La Souveraineté par la décarbonation : voie nécessaire pour la France et l’Europe - The Shift Project

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29 avr. 2026, 06:07

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LA SOUVERAINETÉ PAR LA DÉCARBONATION VOIE NÉCESSAIRE POUR LA FRANCE ET L’EUROPE Synthèse - Novembre 2025 -- 1 of 13 -- -- 2 of 13 -- Contexte Les énergies fossiles sont au cœur du fonctionnement de l’économie et de nos modes de vie. Elles exposent la France et l’Europe à une double contrainte carbone : Le déclin des énergies fossiles, expose l’Union européenne à des risques d’approvisionnement en pétrole et en gaz au cours des prochaines décennies. Cela se manifeste par des tensions économiques, géopolitiques... Le changement climatique, causé principalement par les énergies fossiles, nous expose à des conséquences irréversibles : canicules, sécheresses, inondations… Aujourd’hui, cette dépendance aux énergies fossiles menace également la souveraineté de la France et de l’Europe. Aucune forme de souveraineté ne peut être envisagée durablement sans une souveraineté sur le plan énergétique. Dans le paysage actuel incertain sur la scène internationale, la décarbonation devient un impératif pour notre souveraineté, pour garantir une compétitivité et une résilience durables de notre société et notre économie. La souveraineté est multidimensionnelle. Ce rapport examine les fragilités de notre souveraineté sur le plan énergétique, de la production à la consommation d’énergie. R é g l e m e n t a t i o n e t m a r c h é N u m é r i q u e R é s e a u x d e d i s t ri b u t i o n E n t r e p r i s e s Périmètre The Shift Project D i s p o n i b i l i t é r e s s o u r c e s I n d u s t r i e Pétrole Nucléaire Gaz naturel Energies renouvelables Charbon INTERDÉPENDANCES DU SECTEUR ÉNERGÉTIQUE P.3 -- 3 of 13 -- Pour comprendre la souveraineté de la France sur le plan énergétique, il faut mesurer l’ensemble de l’énergie nécessaire au fonctionnement du pays : Mesurer l’énergie nécessaire au fonctionnement de la France : l’exposition énergétique Soutenir les modes de vie des Français L’ensemble des besoins d’une population repose sur de l’énergie : alimenter une chaudière pour se chauffer, produire des denrées alimentaires pour se nourrir, faire tourner le moteur des véhicules particuliers, etc. L’exposition énergétique intègre les modes de vie et les activités économiques Les activités des entreprises et les modes de vie en France nécessitent à la fois de l’énergie sur le territoire (dans nos bâtiments, nos véhicules, nos usines…) et en dehors du territoire (production de biens et services importés, transport de marchandises…). Alimenter les activités économiques françaises Tous les secteurs d’activité ont besoin d'énergie pour faire fonctionner des usines, maintenir des réseaux, transporter des marchandises, alimenter des engins agricoles, chauffer des bâtiments, etc. L’exposition énergétique de la France inclut : 1 l’énergie consommée sur le territoire, 2 celle associée à nos importations de biens et de services 3 celle contenue dans nos propres exportations. 9 % Services publics et financiers 34 % Se loger 10 % Se nourrir 18 % Consommer 29 % Se déplacer 12 % Énergie (exportations) 29% Transports 26 % Résidentiel 3 % Agriculture-pêche 16 % Industrie 14 % Tertiaire Modes de vie des Français 2 000 TWh Exposition énergétique de la France 2 550 TWh Fonctionnement de l'économie française 1 800 TWh Consommation domestique Consommation domestique Importations de biens et de services Exportations d’énergie, de biens et de services En 2022, en énergie finale Compilation et modélisation : The Shift Project (2025) Données : IEA, SDES, Eurostat, Energy Institute, EIA, UN Comtrade, BACI, Exiobase P.4 — La souveraineté par la décarbonation, voie nécessaire pour la France et l’Europe —Synthèse -- 4 of 13 -- Messages clés Exposition énergétique de la France en 2022 : 2 550 TWh 2 550 TWh sont nécessaires au fonctionnement de la France, pour soutenir les modes de vie des Français et l’économie nationale. Ce total représente l'exposition de la France à des risques énergétiques de différentes natures : approvisionnement en énergies fossiles, dépendance industrielle, tensions géopolitiques… C'est : 80 %de l’énergie nécessaire au fonctionnement de la France est consommée en France ou en Europe. Décarboner à l’échelle européenne renforcerait significativement la souveraineté de la France. 