VDF DP Livia De Poli 2023 OK
Ville de Belfort Espace Presse
10 juin 2026, 00:20
Texte de la source originale
Hôtel de VILLE DE BELFORT et du GRAND BELFORT
Place d’Armes - 90200 Belfort Cedex - Tél. 03 84 54 24 24 - belfort.fr
Du 1er juillet au 3 septembre 2023, la TOUR 46 accueille l’œuvre de l’artiste Livia De Poli
pour une exposition intitulée « Les 5 vies de Livia De Poli ».
DOSSIER DE PRESSE
Belfort, vendredi 23 juin 2023
Par
Delphine MENTRÉ
Adjointe au maire de Belfort,
chargée de la Culture et du
Patrimoine
EXPOSITION
LIVIA DE POLI
LIVIA DE POLID U 1 E R J U I L L E T A U 3 S E P T E M B R E 2 0 2 3
TOUR46RUE FRÉDÉRIC-AUGUSTE BARTHOLDI À BELFORT
LES 5 VIES DE
affiche2.qxp_Mise en page 1 14/06/2023 14:40 Page 1
LIVIA DE POLI,
ARTISTE AUX
MULTIPLES VIES
Italienne et terrifortaine d’adop-
tion, Livia De Poli est une artiste
originale et talentueuse qui fait
enfin l’objet d’une présentation
généreuse et officielle à Belfort
cet été 2023.
C’est ainsi une rétrospective sur
près de 30 ans de carrière qui est
proposée à la Tour 46.
Discrète et sympathique, Livia De
Poli exprime sa grande sensibilité
à travers dessins, peintures et sur-
tout sculptures avec des œuvres
aussi élégantes qu’elles peuvent
être surprenantes.
Entre perfection formelle et ex-
pression d’un moi intérieur sen-
sible, les « cinq vies » de Livia De
Poli jouent sur le dualisme, entre
vie et mort, joies et peines, éro-
tisme et ingénuité.
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LIVIA DE POLI
Née en 1948 à Conco dans la région Vénétie
de l’Italie, Livia Caterina De Poli entre dans
l’atelier Erma de Bassano del Grappa
pour travailler la céramique et effectue
des stages de formation à la Scuola della
Ceramica de Nove.
En 1966, elle rencontre son futur mari Luigi
Aldino De Poli et s’installe en France l’année
suivante avant d’emménager à Urcerey,
dans le Territoire de Belfort, en 1974.
Dès les années 1980, Livia De Poli
expose régulièrement, en groupe ou
personnellement.
Ses débuts sont marqués par la tradition de
l’artisanat d’art et un savoir-faire reconnu
plusieurs fois au Salon des arts de la Foire
de Paris : elle remporte en 1990 le premier
prix du jury avec Arcimbolda et un double
premier prix, du jury et du public, en 1994
avec Le Clown olympique.
En 2005, elle reçoit sa première commande
publique, La Femme échevelée, pour
l’Université de Haute-Alsace. Suivront
une exposition personnelle au musée des
Beaux-Arts de Mulhouse en 2008, où sont
présentées pour la première fois les Morts
joyeuses, ainsi qu’une nouvelle commande
publique pour La Licorne du Fayé en 2009.
En 2010, Nicolas Surlapierre, alors directeur
des Musées de Belfort, repère un Entrelacs
dans l’atelier de Livia De Poli et lui demande
une version agrandie pour l’exposition
« Audace monumentale » à Belfort en 2011.
Le projet est rendu possible grâce au soutien
de la DRAC de Franche-Comté. L’œuvre,
intitulée Rubans, est ensuite acquise par
la Ville de Belfort et installée dans l’espace
public, aujourd’hui visible à proximité de la
Tour 41.
En 2019, l’Entrelacs intitulé Memoria est
sélectionné par le jury de Blanc de Chine
de l’Institut de Céramique de Pékin.
En 2020, elle réalise une œuvre pour le 150 e
anniversaire du siège de Belfort à la Citadelle :
il s’agit d’une réplique très agrandie du képi
du colonel Denfert-Rochereau.
