Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? - Fondapol

Fondapol Études
31 juil. 2026, 00:42

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Mai 2026 LES ROBOTSLES ROBOTS HUMANOÏDES :HUMANOÏDES : LA PROCHAINELA PROCHAINE RÉVOLUTIONRÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE ?TECHNOLOGIQUE ? Guillaume MOUKALA SAME -- 1 of 74 -- -- 2 of 74 -- fondapol.org -- 3 of 74 -- -- 4 of 74 -- LES ROBOTS HUMANOÏDES : LA PROCHAINE RÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE ? Guillaume MOUKALA SAME -- 5 of 74 -- La Fondapol est un think tank libéral, progressiste et européen. Président : Nicolas Bazire Vice-Président : Grégoire Chertok Directeur général : Dominique Reynié Président du Conseil scientifique et d’évaluation : Christophe de Voogd -- 6 of 74 -- FONDAPOL Un think tank libéral, progressiste et européen Née en 2004, la Fondapol s’inscrit dans une perspective libérale, progressiste et européenne. Par ses travaux, elle contribue à un débat pluraliste et documenté. Reconnue d’utilité publique, la Fondation met gratuitement à la disposition de tous la totalité de ses travaux sur le site fondapol.org. De plus, sa plateforme data.fondapol permet à chacun de consulter l’ensemble des données collectées dans le cadre des enquêtes. Ses bases de données sont utilisables, dans le prolongement de la politique d’ouverture et de partage des données publiques voulue par le gouvernement. Enfin, lorsqu’il s’agit d’enquêtes internationales, les données sont proposées dans les différentes langues du questionnaire. Sous l’appellation « Anthropotechnie », la Fondation dédie une partie de ses travaux aux territoires ouverts par l’amélioration humaine, le clonage reproductif, l’hybridation homme-machine, l’ingénierie génétique et les manipulations germinales. La Fondapol est indépendante et n’est subventionnée par aucun parti politique. Ses ressources sont publiques et privées. -- 7 of 74 -- SOMMAIRE POINTS CLÉS ............................................................................................................................................................................................................7 INTRODUCTION................................................................................................................................................................................................. 11 I. THÉORIE : DES ROBOTS POLYVALENTS POUR REPOUSSER LES LIMITES DE L’AUTOMATISATION................................................. 12 1. Typologie : positionner les humanoïdes dans le spectre robotique ........... 12 2. Intérêt par rapport aux robots traditionnels : la polyvalence comme principale proposition de valeur.............................................. 16 3. Intérêt par rapport aux humains : dépasser les limites biologiques et éthiques .................................................................................. 19 4. Usages : une potentielle révolution dans l’industrie, l’agriculture et mêmes les services .......................................................................................................................................................... 23 II. ÉTAT DES LIEUX : LA RÉALITÉ SE RAPPROCHE DE LA FICTION SANS L’ÉGALER....................................................................................................................................................................................... 27 1. Marché : une dynamique inédite dans la recherche et le développement de nouveaux prototypes .............................................................................. 27 2. Maturité : des prototypes en phase de démonstration, encore limités à des usages spécifiques dans des environnements semi-structurés ...................................................................................... 33 3. Coût : des prototypes déjà compétitifs face à la main-d’œuvre humaine dans l’industrie.................................................................................... 36 4. Prospective : des applications de niche à la société post-travail, un éventail de scénarios reste possible ................................................................................................... 40 CONCLUSION........................................................................................................................................................................................................ 44 BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................................................................................................. 46 6 -- 8 of 74 -- POINTS CLÉS Longtemps confinés à la science-fiction, les robots humanoïdes entrent dans une phase industrielle marquée par une accélération des investissements, la multiplication des prototypes et les premières commercialisations. Les fabricants promettent de révolutionner l'économie mondiale en fournissant une main-d'œuvre quasi illimitée, polyvalente et peu coûteuse. L'objectif de cette étude est d'évaluer la pertinence technologique et économique des robots humanoïdes de nouvelle génération et d'identifier les conditions de leur diffusion. L'étude procède en trois temps : un cadre théorique pour appréhender le rôle des humanoïdes dans une économie automatisée, un état des lieux du marché mondial et de la maturité technico-économique des prototypes, et une analyse prospective déclinée en six scénarios. Théorie : la polyvalence comme principale proposition de valeur La robotique humanoïde se distingue des autres formes de robotique par la combinaison inédite d'une autonomie élevée et d'une polyvalence quasi humaine. Là où les robots traditionnels sont conçus pour surpasser l'humain dans des tâches spécifiques, les humanoïdes ambitionnent de le remplacer dans l'ensemble de ses tâches manuelles. Par comparaison aux humains, les humanoïdes présentent quatre avantages potentiels : une production industrialisable et sans limite démographique, un coût potentiellement compétitif, une capacité de travail continu et en environnement hostile, et une montée en compétence instantanée par mise à jour logicielle. Les robots humanoïdes pourraient ainsi permettre de repousser les limites de l’automatisation, notamment dans les activités à forte intensité manuelle comme la production, la logistique, la construction, les soins et la maintenance. État des lieux : une dynamique inédite mais une maturité technologique limitée Le marché des humanoïdes connaît une accélération inédite depuis le début des années 2020. Les dépôts de brevets mentionnant le terme « humanoïde » ont crû de 71 % par an depuis 2017, les investissements en capital-risque dans le monde occidental sont passés de quelques 7 -- 9 of 74 -- centaines de millions d’euros à plus de six milliards en quatre ans, et le nombre de prototypes recensés est passé de quelques unités en 2020 à une centaine en 2026. Les fabricants sont principalement américains (33 % de l'échantillon étudié), chinois (28 %) et européens (22 %), avec quelques champions comme Neura Robotics en Allemagne ou Engineered Arts au Royaume-Uni. La majorité des modèles reste toutefois en phase de démonstration, seuls quelques-uns (Digit, G1, NEO) étant disponibles à la vente. La dextérité fine et la compréhension contextuelle demeurent des freins à l’adoption : les démonstrations publiques reposent souvent sur de la téléopération discrète ou un entraînement intensif sur des scénarios spécifiques. Viabilité économique : des prototypes déjà compétitifs dans l'industrie Le coût horaire estimé est très variable : de 207 €/heure à moins de 1 €/heure selon le coût d'acquisition, la durée de vie et le taux d'utilisation du robot. Dans les secteurs à flux continu (industrie, logistique, santé hospitalière), où le taux d'utilisation peut être maximisé, le coût horaire des humanoïdes est déjà inférieur à celui de la main-d'œuvre française, même avec un coût d'acquisition élevé (285 000 €) et une durée de vie courte (3 ans). Les humanoïdes deviennent viables dans l'ensemble des secteurs à partir d'un coût d'acquisition de 150 000 € et une durée de vie de 6 ans — deux hypothèses qui semblent raisonnables pour un marché arrivé à maturité. Prospective : six scénarios selon le coût et la capacité technologique L’étude décrit six scénarios prospectifs articulés autour de deux facteurs : le niveau technologique des robots humanoïdes (restreint ou général) et leur coût unitaire (faible, moyen, élevé) : - Applications de niche : les robots manquent de polyvalence pour sortir d’un cadre prédéfini et leur coût reste supérieur à la main d’œuvre locale ; - Luxe high-tech : leur coût reste assez élevé mais leur polyvalence les rend utiles dans de nombreuses tâches, notamment ménagères ; - Passage à l’échelle : les robots sont plus abordables et permettent d’automatiser la production standardisée qui n’a pas été délocalisée ; - Diffusion universelle : les robots, plus abordables, deviennent également utiles dans les services et sur les chantiers ; 8 -- 10 of 74 -- - Réindustrialisation : les robots sont quasi gratuits et permettent la relocalisation de la production standardisée ; - Société post-travail : quasi gratuits et aussi précis qu'un humain, les humanoïdes automatisent les tâches physiques qui restent après l'automatisation des tâches intellectuelles par l'intelligence artificielle générale. Enjeu stratégique : un rendez-vous que l'Europe ne peut pas manquer Bien qu'encore à un stade pré-commercial et soumise à des verrous techniques massifs, la robotique humanoïde pourrait devenir le catalyseur d'une nouvelle révolution industrielle, équivalente à celle de la machine à vapeur ou de l'informatique. La prochaine décennie ressemblera probablement davantage à un cycle de désillusion qu'à une révolution, à l'image de ce qu'ont connu les voitures autonomes. Mais rien n'indique que les verrous actuels soient indépassables, et le basculement, quand il se produira, récompensera ceux qui auront pris le pari tôt. Pour l'Europe, l'enjeu dépasse celui d'un retard technologique de plus : qui contrôle les humanoïdes contrôle la capacité même à produire. Investir sans délai dans la R&D, sécuriser les briques critiques de la chaîne de valeur et anticiper le cadre social et fiscal d'une économie au capital productif incarné constituent le ticket d'entrée pour le cycle qui comptera vraiment. 9 -- 11 of 74 -- Image credit: Brett Adcock/Figure Derrière le verre dépoli de la porte se dresse la silhouette du robot humanoïde F.03 de Figure AI. Nom de code : Bear Cave. 10 fondapol | l’innovation politique -- 12 of 74 -- INTRODUCTION « Dans cinq ans tous les prix vont baisser à zéro virgule un. Chers amis, dans cinq ans on va nager dans le blé et je ne sais pas dans quoi encore », annonçait Jacob Berman, personnage de la pièce de théâtre de science-fiction R.U.R., écrite par Karel Čapek en 1920. Cette œuvre, où apparut pour la première fois le terme « robot », relate l’ascension et la chute de la compagnie Rossum’s Universal Robots, qui conçoit et fabrique des automates physiquement et cognitivement indiscernables des humains, destinés à accomplir les travaux pénibles à leur place, augurant une ère d’abondance généralisée. Longtemps resté du domaine de la science-fiction, ce scénario est, cent ans plus tard, remis au goût du jour par des entrepreneurs de la tech américaine, chinoise et européenne. Les « R.U.R » d’aujourd’hui s’appellent « Tesla », « Figure AI », « Unitree », ou encore « 1X », pour ne citer qu’eux. Ces entreprises reprennent à leur compte les mêmes promesses utopiques que celles formulées par le personnage fictif de Čapek. Elon Musk dépeint sans détour « un avenir d’abondance […] où il n’y a plus de pauvreté 1 », Brett Adcock, fondateur de Figure AI, perçoit à l’horizon un monde où les robots ont aboli le travail indésirable et où « les prix tendent vers zéro », et Jensen Huang, CEO de Nvidia prédit que d’ici cent ans, « les robots humanoïdes seront aussi répandus que les voitures aujourd’hui 2 ». 1. « Elon Musk présente Optimus, l’ambitieux robot humanoïde de Tesla », Le Figaro, 1er octobre 2022 [en ligne]. 2. Peter H. Diamandis (dir.), 2025-2035 Metatrend Report: The Rise of Humanoid Robots, Abundance360 / PHD Ventures, 2025 [en ligne]. LES ROBOTS HUMANOÏDES : LA PROCHAINE RÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE ? Guillaume MOUKALA SAME Consultant économiste chez Asterès 11 -- 13 of 74 -- Mais qu’en est-il vraiment ? Au-delà des fantasmes alimentés par la science-fiction, la pertinence économique des robots humanoïdes n’est pas intuitive. Jusqu’à présent, l’automatisation des tâches physiques s’est appuyée sur des robots conçus non pas pour imiter l’être humain, mais pour le surpasser dans des tâches spécifiques, avec des performances inaccessibles à la morphologie humaine. Dès lors, pourquoi chercher aujourd’hui à reproduire ce corps humain que la robotique a historiquement cherché à dépasser, voire à rendre obsolète ? En outre, la conception de robots capables d’imiter à la fois les aptitudes physiques et cognitives des humains constitue un défi technologique et industriel d’une extrême complexité. Au-delà des effets d’annonce et des opérations marketing, où en sont réellement la technologie et son potentiel de déploiement commercial ? Comme l’a fait remarquer l’investisseur chinois Zhu Xiaohu, « chaque robot humanoïde est capable de faire un salto, mais où est la commercialisation ? 3 ». Enfin, au-delà des robots ménagers, qui ne feraient que créer un marché de confort en libérant les tâches ménagères, les humanoïdes peuvent-ils vraiment révolutionner l’industrie et les services ? L’objectif de cette étude est d’apporter de premières réponses à ces questions. La première partie pose un cadre théorique pour appréhender le rôle des robots humanoïdes dans une économie automatisée. La deuxième partie propose un premier état des lieux du marché, en analysant la dynamique du secteur, la typologie des fabricants et notamment la place des acteurs européens, et la maturité technico-économique des humanoïdes de nouvelle génération. Enfin, la troisième et dernière partie conclut sur six scénarios prospectifs de l’impact macro-économique des robots humanoïdes, selon les évolutions techniques et économiques. I. THÉORIE : DES ROBOTS POLYVALENTS POUR REPOUSSER LES LIMITES DE L’AUTOMATISATION 1. Typologie : positionner les humanoïdes dans le spectre robotique La notion de « robot », popularisée par la science-fiction, a considérablement évolué depuis ses origines littéraires. Loin de se limiter aux humanoïdes imaginés par Karel Čapek, le terme englobe aujourd’hui une vaste gamme de machines, du bras robotique industriel aux véhicules autonomes. Cette section explore les différentes facettes 3. Li Xin, “Humanoid Hype: Top VC Sounds the Alarm on China’s Robot Boom”, Sixth Tone, 7 avril 2025 [en ligne]. 12 fondapol | l’innovation politique -- 14 of 74 -- de la robotique en se basant sur deux critères fondamentaux, l’autonomie et la polyvalence, afin de mieux comprendre où se situent les robots humanoïdes dans ce paysage technologique en constante mutation. Aux origines des « robots » : de la science-fiction à l’économie réelle Le terme « robot », ou « robota » en tchèque, est un néologisme apparu pour la première fois en 1920 dans la pièce de théâtre R.U.R de Karel Čapek, qui signifie « corvée » ou « esclave » 4. Dans l’œuvre de Čapek, les robots sont des machines humanoïdes dotées d’une intelligence rationnelle : humains en apparence, mais en apparence seulement car des qualités humaines telles que l’empathie sont perçues comme des entraves à l’efficacité. Le terme sera ensuite popularisé par Isaac Asimov dans sa collection de nouvelles publiées entre 1938 et 1942 5, où apparaissent pour la première fois les trois lois de la robotique – Asimov démontre que ces trois lois, en apparence infaillibles, peuvent être contournées ou mises en échec. La robotique humanoïde deviendra à partir de là un thème récurrent dans la science-fiction, avec des figures amies de l’homme, comme Rosie dans Les Jetson ou C-3PO dans Star Wars, ou ennemies de l’homme comme Terminator personnage éponyme du célèbre film. Les robots humanoïdes sont longtemps restés un objet de science-fiction. Le premier robot industriel de l’histoire, Unimate, introduit par General Motors en 1961 6, n’avait pas du tout une apparence humaine mais se présentait plutôt sous la forme d’un bras mécanique destiné à effectuer des tâches simples et répétitives sur les chaînes de production. Alors qu’à l’origine un « robot » désigne, dans la littérature de science-fiction, une machine à l’apparence humaine, le terme a évolué pour englober des réalités beaucoup plus variées. Autonomie et polyvalence : vers une typologie des robots Depuis Unimate, une grande variété de robots, aux apparences et aux fonctions très diverses, ont été développés, à tel point qu’en donner une définition unique constitue un vrai défi. Ce n’est pas le but ici. Le cadre analytique préféré est celui d’une matrice qui s’articule autour de deux caractéristiques fondamentales d’un robot : l’autonomie et la polyvalence. Cette typologie apparaîtra ensuite essentielle pour positionner les robots humanoïdes dans le large spectre de la robotique. 