FEDEPSAD 1614161257 CONFÉRENCE PRESSE 24.02.21 PSAD
FEDEPSAD Communiqués de presse
11 juin 2026, 06:00
Texte de la source originale
Les prises en charge
à domicile en danger :
la FEDEPSAD
lance l’alerte
Conférence de presse
Mercredi 24 février 2021
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Contacts
Alexandra DUVAUCHELLE
Déléguée générale de la Fédération des PSAD
Mobile : 06 30 29 93 72
Sylvie FONTLUPT
Relations presse
Mobile : 06 72 82 42 18
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Sommaire
• L’essentiel
• Les PSAD des acteurs de santé de proximité
• Chronique d’une casse annoncée
• La mesure de trop !
• Une urgence : renouer le dialogue et construire une politique conventionnelle
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L’essentiel
• Les prises en charge à domicile effectuées par les prestataires de santé à domicile
(PSAD) subissent des coupes budgétaires aveugles et répétées. Leur effet cumulatif
depuis plusieurs années est devenu insoutenable et met en danger la prise
en charge de 2 millions de patients. La perspective d’une nouvelle coupe de
115 millions d’euros sur le traitement à domicile de l’apnée du sommeil, activité
dont les tarifs ont déjà été réduits de 36 % en 10 ans, est la mesure de trop !
• Les PSAD ont pourtant avancé des propositions permettant de garantir aux Français
les meilleures prises en charge à domicile et l’accès aux innovations dans le cadre
d’une trajectoire pluriannuelle de maîtrise soutenable.
• Les traitements à domicile correspondent pourtant aux aspirations des patients,
- qui expriment d’ailleurs une grande satisfaction au regarde de leurs PSAD -, et
sont au cœur des priorités d’action du gouvernement (Ma santé 2022, Grand âge
et autonomie, etc.)
• La FEDEPSAD veut tirer le signal d’alarme pour éviter à ce secteur précieux pour
les patients et agile, comme il l’a encore démontré avec la crise sanitaire, de
connaître le décrochage que d’autres pans du système de santé Français comme
l’hôpital, ou le médicament.
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Les PSAD des acteurs de santé
de proximité
Le premier hôpital de France, c’est le domicile des patients. Les Prestataires de santé
à domicile (PSAD) sont des acteurs majeurs du système de santé. Ils accompagnent
plus de 2 millions de patients sur l’ensemble du territoire français, tout au long de
leur parcours de soins dans le cadre des principales malades chroniques (maladies
respiratoires, diabète), des pathologies lourdes (oncologie, stomie, Parkinson,
maladies rares), de pathologies aiguës (antibiothérapies, dénutrition, immunothéra-
pie….), ou encore accompagnent et équipent les personnes en perte d’autonomie
liées au vieillissement et au handicap .
Ils Interviennent sur prescription médicale pour des traitements associant dispositif
médical complexe, services associés et accompagnement du malade en lien avec
les professionnels de santé de ville et le prescripteur.
Ce sont 2 500 associations et entreprises de proximité avec plus de 3 000 sites
répartis sur l’ensemble du territoire. Chacun des 100 plus importants prestataires
prend en charge un nombre de patients supérieur à l’activité moyenne d’un
établissement MCO, soit plus de 6 500 patients. Les PSAD emploient 30 000 sala-
riés dont 20 % de professionnels de santé (infirmiers, pharmaciens, diététiciens,
ergothérapeutes…). Les PSAD sont ainsi des acteurs clés des territoires et créent
annuellement entre 800 et 1 000 nouveaux emplois non délocalisables.
Les PSAD sont un levier de la coordination entre la ville et l’hôpital puisqu’ils consti-
tuent l’un des premiers maillons du retour à domicile des patients en sortie
d’hospitalisation. Ils disposent d’une organisation logistique qui leur permet une
grande réactivité. Ils interviennent en complémentarité des autres professionnels de
ville (infirmiers libéraux notamment).
De manière globale, les PSAD favorisent l’autonomie du patient par rapport à son
traitement et le maintien au domicile des personnes en perte d’autonomie, que celle-
ci soit liée à l’âge ou à la maladie. Ils répondent en ce sens à l’aspiration de plus de
85 % des Français qui souhaitent bénéficier de leur traitement à leur domicile, ou
à y demeurer le plus longtemps possible.
