociaux ont été intégrées dans la requête.
Ne relèvent pas du champ
2 Ces entités sont identifiées dans le système d’information des Urssaf et en DSN car ils ne relèvent pas du droit
commun du recouvrement et du contrôle applicable aux entités privées.
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Annexe VI
- 4 -
4
Les données utilisées sont ici celles du bloc 51 pour les assiettes et les effectifs. Les données d’effectifs
déclarées ont ensuite été proratisée selon les données de temps de travail disponibles pour chaque
salarié afin de calculer des équivalents temps plein.
Les données d’intérim sont déclarées à part dans la DSN. Elles ont donc été traitées par ailleurs.
Source : Acoss – Urssaf caisse nationale, travaux mission.
1.5. Des données qui restent à prendre avec précaution mais qui mériteraient
d’être suivies
Dans un contexte de montée en charge d’une nouvelle modalité déclarative et en l’absence
d’opérations de fiabilisation, les données sur l’année 2022 et l’évolution entre l’année 2022 et
2023 doivent être prises avec une certaine prudence. En revanche, les données de fin de
période sont plus fiables en ce que les déclarants ont progressivement intégré la bonne
manière de renseigner les messages DSN.
Pour autant, le suivi de ces données revêt une importance particulière tant pour la CNRACL
que pour l’ensemble des décideurs publics. Compte tenu des sources mobilisées (voir supra,
encadré 1), la mission propose de systématiser le calcul d’indicateurs à périodicité annuelle
(encadré 2).
Encadré 2 : Indicateurs à retenir
La masse des rémunérations versées aux salariés en intérim et la masse des rémunérations versées aux
autres salariés sont des éléments à suivre. Le ratio de ces deux valeurs est un bon indicateur du poids de
l’intérim.
Calculé en équivalent temps plein, le nombre de salariés en intérim et des autres salariés est à surveiller.
Là encore, le ratio des deux données permet de disposer d’un autre indicateur du poids de l’intérim.
Source : Acoss – Urssaf caisse nationale, travaux mission.
2. La hausse du coût des agents titulaires du fait de la hausse des
cotisations à la CNRACL ne se traduit pas, à ce stade, par une hausse de
l’intérim
2.1. Tous types de salariés confondus et hors intérim, les rémunérations
augmentent plus fortement du côté des employeurs territoriaux
Hors intérim, la masse des rémunérations versées est plus importante du côté des employeurs
territoriaux que des employeurs hospitaliers. De 2022 à 2024 les employeurs territoriaux
versent 56% des rémunérations et les employeurs hospitaliers 44% (graphique 1).
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Annexe VI
- 5 -
5
Graphique 1 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers - toutes
catégories de personnel - en Md€
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
Pour chaque secteur, les rémunérations évoluent différemment selon les années considérées.
Mais, globalement, les rémunérations versées par les employeurs territoriaux
augmentent plus fortement entre 2022 et 2024 (+10,6 % contre +9,6 % - graphique 2).
Graphique 2 : Evolution annuelle des rémunérations versées par les employeurs territoriaux et
hospitaliers - toutes catégories de personnel – en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
2.2. Les dépenses d’intérim sont largement portées par les employeurs
hospitaliers, tant en termes de montants que de dynamiques
Le recours à l’intérim est nettement plus prononcé du côté des employeurs hospitaliers
(graphique 3). Les montants consacrés à ce titre sont plus de quatre fois supérieurs à
ceux constatés dans les collectivités territoriales en 2024. L’importance du recours à
l’intérim, choisi ou contraint, au sein des établissements publics de santé a d’ailleurs donné lieu
à des mesures spécifiques d’encadrement par les pouvoirs publics3.
3 Voir en particulier la loi n°2023-1268 du 27 décembre 2023 visant à améliorer l'accès aux soins par l'engagement
territorial des professionnels et la loi n°2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour
2025 ainsi que leurs textes d’application.
41,36 43,59 45,34
52,25 54,37 57,82
20,00
25,00
30,00
35,00
40,00
45,00
50,00
55,00
2022 2023 2024
FPH
FPT
5,4%
4,0%
9,6%
4,1%
6,3%
10,7%
4,7% 5,3%
10,2%
3,5%
4,5%
5,5%
6,5%
7,5%
8,5%
9,5%
10,5%
11,5%
2022/2023 2023/2024 2022/2024
FPH
FPT
Ensemble
-- 198 of 491 --
Annexe VI
- 6 -
6
Graphique 3 : Rémunérations versées par les employeurs territoriaux et hospitaliers – salariés
en intérim - en M€
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
Cette importance de l’intérim dans le secteur hospitalier se traduit aussi par la forte
hausse des rémunérations versées à ce titre alors qu’elles sont stables voire en baisse du côté
des employeurs territoriaux (graphique 4).
Graphique 4 : Evolution annuelle des rémunérations versées par les employeurs territoriaux et
hospitaliers – salariés en intérim – en %
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
Ces données sont cependant à corriger au regard du nombre de salariés déclarés : là où
pour les rémunérations, le rapport entre les deux secteurs est presque d’un à cinq, il n’est plus
que d’un à deux en nombre. Ainsi, les salariés intérimaires des collectivités territoriales
sont plus nombreux et moins bien rémunérés que les salariés intérimaires des
employeurs hospitaliers (graphique 5).
Graphique 5 : Salariés en intérim des employeurs territoriaux et hospitaliers – effectifs
rémunérés – en nombre
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
220,3
324,6 364,2
79,5
80,5 77,5
- 50,0
50,0
150,0
250,0
350,0
450,0
2022 2023 2024
FPT
FPH
47,3%
12,2%
1,3%
-3,7%
35,1%
9,0%
-10,0%
0,0%
10,0%
20,0%
30,0%
40,0%
50,0%
2022/2023 2023/2024
FPH
FPT
Ensemble
17 458 21 819 20 764
11 627
11 084 10 772
0
10 000
20 000
30 000
2022 2023 2024
FPT
FPH
-- 199 of 491 --
Annexe VI
- 7 -
7
2.3. L’intérim a globalement un impact financier des plus réduits
Les rémunérations versées aux intérimaires sont très faibles par rapport à l’ensemble des
rémunérations versées. De plus, le poids relatif des rémunérations versées au titre de
l’intérim est globalement stable entre 2022 et 2024 (graphique 6).
Graphique 6 : Rémunérations des salariés en intérim - en % de l’ensemble des rémunérations
des employeurs territoriaux et hospitaliers
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
2.4. Le poids des salariés en intérim est résiduel et semble demeurer stable à ce
stade
En équivalent temps plein, le poids des salariés en intérim par rapport à celui des autres
salariés est tout à fait résiduel dans les deux secteurs d’emploi (tableau 1).
Tableau 1 : Salariés en intérim ou non – en équivalent temps plein
Type employeur Type salariés 2022 2023 2024
Employeurs hospitaliers Salariés en intérim 4 050 5 179 5 240
Autres salariés 857 098 989 104 1 156 831
Employeurs territoriaux Salariés en intérim 2 538 2 385 2 357
Autres salariés 1 853 155 1 860 296 1 902 584
Ensemble Salariés en intérim 6 588 7 564 7 598
Autres salariés 2 710 253 2 849 400 3 059 415
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
Ce poids est globalement stable dans chacun des secteurs tout au long de la période sous
revue (graphique 7).
0,53%
0,74% 0,80%
0,15% 0,15% 0,13%
0,32%
0,41% 0,43%
0,00%
0,10%
0,20%
0,30%
0,40%
0,50%
0,60%
0,70%
0,80%
0,90%
2022 2023 2024
FPH
FPT
Ensemble
-- 200 of 491 --
Annexe VI
- 8 -
8
Graphique 7 : Salariés en intérim – en équivalent temps plein en % des autres salariés
Source : Acoss – données DSN au titre des années 2022, 2023 et 2024. Travaux mission.
* *
*
Au final, à ce stade, il n’y a pas d’impact mesurable de la hausse du coût de l’emploi des
agents titulaires sur le recours à l’intérim.
Les effets de structure sont importants et très différents selon les secteurs (en masse de
rémunérations et en nombre de salariés).
Les travaux menés par la mission permettent d’identifier les données pouvant être obtenues
et les indicateurs pouvant être construits afin de continuer à suivre dans le temps,
notamment dans un contexte de hausse programmé des taux de cotisation, ces données clefs.
0,47%
0,52%
0,45%
0,14% 0,13% 0,12%
0,24% 0,27% 0,25%
0,00%
0,10%
0,20%
0,30%
0,40%
0,50%
0,60%
2022 2023 2024
FPH
FPT
Ensemble
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ANNEXE VII
Enquête auprès des employeurs
territoriaux et hospitaliers sur les impacts
de la hausse des taux de cotisation à la
CNRACL
-- 202 of 491 --
1
SOMMAIRE
1. UNE ENQUÊTE VISANT À DISPOSER DE L’OPINION DES EMPLOYEURS SUR LES
ÉVOLUTIONS À L’ŒUVRE ET L’IMPACT DES ÉVOLUTIONS RÉGLEMENTAIRES
SUR LES POLITIQUES DE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES ............................1
1.1. Les évolutions à l’œuvre peuvent avoir des effets pluriels et potentiellement
contrastés sur les employeurs nombreux et divers cotisant à la CNRACL...............1
1.1.1. Des cotisants divers à la CNRACL ..................................................................................... 1
1.1.2. Une hausse de 12 points du taux de cotisation patronale entre 2024 et 2028
.......................................................................................................................................................... 1
1.1.3. Des effets potentiellement pluriels de la hausse du coût de l’emploi ............... 1
1.1.4. Un facteur prix qui ne peut cependant jouer de manière univoque sur la
gestion des ressources humaines ou l’organisation de l’action publique ...... 2
1.2. L’enquête administrée : cadre, calendrier, méthode .........................................................3
1.2.1. Une enquête élaborée et administrée en lien direct avec les représentants
des employeurs territoriaux et hospitaliers ................................................................ 3
1.2.2. Une enquête administrée auprès de toutes les entités cotisant à titre
principal à la CNRACL ........................................................................................................... 3
1.2.3. Une enquête visant à mesurer l’impact avéré ou estimé des hauses de taux
sur les politiques d’emploi, d’embauche et de gestion des ressources
humaines des employeurs territoriaux et hospitaliers........................................... 4
1.2.4. Une enquête administrée in fine pendant une période d’un mois ..................... 5
1.2.5. Une enquête affectée par des difficultés techniques et une volonté de
préservation de leur anonymat par les répondants conduisant très
fortement à des réponses partielles ou anonymes ................................................... 6
1.2.6. Les réponses sont présentées pour chaque question en prenant en compte
les réponses effectivement données appréciées en nombre et en part ........ 10
1.3. Une enquête très majoritairement portée à la connaissance des répondants par
la fédération hospitalière de France et par l’association des maires de France . 10
1.4. Les répondants ayant répondu au moins à une question de l’enquête : sur
représentation des employeurs territoriaux et approche sectorielle ..................... 11
1.4.1. Près de 1 800 employeurs hospitaliers répondants plus de 2 200 employeurs
territoriaux ayant indiqué leur nature et plus de 3 100 employeurs
territoriaux n’ayant pas précisé leur nature ........................................................... 11
1.4.2. Parmi les employeurs hospitaliers, une forte représentation des centres
hospitaliers et des établissements médicosociaux ................................................ 12
1.4.3. Parmi les employeurs territoriaux, une mobilisation en apparence forte des
régions et des départements et une grande part de répondants n’ayant pas
indiqué leur nature .............................................................................................................. 13
1.5. Pour ceux ayant déclaré leur région et leur département d’appartenance, un
poids de déterminant des représentants des collectivités dans le poids de
certaines régions ou départements ....................................................................................... 13
2. L’ENQUÊTE RÉVÈLE UN DEGRÉ INCERTAIN DE MAÎTRISE DES IMPACTS DES
ÉVOLUTIONS À L’ŒUVRE MAIS DES ANTICIPATIONS À L’ŒUVRE EN CE QUI
CONCERNE LE RECOURS AUX CONTRACTUELS ET L’EXTERNALISATION DE TOUT
OU PARTIE DES MISSIONS ET FONCTIONS, DANS DES DEGRÉS ET APPROCHES
DIFFÉRENTS ENTRE LES EMPLOYEURS TERRITORIAUX ET HOSPITALIERS ..... 16
2.1. Le décret est très majoritairement connu tant du côté des collectivités que de
celui des employeurs hospitaliers.......................................................................................... 16
-- 203 of 491 --
2
2.2. Bien qu’ils aient connaissance de la trajectoire de hausse des cotisations, 68%
des employeurs hospitaliers et territoriaux n’ont pu en évaluer l’impact ............ 17
2.3. Seuls 23% des employeurs déclarent pouvoir effectivement chiffrer cet impact à
la date de l’enquête....................................................................................................................... 18
2.4. Les employeurs considèrent que la hausse des taux va avoir un impact fort sur le
recours aux agents titulaires, va encourager le recours aux contractuels et peut
conduire à externaliser des missions ou des fonctions ................................................. 22
2.5. Globalement 40% des employeurs indiquent que la hausse des taux va avoir pour
effet un moindre recours aux agents titulaires mais cette pat est plus élevée du
côté des départements et des établissements publics médicosociaux
... ........................................................................................................................................................... 26
2.6. 52% des employeurs hospitaliers estiment que la hausse des taux va encourager
l’emploi de contractuel, contre 48% des employeurs territoriaux .......................... 27
2.7. Une majorité des employeurs territoriaux et hospitaliers estiment que la hausse
des taux aura un impact prononcé sur leur politique de titularisation .................. 28
2.8. 53% des employeurs estiment que la hausse du coût lié à l’emploi des titulaires
va les inciter à recourir davantage à des prestataires extérieurs ............................. 30
2.9. Si la majorité des employeurs répondants déclarent envisager d’externaliser une
partie de leurs missions et fonctions de service public, ce résultat est avant tout
le reflet des choix des collectivités......................................................................................... 31
2.10. Tous les employeurs estiment en revanche que la hausse des coûts liés à
l’emploi des agents titulaires sera sans effet sur l’ampleur du recours à l’intérim
... ........................................................................................................................................................... 33
2.11. Parmi les établissements de santé, nombres ne sont pas en mesure d’estimer la
pertinence de la compensation dont ils ont fait l’objet, seule une majorité de CHU
estiment avoir reçu cette juste compensation de la hausse des taux de cotisations
à la CNRACL ..................................................................................................................................... 34
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Annexe VII
- 1 -
1
Afin de disposer des analyses des collectivités territoriales et des établissements publics de
santé ou médico sociaux cotisant à la CNRACL, après en avoir vérifié le bien fondé et la
faisabilité avec les représentants des employeurs, la mission a lancé une enquête auprès des
employeurs. Après avoir présenté la méthode retenue et ses limites (1), cette annexe met en
avant les réponses des employeurs en les présentant de manière globale (2).
1. Une enquête visant à recueillir l’opinion des employeurs territoriaux
et hospitaliers sur les conséquences de l’augmentation des taux et son
impact sur leur stratégie de ressources humaines
1.1. Les évolutions à l’œuvre peuvent avoir des effets pluriels et
potentiellement contrastés sur les employeurs nombreux et divers cotisant
à la CNRACL
1.1.1. Des cotisants divers à la CNRACL
Les employeurs cotisant à la CNRACL sont nombreux et divers dans leurs natures, leurs tailles
et leurs missions au sein des collectivités1 et des établissements publics sanitaires et médico
sociaux2.
1.1.2. Une hausse de 12 points du taux de cotisation patronale entre 2024 et 2028
Les décisions concernant les fortes hausses de taux de cotisation intervenant entre 2024 et
20283 retiennent l’attention des représentants élus et administratifs des collectivités et des
établissements publics sanitaires et médico sociaux.
Ils redoutent les effets puissants et pluriels de cette hausse du coût de l’emploi titulaire.
Ces hausses concernent les agents titulaires, recrutés selon les règles statutaires et occupant
un emploi pour au moins 28 heures de travail hebdomadaires. Elles ne concernent donc pas
les agents titulaires ayant une activité inférieure à 28 heures par semaine. Et elles ne
concernent pas davantage les agents contractuels ou non titulaires, quelle que soit leur
durée hebdomadaire de travail.
1.1.3. Des effets potentiellement pluriels de la hausse du coût de l’emploi
La hausse du coût de l’emploi titulaire peut avoir potentiellement plusieurs effets :
1 Près de 35 000 communes, plus de 1 200 établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre,
(voir bulletin d'information statistique de la Direction générale des collectivités locales – DGCL, n°195, avril 2025, BIS
195_ interco 2025_VF.pdf), 96 départements en France métropolitaine et 5 outre-mer qui ont pu créer des
établissements employeurs, tout comme les 13 régions.
2 Plus de 1 300 établissements sanitaires relèvent du secteur public auxquels on doit ajouter les autres structures
publiques employeurs du champ (établissements médico sociaux, groupements, etc.) voir DREES, Les établissements
de santé en 2023 - Édition 2025, Panoramas de la DREES, juillet 2025, https://drees.solidarites-
sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse-documents-de-reference/panoramas-de-la-
drees/250522_Panorama_etablissements-de-sante2025.
3 Le taux doit être augmenté de 3 points chaque année entre 2024 et 2028 pour passer donc de 31,65% en 2024 à
43,65% en 2028, voir décret n°2025-86 du 30 janvier 2025 relatif au taux de cotisations vieillesse des employeurs
des agents affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
-- 205 of 491 --
Annexe VII
- 2 -
2
elle peut conduire les employeurs à procéder à des recrutements privilégiant les
agents contractuels en lieu et place des agents titulaires à temps complet ;
elle peut être une incitation à la promotion de l’activité partielle inférieure à 28 heures
hebdomadaires ;
elle peut conduire à privilégier le recours à l'intérim ;
elle peut justifier une évolution plus structurelle de l’action publique en
externalisant des fonctions précédemment confiées à des agents titulaires recrutés par
l’employeur à des entités privées autonomes.
1.1.4. Un facteur prix qui ne peut cependant jouer de manière univoque sur la gestion
des ressources humaines ou l’organisation de l’action publique
Mais le facteur prix ne peut à lui seul influencer ou expliquer tant les politiques de gestion de
ressources humaines que les évolutions plus globales de l’action publique.
S’agissant de la gestion des ressources humaines, les politiques menées sont le reflet des
situations territoriales et sectorielles des marchés de l’emploi qui conduisent à constater soit
des marges soit des tensions dans certaines aires géographiques ou concernant certaines
fonctions (agents techniques ou informatiques, cadres stratégiques, etc.). La situation
singulière de l’entité d’emploi a aussi des effets : le recours à l’intérim est a priori ponctuel et
strictement encadré. Il a cependant été amené à se développer notamment dans les
établissements publics de santé du fait non d’une demande des employeurs mais de leur
impossibilité de recruter des salariés dans les cadres classiques, ce qui a conduit à des mesures
d’encadrement4.
En ce qui concerne l’organisation de l’action publique, les décisions, d’une part, d’employer
des agents titulaires ou non titulaires et, d’autre part, d’exercer directement certaines missions
ou de les confier à des tiers ne peuvent être exclusivement être expliquées par le coût relatif
des agents titulaires et son renchérissement progressif. Si le facteur prix peut avoir un rôle, la
décision d’internalisation ou d’externalisation de fonctions ou de missions relèvent
logiquement d’autres déterminants. Le facteur prix n’est pas le seul déterminant des stratégies
d’emploi : un employeur public territorial ou hospitalier dispose d’une marge d’appréciation
pour recourir à des agents contractuels ou non aussi selon le niveau de garanties (accordées
par le statut de la fonction publique ou par le code du travail) qu’il entend offrir aux personnes
occupant certains emplois : le recours aux contractuels permet potentiellement une plus
grande flexibilité de l’action et de l’organisation administratives que l’embauche de titulaires.
De plus, l’attention portée à la situation des marchés sectoriels et géographiques de
l’emploi revêt une importance clef en ce que ce n’est pas la demande travail des employeurs
qui détermine de manière univoque l’offre de travail des actifs. L’analyse des marchés de
l’emploi conduit, de manière constante, à souligner les multiples facteurs influençant l’offre et
la demande de travail : le facteur prix a une importance forte sans pour autant que l’on puisse
toujours présumer de son caractère déterminant5.
4 Voir l’article 29 de la loi n°2023-1268 du 27 décembre 2023 visant à améliorer l'accès aux soins par l'engagement
territorial des professionnels et de la loi et ses textes d’application puis l’extension du champ d’application des
mesures aux professionnels non médicaux et maïeutiques (article 70 de la loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de
financement de la sécurité sociale pour 2025 et ses textes d’application).
5 Voir, par exemple, C. Erhel, Les politiques de l’emploi, Que sais-je ?, PUF, 2020.
-- 206 of 491 --
Annexe VII
- 3 -
3
1.2. L’enquête administrée : cadre, calendrier, méthode
1.2.1. Une enquête élaborée et administrée en lien direct avec les représentants des
employeurs territoriaux et hospitaliers
L’enquête a été administrée en sollicitant, au niveau national, les représentants des
établissements publics de santé et médicosociaux et des collectivités territoriales et leurs
groupements. Ils ont été informés sur la nature et le cadre de l’enquête envisagée. Certains ont
été amenés à demander des précisions et des ajustements sur les questions posées : c’est à ce
titre que les établissements publics de santé et médicosociaux se sont vu demander s’ils
estimaient avoir reçu la compensation des surcoûts liés aux hausses de taux de cotisations
employeurs dans les moyens ouverts par l’assurance maladie.
Ainsi, ont été étroitement associés :
la fédération hospitalière de France (FHF) au titre des établissements publics de santé et
des établissements publics médicosociaux ;
« Régions de France » pour les régions et leurs établissements et groupements ;
« Départements de France », pour les départements et leurs établissements et
groupements
l’« Association des maires de France » (AMF), pour les communes, les établissements
publics de coopération intercommunale, leurs établissements et groupements ;
« France Urbaine », pour ses adhérents ;
la fédération nationale des centres de gestion (FNCDG) qui regroupe et coordonne
l’ensemble des centres départementaux et interdépartementaux de gestion (CDG) de la
fonction publique territoriale ;
enfin, l’association des directeurs des ressources humaines des grandes collectivités
territoriales (ADRHGCT).
1.2.2. Une enquête administrée auprès de toutes les entités cotisant à titre principal à
la CNRACL
Le champ retenu est large. Il a conduit à solliciter toutes les entités cotisant au titre de leurs
agents titulaires à temps plein auprès de la caisse nationale de retraites des agents des
collectivités locales (CNRACL). Ont ainsi pu être sollicitées pour répondre à l’enquête toutes
les entités employant des agents titulaires relevant du champ de la CNRACL donc les
établissements publics de santé (centres hospitaliers universitaires et centres hospitaliers en
particulier), les établissements publics médicosociaux mais aussi toutes les collectivités
territoriales (régions, départements, communes). Outre ces employeurs « cœur », leurs
établissements et groupements ou émanations étaient également susceptibles de répondre à
l’enquête.
En revanche, les entités employant de manière résiduelle des agents cotisant à la CNRACL
(cadres régissant les cadres spécifiques constitués notamment par les mises à disposition et
détachement) n’ont pas été sollicitées.
Le champ désigné ci-après de manière plus rapide, notamment sous le terme « employeurs
territoriaux et hospitaliers » correspond donc au champ large évoqué supra sous ces réserves.
-- 207 of 491 --
Annexe VII
- 4 -
4
1.2.3. Une enquête visant à mesurer l’impact des hausses de taux sur les politiques
d’emploi, d’embauche et de gestion des ressources humaines des employeurs
territoriaux et hospitaliers
La cinétique de l’enquête et la présentation détaillée des questions posées sont proposées à la
fin de cette annexe (voir Addendum n°2).
Le questionnaire posé a été réalisé et élaboré avec les représentants des employeurs
territoriaux et hospitaliers. La fédération hospitalière a par exemple souligné l’intérêt d’ajouter
une question portant sur la compensation, via les financements accordés aux établissements
publics de santé et médico sociaux, des surcoûts résultats de la hausse des taux de cotisations
employeurs à la CNRACL. La mission a donné suite à cette suggestion, la considérant utile.
L’enquête visait plusieurs objectifs :
connaître le « profil » des répondants pour faire la part entre les employeurs territoriaux
et hospitaliers (indication du secteur d’appartenance, modalité selon laquelle le
répondant a pris connaissance de l’enquête notamment) et disposer d’éléments de
répartition géographique des répondants (par région et par département) ;
apprécier la maîtrise par les répondants des changements à l’œuvre et notamment de la
trajectoire programmée de hausse des taux de cotisations employeurs (alors même que
seul un premier palier de hausse était intervenu à la date de l’administration de l’enquête
soit le passage du taux de 31,65% à 34,65% au 1 er janvier 2025) ;
identifier si oui ou non les employeurs ont pu apprécier les impacts de cette hausse et
les erreurs pouvant affecter ces estimations ;
apprécier les impacts potentiels des changements à l’œuvre sur les politiques d’emploi,
de titularisation, de gestion des ressources humaines et d’internalisation ou
d’externalisation de certaines tâches ou fonctions.
Le questionnaire était pensé comme potentiellement bref et avec des réponses pouvant être
exploitées rapidement. Pour toutes ces raisons, les questions fermées ont été très largement
privilégiées par rapport aux questions ouvertes. Un large éventail de choix entre les réponses
fermées a parfois été proposé. Dans ce cas, ce choix a permis l’appréciation le plus souvent
d’une très grande variété de perceptions.
Tant en raison de son cadre que de sa nature, l’enquête ne vise en aucun cas à une quelconque
représentativité sectorielle ou géographique et donc a fortiori au sien des territoires et des
secteurs. Pour autant, le grand nombre de réponses permet de cerner des grandes tendances,
sources potentielles d’enseignement pour les décideurs publics et les représentants des
employeurs.
Les questions posées dans le cadre de l’enquête ont parfois été dédiées à certains secteurs :
elles n’ont dans ce cas été posées qu’aux employeurs territoriaux ou hospitaliers. Globalement,
les répondants ont été interrogés sur :
l’e-mail du répondant ;
l’entité ayant porté à leur connaissance l’existence de l’enquête et l’opportunité d’y
répondre, la mission ayant choisi de se reposer sur les seuls représentants des
employeurs à ce titre ;
la qualité du répondant donc soit un établissement de santé ou médico-social soit une
collectivité territoriale, un de ses établissements ou groupements ; puis, en deuxième
intention, une approche plus fine de l’entité répondante ;
le territoire d’implantation (région et département) ;
-- 208 of 491 --
Annexe VII
- 5 -
5
la connaissance par le répondant du décret n°2025-86 du 30 janvier 2025 relatif au taux
de cotisations vieillesse des employeurs des agents affiliés à la Caisse nationale de
retraites des agents des collectivités locales en précisant dans la question sa nature et
ses effets soit un taux augmenté en quatre paliers pour passer de 31,65% en 2024 à
43,65% en 2028 ;
l’évaluation ou non par le répondant des impacts budgétaires de cette hausse ;
l’estimation de cet impact en pourcentage des dépenses de personnel ;
les effets constatés par le répondant de cette hausse sur ses politiques en hiérarchisant
celles -ci ;
l’effet identifié par lui-même de cette hausse respectivement sur (i) le recrutement de
fonctionnaires titulaires, (ii) le développement du recours à l’emploi contractuel, (iii) le
réexamen de la politique de titularisation d’agents contractuels, (iv) le recours privilégié
à des prestations externes au détriment de la gestion directe ou en régie, (v) l’effet à
moyen terme sur les missions et fonctions externalisées auprès d’acteurs privé, (vi) les
effets de la hausse des taux de cotisation sur le développement du recours à l’intérim.
1.2.4. Une enquête administrée in fine pendant une période d’un mois
La mission a envisagé dans un premier temps un délai de réponse d’une à deux semaines. Au
final, le délai de recueil des réponses a été d’un mois : entre le 24 septembre et le 24 octobre
2025. Cette période a permis de tenir informées les entités sollicitées des niveaux de réponse
et donc de l’écho que leurs messages de sensibilisation à l’enquête avaient pu trouver dans
leurs réseaux. Sur cette base, les réseaux ont été amenés à relancer régulièrement leurs
adhérents. Cela a conduit directement à des « pics » ponctuels de réponse (graphique 1).
Graphique 1 : Nombre de réponses par jour à l’enquête administrée auprès des employeurs
territoriaux et hospitaliers
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
853 757
1 696
140
0
200
400
600
800
1 000
1 200
1 400
1 600
1 800
-- 209 of 491 --
Annexe VII
- 6 -
6
1.2.5. Une enquête affectée par des difficultés techniques et une volonté de
préservation de leur anonymat par les répondants conduisant très fortement à
des réponses partielles ou anonymes
L’enquête a été administrée en ligne via la solution Jalios utilisée notamment par les services
de l’inspection générale des affaires sociales. Cette solution permet aux répondants à partir
d’un lien transmis, de répondre en ligne aux questions, qu’elles soient ouvertes ou fermées.
Lors du lancement de l’enquête, les serveurs du prestataire hébergeant les services ont été
indisponibles de manière ponctuelle. Cette indisponibilité a été signalée par la FHF qui a été
interrogée par des établissements le jour même de la diffusion du message d’information
concernant l’enquête. Ce signalement a été traité. Des solutions techniques palliatives ont pu
être trouvées.
Les entités sollicitées pouvaient répondre à plusieurs reprises. Les messages diffusés et la
présentation en ligne de l’enquête soulignaient qu’une et une seule réponse était attendue de
chaque entité. Toutefois, plusieurs représentants d’une même entité ont pu être sollicités au
titre de l’enquête. Ils ont pu donner des réponses séparées donc au contenu potentiellement
distinct. Par nature, l’enquête permettait plusieurs réponses pour un même ensemble ou
niveau territorial : pouvaient répondre tous les établissements de santé ou médicosociaux d’un
territoire, qu’ils aient ou non la personnalité morale, et pouvaient également répondre non
seulement une collectivité mais aussi ses établissements ou les groupements dont elle relève.
Pour toutes ces raisons, l’enquête doit être comprise comme menée auprès de représentants
des établissements publics de santé et médico sociaux et des employeurs territoriaux. Elle n’est
en aucun cas une enquête menée auprès de chacun d’un ou d’une enquête qui ne dénombrerait
qu’une réponse pour un niveau territorial donné. L’analyse des territoires d’implantation des
répondants ne fait pas apparaître d’anomalies majeures.
La mission entendait se prémunir ou limiter ces réponses multiples et redondantes par deux
méthodes : en ne prenant en compte que les répondants ayant renseigné l’ensemble des
réponses aux questions de l’enquête, en demandant aux répondants -tout en leur garantissant
la préservation de leur anonymat dans le cadre de l’exploitation de l’enquête- de renseigner
des éléments permettant leur identification (nom de la structures / entité répondante, mail du
répondant au sein de cette même entité en particulier).
Ces méthodes palliatives indirects sont avérées inopérantes. Les répondants ont entendu dans
plus de 95% des cas préserver leur anonymat, soit en ne renseignant pas le nom de leur
structure ou leur mail, soit en le renseignant d’une manière inexploitable (pseudonyme ou
équivalent). De plus, les difficultés techniques rencontrées via les serveurs ont conduit certains
répondants à interrompre leur réponse puis à reprendre le questionnaire sans répondre une
nouvelle fois aux items déjà renseignés : pour ces raisons, la mission a estimé pertinent de
retenir toutes les réponses au questionnaire et même les réponses partielles. Celles-ci sont au
demeurant très nombreuses mais néanmoins variables selon les items concernés.
Par exemple, les réponses aux questions 1 (portant sur la manière dont les interrogés ont eu
connaissance de l’enquête) et 3 (portant sur la localisation du répondant) approchent les
quatre mille répondants, les non-réponses excédent les trois mille répondants (graphique 2).
-- 210 of 491 --
Annexe VII
- 7 -
7
Graphique 2 : Nombre de réponses et de non-réponses aux questions 1 et 3 de l’enquête
administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Nota bene : la numérotation des questions ici a été assurée lors du traitement des données. Elle ne
correspond pas aux numéros retenus pour les questions posées en ligne qui sont présentées par ailleurs (Addendum 2).
En revanche, du fait des particularités rencontrées dans le cadre de l’enquête (usage des
répondants et difficultés techniques rencontrées) des ensembles de réponses et non réponses
[aux questions (i) 2 et 4, (ii) 5 et 6, (iii) 7, (iv) 8, 9 et 10, (v) 11, 12 et 13] sont globalement
homogènes : les répondants ont ainsi donné suite ou non à des ensembles de réponses les unes
après les autres.
La question qui a conduit au plus faible nombre de réponses est la question numérotée ici 7
soit la question la plus difficile en ce qu’on demandait aux répondants non seulement
d’identifier les impacts de la hausse du taux de cotisation employeur sur leurs comportements
et politiques mais aussi de les hiérarchiser les uns par rapport aux autres.
De plus, globalement, les employeurs hospitaliers ont plus souvent répondu aux questions que
les employeurs territoriaux. Ces dimensions sont présentées dans le graphique 3.
Tous secteurs confondus, hormis pour la question numérotée 7, les réponses et non réponses
sont globalement homogènes et donc portés surtout par les réponses des employeurs
hospitaliers et les non-réponses des employeurs territoriaux (graphique 4).
3 985 3 132 3961 3156
0
1 000
2 000
3 000
4 000
5 000
Réponse Non renseigné Réponse Non renseigné
Question 1 -
Connaissance enquête
Question 1 -
Connaissance enquête
Question 3 - Localisation
département
Question 3 - Localisation
département
-- 211 of 491 --
Annexe VII
- 8 -
8
Graphique 3 : Nombre de réponses et de non-réponses aux questions 2 et 4, 5et 6, 7 à 13 de l’enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et
hospitaliers – pas secteur de répondants
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le 24 octobre 2025. Nota bene : (i) la numérotation des questions ici a été
assurée lors du traitement des données. Elle ne correspond pas aux numéros retenus pour les questions posées en ligne qui sont présentées par ailleurs (Addendum 2) ; (ii) pour la question
7 a été considérée comme une réponse, une réponse complète sur tous les impacts pouvant résulter de la hausse des taux.
1 763 0 1420
343
258
1505 1076 687 1037 726
2 222
3 132
2015
3339
400
4954
2767
2587
2679
2675
0
1 000
2 000
3 000
4 000
5 000
6 000
7 000
Réponses
Q2 et Q4
Non
renseignés
Q2 et Q4
Réponses
Q5 et Q6
Non
renseignés
Q5 et Q6
Réponses*
Q7
Non
renseigné**
Q7
Réponses
Q8, Q9 et
Q10
Non
renseignés
Q8, Q9 et
Q10
Réponses
Q11, Q12 et
Q13
Non
renseignés
Q11, Q12 et
Q13
Ensemble collectivités - FPT
Ensemble établissements - FPH
-- 212 of 491 --
Annexe VII
- 9 -
9
Graphique 4 : Nombre de réponses et de non-réponses aux questions 2 et 4, 5et 6, 7 à 13 de l’enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et
hospitaliers – tous secteurs confondus
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le 24 octobre 2025. Nota bene : (i) la numérotation des questions ici a été
assurée lors du traitement des données. Elle ne correspond pas aux numéros retenus pour les questions posées en ligne qui sont présentées par ailleurs (Addendum 2) ; (ii) pour la question
7 a été considérée comme une réponse, une réponse complète sur tous les impacts pouvant résulter de la hausse des taux.
3 985
3 132
3961
3156
3 985
3132
3435
3682
658
6459
3843
3274
3716
3401
0
1 000
2 000
3 000
4 000
5 000
6 000
7 000
Réponses
Q1
Non
renseignés
Q1
Réponses
Q3
Non
renseignés
Q3
Réponses
Q2 et Q4
Non
renseignés
Q2 et Q4
Réponses
Q5 et Q6
Non
renseignés
Q5 et Q6
Réponses*
Q7
Non
renseigné**
Q7
Réponses
Q8, Q9 et
Q10
Non
renseignés
Q8, Q9 et
Q10
Réponses
Q11, Q12 et
Q13
Non
renseignés
Q11, Q12 et
Q13
-- 213 of 491 --
Annexe VII
- 10 -
10
1.2.6. Les réponses sont présentées pour chaque question en prenant en compte les
réponses effectivement données appréciées en nombre et en part
Ces approches permettent au lecteur de se repérer sur le niveau de réponses et non réponses.
Une approche plus détaillée est proposée en fin d’annexe. L’addendum 1 présente, pour
chacune des questions, le nombre de réponses et de non-réponses, pour chaque secteur
répondant pris globalement (employeurs territoriaux et employeurs hospitaliers).
L’exploitation assurée ci-après des réponses est présentée à chaque fois en prenant en compte
le plus souvent les réponses effectivement formulées et, dans ce cas, les graphiques présentent
les valeurs numériques en légende mais les proportions des graphiques sont proposées en
part, chaque secteur devant, pour ces graphes, être donc appréhendé à part en ce qui concerne
les valeurs numériques mais conjointement en ce qui concerne le poids des différentes
réponses selon la segmentation retenue
1.3. Une enquête très majoritairement portée à la connaissance des répondants
par la fédération hospitalière de France et par l’association des maires de
France
La fédération hospitalière de France a été la seule entité sollicitée pour répercuter l’enquête
auprès des employeurs hospitaliers (établissements publics de santé et médico sociaux). En
revanche, si la mission a sollicité les associations et fédérations représentant les collectivités
territoriales dans toute leur diversité, le poids de l’association des maires de France est tout à
fait déterminant au sein des répondants relevant du champ des collectivités (graphique 5).
Graphique 5 : Entité ayant portée l’enquête à la connaissance du répondant – réponses
renseignées – en %
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
41,9%
45,0%
3,3%
0,9%3,6%
0,6% 1,4% 3,3%
Fédération hospitalière de
France
Association des maires de
France
Départements de France
France urbaine
Association professionnelle de
collectivités teritoriales
Régions de France
Centre de gestion
Autres champ des collectivités
-- 214 of 491 --
Annexe VII
- 11 -
11
1.4. Les répondants ayant répondu au moins à une question de l’enquête :
surreprésentation des employeurs territoriaux et approche sectorielle
1.4.1. Près de 1 800 employeurs hospitaliers répondants plus de 2 200 employeurs
territoriaux ayant indiqué leur nature et plus de 3 100 employeurs territoriaux
n’ayant pas précisé leur nature
Les répondants les moins précisément identifiés relèvent du champ des collectivités
territoriales. Ainsi, les répondants ayant eu connaissance de l’enquête par la fédération
hospitalière de France ont tous indiqué relever su champ des employeurs hospitaliers et ont
en grande majorité précisé leur nature. Tel n’est pas le cas des autres répondants : pour autant,
la probabilité qu’un établissement du public de santé ou médicosocial ait eu connaissance de
l’enquête par les représentants des collectivités semble peu probable. Et le recoupement des
différentes réponses permet de présumer que l’intégralité des répondants n’ayant pas précisé
leur nature relève du champ des employeurs territoriaux et non des employeurs hospitaliers
(graphique 6).
Graphique 6 : Secteur de rattachement des entités ayant répondu à l’enquête – réponses
renseignées – en %
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Les répondants ayant renseigné au moins une des questions sont donc, dans des
proportions écrasantes, des employeurs territoriaux (5 354), les employeurs hospitaliers
étant d’une importance moindre (1 763 – graphique 7).
3 132
2 222
1 763
Non renseigné au sein des collectivités
Une collectivité territoriale, un de ses
établissements ou groupement
Un établissement de santé ou médico-social
-- 215 of 491 --
Annexe VII
- 12 -
12
Graphique 7 : Secteur de rattachement des entités ayant répondu à l’enquête – réponses
renseignées – en nombre
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. FPT = fonction publique territoriale et FPH = fonction publique hospitalière.
Pour autant, l’enquête n’est pas affectée par ce biais apparent en ce qu’il convient de se
reporter, pour chaque question, aux réponses effectivement produites par les répondants. On
constate alors, comme on l’a indiqué précédemment, des réponses effectives beaucoup plus
fortes et systématiques à chaque question du côté des employeurs hospitaliers.
1.4.2. Parmi les employeurs hospitaliers, une forte représentation des centres
hospitaliers et des établissements médicosociaux
Les centres hospitaliers universitaires (CHU) se sont très largement mobilisés. Il est probable
qu’ils aient été amenés, pour un CHU donné, à produire parfois plus d’une réponse. Au-delà,
comme le montre le graphique 8, les répondants relevant du champ des employeurs
hospitaliers sont, en nombre largement constitués par les centres hospitaliers (1 072 soit 61%)
et les établissements médicosociaux (526 soit 30%)
Graphique 8 : Types d’employeurs hospitaliers ayant répondu à l’enquête – réponses
renseignées – en nombre
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
5 354
1763
Entités FPT
Entités FPH
1072
111
526
54
Un centre hospitalier
Un centre hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre structure
sanitaire
-- 216 of 491 --
Annexe VII
- 13 -
13
24 octobre 2025.
1.4.3. Parmi les employeurs territoriaux, une mobilisation en apparence forte des
régions et des départements et une grande part de répondants n’ayant pas
indiqué leur nature
Comme indiqué précédemment, il était possible d’avoir plusieurs répondants pour un niveau
territorial donné en ce que non seulement la collectivité en titre pouvait répondre à l’enquête
mais aussi un de ses établissements et de ses groupements. C’est à cette aune qu’il faut
apprécier le nombre de répondants du côté des régions et des départements. Au demeurant, le
croisement des natures de collectivités répondantes et des réponses à la localisation de l’entité
répondante (voir infra) ne montre pas de surreprésentation des réponses dans certains
départements ou régions : celles-ci ont participé dans des proportions équivalentes.
La plus grande partie des répondants relevant du champ des collectivités n’ont pas
déclaré leur nature. Il est donc présumable que la plupart de ces collectivités relèvent du bloc
communal, qui serait donc -assez logiquement eu égard au nombre d’entités ayant une
connaissance de l’enquête par l’entremise de l’association des maires de France (voir supra)-
fortement représenté dans les réponses à l’enquête (graphique 9). Les communes et leurs
groupements forment ainsi 86% (1 906 sur 2 222 répondants) des répondants ayant
déclaré leur nature et sans doute une part encore plus écrasante des répondants relevant du
secteur des employeurs territoriaux mais n’ayant pas déclaré leur nature.
Graphique 9 : Types d’employeurs territoriaux ayant répondu à l’enquête – réponses
renseignées – en nombre
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
1.5. Pour ceux ayant déclaré leur région et leur département d’appartenance,
un poids déterminant des représentants des collectivités
La répartition des répondants ayant renseigné les questions sur leur localisation est fortement
portée par les collectivités. Les régions ultramarines présentent des fortes spécificités du fait
de répondants ne relevant parfois que d’un secteur (uniquement des réponses des collectivités
en Guadeloupe et en Martinique, uniquement un employeur hospitalier à Mayotte - graphique
10).
De même, si certains départements sont sur représentés, cela est dû largement au poids des
collectivités parmi les répondants (graphique 11). Sans prétendre à une quelconque
représentativité, l’enquête ne semble donc a priori pas affectée par un biais territorial.
147
149
1906
20
3132
Non renseigné collectivités
Une région ou un de ses établissements ou
groupements
Une commune
Un EPCI
Un département ou un de ses établissements ou
groupements
-- 217 of 491 --
Annexe VII
- 14 -
14
Graphique 10 : Régions d’implantation des employeurs territoriaux et hospitaliers – réponses renseignées – en nombre
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le 24 octobre 2025.
139 91
116
10
0
185
0
214
91
7
0
1
156 312
156
114
171
1 763
329 176
127
123
7
236
1
151
91
1
4
0
142 348
286
124
76
2 222
FPT
FPH
-- 218 of 491 --
Annexe VII
- 15 -
15
Graphique 11 : Régions d’implantations des employeurs territoriaux et hospitaliers – réponses renseignées – en nombre
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le 24 octobre 2025.
0
20
40
60
80
100
120
140
01 - Ain
03 - Allier
05 - Hautes-Alpes
07 - Ardèche
09 - Ariège
11 - Aude
13 - Bouches-du-Rhône
15 - Cantal
17 - Charente-Maritime
19 - Corrèze
22 - Côtes-d'Armor
24 - Dordogne
26 - Drôme
28 - Eure-et-Loir
2A - Corse-du-Sud
30 - Gard
32 - Gers
34 - Hérault
36 - Indre
38 - Isère
40 - Landes
42 - Loire
44 - Loire-Atlantique
46 - Lot
48 - Lozère
50 - Manche
52 - Haute-Marne
54 - Meurthe-et-Moselle
56 - Morbihan
58 - Nièvre
60 - Oise
62 - Pas-de-Calais
64 - Pyrénées-Atlantiques
66 - Pyrénées-Orientales
68 - Haut-Rhin
70 - Haute-Saône
72 - Sarthe
74 - Haute-Savoie
76 - Seine-Maritime
78 - Yvelines
80 - Somme
82 - Tarn-et-Garonne
84 - Vaucluse
86 - Vienne
88 - Vosges
90 - Territoire-de-Belfort
92 - Hauts-de-Seine
94 - Val-de-Marne
971 - Guadeloupe
974 - La Réunion
-- 219 of 491 --
Annexe VII
- 16 -
16
2. L’enquête révèle un degré incertain de maîtrise des impacts des
évolutions en cours mais des anticipations à l’œuvre en ce qui concerne
le recours aux contractuels et l’externalisation de tout ou partie des
missions et fonctions, dans des degrés et approches différents entre les
employeurs territoriaux et hospitaliers
2.1. Le décret est très majoritairement connu tant du côté des collectivités que
de celui des employeurs hospitaliers
93% des employeurs hospitaliers indiquent avoir connaissance du décret, cette part demeure
très forte mais moindre du côté des employeurs territoriaux (78% - graphique 12).
Graphique 12 : Employeurs territoriaux et hospitaliers ayant connaissance du décret et de la
trajectoire de hausse des taux de cotisations employeurs
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
La connaissance forte de la trajectoire de hausse des taux est manifeste chez tous les
employeurs hospitaliers répondants à l’enquête (graphique 13).
Graphique 13 : Employeurs hospitaliers ayant connaissance du décret et de la trajectoire de
hausse des taux de cotisations employeurs – selon leur nature
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Cette connaissance est très forte parmi les collectivités (100% des régions et des
départements) à l’exception de celles relevant du bloc communal : 25% d’entre elles
déclarent en effet ne pas avoir connaissance du décret soit la part la plus forte parmi toutes
les entités ayant répondu à l’enquête (graphique 14).
1322 1581 2903
98 434 532
0%
50%
100%
Etablissements fonction
publique hospitalière (FPH)
Collectivités et leurs
établissements - fonction
publique territoriale (FPT)
Ensemble
Non
Oui
794 74 414 40 1322
52 3 39 4 98
0%
50%
100%
Un centre
hospitalier
Un centre
hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre
structure sanitaire
Etablissements
fonction publique
hospitalière (FPH)
Non
Oui
-- 220 of 491 --
Annexe VII
- 17 -
17
Graphique 14 : Employeurs territoriaux ayant connaissance du décret et de la trajectoire de
hausse des taux de cotisations employeurs – selon leur nature
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
2.2. Bien qu’ils aient connaissance de la trajectoire de hausse des cotisations,
68% des employeurs hospitaliers et territoriaux n’ont pu en évaluer
l’impact
Si la connaissance de la hausse du coût des fonctionnaires titulaires est très forte, la majorité
des répondants se déclarent dans l’impossibilité d’évaluer son impact : seuls 49% des
employeurs hospitaliers ont pu évaluer cet impact et cette proportion est de 40% pour
les employeurs territoriaux (graphique 15).
Graphique 15 : Evaluation de l’impact budgétaire de la trajectoire de hausse des taux de
cotisations par les employeurs territoriaux et hospitaliers
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Au sein des employeurs hospitaliers, la capacité à évaluer l’impact de cette hausse du
coût du travail est directement liée à la taille du répondant : si tous les CHU ont pu évaluer
cet impact, tel n’est le cas ni des autres centres hospitaliers ni des établissements médico
sociaux (graphique 16).
118 115 1330
18 1581
1 8 425 434
0%
50%
100%
Un département ou
un de ses
établissements ou
groupements
Un EPCI Une commune Une région ou un
de ses
établissements ou
groupements
Collectivités et
leurs
établissements -
fonction publique
territoriale (FPT)
Non
Oui
695 1361 2056
725 2074 2799
0%
50%
100%
Ensemble établissements
FPH
Ensemble collectivités - FPT Total enquête
Non
Oui
-- 221 of 491 --
Annexe VII
- 18 -
18
Graphique 16 : Evaluation de l’impact budgétaire de la trajectoire de hausse des taux de
cotisations par les employeurs hospitaliers – selon leur nature
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
De même, si les régions et les départements et leurs établissements ou groupements ont
pu très largement évaluer cet impact, tel n’est pas le cas des autres employeurs territoriaux
et, au premier chef, des employeurs du bloc communal (graphique 17).
Graphique 17 : Evaluation de l’impact budgétaire de la trajectoire de hausse des taux de
cotisations par les employeurs territoriaux – selon leur nature
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
2.3. Seuls 23% des employeurs déclarent pouvoir effectivement chiffrer cet
impact à la date de l’enquête
34% des employeurs hospitaliers et 20% des employeurs territoriaux indiquent pouvoir
chiffrer précisément cet impact à la date de l’enquête (graphique 18).
423 55
195 22 695
423 22
258 22 725
0%
50%
100%
Un centre
hospitalier
Un centre
hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre
structure
sanitaire
Ensemble
établissements
FPH
Non
Oui
104
71
473
18
695 1361
15
52
1282
0
725 2074
0%
50%
100%
Un
département ou
un de ses
établissements
ou
groupements
Un EPCI Une commune Une région ou
un de ses
établissements
ou
groupements
Non renseigné
- collectivités
Ensemble
collectivités -
FPT
Non
Oui
-- 222 of 491 --
Annexe VII
- 19 -
19
Graphique 18 : Capacité des employeurs territoriaux et hospitaliers à chiffrer l’impact
budgétaire de la hausse des taux à la date de l’enquête – en nombre
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Le chiffrage effectif de ces impacts par les employeurs hospitaliers souligne une très
forte dispersion des réponses : pour chaque catégorie d’établissement considéré, les impacts
peuvent être relativement modérés (inférieurs à 6%) ou bien plus importants (supérieurs à
15%). Ainsi, 59% des employeurs hospitaliers répondants estiment que cet impact est
inférieur ou égal à 6% de leurs dépenses de personnel (graphique 19). Il n’y a aucun lien
apparent entre l’importance de l’impact et la taille de la structure considérée.
Du côté des employeurs territoriaux, on constate également une très forte dispersion
mais plus variable selon la taille de la collectivité : mais les régions et départements
déclarent des impacts chiffrés moins importants que les autres collectivités (graphique 20).
Globalement, ces éléments sont à prendre avec distance en ce que le nombre de répondants
pouvant chiffrer effectivement s’effondre dans les réponses à l’enquête selon l’approche
théorique et la capacité à pouvoir produire un chiffre à la date de l’enquête. La maîtrise semble
le plus souvent n’être qu’une impression.
L’enquête ne permet pas de garantir la fiabilité des chiffrages réalisés par les employeurs à ce
stade. La dispersion des résultats pourrait plutôt souligner un manque de maîtrise y
compris de ceux déclarant avoir chiffré cet impact budgétaire.
537 1090 1627 1226
4264
5490
0
2000
4000
6000
8000
Ensemble
établissements FPH
Ensemble collectivités -
FPT
Total enquête
Non renseigné
Renseigné
-- 223 of 491 --
Annexe VII
- 20 -
20
Graphique 19 : Capacité des employeurs hospitaliers à chiffrer l’impact budgétaire de la hausse des taux à la date de l’enquête
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le 24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent
l’approche en nombre. Le graphique est établi selon les proportions de réponses.
41 6 14 1 62
63 4 39
1
107
95 17 33
3
148
42
9
18
1
70
33
1
16
3
53
12
1
11
0
24
7
0
7
0
14
9
2
9
3
23
22
0
10
4
36
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Un centre hospitalier Un centre hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre structure sanitaire Ensemble établissements
FPH
Plus de 20%
15 à 20%
13 à 14%
11 à 12%
9 à 10%
7 à 8%
5 à 6%
3 à 4%
1 à 2%
-- 224 of 491 --
Annexe VII
- 21 -
21
Graphique 20 : Capacité des employeurs territoriaux à chiffrer l’impact budgétaire de la hausse des taux à la date de l’enquête
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le 24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent
l’approche en nombre. Le graphique est établi selon les proportions de réponses.
26
10
41
4
62 143
18
19
86
5
147 275
25
9
72
4
110 220
9
4
55
2
70 140
1
2
52
0
53 108
4
2 33
0
24 63
3
2 11
1
14 31
0
3 19
0
23 45
0 3 26
0
36 65
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Un département ou un de
ses établissements ou
groupements
Un EPCI Une commune Une région ou un de ses
établissements ou
groupements
Non renseigné -
collectivités
Ensemble collectivités -
FPT
Plus de 20%
15 à 20%
13 à 14%
11 à 12%
9 à 10%
7 à 8%
5 à 6%
3 à 4%
1 à 2%
-- 225 of 491 --
Annexe VII
- 22 -
22
2.4. Les employeurs considèrent que la hausse des taux va avoir un impact fort
sur le recours aux agents titulaires, va encourager le recours aux
contractuels et peut conduire à externaliser des missions ou des fonctions
Non seulement le fait de mesurer l’impact est difficile mais hiérarchiser qualitativement cet
impact sur le recrutement de titulaires ou de contractuels, la titularisation, le recours à
l’intérim ou enfin le recours à des prestataires externes est aussi très difficile pour les
répondants : moins de 9% d’entre eux ont été en mesure de hiérarchiser l’ensemble des
impacts potentiels proposés. Une part écrasante des répondants n’a soit pas répondu à cette
question soit retenu une partie des facteurs (graphique 21).
Graphique 21 : Hiérarchisation des impacts de la hausse des taux sur leurs politiques de
ressources humaines et d’internalisation ou externalisation d’activité par les employeurs
territoriaux et hospitaliers– en nombre
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Globalement, les employeurs indiquent que les impacts les plus forts de la hausse des taux
concerneront trois dimensions (tableau 1) :
Au premier chef, la hausse du recours aux contractuels qui peut jouer en stock et en flux
de nouveaux postes / besoins
Devant le moindre recours aux titulaires…
Et la hausse envisagée de l’externalisation de fonctions ou de missions.
Tableau 1 : Hiérarchisation des impacts de la hausse des taux par les employeurs territoriaux et
hospitaliers– en %
Employeurs
hospitaliers
Employeurs
territoriaux Total
Autre effet 7% 6% 6%
Hausse recours à l'intérim (hors CNRACL) 8% 7% 7%
Hausse recours aux agents titulaires avec durée inférieure à 28 heures (hors CNRACL) 9% 13% 12%
Hausse externalisation (concessions / marchés - hors CNRACL) 13% 14% 14%
Baisse recours aux titulaires (champ CNRACL) 28% 28% 28%
Hausse recours aux contractuels (hors CNRACL) 36% 32% 33%
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
258 400 658
1 505
4 954
6 459
0
2 000
4 000
6 000
8 000
Ensemble
établissements FPH
Ensemble
collectivités - FPT
Total enquête
Partiellement ou non renseigné
Tous facteurs renseignés
-- 226 of 491 --
Annexe VII
- 23 -
23
Pour les employeurs hospitaliers, les deux impacts principaux de la hausse des taux de
cotisations CNRACL concernent leurs politiques de ressources humaines via un double
mouvement de moindre recours aux agents titulaires et de plus fort recours aux agents
contractuels (graphique 22). Vient ensuite la volonté d’externalisation de manière plus
forte de missions ou des fonctions. Cette hiérarchisation des effets ne varie pas selon la
nature donc aussi la taille du répondant.
Du côté des employeurs territoriaux, ce double mouvement est également concerné mais les
régions et départements indiquent plus qu’ils envisagent de recourir plus fortement à des
partenaires extérieurs et à l’externalisation ou la sous traitance à ds entités privées de
fonctions ou de missions (graphique 23).
-- 227 of 491 --
Annexe VII
- 24 -
24
Graphique 22 : Hiérarchisation des impacts de la hausse des taux sur leurs politiques de ressources humaines et d’internalisation ou externalisation
d’activité par les employeurs hospitaliers selon leur nature
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le 24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent
l’approche en nombre. Le graphique est établi selon les proportions de réponses. Chaque facteur a été affecté d’un coefficient selon la hiérarchisation retenue par le répondant.
390 23 276 23 712
357 26 233
5 621
571 58
413 11
1053
1447 100
1333
69
2949
1083 82
1083 59 2307
335 36
174 12 557
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Un centre hospitalier Un centre hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre structure
sanitaire
Ensemble
établissements FPH
Autre effet
Baisse recours aux titulaires (champ CNRACL)
Hausse recours aux contractuels (hors CNRACL)
Hausse externalisation (concessions / marchés - hors
CNRACL)
Hausse recours à l'intérim (hors CNRACL)
Hausse recours aux agents titulaires avec durée inférieure à
28 heures (hors CNRACL)
-- 228 of 491 --
Annexe VII
- 25 -
25
Graphique 23 : Hiérarchisation des impacts de la hausse des taux sur leurs politiques de ressources humaines et d’internalisation ou externalisation
d’activité par les employeurs territoriaux selon leur nature
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le 24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent
l’approche en nombre. Le graphique est établi selon les proportions de réponses. Chaque facteur a été affecté d’un coefficient selon la hiérarchisation retenue par le répondant.
31 75
1901
0
712 2719 32
52
832
0
653
1569
237 114
1590
5
1051
2997
172
277
3448
18
2949 6864
143
228
3170
5
2366 5912
148
88 491
6
557 1290
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Un département
ou un de ses
établissements ou
groupements
Un EPCI Une commune Une région ou un
de ses
établissements ou
groupements
Non renseigné -
collectivités
Ensemble
collectivités -
FPT
Autre effet
Baisse recours aux titulaires (champ CNRACL)
Hausse recours aux contractuels (hors CNRACL)
Hausse externalisation (concessions / marchés - hors
CNRACL)
Hausse recours à l'intérim (hors CNRACL)
Hausse recours aux agents titulaires avec durée inférieure
à 28 heures (hors CNRACL)
-- 229 of 491 --
Annexe VII
- 26 -
26
2.5. Globalement 40% des employeurs indiquent que la hausse des taux va
avoir pour effet un moindre recours aux agents titulaires mais cette part
est plus élevée du côté des départements et des établissements publics
médicosociaux
40% des employeurs territoriaux et hospitaliers estiment que la hausse des taux les conduirait
à recourir aux agents titulaires dans une moindre mesure : cette part est comparable dans
les deux secteurs (graphique 24). Cette perception est donc ici moindre que celle
constatée dans le cadre de la hiérarchie donnée par les répondants sur les impacts
combinés de la dynamique à l’œuvre (voir supra, point 2.4).
Graphique 24 : Estimation par les employeurs territoriaux et hospitaliers de l’impact de la
hausse des taux sur le recours aux agents titulaires
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses
Au sein des employeurs hospitaliers, ce sont les établissements médicosociaux qui, à 54%,
estiment le plus que le recours aux agents titulaires va diminuer (graphique 25).
Graphique 25 : Estimation par les employeurs hospitaliers de l’impact de la hausse des taux sur
le recours aux agents titulaires
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Pour les employeurs territoriaux, ce sont les départements qui indiquent dans la plus forte
proportion (52%) envisager de diminuer le recours aux agents titulaires (graphique 26).
En revanche la part des communes indiquant cet impact est notoirement plus basse
(38%).
445 1 106 1 551
631 1 661 2 292
0%
50%
100%
Ensemble établissements
FPH
Ensemble collectivités - FPT Total enquête
Non
Oui
220 12
202
11 445
392 43
169
27 631
0%
50%
100%
Un centre
hospitalier
Un centre
hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre
structure
sanitaire
Ensemble
établissements
FPH
Non
Oui
-- 230 of 491 --
Annexe VII
- 27 -
27
Graphique 26 : Estimation par les employeurs territoriaux de l’impact de la hausse des taux sur
le recours aux agents titulaires
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
2.6. 52% des employeurs hospitaliers estiment que la hausse des taux va
encourager l’emploi de contractuel, contre 48% des employeurs
territoriaux
Une majorité d’employeurs hospitaliers estime que la dynamique à l’œuvre les conduit
à accroître le recours aux agents contractuels, ce résultat a peu d’effet sur l’ensemble des
réponses du fait du poids des répondants des collectivités qui en majorité (52%) estiment que
cet impact n’interviendra pas (graphique 27).
Graphique 27 : Estimation par les employeurs territoriaux et hospitaliers de l’impact de la
hausse des taux sur le recours aux agents contractuels
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Là encore, au sein des employeurs hospitaliers, ce sont les établissements médico sociaux
qui indiquent être le plus affectés et donc envisager d’accroitre fortement le recours aux
contractuels (68%, graphique 28).
51 43 562 5 445 1106
47 63 912 8 631 1661
0%
50%
100%
Un
département
ou un de ses
établissements
ou
groupements
Un EPCI Une commune Une région ou
un de ses
établissements
ou
groupements
Non renseigné
- collectivités
Ensemble
collectivités -
FPT
Non
Oui
561 1 343 1 904
515 1 424 1 939
0%
50%
100%
Ensemble établissements
FPH
Ensemble collectivités - FPT Total enquête
Non
Oui
-- 231 of 491 --
Annexe VII
- 28 -
28
Graphique 28 : Estimation par les employeurs hospitaliers de l’impact de la hausse des taux sur
le recours aux agents contractuels
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Pour les employeurs territoriaux, outre les collectivités non identifiées (52%) ce sont les
communes qui indiquent envisager le plus accroitre le recours aux agents contractuels
(49%, graphique 29).
Graphique 29 : Estimation par les employeurs territoriaux et hospitaliers de l’impact de la
hausse des taux sur le recours aux agents contractuels
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
2.7. Une majorité des employeurs territoriaux et hospitaliers estiment que la
hausse des taux aura un impact prononcé sur leur politique de
titularisation
Plus de 53% des employeurs répondants indiquent que la hausse du coût de l’emploi de
titulaires aura un impact direct sur leurs politiques de titularisation d’agents (graphique 30).
280 15
252
14 561
332 40
119
24 515
0%
50%
100%
Un centre
hospitalier
Un centre
hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre
structure sanitaire
Ensemble
établissements
FPH
Non
Oui
19 38 724
1
561 1343
79 68 750
12
515 1424
0%
50%
100%
Un
département
ou un de ses
établissements
ou
groupements
Un EPCI Une commune Une région ou
un de ses
établissements
ou
groupements
Non renseigné
- collectivités
Ensemble
collectivités -
FPT
Non
Oui
-- 232 of 491 --
Annexe VII
- 29 -
29
Graphique 30 : Estimation par les employeurs territoriaux et hospitaliers de l’impact de la
hausse des taux sur leurs politiques de titularisation
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Là encore, pour les employeurs hospitaliers, ce sont les établissements médico sociaux
(68%) qui indiquent le plus que leurs politiques de titularisation évolueront (graphique 31).
Graphique 31 : Estimation par les employeurs hospitaliers de l’impact de la hausse des taux sur
leurs politiques de titularisation
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Au sein des employeurs territoriaux, les dynamiques sont les mêmes que celles observées
précédemment : les collectivités non identifiées et les communes sont celles qui
indiquent le plus que leurs politiques de titularisation ont évolué ou vont évoluer
(graphique 32).
624 1 425 2 049
452 1 342 1 794
0%
50%
100%
Ensemble établissements FPH Ensemble collectivités - FPT Total enquête
Non
Oui
280 15
252
14 561
332 40
119
24 515
0%
50%
100%
Un centre
hospitalier
Un centre
hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre
structure
sanitaire
Ensemble
établissements
FPH
Non
Oui
-- 233 of 491 --
Annexe VII
- 30 -
30
Graphique 32 : Estimation par les employeurs territoriaux et hospitaliers de l’impact de la
hausse des taux sur leurs politiques de titularisation
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
2.8. 53% des employeurs estiment que la hausse du coût lié à l’emploi des
titulaires va les inciter à recourir davantage à des prestataires extérieurs
Plus d’un employeur sur deux estime que la hausse des taux va les inciter à recourir davantage
à des prestataires extérieurs plutôt que d’internaliser certains emplois, fonctions ou missions :
la proportion d’employeurs hospitaliers le déclarant est de 58%, celle des employeurs
territoriaux de 52% (graphique 33)
Graphique 33 : Estimation par les employeurs territoriaux et hospitaliers de l’impact de la
hausse des taux sur le recours plus fort à des prestataires extérieurs
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Là encore, les réponses sont portées par les établissements médicosociaux au sein des
employeurs hospitaliers (graphique 34).
19 38 724
1
561 1343
79 68 750
12
515 1424
0%
50%
100%
Un
département
ou un de ses
établissements
ou
groupements
Un EPCI Une
commune
Une région ou
un de ses
établissements
ou
groupements
Non renseigné
- collectivités
Ensemble
collectivités -
FPT
Non
Oui
624 1 425 2 049
452 1 342 1 794
0%
50%
100%
Ensemble établissements
FPH
Ensemble collectivités - FPT Total enquête
Non
Oui
-- 234 of 491 --
Annexe VII
- 31 -
31
Graphique 34 : Estimation par les employeurs hospitaliers de l’impact de la hausse des sur le
recours plus fort à des prestataires extérieurs
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Ce sont toujours également les communes et les collectivités non identifiées qui déclarent
le plus recourir ou envisager de recourir à des prestataires externes (graphique 35).
Graphique 35 : Estimation par les employeurs hospitaliers de l’impact de la hausse des taux sur
le recours plus fort à des prestataires extérieurs
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
2.9. Si la majorité des employeurs répondants déclarent envisager
d’externaliser une partie de leurs missions et fonctions de service public,
ce résultat est avant tout le reflet des choix des collectivités
55% des employeurs estiment que le renchérissement du coût de l’emploi des agents
titulaires va les conduire à externaliser une partie de leurs missions ou fonctions de
service public. Mais, sur ce sujet, les réponses sont partagées : les collectivités indiquant
envisager cette option à 58% mais les employeurs hospitaliers uniquement à 48%
(graphique 36).
280 15
252
14 561
332 40
119
24 515
0%
50%
100%
Un centre
hospitalier
Un centre
hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre
structure
sanitaire
Ensemble
établissements
FPH
Non
Oui
19 38 724
1
561 1343
79 68 750
12
515 1424
0%
50%
100%
Un
département
ou un de ses
établissements
ou
groupements
Un EPCI Une commune Une région ou
un de ses
établissements
ou
groupements
Non renseigné
- collectivités
Ensemble
collectivités -
FPT
Non
Oui
-- 235 of 491 --
Annexe VII
- 32 -
32
Graphique 36 : Estimation par les employeurs territoriaux et hospitaliers de l’impact de la
hausse des taux sur l’arbitrage en faveur de prestataires extérieurs et non de l’internalisation
de missions ou fonctions
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Comme précédemment, les résultats des employeurs hospitaliers sont tirés par ceux des
établissements médicosociaux (graphique 37).
Graphique 37 : Estimation par les employeurs hospitaliers de l’impact de la hausse des taux sur
l’arbitrage en faveur de prestataires extérieurs et non de l’internalisation de missions ou
fonctions
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Hormis les régions, toutes les collectivités estiment que la hausse du coût de l’emploi
titulaire va les conduire à privilégier l’externalisation de misions ou de fonctions : 58%
des départements, 65% des EPCI, 64% des communes, 23% des régions et 48% des
collectivités non identifiées (graphique 38).