4. Karel Čapek et al., R.U.R. : Rossum’s Universal Robots. Drame collectif en un prologue et trois actes, coll. Minos, Paris, La Différence, 2011. 5. N. G. Hockstein, C. G. Gourin, R. A. Faust et D. J. Terris, “A history of robots: from science fiction to surgical robotics”, Journal of Robotic Surgery, vol. 1, n° 2, mars 2007, p. 113-118 [en ligne]. 6. Idem. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 13 -- 15 of 74 -- Le premier postulat de ce cadre conceptuel est qu’un robot se caractérise par une autonomie plus ou moins importante. L’autonomie est la capacité pour une machine à agir sans intervention humaine. L’autonomie n’est pas une notion binaire et peut être représentée sur un axe continu, avec comme degré zéro la télé-opération pure, lorsque l’humain commande à distance chaque mouvement, et comme degré le plus élevé, l’autonomie générale, lorsque le robot définit et hiérarchise ses propres buts. Les différents degrés d’autonomie peuvent ainsi être positionnés sur une échelle de 0 à 5, en fonction de la quantité de responsabilités réellement transférées à la machine. Cette échelle est présentée dans le tableau ci-dessous. Globalement, plus on monte dans les niveaux d’autonomie, plus le software (ou logiciel) du robot est avancé, jusqu’à atteindre l’intelligence artificielle générale. Échelle d’autonomie des robots Niveau Nom Description Exemples 0 Télé-opération L’humain télécommande chaque mouvement ; le robot ne fait que suivre en asservissant moteurs et sécurité de base ROV sous-marin, robot de déminage, jouet téléguidé 1 Assistance L’humain trace la trajectoire, le robot l’exécute et corrige vitesse, orientation, maintien Robot chirurgical, exosquelette, Robonaut 2 Exécution programmée L’opérateur définit une séquence ; le robot la répète en boucle fermée, sans varier d’objectif Unimate, palettiseur SCARA pick-and-place 3 Adaptation locale L’humain fixe la tâche ; le robot choisit lui- même la trajectoire et réagit aux imprévus simples Aspirateur Roomba, Amazon Vulcan, drone mapping, ASIMO 4 Autonomie opérationnelle Le robot gère la mission complète dans un domaine défini ; l’humain ne supervise qu’en cas d’alarme Voiture autonome, rover Perseverance, humanoïdes nouvelle génération 5 Autonomie générale Le robot définit et hiérarchise ses propres buts dans des environnements ouverts et variés Intelligence artificielle (IAG) incarnée Le deuxième postulat de ce cadre conceptuel est qu’un robot se caractérise également par sa polyvalence plus ou moins importante – ou, pour le dire autrement, par son degré de spécialisation. La polyvalence est la capacité pour un robot à réaliser différentes tâches. La polyvalence est, comme l’autonomie, une question de degré et peut être représentée sur un axe continu allant de la monotâche à la compétence illimitée (encore très théorique). On peut également représenter la polyvalence sur une échelle allant de 0 à 5, comme le montre le tableau suivant. 14 fondapol | l’innovation politique -- 16 of 74 -- Échelle de polyvalence des robots Niveau Nom Description Exemples 0 Monotâche Un seul geste strictement défini, répété à l’identique Unimate, robot Delta pick-and-place 1 Famille de tâches Même procédé, aucune mobilité, on ne change que l’outil ou le programme Robot chirurgical, Amazon Vulcan, SCARA de conditionnement, Sojourner 2 Multidomaine proche Plusieurs métiers, mobilité dans un environnement homogène Drone civil, ASIMO, anYbotics (chien- robot), Robonaut 2 3 Généraliste terrestre Large éventail de tâches et de contextes sur Terre, sans ré-outillage majeur Humanoïdes nouvelle génération 4 Généraliste poly- environnements Le même système opère dans plusieurs milieux physiques et bascule d’une famille de tâches à l’autre. Humanoïdes améliorés 5 Polyvalence atomique Compétence illimitée : même plateforme qui couvre quasiment tous les métiers, tous milieux Nanomorph (morphologie adaptable, autoassemblage) Humanoïdes : une alliance unique d’autonomie et de polyvalence Chaque robot peut être ainsi positionné sur une matrice avec pour coordonnées l’autonomie (axe des abscisses = x) et la polyvalence (axe des ordonnées = y), présentée ci-après. Le premier robot industriel de l’histoire, par exemple Unimate, était programmé (x = 2) pour effectuer une tâche unique (y = 0). Les robots chirurgicaux sont commandés par un chirurgien et disposent d’une microautonomie en filtrant les tremblements, limitant les forces, empêchant les collisions (x = 1) et, s’ils ne répètent pas le même mouvement à la chaîne, l’éventail de tâches possibles reste très limité (y = 1). Les voitures autonomes en revanche disposent d’une autonomie accrue en ce qu’elles prennent des décisions dans un environnement incertain (x = 4) mais leur fonction se réduit à la conduite (y = 1). Robonaut 2, le premier humanoïde testé sur la station spatiale internationale, pouvait enchaîner plusieurs tâches de maintenance (x = 2) mais était dirigé par un humain, les algorithmes ne faisant que stabiliser le pas (y = 1). Les robots humanoïdes de nouvelle génération promettent au moins le même niveau de polyvalence (y =3), avec une autonomie proche de celle d’un humain (x = 4). En théorie, les robots humanoïdes constituent donc à ce jour la forme robotique offrant simultanément les plus hauts degrés d’autonomie et de polyvalence. Il s’agit d’une rupture qualitative par rapport aux précédentes vagues d’automatisation : alors que jusqu’à présent les machines n’ont fait qu’automatiser des tâches isolées, la robotique humanoïde ambitionne d’automatiser le travail humain dans son ensemble. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 15 -- 17 of 74 -- Dans le futur, de nouveaux types de robots permettront peut-être d’aller encore plus loin. Sur le moyen terme, on peut imaginer une intelligence artificielle générale (IAG) disposant de la même autonomie qu’un humain (x = 5), incarnée dans un corps mécanique amélioré (y = 4), qui serait par exemple capable de voler. Sur le long terme, le stade ultime de la robotique est le « nanomorph », un robot composé de nanomachines intelligentes (x = 5) capables de prendre n’importe quelle forme pour s’adapter à leur environnement et à leurs objectifs (y = 5). Une telle perspective appartient encore au domaine de la science-fiction. Exemples de robots et leur position sur la matrice autonomie – polyvalence Polyvalence Autonomie IAG incarnée améliorée Robots humanoïdes Robot chirurgical Robonaut ASIMO Amazon Vulcan Unimate ROV sous-marin Robot aspirateur Voitures autonomes Rover Perseverance Nanomorph 2. Intérêt par rapport aux robots traditionnels : la polyvalence comme principale proposition de valeur L’utilité économique des robots humanoïdes n’est pas nécessairement évidente ou intuitive. Leur conception complexe, coûteuse et fragile peut sembler superflue face à des machines spécialisées, plus simples et souvent plus efficaces. C’est la raison pour laquelle, jusqu’à récemment, l’automatisation a reposé entièrement sur des machines aux formes variées, mais pas humaines. Il apparaît évident sur la matrice présentée plus haut que les humanoïdes se distinguent de tous les autres types de robot par leur polyvalence : jusqu’à présent, seules des machines spécialisées dans un domaine assez restreint et capables de réaliser un nombre limité de tâches ont été inventées. L’argument développé dans cette sous-partie est simple : en imitant les aptitudes physiques et cognitives des humains, les humanoïdes, susceptibles d’accomplir une grande variété de tâches, avec une adaptabilité proche de celle des humains, aux côtés des humains, repoussent les limites de l’automatisation. 16 fondapol | l’innovation politique -- 18 of 74 -- Les sources de la polyvalence : pourquoi reproduire le corps humain La question de l’intérêt des robots humanoïdes par rapport à des robots spécialisés pourrait appeler une réponse simple et directe : si la forme humaine n’apportait aucune perspective d’avantages, les entreprises n’investiraient pas massivement dans le développement, alors même que ces robots ne sont pas encore capables d’accomplir la plupart des tâches humaines. Cela étant dit, il est possible d’aller plus loin en s’interrogeant sur quoi repose cet avantage compétitif. Et ici encore, la réponse tient en un mot : la polyvalence. Reproduire le niveau de polyvalence des humains constitue aujourd’hui l’un des principaux défis pour l’industrie. La question de l’intérêt des robots humanoïdes par rapport à des robots spécialisés trouve une réponse évidente : les humains restent massivement employés dans l’économie, preuve qu’ils conservent un avantage compétitif certain. Cet avantage repose avant tout sur la polyvalence, et c’est précisément cette polyvalence que l’industrie robotique cherche aujourd’hui à reproduire. Atteindre, pour un robot, la polyvalence de niveau 3 signifie pouvoir effectuer un large éventail de tâches dans des contextes variés sur Terre, sans nécessiter de réoutillage majeur. Deux aptitudes apparaissent indispensables pour atteindre ce haut degré de polyvalence : la mobilité et la dextérité avancée. La mobilité est la capacité à se mouvoir d’un point A à un point B dans l’espace. La mobilité, tout comme l’autonomie et la polyvalence, est une question de degré. Certains robots sont ancrés aux sols (comme les robots chirurgicaux actuels), d’autres peuvent uniquement se mouvoir dans un environnement homogène (comme Agri-bot qui opère uniquement dans les champs), d’autres peuvent se déplacer quasiment partout dans un seul milieu physique (comme un drone), et les plus mobiles peuvent se déplacer dans plusieurs milieux physiques, voire tous. Le corps humain est une « machine » particulièrement mobile, capable de se déplacer quasiment partout sur Terre et, dans une moindre mesure, dans l’eau. Cette mobilité découle à la fois d’un corps particulièrement adapté à son environnement, fruit de millions d’années d’évolution, mais aussi d’un environnement particulièrement adapté à son corps, l’homme ayant façonné son environnement à son image. La dextérité est l’autre pilier fondamental de la polyvalence du corps humain. Bien au-delà de la simple capacité à saisir un objet (la « préhension »), la dextérité est la capacité à effectuer des manipulations précises et complexes et est essentielle à l’interaction entre l’homme et son environnement. Comme Darwin l’a souligné dans The Descent of Man, « l’homme n’aurait pas pu atteindre sa position dominante actuelle dans Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 17 -- 19 of 74 -- le monde sans l’usage de ses mains qui sont si admirablement adaptées pour agir en obéissant à sa volonté 7 ». C’est bien la limite de l’intelligence artificielle, dont les actions restent pour l’instant limitées au monde virtuel. In fine, la robotique humanoïde c’est permettre à l’IA d’agir sur le monde en la dotant d’un corps. L’intérêt économique de la polyvalence : un arbitrage entre performance et flexibilité La polyvalence comporte des avantages évidents sur le marché du travail. Une ressource polyvalente est une ressource qui peut être affectée à un très large éventail de tâches, selon les besoins du moment, offrant une certaine flexibilité. C’est une qualité particulièrement recherchée dans les environnements dynamiques, où les priorités peuvent évoluer rapidement et, de manière générale, quand le volume d’une tâche n’est pas suffisant pour y affecter une personne à plein temps. Mais la polyvalence a aussi un coût : à l’instar des généralistes qui disposent d’une compréhension globale de divers domaines plutôt qu’une expertise approfondie dans un seul, un robot humanoïde pourra effectuer une plus grande diversité de tâches, mais restera sans doute moins performant qu’un robot spécialisé pour effectuer certaines tâches précises. Il existe donc un arbitrage entre performance et polyvalence et les robots humanoïdes s’imposeront seulement dans les cas où les bénéfices de la flexibilité l’emporteront sur les coûts. Dans le cas des transports par exemple, il est fort probable que les véhicules autonomes seront plus sûrs que des véhicules classiques conduits par des robots. Dans d’autres domaines, la réponse n’est pas si évidente a priori. Faut-il un robot spécialisé pour chaque tâche ménagère (cuisiner, passer l’aspirateur, tondre la pelouse, etc.), ou un robot humanoïde capable de s’adapter à la diversité et à l’imprévisibilité d’un environnement domestique ? De même, faut-il que les colis soient livrés par des robots humanoïdes bipèdes, ou vaut-il mieux confier cette tâche à des drones ou à des robots spécialisés conçus spécifiquement pour la livraison ? Il faudra sans doute du temps au marché pour réaliser ces arbitrages. La réponse à ces questions n’est pas figée dans le temps : de nouvelles innovations pourront rendre les humanoïdes obsolètes pour certaines tâches ou, inversement, les rendre plus performants pour accomplir de nouvelles tâches. 7. Colin McGinn, Prehension: The Hand and the Emergence of Humanity, Cambridge (MA), The MIT Press, 2015, p. 3. 18 fondapol | l’innovation politique -- 20 of 74 -- 3. Intérêt par rapport aux humains : dépasser les limites biologiques et éthiques L’intérêt des humanoïdes par rapport aux robots classiques ayant été démontré, il reste maintenant à démontrer l’intérêt des humanoïdes par rapport aux humains. Quatre avantages potentiels ont été identifiés : la possibilité d’une production rapide et sans limite, un coût horaire potentiellement très faible, une meilleure performance globale, et une insensibilité à leur environnement. Tous ces avantages n’ont pas besoin d’être réunis pour que les robots trouvent leur place sur le marché, mais plus ils le sont, plus le travail humain devient obsolète dans les métiers manuels. Industrialisation : vers une force de travail en quantité illimitée ? Il n’existe que deux manières de produire de plus en plus vite : améliorer les méthodes de production (croissance intensive) ou augmenter la quantité des facteurs de production (croissance extensive). À compétences équivalentes, ce qui peut être réalisé en 10 ans avec 1000 personnes, peut être réalisé en 5 ans avec 2000 personnes. La disponibilité de la main- d’œuvre constitue donc un facteur limitant de la production, et il y aura toujours plus de projets potentiels que de main-d’œuvre disponible pour les mener à bien – le seul moyen est de les étaler dans le temps. Si la main-d’œuvre qualifiée pouvait être produite de la même manière que des dizaines de millions de voitures sont produites chaque année dans le monde, celle-ci pourrait par exemple être affectée à la construction de centrales nucléaires, d’éoliennes, de panneaux photovoltaïques et accélérer la transition énergétique. C’est précisément ce que promettent les robots humanoïdes : produire de la main-d’œuvre à la demande, en quantité limitée uniquement par la disponibilité des matières premières, et à un rythme bien plus soutenu que celui nécessaire à la formation d’un être humain, qui demande plus de vingt ans entre la naissance et la fin des études supérieures. Coût : vers une main-d’œuvre quasi gratuite ? Contrairement au capital humain, le coût total de possession des robots diminue avec le temps : les coûts fixes (CAPEX) sont certes élevés, mais les coûts opérationnels (OPEX) sont faibles en l’absence de salaire à verser. Ainsi, en supposant des coûts de maintenance et d’énergie relativement faibles, le coût marginal du travail pourrait théoriquement tendre vers zéro avec une optimisation du capital de robots – durée de vie et taux d’utilisation suffisamment élevés. À titre de comparaison, en 2020, le coût horaire du travail était en moyenne de 44 € en France, avec d’importantes disparités selon les secteurs – de 27 € pour l’hébergement et la restauration Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 19 -- 21 of 74 -- à 68 € pour les activités financières et d’assurance 8. En Chine, d’où proviennent environ 10 % des importations françaises 9, le coût horaire de la main-d’œuvre manufacturière reste nettement supérieur à zéro, à environ 8 € 10. Une telle baisse des coûts de production affecterait autant l’industrie que les services. Dans l’industrie, l’introduction de robots humanoïdes pourrait rendre l’économie française compétitive face aux ateliers implantés partout dans le monde, permettant ainsi une relocalisation de la production, comme on l’observe déjà avec les robots classiques 11. Dans les services, la substitution du capital physique au capital humain pourrait sonner le glas de la maladie des coûts de Baumol, selon laquelle les prix sont condamnés à augmenter pour maintenir des salaires compétitifs, malgré de faibles gains de productivité 12. 8. Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), « Coût horaire du travail selon l’activité. Données annuelles de 2008 à 2024 », [en ligne]. Les données détaillées par secteur n’étant pas disponibles pour 2024, le même écart avec la moyenne qu’en 2020 a été supposé. 