1/4de notre exposition énergétique est liée à l'énergie "grise" incorporée dans les biens et services importés par la France - soit davantage que la totalité de l’énergie que le pays produit annuellement. 5 x plus d’énergie que celle produite sur le territoire français 70 % d’énergies fossiles (principalement du pétrole et du gaz naturel) Bien que la France produise globalement assez d’électricité pour couvrir sa consommation électrique actuelle, cela ne doit pas masquer la part d’énergies fossiles encore utilisée, en France comme à l’étranger, pour se déplacer et se chauffer, et pour produire les biens et services que nous consommons. Compilation et modélisation, exprimée en énergie finale : The Shift Project (2025) Données : IEA, Eurostat, Energy Institute, EIA, UN Comtrade, BACI, Exiobase Pétrole NucléaireGaz naturel EnR thermiques EnR électriques Non identifié Charbon Production domestique 494 TWh 19 % Importations d'énergie 1 373 TWh 54 % Importations de biens et de services 683 TWh 27 % 51 % Nucléaire 56 % Pétrole 34 % Gaz naturel 25 % Gaz naturel 3 % Charbon 3 % Non identifié2 % 7 % 5 % 1 % 7 % 7 % Charbon 1 % 1 % 28 % Renouvelables thermiques 41 % Pétrole 19 % Renouvelables électriques P.5 -- 5 of 13 -- ÉNERGIE DIRECTEMENT IMPORTÉE Des importations composées à 90% de pétrole et de gaz Importations d'énergies de la France (TWh, énergie finale) La France importe trois fois plus d'énergie qu'elle n'en produit. Composées quasi exclusivement de pétrole et de gaz, les importations françaises d'énergie sont en recul depuis 2005, avec une baisse du pétrole importé. Parallèlement, la consommation de pétrole baisse dans tous les secteurs à l’exception des transports. Europe : Au début des années 2000, les pays européens (Pays-Bas, Norvège, Royaume-Uni) atteignaient leur pic de production de pétrole et de gaz et fournissaient 35 % de l’énergie importée par la France, principalement du pétrole. Depuis, leur production de pétrole a été divisée par deux et celle de gaz a baissé d'un tiers, réduisant ces importations à 20 %, désormais majoritairement composées de gaz. Fournisseurs d'énergie Russie : Durant la dernière décennie, la Russie était notre principal fournisseur de pétrole et de gaz, représentant 20 % de nos importations. Les sanctions prises depuis 2022 ont divisé par plus de trois nos importations, affectant surtout celles de pétrole. Afrique : Depuis la fin des années 2000, la production pétrolière africaine a baissé d’un tiers. Dans le même temps, les importations françaises d’énergie depuis l’Afrique, majoritairement du pétrole, ont diminué avant de remonter récemment à 22 %, compensant en partie la baisse des approvisionnements russes. Amérique : Depuis 2010, l’essor des hydrocarbures non conventionnels aux États-Unis a relancé nos importations d’Amérique. De plus, l’ouverture de terminaux méthaniers à partir de 2017 a démultiplié nos importations de GNL, permettant aux États-Unis de remplacer la Russie comme premier fournisseur depuis 2022. Moyen-Orient : A la fin des années 1990, 25 % de l’énergie importée provenaient du Moyen-Orient. Depuis, la région a intensifié ses échanges avec l’Asie en pleine expansion, réduisant ses exportations d’énergie vers la France à moins de 15 %, désormais incluant une faible part de gaz. 1995 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 2000 2005 2010 2015 2020 Europe Afrique Moyen-Orient Amérique Russie Asie et Océanie Non-identifiée Pétrole Non identifiéeGaz naturel Charbon Énergies décarbonées 2024 2005 20 % 22 % 15 % 23 % 6 % 6 % 7 % Gaz naturel 27 % Gaz naturel 26 % Pétrole 63 % Pétrole 67 % Provenance (2024) En 2022, en énergie finale. Compilation et modélisation : The Shift Project (2025) Données : IEA, SDES, Eurostat, Energy Institute, EIA, UN Comtrade, BACI, Exiobase P.6 — La souveraineté par la décarbonation, voie nécessaire pour la France et l’Europe —Synthèse -- 6 of 13 -- BIENS ET SERVICES IMPORTÉS Une dépendance énergétique et industrielle invisible Quelles énergies pour quelles productions ? (2022) Où est localisée chaque production ? (2022) L’énergie incorporée dans les biens et services importés par la France compte pour 27 % de son exposition énergétique, soit davantage que sa propre production