Graphique 38 : Estimation par les employeurs territoriaux de l’impact de la hausse des taux sur
l’arbitrage en faveur de prestataires extérieurs et non de l’internalisation de missions ou
fonctions
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
503 1 548 2 051
534 1 131 1 665
0%
50%
100%
Ensemble établissements
FPH
Ensemble collectivités - FPT Total enquête
Non
Oui
275 19 194 15 503
305 36 171 22 534
0%
50%
100%
Un centre
hospitalier
Un centre
hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre
structure
sanitaire
Ensemble
établissements
FPH
Non
Oui
55 69 918
3 503 1548
39 36 512
10 534 1131
0%
50%
100%
Un département
ou un de ses
établissements
ou groupements
Un EPCI Une commune Une région ou
un de ses
établissements
ou groupements
Non renseigné -
collectivités
Ensemble
collectivités -
FPT
Non
Oui
-- 236 of 491 --
Annexe VII
- 33 -
33
2.10. Tous les employeurs estiment en revanche que la hausse des coûts liés à
l’emploi des agents titulaires sera sans effet sur l’ampleur du recours à
l’intérim
Cet impact n’est en effet estimé envisageable que par 11% des répondants (graphique 39).
Graphique 39 : Estimation par les employeurs territoriaux et hospitaliers de l’impact de la
hausse des taux sur le recours à l’intérim
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Cet impact est estimé comme quasi inexistant par les employeurs hospitaliers (graphique 40).
Graphique 40 : Estimation par les employeurs hospitaliers de l’impact de la hausse des taux sur
le recours à l’intérim
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
Le résultat des collectivités est largement porté par les communes : 14% d’entre elles
estiment qu’elles vont accroître le recours à l’intérim (graphique 41).
99 309 408
938 2 370 3 308
0%
50%
100%
Ensemble établissements
FPH
Ensemble collectivités - FPT Total enquête
Non
Oui
58 6 31 4 99
522 49 334 33 938
0%
50%
100%
Un centre
hospitalier
Un centre
hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre
structure
sanitaire
Ensemble
établissements
FPH
Non
Oui
-- 237 of 491 --
Annexe VII
- 34 -
34
Graphique 41 : Estimation par les employeurs territoriaux de l’impact de la hausse des taux sur
le recours à l’intérim
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
2.11. Parmi les établissements de santé, nombre ne sont pas en mesure d’estimer
la pertinence de la compensation dont ils ont fait l’objet, seule une majorité
de CHU estime avoir reçu cette juste compensation de la hausse des taux de
cotisations à la CNRACL
Plus de 44% des établissements publics de santé et médicosociaux répondants à l’enquête
estiment ne pas être en mesure d’estimer si la compensation assurée à leur profit a été
correctement assurée, aspect qui n’est pas étonnant eu égard à la complexité des mécanismes
de tarification et de dotations propres au secteur (graphique 42).
Graphique 42 : Estimation par les employeurs hospitaliers du caractère adapté de la
compensation assurée de la hausse des taux de cotisations à la CNRACL – en nombre
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Parmi les établissements répondants seule une majorité de CHU déclare que cette
compensation a été correctement assurée (54%) mais sur l’ensemble des établissements
ayant répondu, 75% estiment ne pas avoir reçu la compensation adaptée (graphique 42)
3 7 200 0 99 309
91 98 1230 13 938 2370
0%
50%
100%
Un département
ou un de ses
établissements
ou groupements
Un EPCI Une commune Une région ou
un de ses
établissements
ou groupements
Non renseigné -
collectivités
Ensemble
collectivités -
FPT
Non
Oui
246
739 778
0
300
600
900
Oui Non Non renseigné
-- 238 of 491 --
Annexe VII
- 35 -
35
Graphique 43 : Estimation par les employeurs hospitaliers du caractère adapté de la
compensation assurée de la hausse des taux de cotisations à la CNRACL – par nature
d’établissement
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025. Les étiquettes au sein des graphiques proposent l’approche en nombre. Le graphique est établi selon
les proportions de réponses.
160 28
46 12
378 24
313 24
0%
50%
100%
Un centre hospitalier Un centre hospitalier
universitaire
Un établissement
médicosocial
Une autre structure
sanitaire
Non
Oui
-- 239 of 491 --
Annexe VII
- 36 -
36
Addendum n°1 - Participation détaillée
Graphique 44 : Réponses à la question sur l’entité ayant fait parvenir le questionnaire
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Graphique 45 : Réponses à la question sur le secteur d’emploi
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
3 985
3 132
Renseigné Non renseigné
3 132
2 222
1 763
Non renseigné au sein des collectivités
Une collectivité territoriale, un de ses établissements ou groupement
Un établissement de santé ou médico-social
-- 240 of 491 --
Annexe VII
- 37 -
37
Graphique 46 : Réponses à la question sur la connaissance décret
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Graphique 47 : Réponses à la question sur l’évaluation de l’impact budgétaire du décret
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Graphique 48 : Réponses à la question sur l’abandon du recrutement de titulaires
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
1322 1581 2903 98 434
532
343
3339
3682
0
4000
8000
Etablissements
fonction publique
hospitalière (FPH)
Collectivités et leurs
établissements -
fonction publique
territoriale (FPT)
Ensemble
Non renseigné
Non
Oui
695 1361 2056 725
2074
2799
343
1919
2262
0
1000
2000
3000
4000
5000
6000
7000
8000
Ensemble
établissements FPH
Ensemble collectivités -
FPT
Total enquête
Non renseigné
Non
Oui
445 1 106 1 551 631
1 661 2 292
687
2587
3274
0
1 000
2 000
3 000
4 000
5 000
6 000
7 000
8 000
Ensemble
établissements FPH
Ensemble collectivités -
FPT
Total enquête
Non renseigné
Non
Oui
-- 241 of 491 --
Annexe VII
- 38 -
38
Graphique 49 : Réponses à la question sur la hausse du recours à l’emploi contractuel
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Graphique 50 : Réponses à la question sur la révision de la doctrine de titularisation
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Graphique 51 : Réponses à la question sur la hausse du recours aux prestataires extérieurs
561 1 343 1 904 515
1 424
1 939
687
2587
3274
0
1 000
2 000
3 000
4 000
5 000
6 000
7 000
8 000
Ensemble
établissements FPH
Ensemble collectivités -
FPT
Total enquête
Non renseigné
Non
Oui
624 1 425 2 049 452
1 342
1 794
687
2587
3274
0
1 000
2 000
3 000
4 000
5 000
6 000
7 000
8 000
Ensemble établissements
FPH
Ensemble collectivités -
FPT
Total enquête
Non renseigné
Non
Oui
624 1 425 2 049 452
1 342
1 794
687
2587
3274
0
1 000
2 000
3 000
4 000
5 000
6 000
7 000
8 000
Ensemble
établissements FPH
Ensemble collectivités -
FPT
Total enquête
Non renseigné
Non
Oui
-- 242 of 491 --
Annexe VII
- 39 -
39
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Graphique 52 : Réponses à la question sur la hausse de la gestion externalisée de missions ou
de fonctions de service public
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
Graphique 53 : Réponses à la question sur la hausse du recours à l’intérim
Source : Mission - Enquête administrée auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers entre le 24 septembre et le
24 octobre 2025.
503 1 548 2 051 534
1 131
1 665
726
2675
3401
0
1 000
2 000
3 000
4 000
5 000
6 000
7 000
8 000
Ensemble
établissements FPH
Ensemble collectivités -
FPT
Total enquête
Non renseigné
Non
Oui
99 309 408
938
2 370 3 308
726
2675
3401
0
1 000
2 000
3 000
4 000
5 000
6 000
7 000
8 000
Ensemble établissements
FPH
Ensemble collectivités -
FPT
Total enquête
Non renseigné
Non
Oui
-- 243 of 491 --
Annexe VII
- 40 -
40
Addendum n°2 - Fac-similé du questionnaire administré en ligne
La version reproduite ici est test : il convient de ne pas prendre en compte les items renseignés.
Cette version ne comprend pas la question finale portant sur la compensation accordée aux
établissements publics de santé et médico sociaux, insérée à la demande des représentants des
employeurs hospitaliers. Par nature, cette question n’a été posée qu’aux répondants déclarant
en début d’enquête relever de ces catégories
-- 244 of 491 --
Annexe VII
- 41 -
41
-- 245 of 491 --
Annexe VII
- 42 -
42
-- 246 of 491 --
Annexe VII
- 43 -
43
-- 247 of 491 --
Annexe VII
- 44 -
44
-- 248 of 491 --
Annexe VII
- 45 -
45
-- 249 of 491 --
ANNEXE VIII
La couverture du risque invalidité et
l’opportunité de la séparer de celle du
risque vieillesse au sein de la CNRACL
-- 250 of 491 --
SOMMAIRE
1. LA CNRACL PREND EN CHARGE LE RISQUE INVALIDITÉ DANS LE CADRE PROPRE
AUX ADMINISTRATIONS PUBLIQUES .................................................................................. 1
1.1. Une nécessité d’apprécier ce que recouvre la notion d’invalidité dans les
différents régimes ............................................................................................................................1
1.2. La CNRACL, comme d’autres caisses de retraite, prend en charge le risque
d’inaptitude définitive à l’exercice des fonctions dans le cadre plus général de
l’intervention spécifique des employeurs publics ..............................................................4
1.3. Le régime juridique de la couverture du risque invalidité dans la fonction
publique est donc différent de celui du privé .......................................................................5
1.3.1. Un critère clef commun aux secteurs privé et public : la nature
professionnelle ou non professionnelle de l’affection qui a des effets
puissants sur les droits à couverture des agents relevant de la CNRACL ...... 5
1.3.2. Des conditions spécifiques doivent être remplies pour bénéficier d’une prise
en charge au titre de l’invalidité par la CNRACL ...................................................... 6
1.3.3. Le calcul de la pension d’invalidité des agents relevant de la CNRACL .......... 6
1.3.4. Des différences fortes d’entités de prise en charge, de niveaux et de types de
couvertures entre les agents publics et privés............................................................ 7
2. LES FLUX DE DÉPART EN INVALIDITÉ ONT FORTEMENT PROGRESSÉ SUR LA
DERNIÈRE DÉCENNIE PUIS SE SONT STABILISÉS............................................................ 9
2.1. Une dépense d’invalidité très dynamique pour la CNRACL jusqu’en 2020 .............9
2.2. L’allongement des durées de cotisations qui résultent des réformes des retraites
accroissent le risque de basculer en invalidité ....................................................................9
2.3. Dans la fonction publique hospitalière et territoriale, les dispositifs de départs
anticipés limitent les départs au titre de l’invalidité ...................................................... 10
3. UN ENJEU FINANCIER QUI N’EST PAS NEUTRE POUR LA CNRACL ET QUI DEVRAIT
ÊTRE MIEUX IDENTIFIÉ ........................................................................................................ 12
3.1. L’invalidité représente un enjeu important pour l’équilibre du régime ................ 12
3.2. Isoler les montants consacrés à l’invalidité permettrait de clarifier ce qui relève
des retraites et ce qui relève de l’invalidité donc d’améliorer le pilotage par risque
et le pilotage d’ensemble de la CNRACL .............................................................................. 13
-- 251 of 491 --
Annexe VIII
- 1 -
1
1. La CNRACL prend en charge le risque invalidité dans le cadre propre
aux administrations publiques1
1.1. Une nécessité d’apprécier ce que recouvre la notion d’invalidité dans les
différents régimes
La notion même d’invalidité revêt de nombreux sens en matière de sécurité sociale et de
protection sociale.
Au plan comptable, dans les comptes de la protection sociale, compte satellite de comptabilité
nationale, dans le respect des standards fixés au niveau européen par Eurostat, la couverture
de l’invalidité relève du champ plus général des dépenses de santé. Elle constitue un des
modes d’intervention au titre de ce risque comprenant à la fois la prise en charge du handicap
et celle de l’invalidité, entendue ici comme incapacité à exercer une activité professionnelle2.
Ces couvertures sont bien distinguées des prestations servies au titre des accidents du travail
et des maladies professionnelles, ces accidents et maladies pouvant aussi être à l’origine d’une
incapacité à exercer l’emploi précédemment occupé ou toute occupation professionnelle3.
Le graphique 1 montre la part décroissante des dépenses d’invalidité entendues ici au sens des
comptes de la protection sociale au sein de l’ensemble des dépenses de prestations de la
CNRACL.
1 Les données ci-après sont issues des éléments transmis par la CNRACL à la mission. Une approche de synthèse est
proposée par les services statistiques de la caisse des dépôts et consignations (CDC) : Pierrick Joubert et Gabin
Langevin, Évolution des départs en invalidité des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, questions de politiques
sociales, Les études, n°43, février 2025.
2 Ainsi, au sens des comptes de la protection sociale « Le sous-risque invalidité et handicap couvre l’inaptitude
permanente ou durable à exercer des activités économiques et sociales, lorsque cette inaptitude n’est pas la
conséquence d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Les principales prestations sociales de ce sous-
risque sont (i) l’allocation aux adultes handicapés (AAH), (ii) les services fournis par les établissements médico-sociaux
en matière d’accueil, d’accompagnement et d’hébergement des personnes handicapées et (iii) les pensions et rentes
d’invalidité. » in Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), La protection sociale
e France et en Europe en 2024, édition 2025 des comptes e la protection sociale, décembre 2025.
3 Au sens des comptes de la protection sociale « Le sous-risque AT-MP correspond aux accidents liés au travail et au
trajet domicile-travail ainsi qu’aux maladies qualifiées de professionnelles par la réglementation de la Sécurité sociale.
Les principales prestations sociales de ce sous-risque sont (i) les pensions et rentes AT-MP et (ii) les prestations liées à
l’indemnisation des maladies de l’amiante. » in Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des
statistiques (Drees), La protection sociale e France et en Europe en 2024, édition 2025 des comptes e la protection
sociale, décembre 2025.
-- 252 of 491 --
Annexe VIII
- 2 -
2
Graphique 1 : Part des dépenses d’invalidité dans l’ensemble des dépenses de prestations de la
CNRACL au sens des comptes de la protection sociale – entre 1990 et 2023 – en%
Source : Comptes de la protection sociale. Travaux Drees à la demande de la mission. Travaux mission. Données
provisoires pour 2022 et 2023
Si ces distinctions sont des conventions retenues de longue date en comptabilité
nationale et en comptabilité européenne, les couvertures servies effectivement varient
cependant fortement selon l’entité prenant en charge le risque, le statut de la personne
frappée d’incapacité professionnelle, la nature de l’incapacité dont elle est l’objet et, enfin,
le type de frais pris en charge au titre de l’incapacité :
L’entité prenant en charge le risque, en tout ou partie, peut être l’employeur, un
régime de sécurité sociale, un entité tierce (assurance, mutuelle ou institut de
prévoyance) ; au demeurant, il est fréquent que ces couvertures interviennent de
manière concomitante en ce que les démarches de développement de la protection
sociale complémentaire peuvent souvent concerner les incapacités professionnelles ;
c’est à cette aune qu’il convient d’apprécier les évolutions en cours au sein de la fonction
publique civile de l’Etat ;
Le statut de la personne souffrant d’incapacité professionnelle conditionne
fortement les modalités de prises en charge très fortement liées à des approches
socio professionnelles, deux grandes distinctions peuvent être opérées selon que les
personnes considérées sont des agents publics ou des salariés privés et sont des
travailleurs salariés ou dépendants ou des travailleurs non-salariés ou indépendants ;
4,38%
3,91%
1,78%
0,00%
0,50%
1,00%
1,50%
2,00%
2,50%
3,00%
3,50%
4,00%
4,50%
5,00%
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022 (p)
2023 (p)
-- 253 of 491 --
Annexe VIII
- 3 -
3
La nature de l’incapacité rencontrée par la personne protégée est un des éléments
structurants de sa prise en charge ; dans le cadre des segmentations
socioprofessionnelles des couvertures, les entités -de sécurité sociale ou de protection
sociale complémentaire facultative ou obligatoire- peuvent prendre en charge,
alternativement ou cumulativement et dans ce dernier cas parfois de manière
différenciée, d’une part, l’incapacité d’exercer l’emploi occupé par la personne protégée
à la date de son incapacité et, d’autre part, l’incapacité à exercer toute activité
professionnelle à la date de l’incapacité ; ces couvertures sont en outre combinées à des
obligations spécifiques pouvant peser sur l’employeur telle que, dans le secteur privé,
l’obligation de reclassement4 ;
Une incapacité peut générer des dépenses de santé courantes ou exceptionnelles
du fait de la maladie ou de l’affection de toutes natures rencontrées par la
personne considérée ; elle peut en outre justifier des soutiens spécifiques ; ces soutiens
s’entendent sans préjudice de ceux offerts au titre d’un handicap éventuel, qui peuvent
revêtir un caractère subsidiaire ou complémentaire à ceux offerts au titre de l’incapacité.
Si la prise en charge des prestations en espèces ou en nature au titre du handicap transcende
les éventuelles spécificités statutaires, le champ de l’invalidité et / ou de l’incapacité
professionnelle est un de ceux qui demeure les plus différenciés au sein de la sécurité sociale
et de la protection sociale en ce que les couvertures offertes sont de natures très différentes
pour, schématiquement, quatre ensembles socioprofessionnels distincts :
Les travailleurs salariés qui peuvent être pris en charge, d’une part, au titre de
l’invalidité pour des accidents à caractère non professionnel ou, d’autre part, au titre des
accidents du travail et des maladies professionnelles ; ils bénéficient de couvertures en
sécurité sociale par le régime général, le cas échéant complété par des interventions des
employeurs ou d’entités spécialisées (mutuelles, compagnies d’assurance ou institutions
de prévoyance) ; ces salariés du secteur privé sont en outre pris en charge au titre des
prestations en nature ou en espèces au titre de la maladie, par le régime général et le cas
échéant par des organismes complémentaires ;
Les travailleurs non-salariés, agricoles et non agricoles, qui vont relever -tant en
maladie et en vieillesse que pour les autres risques- de dispositions particulières,
entraînant les interventions le plus souvent conjointes de régimes de sécurité sociale et
d’organismes complémentaires ;
Les agents publics qui relèvent, au titre de toutes les prestations en espèces maladie de
leur employeur et, le cas échéant, d’organismes complémentaires et qui sont l’objet de
dispositions tout à fait spécifiques en matière de reclassement, de maintien en emploi,
de prise en charge avant le départ en retraite ou de possibilité de partir de manière
anticipée à la retraite du fait d’une incapacité, d’origine professionnelle ou non ; ainsi,
dans le cas où la maladie ou l’affection ont un lien avec le service, l’agent public relève
alors en premier lieu du cadre spécifique du « congé pour invalidité temporaire
imputable au service » (CITIS) qui dure jusqu'à la reprise des fonctions, à la mise à la
retraite d'office ou encore au passage à la retraite sur demande de l'agent ;ces
couvertures évoluent fortement du côté de la fonction publique d’Etat en ce qu’une
nouvelle organisation est retenue, permettant de développer des couvertures au titre de
la prévoyance ; ces couvertures sont variables selon que l’incapacité est liée ou non à
l’activité professionnelle donc à se rapprocher sur des distinctions applicables aux
salariés du secteur privé5 ;
4 Voir les articles L. 1226-2 et s. du code du travail.
5 Voir l’accord interministériel du 20 octobre 2023 relatif à l'amélioration des garanties en prévoyance (incapacité
de travail, invalidité, décès) dans la fonction publique de l'Etat, JORF du 3 janvier 2024.
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Annexe VIII
- 4 -
4
Les autres personnes relevant de régimes spéciaux ou de dispositions spécifiques,
le plus souvent en accord avec une prise en charge dérogatoire au titre de la vieillesse et
relevant du secteur public, à l’instar, par exemple, du Fonds spécial des pensions des
ouvriers des établissements industriels de l'Etat (FSPOEIE) ; régime spécial dont la
gestion est, comme celle de la CNRACL, confiée à la Caisse des dépôts et consignations
(CDC).
1.2. La CNRACL, comme d’autres caisses de retraite, prend en charge le risque
d’inaptitude définitive à l’exercice des fonctions dans le cadre plus général
de l’intervention spécifique des employeurs publics
Le dispositif d’invalidité couvre le risque de ne plus pouvoir travailler dans des
conditions normales à la suite d’un accident ou d’une maladie d’origine professionnelle
ou non professionnelle. Comme indiqué ci-dessus, la distinction est en cours du côté de la
fonction publique d’Etat. Elle n’est pas encore autant affirmée du côté des fonctions publiques
territoriales et hospitalières.
En effet, pour celles -ci, la CNRACL, en tant que régime de base, couvre les risques
d’inaptitude définitive à l’exercice des fonctions du fonctionnaire titulaire et stagiaire,
qu’ils surviennent en service ou en dehors du service, par l’attribution d’une pension
d’invalidité. Celle-ci peut être accompagnée d’accessoires comme la rente d’invalidité et la
majoration pour assistance d’une tierce personne.
Ainsi, la CNRACL intervient sur la base d’une incapacité non pas temporaire (prise en charge
par l’employeur ou les dispositifs de prévoyance) mais une fois que cette incapacité est
définitivement constatée et que son origine professionnelle ou non est avérée.
La CNRACL intervient de deux manières : d’une part, en couvrant la période d’invalidité
et en permettant à l’agent de disposer non seulement d’un revenu de remplacement
mais aussi, pendant cette période, d’une validation de ses droits à retraite et, d’autre
part, en permettant à l’agent dans l’incapacité de reprendre son activité professionnelle
ou toute activité professionnelle de prendre sa retraite de manière anticipée.
Au sens spécifique retenu par les comptes de la protection sociale, en 2023, les dépenses
totales liées aux pensions d’invalidité en France se sont élevées à 8,9 Mds€, tous régimes
confondus. Compte tenu de son importance, le régime général concentre à lui seul quatre
cinquièmes des bénéficiaires ainsi que des enjeux financiers associés, celui de la fonction
publique, 10% des bénéficiaires.
L’organisation socio professionnelle a un impact très lourd non seulement sur les modes de
prise en charge de l’invalidité mais aussi sur le régime ou la branche supportant en tout partie
ces dépenses, comme on l’a indiqué (supra, 1.1).
Pour les salariés du secteur privé, les branches maladie, accidents du travail - maladies
professionnelles et retraite sont chacune amenées à intervenir : la branche maladie au titre de
la prise en charge des accidents et maladies non professionnelles mais aussi des soins et
dépenses de santé découlant des différentes affections ; la branche accidents du travail et
maladies professionnelles au titre de toutes les maladies, accident sou affections présentant un
lien avéré avec l’activité professionnelle, elle prend en charge à ce titre tant les prestations en
nature que les prestations en espèces ; la branche retraite au titre des dispositifs de validation
de droits ou encore au titre des départs anticipés à la retraite.
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Annexe VIII
- 5 -
5
De nombreux régimes de retraite sont compétents en matière d’invalidité, entendue ici
le plus souvent comme mode de couverture des affections empêchant la reprise d’une activité
professionnelle en l’absence de branche ou de régime dédié aux affections issues
spécifiquement de l’activité professionnelle. Néanmoins, le principal régime de retraite de base
couvrant les salariés du secteur privé, la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) ne
prend pas en charge l’invalidité. En effet, les pensions d’invalidité des salariés du secteur privé
sont servies par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).
Mais la CNRACL prend en charge, au titre de l’invalidité et de la retraite, d’une part les périodes
d’incapacité des agents qui lui sont affiliés et d’autre part leurs droits à retraite et départs en
retraite en cas d’invalidité. En cela, elle se rapproche du cadre mis en place pour les
différents agents publics.
1.3. Le régime juridique de la couverture du risque invalidité dans la fonction
publique est donc différent de celui du privé
La CNRACL est un régime de base qui couvre les risques d’inaptitude définitive à
l’exercice des fonctions du fonctionnaire, qu’ils surviennent en service ou en dehors du
service, par l’attribution d’une pension d’invalidité.
1.3.1. Un critère clef commun aux secteurs privé et public : la nature professionnelle
ou non professionnelle de l’affection qui a des effets puissants sur les droits à
couverture des agents relevant de la CNRACL
Si l’accident ou la maladie ont un lien avéré avec l’activité professionnelle, les modes de
prise en charge (compétence de l’employeur et/ou des différentes branches du régime de
sécurité sociale) des prestations en espèces et en nature varient, tout comme la nature et le
niveau de la couverture des risques. Ainsi, pour les agents titulaires des fonctions publiques
territoriales et hospitalières relevant de la CNRACL :
Si l’invalidité ne résulte pas de l’exercice des fonctions alors : « Le fonctionnaire qui se
trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité
ne résultant pas du service peut être mis à la retraite par anticipation soit sur demande,
soit d'office. »6 ;
Si l’invalidité est imputable au service, une rente viagère d’invalidité peut s’y ajouter,
dans la limite de 100 % du traitement de base ;
Un cadre spécifique régit par ailleurs l’invalidité résultant d’un accident de service ou de
trajet: « Le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses
fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou
aggravées, soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt
public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes, peut être
mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office. »7.
6 Voir l’article 39 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires
affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
7 Voir l’article 36 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires
affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
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Annexe VIII
- 6 -
6
1.3.2. Des conditions spécifiques doivent être remplies pour bénéficier d’une prise en
charge au titre de l’invalidité par la CNRACL
Dans le cadre de droit commun, le droit à pension de retraite n’est ouvert aux agents
affiliés à la CNRACL que « après quinze années accomplies de services civils et militaires
effectifs » mais cette condition n’est pas opposable « aux fonctionnaires rayés des cadres pour
invalidité résultant ou non de l'exercice des fonctions »8. Si cette condition d’ancienneté n’est
pas requise en matière d’invalidité, l’agent doit cependant remplir plusieurs
conditions :
Le fonctionnaire doit être titulaire, ce qui exclut les stagiaires de la fonction publique
qui relèvent d’un cadre juridique particulier ;
Le fonctionnaire doit de plus
avoir bénéficié de congés pour raison de santé statutaires ;
avoir contracté une infirmité ou l’avoir aggravée durant une période valable
pour la retraite CNRACL ;
être dans l’impossibilité définitive et absolue de continuer l’exercice de ses
fonctions ; l’incapacité doit donc être permanente ; ainsi, l’agent atteint d’une
invalidité non définitive qui a épuisé les congés de maladie prévus par son statut
ne bénéficiera pas d’une pension d’invalidité mais pourra éventuellement
prétendre à une allocation d’invalidité temporaire9 (, ces prestations sont à la
charge de l’employeur ;
ne pas pouvoir être reclassé ; si l’agent refuse un ou plusieurs postes pour un
motif non lié à son état de santé, le fonctionnaire peut se voir opposer un rejet de
droit à pension.
1.3.3. Le calcul de la pension d’invalidité des agents relevant de la CNRACL
Elle est calculée comme la pension de retraite de droit commun :
[nb de trimestres liquidables * (75% du traitement retenu pour le calcul de la pension)] / nb de
trimestres requis pour obtenir une pension au taux maximal).
Si le taux d'invalidité de l'agent est au moins égal à 60%, la pension ne peut être inférieure à la
moitié du traitement brut retenu pour le calcul de la pension.
Pour le fonctionnaire mis à la retraite pour invalidité imputable au service, ce montant garanti
s'applique à la seule pension de retraite versée e manière anticipée : les éventuelles rentes et
majoration spéciale lui seront accordées en plus.
8 Voir l’article 7 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés
à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
9 Voir l’article 6 du décret n°60-58 du 11 janvier 1960 relatif au régime de sécurité sociale des agents permanents
des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou
commercial
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Annexe VIII
- 7 -
7
1.3.4. Des différences fortes d’entités de prise en charge, de niveaux et de types de
couvertures entre les agents publics et privés
Comme on l’a indiqué précédemment, une retraite au titre de l’invalidité est une admission
anticipée à la retraite à la CNRACL si bien que le fonctionnaire ne doit pas avoir atteint la
limite d’âge. Si les salariés du secteur privé peuvent faire valoir leurs droits à retraite de
manière anticipée du fait de leur incapacité, ils peuvent aussi être couverts, avant la liquidation
de leurs pensions, par des prestations en espèces spécifiques (rentes accidents du travail
maladies professionnelles, pension, d’invalidité, indemnités journalières, etc.)
Ainsi, pour les salariés du privé relevant du régime général, en cas d’accident sans lien avec
l’activité professionnelle, la pension d’invalidité est attribuée aux assurés uniquement jusqu’à
l’âge légal d’ouverture des droits à la retraite (AOD). La réforme introduite à compter de 202310
relève progressivement l’AOD de 62 à 64 ans11, elle maintient cependant l’âge de fin de
perception de la pension d’invalidité à 62 ans.
Au-delà, les assurés perçoivent donc une pension de retraite. Pour être éligible à cette pension
de retraite, l’agent doit présenter une invalidité qui doit réduire d’au moins deux tiers la
capacité de travail de l’assuré, empêchant ainsi qu’il ne perçoive un salaire supérieur au tiers
de la rémunération standard pour l’emploi qu’il occupe (condition d’ordre médical). Enfin,
l’assuré doit être affilié au régime général depuis au moins douze mois.
Ainsi, pour les salariés du secteur privé, la pension d’invalidité est calculée comme une fraction
du salaire de référence (30%pour un invalide de catégorie1, et 50 % pour les autres
catégories), ce dernier étant égal au salaire annuel moyen des dix meilleures années de la
carrière.
Ce cadre est néanmoins spécifique. Les différentes couvertures et conditions d’ouverture des
droits sont présentés dans le tableau 1.
10 Voir la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023.
11 La montée en charge de cette réforme a été interrompue dans le cadre de l’examen de la loi n°2025-1403 du 30
décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026.
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Annexe VIII
- 8 -
8
Tableau 1 : Comparaison des prises en charge de l’incapacité, de l’invalidité et de la maladie d’origine professionnelle ou non professionnelle pour les
agents titulaires et non titulaires des fonctions publiques et les salariés du secteur privé
Source : DGCL. Travaux mission
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9
2. Les flux de départ en invalidité ont fortement progressé sur la dernière
décennie puis se sont stabilisés
2.1. Une dépense d’invalidité très dynamique pour la CNRACL jusqu’en 2020
En 2023, 7 189 nouveaux pensionnés pour invalidité ont été enregistrés à la CNRACL. Ce
chiffre marque une stabilisation des flux de nouveaux pensionnés au titre de l’invalidité. Il
illustre la stabilisation du nombre de pensions d’invalidité prises en charge, annuellement, par
la CNRACL après une décennie d’augmentation. En effet, de 2010 à 2019, les flux de pensionnés
ont augmenté de façon régulière et marquée passant par an d’un peu moins de 5 500 à 8 300
en fin de période. Après cette date, les départs en invalidité se stabilisent à un niveau
relativement élevé, à hauteur de 7 000 par an. Les enjeux liés à l’invalidité sont croissants et
non négligeables.
L’évolution de la pyramide des âges des fonctions publique et hospitalière explique
cette croissance des prises en charge au titre de l’invalidité. Entre 2010 et 2023, l’âge
médian des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers non retraités – cotisant ou non dans
l’année – est passé de 43 ans à 46 ans chez les femmes et de 44 ans à plus de 48 ans chez les
hommes. Les effectifs d’affiliés de plus de 50 ans ont particulièrement augmenté sur la période,
passant de 30 % à 42 % pour les femmes et de 33 % à 46 % pour les hommes. Or, le taux de
sinistralité12 s’il est multifactoriel, augmente avec l’avancée en âge (tableau 2).
Tableau 2 : Taux de sinistralité en invalidité en 2023 – champ CNRACL – en % de l’ensemble des
affiliés
Age Agents
hospitaliers
Agents
territoriaux Ensemble
Moins de 47 ans 0,04% 0,06% 0,05%
Entre 47 et 51 ans 0,15% 0,17% 0,16%
Entre 52 et 56 ans 0,29% 0,32% 0,31%
Entre 57 et 61 ans 0,77% 0,81% 0,80%
Entre 62 et 66 ans 1,80% 2,15% 2,08%
67 ans et plus 1,62% 6,69% 5,74%
Ensemble 0,20% 0,34% 0,29%
Source : CNRACL, Etude de l’invalidité, 2023. Travaux mission.
2.2. L’allongement des durées de cotisations qui résultent des réformes des
retraites accroissent le risque de basculer en invalidité
Les réformes des retraites intervenues à partir des années 2000 ont eu pour effet
d’allonger la durée de cotisation à travers les principaux leviers que sont le recul de l’âge
d’ouverture des droits (passage de 60 à 62 ans avec la réforme de 2010), l’extension à la
fonction publique du mécanisme de décote et de surcote et, enfin, l’allongement de la durée
d’assurance requise pour un taux plein.
12 Rapport entre les fonctionnaires mis en invalidité et les fonctionnaires qui n’ont pas n’ont pas encore liquidés
leurs droits au 1 er janvier de l’exercice
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Annexe VIII
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10
Parmi les facteurs à même d’expliquer pour une part l’augmentation de la prévalence
de l’invalidité sur la décennie 2010-2020, l’allongement de la durée d’activité ne peut
donc pas être écarté. Non seulement, le décalage de l’AOD peut expliquer le basculement en
invalidité des fonctionnaires de plus de 60 ans et n’ayant pas atteint l’AOD. Mais encore, le
report de l’âge de la décote peut expliquer les situations d’agents ayant fait le choix de rester
en activité après 62 ans sans pouvoir exercer leurs fonctions et placés en invalidité. Ainsi,
l’allongement de la durée d’activité a un impact important sur le nombre de personnes en
situation d‘invalidité et le montant des dépenses correspondant (graphique 2).
Graphique 2 : Les effets des réformes des retraites ay travers des paramètres applicables aux
fonctionnaires territoriaux et hospitaliers selon la génération et la catégorie
Source : CDC, Évolution des départs en invalidité des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, QPS, février 2025.
2.3. Dans la fonction publique hospitalière et territoriale, les dispositifs de
départs anticipés limitent les départs au titre de l’invalidité
L’analyse des départs en flux par motif permet de cerner, d’une part, la relative constance des
départs en invalidité et, d’autre part, la stabilité du rapport entre les départs en invalidité par
rapport au départ en retraite au sein de la CNRACL (tableau 3).
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Annexe VIII
- 11 -
11
Tableau 3 : Départs en retraite pour invalidité et ensemble des départs en retraite à la CNRACL
– entre 2016 et 2023
Année Départs à la retraite pour
invalidité
Départs en
retraite
Part des départs en
retraite pour invalidité
dans l'ensemble des
départs en retraite
2016 6 085 53 164 11%
2017 5 824 60 442 10%
2018 7 307 61 890 12%
2019 7 851 60 434 13%
2020 6 527 60 212 11%
2021 6 970 61 672 11%
2022 6 287 68 977 9%
2023 7 101 65 693 11%
Source : open data CNRACL, CDC DPS, calcul de la mission.
Cette permanence recouvre néanmoins des réalités différentes entre catégories. Les taux
d’invalidité sont 2 à 2,5 fois supérieurs entre les catégories C et B et entre 4 et 4, 5 fois
supérieurs entre les catégories C et A. Mais ils sont également différents entre fonctions
publiques territoriales et hospitalières. Le taux de croissance annuelle moyen des départs en
invalidité entre 2016 et 2023 est de 0, 16 % pour la FPH contre 3, 10 % pour la FPT.
Une analyse par génération, par catégorie et par sexe montre que, pour la FPT, la
rupture de tendance et l’accroissement des départs en invalidité s’est faite avec la mise
en œuvre de la réforme de 2010. Ce n’est pas le cas pour la FPH (graphique 3).
Graphique 3 : Analyse des taux d’invalidité, par génération, par catégorie et par sexe et versant
des fonctions publiques hospitalières et territoriales – champ CNRACL
Source : CDC, Évolution des départs en invalidité des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, QPS, février 2025.
Une des explications à ces disparités entre les deux fonctions publiques tient aux
possibilités de départs anticipés dans chacune d’entre elles :
Au sein de la FPH, ils ont joué le rôle d’amortisseur dès lors que le décalage de l’AOD
entrainant le maintien en activité d’agents plus âgés ayant un taux de sinistralité
supérieur a pu être compensé par ces différents dispositifs (catégorie active, carrière
longue, départ anticipé pour 3 enfants) ;
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Annexe VIII
- 12 -
12
Pour la FPT, la situation est différente, notamment pour les femmes ; en effet, non
seulement les possibilités de départ au titre des catégories actives sont moins
nombreuses13 pour les fonctionnaires territoriaux qu’hospitaliers mais on observe
également que les conditions de recours aux carrières longues sont plus difficiles à
remplir pour les femmes que pour les hommes de la FPT ; de fait, la progression de la
part des femmes issues de la FPT en invalidité pourrait expliquer la plus forte croissance
des départs en invalidité dans la FPT par rapport à la FPH.
3. Un enjeu financier qui n’est pas neutre pour la CNRACL et qui devrait
être mieux identifié
3.1. L’invalidité représente un enjeu important pour l’équilibre du régime
Les prestations d’invalidité représentent, en 2025, 8,42 % des prestations légales
vieillesse dans le scénario central projeté par le gestionnaire de la CNRACL (voir annexe
12 - Simulations financières à l’horizon 2045). Cette part évolue faiblement sur l’ensemble de la
période 2025-2045. Elle serait de 9,67 % en 2045. De même, les dépenses d’invalidité
représentent 8,23 % du produit des cotisations sociales en début de période et 10,33 % en
2045.
Les dépenses de prestations légales d’invalidité avant et après 62 ans sont de l’ordre de
2 Mds€ en 2025 et de 5 Mds€ en 2045. (tableau 4).
Tableau 4 : Evolution des dépenses de retraite et d’invalidité – projections 2025-2045 – champ
CNRACL
Source : simulations CDC et travaux mission.
13 Pour les générations observées ci-dessus, donc de 1946 à 1956.
Scénario de référence CDC
M€ courants 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035
27 052,7 27 986,3 29 096,9 30 359,2 31 622,0 32 748,8 33 908,5 35 081,4 36 317,0 37 528,6 38 715,0
2 278,8 2 385,5 2 495,4 2 618,7 2 747,1 2 861,0 2 978,4 3 104,1 3 233,9 3 363,9 3 493,1
% Prestations légales invalidité/vieillesse 8,42% 8,52% 8,58% 8,63% 8,69% 8,74% 8,78% 8,85% 8,90% 8,96% 9,02%
Dont prestations avant âge d'ouverture des droits (62 ans pour les invalides) 479,9 484,5 488,4 492,5 494,1 495,6 496,3 494,7 489,5 482,8 479,0
Dont prestations après âge d'ouverture des droits (62 ans pour les invalides) 1 799,0 1 901,1 2 007,0 2 126,1 2 253,1 2 365,4 2 482,1 2 609,4 2 744,4 2 881,1 3 014,1
27 698,2 29 491,5 31 343,7 33 358,4 33 557,2 34 098,9 34 752,2 35 423,4 36 130,4 36 875,8 37 687,0
8,23% 8,09% 7,96% 7,85% 8,19% 8,39% 8,57% 8,76% 8,95% 9,12% 9,27%
2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045
39 855,7 41 016,8 42 214,7 43 454,6 44 667,5 45 906,7 47 149,7 48 409,3 49 719,2 51 007,9
3 626,0 3 764,7 3 906,1 4 047,3 4 185,5 4 326,5 4 474,8 4 628,7 4 779,1 4 934,0
% Prestations légales invalidité/vieillesse 9,10% 9,18% 9,25% 9,31% 9,37% 9,42% 9,49% 9,56% 9,61% 9,67%
Dont prestations avant âge d'ouverture des droits (62 ans pour les invalides) 483,3 487,4 498,1 510,4 525,7 541,9 558,2 567,9 574,3 585,0
Dont prestations après âge d'ouverture des droits (62 ans pour les invalides) 3 142,7 3 277,3 3 407,9 3 536,9 3 659,8 3 784,6 3 916,6 4 060,7 4 204,8 4 349,1
38 571,0 39 542,1 40 532,6 41 540,0 42 563,5 43 567,2 44 584,3 45 640,7 46 702,2 47 774,6
9,40% 9,52% 9,64% 9,74% 9,83% 9,93% 10,04% 10,14% 10,23% 10,33%
2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035
2 179,7 - 1 347,9 - 535,6 - 132,4 1 064,9 - 1 727,5 - 2 336,9 - 2 990,4 - 3 659,1 - 4 329,0 - 4 934,0 -
99,2 1 037,6 1 959,9 2 486,3 - 1 682,3 1 133,5 641,5 113,7 425,1 - 965,1 - 1 440,9 -
2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045
5 418,2 - 5 859,0 - 6 366,9 - 6 916,0 - 7 394,7 - 7 938,6 - 8 517,7 - 9 085,2 - 9 733,6 - 10 351,3 -
1 792,2 - 2 094,3 - 2 460,8 - 2 868,8 - 3 209,2 - 3 612,1 - 4 042,9 - 4 456,5 - 4 954,6 - 5 417,2 -
Résultat net
Résultat net hors dépenses légales d'invalidité
Cotisations sociales
% Prestations légales invalidité/Cotisations sociales
% Prestations légales invalidité/Cotisations sociales
Prestations légales invalidité
Prestations légales invalidité
Prestations légales veillesses
Prestations légales veillesses
Cotisations sociales
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Annexe VIII
- 13 -
13
3.2. Isoler les montants consacrés à l’invalidité permettrait de clarifier ce qui
relève des retraites et ce qui relève de l’invalidité donc d’améliorer le
pilotage par risque et le pilotage d’ensemble de la CNRACL
Comme on l’a indiqué, pour les salariés du privé comme pour les agents de la fonction
publique d’Etat, la tendance est à l’indentification croissante de ce qui relève des
dépenses de retraite et de ce qui relève des dépenses d’invalidité.
Les sommes à dégager pour couvrir les dépenses légales d’invalidité supportées par la CNRACL
sont potentiellement importantes. L’effort en cotisation dès lors qu’il serait important
mériterait d’être mieux identifié. Or, actuellement, les cotisations des salariés et des
employeurs financent deux couvertures de natures distinctes.
A court terme toutefois, il serait donc utile, au moins en présentation, de séparer la
gestion des dépenses d’invalidité au sein de la CNRACL et de créer deux branches en son
sein : une branche invalidité et une branche retraites. La branche invalidité aurait donc
vocation à être financée par des cotisations dédiées. Ce taux serait ajusté pour tenir
compte du niveau de dépenses à couvrir.
A titre d’illustration, en 2024, selon les données de l’Agence centrale des organismes de
sécurité sociale14 (voir annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs
employés dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers
des déclarations sociales), l’assiette de cotisation à la CNRACL était de l’ordre de 77 Mds€. Sur
ce même exercice, les prestations légales d’invalidité en droit direct se sont élevées à 2,1 Mds€
et les prestations légales d’invalidité de droit dérivé à 701 M€ soit au total 2,8 Mds€. La
cotisation permettant de financer le risque serait donc d’un taux de l’ordre de 4%
appliqué à l’assiette soumise à cotisations CNRACL. Ce taux serait évidemment réduit s’il
était décidé de ne retenir, dans la nouvelle branche, qu’une partie des dépenses d’invalidité. En
effet, l’invalidité au sens strict correspond davantage aux dépenses légales d’invalidité avant
l’âge d’ouverture des droits. Si cette position était retenue, le taux de cotisation au titre de
l’invalidité serait de l’ordre de 1 %.
Symétriquement, le taux correspondant au financement du risque vieillesse serait
diminué. L’objectif ici consisterait à distinguer le financement de chacun des risques dans un
seul but de clarification, l’opération étant neutre pour les employeurs et les agents mais
permettant de mieux distinguer ce qui relève de la branche invalidité et de la branche retraite.
Ce travail de séparation des branches au sein de la CNRACL devrait nécessairement être
mené en prenant en compte l’évolution en cours des couvertures au titre de l’invalidité et
notamment la transposition législative de l’accord collectif national relatif à la protection
sociale complémentaire des agents publics territoriaux du 11 juillet 2023.
14 Ou URSSAF caisse nationale.
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ANNEXE IX
La compensation et la surcompensation
entre les régimes de retraite et leurs
impacts pour la CNRACL
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SOMMAIRE
1. LES PRINCIPES ET MÉCANISMES DE LA COMPENSATION ENTRE LES RÉGIMES DE
RETRAITE...................................................................................................................................... 1
2. LES FLUX FINANCIERS RELATIFS À LA COMPENSATION, ENTRE 2010 ET 2025 .3
3. L’IMPACT DES RÈGLES DE CALCUL DE LA COMPENSATION FINANCIÈRE INTER-
RÉGIME SUR LA CNRACL .......................................................................................................... 7
4. LA SURCOMPENSATION MISE EN ŒUVRE ENTRE 1985 ET 2011 ..............................8
5. ESTIMATION DES IMPACTS FUTURS DE LA COMPENSATION SUR LES COMPTES
DE LA CNRACL ET RÔLE DANS SON REDRESSEMENT FINANCIER .......................... 12
5.1. Les prélèvements au titre de la compensation ont eu un impact direct sur les
résultats ............................................................................................................................................ 12
5.2. La compensation démographique n’explique pas à elle seule les problèmes
d’équilibre rencontrés par la CNRACL ................................................................................. 12
5.3. Les estimations des conséquences de l’évolution ou de la suppression de la
compensation sont insuffisamment documentées.......................................................... 13
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Annexe IX
- 1 -
1. Les principes et mécanismes de la compensation entre les régimes de
retraite
Le dispositif de compensation, a pour objectif, dans le cadre décrit par les textes « à remédier aux
inégalités provenant des déséquilibres démographiques et des disparités de capacités contributives
entre les différents régimes au titre des droits propres. Toutefois, tant que les capacités contributives
de l'ensemble des non-salariés ne pourront être définies dans les mêmes conditions que celles des
salariés, la compensation entre l'ensemble des régimes de salariés et les régimes de non-salariés aura
uniquement pour objet de remédier aux déséquilibres démographiques »1.
Le principe, en l’absence de régime unique, est de neutraliser la diversité des régimes en
respectant l’équation :
Nombre de retraités * pension moyenne = nombre de cotisants * cotisation moyenne
De manière simplifié, on distingue trois niveaux ou étages, qui sont intervenus ou qui
demeurent, de compensation des différences de démographie entre les régimes de retraite
de base de sécurité sociale2 :
Etage 1 : la compensation entre les régimes de salariés, en vigueur entre 12 régimes
de base
Elle concerne le régime général, celui des salariés agricoles, le régime des pensions
civiles et militaires de l’Etat, celui des ouvriers de l’Etat, la CNRACL, le régime des
mines, les régimes de la SNCF et celui de la RATP, le régime des marins, le régime des
clercs et employés de notaires, le régime de la Banque de France et le régime des
industries électriques et gazières ;
Ne sont pris en compte que les retraités de droit direct de plus de 65 ans ;
La prestation de référence est la plus faible prestation moyenne servie. Elle permet
de calculer un taux de cotisation d’équilibre pour un régime fictif qui la servirait à
l’ensemble des retraités et réglerait également la compensation calculée à l’étage 2
aux non-salariés ;
Le transfert (+ ou -) de chaque régime est déterminé par la formule :
Transfert = (prestation de référence * nombre de retraités) – (masse salariale * taux de
cotisation d’équilibre)
Etage 2 : la compensation généralisée, en vigueur entre 6 régimes de base de non-
salariés3 et l’ensemble des régimes de salariés
On crée un régime fictif équilibré : avec une pension de référence qui est la plus faible
pension moyenne versée par l’une des caisses ;
On calcule la cotisation d’équilibre en appliquant la formule,
Pension de référence (connue cf. ci-dessus) * nombre de retraités (connu) = nombre de
cotisants (connu) * cotisation d’équilibre (calculée)
1 Article L. 134-1 du code de la sécurité sociale (CSS).
2 Voir également Cour des comptes, La compensation démographique entre régimes de retraite : un dispositif complexe,
artificiel et mal géré in Rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale (chapitre III), mai 2024.
3 Soit le régime des exploitants agricoles (mutualité sociale agricole, ancien budget annexe des prestations sociales
agricoles), ceux des travailleurs non-salariés de l’industrie et du commerce et artisans (ancienne Organisation Nationale
du Commerce et de l'Industrie- ORGANIC et caisse nationale d’assurance vielles des artisans - CANCAVA, repris par le
régime social des indépendants – RSI puis par le régime général), le régime des ministres du culte qui sont non-salariés
(Caisse d'assurance vieillesse, invalidité et maladie des cultes - Cavimac), le régime de base unissant les sections
professionnel des non-salariés libéraux (caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales -CNAVPL) et,
enfin, le régime spécifique des avocats (Caisse nationale des barreaux français - CNBF).
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Annexe IX
- 2 -
On calcule le montant du transfert (dû ou reçu) en faisant, pour chaque régime, la
différence entre (prestation de référence * nombre de retraités) – (nombre de
cotisants * cotisation d’équilibre) ;
Etage 3 : l’ancienne compensation entre les régimes spéciaux de salariés (dite « sur-
compensation »)
Les régimes concernés étaient les régimes spéciaux des clercs et employés de
notaires, des ouvriers de l’Etat, des mineurs, des agents de la RATP, des marins, enfin
des agents de la SNCF, de la Banque de France, de l’ex- SEITA et des anciens chemins
de fer d’intérêt local (repris par la CNAV)
Elle a été en vigueur de 1985 à 2011.
Les précédents travaux des inspections générales4 ont déjà abordé ces questions. Ils ont décrit
dans le détail le mécanisme de compensation et son impact sur la CNRACL depuis sa mise en place,
en 1974.
La mission reprend donc ces constats formulés précédemment concernant notamment les
modalités de calcul de la compensation. Cela concerne notamment :
l’exclusion des régimes complémentaires obligatoires du champ de la compensation,
sans pour autant que les corrections soient apportées sur les régimes qui, comme la CNRACL
sont des régimes complets ou intégrés dans lesquels il n’existe pas de distinction entre base
et complémentaire. Prendre en compte dans le calcul l’ensemble des dépenses des régimes
publics alors qu’on ne prend que les dépenses « de base » pour les régimes privés est
hautement sujet à caution ;
l’exclusion partielle des régimes des non-salariés, agricoles ou non agricoles en ce que
leurs capacités contributives demeurent appréciées de manière séparée par rapport à celles
des salariés ; la mission souligne que des travaux de ce type sont complexes mais néanmoins
possibles5 . Par comparaison, les revenus des non-salariés sont jugés suffisamment bien
estimés pour servir de base de calcul au titre de l’assurance chômage des non-salariés ;
le fait de compter plusieurs fois les poly-affiliés, ce qui a pour conséquence de
défavoriser les régimes dans lesquels les poly-affiliés ont des cotisations faibles ; les
« ressources fictives », calculées pour les besoins de la compensation, sont ainsi surévaluées
puisque calculées en fonction du nombre de cotisants en effectifs physiques et non pas en
équivalents temps plein ; de ce fait, un régime comptant de nombreux poly-affiliés mais
pour des cotisations limitées (tel que la CNRACL) est, par rapport aux autres régimes,
défavorisée et subit un prélèvement supérieur au titre de la compensation ;
le maintien d’un seuil de comptabilisation des retraités à partir de 65 ans, ce qui a
pour conséquence de réduire le nombre de pensionnés de la CNRACL pris en compte (ce
régime étant parmi le plus concerné par les retraites avant 65 ans), et donc d’augmenter
artificiellement le montant moyen des prestations versées et prises en compte au titre de la
compensation. Bien entendu, une partie des retraités âgés de moins de 65 ans ont bénéficié
des mécanismes dit de « catégorie actives » qui n’ont pas vocation à être pris en compte par
la compensation (le calcul de la compensation vise même précisément à lisser ces
particularités), mais ne pas modifier le seuil de comptabilisation alors que « l’âge légale » de
la retraite baisse est de facto un « cadeau » aux régimes dont les affiliés font valoir leurs
droits le plus tardivement, à savoir les professions libérales.
4 Voir le rapport et l’annexe 2 in Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation
financière de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024,
IGA / IGAS / IGF, 23107R / 2023-104R / 2023-M-104-02.
5 Voir Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFIPS), Rapport sur la protection sociale des travailleurs
indépendants, septembre 2020.
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Annexe IX
- 3 -
Sur la base des constats du premier rapport, la mission s’est attachée à évaluer et à expliciter les
flux financiers générés par la compensation (2) ainsi que l’impact sur la CNRACL des modalités de
calcul défavorables qui ont été mises en lumière (3). Elle a également analysé les conséquences
de la « surcompensation » qui a été appliquée en sus de la compensation entre 1985 et 2011 (4).
Enfin, elle a essayé d’estimer l’impact futur du système de compensation à travers des simulations
ad hoc (5).
2. Les flux financiers relatifs à la compensation, entre 2010 et 2025
Sur ces 16 années (tableau 1), en cumul, 7 régimes sont contributeurs nets : le régime général
(CNAV), le régime des pensions civiles de l’Etat, celui des pensions militaires de l’Etat, la CNRACL,
la caisse de la RATP, la CNIEG, la CNAVPL et la CNBF. Un seul d’entre eux, le régime général,
contribue pour plus des deux tiers des montants transférés (tableau 2 - 67,6%). Les autres
contributeurs nets les plus importants sont ensuite la CNRACL (16,9%) et la CNAVPL (9,1%). Tous
les autres régimes contributeurs prennent une part plus mesurée des flux de compensation (de
l’ordre de 2% ou en deçà).
La contribution à la compensation de la CNRACL est donc, en masse, loin derrière le régime
général mais, rapportée au nombre cumulé de cotisants, sur la période (tableau 3), les montants
acquittés sont près de deux fois supérieurs à ceux acquittés par le régime général.
Les flux financiers sont massivement orientés vers les régimes des salariés et des exploitants
agricoles (36,6% et 47,3% - tableau 2), qui reçoivent sur la période plus de 80% des transferts, du
fait de leurs déséquilibres démographiques reflétant largement la baisse de la production agricole
dans la production nationale et dans la population active en emploi. En revanche, rapporté au
nombre de cotisants, c’est le régime des mines qui, de très loin, est le premier bénéficiaire des
transferts liés à la compensation démographique (tableau 3).
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Annexe IX
- 4 -
Tableau 1 : Montants perçus (-) ou versés (+) par les régimes relevant de la compensation démographique - entre 2010 à 2025 – en millions d’euros
Régime 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2010/25
CNAVTS + 4 605 + 4 660 + 4 680 + 5 078 + 4 832 + 4 985 + 4 733 + 4 545 + 4 493 + 4 666 + 3 439 + 4 405 + 4 252 + 3 991 + 3 969 + 3 989 + 71 322
CCMSA -
salariés
agricoles
- 2 269 - 2 094 - 2 193 - 2 262 - 2 254 - 2 313 - 2 396 - 2 478 - 2 578 - 2 573 - 2 513 - 2 556 - 2 437 - 2 597 - 2 573 - 2 547 - 38 633
État-
personnels
civils
+ 973 + 646 + 624 + 585 + 508 + 440 + 455 + 320 + 193 + 21 + 244 - 273 - 440 - 542 - 723 - 826 + 2 205
État-
personnels
militaires
+ 92 + 120 + 101 + 74 + 130 + 110 + 130 + 125 + 142 + 133 + 202 + 122 + 97 + 77 + 73 + 19 + 1 747
FSPOEIE - 22 - 30 - 37 - 41 - 47 - 53 - 56 - 68 - 70 -76 - 75 - 86 - 87 - 93 - 102 - 106 - 1 049
CNRACL + 1 521 + 1 290 + 1 376 + 1 423 + 1 363 + 1 462 + 1 355 + 1 393 + 1 229 + 1 104 + 1 183 + 831 + 803 + 600 + 456 + 441 + 17 830
CANSSM - 288 - 261 - 263 - 259 - 249 - 247 - 234 - 241 - 231 -220 - 212 - 201 - 193 - 189 - 192 - 188 - 3 668
CPRPSNCF - 6 - 8 0 + 2 + 2 + 6 + 10 - 4 - 15 -19 - 29 - 58 - 62 - 86 - 86 - 93 - 446
CRP RATP + 28 + 22 + 23 + 26 + 25 + 29 + 29 + 34 + 30 + 29 + 34 + 21 + 22 + 17 + 21 + 18 + 408
ENIM -6 9 - 69 -70 - 77 - 74 - 62 - 66 - 78 - 74 - 74 - 72 - 79 - 69 - 70 - 86 - 75 - 1 164
CNIEG + 87 + 67 + 74 + 88 + 89 + 92 + 89 + 79 + 76 + 60 + 64 + 35 + 21 + 14 + 16 + 2 + 953
CRPCEN - 20 - 13 - 21 - 20 - 24 - 14 - 36 - 29 - 31 - 27 - 50 - 32 - 29 - 28 - 42 - 44 - 460
Banque de
France - 3 + 1 + 1 + 2 + 1 + 1 - 1 - 2 - 4 - 7 - 8 - 11 - 14 - 17 + 57 0 - 4
CCMSA -
exploitants
agricoles
-3 855 -3 761 - 3 762 - 3 636 - 3 534 - 3 328 - 3 165 - 2 960 - 3 022 - 2 858 - 2 769 - 2 663 - 2 640 - 2 599 - 2 655 - 2 676 - 49 883
CNRSI-AVIC -988 - 874 - 873 - 1 141 - 1 070 - 1 249 - 1 168 - 1 495 - 1 217 - 950 - 324 - 110 + 270 + 1 067 + 1 436 + 1 803 - 6 883
CNRSI-AVA -458 - 375 - 367 - 549 - 451 - 591 - 505 + 5 0 0 0 0 0 0 0 0 - 3 291
CNAVPL + 608 + 609 + 634 + 632 + 666 + 641 + 743 + 770 + 987 + 692 + 788 + 554 + 413 + 351 + 320 + 173 + 9 581
CNBF + 63 + 70 + 74 + 76 + 86 + 89 + 82 + 84 + 92 + 99 + 98 + 101 + 96 + 103 + 110 + 109 + 1 432
Sources : Direction de la sécurité sociale et Commission des comptes de la sécurité sociale, travaux mission.
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Annexe IX
- 5 -
Tableau 2 : Montants perçus (-) ou versés (+) par les régimes relevant de la compensation démographique - entre 2010 à 2025 – en millions d’euros et en
% des flux
Régime 2010/25 Part dans
l'ensemble
CNAVTS 71 322 67,6%
CCMSA - salariés agricoles -38 633 -36,6%
État-personnels civils 2 205 2,1%
État-personnels militaires 1 747 1,7%
FSPOEIE -1 049 -1,0%
CNRACL 17 830 16,9%
CANSSM -3 668 -3,5%
CPRPSNCF -446 -0,4%
CRP RATP 408 0,4%
ENIM -1 164 -1,1%
CNIEG 953 0,9%
CRPCEN -460 -0,4%
Banque de France -4 0,0%
CCMSA - exploitants agricoles -49 883 -47,3%
CNRSI-AVIC -6 883 -6,5%
CNRSI-AVA -3 291 -3,1%
CNAVPL 9 581 9,1%
CNBF 1 432 1,4%
Sources : Direction de la sécurité sociale et Commission des comptes de la sécurité sociale, travaux mission.
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Annexe IX
- 6 -
Tableau 3 : Montants perçus (-) ou versés (+) et effectifs cotisants des régimes relevant de la compensation démographique - entre 2010 et 2025 – en
2010 et en 2015 – en, nombre, en millions d’euros et en euros
Montants
2010 en M€
Montants 2025
en M€
Cumul
montants
2010/25
en M€
Nombre
cotisants
2010
Nombre de
cotisants
2025
Cumul
cotisants
2010 à 2025
€ par
cotisant
entre
2010 et
2025
€ par
cotisant
en 2010
€ par
cotisant
en 2025
CNAVTS 4 605 3 989 71 322 20 910 166 25 563 925 364 698 281 0,20 0,22 0,16
CCMSA - salariés agricoles -2 269 -2 547 -38 633 709 842 819 642 12 124 311 -3,19 -3,20 -3,11
État-personnels civils 973 -826 2 205 1 791 613 1 509 401 26 218 998 0,08 0,54 -0,55
État-personnels militaires 92 19 1 747 327 220 310 423 4 962 783 0,35 0,28 0,06
FSPOEIE -22 -106 -1 049 45 212 15 343 442 910 -2,37 -0,49 -6,91
CNRACL 1 521 441 17 830 2 025 631 2 143 550 35 337 212 0,50 0,75 0,21
CANSSM -288 -188 -3 668 6 336 655 35 140 -104,38 -45,45 -286,83
CPRPSNCF -6 -93 -446 159 475 105 986 2 205 866 -0,20 -0,04 -0,88
CRP RATP 28 18 408 43 517 35 411 666 365 0,61 0,64 0,51
ENIM -69 -75 -1 164 27 039 24 863 439 504 -2,65 -2,55 -3,02
CNIEG 87 2 953 135 801 127 212 2 164 974 0,44 0,64 0,02
CRPCEN -20 -44 -460 43 530 50 596 820 640 -0,56 -0,46 -0,87
Banque de France -3 0 -4 13 023 0 137 500 -0,03 -0,23 0,00
CCMSA - exploitants agricoles -3 855 -2 676 -49 883 528 375 404 390 7 451 971 -6,69 -7,30 -6,62
CNRSI-AVIC -988 1 803 -6 883 784 795 2 991 331 26 803 700 -0,26 -1,26 0,60
CNRSI-AVA -458 0 -3 291 653 131 0 4 710 086 -0,70 -0,70 0,00
CNAVPL 608 173 9 581 637 335 837 934 12 853 131 0,75 0,95 0,21
CNBF 63 109 1 432 49 434 77 022 1 022 593 1,40 1,27 1,42
Sources : Direction de la sécurité sociale et Commission des comptes de la sécurité sociale, travaux mission.
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Annexe IX
- 7 -
3. L’impact des règles de calcul de la compensation financière inter-régime
sur la CNRACL
Les travaux précédents des inspections générales6 avaient évalué à environ 75 Mds€
courants la contribution totale de la CNRACL, depuis 1974, dans le cadre de la
compensation financière inter-régime, dite « compensation démographique ». Cette somme
(plus de 100 Mds€ constants) est importante. Elle nourrit des regrets et des interrogations du
côté de la CNRACL, notamment de la part des administrateurs de la CNRACL : si la caisse avait été
en situation de placer ces « excédents », à l’image de la gestion prévisionnelle des caisses
complémentaires, elle serait dans une meilleure situation aujourd’hui. Pour autant, rien ne donne
à penser que cette « richesse » apparente de la CNRACL aurait conduit à faire preuve de
précaution : la contribution des employeurs et des agents aurait pu, dans le même ordre d’idées,
être diminuée à due proportion. Restent que les montants importants liés aux transferts de
compensation retiennent, à juste titre, tout particulièrement l’attention des partenaires sociaux
de la CNRACL.
Si la notion de solidarité entre régimes , avait, d’une part, pris une autre forme (prélèvement
forfaitaire, par exemple, justifié par d’autres voies) ou, d’autre part, été appréciée d’une autre
manière au niveau national (financement de cette solidarité au moyen d’impôts ou de
cotisations spécifiques), la question du financement des régimes très déficitaires du fait de
l’attrition des cotisants aurait dû, dans tous les cas de figure, trouver une réponse. Cette
réponse aurait a priori aussi eu des impacts puissants sur la CNRACL, donc sur les
employeurs et agents territoriaux et hospitaliers du fait de caractéristiques démographiques et
financières relativement favorables du régime.
De plus, certaines règles de calcul de la compensation démographique sont ambivalentes :
elles peuvent être ou devenir favorables à la CNRACL. Il en est ainsi de :
la prise en compte des seuls droits directs, sans intégrer les droits dérivés ; dans la
compensation, seuls les pensions de droit direct sont intégrées dans le calcul ; or, la
CNRACL, du fait de sa féminisation, sert relativement moins de droits dérivés (pensions de
reversions ou aux ayants-droits survivants ; elle a donc relativement bénéficié (ou, dit
autrement « moins perdu ») que les autres régimes à la non prise en compte des droits
dérivés ;
les poly-pensionnés, tout comme les poly-affiliés, comptent pour une unité dans
chacun des régimes dans lesquels ils perçoivent une pension ; dans ce cas, plus ils sont
nombreux (et, corrélativement, « moins ils touchent »), plus ils pèsent dans les « charges
fictives » calculées pour déterminer le montant de la compensation démographique ; en
d’autres termes, la CNRACL est désavantagée à cause de son grand nombre de poly-affiliés,
mais avantagée par l’importance des poly-pensionnés ;
6 Voir le rapport et l’annexe 2 in Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation
financière de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024,
IGA / IGAS / IGF, 23107R / 2023-104R / 2023-M-104-02.
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Annexe IX
- 8 -
l’effectif du régime général est le seul à être déterminé par la différence entre les
statistiques de l’emploi salarié fournies par l’INSEE et la somme des effectifs cotisants
transmis par les autres régimes ; le Conseil d’orientation des retraites pointait cette
faiblesse, dès 2009, en constatant que le recensement de 1999, en faisant varier l’emploi
salarié de 500 000 personnes, avait provoqué « une modification importante des
transferts »7 ; le traitement du régime général comme régime par défaut, comprenant tous
les actifs non recensés par ailleurs est potentiellement favorable pour les autres régimes,
donc pour la CNRACL ;
la compensation a enfin pour but de remédier aux « inégalités démographiques et
aux disparités contributives » mais ces disparités contributives ne peuvent
actuellement être prises en compte entre les salariés et les non-salariés ; de facto, les
non-salariés ne participent pas à l’homogénéisation solidaire des capacités contributives via
la compensation ; cette position se justifiait sans doute pleinement lors de la mise en place
de la compensation compte tenu des difficultés méthodologiques à estimer les revenus des
non-salariés ; l’évolution des instruments statistiques pourrait amener à réexaminer la
question.
Enfin, la prise en compte uniquement des retraités de droits directs âgés de plus de 65 ans
mérite un développement spécifique : si on reprend la formule de calcul de transfert de chaque
régime, on voit que la minoration du nombre de retraités a un fort impact dans des scénarios avec
un taux de cotisation d’équilibre élevé ; en 1979, avec un taux de cotisation d’équilibre du régime
fictif de 6%, l’équivalent de 1 945 € de prestation de référence et 278 000 pensionnés servis, la
contribution de la CNRACL s’élevait à 1,5 Md € ;
4. La surcompensation mise en œuvre entre 1985 et 2011
Instaurée par la loi de finances pour 19868, mais appliquée dès l’exercice 1985, la
surcompensation a concerné tous les régimes spéciaux ayant un nombre de retraités de plus de
60 ans et comptant un effectif supérieur à 5 000 cotisants ou retraités titulaires de droits propres.
Cette surcompensation était justifiée par le fait que ces régimes spéciaux offraient des conditions
de départ à la retraite, des modalités de liquidation et des niveaux de pension supérieurs à ceux
offerts par les régimes de droit commun. L’Etat a ainsi entendu introduire un dispositif de
compensation concernant uniquement ces régimes spéciaux ou dérogatoires. En introduisant ce
financement, l’Etat a également entendu alléger les subventions qu’il accordait directement aux
régimes spéciaux déficitaires. Il s’est agi ainsi, compte tenu de la circularité des financements
accordés à des régimes spéciaux relevant à l’époque tous du secteur public, de créer une nouvelle
solidarité entre ces régimes publics. Du fait de sa situation démographique et financière
relativement favorable à l’époque, la CNRACL a été le principal régime contributeur à ce dispositif
de solidarité (tableau 5).
7 Conseil d’orientation des retraites, séance plénière du 10 juin 2009, document 10 « les règles des différents régimes :
points de convergence, spécificités et conséquences pour les assurés »
8 Voir l’article 78 de la loi n° 85-1403 du 30 décembre 1985 de finances pour 1986.
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Annexe IX
- 9 -
Tableau 4 : Montants perçus (-) ou versés (+) par les régimes au titre de la surcompensation ou
compensation spécifique de 2002 à 2011 – en M€
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
FPE9 -840 -496 -307 -313 -350 -220 -16 174 74 83
CNRACL -1 343 -1 353 -1 409 -1 152 -1 053 -948 -869 -1 057 -606 -350
CANSSM10 1 264 1 107 994 892 766 633 513 526 331 169
Régime de la SNCF11 509 414 381 327 284 227 171 154 95 48
Régime de la RATP12 6 -4 -6 0 -5 -5 -13 -14 -12 -6
FSPOEIE13 0 0 0 0 128 100 85 88 64 33
ENIM14 292 248 235 220 203 170 138 143 89 49
CNIEG15 -48 -46 -35 -61 -50 -18 -56 -55 -63 -36
CRPCEN16 56 39 30 22 22 21 18 18 33 4
Banque de France 7 8 5 6 6 4 -8 -6 -1 0
Seita17 36 28 25 25 22 18 17 16 13 7
Ex- CAMR18* -60 -56 -87 -34 -28 -18 -21 -13 18 -2
Sources : Direction de la sécurité sociale et Commission des comptes de la sécurité sociale, travaux mission. (*) pour la
CAMR, les données sont estimées par différence car non disponibles et imputées à cette ancienne caisse.
