NaTran : les 158 kilotonnes de CO2 que les acheteurs doivent minimiser - Decision-achats.fr

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27 mai 2026, 05:12

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Accueil / #Stratégie achats NaTran , nouveau nom de GRT Gaz, gestionnaire du réseau de transport de gaz naturel, pilote plus de 600 millions d’euros d’achats annuels hors énergie (750 M€ en incluant l’énergie consommée par les machines). Une direction achats d’environ 35 personnes, 3 000 fournisseurs au total, dont le top 220 couvre 80 % de la dépense. Les familles d’achats sont à dominante industrielle, deux tiers de travaux et matériels (pose de canalisations, tuyauterie, électricité, instrumentation, vannes), prestations intellectuelles, maintenance, produits chimiques et un tiers pour les achats généraux et l’informatique-télécommunication. Les relations fournisseurs s’inscrivent dans la durée, avec une moyenne de dix à quinze ans pour les principaux partenaires. Jusqu’à récemment, la direction achats était relativement épargnée par la pression de décarbonation. «  Les achats étaient moins en première ligne de la décarbonation car nous avons commencé par décarboner l’outil industriel. Et puis, à un moment donné, les achats doivent aussi réduire leur impact. » Les achats, dernier verrou du bilan carbone En 2025, le scope 3 achats de NaTran atteint 158 kilotonnes de CO₂ , soit 26 % du bilan carbone global de l’entreprise (environ 600 kilotonnes). Or, la part des achats progresse mécaniquement, car le scope 1 a fortement baissé grâce aux actions menées sur les fuites de gaz. Mais le scope 3, visé par les achats, lui, stagne. Pourtant, l’objectif du COMEX est clair. « Nous devons réduire de 40 % à l’horizon 2030 versus 2019. Et sans réduction significative des émissions achats, cet objectif est inatteignable. La direction achats doit contribuer à hauteur d’au moins 25 % des 158 kilotonnes . » Terres excavées, tracés, éco-variantes : les leviers concrets La méthode repose d’abord sur une cartographie des émissions par segment d’achat, communiquée aux fournisseurs pour orienter leurs efforts. Sur un chantier de travaux, les terres excavées et l’artificialisation des sols représentent plus de 20 % de l’impact carbone , les déplacements et carburants (y compris engins de chantiers) 40% . Ces chiffres sont transmis aux prestataires, qui sont invités à proposer des solutions : re-terrassement sur place, réemploi des déblais, évitement de mise en décharge, bio-carburant,… Certains fournisseurs vont plus loin en challengeant la conception, proposant une variante avec un puit de forage en moins par exemple. Ces éco-variantes sont systématiquement encouragées dans les appels d’offres, et la mieux-disance environnementale est intégrée dans les pondérations. Le sourcing de fournisseurs innovants, actif en permanence, s’oriente prioritairement vers des entreprises « en avance sur ces sujets, avec des solutions innovantes ». L’ éco-conception est poussée dès la phase de cahier des charges, auprès des prescripteurs internes. C’est là que réside le principal levier, selon Laurent Torquéau, ce qui lui fait dire « La décarbonation dans les achats, ce n’est pas qu’une affaire d’acheteur. C’est l’affaire du prescripteur, c’est l’affaire de l’acheteur et c’est l’affaire du fournisseur ». Et pour les Directions Achats qui hésitent encore à s’engager sur des objectifs aussi ambitieux, le message est délibérément rassurant : « décarboner, ça ne veut pas forcément dire plus cher. Tous les véritables succès que j’ai vus, c’était à la fois moins cher et à la fois moins carboné ».