d’énergie. Même en doublant son parc énergétique (centrales nucléaires, éoliennes, barrages hydrauliques…), la France ne disposerait pas de suffisamment d’énergie pour produire l’ensemble des biens et services qu’elle consomme. Les biens et services importés représentent la moitié de l’empreinte carbone de la France. Leur production s’appuie sur 80 % d’énergies fossiles, révélant une dépendance persistante à travers le monde, au pétrole, au gaz naturel, mais aussi au charbon. Se fournir en biens et services sur des chaînes de valeur fortement dépendantes d’hydrocarbures expose donc indirectement la France à des risques d’approvisionnements, des fluctuations de prix, des risques géopolitiques et alourdit son impact sur le climat. Le premier fournisseur de biens et services de la France est l’Europe, pour des secteurs clés comme l’industrie de base (plastique, acier, ciment…), l’industrie manufacturière (industrie agroalimentaire, machinerie, automobile…), l’agriculture et la pêche. Le principal fournisseur extra- européen de la France est l’Asie, dans l’industrie de base et l’industrie manufacturière (textiles, technologies, biens de consommation…). Notamment, la Chine dispose d’un quasi-monopole sur nombre de matières critiques (terres rares, silicium…) et d’équipements (panneaux solaires, batteries…) nécessaires à la transition énergétique. Made at SankeyMATIC.com Autres Agriculture et pêche Charbon Electricité Gaz naturel Pétrole Industrie de base Construction Industrie manufacturière Pétrole Industrie de base Industrie manufacturière Construction Agriculture et pêche Gaz naturel Charbon Électricité Autres France 48 % Europe 17 % Asie 13 % Europe 19 % Asie 17 % Europe 4 % Europe 14 % Asie 1 % Asie 4 % France 46 % France 93 % France 75 % Pour soutenir le mode de vie des Français et l’activité économique du pays, des biens (produits finis, semi-finis, matières premières…) et des services sont importés, engendrant des consommations d’énergie tout le long des chaînes de valeur. Ces importations nous exposent aux choix énergétiques de nos fournisseurs, à leurs approvisionnements en énergies fossiles et aux risques associés. Matières premières Acheminement Production Compilation et modélisation, exprimée en énergie finale : The Shift Project (2025) — Données : IEA, Eurostat, Energy Institute, EIA, UN Comtrade, BACI, Exiobase P.7 -- 7 of 13 -- L’exposition au pétrole de la France 7 des 10 principaux fournisseurs de pétrole de la France risquent de voir leur production fortement décliner d’ici à 2050. Les producteurs les moins à risque sont localisés au Moyen-Orient et en Asie centrale. Le volume de production de 6 d'entre eux (Algérie, Angola, Libye, Nigeria, Norvège, Russie) pourrait passer en dessous de leur propre volume de consommation, menaçant leurs capacités d’exportation et donc l’approvisionnement de la France. Par ailleurs, la consommation du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Asie pourraient continuer d’augmenter d’ici à 2050, posant des risques d’éviction au détriment de la France. Dans ces scénarios, l'écart croissant entre la production et la consommation de pétrole pourrait exacerber les tensions autour des approvisionnements à l'échelle mondiale. Cela rappelle que la dépendance à cette ressource peut être utilisée comme levier dans les rapports de force internationaux. Clé de lecture : En 2024, les Etats-Unis produisaient 18 % du pétrole importé par la France, directement (sous forme de brut ou de produits raffinés) ou indirectement (lorsqu'il est incorporé dans les biens et services importés). Libye 5 % Actuelle (2024) Prévisionnelle (2050) Prévisionnelle (2050) Production de pétrole des 10 principaux fournisseurs de la France : Pétrole directement importé (brut et raffiné) Pétrole indirectement importé (incorporé dans les biens et services importés) Exposition au pétrole de la France (2024) Légende Consommation de pétrole des 10 principaux fournisseurs de la France : Compilation et modélisation, exprimée en énergie finale : The Shift Project (2025) Données : Rystad Energy, TSP (2021), SDES, Eurostat, IEA, Energy Institute, EIA, UN Comtrade, BACI, Exiobase 70 % 10 premiers fournisseurs de la France 30 % Autres fournisseurs et non-déterminés Angola 3 % Arabie Saoudite 7 % Etats-Unis 18 % Irak 6 % Kazakhstan 7 % Nigeria 7 % Norvège 6 % Russie 