En 2022, elle expose à la Galerie XXI à
Paris. Elle est également invitée à exposer
ses œuvres lors de la célébration du 30e
anniversaire de l’Artothèque ASCAP à
Montbéliard.
Tête rêveuse, faïence émaillée, 2001
Symbiose, faïence émaillée, 2006
Cocon doré, faïence émaillée, 2015
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TÊTES ET VISAGES
Dépouillement inquiétant ou riche foisonnement, les têtes
et visages de Livia De Poli ont une place importante dans
sa première phase de création. Loin du portrait sculpté
traditionnel, ils ne se cantonnent ni à un mimétisme
rigoureux, ni à une idéalisation du réel destinée à flatter le
sujet. L’inventivité ainsi que la recherche d’harmonies et de
contrastes sont en effet plus forts que le souci de réalisme.
C’est la minutie la plus grande qui préside à la réalisation
des têtes inspirées par l’œuvre de l’artiste italien Giuseppe
Arcimboldo (1527 – 1593), en particulier sa série Les 4
saisons conservée au musée du Louvre et sa toile intitulée
Le Bibliothécaire. Véritables personnifications des saisons,
les têtes de Livia De Poli poussent plus loin la démarche
du peintre italien de la Renaissance dans la mesure où, les
transposant dans l’espace en trois dimensions qui est celui
de la sculpture, elle a dû façonner toutes les faces de la pièce
avec la même attention.
La logique métonymique mise au point par Arcimboldo
est donc décuplée dans ces têtes composées de fleurs, de
fruits et de végétaux divers. Si le tout n’est pas réaliste, les
éléments qui le composent le sont, de sorte que la métaphore
soit lisible. Il s’agit donc ici d’apprécier la beauté du tout en
s’attachant au soin porté aux multiples parties.
CORPS CALLIPYGES
Rondeurs et verticalité jouent la carte du mystère et
interrogent. Livia De Poli sculpte-t-elle les courbes féminines
ou masculines ? Les premiers corps callipyges sont les
témoins de la transition avec la phase des têtes et visages :
motifs floraux et couleurs chatoyantes ornent ces corps
fessus rappelant sans détour l’ère des Nanas de Niki de Saint
Phalle (1930-2002).
Ces « poupées » de grande taille, très colorées, représentant
des femmes aux formes généreuses ont, consciemment ou
non, influencé Livia De Poli. Très charnelles, les sculptures
aux couleurs vives qu’elle invente à cette période de sa vie
contrastent pourtant fortement avec les dessins et aquarelles
réalisés au même moment. Sous les coups de crayon et de
pinceau, les corps se creusent à l’extrême, questionnant la
sensualité et les courbes féminines.
Se cacher ou se dévoiler ? Tel est le paradoxe de ces corps
qui ont perdu leur visage, peut-être même leur identité. Des
visages retrouvés dans la phase de travail suivante, marquée
davantage par l’expression des douleurs personnelles de
l’artiste.
Arcimbolda, faïence émaillée, 1990
Naïade, faïence émaillée, 2001
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MORTS JOYEUSES
Si les formes callipyges sont encore présentes, elles sont
désormais prolongées par de longs cous décharnés portant
des têtes hurlantes ou riant aux éclats. Les couleurs ont laissé
place à une stricte bichromie blanche et rouge, l’homme et
la femme sont devenus outils de création sans toutefois que
l’on parvienne à les différencier systématiquement.
Les courbes du corps humain ne portent plus la féminité
comme une évidence et la dualité s’impose. La souffrance
est palpable, la mort côtoie la vie et l’érotisme. Cette phase
extrêmement torturée met le corps à mal. Livia De Poli
exprime dans cet ensemble de sculptures tout son désarroi
et sa douleur.
L’art comme exutoire… Elle se libère totalement des courants
artistiques et, loin de tout formatage esthétique, nous livre à
cœur ouvert ses créations mystérieuses. Aucune retenue ni
pudeur ici, aucune volonté de choquer non plus : les Morts
joyeuses sont l’expression d’une recherche existentielle où
des êtres hybrides semblent danser et rire de la finalité
humaine, invitant à réfléchir au sens de la vie.
