De la mesure à l'action : les achats, premier marché des solutions climatiques - Decision-achats.fr
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1 juin 2026, 12:15
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Accueil / #Stratégie achats / #RSE & Achats durables Dix ans après l’Accord de Paris, les directions achats ont accompli un vrai travail. Scope 3 cartographié, fournisseurs questionnés, données ESG collectées. Et pourtant, une absurdité s’est installée en silence : les acheteurs passent plus de temps à mesurer le carbone, pas assez à choisir des solutions climatiques. Nous avons confondu l’outil et l’objectif. La scène est devenue routinière dans les grandes entreprises : un acheteur doit justifier en tonnes de CO2 équivalent pourquoi remplacer une flotte diesel par des véhicules électriques. Il le sait. Sa direction le sait. Son fournisseur aussi. Mais le processus exige la démonstration chiffrée, le facteur d’émission validé, la donnée auditée. Pendant ce temps, les solutions restent sur l’étagère. Et le marché des solutions climatiques attend. La comptabilité carbone, nécessaire mais paralysante La comptabilité carbone telle qu’elle a été conçue il y a vingt ans n’était pas pensée pour piloter des acheteurs opérationnels. Sa complexité technique (facteurs d’émission hétérogènes, données fournisseurs lacunaires) génère des débats sans fin sur des écarts de quelques grammes par euro acheté. Son abstraction transforme des objectifs d’action en équations incompréhensibles : « réduire 1 000 tCO2eq » ne dit rien à un acheteur, encore moins un alignement sur une température de réchauffement terrestre. A l’inverse, « passer 50 % de la flotte à l’électrique d’ici 2028 » lui donne un cap, des fournisseurs à cibler, des contrats à négocier. Lire aussi : VNF : 3 leviers pour réduire le poids carbone des travaux Le résultat est paradoxal : plus les entreprises investissent dans la mesure, moins elles avancent sur l’action. Ce n’est pas la mesure qu’il faut abandonner. C’est la place qu’on lui a accordée qu’il faut reconfigurer. Faire des achats le débouché des solutions climatiques L’indicateur qui manque aux directions achats est simple : la part de solutions climat déployées, par catégorie . Énergie renouvelable ou PPA, flotte électrique, matériaux biosourcés, IT reconditionné, chimie ou plastique recyclée. Des objectifs compréhensibles à tous les niveaux de l’organisation, directement liés aux décisions d’achat, et mesurables sans expertise climatique. Des objectifs qui font des achats ce qu’ils sont en réalité : le premier débouché commercial des solutions climatiques en entreprise ! C'est précisément là que le renforcement technologique change la donne. Les plateformes de pilotage carbone permettent désormais de dissocier ce que voit l'acheteur de ce que calcule la machine. L'acheteur renseigne ses décisions dans son langage métier ; la plateforme traduit automatiquement en impact CO2, identifie les catégories prioritaires et restitue au format CSRD ou SBTi. La comptabilité carbone devient un back-office invisible, au service de l'action et non plus obstacle à elle. Chaque heure libérée sur la collecte de données est une heure gagnée sur le sourcing de solutions. Les directions achats n'ont pas besoin d'un tableau Excel carbone pour savoir que l'électricité renouvelable vaut mieux que le charbon. Elles ont besoin d'un objectif clair, de fournisseurs identifiés, et du feu vert pour contractualiser. La transition climatique a besoin d'un marché. Les achats sont ce marché. Laissons-les jouer leur rôle. A propos de l'auteur Renaud Bettin est VP Climate action chez Sweep.