Comme pour la compensation « simple », à laquelle elle s’ajoute, le calcul de la surcompensation
est basé sur la création d’un régime fictif de référence. Les calculs sont simplifiés, en ce que les
régimes publics concernés sont bien plus « homogènes » en termes de mode d’acquisition des
droits, de conditions de départ et de liquidation des pensions. Contrairement à la compensation
simple, la surcompensation prend en compte tous les retraités de plus de 60 ans (et non 65 dans
la compensation simple) et intègre les droits dérivés.
De fait, la contribution de la CNRACL s’est montée à ce titre à 29 Mds€ courants sur la
période d’existence de la surcompensation (de 1985 à 2011 – tableau 6). Sur cette période, la
surcompensation a eu un impact très fort sur les comptes de la CNRACL puisqu’elle a alors pesé
pour près de la moitié des montants de compensation acquittés au long des années quatre-vingt,
quatre-vingt-dix et deux mille : seule la décennie 2010 a vu le poids de la surcompensation
diminuer.
9 Fonction publique d’Etat.
10 Caisse autonome nationale de la sécurité sociale dans les mines.
11 Société nationale des chemins de fer.
12 Régie autonome des transports parisiens.
13 Fonds spécial des pensions des ouvriers des établissements industriels de l'Etat.
14 Établissement National des Invalides de la Marine.
15 Caisse nationale des industries électriques et gazières.
16 Caisse de retraite et de prévoyance des clercs et employés de notaires
17 Société d’exploitation industrielle des tabacs et allumettes.
18 Caisse autonome mutuelle de retraite (CAMR) des agents de chemins de fer secondaires d'intérêt général, des
chemins de fer d'intérêt local et des tramways.
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Annexe IX
- 10 -
Tableau 5 : Montants des compensations, surcompensations, des prestations sociales et résultats techniques de la CNRACL de 1978 à 2024 – en M€ et en
%
Exercice Surcompensation
(en M€) [A]
Compensation et
surcompensation
(en M€) [B]
Compensation
hors
surcompensation
(en M€) [B-A]
Surcompensation
dans la
compensation
(en %) [A/B]
Prestations
sociales
nettes (en
M€) [C]
Compensation
dans les
prestations
sociales
nettes (en %)
[B/C]
Résultat
technique
(prestations
sociales
nettes-
cotisations)
(en M€) [D]
Résultat
technique en
l'absence de
compensation
(en M€) [D-B]
Compensation
dans le
résultat
technique (en
%) [B/D]
1978 0,2 0,2
1980 0,3 0,3
1981 0,3 0,3
1982 0,5 0,5
1983 0,5 0,5
1984 0,6 0,6
1985 0,6 0,6 0,0 100%
1986 0,6
1987 0,6 0,8 0,2 79%
1988 0,6 0,8 0,2 74%
1989 0,7
1990 0,7
1991 0,7
1992 1 2,1 1,1 47%
1993 1,4 2,6 1,2 54%
1994 1,4 2,8 1,4 51%
1995 1,4 2,9 1,5 49%
1996 1,4 2,9 1,5 49%
1997 1,4 2,9 1,5 48%
1998 1,5 3,0 1,5 50%
1999 1,5 3,0 1,5 50%
2000 1,5 2,9 1,4 52%
2001 1,3 2,8 1,5 46%
2002 1,3 2,9 1,6 45%
2003 1,4 2,8 1,4 50%
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Annexe IX
- 11 -
Exercice Surcompensation
(en M€) [A]
Compensation et
surcompensation
(en M€) [B]
Compensation
hors
surcompensation
(en M€) [B-A]
Surcompensation
dans la
compensation
(en %) [A/B]
Prestations
sociales
nettes (en
M€) [C]
Compensation
dans les
prestations
sociales
nettes (en %)
[B/C]
Résultat
technique
(prestations
sociales
nettes-
cotisations)
(en M€) [D]
Résultat
technique en
l'absence de
compensation
(en M€) [D-B]
Compensation
dans le
résultat
technique (en
%) [B/D]
2004 1,4 2,7 1,3 52%
2005 1,2 2,6 1,4 46%
2006 1,1 2,5 1,4 44%
2007 0,9 2,5 1,6 36%
2008 0,9 2,4 1,5 38%
2009 1,1 2,4 1,3 46%
2010 0,6 2,1 1,5 29% 13,5 16% 2 4,1 105%
2011 0,4 1,7 1,3 24% 14,6 12% 1,4 3,1 121%
2012 1,4 1,4 15,5 9% 0,8 2,2 175%
2013 1,4 1,4 16,3 9% 1,3 2,7 108%
2014 1,4 1,4 17 8% 2 3,4 70%
2015 1,4 1,4 17,5 8% 1,9 3,3 74%
2016 1,4 1,4 18,1 8% 1,8 3,2 78%
2017 1,4 1,4 18,9 7% 1,6 3 88%
2018 1,2 1,2 19,9 6% 0,8 2 150%
2019 1,1 1,1 20,8 5% 0,3 1,4 367%
2020 1,1 1,1 21,7 5% -0,2 0,9
2021 0,9 0,9 22,5 4% -0,3 0,6
2022 0,8 0,8 24,8 3% -1 -0,2
2023 0,6 0,6 25,6 2% -1,8 -1,2
2024 0,5 0,5 23,7 2% -2,5 -2
Sources : Direction de la sécurité sociale et Commission des comptes de la sécurité sociale, travaux mission.
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Annexe IX
- 12 -
5. Estimation des impacts futurs de la compensation sur les comptes de la
CNRACL et rôle dans son redressement financier
La compensation fait l’objet de nombreux analyses et débats19. Après des années d’ignorance
volontaire20 des conséquences de cette disposition sur les comptes de la CNRACL, alors que le
rapport du COR précité montre que les imperfections étaient connues, tous les acteurs sont
désormais mobilisés pour la stigmatiser et réclamer sa refonte en profondeur, voire sa
suppression.
Plusieurs points ressortent à l’analyse.
5.1. Les prélèvements au titre de la compensation ont eu un impact direct sur les
résultats
En masse, la CNRACL a contribué à hauteur d’environ 80 Mds€ en euros courants, dont
environ 30 Mds€ au titre de la seule « surcompensation ».
Si on ramène ces montants annuellement aux prestations vieillesse obligatoires versées par la
CNRACL, on constate que l’impact de la compensation équivaut, dans les années où la
surcompensation est élevée, à près d’un quart du montant des prestations versées. Encore
aujourd’hui, du fait de l’absence de relation directe entre résultat net du régime et compensation
inter régimes, celle-ci représente l’équivalent de 2 % des prestations légales versées au titre des
risques vieillesse et invalidité.
Le rapprochement entre le résultat opérationnel de la CNRACL et la compensation
démographique est encore plus illustratif : entre 2010 et 2024, ce prélèvement représente
entre les trois-quarts et trois fois les résultats annuels positifs en gestion technique21. Alors que
le résultat du régime est négatif à compter de 2020, le prélèvement au titre de la compensation
demeure significatif. Entre 2020 et 2024, il est supérieur à la somme des déficits au titre de 2020
et 2021 (tableau 6).
5.2. La compensation démographique n’explique pas à elle seule les problèmes
d’équilibre rencontrés par la CNRACL
La contribution majeure de la CNRACL au mécanisme de compensation est incontestable.
Ses effets déstabilisateurs pour les résultats du régime, amplifiés par des modes de calculs
défavorables à la CNRACL, sont très perceptibles.
Il n’en demeure pas moins que :
L’annulation de la contribution annuelle au titre de la compensation n’aurait pour
effet que de « combler » le déficit de la gestion technique pendant deux années ;
permettant de retarder d’autant l’apparition des déficits Ainsi, la suppression de la
compensation aurait permis d’afficher un résultat positif en 2020 et 2021 ; mais, dès 2022,
la seule suppression de la compensation ne permettrait plus l’équilibre ; d’autres ressources
auraient dû être mobilisées ;
19 Voir Cour des comptes, La compensation démographique entre régimes de retraite : un dispositif complexe, artificiel et
mal géré in Rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale (chapitre III), mai 2024.
20 Le Conseil d’administration, par exemple, s’est à plusieurs reprises alarmé de la dégradation des comptes mais ses
alertes n’ont pas été suivies d’effet.
21 Entendu donc ici comme les produits (« cotisations et contributions nettes ») diminués des charges (« prestations
sociales nettes »).
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Annexe IX
- 13 -
Même en « reprenant » l’intégralité de la contribution depuis la création de la
compensation, la dette cumulée et estimée de la CNRACL, avant augmentation des
cotisations patronales, aurait dépassé ce montant dès 2032 ; les montants en cause ne
sont pas à la hauteur de la gravité de la situation.
5.3. Les estimations des conséquences de l’évolution ou de la suppression de la
compensation sont insuffisamment documentées
Si l’on ne peut que constater que la CNRACL a été contributrice nette, pendant plusieurs
décennies, du fait de sa situation démographique et financière relativement favorable, il
ne peut être question pour ce seul motif de remettre en cause de manière rétrospective ou
prospective tout dispositif de solidarité entre les régimes de retraite.
Naturellement, la nature de la solidarité entre régimes, ses modalités et son intensité sont
l’objet de débats aussi anciens que la création du système de retraites et la mise en place de
transferts en son sein et entre les branches de sécurité sociale. Il ne peut être envisagé une
évolution de la compensation inter régimes poursuivant la seule fin d’améliorer la situation de la
CNRACL. Pour autant, il ne semble pas davantage envisageable pour la mission de mettre en
œuvre un dispositif qui ne prendrait pas en compte les financements accordés dans le passé et les
situations des différents régimes à cet égard. La situation de la CNRACL ne peut que retenir
l’attention à ce titre.
De plus, s’agissant de régimes relevant du secteur public et des autres régimes spéciaux
relevant du champ public, comme le souligne l’analyse concernant la surcompensation, le
raisonnement est ici circulaire (voir aussi annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations
et des effectifs employés dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales
au travers des déclarations sociales) : tous ces efforts et transferts sont des charges publiques,
réputés être financés au moyen de recettes publiques. La question, en aucun cas secondaire, est
donc celle de la répartition du fardeau ou de la charge, d’une part, entre les acteurs et secteurs de
la dépense publique (Etat, collectivités territoriales, établissements publics de santé, sécurité
sociale) et, d’autre part, de la manière dont ces acteurs publics financent ces charges (par des
prélèvements sur les ménages ou sur les entreprises, par des recettes courantes ou par la dette,
etc.).
Les précédents travaux des inspections générales22 ont souligné, du point de vue de la
CNRACL, la nécessité de reconsidérer, d’une part, les modes de prise en charge de dépenses
de solidarité financées pour les salariés du secteur privé par des tiers au moyen d’impôts
et de taxes affectés23 et, d’autre part, les mécanismes de compensation.
La mission constate que, plus que jamais, ces transferts entre régimes d’assurance vieillesse et au
sein de la sécurité sociale ou entre acteurs publics sont reconsidérés. La Cour des comptes a mené
et entend poursuivre des travaux à ce sujet24. Le conseil d’orientation des retraites (COR) s’est
récemment intéressé aux droits familiaux et conjugaux, à leurs effets et leurs modes de prise en
charge25.
22 Voir Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation financière de la Caisse
nationale de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF,
23107R / 2023-104R / 2023-M-104-02.
23 Sur le modèle des financements relevant précédemment du fonds de solidarité vieillesse (FSV), désormais intégré à
la CNAV et des dépenses prises en charge par la branche famille.
24 Le HCFIPS a ainsi été amené à prendre connaissance, dans le cadre de ses travaux en cours sur l’équité, des travaux
de la Cour et de leur présentation par la direction de la sécurité sociale, voir Cour des comptes, La compensation
démographique entre régimes de retraite : un dispositif complexe, artificiel et mal géré in Rapport sur l’application des lois
de financement de la sécurité sociale (chapitre III), mai 2024.
25 Voir COR, Droits familiaux et conjugaux, 16 ème rapport, novembre 2025.
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Annexe IX
- 14 -
Toutes les réformes envisagées auraient des effets puissants au sein des finances publiques
et du système de retraite. Il n’est pas possible d’affirmer avec certitude que la CNRACL
serait « gagnante » ou « perdante » à une réforme de la compensation ou à un mode rénové de
prise en charge des dépenses dites de solidarité. Par ailleurs les estimations faites durant la
mission ne laissent pas anticiper des flux conséquents pour la CNRACL en cas de corrections des
hypothèses les plus contestables (prise en compte des retraités de plus de 65 ans, modalités de
prise en compte des poly pensionnés…).
La mise en place de la compensation répondait à un objectif de solidarité entre régimes,
fondée sur le nombre de cotisants et de bénéficiaires, indépendamment des capacités
contributives et des règles de liquidation. Il semblerait incongru de supprimer ce
mécanisme à la veille d’une inversion de tendance qui devrait voir la CNRACL « bénéficiaire
nette » de la compensation à compter de 202726.
Si tant la compensation que les modes de prise en charge de certains droits non contributifs
doivent être réexaminés dans un souci de recherche d’une conception rénovée de l’équité entre
régimes de retraite, une telle réforme ne pourrait être effectuée en poursuivant la seule fin de
permettre à la CNRACL d’atteindre l’équilibre financier. Pour autant, toute réforme ne pourrait
davantage faire l’économie d’une approche de la situation passée et des effets puissants qu’elle a
eu pour la CNRACL. Toute réforme devrait donc comporter un volet spécifique d’évaluation de ces
effets en général et pour la CNRACL en particulier. La situation de la CNRACL justifie d’être
spécifiquement analysée au regard de sa situation démographique et financière.
26 L’année 2027 est indicative à ce stade en ce qu’une partie des mesures prises pour permettre l’équilibre financier de
la caisse, consistent en l’augmentation des produits et donc retarderait potentiellement l’effet positif de la
compensation, son mode de calcul étant relatif entre régimes compte tenu de leurs situations financières et
démographiques.
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ANNEXE X
Les évolutions de la population affiliée et
des recettes de la CNRACL et les impacts
des hausses de taux sur les stratégies
d’emploi
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SOMMAIRE
1. LA CROISSANCE DE L’EMPLOI CONTRACTUEL ET LA MAÎTRISE DE L’EMPLOI
TITULAIRE ONT CONDUIT À RALENTIR LA PROGRESSION DES RECETTES DE LA
CNRACL .......................................................................................................................................... 1
1.1. La part de l’emploi contractuel n’a cessé de progresser dans les fonctions
publiques territoriales et hospitalières ..................................................................................1
1.1.1. Une stabilité des effectifs titulaires cotisants à la CNRACL.................................. 1
1.1.2. La croissance des effectifs et des ressources du régime complémentaire des
contractuels et des titulaires à temps non complet ................................................. 2
1.2. La relative stabilité de l’emploi titulaire et l’évolution du point d’indice ont pesé
sur l’évolution des recettes de la CNRACL .............................................................................4
1.2.1. La retraite additionnelle de la fonction publique..................................................... 5
2. LA HAUSSE DU TAUX DE COTISATION EMPLOYEUR GÉNÈRE DES RECETTES
SUPPLÉMENTAIRES MAIS ELLE RENCHÉRIT LE COÛT RELATIF DE L’EMPLOI
TITULAIRE, POUVANT DÉBOUCHER SUR LA MODIFICATION DES STRATÉGIES DE
RECRUTEMENT AU DÉTRIMENT DES RECETTES DE LA CNRACL ..............................7
2.1. Panorama des cotisations patronales pour les titulaires et les contractuels ..........7
2.2. Historique de la hausse des taux de cotisations à la CNRACL .......................................7
2.3. Les conséquences sur l’évolution relative du coût du travail entre les titulaires et
les contractuels .................................................................................................................................9
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Annexe X
- 1 -
1. La croissance de l’emploi contractuel et la maîtrise de l’emploi titulaire
ont conduit à ralentir la progression des recettes de la CNRACL
1.1. La part de l’emploi contractuel n’a cessé de progresser dans les fonctions
publiques territoriales et hospitalières
1.1.1. Une stabilité des effectifs titulaires cotisants à la CNRACL
En 2023, la France compte 5,8 millions (M) d’agents travaillant dans l’une des trois
fonctions publiques. Les agents territoriaux sont 1,9M tandis que les agents hospitaliers
sont 1,2M. Depuis une dizaine d’années, la dynamique de l’emploi public est surtout
portée par la part croissante des contractuels qui cotisent au régime général et à
l’IRCANTEC et non à la CNRACL. Ils représentent, en 2023, 25,3% des agents territoriaux et
21,4 % des agents hospitaliers.1 Entre 2011 et 2022, selon les données de la DGAFP, les
effectifs contractuels en nombre ont augmenté de 26,1% dans la FPT alors que ceux des
fonctionnaires n’ont progressé que de 1,6 % (tableau 1). Sur cette même période, dans la FPH,
le nombre de contractuels a augmenté de 39, 2 % et les effectifs fonctionnaires ont baissé de 1,
5 %. 2 Cette progression ne se limite pas qu’aux emplois les moins qualifiés. Elle concerne
toutes les catégories et cadres d’emploi des fonctions publiques territoriales (FPT) et
hospitalières (FPH).
Parmi ces contractuels, les contrats à durée déterminée (CDD) restent très largement
majoritaires, notamment dans la FPT où ils représentent 85 % de l’emploi contractuel total.
Ce constat est clef dès lors qu’il s’agit de réfléchir aux éventuels dispositifs à mettre en place
pour corriger les écarts de coûts entre fonctionnaires et titulaires.
Tableau 1 : Effectifs physiques de la fonction publique par versant et par statut - au 31
décembre – entre 2011 et 2022
Source : DGAFP, Point stat, Les contractuels dans la fonction publique depuis 2011, effectifs et parcours, Point stat,
janvier 2025.
En outre, au cours des dernières années, la titularisation des contractuels et donc leur
affiliation de ce fait à la CNRACL3 a diminué dans les deux fonctions publiques, FPH et
FPT. Si 34 % des contractuels de la FPT fin 2011 ont été titularisés à cinq ans, ils ne sont plus
que 28 % fin 2016 à l’être en 2021. De même, 41 % des contractuels de la FPH en 2011 ont été
titularisés en 2016, mais seulement 38 % des contractuels de 2016 le sont en 2021.
1 Voir L’emploi dans la fonction publique en 2023, Insee Première, n°2052, Mai 2025.
2 Voir DGAFP, Les contractuels dans la fonction publique depuis 2011, effectifs et parcours, Point stat, janvier 2025.
3 Sous réserve d’un temps de travail supérieur à 28 heures hebdomadaires.
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
FPE Fonctionnaires 100,0 99,2 98,6 99,1 99,4 99,6 99,7 99,6 99,2 98,8 97,9 97,9
Contractuels 100,0 101,2 105,6 102,9 103,8 109,5 114,0 120,6 128,5 138,3 142,2 145,9
FPT Fonctionnaires 100,0 101,4 103,1 104,1 104,4 104,2 104,1 104,1 104,2 103,2 102,6 101,6
Contractuels 100,0 102,8 100,9 101,3 99,0 99,3 104,6 108,8 113,4 116,8 121,5 126,1
FPH Fonctionnaires 100,0 100,6 101,4 101,6 101,4 101,0 100,2 99,0 98,3 97,8 97,8 98,5
Contractuels 100,0 99,5 102,6 104,8 106,0 109,8 116,3 123,5 128,1 140,4 141,8 139,2
Total Fonctionnaires 100,0 100,3 100,8 101,5 101,7 101,6 101,4 101,1 100,8 100,2 99,6 99,4
Contractuels 100,0 101,5 103,1 102,6 102,4 105,5 110,8 116,6 122,5 130,3 134,0 136,6
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Annexe X
- 2 -
Les différences en termes de moyenne d’âge entre titulaires et contractuels ne sont pas
neutres pour la CNRACL. Si la FPT est le versant le plus âgé de la fonction publique, un écart
de moyenne d’âge important existe entre les titulaires et les contractuels. En 2023, les premiers
ont en moyenne 48 ans tandis que les seconds ont en moyenne 39 ans. Si la FPH est le versant
le plus jeune, le même constat peut être fait. En 2023, les contractuels y ont une moyenne d’âge
de 37 ans contre 44 ans pour les fonctionnaires.
Les projections du conseil d’orientation des retraites (COR)4, reprises dans le jaune
budgétaire 20255, montrent la dégradation continue du ratio démographique6 du
régime des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers quand celui de la fonction publique
d’Etat reste relativement stable sur longue période (tableau 2).
Tableau 2 : Evolution du ratio démographique des régimes de retraite de la fonction publique –
de 2024 à 2070
2024 2030 2040 2050 2060 2070
Fonctionnaires civils et militaires de
l'Etat (SRE) 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9
Fonctionnaires territoriaux et
hospitaliers (CNRACL) 1,5 1,3 1,1 1 1 0,9
Source : COR, Rapport annuel Évolutions et perspectives des retraites en France, juin 2025.
Les projections à l’horizon 2050 soulignent que, si les pensionnés de droit direct de la
fonction publique civile de l’Etat devraient décroitre continûment à partir de 2028, date
à laquelle ils seront 1,7M, en raison de l’arrivée à l’âge de mortalité pour les générations de
fonctionnaires recrutées dans les années 1950-1960, les retraités de droit direct affiliés à la
CNRACL devraient croître sur la même période. D’abord, de façon dynamique, en raison du
départ à la retraite des générations nombreuses du baby-boom ; puis, de façon plus modérée,
sur la deuxième partie de la projection. Les pensionnés de droit direct de la CNRACL
devraient ainsi atteindre 2,1M en 2050. Ils seront alors plus nombreux que leurs
homologues de la fonction publique civile de l’Etat.
1.1.2. La croissance des effectifs et des ressources du régime complémentaire des
contractuels et des titulaires à temps non complet
Les agents non titulaires de la fonction publique cotisent au régime général (CNAV)
pour leur retraite de base et à l’Institution de retraite complémentaire des agents non
titulaires de l'État et des collectivités publiques (IRCANTEC) pour leur retraite
complémentaire. Le champ d’affiliation à l’IRCANTEC couvre non seulement les contractuels
du secteur public mais également :
Les praticiens hospitaliers ;
Les agents titulaires à temps non complet des collectivités locales ;
Les non-titulaires employés par un organisme public ou parapublic ;
Les élus locaux, les membres du gouvernement et les membres du Conseil économique,
social et environnemental.
4 COR, Rapport annuel Évolutions et perspectives des retraites en France, juin 2025.
5 PLF 2025, Rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique.
6 Le rapport démographique corrigé est le rapport entre, d’une part, le nombre de cotisants et, d’autre part, la
somme du nombre de retraités de droits directs et de la moitié du nombre de retraités de droits dérivés. La
correction porte ici sur la pris en compte des titulaires de droits dérivés.
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Annexe X
- 3 -
L’IRCANTEC est un régime singulier caractérisé par plusieurs spécificités :
Un turnover très important, 1 actif sur 3 en France a des droits à l’Ircantec ;
Une grande diversité de situations d’emploi (emplois saisonniers de débuts de
carrière, emplois ponctuels récurrents ou encore carrières complètes) ;
Une durée de cotisation faible (5 années et 3 mois pour les nouveaux retraités 2023 et
au plus 2 ans pour près de la moitié) ;
Environ un nouveau retraité sur deux perçoit un capital unique plutôt qu’une
rente.
La situation financière de ce régime est très différente de celle de la CNRACL. Ainsi, en
2024, le résultat technique du régime est excédentaire de 805 millions d’euros, contre 892
millions d’euros en 20237malgré un taux d’appel des cotisations relativement stable sur la
période (tableau 3).
Tableau 3 : Evolution du ratio démographique des régimes de retraite de la fonction publique –
de 2024 à 2070
Source : IRCANTEC, Rapport d’activité, 2025.
Parallèlement, les effectifs cotisants de l’IRCANTEC8 ont augmenté de 16,6% entre 2008
et 2023, soit une moyenne de +1% par an. La part de ses ressources dans le PIB n’a donc
cessé de croitre entre 2010 et 2023. Les ressources totales du régime sont aujourd’hui proches
de 0,2% du PIB, un point haut après une période d’augmentation depuis 2010. Elles se
stabiliseraient ensuite, selon le COR, jusqu’en 2070 (graphique 1).
Graphique 1 : Ressources totales du régime IRCANTEC dans le scénario de référence du COR –
entre 2010 et 2070 – en % du PIB
Source : IRCANTEC, projections COR juin 2024.
7 Voir IRCANTEC, Rapport d’activité, 2025.
8 Entendus comme l’ensemble des personnes ayant versé des cotisations au cours de l’année civile.
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Annexe X
- 4 -
1.2. La relative stabilité de l’emploi titulaire et l’évolution du point d’indice ont
pesé sur l’évolution des recettes de la CNRACL
La maîtrise des emplois titulaires dans les deux versants de la fonction publique FPT et
FPH s’est accompagnée de la modération de la hausse du point d’indice dans le temps
long. De 2002 à 2023, le point d’indice de la fonction publique est passé de 52, 1284 € à 59,
0734 €9.
Le traitement indiciaire moyen des cotisants a néanmoins augmenté.
Ainsi, des mesures globales et catégorielles sont intervenues, surtout en fin de période : par
exemple, hausse de 1,5% de la valeur du point de la fonction publique au 1 er juillet 2023 (avec
effet en année pleine en 2024) ou encore augmentation de 49 points d’indices accordée aux
personnels des établissements publics de santé dans le cadre des accords issus du « Ségur de
la Santé » (tableau 4).
Tableau 4 : Traitement indiciaire moyen des cotisants (en point d’indice nouveau majoré) et
valeur moyenne annuelle du point d’indice fonction publique
Source : CNRACL, Recueil statistique, 2023.
Mais cette augmentation est surtout liée à la pyramide des âges de la population cotisante
qui se retrouve, du reste, dans l’évolution de l’indice brut en stock et à la liquidation (tableau
5).
Tableau 5 : Indices bruts moyens à la liquidation des pensions liquidées et du stock de pensions
– droits directs et dérivés – entre 2013 et 2023
Source : CNRACL, Recueil statistique, 2023.
9 Source Epicycle sur data.gouv
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Annexe X
- 5 -
Parallèlement, la part des primes dans la rémunération des fonctionnaires a pris une
importance croissante. Si elle est relativement homogène entre les trois versants, elle varie
fortement en fonction du grade ou du cadre d’emploi.
Ainsi, en 2023, pour les emplois d’encadrement supérieur et de direction, les primes
représentent 31,6% des rémunérations brutes des catégories A+ de la territoriale et
46,3% de ces mêmes catégories de la FPH10. De même, les fonctionnaires de catégorie A de
la FPT ont une rémunération brute composée de 29,9% de primes et rémunérations annexes,
contre 24,9% pour les fonctionnaires de catégorie A de la FPH.
En 10 ans, la part des primes a augmenté de deux points pour l’ensemble des deux
fonctions publiques comme l’illustre le tableau 6.
Tableau 6 : Part de primes des fonctionnaires de la fonction publique entre 2012 et 2023 (y
compris IR et SFT, en % du salaire brut)
Source : Siasp, Insee. Traitements Drees, DGCL - DESL, DGAFP - SDessi.
Les évolutions des effectifs et le recul de la part indiciaire dans le salaire des fonctionnaires
territoriaux et hospitaliers expliquent les évolutions divergentes des cotisations et des
pensions11 (tableau 7).
Tableau 7 : Evolution du nombre de cotisants et de bénéficiaires du régime et ses conséquences
sur l’évolution des cotisations et des prestations légales offertes par la CNRACL
Source : CNRACL, Recueil statistique, 2023.
1.2.1. La retraite additionnelle de la fonction publique
La retraite additionnelle de la fonction publique est un régime relativement jeune dont
l’ouverture opérationnelle date de 2005. Il se distingue nettement de la CNRACL sur plusieurs
points :
Il couvre les trois fonctions publiques ;
L’assiette soumise à cotisation est constituée des primes et rémunérations
accessoires dans la limite d’un plafond de 20% du traitement indiciaire brut, les
cotisations à la charge des employeurs et des agents sont chacune fixées au taux de 5 % ;
10 Source : Siasp, Insee. Traitement DGAFP - SDessi.
11 Les retraites de base sont revalorisées selon l’évolution des prix et non des salaires.
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Classique
2021
Moderne
2022
millésime 2022
2022
millésime 2023
2023
FPE 21,9% 21,9% 22,0% 22,0% 22,0% 21,7% 22,6% 22,5% 22,8% 23,4% 23,5% 23,8% 23,8% 24,7%
FPT 23,5% 23,3% 23,5% 23,4% 23,2% 22,9% 24,2% 24,6% 24,8% 24,3% 24,7% 25,2% 25,0% 25,3%
FPH - - 22,4% 22,9% 22,8% 22,1% 25,0% 24,6% 27,3% 23,7% 24,0% 24,4% 23,6% 23,5%
Ensemble FP - - 22,7% 22,6% 22,5% 22,2% 23,6% 23,6% 24,3% 23,8% 24,0% 24,4% 24,1% 24,6%
2012 2023 Evolution (%)
Nombre de cotisants (Millions) * 2,13 2,19 2,89%
Nombre de bénéficiares y compris invalidité (Millions) * 1,08 1,570948 45,46%
Cotisations (Mds€) 16,8 24,39 45,19%
Prestations légales (Mds€) 15,9 25,99 63,45%
Dépense par bénéficiare (K€) 14,72 16,54 12,37%
Ressources par cotisants (K€) 7,89 11,13 41,11%
*Populations cotisante et pensionnée (moyenne annuelle)
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Annexe X
- 6 -
Il fonctionne, en points et selon le principe de la capitalisation individuelle.
Les cotisations du régime sont versées pout une majorité par la FPT et la FPH qui représentent
50 % des cotisations encaissées (graphique 2).
Graphique 2 : Répartition par versants des cotisations encaissées par le RAFP en 2023
Source : ERAFP, présentation devant le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), 22 janvier 2025.
Compte tenu notamment de l’évolution de la structuration de l’emploi public et des
rémunérations, les projections de croissance du RAFP témoignent de sa montée en charge
(graphique 3).
Graphique 3 : Evolution des ressources et des provisions mathématiques de l’ERAFP à horizon
2070
Source : Présentation devant le CSFPT du 22 janvier 2025.
48%
31%
19%
2%
Fonction publique d'Etat Fonction publique territoriale Fonction publique hospitalière Autres
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Annexe X
- 7 -
2. La hausse du taux de cotisation employeur génère des recettes
supplémentaires mais elle renchérit le coût relatif de l’emploi titulaire,
pouvant déboucher sur la modification des stratégies de recrutement
au détriment des recettes de la CNRACL
2.1. Panorama des cotisations patronales pour les titulaires et les contractuels
Les tableaux suivants synthétisent les taux de cotisations patronales pour les fonctionnaires
(tableau 8) et titulaires (tableau 9).12
Tableau 8 : Décomposition des cotisations patronales de la fonction publique pour les agents
titulaires (taux en %)
Source : Insee et législation sociale.
Tableau 9 : Décomposition des cotisations patronales de la fonction publique pour les agents
contractuels (taux en %)
Source : Insee et législation sociale.
2.2. Historique de la hausse des taux de cotisations à la CNRACL
Dans les décennies 1980 à 2000, la CNRACL a connu une série de hausse des taux de
cotisations que la hausse des effectifs de cotisants, à la suite des transferts de compétence
en faveur des collectivités, a permis d’interrompre. L’équilibre du régime a était alors assuré
par une croissance des recettes portées avant tout par la hausse des effectifs cotisant et des
rémunérations soumises à cotisation et non plus par la hausse des taux (tableau 10).
12 Sources : Insee et législation sociale.
Cotisations employeurs fonction publique des
fonctionnaires
Cotisation maladie pour les
agents des fonctions publiques
territoriale et hospitalière
Prestations familiales Autonomie solidarité
Cotisation à la caisse
nationale des retraites des
agents des collectivités
locales (CNRACL)
Retraite additionnelle de la
fonction publique (RAFP)
Fonds National d'Aide au
Logement (<=1 plafond)
Fonds National d'Aide au
Logement (> 1 plafond)
Année
2012 11,50 5,40 0,30 27,32 5,00 0,50 0,50
2013 11,50 5,40 0,30 28,85 5,00 0,50 0,50
2014 11,50 5,25 0,30 30,40 5,00 0,50 0,50
2015 11,50 5,25 0,30 30,50 5,00 0,50 0,50
2016 11,50 5,25 0,30 30,60 5,00 0,50 0,50
2017 11,50 5,25 0,30 30,65 5,00 0,50 0,50
2018 9,88 5,25 0,30 30,65 5,00 0,50 0,50
2019 9,88 5,25 0,30 30,65 5,00 0,50 0,50
2020 9,88 5,25 0,30 30,65 5,00 0,50 0,50
2021 9,88 5,25 0,30 30,65 5,00 0,50 0,50
2022 9,88 5,25 0,30 30,65 5,00 0,50 0,50
Maladie, maternité, invalidité
et décès
Sécurité Sociale : Vieillesse
(<= 1 plafond)
Sécurité Sociale : Vieillesse
(> 1 plafond) Prestations familiales
Retraite complémentaire des
agents non titulaires de la
fonction publique et des élus
locaux (Ircantec) (<= 1
plafond)
Retraite complémentaire des
agents non titulaires de la
fonction publique et des élus
locaux (Ircantec) (de 1 à 8
plafonds)
Autonomie solidarité Fonds National d'Aide au
Logement (<=1 plafond)
Fonds National d'Aide au
Logement (> 1 plafond)
2012 12,80 9,92 1,60 5,40 3,5250 11,700 0,30 0,50 0,50
2013 12,80 10,00 1,60 5,40 3,6750 11,825 0,30 0,50 0,50
2014 12,80 10,20 1,75 5,25 3,8025 11,975 0,30 0,50 0,50
2015 12,80 10,30 1,80 5,25 3,9600 12,175 0,30 0,50 0,50
2016 12,84 10,40 1,85 5,25 4,0800 12,350 0,30 0,50 0,50
2017 12,89 10,45 1,90 5,25 4,2000 12,550 0,30 0,50 0,50
2018 13,00 10,45 1,90 5,25 4,2000 12,550 0,30 0,50 0,50
2019 13,00 10,45 1,90 5,25 4,2000 12,550 0,30 0,50 0,50
2020 13,00 10,45 1,90 5,25 4,2000 12,550 0,30 0,50 0,50
2021 13,00 10,45 1,90 5,25 4,2000 12,550 0,30 0,50 0,50
2022 13,00 10,45 1,90 5,25 4,2000 12,550 0,30 0,50 0,50
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Annexe X
- 8 -
Tableau 10 : Evolution des taux de cotisations à la charge des employeurs et des agents – entre
1950 et 2025(taux en %)
Périodes Cotisation à la charge des
agents
Cotisation à la charge des
employeurs
Du 01/01/2025 au 31/12/2025 11,10% 34,65%
Du 01/01/2024 au 31/12/2024 11,10% 31,65%
Du 01/01/2023 au 31/12/2023 11,10% 30,65%
Du 01/01/2022 au 31/12/2022 11,10% 30,65%
Du 01/01/2021 au 31/12/2021 11,10% 30,65%
Du 01/01/20 au 31/12/2020 11,10% 30,65%
Du 01/01/2019 au 31/12/2019 10,83% 30,65%
Du 01/01/2018 au 31/12/2018 10,56% 30,65%
Du 01/01/2017 au 31/12/2017 10,29% 30,65%
Du 01/01/2016 au 31/12/2016 9,94% 30,60%
Du 01/01/2015 au 31/12/2015 9,54% 30,50%
Du 01/01/2014 au 31/12/2014 9,14% 30,40%
Du 01/01/2013 au 31/12/2013 8,76% 28,85%
Du 01/11/2012 au 31/12/2012 8,49% 27,40%
Du 01/01/2012 au 31/10/2012 8,39 % 27,30%
Du 01/01/2011 au 31/12/2011 8,12 % 27,30%
Du 01/01/2005 au 31/12/2010 7,85% 27,30%
Du 01/01/2004 au 31/12/2004 7,85% 26,90%
Du 01/01/2003 au 31/12/2003 7,85% 26,50%
Du 01/01/2002 au 31/12/2002 7,85% 26,10%
Du 01/01/2001 au 31/12/2001 7,85% 26,10 %
Du 01/01/2000 au 31/12/2000 7,85% 25,60%
Du 01/01/1999 au 31/12/1999 7,85% 25,10%
Du 01/01/1995 au 31/12/1998 7,85% 25,10%
Du 01/02/1991 au 31/12/1994 7,85% 21,30%
Du 01/01/1989 au 31/01/1991 8,90% 19,70%
Du 01/01/1988 au 31/12/1988 7,90% 18,20%
Du 01/07/1987 au 31/12/1987 7,9 % 15,20%
Du 01/01/1987 au 30/06/1987 7,70% 15,20%
Du 01/08/1986 au 31/12/1986 7,7 % 10,20%
Du 01/01/1984 au 31/07/1986 7,00% 10,20%
Du 25/01/1983 au 31/12/1983 6,00% 10,70%
Du 01/04/1982 au 24/01/1983 6,00% 12,50%
Du 01/01/1982 au 31/03/1982 6,00% 13,00%
Du 01/01/1981 au 31/12/1981 6,00% 13,00%
Du 01/07/1980 au 31/12/1980 6,00% 6,00%
Du 01/01/1977 au 30/06/1980 6,00% 18,00%
Du 01/01/1974 au 31/12/1976 6,00% 19,60%
Du 01/10/1972 au 31/12/1973 6,00% 18,20%
Du 01/08/1970 au 30/09/1972 6,00% 18,20%
-- 290 of 491 --
Annexe X
- 9 -
Périodes Cotisation à la charge des
agents
Cotisation à la charge des
employeurs
Du 01/05/1967 au 31/07/1970 6,00% 18,0 %
Du 01/07/1964 au 30/04/1967 6,00% 18,00%
Du 01/01/1962 au 30/06/1964 6,00% 18,00%
Du 01/01/1961 au 31/12/1961 6,00% 20,00%
Du 01/04/1955 au 31/12/1960 6,00% 18,00%
Du 01/04/1954 au 31/03/1955 6,00% 21,00%
Du 01/01/1951 au 31/03/1954 6,00% 18,00%
Du 19/09/1947 au 31/12/1950 6,00% 12,00%
Source : CNRACL.
Il est à noter que progressivement, les taux sur la rémunération principale et ceux sur la
nouvelle bonification indiciaire (NBI) ont été uniformisés. Les taux de retenue (part
salariale) et de contribution (part patronale) ont ainsi été alignés sur le taux principal, à
compter du 1 er janvier 2012 pour le premier, et du 1 er janvier 2013 pour le second13.
Le décret du 30 janvier 2025 prévoit une augmentation progressive du taux de contribution
employeur à la CNRACL à compter du 1 er janvier 2025 pour atteindre 43,65% en 202814.
2.3. Les conséquences sur l’évolution relative du coût du travail entre les
titulaires et les contractuels
La loi du 6 août 201915 a facilité le recours des employeurs publics aux contractuels.
Ainsi, les cas pouvant justifier le recrutement d’un agent contractuel ont été élargis, dans la
fonction publique hospitalière et dans la fonction publique territoriale. Dans cette dernière,
comme pour l’État, il n’est plus fait de distinction, pour les recrutements sur emplois
permanents, selon la catégorie d’emplois, dès lors que la nature des fonctions ou les besoins
des services le justifient. Par ailleurs, les centres de gestion peuvent mettre à disposition des
collectivités locales des agents contractuels pour les affecter à des missions permanentes à
temps complet ou non complet. Plus largement, la loi de 2019 :
élargi le recours aux contractuels sur emploi permanent ;
crée le contrat de projet ;
facilite l’accès au CDI.
Les freins juridiques du recours aux contractuels ont été donc été très largement levés. Si bien
que, même si le facteur prix ne reste qu’un des déterminants nombreux dans l’arbitrage entre
titulaire et contractuel, il est devenu un critère clef. La hausse des cotisations sur les titulaires
affiliés à la CNRACL interroge ainsi les employeurs territoriaux et hospitaliers dans leurs
décisions d’embauches compte tenu de l’évolution relative des coûts unitaires des titulaires et
des contractuels.
En effet, en 2023, les salaires bruts moyens des fonctionnaires restent supérieurs à celui
des contractuels aussi bien dans la FPT (tableau 11) que dans la FPH (tableau 12)16 :
13 Voir Décret n°91-613 du 28 juin 1991 fixant les taux des cotisations de divers régimes spéciaux de sécurité
sociale.
14 Voir Décret n° 2025-86 du 30 janvier 2025 relatif au taux de la cotisation vieillesse des employeurs des agents
affiliés à la CNRACL.
15 Voir Loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique.
16 Source : Insee, Système d'information sur les agents des services publics (Siasp)
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Annexe X
- 10 -
Tableau 11 : Salaires mensuels moyens en EQTP (équivalent temps plein) dans la fonction
publique territoriale en 2023
Source : Insee, Système d'information sur les agents des services publics (Siasp).
Tableau 12 : Salaires mensuels moyens en EQTP (équivalent temps plein) dans la fonction
publique hospitalière en 2023
Source : Insee, Système d'information sur les agents des services publics (Siasp).
Le salaire brut des fonctionnaires territoriaux reste de presque 300 € supérieur à celui
des non titulaires. L’écart est encore plus important dans la FPH.
Cette situation devrait toutefois évoluer sous l’effet de l’augmentation des cotisations
patronales. Surtout, la dépense employeur pourrait être supérieure pour un titulaire par
rapport à un contractuel, la part des charges dans la rémunération brute s’alourdissant en
raison de l’augmentation du taux employeur CNRACL Selon l’observatoire de la masse salariale
de la fonction publique territoriale du cabinet Adelyce : « En 2026, en tenant compte de la
nouvelle augmentation de +3 points de CNRACL, la dépense employeur atteindra 3 583 € pour un
titulaire (dont 708 € de CNRACL) contre 3 535 € pour un contractuel, soit +48 € par mois. Le
poids des charges des titulaires (42 %) dépassera alors celui des contractuels (41 %).
Au 1 er janvier 2028, date de la dernière augmentation CNRACL prévue à ce jour, ce sera +148 €
de plus par mois que les employeurs devront dépenser pour recruter un titulaire à la place d’un
contractuel à rémunération brute équivalente. »17
Selon cette même étude (qui ne porte que sur la sphère territoriale), l’ensemble des catégories
seraient concernées.
« En 2028, pour un agent de catégorie C, le poids des charges attendra 47 % sur la rémunération
brute.
Le coût brut chargé des titulaires sera donc supérieur de 4,19 % à celui des contractuels, à
périmètre équivalent et sans tenir compte du GVT.
La cotisation CNRACL d’un titulaire s’élèvera à 808 € de moyenne mensuelle pour une
rémunération brute de 2 500 €.
Pour un agent de catégorie A, l’écart mensuel de rémunération atteindra 99 € bruts chargés en
2028.
Autrement dit, le coût brut chargé des titulaires sera supérieur de 1,85 % à celui des contractuels.
La cotisation CNRACL d’un titulaire s’élèvera à 1 075 € de moyenne mensuelle pour une
rémunération brute de 3 800 €. » 18
17 Adelyce, Observatoire de la masse salariale de la fonction publique territoriale, 2025.
18 Adelyce, Observatoire de la masse salariale de la fonction publique territoriale, 2025.
Montant
(en euros)
Évolution 2023/2022
(% en euros constants)
Montant
(en euros)
Évolution 2023/2022
(% en euros constants)
Fonctionnaires 2 846 -1,1 2 314 -1,2
Non-fonctionnaires, dont : 2 551 0,5 2 061 0,5
Hors contrats aidés 2 576 0,0 2 081 0,0
Statut et nature des employeurs
Salaire brut moyen Salaire net moyen
Montant
(en euros)
Évolution 2023/2022
(% en euros constants)
Montant
(en euros)
Évolution 2023/2022
(% en euros constants)
Fonctionnaires 3 256 -1,4 2 642 -1,4
Non-fonctionnaires (hors personnels médicaux), dont : 2 648 1,1 2 132 1,2
Hors contrats aidés 2 651 1,0 2 135 1,1
Personnels médicaux 8 207 -0,6 6 812 0,1
Agents des hôpitaux 3 588 -1,2 2 921 -1,1
Agents des établissements médico-sociaux 2 870 0,8 2 320 1,0
Statut et nature des employeurs
Salaire brut moyen Salaire net moyen
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Annexe X
- 11 -
Les données en projection sur quelques hypothèses de situation individuelle réalisées par les
collectivités à la demande de la mission confirment cette tendance (tableau 13).19
Tableau 13 : Evaluation du surcoût annuel du recrutement d’un titulaire par rapport à un
contractuel pour un employeur territorial
Evaluation du coût chargé d’un fonctionnaire de la FPT (*)
Source : ADRHGCT. (*) = les prélèvements pris en compte sont les cotisations = Urssaf maladie, Urssaf allocations
familiales, FNAL 0.5, Urssaf solidarité, CNRACL, ATIACL, CNFPT (0.9+0.1) et dans la 2ème colonne 5% RAFP sur les
primes dans la limite de 20% du TIB - hors versement mobilité
Evaluation du coût chargé d’un agent contractuel de la FPT (**)
Source : ADRHGCT. (**) = les prélèvements pris en compte sont les cotisations = Urssaf maladie, Urssaf vieillesse
plafonnée et déplafonnée, Urssaf allocations familiales, FNAL 0.5, Ircantec tranche A, Urssaf AT (1.72), Urssaf solidarité,
CNFPT (0.9+0.1), France travail( 4%) - hors versement mobilité
Ecart de coût sur une année pleine entre titulaires et contractuels
Source : ADRHGCT.
Les cas-types présentés sont des cas fictifs issus de la filière administrative de la
fonction publique territoriale. Fonctionnaires et titulaires sont placés dans une situation de
départ identique, le salaire brut de chaque individu étant le même.
19 Voir si on peut avoir la même avec FHF
CNRACL IFSE Brut Cotisations PP 47,98% RAFP PP Brut chargé Cotisations PP
51,98% RAFP PP Brut chargé Cotisations PP
54,98% RAFP PP Brut chargé Cotisations PP
57,98% RAFP PP Brut chargé Cotisations PP
60,98% RAFP PP Brut chargé
TIT CAT C ECH 2 IM 367 150 1 806,66 € 866,84 € 7,50 € 2 831,00 € 939,10 € 7,50 € 2 903,26 € 993,30 € 7,50 € 2 957,46 € 1 047,50 € 7,50 € 3 011,66 € 1 101,70 € 7,50 € 3 065,86 €
TIT CAT C ECH 10 IM 409 200 2 013,42 € 966,04 € 10,00 € 3 189,45 € 1 046,57 € 10,00 € 3 269,99 € 1 106,98 € 10,00 € 3 330,39 € 1 167,38 € 10,00 € 3 390,80 € 1 227,78 € 10,00 € 3 451,20 €
TIT CAT B ECH 2 IM 374 350 1 841,12 € 883,37 € 17,50 € 3 091,99 € 957,01 € 17,50 € 3 165,63 € 1 012,25 € 17,50 € 3 220,87 € 1 067,48 € 17,50 € 3 276,10 € 1 122,71 € 17,50 € 3 331,33 €
TIT CAT B ECH 10 IM 485 450 2 387,55 € 1 145,55 € 22,50 € 4 005,59 € 1 241,05 € 22,50 € 4 101,10 € 1 312,67 € 22,50 € 4 172,72 € 1 384,30 € 22,50 € 4 244,35 € 1 455,93 € 22,50 € 4 315,98 €
TIT CAT A ECH 2 IM 415 600 2 042,95 € 980,21 € 20,43 € 3 643,59 € 1 061,93 € 20,43 € 3 725,31 € 1 123,22 € 20,43 € 3 786,60 € 1 184,50 € 20,43 € 3 847,89 € 1 245,79 € 20,43 € 3 909,18 €
TIT CAT A ECH 7 IM 735 800 3 618,24 € 1 736,03 € 36,18 € 6 190,46 € 1 880,76 € 36,18 € 6 335,19 € 1 989,31 € 36,18 € 6 443,74 € 2 097,86 € 36,18 € 6 552,28 € 2 206,40 € 36,18 € 6 660,83 €
2028 2024 2025 2026 2027
Contractuel IFSE Brut Cotisations PP 40,54% Brut chargé
IM 367 150 1 806,66 € 793,23 € 2 749,89 €
IM 374 350 1 841,12 € 888,28 € 3 079,40 €
IM 409 200 2 013,42 € 897,32 € 3 110,74 €
IM 415 600 2 042,95 € 1 071,45 € 3 714,41 €
IM 485 450 2 387,55 € 1 150,34 € 3 987,89 €
IM 735 800 3 618,24 € 1 791,16 € 6 209,40 €
Année 2024 2025 2026 2027 2028
IM 367 + RI 150 973,27 € 1 840,46 € 2 490,86 € 3 141,26 € 3 791,66 €
IM 374 + RI 350 151,07 € 1 034,81 € 1 697,61 € 2 360,42 € 3 023,22 €
IM 409 + RI 200 944,62 € 1 911,06 € 2 635,89 € 3 360,72 € 4 085,55 €
IM 415 + RI 600 -849,78 € 130,84 € 866,30 € 1 601,77 € 2 337,23 €
IM 485 + RI 450 212,44 € 1 358,47 € 2 217,98 € 3 077,50 € 3 937,02 €
IM 735 + RI 800 -227,28 € 1 509,47 € 2 812,04 € 4 114,61 € 5 417,18 €
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Annexe X
- 12 -
En 2024, dans les deux cas, le salaire brut chargé des fonctionnaires est moins élevé que celui
des contractuels. Cette situation s’explique par la différence d’assiette entre les fonctionnaires
et les contractuels. Pour ces derniers, en effet, affiliés au régime général, leur base de cotisation
est constituée de l’équivalent du traitement brut et de leur régime indemnitaire (IFSE). Pour
les fonctionnaires, en revanche, seul le régime indiciaire est pris en compte dans l’assiette. Par
conséquent, dans les deux hypothèses où le régime indemnitaire est le plus élevé, le coût des
contractuels est supérieur en 2024.
En 2028, quelles que soient les hypothèses, le coût chargé des fonctionnaires devient
supérieur à celui des contractuels. Le surcoût annuel pour ces cas-types se situe entre 2
400 euros et 5 500 euros.
Le même exercice de simulation a été réalisé côté FPH. L’hypothèse retenue est celle d’un
centre hospitalier disposant d’une masse salariale de 307 M€, les titulaires représentants 62%
de cette masse salariale. Pour ce cas type, le surcoût du recrutement d’un titulaire par rapport
à un contractuel entre la situation 2025 et la situation 2028 à l’issue de la trajectoire de hausse
des cotisations patronales serait de 27 M€ (tableau 14).
Tableau 14 : Impact financier pour un Centre hospitalier avec une masse salariale de 307 M€ du
surcoût des titulaires sur les contractuels
Année Impact financier en €
2028 10 852 341
2027 8 196 528
2026 5 498 844
2025 2 768 520
Total 27 316 233
Source : Adelyce.
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ANNEXE XI
Présentations comptables actuelles et
envisageables de la situation de la CNRACL
– enjeux et problématiques
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SOMMAIRE
1. ENJEUX ........................................................................................................................................... 3
2. PRÉSENTATION DES DEUX MÉTHODES.............................................................................. 6
2.1. La méthode « convention taux assurance » de l’Institut des politiques publiques
...… ...........................................................................................................................................................7
2.1.1. Trois types de dépenses ne devant pas nécessairement être prises en charge
par les cotisations .................................................................................................................... 7
2.1.2. Le calcul de la subvention démographique ................................................................. 7
2.2. La méthode « convention taux secteur privé » retenue par le Haut-commissariat
au plan ..................................................................................................................................................8
3. APPLICATION DE CES MÉTHODES AU CAS DE LA CNRACL...........................................9
3.1. La méthode « convention taux assurance » de l’Institut des politiques
publiques…… ......................................................................................................................................9
3.1.1. Le calcul d’une masse de dépenses de pensions excluant les dépenses de
solidarité, d’invalidité et celles liées aux spécificités professionnelles
(catégories actives)................................................................................................................. 9
3.1.2. Calcul d’une « subvention démographique » ........................................................... 10
3.1.3. Le calcul d’un taux de cotisation employeur d’équilibre .................................... 10
3.2. La méthode « convention taux secteur privé » retenue par le Haut-commissariat
au plan ............................................................................................................................................... 11
4. IMPLICATIONS ET LIMITES DE CES MÉTHODES POUR LA CNRACL ....................... 12
5. AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES DEUX MÉTHODES ......................................... 13
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Annexe XI
- 1 -
Dans le débat et la décision publics, la situation comptable et financière de la CNRACL est
appréhendée et prise en compte de trois manières :
Dans le cadre retenu par les lois de financement de la sécurité sociale (LFSS) et la
commission des comptes de la sécurité sociale (CCSS) découlant du plan comptable unique
des organismes de sécurité sociale (PCUOSS), selon les normes de la comptabilité générale
et, donc, dans le strict respect des droits constatés ; ce cadre constitue la référence pour les
travaux de la mission et notamment les travaux de simulation (voir annexe 12 - Simulations
financières à l’horizon 2045) ;
Dans le cadre retenu pour la comptabilité budgétaire de l’Etat, en annexe à la loi de
finances en lien avec le régime des pensions civiles et militaires et les autres régimes
publics ; approche qui combine donc, en prévision et en exécution, des approches en droits
constatés et des approches en comptabilité de caisse et donne lieu à des dispositions
particulières, les retraites font ainsi l’objet d’un traitement budgétaire et comptable
spécifique et dérogatoire au sein d’un compte d’affectation spéciale, le CAS « pensions » ;
Enfin, la situation financière du régime des agents titulaires des fonctions publiques
territoriale et hospitalières est intégré dans le suivi et le pilotage des finances publiques
et dans le respect des engagements européens de la France, dans ce cas l’approche retenue
est celle de la comptabilité nationale appliquée par l’Institut national de la statistique et
des études économiques (Insee) dans le cadre des standards retenus, au niveau européen,
par Eurostat.
Du fait de l’existence d’une caisse, financée par des cotisations affectées, supportées par les
employeurs et les agents, la situation financière et comptable de la CNRACL ne donne pas
lieu à débats, contrairement à des polémiques pouvant exister sur l’approche financière et
comptable retenue pour les pensions civiles et militaires de l’Etat (encadré 1).
Encadré 1 : Les débats sur la situation financière et comptable du système des retraites et les
méthodes envisagées pour la clarifier
Jean-Pascal Beaufret1 a souhaité mettre en avant un « déficit caché » au sein du système de retraite,
découlant de la couverture des dépenses et en particulier des retraites publiques par des ressources
autres que des cotisations effectives et des impôts et taxes affectés. Cette analyse a été reprise par le
Haut commissariat au plan2. Le raisonnement consiste à considérer, pour le régime des pensions civiles
et militaires de la fonction publique d’Etat, comme inadapté et insincère le recours à des contributions
d’équilibre, soit le fait que l’Etat équilibre les dépenses en couvrant, sous la forme d’une recette
automatique, le besoin de financement du régime des pensions civiles et militaires de l’Etat.
Pour cet auteur, les systèmes publics de retraite prennent en charge des dispositifs spécifiques de
départs anticipés (au titre de la pénibilité ou de la dangerosité de certaines misions ou fonctions soit les
catégories dites actives ou super actives qi concernent cependant des effectifs limités), des dépenses de
solidarité qui sont, pour les salariés du secteur privé, pris en charge au moyen d’impôts et de taxes
affectés. Les régimes de retraites publiques sont de plus exposés à des déficits financiers reflétant un
déficit démographique certain qui ne sont que très peu couverts par des transferts au titre du mécanisme
de compensation (celle-ci ne représente qu’environ 1,5 % du montant des pensions versés tous
régimes). Ce point n’est pas réellement discuté. En revanche, sa critique porte sur le traitement en
comptabilité nationale par l’INSEE des cotisations retraites des employeurs publics versées aux régimes
des fonctionnaire (SRE et CNRACL). Selon lui, la situation financière effective du système des retraites
tant publiques que dans son ensemble serait faussée du fait qu’une partie du besoin de financement
serait cachée et se traduirait par un recours à l’endettement rarement évoqué dans les débats publics.
En présentant ses analyses, reprise par l’ancien premier ministre François Bayrou lors de son discours
de politique générale en décembre 2024, cet ancien haut fonctionnaire a suscité un débat nourri et
parfois polémique.
1 Voir Jean-Pascal Beaufret, Retraites obligatoires et déficits publics - Pour la clarté, in Commentaire, été 2023 (n°182 et
2/2023).
2 Voir Haut commissariat au plan, Retraite : une base objective pour le débat public, note du HCP, décembre 2022.
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Annexe XI
- 2 -
La notion de « déficit caché » a été écartée tant par la Cour des comptes3 que par le conseil d’analyse
économique4 reprenant les travaux d’économistes de l’institut des politiques publiques5, qui ont
rappelé, dans la continuité de la prise de position6 du président du conseil d’orientation des retraites
(COR) qu’il n’y a pas de « déficit caché » des retraites en ce que, en comptabilité nationale, les flux entre
les administrations de sécurité sociale et les autres administrations publiques n’ont, par définition, pas
d’impact sur le solde global des administrations publiques.
Ainsi, l’INSEE, dans une note méthodologique annexée au rapport annuel du COR 2025 précise : « Le
solde des régimes vieillesse est voisin de l’équilibre dans les comptes nationaux, en léger excédent en
2022. Mais les recettes de ces régimes sont constituées en partie de transferts en provenance d’autres
administrations publiques et d’impôts et taxes affectés. Certains observateurs considèrent que tout ou
partie de ces recettes n’ont pas à figurer dans le calcul du solde des retraites. Il y a dès lors autant de déficits
calculables qu’il y a de manières de tracer la frontière des recettes que l’on estime légitimement relever du
financement des retraites. Ces conventions sont sans incidence sur le calcul du déficit public lui-même »7.
Ce point n’est pas contesté par Jean-Pascal Beaufret. Pour lui, toutefois, la question de la « localisation »
des déficits publics (au sein d’une entité « retraites » ou au sein du budget de l’Etat) est clef. Elle peut
conditionner largement le diagnostic économique et financier que l’on porte sur le système de retraites
régime par régime et dans son ensemble.
Les travaux de cette annexe sont issus de ces débats. Ils visent à indiquer les impacts des différentes
approches pouvant être retenues pour disposer d’une vision clarifiée des retraites publiques. L’annexe
explique ainsi les méthodes envisageables et leurs conséquences et impacts.
Source : CDC, travaux mission.
Ainsi, si le traitement en comptabilité générale, présenté au CA de la CNRACL, intégré en
CCSS et en LFSS n’appelle pas de remarques particulières, la présentation des comptes de
la CNRACL en comptabilité nationale présente certaines limites. Si celles-ci ne sont pas à la
hauteur de celles caractérisant les pensions civiles et militaires de l’Etat8, il est apparu nécessaire
de faire état des différentes méthodes susceptibles de mieux appréhender la situation réelle du
régime des agents titulaires des fonctions publiques territoriale et hospitalière. Ces présentations
différentes des enjeux comptables et financiers sont nécessaires compte tenu de la situation,
démographique et financière, actuelle et à venir, de la CNRACL. Elles sont d’actualité, puisque,
dans la continuité des débats intervenus, le ministère en charge des finances a fait évoluer la
méthode de présentation des comptes des retraites publiques dans l’annexe « CAS Pensions »
jointe au projet de loi de finances pour 2026, tout en mentionnant que plusieurs méthodes
alternatives pouvaient être mobilisées, au service d’une transparence et d’une sincérité
financières accrues.
Cette annexe présente ces enjeux Elle recense et analyse les différentes pistes possibles de
présentation rénovée des comptes de la CNRACL.
3 Cour des comptes, Situation financière et perspectives du système de retraite, février 2025.
4 Hélène Paris, Retraites des fonctionnaires d’État : pas de déficit caché mais un coût salarial surévalué, Focus du conseil
d’analyse économique, n°121, septembre 2025.
5 Patrick Aubert, Maïlys Pedrono, Maxime Tô, Todor Tochev, Retraites des fonctionnaires d’État : faut-il changer la
convention comptable ?, in Institut d’études des politiques publiques (IPP - collectif), Perspectives budgétaires, juin 2025.
6 Gilbert Cette (en tant que Président du COR), La mesure du solde du système de retraite dans les rapports du COR, Note
publique, janvier 2025.
7 Voir l’annexe 1 du rapport du COR de juin 2025 reproduisant une note de l’Insee de février 2025, Annexe 1 – Quelle est
la part du déficit des régimes de retraite dans le déficit public ? in COR, Évolutions et perspectives des retraites en France,
Rapport annuel, juin 2025.
8 Les taux de cotisation employeurs sont en effet beaucoup plus élevés dans le cas des pensions civiles et militaires de
l’Etat que dans le cas de la CNRACL.
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Annexe XI
- 3 -
1. Enjeux
Si notre système de retraite était constitué de plusieurs caisses ne versant que des pensions
obéissant aux mêmes paramètres et dont les seules recettes étaient constituées de cotisations à
taux et assiettes uniformes, la question du traitement de ces caisses en comptabilité nationale ne
se poserait pas. Dans une recherche de mutualisation des écarts démographiques, le calcul d’une
compensation financière entre les régimes à ce titre serait en outre très aisée
Cette situation idéale-typique est éloignée de la réalité à laquelle le comptable national est
confronté. En effet, dans un contexte de nombreuses situations d’assurés pluri ou poly-
pensionnés, bien que plusieurs des paramètres clefs concernant les règles devant être
réunies pour liquider sa pension (âge d’ouverture des droits, durée d’assurance requise en
particulier) soient désormais communes aux principaux régimes, nombres de dimensions
diffèrent selon le régime socio-professionnel envisagé, en base et/ ou en complémentaire.
En effet :
du côté des recettes,
les cotisations ne sont que rarement prélevées sur les mêmes assiettes (jeu du
plafonnement ou de l’intégration / exclusion de certains éléments) et n’ont pas les
mêmes taux (même si un effort de convergence a été mené entre les cotisations à la
charge des salariés afin de rapprocher les efforts des agents publics sur ceux des
salariés du secteur privé) ;
les recettes des régimes ne sont pas constituées des seules cotisations à la charge des
employeurs ou des personnes protégées ; les régimes reçoivent tous des transferts
dans des proportions plus ou moins importantes ; certains prélèvement ne sont pas
générateurs de droits ; certains régimes ou certaines dépenses des régimes peuvent
donner lieu à un financement par des tiers ou par voie d’impôts et de taxes affectés ;
la compensation des allégements de cotisations par le truchement d’impôts et de
taxes a conduit à complexifier les flux financiers ; enfin, les régimes peuvent disposer
de contributions publiques soit des subventions d’équilibre apportées par l’Etat en
tant qu’employeur ou en tant que puissance publique ;
du côté des dépenses,
de nombreux paramètres ayant des effets puissants sur les pensions restent
différents (régimes à cotisations ou à prestations définies, mode d’acquisition des
droits, dépenses de solidarité, prise en charge du fait conjugal ou familial, etc.) ;
de ce fait le lien de contributivité entre le niveau des cotisations effectivement
acquittées lors des périodes d’activité et le niveau des droits servis, directs ou dérivés,
varie très fortement d’un régime à un autre ;
dans une approche globale,
le périmètre général des régimes est différent en ce qu’ils peuvent être de base,
complémentaires ou encore uniques ou « intégrés » et comprendre ou non le champ
d’incapacité professionnelle ou d’invalidité ;
le champ des risques pris en charge est donc également variable ; par exemple, la
CNRACL prend également en charge le risque invalidité avant l’âge légal de départ à
la retraite ; les droits ne sont pas de mêmes natures pour les salariés du secteur privé
qui peuvent être couverts au titre de l’invalidité relevant du risque maladie ou des
accidents du travail et maladies professionnelles ; par ailleurs, en ce qui concerne les
départs anticipés à la retraite pour incapacité professionnelle des salariés du secteur
privé, la CNAV, bénéficie, contrairement à la CNRACL, à ce titre, d’une recette affectée
de la branche AT-MP ;
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Annexe XI
- 4 -
la compensation démographique est difficile à calculer de manière objective et
équilibrée compte tenu de la disparité des règles des régimes : isoler, dans les écarts
de dépenses entre caisses, ce qui relève du facteur spécifiquement démographique,
est en effet très complexe (voir annexe 9 - La compensation et la surcompensation
entre les régimes de retraite et leurs impacts pour la CNRACL).
Au plan financier et comptable, toutes les contributions des employeurs publics sont aujourd’hui
considérées comme des cotisations sociales. Ce raisonnement vaut tant pour l’Etat que pour les
employeurs territoriaux et hospitaliers.
S’agissant des régimes des fonctionnaires, plusieurs experts9 considèrent que le
traitement comptable adéquat des recettes pourrait distinguer entre ce qui relèverait d’un
taux de cotisation employeur « normal » et ce qui relèverait de subventions de ces mêmes
employeurs visant à couvrir d’autre besoins de financement que ceux qui découlent du seul
versement des pensions (encadré 2). Ces travaux mettent en avant que les cotisations faciales
calculées en application des taux employeurs publics visent en réalité à couvrir d’autres charges
que celles qui relèvent normalement d’un régime de retraite par répartition (des dépenses de
solidarités, des pensions d’invalidités, des charges résultant de déséquilibres démographiques
insuffisamment compensés par le mécanisme de la compensation démographique entre régimes)
ou encore de la nécessité légale d’équilibrer le compte (cas du CAS pensions pour les pensions
civiles et militaires de l’Etat).
Les options alternatives de présentation retenues par ces experts sont naturellement
neutres « toutes APU ». Toutefois, elles ne le sont pas quant à la nature et l’origine du déficit
de chaque caisse, de sa contribution à la formation d’un « déficit des retraites » global, ou encore,
plus indirectement, quant au jeu des acteurs. Pour ces différentes raisons, ces volontés de
clarification dans la présentation des comptes permettent de mieux comprendre les mécanismes
à l’œuvre.
En outre, le choix de l’une ou l’autre des présentations n’est pas neutre sur le calcul des
dépenses publiques et du PIB. En effet, une cotisation d’un employeur public à la pension de ses
anciens fonctionnaires est traitée intégralement en dépenses publiques toutes administrations
publiques (APU) confondues10 tandis que les subventions sont traitées en transferts entre
administrations (en l’occurrence, ce serait entre les employeurs publics et la CNRACL) et
n’apparaissent pas, après consolidation, dans les dépenses publiques toutes APU.
Encadré 2 : Les travaux visant à définir le bon niveau des cotisations et des autres ressources pour
les régimes publics de retraite au regard de leurs dépenses d’assurance ou de solidarité
Au-delà des positions sur le niveau de dépenses de retraites, subsistent des éléments de débats qui ont
à nouveau marqué les travaux parlementaires sur les projets de loi de finances et de loi de financement
pour 2026. Ils ont trait notamment au fait que la cotisation d’équilibre est pour partie trompeuse. Elle a
un effet, en ce que les opérateurs sont amenés à cotiser sur la base du taux ainsi calculé, mais ce taux est
très élevé et peut donc paraître, par construction, insoutenable. En cela, ce taux de cotisation d’équilibre
peut apparaître en décalage par rapport aux principes retenus par la comptabilité nationale ou à tout le
moins critiquables (encadré 1).