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Covid-19 : Les PSAD mobilisés pour soulager les hôpitaux
Depuis le début de la crise sanitaire, les PSAD ont contribué très largement à
l’accélération du retour au domicile des patients libérant ainsi les capacités
hospitalières et permettant à l’hôpital de tenir dans la durée. Des milliers de maté-
riels ont également été prêtés aux hôpitaux pour la création de lits de réanimation.
Pour favoriser le recours à l’oxygénothérapie à domicile, ils ont mis en place une
organisation agile pour répondre aux besoins dans un délai de 4 heures, une fois
qu’ils ont été sollicités. Des organisations logistiques dans les territoires, au plus près
des patients, ont été construites. Pour rappel, lors la première vague, au printemps
2020, les PSAD avaient organisé la mobilité des appareils en direction des Ehpad et
des régions les plus frappées par l’épidémie, comme le Grand Est et l’Île-de-France.
À l’instar des transferts de patients entre hôpitaux, les PSAD avaient mis en place les
chaînes logistiques permettant des transferts rapides de matériels.
Par ailleurs, des stocks de sécurité ont été constitués pour anticiper un surcroît de
demandes en équipements d’oxygénothérapie. Depuis la première vague, et malgré
un contexte de baisses tarifaires continues, les PSAD ont réalisé un effort sans
précédent pour accompagner l’accroissement des demandes d’équipements d’oxy-
génothérapie et l’accélération du roulement des appareils : 15 000 concentrateurs
supplémentaires ont été acquis pour un montant de 8 millions d’euros correspon-
dant à 15 % du chiffre d'affaires annuel du secteur pour l'oxygénothérapie de court
terme.
Les PSAD n’ont pas hésité à recourir à l’emprunt pour financer ces investissements.
Et, bien sûr, au plus dur de l’épidémie, les PSAD ont garanti la continuité de prise en
charge des 2 millions de patients déjà suivis. Lors des périodes de confinement strict,
en se rendant au domicile des patients quand cela était indispensable, les PSAD ont
également rempli une mission de lien social et contribué à rompre l’isolement de
nombreux patients en grande détresse morale. Maintenir du lien humain, est aussi
au cœur du métier des PSAD.
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Chronique d’une casse annoncée
L’activité des prestataires de santé au domicile de 2 millions de patients chaque
année, représentent 4 milliards d’euros, dont 90 % sont remboursés par le régime
d’Assurance Maladie obligatoire. La trajectoire de leur évolution est liée à une
évolution structurelle du besoin.
L’augmentation du nombre de patients à domicile ( entre 5 et 7%) résulte directement
de l’effet conjoint de l’évolution démographique, du vieillissement de la population,
de la prévalence des maladies chroniques et surtout de l’accélération du virage
ambulatoire / domiciliaire impulsé par la politique de santé publique. Les PSAD ne
peuvent être tenus responsables de cette évolution et ne font que remplir leur rôle
en prenant en charge un nombre croissant de patients sur prescription médicale.
Les PSAD sont concernés par les mesures de régulation strictes des dépenses appli-
quées par le CEPS sur le modèle du médicament dans une logique de régulation
« prix/volume. » Celui-ci ne prend pas en considération l’effet positif induit sur les
dépenses à travers le développement des alternatives à l’hospitalisation, ainsi que
des hospitalisations et ré-hospitalisations évitées, lesquelles génèrent des économies
substantielles en améliorant la satisfaction des patients.
Intrinsèquement, une prise en charge à domicile est moins coûteuse qu’une prise
en charge hospitalière.
En 9 ans, le CEPS a imposé 700 millions d’euros de baisse tarifaires. En moyenne,
entre 2011 et 2019, le secteur a connu une baisse tous les 4 mois et demi, certaines
allant jusqu’à 11 %, sans qu’il soit possible de négocier et dans un contexte
d’accroissement des contraintes réglementaires et normatives, lesquelles entraînent
des coûts supplémentaires. En 2021, une nouvelle contrainte sera mise en œuvre
avec l’instauration d’une certification, synonyme, là encore de coûts supplémentaires
comme ont d’ailleurs pu le vérifier d’autres secteurs auxquels ce dispositif a aussi été
imposé, comme les laboratoires de biologie médicale.
