AI factories : pourquoi les achats doivent repenser la question énergétique - Decision-achats.fr
Decision Achats
28 mai 2026, 16:23
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Accueil / #Familles d'achats / #Énergie L’intelligence artificielle ne transforme plus seulement les logiciels ou les usages métiers. Elle commence désormais à redessiner les infrastructures industrielles elles-mêmes. Et derrière les promesses de l’IA générative se cache une réalité beaucoup plus concrète : celle d’une explosion des besoins énergétiques des data centers et des futures « AI factories ». Lors d’une rencontre presse organisée le 28 mai à Paris, ETAP, filiale de Schneider Electric spécialisée dans les logiciels de conception et de simulation des systèmes électriques, a détaillé les nouveaux défis auxquels vont être confrontés les acteurs du secteur. Des enjeux qui concernent directement les directions achats, notamment sur les questions d’infrastructures critiques, d’approvisionnement énergétique et de sécurisation des fournisseurs. « Les AI factories ne sont pas seulement des infrastructures numériques : ce sont d’abord des infrastructures électriques critiques », a ainsi rappelé Tanuj Khandelwal, PDG d’ETAP. Car les ordres de grandeur changent brutalement. Yohann Riffard, directeur commercial d’ETAP France, évoque désormais des projets atteignant « 1,4 GW » de consommation électrique, quand un data center classique fonctionne généralement entre 70 et 100 MW. Une montée en puissance qui fait émerger de nouvelles tensions autour du raccordement au réseau, des délais d’installation ou encore de la disponibilité des équipements. Dans ce contexte, la question énergétique devient un sujet stratégique pour les entreprises, mais aussi pour leurs directions achats. Les besoins portent désormais autant sur les équipements électriques que sur les batteries, les systèmes de refroidissement, les infrastructures de secours ou les solutions permettant d’optimiser les pics de consommation. « Une heure de downtime peut représenter plusieurs millions de pertes pour l’entreprise », a souligné Yohann Riffard à propos des infrastructures dédiées à l’entraînement des modèles d’IA. Face à cette complexité croissante, ETAP mise sur le développement de jumeaux numériques électriques capables de simuler le comportement des infrastructures en temps réel. L’objectif : mieux anticiper les besoins énergétiques, limiter le surdimensionnement des installations et sécuriser l’exploitation des sites. La société travaille notamment avec NVIDIA autour d’une approche dite « chip-to-grid », visant à modéliser plus finement les consommations électriques liées aux GPU utilisés dans l’IA. Cette granularité plus précise permettrait notamment d’anticiper les pics de charge et d’optimiser les infrastructures électriques. Au-delà des outils technologiques, c’est tout un écosystème industriel qui se structure autour des AI factories. ETAP cite ainsi des acteurs comme Vinci, Eiffage, SNEF, les hyperscalers américains ou encore les bureaux d’études spécialisés. Les grands groupes du BTP et de l’ingénierie créent désormais des entités dédiées aux data centers, à l’image de ce qui s’est déjà produit dans le nucléaire. La France entend d’ailleurs profiter de cette dynamique. Le pays bénéficie d’un réseau électrique jugé robuste, d’une capacité excédentaire de production d’électricité et d’infrastructures télécoms importantes . Plusieurs sites « fast track » ont également été identifiés afin d’accélérer le raccordement de futures AI factories. Reste que cette accélération pose aussi la question de la souveraineté des infrastructures numériques et énergétiques . « La prochaine étape de l’intelligence artificielle ne se jouera pas uniquement dans les modèles ou les processeurs , estime Yohann Riffard. Elle se jouera aussi dans la capacité à concevoir et exploiter des infrastructures électriques fiables, évolutives et optimisées. »