Nappes d'eau souterraine au 1er mai 2026 | BRGM
BRGM Actualités
10 juin 2026, 06:00
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Sur l’ensemble du territoire le déficit de pluies efficaces en avril a accentué la vidange des nappes réactives. 79% des niveaux des nappes phréatiques sont à la baisse.
Cependant le niveau des nappes reste satisfaisant pour la plupart d’entre elles. 66% des points d’observation ont un niveau au-dessus ou autour des normales mensuelles. Les nappes situées dans certaines formations géologiques du Grand Est, du cotentin, du boulonnais et du Massif central ont des niveaux modérément bas.
Cette situation est plus dégradée que celle d'avril 2025 notamment pour les nappes inertielles. 76% des points d’observation avaient un niveau au-dessus ou autour des normales mensuelles.
Le bilan provisoire de la recharge hivernale 2025-2026 permet d’espérer des niveaux satisfaisants sur une grande partie des nappes réactives du sud-ouest et sud pour le trimestre prochain. Cependant, des incertitudes existent concernant la répartition et l’efficacité des pluies du mois de mai, avec les besoins de la végétation et l’augmentation progressive de la demande en eau pour satisfaire les différents usages notamment agricoles. Les prévisions à plus long terme restent incertaines.
Après l'amorce d'une phase de vidange observée au cours du mois de mars, les niveaux piézométriques des nappes phréatiques présentent une tendance à la baisse généralisée sur la quasi-totalité du territoire national au mois d'avril. Ce phénomène s'explique par un déficit significatif de précipitations efficaces durant cette période, dont les valeurs se situent nettement en deçà des normales saisonnières.
Par conséquent, une proportion majoritaire des nappes se trouve actuellement en phase de vidange.
Les données recueillies en avril 2026 révèlent que la vidange s'opère sur 79 % des points d'observation, caractérisés par des niveaux en décroissance. Les niveaux sont stables pour 11% des points et sont toujours à la hausse pour 10% d’entre eux. L'intensité de démarrage de cette vidange apparaît légèrement supérieure à celle enregistrée au cours du mois d'avril 2025.
En avril 2026, les nappes à forte inertie, qui demeuraient en phase de recharge au début du mois, ont vu leur dynamique s'inverser pour certaines d'entre elles. Les aquifères de la craie normande, des sables de l’Yprésien et des calcaires lutétiens, ainsi que des calcaires de Brie, sont entrés en phase de vidange. Les autres nappes inertielles conservent des tendances stables ou à la hausse, bien que cette progression semble néanmoins marquer un ralentissement en cette fin du mois d'avril.
Le déficit de précipitations efficaces observé au mois d'avril a accentué la vidange de ces aquifères à forte réactivité. L'ensemble de ces nappes présente des niveaux en décroissance, à l'exception notable des nappes du Jurassique de Brenne et Vienne, des formations volcaniques du Massif central, des alluvions des vallées alpines et des sables astiens de Valras-Agde, pour lesquels les niveaux demeurent stables.
Au début du mois d'avril, les niveaux piézométriques présentaient un état globalement satisfaisant sur l'ensemble du territoire national, à l'exception notable des nappes de la région Grand Est et des plaines de Limagne. Le déficit pluviométrique enregistré au cours du mois d'avril a induit une évolution globalement à la baisse du niveau des nappes.
Fin avril 2026, les niveaux des nappes sont satisfaisants avec 66% des points d’observation autour de la normale, voire légèrement excédentaires. 34% des points d’observation sont sous les normales mensuelles, 26% sont comparables et 40% sont au-dessus (respectivement 16%, 22% et 62% fin mars).
La situation actuelle apparaît plus dégradée que celle observée fin avril 2025, période au cours de laquelle 50 % des niveaux se situaient au-dessus des normales mensuelles, 23 % étaient comparables à ces dernières et 27% étaient en dessous.