À ces 700 millions s’ajoute l’impact de la crise sanitaire de 200 millions d’euros liés
aux reports de prises en charge. La politique comptable se poursuit de manière
inchangée, en dépit des promesses du gouvernement en avril 2019 d’engager le
CEPS sur une méthode de concertation constructive. La FEDEPSAD, n’a pas eu
d’autre choix, pour marquer sa désapprobation, que de boycotter les dernières
réunions du CEPS, où l’on se borne à donner lecture de la météo des coupes tari-
faires du lendemain.
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La Fédération des PSAD a pourtant fait de nombreuses propositions visant à favoriser
une régulation intelligence.
Les pouvoirs publics continuent années après années à vouloir appliquer les méca-
nismes de régulation du médicament à travers le CEPS. Or la prestation de santé, à
la différence du secteur pharmaceutique notamment – un métier de services carac-
térisé par :
• l’importance des coûts variables (75 % des coûts de la prestation) ;
• l’importance des coûts de personnel (50 % des coûts moyens) et des coûts d’achat
des DM ;
• un coût marginal du nouveau patient très proche de celui du patient précédent.
Ce modèle économique limite les économies d’échelle liées à l’effet volume et rend
les PSAD très sensibles aux baisses de tarifs. La croissance des dépenses n’est pas
une croissance de la rentabilité, des entreprises, qui est en contraire en recul, mais
une croissance liée à l’évolution conjoncturelle : l’augmentation des pathologies
chroniques, les virages ambulatoire et domiciliaire, l’impact du vieillissement de la
population et le handicap.
Le pilotage à vue des associations et des entreprises des PSAD, qui découvrent une
baisse tarifaire tous les 4 mois dans le Journal Officiel, n’est ni tenable ni conci-
liable avec l’ampleur des investissements à réaliser pour accompagner les patients.
C’est la qualité des prises en charge, des équipements, et des emplois qui sont en
danger. C’est rendre précaire un secteur sur lequel les politiques de santé devront
s’appuyer pour soutenir la démographique et le vieillissement de la population à venir
que ni les structures hospitalières ni les structures d’accueil pour personnes âgées
ne pourront pas absorber seules. En avril 2019, la ministre de la Santé avait semblé
avoir pris la mesure de ces difficultés et ouvert la voie à une méthode de concertation
permettant de sortir de cette impasse budgétaire. Pourtant la LFSS ne traduit pas
cette évolution puisqu’elle entend appliquer 150 millions de baisses tarifaires sur le
secteur des dispositifs médicaux.
Pour toutes ces raisons, la FEDEPSAD n’a donc pas d’autre choix que de boycotter
les réunions d’annonce des coupes tarifaires pour tenter de faire entendre sa voix.
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Les chiffres
Secteur
Patients pris en charge 2 millions
Evolution annuelle du nombre de patients Entre 5 et 7%
Impact baisses PSAD cumulées 2010-2019 700 M€
CA annuel 4 Milliards €
Total entreprises et structures associatives dans le secteur 2500
Les 100 plus gros PSAD = Activité d’un Hôpital MCO standard 6500 patients
Total Salariés 30 000
Total Professionnels de santé PSAD 5000
Emploi non délocalisables créés sur le territoire national
depuis 2010 Plus de 10 000
Inflation cumulée 2010-2020 11,8%
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La mesure de trop !
Le Comité économique des produits de santé (CEPS) a publié au JO, le 18 février un
avis de projet de nouvelle révision des tarifs de responsabilité et des prix limites de
vente au public des forfaits de locations des dispositifs médicaux à pression positive
continue et des prestations associées pour le traitement du syndrome d’apnées/
hypopnées obstructives du sommeil. Un mois et demi seulement après avoir appli-
qué unilatéralement une autre baisse tarifaire de 9% en moyenne sur le traitement
de l’insulinothérapie par pompe. Ce projet induit une nouvelle coupe de 11 % sur les
tarifs du traitement de l’apnée du sommeil, soit 115 millions d’euros, applicable le
15 avril 2021. Cette annonce est faite sans même attendre les résultats d’une étude
médico-économique que la Fédépsad s’est engagée à livrer fin avril. La publication
d’une baisse tarifaire sur le sujet avant sa présentation, démontre que ni le CEPS
ni la DSS n’entendent tenir compte de ses résultats. L’ambition est claire, baisser
le niveau de la dépense, sans aucune considération de la valeur de la prise en
charge pour les patients, ou le système de santé.