3 % Algérie 8 % P.8 — La souveraineté par la décarbonation, voie nécessaire pour la France et l’Europe —Synthèse P.9 -- 8 of 13 -- L’exposition de la France au gaz naturel Canada 2 % Etats-Unis 17% Norvège 33 % Russie 15 % Royaume-Uni 1 % Pays-Bas 1 % Clé de lecture : En 2024, la Norvège produisait 33 % du gaz naturel importé par la France, directement ou indirectement lorsqu’il est incorporé dans les biens et services importés. Algérie 9 % Nigéria 2 % Trinité-et-Tobago 1 % Qatar 2 %Actuelle (2024) Prévisionnelle (2050) Prévisionnelle (2050) Production de gaz naturel des 10 principaux fournisseurs de la France : Gaz naturel directement importé (pipeline et GNL) Gaz naturel indirectement importé (incorporé dans les biens et services importés) Exposition au gaz naturel de la France (2024) Légende Consommation de gaz naturel des 10 principaux fournisseurs de la France : Compilation et modélisation, exprimée en énergie finale : The Shift Project (2025) Données : Rystad Energy, TSP (2021), SDES, Eurostat, IEA, Energy Institute, EIA, UN Comtrade, BACI, Exiobase 82 % 10 premiers fournisseurs de la France 18 % Autres fournisseurs et non-déterminés En 2024, plus de la moitié de la production mondiale de gaz naturel est concentrée aux Etats-Unis, en Russie et au Moyen-Orient. D’ici à 2050, ce monopole pourrait s’accentuer davantage, la production de la Norvège, de l’Afrique et de l’Amérique du Sud apparaissant en déclin à cet horizon. Diversifier ses approvisionnements et rester libre du choix de ses fournisseurs de gaz naturel pourrait donc se complexifier. Même la Norvège, dernier grand producteur européen et principal fournisseur de la France, pourrait voir ses capacités d’exportation fortement décliner. Dans une tendance de hausse mondiale de la demande en gaz, tout particulièrement des pays du Sud global, des risques d’éviction en défaveur de la France existent d’ici à 2050. A cela s’ajoutent des risques d’instrumentalisation de notre dépendance dans le cadre des rapports de force internationaux entre blocs de nations. P.10 — La souveraineté par la décarbonation, voie nécessaire pour la France et l’Europe —Synthèse P.11 -- 9 of 13 -- Exposition énergétique de la France : Souveraineté et dépendances à l'Europe et au reste du monde Où est produite l’énergie ? Où est consommée l’énergie ? Où vont les exportations de la France ? Hors-Europe 1 655 TWh Hors-Europe 236 TWh Europe 400 TWh Europe 336 TWh France 494 TWh France 1 977 TWh 1 865 TWh France Total des exportations : énergie, biens et services Modes de vie des Français : se loger, se déplacer, se nourrir, s'habiller... Energie utilisée hors d’Europe (pétrole, gaz, charbon) pour produire nos biens et services Importations directes d’énergie : pétrole et gaz Energieimportéeparlespayseuropéenspour alimenter leurs u s i n e s P ro du ctiond’énergie e n F ran ce,trèspeucarbonée Importationsdirectes d ’ é n e r g i e : p é t r o l e e t g a z Exportations directes d’énergie de la France : pétrole raffinés, GNL regazéifié, électricité 80 %de l’énergie nécessaire au fonctionnement de la France (entreprises et modes de vie) est consommée en France ou en Europe. L’essentiel du risque énergétique de la France sera réduit par la décarbonation et la réindustrialisation du continent européen. 65 %de l’énergie nécessaire au fonctionnement de la France est produite hors d’Europe. Il s’agit presque exclusivement d’énergies fossiles. En 2022, en énergie finale. Compilation et modélisation : The Shift Project (2025) Données : IEA, Eurostat, Energy Institute, EIA, UN Comtrade, BACI, Exiobase 457 TWh Hors-Europe 454 TWh Europe Production et transport de nos biens et services importés 1 639 TWh France P.12 — La souveraineté par la décarbonation, voie nécessaire pour la France et l’Europe —Synthèse P.13 -- 10 of 13 -- Les recommandations du Shift Project Planifier la décarbonation et réindustrialiser à l’échelle française et européenne, pour gagner en compétitivité dans la durée D’ici 2050, sortir des ressources fossiles est une nécessité pour faire face à leur déclin, aux pressions géopolitiques et au changement climatique. Cela exige une planification rigoureuse et des décisions sans regret : Un plan opérationnel concret à lancer au plus vite, plutôt que des paris technologiques hasardeux. Des transformations réalistes plutôt que des ruptures