9 Voir Jean-Pascal Beaufret, Retraites obligatoires et déficits publics - Pour la clarté, in Commentaire, été 2023 (n°182 et
2/2023) ; Hélène Paris, Retraites des fonctionnaires d’État : pas de déficit caché mais un coût salarial surévalué, Focus du
conseil d’analyse économique, n°121, septembre 2025 ; Patrick Aubert, Maïlys Pedrono, Maxime Tô, Todor Tochev,
Retraites des fonctionnaires d’État : faut-il changer la convention comptable ?, in Institut d’études des politiques
publiques (IPP - collectif), Perspectives budgétaires, juin 2025.
10 Hélène Paris, Retraites des fonctionnaires d’État : pas de déficit caché mais un coût salarial surévalué, Focus du conseil
d’analyse économique, n°121, septembre 2025.
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Annexe XI
- 5 -
Sur un autre plan, ces débats conduisent à interroger le système de retraites publiques en ce que les
dépenses de solidarité y sont financées non par des tiers (ex-fonds de solidarité vieillesse – FSV11, caisse
nationale des allocations familiales -CNAF), notamment au moyen d’impôts et taxes affectés mais par
des cotisations des actifs et des employeurs. De plus, se pose la question des comparaisons pouvant être
faites entre le système public unique et intégré avec les systèmes applicables aux salariés du privé qui
sont construits autour de deux piliers en répartition (une en base à « prestations définies » et un en
complémentaire à « cotisations définies »). Enfin se pose la question du mode de prise en compte et de
mutualisation par le mécanisme de compensation du déséquilibre démographique propre aux retraites
publiques (voir annexe 9 - La compensation et la surcompensation entre les régimes de retraite et leurs
impacts pour la CNRACL) ou par d’autres voies (au niveau de l’Etat, des personnes publiques ou du
système de retraite dans son ensemble).
Ces débats reflètent pour partie le caractère « circulaire » du financement des dépenses publiques que
sont les retraites publiques par tout ou partie des recettes publiques. La question de la « circularité »
traitée par ailleurs par la mission (voir annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs
employés dans les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des
déclarations sociales) ne peut donc être séparée de ce débat en ce que les tenants d’une solution ou d’une
autre entendent toujours décrire au mieux les dépenses et recettes effectivement supportées au titre
des retraites publiques. Certains travaux tendent avant tout à mettre en avant la situation d’ensemble
des retraites publiques et donc des retraites dans leur ensemble et leurs impacts sur les dépenses et
recettes publiques par secteur ou sous-secteur de dépenses, tout en visant à identifier un taux de
cotisation adapté (entendu ici comme la somme des taux à la charge des agents et de l’employeur ou du
seul employeur). D’autres visent à chercher une approche plus sincère des crédits de personnel figurant
actuellement dans la nomenclature budgétaire de l’Etat, considérant que la contribution d’équilibre a un
effet trompeur sur le niveau effectif de la dépense, niveau que l’on peut mieux appréhender au moyen
de taux de cotisation (là aussi complets) reflétant mieux le coût effectif de l’emploi de certains agents
publics12.
Ces débats sont aussi pour partie le reflet de gestions comptables différentes (comptabilité de caisse ou
en droits constatés) : la comptabilité de caisse tendant, par nature, à ne pas apprécier de la manière la
plus juste le besoin de financement tant au titre d’un exercice que dans une approche intertemporelle
intégrant les obligations comptables effectives. Ces différences comptables peuvent donc expliquer les
choix institutionnels opérés pour les retraites publiques. Et leur impact sur la nature des débats. Elles
sont cependant sans conséquence au niveau de la comptabilité nationale qui est en droits constatés.
Ainsi, pour les pensions civiles et militaires, cela a trait au fait de ne pas identifier une caisse autonome
financée par des cotisations revêtant un caractère libératoire pour l’employeur mais bien de les gérer
au moyen d’un compte d’affectation spéciale (CAS pensions). Ils ont donc beaucoup plus d’acuité et
d’importance pour le régime des pensions civiles et militaires de l’Etat. Le régime des agents titulaires
des fonctions publiques hospitalière et territoriale a pour sa part une caisse dotée de la personnalité
morale et financée au moyen de cotisations à caractère libératoire pour les employeurs.
11 Le FSV est, à compter du 1 er janvier 2026, repris dans ses droits et obligations par la caisse nationale d’assurance
vieillesse des travailleurs salariés, dans le cadre d’une réforme d’ensemble prévue par l’article article 24 de la loi du 28
février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025. Voir arrêté du 30 décembre 2025 relatif au transfert à la
caisse nationale d'assurance vieillesse des emplois, biens, droits et obligations de l'établissement public à caractère
administratif du Fonds de solidarité vieillesse, JORF du 31 décembre 2025.
12 Voir Hélène Paris, Conseil d’analyse économique, précité, qui procède à un recalcul des dépenses de l’Etat par grandes
politiques publiques après réajustement des taux de cotisation.
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Annexe XI
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Ces débats sont en lien direct avec les travaux de la mission. Les travaux précédents des inspections
générales13 ont mis à jour la possibilité de revoir les flux de compensation démographique ou les modes
de prise ne charge de certains dispositifs considérés comme relevant de la solidarité donc du
financement par l’impôt et non la cotisation. De plus, les travaux de la mission amènent à souligner la
possibilité (voir annexe 5 - Analyse des évolutions à caractère systémique de la CNRACL et des autres
évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de retraites) de constituer un pôle de
retraite public ou privé. C’est à la lumière de ces éléments que la présente annexe doit être appréciée.
En effet, dans le cadre de la constitution d’un pôle public, la mission se prononce en faveur de la
constitution d’une caisse autonome financée par des cotisations à caractère libératoire, se substituant
donc au dispositif actuellement retenu de cotisation d’équilibre et de compte d’affectation spéciale.
Source : CDC, travaux mission.
Dans le cas des pensions de l’Etat, dont les comptes sont retracés dans un compte
d’affectation spéciale, cette convention aboutit, par construction, à un solde équilibré14.
Pour autant, dans le « jaune budgétaire » sur les pensions annexé au PLF 2026, il est reconnu que
« Cette présentation peut nuire à la lisibilité des finances publiques en ne distinguant pas clairement
la part correspondant à une contribution employeur comparable à celle des régimes de droit
commun de celle constituant une subvention d’équilibre.15 »
Plusieurs travaux récents, réalisés soit sur le seul champ de l’Etat, soit sur l’ensemble des régimes
de retraite, sont venus récemment proposer des solutions comptables. La suite de cette annexe se
concentre sur une discussion de ces propositions et évalue les conséquences de leur application
éventuelle à la CNRACL. L’objectif est ici d’apprécier comment les droits et obligations comptables
au titre des retraites peuvent être mieux retracés en charges et en produits afin de donner une
image plus fidèle de la situation financière d’un régime et d’un secteur de dépenses publiques.
2. Présentation des deux méthodes
Deux méthodes sont utilisées. Elles aboutissent à deux présentations différentes des
comptes d’une « caisse des retraites publiques ».
L’une d’entre elle16 a déjà été appliquée à la CNRACL. Elle vise à calculer un taux de cotisation
par référence au secteur privé. Elle est appelée ci-après « convention taux secteur privé ». La
mission a mobilisé les travaux existants pour illustrer l’impact de cette convention sur la CNRACL.
L’autre méthode, déployée par l’institut des politiques publiques (IPP)17, n’a été appliquée
qu’au CAS pensions mais peut être, dans le cadre décrit ci-après, également appliquée à la
CNRACL. Elle vise à calculer un taux reflétant les seules dépenses d’assurance afin de pouvoir le
comparer avec le secteur privé. La mission a sollicité la Direction de la recherche, des études, de
l'évaluation et des statistiques (Drees) et un des auteurs (Patrick Aubert) pour appliquer cette
méthode à la CNRACL. Elle les remercie sincèrement pour le concours apporté aux travaux. On
appelle ici cette méthode « convention taux assurance ».
13 Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation financière de la Caisse nationale de
retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R / 2023-
104R / 2023-M-104-02.
14 La LOLF prévoit en effet que les CAS sont équilibrés par une contribution de l’Etat, voir l’article 21 de la loi organique
n° 2001-692 du 1 août 2001 relative aux lois de finances.
15 Annexe au projet de loi de finances pour 2026, Rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique, Jaune
budgétaire du « CAS pensions », octobre 2025.
16 Haut commissariat au plan, Retraites : une base objective pour le débat civique, décembre 2022 et Jean-Pascal Beaufret,
Retraites obligatoires et déficits publics - Pour la clarté, in Commentaire, été 2023 (n°182 et 2/2023).
17 Patrick Aubert, Maïlys Pedrono, Maxime Tô, Todor Tochev, Retraites des fonctionnaires d’État : faut-il changer la
convention comptable ?, in Institut d’études des politiques publiques (IPP - collectif), Perspectives budgétaires, juin 2025.
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Annexe XI
- 7 -
Les deux dénominations ont été retenues et apportées par la mission et non par les auteurs ou les
initiateurs des méthodes susmentionnées. Par nature, ces méthodes diffèrent sur la façon de
calculer le montant des cotisations employeurs et, partant, les taux de ces cotisations
appliqués aux traitements des titulaires (donc sur l’assiette dérogatoire, hors primes, retenue
au sein de la fonction publique).
2.1. La méthode « convention taux assurance » de l’Institut des politiques
publiques
2.1.1. Trois types de dépenses ne devant pas nécessairement être prises en charge par les
cotisations
Elle consiste à calculer une « véritable » cotisation employeur non pas en recherchant un
taux de cotisation « normal »18 mais en procédant par soustraction, en déduisant de la
masse des cotisations actuellement acquittées19, toutes les dépenses qui ne devraient pas
être couvertes par de « véritables » cotisations employeurs. Concrètement, il s’agit de déduire
de la masse des cotisations actuelles toutes les dépenses qui visent à financer :
des dépenses de solidarité qui, pour les salariés du secteur privé, sont prises en charge
par des entités dédiées financées par des impôts et taxes affectés telles que (i) les
validations de droits et périodes par le FSV, (ii) les majorations pour enfants supportées par
la CNAF ou encore (iii) les pensions d’invalidité financées par la CNAM (avant l’obtention de
l’âge d’ouverture des droits - AOD de droit commun) ;
les déséquilibres démographiques ;
des avantages « professionnels » liés au régime (en l’occurrence, les départs anticipés des
catégories actives pour la CNRACL).
Ces différentes postes ne sont donc plus financés par des cotisations. Les recettes
correspondantes sont comptabilisées comme des subventions au régime. Elles sont donc déduites
des cotisations, auxquelles elles viennent en partie se substituer.
2.1.2. Le calcul de la subvention démographique
« Le fait de ne pas avoir un mécanisme complet de compensation revient à accorder une subvention
implicite de l’État aux régimes dont la situation démographique est plus favorable que la
moyenne ».20 De fait, en l’état la compensation n’est pas favorable aux régimes publics (voir
annexe 9 - La compensation et la surcompensation entre les régimes de retraite et leurs impacts pour
la CNRACL), ce qui conduit donc ceux-ci à supporter seuls certaines charges.
18 Les auteurs considèrent que tout choix dans ce domaine, notamment par référence au secteur privé, serait arbitraire.
19 Donc en intégrant l’ensemble des cotisations à la charge des agents et celles à la charge des employeurs et notamment
la contribution d’équilibre de l’Etat.
20 Patrick Aubert, Maïlys Pedrono, Maxime Tô, Todor Tochev, Retraites des fonctionnaires d’État : faut-il changer la
convention comptable ?, in Institut d’études des politiques publiques (IPP - collectif), Perspectives budgétaires, juin 2025.
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Annexe XI
- 8 -
Après retranchement des dépenses et calcul d’une subvention démographique, l’IPP
détermine un taux de cotisation employeur d’équilibre, calculé comme étant celui qui
équilibrerait les comptes. En appliquant cette méthode, le taux de cotisation employeur pour
l’Etat équilibrant le CAS pensions, devrait être de 34,7 % (calculs effectués pour l’année
2020), contre 78 % pour les fonctionnaires civils de l’Etat et de 126 % pour les militaires.
D’après ces estimations, les cotisations employeurs ainsi recalculées ne couvriraient plus
désormais que 40% des dépenses totales du CAS pensions, contre 73,5 % dans la présentation
actuelle.
2.2. La méthode « convention taux secteur privé » retenue par le Haut-
commissariat au plan
Elle consiste à fixer un taux de cotisation considéré comme « normal » par référence au
secteur privé. Ce taux normal, appliqué à l’assiette des cotisations, permet de calculer les
cotisations employeurs. Par déduction, les autres recettes publiques sont, là encore, considérées
comme des subventions des employeurs au régime.
Le HCP21, s’inspirant de travaux précédents22, retient le taux de cotisation des employeurs du
secteur privé (16,5%), qu’il applique à l’assiette des traitements23. Il considère que le taux
de remplacement du dernier traitement par la pension publique étant proche de celui
observé pour le dernier salaire par les pensions servies dans le secteur privé (base et
complémentaire), il n’y a pas de raison de considérer que ces taux devraient être différents.
Dans cette méthode, toutes les recettes excédant ces cotisations « normales » sont
considérées comme des subventions.
L’application de cette méthode pour l’Etat en 2024 (graphique 1), reprise dans le jaune
« Pensions »24, conduit à une nouvelle décomposition des ressources du CAS pensions. Elle fait
notamment apparaître une subvention d’équilibre couvrant implicitement à la fois les
« surcotisations » par rapport au taux normal et les dépenses qui devraient être prises en charge
par d’autres financeurs (dépenses de solidarité, une compensation démographique mieux
calculée, dépenses liées à l’invalidité, etc.).
21 Haut commissariat au plan, Retraites : une base objective pour le débat civique, décembre 2022.
22 Jean-Pascal Beaufret, Retraites obligatoires et déficits publics - Pour la clarté, in Commentaire, été 2023 (n°182 et
2/2023).
23 Donc à l’assiette hors primes alors que le taux de cotisation pour les salariés du secteur privé s’appliquer à l’ensemble
des éléments de rémunération dans le cadre déterminé par les articles L. 136-1 et L. 242-1 du code de la sécurité sociale.
24 Voir pages 13 et s. in Annexe au projet de loi de finances pour 2026, Rapport sur les pensions de retraite de la fonction
publique, Jaune budgétaire du « CAS pensions », octobre 2025.
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Annexe XI
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Graphique 1 : L’application de la « convention taux secteur privé » aux pensions civiles et
militaires de l’Etat – en Mds€ - 2024
Source : Annexe au projet de loi de finances pour 2026, Rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique, Jaune
budgétaire du « CAS pensions », octobre 2025, travaux mission.
3. Application de ces méthodes au cas de la CNRACL
3.1. La méthode « convention taux assurance » de l’Institut des politiques
publiques
Dans le cas de la CNRACL, les évolutions démographiques, les évolutions de l’assiette de
cotisations et la faiblesse de la compensation démographique font que, pour équilibrer les
comptes, le taux des cotisations employeurs, qui représente -sur une assiette différente- le
double des cotisations employeurs au régime général, devrait fortement progresser. Ce taux
resterait toutefois inférieur à celui imputé à l’Etat employeur actuellement, dans le cadre de
la contribution d’équilibre, pour assurer l’équilibre du « CAS Pensions ».
La présentation des recettes et le calcul d’un taux de subvention « normal » s’effectue en
trois temps.
3.1.1. Le calcul d’une masse de dépenses de pensions excluant les dépenses de solidarité,
d’invalidité et celles liées aux spécificités professionnelles (catégories actives)
L’approche consiste ici à diminuer le montant total des prestations de celles qui ne devraient
pas être financées par des cotisations mais par des subventions ou des impôts et taxes affectés,
sur le modèle retenu pour les salariés du secteur privé (tableau 1).
41,5
52,4
11,0
7,5 7,5
4,8 4,8
0
10
20
30
40
50
60
70
Produits avec les taux actuels Produits avec les taux
"convention secteur privé"
Autres recettes
Cotisations salariales -
Fonctionnaires civils et
militaires de l'Etat
Contributions employeurs (hors
ATI) des fonctionnaires civils et
militaires de l'Etat
Subvention d'équilibre
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Annexe XI
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Tableau 1 : Passage des dépenses de prestations totales de la CNRACL aux dépenses de prestations
corrigées – en M€ - année 2023
2023
Dépenses prestations totales (1) 26 118
Subvention pour dépenses d’invalidité avant l’AOD (2) 566
Dépenses de solidarité (avantages familiaux) (3) 993
Dépenses liées à des spécificités professionnelles (cat. actives) (4) 846
Dépenses de pensions « corrigées » (1)-(2)-(3)-(4) 23 712
Source : Caisse des dépôts et consignations - comptes 2023 de la CNRACL et enquête annuelle 2025 auprès des caisses de
retraite.
3.1.2. Calcul d’une « subvention démographique »
L’idée est de calculer de manière simple la proportion de ces dépenses de pensions
« corrigées » qui devraient être prises en charge sous forme de subvention en vue d’assurer
une compensation démographique.
Pour effectuer ce calcul, l’IPP retient le ratio démographique corrigé des carrières complètes : il a
l’avantage de tenir compte du coût moyen de chaque retraité (avec cette correction, le montant
des pensions versées est proratisé par le ratio durée validée / durée pour une carrière complète)
25. Il en déduit un « poids du déséquilibre démographique » ainsi calculé :
1 - (ratio démographique corrigé du régime / ratio démographique corrigé tous régimes)
Pour l’année 2023, d’après les calculs de la mission, ce coefficient serait : 1-(2,06/2,08) = - 0,85 %.
La CNRACL bénéficierait donc implicitement d’une « subvention démographique » de 0,85%
(coefficient) * 23 712M€ (dépenses de pensions « corrigées » soit 203M€ des autres régimes. Or,
avec le mécanisme de compensation démographique actuel, la CNRACL était, la même année,
contributrice nette de 635M€.
Les ratios démographiques retenus peuvent cependant être différents (tableau 2).
Tableau 2 : Du ratio démographique brut au ration démographique corrigé pour l’année 2023
Notions Champ CNRACL 2023 Tous régimes 2023
Ratio démographique brut Ratio effectifs cotisants / effectifs tous
retraités 1,40 -
Ratio démographique brut
droits directs hors
catégories actives
Ratio effectifs cotisants / effectifs retraités
de droits directs (hors cat actives) 1,64 1,77
Ratio démographique
corrigé ecc*
Ratio brut corrigé du ratio effectifs en
ecc*/effectifs 2,06 2.08
Source : ratio démographique CNRACL : recueil statistique 2023 ; ratio démographique tous régimes : INSEE. Calculs du
ratio ecc/effectifs : cour des comptes. Calculs de la mission. (*) Equivalent carrières complètes – ecc.
3.1.3. Le calcul d’un taux de cotisation employeur d’équilibre
Le taux de cotisation employeur est donc calculé de manière à ce que le compte soit
équilibré en charges et produits (tableau 3).
Tableau 3 : Compte corrigé CNRACL selon la méthode « convention taux assurance » de l’Institut
25 Dans les modalités actuelles de calcul de la compensation, un retraité ayant cotisé par exemple une seule année dans
un certain régime est comptabilisé avec le même poids qu’un retraité ayant cotisé une carrière complète dans ce même
régime, ce qui désavantage les régimes où une forte proportion de retraités ont effectué une carrière complète. Voir
annexe 9 - La compensation et la surcompensation entre les régimes de retraite et leurs impacts pour la CNRACL.
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Annexe XI
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des politiques publiques – en M€ - 2023
Produits 27 641
Cotisations employeurs 17 791
Invalidité* 566
Subvention régime professionnel* 846
Bonification famille* 994
Subvention démographique* 203
Cotisations salariales 6 450
Transfert décentralisation 559
Autres produits 232
Charges 27 641
Prestations sociales 26 118
Transfert décentralisation 440
Charges financières 139
Autres 944
Résultat 0
Source : CNRACL : rapport annuel des comptes 2023. Travaux mission. Tous les postes indiqués avec (*) sont les postes qui
sont calculés du fait de la méthode. Tous les autres postes correspondent aux postes figurant dans les comptes.
Rapportée à une assiette cotisée estimée à 58 108 M€ en 2023, le « taux de cotisation employeur
d’équilibre » pouvait donc être estimé, la même année, à 30,6%.
Compte tenu de la présence d’un déficit de 2,523Md€ cette même année, le taux de cotisation
employeur effectif aurait été plus faible et se serait établi à 26,3%, contre un taux affiché de
30,65% en 2023.
Ce mode de calcul implique que chaque année ces taux sont susceptibles d’être réajustés.
3.2. La méthode « convention taux secteur privé » retenue par le Haut-
commissariat au plan
Elle repose sur deux opérations :
Exclure les dépenses d’invalidité (avant l’AOD) du compte de la CNRACL ;
Considérer que les cotisations employeur ne sont de « vraies cotisations employeur »
qu’à hauteur d’un taux de 16,58% (alignement sur le taux employeur du régime
général, sans l’appliquer à la même assiette), les autres recettes publiques ayant la nature
de subventions affectées à la CNRACL
Dans ces conditions, le compte de la CNRACL pour 2023 est différent (tableau 4).
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Annexe XI
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Tableau 4 : Compte corrigé CNRACL selon la « convention taux secteur privé » retenue par le Haut-
commissariat au plan – en M€ - 2023
Produits 25 118
Cotisations employeurs 9 634
Cotisations salariales 6 450
Subvention des employeurs* 8 243
Transfert décentralisation 559
Autres produits 232
Charges 27 641
Prestations sociales 25 552
Transfert décentralisation 440
Charges financières 139
Compensation démographique 635
Autres 875
Résultat - 2 523
Source : CNRACL : rapport annuel des comptes 2023. Travaux mission. Les postes indiqués avec (*) est le poste qui est
calculé du fait de la méthode. Tous les autres postes correspondent aux postes figurant dans les comptes.
Cette présentation fait donc apparaître une ligne « subvention employeurs ». Elle vise à
compenser à la CNRACL l’insuffisance des cotisations « normales » employeurs résultant
de l’application du taux de cotisation employeur du régime général (16,58%) au lieu du taux
de 30,65% prévus pour financer le régime en 2023. Aucune correction d’assiette n’est apportée.
Cette subvention correspond à une partie des charges du régime par rapport à celles du
régime général : déséquilibre démographique, dépenses de solidarité, spécificités
professionnelles (catégories actives…). Mais, dans cette méthode, on n’identifie pas le coût de ces
différents items comme dans la méthode de l’IPP.
4. Implications et limites de ces méthodes pour la CNRACL
Ces deux méthodes, sans remettre en cause le résultat comptable de la CNRACL, impliquent une
distinction entre, d’une part, ce qui devrait relever de cotisations employeurs assises sur
les traitements et, d’autre part, ce qui devrait relever d’autres financements.
Les implications pour le régime CNRACL et, par contre-coup, sur les autres régimes, ne sont pas
négligeables, puisque ces présentations impliquent :
Un taux de cotisations sociales employeurs différent donc des produits de cotisations
différents de ceux retenus dans les documents budgétaires et les comptes de la
sécurité sociale ; le coût de certains secteurs d’action publique en est profondément
modifié ; comme le démontre les calculs assurés par l’IPP, les niveaux de dépenses en
matière de défense ou d’éducation en sont profondément modifiés puisque ne sont plus pris
en compte dans ces dépenses une contribution à l’équilibre global mais un coût employeur
par agent sur la base d’un taux corrigé donc un coût différent ; la comparaison entre les
dépenses d’un secteur, en France, et celles d’autres pays en est profondément modifiée ;
Une contribution de la CNRACL au « déficit des retraites » global très supérieure à
celle qui est affichée en LFSS ou par le COR ; en effet, au déficit de 2,5 Mds€ de 2023, il
faudrait rajouter les subventions des employeurs au régime ; ces subventions seraient alors
traitées comme des subventions entre administrations publiques en comptabilité nationale
et non plus comme des cotisations sociales ;
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Annexe XI
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Une diminution des dépenses publiques toutes APU et de leur poids dans le PIB, dans
la mesure où les subventions des employeurs à la CNRACL, contrairement aux cotisations
sociales, devraient être traitées comme des transferts entre APU et non en dépenses
publiques nettes des APU ; de ce fait, une partie des recettes actuelles de cotisations seraient
transformées en transferts entre APU, donc neutres toutes APU ; comme indiqué
précédemment non seulement la masse de l’ensemble des dépenses publiques dans le PIB
en serait diminué mais aussi le poids de chaque secteur de dépenses en serait largement
modifié ; notamment le niveau même de PIB serait abaissé du fait de la baisse des dépenses
des administrations publiques26.
5. Avantages et inconvénients des deux méthodes
La méthode « convention taux secteur privé » retenue par le Haut-commissariat au plan est
très simple. Elle ne suppose pas de « détourer » des dépenses de la CNRACL les charges qui
n’apparaîtraient pas si le régime était aligné, pour certaines dépenses, sur le régime général. En
outre, le taux « normal » utilisé est stable dans le temps ou à tout le moins équivalent à celui du
privé à la date d’application. Cela facilite les projections des comptes et rend la méthode très
intuitive.
Deux inconvénients majeurs doivent être mentionnés. Le taux employeur « normal » choisi,
celui des employeurs du régime général est contestable. Pourquoi retenir cette convention et
non, par exemple, un taux (moyen ?) « tous régimes » ? En outre, le taux choisi néglige
totalement les effets d’assiette : le taux de 16,58% s’applique à la totalité des rémunérations
dans le régime général, tandis qu’il ne s’applique qu’à une assiette hors primes dans le cas de la
CNRACL.
Ainsi, le CAE27 suggère de prendre en compte, d’une part, la somme des cotisations
employeurs et salariés (27,77 % dans le secteur privé) et, d’autre part, la différence d’assiette
(ensemble des rémunérations dans le cas du régime général, traitement dans le cas des pensions
publiques). La part des primes hors assiettes est t estimée à 22% par le CAE pour les agents
titulaires affiliés à la CNRACL, le taux « normal » devrait s’élever à 27,77% / (100-22). En
considérant en outre que c’est à l’employeur de porter la totalité de la hausse de cotisation
résultant de cet élargissement d’assiette, et sachant que le taux de cotisations salariales est de
11,1%, on aboutirait à un « taux employeur normal » de 24,5 % et non de 16,58 % comme
dans la méthode retenue par le HCP. Il faut noter toutefois que, même avec cette correction
d’assiette, la méthode conduirait à un taux de cotisation très inférieur au taux actuel (34,65 %) et
encore davantage au taux prévu en 2028 (42,65 %).
La méthode de l’IPP a le grand avantage de ne pas « normer » a priori la valeur du taux de
cotisation employeur « normal ». Mais elle présente deux limites en ce qu’elle suppose de
calculer chaque année :
les charges relevant de la solidarité, de l’invalidité avant l’AOD et des spécificités
professionnelles du régime ; or, certaines de ces charges sont difficiles à évaluer avec
précision, d’autant plus que les données pour les calculer figurent parfois dans l’échantillon
inter-régimes qui n’est disponible que tous les quatre ans28. Entre-temps, il faut, comme
dans les simulations présentées ici, recourir aux données de l’enquête annuelle auprès des
caisses de retraite, qui fournissent des données avec un décalage de deux ans (les dernières
données disponibles en 2025 étaient celles de 2023) ;
26 Ces impacts sont largement détaillés in Hélène Paris, Retraites des fonctionnaires d’État : pas de déficit caché mais un
coût salarial surévalué, Focus du conseil d’analyse économique, n°121, septembre 2025.
27 Hélène Paris, Retraites des fonctionnaires d’État : pas de déficit caché mais un coût salarial surévalué, Focus du conseil
d’analyse économique, n°121, septembre 2025.
28 C’est le cas tout particulièrement des charges résultant des catégories actives n’ayant pas atteint l’AOD.
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Annexe XI
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une subvention pour compensation démographique ; or, si la méthode proposée semble
plus complète et plus rigoureuse que l’actuelle méthode de calcul de la compensation
démographique, elle se heurte à des difficultés d’accès aux données29 ; cette limite est très
forte car le calcul de la « subvention démographique » est extrêmement sensible au ratio
démographique retenu et la méthode repose largement sur le montant de la subvention
démographique ainsi calculée.
Pour cette raison, les taux de cotisation calculés sont potentiellement très variables dans
le temps et très liés à ces calculs démographiques. Ainsi, selon une estimation de la Drees
réalisée, en lien avec l’IPP, à la demande de la mission, pour l’année 2020, la subvention pour
compensation démographique devrait être négative de 5 Mds€ (donc inscrite en charges dans le
compte de la CNRACL), contre 1,7Md€ dans le cadre du mécanisme de compensation actuel
(graphique XX).
Graphique 2 : Du compte de la CNRACL en LFSS au compte corrigé selon la méthode « convention
taux assurance » de l’Institut des politiques publiques – en Md€ - 2020
Source : Travaux Drees à la demande de la mission.
Or, les estimations de la mission pour 2023 aboutiraient à une subvention (donc un produit) de
203 M€ (tableau 3). Ces estimations ne sont pas nécessairement contradictoires, mais elles
illustrent la sensibilité extrêmement forte de la méthode de calcul retenue au rapport des ratios
démographiques entre la CNRACL et l’ensemble « tous régimes ». Une légère variation de ce taux
peut induire des effets considérables sur le montant de la subvention démographique.
A titre d’illustration, on peut noter que, selon le même calcul effectué à partir des ratios
démographiques bruts projetés pour la CNRACL et l’ensemble « tous régimes » à l’horizon 2045
(respectivement 1,1 et 1,54), cette subvention s’élèverait à près de 5,9 Mds€.
29 Soit la nécessité de disposer de chiffres fiables sur les effectifs en équivalent carrières complètes « tous régimes » et
en temps réel, la nécessité de « sortir » de ces effectifs les retraités des catégories actives qui n’ont pas encore atteint
l’AOD… Ces effectifs sont, en pratique, difficiles à estimer et, là encore, un calcul fiable suppose de se reposer sur l’EIR
qui n’est disponible que tous les quatre ans.
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Annexe XI
- 15 -
Aussi, cet exercice de clarification semble éclairant et nécessaire. Pour autant, la mission
considère que des travaux complémentaires doivent être entrepris pour rendre une telle
présentation solide et en faciliter l’appropriation par les différents acteurs.
En effet, comme le rappelle les annexes budgétaires pour 2026, « la distinction entre un taux
employeur « normalisé », permettant une comparaison avec les autres régimes, et une subvention
d’équilibre demeure complexe et ne peut s’appuyer sur une méthode unique. Cette complexité reflète
les spécificités intrinsèques des régimes de retraite de la fonction publique d’État par rapport au
régime général, ainsi que la diversité des conventions comptables possibles. Dès lors, toute analyse
comparative doit être conduite avec prudence, en tenant compte des limites méthodologiques et des
différences structurelles inhérentes à ces régimes. »30.
30 Annexe au projet de loi de finances pour 2026, Rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique, Jaune
budgétaire du « CAS pensions », octobre 2025.
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ANNEXE XII
Simulations financières à l’horizon 2045
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SOMMAIRE
1. PRÉSENTATION GÉNÉRALE .................................................................................................... 1
2. LES PROJECTIONS DE RÉFÉRENCE ....................................................................................... 2
2.1. Le cadre actuel, les conventions retenues et leurs limites..............................................2
2.2. Les hypothèses retenues par la mission pour les projections du scénario de
référence ..............................................................................................................................................4
3. LES VARIANTES PROJETÉES À LA DEMANDE ET PAR LA MISSION ...........................8
3.1. Les variantes portant sur les paramètres généraux de notre système de retraite
appliqués au cas de la CNRACL...................................................................................................9
3.2. Des variantes portant sur des évolutions différentes des effectifs par rapport au
scénario de référence .................................................................................................................. 12
3.3. Une variante portant sur le calcul d’un « taux de cotisation d’équilibre » financier
de la CNRACL .................................................................................................................................. 15
3.4. Une variante portant sur le calcul d’un « âge d’équilibre » soit l’âge de départ
effectif permettant d’assurer l’équilibre financier de la CNRACL ............................. 17
3.5. Une dernière variante intégrant un choc de taux d’intérêt pour disposer d’une
évaluation du risque financier supporté ............................................................................. 18
4. SYNTHÈSE DES SIMULATIONS ET TRAVAUX RÉALISÉS ............................................. 19
Travaux de la mission…………………………………………………………………………………26
Travaux réalisés par la CDC à la demande de la mission…………………………….30
1. PRÉAMBULE .............................................................................................................................. 32
1. MESURES « CONCLAVE » ....................................................................................................... 33
3. VARIANTE DE MODIFICATION DES CONDITIONS DE DÉPART DES
FONCTIONNAIRES ................................................................................................................... 55
4. VARIANTES DE DÉSINDEXATION DES PENSIONS......................................................... 57
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Annexe XII
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1. Présentation générale
La mission présente sur la base des éléments transmis par la CNRACL (proposés en fin de
document) et des éléments et échanges intervenus avec le COR (voir infra), plusieurs
projections de la situation financière de la CNRACL à plus long terme que dans les
précédents travaux des inspections générales1.
La mission souhaite, à titre liminaire remercier vivement les équipes de la CDC pour leur très
forte contribution dans un contexte avéré de charges. Les travaux d’une grande qualité que les
équipes ont produits sont présentés en fin de cette annexe. La mission remercie également les
équipes du COR pour le concours apporté. Les éventuelles imperfections ou erreurs seraient le
seul fait de la mission.
Le but est ici de décrire une trajectoire centrale ou de « référence » et d’évaluer les
impacts de telle ou telle modification de l’environnement du régime de la CNRACL sur
ses perspectives financières, à l’aide de différents scénarios, en partant des évolutions
possibles et envisageables, tant pour la CNRACL que pour l’ensemble du système de retraite,
et ainsi d’évaluer leurs effets sur la situation de la CNRACL. Ces orientations ont été arrêtées
durant la phase de cadrage, en lien avec les commanditaires et au bénéfice des échanges
intervenus avec les parties prenantes.
Pour toutes ces simulations, l’horizon 2045 a été retenu, pour deux raisons : la première est
que les hypothèses générales portant sur la démographie sont suffisamment robustes à cette
échéance ; la seconde est qu’à cet horizon également, les simulations de dépenses sont peu
impactées par les hypothèses relatives aux recrutements comme à l’évolution possible des
règles d’affiliation au régime. En effet, les évolutions du nombre et du profil des actifs cotisants
qu’envisagent certaines variantes n’ont que peu d’impact sur les montants des pensions à cet
horizon, car il est fait l’hypothèse que les variations d’effectifs s’opèrent via des variantes sur
les embauches de jeunes titulaires qui n’auront donc pas encore liquidé leurs pensions en
2045. Cette hypothèse est lourde. Elle doit donc être bien mesurée dans l’analyse : elle souligne
la pertinence et en même temps les limites de la borne temporelle retenue ici. En outre, les
simulations partent systématiquement des comptes prévisionnels de la CNRACL au titre de
l’année 2025, qui ont été transmis à la mission par la CDC.
1 Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation financière de la Caisse nationale
de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
2023-104R / 2023-M-104-02.
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Annexe XII
- 2 -
2. Les projections de référence
2.1. Le cadre actuel, les conventions retenues et leurs limites
Le champ retenu ci-après est celui correspondant aux comptes de la CNRACL tous
risques confondus (donc comprenant non seulement les prestations en espèces du risque
vieillesse mais aussi celles du risque invalidité et l’action sociale et les dépenses de gestion
administrative) dans le format retenu par la commission des comptes de la sécurité sociale
(CCSS) tel que présenté en loi de financement de la sécurité sociale (LFSS). Le référentiel
comptable est celui du plan comptable unique des organismes de sécurité sociale (PCUOSS)
donc dans le respect de la comptabilité en droits constatés et non dans une comptabilité
publique de « caisse ». Les données sont prévisionnelles de 2025 à 2029 : elles correspondent
aux comptes présentés à la CCSS et intégrés en LFSS. Au-delà de 2029 et jusqu’en 2045, elles
constituent des projections.
Les données fournies au COR diffèrent toutefois des prévisions au format CCSS sur un point
important : afin d’avoir une approche cohérente de la retraite pour l’ensemble des régimes, les
données CNRACL sont retraitées pour exclure des charges les pensions versées à des invalides
n’ayant pas encore atteint l’âge d’ouverture des droits (AOD) de leur génération (par exemple,
62 ans pour la génération 1960). Le SRE applique le même correctif : en effet dans les régimes
de salariés du privé ou de non-salarié, le risque invalidité est porté par la branche maladie et
les invalides ne liquident leur pension de retraite qu’au moment où ils atteignent leur AOD.
La mission a commencé par recueillir les projections existantes, considérées comme les
premières « projections de référence ». Elles proviennent de deux sources : la CDC, opérateur
de la CNRACL, et le COR, qui recueille les projections, à l’horizon 2070, réalisées par les
différents régimes de retraite2, avant de les agréger pour produire son rapport annuel. Ces
deux exercices de simulation, par la CDC et le COR, sont conjoints (le premier alimentant le
second). Ils reposent donc par construction sur les mêmes hypothèses macro-économiques, les
mêmes hypothèses d’effectifs et d’évolution du point d’indice de la fonction publique (voir
infra).
Les principales différences entre ces deux sources résident dans leur degré de détail et
leur complétude :
La CDC a fourni à la mission des projections comportant de nombreux détails en
charges et en dépenses ; tandis que le COR n’a fourni que des projections de soldes,
estimant que les détails des charges et des dépenses projetées ne sont pas suffisamment
robustes ;
La CDC a fourni à la mission les projections avant exclusion des bénéficiaires d’une
pension d’invalidité n’ayant pas encore atteint l’AOD de leur génération, afin d’avoir un
périmètre pertinent pour apprécier la situation financière du régime (les données
fournies à la mission permettaient toutefois d’isoler à des fins analytiques la masse des
pensions d’invalidité versées à des affiliés n’ayant pas encore atteint l’AOD de leur
génération) ;
2 Plus précisément, chaque régime produit tous les 5 ans des projections de ses produits et de ses charges destinées
au COR qui les agrège. Les années intermédiaires, seuls les principaux régimes (Cnav, Agirc-Arrco, SRE, CNRACL)
produisent une actualisation annuelle : ces projections sont transmises au COR qui procède lui-même à une
actualisation des projections des régimes de taille intermédiaire ou petite et agrège l’ensemble.
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Annexe XII
- 3 -
La CDC intègre des frais financiers (soit le coût du financement des besoins de
trésorerie ou des déficits comptables, sur la base de paramètres conventionnels) ; tandis
que le COR, suivant un principe général appliqué à tous les régimes, raisonne hors
charges et produits financiers. Implicitement, dans les projections du COR, c’est un tiers
(ACOSS, CADES, Etat…) qui porte l’endettement de la CNRACL, suivant en cela une
convention transverse à tous les régimes. S’agissant de la CNARCL, déjà lourdement
endettée en début de période, cette différence des projections du COR avec celles de la
CDC est considérable ;
Le COR intègre une projection de compensation démographique (qui jouerait au
bénéfice de la CNRACL à partir de 2027) ; tandis que, dans le scénario de référence de la
CDC, la compensation démographique n’est intégrée qu’à l’horizon des données
produites par la direction de la sécurité sociale (DSS – jusqu’en2029) et intégrées dans
les présentations faites chaque année à la CCSS et intégrées en LFSS3. Au-delà de 2029,
la CDC n’intègre pas de compensation démographique dans ses projections ni en recettes
ni en dépenses (elle est donc supposée nulle).
Ces choix conventionnels différents génèrent des écarts extrêmement significatifs4 qui
peuvent rendre irréductibles les rapprochements des deux exercices. De fait, ces deux écarts
(sur les charges d’intérêt et sur la prise en compte de la compensation démographique) font
que les deux exercices sont très difficilement comparables. A la connaissance de la mission, des
projections complètes de ce type, intégrant donc ces deux paramètres clefs que sont les frais
financiers et les effets des compensations, n’avaient jamais été réalisées au-delà de 2030.
Par ailleurs, des hypothèses, communiquées par la direction du Budget, et prévoyant
notamment la stabilité des effectifs à long terme et l’absence d’évolution de structure
des rémunérations, sont reprises systématiquement comme des données purement
exogènes, dans toutes les simulations réalisées, par le COR ou par la CDC. Il n’appartient pas à
la mission de les apprécier. Elle souligne leur poids très fort en ce qu’elles jouent tant sur les
recettes que les dépenses de retraites des trois fonctions publiques.
En outre, les projections reposent sur l’hypothèse que les personnes prenant leur retraite
le font toujours dès qu’ils peuvent liquider à taux plein (que ce soit au titre de la
catégorie active, des carrières longues, de la catégorie sédentaire…). De ce fait, un
allongement de la durée de cotisation requise pour le bénéfice du taux plein n’entraînerait pas
un surcroît de départs en retraite. Les seuls départs en retraite interviennent de manière
mécanique, pour chaque cotisant concerné, à la date de l’acquisition du taux plein. Si cette
convention est, là encore, nécessaire et compréhensible, elle a inévitablement des effets
puissants.
Un autre élément a retenu l’attention de la mission, au-delà des paramètres conventionnels
utilisés pour réaliser ces projections du côté des services statistiques de la CDC et du COR :
aucune projection complète, à long terme, intégrant tous les éléments pertinents, n’est
présentée régulièrement à la gouvernance de la CNRACL. Aucune variante des projections
rendues publiques par le COR n’a -à la connaissance de la mission- été présentée aux
administrateurs de la CNRACL, à leur demande ou à l’initiative des services de la CDC. Cette
situation ne facilite pas la bonne appropriation des enjeux et des leviers d’action par les acteurs
et notamment les différentes administrations de tutelles. Elle doit nécessairement évoluer. La
mission formule des recommandations dans le rapport à ce sujet.
3 Donc, à la date de la mission, pour les seules projections quadriennales proposées en loi de financement de la
sécurité sociale, soit jusqu’en 2029.
4 L’intégration de ces paramètres diminue la dette de l’ordre de 50 milliards d’euros en 2045, voir infra.
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Annexe XII
- 4 -
La mission a donc considéré comme nécessaire, à partir des travaux du COR et de la CDC de
reconstituer des projections complètes intégrant les différents objets pertinents (frais
financiers, compensation, passage en euros constants, voir infra). Elle s’est ainsi attachée à
reconstituer une trajectoire de référence intégrant les différents éléments fournis par la CDC
et le COR.
A partir de ce scénario de référence, elle a construit des scénarios alternatifs, avec l’aide du
COR et de la CDC. Ces variantes permettent à la fois d’évaluer la sensibilité de ces projections à
quelques variables clés et de rechercher sous quelles hypothèses la CNRACL pourrait retrouver
l’équilibre.
2.2. Les hypothèses retenues par la mission pour les projections du
scénario de référence
2.2.1. Les hypothèses générales sur l’évolution macro-économique et le système de
retraite
La mission a repris le scénario macro-économique central du COR sur la productivité, le
taux de chômage, l’inflation et les paramètres démographiques5. Les travaux reposent sur
l’hypothèse d’une mise en place complète et sans retard de la réforme des retraites de 2023.
Par conséquent, aucune simulation n’intègre les conséquences pour la CNRACL d’un gel à
62 ans et 9 mois de l’âge légal qui résulte de la LFSS pour 20266. La CDC a toutefois indiqué
à la mission que cette seule disposition devrait entraîner une dégradation supplémentaire du
solde de la CNRACL de l’ordre de 100 millions d’euros en 20267.
Les hypothèses de taux d’intérêt utilisées dans les projections de la CDC sont reprises.
La CDC retient, comme le COR, une hypothèse à long terme de taux d’intérêt égale à la
croissance du PIB, avec un raccordement linéaire sur 5 ans par rapport à un niveau initial 2024,
calculé comme une moyenne pondérée du taux moyen des emprunts d’Etat (TME) et des
rendements des entreprises du CAC 40 (voir encadré 1). Cette hypothèse peut être contestée,
dans la mesure où la dette est de court terme et les charges d’intérêt correspondantes
devraient plutôt dépendre des taux du marché monétaire. Afin de limiter le nombre de
variantes, la mission n’a pas testé d’hypothèses alternatives, mais a simulé une variante « choc
de taux » aux taux proposés par la CDC. Cette variante est destinée à apprécier la sensibilité
des projections au risque de taux. Les travaux, en ce qu’ils visent à refléter la situation de la
CNRACL, en recettes et en dépenses, ainsi que les conséquences d’un éventuel déséquilibre,
intègrent le coût du déficit et de la dette, sous ces hypothèses conventionnelles.
5 Notamment des gains de productivité horaire de 0,7 % à long terme, un taux de chômage ramené à 7 % et un taux
de fécondité stabilisé à 1,8. Les calculs effectués par la mission en euros constants se basent sur les hypothèses
d’inflation du COR.
6 La réforme des retraites intervenue à compter de 2023 (loi n°2023-270 du 14 avril 2023 de financement
rectificative de la sécurité sociale pour 2023) a été suspendue. En effet, le 23 octobre 2025, une lettre rectificative
au projet de budget de la sécurité sociale pour 2026 a été présentée en Conseil des ministres pour suspendre la
réforme des retraites comme s'y était engagé le Premier ministre le 14 octobre 2025, lors de sa déclaration de
politique générale. Cette lettre prévoit qu'aucun relèvement de l'âge de départ en retraite n'intervienne à partir de
maintenant jusqu'à janvier 2028. L'âge d'ouverture des droits est ainsi réduit d'un trimestre pour les générations
nées de 1964 à 1968. De plus, la durée d'assurance exigée pour le taux plein est aussi suspendue. Elle sera de 170
trimestres pour la génération 64 et de 171 trimestres pour la génération 65. Source : vie-publique.fr.
7 Naturellement, les projections n’intègrent pas non plus l’impact des autres dispositions de la LFSS 2026: création
d’une bonification d’un trimestre par enfant né à compter de 2004; prise en compte des majorations de durée
d’assurance et bonifications pour enfant à concurrence de 2 trimestres par enfant dans la durée d’assurance ouvrant
droit à un départ au titre des carrières longues.
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Annexe XII
- 5 -
Encadré 1 : Les modes de prise en compte des charges financières par la mission
Pour calculer les charges financières, la mission a procédé en plusieurs temps :
(i) Les charges financières intégrées dans le scénario de référence CDC ont été neutralisées dans un
premier temps ;
(ii) la compensation démographique est intégrée dans les hypothèses conventionnelles indiquées ;
(iii) le passage des euros courants aux euros constants est effectué ;
(iv) les variantes ont également été intégrées dans le scénario de référence pour apprécier les évolutions
des charges et des produits sur la base des hypothèses testées (recul ou avancée de l’âge de départ,
dynamiques d’embauches ou de non-remplacement, etc. voir infra) ;
(v) sur la base des résultats ainsi calculés et donc de la dette en résultant, les charges financières ont été
calculées et réintégrées dans le résultat et la dette ; les taux retenus sont ceux utilisés par la CDC (voir
ci-dessous).
Source : CDC, travaux mission.
2.2.2. Le cadre généra retenu par le modèle de simulation de la CDC
Pour toutes les simulations réalisées, seuls les montants de pension versés par la CNRACL sont
pris en compte. Ainsi :
Pour les droits directs, les situations de pluri-affiliation jouent sur les montants servis
par la CNRACL uniquement via la durée d’assurance tous régimes (affectant la décote, la
surcote, et l’éligibilité au minimum garanti) ; en pratique, l’hypothèse retenue est celle
de départ systématique au taux plein, donc les durées cotisées hors CNRACL jouent sur
l’âge de liquidation ; le modèle simule les périodes d’assurance dans d’autres régimes
que la CNRACL mais pas bien sûr les montants de pensions versés dans les autres
régimes ;
Pour les droits dérivés, des hypothèses démographiques relatives à la nuptialité et à
l’écart d’âge entre conjoints sont prises en compte ; elles conditionnent la simulation de
liquidation de droits dérivés et la durée de versement des pensions de droit dérivé ; il
n’y a pas besoin de faire des hypothèses sur les ressources des réversataires dans la
mesure où l’attribution de pensions de droit dérivé n’est, dans les régimes de la fonction
publique, pas soumise à condition de ressources ;
Ainsi, au démarrage de la simulation (2024), la CDC observe dans les données de gestion,
pour les personnes déjà parties à la retraite, le montant de la pension versé par la
CNRACL que l’on fait évoluer d’année en année en fonction de l’inflation et ce jusqu’au
décès du bénéficiaire (et, si le modèle a imputé un conjoint à cet affilié, la liquidation
d’une pension de droit dérivé versée jusqu’au décès du réversataire est également
simulée) ;
S’agissant des affiliés n’ayant pas encore liquidé leurs droits au démarrage de la
simulation (2024), le modèle de la CDC simule la suite de leur carrière (durée cotisée et
évolutions indiciaires, éventuels départs en invalidité imputés sur une base probabiliste)
jusqu’à l’âge d’obtention du taux plein ; on simule alors la liquidation de la pension sur
la base de la durée cotisée à la CNRACL et de l’indice terminal (détenu au moins 6 mois)
et des éventuels accessoires (notamment les droits familiaux liés principalement au
nombre d’enfants imputé à l’affilié par le modèle : majorations de durée, bonifications,
majorations de pension si 3 enfants ou plus).
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Annexe XII
- 6 -
2.2.3. Les hypothèses propres aux fonctions publiques
Les deux paramètres essentiels concernent ici les évolutions, d’une part, du point d’indice et
de l’indice majoré moyen (qui ont un impact sur le niveau de pension calculé sur le traitement
des 6 derniers mois et sur le montant de la base des cotisations) et, d’autre part, des effectifs
(qui conditionnent l’évolution des populations affiliées, de leurs rémunérations et les montants
de retraite future). Ces deux paramètres font l’objet d’hypothèses ad hoc, retenues au regard
des observations passées.
2.2.3.1. L’évolution de la valeur du point fonction publique et les primes
Le traitement indiciaire moyen a connu des périodes de baisse en termes réels, comme
entre 2010 et 2014, puis en 2018, et il a progressé globalement moins vite que le revenu
d’activité moyen par tête de l’ensemble de l’économie sur longue période. On constate, par
contre-coup, une hausse de la part des primes dans l’ensemble de la rémunération.
Pour l’avenir, les hypothèses retenues par le COR sont plus favorables (schéma 1). A
partir de 2037, le traitement indiciaire et le salaire total des fonctionnaires évoluent comme la
rémunération moyenne de l’ensemble de l’économie. Là encore à compter de 2037, la part des
primes dans les rémunérations est considérée conventionnellement comme stable. Ce sont ces
hypothèses qui sont reprises par la mission.
Schéma 1 : Hypothèses retenues par le COR entre 2025 et 2023 concernant le traitement
indiciaire et la rémunération totale
Source : COR, rapport annuel, juin 2025.
2.2.3.2. L’évolution des effectifs de titulaires
Pour les fonctions publiques territoriale et hospitalière, les effectifs seraient stables
jusqu’en 2032 puis évolueraient comme la population active à partir de cette date, ce qui
explique la légère décroissance du nombre de cotisants à partir de 2040. Cette hypothèse,
particulièrement lourde, est celle retenue par le COR. Aussi, la mission a-t-elle veillé à simuler
des alternatives par rapport à ce scénario de référence.
2.2.4. Les hypothèses sur la compensation démographique
Compte tenu de la démographie de la CNRACL, cette variable est absolument centrale dans
les projections.
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Annexe XII
- 7 -
Seul le COR produit des projections à très long terme de la compensation démographique
et de ses effets en matière de transferts entre régimes. Quant à la CDC, elle n’intègre pas de
compensation démographique au-delà de 2029 (voir supra). C’est pourquoi, dans toutes les
simulations proposées par la CDC, la mission réintègre la compensation démographique
projetée par le COR dans son scénario de référence, tout en ayant conscience de la fragilité de
ces projections (voir annexe 9 - La compensation et la surcompensation entre les régimes de
retraite et leurs impacts pour la CNRACL, fragilité que reconnaît le COR lui-même dans ses
échanges avec la mission. Elle recalcule en outre les frais financiers en conséquence en ce que
réintroduire la compensation démographique, positive pour la CNRACL par hypothèse à partir
de 2030, améliore les soldes techniques, donc ralentit la progression de l’endettement et, par
voie de conséquence, diminue les charges financières.
Compte tenu de la grande complexité de calcul de cette variable, la mission n’a pas été en
mesure de recalculer le montant de la compensation démographique pour chaque variante. A
titre conventionnel, les variantes reprennent donc systématiquement le montant de la
compensation figurant dans le scénario de référence et en tirent toujours les mêmes
conséquences en matière de charges financières (voir supra).
La mission souligne donc combien la question de la compensation démographique, de son
évolution future et de la sensibilité de son calcul8 est centrale dans des projections à très
long terme. Il est regrettable que cette question n’ait jamais été sérieusement étudiée dans le
cas particulier de la CNRACL.
Les impacts des paramètres et conventions retenus sont très forts. Ainsi, entre le scénario
de référence produit par la CDC sans prise en compte de la compensation démographique
(tableau 1) et ce même scénario intégrant le recalcul par la mission des effets pour la seule
CNRACL de la compensation démographique (tableau 2), les écarts sont substantiels : en
2045, l’impact sur la dette est de l’ordre de 25 milliards d’euros.
Tableau 1 : Scénario de référence produit par la CDC à la demande de la mission – entre 2025 et
2045 – en Md € courants
2025 2030 2035 2040 2045
Résultat -2,2 -1,7 -4,9 -7,4 -10,4
Cumul
dette
10,1 14,6 32,9 64,8 110,4
Source : CDC, travaux mission. Le scénario CDC intègre les charges financières.
Tableau 2 : Scénario de référence produit par la CDC corrigé par la mission en intégrant la
compensation démographique du COR – entre 2025 et 2045 – en Md € courants
2025 2030 2035 2040 2045
Résultat -2,2 -1,3 -3,7 -5,4 -7,8
Cumul
dette
10,1 14,2 27,8 51,4 85,3
Source : CDC, travaux mission.
Une partie de la progression des déficits et de l’endettement résulte de l’inflation : cette
part est de 40% en 2045. Afin d’avoir une meilleure perception des enjeux financiers réels, la
mission a également présenté toutes les projections en euros constants 2025. L’écart entre
les projections en euros courants et en euros constants est, en 2045, de l’ordre de 25
milliards d’euros sur la dette (tableau 3).
8 Ainsi que des conséquences en matière de résultat donc de recours à l’endettement et des charges financières liées
à cette dette.
-- 320 of 491 --
Annexe XII
- 8 -
Tableau 3 : Scénario de référence produit par la CDC corrigé par la mission en intégrant la
compensation démographique du COR – entre 2025 et 2045 – en Mds € constants 2025
2025 2030 2035 2040 2045
Résultat -2,2 -1,2 -3,1 -4,2 -5,5
Cumul
dette
10,1 13,1 23,5 39,9 60,7
Source : CDC, travaux mission. Le scénario CDC intègre les charges financières.
Le tableau 4 recense les sensibilités de ces différentes hypothèses de manière synthétique.
Tableau 4 : Scénario de référence produit par la CDC puis corrigé par la mission en intégrant la
compensation démographique du COR et en euros constants 2025– entre 2025 et 2045 – en
Mds € courants ou constants 2025
2025 2030 2035 2040 2045
Scénario référence CDC – euros
courants
Résultat -2,2 -1,7 -4,9 -7,4 -10,4
Cumul dette 10,1 14,6 32,9 64,8 110,4
Scénario réf. CDC avec compensation
démographique COR – euros
courants
Résultat -2,2 -1,3 -3,7 -5,4 -7,8
Cumul dette 10,1 14,2 27,8 51,4 85,3
Scénario réf. CDC avec compensation
démographique COR – euros
constants
Résultat -2,2 -1,2 -3,1 -4,2 -5,5
Cumul dette 10,1 13,1 23,5 39,9 60,7
Source : CDC, travaux mission. Le scénario CDC intègre les charges financières.
Toutes les simulations ci-après sont présentées sur les bases rectifiées par la mission
donc en euros constants, en intégrant les frais financiers et en intégrant la compensation
démographique. Les scénarios détaillés simulés par la CDC à la demande de la mission sont
présentés à la fin de cette annexe. Dans les écritures ci-après, la notion « scénario de
référence », quand elle figure seule renvoie non au scénario de référence CDC mais bien au
scénario de référence corrigé par la mission dans les conditions indiquées ci-dessus.
3. Les variantes projetées à la demande et par la mission
Un certain nombre de variantes ont été réalisées, afin de projeter les comptes de la
CNRACL à long terme, selon différents scénarios alternatifs de changements exogènes
ou endogènes au régime d’assurance vieillesse des agents titulaires des fonctions publiques
hospitalière et territoriale. Ces variantes visent à simuler des « chocs » ou des réformes
possibles, en recettes comme en dépenses. Ces variantes ont été retenues afin de disposer
d’éléments symétriques et alternatifs, en recettes comme en dépenses, en jouant sur le niveau
des droits, l’âge de départ, etc.
Comme indiqué supra, la mission rappelle que, compte tenu de la complexité du calcul, la
compensation démographique n’a pas été recalculée. Elle a été maintenue au niveau de celle
calculée dans le scénario de base. Cependant, compte tenu des montants en jeu, on peut
considérer qu’un recalcul de la compensation (qui, pour la CNRACL, devient, à système un
changé un produit à compter de 2027 – voir annexe 9 - La compensation et la surcompensation
entre les régimes de retraite et leurs impacts pour la CNRACL) ne conduirait pas à des
dynamiques sensiblement différentes.
-- 321 of 491 --
Annexe XII
- 9 -
3.1. Les variantes portant sur les paramètres généraux de notre système de
retraite appliqués au cas de la CNRACL
La mission a retenu des évolutions de paramètres, parfois évoquées dans le débat public et
dans les travaux administratifs, notamment dans la continuité des travaux de la délégation
paritaire provisoire (« conclave retraites »).
La première réforme simulée a trait au fait que l’âge d’ouverture des droits (AOD) prévu
par la réforme des retraites de 20239 serait durablement stoppé à 63 ans. Par voie de
conséquence, tous les autres paramètres, régissant d’autres âges de départ, seraient décalés à
due proportion (carrières longues, catégories actives, etc.). Dans ce scénario, la modification
de l’AOD se fait sans variation des effectifs cotisants, afin de respecter l’hypothèse
conventionnelle du COR (voir supra). Cela revient à considérer que les employeurs territoriaux
et hospitaliers des agents affiliés à la CNRACL accroissent à due proportion leurs embauches,
de manière à toujours compenser la diminution des effectifs résultant d’un âge de départ en
retraite plus précoce (tableau 5).
Tableau 5 : Simulation du gel de l’âge d’ouverture des droits à 63 ans scénario de référence
produit par la CDC puis corrigé par la mission– entre 2025 et 2045 – en Mds € constants 2025 -
écarts par rapport au scénario sans ce gel
2025 2030 2035 2040 2045
Gel de l’AOD à 63 ans Résultat -2,2 -1,2 -3,2 -4,2 -5,5
Cumul dette 10,1 12,8 23,7 40,2 61,0
Ecart avec scénario réf. CDC avec
compensation démographique COR –
euros constants
Impact résultat -0,1 0 +0,1 0 -0
Impact dette 0 +0,3 +0,2 +0,3 +0,3
Source : CDC, travaux mission.
Le deuxième scénario est alternatif. Il consiste à opérer un report de l’âge d’ouverture des
droits supérieur à celui arrêté dans le cadre de la réforme des retraites de 2023 soit non plus
64 mais 65 ans (tableau 6). Là également, par voie de conséquence, tous les autres paramètres
régissant d’autres âges de départ seraient décalés à due proportion (carrières longues,
catégories actives, etc.). Dans cette simulation, la modification de l’AOD se fait en maintenant
les effectifs cotisants afin de respecter l’hypothèse conventionnelle du COR de stabilité des
effectifs (voir supra). Cela revient à considérer que les employeurs de la CNRACL ajustent à due
proportion leurs embauches, de manière à prendre en compte la nouvelle dynamique résultant
d’un âge de départ plus tardif en retraite.
9 La réforme de 2023 (Loi n°2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour
2023) prévoyait que l’âge d'ouverture à la retraite sera porté à 63 ans et 3 mois en 2027 (génération 65) pour
atteindre 64 ans en 2030 (générations 68 et suivantes). Elle a été suspendue en 2025, voir supra.
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Annexe XII
- 10 -
Tableau 6 : Simulation du passage de l’âge d’ouverture des droits à 65 ans - scénario de référence
produit par la CDC puis corrigé par la mission– entre 2025 et 2045 – en Mds € constants 2025 -
écarts par rapport au scénario sans ce gel
2025 2030 2035 2040 2045
Passage de l’AOD à 65 ans Résultat -2,2 -1,1 -2,7 -3,6 -4,9
Cumul dette 10,1 12,5 21,8 35,6 53,6
Ecart avec scénario réf. CDC avec
compensation démographique COR –
euros constants
Impact résultat 0,1 0,1 0,4 0,6 0,6
Impact dette 0 0,6 1,7 4,3 7,1
Source : CDC, travaux mission.
Ces deux variantes ne font pas apparaître de grands écarts par rapport au scénario de
référence puisque, dans tous les cas, les effectifs de cotisants restent identiques. Ces
faibles écarts s’expliquent pour l’essentiel, non pas par un effet positif sur les recettes (puisque
le nombre de cotisants et les assiettes de cotisations sont constants ou identiques), mais par
une légère variation des prestations versées, ce même effet étant d’ailleurs lui-même en partie
compensé par des évolutions en sens inverse des pensions d’invalidité.
Les effets de ces réformes sont ici très différents de ceux que l’on constate sur le régime
général ou sur l’ensemble du système de retraites. En effet, le recul de l’âge d’ouverture des
droits a, dans le régime général des salariés du secteur privé ou au niveau de l’ensemble du
système de retraite, un effet sur le nombre d’actifs en emploi donc un effet positif prononcé sur
les recettes. Cet effet ne se constate pas ici compte tenu des hypothèses retenues. Les variantes
-recul de l’AOD à 65 ans ou fixation à 63 ans- ont en fait des résultats proches car les
déterminants qui généreraient des écarts (soit les évolutions des effectifs d’actifs affiliés à la
CNRAVCL) sont ici conventionnellement et pour partie figés. La hausse des actifs en emploi
sur le seul champ du secteur public n’est jamais avérée, les employeurs publics étant avant tout
sujet à une contrainte budgétaire plus ou moins forte. Ainsi, en cas de report de l’AOD à 65
ans ou de gel à 63 ans sur le champ CNRACL, les employeurs territoriaux et hospitaliers
ne pourraient pas forcément ajuster – respectivement à la hausse ou à la baisse ou - leurs
effectifs, compte tenu des crédits de personnel qu’ils mobiliseraient10.
Pour apprécier l’impact des hypothèses conventionnelles régissant traditionnellement les
projections sur le champ des retraites publiques, la mission a demandé à la CDC de réaliser une
simulation du report de l’AOD à 65 ans mais sans ajustement des dynamiques
d’embauche : alors même que les agents restent plus longtemps en activité, les employeurs
continuent à avoir la même politique d’embauche que quand les agents partaient à la retraite
dès 63 ans. Dans ce cas de figure, les effectifs augmentent, tout comme les dépenses de
personnel et donc la masse salariale soumise à cotisations. L’effet sur les recettes, donc sur
l’équilibre du régime, est perceptible mais ténu : la dette est réduite de 3,1 Mds€ à horizon
2045 (tableau 7).
10 Cela distingue les travaux conduits ici des bouclages opérés par ailleurs par le COR dans le cadre de son rapport
annuel sur le secteur privé pour lequel l’emploi est une variable endogène.
-- 323 of 491 --
Annexe XII
- 11 -
Tableau 7 : Simulation du passage de l’âge d’ouverture des droits à 65 ans sans ajustement des
effectifs - scénario de référence produit par la CDC puis corrigé par la mission– entre 2025 et
2045 – en Mds € constants 2025 -écarts par rapport au scénario sans ce gel et par rapport au
scénario de référence
2025 2030 2035 2040 2045
Passage de l’AOD à 65 ans sans
ajustement à la baisse des embauches
Résultat -2,2 -1,1 -2,6 -3,3 -4,5
Cumul dette 10,1 12,5 21,5 34 50,5
Ecart avec scénario réf. CDC avec
compensation démographique COR –
euros constants
Impact résultat 0 0,1 0,5 0,9 1
Impact dette 0 0,6 2 5,9 10,2
Ecart avec scénario passage de l’AOD à
65 ans avec ajustement à la baisse des
embauches
Impact résultat -0,1 0 0,1 0,3 0,4
Impact dette 0 0 0,3 1,6 3,1
Source : CDC, travaux mission.
Enfin, la mission a entendu simuler le cas où un accroissement du départ effectif de l’âge
de départ à la retraite permet l’équilibre de l’ensemble du système de retraite chaque
année jusqu’en 2045. En effet, le COR s’est livré à cet exercice de calcul d’un « âge de départ
d’équilibre » dans son rapport annuel 2025. Le COR ne précise pas comment parvenir à cet
âge d’équilibre, il considère que les paramètres et conditions sont réunies à ce titre (réforme
des retraites, évolution de l’environnement, etc.). Cet exercice aboutit à un report progressif
de l’âge de départ effectif à 66,5 ans à l’horizon 2040 en moyenne pour l’ensemble des
régimes de retraite. Techniquement, la mission a appliqué, chaque année, au solde projeté par
la CDC, l’écart de solde technique estimé par le COR entre son scénario de référence et le
scénario « 66,5 ans », puis réajusté les charges financières en conséquence.
Cette simulation suppose en outre que les employeurs laissent leurs effectifs (donc leurs
dépenses de personnel et la masse salariale soumise à cotisations CNRACL) s’accroître sans
tenir compte du maintien des agents âgés en emploi. Les employeurs territoriaux et
hospitaliers ne compensent donc pas la hausse des effectifs de seniors par de moindre
embauches. L’effet du recul de l’âge légal sur la population des cotisants est donc
maximal. Cet effet vient s’ajouter à la baisse de la masse des pensions versées du fait du
recul de l’âge de départ. Ce calcul demeure conventionnel : il ne peut être tenu compte ici du
fait que la hausse de l’ancienneté moyenne à l’âge de la liquidation génère une hausse des
pensions. La dette demeure proche de 24 milliards d’euros (en euros constants) en 2045
mais la réforme la réduit de 37 milliards d’euros (tableau 8).
Tableau 8 : Simulation du passage de l’âge d’ouverture des droits à 66,5 ans sans ajustement
des embauches - scénario de référence produit par la CDC puis corrigé par la mission– entre
2025 et 2045 – en Mds € constants 2025 -écarts par rapport au scénario de référence
2025 2030 2035 2040 2045
Passage de l’AOD à 66,5 ans Résultat -2,2 0,6 -1,6 -2,0 -2,1
Cumul dette 10,1 3,3 6,5 15,3 23,8
Ecart avec scénario réf. CDC avec
compensation démographique COR –
euros constants
Impact résultat 0 1,8 1,5 2,2 3,4
Impact dette 0 9,8 17 24,6 36,9
-- 324 of 491 --
Annexe XII
- 12 -
Source : CDC, travaux mission.
Ainsi, alors que ce levier du recul de l’âge d’ouverture des droits est un des moyens permettant
le retour à l’équilibre du système de retraite, tel n’est pas le cas pour la CNRACL : le
rééquilibrage à long terme du régime de retraite des agents publics territoriaux et hospitaliers
ne peut être assuré par ce seul moyen. Sur un autre plan, une réforme d’ensemble des
retraites repoussant l’âge de départ, si elle améliorerait la situation financière
d’ensemble du système, ne permettrait pas de résoudre les difficultés rencontrées par
la CNRACL.
3.2. Des variantes portant sur des évolutions différentes des effectifs par
rapport au scénario de référence
Les projections réalisées actuellement, par le COR et la CDC, sur la base des hypothèses
conventionnelles, ne permettent pas de mesurer les effets des variations des effectifs sur
la situation financière de la CNRACL. Or, ces effectifs sont susceptibles de varier sans que
cette variation soit le fait d’une réforme du système de retraites. La contrainte budgétaire
pesant sur les employeurs publics ou hospitaliers peut les amener à limiter leurs dépenses de
personnel soit en contenant les augmentations, soit en limitant les embauches, soit encore en
ne remplaçant pas les départs. A contrario, l’existence de marges leur permettrait de
développer une politique plus dynamique en termes de salaires et d’embauches. Ces
évolutions exogènes ont un effet sur la situation financière de la CNRACL. Cet effet est ici
maximal en ce que, sur le champ de projection à horizon 2045 (voir supra), les simulations
n’intègrent cependant pas les effets de ces évolutions sur les dépenses de pensions. Or, à terme,
une politique salariale et d’embauche dynamiques conduit à des dépenses de pensions plus
importantes et une politique plus contrainte a un effet sur le futur niveau de dépense de
pensions.