Ce montant s’ajoute aux 50 millions d’économie pour l’assurance maladie réalisés
en raison des reports de diagnostic et d’initiation du traitement pendant la crise
sanitaire.
En 10 ans, le CEPS a réduit de 36 % les tarifs du traitement d l’apnée du sommeil,
qui concerne 1,3 million de patients.
Les chiffres sur l’apnée du sommeil
1,042 Md €/an
pour la prise en
charge par les PSAD
de l’apnée
du sommeil
-36 %
de baisse depuis 2010
1,3 M
Patients apnéiques
suivis par un PSAD
300 M€
Investissement
renouvellement
du parc depuis 2018
200 m€
d’économies
cumulées pour l’AMO
depuis 2018 soit
300M€ pour l’AMO
et AMC
-50 M€
Impact COVID 2020
et 2021 sur la PPC
et 200 millions
d’impact global
- 115 M €
(-11,00 %)
Impact baisse
publiée 2021
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Pour la FEDEPSAD, c’est la coupe tarifaire de trop !
Le CEPS s’attaque à une prise en charge sur laquelle les associations et les entre-
prises viennent d’investir 300 millions d’euros pour renouveler la totalité du
parc de matériel et permettre aux patients d’accéder à du matériel de dernière
génération et de bénéficier du déploiement massif du télésuivi. Ces innovations
permettent de créer de la valeur dans le système de santé et d’améliorer la qualité
de vie des patients.
Le CEPS pénalise une amélioration très sensible de l’accompagnement et du suivi
et du déploiement de la e-santé au bénéfice du patient. La FEDEPSAD regrette, une
fois encore que le CEPS décourage les associations et les entreprises, dont une large
part a financé ces investissements sur de l’emprunt et donc de la dette. L’engagement
des PSAD pour un paiement à la performance est bien mal récompensé.
Au total, en pénalisant les PSAD qui travaillent à l’amélioration des prises en charge
et à la qualité de leurs prestations, c’est le patient que le CEPS pénalise.
Cette situation est très mal vécue par les PSAD car en plus d’être arbitraire et
inique, elle est absurde et dangereuse.
Avec la crise sanitaire, cette politique arbitraire de la gestion comptable vient de
dévoiler son visage. « Entre 2005 et 2015, la part des médicaments fabriqués en
France a été divisée par deux », a reconnu, début février, la ministre déléguée à
l’Industrie. La France a été rétrogradée de trois places dans le classement Bloomberg
des pays innovants. En ville, les déserts médicaux progressent, laissant un nombre
croissant de patients sans médecin traitant et la densité médicale a reculé de 30 %
en 7 ans. L’hôpital public, dont les capacités d’investissement et d’action ont été
asséchées par la politique d’économies, est précarisé et se trouve en grande
difficulté. Si la crise a pu être gérée c’est grâce à la mobilisation des acteurs de santé
du domicile qui ont assuré la continuité des prises en charge et favorisé les sorties
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d’hospitalisation.
Toutes ces situations résultent d’une même logique comptable qui frappe indis-
tinctement tous les acteurs de la santé depuis 30 ans. Si une prise de conscience
collective est en train de naître autour des effets de cette politique du rabot budgé-
taire, qui coûte tant à notre pays aujourd’hui, tous les acteurs de santé ne sont pas
regardés de la même façon, comme en témoigne la situation très alarmante des
prestataires de santé à domicile. La FEDEPSAD veut alerter pendant qu’il est encore
temps.
D’autant que cette situation traduit une profonde contradiction avec les aspirations
politiques du gouvernement et la réalité médicale et démographique.