brutales dans nos modes de vie. La décarbonation est une condition indispensable à la réindustrialisation, pour garantir aux industries européennes une maîtrise durable de leurs approvisionnements énergétiques à des coûts compétitifs dans la durée. Électrifier les usages et planifier la sortie des infrastructures fossiles Massifier l’électrification dans tous les secteurs envisageables : Transports : électrifier le parc roulant (voitures et camions) et encourager le report modal Bâtiments & chauffage : généraliser les pompes à chaleur (PAC) et les rénovations thermiques globales Industrie : généralisation des procédés électriques bas carbone. Réserver les carburants bas-carbone aux usages les plus difficiles à électrifier : industrie lourde, défense, agriculture, fret maritime, aérien. Biocarburants, biogaz, hydrogène, carburants de synthèse ne seront disponibles qu’en quantités limitées, des arbitrages seront donc nécessaires. Organiser la sortie progressive des infrastructures fossiles : disparition des chaudières gaz et fioul, réduction des réseaux gaziers, reconversion des stations-service. 1 2 Consommation d'énergie en France France Reste de l'Europe Reste du monde Biens et services importés par la France Décarbonation de la France et de l'Europe 2025 2050 Relocalisation potentielle de l'industrie Électrification Mix énergétique bas carbone Efficacité et sobriété Réindustrialisation P.14 — La souveraineté par la décarbonation, voie nécessaire pour la France et l’Europe —Synthèse -- 11 of 13 -- Soutenir toutes les filières d’énergie bas-carbone – énergies renouvelables (solaire, éolien, hydro, biomasse…) comme nucléaire – pour un mix bas carbone robuste et diversifié. Répondre à l’électrification massive et à une réindustrialisation bas-carbone en France et en Europe. En 2050, le nucléaire ne pourra fournir que la moitié de notre électricité : le reste devra provenir des énergies renouvelables électriques, plus rapides à déployer. Déployer tous les leviers de production bas carbone en parallèle pour limiter les risques dans chaque filière, en veillant aux équilibres du système électrique : Renouvelables électriques et thermiques : Déploiement du photovoltaïque (toitures, centrales au sol, agrivoltaïsme) Déploiement de l’éolien (terrestre et en mer) Maintien de la production hydroélectrique Structuration des filières du biogaz, des biocarburants, de la chaleur renouvelable et de l’hydrogène Nucléaire : Prolongation du parc nucléaire existant tant qu’il est sûr Lancement sans délai de la construction de nouveaux réacteurs Réflexion sur les filières à uranium appauvri Adapter le réseau électrique à la hausse de la demande et à l’intermittence (interconnexions, stockage, moyens de flexibilité...). Arbitrer et réduire la demande en énergie : efficacité et sobriété La consommation énergétique française peut être divisée par deux d’ici 2050, permettant de garantir un système énergétique souverain et décarboné. Cela implique des politiques fortes en termes de : Efficacité (rénovations thermiques, électrification performante, etc.) Sobriété (infrastructures adaptées, régulations, incitations, taxations, etc.). Adresser la souveraineté énergétique de manière complète et éclairer le débat public : Le débat public reste centré à l’excès sur l’électricité souvent réduit à l’opposition entre renouvelables et nucléaire, alors que les énergies fossiles constituent l’essentiel de la problématique. Les bilans énergétiques actuels, centrés sur la consommation nationale, omettent l’énergie grise de nos importations et exportations. Les exercices de prospective pourraient désormais intégrer la métrique “exposition énergétique”. 3 4 5 P.15 -- 12 of 13 -- The Shift Project est un think tank qui œuvre en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone. Nous sommes une association loi 1901 d’intérêt général, guidée par l’exigence de la rigueur scientifique. Notre mission consiste à éclairer et influencer le débat sur la transition énergétique. www.theshiftproject.org Contacts Théo Wittersheim, Pilote du rapport, The Shift Project [email protected] Héloïse Lesimple, Responsable adjointe Affaires Publiques, The Shift Project [email protected] Mona Poulain, Chargée de Communication & Événementiel, The Shift Project [email protected] Graphisme : Jérémy Garcia-Zubialde -- 13 of 13 --