Baromètre des achats responsables 2026 : les données carbone restent le talon d’Achille - Decision-achats.fr

Decision Achats
25 mai 2026, 05:48

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Accueil / #Achats responsables La visibilité RSE progresse, mais elle reste partielle. 48 % des acheteurs disposent désormais d’une visibilité sur les pratiques RSE de la majorité de leurs fournisseurs de rang 1 — un chiffre en nette hausse depuis 2024. Mais sur le rang 2 et au-delà, le tableau s’assombrit clairement indique le Baromètre des achats responsables 2026, EcoVadis / Accenture, publié en avril 2026, synthétisant les entretiens avec de plus de 1 000 entreprises dans le monde. Les acheteurs qui avaient basculé vers des évaluations RSE tierces en retirent des bénéfices mesurables : 26 % couvrent plus de la moitié de leurs dépenses grâce à ce type d’évaluations. Et 98 % des entreprises interrogées ont amorcé l’intégration des données RSE dans leurs processus achats — manuellement ou via des outils numériques, l’intégration pleinement numérique restant en cours de déploiement. Le contexte réglementaire accélère le mouvement : le paquet Omnibus a réduit le périmètre des entreprises directement soumises à la CSRD (à environ 5 000 grandes entreprises européennes), mais intensifie les exigences de ces donneurs d’ordre envers leurs fournisseurs de toutes tailles. 30 % des fournisseurs ne transmettent aucune donnée d’émissions Le décalage entre les exigences acheteurs et la maturité fournisseurs est le signal d’alarme du baromètre. « Près d’un tiers des fournisseurs ne transmettent aucune donnée d’émissions, et seul un sur cinq fournit des données primaires couvrant les scopes 1, 2 et 3 ». Les acheteurs demandent pourtant davantage de données carbone, de meilleure qualité et au niveau produit. Cette divergence crée un goulot d’étranglement opérationnel. Sans données primaires fiables, les calculs de scope 3 restent approximatifs, les plans de réduction d’émissions sont fragiles, et les engagements pris dans les cahiers des charges ne peuvent pas être vérifiés. Le baromètre pointe la nécessité d’un accompagnement ciblé des fournisseurs pour mesurer, suivre et déclarer leurs émissions avec précision. Les organisations les plus avancées ne se contentent plus des questionnaires d’auto-évaluation (SAQ), elles combinent exigences, formations et mécanismes incitatifs pour un engagement plus substantiel de leurs fournisseurs. Parmi les signaux forts sur la valeur commerciale de la notation RSE, Amazon Business, à titre d’exemple affiche désormais les médailles EcoVadis sur ses fiches produits, utilisables comme critère de filtrage B2B par les acheteurs professionnels en France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni. L’IA opérationnelle pour 55 % des acheteurs, absente chez un tiers des fournisseurs L’IA n’est plus un terrain d’expérimentation pour la majorité des organisations achats : 55 % des acheteurs l’utilisent comme outil opérationnel, notamment pour l’analyse RSE et l’évaluation des risques. Du côté des fournisseurs, plus d’un tiers n’envisagent pas d’y recourir . Cet écart de matérialité technologique entre acheteurs et fournisseurs crée une asymétrie d’information supplémentaire, qui risque de se creuser à mesure que les outils d’analyse RSE automatisés se généralisent dans les fonctions achats. Sur les priorités à venir, le baromètre identifie un retournement de tendance. Si la gestion des risques et la conformité restent le moteur principal des programmes d’achats durables, les décideurs anticipent d’ici deux à trois ans un retour en force des objectifs de neutralité carbone et l’émergence de l’ innovation fournisseurs comme prochaine priorité stratégique de création de valeur. Le réseau EcoVadis dépasse désormais 150 000 entreprises évaluées dans 180 pays , pour 1 400 grands donneurs d’ordre et 220 catégories d’industries — un écosystème dont la densité fait désormais de la notation RSE un prérequis d’accès aux marchés B2B autant qu’un outil de pilotage interne.