L’effet cumulatif des coupes tarifaires depuis plusieurs années (700 M€) est devenu
insoutenable et met en danger la qualité de prise en charge de 2 millions de
patients. La perspective d’une nouvelle coupe de 115 millions d’euros sur le
traitement au domicile de l’apnée du sommeil, activité dont les tarifs ont déjà été
diminués de 36 % en 10 ans, est la mesure de trop ! La FEDEPSAD ne l’accepte pas.
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Une urgence :
renouer le dialogue et construire
une politique conventionnelle
Les prestataires de santé à domicile sont des acteurs de santé responsables qui
n’ignorent rien des contraintes économiques pesant sur les dépenses de santé et ils
ont toujours participé à l’efficience du système de santé. Simplement, ils réclament
une régulation responsable et négociée dans laquelle la création de valeur qu’ils
apportent, à travers les alternatives à l’hospitalisation, l’amélioration de l’observance,
la réduction des complications, soit prise en compte. Leurs entreprises qui reposent
sur le recours à des ressources humaines conséquentes et des investissements lourds
(donc de l’endettement) ont besoin de visibilité. Ne pas savoir de quoi seront faits
les tarifs du prochain trimestre n’est pas tenable.
Pour sortir de l’impasse budgétaire et concilier la maîtrise des dépenses avec des
prises en charge à domicile de qualité, et un meilleur accès à l’innovation, la Fédé-
ration porte un projet d’accord cadre, (l’ancien étant obsolète depuis 2015) dont
le principe avait été acté en avril 2019 par le cabinet ministériel. Celui-ci permettrait
de mettre un terme aux logiques budgétaires aveugles, brutale, dévastatrices et
pénalisantes pour les patients qui installent notre système de santé dans un cercle
économique vicieux dont on vient de voir les effets sur l’hôpital et le médicament
avec la crise sanitaire.
L’accord-cadre que la FEDEPSAD propose depuis plusieurs années permettra de régir
les relations entre les prestataires de santé et le CEPS et repose sur trois piliers :
1. Des négociations pluriannuelles afin de donner de la visibilité aux acteurs ;
2. Une régulation coconstruite avec les acteurs, qui s’appuiera sur un partage de
données en amont des négociations et devant conduire à des diagnostics éclairés
et partagés ;
3. Une maîtrise de la dépense élaborée préférentiellement via des outils reposant sur
la qualité et la pertinence du service rendu au patient ou sur des mécanismes
autres que les baisses tarifaires (paiement à la performance, forfaitisation…) ;
Le 16 avril 2019, devant les fédérations professionnelles, le ministère de la santé avait
invité le CEPS à ouvrir la négociation de cet accord-cadre. Mais force est de constater
que le CEPS n’a pas considéré cet acte fondateur de la négociation comme priori-
taire, privilégiant la mise en œuvre de baisses tarifaires.
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La FEDEPSAD en appelle au ministre de la Santé. S’il veut démontrer son sou-
tien aux prises en charge à domicile et, au-delà, qu’il soutient cette approche
responsable de la maîtrise des dépenses dans le cadre d’une politique conven-
tionnelle au service des patients, il est urgent qu’il :
- décide un moratoire sur les baisses tarifaires en cours
- engage le CEPS à suspendre les mesures d’économie et à finaliser au plus
vite les négociations sur l’accord cadre.
La FDEPSAD attend du ministre de la Santé un signal fort.
La colère monte dans un secteur qui est se sent méprisé alors qu’il participe
à la gestion de crise sanitaire, apporte de la satisfaction aux patients et contri-
bue à créer de la valeur pour le système de santé et les patients.
Ne recommençons pas les mêmes erreurs. Il est grand temps de prévoir l’avenir,
de concevoir de nouvelles règles du jeu pour les prestataires de santé à domicile
et de les reconnaître comme de véritables acteurs de Santé.
Le temps est venu de retrouver le chemin du dialogue et de travailler autour
des propositions des PSAD. Ces acteurs de santé sont en prise directe avec les
réalités quotidiennes et humaines de 2 millions de patients. Laisser ces acteurs
essentiels dans l’angle mort de l’offre de soin n’est ni raisonnable, ni respon-
sable.
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FÉDÉRATION DES PRESTATAIRES DE SANTÉ À DOMICILE
126 rue de Charenton
75012 PARIS
www.fedepsad.fr
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