Plusieurs variantes ne concernant pas les paramètres du régime de retraite mais
correspondant aux politiques salariales et d’embauche des employeurs ont été réalisées,
suivant différentes hypothèses d’évolution des effectifs.
Dans chacune de ces variantes, l’écart par rapport au scénario de référence est - pour la plus
grosse part - le résultat d’un écart sur le volume des cotisations, qui doit être combiné -pour
une part résiduelle- à un effet de structure des rémunérations. Par exemple, une hausse des
effectifs implique un accroissement des embauches de jeunes titulaires, donc un léger
rajeunissement de la pyramide des âges, ce qui tend à diminuer le traitement moyen, donc le
rendement moyen d’un point de cotisation.
3.2.1. Le non-remplacement d’un agent titulaire sur deux partant à la retraite en début
de période
Le premier scénario consiste à mesurer l’impact d’une mesure de non-remplacement d’un
agent pour deux agents partant à la retraite pendant cinq ans (en début de période, entre
2026 et 2030). Dans cette variante, les employeurs territoriaux et hospitaliers sont soumis à
une contrainte budgétaire forte pendant cinq ans, par exemple dans le cadre d’un effort général
de redressement des finances publiques (tableau 9). Au-delà de 2030, il est supposé que les
effectifs restent constants puis déclinent légèrement au même rythme que la population active,
comme dans le scénario de référence. L’impact est très fort pour la CNRACL puisque les
moindres recettes aggravent la dette à horizon 2045 de l’ordre de 50 milliards d’euros.
Ainsi, une mesure qui est vertueuse pour les finances publiques dans leur ensemble a un
effet clairement négatif sur la situation financière de la CNRACL.
-- 325 of 491 --
Annexe XII
- 13 -
Tableau 9 : Simulation du maintien de la législation avec une mesure de non-remplacement d’un
départ sur deux pendant cinq années en début de période - scénario de référence produit par la
CDC puis corrigé par la mission– entre 2025 et 2045 – en Mds € constants 2025 -écarts par
rapport au scénario de référence
2025 2030 2035 2040 2045
Non remplacement d’un
départ à la retraite sur deux
entre 2026 et 2030
Résultat -2,2 -3,8 -6,2 -7,8 -9,4
Cumul dette 10,1 20,2 44,3 75,3 111,5
Ecart avec scénario réf. CDC
avec compensation
démographique COR – euros
constants
Impact résultat 0 -2,6 -3,1 -3,6 -3,9
Impact dette 0 -7,1 -20,8 -35,4 -50,8
Source : CDC, travaux mission.
3.2.2. La simulation d’une tendance constante de baisse des effectifs d’agents titulaires
Sur la base des données mise à disposition par la direction générale de l’administration et de
la fonction publique (DGAFP) et validée par l’Institut national des statistiques et des études
économiques11, la mission a constaté une baisse tendancielle des effectifs de titulaires
employés, estimés à hauteur de - 0.18% par an entre 2013 et 2023 12.
Elle a donc souhaité simuler (tableau 10), les effets de la poursuite de cette tendance de
baisse des emplois sur l’ensemble de la période projection. Dans cette simulation, les
hypothèses de gel des effectifs et de stabilisation automatique des emplois, intégrées dans le
scénario de référence, sont écartées. L’emploi évolue donc selon la tendance constatée au cours
de la dernière décennie. Les ressources de la CNRACL se contractent donc du fait de la
baisse des agents affiliés. La CNRACL ne bénéficie pas, en 2045, de l’effet symétrique, soit
l’effet de moindre croissance des pensions à servir du fait de la baisse des actifs ayant cotisé au
régime des agents titulaires des fonctions publiques territoriale et hospitalière. Par conséquent
le niveau de dette est très important en 2045 soit de l’ordre de 73 milliards d’euros et en
détérioration de près de 13 milliards d’euros par rapport au scénario de référence. Sans
surprise, comme constaté précédemment, tout effort de maitrise des emplois titulaires
dans les collectivités et les établissements de santé a des effets négatifs puissants sur la
situation financière de la CNRACL.
11 Les données mobilisées sont celles du Système d'information sur les agents des services publics (Siasp) dans
leurs versions rendues publiques et disponibles en ligne dans les travaux de la DGAFP et de l’Insee.
12 Ce taux correspond au taux de croissance annuelle moyen des fonctionnaires titulaires des fonctions publiques
territoriale et hospitalière mesuré au travers des effectifs physiques au 31/12 de chaque exercice. Ces effectifs ne
tiennent pas compte des quotités de travail si bien qu’ils intègrent les titulaires de moins de 28 heures
hebdomadaires non affiliés à la CNRACL. Source : Insee, Système d’information sur les agents des services publics
2011 à 2023 (Siasp).
-- 326 of 491 --
Annexe XII
- 14 -
Tableau 10 : Simulation de la poursuite de la tendance observée entre 2013 et 2023 d’une baisse
annuelle à hauteur de -0.18% des effectifs d’agents titulaires des fonctions publiques territoriale
et hospitalière - scénario de référence produit par la CDC puis corrigé par la mission– entre 2025
et 2045 – en Mds € constants 2025 -écarts par rapport au scénario de référence
2025 2030 2035 2040 2045
Baisse annuelle des effectifs
employés à hauteur de -0.18%
par an
(tendance 2013-2023)
Résultat -2,2 -1,5 -3,8 -5,3 -6,8
Cumul dette 10,1 14 27 47,5 73,6
Ecart avec scénario réf. CDC avec
compensation démographique
COR – euros constants
Impact résultat 0 -0,3 -0,7 -1,1 -1,3
Impact dette 0 -0,9 -3,5 -7,6 -12,9
Source : CDC, travaux mission.
3.2.3. La simulation d’une tendance constante de hausse des effectifs d’agents titulaires
L’hypothèse de maintien d’une tendance de baisse des effectifs est lourde et conventionnelle.
La mission a donc souhaité simuler une approche alternative. En partant des données
mentionnées sur l’évolution des effectifs employés dans les fonctions publiques
hospitalière et territoriale, elle a constaté, que, toutes catégories d’agents confondues13,
entre 2013 et 2023 ; la hausse est prononcée, à hauteur de +0,59% par an14. Elle a donc
simulé la poursuite de cette tendance en faisant donc deux hypothèses extrêmement lourdes :
non seulement l’emploi croit mais en outre, contrairement à ce qui a été constaté entre 2013
et 2023, toutes les créations d’emplois sont des créations de postes d’agents titulaires
exclusivement, donc uniquement des agents affilés et cotisant à la CNRACL. Toutes les autres
hypothèses concernant les évolutions des effectifs et retenues dans le scénario de référence
sont de ce fait amendées. La CNRACL voit donc, sur la période de projection, sa situation
financière se rétablir très fortement, mais la dette demeure à un niveau élevé de l’ordre de
21 milliards d’euros en 2045 (tableau 11).
13 Donc en combinant (hors intérim) les emplois permanents et temporaires, titulaires et non-titulaires, quelle que
soit leur forme (intégration des contrats aidés notamment).
14 Ce taux correspond au taux de croissance annuelle moyen de tous les agents, quel que soit leur statut d’emploi,
recrutés par les employeurs territoriaux et hospitaliers mesurés au travers des effectifs physiques au 31/12 de
chaque exercice. Ces effectifs ne tiennent pas compte des quotités de travail si bien qu’ils intègrent les titulaires de
moins de 28 heures hebdomadaires non affiliés à la CNRACL. Source : Insee, Système d’information sur les agents
des services publics 2011 à 2023 (Siasp).
-- 327 of 491 --
Annexe XII
- 15 -
Tableau 11 : Simulation de la poursuite de la tendance observée entre 2013 et 2023 d’une
hausse annuelle de toutes les catégories d’emploi à hauteur de +0,59% en considérant que
l’embauche ne se fait que via des agents titulaires - scénario de référence produit par la CDC
puis corrigé par la mission– entre 2025 et 2045 – en Mds € constants 2025 -écarts par rapport
au scénario de référence
2025 2030 2035 2040 2045
Hausse annuelle des effectifs
employés à hauteur de +0,59% par
an
(tendance tous emplois 2013-2023)
Résultat -2,2 -0,2 -1,2 -1,0 -0,7
Cumul dette 10,1 10,2 13,5 17,8 20,5
Ecart avec scénario réf. CDC avec
compensation démographique COR
– euros constants
Impact résultat 0,1 1 1,9 3,2 4,8
Impact dette 0 2,9 10 22,1 40,2
Source : CDC, travaux mission.
3.3. Une variante portant sur le calcul d’un « taux de cotisation d’équilibre »
financier de la CNRACL
Les travaux précédents des inspections générales15 ont conduit à ne retenir à ce stade
qu’une seule mesure, une hausse totalement inédite du taux de cotisations supporté par
les employeurs (+13 points entre 2024 et 2028). A la date de rédaction de ce rapport, la
montée en charge de cette hausse de taux n’est pas achevée. Partant, la mission n’a pu que
constater que des impacts partiels de la dynamique à l’œuvre sur les comportements d’emploi
et de rémunération des employeurs hospitaliers et territoriaux (voir les annexes 4 - Analyse de
l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des fonctions
publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales ; 5 - Analyse des
évolutions à caractère systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir des effets
sur l’architecture du système de retraites ; 6 - Analyse du recours à l’intérim dans les entités
relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales ; 10 - Les évolutions de la population
affiliée et des recettes de la CNRACL et les impacts des hausses de taux sur les stratégies d’emploi).
Il est entendu que la mission n’avait pas pour objet d’évaluer les effets de ces hauses de taux
dans toutes leurs conséquences : en particulier la question de principe et de l’effectivité de la
compensation de ces surcoûts ne relève pas des éléments attendus et susceptibles d’être
appréciés ici.
Pour autant, à titre conventionnel, il est apparu pertinent de calculer l’équivalent d’un taux
de cotisation d’équilibre qui correspond au taux de cotisation retraite employeur qui
équilibrerait chaque année les comptes de la CNRACL, toutes choses égales par ailleurs.
Dans cette simulation, les dynamiques en termes de recettes et de dépenses donc notamment
en termes d’effectifs et de rémunération sont inchangées donc identiques à celles du scénario
de référence. Seul est calculé l’effort à produire en matière de cotisation pour atteindre
l’équilibre.
Constatant que la CNRACL avait d’ores et déjà, en début de période, une dette significative qui
aurait conduit à très fortement augmenter le taux pour combler ce besoin de financement, la
mission a opté pour une approche conventionnelle complémentaire. Le stock de dette prévu
à horizon 2028 donc à la fin de la montée en charge des taux de cotisation d’ores et déjà
décidée est repris par un tiers autre que la CNRACL (Etat, Cades ou autres acteur). C’est
uniquement à compter de 2028 que le taux est ajusté pour équilibrer les comptes.
15 Yannick LE GUILLOU, Vincent RUOL, Laurent TRUPIN et Bastien SAYEN, Situation financière de la Caisse nationale
de retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
2023-104R / 2023-M-104-02.
-- 328 of 491 --
Annexe XII
- 16 -
Dans ce scénario, sans compensation, ce sont les employeurs et agents titulaires qui assurent
l’intégralité de l’effort de retour à l’équilibre. Une telle approche conduirait à augmenter le
taux, pour atteindre, en 2045, 50,5% (graphique 1) – soit encore 7 points de hausse après
celle de 13 points intervenant entre 2024 et 2028.
Graphique 1 : Equilibrage de la CNRACL à compter de 2028, après reprise de dette par la seule
hausse taux de cotisations employeur - scénario de référence produit par la CDC puis corrigé
par la mission– entre 2025 et 2045 – en %
Source : CDC, travaux mission.
Outre ces travaux, la mission a demandé à la CDC de produire des indicateurs généraux
de sensibilité en recettes et en dépenses et de leur impact sur l’équilibre. Ont ainsi été
chiffrés les impacts d’une hausse d’un point en recettes ou en dépenses et les conséquences
d’une éventuelle non-indexation ou sous-indexation des pensions. Ces données sont
présentées en fin d’annexe. Elles n’ont pas été recalculées par la mission dans le format
proposé dans le corps de cette annexe. Les chiffres sont donc ici avec les charges financières
mais sans prise en compte de la compensation démographique, en euros courants. La mission
souligne la nécessité, à l’avenir, de développer ces indicateurs dans le cadre d’un suivi
rénové de la situation financière de la CNRACL par ses instances de gouvernance et par
les tutelles et décideurs publics.
43,7%
48,1% 50,5%
34,0%
36,0%
38,0%
40,0%
42,0%
44,0%
46,0%
48,0%
50,0%
52,0%
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Annexe XII
- 17 -
3.4. Une variante portant sur le calcul d’un « âge d’équilibre » soit l’âge de
départ effectif permettant d’assurer l’équilibre financier de la CNRACL
A la demande de la mission, le COR a simulé quel devrait être l’âge effectif de départ en
retraite des cotisants à la CNRACL pour garantir l’équilibre des comptes, chaque année, à
partir de 2025. Afin que l’effet soit significatif, cette simulation repose sur l’hypothèse que les
employeurs n’ajustent pas les embauches en conséquence (et donc laissent les effectifs
s’accroître). Les dynamiques d’embauches demeurent inchangées. Les seniors actifs restent
plus longtemps en emploi et les employeurs continuent à embaucher alors même que ces
embauches conventionnelles sont pour partie justifiées par les départs en retraite du scénario
de référence. De plus, dans cette hypothèse, une autre convention sous-jacente est très forte :
les employeurs hospitaliers et territoriaux n’ont aucune contrainte budgétaire. Ils peuvent
accroître à loisir leurs dépenses de personnel. Enfin, par nature, ce scénario intègre, comme
les autres s’en approchant, un triple apport de recettes : la simulation des produits
résultant de la hausse des taux entre 2025 et 2028, la hausse des recettes liée au maintien des
seniors en emploi et la hausse des recettes liée à l’embauche de nouveaux agents (tableau 12).
En ne jouant que sur ce levier de l’âge effectif moyen de départ, l’atteinte de l’équilibre
financier justifierait de prolonger l’activité des agents de plus de quatre années et demie en
moyenne à l’horizon 2045 soit un départ moyen proche de 68 ans pour les agents titulaires
des fonctions publiques territoriales et hospitalières16.
Tableau 12 : Age de départ spontané et âge de départ permettant d’équilibrer les comptes de la
CNRACL, écart entre les deux valeurs – entre 2025 et 2045
2025 2030 2035 2040 2045
Âge de départ « spontané » calculé par le COR toutes
choses égales par ailleurs 62,3 62,6 62,9 63,1 63,3
Âge de départ d'« équilibre » financier de la CNRACL 63,6 64,3 66,1 67,2 67,8
Ecart entre l’âge de départ d’équilibre et l’âge de de
départ spontané + 1,3 + 1,7 + 3,2 + 4,1 + 4,5
Source : COR, travaux mission.
Ce cas d’école met en avant l’importance de l’effort qui devrait être réalisé (graphique 2).
Graphique 2 : Age de départ spontané et âge de départ permettant d’équilibrer les comptes de
la CNRACL, écart entre les deux valeurs – entre 2025 et 2045
Source : COR, travaux mission.
16 L’effort serait donc très important puisque la CDC constate actuellement une « forte augmentation de l’âge moyen
à la liquidation des droits directs vieillesse, passé de 58,4 ans en 2010 à 62,7 ans en 2024 » mais que cet âge moyen
demeure en deçà de l’âge d’équilibre calculé par la mission. Voir Christophe Dorin, L’évolution jusqu’en 2024 des
effectifs et des caractéristiques des nouveaux pensionnés des fonctions publiques territoriale et hospitalière : quelle
influence des réformes ?, CDC, Questions politiques et sociales, Les Brèves, n°37, décembre 2025.
62,3 62,6 62,9 63,1 63,3 63,6 64,3
66,1
67,2 67,8
58
60
62
64
66
68
2025 2030 2035 2040 2045
Âge de départ « spontané »
calculé par le COR toutes
choses égales par ailleurs
Âge de départ d'« équilibre »
financier de la CNRACL
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Annexe XII
- 18 -
Il permet en outre de bien mesurer la spécificité de la situation de la CNRACL : alors que,
pour l’ensemble du système de retraite, tous régimes confondus, l’âge d’équilibre
calculé par le COR en 2045 est de 66,5 ans, celui que la CNRACL doit atteindre pour assurer
seule son équilibre financier est de 67,8 ans alors même que les conventions retiennent les
hypothèses les plus favorables possibles en matière de recettes et de dépenses puisque la
CNRACL a un apport de recettes sans, à cet horizon, être encore exposée à un surcroît de
dépenses de pensions17 (graphique 3).
Graphique 3 : Age de départ d’équilibre financier du système de retraite et de la CNRACL - en
2045
Source : COR, travaux mission.
3.5. Une dernière variante intégrant un choc de taux d’intérêt pour disposer
d’une évaluation du risque financier supporté
Aucune mesure ne permet, toutes choses égales par ailleurs, d’équilibrer les comptes de
la CNRACL : les éléments relatifs aux taux d’équilibre ou à l’âge d’équilibre étant produits afin
de disposer des métriques des efforts à réaliser pour préserver la pérennité financière du
régime.
La mission rappelle que la CNRACL présente un endettement important à la fois au regard
de sa situation propre mais aussi en ce que cet endettement pèse sur la gestion financière de
la sécurité sociale qui est historiquement dégradée à la date de rédaction du présent rapport
(graphique 6).
Graphique 4 : Plafonds de trésorerie de l’Acoss et de la CNRACL – en Mds€
Source : LFSS 2025 et PLFSS 2026.
17 En effet, la hausse de la pension moyenne induite par des carrières plus longues est compensée par une durée
moyenne de versement des pensions plus faible.
67,8
66,5
Âge de départ d'« équilibre » financier de la
CNRACL
Âge de départ d'« équilibre » financier du
système de retraite
65,0
83,0
13,2 13,4
0,0
10,0
20,0
30,0
40,0
50,0
60,0
70,0
80,0
90,0
LFSS 2025 PLFSS 2026
Agence centrale des
organismes de
sécurité sociale
Caisse nationale de
retraite des agents
des collectivités
locales
-- 331 of 491 --
Annexe XII
- 19 -
Ce contexte nécessite de chercher des financements sur les marchés, recours qui peut présenter certaines fragilités,
comme le soulignent les travaux de la mission (voir annexe 5 - Analyse des évolutions à caractère systémique de la
CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de retraites).
Aussi, la mission a-t-elle estimé nécessaire de simuler l’impact d’un choc temporaire de +100
points de base par rapport aux taux d’intérêt retenus à titre conventionnel par la CDC dans son
scénario de référence intégrant les charges financières (voir encadré 1, supra). Plus
précisément, et de manière purement illustrative, cette hausse est supposée intervenir,
pendant 10 ans, entre 2030 et 2040 (tableau 13).
Tableau 13 : Simulation d’une hausse de 100 points de base des taux d’intérêts par rapport à
l’hypothèse conventionnelle retenue par la CDC – entre 2025 et 2045 – en Mds € constants 2025
-écarts par rapport au scénario de référence
2025 2030 2035 2040 2045
Hausse conventionnelle de 100
points de base des taux d’intérêts
retenus dans l’hypothèse de
référence CDC
Résultat -2,2 -1,2 -3,4 -4,6 -5,6
Cumul dette 10,1 13,1 24,4 42,3 63,2
Effet de cette hausse de la charge de
la dette sur les comptes de la
CNRACL
Impact résultat 0 0 -0,3 -0,4 -0,1
Impact dette 0 0 -0,9 -2,4 -2,5
Source : CDC, travaux mission.
Ce choc financier exogène aurait donc, entre 2030 et 2045, un impact compris entre
1 et 2,5 milliards d’euros sur la situation de la CNRACL.
4. Synthèse des simulations et travaux réalisés
Les travaux menés par la mission soulignent que le suivi rétrospectif et prospectif de la
situation démographique et financière de la CNRACL sont non seulement possibles mais
aussi incontournables tant pour les instances de gouvernance de la CNRACL que pour les
tutelles et les décideurs publics. Le poids de la CNRACL justifie en outre, dans la continuité des
premières approches développées par le COR dans son rapport annuel et des annexes au projet
de lois de finances et de financement, de construire un dispositif plus complet de suivi, de
pilotage et d’évaluation des retraites publiques et de leur impact dans le système de
retraite dans son ensemble.
Cette approche est nécessaire et souhaitable à l’échelle de la CNRACL mais aussi au
niveau de l’ensemble du système de retraites. En effet, quelle que soit l’approche retenue,
aucune politique, même très volontariste, en recettes ou en dépenses ne permet de
garantir de manière certaine le retour à l’équilibre de la CNRACL.
Partant, si une réforme des retraites intervenait, elle pourrait lever les problématiques
rencontrées par l’ensemble du système de retraite voire répondre à une stratégie
économique mais aucune des réformes envisageables de manière globale n’est de nature
à créer les conditions d’un équilibre financier pérenne de la CNRACL.
Dans ce contexte, la mission a avancé des approches plus globales et d’ordre systémique,
ce sans préjudice des ajustements pouvant intervenir et des garanties pouvant, à court
et / ou à moyen termes, être retenues. (voir annexe 5 - Analyse des évolutions à caractère
systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du
système de retraites)
-- 332 of 491 --
Annexe XII
- 20 -
La situation de la CNRACL doit néanmoins être appréhendée, compte tenu de l’importance
du régime, au niveau du régime en tant que tel -il doit nécessairement respecter le principe
d’équilibre financier qui préside à un régime de retraite-, mais aussi au niveau du système
des retraites puisque les réformes des retraites envisageables ou envisagées ne permettraient
jamais le retour à l’équilibre financier de la CNRACL. Il est donc nécessaire de trouver une
solution d’un autre ordre et de mener les travaux concernant les réformes des retraites en
prenant en compte ce paramètre.
Ainsi, il serait logique que la CNRACL soit concernée par des mesures favorables ou
défavorables18 prises à l’échelle de l’ensemble du système des retraites. Ces mesures ne
permettent cependant pas son équilibre financier. D’autres mesures devront être prises. Si
des leviers pourraient être activés sur le seul champ de la CNRACL, cela reviendrait à proposer
une réforme de ce seul régime dont les conditions se détérioraient relativement à celles
offertes par tous les autres régimes. Même dans ce cadre, les travaux de la mission montrent
que les efforts à mener sont des plus conséquents. Leur acceptabilité est loin d’être garantie.
Sur un autre plan, les travaux soulignent le rôle clef, pour les comptes de la CNRACL, des
politiques d’emploi et de salaires dans les fonctions publiques territoriales et
hospitalières. Ces politiques ne sont par nature pas des leviers actionnables à l’envie pour
répondre aux seules préoccupations financières de la CNRACL. Elles relèvent des choix
autonomes des acteurs dans le cadre d’une contrainte globale de finances publiques (voir aussi
sur ce point annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans
les entités relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des
déclarations sociales).
La question de la circularité des questions financières concernant les administrations
publiques en général, la CNRACL et les agents et employeurs territoriaux et hospitaliers
ne peut que retenir l’attention. Il s’agit bien naturellement de déployer une stratégie globale
qui prenne en compte les politiques d’emplois et de salariés, l’équilibre des régimes de retraite
et la trajectoire des finances publiques. Tel n’est pas encore le cas aujourd’hui. Il n’appartient
naturellement pas à la mission de poser ce cadre. Mais elle entend appeler l’attention sur sa
nécessité qui passe par un mode de gouvernance rénové qu’elle promeut à l’échelle de la
CNRACL et des retraites publiques.
Le tableau 14 rappelle le scénario de référence et les différentes simulations réalisées par la
mission et leurs impacts sur le résultat.
18 Le caractère favorable ou défavorable s’entend ici du point de vue des actifs cotisant, des agents liquidant leurs
retraites et des pensionnés. Il est peu probable que des mesures, par exemple d’avancée ou de recul de l’âge légal
d’ouverture des droits ne puissent concerner que les seuls ressortissants de la CNRACL.
-- 333 of 491 --
Annexe XII
- 21 -
Tableau 14 : Résultat de la CNRACL - – entre 2025 et 2045 – en Mds € constants 2025
Scénario 2025 2030 2035 2040 2045
Référence avec compensation démographique et charges
financières – euros constants -2,2 -1,2 -3,1 -4,2 -5,5
Gel de l’AOD à 63 ans -2,1 -1,2 -3,2 -4,2 -5,5
Passage de l’AOD à 65 ans sans ajustement à la baisse des embauches -2,2 -1,1 -2,6 -3,3 -4,5
Passage de l’AOD à 65 ans avec ajustement à la baisse des embauches -2,1 -1,1 -2,7 -3,6 -4,9
Age d'équilibre COR du système de retraite à 66, 5 ans en 2045 -2,2 0,6 -1,6 -2 -2,1
Non remplacement d’un départ à la retraite sur deux entre 2026 et
2030 -2,2 -3,8 -6,2 -7,8 -9,4
Baisse annuelle des effectifs employés à hauteur de -0.18% par an
(tendance emplois titulaires 2013-2023) -2,2 -1,5 -3,8 -5,3 -6,8
Hausse annuelle des effectifs employés à hauteur de +0,59% par an
(tendance tous emplois 2013-2023) -2,1 -0,2 -1,2 -1 -0,7
Hausse conventionnelle de 100 points de base des taux d’intérêts
retenus dans l’hypothèse e référence CDC -2,2 -1,2 -3,4 -4,6 -5,6
Source : CDC et COR, travaux mission.
Le tableau 15 rappelle le scénario de référence et les différentes simulations réalisées par la
mission et leurs impacts sur la dette.
Tableau 15 : Dette de la CNRACL -– entre 2025 et 2045 – en cumul - en Mds € constants 2025
Scénario 2025 2030 2035 2040 2045
Référence avec compensation démographique et charges
financières – euros constants 10,1 13,1 23,5 39,9 60,7
Gel de l’AOD à 63 ans 10,1 12,8 23,7 40,2 61,0
Passage de l’AOD à 65 ans sans ajustement à la baisse des
embauches 10,1 12,5 21,5 34 50,5
Passage de l’AOD à 65 ans avec ajustement à la baisse des
embauches 10,1 12,5 21,8 35,6 53,6
Age d'équilibre COR du système de retraite à 66, 5 ans en 2045 10,1 3,3 6,5 15,3 23,8
Non remplacement d’un départ à la retraite sur deux entre
2026 et 2030 10,1 20,2 44,3 75,3 111,5
Baisse annuelle des effectifs employés à hauteur de -0.18% par
an (tendance emplois titulaires 2013-2023) 10,1 14 27 47,5 73,6
Hausse annuelle des effectifs employés à hauteur de +0,59%
par an (tendance tous emplois 2013-2023) 10,1 10,2 13,5 17,8 20,5
Hausse conventionnelle de 100 points de base des taux
d’intérêts retenus dans l’hypothèse e référence CDC 10,1 13,1 24,4 42,3 63,2
Source : CDC et COR, travaux mission.
Le tableau 16 présente l’impact des différentes simulations sur le résultat de la CNRACL.
-- 334 of 491 --
Annexe XII
- 22 -
Tableau 16 : Impact sur le résultat de la CNRACL des principales simulations réalisées par la
mission en lien avec le COR et la CDC - écart au scénario de référence – en Mds € constants 2025
Scénario 2025 2030 2035 2040 2045
Gel de l’AOD à 63 ans 0,1 0,0 -0,1 0,0 0,0
Passage de l’AOD à 65 ans sans ajustement à la baisse des
embauches 0 0,1 0,5 0,9 1
Passage de l’AOD à 65 ans avec ajustement à la baisse des
embauches 0,1 0,1 0,4 0,6 0,6
Age d'équilibre COR du système de retraite à 66, 5 ans en 2045 0 1,8 1,5 2,2 3,4
Non remplacement d’un départ à la retraite sur deux entre
2026 et 2030 0 -2,6 -3,1 -3,6 -3,9
Baisse annuelle des effectifs employés à hauteur de -0.18% par
an (tendance emplois titulaires 2013-2023) 0 -0,3 -0,7 -1,1 -1,3
Hausse annuelle des effectifs employés à hauteur de +0,59%
par an (tendance tous emplois 2013-2023) 0,1 1 1,9 3,2 4,8
Hausse conventionnelle de 100 points de base des taux
d’intérêts retenus dans l’hypothèse de référence CDC 0 0 -0,3 -0,4 -0,1
Source : CDC et COR, travaux mission.
Le tableau 17 décrit l’impact des différentes simulations sur la dette de la CNRACL.
Tableau 17 : Impact sur la dette de la CNRACL des principales simulations réalisées par la
mission en lien avec le COR et la CDC- écart au scénario de référence – en Mds € constants 2025
Scénario 2025 2030 2035 2040 2045
Gel de l’AOD à 63 ans 0 0,3 -0,2 -0,3 -0,3
Passage de l’AOD à 65 ans sans ajustement à la baisse des
embauches 0 0,6 2 5,9 10,2
Passage de l’AOD à 65 ans avec ajustement à la baisse des
embauches 0 0,6 1,7 4,3 7,1
Age d'équilibre COR du système de retraite à 66, 5 ans en
2045 0 9,8 17 24,6 36,9
Non remplacement d’un départ à la retraite sur deux entre
2026 et 2030 0 -7,1 -20,8 -35,4 -50,8
Baisse annuelle des effectifs employés à hauteur de -0.18%
par an (tendance emplois titulaires 2013-2023) 0 -0,9 -3,5 -7,6 -12,9
Hausse annuelle des effectifs employés à hauteur de +0,59%
par an (tendance tous emplois 2013-2023) 0 2,9 10 22,1 40,2
Hausse conventionnelle de 100 points de base des taux
d’intérêts retenus dans l’hypothèse de référence CDC 0 0 -0,9 -2,4 -2,5
Source : CDC et COR, travaux mission.
La présente annexe est complétée des tableaux de chiffrages réalisés par la mission sur la base
des éléments transmis par le COR et la CDC mais aussi des travaux très importants menés par
les services de la CDC.
-- 335 of 491 --
Annexe XII
- 23 -
TRAVAUX ET SIMULATIONS RÉALISÉS
PAR LA MISSION À PARTIR DES
ÉLÉMENTS TRANSMIS PAR LE COR ET LA
CDC
-- 336 of 491 --
Annexe XII
- 24 -
2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032
Taux d'intérêt
(calcul mission) 2,58% 2,63% 2,76% 2,79% 3,15% 2,95% 2,92%
Index des prix 1 1,084
Compensation
démographique 452,544 596,075 742,124
Cotisations 27 698 29 492 31 344 33 358 33 557 34 099 34 752 35 423
Scénario de
référence avec
recalcul de la
compensation et
des charges
d'intérêt
-2 180 -1 348 -536 132 -1 065 -1 275 -1 728 -2 217
Résultat
Hypothèse -0,18
% / an
Taux croissance
annuel moyen
global
Fonctionnaire FPT
et FPH 2013/2023
-2 180 -1 410 -673 -78 -1 345 -1 633 -2 166 -2 748
Résultat
Non-
remplacement de
1/2 pendant 5 ans
-2 180 -1 708 -1 445 -1 404 -3 211 -4 100 -4 777 -5 421
Résultat
Effectif titulaire
(TCAM +0,78%)
TCAM qui permet
d'avoir une dette à
0
-2 180 -1 127 -63 912 7 125 25 -86
Résultat
Scénario 66,5 ans -2 180 262 2 051 2 375 1 128 644 180 -355
Résultat
Scénario 65 ans
sans recalage des
recrutements
-2 180 -1 248 -431 241 -946 -1 143 -1 583 -2 038
Résultat
Scénario 63 ans
avec recalage
-2 180 -1 248 -431 188 -1 052 -1 296 -1 788 -2 330
Résultat
Scénario 65 ans
avec recalage
-2 180 -1 248 -431 241 -948 -1 147 -1 591 -2 056
Résultat
Effectif titulaire
(TCAM +0,59%)
Taux croissance
annuel moyen
global FPT et FPH
2013/2023
-2 180 -1 106 -127 745 -267 -262 -491 -736
-- 337 of 491 --
Annexe XII
- 25 -
2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039
Taux d'intérêt
(calcul mission) 2,70% 2,70% 2,69% 2,58% 2,50% 2,51% 2,51%
Index des prix 1,1819
Compensation
démographique 867,354 997,188 1127,074 1249,167 1364,333 1467,821 1577,551
Cotisations 36 130 36 876 37 687 38 571 39 542 40 533 41 540
Scénario de
référence avec
recalcul de la
compensation et
des charges
d'intérêt
-2 742 -3 258 -3 704 -4 038 -4 334 -4 699 -5 097
Résultat
Hypothèse -0,18
% / an
Taux croissance
annuel moyen
global
Fonctionnaire FPT
et FPH 2013/2023
-3 358 -3 965 -4 508 -4 945 -5 350 -5 837 -6 360
Résultat
Non-
remplacement de
1/2 pendant 5 ans
-6 082 -6 763 -7 385 -7 882 -8 349 -8 915 -9 518
Résultat
Effectif titulaire
(TCAM +0,78%)
TCAM qui permet
d'avoir une dette à
0
-212 -280 -244 -79 162 391 626
Résultat
Scénario 66,5 ans -816 -1 292 -1 833 -2 145 -2 349 -2 438 -2 526
Résultat
Scénario 65 ans
sans recalage des
recrutements
-2 373 -2 742 -3 036 -3 206 -3 299 -3 642 -3 988
Résultat
Scénario 63 ans
avec recalage
-2 843 -3 344 -3 775 -4 107 -4 385 -4 745 -5 126
Résultat
Scénario 65 ans
avec recalage
-2 460 -2 878 -3 224 -3 450 -3 609 -3 968 -4 337
Résultat
Effectif titulaire
(TCAM +0,59%)
Taux croissance
annuel moyen
global FPT et FPH
2013/2023
-1 013 -1 250 -1 399 -1 425 -1 391 -1 389 -1 399
-- 338 of 491 --
Annexe XII
- 26 -
2040 2041 2042 2043 2044 2045
Taux d'intérêt
(calcul mission) 2,43% 2,37% 2,35% 2,32% 2,32% 2,30%
Index des prix 1,289 1,406
Compensation
démographique 1679,117 1770,125 1853,315 1935,457 1997,186 2062,512
Cotisations 42 563 43 567 44 584 45 641 46 702 47 775
Scénario de
référence avec
recalcul de la
compensation et
des charges
d'intérêt
-5 437 -5 851 -6 300 -6 739 -7 271 -7 771
Résultat
Hypothèse -0,18
% / an
Taux croissance
annuel moyen
global
Fonctionnaire FPT
et FPH 2013/2023
-6 826 -7 332 -7 871 -8 396 -9 014 -9 595
Résultat
Non-
remplacement de
1/2 pendant 5 ans
-10 033 -10 620 -11 257 -11 875 -12 601 -13 278
Résultat
Effectif titulaire
(TCAM +0,78%)
TCAM qui permet
d'avoir une dette à
0
924 1 229 1 570 1 971 2 357 2 812
Résultat
Scénario 66,5 ans -2 581 -2 600 -2 646 -2 655 -2 838 -2 967
Résultat
Scénario 65 ans
sans recalage des
recrutements
-4 283 -4 635 -5 049 -5 407 -5 815 -6 326
Résultat
Scénario 63 ans
avec recalage
-5 464 -5 863 -6 301 -6 756 -7 277 -7 755
Résultat
Scénario 65 ans
avec recalage
-4 655 -5 036 -5 465 -5 864 -6 317 -6 834
Résultat
Effectif titulaire
(TCAM +0,59%)
Taux croissance
annuel moyen
global FPT et FPH
2013/2023
-1 343 -1 310 -1 266 -1 181 -1 145 -1 053
-- 339 of 491 --
Annexe XII
- 27 -
TRAVAUX ET SIMULATIONS RÉALISÉS
PAR LA CDC À LA DEMANDE DE LA
MISSION
Nota bene :
Le « scénario de référence » présenté sous forme de tableau ci-après est
celui réalisé initialement par la CDC. Il n'intègre donc aucune
compensation démographique à partir de 2029. Il n'est pas le « scénario
de référence » de la mission, qui est utilisé dans l’annexe et qui est
présenté comme tel dans le corps du rapport.
-- 340 of 491 --
Annexe XII
- 28 -
Scénario de référence entre 2025 et 2045
2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031
CHARGES 30 687,3 31 619,1 32 713,0 34 119,9 35 516,2 36 697,0 37 982,6
A- CHARGES DE GESTION
TECHNIQUE
30 586,2 31 518,9 32 611,1 34 016,3 35 410,7 36 588,7 37 871,4
I - PRESTATIONS SOCIALES 29 478,1 30 531,2 31 754,5 33 142,9 34 537,3 35 784,3 37 068,0
Prestations légales 29 331,5 30 371,8 31 592,4 32 977,9 34 369,2 35 609,8 36 886,9
Prestations légales vieillesse 27 052,7 27 986,3 29 096,9 30 359,2 31 622,0 32 748,8 33 908,5
Droits propres 25 266,6 26 141,7 27 182,8 28 359,7 29 527,0 30 605,0 31 703,2
Droits dérivés 1 786,0 1 844,6 1 914,2 1 999,5 2 095,0 2 143,8 2 205,3
Prestations légales "invalidité" 2 278,8 2 385,5 2 495,4 2 618,7 2 747,1 2 861,0 2 978,4
Prestations extralégales 134,5 134,5 134,5 134,5 134,5 139,6 144,8
Actions de prévention et autres
prestations FIQS, …
12,1 24,9 27,7 30,5 33,7 34,9 36,2
II - CHARGES TECHNIQUES 733,4 595,4 424,4 411,2 411,2 263,7 235,6
III - DIVERSES CHARGES
TECHNIQUES
3,4 0,8 0,8 0,8 0,8 0,9 0,9
IV - DAP (dotations aux
provisions)
131,4 131,4 131,4 131,4 131,4 133,7 136,0
V - CHARGES FINANCIERES 240,0 260,0 300,0 330,0 330,0 406,2 431,0
B - CHARGES DE GESTION
COURANTE
101,1 100,2 101,9 103,6 105,4 108,3 111,2
C - CHARGES EXCEPTIONNELLES
PRODUITS 28 507,6 30 271,1 32 177,4 34 252,3 34 451,3 34 969,5 35 645,7
A- PRODUITS DE GESTION
TECHNIQUE
28 507,6 30 271,1 32 177,4 34 252,3 34 451,3 34 969,5 35 645,7
I - COTISATIONS, IMPÔTS ET
PRODUITS AFFECTES
27 698,2 29 491,5 31 343,7 33 358,4 33 557,2 34 098,9 34 752,2
II - PRODUITS TECHNIQUES 770,9 741,1 795,2 855,4 855,6 831,4 853,6
III - DIVERS PRODUITS
TECHNIQUES
7,6 7,6 7,6 7,6 7,6 7,7 7,9
IV - REPRISES SUR PROVISION 30,9 30,9 30,9 30,9 30,9 31,5 32,0
V - PRODUITS FINANCIERS - - - - - - -
B - PRODUITS DE GESTION
COURANTE
- - - - - - -
C- PRODUITS EXCEPTIONNELS
RÉSULTAT NET -2 179,7 -1 347,9 -535,6 132,4 -1 064,9 -1 727,5 -2 336,9
Solde technique (produit de
gestion technique - charges de
gestion techniques)
-2 078,6 -1 247,7 -433,7 236,0 -959,4 -1 619,2 -2 225,8
-- 341 of 491 --
Annexe XII
- 29 -
2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038
CHARGES 39 329,3 40 723,2 42 151,5 43 572,9 44 940,9 46 347,6 47 838,0
A- CHARGES DE GESTION
TECHNIQUE
39 215,2 40 606,0 42 031,3 43 449,6 44 814,6 46 218,2 47 705,6
I - PRESTATIONS SOCIALES 38 373,2 39 745,7 41 094,2 42 416,6 43 696,9 45 003,4 46 349,3
Prestations légales 38 185,5 39 550,9 40 892,5 42 208,0 43 481,7 44 781,5 46 120,7
Prestations légales vieillesse 35 081,4 36 317,0 37 528,6 38 715,0 39 855,7 41 016,8 42 214,7
Droits propres 32 797,3 33 970,5 35 119,0 36 225,4 37 310,5 38 424,1 39 551,8
Droits dérivés 2 284,1 2 346,4 2 409,6 2 489,5 2 545,2 2 592,7 2 662,8
Prestations légales "invalidité" 3 104,1 3 233,9 3 363,9 3 493,1 3 626,0 3 764,7 3 906,1
Prestations extralégales 150,1 155,8 161,4 166,8 172,1 177,5 182,8
Actions de prévention et autres
prestations FIQS, …
37,6 39,0 40,4 41,7 43,1 44,4 45,7
II - CHARGES TECHNIQUES 207,9 181,2 156,7 136,3 119,3 105,0 92,7
III - DIVERSES CHARGES
TECHNIQUES
0,9 0,9 0,9 0,9 0,9 1,0 1,0
IV - DAP (dotations aux
provisions)
138,4 140,8 143,3 145,8 148,3 150,9 153,6
V - CHARGES FINANCIERES 494,8 537,5 636,1 750,0 849,1 958,0 1 109,1
B - CHARGES DE GESTION
COURANTE
114,1 117,2 120,3 123,3 126,3 129,3 132,4
C - CHARGES
EXCEPTIONNELLES
PRODUITS 36 338,9 37 064,2 37 822,5 38 638,9 39 522,7 40 488,5 41 471,1
A- PRODUITS DE GESTION
TECHNIQUE
36 338,9 37 064,2 37 822,5 38 638,9 39 522,7 40 488,5 41 471,1
I - COTISATIONS, IMPÔTS ET
PRODUITS AFFECTES
35 423,4 36 130,4 36 875,8 37 687,0 38 571,0 39 542,1 40 532,6
II - PRODUITS TECHNIQUES 874,9 892,4 904,7 909,2 908,2 902,2 893,5
III - DIVERS PRODUITS
TECHNIQUES
8,0 8,1 8,3 8,4 8,6 8,7 8,9
IV - REPRISES SUR PROVISION 32,6 33,2 33,7 34,3 34,9 35,5 36,2
V - PRODUITS FINANCIERS - - - - - - -
B - PRODUITS DE GESTION
COURANTE
- - - - - - -
C- PRODUITS EXCEPTIONNELS
RÉSULTAT NET -2 990,4 -3 659,1 -4 329,0 -4 934,0 -5 418,2 -5 859,0 -6 366,9
Solde technique (produit de
gestion technique - charges
de gestion techniques)
-2 876,3 -3 541,9 -4 208,7 -4 810,7 -5 291,9 -5 729,7 -6 234,5
-- 342 of 491 --
Annexe XII
- 30 -
2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045
CHARGES 49 381,2 50 864,5 52 391,5 53 963,7 55 561,1 57 242,2 58 901,6
A- CHARGES DE GESTION
TECHNIQUE
49 245,7 50 725,8 52 249,8 53 818,9 55 413,3 57 091,4 58 747,8
I - PRESTATIONS SOCIALES 47 737,2 49 095,2 50 482,1 51 879,9 53 300,0 54 766,8 56 216,9
Prestations légales 47 501,8 48 853,0 50 233,2 51 624,5 53 038,0 54 498,3 55 941,9
Prestations légales vieillesse 43 454,6 44 667,5 45 906,7 47 149,7 48 409,3 49 719,2 51 007,9
Droits propres 40 716,0 41 891,4 43 084,0 44 257,4 45 452,7 46 701,2 47 930,2
Droits dérivés 2 738,6 2 776,1 2 822,7 2 892,2 2 956,6 3 018,0 3 077,7
Prestations légales "invalidité" 4 047,3 4 185,5 4 326,5 4 474,8 4 628,7 4 779,1 4 934,0
Prestations extralégales 188,3 193,7 199,1 204,3 209,5 214,8 219,9
Actions de prévention et autres
prestations FIQS, …
47,1 48,5 49,8 51,1 52,4 53,7 55,0
II - CHARGES TECHNIQUES 82,1 74,5 68,4 63,6 59,6 57,1 55,0
III - DIVERSES CHARGES
TECHNIQUES
1,0 1,0 1,0 1,0 1,1 1,1 1,1
IV - DAP (dotations aux
provisions)
156,3 159,0 161,8 164,6 167,5 170,4 173,4
V - CHARGES FINANCIERES 1 269,1 1 396,2 1 536,4 1 709,8 1 885,2 2 096,0 2 301,4
B - CHARGES DE GESTION
COURANTE
135,5 138,7 141,7 144,8 147,8 150,8 153,9
C - CHARGES
EXCEPTIONNELLES
PRODUITS 42 465,2 43 469,8 44 452,9 45 446,0 46 476,0 47 508,6 48 550,4
A- PRODUITS DE GESTION
TECHNIQUE
42 465,2 43 469,8 44 452,9 45 446,0 46 476,0 47 508,6 48 550,4
I - COTISATIONS, IMPÔTS ET
PRODUITS AFFECTES
41 540,0 42 563,5 43 567,2 44 584,3 45 640,7 46 702,2 47 774,6
II - PRODUITS TECHNIQUES 879,3 859,7 838,2 813,4 786,1 756,4 724,9
III - DIVERS PRODUITS
TECHNIQUES
9,0 9,2 9,4 9,5 9,7 9,9 10,0
IV - REPRISES SUR PROVISION 36,8 37,4 38,1 38,8 39,4 40,1 40,8
V - PRODUITS FINANCIERS - - - - - - -
B - PRODUITS DE GESTION
COURANTE
- - - - - - -
C- PRODUITS EXCEPTIONNELS
RÉSULTAT NET -6 916,0 -7 394,7 -7 938,6 -8 517,7 -9 085,2 -9 733,6 -10 351,3
Solde technique (produit de
gestion technique - charges
de gestion techniques)
-6 780,5 -7 256,1 -7 796,9 -8 372,9 -8 937,4 -9 582,8 -10 197,4
-- 343 of 491 --
Annexe XII
- 31 -
Analyses des effets des simulations mission IGAS/IGF/IGA
Table des matières
PRÉAMBULE ............................................................................................................................................... 32
1. MESURES « CONCLAVE » ................................................................................................................ 33
Simulation 1 – Passage de l’AOD à 63 ans ............................................................................................. 35
Simulation 2 – Passage de la DAR à 168 trimestres .......................................................................... 38
Simulation 3 – Passage de l’AOD à 65 ans ............................................................................................. 41
Simulation 4 – Passage de la DAR à 176 trimestres .......................................................................... 44
Simulation 5 – Passage de l’AOD à 65 ans, avec montée en charge plus rapide .................... 46
2. VARIANTES D’EFFECTIFS .............................................................................................................. 48
Non-remplacement d’une partie des départs (simulations 6 et 7) ............................................. 48
Hausse des effectifs de cotisants (simulations J et K)....................................................................... 52
3. VARIANTE DE MODIFICATION DES CONDITIONS DE DÉPART DES
FONCTIONNAIRES ............................................................................................................................ 55
Simulation 8 – Suppression de la possibilité de départ en catégorie active à partir de
2026 ............................................................................................................................................................. 55
4. VARIANTES DE DÉSINDEXATION DES PENSIONS ................................................................. 57
Simulation A – Désindexation des pensions en 2026 ....................................................................... 57
Simulation B – Désindexation des pensions entre 2026 et 2030 ................................................ 58
Simulation G – Désindexation des pensions entre 2026 et 2029 pour les pensions au-
dessus de la médiane ............................................................................................................................ 59
5. VARIANTES DE SENSIBILITÉ SUR RECETTES ET DÉPENSES ............................................. 60
Simulation C – Hausse des recettes de cotisations de 1 % ............................................................. 60
Simulation D – Baisse des recettes de cotisations de 1 % .............................................................. 61
Simulation E – Hausse cumulative des dépenses de pensions de 1 % chaque année ......... 61
Simulation F – Baisse cumulative des dépenses de pensions de 1 % chaque année ........... 62
ANNEXES...................................................................................................................................................... 63
Annexe 1 : Mesures « conclave » ............................................................................................................... 63
Annexe 2 : Variantes d’effectifs .................................................................................................................. 68
Annexe 3 : Variante de modification des conditions de départ des fonctionnaires ............. 73
Annexe 4 : Variantes de désindexation des pensions ....................................................................... 79
Annexe 5 : Variantes de sensibilité sur recettes et dépenses ........................................................ 82
-- 344 of 491 --
Annexe XII
- 32 -
1. Préambule
La simulation utilisée comme référence dans ces travaux se base sur les dernières hypothèses du
Conseil d’orientation des retraites pour son rapport 2025. Les principaux paramètres affectant la
CNRACL sont :
- Le sentier de cotisants : hypothèses à court terme généralement fixées par la Direction du
Budget, évolution à long terme comme la population active et période de convergence entre
les deux.
- Les hypothèses démographiques : natalité et mortalité, basées sur les hypothèses de l’Insee
(inchangées par rapport aux projections long terme réalisées dans le cadre du rapport de
2024).
- Les hypothèses économiques :
o Revalorisation des pensions : dernières hypothèses de la Direction de la Sécurité
sociale (juin 2025) notamment les dernières hypothèses d’inflation, qui déterminent
la revalorisation des pensions ;
o Productivité : le scénario retenu ici est une croissance du SMPT réel de 0,7% par an.
Par ailleurs, les projections à long terme de la CNRACL sont faites à partir du modèle de
microsimulation Canopée, qui postule que les départs se font tous à taux plein (lors de l’atteinte
de la durée d’assurance requise ou à l’âge d’annulation de la décote). Par conséquent, les résultats
présentés infra doivent être analysés avec prudence, puisque tous les départs ne se font pas en
pratique au taux plein.
Enfin, afin de respecter les hypothèses macro-économiques, les effectifs de cotisants sont
systématiquement recalés – hors simulations reposant précisément sur des hypothèses
alternatives d’évolutions des effectifs – par rapport au sentier de cotisants du COR après recalcul
des dates de départ des agents. De même, la valeur du point, calculée comme output du modèle
dans la situation de référence compte tenu des hypothèses d’évolution du SMPT et du GVT naturel,
est conservée d’une simulation à l’autre (même si les simulations peuvent modifier le GVT), sauf
dans les simulations spécifiques portant sur le rythme d’évolution de la masse salariale). Cette
hypothèse d’invariance de la valeur du point d’une simulation à l’autre n’a que peu d’effets sur les
résultats et a le mérite de garder une cohérence sur ce paramètre entre les scénarios.
-- 345 of 491 --
Annexe XII
- 33 -
1. Mesures « conclave »
Les 5 simulations présentées dans cette partie reprennent les hypothèses des mesures conclave,
touchant l’âge d’ouverture des droits (AOD), à la baisse (simulation 1) ou à la hausse (simulations
3 et 5 avec une montée en charge plus ou moins rapide) ou la durée d’assurance requise pour le
taux plein (DAR) à la baisse (simulation 2) ou à la hausse (simulation 4).
Les graphiques ci-dessous rappellent les évolutions des principaux paramètres par rapport à la
simulation de référence. Le détail sera rappelé dans un tableau pour chaque simulation.
-- 346 of 491 --
Annexe XII
- 34 -
NB : RACL « U20 » représente les départs pour carrière longue nécessitant d’avoir acquis 5
trimestres avant la fin de l’année de ses 20 ans, et dont l’AOD, de 60 ans pour les générations avant
réforme 2023, est porté progressivement à 62 ans dans la simulation de référence.
-- 347 of 491 --
Annexe XII
- 35 -
1.1. Simulation 1 – Passage de l’AOD à 63 ans
1.1.1. Hypothèses retenues
Tableau 1 : paramètres retenus dans la simulation 1
Génération
fin Génération
Age d'ouverture des droits Durée d'assurance
requise
Sédentaire Actifs Carrière longue
Référence Simu 1 Référence Simu 1 Référence Simu 1 Référence Simu 1
31/12/1960 1960 62 62 57 57 60 60 167 167
31/08/1961 1961 62 62 57 57 60 60 168 168
31/12/1961 1961 62,25 62,25 57 57 60 60 169 169
31/12/1962 1962 62,5 62,5 57 57 60 60 169 169
31/08/1963 1963 62,75 62,75 57 57 60 60 170 170
31/12/1963 1963 62,75 62,75 57 57 60,25 60,25 170 170
31/12/1964 1964 63 63 57 57 60,5 60,5 171 171
31/12/1965 1965 63,25 63 57 57 60,75 60,75 172 172
31/08/1966 1966 63,5 63 57 57 61 61 172 172
31/12/1966 1966 63,5 63 57,25 57,25 61 61 172 172
31/12/1967 1967 63,75 63 57,5 57,5 61,25 61,25 172 172
31/12/1968 1968 64 63 57,75 57,75 61,5 61,5 172 172
31/12/1969 1969 64 63 58 58 61,75 61,75 172 172
31/12/1970 1970 64 63 58,25 58 62 62 172 172
31/08/1971 1971 64 63 58,5 58 62 62 172 172
31/12/1971 1971 64 63 58,5 58 62 62 172 172
31/12/1972 1972 64 63 58,75 58 62 62 172 172
31/12/1973 1973 64 63 59 58 62 62 172 172
31/12/1974 1974 64 63 59 58 62 62 172 172
31/12/1975 1975 et
suivantes 64 63 59 58 62 62 172 172
L’âge d’annulation de la décote n’est pas modifié dans cette simulation.
1.1.2. Effet sur les cotisations
Pas d’effet avant 2028, première année où l’âge de départ est modifié par rapport à la
législation actuelle.
Sur cette première simulation qui avance l’âge d’ouverture des droits à 63 ans (contre 64
ans dans la législation actuelle), le montant des cotisations perçues diminue très légèrement, de
l’ordre de 0,1 % à l’horizon 2045. La trajectoire de l’effectif cotisant étant calée sur les trajectoires
fournies par le COR, cet écart provient uniquement de l’évolution de l’indice majoré (IM) moyen.
Celui-ci baisse légèrement, en raison de départs plus nombreux (anticipés par rapport à la
référence) des affiliés en fin de carrière, qui ont un IM plus élevé. Ils sont remplacés par des
nouveaux affiliés dont les IM sont plus faibles, ce qui tend à diminuer l’IM moyen des cotisants.
-- 348 of 491 --
Annexe XII
- 36 -
1.1.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse
Pas d’effet avant 2028, première année où l’âge de départ est modifié par rapport à la
législation actuelle.
La limitation du report de l’âge d’ouverture des droits à 63 ans au lieu de 64 ans entraine
une augmentation des prestations de droit direct vieillesse, de 0,5 % à l’horizon 2032 par rapport
au scénario de référence. Cette hausse à court terme s’explique principalement par des départs
qui interviennent plus tôt et qui augmentent par conséquent les masses de pensions versées. A
moyen terme, la hausse observée tend à diminuer, la majorité des départs intervenant
consécutivement à l’atteinte de la durée d’assurance requise, elle-même postérieure à l’atteinte
de l’AOD, sous l’effet notamment de la fin de la montée en charge de l’augmentation de la durée
d’assurance requise. De plus, l’avancée du départ par rapport à la législation actuelle entraine,
pour certains individus, une baisse de l’IM à la liquidation et donc une baisse du montant de la
pension versée. Cet effet joue, quant à lui, à la baisse sur les masses de pensions vieillesse versées
en projection.
1.1.4. Effet sur les prestations de droit direct invalidité
Pas d’effet avant 2028, première année où l’âge de départ est modifié par rapport à la
législation actuelle.
Le départ pouvant intervenir plus tôt que dans la législation actuelle, on observe moins de
départs pour invalidité et donc des masses de pension liées à l’invalidité plus faibles. La baisse
atteint 1,4 % à l’horizon 2045.
1.1.5. Effets sur les prestations de droit dérivé
La modification de législation n’a que très peu d’effet sur la masse de prestation des droits dérivés.
Les nouvelles attributions de réversion ne sont en effet pas impactées par le décalage de l’âge
d’ouverture des droits. Néanmoins, les départs intervenant plus tôt, l’IM à la liquidation moyen
des auteurs du droit est légèrement plus faible que dans la législation actuelle. Le montant versé
dans le cadre de la réversion sera donc également plus faible.
L’écart avec le scénario de référence est de 0,05 % à l’horizon 2045.
1.1.6. Effets sur le solde de gestion technique
L’augmentation des prestations et la légère diminution des cotisations versées dans cette variante
entrainent une légère dégradation du solde technique à partir de 2028. Le solde de gestion
technique atteint -10,3 Md€ à l’horizon 2045 (contre -10,2 Md€ dans le scénario de référence).
-- 349 of 491 --
Annexe XII
- 37 -
1.1.7. Transferts entre dispositifs de départ
Le retour à un AOD de 63 ans s’accompagnerait de moins de départs en retraite anticipée pour
carrière longue, au profit de départs « classiques » en sédentaire.
0,0%
10,0%
20,0%
30,0%
40,0%
50,0%
60,0%
70,0%
2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045 2046 2047 2048 2049 2050
Comparaison des départs par catégorie (Référence vs Simu1)
Invalidité - Référence Catégorie Active - Référence Carrière longue - Référence Sédentaire - Référence
Invalidité - Simu1_AOD63 Catégorie Active - Simu1_AOD63 Carrière longue - Simu1_AOD63 Sédentaire - Simu1_AOD63
-- 350 of 491 --
Annexe XII
- 38 -
1.2. Simulation 2 – Passage de la DAR à 168 trimestres
1.2.1. Hypothèses retenues
Tableau 2 : paramètres retenus dans la simulation 2
Génération
fin Génération
Age d'ouverture des droits Durée d'assurance
requise
Sédentaire Actifs Carrière longue
Référence Simu 2 Référence Simu 2 Référence Simu 2 Référence Simu 2
31/12/1960 1960 62 62 57 57 60 60 167 167
31/08/1961 1961 62 62 57 57 60 60 168 168
31/12/1961 1961 62,25 62,25 57 57 60 60 169 169
31/12/1962 1962 62,5 62,5 57 57 60 60 169 169
31/08/1963 1963 62,75 62,75 57 57 60 60 170 170
31/12/1963 1963 62,75 62,75 57 57 60,25 60,25 170 170
31/12/1964 1964 63 63 57 57 60,5 60,5 171 169
31/12/1965 1965 63,25 63,25 57 57 60,75 60,75 172 169
31/08/1966 1966 63,5 63,5 57 57 61 61 172 168
31/12/1966 1966 63,5 63,5 57,25 57,25 61 61 172 168
31/12/1967 1967 63,75 63,75 57,5 57,5 61,25 61,25 172 168
31/12/1968 1968 64 64 57,75 57,75 61,5 61,5 172 168
31/12/1969 1969 64 64 58 58 61,75 61,75 172 168
31/12/1970 1970 64 64 58,25 58,25 62 62 172 168
31/08/1971 1971 64 64 58,5 58,5 62 62 172 168
31/12/1971 1971 64 64 58,5 58,5 62 62 172 168
31/12/1972 1972 64 64 58,75 58,75 62 62 172 168
31/12/1973 1973 64 64 59 59 62 62 172 168
31/12/1974 1974 64 64 59 59 62 62 172 168
31/12/1975 1975 et
suivantes 64 64 59 59 62 62 172 168
L’âge d’annulation de la décote n’est pas modifié dans cette simulation.
1.2.2. Effet sur les cotisations
Pour cette simulation, l’effet est observé dès le début de la projection.
La diminution de la durée d’assurance requise entraine une anticipation des départs par
rapport à la législation actuelle. La trajectoire de l’effectif cotisant restant calée sur les cibles du
COR, cela ne modifie pas l’effectif cotisant en projection. Cependant, la hausse des départs d’agents
ayant des IM relativement plus élevés que les nouveaux cotisants qui les remplacent contribue à
diminuer l’IM moyen de la population cotisante.
Ainsi, les masses de cotisations versées diminuent de l’ordre de 0,3 % à l’horizon 2045 par
rapport au scénario de référence.
-- 351 of 491 --
Annexe XII
- 39 -
1.2.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse
Le passage de la durée d’assurance à 168 trimestres entraine une augmentation des masses de
prestations versées pour les droits directs vieillesse, de l’ordre de 2,3 % à l’horizon 2045 par
rapport au scénario de référence.
Cette augmentation s’explique principalement par l’augmentation du nombre de départs en
retraite à court terme (jusqu’à 2030).
Le montant moyen de la pension des pensionnés de droit direct diminue très légèrement à court
terme : si les agents partent toujours avec leur taux plein, l’anticipation des départs a un effet à la
baisse sur l’IM pris en compte dans le calcul de la pension. L’effet de cette simulation sur la pension
moyenne des droits directs est toutefois quasiment nul à l’horizon 2045.
1.2.4. Effet sur les prestations de droit direct invalidité
Le passage de la durée d’assurance à 168 trimestres entraine une baisse des masses de prestations
versées pour les droits directs invalidité.
Dans cette simulation, les cotisants ont la possibilité de partir plus tôt à la retraite par rapport à
la législation actuelle. Ils ont donc un risque moins élevé de passer en invalidité.
La baisse des masses de pensions versées au titre de l’invalidité est progressive et atteint 3,9 % à
l’horizon 2045.
1.2.5. Effets sur les prestations de droit dérivé
Pour cette simulation, l’augmentation de l’effectif des pensionnés de droit direct en projection a
plus d’effet que la diminution de la pension moyenne sur les masses de prestations versées aux
bénéficiaires de réversion. Même si l’écart reste faible avec le scénario de référence pour ce
montant de prestation, il atteint +0,1 % à l’horizon 2045.
1.2.6. Effets sur le solde de gestion technique
Dans cette simulation, les charges de prestations augmentent alors que les masses de cotisations
diminuent légèrement. Ainsi, le solde de gestion technique se retrouve dégradé dès le début de la
projection et atteint -11,2 Md€ à l’horizon 2045 (contre -10,2 Md€ dans le scénario de référence).
-- 352 of 491 --
Annexe XII
- 40 -
1.2.7. Transferts entre dispositifs de départ
Le retour à une DAR de 168 trimestres s’accompagnerait d’un recours plus élevé au dispositif de
départ anticipé pour carrière longue. En effet, la condition de durée est très prégnante notamment
pour les générations les plus récentes puisque la durée exigée ne permet que peu les interruptions
de carrière et nécessite un début d’activité précoce.
0,0%
10,0%
20,0%
30,0%
40,0%
50,0%
60,0%
2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045 2046 2047 2048 2049 2050
Comparaison des départs par catégorie (Référence vs Simu2)
Invalidité - Référence Catégorie Active - Référence Carrière longue - Référence Sédentaire - Référence
Invalidité - Simu2_DAR168 Catégorie Active - Simu2_DAR168 Carrière longue - Simu2_DAR168 Sédentaire - Simu2_DAR168
-- 353 of 491 --
Annexe XII
- 41 -
1.3. Simulation 3 – Passage de l’AOD à 65 ans
1.3.1. Hypothèses retenues
Tableau 3 : paramètres retenus dans la simulation 3
Génération
fin Génération
Age d'ouverture des droits Durée d'assurance
requise
Sédentaire Actifs Carrière longue
Référence Simu 3 Référence Simu 3 Référence Simu 3 Référence Simu 3
31/12/1960 1960 62 62 57 57 60 60 167 167
31/08/1961 1961 62 62 57 57 60 60 168 168
31/12/1961 1961 62,25 62,25 57 57 60 60 169 169
31/12/1962 1962 62,5 62,5 57 57 60 60 169 169
31/08/1963 1963 62,75 62,75 57 57 60 60 170 170
31/12/1963 1963 62,75 62,75 57 57 60,25 60,25 170 170
31/12/1964 1964 63 63 57 57 60,5 60,5 171 171
31/12/1965 1965 63,25 63,25 57 57 60,75 60,75 172 172
31/08/1966 1966 63,5 63,5 57 57 61 61 172 172
31/12/1966 1966 63,5 63,5 57,25 57,25 61 61 172 172
31/12/1967 1967 63,75 63,75 57,5 57,5 61,25 61,25 172 172
31/12/1968 1968 64 64 57,75 57,75 61,5 61,5 172 172
31/12/1969 1969 64 64,25 58 58 61,75 61,75 172 172
31/12/1970 1970 64 64,5 58,25 58,25 62 62 172 172
31/08/1971 1971 64 64,75 58,5 58,5 62 62,25 172 172
31/12/1971 1971 64 64,75 58,5 58,5 62 62,25 172 172
31/12/1972 1972 64 65 58,75 58,75 62 62,5 172 172
31/12/1973 1973 64 65 59 59 62 62,75 172 172
31/12/1974 1974 64 65 59 59,25 62 63 172 172
31/12/1975 1975 64 65 59 59,5 62 63 172 172
31/12/1976 1976 64 65 59 59,75 62 63 172 172
31/12/1977 1977 et
suivantes 64 65 59 60 62 63 172 172
L’âge d’annulation de la décote n’est pas modifié dans cette simulation.
Pour rappel, l’hypothèse de comportement des départs dans le modèle Canopée est l’atteinte du
taux plein, que ce soit par la durée ou par l’âge. Dans cette simulation, sans doute plus que dans
les autres, cette hypothèse est plus fragile, dans la mesure où repousser davantage l’âge
d’ouverture des droits pourrait pousser un nombre croissant d’agents à partir en retraite avec une
décote.
1.3.2. Effet sur les cotisations
Dans cette simulation, l’augmentation de l’âge légal, porté à 64 ans par la réforme 2023 dès la
génération 1968, continue à raison d’un trimestre par génération jusqu’à atteindre 65 ans pour
les générations 1972 et ultérieures. De ce fait, il n’y a pas d’évolutions notables des masses de
cotisations avant 2033. A partir de cette année-là, en revanche, les masses de cotisations sont plus
élevées dans la simulation qu’avec la législation actuelle. En effet, les agents qui doivent différer
leur départ pour atteindre le nouvel AOD ont des IM plus élevés que ceux qui les auraient
-- 354 of 491 --
Annexe XII
- 42 -
remplacés dans la simulation de référence (l’effectif cotisant restant calé donc constant). Cela
engendre des recettes supplémentaires de 0,3 % en 2045 pour le régime, qui restent toutefois
relativement limitées.
1.3.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse
Le report des départs entraîne une diminution des masses de prestations de droit direct vieillesse
versées. Les agents qui dans le scénario de référence atteignaient le taux plein dès l’AOD et qui ne
basculent pas dans le dispositif d’invalidité (ou dans d’autres dispositifs de départ anticipé)
doivent reporter leur départ, ce qui diminue le nombre de pensions à verser. A plus long terme,
cet effet pourrait s’atténuer en raison de droits supplémentaires acquis par les nouveaux
pensionnés, qui pourraient augmenter leur pension. En 2045, l’économie pour le régime sur ces
droits directs vieillesse s’établirait à 1,2 % par rapport à la simulation de référence.
1.3.4. Effet sur les prestations de droit direct invalidité
Les économies réalisées sur les prestations de droit direct vieillesse seraient atténuées par la
hausse des prestations invalidité. En effet, parmi les agents qui devraient reporter leur départ
pour atteindre le taux plein avec les nouveaux paramètres, certains basculeraient dans le
dispositif de départ pour invalidité. En 2045, les masses de prestations de droit direct invalidité
seraient ainsi supérieures de 2,8 % par rapport au scénario de référence. Les volumes sont
toutefois bien moindres que les masses de droit direct vieillesse. Ainsi, pour l’ensemble des droits
directs, l’économie atteindrait 0,8 % en 2045.
1.3.5. Effets sur les prestations de droit dérivé
Enfin, l’impact sur les droits dérivés serait très limité, avec une très légère hausse de 0,06 % en
2045.