9. Direction générale du Trésor, « Échanges bilatéraux entre la France et la Chine, 22 mars 2023 » [en ligne] ; Direction générale des douanes et droits indirects, « Résultats du commerce extérieur de la France pour l’année 2023 », 7 février 2024 [en ligne]. 10. Patrick Artus, “Why is European industry doing so poorly?”, Ossiam, 20 février 2025 [en ligne]. 11. Javier Bilbao-Ubillos, Vicente Camino-Beldarrain, Gurutze Intxaurburu-Clemente et Eva Velasco-Balmaseda, “Industry 4.0, servitization, and reshoring: A systematic literature review”, European Research on Management and Business Economics, vol. 30, n° 1, 2024 [en ligne]. 12. William J. Baumol et William G. Bowen, « On the Performing Arts: The anatomy of Their Economic Problems », The American Economic Review, vol. 55, n° 1/2, 1965, p. 495-502. 20 fondapol | l’innovation politique -- 22 of 74 -- Coût horaire de la main-d’œuvre selon le secteur d’activité en 2024 (estimation) (en euros). Activités financières et d'assurance Ensemble des secteurs d'activité Enseignement Construction Information et communication Administration publique Industrie manufacturière Autres activités de services Activités de services administratifs Production et distribution d'énergies Eau ; assainissement, déchets Activités immobilières Santé humaine et action sociale Transports et entreposage Activités scientifiques et techniques Arts, spectacles et activités récréatives Industries extractives Commerce ; réparation Hébergement et restauration 68 61 59 57 51 49 47 44 44 44 43 43 40 39 39 39 36 32 27 Source : Insee, calculs Asterès Performance : une polyvalence potentiellement sans limite Si la nature fait bien les choses et que l’on peut s’en inspirer, elle ne doit pas pour autant limiter l’imagination. Dans le cas de la robotique humanoïde, le but n’est pas uniquement d’imiter les aptitudes humaines, mais dans certains domaines, de les améliorer. Sur le plan cognitif par exemple, les IA incarnées sont dotées d’un savoir encyclopédique et d’une capacité de raisonnement à la hauteur des esprits les plus brillants. Sur le plan de la vision, les humanoïdes sont équipés de capteurs qui leur confèrent des aptitudes surhumaines (vision multispectrale, microthermique, élargie, capteurs chimiques), leur permettant par exemple de percevoir des défauts ou des fuites à l’« œil nu ». Sur le plan de la communication, les robots sont tous connectés à un même réseau, leur permettant d’échanger instantanément des informations à distance et de coordonner leurs efforts collectifs de manière bien plus efficace qu’un groupe d’êtres humains. En termes de formation, les humanoïdes peuvent acquérir de nouvelles compétences de manière instantanée, au biais d’une simple mise à jour logicielle. Tout cela sans compter que les humanoïdes peuvent collectivement assurer un service continu 24h/24 et 7j/7 13. 13. Individuellement les robots sont limités par leur autonomie mais en se relayant ils peuvent théoriquement fournir une force de travail disponible 24h/24 et 7j/7. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 21 -- 23 of 74 -- Tous ces avantages, dont la liste n’est pas exhaustive, confèrent aux humanoïdes une polyvalence, une adaptabilité et une efficacité sur le papier bien supérieure à celles des humains. À terme, la robotique humanoïde pourrait évoluer vers un « travailleur universel » qui passerait naturellement du métier de mécanicien à ingénieur, ou encore à cuisinier. Dans les secteurs impliquant peu d’interactions robots-humains, les ingénieurs pourraient même s’émanciper de certaines contraintes du corps humain, par exemple en dotant les robots de deux paires de bras plutôt que d’une seule. Après tout, l’évolution n’est pas figée et une morphologie encore plus optimale pour agir sur le monde que celle du corps humain pourrait être inventée. Sécurité : protéger la vie humaine Les robots sont bien moins sensibles à leur environnement que l’homme : ils ne craignent pas les radiations et la pollution et sont plus résistants à la chaleur. Les humanoïdes peuvent ainsi prendre en charge des tâches dans des milieux hostiles ou à risque sanitaire, tels que les fonderies, les centrales nucléaires, les laboratoires chimiques ou les chantiers très poussiéreux, et contribuer à abolir les travaux dangereux – pour rappel, en France, près de 30 % des salariés déclarent encore être exposés à des fumées, poussières ou produits dangereux 14. En outre, la « valeur humaine » n’étant pas en jeu, un incident n’emporte pas les mêmes conséquences éthiques : une maintenance ou, au pire, une perte financière, mais pas une blessure ou une vie perdue. Cette logique s’applique depuis longtemps dans les environnements à haut risque, comme lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, où des robots téléopérés ont été envoyés à la place des équipes humaines pour inspecter les réacteurs et limiter l’exposition aux radiations 15. À l’avenir, des robots humanoïdes pourraient être envoyés dans l’espace pour réaliser des missions extravéhiculaires en complète autonomie, dans le vide intersidéral, sur la Lune ou sur Mars. 14. Dares, Drees, DGAFP, Insee, Quelles étaient les conditions de travail en 2019, avant la crise sanitaire ? Dares analyses, n° 44, août 2021 [en ligne]. 15. Kazunori Ohno, Shinji Kawatsuma, Takashi Okada, Eijiro Takeuchi, Kazuyuki Higashi et Satoshi Tadokoro, « Robotic control vehicle for measuring radiation in Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant », Proceedings of the 2011 IEEE International Symposium on Safety, Security and Rescue Robotics (SSRR), Kyoto, Japon, novembre 2011, p. 38-43 [en ligne]. 22 fondapol | l’innovation politique -- 24 of 74 -- 4. Usages : une potentielle révolution dans l’industrie, l’agriculture et même les services À travers l’histoire, chaque fois qu’une nouvelle méthode de production s’est révélée plus performante, plus rapide, moins coûteuse et plus sûre, elle a fini par supplanter celle qui la précédait. C’est le principe de « destruction créatrice » théorisé par l’économiste Joseph Schumpeter 16. La différence cette fois est que c’est le travail humain qui est ciblé, et dans sa globalité. Estimer le nombre d’emplois menacés n’est pas chose aisée et cette partie de l’étude ne s’y risquera pas. Elle se contente de décrire les types de tâches et de missions que les robots humanoïdes pourraient prendre en charge, afin d’identifier les secteurs les plus exposés et de mettre en lumière les limites et les spécificités qui conditionneront leur déploiement effectif. Cartographie du travail manuel : identifier les secteurs les plus exposés à l’automatisation par les humanoïdes Bien que l’économie française soit principalement une économie de services, de nombreux métiers nécessitent encore la réalisation de tâches manuelles. À partir des fiches métier du répertoire ROME (Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois) de la Dares, il est possible d’estimer l’importance du travail manuel pour plusieurs « enjeux » professionnels 17. Pour ce faire, chaque macro-compétence a été classée comme « intellectuelle » ou « manuelle » à l’aide de ChatGPT o1, et un indicateur du caractère manuel de chaque enjeu a été défini en fonction de la proportion de compétences manuelles qu’il regroupe. Sur 31 enjeux, seulement 11, soit un tiers, impliquent une part de travail manuel. Les enjeux les plus manuels, et donc susceptibles d’être automatisés par les humanoïdes, sont la production et la fabrication (80 % des compétences répertoriées sont manuelles), le transport (75 %) et la construction (71 %). Parmi les activités non industrielles, le soin arrive en cinquième position (53 %) et la création artistique en huitième position (38 %). Ces enjeux peuvent ensuite être croisés avec les secteurs pour obtenir un indicateur sectoriel. Les trois secteurs les plus manuels se révèlent être l’agriculture (19 % des compétences requises sont manuelles), l’installation et maintenance (19 %), et les arts (18 %). Au sein des activités de services, c’est le secteur de la santé qui arrive en tête (14 % des compétences répertoriées sont manuelles), devant le spectacle (13 %) et la vente (10 %). 16. Joseph Alois Schumpeter et al., Capitalisme, socialisme et démocratie, Petite biblio Payot 1235, Payot et Rivages, 2023. 17. Dans la classification de ROME, un « enjeu » est un regroupement de compétences ou de finalités professionnelles autour de grandes thématiques, quel que soit le secteur d’activité. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 23 -- 25 of 74 -- Ce qui ressort de cette analyse est que, pour la majorité, les tâches à robotiser varient peu d’un secteur à l’autre : ce sont principalement les activités de production et fabrication, de gestion des stocks et transport, et de maintenance et réparation. Ces trois grands enjeux sont communs à tous les secteurs manuels et représentent, dans chaque secteur, au moins 50 % de l’ensemble des grands enjeux manuels. À noter que certains secteurs se distinguent par des tâches spécifiques, exercées presque exclusivement en leur sein, comme les soins dans le domaine de la santé ou la création artistique dans le secteur du spectacle. Cette analyse comporte toutefois deux limites majeures. Premièrement, le volume horaire n’est pas pris en compte : les tâches physiques peuvent être minoritaires en nombre, mais majoritaires en volume horaire. Deuxièmement, toutes les tâches ne présentent pas le même niveau de complexité, même au sein d’un même type d’enjeu. Par exemple, la fabrication dans les métiers d’art demande sans doute une dextérité bien plus poussée que dans l’industrie. De même, la gestion des stocks dans la logistique est probablement plus répétitive et standardisée que dans le secteur de la santé. Top 10 des « enjeux » à la plus forte proportion de compétences manuelles, selon le ROME Production, fabrication Protection des personnes et de l'environnement Soin Construction Aménagement Transport Recherche, innovation Maintenance, réparation Gestion des stocks Création artistique 80 75 71 56 53 50 40 38 21 10 Note : pour chaque enjeu, part des macro-compétences répertoriées par la base ROME à dominante « manuelle », en opposition à « intellectuelle ». 24 fondapol | l’innovation politique -- 26 of 74 -- Top 10 des secteurs à la plus forte proportion d’enjeux manuels Production et fabrication Gestion des stocks, logistique et transport Maintenance et réparation Construction Soins Autres Agriculture, sylviculture et pêche Commerce, vente Transport et logistique Arts et façonnage d'ouvrages d'art Santé Installation et maintenance Hôtellerie-Restauration, tourisme Industrie Construction et BTP Spectacle 0 5 10 15 20 Note : pour chaque secteur, part des macro-compétences répertoriées par la base ROME à dominante « manuelle », en opposition à « intellectuelle ». Matrice des opportunités : anticiper les secteurs d’automatisation prioritaires Si les tâches à automatiser sont globalement similaires d’un secteur à l’autre 18, à quelques exceptions près, l’environnement dans lequel ces tâches sont exécutées et leur volume diffèrent. Ces deux facteurs conditionnent la viabilité commerciale des robots. Premièrement, l’environnement détermine la difficulté de navigation : plus l’environnement est structuré, plus la robotisation est simple ; à l’inverse, plus l’environnement est chaotique, plus il faut de perception, d’adaptabilité et d’agilité mécanique. Trois types d’environnements sont distingués. Dans les environnements structurés, la machine dicte le lieu : l’espace est conçu ou réaménagé pour la machine (géométrie fixe, surfaces planes, flux matériels guidés, points de repère permanents). C’est typiquement le cas des usines d’assemblage, des entrepôts, des centres de tri ou encore des serres agricoles. Dans les environnements semi- structurés, le lieu tolère la machine : le cadre spatial est assez standardisé et des variations locales (objets déplacés, présence clientèle) obligent le robot à adapter sa trajectoire ou son outil. C’est globalement le cas de tous les espaces intérieurs humano-centrés comme les supermarchés, les cuisines, les hôtels, ou encore les hôpitaux. Enfin, dans les environnements peu structurés, la machine doit s’adapter au lieu : l’espace est changeant ou chaotique (relief, météo, surcharge visuelle, obstacles non-répertoriés, 18. Si l’on assimile les enjeux à des tâches relativement homogènes. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 25 -- 27 of 74 -- circulation humaine ou véhicules aléatoires) et le robot doit combiner locomotion robuste, perception en temps réel et replanification. Il s’agit principalement de lieux en extérieur comme les chantiers BTP, les fermes plein champ, les forêts, les quais portuaires, etc. Deuxièmement, le volume opérationnel conditionne la rentabilité du robot : plus le taux d’occupation du robot est élevé, plus vite l’investissement est rentabilisé. Trois niveaux de volume opérationnel sont distingués. Dans le premier type d’activité, il pourrait théoriquement y avoir un besoin continu de main-d’œuvre pour assurer une production ou un service 24h24 et 7j/7. Ce serait probablement le cas dans l’industrie, la logistique, les grands hôpitaux ou l’hôtellerie. Dans le deuxième type d’activité, il pourrait théoriquement y avoir un besoin de main-d’œuvre quotidien mais fractionné avec des plages diurnes soutenues puis des pauses la nuit ou le week-end. Il s’agit principalement de services dépendant d’une clientèle éveillée, comme la vente et la restauration, les serres agricoles où le travail manuel varie fortement au cours de la journée, ou encore des secteurs réglementés pour éviter les nuisances comme la construction. Enfin, dans le troisième type d’activité, le besoin de main-d’œuvre est ponctuel, les tâches physiques étant épisodiques, comme l’installation ou la maintenance, ou saisonnières, comme la récolte. Dans ce cas, le modèle « robots-as-a-service » pourrait permettre de mutualiser plusieurs sites, mais le temps de déplacement grignotera inévitablement sur le temps d’opération. Chaque activité peut ainsi être classée en fonction du degré de structuration de son environnement et de son volume opérationnel théorique, comme illustré dans le tableau ci-dessous. Cette matrice exploratoire offre un cadre d’analyse utile pour identifier les domaines où les robots humanoïdes pourraient être adoptés en priorité : plus on se déplace vers le bas du tableau, plus les défis à relever en termes de mobilité et d’adaptabilité sont importants, et plus on se déplace vers la droite plus le coût d’achat du robot devra être faible pour que l’investissement devienne rentable. Trois limites doivent être toutefois notées. Premièrement, cette analyse ne prend pas en compte la complexité des tâches : dans les ateliers d’art, la production ne sera pas aussi simple à automatiser que dans l’industrie et dans les services, les interactions humain-machine impliquent un haut degré de compréhension et d'adaptation contextuelle. Deuxièmement, cette analyse ne prend pas en compte le critère d’acceptation sociale des robots, qui pourrait constituer un frein au déploiement dans les services. Enfin, l’analyse mérite d’être affinée en se basant sur une nomenclature d’activité plus granulaire, le volume opérationnel théorique pouvant varier au sein d’un même grand secteur. 26 fondapol | l’innovation politique -- 28 of 74 -- Matrice des opportunités d’automatisation. Besoin continu Besoin quasi-quotidien avec temps morts Besoin intermittent ou ponctuel Environnement structuré Industrie de process et d’assemblage, logistique et hubs colis, ateliers d’art, préfabrication modulaire Grande distribution, agriculture sous serre et élevage intensif Installation et maintenance (sur site industriel), contrôle qualité ponctuel Environnement semi-structuré Grands hôpitaux, hôtellerie back-office Restauration, vente / commerce, services à la collectivité Spectacle (montage / démontage), installation et maintenance de bâtiments tertiaires, services à la personne Environnement peu structuré Restauration d’oeuvres d’art in situ, sylviculture et pêche Maintenance en extérieur, agriculture plein champ, construction et BTP in situ II. ÉTAT DES LIEUX : LA RÉALITÉ SE RAPPROCHE DE LA FICTION SANS L’ÉGALER 1. Marché : une dynamique inédite dans la recherche et le développement de nouveaux prototypes Après des décennies de développement expérimental marquées par des avancées technologiques remarquables mais aux applications limitées, la robotique humanoïde connaît, depuis le début des années 2020, un nouvel essor : les investissements en R&D dans la robotique humanoïde explosent et les nouveaux prototypes, de plus en plus opérationnels, se multiplient de façon exponentielle. Les acteurs sont principalement chinois et américains, avec quelques fabricants européens, et viennent d’horizons variés : pure players spécialisés dans l’humanoïde, entreprises issues de la robotique traditionnelle, ou encore géants de l’automobile et de l’électronique soucieuses de ne pas rater la prochaine révolution industrielle. Histoire : les premiers robots humanoïdes expérimentaux Le WABOT-1, développé à l’Université de Waseda au Japon au début des années 1970, soit 10 ans après la sortie du premier robot industriel, est unanimement considéré comme le premier robot humanoïde anthropomorphe à grande échelle du monde 19. Le WABOT-1 était un robot complexe pour son époque : il était capable de communiquer 19. Humanoid Robotics Institute, Waseda University, « WABOT – Humanoid History » [en ligne]. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 27 -- 29 of 74 -- avec une personne en japonais, de mesurer les distances et les directions des objets grâce à des récepteurs externes, de produire des sons grâce à une bouche artificielle, de marcher et de manipuler des objets avec ses mains dotées de capteurs tactiles. En 1983, le WABOT-2 gagne en dextérité et est notamment capable de jouer du piano tout en lisant une partition. Une étape cruciale est franchie avec le Honda Série E en 1986, qui introduit la marche dynamique où le robot maintient activement son équilibre pendant le mouvement, permettant des déplacements plus rapides et potentiellement sur des terrains moins uniformes, puis avec le robot ASIMO en l’an 2000, toujours de Honda, qui restera célèbre pour sa capacité à marcher, courir, monter des escaliers et interagir avec les humains avec une apparente fluidité. Cependant, les applications commerciales de ces robots restent très limitées en raison de leur manque d’autonomie : ce sont essentiellement des automates téléguidés, comme le WABOT (niveau d’autonomie 0), ou préprogrammés (niveau d’autonomie 1). Comme le relate le physicien Michio Kaku, « chaque mouvement, chaque nuance de ma scène avec ASIMO devant les caméras avait été soigneusement écrite à l’avance […] Après coup, j’ai pu discuter franchement avec les créateurs d’ASIMO, et ils ont admis que ce robot, en dépit de ses mouvements et ses actions remarquablement humaines, possédait à peine l’intelligence d’un insecte 20 ». Recherche : un nouvel élan depuis 2018 visible dans l’explosion du nombre de brevets déposés À partir de la fin des années 2010, la convergence de trois révolutions technologiques donne un nouvel élan à la robotique humanoïde. Premièrement, les progrès en intelligence artificielle permettent non seulement aux robots d’interagir avec le monde de manière plus autonome, mais aussi d’apprendre de leur expérience (réelle ou virtuelle) en un temps record 21. L’apprentissage en environnement simulé permet notamment à certains robots d’acquérir en quelques semaines une maîtrise du mouvement « qui aurait nécessité auparavant plus de 6 mois 22 ». Deuxièmement, les avancées matérielles (capteurs, actionneurs et autres composants physiques) permettent la conception de corps humanoïdes de plus en plus sophistiqués et pour un coût qui ne cesse de diminuer 23. 20. Michio Kaku et Olivier Courcelle, Une brève histoire du futur : comment la science va changer le monde, Champs, Flammarion, 2016, p. 61. 21. Diamandis, op.cit. 22. RoboServices — IA & Robotique Humanoïde, « Robotique : IA, agent et humanoïdes (post LinkedIn) », [en ligne]. 23. Morgan Stanley Research, The Humanoid 100: Mapping the Humanoid Robot Value Chain, Morgan Stanley Wealth Management, 6 février 2025 [en ligne]. 28 fondapol | l’innovation politique -- 30 of 74 -- Enfin, ces avancées n’auraient pas été possibles sans la baisse du coût des batteries et les gains de densité énergétique (+20 % tous les deux ans) enregistrés ces dernières années 24. Le vif intérêt pour le domaine se lit dans l'explosion des brevets mentionnant le terme « humanoïde » : une trentaine par an au début des années 2010, contre plus de 4 300 en 2024, soit une croissance annuelle moyenne de 71 % depuis 2017, contre environ 10 % entre 2000 et 2017 (voir graphique ci-dessous) 25. À noter que l’immense majorité de ces brevets sont américains (70 %), japonais (11 %) ou chinois (7 %). Nombre annuel de brevets déposés relatifs aux humanoïdes 21 15 3018 54 3275 16 4425 100 3908 14 5121 413 4205 19 5829 1289 4339 25 5030 2173 20002001 20112006 2016 20212002 20122007 2017 20222003 20132008 2018 20232004 20142009 2019 20242005 20152010 2020 Source : Google Patents Investissements : une explosion depuis 2024, du fait de quelques entreprises Partis d’un niveau très bas en 2021 (100 millions d’euros), les investissements en capital-risque dans la robotique humanoïde et les modèles fondationnels ont progressé de 179 % par an en moyenne dans le monde occidental 26 pour atteindre 5,2 milliards d’euros en 2025, selon les données de F’Prime 27. Trois entreprises ont levé à elles seules plus de 3 milliards d’euros : 1,5 milliards d’euros pour Figure AI, 24. Daniel Bleakley, “Will batteries follow Moore’s law? China invests $A1.3 billion into solid-state battery research”, The Driven, 5 juin 2024 [en ligne]. 25. Selon les données de Google Patent. 26. Amériques, Europe, Israël. 27. Sanjay Aggarwal et Betsy Mulé, 2026 State of Robotics Report (F’Prime, 2026) [en ligne]. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 29 -- 31 of 74 -- 1 milliard d’euros pour 1X et 734 millions d’euros pour Apptronik 28. Ces chiffres ne couvrent que les levées de fonds des start-ups, hors investissements sur fonds propres des acteurs historiques, et n’intègrent pas le marché asiatique. Investissements mondiaux en capital-risque dans les robots humanoïdes (en milliards d’euros) 2021 0,1 2022 0,2 2023 0,3 2024 1,7 2025 5,2 Source : F-Prime (2026). Développement de prototypes : une accélération fulgurante depuis le début des années 2020 L’intérêt suscité par la robotique humanoïde se reflète également dans le nombre croissant de nouveaux modèles dévoilés. Le domaine est aujourd’hui si dynamique qu’il est difficile de suivre toutes les actualités : le site consacré aux robots humanoïdes, Humanoid.guide, recensait une trentaine de modèles début 2025 et une centaine début 2026 29. Pour la suite de l’analyse, un échantillon de 18 modèles a été retenu. Cet échantillon reprend essentiellement les modèles recensés par RoboServices dans son trombinoscope de mars 2025 30, complété de quelques autres modèles jugés prometteurs, incluant ainsi les leaders du marché (Tesla, Figure AI, Boston Dynamics, Agility Robotics et Unitree) et les principaux nouveaux entrants selon la cartographie du prospectiviste et entrepreneur Peter Diamandis 31. Les prototypes ne répondant pas strictement à la définition d’un humanoïde (deux bras, deux jambes) ont été exclus. 28. Ibid. 29. Humanoid robot guide [en ligne]. 30. RoboServices — IA & Robotique Humanoïde, « Robotique : IA, agent et humanoïdes » [en ligne]. Le projet de BYD n’a pas été pris en compte car encore en développement et peu de données sont disponibles. 31. Diamandis, op. cit. 30 fondapol | l’innovation politique -- 32 of 74 -- Le graphique ci-dessous montre le nombre cumulé de robots humanoïdes de nouvelle génération dévoilés depuis 2013, date de l’annonce du robot Atlas de Boston Dynamics – seules les premières générations sont comptabilisées afin de ne pas compter plusieurs versions d’un même robot. Alors que le nombre de modèles en développement augmente peu entre 2013 et 2021, passant d’un à quatre, il croît de manière exponentielle de 2021 à 2025, passant de quatre à dix-huit modèles de robots humanoïdes. Cette explosion du nombre de prototypes humanoïdes n’est pas un biais d’échantillon : jusqu’en 2020, le recensement est quasi exhaustif 32. À noter que tous les modèles ne se ressemblent pas. Certains font des choix stratégiques différents. Par exemple, avec Ameca, l’entreprise Engineered Arts cherche à se rapprocher autant que possible de l’apparence humaine, pour des applications dans les services. D’autres entreprises comme Tesla ou Figure AI misent sur un look futuriste inspiré de la science-fiction. Récemment, une entreprise a dévoilé un modèle capable de rouler sur un sol plat et de bloquer ses roues pour monter un escalier ou franchir un obstacle, montrant qu’il est possible de combiner l’ingéniosité humaine à l’expérience de la nature pour optimiser les aptitudes des robots 33. Nombre cumulé de robots humanoïdes nouvelle génération dévoilés, selon l’année du dévoilement (en %) 2013 Atlas 1 2014 T-HR 1 2020 HMND01 3 2019 4NE-1 CloneAlpha Menteebot G1 SE01 3 2025 18 2015 Walker1 2021 4 2016 Optimus1 2022 8 2017 Figure Digit Cyberone Ameca 2 2023 12 2018 Apollo EVE/ NEOGR-1 Phoenix 3 2024 17 32. Le robot Valkyrie de la Nasa, dévoilé en 2013, et Sophia de Hanson Robotics, branchée en 2015, n’ont pas été intégrés, car pas à visée commerciale. 33. Le robot Aeon d’Hexagon a été annoncé au cours de la rédaction de cette étude et n’est pas inclus dans l’échantillon étudié. Yoann Bourgin, « Hexagon lance Aeon, un robot humanoïde pour l’industrie », Usine Digitale, 18 juin 2025 [en ligne]. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 31 -- 33 of 74 -- Typologie de fabricants : une majorité de pure players Les robots humanoïdes de l’échantillon sont à 56 % développés par des « pure players », c’est-à-dire des entreprises développant exclusivement des humanoïdes, comme Figure AI, Apptronik, Agility Robotics, Clone, 1X, Humanoid AI, etc. Les 44 % de non-pure players sont essentiellement issus de la robotique traditionnelle, comme Neura Robotics, Boston Dynamics, Fourier Robotics, UBTech, etc. Enfin, une poignée de fabricants viennent du secteur automobile, comme Tesla ou Toyota, voire de la téléphonie/ électronique comme Xiaomi. Cartographie des fabricants de robots humanoïdes, selon le type (pure player ou non). Pure player Non pure player Ancienneté des fabricants : des acteurs historiques et de nouveaux entrants Du point de vue de l’ancienneté, la répartition entre acteurs historiques et nouveaux entrants est assez équilibrée : 28 % des fabricants de l’échantillon ont une ancienneté de moins de 5 ans (Humanoid AI, Mentee Robotics, Engine AI, Clone et Figure AI), 22 % une ancienneté de 5 à 9 ans (Sanctuary AI, Unitree, Neura Robotics, Apptornik), 28 % une ancienneté entre 10 et 19 ans (Agility robotics, 1X, UBTech, Fourier, Xiaomi), et enfin 22 % une ancienneté de plus de 20 ans (Toyota, Engineered Arts, Atlas et Tesla). L’ancienneté moyenne des entreprises de l’échantillon est ainsi de 15 ans et l’âge médian de 9 ans et demi, suggérant des temps de développement assez longs. 32 fondapol | l’innovation politique -- 34 of 74 -- Répartition de l’ancienneté des fabricants de robots humanoïdes (en %) Moins de 5 ans Entre 10 et 19 ans Entre 5 et 9 ans 20 ans et plus 28 22 28 22 Nationalité des fabricants : l’Europe en troisième position Enfin, en termes de nationalité, les entreprises américaines représentent 33 % de l’échantillon, les entreprises chinoises 28 % et les entreprises européennes 22 %. Plusieurs entreprises européennes prometteuses méritent d’être mentionnées : l’entreprise allemande Neura Robotics qui développe 4-NE1 (se lit : « for anyone » 34), un robot humanoïde destiné à un usage généraliste, le pure player 1X qui développe le robot ménager NEO, l’anglais Engineered Arts qui est devenu célèbre avec son robot Ameca qui simule les expressions faciales humaines, et enfin le nouveau venu britannique Humanoid AI et son prototype généraliste HMND01. À noter que Reachy 2 de Pollen Robotics, récemment racheté par le français Hugging Face, n’est pas un robot bipède et n’a donc pas été intégré à l’analyse. Répartition de la nationalité des fabricants de robots humanoïdes (en %) 33 28 22 6 6 6 États-Unis Chine Europe Canada Japon Israël 2. Maturité : des prototypes en phase de démonstration, encore limités à des usages spécifiques dans des environnements semi-structurés Une distinction est établie dans cette étude entre maturité commerciale et maturité technologique. La maturité commerciale est mesurée par l’échelle TRL et correspond à l’avancement du produit dans le processus 34. « Pour tout le monde » en français. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 33 -- 35 of 74 -- de développement et commercialisation. La maturité technologique vise tout simplement à évaluer les performances techniques du produit, indépendamment de leur stade de commercialisation. La nuance entre les deux est importante : un robot peut être avancé technologiquement mais pas commercialisé, et à l’inverse, des robots peuvent être commercialisés prématurément. Sur le plan commercial, il ressort de l’analyse que la plupart des prototypes sont en phase de démonstration et pourraient bientôt entrer en phase de commercialisation. Sur le plan technique, les prototypes actuels restent limités à des usages spécifiques dans des environnements semi-structurés. Maturité commerciale : un marché naissant avec peu d’exemples commerciaux concrets La maturité d’une technologie ou d’un produit peut être évaluée à l’aide de l’échelle « technology readiness level » ou « TRL ». Selon les variantes, cette échelle peut aller de 1 à 9 (échelle originelle de la Nasa) ou de 1 à 11 (TRL revisité de l’AIE). Dans cette étude, l’échelle de l’Agence internationale de l’énergie, plus précise, est préférée. Cette échelle identifie six grands stades de maturité : concept (TRL 1 à 3), petit prototype (4), large prototype (5 à 6), démonstration (7 à 8), début de l’adoption (9 à 10) et maturité (11). Une note a été manuellement attribuée à chaque modèle de l’échantillon selon son avancement dans le processus de développement et commercialisation. In fine, la majorité des robots sont en phase de développement ou de démonstration. Dans le détail, les modèles en développement, comme Clone Alpha ou HMND01, représentent 39 % de l’échantillon. Les modèles en phase de démonstration, comme Optimus testé en interne sur les chaînes de production de Tesla, ou Figure AI et Apollo en test dans des usines partenaires, représentent une part similaire de l’échantillon. Enfin, les modèles déjà disponibles en vente libre, comme Digit qui est utilisé par Amazon et dont la production en série a débuté dans l’usine Robofab, ou encore G1 et NEO commercialisés récemment, représentent 22 % de l’échantillon. À noter que certains prototypes en démonstration pourraient rapidement basculer en phase de commercialisation – Figure AI prévoit par exemple de livrer 100 000 unités dans les quatre années à venir 35. 35. John Koetsier, “Figure plans to ship 100,000 humanoid robots over next 4 years”, Forbes, 30 janvier 2025 [en ligne]. 34 fondapol | l’innovation politique -- 36 of 74 -- Maturité commerciale des robots humanoïdes de l’échantillon (en %) 223939 Développement Démonstration Commercialisation Maturité technologique : des prototypes encore loin de la polyvalence et de l’adaptabilité d’un humain Le TRL renseigne surtout sur la maturité commerciale : plus l’échelle se rapproche du niveau 11, plus le produit a prouvé sa fiabilité sur le terrain, son modèle économique et une demande durable. Toutefois, atteindre un TRL de niveau 9 ne garantit pas que la technologie évoluera jusqu’au niveau 11. À ce stade, sa capacité à répondre pleinement aux attentes du marché reste incertaine. Il est donc nécessaire, en complément, d’évaluer les performances techniques des robots humanoïdes, indépendamment de leur maturité commerciale. En novembre 2023, des chercheurs ont comparé les performances d’une vingtaine de modèles humanoïdes disponibles entre 2000 et 2021 pour aboutir à la conclusion que « seuls certains robots, qui ont été optimisés pour des tâches très spécifiques dans des environnements semi-structurés, atteignent des performances qui peuvent rivaliser avec des humains moyens dans cette tâche spécifique 36 ». Parmi les défis à relever, les auteurs relevaient notamment la dextérité et la versatilité du mouvement humain, et l’adaptabilité et la compréhension contextuelle. Cette analyse n’intégrait cependant pas les modèles récents dévoilés après 2021, date à laquelle, justement, le nombre de modèles a explosé. Est-ce possible que des entreprises comme Tesla, 1X, ou Figure AI, pour ne citer que celles-ci, aient réalisé des progrès qui remettraient en question la conclusion des chercheurs en 2023 ? Les informations disponibles publiquement ne semblent pas aller dans ce sens. Concernant la dextérité, si d’importants progrès ont été réalisés, les robots peinent encore à effectuer des tâches, même simples, avec aisance. Par exemple, dans un TED Talk publié en mai 2025 37, le prototype NEO de 1X, chargé d’effectuer des tâches du quotidien, apparait encore hésitant et peu précis : le doigt manque la cible ou glisse avant d’appuyer, les phalanges se positionnent mal autour des poignées, et le robot doit parfois utiliser sa seconde main pour libérer une prise. Même des gestes 36. Robert Riener, Luca Rabezzana et Yves Zimmermann, “Do robots outperform humans in human-centered domains?”, Frontiers in Robotics and AI, vol. 10, 07 novembre 2023 [en ligne]. 37. Meet NEO, Your Robot Butler in Training (vidéo), YouTube. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 35 -- 37 of 74 -- de précision modérée, comme verser de l’eau pour arroser une plante, trahissent un contrôle moteur encore approximatif. En outre, chaque tâche semble accomplie au ralenti. Un internaute résume la maladresse du robot avec humour : « NEO a l’air capable de mettre accidentellement le feu à votre maison et de rester là à la regarder en train de brûler ». Et d’après le spécialiste de la robotique Rodney Brooks, les générations actuelles d’humanoïdes, entraînés sur des données visuelles, n’atteindront jamais le niveau de dextérité d’un humain, qui requiert le sens du toucher 38. Aujourd’hui, la manipulation fine représente donc un enjeu si complexe que certains fabricants, comme Apptronik, préfèrent l’abandonner 39. Au-delà de la dextérité, l’évaluation de l’autonomie réelle et de l’adaptabilité contextuelle des humanoïdes se heurte à un manque de données indépendantes et non biaisées. Si les constructeurs multiplient les démonstrations de tâches complexes, ces performances résultent souvent d’un entraînement intensif sur des scénarios spécifiques (« overfitting »), limitant leur généralisation à des environnements imprévus. La persistance de la télé-opération, même lors d’événements majeurs comme le « We, Robot » de Tesla ou pour des modèles récemment commercialisés comme le NEO de 1X, souligne une réalité cruciale : la compréhension situationnelle à 360° en temps réel demeure un défi technique majeur. Ce recours à l’assistance humaine, souvent discrète, souligne qu’un score élevé sur l’échelle TRL (indiquant une commercialisation ou un déploiement) ne garantit pas nécessairement une véritable maturité technologique. 3. Coût : des prototypes déjà compétitifs face à la main-d’œuvre humaine dans l’industrie Le coût constitue en soi un indicateur de la maturité d’une technologie : souvent les solutions existent mais pas à un prix commercialement viable. L’unité de comparaison avec la main-d’œuvre humaine est le coût horaire, qui intègre pour les robots humanoïdes le coût fixe (coût d’acquisition), les coûts variables (maintenance et énergie) et le nombre total d’heures de service. Étant donné le degré d’incertitude sur ces données, plusieurs scénarios sont retenus pour les coûts fixe et variables, et le coût horaire est ensuite décliné par typologie de secteurs. 38. Rodney Brooks, “Why Today’s Humanoids Won’t Learn Dexterity”, RodneyBrooks.com (blog), 26 septembre 2025 [en ligne]. 39. John Koetsier, “Apptronik has a totally different approach to building humanoid robots”, JohnKoetsier.com, 25 septembre 2023 [en ligne]. 36 fondapol | l’innovation politique -- 38 of 74 -- Coût fixe : entre 14 000 € et 285 000 € selon les modèles et les estimations Deux approches permettent d’estimer le coût d’achat des robots humanoïdes. La première s’appuie sur les communications des fabricants, qui annoncent le prix auquel ils ambitionnent de commercialiser leur produit. Cette approche offre un aperçu des coûts en production de masse, mais présente un biais optimiste, les fabricants ayant intérêt, dans leur communication, à sous-estimer les défis techniques et économiques. La seconde approche repose sur des rapports indépendants qui évaluent le coût total de production en analysant les composants individuels des robots. Cette méthode est plus objective mais reste conservatrice car elle ne tient pas compte des économies d’échelle et des gains d’efficacité liés aux courbes d’apprentissage industriel. Concernant la première approche, d’après les données du site Humanoid Guide, le prix annoncé des modèles de l’échantillon est de 65 000 € en moyenne et varie de 14 000 € pour le G1 d’Unitree à 176 000 € pour le 4NE-1 de Neura Robotics. L’écart de prix s’explique essentiellement par la sophistication des modèles et le nombre d’options. G1 est par exemple proposé à partir de 14 000 €, mais n’inclut pas de mains. Ajouter une paire de mains double le prix, et il s’agira de mains à trois doigts, n’offrant qu’une dextérité et une sensibilité limitées 40. Sans surprise, plus le robot se rapproche de l’état de l’art plus son prix est élevé. En moyenne, ces coûts annoncés semblent plutôt optimistes par rapport aux estimations de la littérature. Goldman Sachs, par exemple, estime le coût moyen à 142 500 € en 2024, en baisse de 40 % par rapport à 2023 sous l’effet de la baisse des prix des composants 41, et pour Morgan Stanley, la fourchette de prix varie de 9 500 € à 285 000 €, soit un prix médian de 147 250 € 42. Eu égard à ces incertitudes, trois scénarios sont retenus pour la suite de l’analyse : un scénario optimiste à 14 000 €, un scénario conservateur à 285 000 €, et un scénario intermédiaire à 150 000 €. Philosophiquement, ces scénarios peuvent à la fois correspondre à des degrés de sophistication et à des horizons temporels différents. 40. Brian Potter, “Robot dexterity still seems hard”, Construction Physics, 24 avril 2025 [en ligne]. 41. Jacqueline Du, “Humanoid robot: The AI accelerant”, Goldman Sachs Research, 8 janvier 2024 [en ligne]. 42. Adam Jonas, Daniela M. Haigian et William J. Tackett, Humanoids: Investment Implications of Embodied AI (BluePaper), Morgan Stanley Research, 26 juin 2024, 161 pages [en ligne]. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 37 -- 39 of 74 -- Coût d’achat actuel des robots humanoïdes selon le scénario (en euros) 285 000 150 000 14 000 Conservateur Intermédiaire Optimiste Coût variable : entre 10 % et 30 % du coût d’achat par an pour la maintenance, et un coût énergétique négligeable Les coûts de maintenance des robots varient significativement selon leur complexité. Pour les robots industriels traditionnels, ces coûts représentent annuellement entre 10 % (scénario optimiste) et 20 % (scénario intermédiaire) du prix d’achat 43. Les robots humanoïdes, nécessitant probablement l’intervention de techniciens hautement spécialisés, pourraient générer des coûts de maintenance plus élevés. L’hypothèse conservatrice retenue est donc de 30 % du coût d’achat par an, soit le double de la médiane des robots conventionnels. À titre de comparaison, le coût de maintenance annuel des robots chirurgicaux qui équipent les hôpitaux français représente environ 8 % du coût d’achat. L’hypothèse la plus optimiste reste donc relativement conservatrice 44. Des travaux ultérieurs pourront chercher à préciser cette hypothèse. Les coûts énergétiques restent marginaux. La consommation énergétique d’un robot en fonctionnement se situe entre 200 W et 500 W (0,20 – 0,50 kW). Au tarif réglementé de 0,2016 €/kWh 45, une heure de fonctionnement coûte donc de 0,04 € à 0,10 €, selon la puissance sollicitée. Cette dépense énergétique peut donc être considérée comme négligeable dans l’analyse économique globale. 43. Jacqueline Du, op. cit. 44. Guillaume Moukala Same et Charles-Antoine Schwerer, La chirurgie robot-assistée : une innovation qui profite au patient, au chirurgien et peut générer des économies, Asterès, juin 2023 [en ligne]. 45. Matias Perea, « 9 juin 2025 : le prix de l’électricité sur les marchés explose : +61 % dès demain ! », Selectra, 9 juin 2025 [en ligne]. 38 fondapol | l’innovation politique -- 40 of 74 -- Coût annuel de maintenance, selon le scénario (en euros) 85 500 30 000 1 400 Conservateur Intermédiaire Optimiste Coût horaire : d’importantes variations selon les hypothèses et le secteur Le volume horaire théorique dépendant essentiellement du secteur, les trois scénarios (conservateur, intermédiaire et optimiste), peuvent être déclinés par secteur, en maintenant fixes les hypothèses de coût d’achat (respectivement 285 000 €, 150 000 € et 14 000 €) et de durée de vie (respectivement 12 ans, 6 ans et 3 ans), et en faisant varier uniquement le taux de fonctionnement des robots : 70 % à 90 % pour les secteurs à flux continu (soit 118 à 151 heures par semaine), 40 % à 60 % pour les secteurs à flux quotidien mais fragmenté (soit 67 à 101 heures par semaine), et 10 % à 30 % pour les secteurs à flux intermittent ou ponctuel (soit 17 à 50 heures par semaine). Ces taux de fonctionnement sont crédibles, les experts estimant qu’en prenant en compte les contraintes de recharge, les robots humanoïdes pourraient fonctionner au minimum 16 heures par jour et potentiellement jusqu’à 22 heures par jour 46. Deux enseignements principaux ressortent. Premièrement, dans les secteurs à flux continu comme l’industrie, la logistique ou la santé en milieu hospitalier, à l’exception de l’hôtellerie, le coût horaire des humanoïdes est inférieur au coût horaire de la main-d’œuvre dans tous les scénarios. Deuxièmement, le coût horaire des humanoïdes est compétitif face à la main-d’œuvre humaine dans tous les secteurs à partir du scénario intermédiaire, c’est-à-dire pour un coût d’achat de 150 000 € et une durée de vie de 6 ans, deux hypothèses qui sembleront raisonnables quand le marché aura atteint la maturité. Enfin, une dernière hypothèse testée (non représentée graphiquement) envisage une durée de vie fixe de douze ans dans l’ensemble des scénarios. Elle correspond à un marché arrivé à maturité, où les avancées technologiques ralentissent et deviennent principalement incrémentales. Avec cette hypothèse, le coût horaire de la main-d’œuvre humanoïde est compétitif dans tous les secteurs et dans tous les scénarios. La seule exception est le scénario le plus conservateur de tous (taux de fonctionnement de 10 %, 46. Humanoid Scott (compte X @GoingBallistic5), « Maximizing Bot Productivity: Leveraging Break Schedules for Continuous Work », X, 30 janvier 2024 [en ligne]. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 39 -- 41 of 74 -- coût d’achat de 285 000 €), mais ce scénario apparait peu crédible même dans les activités où le besoin est ponctuel et intermittent car le modèle de « robot-as-a-service » permettra probablement d’optimiser le taux de fonctionnement. Eu égard à tous ces éléments, les entreprises ne devraient pas rencontrer de difficultés à rentabiliser leur investissement sur le long terme. Coût horaire estimé de la main-d’œuvre humanoïde selon le secteur, dans différents scénarios (en euros) Industrie, logistique, santé, hôtellerie, arts (fabrication) Agriculture (sous serre), sylviculture et pêche, commerce, restauration, services à la collectivité, arts (restauration) Conservateur Intermédiaire Optimiste Conservateur Intermédiaire Optimiste Conservateur Intermédiaire Optimiste Installation et maintenance, services à la personne, agriculture (plein champ), construction 30 52 207 8 13 31 0 0 1 4. Prospective : des applications de niche à la société post-travail, un éventail de scénarios reste possible Socle macro-économique commun : la croissance par la productivité et la demande Quel que soit le scénario, les robots humanoïdes entraîneront une réallocation de la main d’œuvre, des gains de productivité, et des gains de pouvoir d’achat. Seule l’ampleur de ces effets dépend du scénario, pas leur nature. 40 fondapol | l’innovation politique -- 42 of 74 -- Premièrement, l’émergence des robots humanoïdes va conduire à une réallocation de la main-d’œuvre humaine, à plusieurs niveaux, générant des gains de productivité et de la croissance. Il s’agit d’un effet classique du progrès technologique. Dans certains secteurs, comme la santé, les robots ne se substitueront que partiellement à la main-d’œuvre et libéreront ainsi du temps pour se concentrer sur les dimensions relationnelles, décisionnelles ou nécessitant un jugement humain : c’est la réallocation intra-sectorielle. Dans les secteurs industriels ou agricoles, où ces dimensions humaines sont négligeables, les robots se substitueront entièrement à la main d’œuvre, qui migrera dans les services : c’est la réallocation intersectorielle. Ce processus, aussi appelé déversement sectoriel 47, est déjà à l’œuvre depuis le début de l’ère industrielle, et les robots humanoïdes ne feront que le prolonger jusqu’à ce que, in fine, ne subsistent que les métiers où les qualités proprement humaines priment – bien que la nature exacte de ces qualités reste à définir. Cette réallocation générera des gains de productivité à l’échelle macro-économique et donc de la croissance intensive : plus de valeur peut être créée avec la même quantité de capital humain. Ces gains de productivité ne seront limités que par la capacité de l’économie à accroître le stock de robots. Deuxièmement, l’émergence des robots humanoïdes aura un effet déflationniste dans les secteurs concernés, libérant du pouvoir d’achat qui pourra être réinjecté dans l’économie. La main-d’œuvre humaine sortant des coûts de production, les prix des biens et services robotisables baisseront plus ou moins fortement selon le scénario et l’intensité en main-d’œuvre. Les ménages disposeront de plus de capacité de dépense, augmentant la demande agrégée dans l’économie, et générant un cycle vertueux de croissance et de demande. Dans l’histoire économique, ces « effets rebonds » ont constitué un moteur majeur de la croissance économique 48. Par exemple, la mécanisation de l’industrie textile durant la révolution industrielle a considérablement réduit les coûts de production, rendant les vêtements accessibles à une large part de la population et créant l’industrie de la mode, virtuellement inexistante auparavant. La baisse des coûts de production des produits de grande consommation (vêtements, aliments, etc.) a aussi permis l’essor des services. Demain, ce seront peut-être des secteurs comme la santé, l’éducation ou la culture qui se développeront sous le double effet des gains de pouvoir d’achat et de la réallocation de la main-d’œuvre. 47. Alfred Sauvy et Anita Hirsch, La Machine et le chômage : le progrès technique et l’emploi, coll. Pluriel, Hachette, 1982. 48. James Manyika, Susan Lund, Michael Chui, Jacques Bughin, Lola Woetzel, Parul Batra, Ryan Ko et Saurabh Sanghvi, “Jobs lost, jobs gained: What the future of Work Will mean for jobs, skills, and Wages”, McKinsey Global Institute, 28 novembre 2017 [en ligne]. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 41 -- 43 of 74 -- Scénarios : 6 visions du futur selon l’avancement technologique et le coût des robots L’ampleur des effets macroéconomiques détaillés ci-dessus dépendront essentiellement de deux facteurs qui demeurent à ce jour incertains : leur avancement technologique et leur coût. Plusieurs hypothèses, de la plus conservatrice à la plus optimiste, peuvent être considérées pour chacune de ces dimensions. Pour la dimension technique, les robots peuvent rester limités à des tâches simples et répétitives, pour lesquelles ils ont été spécifiquement entraînés, et dans un environnement structuré ou semi-structuré comme actuellement (robot à « usage restreint »), où les obstacles techniques peuvent être surmontés et où les robots acquièrent alors une polyvalence et une adaptabilité comparable à celle des humains (robots à « usage général »). Pour la dimension économique, le coût d’acquisition peut rester très élevé comme aujourd’hui pour les modèles les plus sophistiqués (coût conservateur), se stabiliser au coût médian actuel (coût intermédiaire), ou diminuer grâce aux effets d’expérience et atteindre le coût des modèles minimalistes actuels (coût optimiste). En combinant ces différentes hypothèses, six scénarios peuvent être imaginés, décrits dans le tableau ci-dessous. Le même mécanisme joue dans chaque case : tant que le coût descend, la zone de diffusion s’élargit, des secteurs où le volume horaire théorique est le plus important vers les secteurs où ce volume est le moins important. La ligne « usage général » agit comme un multiplicateur : à coût égal, elle ajoute simplement davantage de secteurs accessibles. Les effets macroéconomiques s’intensifient et l’horizon temporel s’étire graduellement selon la diagonale coût-capacité, jusqu’au scénario post- rareté où les robots peuvent accomplir n’importe quelle tâche pour un coût quasi nul. Cette progression n’est pas linéaire : un seul palier franchi peut déclencher une adoption massive dans certains secteurs ou encore la relocalisation de certaines industries. 