Le niveau des nappes à inertie élevée demeure globalement satisfaisant. Ces nappes présentent des niveaux proches de la moyenne pour la majorité d'entre elles. Certaines nappes affichent des niveaux modérément hauts par rapport à la moyenne, notamment les aquifères des calcaires de Beauce, des calcaires d'Armagnac, ainsi que les nappes alluviales fluvio-glaciaires de l'est lyonnais et de l'avant-pays savoyard.
Il convient de souligner que des disparités locales significatives peuvent être observées au sein de ces systèmes aquifères.
La situation des nappes à réactivité élevée demeure satisfaisante sur l'ensemble du territoire national. Leurs niveaux piézométriques se situent autour de la normale pour la plupart d'entre elles, à l'exception des aquifères dans les sables de l'Albien de la bordure orientale du Bassin parisien, des calcaires du Jurassique de Lorraine, de la Côte des Bars, des grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine, des plaines de Limagne ainsi que des formations volcaniques du Massif central, qui présentaient déjà des niveaux modérément bas au 15 avril.
Les nappes telles que celles de la craie de Champagne, du socle du Cotentin-Sarthe, du socle limousin et celles du Jurassique du Bessin et des Causses du Quercy, ont vu leurs niveaux passer légèrement en deçà des normales mensuelles.
Des niveaux piézométriques élevés sont encore observés dans les nappes alluviales de la Garonne, de l'Aude, du Rhône, de la plaine du Roussillon et de la Vistrenque.
Les prévisions saisonnières de Météo-France pour la période mai-juillet 2026 indiquent une probabilité accrue de températures supérieures aux normales sur l'ensemble du territoire national. En revanche, aucun scénario préférentiel n'est identifié concernant le régime des précipitations.
La reprise de la végétation, corrélée aux températures élevées, limitera l'infiltration des précipitations en profondeur par évapotranspiration accrue. La phase de vidange se généralise à l'ensemble des aquifères à réactivité élevée. Certains aquifères à inertie élevée amorcent également une tendance à la baisse de leurs niveaux.
Les niveaux des nappes inertielles sont conditionnés par les niveaux atteints lors de l'étiage précédent ainsi que par le cumul des précipitations efficaces durant l'intégralité de la période de recharge.
La recharge devrait se poursuivre ou se stabiliser au cours du mois de mai pour les aquifères inertiels de l'Artois, du Sundgau (sud de l'Alsace) et du couloir Rhône-Saône, en raison de l'infiltration différée des précipitations de février. Les conditions hydrogéologiques pourraient alors s'améliorer ou demeurer stables, en fonction des volumes infiltrés.
Pour les autres systèmes aquifères inertiels présentant des tendances à la baisse, des incertitudes persistent quant à la fin de la période de recharge et à l'efficacité des précipitations printanières. Les projections pour l'été 2026 demeurent incertaines. Les niveaux piézométriques seront nécessairement inférieurs à ceux observés en 2025, en raison d'une recharge 2025-2026 plus modérée.
Le déficit de précipitations efficaces enregistré au mois d'avril a accentué la vidange de ces nappes. Néanmoins, concernant les nappes réactives présentant des niveaux excédentaires, de modérément hauts à hauts, les prévisions saisonnières demeurent favorables.
Pour les autres nappes dont les niveaux se situent autour de la normale ou modérément en deçà, des incertitudes existent, liées à l'efficacité des précipitations printanières, aux besoins de la végétation, ainsi qu'aux prélèvements anthropiques pour les différents usages, notamment l'irrigation qui a commencé. Les précipitations printanières s'avèrent essentielles pour maintenir des niveaux supérieurs aux normales le plus tardivement possible. Les nappes à réactivité élevée peuvent se vidanger en quelques semaines en cas de sécheresse prolongée et intense. Ainsi, les projections à plus long terme, notamment pour la fin de l'été 2026 et la période d'étiage, demeurent incertaines.
L’eau souterraine est une ressource très utilisée : en France hexagonale, elle représente près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Elle est aussi largement exploitée dans le secteur industriel. Les nappes d’eau souterraine dépendent de recharges cycliques.
Le BRGM assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France hexagonale. Découvrez les actions menées par le service géologique national et les ressources et bases de données disponibles sur l'eau souterraine en France.