1.3.6. Effets sur le solde de gestion technique
Dans cette simulation, les charges de prestations diminuent alors que les masses de cotisations
augmentent légèrement. Ainsi, le solde de gestion technique s’améliore par rapport au scénario
de référence et atteint -9,6 Md€ à l’horizon 2045 (contre -10,2 Md€ dans le scénario de référence).
-- 355 of 491 --
Annexe XII
- 43 -
1.3.7. Transferts entre dispositifs de départ
Le report de l’AOD à 65 ans entraînerait un surcroît de départs en carrière longue de la part
d’agents disposant des trimestres requis avant 20 ou 21 ans et atteignant entre 64 et 65 ans la
durée d’assurance requise pour un départ anticipé.
0,0%
10,0%
20,0%
30,0%
40,0%
50,0%
60,0%
2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045 2046 2047 2048 2049 2050
Comparaison des départs par catégorie (Référence vs Simu3)
Invalidité - Référence Catégorie Active - Référence Carrière longue - Référence Sédentaire - Référence
Invalidité - Simu3_AOD65 Catégorie Active - Simu3_AOD65 Carrière longue - Simu3_AOD65 Sédentaire - Simu3_AOD65
-- 356 of 491 --
Annexe XII
- 44 -
1.4. Simulation 4 – Passage de la DAR à 176 trimestres
1.4.1. Hypothèses retenues
Dans cette simulation, on estime les effets d’une poursuite de la hausse de la durée d’assurance
requise (DAR). Au lieu de s’arrêter à 172 trimestres à partir de la génération 1965, 4 trimestres
supplémentaires seraient exigés dès la génération 1969, avec une montée en charge rapide d’un
trimestre par génération.
Tableau 4 : paramètres retenus dans la simulation 4
Génération
fin Génération
Age d'ouverture des droits Durée d'assurance
requise
Sédentaire Actifs Carrière longue
Référence Simu 4 Référence Simu 4 Référence Simu 4 Référence Simu 4
31/12/1960 1960 62 62 57 57 60 60 167 167
31/08/1961 1961 62 62 57 57 60 60 168 168
31/12/1961 1961 62,25 62,25 57 57 60 60 169 169
31/12/1962 1962 62,5 62,5 57 57 60 60 169 169
31/08/1963 1963 62,75 62,75 57 57 60 60 170 170
31/12/1963 1963 62,75 62,75 57 57 60,25 60,25 170 170
31/12/1964 1964 63 63 57 57 60,5 60,5 171 171
31/12/1965 1965 63,25 63,25 57 57 60,75 60,75 172 172
31/08/1966 1966 63,5 63,5 57 57 61 61 172 173
31/12/1966 1966 63,5 63,5 57,25 57,25 61 61 172 173
31/12/1967 1967 63,75 63,75 57,5 57,5 61,25 61,25 172 174
31/12/1968 1968 64 64 57,75 57,75 61,5 61,5 172 175
31/12/1969 1969 64 64 58 58 61,75 61,75 172 176
31/12/1970 1970 64 64 58,25 58,25 62 62 172 176
31/08/1971 1971 64 64 58,5 58,5 62 62 172 176
31/12/1971 1971 64 64 58,5 58,5 62 62 172 176
31/12/1972 1972 64 64 58,75 58,75 62 62 172 176
31/12/1973 1973 64 64 59 59 62 62 172 176
31/12/1974 1974 64 64 59 59 62 62 172 176
31/12/1975 1975 et
suivantes 64 64 59 59 62 62 172 176
L’âge d’annulation de la décote n’est pas modifié dans cette simulation.
1.4.2. Effet sur les cotisations
Les effectifs de cotisants restent constants, puisque toujours calés sur le sentier de cotisants du
COR. Avec cette hausse de la durée d’assurance requise, certains agents différeraient leur départ
de telle sorte à atteindre le taux plein. Par conséquent, comme dans la simulation précédente
augmentant l’AOD, l’effet sur les cotisations serait lié à l’IM plus élevé des cotisants différant leur
départ par rapport à celui des cotisants qui les auraient remplacés à la suite de leur départ dans
la simulation de référence. L’effet resterait limité en 2045, avec une hausse de l’ordre de 0,4 %,
mais serait légèrement supérieur à celui constaté avec la hausse de l’AOD de la simulation 3.
-- 357 of 491 --
Annexe XII
- 45 -
1.4.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse
L’augmentation de la durée requise pour les agents des générations 1966 et ultérieures entraîne
le report des départs des agents n’atteignant plus le taux plein. Comme dans la simulation 3, les
effectifs de pensionnés seraient donc moindres par rapport à la simulation de référence. En
revanche la pension moyenne évolue sensiblement à la hausse du fait de la prolongation des
carrières (induisant des départs avec un IM plus élevé). En 2045, l’économie pour le régime sur
ces droits directs vieillesse s’établirait à 2,4 % par rapport à la simulation de référence.
1.4.4. Effet sur les prestations de droit direct invalidité
Cette simulation entraînant les reports d’une partie des départs, les mêmes constats que ceux de
la simulation 3 s’appliquent ici. Ainsi, les masses de prestations de droit direct invalidité
augmenteraient dans la mesure où les agents seraient soumis plus longuement au risque
d’invalidité. L’augmentation des masses de prestations de droit direct invalidité par rapport au
scénario de référence atteindrait 4,3 % en 2045. Globalement, les masses de droit direct
(vieillesse + invalidité) seraient en baisse de 1,9 % en 2045.
1.4.5. Effets sur les prestations de droit dérivé
Comme pour les simulations précédentes, les effets sur les prestations de droit dérivé seraient
assez faibles, avec une baisse de 0,04 % en 2045.
1.4.6. Effets sur le solde de gestion technique
Dans cette simulation, les charges de prestations diminuent alors que les masses de cotisations
augmentent. Ainsi, le solde de gestion technique s’améliore par rapport au scénario de référence
et atteint -9,1 Md€ à l’horizon 2045 (contre -10,2 Md€ dans le scénario de référence).
1.4.7. Transferts entre dispositifs de départ
La hausse de la DAR portant cette dernière à 176 trimestres se traduirait par une baisse sensible
des départs anticipés au titre de la carrière longue. On noterait une petite compensation sur les
départs en invalidité et même, à moyen terme, sur les départs en catégorie active mais ce sont
principalement les départs en sédentaire qui absorberaient cette baisse du recours au dispositif
de carrière longue.
0,0%
10,0%
20,0%
30,0%
40,0%
50,0%
60,0%
70,0%
2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045 2046 2047 2048 2049 2050
Comparaison des départs par catégorie (Référence vs Simu4)
Invalidité - Référence Catégorie Active - Référence Carrière longue - Référence Sédentaire - Référence
Invalidité - Simu4_DAR176 Catégorie Active - Simu4_DAR176 Carrière longue - Simu4_DAR176 Sédentaire - Simu4_DAR176
-- 358 of 491 --
Annexe XII
- 46 -
1.5. Simulation 5 – Passage de l’AOD à 65 ans, avec montée en charge plus rapide
1.5.1. Hypothèses retenues
Cette simulation porterait, comme la simulation 3, l’AOD à 65 ans. La montée en charge serait
toutefois différente, puisque l’augmentation de l’AOD par rapport à la législation actuelle
interviendrait dès la génération 1965 et sur un rythme plus élevé à raison de deux trimestres par
génération. Ainsi, dès la génération 1968, l’AOD serait porté à 65 ans.
Tableau 5 : paramètres retenus dans la simulation 5
Génération
fin Génération
Age d'ouverture des droits Durée d'assurance
requise
Sédentaire Actifs Carrière longue
Référence Simu 5 Référence Simu 5 Référence Simu 5 Référence Simu 5
31/12/1960 1960 62 62 57 57 60 60 167 167
31/08/1961 1961 62 62 57 57 60 60 168 168
31/12/1961 1961 62,25 62,25 57 57 60 60 169 169
31/12/1962 1962 62,5 62,5 57 57 60 60 169 169
31/08/1963 1963 62,75 62,75 57 57 60 60 170 170
31/12/1963 1963 62,75 62,75 57 57 60,25 60,25 170 170
31/12/1964 1964 63 63 57 57 60,5 60,5 171 171
31/12/1965 1965 63,25 63,5 57 57 60,75 60,75 172 172
31/08/1966 1966 63,5 64 57 57 61 61 172 172
31/12/1966 1966 63,5 64 57,25 57,25 61 61 172 172
31/12/1967 1967 63,75 64,5 57,5 57,5 61,25 61,5 172 172
31/12/1968 1968 64 65 57,75 57,75 61,5 62 172 172
31/12/1969 1969 64 65 58 58 61,75 62,5 172 172
31/12/1970 1970 64 65 58,25 58,5 62 63 172 172
31/08/1971 1971 64 65 58,5 59 62 63 172 172
31/12/1971 1971 64 65 58,5 59 62 63 172 172
31/12/1972 1972 64 65 58,75 59,5 62 63 172 172
31/12/1973 1973 64 65 59 60 62 63 172 172
31/12/1974 1974 64 65 59 60 62 63 172 172
31/12/1975 1975 et
suivantes 64 65 59 60 62 63 172 172
L’âge d’annulation de la décote n’est pas modifié dans cette simulation.
1.5.2. Effet sur les cotisations
La montée en charge plus précoce et plus rapide que la simulation 3 entraînerait des hausses de
cotisations dès 2028. Toutefois, le gain de cotisations pour le régime resterait de 0,3 % en 2045.
1.5.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse
Le report des départs entraîne une diminution des masses de prestations de droit direct vieillesse
versées. Les agents qui n’atteignent pas leur taux plein avant le nouvel AOD et qui ne basculent
pas dans le dispositif d’invalidité (ou dans d’autres dispositifs de départ anticipé) doivent reporter
-- 359 of 491 --
Annexe XII
- 47 -
leur départ, ce qui diminue le nombre de pensions à verser. A plus long terme, cet effet pourrait
s’atténuer en raison de droits supplémentaires acquis par les nouveaux pensionnés, qui
pourraient augmenter leur pension. En 2045, l’économie pour le régime sur ces droits directs
vieillesse s’établirait à 1,1 % par rapport à la simulation de référence.
1.5.4. Effet sur les prestations de droit direct invalidité
Les économies sur les droits directs vieillesse seraient atténués par la hausse des prestations
d’invalidité, avec une hausse plus importante que celle de la simulation 3, atteignant +3,8 % en
2045. Ainsi, pour l’ensemble des droits directs, l’économie atteindrait 0,7 % en 2045.
1.5.5. Effets sur les prestations de droit dérivé
Comme pour les simulations précédentes, les effets sur les prestations de droit dérivé seraient
assez faibles, avec une hausse de 0,09 % en 2045.
1.5.6. Effets sur le solde de gestion technique
Dans cette simulation, les charges de prestations diminuent alors que les masses de cotisations
augmentent. Ainsi, le solde de gestion technique s’améliore par rapport au scénario de référence
et atteint -9,7 Md€ à l’horizon 2045 (contre -10,2 Md€ dans le scénario de référence).
1.5.7. Transferts entre dispositifs de départ
L’allongement du report de l’AOD à 65 ans entraînerait un surcroît de départs en carrière longue
de la part d’agents disposant des trimestres requis avant 20 ou 21 ans et atteignant être 64 et 65
ans la durée d’assurance requise pour un départ anticipé.
-- 360 of 491 --
Annexe XII
- 48 -
2. Variantes d’effectifs
1.6. Non-remplacement d’une partie des départs (simulations 6 et 7)
Ces deux simulations s’écartent d’une des hypothèses de la simulation de référence. Les effectifs
de cotisants ne sont en effet plus calés sur le sentier de cotisants du COR mais sont recalculés par
différence entre ce sentier de référence et les effectifs de fonctionnaires qui ne sont pas remplacés
à la suite de leur départ en retraite.
1.6.1. Simulation 6 – Non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2
1.6.2. Hypothèses retenues
Les paramètres du régime (AOD, AAD, DAR, …) sont identiques à ceux du scénario de référence.
1.6.3. Effet sur les cotisations
Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 entraine une diminution de l’effectif
cotisant par rapport au scénario de référence. La baisse s’effectue progressivement pendant la
montée en charge du dispositif (cinq ans) pour atteindre 9,6 % d’effectif en moins à l’horizon
2030.
Dans le même temps, l’indice majoré (IM) moyen des cotisants augmente légèrement :
étant donnée la structure de rémunération des fonctionnaires, les nouveaux cotisants, qui
commencent leur carrière à la Fonction publique, ont un IM plus faible que le stock de cotisants.
La diminution des embauches a donc mécaniquement un impact haussier sur l’IM moyen des
cotisants.
La hausse de l’IM moyen n’atténue qu’à la marge l’impact de la baisse du nombre de
cotisants, de sorte qu’à l’horizon 2045, la baisse des cotisations s’élève à 9,2 % par rapport au
scénario de référence.
-- 361 of 491 --
Annexe XII
- 49 -
1.6.4. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
Le montant de prestations de droit direct vieillesse et invalidité diminue par rapport au scénario
de référence pour atteindre -0,7 % à l’horizon 2045.
La baisse observée est la combinaison de 2 effets :
- Une baisse progressive de l’effectif de pensionnés de droit direct qui atteint 1,6 % à l’horizon
2045 et qui s’explique par la baisse de l’effectif cotisant ;
- Une augmentation de la pension moyenne des droits directs de 0,9 % à l’horizon 2045. Cela
s’explique par des effets de composition : avec le non-remplacement d’une partie des
pensionnés sous l’effet de la mesure, les nouveaux affiliés sont moins nombreux. Parmi ces
nouveaux affiliés qui ne sont plus présents dans la simulation, certains seraient partis en
invalidité (situation la plus fréquente pour les effets à court terme) avec en moyenne des
durées et des IM plus faibles que l’ensemble des nouveaux pensionnés. Ceci joue donc à la
hausse à court terme sur la pension moyenne des nouveaux pensionnés. A un peu plus long
terme, les cotisants « manquants » qui seraient partis en retraite (hors invalidité) auraient
également présenté des durées et des IM plus faibles du fait d’une affiliation relativement
tardive. Ce n’est donc qu’à long terme (bien au-delà de 2045) qu’on retrouverait des profils de
nouveaux pensionnés similaires à ceux de la simulation de référence.
1.6.5. Effets sur les prestations de droit dérivé
Le montant des masses de prestations de droit dérivé diminue également par rapport au scénario
de référence (-0,24 % à l’horizon 2045), mais moins fortement que celui des droits directs, l’effet
étant décalé dans le temps.
1.6.6. Effets sur le solde de gestion technique
La baisse plus importante des cotisations due au non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 par
rapport à celle observée sur le montant des prestations entraine une dégradation du solde
technique à l’horizon 2045. Celui-ci atteint -14,2 Md€ à l’horizon 2045.
1.6.7. Transferts entre dispositifs de départ
Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ne modifie quasiment pas la répartition des
départs par catégorie.
-- 362 of 491 --
Annexe XII
- 50 -
1.6.8. Simulation 7 – Non-remplacement d’un fonctionnaire sur 3
Pour la simulation 7, les effets sont similaires à ceux de la simulation 6 mais atténués.
1.6.9. Hypothèses retenues
Les paramètres du régime (AOD, AAD, DAR, …) sont identiques à ceux du scénario de référence.
1.6.10. Effet sur les cotisations
Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois entraine une diminution de l’effectif
cotisant par rapport au scénario de référence. La baisse s’effectue progressivement pendant la
montée en charge du dispositif (cinq ans) pour atteindre 6,4 % d’effectif en moins à l’horizon
2030.
Dans le même temps, comme dans la simulation présentée supra, l’indice majoré (IM)
moyen augmente légèrement, s’expliquant par un moindre renouvellement des cotisants avec un
IM élevé par des cotisants avec un IM plus faible.
Ces deux effets entrainent une baisse des cotisations par rapport au scénario de référence.
A l’horizon 2045, l’évolution est de -6,1 % par rapport au scénario de référence.
1.6.11. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
Les masses de prestations de droit direct vieillesse et invalidité diminuent par rapport au scénario
de référence pour atteindre -0,5 % à l’horizon 2045.
Cette baisse est la combinaison de 2 effets :
- Une baisse progressive de l’effectif de pensionnés de droit direct qui atteint 1,1 % à l’horizon
2045 et qui s’explique par la baisse de l’effectif cotisant ;
- Une augmentation de la pension moyenne des droits directs de 0,6 % à l’horizon 2045 (mêmes
explications que pour la simulation 6 présentée supra).
1.6.12. Effets sur les prestations de droit dérivé
Les masses de prestations de droit dérivé diminuent également à l’horizon 2045 par rapport au
scénario de référence (-0,16 % à l’horizon 2045), mais moins fortement que celles des droits
directs, l’effet étant décalé dans le temps.
1.6.13. Effets sur le solde de gestion technique
La baisse plus importante des cotisations due au non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 par
rapport à celle observée sur le montant des prestations entraine une dégradation du solde
technique à l’horizon 2045. Cette dégradation est cependant moins importante que celle observée
dans la simulation 6. Le solde technique atteint -12,9 Md€ à l’horizon 2045.
-- 363 of 491 --
Annexe XII
- 51 -
1.6.14. Transferts entre dispositifs de départ
Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois ne modifie quasiment pas la répartition des
départs par catégorie.
-- 364 of 491 --
Annexe XII
- 52 -
1.7. Hausse des effectifs de cotisants (simulations J et K)
Dans les deux simulations suivantes (J et K), les effectifs de cotisants progressent de manière
continue et linéaire à partir de 2026 jusqu’en 2045. Comme dans les deux simulations présentées
supra, les effectifs de cotisants ne suivent donc plus le sentier de cotisants du COR.
1.7.1.
1.7.2.
1.7.3. Simulation J – Croissance de l’effectif cotisant de 0,68 % / an entre 2026 et 2045
1.7.4. Hypothèses retenues
Les paramètres du régime (AOD, AAD, DAR, …) sont identiques à ceux du scénario de référence.
L’effectif cotisant augmente de 0,68 % par an sur la période 2026-2045.
1.7.5. Effet sur les cotisations
Le montant des cotisations est plus élevé sur l’ensemble de la période par rapport au scénario de
référence. L’écart avec le scénario de référence s’accroit au fil des années pour atteindre 13,5 % à
l’horizon 2045. L’augmentation des cotisations est portée par la croissance plus dynamique de
l’effectif des cotisants (+ 15 % à l’horizon 2045) légèrement atténuée par une diminution de l’IM
moyen par rapport au scénario de référence (- 1,6 % à l’horizon 2045). Cette baisse de l’IM moyen
est liée à l’ajout de nouveaux cotisants qui intègrent la fonction publique (versant territorial ou
hospitalier) et dont les rémunérations, et donc in fine les cotisations, sont plus basses que celles
de la moyenne des cotisants, qui ont déjà pu avancer dans les grades et échelons et sont
positionnés sur des grilles de rémunérations plus élevées.
600 000
700 000
800 000
900 000
1 000 000
1 100 000
1 200 000
1 300 000
1 400 000
1 500 000
1 600 000
Effectifs de cotisants (ETP)
FPT(référence) FPT_simuJ_cot_0,68% FPT_simuK_cot_0,59%
FPH (référence) FPH_simuJ_cot_0,68% FPH_simuK_cot_0,59%
-- 365 of 491 --
Annexe XII
- 53 -
1.7.6. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
L’effet sur les prestations de droit direct n’apparait qu’à moyen-long terme, quand les cotisants
supplémentaires viendront liquider leurs droits.
Ainsi, à l’horizon 2045, les prestations de droit direct augmentent de 0,3 % par rapport au
scénario de référence. Cette augmentation du montant des prestations s’observe aussi bien sur
les prestations vieillesse que sur les prestations invalidité.
1.7.7. Effets sur les prestations de droit dérivé
Comme pour les prestations de droit direct, les prestations de droit dérivé augmentent avec la
croissance plus dynamique des cotisants, mais l’effet ne se voit qu’à long terme. Ainsi, à l’horizon
2045, les prestations de droit dérivé augmentent de 0,1 % par rapport au scénario de référence.
1.7.8. Effets sur le solde de gestion technique
La forte augmentation des cotisations et le faible effet sur les prestations à court-moyen terme
entrainent une nette amélioration du solde technique. Celui-ci s’élève à -3,9 Md€ à l’horizon 2045
(contre -10,2 Md€ dans le scénario de référence).
-- 366 of 491 --
Annexe XII
- 54 -
1.7.9. Simulation K – Croissance de l’effectif cotisant de 0,59 % / an entre 2026 et 2045
Les effets observés ici sont semblables à ceux observés dans la simulation J.
1.7.10. Hypothèses retenues
Les paramètres du régime (AOD, AAD, DAR, …) sont identiques à ceux du scénario de référence.
L’effectif cotisant augmente de 0,59 % par an sur la période 2026-2045.
1.7.11. Effet sur les cotisations
Le montant des cotisations est plus élevé sur l’ensemble de la période par rapport au scénario de
référence. L’écart avec le scénario de référence s’accroit au fil des années pour atteindre 11,7 % à
l’horizon 2045. L’augmentation des cotisations est portée par la croissance plus dynamique de
l’effectif des cotisants (+ 13 % à l’horizon 2045) légèrement atténuée par une diminution de l’IM
moyen par rapport au scénario de référence (- 1,2 % à l’horizon 2045).
1.7.12. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
L’effet sur les prestations de droit direct n’apparait qu’à moyen-long terme, quand les cotisants
supplémentaires viendront liquider leurs droits.
Ainsi, à l’horizon 2045, les prestations de droit direct augmentent de 0,3 % par rapport au
scénario de référence. L’augmentation du montant des prestations s’observe aussi bien sur les
prestations vieillesse que sur les prestations invalidité.
1.7.13. Effets sur les prestations de droit dérivé
Comme pour les prestations de droit direct, les prestations de droit dérivé augmentent avec la
croissance plus dynamique des cotisants, mais l’effet ne se voit qu’à long terme. Ainsi, à l’horizon
2045, les prestations de droit dérivé augmentent de 0,1 % par rapport au scénario de référence.
1.7.14. Effets sur le solde de gestion technique
La forte augmentation des cotisations et le faible effet sur les prestations à court-moyen terme
entrainent une nette amélioration du solde technique. Celui-ci s’élève à -4,8 Md€ à l’horizon 2045
(contre -10,2 Md€ dans le scénario de référence).
-- 367 of 491 --
Annexe XII
- 55 -
3. Variante de modification des conditions de départ des fonctionnaires
1.8. Simulation 8 – Suppression de la possibilité de départ en catégorie active à
partir de 2026
1.8.1. Hypothèses retenues
Cette simulation fait l’hypothèse – forte – que les départs en catégorie active ne seraient plus
possibles dès 2026, y compris pour les agents ayant déjà atteint la durée requise (17 ans) pour
l’ouverture de leur droit à un départ anticipé à ce titre. Par ailleurs, le caractère soudain de cette
mise en place fait également l’hypothèse, non moins forte, que les agents ayant atteint l’AOD
spécifique à la catégorie active (57 ans) et ayant déjà atteint la durée requise pour ouvrir leur
droit n’anticiperaient pas leur départ avant la suppression du dispositif. Enfin, cette simulation ne
fait pas d’hypothèse d’ouverture en contrepartie aux fonctionnaires du dispositif de pénibilité en
vigueur pour les salariés du privé.
1.8.2. Effet sur les cotisations
La suppression des départs en catégorie active dès 2026 entraine, à court terme, une
augmentation des cotisations (+0,5 % à l’horizon 2031). La hausse des cotisations ralentit ensuite
pour atteindre 0,1 % en 2045. L’évolution des cotisations s’explique principalement par
l’évolution de l’IM moyen observé en projection (le sentier de l’effectif cotisant étant calé sur le
sentier retenu par le COR) : à court terme la suppression des départs en catégorie active entraîne
le maintien quelques années supplémentaires dans la base de cotisation de fonctionnaires ayant
un IM élevé.
1.8.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
La suppression des départs en catégorie active dès 2026 entraine, à court terme, une baisse des
masses de prestations des droits directs vieillesse, les départs en catégorie active étant reportés
sur les années suivantes. La baisse atteint 3,0 % à l’horizon 2030.
A compter de 2030, les départs des affiliés ayant reporté leur départ (excepté ceux partant
désormais en invalidité) à des niveaux de pension supérieurs à celui du scénario de référence (IM
à liquidation supérieur et durée de cotisation plus élevée dus à une carrière plus longue) tendent
à atténuer la baisse des masses de prestations observée en début de projection. Ainsi, en 2045,
l’écart sur les masses de prestations de droits directs vieillesse par rapport au scénario de
référence s’élève à -1,4 %.
La suppression des départs en catégorie active entraine une augmentation des masses de
prestation d’invalidité par rapport au scénario de référence, une partie des agents partant au titre
de la catégorie active dans la simulation de référence partant désormais en invalidité. Ainsi, à
l’horizon 2045, les masses de prestations des invalides augmentent de 7,8 % par rapport au
scénario de référence.
Globalement, les masses de pensions de droits directs diminuent de 0,5 % à l’horizon 2045 par
rapport au scénario de référence.
1.8.4. Effets sur les prestations de droit dérivé
L’effet sur les masses de prestation des droits dérivés est relativement faible. L’augmentation de
l’IM moyen à la liquidation augmente la pension versée aux bénéficiaires de droit dérivé au
moment du décès.
-- 368 of 491 --
Annexe XII
- 56 -
Les masses de prestations de droits dérivés augmenteraient donc de 0,2 % à l’horizon 2045 par
rapport au scénario de référence.
1.8.5. Transferts entre dispositifs de départ
Avec une mise en place soudaine dès le 1 er janvier 2026, les départs en catégorie active ne seraient
plus possibles dans la simulation. Le report de ces départs vers les autres catégories ne serait
toutefois ni uniformément réparti, ni dirigé de manière exclusive vers un autre dispositif. A court
terme, on noterait ainsi une hausse des départs en invalidité, qui s’amenuiserait avec le temps.
Les départs pour carrière longue absorberaient une bonne part des ex-départs en catégorie active,
et ce, de manière assez constante dans le temps. Enfin, les départs en sédentaires progresseraient
un peu plus fortement, mais ne seraient donc pas la « cible » exclusive des départs en catégorie
active de la simulation de référence.
Ces transferts, et en particulier ceux aboutissant à un départ en invalidité ou vers un départ
anticipé pour carrière longue, réduiraient nécessairement la portée de la mesure, notamment en
termes financiers.
1.8.6. Effets sur le solde de gestion technique
La hausse des cotisations et la baisse des masses de prestations permettent l’amélioration du
solde technique à l’horizon 2045. Ainsi, le solde technique atteint -9,9 Md€ à l’horizon 2045.
0,0%
10,0%
20,0%
30,0%
40,0%
50,0%
60,0%
70,0%
2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045 2046 2047 2048 2049 2050
Comparaison des départs par catégorie (Référence vs Simu8)
Invalidité - Référence Catégorie Active - Référence Carrière longue - Référence
Sédentaire - Référence Invalidité - Simu8_SupprCatActive Catégorie Active - Simu8_SupprCatActive
Carrière longue - Simu8_SupprCatActive Sédentaire - Simu8_SupprCatActive
-- 369 of 491 --
Annexe XII
- 57 -
4. Variantes de désindexation des pensions
Nota bene : dans les régimes en points, la désindexation des pensions se fait au niveau de la valeur
de service. Cette dernière est donc diminuée « définitivement » et cela concerne également les
nouveaux pensionnés post période de désindexation. A la CNRACL, la désindexation a un effet bien
plus limité : en effet, la désindexation n’a d’effet que sur la revalorisation des pensions déjà
liquidées. Elle n’affecte donc pas le montant des pensions liquidées à l’issue de la période de
désindexation.
1.9. Simulation A – Désindexation des pensions en 2026
1.9.1. Hypothèses retenues
Cette première simulation présente les résultats liés à une désindexation des pensions par rapport
à l’inflation minorant la revalorisation d’un point de pourcentage. Dans les faits, étant donné la
revalorisation estimée à 0,9 % pour les pensions vieillesse (au 1 er janvier) et à 0,8 % pour les
pensions d’invalidité (au 1 er avril), la désindexation est limitée à un gel sur 2026 afin de ne pas
avoir de revalorisation négative. Le reliquat n’est pas reporté sur l’année suivante.
Les paramètres du régime (AOD, AAD, DAR, …) sont identiques à ceux du scénario de référence.
Enfin, les dates de départ des agents étant inchangées entre la référence et la simulation, il n’y a
pas ici de transferts entre dispositifs de départ.
1.9.2. Effet sur les cotisations
Cette simulation n’entraine pas de modifications sur les masses de cotisations versées.
1.9.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
La désindexation de la revalorisation des pensions sur 2026 entraine une baisse immédiate des
masses de pension des droits directs vieillesse et invalidité. Cette baisse atteint 0,9 % en 2026
pour le risque vieillesse et 0,8 % pour le risque invalidité.
Par la suite, les nouveaux retraités n’ayant pas subi la désindexation remplacent progressivement
les retraités dans le stock. L’effet de la désindexation diminue donc progressivement et la baisse
des masses de pension des droits directs (vieillesse et invalidité) n’atteint plus que 0,5 % en 2045
par rapport au scénario de référence.
1.9.4. Effets sur les prestations de droit dérivé
L’effet sur les masses de prestations de droits dérivés est le même que pour les droits directs. La
baisse à l’horizon 2045 reste cependant plus forte (0,7 %). En effet, les nouveaux bénéficiaires de
droits dérivés à cet horizon ont leur pension calculée sur des pensions de droit propre ayant
également subi la désindexation : le droit générateur étant plus bas, la pension de réversion l’est
également.
1.9.5. Effets sur le solde de gestion technique
La baisse des masses de prestations améliore légèrement le solde technique sur l’ensemble de la
projection. Celui-ci atteint -9,9 Md€ à l’horizon 2045.
-- 370 of 491 --
Annexe XII
- 58 -
1.10. Simulation B – Désindexation des pensions entre 2026 et 2030
1.10.1. Hypothèses retenues
Comme pour la simulation supra, on reprend une désindexation d’un point de pourcentage, mais
cette dernière s’applique chaque année pendant 5 ans, soit de 2026 à 2030. Là encore, la
revalorisation est nulle en 2026 (pas de revalorisation négative, ni de reliquat reporté sur les
années suivantes).
Les paramètres du régime (AOD, AAD, DAR, …) sont identiques à ceux du scénario de référence.
Enfin, les dates de départ des agents étant inchangées entre la référence et la simulation, il n’y a
pas ici de transferts entre dispositifs de départ.
1.10.2. Effet sur les cotisations
Pas d’évolution par rapport à la simulation de référence.
1.10.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
La désindexation des pensions sur la période 2026-2030 entraine une baisse immédiate des
masses de pension. Comme dans la simulation précédente, cette baisse atteint 0,9 % en 2026 pour
le risque vieillesse et 0,8 % pour le risque invalidité. L’application de la désindexation pendant 5
ans aboutit à une baisse atteignant 4,4 % en 2030 (pensions vieillesse et invalidité confondues).
L’effet s’atténue par la suite, pour les mêmes raisons que la simulation précédente, avec l’arrivée
de nouveaux pensionnés n’ayant pas subi de désindexation. La baisse sur les masses de pensions
atteint toutefois 2,6 % en 2045 contre 0,5 % pour une désindexation appliquée pendant une seule
année.
1.10.4. Effets sur les prestations de droit dérivé
De manière similaire à la simulation précédente, l’effet sur les masses de prestations de droit
dérivé est proportionnellement plus élevé, avec une baisse des masses atteignant 4,1 % en 2045.
L’effet est amplifié du fait de pensionnés dont le droit dérivé est sous-indexé dans un premier
temps puis des nouveaux bénéficiaires dont le droit à pension est calculé sur un montant moins
élevé.
1.10.5. Effets sur le solde de gestion technique
La baisse des masses de prestations améliore légèrement le solde technique sur l’ensemble de la
projection. Celui-ci atteint -8,7 Md€ à l’horizon 2045.
-- 371 of 491 --
Annexe XII
- 59 -
1.11. Simulation G – Désindexation des pensions entre 2026 et 2029 pour les
pensions au-dessus de la médiane
1.11.1. Hypothèses retenues
Les résultats de cette simulation seront à prendre avec beaucoup de précaution. Du fait de la
présence de polypensionnés dont les montants de retraite dans les autres régimes ne sont pas
connus, le choix de la médiane apparaît particulièrement structurant et source de biais. De ce fait,
les pensionnés avec des faibles durées à la CNRACL (et donc une pension CNRACL inférieure à la
médiane des pensions versées par ce régime) mais une pension importante par ailleurs
bénéficient dans ce scénario de l’indexation sur les prix, alors que des monopensionnés à la
CNRACL (avec un montant de pension supérieur à la médiane des pensions versées par ce régime,
mais inférieur à la médiane tous régimes confondus) voient leur pension désindexée.
La médiane est par ailleurs calculée uniquement sur le champ des droits directs, et la
désindexation partielle n’est également appliquée qu’aux droits directs. L’impact sur les droits
dérivés serait de toute façon assez négligeable, compte-tenu du montant moyen faible des
pensions de droit dérivé (calculées sur la base de 50 % de la pension de droit direct du pensionné
décédé).
Comme pour les deux simulations de désindexation présentées supra, les paramètres du régime
(AOD, AAD, DAR, …) sont identiques à ceux du scénario de référence. De même, les dates de départ
des agents sont inchangées par rapport à la simulation de référence : il n’y a donc pas ici de
transferts entre dispositifs de départ.
1.11.2. Effet sur les cotisations
Pas d’évolution par rapport à la simulation de référence.
1.11.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
La désindexation des pensions au-dessus de la médiane sur la période 2026-2030 entraine une
baisse immédiate des masses de pension vieillesse et invalidité qui atteindrait un maximum de
2,3 % en 2029, avant de se réduire quasi linéairement d’année en année à mesure que la part des
personnes ayant liquidé leurs droits à partir de 2030 (n’ayant donc pas été concernées par la
désindexation) dans le total des pensionnés de droit direct augmente. A l’horizon 2045, les masses
de pension de droit direct diminuent de 1,0 % par rapport au scénario de référence. L’effet est
davantage marqué sur les pensions vieillesse que sur les pensions d’invalidité, le montant moyen
des pensions d’invalidité étant bien inférieur à celui des pensions vieillesse.
1.11.4. Effets sur les prestations de droit dérivé
Ces effets n’ont pas été simulés mais seraient a priori très réduits, puisqu’ils ne concerneraient
que des réversataires dont le conjoint bénéficiait d’une pension supérieure à 2 fois la médiane.
1.11.5. Effets sur le solde de gestion technique
La baisse des masses de prestations améliore légèrement le solde technique sur l’ensemble de la
projection. Celui-ci atteint -9,7 Md€ à l’horizon 2045.
-- 372 of 491 --
Annexe XII
- 60 -
5. Variantes de sensibilité sur recettes et dépenses
1.12. Simulation C – Hausse des recettes de cotisations de 1 %
1.12.1. Hypothèses retenues
Pour effectuer cette simulation, une hypothèse simplificatrice a été prise : la hausse des recettes
de cotisations se fait en augmentant la masse salariale indiciaire des fonctionnaires territoriaux
et hospitaliers. Concrètement, la valeur du point de la fonction publique augmente en niveau de
1 % sur la période 2026-2045 (par rapport à la simulation de référence).
Comme dans les simulations de désindexation, les paramètres du régime (AOD, AAD, DAR, …) sont
identiques à ceux du scénario de référence, et les dates de départ des agents restent inchangées,
il n’y a donc pas ici de transferts entre dispositifs de départ.
1.12.2. Effet sur les cotisations
Par construction, l’effet sur les cotisations est de +1 % en niveau chaque année à compter de
2026.
1.12.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
Avec l’évolution de la valeur du point de la fonction publique, les masses de prestations versées
seraient progressivement plus élevées dans la simulation que dans le scénario de référence.
Toutefois, cette montée en charge serait relativement lente, puisque les nouveaux pensionnés
ayant bénéficié de cette hausse sont peu nombreux, rapporté à l’ensemble des pensionnés, à court
terme. En 2045, les masses de prestations versées dans la simulation seraient supérieures à celles
versées dans le scénario de référence de 0,5 %.
1.12.4. Effets sur les prestations de droit dérivé
L’effet sur les masses de pension des droits dérivés est le même que pour les droits directs avec
une baisse des masses de pension. Cependant, la montée en charge est encore plus lente que pour
les pensionnés de droits directs. En 2045, les masses de pensions versées aux droits dérivés
seraient supérieur de 0,2 % par rapport à celles du scénario de référence.
1.12.5. Effets sur le solde de gestion technique
A l’horizon 2045, les gains sur les cotisations étant plus important que l’augmentation des masses
de prestations, le solde de gestion technique s’améliore pour atteindre -10,0 Md€.
-- 373 of 491 --
Annexe XII
- 61 -
1.13. Simulation D – Baisse des recettes de cotisations de 1 %
1.13.1. Hypothèses retenues
Cette simulation reprend la même hypothèse principale que la simulation C, avec une valeur du
point de la fonction publique en niveau plus basse de 1 % chaque année à compter de 2026.
1.13.2. Effet sur les cotisations
Par construction, l’effet sur les cotisations est de -1 % chaque année à compter de 2026.
1.13.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
Avec la diminution de la valeur du point de la fonction publique, les masses de prestations versées
seraient progressivement moins élevées dans la simulation que dans le scénario de référence.
Comme dans la simulation C, cette montée en charge serait progressive. En 2045, les masses de
prestations versées dans la simulation seraient inférieures à celles versées dans le scénario de
référence de 0,5 %.
1.13.4. Effets sur les prestations de droit dérivé
L’effet observé ici est symétrique à celui observé dans la simulation C. Ainsi, les masses de
prestations des droits dérivés seraient inférieures de 0,2 % à celles du scénario de référence.
1.13.5. Effets sur le solde de gestion technique
Contrairement à la simulation C, la simulation D entrainerait une dégradation du solde technique,
la baisse observée sur les ressources étant plus élevée que celle observée sur les charges. Le solde
technique atteindrait -10,4 Md€ à l’horizon 2045.
1.14. Simulation E – Hausse cumulative des dépenses de pensions de 1 % chaque
année
1.14.1. Hypothèses retenues
Pour effectuer cette simulation, une hypothèse simplificatrice a été prise : la hausse des dépenses
se fait en augmentant la revalorisation des pensions de 1 % chaque année. Ainsi, la hausse porte
sur les pensions déjà liquidées mais n’embarque pas d’effet sur les pensions des nouveaux
retraités. De ce fait, sa mise en œuvre est semblable à ce qui a été fait (mais ici à la hausse) dans
les simulations de désindexation des pensions A et B présentées à la partie précédente, mais la
hausse est appliquée chaque année jusqu’à l’horizon de projection de 2045.
Les paramètres du régime (AOD, AAD, DAR, …) sont identiques à ceux du scénario de référence.
De même, les dates de départ des agents sont inchangées par rapport à la simulation de référence :
il n’y a donc pas ici de transferts entre dispositifs de départ.
1.14.2. Effet sur les cotisations
Cette simulation n’entraine pas de modifications sur les masses de cotisations versées.
-- 374 of 491 --
Annexe XII
- 62 -
1.14.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
Par construction, cette simulation entraine une augmentation de 1 % sur 2026 des masses de
prestation de droit direct par rapport au scénario de référence. Cette hausse se cumule ensuite
sur la période de projection pour atteindre 16 % à l’horizon 2045. L’écart avec le scénario de
référence est atténué par l’entrée dans le stock de nouveaux de pensionnés de droits directs
n’ayant pas bénéficié de la meilleure revalorisation des pensions en début de projection.
1.14.4. Effets sur les prestations de droit dérivé
Comme pour les masses de prestation de droit direct, les masses de prestation de droit dérivé
augmentent progressivement sur la période de projection. Elles seraient supérieures de 20,1 % à
l’horizon 2045 par rapport au scénario de référence.
1.14.5. Effets sur le solde de gestion technique
La stabilité des ressources combinée à une augmentation des charges dégrade le solde technique
dans cette simulation. Le solde technique s’élèverait à -19,3 Md€ en 2045.
1.15. Simulation F – Baisse cumulative des dépenses de pensions de 1 % chaque
année
1.15.1. Hypothèses retenues
Cette simulation reprend la même hypothèse simplificatrice que la simulation E. Comme pour les
simulations A et B, un gel des pensions en 2026 est appliqué au lieu de la revalorisation négative
issue du calcul lié à la désindexation d’un point.
1.15.2. Effet sur les cotisations
Comme pour la simulation E, il n’y a pas d’effet sur les masses de cotisation versées.
1.15.3. Effet sur les prestations de droit direct vieillesse et invalidité
Symétriquement à la simulation E, cette simulation baisse les masses de prestation de droit direct.
En 2045, les masses de prestations seraient inférieures de 12,7 % au scénario de référence.
1.15.4. Effets sur les prestations de droit dérivé
De même que pour les masses de prestation de droit direct, les masses de prestation de droit
dérivé diminuent par rapport au scénario de référence. Elles sont inférieures de 16,5 % à l’horizon
2045.
1.15.5. Effets sur le solde de gestion technique
Dans cette simulation, le solde technique s’améliore par rapport au scénario de référence. Il atteint
3,0 Md€ en 2045.
-- 375 of 491 --
Annexe XII
- 63 -
2. Annexes
2.1. Annexe 1 : Mesures « conclave »
Les graphiques présentant des écarts correspondent à l’écart entre la simulation mentionnée et
le scénario de référence.
2.1.1. Ecarts sur les effectifs de droits directs en moyenne annuelle
-- 376 of 491 --
Annexe XII
- 64 -
2.1.2. Age moyen de départ à la retraite du flux de départs
2.1.3. Durée d’assurance moyenne du flux de départs
-- 377 of 491 --
Annexe XII
- 65 -
2.1.4. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – partie vieillesse
2.1.5. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – partie Invalidité
-- 378 of 491 --
Annexe XII
- 66 -
2.1.6. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – Total
2.1.7. Ecart sur le montant moyen de la pension du stock de droits directs
-- 379 of 491 --
Annexe XII
- 67 -
2.1.8. Ecart sur le montant des cotisations
-- 380 of 491 --
Annexe XII
- 68 -
2.2. Annexe 2 : Variantes d’effectifs
Les graphiques présentant des écarts correspondent à l’écart entre la simulation mentionnée et
le scénario de référence.
2.2.1. Ecarts sur les effectifs de pensionnés de droits direct en moyenne annuelle
2.2.2. Age moyen de départ à la retraite du flux de départs
Les simulations sur les variantes d’effectif n’ont pas de réels impacts sur l’âge de départ à la
retraite du flux. Nous ne présenterons donc pas ce graphique en annexe.
-- 381 of 491 --
Annexe XII
- 69 -
2.2.3. Durée d’assurance moyenne du flux de départs
2.2.4. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – partie vieillesse
-- 382 of 491 --
Annexe XII
- 70 -
2.2.5. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – partie Invalidité
2.2.6. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – Total
-- 383 of 491 --
Annexe XII
- 71 -
2.2.7. Ecart sur le montant moyen de la pension du stock de droits directs
2.2.8. Ecart sur l’IM moyen à la liquidation
-- 384 of 491 --
Annexe XII
- 72 -
2.2.9. Ecart sur le montant des cotisations
-- 385 of 491 --
Annexe XII
- 73 -
2.3. Annexe 3 : Variante de modification des conditions de départ des
fonctionnaires
2.3.1. Ecarts sur les effectifs de pensionnés de droits direct en moyenne annuelle
-- 386 of 491 --
Annexe XII
- 74 -
2.3.2.
2.3.3. Age moyen de départ à la retraite du flux de départs
2.3.4. Durée d’assurance moyenne du flux de départs
-- 387 of 491 --
Annexe XII
- 75 -
2.3.5. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – partie vieillesse
-- 388 of 491 --
Annexe XII
- 76 -
2.3.6. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – partie Invalidité
2.3.7. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – Total
-- 389 of 491 --
Annexe XII
- 77 -
2.3.8. Ecart sur le montant moyen de la pension du stock de droits directs
2.3.9. Ecart sur l’IM moyen à la liquidation
-- 390 of 491 --
Annexe XII
- 78 -
2.3.10. Ecart sur le montant des cotisations
-- 391 of 491 --
Annexe XII
- 79 -
2.4. Annexe 4 : Variantes de désindexation des pensions
2.4.1. Ecarts sur les effectifs de pensionnés de droits direct en moyenne annuelle
Ces simulations ne modifient pas les effectifs de pensionnés de droits direct en moyenne annuelle.
2.4.2. Age moyen de départ à la retraite du flux de départs
Ces simulations ne modifient l’âge moyen de départ à la retraite.
2.4.3. Durée d’assurance moyenne du flux de départs
Ces simulations ne modifient pas la durée d’assurance moyenne du flux.
2.4.4. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – partie vieillesse
-- 392 of 491 --
Annexe XII
- 80 -
2.4.5. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – partie Invalidité
2.4.6. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – Total
-- 393 of 491 --
Annexe XII
- 81 -
2.4.7. Ecart sur le montant moyen de la pension du stock de droits directs
2.4.8. Ecart sur l’IM moyen à la liquidation
Ces simulations n’ont pas d’effet sur l’IM à la liquidation.
2.4.9. Ecart sur le montant des cotisations
Ces simulations n’ont pas d’effet sur les masses de cotisations.
-- 394 of 491 --
Annexe XII
- 82 -
2.5. Annexe 5 : Variantes de sensibilité sur recettes et dépenses
2.5.1. Ecarts sur les effectifs de pensionnés de droits direct en moyenne annuelle
Ces simulations ne modifient pas les effectifs de pensionnés de droits direct en moyenne annuelle.
2.5.2. Age moyen de départ à la retraite du flux de départs
Ces simulations ne modifient l’âge moyen de départ à la retraite.
2.5.3. Durée d’assurance moyenne du flux de départs
Ces simulations ne modifient pas la durée d’assurance moyenne du flux.
2.5.4. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – partie vieillesse
-- 395 of 491 --
Annexe XII
- 83 -
2.5.5. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – partie Invalidité
2.5.6. Ecart sur les dépenses de pension des droits directs – Total
-- 396 of 491 --
Annexe XII
- 84 -
2.5.7. Ecart sur le montant moyen de la pension du stock de droits directs
2.5.8. Ecart sur l’IM moyen à la liquidation
Ces simulations ne modifient pas l’IM moyen à la liquidation car elles impactent les valeurs du
point ou le niveau de la revalorisation des pensions.
2.5.9. Ecart sur le montant des cotisations
-- 397 of 491 --
ANNEXE XIII
Recouvrement et contrôle des créances
sociales sur les employeurs territoriaux et
hospitaliers
-- 398 of 491 --
SOMMAIRE
1. LA REPRISE DE LA DETTE DE LA CNRACL A ÉTÉ ASSURÉE DANS LE CADRE DE
SOUTIENS PLUS GLOBAUX AUX ADMINISTRATIONS PUBLIQUES EN
PARTICULIER CONCERNANT LE SECTEUR HOSPITALIER ET JUSTIFIE DE
METTRE UN TERME AUX IMPAYÉS ENTRE SECTEURS PUBLICS ................................1
1.1. La reprise de la dette de la CNRACL à la suite de la pandémie de Covid 19, s’est
accompagnée de mesures de soutiens aux établissements de santé et aux
collectivités territoriales ...............................................................................................................1
1.2. Le rapport de 2024 soulignant la nécessité de prendre en compte les impayés de
cotisations et d’y apporter des solutions afin de soulager la CNRACL.......................2
2. LE RECOUVREMENT DES CRÉANCES SOCIALES ET FISCALES DES EMPLOYEURS
HOSPITALIERS ET TERRITORIAUX A DONNÉ LIEU À DES ACTIONS SPÉCIFIQUES
MAIS QUI RESTENT PARTIELLES .......................................................................................... 3
2.1. Les employeurs hospitaliers et territoriaux relèvent d’opérations de
recouvrement menées par une pluralité d’acteurs publics ............................................3
2.2. Les conditions dans lesquelles ce recouvrement intervient sont dérogatoires par
rapport au droit commun .............................................................................................................4
2.3. Des difficultés importantes rencontrées en matière de recouvrement.....................5
2.4. Un cadre général paradoxal, du fait de la circularité des financements....................6
2.5. Une attention forte du conseil d’administration de la CNRACL ....................................7
2.6. Un projet d’unification des activités de gestion financière, du recouvrement et du
contrôle finalement ajourné ........................................................................................................7
3. UNE ATTENTION PARTICULIÈRE ET RENOUVELÉE DOIT ÊTRE APPORTÉE AUX
SITUATIONS D’IMPAYÉS QUI VONT À L’ENCONTRE DES INTÉRÊTS FINANCIERS
ET DE GESTION DE LA SPHÈRE PUBLIQUE ........................................................................ 8
3.1. Une situation d’impayés qui s’est fortement dégradée pour la CNRACL et portée
par les situations débitrices des établissements publics sanitaires et médico
sociaux ..................................................................................................................................................8
3.1.1. Un constat assuré par la mission dès la phase de cadrage sur le champ
CNRACL ........................................................................................................................................ 8
3.1.2. Une dégradation forte de la situation financière des établissements publics
de santé qui a été confirmée par les services statistiques..................................... 9
3.2. Des situations d’impayés confortés du côté de l’ERAFP mais, contrairement à la
CNRACL, des restes à recouvrer relevant largement du secteur des collectivités
territoriales et non de celui de la santé...................................................................................9
3.3. Les données de contrôle et de recouvrement du réseau des Urssaf permettent de
disposer d’un regard complémentaire et de cerner un mouvement de hausse très
fort des impayés côté de l’Urssaf caisse nationale .......................................................... 11
3.3.1. Un taux de restes à recouvrer relativement plus bas pour les employeurs
territoriaux et hospitaliers que sur le secteur privé qui cache des disparités
sectorielles très fortes ......................................................................................................... 12
3.3.2. Des montants restant à recouvrer en croissance constante, du fait des
employeurs hospitaliers, depuis 2019 ......................................................................... 13
-- 399 of 491 --
3.3.3. L’analyse des montants redressés à la suite de contrôle souligne, a
contrario, une meilleure maîtrise de la réglementation par les employeurs
hospitaliers que par les employeurs territoriaux .................................................. 14
3.4. Une absence de coopération ou de dialogue entre entités responsables qui
apparait hautement contreproductive ................................................................................. 16
3.4.1. La mission n’a pas eu connaissance de démarche cohérente et structurée de
coopération entre régimes ............................................................................................... 16
3.4.2. En l’absence de coopération, des possibilités d’optimisation sont ouvertes
aux créanciers publics en l’état actuel du droit et des pratiques ................... 17
3.4.3. Des cas particuliers démontrent le chemin à privilégier ou celui qui serait à
écarter........................................................................................................................................ 17
3.5. La hausse des taux de cotisations est nécessaire au financement du régime, elle
risque d’avoir des effets importants sur les niveaux d’impayés................................ 18
-- 400 of 491 --
Annexe XIII
-1-
1. La reprise de la dette de la CNRACL a été assurée dans le cadre de
soutiens plus globaux aux administrations publiques en particulier
concernant le secteur hospitalier et justifie de mettre un terme aux
impayés entre secteurs publics
1.1. La reprise de la dette de la CNRACL à la suite de la pandémie de Covid 19,
s’est accompagnée de mesures de soutiens aux établissements de santé et
aux collectivités territoriales
La dernière opération de reprise de dette intervenue en 20201 a été effectuée pour des
raisons d’ordre conjoncturel : la crise sanitaire de la Covid 19 a conduit à une crise sociale,
économique et financière. Les administrations de sécurité sociale ont dû faire face à des
dépenses soutenues, alors que leurs recettes s’effondraient. Le nouveau transfert a conduit à
repousser la date de fin des missions de la caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES)
de 2024 à 2033. Les montants repris sont de 136 Mds€. Ils correspondent à 31 Mds€ au titre
des déficits passés ; 13 Mds€ pour la reprise d'un tiers de la dette des hôpitaux publics ;
92 Mds€ au titre des déficits sociaux prévisionnels 2020-2023 liés à la crise ainsi qu’aux
investissements dans les établissements publics de santé (« Ségur de la santé »).
La reprise des dettes concernant la CNRACL peut apparaître relativement modeste en ce qu’elle
ne représente que moins d’1% de la dette sociale transférée à compter de 2020. Les déficits
transférés ne concernent en outre que les déficits passés et pas directement les déficits à venir,
comme cela est prévu pour les autres branches et entités relevant du régime général. Avant la
LFSS pour 2026, la dette de la branche retraite du régime général (caisse nationale d’assurance
vieillesse - CNAV) a été reprise à hauteur de 2,7 Mds€ ; la dette du fonds de solidarité vieillesse
(FSV) a été reprise à hauteur de 13,4 Mds€. Au total, le risque vieillesse au sens strict (CNAV et
CNRACL) correspond à 2,9% et au sens élargi (intégrant le FSV) à 12,8% des montants repris
par la Cades.
Mais, dans une autre approche, le secteur des collectivités territoriales et des
établissements sanitaires publics a bénéficié de cette reprise de dette à trois égards : la
reprise de la dette de la CNRACL à hauteur de 1,3 Md€ au titre des déficits passés, la reprise
de la dette des hôpitaux, les soutiens apportés au secteur hospitalier. Ce précédent est lié
directement à la spécificité de la crise liée à la Covid 19 et peut s’expliquer à ce titre2. Toutefois,
s’agissant d’un régime de retraite en répartition, le principe applicable est celui de l’équilibre
entre les recettes et les dépenses, la dette accroissant le transfert inter générationnel, déjà à
l’œuvre.
1 Voir Loi organique n°2020-991 du 7 août 2020 relative à la dette sociale et à l'autonomie.
2 Voir, sur ces questions, les travaux de la Cour des comptes et du Haut conseil au financement de la protection
sociale (HCFIPS). Par exemple, HCFIPS (avec le HCAAM et le HCFEA), Pour un redressement durable de la Sécurité
sociale, juillet 2025.
-- 401 of 491 --
Annexe XIII
-2-
Ces soutiens directs doivent aussi être rapprochés des soutiens apportés de manière indirecte
dans le cadre des débats intervenus sur les lois financières (lois de finances et lois de
financement). Les collectivités territoriales ont donné lieu à des réflexions spécifiques3. Par
ailleurs, l’objectif national de dépenses d’assurance maladie a augmenté de manière
significative depuis 2021. L’ampleur de la prise en compte des impacts, en recettes et en
dépenses, de la crise économique et sociale, issue de la pandémie, pour chaque secteur de
dépenses, continue à donner lieu à des débats qui ne relèvent pas du champ de la présente
mission. Il est cependant incontestable que les employeurs hospitaliers et territoriaux ont été
envisagés de manière spécifique du fait de leur exposition aux difficultés résultant de la crise
de la Covid 19.
1.2. Le rapport de 2024 soulignant la nécessité de prendre en compte les
impayés de cotisations et d’y apporter des solutions afin de soulager la
CNRACL
Les travaux précédents4 des inspections générales avaient mis en avant la nécessité de
« soulager la CNRACL du poids des impayés » (encadré 1).
Encadré 1 : Les travaux de 2024 et la nécessité de « soulager la CNRACL du poids des impayés »
(paragraphe 242 du rapport)
« Au 31 décembre 2023, 86 employeurs défaillants sont recensés par la caisse des dépôts et consignations,
pour des créances qui s’élèvent à 400 M€. Les deux tiers de ces impayés sont concentrés sur une dizaine
d’employeurs (neuf hôpitaux et une commune).
Ces employeurs font l’objet d’un suivi précis, en particulier les 15 plus importants, (quatorze hôpitaux et
une commune), qui cumulent 80 % des créances non recouvrées.
Des démarches contentieuses sont en cours. La loi n° 80-539 du 16 juillet 1980 relative aux astreintes
prononcées en matière administrative et à l’exécution des jugements par les personnes morales de droit
public dispose en son II que « Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a
condamné une collectivité locale ou un établissement public au paiement d'une somme d'argent dont le
montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être mandatée ou ordonnancée dans un
délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. A défaut de mandatement ou
d'ordonnancement dans ce délai, le représentant de l'Etat dans le département ou l'autorité de tutelle
procède au mandatement d'office. » Cette disposition engage la responsabilité personnelle des
ordonnateurs (Article L. 131-14 du code des juridictions financières).
La suite du texte dispose que l’incapacité de l’établissement public ou de la collectivité locale à procéder au
paiement, ne saurait s’opposer à l’exécution des décisions de justice. En effet, « en cas d'insuffisance de
crédits, le représentant de l'Etat dans le département ou l'autorité de tutelle adresse à la collectivité ou à
l'établissement une mise en demeure de créer les ressources nécessaires ; si l'organe délibérant de la
collectivité ou de l'établissement n'a pas dégagé ou créé ces ressources, le représentant de l'Etat dans le
département ou l'autorité de tutelle y pourvoit et procède, s'il y a lieu, au mandatement d'office. »
En dernier ressort, la responsabilité de pourvoir au dégagement ou à la création de la ressource nécessaire
au paiement échoit au préfet pour les collectivités locales et au directeur général de l’Agence régionale de
santé pour les établissements hospitaliers. »
Source : Mission IGA / IGAS / IGF de 2024.
3 Voir, par exemple, Fabien Genet, sénateur, Impact de l'épidémie de Covid-19 sur les finances communales, Question
écrite n°21194, 15 ème législature ; Éliane Assassi, sénatrice et plusieurs de ses collègues, Proposition de loi n°495
visant à soutenir les collectivités territoriales suite à la crise du covid-19, Sénat session ordinaire de 2019-2020,
enregistré à la Présidence du Sénat le 9 juin 2020.
4 Yannick Le Guillou, Vincent Ruol, Laurent Trupin et Bastien Sayen, Situation financière de la Caisse nationale de
retraite des agents des collectivités locales - Bilan et perspectives, mai et octobre 2024, IGA / IGAS / IGF, 23107R /
2023-104R / 2023-M-104-02.
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Annexe XIII
-3-
2. Le recouvrement des créances sociales et fiscales des employeurs
hospitaliers et territoriaux a donné lieu à des actions spécifiques mais
qui restent partielles
2.1. Les employeurs hospitaliers et territoriaux relèvent d’opérations de
recouvrement menées par une pluralité d’acteurs publics
Les établissements publics sanitaires ou médico sociaux et les collectivités territoriales
peuvent être redevables, de manière spécifique ou dans le cadre de droit commun,
d’impositions de toutes natures. Elles les acquittent dans ce cadre auprès des entités
compétentes soit les services de la direction générale des finances publiques (DGFIP) ou de la
direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI).
En ce qui concerne les prélèvements sociaux ou assis sur salaires, ces entités sont
amenées à déclarer et verser les montants dus :
aux unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales
(Urssaf) en ce qui concerne la contribution sociale généralisée, la contribution au
remboursement de la dette sociale, la contribution de solidarité autonomie, les
prélèvements annexes et les cotisations au titre de la maladie ou de la famille le cas
échéant ;
aux caisses de retraite de base, les cotisations, salariales et patronales, dues à ce citre
donc soit au service des retraites de l’Etat (SRE), soit à la CNRACL, soit aux Urssaf
intervenant pour le compte de la CNAV ;
le cas échéant, aux caisses de retraite complémentaire que sont l’Agirc-Arrco5 et
l’Institution de retraite complémentaire des agents non-titulaires de l'Etat et des
collectivités publiques (IRCANTEC) ;
aux acteurs additionnels que sont, d’une part, l’établissement gérant le régime
additionnel de la fonction publique (Établissement de Retraite Additionnelle de la
Fonction Publique - ERAFP) et les organismes complémentaires pouvant intervenir
en tout ou partie à la place de l’employeur ou de manière complémentaire à celui-ci (au
titre des couvertures « santé » ou « prévoyance »).
Du fait de la pluralité des statuts socio-professionnels des agents qu’ils emploient6, les
employeurs territoriaux et hospitaliers sont donc confrontés à des interlocuteurs
différents selon la nature de la créance qu’ils doivent acquitter. Les organismes
complémentaires peuvent cependant intervenir dans un cadre unifié. La diversité apparente
des régimes de la fonction publique doit être tempérée en ce que la CNRACL, l’IRCANTEC et
l’ERAFP sont pour les fonctions de recouvrement et de gestion des droits largement mis en
œuvre par la direction des politiques sociales de la caisse des dépôts et consignations (CDC).
Si les entités de recouvrement sont différentes, les procédures et démarches de
recouvrement qu’elles peuvent mobiliser afin de veiller au respect des obligations
sociales sont largement similaires.
5 Soit, respectivement, l’association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc) créée le 14 mars 1947
et, pour les non-cadres, l’association des régimes de retraite complémentaire (Arrco), créée le 8 décembre 1961.
6 Voir annexes 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des
fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales ; 5 - Analyse des évolutions à
caractère systémique de la CNRACL et des autres évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de
retraites ; 10 - Les évolutions de la population affiliée et des recettes de la CNRACL et les impacts des hausses de taux
sur les stratégies d’emploi.
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Annexe XIII
-4-
2.2. Les conditions dans lesquelles ce recouvrement intervient sont
dérogatoires par rapport au droit commun
Le recouvrement, amiable et forcé, s’articule autour de deux procédures de droit
commun prévues par les textes pour les personnes morales ou physiques redevables de
cotisations et de contributions sociales :
le recouvrement amiable repose sur l’émission d’une mise en demeure de payer de
l’organisme débiteur vers le redevable7 ;
le recouvrement forcé prend effet avec la demande en paiement par l’organisme
débiteur vers le redevable8.
La réalisation de ces actes successivement permet de mettre en échec le risque de
prescription des créances sociales en principal et en accessoire, le cadre commun
précisant que ces dettes sont prescrites « par trois ans à compter de la fin de l'année civile au
titre de laquelle elles sont dues »9. L’employeur est chargé non seulement d’acquitter les
cotisations et contributions sociales dont il est redevable en tant qu’employeur mais aussi de
précompter les cotisations et contributions à la charge du salarié ou de l’agent10. En ce que
l’intervention de l’employeur est ici différente, le fait de ne pas procéder à ce précompte et de
ne pas verser les cotisations et contributions à la charge du salarié constitue, en cas de récidive,
un délit « puni d'un emprisonnement de deux ans et d'une amende de 3 750 euros ou de l'une de
ces deux peines seulement. »11
En ce qui concerne les personnes physiques ou les personnes morales de droit privé, les
organismes de recouvrement compétents et, au premier chef, les unions de recouvrement
des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (Urssaf), ont la capacité
d’émettre une contrainte12 qui a « tous les effets d'un jugement et confère notamment le
bénéfice de l'hypothèque judiciaire ». Sur la base de la contrainte, l’organisme peut ainsi
obtenir par tous moyens le paiement de sa créance.
Une telle procédure n’est en revanche pas mobilisable pour les personnes et
collectivités de droit public, du fait du principe d’insaisissabilité des biens publics.
L’article L. 2311-1 du code général de la propriété des personnes publiques (CGPP) pose ainsi
que « Les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 113 sont insaisissables. »
7 Voir article L. 244-2 du code de la sécurité sociale.
8 Voir article L244-8-1 du code de la sécurité sociale.
9 Voir article L. 244-3 du code de la sécurité sociale.
10 Voir article L. 243-1 du code de la sécurité sociale.
11 Voir article L. 244-6 du code de la sécurité sociale.
12 Voir article L. 244-9 du code de la sécurité sociale.
13 Cet article L 1 du code général de la propriété des personnes publiques dispose « Le présent code s'applique aux
biens et aux droits, à caractère mobilier ou immobilier, appartenant à l'Etat, aux collectivités territoriales et à leurs
groupements, ainsi qu'aux établissements publics. » Les collectivités territoriales et leurs groupements tout comme
les établissements publics de santé et leurs groupements entrent donc bien dans le champ d’application de ce
principe d’insaisissabilité qui avait à l’origine une base jurisprudentielle et a ensuite été reconnu au niveau législatif.
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Annexe XIII
-5-
Par ailleurs, là où les dettes fiscales et sociales d’une personne physique ou morale de
droit privé14 peuvent être examinées conjointement par les créanciers publics fiscaux
et sociaux au sein de la commission des chefs de services financiers (CCSF)15, cette
instance n’est pas compétente pour les personnes morales de droit public. Ces dernières
ne peuvent donc saisir conjointement à ce titre les administrations fiscales et douanières et les
organismes de recouvrement social.
Le cadre de recouvrement est donc ici dérogatoire à trois égards, aux plans juridique,
procédural et s’agissant des instances compétentes :
les modalités de droit commun de recouvrement par la contrainte ne peuvent être
mobilisées pour les personnes morales de droit public que sont les collectivités
territoriales et les établissements publics sanitaires et médico sociaux ;
partant, le recouvrement est en pratique différent, tant dans les systèmes d’information
des organismes qui sont largement issus d’une volonté de recouvrer les créances auprès
des personnes privées que dans les procédures ; là où souvent les « parcours » de
recouvrement sont automatisés et gérés par le système d’information, ils doivent être -
pour les personnes publiques- gérés « à la main » et dans le cadre de procédures
spécifiques de recouvrement requérant par exemple, s’agissant du recouvrement forcé,
l’intervention d’un juge là où la contrainte signifiée aux personnes de droit privé a tous
les effets d’un jugement ;
quand bien même un employeur territorial ou hospitalier rencontrerait des difficultés à
s’acquitter de ses obligations sociales ou fiscales, il ne peut saisir, comme le peuvent les
cotisants de droit privé, la CCSF ; cette instance ne peut avoir à connaître des dossiers de
cotisants publics.
Pour les cotisants du secteur public, le cadre est donc tout à fait singulier. D’autant plus
que la pluralité des acteurs de recouvrement social est combinée à des interventions
variables de ceux -ci. Ainsi, seules les Urssaf disposent de corps de contrôle sur pièces et
sur place (contrôles et inspecteurs agrées et assermentés dont les constats font foi jusqu’à
preuve du contraire) : les autres entités de recouvrement sont donc amenées à opérer des
contrôles différents. Elles ne sont pas en mesure de tirer les conséquences des constats opérés
par les Urssaf. Cela concerne au premier chef la direction des politiques sociales de la CDC qui
est l’opérateur des régimes de la CNRACL, de l’Ircantec et de l’Erafp.
2.3. Des difficultés importantes rencontrées en matière de recouvrement
Le fait que les personnes publiques relèvent d’un cadre spécifique de recouvrement et
de contrôle n’est pas forcément en tant que tel objet de débat ou d’analyses : les
personnes publiques exercent des missions et sont dans des fonctions différentes que celles
assurées par des personnes de droit privé16.
14 Voir service-pubic.fr « La commission départementale des chefs des services financiers (CCSF) peut être saisie par
une entreprise (société ou entreprise individuelle) qui exerce une activité commerciale, artisanale, libérale ou
agricole. »
15 Voir en particulier l’article D. 626-14 du code de commerce, le décret n°2007-686 du 4 mai 2007 instituant dans
chaque département une commission des chefs des services financiers et des représentants des organismes de
sécurité sociale et de l'assurance chômage (CCSF), le Bofip (n°BOI-REC-PREA-20-10-20 modalités et mesures
préalables à l'action en recouvrement - Suspension des poursuites – Plans de règlement accordés par la CCSF).
16 On peut cependant souligner que les personnes morales de droit privé chargées d’une mission de service public,
telles que les caisses de sécurité sociale ou l’Agirc-Arrco ne relèvent pas directement du champ des normes
applicables aux personnes publiques et peuvent donc faire l’objet de procédures de recouvrement ou de contrôle
dans les conditions de droit commun. Cela n’est pas le cas des autres intervenants que sont le SRE ou la CDC par
exemple.