42 fondapol | l’innovation politique -- 44 of 74 -- Six scénarios de l’impact économique des robots humanoïdes selon leur coût et leur maturité technologique. Coût conservateur Coût intermédiaire Coût optimiste Robots à usage restreint Applications de niche Seules les activités combinant flux continu (pour amortir l'investissement) et environnement structuré (à la portée des capacités actuelles) sont viables : usines lights-out, centres logistiques, data centers, centres de tri… Passage à l’échelle Les humanoïdes deviennent compétitifs dans tous les environnements structurés, y compris à flux quotidien fragmenté (grande distribution, agriculture sous serre, back-offices hôteliers, etc.). Réindustrialisation Le coût horaire tombe sous celui de la main- d'oeuvre étrangère. La production standardisée délocalisée depuis quarante ans revient sur le territoire, entraînant une chute des prix manufacturés et un redressement de la balance commerciale. Robots à usage général Luxe high-tech Les humanoïdes ne trouvent leur place que là où le prix n'est pas un obstacle (hôtellerie de luxe, événementiel premium, ménages fortunés, vitrines d'entreprises). Leur rôle est celui d'un marqueur technologique, comparable à l'automobile des années 1910 avant sa démocratisation. Diffusion universelle Les humanoïdes pénètrent les services (soins, vente, restauration), les chantiers et l'agriculture de plein champ. La productivité nationale bondit et la désinflation gagne les services, rompant avec la maladie des coûts de Baumol. Société post-travail Quasi gratuits et aussi précis qu'un humain, les humanoïdes automatisent les tâches physiques qui restent après l'automatisation des tâches intellectuelles par l'intelligence artificielle générale. L'économie devient largement auto- entretenue, nécessitant un nouveau contrat social. Limites : ressources naturelles, lien social et dépendance technologique Ce cadre analytique reste une vision simplifiée de la réalité et omet d’autres facteurs essentiels. Premièrement, ces scénarios ne prennent pas en compte la disponibilité des ressources. En effet, la production en masse de robots humanoïdes, en plus de la production de véhicules électriques, éoliennes et panneaux photovoltaïques, pourrait accroître la tension sur les métaux rares, et augmenter le coût d’acquisition. Sans solution à ce problème (recyclage en boucle fermée, alternatives aux métaux rares, minage d’astéroïdes), les scénarios les plus optimistes sur le stock de robots et le degré d’automatisation de l’économie (choc humanoïde, société post- rareté) paraissent peu crédibles. Deuxièmement, ces scénarios ne prennent pas en compte la dimension sociale du travail humain. Même dans l’hypothèse d’un robot à usage général, il n’est pas nécessairement désirable d’automatiser tous les métiers. Dans de nombreux services, la valeur du travail ne repose pas seulement sur l’efficacité ou la performance, mais sur l’interaction humaine elle-même. Les robots humanoïdes : la prochaine révolution technologique ? 43 -- 45 of 74 -- Commander une boisson dans un bar n’est pas qu’un acte fonctionnel : c’est une expérience humaine en tant que telle, un moment de convivialité et d’échange. De même, dans la santé, l’acte de soin ne se réduit pas à une série de gestes techniques : il repose aussi sur l’écoute, l’attention portée au patient et la relation de confiance. Les robots peuvent simuler l’empathie et se faire passer pour des humains dans des environnements numériques, mais dans le monde physique, leur apparence trahit inévitablement leur nature artificielle. Troisièmement, ces scénarios n’intègrent pas la question de l’acceptation ou non de ces technologies. Dans les scénarios « diffusion généralisée » et « société post-rareté », l’humanité a donné naissance à une nouvelle espèce : une intelligence artificielle incarnée, dotée d’un corps et capable d’agir physiquement sur le monde. Le degré d’automatisation de l’économie est tel qu’elle s’apparente à un organisme autonome, se développant indépendamment de toute action humaine. L’ensemble du cycle, de la conception à la mise en œuvre, est pris en charge par des entités artificielles – les robots eux-mêmes assurent leur propre maintenance, et peuvent même s’auto-améliorer. Dans ce scénario, le risque est que l’humanité ne délègue pas seulement le travail à la machine, mais qu’elle perde le contrôle de son destin. In fine, les mêmes questions éthiques qui se posent avec l’IA se posent avec les robots humanoïdes. CONCLUSION Les révolutions de l'intelligence artificielle et de la robotique humanoïde sont les deux faces d'une même médaille : un jour, le cerveau et la machine ne feront plus qu'un. Le volet physique de l'IA est donc aussi stratégique que son volet cognitif. Mais, à la différence de l'intelligence artificielle, déjà largement adoptée, la robotique humanoïde repose encore essentiellement sur des promesses. Le paradoxe de Moravec reste d'actualité 49 : les machines surpassent aujourd'hui les humains dans les tâches cognitives les plus complexes mais sont encore loin d’interagir avec leur environnement physique avec la même fluidité. 49. Fred Truck, “Mind Children: The Future of Robot and Human Intelligence” (compte rendu de l’ouvrage de Hans Moravec), Leonardo, vol. 24, n° 2, 1991, p. 242-243, [en ligne]. 44 fondapol | l’innovation politique -- 46 of 74 -- Dans ces conditions, il est probable que la prochaine décennie ressemblera davantage à un cycle de désillusion qu'à une révolution industrielle. Le précédent des voitures autonomes, promises de longue date et toujours confinées à des périmètres restreints, invite à la plus grande prudence face aux calendriers annoncés par les fabricants. Ce scepticisme de court terme ne doit pas se confondre avec un scepticisme de long terme. Rien n'indique que les verrous actuels soient indépassables. L'échec n'est pas certain, la réussite non plus, et c'est précisément pour cette raison que l'Europe ne peut pas se permettre de décrocher, même si la phase actuelle ressemble à une bulle. Il faut par conséquent investir sans délai dans la R&D, sécuriser les briques critiques de la chaîne de valeur, anticiper la tension sur les métaux rares et réfléchir au cadre social et fiscal d'une économie où le capital productif sera incarné. Ces investissements constituent le ticket d'entrée pour le cycle suivant, celui qui comptera vraiment. L'histoire récente des révolutions technologiques montre qu'elles récompensent ceux qui en prennent le pari tôt et pénalisent durablement ceux qui le prennent trop tard. L'Europe n'a pas droit à un nouveau rendez-vous manqué. 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Les enjeux d'une légalisation de l'euthanasie et du suicide assistée Dominique Reynié (dir.), Les Editions de l'Observatoire, 2026, 450 pages Ce que l’ontario nous apprend sur la pratique de l’« aide médicale à mourir » et l’urgence de sa refonte Trudo Lemmens, février 2026, 27 pages Enjeux juridiques d’une légalisation d’un « droit à l’aide à mourir » Aline Cheynet de beaupré, Laurent Frémont et Didier Guérin, février 2026, 30 pages Les Français n'approuvent pas la proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie et le suicide assisté Dominique Reynié, janvier 2026, 88 pages Contre la bureaucratie, la compétence du peuple Robin Rivaton, décembre 2025, 38 pages Vers un système de retraite mixte répartition - capitalisation quelques modalités concrètes de transition Bertrand Martinot, Renan Muret et Philippe Gravier, novembre 2025, 42 pages Sahara occidental : la théorie de l’infraction marocaine en question Dominique Bocquet avec Sâ Benjamin Traoré, novembre 2025, 69 pages Va-t-on légaliser la mort provoquée ? La psychiatrie face au risque de l’euthanasie et du suicide assisté Dr Françoise Chastang et Dr Cécile Omnès, octobre 2025, 30 pages Va-t-on légaliser la mort provoquée ? Le handicap face au risque de l’euthanasie et du suicide assisté Agathe Barrois et Aline Cheynet de Beaupré, octobre 2025, 32 pages Va-t-on légaliser la mort provoquée ? La gériatrie face au risque de l’euthanasie et du suicide assisté Pr Claude Jeandel et Dr Jean-Marie Gomas, octobre 2025, 36 pages Le parlement enquête, le droit vacille Pour une clarification du cadre juridique des commissions parlementaires Jean-Jacques Urvoas, octobre 2025, 38 pages Intelligence artificielle. Enjeux économiques et financiers d’une percée technologique Françoise Drumetz et Christian Pfister, septembre 2025, 52 pages Contre l'écologisme réglementaire, bureaucratique et décroissant, l'aspiration à une écologie positive Dominique Reynié, août 2025, 13 pages Iran : une société sécularisée, diverse et dissidente Pooyan Tamimi Arab et Ammar Maleki, juillet 2025, 38 pages Le défi de la natalité. Une enquête d'opinion franco-italienne Fondapol et Fondazione Magna Carta, juin 2025, 38 pages L’immigration afghane en France. Un événement de grande ampleur Didier Leschi, juin 2025, 35 pages Combattre l’islamisme sur le terrain. Témoignage d’un préfet de la République Alexandre Brugère, mai 2025, 29 pages 52 fondapol | l’innovation politique -- 54 of 74 -- Les gauches antisémites (1) La détermination totalitaire, 39 pages, (2) De Proudhon à la révolution bolchevique, 39 pages, Bernard Bruneteau et Stéphane courtois, juin 2025 Le mythe de la France raciste, (1) Le racialisme, histoire d'un échec, 39 pages, (2) De l'échec du racialisme à la naissance du mythe, 41 pages, Vincent Tournier, avril 2025 Le détournement populiste du courant libertarien, (1) Des origines de l'anarcho-capitalisme au populisme de droite, 56 pages, (2) Le populisme paléo-libertarien de Javier Milei, 53 pages, Jérôme Perrier, avril 2025 L’IA au service de la sécurité Benoit Fayet, Bruno Maillot et Mathieu Zagrodzki, mars 2025, 29 pages Retraites : optimiser les dépenses, introduire une part de capitalisation Bertrand Martinot, mars 2025, 38 pages Contribution à la mission flash de clarification du financement des retraites Jean-Pascal Beaufret, février 2025, 53 pages Union européenne : l’étouffoir de l’écologisme bureaucratique Emmanuel Bloch, février 2025, 37 pages Les non-dits économiques et sociaux du débat sur la fin de vie Yves-Marie Doublet et Pascale Favre, janvier 2025, 28 pages Pourquoi donner Claire-Marie Morinière avec Wakil Belhaddad et Claude Birman, janvier 2025, 41 pages L’histoire des think tanks Simon Amat, janvier 2025, 33 pages Équilibres et mérites de la loi qui encadre la liberté d’expression en France Basile Ader, janvier 2025, 26 pages Jeux vidéo : violence et addiction ? Loïse Lyonnet et Michaël Stora, décembre 2024, 33 pages L’utérus artificiel et la reproduction humaine Élisabeth de Castex, décembre 2024, 42 pages Pour une renaissance de la politique familiale : liberté, lisibilité et pérennité Gérard-François Dumont, décembre 2024, 41 pages L’industrie automobile européenne en 2035 Marc Alochet et Jean-Pierre Corniou, décembre 2024, 46 pages Fondapol. Des Idées pour la Cité. L'aventure d'un think tank Sous le direction de Dominique Reynié, éditions du Cerf, novembre 2024, 304 pages L’inévitable conflit entre islamisme et progressisme aux États-Unis Martha Lee, novembre 2024, 45 pages Structure économique et sociale des territoires et vote populiste en France Guillaume Bazot, novembre 2024, 58 pages La capitalisation : un moyen de sortir par le haut de la crise des retraites ? Bertrand Martinot, novembre 2024, 46 pages Le FPÖ au défi de l’Europe : radicalité idéologique et contrainte électorale en Autriche Patrick Moreau, octobre 2024, 39 pages L’AfD : l’extrême droite allemande dans l’impasse Patrick Moreau, octobre 2024, 66 pages Radiographie de l'antisémitisme en France - édition 2024 AJC Paris et Fondapol, octobre 2024, 48 pages Les attentats islamistes dans le monde 1979-2024 Fondapol, octobre 2024, 92 pages Législatives 2024 : le grand désarroi des Français Anne Flambert, Nicola Gaddoni, Mélodie Jourdain et Dominique Reynié, juin 2024, 36 pages 53 -- 55 of 74 -- Les Européens abandonnés au populisme Dominique Reynié, mai 2024, 80 pages Victoire populiste aux Pays-Bas : spécificité nationale ou paradigme européen ? Christophe de Voogd, avril 2024, 40 pages Les pogroms en Palestine avant la création de l'État d’Israël (1830-1948) Georges Bensoussan, avril 2024, 37 pages Le vote des Européens. Vingt-trois ans d'élections nationales en Europe Corinne Deloy, Préface de Dominique Reynié, éditions du Cerf, avril 2024, 460 pages Les étrangers extra-européens et le logement social en France Michel Aubouin, avril 2024, 36 pages Les mots de la fin de vie : ne pas occulter les termes du débat Pascale Favre, mars 2024, 30 pages Suicide assisté, euthanasie : le choix de la rupture et l’illusion d’un progrès Yves-Marie Doublet, mars 2024, 35 pages L'Europa e la Sovranità. Riflessioni italo-francesi (1897-2023) Sous la direction de Maria Elena Cavallaro, Gaetano Quagliariello et Dominique Reynié, éditions Rubbettino, avril 2024, 332 pages L'Europe et la Souveraineté. Approches franco-italiennes 1897-2023 Sous la direction de Maria Elena Cavallaro, Gaetano Quagliariello et Dominique Reynié, éditions Plein Jour, mars 2024, 516 pages Fratelli d’italia : héritage néofasciste, populisme et conservatisme Marco Tarchi, février 2024, 41 pages L'émergence d’une gauche conservatrice en Allemagne : l’alliance Sahra Wagenknecht pour la raison et la justice (BSW) Patrick Moreau, janvier 2024, 41 pages Mouvements protestataires : le retour de la violence Eddy Fougier, novembre 2023, 38 pages La réforme Affelnet à Paris : un voyage au pays où 15 = 20 Marion Oury, octobre 2023, 48 pages Le jumeau numérique en santé Serge Soudoplatoff, septembre 2023, 34 pages La régulation du numérique : Chine, États-Unis, France Aifang Ma, septembre 2023, 44 pages L'industrie française du jeu vidéo. De la French Touch à la French Pride Loïse Lyonnet et Pierre Poinsignon, juillet 2023, 40 pages La défiance vue par le prisme du médiateur de l’assurance Arnaud Chneiweiss, juillet 2023, 26 pages L' Europe et notre souveraineté. L' Europe est nécessaire, la France aussi Édouard Balladur, juin 2023, 18 pages L'enseignement supérieur privé en France Laurent Batsch, juin 2023, 57 pages Complexité. Critique d’une idéologie contemporaine Sophie Chassat, juin 2023, 40 pages Politique migratoire : que faire de l’accord franco-algérien de 1968 ? Xavier Driencourt, mai 2023, 29 pages De la transition écologique à l ’écologie administrée, une dérive politique David Lisnard et Frédéric Masquelier, mai 2023, 30 pages Pour un nouvel ordre énergétique européen Cécile Maisonneuve, avril 2023, 56 pages Le XXIe siècle du christianisme - édition de poche Dominique Reynié (dir.), éditions du Cerf, mars 2023, 378 pages 54 fondapol | l’innovation politique -- 56 of 74 -- Élections, médias et réseaux sociaux : un espace public en décomposition Victor Delage, Dominique Reynié, Mathilde Tchounikine, mars 2023, 32 pages Souveraineté, maîtrise industrielle et transition énergétique, (1) Les conditions de réussite du programme nucléaire français de 1945 à 1975, 44 pages, (2) Transition énergétique, géopolitique et industrie : quel rôle pour l'État ? Jean-Paul Bouttes, mars 2023 Immigration : comment font les États européens Fondapol, mars 2023, 46 pages La politique danoise d’immigration : une fermeture consensuelle Fondapol, janvier 2023, 57 pages Maghreb : l'impact de l’islam sur l’évolution sociale et politique Razika Adnani, décembre 2022, 36 pages Italie 2022 : populismes et droitisation Anna Bonalume, octobre 2022, 60 pages Quel avenir pour la dissuasion nucléaire ? Bruno Tertrais, octobre 2022, 39 pages Mutations politiques et majorité de gouvernement dans une France à droite Sous la direction de Dominique Reynié, septembre 2022, 64 pages Paiements, monnaie et finance à l'ère numérique, (1) État des lieux et perspectives à court- moyen terme, 47 pages, (2) Les questions à long terme, 34 pages, Christian Pfister, juillet 2022 La montée en puissance de l’islamisme Woke dans le monde occidental Lorenzo Vidino, juin 2022, 29 pages 2022, présidentielle de crises Sous la direction de Dominique Reynié, avril 2022, 80 pages Les déchets nucléaires : une approche globale, (1) Déchet et déchets nucléaires : durée de vie et dangers potentiels, 49 pages, (2) Les solutions pour maîtriser le risque effectif, 42 pages, (3) L’enjeu des générations futures, 41 pages, (4) La gestion des déchets : rôle et compétence de l'État en démocratie, 49 pages, Jean-Paul Bouttes, janvier 2022 Radiographie de l’antisémitisme en France – édition 2022 AJC Paris et Fondapol, janvier 2022, 38 pages Prestataires de santé à domicile : les entreprises au service du virage ambulatoire Alice Bouleau et Nicolas Bouzou, janvier 2022, 34 pages Libertés : l'épreuve du siècle Sous la direction de Dominique Reynié, janvier 2022, 96 pages Enquête réalisée en partenariat avec l’International Republican Institute, la Community of Democracies, la Konrad-Adenauer-Stiftung, Genron NPO, la Fundación Nuevas Generaciones et República do Amanhã Élections départementales et régionales 2021 : une analyse cartographique Céline Colange, Sylvain Manternach, décembre 2021, 76 pages Défendre l'autonomie du savoir Nathalie Heinich, novembre 2021, 32 pages Rapport pour l'Assemblée nationale. Mission d'information visant à identifier les ressorts de l'abstention et les mesures permettant de renforcer la participation électorale Fondapol, novembre 2021, 82 pages Parti et Démocratie Piero Ignazi, aux éditions Calmann-Lévy, avec le concours de la Fondapol et de Terra Nova, octobre 2021, 504 pages Commerce illicite de cigarettes, volet II. Identifier les parties prenantes, les effets de réseaux et les enjeux financiers Mathieu Zagrodzki, Romain Maneveau et Arthur Persais, octobre 2021, 32 pages Complémentaires santé : moteur de l’innovation sanitaire Nicolas Bouzou et Guillaume Moukala Same, octobre 2021, 47 pages Les décroissants en France. Un essai de typologie Eddy Fougier, septembre 2021, 31 pages 55 -- 57 of 74 -- Les attentats islamistes dans le monde, 1979-2021 Fondapol, septembre 2021, 84 pages Les primaires électorales et les systèmes de départage des candidats à l ’élection présidentielle Laurence Morel et Pascal Perrineau, août 2021, 51 pages L'idéologie Woke, (1) anatomie du Wokisme, 34 pages, (2) Face au Wokisme, 32 pages, Pierre Valentin, juillet 2021 Protestation électorale en 2021 ? Données issues du 1er tour des élections régionales Abdellah Bouhend, Victor Delage, anne Flambert, Élisa Grandjean, Katherine Hamilton, Léo Major, Dominique Reynié, juin 2021, 40 pages La conversion des Européens aux valeurs de droite Victor Delage, mai 2021, 40 pages Les coûts de la transition écologique Guillaume Bazot, mai 2021, 37 pages Le XXIe siècle du christianisme Dominique Reynié (dir.), éditions du Cerf, mai 2021, 376 pages Les protestants en France, une minorité active Jean-Paul Willaime, avril 2021, 34 pages L'agriculture bio et l'environnement Bernard Le Buanec, mars 2021, 27 pages Devrions-nous manger bio ? Léon Guéguen, mars 2021, 36 pages Quel avenir pour l'agriculture et l'alimentation bio ? Gil Kressmann, mars 2021, 48 pages Pauvreté dans le monde : une baisse menacée par la crise sanitaire Julien Damon, février 2021, 33 pages Reconquérir la biodiversité, mais laquelle ? Christian Lévêque, février 2021, 37 pages Énergie nucléaire : la nouvelle donne internationale Marco Baroni, février 2021, 66 pages Souveraineté économique : entre ambitions et réalités Emmanuel Combe et Sarah Guillou, janvier 2021, 66 pages Relocaliser en décarbonant grâce à l ’énergie nucléaire Valérie Faudon, janvier 2021, 36 pages Après le Covid-19, le transport aérien en Europe : le temps de la décision Emmanuel Combe et Didier Bréchemier, décembre 2020, 40 pages Avant le Covid-19, le transport aérien en Europe : un secteur déjà fragilisé Emmanuel Combe et Didier Bréchemier, décembre 2020, 35 pages Glyphosate, le bon grain et l’ivraie Marcel Kuntz, novembre 2020, 45 pages Covid-19 : la réponse des plateformes en ligne face à l'ultradroite Maygane Janin et Flora Deverell, novembre 2020, 42 pages Relocalisations : laisser les entreprises décider et protéger leur actionnariat Frédéric Gonand, septembre 2020, 37 pages Europe : la transition bas carbone, un bon usage de la souveraineté Patrice Geoffron, septembre 2020, 35 pages Relocaliser en France avec l’Europe Yves Bertoncini, septembre 2020, 40 pages Relocaliser la production après la pandémie ? Paul-Adrien Hyppolite, septembre 2020, 46 pages 56 fondapol | l’innovation politique -- 58 of 74 -- Qui paie ses dettes s’enrichit Christian Pfister et Natacha Valla, septembre 2020, 37 pages Les assureurs face au défi climatique Arnaud Chneiweiss et José Bardaji, août 2020, 33 pages Changements de paradigme Josef Konvitz, juillet 2020, 20 pages Hongkong : la seconde rétrocession Jean-Pierre Cabestan et Laurence Daziano, juillet 2020, 62 pages Tsunami dans un verre d’eau Regard sur le vote Europe Écologie-Les Verts aux élections municipales de 2014 et de 2020 dans 41 villes de plus de 100 000 habitants Sous la direction de Dominique Reynié, juillet 2020, 44 pages Covid-19 - États-Unis, Chine, Russie, les grandes puissances inquiètent l’opinion Victor Delage, juin 2020, 16 pages De la distanciation sociale à la distanciation intime Anne Muxel, juin 2020, 24 pages Covid-19 : Cartographie des émotions en France Madeleine Hamel, mai 2020, 24 pages Ne gaspillons pas une crise Josef Konvitz, avril 2020, 23 pages Retraites : leçons des réformes suédoises Kristoffer Lundberg, avril 2020, 37 pages Retraites : leçons des réformes belges Frank Vandenbroucke, février 2020, 40 pages Les biotechnologies en Chine : un état des lieux Aifang Ma, février 2020, 44 pages Radiographie de l'antisémitisme en France AJC Paris et Fondapol, janvier 2020, 32 pages OGM et produits d'édition du génome : enjeux réglementaires et géopolitiques Catherine Regnault-Roger, janvier 2020, 35 pages Des outils de modification du génome au service de la santé humaine et animale Catherine Regnault-Roger, janvier 2020, 32 pages Des plantes biotech au service de la santé du végétal et de l’environnement Catherine Regnault-Roger, janvier 2020, 32 pages Le soldat augmenté : regards croisés sur l’augmentation des performances du soldat CREC Saint-Cyr et Fondapol, décembre 2019, 128 pages L'Europe face aux nationalismes économiques américain et chinois, (1) Politique de concurrence et industrie européenne, 36 pages, (2) Les pratiques anticoncurrentielles étrangères, 40 pages, (3) Défendre l’économie européenne par la politique commerciale, 52 pages, Emmanuel Combe, Paul-Adrien Hyppolite et antoine Michon, novembre 2019 Les attentats islamistes dans le monde, 1979-2019 Fondapol, novembre 2019, 80 pages Vers des prix personnalisés à l ’heure du numérique ? Emmanuel Combe, octobre 2019, 46 pages La Cour européenne des droits de l’homme, protectrice critiquée des « libertés invisibles » Jean-Luc Sauron, octobre 2019, 48 pages 1939, l’alliance soviéto-nazie : aux origines de la fracture européenne Stéphane Courtois, septembre 2019, 51 pages Saxe et Brandebourg. Percée de l’AfD aux élections régionales du 1er septembre 2019 Patrick Moreau, septembre 2019, 26 pages 57 -- 59 of 74 -- Campements de migrants sans-abri : Comparaisons européennes et recommandations Julien Damon, septembre 2019, 44 pages Vox, la fin de l’exception espagnole Astrid Barrio, août 2019, 36 pages Élections européennes 2019. Le poids des électorats comparé au poids électoral des groupes parlementaires Raphaël Grelon et Guillemette Lano. Avec le concours de Victor Delage et Dominique Reynié, juillet 2019, 22 pages Allô maman bobo, (1) l'électorat urbain, de la gentrification au désenchantement, 44 pages, (2) l'électorat urbain, de la gentrification au désenchantement, 40 pages, Nelly Garnier, juillet 2019 L'affaire Séralini. L'impasse d’une science militante Marcel Kuntz, juin 2019, 35 pages Démocraties sous tension Sous la direction de Dominique Reynié, mai 2019, volume I, Les enjeux, 156 pages ; volume II, Les pays, 120 pages Enquête réalisée en partenariat avec l’International Republican Institute La longue gouvernance de Poutine Michel Eltchaninoff, mai 2019, 31 pages Politique du handicap : pour une société inclusive Sophie Cluzel, avril 2019, 23 pages Ferroviaire : ouverture à la concurrence, une chance pour la SNCF David Valence et François Bouchard, mars 2019, 42 pages Un an de populisme italien Alberto Toscano, mars 2019, 33 pages Une mosquée mixte pour un islam spirituel et progressiste Eva Janadin et anne-Sophie Monsinay, février 2019, 46 pages Une civilisation électrique, (1) Un siècle de transformations, 32 pages, (2) Vers le réenchantement, 34 pages, Alain Beltran et Patrice Carré, février 2019 Prix de l’électricité : entre marché, régulation et subvention Jacques Percebois, février 2019, 42 pages Vers une société post-carbone Patrice Geoffron, février 2019, 36 pages Énergie-climat en Europe : pour une excellence écologique Emmanuel Tuchscherer, février 2019, 26 pages La contestation animaliste radicale Eddy Fougier, janvier 2019, 35 pages Le numérique au secours de la santé Serge Soudoplatoff, janvier 2019, 38 pages Le nouveau pouvoir français et la coopération franco-japonaise Fondapol, décembre 2018, 204 pages Les apports du christianisme à l ’unité de l’Europe Jean-Dominique Durand, décembre 2018, 29 pages La crise orthodoxe, (1) Les fondations, des origines aux XIXe siècle, 28 pages, (2) Les convulsions, du XIXe siècle à nos jours, 31 pages, Jean-François Colosimo, décembre 2018 La France et les chrétiens d’Orient, dernière chance Jean-François Colosimo, décembre 2018, 33 pages Le christianisme et la modernité européenne, (1) Récuser le déni, 30 pages, Comprendre le retour de l'institution religieuse, 30 pages, Philippe Portier et Jean-Paul Willaime, décembre 2018 Commerce illicite de cigarettes : les cas de Barbès-La Chapelle, Saint-Denis et Aubervilliers-Quatre-Chemins Mathieu Zagrodzki, Romain Maneveau et Arthur Persais, novembre 2018, 64 pages 58 fondapol | l’innovation politique -- 60 of 74 -- L'avenir de l’hydroélectricité Jean-Pierre Corniou, novembre 2018, 41 pages Retraites : Leçons des réformes italiennes Michel Martone, novembre 2018, 33 pages Les géants du numérique, (1) Magnats de la finance, 56 pages, (2) Un frein à l'innovation ?, 77 pages, Paul-Adrien Hyppolite, et antoine Michon, novembre 2018 L'intelligence artificielle en Chine : un état des lieux Aifang Ma, novembre 2018, 40 pages Alternative für Deutschland : établissement électoral Patrick Moreau, octobre 2018, 49 pages Les Français jugent leur système de retraite Fondapol, octobre 2018, 28 pages Migrations : la France singulière Didier Leschi, octobre 2018, 34 pages Les Français face à la crise démocratique : Immigration, populisme, Trump, Europe… AJC Europe et Fondapol, septembre 2018, 72 pages La révision constitutionnelle de 2008 : un premier bilan Préface d’Édouard Balladur et de Jack Lang Hugues Hourdin, octobre 2018, 28 pages Les « Démocrates de Suède » : un vote anti-immigration Johan Martinsson, septembre 2018, 41 pages Les Suédois et l'immigration, (1) Fin de l'homogénéité, 35 pages, (2) Fin du consensus ?, 33 pages, Tino Sanandaji, septembre 2018 Éthiques de l’immigration Jean-Philippe Vincent, juin 2018, 35 pages Les addictions chez les jeunes (14-24 ans) Fondapol, juin 2018, 56 pages Enquête réalisée en partenariat avec la Fondation Gabriel Péri et le Fonds Actions Addictions Villes et voitures : pour une réconciliation Jean Coldefy, juin 2018, 40 pages France : combattre la pauvreté des enfants Julien Damon, mai 2018, 32 pages Que pèsent les syndicats ? Dominique andolfatto, avril 2018, 40 pages L'élan de la francophonie, (1) Une communauté de langue et de destin, 28 pages, (2) Pour une ambition française, 28 pages, Benjamin Boutin, mars 2018 L'Italie aux urnes Sofia Ventura, février 2018, 29 pages L'intelligence artificielle : l’expertise partout accessible à tous Serge Soudoplatoff, février 2018, 40 pages L'innovation à l ’ère du bien commun Benjamin Boscher, Xavier Pavie, février 2018, 44 pages Libérer l’islam de l’islamisme Mohamed Louizi, janvier 2018, 64 pages Gouverner le religieux dans un état laïc Thierry Rambaud, janvier 2018, 36 pages Une « norme intelligente » au service de la réforme Victor Fabre, Mathieu Kohmann, Mathieu Luinaud, décembre 2017, 28 pages Autriche : virage à droite Patrick Moreau, novembre 2017, 32 pages Pour repenser le bac, réformons le lycée et l’apprentissage Faÿçal Hafied, novembre 2017, 55 pages 59 -- 61 of 74 -- Où va la démocratie ? Sous la direction de Dominique Reynié, Plon, octobre 2017, 320 pages Violence antisémite en Europe 2005-2015 Johannes Due Enstad, septembre 2017, 31 pages Pour l’emploi : la subrogation du crédit d’impôt des services à la personne Bruno Despujol, Olivier Peraldi et Dominique Reynié, septembre 2017, 33 pages Marché du travail : pour la réforme ! Faÿçal Hafied, juillet 2017, 45 pages Le fact-checking : une réponse à la crise de l’information et de la démocratie Farid Gueham, juillet 2017, 49 pages Notre-Dame- des-Landes : l’État, le droit et la démocratie empêchés Bruno Hug de Larauze, mai 2017, 37 pages France : les juifs vus par les musulmans. Entre stéréotypes et méconnaissances Mehdi Ghouirgate, Iannis Roder et Dominique Schnapper, mai 2017, 38 pages Dette publique : la mesurer, la réduire Jean-Marc Daniel, avril 2017, 33 pages Parfaire le paritarisme par l’indépendance financière Julien Damon, avril 2017, 36 pages Former, de plus en plus, de mieux en mieux. L'enjeu de la formation professionnelle Olivier Faron, avril 2017, 31 pages Les troubles du monde, l’islamisme et sa récupération populiste : l’Europe démocratique menacée Pierre-Adrien Hanania, AJC, Fondapol, mars 2017, 44 pages Porno addiction : nouvel enjeu de société David Reynié, mars 2017, 34 pages Calais, miroir français de la crise migratoire européenne, (1), 38 pages, (2), 52 pages, Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach, mars 2017 L'actif épargne logement Pierre-François Gouiffès, février 2017, 31 pages Réformer : quel discours pour convaincre ? Christophe de Voogd, février 2017, 37 pages De l’assurance maladie à l ’assurance santé Patrick Negaret, février 2017, 34 pages Hôpital : libérer l’innovation Christophe Marques et Nicolas Bouzou, février 2017, 30 pages Le Front national face à l ’obstacle du second tour Jérôme Jaffré, février 2017, 33 pages La République des entrepreneurs Vincent Lorphelin, janvier 2017, 37 pages Des startups d’État à l ’État plateforme Pierre Pezziardi et Henri Verdier, janvier 2017, 36 pages Vers la souveraineté numérique Farid Gueham, janvier 2017, 31 pages Repenser notre politique commerciale Laurence Daziano, janvier 2017, 35 pages Mesures de la pauvreté, mesures contre la pauvreté Julien Damon, décembre 2016, 25 pages L'Autriche des populistes Patrick Moreau, novembre 2016, 59 pages L'Europe face aux défis du pétro-solaire Albert Bressand, novembre 2016, 34 pages 60 fondapol | l’innovation politique -- 62 of 74 -- Le Front national en campagnes. Les agriculteurs et le vote FN Eddy Fougier et Jérôme Fourquet, octobre 2016, 36 pages Le nouveau monde de l'automobile, (1) L'impasse du moteur à explosion, 34 pages, (2) Les promesses de la mobilité électrique, 48 pages, Jean-Pierre Corniou, octobre 2016 L'individu contre l’étatisme. Actualité de la pensée libérale française (XXe siècle) Jérôme Perrier, septembre 2016, 39 pages L'individu contre l’étatisme. Actualité de la pensée libérale française (XIXe siècle) Jérôme Perrier, septembre 2016, 39 pages Refonder l’audiovisuel public Olivier Babeau, septembre 2016, 31 pages La concurrence au défi du numérique Charles-Antoine Schwerer, juillet 2016, 27 pages Portrait des musulmans d’Europe : unité dans la diversité Vincent Tournier, juin 2016, 51 pages Portrait des musulmans de France : une communauté plurielle Nadia Henni-Moulaï, juin 2016, 33 pages La blockchain, ou la confiance distribuée Yves Caseau et Serge Soudoplatoff, juin 2016, 35 pages La gauche radicale : liens, lieux et luttes (2012-2017) Sylvain Boulouque, mai 2016, 41 pages Gouverner pour réformer : éléments de méthode Erwan Le Noan et Matthieu Montjotin, mai 2016, 54 pages Les zadistes, (1) Un nouvel anticapitalisme, 29 pages, (2) La tentation de la violence, 29 pages, Eddy Fougier, avril 2016 Régionales, (1) Vote FN et attentats, 45 pages, (2) Les partis, contesté mais pas concurrencés, 39 pages, Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach, mars 2016 Un droit pour l’innovation et la croissance Sophie Vermeille, Mathieu Kohmann et Mathieu Luinaud, février 2016, 38 pages Le lobbying : outil démocratique Anthony Escurat, février 2016, 32 pages Valeurs d’islam Dominique Reynié (dir.), préface par le cheikh Khaled Bentounès, PUF, janvier 2016, 432 pages Chiites et sunnites : paix impossible ? Mathieu Terrier, janvier 2016, 29 pages Projet d’entreprise : renouveler le capitalisme Daniel Hurstel, décembre 2015, 29 pages Le mutualisme : répondre aux défis assurantiels Arnaud Chneiweiss et Stéphane Tisserand, novembre 2015, 32 pages La noopolitique : le pouvoir de la connaissance Idriss J. Aberkane, novembre 2015, 40 pages Good COP21, Bad COP21, (1) Le Kant européen et le Machiavel chinois, 34 pages, (2) Une réflexion à contre-courant, 35 pages, Albert Bressand, octobre 2015 PME : nouveaux modes de financement Mohamed Abdesslam et Benjamin Le Pendeven, octobre 2015, 30 pages Vive l’automobilisme !, (1) Les conditions d’une mobilité conviviale, 27 pages, (2) Pourquoi il faut défendre la route, 32 pages, Mathieu Flonneau et Jean-Pierre Orfeuil, octobre 2015 Crise de la conscience arabo-musulmane Malik Bezouh, septembre 2015, 25 pages Départementales de mars 2015, (1) Le contexte, 30 pages, (2) Le premier tour, 43 pages, (3) Le second tour, 41 pages, Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach, août 2015 61 -- 63 of 74 -- Enseignement supérieur : les limites de la « mastérisation » Julien Gonzalez, juillet 2015, 33 pages Politique économique : l’enjeu franco-allemand Wolfgang Glomb et Henry d’Arcole, juin 2015, 22 pages Les lois de la primaire. Celles d’hier, celles de demain François Bazin, juin 2015, 35 pages Économie de la connaissance Idriss J. Aberkane, mai 2015, 40 pages Lutter contre les vols et cambriolages : une approche économique Emmanuel Combe et Sébastien Daziano, mai 2015, 44 pages Unir pour agir : un programme pour la croissance Alain Madelin, mai 2015, 42 pages Nouvelle entreprise et valeur humaine Francis Mer, avril 2015, 21 pages Les transports et le financement de la mobilité Yves Crozet, avril 2015, 23 pages Numérique et mobilité : impacts et synergies Jean Coldefy, avril 2015, 24 pages Islam et démocratie : face à la modernité Mohamed Beddy Ebnou, mars 2015, 27 pages Islam et démocratie : les fondements Aḥmad Al-Raysuni, mars 2015, 27 pages Les femmes et l’islam : une vision réformiste Asma Lamrabet, mars 2015, 36 pages Éducation et islam Mustapha Cherif, mars 2015, 34 pages Que nous disent les élections législatives partielles depuis 2012 ? Dominique Reynié, février 2015, 4 pages L'islam et les valeurs de la République Saad Khiari, février 2015, 34 pages Islam et contrat social Philippe Moulinet, février 2015, 29 pages Le soufisme : spiritualité et citoyenneté Bariza Khiari, février 2015, 46 pages L'humanisme et l’humanité en islam Ahmed Bouyerdene, février 2015, 46 pages Éradiquer l’hépatite C en France : quelles stratégies publiques ? Nicolas Bouzou et Christophe Marques, janvier 2015, 32 pages Coran, clés de lecture Tareq Oubrou, janvier 2015, 32 pages Le pluralisme religieux en islam, ou la conscience de l’altérité Éric Geoffroy, janvier 2015, 28 pages Mémoires à venir Dominique Reynié, janvier 2015, enquête réalisée en partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, 156 pages La classe moyenne américaine en voie d’effritement Julien Damon, décembre 2014, 31 pages Pour une complémentaire éducation : l’école des classes moyennes Erwan Le Noan et Dominique Reynié, novembre 2014, 48 pages L'antisémitisme dans l’opinion publique française. Nouveaux éclairages Dominique Reynié, novembre 2014, 44 pages 62 fondapol | l’innovation politique -- 64 of 74 -- La politique de concurrence : un atout pour notre industrie Emmanuel Combe, novembre 2014, 42 pages Européennes 2014, (1) La gauche en miettes, 30 pages, (2) Poussée du FN, recul de l’UMP et vote breton, 44 pages, Jérôme Fourquet, octobre 2014 Énergie-climat : pour une politique efficace Albert Bressand, septembre 2014, 47 pages L'urbanisation du monde. Une chance pour la France Laurence Daziano, juillet 2014, 34 pages Que peut-on demander à la politique monétaire ? Pascal Salin, mai 2014, 38 pages Le changement, c’est tout le temps ! 