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Annexe XIII
-6-
De plus, il existe une sorte de présomption de probité à leur endroit en ce que le cadre
normatif estime que les personnes publiques sont le plus souvent plus enclines à
spontanément respecter leurs obligations. Si ces principes ont leur cohérence propre,
ils posent difficulté dans des cadres spécifiques de défaillance de la personne publique
concernée. Ainsi, les opérations de recouvrement et de contrôle sont par nature plus
complexes :
elles sont spécifiques et dédiées, relevant souvent non de traitements informatiques
mais d’interventions directes et manuelles ; donc plus lourdes en gestion ;
le cadre de recouvrement est tout à fait dérogatoire et sui generis, il contraint les
organismes pour obtenir l’exécution forcée de la créance à disposer d’un jugement ce qui
entraîne n forcément des délais et des incertitudes temporelles et procédurales ;
les relations avec les personnes publiques sont, par nature, plus délicates que
celles avec des personnes privées ;
les actions de recouvrement engagées le sont avant tout afin d’écarter le risque de
prescription ; les interventions, notamment dans le cas où les difficultés financières
conduisent le cotisant public à ne pas reverser les cotisations salariales précomptées17
sont plus complexes et lentes auprès des personnes publiques qu’auprès des personnes
privées ;
les délais résultant des modes de constat et d’exécution de la créance auprès des
personnes publiques conduisent à des majorations de retard et des pénalités
potentiellement importantes, du fait des délais propres aux actions devant être
conduites vis-à-vis des personnes publiques ;
il n’existe pas de cadre formalisé d’échange ; si des échanges peuvent intervenir ente
les Urssaf et les directions régionales ou départementales des finances publiques
(DRFiP-DDFiP), ils sont largement dépendants de la volonté des acteurs locaux et ne
revêtent pas de caractère contraignant comme les CCSF ; il n’existe pas de lieu organisé
de traitement des difficultés financières des collectivités territoriales ou de leurs
groupements ou des établissements publics sanitaires et médico sociaux associant
l’ensemble des acteurs concernés (Urssaf, DDFiP et préfecture ou agence régionale de
santé – ARS par exemple).
2.4. Un cadre général paradoxal, du fait de la circularité des financements
La mission présente par ailleurs18 le caractère circulaire des financements publics aux
régimes d’assurance retraite et invalidité des agents publics : tout besoin de financement,
lié à une insuffisance de recettes, à un surcroît de dépenses ou encore à l’endettement a
vocation, à terme, à se concrétiser par des prélèvements supportés par les ménages et les
entreprises.
17 Le fait de ne pas reverser les montants précomptés entraîne l’application des peines prévues pour les
contraventions de cinquième classe, en vertu des dispositions de l’article R. 244-3 du code de la sécurité sociale, soit
une amende de 1 500 euros. En cas de récidive dans le délai de trois ans, le code de la sécurité sociale prévoit, en
son article L. 244-6, une peine de deux ans d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende. Voir également Conseil
constitutionnel, Commentaire de la décision n° 2011-161 QPC du 9 septembre 2011, Mme Catherine F., épouse L.
(sanction de la rétention de précompte des cotisations sociales agricoles).
18 Voir annexe 4 - Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les entités relevant des
fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers des déclarations sociales.
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Annexe XIII
-7-
L’existence d’impayés constitue donc une atteinte au principe de redistribution
consubstantiel au système soit que les charges d’un exercice déterminé sont financées par
cette personne publique sur la base des ressources prélevées sur les ménages ou les
entreprises. Les impayés éventuels ont, dans tous les cas, vocation à terme à être financés par
des prélèvements obligatoires.
2.5. Une attention forte du conseil d’administration de la CNRACL
La direction des politiques sociales de la CDC intervient sur la base des demandes d’action
arrêtées par le conseil d’administration dans le cadre de délibérations spécifiques.
Ainsi, selon les services de la CDC : « Depuis 2023, 9 contentieux ont été engagés par le service
juridique sur décision du conseil d’administration (critères cumulatifs : dette de plus de 5 M€ ; de
plus de 5 ans ; aucune perspective de recouvrement amiable). Une seule affaire a été jugée à date.
En dépit de sa condamnation, le CH d’Ajaccio ne régularise pas sa situation. Au contraire, sa dette
vis-à-vis du régime poursuit sa croissance. »19
Le conseil d’administration est donc plus que sensibilisé aux impayés. Il les suit de
manière régulière, décide des poursuites à diligenter le cas échéant et constate les difficultés
rencontrées en matière de recouvrement.
2.6. Un projet d’unification des activités de gestion financière, du recouvrement
et du contrôle finalement ajourné
La loi de financement de la sécurité sociale pour 202020 avait prévu, dans le cadre de la
rationalisation de l’organisation des gestions financières, du recouvrement et du contrôle des
organismes sociaux le transfert au réseau Urssaf des opérations de recouvrement et de
contrôle des cotisations et contributions assurées par l’Agirc-Arrco, la CNRACL, le fonds
pour l’emploi hospitalier (FEH), l’IRCANTEC, la Caisse de retraite et de prévoyance des clercs
et employés de notaires (CRPCEN), et la Caisse d'assurance vieillesse, invalidité et maladie des
cultes (CAVIMAC).
Par conséquent, étaient concernés plusieurs régimes (CNRACL, ERAFP, FEH IRCANTEC)
pour lesquels c’est la direction des politiques sociales de la CDC qui intervient actuellement
en matière de recouvrement des montants dus. Cette volonté de transférer les fonctions de
recouvrement et de contrôle a entraîné de fortes réactions des partenaires sociaux gérant
l’Agirc-Arrco21. Un premier report du transfert au 1 er janvier 2024 a été arrêté par le
législateur22. Finalement, le transfert a été abandonné : l’annonce de cette annulation a
été faite en janvier 2023.
19 Note du 1 er juillet 2025 transmise à la mission qui pose également la question des champs de responsabilité du
conseil d’administration et de l’opérateur en matière de recouvrement de créances.
20 Voir l’article 18 de la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020 et
le décret n° 2021-1532 du 26 novembre 2021 relatif aux modalités de transfert du recouvrement des cotisations
destinées au financement du régime de retraite complémentaire obligatoire mentionné à l'article L. 921-4 du code
de la sécurité sociale qui avait prévu une entrée en vigueur de cette réforme à compter du 1 er janvier 2023.
21 Voir, par exemple, Valérie Forgeront, Retraite complémentaire : le gouvernement abandonne le transfert du
recouvrement des cotisations. Une victoire pour FO, Les articles de L’InFO militante, samedi 14 janvier 2023,
https://www.force-ouvriere.fr/.
22 Voir l’article 7 de la loi n°2022-1616 du 23 décembre 2022 de financement de la sécurité sociale pour 2023.
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Annexe XIII
-8-
Si les raisons pour lesquelles le transfert du recouvrement de l’Agirc – Arrco vers les
Urssaf sont largement documentées, celles justifiant l’annulation du transfert des
opérations de recouvrement de la direction des politiques sociales de la CDC vers les Urssaf
n’ont pu être précisées à la mission. Il convient de rappeler que, d’ores et déjà, une large part
de la gestion financière est confiée à l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale qui
procède, pour le compte de la CNRACL et dans les limites arrêtées par la loi de financement de
la sécurité sociale chaque année, aux opérations d’emprunt de nature à répondre à ses besoins.
3. Une attention particulière et renouvelée doit être apportée aux
situations d’impayés qui vont à l’encontre des intérêts financiers et de
gestion de la sphère publique
3.1. Une situation d’impayés qui s’est fortement dégradée pour la CNRACL et
portée par les situations débitrices des établissements publics sanitaires et
médico sociaux
3.1.1. Un constat assuré par la mission dès la phase de cadrage sur le champ CNRACL
Les données arrêtées à mai 202523 faisaient état, malgré les mesures de soutien intervenues
à la suite de la pandémie de Covid 19, d’un niveau qui demeure important d’impayés avec
une hausse sur le champ CNRACL de + 2,5 % des montants sur une année mais cette hausse
des montants d’impayés est exclusivement portée par les établissements publics sanitaires et
médico sociaux (graphique 1).
Graphique 1 : Montants des impayés à la CNRACL – stock apprécié à fin mai 2025 - par secteur
Source : CDC, travaux mission. FPT pour les entités cotisantes relevant de la fonction publique territoriale et FPH pour
les entités cotisantes relevant de la fonction publique hospitalière.
Ces impayés sont très concentrés sur un nombre relativement réduit de débiteurs. Ils
sont très largement portés, en nombre, par les établissements publics sanitaires et médico-
sociaux qui représentent 73% des débiteurs (graphique 2).
23 Voir annexe 2, Note de cadrage de la mission.
462,8 475,2
21,2 21,0
0,0
100,0
200,0
300,0
400,0
500,0
Montants au 30/4/24 Montants au 31/5/25
FPT
FPH
-- 408 of 491 --
Annexe XIII
-9-
Graphique 2 : Nombre de collectivités présentant une dette vis-à-vis de la CNRACL – stock
apprécié à fin mai 2025 - par secteur
Source : CDC, travaux mission. FPT pour les entités cotisantes relevant de la fonction publique territoriale et FPH pour
les entités cotisantes relevant de la fonction publique hospitalière.
3.1.2. Une dégradation forte de la situation financière des établissements publics de
santé qui a été confirmée par les services statistiques
Les travaux de la mission montrent que les déséquilibres constatés en 2020 demeurent.
Ils ne peuvent plus être justifiés par un contexte de crise comme celui de la Covid 19.
Ainsi, selon la Drees, la dette hospitalière est croissante24. Les impayés de cotisations et de
contributions sociales sont de plus en plus importants et largement le fait des établissements
de santé, non seulement auprès de la CNRACL mais aussi auprès des autres créanciers sociaux,
ce qui justifierait une approche renouvelée et renforcée.
3.2. Des situations d’impayés confortés du côté de l’ERAFP mais, contrairement
à la CNRACL, des restes à recouvrer relevant largement du secteur des
collectivités territoriales et non de celui de la santé
La mission a demandé à l’ERAFP de solliciter des services de son opérateur, la direction des
politiques sociales de la CDC, des états nominatifs indiquant les situations de restes à
recouvrer (le cotisant doit des fonds au régime) et de trop versé (le régime doit des
fonds au cotisant qui a trop versé). La mission a par ailleurs croisé ces listes (voir infra
3.2) avec celles des débiteurs constatés du côté de la CNRACL. A partir de ces listes, sur la
base des dénominations des entités, la mission les a classées en quatre catégories : une
catégorie relevant du champ des collectivités territoriales (identifié via le sigle « FPT » pour
fonction publique territoriale) ; une catégorie relevant du champ des établissements publics
sanitaires et médico sociaux (identifiée via le sigle « FPH » pour fonction publique
hospitalière) ; une catégorie « médicosocial non identifiés » en ce que les établissements
peuvent alternativement relever du champ des collectivités territoriaux ou des établissements
publics de santé ; enfin une catégorie regroupant l’ensemble des cotisants « non identifiés » qui
peuvent donc relever de la fonction publique d’Etat ou des autres secteurs sans qu’il ait été
possible de traiter cette catégorie.
24 Alexandre Cazenave-Lacroutz, Noémie Courtejoie, Clémentine De Champs, Hamid Khaoua (DREES), La
dégradation des comptes financiers des hôpitaux publics se poursuit en 2024 - Premiers résultats sur les établissements
de santé en 2024, Études et résultats, DREES, n°1344 , juillet 2025 (mis à jour en janvier 2026).
87
32
FPH
FPT
-- 409 of 491 --
Annexe XIII
-10-
Entre 2023 et 2025, les situations de cotisants devant de l’argent à l’ERAFP sont
minoritaires mais cette proportion croit très fortement en trois ans : les débiteurs
représentent ainsi moins d’une situation sur cinq en 2023 et près d’une sur deux en
2025 (graphique 3).
Graphique 3 : Cotisants à l’Erafp devant de l’argent au régime sur l’ensemble des cotisants
débiteurs ou créditeurs vis-à-vis du régime - par secteur – en %
Source : CDC, travaux mission. FPT pour les entités cotisantes relevant de la fonction publique territoriale et FPH pour
les entités cotisantes relevant de la fonction publique hospitalière.
Le nombre de cotisants devant des fonds au régime augmente très fortement entre 2023
et 2025. Alors que, pour la CNRACL ce sont les débiteurs du secteur de la fonction publique
hospitalière qui sont largement prédominants, la structures est notoirement différente pour
l’ERAFP puisque ce sont très majoritairement les entités identifiées comme relevant des
collectivités territoriales qui sont en situation débitrice vis-à-vis du régime additionnel
(graphique 4).
Graphique 4 : Cotisants présentant un débit auprès de l’Erafp – par année - par secteur – en
nombre
Source : CDC, travaux mission. FPT pour les entités cotisantes relevant de la fonction publique territoriale et FPH pour
les entités cotisantes relevant de la fonction publique hospitalière.
22,7%
20,7%
11,8%
7,7%
19,3%
26,3%
28,7%
14,1%
26,6%
27,6%
26,4%
49,3%
36,5%
45,1%
47,1%
0,0% 10,0% 20,0% 30,0% 40,0% 50,0% 60,0%
Autres et non identifiés
FPT
FPH
Médico social non identifié
Total
2025 2024 2023
17
30
33
107
260
1 137
8
9
61
3
17
119
2023
2024
2025
Autres et non identifiés FPT FPH Médico social non identifié
-- 410 of 491 --
Annexe XIII
-11-
Si les montants dus au régime sont relativement limités, force est de constater, là encore,
deux tendances marquantes : la très forte hausse des dettes ente 2023 et 2025 et, tout
au long de la période, le poids tout à fait prédominant des collectivités territoriales dans
les montants dus au régime (graphique 5).
Graphique 5 : Montants restant à recouvrer par l’Erafp auprès des cotisants - par secteur – en €
Source : CDC, travaux mission. FPT pour les entités cotisantes relevant de la fonction publique territoriale et FPH pour
les entités cotisantes relevant de la fonction publique hospitalière.
3.3. Les données de contrôle et de recouvrement du réseau des Urssaf
permettent de disposer d’un regard complémentaire et de cerner un
mouvement de hausse très fort des impayés côté de l’Urssaf caisse
nationale
L’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss ou Urssaf – caisse nationale)
occupe une place particulière en ce que le réseau Urssaf recouvre auprès des employeurs
territoriaux et hospitaliers des prélèvements à caractère largement non contributifs en
ce qu’ils ne génèrent pas directement des droits mais financent un ensemble de dépenses
comme le souligne les clefs d’affectation de la contribution sociale généralisée sur les revenus
d’activité, la contribution au remboursement de la dette sociale sur les mêmes revenus ou
encore les cotisations maladie ou famille.
Si le versement des montants précomptés sur les rémunérations des agents et dus par les
employeurs est une obligation d’ordre public et revêt un caractère contraignant pour les
structures d’emploi, le fait de ne pas acquitter ces prélèvements, s’il place le contrevenant en
situation de défaut et d’impayés, n’a pas pour conséquence d’empêcher l’ouverture de droits à
prestations sociales.
18 336
61 533
7 762
2 020
89 651
398 622
1 361 477
484 494
84 715
2 329 308
0 500 000 1 000 000 1 500 000 2 000 000 2 500 000
Autres et non identifiés
FPT
FPH
Médico social non identifié
Total
2025 2024 2023
-- 411 of 491 --
Annexe XIII
-12-
3.3.1. Un taux de restes à recouvrer relativement plus bas pour les employeurs
territoriaux et hospitaliers que sur le secteur privé qui cache des disparités
sectorielles très fortes
Le taux de restes à recouvrer, apprécié ici comme le rapport à fin décembre de chaque année
de l’ensemble des montants dus aux Urssaf et des montants effectivement acquittés a des
déterminants différents selon le secteur d’analyse. Il est relativement indifférent à la
situation conjoncturelle pour les employeurs territoriaux et hospitaliers relevant du
champ de la CNRACL. Du côté des entreprises du secteur privé de 10 salariés et plus, il
évolue fortement selon la conjoncture et connaît un pic au plus fort de la pandémie de Covid
19 (graphique 6). En 2024, le taux de restes à recouvrer du secteur privé (0,89% des
montants dus restes à recouvrer à fin décembre) se rapproche ainsi de celui constaté sur le
champ des employeurs cotisant à la CNRACL (0,82%).
Graphique 6 : Taux de restes à recouvrer à fin décembre de chaque année – entre 2012 et 2024
– en % des montants dus – champ CNRACL et secteur privé
Source : Acoss, travaux mission. Champ France métropolitaine pour le secteur privé et France entière pour les
employeurs territoriaux et hospitaliers.
Mais cette approche doit être largement tempérée par une analyse par secteur d’activité.
Si on distingue les employeurs territoriaux des employeurs hospitaliers : ces derniers
présentent des taux de restes à recouvrer supérieurs à ceux du secteur privé entre 2017
et 2024 hormis pendant la période de crise sanitaire. Il est près de deux fois supérieur à
celui du secteur privé en décembre 2024 (1,56 et 0,89%). Le taux de restes à recouvrer sur
les employeurs territoriaux est, pour sa part, relativement stable (graphique 7).
0,72%
0,82%
5,59%
0,89%
0,00%
1,00%
2,00%
3,00%
4,00%
5,00%
6,00%
Champ CNRACL - France
entière
Entreprises de 10 salariés
et plus - secteur privé -
métropole
-- 412 of 491 --
Annexe XIII
-13-
Graphique 7 : Taux de restes à recouvrer à fin décembre de chaque année – entre 2012 et 2024
– en % des montants dus – employeurs territoriaux, employeurs hospitaliers et secteur privé
Source : Acoss, travaux mission. Champ France métropolitaine pour le secteur privé et France entière pour les
employeurs territoriaux et hospitaliers.
3.3.2. Des montants restant à recouvrer en croissance constante, du fait des
employeurs hospitaliers, depuis 2019
Les montants restant à recouvrer par les Urssaf ont connu un pic en mars 2022 mais la
tendance est à la hausse constante des montants dus, reflet de difficultés croissantes des
employeurs du secteur (graphique 8). Ainsi ces entités du secteur public ne contribuent au
financement des missions de service public dans les conditions pouvant être attendues
d’employeurs publics et en deçà (voir supra) des employeurs privés : les montants dus sont
supérieurs à 1Md€.
Graphique 8 : Restes à recouvrer à la fin de chaque mois - décembre de chaque année – entre
2019 et 2025 – en € – employeurs territoriaux et employeurs hospitaliers
Source : Acoss, travaux mission. Champ France entière pour les employeurs territoriaux et hospitaliers.
1,56%
0,25%
0,89%
0,00%
1,00%
2,00%
3,00%
4,00%
5,00%
6,00%
FPH*
FPT*
Entreprises de 10 salariés et
plus - secteur privé - métropole
€1 361 999 057,21 €1 111 598 779,91
€300 000 000,00
€500 000 000,00
€700 000 000,00
€900 000 000,00
€1 100 000 000,00
€1 300 000 000,00
€1 500 000 000,00
janv-19
mai-19
sept-19
janv-20
mai-20
sept-20
janv-21
mai-21
sept-21
janv-22
mai-22
sept-22
janv-23
mai-23
sept-23
janv-24
mai-24
sept-24
janv-25
mai-25
sept-25
-- 413 of 491 --
Annexe XIII
-14-
Mais cette approche globalisante dissimule des très fortes disparités sectorielles
puisque cette dynamique est avant tout le fait des employeurs hospitaliers qui
rassemblent la très grande majorité des montants restant à recouvrer et qui présentent une
dynamique constante d’impayés (graphique 9).
Graphique 9 : Restes à recouvrer à la fin de chaque mois - décembre de chaque année – entre
2019 et 2025 – en € – employeurs territoriaux et employeurs hospitaliers
Source : Acoss, travaux mission. Champ France entière pour les employeurs territoriaux et hospitaliers. La catégorie
autres rassemble les cotisants du champ CNRACL mais n’ayant pu directement être rattachés à la fonction publique
territoriale (FPT) ou hospitalière (FPH).
3.3.3. L’analyse des montants redressés à la suite de contrôle souligne, a contrario, une
meilleure maîtrise de la réglementation par les employeurs hospitaliers que par
les employeurs territoriaux
Toutes actions de contrôle confondues25, le nombre d’actions diminue sur le champ des
employeurs territoriaux et hospitaliers entre 2022 et 2025. Cela reflète le fait que les
actions de contrôle portent classiquement sur trois années et que, plus la date d’observation
se rapproche de la date du présent rapport, plus le nombre de procès-verbaux et procédures
n’ayant pas été clôturés augmente. Les actions en nombre sont, sans surprise, plus souvent
menées sur les employeurs territoriaux du fait de leur très grand nombre (graphique 10).
25 Soit la somme des contrôles classiques sur place ou sur pièces, des actions de lutte contre le travail illégal et
autres actions préventives (ces dernières sont en nombre très limités sur le champ).
€-
€200 000 000,00
€400 000 000,00
€600 000 000,00
€800 000 000,00
€1 000 000 000,00
€1 200 000 000,00
janv-19
juin-19
nov-19
avr-20
sept-20
févr-21
juil-21
déc-21
mai-22
oct-22
mars-23
août-23
janv-24
juin-24
nov-24
avr-25
sept-25
Autres
FPH
FPT
-- 414 of 491 --
Annexe XIII
-15-
Graphique 10 : Actions de contrôle des Urssaf sur les employeurs territoriaux et hospitaliers –
en nombre - entre 2022 et 2025
Source : Acoss, travaux mission. Champ France entière pour les employeurs territoriaux et hospitaliers. La catégorie
autres rassemble les cotisants du champ CNRACL mais n’ayant pu directement être rattachés à la fonction publique
territoriale (FPT) ou hospitalière (FPH).
Les redressements en montants, concernent plus fortement les employeurs territoriaux
(tableau 1).
Tableau 1 : Redressements à la suite d’actions de contrôle par les Urssaf sur les employeurs
relevant du champ de la CNRACL – entre 2022 et 2025 – en €
2022 2023 2024 2025
Autres 3 049 403 3 570 803 3 764 349 398 874
FPH 2 550 529 7 751 798 8 210 030 494 599
FPT 19 870 404 14 739 461 9 713 685 8 616 395
Total général 25 470 336 26 062 063 21 688 064 9 509 869
Source : Acoss, travaux mission. Champ France entière pour les employeurs territoriaux et hospitaliers. La catégorie
autres rassemble les cotisants du champ CNRACL mais n’ayant pu directement être rattachés à la fonction publique
territoriale (FPT) ou hospitalière (FPH).
Le constat d’une moindre maitrise de la réglementation sociale par les employeurs territoriaux
est conforté par l’analyse des montants restitués aux employeurs à la suite de contrôles soit
le fait que les employeurs ont trop versé aux Urssaf (tableau 2).
Tableau 2 : Restitutions à la suite d’actions de contrôle par les Urssaf sur les employeurs
relevant du champ de la CNRACL – entre 2022 et 2025 – en €
2022 2023 2024 2025
Autres 453 516 1 009 369 1 266 040 100 220
FPH 456 478 796 947 1 357 816 29 271
FPT 9 873 931 3 275 906 1 460 042 4 463 910
Total général 10 783 926 5 082 222 4 083 898 4 593 402
Source : Acoss, travaux mission. Champ France entière pour les employeurs territoriaux et hospitaliers. La catégorie
autres rassemble les cotisants du champ CNRACL mais n’ayant pu directement être rattachés à la fonction publique
territoriale (FPT) ou hospitalière (FPH).
Ainsi, les employeurs territoriaux se trompent tant à leur profit qu’à leur détriment là
où les erreurs des employeurs hospitaliers sont le plus souvent le reflet d’erreurs au détriment
de l’Urssaf (tableau 3).
119 222 225 86 60 86 44 29
2 655
1 023 824
603
2 834
1 331
1 093
718
0
500
1 000
1 500
2 000
2 500
3 000
2022 2023 2024 2025
Autres FPH FPT Total général
-- 415 of 491 --
Annexe XIII
-16-
Tableau 3 : Rapport entre les restitutions et les redressements à la suite d’actions de contrôle
par les Urssaf sur les employeurs relevant du champ de la CNRACL – entre 2022 et 2025 – en %
2022 2023 2024 2025
Autres 14,87% 28,27% 33,63% 25,13%
FPH 17,90% 10,28% 16,54% 5,92%
FPT 49,69% 22,23% 15,03% 51,81%
Total général 42,34% 19,50% 18,83% 48,30%
Source : Acoss, travaux mission. Champ France entière pour les employeurs territoriaux et hospitaliers. La catégorie
autres rassemble les cotisants du champ CNRACL mais n’ayant pu directement être rattachés à la fonction publique
territoriale (FPT) ou hospitalière (FPH).
3.4. Une absence de coopération ou de dialogue entre entités responsables qui
apparait hautement contreproductive
3.4.1. La mission n’a pas eu connaissance de démarche cohérente et structurée de
coopération entre régimes
La mission a analysé la liste des cotisants présentant des impayés auprès de la CNRACL arrêtée
à mai 2025. Nombres des débiteurs auprès de la CNRACL présentent un impayé remontant à
plusieurs années. La mission a demandé aux services de l’ERAFP de produire la situation de
ces cotisants pour les exercices 2023, 2024 et 2025. Il apparaît clairement que le niveau de
défaillance est bien moindre à l’ERAFP qu’il ne l’est à la CNRACL (graphique 11).
Graphique 11 : Actions de contrôle des Urssaf sur les employeurs territoriaux et hospitaliers –
en nombre - entre 2022 et 2025
Source : Acoss, travaux mission. Champ France entière pour les employeurs territoriaux et hospitaliers. La catégorie
autres rassemble les cotisants du champ CNRACL mais n’ayant pu directement être rattachés à la fonction publique
territoriale (FPT) ou hospitalière (FPH).
Ainsi, au bénéfice des différents constats opérés pour chaque type de données, un même
cotisant relevant des secteurs territoriaux et hospitaliers, confronté à des difficultés de
financement semble ainsi apporter les priorités suivantes : le paiement des montants
dus à l’ERAFP, puis ceux dus à la CNRACL et enfin ceux dus aux Urssaf.
89,4% 85,8%
67,3%
4,4% 8,0%
16,8%
6,2% 6,2% 15,9%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
2023 2024 2025
Défailants CNRACL ayant trop
versé à l'ERAFP
Défaillants CNRACL et
défaillants à l'ERAFP
Défaillants CNRACL sans débit
à l'ERAFP
-- 416 of 491 --
Annexe XIII
-17-
Or, il n’y a pas de concrétisation d’une stratégie coordonnée de recouvrement assurée au sein
de la CDC quand elle intervient au titre des différents régimes, aspect qui pourra retenir
l’attention dans le cadre de la négociation des futures conventions d’objectifs et de gestion26..
Il n’y a pas davantage de coopération structurée entre la CDC et les Urssaf. Cette absence
de coopération se fait au détriment des finances sociales. Tous les fonds dus par les hôpitaux
ont vocation, à terme, à être financés par l’assurance maladie. On constate ici un des
paradoxes de la circularité des financements. Certains employeurs ne payent pas les
cotisations et la CSG finançant la branche maladie alors même que certains de ces employeurs
(les hôpitaux et les établissements publics médico sociaux) sont financés par l’assurance
maladie. La situation conduit à une limite évidente : des organismes financés par l’assurance
maladie vont devoir in fine verser des pénalités et des majorations de retard du fait de ne pas
avoir acquitté les prélèvements sociaux dus à la branche maladie.
3.4.2. En l’absence de coopération, des possibilités d’optimisation sont ouvertes aux
créanciers publics en l’état actuel du droit et des pratiques
L’opération envisagée de transfert du recouvrement aurait eu trois avantages
potentiels :
assurer un pilotage unique du recouvrement des créances sociales dues par les
employeurs territoriaux et hospitaliers et une action cohérente avec l’intervention de
l’Acoss en ce qui concerne les emprunts de trésorerie au profit du régime de retraite de
ces mêmes employeurs ;
garantir un potentiel meilleur pilotage du recouvrement des créances fiscales et
douanières d’une part et sociales, d’autre part ;
assurer que les redressements et restitutions effectués suite à contrôle le soient
pour l’ensemble des prélèvements sociaux et non pour les seuls prélèvements
recouvrés par les Urssaf.
La mission n’a pas connaissance des mesures que la CDC, les pouvoirs publics et les
Urssaf entendent mettre en œuvre dans le contexte nouveau pour atteindre des
résultats de même nature. La négociation à venir de la convention d’objectifs et de
gestion de la CNRACL pourrait être l’occasion de réexaminer ce champ que la mission
considère comme un axe d’amélioration devant impérativement accompagner toute reprise de
dette et toute trajectoire de retour à l’équilibre de la CNRACL.
En effet, à ce stade, en l’état actuel du droit, des procédures et des pratiques, certains
employeurs ont la possibilité de ne pas régler les cotisations précomptées et de
s’installer durablement dans des situations d’impayés en priorisant les régimes et
entités qu’ils entendent financer et ceux auprès desquels ils entendent ne pas honorer leurs
obligations. Des instructions données par le Premier ministre27 visaient à prôner de meilleures
pratiques, elles n'ont pu avoir tous les effets escomptés à la date d’observation des situations
par la mission.
3.4.3. Des cas particuliers démontrent le chemin à privilégier ou celui qui serait à
écarter
Outre les constats ci-dessus, les situations d’installation durables dans des situations
d’impayés sont connues de la CNRACL, de la CDC et des pouvoirs publics :
26 Par exemple, le fait que certains cotisants puissent prioriser les versements à l’ERAFP doit retenir l’attention et
faire l’objet d’analyses plus poussées.
27 Voir la circulaire du Premier ministre sur la gestion budgétaire du 23 avril 2025.
-- 417 of 491 --
Annexe XIII
-18-
à l’instar du centre hospitalier d’Ajaccio, malgré des jugements et actions répétés,
certains employeurs peuvent durablement faire défaut et se mettre dans une
situation répétée d’infraction, situation qui n’est ni jugulée ni écartée par les acteurs
publics compétents, au niveau central ou déconcentré, tant du côté des services dits
dépensiers que financiers ;
a contrario, l’analyse des services de la direction des politiques sociales de la CDC
souligne que des actions coordonnées, à l’instar de celles menées auprès des
collectivités territoriales ultramarines dans le cadre des contrats de redressement
outremer (COROM) ont eu des effets parfois très significatifs.
3.5. La hausse des taux de cotisations est nécessaire au financement du régime,
elle risque d’avoir des effets importants sur les niveaux d’impayés
Les impayés et défaillances de paiement doivent d’autant plus faire l’objet d’une attention
renouvelée que la trajectoire de hausse des taux dans un contexte de difficultés croissantes
rencontrées par certains employeurs risque d’avoir des effets puissants (graphique 12).
Graphique 12 : Taux de cotisations des agents et employeurs affilés à la CNRACL – entre 1947 et
2028 – en % du traitement indiciaire
Source : CNRACL, travaux mission. Dans le cas d’une hausse de taux en cours d’année, la valeur la plus forte au titre de
cette année a été retenue. Les hausse de taux de fin de période sont celles prévues par les textes28.
* *
*
28 Voir Décret n°2025-86 du 30 janvier 2025 relatif au taux de cotisations vieillesse des employeurs des agents
affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
11,10%
18,20%
30,40%
37,65%
40,65%
43,65%
0,00%
5,00%
10,00%
15,00%
20,00%
25,00%
30,00%
35,00%
40,00%
45,00%
50,00%
1947
1949
1951
1953
1955
1957
1959
1961
1963
1965
1967
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
2017
2019
2021
2023
2025
2027
Cotisations à la charge des agents
Cotisations à la charge des employeurs
-- 418 of 491 --
Annexe XIII
-19-
En conclusion, la mission appelle fortement l’attention de la CNRACL, de la CDC, des autres
organismes de recouvrement et des pouvoirs publics sur la nécessité, dans la continuité des
précédents travaux des inspections générales de mettre un terme à des situations
d’impayés qui sont hautement préjudiciables et sources de pertes financières et de
procédures inutiles.
Plusieurs orientations pourraient être considérées, de manière alternative ou cumulative :
une évolution des procédures et prérogatives pouvant être mobilisées et une mise en
cause renforcée de la responsabilité des gestionnaires publics concernés ;
une coordination renforcée des actions de recouvrement entre créanciers publics des
sphère fiscale et sociale, par exemple en élargissant la compétence des CCSF ou en créant
des entités ad hoc associant par exemple tant les entités publiques de recouvrement que
les services des préfectures et des ARS ;
la mise en œuvre systématique, auprès des collectivités et établissements défaillants,
de plans de redressement reposant sur l’acquittement des obligations courantes
et l’apurement des passifs ; le cas échéant, en mobilisant des fonds dédiés pour
permette ces nécessaires apurements.
Quelles que soient les orientations retenues, le changement semble, là encore, hautement
souhaitable. Il est une des conditions à la fois de principe et pratique pour permettre à la
CNRACL de rejoindre la trajectoire d’équilibre financier qu’en tant que régime de retraite
par répartition, elle ne devrait être amenée à ne jamais quitter.
-- 419 of 491 --
ANNEXE XIV
Présentations assurées lors des réunions
avec les commanditaires :
réunion de lancement, réunion
intermédiaire, réunion de restitution
finale
Nota bene :
Les données présentées ci-après dans les premières
réunions tout comme les constats revêtaient un caractère
provisoire – seul le contenu du rapport final et des autres
annexes engage la mission
-- 420 of 491 --
22/01/2026 3
Annexe XIV
Présentations assurées lors des réunions de lancement en juillet 2025
-- 421 of 491 --
1
Mission complémentaire sur le système
de retraite des agents des collectivités
locales et des établissements
hospitaliers
ELÉMENTS POUR LES RÉUNIONS DE LANCEMENT AVEC LES INSTANCES
INTERNES AUX INSPECTIONS ET LE CABINET DU PREMIER MINISTRE
21 JUILLET 2025
-- 422 of 491 --
2
Rappel - diagnostic posé par la première mission (1)
▪ Un déséquilibre financier majeur
▪ Des causes multiples et documentées par la mission précédente
✓ Une dégradation du rapport démographique accélérée par les caractéristiques de la population pensionnée
✓ Un financement exclusivement par cotisation, y compris pour les avantages non contributifs et dispositifs de solidarité pouvant relever d’autres politiques
que la seule assurance vieillesse
✓ Une compensation démographique aux effets puissants (forte sollicitation de la CNRACL et paramètres ne prenant pas en compte toujours ses spécificités)
✓ Un risque d’effet boule de neige dette/intérêts/déficit
✓ La nécessaire prise en compte des spécificités du régime CNRACL : très féminisé, carrières longues et catégories actives, retraites à maturité et durées
longues de versement des pensions
▪ Analyse complémentaire - un choix initial courageux pour la FPH / FPT par
rapport à la FPE :
✓ Identifier les engagements de retraite par des financements et des dépenses clairement isolés… sans marge de manœuvre du fait de
l’alignement des législations FEP/ FPH/FPT
✓ Mais une préférence pour une gestion de court terme qui a eu des effets négatifs (pas de réserves, pas de hausse de cotisations)…
✓ D’autant plus que cette question est interne aux APU en ce que le financement relève de choix de PO et de la sphère financière publique
responsable
-- 423 of 491 --
3
Rappel - propositions de la première mission (2)
Les 11 propositions de la mission précédente
1 Renforcer la gouvernance par la mise à disposition d’une ressource permanente et la nomination de personnalités qualifiées
au conseil d’administration
2 Affilier à la CNRACL l’ensemble des fonctionnaires, y compris ceux nommés sur des emplois à temps non complets
3 Aligner, par un décret en Conseil d’Etat, le calcul de la majoration pour enfants à la CNRACL sur celui du régime général
4 Instaurer, en LFSS, un remboursement à la CNRACL de la majoration pour enfants par la CNAF
5 Instaurer, en LFSS, un financement par le FSV des validations de périodes de congés maladie non cotisées dans leur
entièreté.
6 Faire financer par le FSV la part des pensions d’invalidité et de retraite résultant de la garantie d’une pension minimale
7 Individualiser les cotisations par risque (vieillesse/invalidité)
8 Conduire sous l’égide du Conseil d’orientation des retraites un travail de refonte de la compensation démographique
9 Faire reprendre la dette de la CNRACL par la CADES
10 générer une ressource additionnelle pour la CNRACL à travers une contribution assise sur la masse salariale contractuelle
11 Définir en concertation avec les employeurs une trajectoire de hausse du taux
-- 424 of 491 --
4
Rappel – modalités d’équilibrage proposées
par la précédente mission (3)
En M€ 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030
Cotisations 25 438,8 25 588,8 25 697,6 25 800,6 26 322,3 26 856,5 27 399,2
Autres 675,7 649,9 699,8 749,8 776,1 808,6 841,5
Total recettes 26 114,5 26 238,7 26 397,4 26 550,4 27 098,4 27 665,2 28 240,7
Prestations vieillesse 26 112,8 27 858,6 29 482,2 31 176,2 32 279,1 33 453,0 34 656,7
Prestations invalidité 2 136,4 2 244,6 2 338,3 2 429,5 2 377,6 2 473,8 2 576,3
Fonds d'action sociale 134,5 134,5 134,5 134,5 139,9 145,7 151,6
Charges d'intérêts 306,0 433,0 550,0 655,0 898,1 1 147,1 1 474,8
Autres 1 194,6 1 022,2 854,7 826,0 559,1 538,5 519,0
Total dépenses 29 884,4 31 692,9 33 359,7 35 221,2 36 253,8 37 758,1 39 378,4
Solde prévisionnel - 3 769,9 - 5 454,2 - 6 962,3 - 8 670,7 - 9 155,4 - 10 092,9 - 11 137,7
Déficit cumulé initial - 8 632,2 - 14 086,4 - 21 048,7 - 29 719,5 - 38 874,9 - 48 967,7 - 60 105,4
Taux employeur d'équilibre hors mesures 39,12% 41,85% 44,40% 47,26% 47,78% 49,00% 50,34%
Révision compensation démographique NC NC NC NC NC NC NC
Remboursement majoration pour enfants - 1 000,5 1 061,6 1 125,9 1 168,5 1 211,9 1 255,4
Affiliation des agents à temps non complet - 290,0 283,3 276,7 270,2 263,9 257,8
Allègement des charges de la dette - - 181,2 435,7 685,8 939,8 1 263,2
Financement FSV périodes à demi-traitement - 228,5 234,2 239,9 245,6 251,3 257,0
Financement FSV du minimum invalidité - 50,0 52,1 54,1 53,0 55,1 57,4
Contribution sur la masse salariale contractuelle 230,0 231,0 231,9 236,6 241,4 246,3
Solde après mesures - 3 769,9 - 3 655,2 - 4 919,0 - 6 306,6 - 6 495,7 - 7 129,4 - 7 800,6
Déficit cumulé après mesures - 8 632,2 - 8 517,5 - 9 781,3 - 11 168,9 - 11 358,0 - 11 991,7 - 12 662,9
Taux employeur d'équilibre après mesures 39,12% 38,84% 41,00% 43,34% 43,46% 44,29% 45,13%
Points de cotisations employeur
supplémentaires assurant l’équilibre du
régime (base 2024 : 31, 65%)
7,47 7,19 9,35 11,69 11,81 12,64 13,48
-- 425 of 491 --
5
Le choix: la seule hausse brutale des taux peu acceptée et un équilibre financier qui n’est pas assuré
Situation de la CNRACL et contexte de la mission (1)
▪ Les pouvoirs publics n’ont à ce stade retenu que la seule la hausse des
cotisations patronales a été retenue comme mesure de redressement
✓ Après la hausse d’un point déjà intervenue en 2024, le taux de contribution employeur de la CNRACL augmente
progressivement à compter du 1er janvier 2025 de trois points par an sur quatre années pour atteindre 43,65 % en 2028,
contre 31,65 % en 2024 (Décret n°2025-86 du 30 janvier 2025).
✓ Le précédent rapport indiquait que le seul recours aux cotisations employeurs justifiait un taux de 45,13% en 2030
27,30% 27,40% 28,85%
30,40% 30,50% 30,60% 30,65% 30,65% 31,65%
34,65%
37,65%
40,65%
43,65%
Taux de cotisation employeur à la CNRACL - de 2011 à 2028 - en %
-- 426 of 491 --
6
Eclairages complémentaires
Situation de la CNRACL et contexte de la mission (2)
462,8
475,2
21,2
21,0
0,0 100,0 200,0 300,0 400,0 500,0 600,0
Montants au 30/4/24
Montants au 31/5/25
Montants dus par les collectivités à la CNRACL - par secteur - en M €
FPH FPT
496,3 M€
484 M€
-635
-475
-310
-126
46 118 118
-700
-600
-500
-400
-300
-200
-100
0
100
200
2023 (r) 2024 (r) 2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
Compensation généralisée vieillesse due (-) ou reçue (+) par la CNRACL -
de 2023 à 2029 - en M€
8,12% 8,39% 8,49%
8,76%
9,14%
9,54%
9,94%
10,29%
10,56%
10,83%
11,10% 11,10%
8,00%
8,50%
9,00%
9,50%
10,00%
10,50%
11,00%
11,50%
Taux de cotisation salariale CNRACL - de 2011 à 2025 - en %
139,2
269 260
290 300
350 350
100
150
200
250
300
350
2023 (r) 2024 (r) 2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
Frais financiers CNRACL - en M€
-- 427 of 491 --
7
Le choix: la seule hausse brutale des taux peu acceptée et un équilibre financier qui n’est pas assuré
Situation de la CNRACL et contexte de la mission (3)
▪ Cette hausse n’a qu’un impact limité, la situation financière reste fortement
dégradée
✓ L’année 2024 est à nouveau marquée par l’enregistrement d’un résultat déficitaire : 3,0 Md€ ; les capitaux propres, négatifs depuis
2020, s’élèvent à - 7,9 Md€
✓ Une dette de 9,0 Md€ fin 2024, vis-à-vis de l’Urssaf Caisse nationale pour faire face aux besoins de trésorerie.
▪ Dans ce contexte, les employeurs territoriaux et hospitaliers ont, en marge du
conclave, demandé une mission complémentaire
✓ Le sentiment de la part des employeurs d’un besoin de poursuivre les investigations pour aller au-delà de l’augmentation de taux
✓ Une LM rédigée essentiellement à leur demande par le cab Pm sans enthousiasme de la part des autres cabinets concernés
-2 159 -1 373 -556
145
-1 051
-3 970
-5 000 -6 002
-7 160
-8 399
2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
Résultat net de la CNRACL - réalisé prévu et estimé hors mesures cotisation -
de 2025 à 2029 - en M€
Résultat net - avec la hausse de cotisation employeur
Résultat net estimé - sans hausse de cotisation employeur
-10 036 -11 409 -11 965 -11 820 -12 870
-11 847
-15 036
-17 411
-19 125 -20 218
2025 (p) 2026 (p) 2027 (P) 2028 (P) 2029 (P)
Dette de la CNRACL - prévue et estimée hors mesures cotisation - de 2025 à
2029 - en M€
Dette - avec la hausse de cotisation employeur
Dette - sans hausse de cotisation employeur
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8
Une mission complémentaire sur quatre points
Un contexte traduit dans la lettre de mission
▪ 4 rubriques sont identifiées par la lettre de mission
1. Elaboration d'une cartographie des flux financiers entre les employeurs locaux et hospitaliers et les différents régimes de retraite
publics et privés
2. Identification de nouvelles mesures pour rétablir la situation financière de la CNRACL (frais de gestion et adossement)
3. Faisabilité et pertinence de certaines des mesures détaillées dans le précédent rapport (refonte solidarité, refonte compensation,
reprise de dette)
4. Etude de l'impact sur la CNRACL de certains leviers étudiés par les inspections et la Cour des comptes (mesures d’âge et indexation)
➔ Chacune de ces rubriques posent des questions d’axes de travail, de périmètre, d’ambitions qui ne sont pas
encore clarifiées. Toutefois l’idée de travaux systémiques est écartée. Une approche opérationnelle de mise en
œuvre des propositions et de documentation des mesures à fort impact est privilégiée.
-- 429 of 491 --
9
La cartographie des flux financiers
Les axes de travail
▪ Un besoin avéré de pédagogie sur la nature des recettes et des dépenses
au titre de l’emploi par des collectivités publiques, territoriales ou
hospitalières
✓ Côté recettes, apprécier les flux (cotisations, contribution d’équilibre et compensation en particulier)
✓ Côté dépenses, apprécier dans quelle mesure les employeurs cotisent aux différents régimes sociaux
✓ Se concentrer sur les différentes modalités de compensation des déficits démographiques non pour
proposer une réformer d’ensemble mais pour étudier les impacts des reformes possibles (deux
références – Cour des comptes et IPP)
En cours d’analyse de faisabilité – exploitation des DSN, de l’échantillon inter
régimes et des cas types ou de l’analyse des situations de pluri / poly pensionnés ;
pas de cartographie exhaustive; base par les travaux du COR
-- 430 of 491 --
10
Les nouvelles mesures pour rétablir la situation financière de la CNRACL
Les axes de travail
▪ Une nécessité de faire le clair sur l’existant et donner des outils de
pilotage financier
✓ Impacts éventuels et constatés de la hausse des taux sur la structure de l’emploi public
✓ Identification du reste à financer pour un équilibre CNRACL et donc une situation neutre pour les
ASSO et toutes APU à horizon 2030 et au-delà
▪ Des axes complémentaires à apprécier pour déterminer les effets d’un
changement de système sans aller dans des chiffrages détaillés
✓ Distinguer et documenter les démarches d’alignement, d’intégration ou d’adossement, leurs effets et
leurs variantes et les éléments de décision
✓ Tempérer l’impact des efforts de gestion qui doivent être appréciés par une autre mission
En cours d’analyse de faisabilité – exploitation des DSN, identification des éléments
influant l’emploi public (offre et demande) par des voies quantitatives et/ou
qualitatives, situation recalée à horizon 2030 et 2045 en tenant compte des
hypothèses Cor et de leur publicité plus ou moins forte
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11
Les propositions du précédent rapport : refonte solidarité, refonte compensation, reprise de dette
Les axes de travail
▪ Un besoin de replacer ces propositions dans un contexte plus large car
la précédente mission devait trouver des solutions du point de vue de la
CNRACL…
▪ La seconde mission doit contribuer à trouver des solutions combinant
les effets sur le système des retraites et prévoir d’éventuelles évolutions
pouvant affecter la CNRACL nécessité de faire le clair sur l’existant et
donner des outils de pilotage financier
En cours d’analyse – trier les réformes paramétriques et systémiques, documenter
les choix sans les préempter sur un futur système idéal de retraites…
-- 432 of 491 --
12
Les propositions du précédent rapport
Les axes de travail
n° Recommandation Utilité / apport
mission?
Dimension systémique ou
paramétrique?
1
Renforcer la gouvernance par la mise à disposition d’une ressource permanente et la nomination de personnalités
qualifiées au conseil d’administration permettant d’assurer un meilleur pilotage de la CNRACL et une meilleure
communication institutionnelle.
Moyen Paramétrique
2 Affilier à la CNRACL l’ensemble des fonctionnaires, y compris ceux nommés sur des emplois à temps non complets. Très faible Systémique
3
Aligner, par un décret en Conseil d’Etat, le calcul de la majoration pour enfants à la CNRACL sur celui du régime
général en supprimant la majoration supplémentaire de cinq points pour chaque enfant au- delà du troisième. Pour
préserver l’égalité des droits entre les fonctionnaires, faire de même pour la fonction publique d’Etat par un article
en loi de financement de la sécurité sociale modifiant l’article L 18 du Code des pensions civiles et militaires
Très faible Systémique
4 Instaurer, en loi de financement de la sécurité sociale, un remboursement à la CNRACL de la majoration pour
enfants par la Caisse nationale des allocations familiales. Très faible Systémique
5 Instaurer, en loi de financement de la sécurité sociale, un financement par le FSV des validations de périodes de
congés maladie non cotisées dans leur entièreté. Très faible Systémique
6
Faire financer par le Fonds de solidarité vieillesse la part des pensions d’invalidité et de retraite résultant de la
garantie d’une pension minimale équivalente à la moitié du dernier traitement brut perçu pour les pensionnés dont
le taux d’invalidité est au moins égal à 60 %.
Très faible Systémique
7
Individualiser les cotisations par risque (vieillesse/invalidité) sans pour autant scinder les deux risques et, à terme,
ajuster le taux des cotisations employeurs invalidité sur la dynamique des dépenses, tout en maintenant le taux de
cotisation vieillesse.
Fort Paramétrique
8
Conduire sous l’égide du Conseil d’orientation des retraites un travail de refonte de la compensation
démographique devant en premier lieu simuler l’effet redistributif d’une suppression ou d’un abaissement de l’âge
minimum de 65 ans ainsi que d’une pondération des effectifs par les durées validées.
Fort Systémique
9 Faire reprendre la dette de la CNRACL par la CADES, ou par l’Etat, en amont de la constitution d’un déficit auto-
entretenu. Fort Systémique
10
En lien avec l’augmentation des taux employeurs pour les fonctionnaires, générer une ressource additionnelle pour
la CNRACL à travers une contribution assise sur la masse salariale contractuelle afin de rendre le plus neutre possible
l’arbitrage par l’employeur entre emploi contractuel et emploi fonctionnaire.
Fort Paramétrique
11 Définir en concertation avec les employeurs une trajectoire de hausse du taux de leur contribution, déduction faite
des mesures proposées et retenues. Sans objet Paramétrique
-- 433 of 491 --
13
L’étude d’autres leviers
Les axes de travail
▪ Ce point renvoie indirectement aux efforts de pédagogie et de travail
d’appropriation attendus de la mission du côté des décideurs publics,
des employeurs publics et des organisations représentant les agents…
▪ Il s’agit d’analyser l’impact éventuel de mesures qui ne pourraient être
retenues que dans un cadre plus global pour faire le lien entre décisions
CNRACL et décisions sur le système de retraite dans son ensemble...
✓ Mesures d’âge
✓ Indexation
✓ Autres (modes de calcul pension par exemple)
En cours d’analyse – capacité à chiffrer ces évolutions, voir selon capacités DREES
et CDC
-- 434 of 491 --
14
Des principes pour essayer d’avoir une valeur ajoutée sur un sujet déjà étudié
La logique de travail de la mission
▪ Veiller à respecter le cadre soit l’atteinte puis le maintien d’un équilibre
financier à compter de 2030 et au-delà
▪ Distinguer les approches de court, moyen et long termes
▪ Renforcer l’appropriation, la pédagogie et le sens commun sur les enjeux
pour les décideurs, les employeurs et les représentants des agents
▪ Donner des outils rénovés de mesure et de pilotage et de référence pour
piloter et documenter les choix de court, moyen et long termes
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15
Les entretiens déjà réalisés ou en cours et le calendrier
▪ Cabinets
✓ Cabinet du Premier ministre
✓ Cabinet de la ministre chargée des comptes publics
✓ Cabinets de la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles
▪ Administrations et opérateurs
✓ Direction de la sécurité sociale
✓ Direction du budget
✓ CDC
✓ COR
▪ Représentants des employeurs
✓ Coordination des employeurs territoriaux
✓ FHF
➔ Calendrier : Objectif de remise du rapport automne 2025 – décalage possible – pas de besoin pour les lois financières de
l’automne
-- 436 of 491 --
22/01/2026 5
Annexe XIV
Présentations assurées lors des réunions de restitution intermédiaire, novembre 2025
-- 437 of 491 --
Version transmise
- 10/11/2025
- ne pas diffuser
Mission complémentaire sur le système de
retraite des agents des collectivités
locales et des établissements hospitaliers
POINT D’ÉTAPE – RÉUNION DU 13 NOVEMBRE 2025
-- 438 of 491 --
Version transmise
- 10/11/2025
- ne pas diffuser
Points abordés
18/02/2026 2
❖ De la mission 1 à la mission 2…
❖ Cadre des travaux et point d’avancement…
❖ Une contrainte impossible d’équilibre toutes APU…
❖ La hausse brutale des cotisations employeurs reste insuffisante…
❖ Un régime spécifique en recettes et en dépenses…
❖ Les simulations révèlent des déficits constants et une forte dette…
❖ Aucune simulation ne permet l’équilibre, la simulation du seul recours au taux employeurs
montre l’ampleur de l’effort nécessaire…
❖ Une dette insoutenable pour la CNRACL et la sphère sociale…
❖ Une extension du champ d’affiliation ou de l’assiette aux effets de système évidents…
❖ Les impacts de la compensation et de ses évolutions éventuelles…
❖ L’enquête administrée auprès des employeurs…
❖ Les concertations et consultations…
❖ Les approches systémiques : des impacts pluriels et très forts…
-- 439 of 491 --
Version transmise
- 10/11/2025
- ne pas diffuser
De la mission 1 à la mission 2
18/02/2026 3
❖ Les constats de la première mission ont confirmé l’impasse financière rencontrée par la
CNRACL
❖ Les principales raisons de cette situation
1. La dégradation du ratio démographique : en 2024, il y avait 2 151 694 cotisants et 1 611 994 pensionnés en moyenne, soit un rapport démographique brut de 1,33 cotisant pour
1 retraité
2. Les caractéristiques propres du régime : forte féminisation (espérance de vie à la retraite supérieure), importance des dispositifs de solidarité (cat actives, dispositif carrière
longue)
3. Les effets de la compensation démographique et de la surcompensation : un mécanisme défavorable à la CNRACL (non-prise en compte des polypensionnés et des retraités de
moins de 65 ans) et très critiqué ; estimation des flux financiers sortants de l’ordre de 80 à 100 Mds € depuis 1974
4. L’attrition de la base cotisante : croissance des effectifs contractuels dans le stock d’agents publics FPT et FPH
✓ Un déficit > 10 Mds€ à l’horizon 2030
malgré la hausse de taux d’1 point
✓ Un déficit cumulé qui ne cesse de croitre
et une dette qui se creuse
✓ Des charges d’intérêts qui dépassent le Md
à l’horizon 2030 et qui alourdissent le
solde technique déjà largement déficitaire
-2,00%
0,00%
2,00%
4,00%
6,00%
8,00%
0
500
1000
1500
2000
2500
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
% évol.
en milliers
Fonctionnaire et militaires
Contractuels (hors contrats aidés)
Evol annuelle Fonctionnaires
Evolution annuelle contractuels
Source : IGA – IGAS – IGF, 2024
Source : IGA – IGAS – IGF, 2024
-- 440 of 491 --
Version transmise
- 10/11/2025
- ne pas diffuser
De la mission 1 à la mission 2
18/02/2026 4
❖ 11 propositions opérationnelles permettant de dégager de nouvelles ressources et de
clarifier les flux financiers, une seule retenue au final
1. Renforcer la gouvernance par la mise à disposition d’une ressource permanente et la nomination de personnalités qualifiées au conseil d’administration
2. Affilier à la CNRACL l’ensemble des fonctionnaires, y compris ceux nommés sur des emplois à temps non complets
3. Aligner, par un décret en Conseil d’Etat, le calcul de la majoration pour enfants à la CNRACL sur celui du régime général
4. Instaurer, en LFSS, un remboursement à la CNRACL de la majoration pour enfants par la CNAF
5. Instaurer, en LFSS, un financement par le FSV des validations de périodes de congés maladie non cotisées dans leur entièreté.
6. Faire financer par le FSV la part des pensions d’invalidité et de retraite résultant de la garantie d’une pension minimale
7. Individualiser les cotisations par risque (vieillesse/invalidité)
8. Conduire sous l’égide du Conseil d’orientation des retraites un travail de refonte de la compensation démographique
9. Faire reprendre la dette de la CNRACL par la CADES
10. générer une ressource additionnelle pour la CNRACL à travers une contribution assise sur la masse salariale contractuelle
11. Définir en concertation avec les employeurs une trajectoire de hausse du taux
❖ Les employeurs -territoriaux et hospitaliers- ont, en marge du conclave, demandé une
mission complémentaire
1. Elaboration d'une cartographie des flux financiers entre les employeurs locaux et hospitaliers et les différents régimes de retraite
publics et privés
2. Identification de nouvelles mesures pour rétablir la situation financière de la CNRACL (frais de gestion et adossement)
3. Faisabilité et pertinence de certaines des mesures détaillées dans le précédent rapport (refonte solidarité, refonte compensation,
reprise de dette)
4. Etude de l'impact sur la CNRACL de certains leviers étudiés par les inspections et la Cour des comptes (mesures d’âge et
indexation)
✓ Après la hausse d’un point
déjà intervenue en 2024, le
taux de contribution
employeur de la CNRACL
augmente progressivement à
compter du 1er janvier 2025 de
trois points par an sur quatre
ans pour atteindre 43,65 % en
2028, contre 31,65 % en 2024
(Décret n°2025-86 du 30 janvier 2025).
Source : IGA – IGAS – IGF, 2024
-- 441 of 491 --
Version transmise
- 10/11/2025
- ne pas diffuser
Cadre des travaux - point d’avancement
18/02/2026 5
❖ Les cadres des missions 1 et 2 sont différents
▪ Commande première mission : solutions diverses d’équilibrage de court / moyen terme (2030) du point de vue de la seule CNRACL,
sans demande de trouver des solutions neutres au niveau des administrations publiques ou de leurs sous secteurs (APUL, APUC,
ASSO) et autorisant donc des solutions paramétriques ou systémiques, avec des impacts financiers et politiques potentiellement
pluriels
▪ Commande seconde mission: reprise des travaux précédents dans un cadre nouveau (i) des projections à plus long terme (2045) et
(ii) identifier les effets des mesures sur l’ensemble du système de retraites en identifiant les impacts politiques, juridiques et
financiers potentiels de certaines solutions… et (iii) dans le cadre d’une contrainte fixée par le cabinet du PM de neutralité des
opérations toutes APU et avec une CNRACL équilibrée à compter de 2030 donc ayant un effet neutre sur les soldes publics (globaux
et par sous secteurs)
❖ En ce début de mois de novembre, les travaux et la restitution proposée ci-après demeurent
totalement transitoires, en cours et sous toutes réserves, ils n’engagent pas la mission qui :
▪ a conduit l’ensemble des entretiens et concertations prévus
▪ n’a pas achevé les travaux de simulation et de chiffrage (en cours – simulation symétrique de la hausse des cotisations et des
cotisants par rapport aux hypothèses déjà chiffrées de baisse)
▪ n’a pas davantage pu vérifier la validité des données transmises qui sont ici reprises de manière brute et sans pouvoir déjà mesurer
le poids, souvent extrêmement important, de conventions de simulation / projections
❖ Les travaux demeurent en cours - outre les vérifications / validations de chiffres / traitement des données- notamment
sur les charges financières, les cotisants débiteurs et l‘analyse des effets de transformation des structures de rémunération au sein
des entités relevant de la FPT et de la FPH (évolution des rémunérations, contractuels / titulaires / titulaires à temps incomplet,
intérim) et de l’évolution de la structure de leur activité (internalisation / externalisation / sous-traitance, etc.) ainsi que les scénarios
de séparation des risques invalidité / vieillesse et de clarifications éventuelles de modes de gestion
-- 442 of 491 --
Version transmise
- 10/11/2025
- ne pas diffuser
Une contrainte impossible d’équilibre
toutes APU
18/02/2026 6
❖ La contrainte fixée de neutralité des opérations toutes APU et avec une CNRACL
équilibrée à compter de 2030 donc ayant un effet neutre sur les soldes publics (globaux
et par sous secteurs) :
▪ conduit à effacer les effets de mesures à rendement proposées par le précédent rapport dans leur seule perspective de réponse
au besoin de financement
▪ est impossible à remplir du fait (i) de la situation financière de la CNRACL et (ii) de ses modalités de financement qui sont
toujours supportées par des personnes publiques
❖ Aucune mesure n’est neutre pour les APU : la dépense devra de toutes façons être
couverte, la défaillance n’est pas envisageable. La question porte sur :
▪ les entités supportant ces charges (Etat, collectivités, établissements de santé ou assurance maladie),
▪ l’ampleur des dépenses et recettes compte tenu de réformes possibles
▪ et le type de prélèvements obligatoires / ressources publiques (y.c. la dette) mobilisés
❖ Le raisonnement sur la CNRACL est indétachable des effets opposés d’objectifs pluriels
des pouvoirs publics :
▪ A moyen/long terme, la modération salariale ou la maîtrise de l’emploi public ont des effets financiers négatifs sur la CNRACL et
positifs sur les APUL et APUC, le dynamisme des rémunérations et de l’emploi ont des effets positifs sur la CNRACL et négatifs
sur les APUL et APUC
▪ cette circularité des effets et des financements a conduit à tarder à intervenir et rend difficile l’identification des responsabilités
et efforts devant être supportés par chaque secteur des finances publiques, mais cet effort existera en recettes et en dépenses
et ne peut être neutre toutes APU
-- 443 of 491 --
Version transmise
- 10/11/2025
- ne pas diffuser
Une contrainte impossible d’équilibre
toutes APU
18/02/2026 7
❖ Hors charges financières, la hausse des cotisations décidée pour la période 2025-2028 crée
un rendement à horizon 2045 de l’ordre de 140 Mds€ (donc, toutes choses égales par
ailleurs, un effort à due proportion des collectivités et de l’assurance maladie ou des
établissements de santé) mais le besoin de financement cumulé demeure extrêmement
important à cet horizon tel que présenté par le COR et le jaune joint au PLF 2026
CNRACL - besoins de financement évalués – sans charges financières, avec ou sans hausse de cotisations
Sources : Travaux COR, Caisse des dépôts, Direction du budget, Cour des comptes et mission
-7,9
-51,0
-105,2
-167,1
-233,6
-12,1
-27,0
-52,7
-88,0
-235
-185
-135
-85
-35
2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045
Scénario de référence jaune PLF / COR sans hausse de
cotisations et sans charges financières
Scénario de référence CDC avec hausse de cotisations et sans
charges financières
-- 444 of 491 --
Version transmise
- 10/11/2025
- ne pas diffuser
La hausse brutale des cotisations
employeurs reste insuffisante
18/02/2026 8
❖ Evolution des taux de cotisation
employeur: un impact à +140 Mds€
à horizon 2045 mais un besoin de
financement qui demeure proche
de 100 Mds€
❖ Des conséquences fortes sur le
coût du travail et l’équilibre
titulaires/contractuels
✓ Aujourd’hui, pour recruter un agent dans une collectivité
territoriale au salaire brut de 2 500 €, la dépense employeur
s’élève à 3 533 € pour un titulaire (dont 658 € de CNRACL)
contre 3 535 € pour un contractuel. Le poids des charges est
légèrement plus important pour le contractuel (41 %) que
pour le titulaire (40 %).