1514 - 2014 Suzanne Baverez et Jean Sénié, mai 2014, 48 pages Trop d’émigrés ? Regards sur ceux qui partent de France Julien Gonzalez, mai 2014, 48 pages Taxer mieux, gagner plus Robin Rivaton, avril 2014, 52 pages L'État innovant, (1) Renforcer les think tanks, 43 pages, (2) Diversifier la haute administration, 35 pages, Kevin Brookes et Benjamin Le Pendeven, mars 2014 Pour un new deal fiscal Gianmarco Monsellato, mars 2014, 8 pages Faire cesser la mendicité avec enfants Julien Damon, mars 2014, 35 pages Le low cost, une révolution économique et démocratique Emmanuel Combe, février 2014, 52 pages Un accès équitable aux thérapies contre le cancer Nicolas Bouzou, février 2014, 52 pages Réformer le statut des enseignants Luc Chatel, janvier 2014, 7 pages Un outil de finance sociale : les social impact bonds Yan de Kerorguen, décembre 2013, 27 pages Pour la croissance, la débureaucratisation par la confiance Pierre Pezziardi, Serge Soudoplatoff et Xavier Quérat-Hément, novembre 2013, 37 pages Les valeurs des Franciliens Guénaëlle Gault, octobre 2013, 22 pages Sortir d’une grève étudiante : le cas du Québec Jean-Patrick Brady et Stéphane Paquin, octobre 2013, 31 pages Un contrat de travail unique avec indemnités de départ intégrées Charles Beigbeder, juillet 2013, 5 pages La nouvelle vague des émergents : Bangladesh, Éthiopie, Nigeria, Indonésie, Vietnam, Mexique Laurence Daziano, juillet 2013, 29 pages Transition énergétique européenne : bonnes intentions et mauvais calculs Albert Bressand, juillet 2013, 33 pages La démobilité : travailler, vivre autrement Julien Damon, juin 2013, 35 pages Le Kapital. Pour rebâtir l’industrie Christian Saint-Étienne et Robin Rivaton, avril 2013, 32 pages Code éthique de la vie politique et des responsables publics en France Les Arvernes, Fondapol, avril 2013, 12 pages Les classes moyennes dans les pays émergents Julien Damon, avril 2013, 26 pages 63 -- 65 of 74 -- Relancer notre industrie par les robots, (1) Les enjeux, 40 pages, (2) Les stratégies, 30 pages, Robin Rivaton, décembre 2012 La compétitivité passe aussi par la fiscalité Aldo Cardoso, Michel Didier, Bertrand Jacquillat, Dominique Reynié et Grégoire Sentilhes, décembre 2012, 20 pages Une autre politique monétaire pour résoudre la crise Nicolas Goetzmann, décembre 2012, 28 pages La nouvelle politique fiscale rend-elle l’ISF inconstitutionnel ? Aldo Cardoso, novembre 2012, 5 pages Fiscalité : pourquoi et comment un pays sans riches est un pays pauvre… Bertrand Jacquillat, octobre 2012, 30 pages Youth and Sustainable Development Fondapol/Nomadéis/United Nations, juin 2012, 80 pages La philanthropie. Des entrepreneurs de solidarité Francis Charhon, mai / juin 2012, 34 pages Les chiffres de la pauvreté : le sens de la mesure Julien Damon, mai 2012, 30 pages Libérer le financement de l’économie Robin Rivaton, avril 2012, 40 pages L'épargne au service du logement social Julie Merle, avril 2012, 32 pages Valeurs partagées Dominique Reynié (dir.), PUF, mars 2012, 362 pages Les droites en Europe Dominique Reynié (dir.), PUF, février 2012, 552 pages L'école de la liberté : initiative, autonomie et responsabilité Tanneguy Larzul, janvier 2012, 27 pages Politique énergétique française, (1) Les enjeux, 36 pages, (2) Les stratégies, 31 pages, Rémy Prud'homme, janvier 2012 Révolution des valeurs et mondialisation Luc Ferry, janvier 2012, 27 pages Quel avenir pour la social-démocratie en Europe ? Sir Stuart Bell, décembre 2011, 32 pages La régulation professionnelle : des règles non étatiques pour mieux responsabiliser Jean-Pierre Teyssier, décembre 2011, 34 pages L'hospitalité : une éthique du soin Emmanuel Hirsch, décembre 2011, 29 pages 12 idées pour 2012 Fondapol, décembre 2011, 110 pages Les classes moyennes et le logement Julien Damon, décembre 2011, 40 pages Réformer la santé : trois propositions Nicolas Bouzou, novembre 2011, 30 pages Le nouveau Parlement : la révision du 23 juillet 2008 Jean-Félix de Bujadoux, novembre 2011, 32 pages La responsabilité Alain-Gérard Slama, novembre 2011, 32 pages Le vote des classes moyennes Élisabeth Dupoirier, novembre 2011, 40 pages La compétitivité par la qualité Emmanuel Combe et Jean-Louis Mucchielli, octobre 2011, 32 pages 64 fondapol | l’innovation politique -- 66 of 74 -- Les classes moyennes et le crédit Nicolas Pécourt, octobre 2011, 40 pages Portrait des classes moyennes Laure Bonneval, Jérôme Fourquet et Fabienne Gomant, octobre 2011, 36 pages Morale, éthique, déontologie Michel Maffesoli, octobre 2011, 33 pages Sortir du communisme, changer d’époque Stéphane Courtois (dir.), PUF, octobre 2011, 672 pages L'énergie nucléaire après Fukushima : incident mineur ou nouvelle donne ? Malcolm Grimston, septembre 2011, 15 pages La jeunesse du monde Dominique Reynié (dir.), Éditions Lignes de Repères, septembre 2011, 132 pages Pouvoir d’achat : une politique Emmanuel Combe, septembre 2011, 42 pages La liberté religieuse Henri Madelin, septembre 2011, 31 pages Réduire notre dette publique Jean-Marc Daniel, septembre 2011, 35 pages Écologie et libéralisme Corine Pelluchon, août 2011, 40 pages Valoriser les monuments historiques : de nouvelles stratégies Wladimir Mitrofanoff et Christiane Schmuckle-Mollard, juillet 2011, 22 pages Contester les technosciences : leurs raisons Eddy Fougier, juillet 2011, 34 pages Contester les technosciences : leurs réseaux Sylvain Boulouque, juillet 2011, 28 pages La fraternité Paul Thibaud, juin 2011, 26 pages La transformation numérique au service de la croissance Jean-Pierre Corniou, juin 2011, 45 pages L'engagement Dominique Schnapper, juin 2011, 26 pages Liberté, Égalité, Fraternité André Glucksmann, mai 2011, 30 pages Quelle industrie pour la défense française ? Guillaume Lagane, mai 2011, 21 pages La religion dans les affaires : la responsabilité sociale de l’entreprise Aurélien Acquier, Jean-Pascal Gond et Jacques Igalens, mai 2011, 33 pages La religion dans les affaires : la finance islamique Lila Guermas-Sayegh, mai 2011, 28 pages Où en est la droite ? L'Allemagne Patrick Moreau, avril 2011, 50 pages Où en est la droite ? La Slovaquie Étienne Boisserie, avril 2011, 35 pages Qui détient la dette publique ? Guillaume Leroy, avril 2011, 36 pages Le principe de précaution dans le monde Nicolas de Sadeleer, mars 2011, 33 pages Comprendre le Tea Party Henri Hude, mars 2011, 31 pages Où en est la droite ? Les Pays-Bas Niek Pas, mars 2011, 31 pages 65 -- 67 of 74 -- Productivité agricole et qualité des eaux Gérard Morice, mars 2011, 36 pages L'Eau : du volume à la valeur Jean-Louis Chaussade, mars 2011, 27 pages Eau : comment traiter les micropolluants ? Philippe Hartemann, mars 2011, 34 pages Eau : défis mondiaux, perspectives françaises Gérard Payen, mars 2011, 56 pages L'irrigation pour une agriculture durable Jean-Paul Renoux, mars 2011, 38 pages Gestion de l’eau : vers de nouveaux modèles Antoine Frérot, mars 2011, 28 pages Où en est la droite ? L'Autriche Patrick Moreau, février 2011, 36 pages La participation au service de l’emploi et du pouvoir d’achat Jacques Perche et antoine Pertinax, février 2011, 28 pages Le tandem franco-allemand face à la crise de l’euro Wolfgang Glomb, février 2011, 34 pages 2011, la jeunesse du monde Dominique Reynié (dir.), janvier 2011, 88 pages Administration 2.0 Thierry Weibel, janvier 2011, 45 pages Où en est la droite ? La Bulgarie Antony Todorov, décembre 2010, 28 pages Le retour du tirage au sort en politique Gil Delannoi, décembre 2010, 34 pages La compétence morale du peuple Raymond Boudon, novembre 2010, 26 pages L'Académie au pays du capital Bernard Belloc et Pierre-François Mourier, PUF, novembre 2010, 222 pages Pour une nouvelle politique agricole commune Bernard Bachelier, novembre 2010, 27 pages Sécurité alimentaire : un enjeu global Bernard Bachelier, novembre 2010, 27 pages Les vertus cachées du low cost aérien Emmanuel Combe, novembre 2010, 36 pages Défense : surmonter l’impasse budgétaire Guillaume Lagane, octobre 2010, 30 pages Où en est la droite ? L'Espagne Joan Marcet, octobre 2010, 34 pages Les vertus de la concurrence David Sraer, septembre 2010, 40 pages Internet, politique et coproduction citoyenne Robin Berjon, septembre 2010, 28 pages Où en est la droite ? La Pologne Dominika Tomaszewska-Mortimer, août 2010, 38 pages Où en est la droite ? La Suède et le Danemark Jacob Christensen, juillet 2010, 40 pages Quel policier dans notre société ? Mathieu Zagrodzki, juillet 2010, 24 pages Où en est la droite ? L'Italie Sofia Ventura, juillet 2010, 32 pages 66 fondapol | l’innovation politique -- 68 of 74 -- Crise bancaire, dette publique : une vue allemande Wolfgang Glomb, juillet 2010, 22 pages Dette publique, inquiétude publique Jérôme Fourquet, juin 2010, 28 pages Une régulation bancaire pour une croissance durable Nathalie Janson, juin 2010, 30 pages Quatre propositions pour rénover notre modèle agricole Pascal Perri, mai 2010, 28 pages Régionales 2010 : que sont les électeurs devenus ? Pascal Perrineau, mai 2010, 52 pages Pays-Bas : la tentation populiste Christophe de Voogd, mai 2010, 43 pages Quatre idées pour renforcer le pouvoir d’achat Pascal Perri, avril 2010, 26 pages Où en est la droite ? La Grande-Bretagne David Hanley, avril 2010, 30 pages Renforcer le rôle économique des régions Nicolas Bouzou, mars 2010, 28 pages Réduire la dette grâce à la Constitution Jacques Delpla, février 2010, 54 pages Stratégie pour une réduction de la dette publique française Nicolas Bouzou, février 2010, 30 pages Iran : une révolution civile ? Nader Vahabi, novembre 2009, 16 pages Où va la politique de l’église catholique ? D’une querelle du libéralisme à l ’autre Émile Perreau-Saussine, octobre 2009, 26 pages Agir pour la croissance verte Valéry Morron et Déborah Sanchez, octobre 2009, 8 pages L'économie allemande à la veille des législatives de 2009 Nicolas Bouzou et Jérôme Duval-Hamel, septembre 2009, 7 pages Élections européennes 2009 : analyse des résultats en Europe et en France Corinne Deloy, Dominique Reynié et Pascal Perrineau, septembre 2009, 50 pages Retour sur l’alliance soviéto-nazie, 70 ans après Stéphane Courtois, juillet 2009, 16 pages L'État administratif et le libéralisme. Une histoire française Lucien Jaume, juin 2009, 26 pages La politique européenne de développement : une réponse à la crise de la mondialisation ? Jean-Michel Debrat, juin 2009, 30 pages La protestation contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs : défense du statut, illustration du statu quo Suivi d’une discussion entre l’auteur et Bruno Bensasson David Bonneau, mai 2009, 40 pages La lutte contre les discriminations liées à l ’âge en matière d’emploi Élise Muir (dir.), mai 2009, 65 pages Quatre propositions pour que l’Europe ne tombe pas dans le protectionnisme Nicolas Bouzou, mars 2009, 12 pages Après le 29 janvier : la fonction publique contre la société civile ? Une question de justice sociale et un problème démocratique Dominique Reynié, mars 2009, 22 pages La réforme de l’enseignement supérieur en Australie Zoe McKenzie, mars 2009, 74 pages Les réformes face au conflit social Dominique Reynié, janvier 2009, 14 pages 67 -- 69 of 74 -- Travailler le dimanche : qu ’en pensent ceux qui travaillent le dimanche ? Sondage, analyse, éléments pour le débat Dominique Reynié, janvier 2009, 18 pages Stratégie européenne pour la croissance verte Elvire Fabry et Damien Tresallet (dir.), novembre 2008, 125 pages Défense, immigration, énergie : regards croisés franco-allemands sur trois priorités de la présidence française de l’UE Elvire Fabry, octobre 2008, 35 pages Depuis 2011, La Fondapol publie chaque année son ouvrage Innovation politique. Depuis 2009, la Fondapol publie chaque année son ouvrage L'opinion européenne. Entre octobre 2019 et octobre 2020, la Fondapol a publié 5 vagues de l’œuvre Le risque populiste en France rédigée par Dominique Reynié (dir.). Retrouvez notre actualité et nos publications sur fondapol.org 68 fondapol | l’innovation politique -- 70 of 74 -- Le débat public a besoin de la Fondapol et la Fondapol a besoin de vous ! Pour préserver son indépendance et conduire sa mission d’utilité publique, la Fondapol, institution de la société civile, a besoin du soutien des entreprises et des particuliers. Reconnue d’utilité publique par décret en date du 14 avril 2004, la Fondapol peut recevoir des dons et des legs des particuliers et des entreprises. Vous êtes une entreprise, un organisme, une association Votre entreprise bénéficie d’une réduction d’impôt de 60 % du montant des dons versés imputer directement sur l’IS (ou le cas échéant sur l’IR), dans la limite de 5 ‰ du chiffre d’affaires HT (report possible durant 5 ans) (art. 238 bis du CGI). Dans le cas d’un don de 10 000 €, vous pourrez déduire 6 000 € d’impôt, votre contribution aura effectivement coûté 4 000 € à votre entreprise. Vous êtes un particulier Au titre de l’IR, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt de 66 % du montant des dons versés, dans la limite de 20 % du revenu imposable (report possible durant 5 ans) ; Au titre de l’IFI, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt de 75 % du montant des dons versés, dans la limite de 50 000 €. Dans le cas d’un don de 1 000 €, vous pourrez déduire 660 € de votre IR ou 750 € de votre IFI. contact : anne Flambert + 33 (0)1 47 53 67 09 _ [email protected] -- 71 of 74 -- Je soutiens la Fondapol voici ma contribution de : 100 € 500 € 1 000 € 5 000 € 10 000 € 50 000 € Autre montant : _______ € Je choisis de faire un don : À titre personnel Au titre de la société suivante : _____________________________ Destinataire du reçu fiscal : _______________________________________ ___________________________________________________________________ N° ________ Rue _________________________________________________ ___________________________________________________________________ ___________________________________________________________________ Code postal ____________ Ville ___________________________________ Par chèque, à l’ordre de la Fondation pour l’innovation politique Par virement bancaire daté du : ____________________________ au profit du compte Fondation pour l’innovation politique à la Caisse des dépôts et consignations : _________________ IBAN : FR77 4003 1000 0100 0029 9345 Z16 BIC : CDCGFRPPXXX Bulletin de soutien À renvoyer à : Fondation pour l’innovation politique 11, rue de Grenelle 75007 Paris Contact : Anne Flambert Responsable administratif et financier 01 47 53 67 09 [email protected] -- 72 of 74 -- -- 73 of 74 -- 11, rue de Grenelle • 75007 Paris – France • Tél. : 33 (0)1 47 53 67 00 • [email protected] Le site internet Les données en open dataLes médias fondapol.org ISBN : 978-2-36408-388-2 5 € Par Guillaume MOUKALA SAME Longtemps confinés à la science-fiction, les robots humanoïdes suscitent depuis quelques années un fort regain d’intérêt. Après des décennies de recherche et développement, les premiers modèles à usage commercial commencent à arriver sur le marché. En théorie, les robots humanoïdes pourraient entièrement révolutionner l’économie, fournissant une force de travail quasi illimitée pour un coût nettement inférieur à celui de la main-d’œuvre humaine, et combinant dans un même corps l’intelligence des esprits les plus brillants et la dextérité des meilleurs artisans. En pratique, les modèles actuels sont encore loin de se substituer parfaitement au travail humain. Sur le plan physique, la reproduction de la dextérité humaine demeure un défi de taille et sur le plan cognitif, les intelligences artificielles manquent encore de sens commun. Ainsi, plusieurs scénarios peuvent être imaginés selon les évolutions technologiques et économiques : de robots cantonnés à quelques niches industrielles, sans impact macro-économique, à robots omniprésents dans l’économie, augurant une ère de prospérité sans précédent. L’ampleur et le calendrier de cette transformation restent largement indéterminés. LES ROBOTS HUMANOÏDES : LA PROCHAINE RÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE ? -- 74 of 74 --