✓ Au 1er janvier 2028, date de la dernière augmentation
CNRACL prévue à ce jour, ce sera +148 € de plus par mois
que les employeurs devront dépenser pour recruter un
titulaire à la place d’un contractuel à rémunération brute
équivalente (Source Adelyce)
27,30% 30,65%
31,65%
34,65%
37,65% 40,65%
43,65% Taux de cotisation employeur à la CNRACL - de 2011 à 2028 - en %
Simulation de la différence de coût chargé entre fonctionnaires et contractuels da la FPT à horizon 2028
Source : ADRHGCT
Différence annuelle chargée du salaire titulaire / contractuel
Année 2024 2025 2026 2027 2028
IM 367 + RI 150 973,27 1 840,46 2 490,86 3 141,26 3 791,66
IM 374 + RI 200 2 680,79 3 564,53 4 227,33 4 890,14 5 552,94
IM 409 + RI 350 -1 585,10 -618,66 106,17 831,00 1 555,83
IM 415 + RI 600 -849,78 130,84 866,30 1 601,77 2 337,23
IM 485 + RI 450 212,44 1 358,47 2 217,98 3 077,50 3 937,02
IM 735 + RI 800 -227,28 1 509,47 2 812,04 4 114,61 5 417,18
Source : Textes règlementaires, travaux mission
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- 10/11/2025
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Un régime spécifique en recettes et en
dépenses
18/02/2026 9
❖ Les ressources CNRACL : exclusivement
des cotisations alors qu’elles représentent
moins de 60% des ressources des régimes
de base vieillesse
❖ La croissance des effectifs retraités
comparée à la faible progression de la base
cotisante
Plusieurs facteurs expliquent cette trajectoire :
✓ En 2011, les départs des agents souhaitant bénéficier du dispositif
permettant le départ anticipé des parents de trois enfants ayant 15 années
de service avant son extinction
✓ En 2008, un pic de départ en raison de l’élargissement du dispositif
carrière longue pour les agents ayant 56 et 57 ans
✓ Depuis 2005, le départ des générations issues du baby-boom
❖ Les caractéristiques propres du régime
✓ La sur-représentation des femmes parmi les actifs et les retraités de la
CNRACL
Effectifs des retraités de droit direct d'un régime de base en 2022, selon le
régime principal
Régime à titre principal Femmes Hommes
Régime général 55% 45%
MSA salariés 40% 58%
Fonctionnaires CNRACL 69% 31%
MSA non-salariés 55% 45%
Professions libérales 39% 67%
Source : DSS – CCSS et travaux mission
Source : DREES, EIRR
10,0%
0,0%
16,8%
0,0%
59,0%
97,4%
14,2%
2,6%
Régimes de base vieillesse CNRACL
Contributions, impôts et
taxes
Contribution d'équilibre de
l'employeur
Cotisations
Transferts nets
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- 10/11/2025
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Les simulations révèlent des déficits
constants et une forte dette
18/02/2026 10
❖ La simulation « de référence », élaborée par la Caisse des dépôts sur
la base du scénario central du COR, selon les hypothèses arrêtées par
les pouvoirs publics (stabilité des effectifs et rémunérations de
fonctionnaires, notamment), fait apparaître un déséquilibre très
prononcé et croissant
❖ L’équilibre n’est pas atteint dans le cadre d’un scénario de « poursuite
de l’attrition de la base cotisante » (soit une diminution du nombre de
fonctionnaires titulaires cotisants CNRACL au même rythme que celui
constaté entre 2013 et 2023)
❖ Un scénario de « compression des effectifs » en début de période
(non-remplacement d’un départ sur 2 entre 2026 et 2030) ne permet
pas l’équilibre du régime
❖ Le scénario de recul de l’AOD à 65 ans à partir de la génération 1972,
sans diminution des flux de recrutements de fonctionnaires titulaires
cotisants ne permet pas davantage d’atteindre l’équilibre
❖ Le scénario du COR consistant à reculer l’âge effectif moyen de
l’ensemble des régimes de retraite à 66,5 ans, il permet d’équilibrer le
système de retraite mais la CNRACL demeure en déséquilibre très
prononcé
Toutes les simulations sont en euros courants
et intègrent les charges financières
Mds€ 2025 2030 2035 2040 2045
Simulation
référence
Résultat -2,2 -1,7 -4,9 -7,4 -10,4
Dette -10,1 -14,6 -32,9 -64,8 -110
Poursuite baisse
cotisants
Résultat -2,2 -2,1 -5,7 -8,8 -12,2
Dette -10,1 -15,7 -37 -74,7 -129
Compression des
effectifs
Résultat -2,2 -4,6 -8,6 -12 -15,9
Dette -10,1 -22,4 -57,4 -111 -182
Recul AOD à 65
ans
Résultat -2,2 -1,1 -3,9 -5,8 -8,3
Dette -10,1 -14,3 -28,4 -53,5 -89,8
Age moyen 66,5
ans - COR
Résultat -2,2 -0,1 -3,6 -6,3 -8,8
Dette -10,1 -5,9 -16,6 -42,8 -81
Source : Simulations CDC, travaux mission
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- 10/11/2025
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Les simulations révèlent des déficits
constants et une forte dette
18/02/2026 11
Toutes les simulations sont en euros courants et intègrent les charges financières
Résultat en 2045 en Mds € - selon les scénarios simulés Dette entre 2025 et 2045 en Mds € selon les scénarios simulés
-8,3
-8,8
-10,4 -12,2 -15,9
-16
-15
-14
-13
-12
-11
-10
-9
-8
Recul AOD à 65
ans
Scénario équilibre
- âge moyen 66,5
ans COR
Simulation
référence
Poursuite attrition
base cotisante
Compression des
effectifs
-89,8
-81
-110,4
-128,6
-181,8
-200
-180
-160
-140
-120
-100
-80
-60
-40
-20
0
2025 2030 2035 2040 2045
Recul AOD à 65
ans
Scénario équilibre -
âge moyen 66,5 ans
COR
Simulation
référence
Poursuite attrition
base cotisante
Compression des
effectifs
❖ Le résultat annuel, toujours déficitaire en 2045,
varie dans un rapport presque de un (recul AOD à
64 ans) à deux (compression des effectifs)
❖ L’endettement, intégrant les charges financières, se situe, à
l’horizon 2045, entre 81Mds€ (scénario équilibre 66,5 ans
du COR) et 181,8Mds€ (compression des effectifs)
Source : Simulations CDC, travaux mission Source : Simulations CDC, travaux mission
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- 10/11/2025
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18/02/2026 12
❖ La contrainte financière est extrêmement forte: si (i) on acte la hausse des taux sur 2025-
2028 (ii) on transfère le déficit cumulé à la CADES à compter de fin 2028 et (iii) qu’ensuite
les charges de la CNRACL sont équilibrées via les seules cotisations employeurs alors il faut
les porter de 34,65 % en 2025 à plus de 60% à horizon 2045
Ni le scénario de référence, avec une hypothèse de stabilité des effectifs et des
rémunérations (hypothèse Budget pour le COR), ni les scénarios plus favorables
comportant des modifications des paramètres extérieurs à la CNRACL ne permettent
d’assurer la soutenabilité financière du régime
Aucune simulation ne permet l’équilibre, la
simulation du seul recours au taux employeurs
montre l’ampleur de l’effort nécessaire
43,65% 47,52%
56,62%
60,50%
34,00%
39,00%
44,00%
49,00%
54,00%
59,00%
64,00%
2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045
Equilibrage de la CNRACL à compter de 2028 avec une reprise de cette en 2028 et en ne jouant que sur les taux de
cotisations employeur ensuite
Source : Simulations CDC, travaux mission
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- 10/11/2025
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Une dette insoutenable pour la
CNRACL et la sphère sociale
18/02/2026 13
❖ La reprise de dette par la CADES en 2020 comprenait un
« volet CNRACL »; le précédent existe, mais l’ampleur
d’une éventuelle reprise de dette de la CNRACL serait
sans équivalent et cette reprise devrait logiquement être
assortie d'un plan garantissant la viabilité financière du
régime et l‘acquittement effectif des cotisations par tous
les redevables, dimensions nécessaires et non suffisantes
qui n’ont pas été réunies en et depuis 2020
❖ Le poids de la CNRACL dans les opérations de
financement de court et moyen termes incombant à
l’Acoss fait peser un risque systémique aux finances
sociales et aux finances publiques, sans considération des
retournements possibles des marchés ce qui justifie de
trouver une solution pour la CNRACL et/ou pour
l’ensemble de la sécurité sociale – besoin d’apprécier les
options possibles
65,0
83,0
13,2 13,4
0,0
20,0
40,0
60,0
80,0
100,0
LFSS 2025 PLFSS 2026
Agence centrale des
organismes de
sécurité sociale
Caisse nationale de
retraite des agents
des collectivités
locales
Plafonds trésorerie Acoss et CNRACL – en Mds€
Dette sociale – composante CNRACL en Mds€
Sources : LFSS 2025 et PLFSS 2026
1,3 10,3
134,7
153
Dette transférée en 2020 Dette estimée en 2025
CNRACL
Autres
Sources : LO 2020 et RALFSS Cour des comptes 2025
-- 450 of 491 --
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- 10/11/2025
- ne pas diffuser
Une extension du champ d’affiliation
ou de l’assiette aux effets de système
évidents
18/02/2026 14
❖ Les travaux en cours doivent permettre d’identifier le poids des différentes assiettes / la
structure de rémunération CNRACL
▪ Assiette dérogatoire ou RG, avec ou sans les primes et accessoires
▪ Poids des contractuels, des titulaires hors CNRACL et des titulaires champ CNRACL
▪ Recours à l’intérim
❖ La mobilisation en cours des données DSN et des informations comptables devrait
permettre d’envisager les évolutions des structures de rémunération et d’activité des
collectivités et du champ des établissements publics de santé, approche rétrospective
délicate, possibilité/ opportunité de développer des indicateurs en routine
❖ Les hypothèses d’une extension du champ d’affiliation à la CNRACL ou d’évolution de
l’assiette seront analysées à plat pour apprécier, le cas échéant, les impacts pour la
CNRACL et pour les autres régimes (régime général - hors RCO)
❖ Mais ces mesures d’apparences techniques auraient, de facto, des effets de système en
bouleversant les équilibres - politiques et financiers (bascules d’assiettes ou de cotisants de
régimes à d’autres) - non seulement de la CNRACL mais aussi du RG, de l’AA, de l’ERAFP et
de l’Ircantec
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- 10/11/2025
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Les impacts de la compensation et de
ses évolutions éventuelles
18/02/2026 15
❖ Les travaux sont en cours, notamment pour mieux objectiver le poids de la compensation
dans les équilibres de la CNRACL et le poids de la CNRACL dans les compensations
❖ De 1975 à 2025, la CNRACL a été un gros contributeur au système de « compensation
démographique »
▪ Il s’agit de résorber les déséquilibres démographiques et les disparités de capacité contributive entre régimes de base obligatoires
▪ 70,4 Mds € courants prélevés sur la CNRACL entre 1975 et 2022 (soit environ 100 Mds € constant)
▪ La CNRACL est le second plus gros contributeur (15,8 % du total prélevé) derrière le régime général (81,2 %) , mais c’est le premier
rapporté au nombre de cotisants : à titre d’exemple en 2023 chaque cotisant à la CNRACL a versé l’équivalent de 393 euros dans
le cadre de la compensation, contre 195 euros pour un cotisant au régime général
▪ Les règles de calcul sont pour certaines défavorables à la CNRACL, telle la prise en compte des retraités de plus de 65 ans
uniquement ou l’absence de proratisation des sommes perçues par les « poly-pensionnés »
❖ De plus, de 1985 à 2011, la CNRACL a été le principal contributeur du système « de
surcompensation »
▪ Elle a le même objectif que la compensation démographique, mais se passe uniquement entre régimes spéciaux, supposés plus
comparables ; la CNRACL a contribué à hauteur de 28,6 Md € courants sur la période
❖ Ces prélèvements, aux finalités mal expliquées, ont généré un sentiment de spoliation de
la part des cotisants et de leurs représentants au conseil d’administration
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- 10/11/2025
- ne pas diffuser
Les impacts de la compensation et de
ses évolutions éventuelles
18/02/2026 16
❖ La compensation démographique est remise en cause
▪ À la suite d'un rapport de la Cour des comptes, à partir de la LFSS 2025, la commission de compensation, qui avait pour
objet de contrôler les paramètres de calcul, est supprimée
▪ La Cour a posé les bases d’une modification importante des règles de calcul, sans qu’il soit possible de dire quels régimes
seront bénéficiaires
▪ L’idée de supprimer la compensation a également été avancée. Ce choix serait préjudiciable à la CNRACL qui, selon les
prévisions de la Cour des comptes, deviendrait bénéficiaire du système à partir de 2027
❖ Sous réserve des travaux en cours, la mission a acquis la conviction que l’impact de
modifications des règles de calcul dans un sens favorable à la CNRACL serait faible
▪ Ainsi, la prise en compte des retraités de 60 à 65 ans n’allégerait que de quelques millions les prélèvements historiquement
réalisés
-- 453 of 491 --
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- 10/11/2025
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L’enquête administrée auprès des
employeurs
18/02/2026 17
❖ Une enquête élaborée et administrée avec les employeurs territoriaux et hospitaliers :
plus de 7 100 réponses, en cours d’exploitation
❖ Une approche contrastée de la nature réelle des changements à l’œuvre mais une
crainte évidente de leurs effets sur les politiques RH et d’emploi menées
695 1361 2056
725 2074 2799
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Ensemble
établissements
FPH
Ensemble
collectivités -
FPT
Total enquête
Non
Oui
Mesure impact décret Révision doctrine titularisation post décret Hausse recours contractuels post décret
624 1 425 2 049
452 1 342 1 794
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Ensemble
établissements FPH
Ensemble
collectivités - FPT
Total enquête
Non
Oui
561 1 343 1 904
515 1 424 1 939
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Ensemble
établissements
FPH
Ensemble
collectivités - FPT
Total enquête
Non
Oui
Source : Enquête mission, octobre 2025
-- 454 of 491 --
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- 10/11/2025
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Les concertations et consultations
18/02/2026 18
❖ Outre les employeurs avec lesquels elle a échangé régulièrement, la mission a
▪ Rencontré les caisses en lien avec la CNRACL, le COR, la CDC, la Cour des comptes, les administrations compétentes et cabinets des
ministres concernés
▪ Un pilotage par le cabinet du PM les associant a été arrêté lors du lancement de la mission, un besoin fort de coordination des actions
en cours
❖ La mission a
▪ Rencontré tous les représentants des organisations siégeant au sein du CA de la CNRACL
▪ Proposé des auditions à l’ensemble des organisations représentées au niveau national – toutes ont donné suite à l’exception de Sud et
de la CPME
❖ Il en ressort une prise en compte plus ou moins forte des enjeux
▪ Un rejet global d’évolution des règles notamment concernant les pensions avec le souhait d’un ancrage public fort… tout en
soulignant la nécessité de prendre en compte l’existant et sans fermer la porte par principe à toute évolution d’ordre systémique qui
pourrait donc être envisagée mais prendrait du temps
▪ Un accord global et majoritaire sur (i) la séparation des risques invalidité / retraite et (ii) la neutralisation du signal prix lié à la retraite
des agents CNRACL et non CNRACL
❖ Un sentiment dominant : le cadre actuel de gouvernance est imparfait (COR, CNRACL, CSFP)
▪ La difficulté a trait aux limites du CA de la CNRACL (composition, rôle non décisionnaire du CA sur les paramètres…) mais aussi en ce
que le cadre général ne permet pas de conduire les débats nécessaires sur les retraites publiques via un diagnostic partagé et un
échange sur les mesures à envisager / à prendre
▪ La concertation dans le cadre du « conclave / DPP » a renforcé ce sentiment en ce qu’elle n’a porté ni sur les non-non ni sur les
retraites publiques sur les paramètres
-- 455 of 491 --
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- 10/11/2025
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Les approches systémiques : des
impacts pluriels et très forts
18/02/2026 19
Alignement Intégration Adossement
Hausse des
effectifs
cotisant
Hausse de
l’assiette
cotisée
Le régime est aligné
sur les règles régissant
un autre régime, en
recettes ou en
dépenses.
L’alignement peut
être partiel ou
intégral.
Le régime est intégré
dans un autre, il disparaît.
Outre un alignement
intégral, il n’y a plus
d’identification
financière de ses recettes
et dépenses qui sont
absorbées par le régime
d’accueil
Le régime demeure. Mais il
applique les règles du régime
auquel on l’adosse, de
manière apparente ou non. Il
existe encore mais toute une
partie de son activité est en
fait celle du régime auquel
on l’adosse.
Elle peut être une
conséquence des
opérations de système
à gauche. Elle peut être
conçue par elle- même
(assujettissement des
primes par ex.)
Elle peut être décidée par et
pour elle- même. Ella des
effets positifs sur els régimes
en bénéficiant et dépressifs
sur les régimes subissant une
baisse de leurs effectifs
Autres
évolutions
Evolution de gestion,
séparation des populations
couvertes (FPH / FPT),
séparation des risques
invalidité / vieillesse et
distinction base /
complémentaire, etc.
Mesure
Description
Impacts
Financier: faible en
tant que tel mais
dépendant du
régime sur lequel on
aligne
Institutionnel:
maintien de la caisse
Politique:
acceptabilité à
évaluer au regard des
changements induits
Financier: très fort pour
le régime intégré et le
régime d’intégration –
justifie une soulte
Institutionnel: Fin du
régime et de la caisse
Politique: acceptabilité
faible car disparition de
l’existant
Financier: très fort pour le
régime adossé et le régime
d’adossement – justifie
une soulte
Institutionnel: Maintien
apparent du régime et de
la caisse
Politique: acceptabilité
relative car maintien de
l’existant
Financier: très fort pour le
régime perdant et pour le
régime gagnant
Institutionnel: Impact
démographie des régimes
et compensations /
transfets, effets sur la
représentation politique
des agents
Politique: acceptabilité
variable
Financier: très fort
pour le régime et pour
ses assujettis / affiliés
Institutionnel: Impact
en cas de double
cotisation
Politique:
acceptabilité faible à
variable
Financier: à apprécier
selon le scénario
Institutionnel: à apprécier
selon le scénario
Politique: à apprécier
selon le scénario
CNRACL et (i) pensions civiles et militaires de l’Etat et (ii) CNAV / Agirc – Arrco et (iii) Ircantec et Erafp?
Alignement Intégration Adossement
Mesure
Description
Impacts
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- 10/11/2025
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Les approches systémiques : des
impacts pluriels et très forts
18/02/2026 20
8 grandes options envisagées – travail en cours – analyse théorique et littéraire – pas d’évaluation financière chiffée des impacts
Scénario 1 - Alignement public intégral entre le régime CNRACL et celui des FPE :
o La CNRACL est maintenue, des règles identiques sont appliquées aux régimes CNRACL et FPE civils et militaires
o Impacts en dépenses (catégories actives), et en recettes (taux de cotisation identiques, donc taux de cotisation à fixer pour FPE)
o Pas une solution immédiate aux problématiques de financement CNRACL
Scénario 2 - Alignement du régime CNRACL sur les régimes des salariés du privé (CNAV / Agirc-Arrco) :
o La CNRACL est maintenue, mais désormais elle applique les règles du secteur privé en base et en complémentaire
o L’opportunité de maintien du régime se pose (financement, action sociale),
o Impacts forts en recettes (assiettes et taux) et en dépenses (mode de calcul de la pension)
o Pas une solution immédiate aux problématiques de financement CNRACL
Scénario 3 - Intégration de la CNRACL aux régimes de l’Etat (SRE) :
o La CNRACL est absorbée en gestion et au plan financier par le service des retraites de l’Etat
o Les pouvoirs publics seront interrogés sur la création d’une caisse autonome en gestion et financièrement pour les agents publics,
o Impact financier moins apparent / moins immédiat sur les recettes et les dépenses (sous réserve de liens avec le scénario 1)
o Besoin d’évaluer l’impact financier de l’intégration et de le compenser donc un coût très fort (soultes variant selon reprise en stock
ou en flux)
Scénario 4 - Adossement du régime de la CNRACL aux régimes de l’Etat (SRE) - intégration SRE / CNRACL avec maintien de la caisse
CNRACL
o Maintien apparent du régime et de la caisse mais effets identiques au scénario 3 d’intégration – moindres effets politiques en
affichage mais impacts financiers et de gestion majeurs
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Version transmise
- 10/11/2025
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Les approches systémiques : des
impacts pluriels et très forts
18/02/2026 21
Scénario 5 - Intégration de la CNRACL aux régimes des salariés du privé (CNAV / Agirc-Arrco) :
o La CNRACL disparaît en tant que régime et en tant que caisse (fin de l’autonomie, de l’action sociale, éventuellement une
structure ad hoc sur le modèle retenu pour les travailleurs indépendants)
o Impacts en recettes et en dépenses très prononcés donc effet d’affichage très importants (gains uniquement pour les coûts qui
seraient les mêmes dans le secteur de la santé entre structures publiques et privées)
o Coûts très forts (soultes variant selon reprise en stock ou en flux des droits et rythme d’extinction du régime / de la caisse)
Scénario 6 - Adossement de la CNRACL aux régimes des salariés du privé (CNAV / Agirc-Arrco) - intégration CNAV / Agirc Arrco /
CNRACL avec maintien de la caisse CNRACL
o Maintien apparent du régime et de la caisse mais effets identiques au scénario 5 d’intégration – moindres effets politiques en
affichage mais impacts financiers et de gestion majeurs
Scénario 7- Affiliation intégrale de tous les agents des collectivités territoriales et des établissements publics de santé à la CNRACL
o Approche a priori envisageable en flux, impact fort sur les RDC du secteur privé / Ircantec, impacts financiers et politiques lourds
du fait du déplacement des populations cotisants / usagers
Scénario 8 – Extension de l’assiette soumise à cotisations de la CNRACL (intégration des primes)
Logique de désalignement vis-à-vis de la FPE, impacts financiers et politiques importants du fait du changement de principes, impact
ERAFP
A noter : les huit options peuvent donner lieu à des variantes et seront analysées aussi de manière combinée afin de souligner l’étendue
du champ des possibles, comme attendu des acteurs et des commanditaires
Autres pistes : approches différenciées FPH et FPT, évolution des modes de gestion, séparation des risques invalidité / vieillesse ou des
niveaux de base et complémentaire – en cours d’analyse
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- 10/11/2025
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18/02/2026 22
❖ Des questions directement liées
1. Aux travaux en cours d’objectivation du coût réel de l’emploi public et de sa composante retraites (évolutions du Jaune CAS
pensions, travaux CAE/IPP)
2. Aux choix de système(s) : maintien de l’existant, système unique, rapprochement(s) public / privé, sphère des retraites publiques
plus intégrée et conditions à réunir (apport de l’identification « en caisse » sur le modèle CNRACL à préserver)
Impacts
institutionnels financiers politiques juridiques
Alignement public intégral entre le régime CNRACL et celui des FPE (SRE) [Sc. n°1] + +++ + +
Alignement du régime CNRACL sur les régimes des salariés du privé (CNAV / Agirc-
Arrco) [Sc. n°2] ++ +++ ++++ +++
Intégration de la CNRACL aux régimes de l’Etat [Sc. n°3] +++ ++ ++ +
Adossement du régime de la CNRACL aux régimes de l’Etat [Sc. n°4] ++ ++ ++ +
Intégration de la CNRACL aux régimes des salariés du privé [Sc. n°5] ++++ ++++ +++++ +++
Adossement du régime de la CNRACL aux régimes des salariés du privé [Sc. n°6] ++ ++++ +++++ +++
Affiliation intégrale de tous les agents des collectivités territoriales et des
établissements publics de santé à la CNRACL [Sc. n°7] ++ +++ +++ ++
Extension de l’assiette soumise à cotisations de la CNRACL (intégration des primes) [Sc.
n°8] ++ +++ +++ ++
Les approches systémiques : des
impacts pluriels et très forts
Source : Travaux mission
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22/01/2026 7
Annexe XIV
Présentations assurées lors des réunions de restitution finale, février 2026
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Mission complémentaire sur le système de
retraite des agents des collectivités locales et
des établissements hospitaliers
Perspectives à l’horizon 2045
RESTITUTION FINALE DES TRAVAUX DE LA MISSION
AUX COMMANDITAIRES, AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA CNRACL ET
AUX REPRÉSENTANTS DES AGENTS, SALARIÉS, EMPLOYEURS ET TRAVAILLEURS
INDÉPENDANTS AUX NIVEAUX DE LA CNRACL ET NATIONAL
Document de travail / de synthèse : ce support reprend les travaux du rapport et des annexes qui seuls font foi, le lecteur se rapportera
à ces écrits concernant les sources et méthodes retenues.
Note bene : version finale avec précisions ponctuelles et corrections de coquilles le 27 avril 2026
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Contenu et cadre de la mission
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❖ Place la CNRACL dans le contexte plus large de
l’avenir des systèmes de retraite
✓ Nécessité de mesurer les impacts de la hausse des taux de
cotisation employeurs, échanges avec les parties prenantes,
projections entre 2025 et 2045 et analyse / recherche des
impacts des mesures toutes APU et pour chaque secteur (APU,
APUL, ASSO)
❖ L’approfondissement des travaux précédents
✓ 10 annexes techniques proposant des approches rénovées ;
1 enquête auprès de plus de 7 000 employeurs
✓ Des concertations avec les partes prenantes
✓ 1 rapport de synthèse ; 10 propositions clefs
N° Annexe
1 Lettre de mission
2 Note de cadrage
3 Liste des personnes rencontrées
4
Analyse de l’évolution des rémunérations et des effectifs employés dans les
entités relevant des fonctions publiques hospitalières et territoriales au travers
des déclarations sociales
5 Analyse des évolutions à caractère systémique de la CNRACL et des autres
évolutions pouvant avoir des effets sur l’architecture du système de retraites
6 Analyse du recours à l’intérim dans les entités relevant des fonctions publiques
hospitalières et territoriales
7 Enquête auprès des employeurs territoriaux et hospitaliers sur les impacts de la
hausse des taux de cotisation à la CNRACL
8 La couverture du risque invalidité et l’opportunité de la séparer de celle du
risque vieillesse au sein de la CNRACL
9 La compensation et la surcompensation entre les régimes de retraite et leurs
impacts pour la CNRACL
10 Les évolutions de la population affiliée et des recettes de la CNRACL et les
impacts des hausses de taux sur les stratégies d’emploi
11 Présentations comptables actuelles et envisageables de la situation de la
CNRACL – enjeux et problématiques
12 Simulations financières à l’horizon 2045
13 Recouvrement et contrôle des créances sociales sur les employeurs territoriaux
et hospitaliers
14 Supports de présentation
Chaque annexe technique présente un éclairage et peut constituer un « rapport », le
rapport est de synthèse mais le rapport et les annexes sont un ensemble à
appréhender globalement -soit plus de 500 pages- destiné à documenter les décisions
à prendre, les concertations à mener et les travaux complémentaires à diligenter
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Les points approfondis par la mission
par rapport au rapport de 2024
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n° Proposition Dimension Suites
1 Renforcer la gouvernance par la mise à disposition d’une ressource permanente et la nomination de personnalités qualifiées au conseil
d’administration permettant d’assurer un meilleur pilotage de la CNRACL et une meilleure communication institutionnelle. Paramétrique Néant
2 Affilier à la CNRACL l’ensemble des fonctionnaires, y compris ceux nommés sur des emplois à temps non complets. Systémique Néant
3
Aligner, par un décret en Conseil d’Etat, le calcul de la majoration pour enfants à la CNRACL sur celui du régime général en supprimant la
majoration supplémentaire de cinq points pour chaque enfant au- delà du troisième. Pour préserver l’égalité des droits entre les fonctionnaires,
faire de même pour la fonction publique d’Etat par un article en loi de financement de la sécurité sociale modifiant l’article L 18 du Code des
pensions civiles et militaires
Systémique Néant
4 Instaurer, en loi de financement de la sécurité sociale, un remboursement à la CNRACL de la majoration pour enfants par la Caisse nationale des
allocations familiales. Systémique Néant
5 Instaurer, en loi de financement de la sécurité sociale, un financement par le FSV des validations de périodes de congés maladie non cotisées dans
leur entièreté. Systémique Néant
6 Faire financer par le Fonds de solidarité vieillesse la part des pensions d’invalidité et de retraite résultant de la garantie d’une pension minimale
équivalente à la moitié du dernier traitement brut perçu pour les pensionnés dont le taux d’invalidité est au moins égal à 60 %. Systémique Néant
7 Individualiser les cotisations par risque (vieillesse/invalidité) sans pour autant scinder les deux risques et, à terme, ajuster le taux des cotisations
employeurs invalidité sur la dynamique des dépenses, tout en maintenant le taux de cotisation vieillesse. Paramétrique Néant
8
Conduire sous l’égide du Conseil d’orientation des retraites un travail de refonte de la compensation démographique devant en premier lieu
simuler l’effet redistributif d’une suppression ou d’un abaissement de l’âge minimum de 65 ans ainsi que d’une pondération des effectifs par les
durées validées.
Systémique Néant
9 Faire reprendre la dette de la CNRACL par la CADES, ou par l’Etat, en amont de la constitution d’un déficit auto-entretenu. Systémique Néant
10
En lien avec l’augmentation des taux employeurs pour les fonctionnaires, générer une ressource additionnelle pour la CNRACL à travers une
contribution assise sur la masse salariale contractuelle afin de rendre le plus neutre possible l’arbitrage par l’employeur entre emploi contractuel et
emploi fonctionnaire.
Paramétrique Néant
11 Définir en concertation avec les employeurs une trajectoire de hausse du taux de leur contribution, déduction faite des mesures proposées et
retenues. Paramétrique
Mise
en
œuvre
Propositions des inspections générales – précédente mission de 2024 -nature des propositions, suites données et piste approfondie ou non dans le présent rapport
Source : Mission.
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Diagnostic
Le régime d’assurance vieillesse des agents
titulaires des fonctions publiques hospitalière et
territoriale est confronté à des dynamiques
défavorables
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28/04/2026 5
❖ Un régime spécifique
✓ Un fort retournement du rapport cotisants / pensionnés
✓ Un régime très féminisé,
✓ Une forte proportion de droits directs, servis relativement
longtemps et avec une forte part de départs anticipés pour
carrières longues (un moindre impact des catégories actives)
✓ En 2041, le premier régime public, devant celui des pensions
civiles et militaires
Ratio démographique brut – CNRACL et ensemble des régimes de retraites de base et
complémentaires – entre 2023 et 2023
2,29 2,23
2,08 1,99 1,91 1,83 1,76 1,7 1,64 1,58
1,74 1,73 1,71 1,72 1,71 1,71 1,71 1,74 1,77
1,5
1,7
1,9
2,1
2,3
2,5
2013 2014 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Ratio brut CNRACL Ratio brut tous régimes
Effectifs de pensionnés des régimes de la CNRACL et de la fonction publique d’Etat – en
millions – entre 2023 et 2070
2,13
0,23 0,21
1,96 2,02
0,43 0,24
-
0,50
1,00
1,50
2,00
2,50 CNRACL Retraités
de droit direct
CNRACL Retraités
de droit dérivé
Fonction publique
de l'Etat Retraités
de droit direct
Fonction publique
de l'Etat Retraités
de droit dérivé
Effectifs de
retraités*
Montant mensuel moyen de
la pension brute de droit
direct, hors majoration pour
3 enfants ou plus* Dépenses de
prestations**
* en M€
En milliers
Pensionnés de
droits directs
(en %)
Ensemble en €
Écart entre la
pension des
femmes et celle
des hommes (en
%)
Retraités résidant en France ou
à l'étranger* 18 082 95% 1 563** -35% nd
Régime général 15 297 95% 734 -28% 149 832
Agirc-Arrco 13 701 92% 527 -53% 92 414
FPE civils 1 849 89% 2 223 -14% 59 546
FPE militaires 511 74% nd nd
Ircantec 2 278 91% 140 -38% 3 972
CNRACL 1 505 90% 1 400 -9% 25 644
Données clefs d’effectifs, de niveaux de pensions et de dépenses de prestations des
principaux régimes de retraite en 2023
Les particularités du régime de retraite de la
CNRACL
Source : DREES, CDC, COR, Jaune « CAS pensions » du PLF 2026, travaux mission.
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❖ Le pilotage et le suivi du régime sont imparfaits :
✓ En interne, (i) le Conseil d’administration n’est pas encore le lieu de débats et de diagnostics utiles, du fait de faibles
analyses et débats techniques et de l’absence de pouvoir de décision ; (ii) un gestionnaire (CDC) compétent mais peu
sollicité et peu pro-actif ; (iii) une remontée -interne et externe- d’informations insuffisante dans (a) son ampleur et (b) sa
nature (mobilisation nécessaire d’autres données)
✓ Du côté des pouvoirs publics (i) aucune administration centrale ne réalise un suivi complet et rapproché du régime,
celui-ci est l’objet d’analyses différentes et cloisonnées (DSS, DB, DGAFP, DGCL, DGOS), (ii) le COR ne permet pas de
débattre des retraites publiques et d’interroger des conventions de projections très lourdes (a) les paramètres arrêtés par
la DB – soit la stabilité des effectifs à long terme et l’absence d’évolution de structure des rémunérations - sont repris
systématiquement comme des données exogènes, par le gestionnaire comme le COR, et jamais débattus, (b) la CNRACL
ne prend pas en compte la compensation démographique au-delà de 2029, contrairement au COR, (c) les charges
financières ne sont pas intégrées par le COR
✓ Le pilotage du régime justifie (i) une analyse renouvelée des effets des politiques d’emploi, de rémunération et de GRH
sur les retraites et inversement ; (ii) des approches alternatives aux hypothèses conventionnelles de projection d’effectifs
et de masse salariale de la FPH et de la FPT et (iii) l’intégration (a) de la compensation démographique, (b) des charges
financières et (c) de l’érosion monétaire via le passage des euros courants aux euros constants
Ces approches ont des effets puissants car (i) la perception de l’équilibre du régime est modifiée et (ii) les données issues des
déclarations sociales sont très différentes des données budgétaires et d’effectifs issues du Siasp utilisées en routine
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Or, la volonté de retour pérenne à l’équilibre financier du régime des retraites des agents titulaires des
fonctions publiques territoriale et hospitalière justifie des actions sur le pilotage, les charges et les produits du
régime
Un cadre de pilotage et de décision largement
perfectible
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❖ La sensibilité du résultat ou de la dette au fait de prendre en compte ou non (i) la
compensation démographique (dans travaux COR, pas dans travaux du gestionnaire) (ii)
les charges financières (pas dans travaux COR) et (iii) les euros courants ou constants est
très forte (ni dans travaux COR, ni dans travaux du gestionnaire)…
❖ Mais, quelle que soit la convention retenue, une situation durable de déficits
La mission propose de retenir comme scénario de référence celui élaboré par le
gestionnaire et corrigé donc intégrant (a) les charges financières, (b) la compensation
démographique et (c) le passage en euros constants
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2025 2030 2035 2040 2045
Scénario référence CDC – euros
courants
Résultat annuel -2,2 -1,7 -4,9 -7,4 -10,4
Dette cumulée 10,1 14,6 32,9 64,8 110,4
Scénario réf. CDC avec compensation
démographique COR – euros courants
Résultat annuel -2,2 -1,3 -3,7 -5,4 -7,8
Dette cumulée 10,1 14,2 27,8 51,4 85,3
Scénario réf. CDC avec compensation
démographique COR – euros constants
Résultat annuel -2,2 -1,2 -3,1 -4,2 -5,5
Dette cumulée 10,1 13,1 23,5 39,9 60,7
Scénario de référence produit par la CDC puis corrigé par la mission en intégrant la compensation démographique
du COR– entre 2025 et 2045 – en Mds € courants ou constants 2025
Source : CDC, travaux mission. Le scénario CDC intègre les charges financières.
Un déséquilibre constant, quelle que soit la
convention retenue
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Des choix difficiles du fait de la circularité
des financements et de volontés
potentiellement opposées
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❖ Les politiques GRH d’emploi et de rémunération ont des effets puissants sur les équilibres
du régime de retraite
❖ Tout besoin de financement conduit, à terme, à mettre à contribution les ménages ou les
entreprises
❖ Dans tous les cas de figure, aucune mesure n’est neutre pour les administrations publiques…
Effets des hausses et baisses des effectifs et des rémunérations pour la CNRACL, les employeurs et les finances publiques
Entité / secteur Mesure Impact financier de la mesure sur l'entité / le secteur
CNRACL
Hausse des effectifs et/ou des rémunérations Amélioration des cotisations puis, à terme, hausse des dépenses
Baisse ou maîtrise des effectifs et/ou des
rémunérations
Détérioration des cotisations puis, à terme, maîtrise ou baisse
des dépenses
Employeurs
Hausse des effectifs et/ou des rémunérations Hausse des dépenses de personnel
Baisse ou maîtrise des effectifs et/ou des
rémunérations Baisse ou maîtrise des dépenses de personnel
Finances publiques
Hausse des effectifs et/ou des rémunérations Amélioration CNRACL, déterioration employeur – MAIS sens et
impact variant selon la compensation des surcoûts employeurs
Baisse ou maîtrise des effectifs et/ou des
rémunérations
Détérioration CNRACL, amélioration employeur - MAIS sens et
impact variant selon qui supporte la détérioration CNRACL
Source : Mission.
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Aucun des scénarios projetés par la mission
ne permet l’équilibre et le régime reste très
fragile
28/04/2026 9
❖ En partant des leviers possibles pour réformer le système de retraite dans son ensemble ou la seule
CNRACL, la mission a projeté -en intégrant les charges financières, la compensation
démographique et en euros constants- les grandes réformes possibles
❖ Dans tous les cas de figure, aucune réforme des retraites ne permet d’équilibre la CNRACL,
l’exposition à des chocs externes est forte : la problématique financière demeure…
Scénario 2025 2030 2035 2040 2045
Référence avec compensation démographique et charges
financières – euros constants -2,2 -1,2 -3,1 -4,2 -5,5
Gel de l’AOD à 63 ans -2,1 -1,2 -3,2 -4,2 -5,5
Passage de l’AOD à 65 ans sans ajustement à la baisse des embauches -2,2 -1,1 -2,6 -3,3 -4,5
Passage de l’AOD à 65 ans avec ajustement à la baisse des embauches -2,1 -1,1 -2,7 -3,6 -4,9
Age d'équilibre COR du système de retraite à 66, 5 ans en 2045 -2,2 0,6 -1,6 -2 -2,1
Non remplacement d’un départ à la retraite sur deux entre 2026 et
2030 -2,2 -3,8 -6,2 -7,8 -9,4
Baisse annuelle des effectifs employés à hauteur de -0.18% par an
(tendance emplois titulaires 2013-2023) -2,2 -1,5 -3,8 -5,3 -6,8
Hausse annuelle des effectifs employés à hauteur de +0,59% par an
(tendance tous emplois 2013-2023) -2,1 -0,2 -1,2 -1 -0,7
Hausse conventionnelle de 100 points de base des taux d’intérêts
retenus dans l’hypothèse e référence CDC -2,2 -1,2 -3,4 -4,6 -5,6
Scénario 2025 2030 2035 2040 2045
Référence avec compensation démographique et
charges financières – euros constants -10,1 -13,1 -23,5 -39,9 -60,7
Gel de l’AOD à 63 ans -10,1 -12,8 -23,7 -40,2 -61,0
Passage de l’AOD à 65 ans sans ajustement à la baisse des
embauches -10,1 -12,5 -21,5 -34 -50,5
Passage de l’AOD à 65 ans avec ajustement à la baisse des
embauches -10,1 -12,5 -21,8 -35,6 -53,6
Age d'équilibre COR du système de retraite à 66, 5 ans en
2045 -10,1 -3,3 -6,5 -15,3 -23,8
Non remplacement d’un départ à la retraite sur deux
entre 2026 et 2030 -10,1 -20,2 -44,3 -75,3 -111,5
Baisse annuelle des effectifs employés à hauteur de -
0.18% par an (tendance emplois titulaires 2013-2023) -10,1 -14 -27 -47,5 -73,6
Hausse annuelle des effectifs employés à hauteur de
+0,59% par an (tendance tous emplois 2013-2023) -10,1 -10,2 -13,5 -17,8 -20,5
Hausse conventionnelle de 100 points de base des taux
d’intérêts retenus dans l’hypothèse e référence CDC -10,1 -13,1 -24,4 -42,3 -63,2
Dette en cumul de la CNRACL -– entre 2025 et 2045 – en Mds € constants 2025 Résultats annuels de la CNRACL selon les hypothèses simulées – en 2025, 2030,
2035, 2040 et 2045 – en Mds € constants 2025
Source : CDC, COR, travaux mission. Les scénarios intègrent les charges financières, la compensation et le passage aux euros constants.
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La hausse des cotisations améliore la
situation financière, doit être suivie mais ne
résout pas les difficultés structurelles
28/04/2026 10
Taux de cotisations des agents et employeurs affilés à la CNRACL – entre 1947 et
2028 – en % du traitement indiciaire
11,10%
18,20%
30,40%
37,65%
40,65% 43,65%
0,00%
10,00%
20,00%
30,00%
40,00%
50,00%
1947
1949
1951
1953
1955
1957
1959
1961
1963
1965
1967
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
2017
2019
2021
2023
2025
2027
Cotisations à la charge des agents
Cotisations à la charge des employeurs
Age de départ spontané et âge de départ permettant d’équilibrer les comptes
de la CNRACL, écart entre les deux valeurs – entre 2025 et 2045
62,3 62,6 62,9 63,1 63,3 63,6 64,3
66,1 67,2 67,8
58
63
68
2025 2030 2035 2040 2045
Âge de départ « spontané »
calculé par le COR toutes
choses égales par ailleurs
Âge de départ d'« équilibre »
financier de la CNRACL
43,7% 48,1% 50,5%
34,0%
39,0%
44,0%
49,0%
54,0%
Equilibre de la CNRACL uniquement par les cotisations patronales à
compter de 2028 après reprise de dette – en % du traitement indiciaire
❖ Trop tôt pour documenter tous les effets de la hausse
des taux de cotisation ; compte tenu de son ampleur,
elle doit être suivie dans un cadre renforcé pour
apprécier ces effets sur l’emploi, les structures de
rémunération (donc sur les recettes de la CNRACL) et
garantir l’effectivité du rendement de la mesure
❖ Deux alternatives illustrent les tensions à l’œuvre
✓ Si une reprise de dette intervenait en 2028, que le rendement
attendu de la hausse de taux était constaté et que le régime soit
équilibré uniquement par les cotisations patronales, l’effort
demeurerait de 7 à 8 points de nouvelle hausse
✓ L’âge de départ d’équilibre serait, pour la CNRACL proche de 68 ans
à terme
La hausse de cotisations ne peut être remise en cause,
les rendements sont fragiles mais nécessaires. La
hausse des cotisations doit donc être complétée par
d’autre mesures
Source : CDC, COR, travaux mission. Les scénarios intègrent les charges financières, la
compensation et le passage aux euros constants.
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Des déséquilibres envisageables à court
et moyen termes pour la CNRACL
28/04/2026 11
❖ A court terme (horizon 2028), le déficit de la CNRACL reste élevé
mais à un niveau relativement stable
✓ La compensation démographique devient positive…
✓ La hausse de taux génère, toutes choses égales par ailleurs, des ressources
importantes…
✓ Les autres mesures avancées par les inspections générales en 2024 pourraient être
activées (compensation, dépenses de solidarité, etc.)…
❖ Mais ces projections reposent sur des hypothèses fortes :
✓ La compensation démographique est maintenue et inchangée…
✓ La hausse de taux n’est pas remise en cause…
✓ Le rapport entre l’emploi titulaire et l’emploi contractuel (en effectifs et en
rémunérations) reste identique et les recettes de la CNRACL ne sont pas affectées…
Dans tous les cas, des difficultés de financement apparaissent plus
ou moins rapidement, elles font peser un risque fort à la CNRACL,
aux finances sociales et aux finances publiques
65,0
83,0
13,2 13,4
0,0
10,0
20,0
30,0
40,0
50,0
60,0
70,0
80,0
90,0
LFSS 2025 PLFSS 2026
Agence
centrale des
organismes
de sécurité
sociale
Caisse
nationale de
retraite des
agents des
collectivités
locales
Plafonds trésorerie Acoss et CNRACL
Source : LFSS 2026, travaux mission.
-- 471 of 491 --
Propositions
Un cadre rénové de pilotage est nécessaire pour
permettre a la CNRACL de remplir ses missions
28/04/2026 12
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Une nécessité, créer un cadre rénové de
pilotage et de gouvernance des retraites
publiques
28/04/2026 13
❖ Créer les conditions d’un débat nécessaire sur les retraites publiques
Proposition n° 1 : Renforcer le pilotage du régime au niveau national en prévoyant, tous les
deux ans, un rapport du COR sur les retraites publiques et en consacrant, chaque année, une
séance du conseil commun de la fonction publique aux retraites publiques.
❖ Garantir une approche intégrée et complète des impacts des décisions
publiques en matière de gestion des ressources humaines
Proposition n° 2 : Tirer les conséquences de la circularité du financement des retraites
publiques et rendre obligatoire, dans les fiches d’impact des mesures législatives ou
réglementaires des dispositions qui concernent la fonction publique, l’évaluation de leurs
conséquences pour les régimes publics de retraite.
-- 473 of 491 --
Un impératif, affirmer la responsabilité des
partenaires sociaux et renforcer le cadre de
pilotage propre à la CNRACL
28/04/2026 14
❖ Créer les conditions pour que le conseil d’administration documente un débat
public nécessaire
Proposition n° 3 : Renforcer le pilotage du régime par le conseil d’administration de la CNRACL,
en le rendant destinataire d’indicateurs de pilotage plus fins et en lui confiant la responsabilité
de proposer, chaque année, les mesures à adopter, au titre des risques vieillesse et invalidité, en
recettes et en dépenses, et rendre publics les travaux du conseil d’administration.
❖ Adopter une présentation alternative de la situation financière et comptable
de la CNRACL et des retraites publiques et séparer les gestions des risques
vieillesse et invalidité
Proposition n° 4 : Construire, à l’aide des travaux analysés par la mission, dans un souci de
sincérité et de transparence, une présentation comptable et financière, permettant de mieux
identifier les ressources et les charges du régime et séparer les gestions des risques vieillesse et
invalidité.
-- 474 of 491 --
Un impératif, affirmer la responsabilité des
partenaires sociaux et renforcer le cadre de
pilotage propre à la CNRACL
28/04/2026 15
❖ La trajectoire financière correspondant au scénario de référence n’est
clairement pas soutenable
❖ Faire évoluer la prise en charge des dépenses de solidarité en prenant en
compte la situation de la CNRACL
Proposition n° 5 : En ce qui concerne la prise en charge des dépenses dites de solidarité et de la
compensation démographique, sous réserve des travaux d’ensemble en cours, faire évoluer les
ressources du régime dans le cadre proposé par la première mission.
-- 475 of 491 --
Un impératif, affirmer la responsabilité des
partenaires sociaux et renforcer le cadre de
pilotage propre à la CNRACL
28/04/2026 16
❖ Maintenir et suivre les impacts de la hausse des taux de cotisations
employeurs
Proposition n° 6 : Maintenir l’augmentation de taux prévue par le décret n°2025-86 du 30
janvier 2025, suivre ses effets et l’assortir d’une contribution portant sur l’emploi des
contractuels, afin de neutraliser les écarts de coûts, au titre du risque vieillesse, entre les
titulaires et les non-titulaires.
❖ Créer les conditions pour une incontournable reprise de dette et envisager
des alternatives en matière de gestion financière, de recouvrement et de
contrôle
Proposition n° 7 : Créer et préparer les conditions d’un transfert de la dette de la CNRACL et
revoir les stratégies de gestion financière du régime et de recouvrement et de contrôle des
employeurs territoriaux et hospitaliers.
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Des évolutions plus globales à caractère
systémique apparaissent a priori incontournables,
elles doivent être préparées dès à présent
28/04/2026 17
❖ Des choix déterminants à faire pour la CNRACL mais qui concernent l’ensemble des autres
régimes :
✓ Les défis constitués par la CNRACL concernent de fait l’ensemble du système de retraite. Aucune évolution n’est
neutre pour les acteurs privés ou publics.
✓ La neutralité pour les administrations publiques ne peut en aucun cas être assurée
❖ Deux organisations sont envisageables autour d’un pôle public ou d’un pôle privé
❖ Des choix déterminants à faire pour la CNRACL mais qui concernent l’ensemble des autres
régimes :
✓ Les défis constitués par la CNRACL concernent de fait l’ensemble du système de retraite. Aucune évolution n’est
neutre pour les acteurs privés ou publics.
✓ La neutralité pour les administrations publiques ne peut en aucun cas être assurée
❖ Deux organisations sont envisageables autour d’un pôle public ou d’un pôle privé
Pôle « public » Pôle « privé »
✓ Rapprocher la CNRACL des régimes de droit commun du
secteur privé (CNAV et Agirc-Arrco) ➔ Désaligner la
CNRACL par rapport au régime des pensions civiles et
militaires
✓ Recettes et dépenses sur la base des salariés du privé
✓ Poserait rapidement la question de l’évolution, à plus ou
moins long terme, du régime des pensions civiles et
militaires de l’Etat.
✓ Recettes et dépenses dans le cadre actuel (i) les cotisations sont
prélevées sur une assiette limitée au traitement indiciaire ; (ii) cette
base de calcul est aussi celle de la pension, appréciée au titre des
derniers mois d’activité ; (iii) la reconnaissance de la pénibilité de
certaines activités est assurée via les catégories actives et super
actives qui permettent des départs anticipés à la retraite
✓ Caisse dédiée et cotisations libératoires
✓ Les administrations publiques équilibrent en dernier ressort les
dépenses de pensions .
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Un impératif, affirmer la responsabilité des
partenaires sociaux et renforcer le cadre de
pilotage propre à la CNRACL
28/04/2026 18
❖ Choisir une architecture du
système de retraite de nature à
prendre en compte la situation de
la CNRACL
Proposition n° 8 : Considérer que le statu
quo ne pourrait être que temporaire, fragile
et incertain ; par conséquent, mener les
concertations nécessaires sur la base des
travaux de la mission, pour permettre le
choix d’un changement systémique, en
rattachant la CNRACL à un pôle « public » ou
à un pôle « privé » de retraite. Source : Travaux mission.
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Des évolutions plus globales à caractère
systémique apparaissent a priori incontournables,
elles doivent être préparées dès à présent
28/04/2026 19
Impacts
institutionnels financiers politiques juridiques
Scénario alignement public intégral + +++ + +
Scénario alignement CNRACL sur les RDC des salariés du privé ++ +++ ++++ +++
Scénario intégration CNRACL au SRE +++ ++ ++ +
Scénario adossement CNRACL au SRE ++ ++ ++ +
Scénario intégration CNRACL aux RDC du privé ++++ ++++ +++++ +++
Scénario adossement CNRACL aux RDC du privé ++ ++++ +++++ +++
Scénario affiliation intégrale CNRACL ++ +++ +++ ++
Scénario évolution assiette soumise à cotisation CNRACL ++ +++ +++ ++
❖ Travailler, évaluer et préparer les solutions techniques nécessaires dans le
cadre incontournable d’une coopération renforcée entre acteurs
administratifs et en veillant à la stricte neutralité actuarielle et financière
des évolutions retenues pour chaque et tous les régimes vieillesse
Proposition n° 9 : Mettre en place la structure administrative adaptée, pour mener les
indispensables travaux complémentaires d’évaluation des impacts institutionnels, financiers et
juridiques du choix opéré et décider des modalités techniques (alignement, intégration,
adossement) de mise en œuvre de ce choix.
Source : Travaux mission. Nota bene: le rapport ne se prononce pas de manière précise sur les variantes envisageables « en stock », en « flux » ou avec une
éventuelle « clause d’antériorité ou du grand père », aspect qui devrait être arrêté avec les autres options techniques.
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Un impératif, affirmer la responsabilité des
partenaires sociaux et renforcer le cadre de
pilotage propre à la CNRACL
28/04/2026 20
❖ Une démarche de conduite du changement, structurée et claire pour les
acteurs, doit être adoptée par les pouvoirs publics
Proposition n° 10 : En s’appuyant sur les travaux de la mission, définir une stratégie de
changement des textes et de concertation à court, moyen et long termes.
Un changement nécessaire, difficile mais possible et à préparer
dans la durée en commençant dès maintenant les travaux
préparatoires et concertations incontournables
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Annexe – plan du rapport
28/04/2026 21
1. LE REGIME D’ASSURANCE VIEILLESSE DES AGENTS TITULAIRES DES FONCTIONS PUBLIQUES HOSPITALIERE ET
TERRITORIALE EST CONFRONTE A DES DYNAMIQUES DEFAVORABLES
❖ Les particularités du régime de retraite de la CNRACL (i) Un régime complet et financé presqu’exclusivement par
des cotisations (ii) Un poids avéré dans le système de retraite, un poids croissant dans les retraites publiques
❖ Un cadre de pilotage et de décision perfectible (i) La connaissance, le pilotage et le débat sur la situation de la
CNRACL apparaissent largement perfectibles (ii) Un financement « circulaire » qui rend difficile la prise de décision
entre acteurs publics, une indécision qui a toujours un impact sur les ménages et les entreprises (iii) Des dynamiques
financières et démographiques défavorables
❖ La volonté de retour pérenne à l’équilibre financier du régime des retraites des agents titulaires des fonctions
publiques territoriale et hospitalière justifie des actions sur le pilotage, les charges et les produits du régime (i)
Seule la hausse des taux a été retenue à la suite des travaux de la première mission (ii) Le poids de la CNRACL et
l’ampleur des efforts nécessaires pour renouer avec l’équilibre justifient une approche plus systémique de sa situation
et de ses impacts pour le régime, la sphère publique et le système de retraite (iii) Les fragilités institutionnelles,
financières et statistiques sont évidentes, elles justifient une attention rénovée
Source : Travaux mission.
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Annexe – plan du rapport
28/04/2026 22
2. UN CADRE RENOVE DE PILOTAGE EST NECESSAIRE POUR PERMETTRE A LA CNRACL DE REMPLIR SES MISSIONS
❖ Créer un cadre rénové de pilotage et de gouvernance des retraites publiques (i) Créer les conditions d’un débat
nécessaire (ii) Garantir une approche intégrée et complète des impacts des décisions publiques en matière de gestion
des ressources humaines
❖ Affirmer la responsabilité des partenaires sociaux et renforcer le cadre de pilotage propre à la CNRACL (i) Créer
les conditions pour que le conseil d’administration documente un débat public nécessaire (ii) Adopter une
présentation alternative de la situation financière et comptable de la CNRACL et des retraites publiques et séparer
les gestions des risques vieillesse et invalidité
❖ Prendre, dès que possible, toutes les mesures pour accroître les recettes du régime est nécessaire mais non
suffisant (i) Prendre acte que la trajectoire financière n’est pas soutenable (ii) Faire évoluer la prise en charge des
dépenses de solidarité, en prenant en compte la situation de la CNRACL (iii) Maintenir la hausse des taux de
cotisations employeurs et en suivre les impacts (iv) Créer les conditions pour une incontournable reprise de dette et
envisager des alternatives en matière de gestion financière, de recouvrement et de contrôle
❖ Envisager des évolutions systémiques (i) Choisir une architecture du système de retraite de nature à prendre en
compte la situation de la CNRACL (ii) Travailler, évaluer et préparer les solutions techniques nécessaires dans le cadre
incontournable d’une coopération renforcée entre acteurs administratifs
❖ Une démarche de conduite du changement, structurée et claire pour les acteurs, doit être adoptée par les
pouvoirs publics
Source : Travaux mission.
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Annexe - 10 propositions
28/04/2026 23
N° Proposition Echéance Responsables
1
Renforcer le pilotage du régime au niveau national en prévoyant, tous les deux ans, un rapport du
COR sur les retraites publiques et en consacrant, chaque année, une séance du conseil commun de
la fonction publique aux retraites publiques.
Dès le 2ème trimestre 2026 DSS, DB, DGAFP, DGCL, COR
2
Tirer les conséquences de la circularité du financement des retraites publiques et rendre
obligatoire, dans les fiches d’impact des mesures législatives ou réglementaires des dispositions qui
concernent la fonction publique, l’évaluation de leurs conséquences pour les régimes publics de
retraite.
Dès le 2ème trimestre 2026
Premier ministre et ministères concernés
(DGAFP, DGCL, DGOS, DB, DSS), SGG et
Conseil d’Etat
3
Renforcer le pilotage du conseil d’administration de la CNRACL en le rendant destinataire
d’indicateurs de pilotage plus fins et en lui confiant la responsabilité de proposer, chaque année,
les mesures à adopter, au titre des risques vieillesse et invalidité, en recettes et en dépenses, et
rendre publics les travaux du conseil d’administration.
Dès 2026 et au plus tard
au 1er trimestre 2027
DSS (évolution des textes), DB, CA et
services de la CNRACL, Acoss
4
Construire, à l’aide des travaux analysés par la mission, dans un souci de sincérité et de
transparence, une présentation comptable et financière permettant de mieux identifier les
ressources et les charges du régime et séparer les gestions des risques vieillesse et invalidité.
PLF/PLFSS 2027 puis lois
financières ultérieures
Premier ministre et ministères concernés
DB, DSS, CDC
5
En ce qui concerne la prise en charge des dépenses dites de solidarité et de la compensation
démographique, sous réserve des travaux d’ensemble en cours, faire évoluer les ressources du
régime dans le cadre proposé par la première mission.
PLF/PLFSS 2027 puis lois
financières ultérieures
Premier ministre et ministères concernés
DB, DSS, CDC
6
Maintenir l’augmentation de taux prévue par le décret n°2025-86 du 30 janvier 2025, suivre ses
effets et l’assortir d’une contribution portant sur l’emploi des contractuels, afin de neutraliser les
écarts de coûts au titre du risque vieillesse, entre les titulaires et les non-titulaires.
PLF/PLFSS 2027 Premier ministre et ministères concernés
DGCL, DB, DSS
7
Créer et préparer les conditions d’un transfert de la dette de la CNRACL et revoir les stratégies de
gestion financière du régime et de recouvrement et de contrôle des employeurs territoriaux et
hospitaliers.
A partir de 2026 et au
plus tard en 2028
Premier ministre et ministères concernés,
DB, DSS, Acoss, CADES, Caisse des
dépôts
8
Considérer que le statu quo ne pourrait être que temporaire, fragile et incertain ; par conséquent,
mener les concertations nécessaires sur la base des travaux de la mission, pour permettre le choix
d’un changement systémique, en rattachant la CNRACL à un pôle « public » de retraite ou à un
pôle « privé ».
Travaux préparatoires et
concertations lancés dès
2026, pour mise en œuvre
au plus tard en PLF/PLFSS
2028
Premier ministre et ministères concernés
Partenaires sociaux, CA CNRACL, COR
9
Mettre en place la structure administrative adaptée pour mener les indispensables travaux
complémentaires d’évaluation des impacts institutionnels, financiers et juridiques du choix opéré
et décider des modalités techniques (alignement, intégration, adossement) de mise en œuvre de
ce choix.
Travaux préparatoires et
concertations lancés dès
2026, pour mise en œuvre
en 2028
DB, DSS, DGCL, DGAFP, COR
Premier ministre et ministères concernés
Partenaires sociaux, CA CNRACL
10 En s’appuyant sur les travaux de la mission, définir une stratégie de changement des textes et de
concertation à court, moyen et long termes. 2ème trimestre 2026 DB, DSS, DGAFP, DGOS, DGCL
Source : Travaux mission.
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Focus - contribution portant sur
l’emploi des contractuels, afin de
neutraliser les écarts de coûts
ANNEXES 4 ET 5
28/04/2026 24
❖ L’objectif n’est pas comportemental, il ne s’agit pas d'orienter vers le recrutement de contractuels ou de titulaires
univoquement via un signal prix – aspect unanimement rejeté par les parties lors des travaux, les déterminants de
l’emploi de titulaires ou de non titulaires devant être d’une autre nature que la prise en compte du seul coût…
mais ce signal prix est, toutes choses égales par ailleurs, à l’œuvre au détriment des titulaires ayant une durée
hebdomadaire supérieur à 28 heures du fait de la hausse en cours et programmée de 13 points des cotisations
employeurs... il est donc nécessaire de neutraliser cet effet qui va renchérir le coût des titulaires, cette volonté de
neutralisation recueille l’accord de la plupart des parties prenantes… plusieurs dispositifs pourraient donc être
soumis à la concertation au regard de leurs avantages et de leurs inconvénients…
✓ application, pour chaque emploi d’un coefficient de minoration ou de majoration du coût pour le rendre équivalent, quel que soit le type d’emploi,
au coût acquitté au titre de l’emploi d’un agent affilié à la CNRACL ; la mise en place de cette gestion au fil de l’eau et salarié par salarié semble assez
difficile à mettre en œuvre ;
✓ analyse de l’évolution du comportement d’embauche d’un employeur d’une période par rapport à une autre afin de neutraliser les éventuels
mouvements et dynamiques d’arbitrages défavorables à la CNRACL entre emplois assujettis ou non à ses cotisations ; l’analyse de ce comportement
pourrait être assurée sur des échéances trimestrielles, semestrielles ou annuelles qui permettraient mieux que la périodicité mensuelle de cerner les
dynamiques à l’œuvre ;
✓ application d’une année sur l’autre de coefficients fixes de majoration des emplois non assujettis aux cotisations CNRACL afin de remplir l’objectif de
neutralisation recherché ;
✓ quel que soit le cadre retenu, le dispositif devrait prendre en compte l’impossibilité, dans certains territoires, de recruter d’une certaine manière (cas
des zones enclavées, de l’outremer, etc.) ; c’est aussi cet aspect qui devrait guider in fine, la nature du dispositif éventuellement retenu
Source : Travaux mission.
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Focus - déclarations sociales
ANNEXE 4
28/04/2026 25
❖ La mission a mobilisé les données disponibles dans les déclarations sociales (DADS et surtout DSN)
qui permettent une appréciation fine de l’emploi et des rémunérations notamment en les rapportant
à la durée travaillée et en permettant de distinguer les traitements et les primes de manière précise ;
ainsi, l’annexe IV
✓ propose une analyse de la circularité des financements assurés par la sphère publique aux retraites des agents titulaires des
sphères sanitaire et territoriale
✓ assure une exploitation, inédite à la connaissance de la mission et des acteurs, des déclarations sociales sur les deux secteurs
d’emploi, en utilisant, pour la première fois, les possibilités offertes par la déclaration sociale nominative
✓ propose, assortis de réserves importantes, de premiers ordres de grandeur sur des évolutions pouvant intervenir, à partir des
dernières données connues (extension de la population affiliée ou de l’assiette cotisée à la CNRACL)
✓ met en avant le potentiel offert par l’exploitation des données sociales pour assurer un suivi rénové de la situation non
seulement de la CNRACL mais aussi de l’emploi public sur ces secteurs clefs.
❖ Quelques constats stylisés
✓ entre 2012 et 2024, une croissance des recettes portée par les employeurs hospitaliers, des données globales qui ne permettent
pas de documenter un éventuel mouvement de baisse, en valeur ou en volume, des agents titulaires cotisant a la CNRACL au
profit d’autres agents cotisant au régime général
✓ l’analyse des données détaillées disponibles pour les années 2022 a 2024 permet d’apprécier des dynamiques complémentaires
et une tendance à la stagnation des agents titulaires et à un essor des contractuels
✓ les données disponibles en DSN permettent de disposer d’un « portrait » des agents employés et rémunérations versées par les
différentes entités, point de repère en vue d’un suivi à développer à l’avenir
✓ les travaux permettent d’identifier les rémunérations qui pourraient être soumises a prélèvement au titre de la CNRACL
✓ les modalités de neutralisation ou de renchérissement du coût des emplois ou des rémunérations ne donnant pas lieu a
cotisation a la CNRACL peut prendre plusieurs formes
Source : Travaux mission.
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Focus - enquêtes employeurs
ANNEXE 7
28/04/2026 26
❖ En s’appuyant sur les employeurs territoriaux et hospitaliers, la mission a administré une enquête sur les impacts
estimés ou avérés de la hausse des taux de cotisations sociales sur les politiques d’emplois, de rémunération et la
gestion des ressources humaines dans la FPH et la FPT… Cette enquête a connu un succès important avec plus de
7 000 répondants mais avec des réponses souvent partielles… L’enquête révèle un degré incertain de maitrise des
impacts des évolutions à l’œuvre mais des anticipations a l’œuvre en ce qui concerne le recours aux contractuels
et l’externalisation de tout ou partie des missions et fonctions, dans des degrés et approches différents entre les
employeurs territoriaux et hospitaliers
✓ (i) Le décret est très majoritairement connu tant du côté des collectivités que de celui des employeurs hospitaliers (ii) Bien qu’ils
aient connaissance de la trajectoire de hausse des cotisations, 68% des employeurs hospitaliers et territoriaux n’ont pu en
évaluer l’impact (iii) Seuls 23% des employeurs déclarent pouvoir effectivement chiffrer cet impact à la date de l’enquête
✓ (i) Les employeurs considèrent que la hausse des taux va avoir un impact fort sur le recours aux agents titulaires, va encourager
le recours aux contractuels et peut conduire à externaliser des missions ou des fonctions (ii) Globalement 40% des employeurs
indiquent que la hausse des taux va avoir pour effet un moindre recours aux agents titulaires mais cette part est plus élevée du
côté des départements et des établissements publics médicosociaux (iii) 52% des employeurs hospitaliers estiment que la
hausse des taux va encourager l’emploi de contractuel, contre 48% des employeurs territoriaux (iv) Une majorité des
employeurs territoriaux et hospitaliers estiment que la hausse des taux aura un impact prononcé sur leur politique de
titularisation (v) 53% des employeurs estiment que la hausse du coût lié à l’emploi des titulaires va les inciter à recourir
davantage à des prestataires extérieurs (vi) Si la majorité des employeurs répondants déclarent envisager d’externaliser une
partie de leurs missions et fonctions de service public, ce résultat est avant tout le reflet des choix des collectivités
✓ Par ailleurs (i) Tous les employeurs estiment en revanche que la hausse des coûts liés à l’emploi des agents titulaires sera sans
effet sur l’ampleur du recours à l’intérim (ii) Parmi les établissements de santé, nombres ne sont pas en mesure d’estimer la
pertinence de la compensation dont ils ont fait l’objet, seule une majorité de CHU estiment avoir reçu cette juste compensation
de la hausse des taux de cotisations à la CNRACL
Source : Travaux mission.
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Focus - invalidité
ANNEXE 8
28/04/2026 27
❖ Les problématiques d’incapacité professionnelle, d’invalidité et de handicap sont parmi les plus
complexes en matière de protection sociale, aspect que la mission développe dans cette annexe
avant de souligner les démarches à l’œuvre pour les agents publics
❖ Compte tenu des travaux en cours sur la prise en charge de l’incapacité professionnelle dans les
fonctions publiques et des tensions propres aux retraites publiques, la mission maintient la nécessité
de séparer, au sein de la CNRACL, sans préjudice des autres évolutions, le risque invalidité du risque
retraite afin de garantir leur pilotage adapté par des ensembles de recettes et de dépenses cohérents
et relevant des mêmes déterminants…
❖ A partir des travaux réalisés sur les assiettes de cotisations, elle constate qu’une cotisation de 4% sur
l’assiette CNRACL (hors primes) permettrait de financer les dépenses d’invalidité, symétriquement les
cotisations retraites seraient diminuées à due proportion
❖ La séparation des risques est donc possible, souhaitable et nécessaire
Source : Travaux mission.
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Focus - compensation
ANNEXE 9
28/04/2026 28
❖ Les travaux de la mission mettent en avant les effets très prononcés de la compensation et, surtout,
de la surcompensation… tout en écartant tout raisonnement mécaniste en ce que (i) ces
financements ne permettraient pas de combler les besoins de financement actuels du régime et (ii) il
est douteux que les éventuels excédents aient été intégralement préservés
❖ Certains paramètres de calcul défavorisent la CNRACL, d’autres la favorisent… ile st douteux qu’une
réforme de la compensation intervienne dans le seul objectif d’équilibrer les comptes de la CNRACL…
❖ Bien au contraire, les scénarios d’évolution pourraient aller à l'encontre des intérêts du régime… pour
toutes ces raisons, la mission renvoie aux travaux d’ensemble et soulignent qu’iIs doivent
nécessairement intégrer -par exemple concernant la phase de transition d’un système à un autre ou
dans le cadre d'un nouveau système de compensation ou de prise en charge des dépenses non
contributives- la situation financière passée et à venir du régime
Source : Travaux mission.
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Focus - impacts de la hausse des taux
sur l’emploi
ANNEXE 10
28/04/2026 29
❖ Les fonctions publiques territoriales et hospitalières sont marquées par la croissance de l’emploi
contractuel sur les dernières années
✓ Entre 2011 et 2022, les effectifs contractuels ont, en nombre, augmenté de 26,1% dans la FPT et 39, 2% dans la FPH.
✓ Les freins juridiques à l’emploi contractuel sont très largement levés (Loi n° 2019-828)
➔ La question de la hausse des taux CNRACL sur l’arbitrage entre titulaires et contractuels dans les stratégies d’emploi se
pose
❖ Conséquence de l’augmentation du taux CNRACL, le coût chargé pour un employeur du recrutement
d’un titulaire sera supérieur à celui d’un contractuel
✓ Dès 2026, les effets de la hausse des taux se retrouvent :
Analyse toutes catégories➔
✓ Analyse de cas types :
Surcoût annuel des titulaires pour l’ensemble ➔
des situations individuelles
En 2025 : pour recruter un agent au salaire brut de 2 500 €, la dépense
employeur s’élève à 3 533 € pour un titulaire (dont 658 € de CNRACL) contre 3
535 € pour un contractuel.
En 2026,la dépense employeur atteindra 3 583 € pour un titulaire (dont 708 €
de CNRACL) contre 3 535 € pour un contractuel, soit +48 € par mois.
En 2028, ce sera +148 € de plus par mois que les employeurs devront dépenser
pour recruter un titulaire à la place d’un contractuel à rémunération brute
équivalente.
Année 2024 2025 2026 2027 2028
IM 367 + RI 150 973,27 € 1 840,46 € 2 490,86 € 3 141,26 € 3 791,66 €
IM 374 + RI 350 151,07 € 1 034,81 € 1 697,61 € 2 360,42 € 3 023,22 €
IM 409 + RI 200 944,62 € 1 911,06 € 2 635,89 € 3 360,72 € 4 085,55 €
IM 415 + RI 600 -849,78 € 130,84 € 866,30 € 1 601,77 € 2 337,23 €
IM 485 + RI 450 212,44 € 1 358,47 € 2 217,98 € 3 077,50 € 3 937,02 €
IM 735 + RI 800 -227,28 € 1 509,47 € 2 812,04 € 4 114,61 € 5 417,18 €
Source : Travaux mission.
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Focus - présentations comptables
ANNEXE 11
28/04/2026 30
❖ Le jaune consacré au CAS pensions, joint au PLF 2026, a avancé des méthodes renouvelées de
présentation de la situation financière des retraites publiques
❖ L’annexe 11 présente les deux méthodes envisageables et leurs effets
✓ Une méthode utilisée par le Haut commissariat au plan et qui prend pour référence les taux de cotisations appliqués à
l’ensemble des rémunérations du secteur privé, la différence de rendement étant considérée comme financée par des
ressources autres que des cotisations
✓ Une méthode, déployée par l’Institut des politiques publiques, qui consiste à calculer le taux de cotisation nécessaire pour
financer toutes les dépenses en dehors des dépenses spécifiques ou considérées comme relevant de la solidarité et non d’une
approche contributive
❖ La mission a appliqué ces méthodes à la situation de la CNRACL. Elle constate que
✓ aucune des méthodes n’est pleinement satisfaisante en termes de facilité, de clarté, de transparence et de sincérité
✓ il n’y a pas de « déficit caché » mais bien une difficulté à apprécier correctement les différentes dimensions de la situation
financière des retraites publiques
✓ les approches doivent être combinées et le cadre de présentation financière rénové
✓ ces évolutions étant concomitante avec la nécessité, si un pôle « public » était retenu, de créer une caisse autonome financée
par des cotisations revêtant un caractère libératoire
Source : Travaux mission.
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Focus - simulations
ANNEXE 12
28/04/2026 31
❖ La mission a fait le choix de ne pas retenir les conventions appliquées ; ainsi elle a
✓ limité les projections à la période 2025-2045 qui est apparue la plus solde et pertinente
✓ entendu intégrer dans les travaux les effets des charges financières, de la compensation démographique et le passage en euros
constants
✓ Simulé des hypothèses alternatives, à la hausse et à la baisse, à la convention tendant à retenir la stabilité des effectifs et des
rémunérations
❖ Outre les travaux présentés ci-dessus, elle a aussi calculé pour atteindre l’équilibre financier du
régime
✓ un âge d’équilibre de la CNRACL soit le fait que l’équilibre du régime ne serait atteint que par l’âge de départ moyen des
pensionnés
✓ Une hausse de taux de cotisations patronale nécessaire pour atteindre l’ équilibre en intégrant une reprise de la dette en 2028
Age de départ spontané et âge de départ permettant d’équilibrer les comptes de
la CNRACL, écart entre les deux valeurs – entre 2025 et 2045
62,3 62,6 62,9 63,1 63,3 63,6 64,3
66,1
67,2 67,8
58
60
62
64
66
68
2025 2030 2035 2040 2045
Âge de départ « spontané »
calculé par le COR toutes
choses égales par ailleurs
Âge de départ d'« équilibre »
financier de la CNRACL
Equilibrage de la CNRACL à compter de 2028, après reprise de dette par la seule hausse taux de
cotisations employeur - scénario de référence produit par la CDC puis corrigé par la mission– entre
2025 et 2045 – en %
43,7%
48,1% 50,5%
34,0%
36,0%
38,0%
40,0%
42,0%
44,0%
46,0%
48,0%
50,0%
52,0%
Source : CDC, COR, travaux mission.
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