Pour Livia De Poli, « l’art et la vie se confondent. Entrer dans
son atelier, c’est entrer dans l’intimité de ses pensées » (Joël
Delaine, conservateur des Musées de Mulhouse, 2008).
ENTRELACS
À l’épisode torturé des Morts joyeuses succède l’élégance
des Entrelacs. À partir de 2009, Livia De Poli adopte un
style nouveau. Telles des pensées, les brins se croisent,
s’entrechoquent, s’emmêlent. Les boucles de ces sculptures
rappellent les graphies cursives et pour cause : les Entrelacs
peuvent être perçus comme un langage particulier,
l’expression d’un inconscient, le révélateur d’un état
psychique. Encore une fois, c’est un exutoire.
L’œuvre J’étouffe, où l’on reconnaît une tête que des
entrelacs étranglent, témoigne bien de la dimension
expressive de ces créations. Les Entrelacs ne font pas que
s’insérer dans l’espace, ils le découpent et l’absorbent, si
bien que les vides comme les pleins sont constitutifs de
ces sculptures. Le regard glisse sur les liens qui composent
les Entrelacs, ce qui nous incite à les découvrir sous divers
points de vue. Tantôt aériens, tantôt condensés, rehaussés
parfois de touches colorées ou laissés immaculés, ces brins
larges ou frêles offrent une grande diversité de possibilités
rythmiques.
C’est aussi un défi technique que Livia De Poli s’est lancé
en s’aventurant dans la création des Entrelacs. La gravité
voudrait que ces compositions s’effondrent mais elles
tiennent bon, grâce à un savoir-faire développé petit à petit
par l’artiste.
Les Ricaneuses, faïence émaillée, 2008
J’étouffe 1, porcelaine de Limoges, 2012
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AUTOUR DE L’EXPOSITION
Visites commentées gratuites
13 et 28 juillet ; 4 et 11 août à 14 h 30
Durée : 1 h. À partir de 12 ans.
Sur réservation au 03 84 54 56 40 ou par mail
[email protected]
Visite guidée proposée à l’intérieur dans la limite de la jauge
autorisée.
Visites libres
Tous les jours de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 30
Au tarif habituel des musées.
Direction de la Communication de la Ville de Belfort
Contact :
Justine Desfossez - [email protected]
Coline Therville - [email protected]
DIDIER PAQUIGNON
DU 11 MARS AU 4 JUIN 2023
Tour 46, Rue Frédéric-Auguste Bartholdi à Belfort
Soutenu
par
Soutenu par
Livia De Poli crée et s’exprime, la lumière sur son art se
fait parfois a posteriori. Si le temps est nécessaire à la
compréhension de son parcours artistique, il l’est aussi à la
création même. Le temps de la création n’est pas toujours
continu, il s’interrompt mais ne s’arrête pas quand la terre
est cuite ou la signature posée.
Livia De Poli n’hésite pas à détruire certaines de ces œuvres
antérieures pour les recomposer. Elle passe par la destruction
pour créer et aboutir à une esthétique du fragment et de la
soudure. Ces éléments rassemblés portent encore en eux
la période qui les a vus naître et ils prennent un sens tout
à fait nouveau au sein de ces recompositions. Livia De Poli
réajuste ses œuvres et rétablit un ordre. Les divers éléments
réassemblés sont enrichis de cette double appartenance.
L’artiste réinvente ainsi son œuvre et il n’est pas toujours aisé
de savoir quand le processus créatif est vraiment terminé
dans ce cycle quasi existentiel de création/destruction.
Lorsqu’elle recompose, elle explore et fait cohabiter des
matériaux différents, de la céramique évidemment mais
aussi du plastique ou des objets du quotidien qui l’ont un
jour intéressée et qui, après un long temps d’attente, ont
retrouvé une place. Il en va ainsi de la paire de chaussures
qui, assemblée avec un corps callipyge, devient une œuvre
intitulée La Fuite.
(RE)COMPOSITIONS
La Fuite, technique mixte, 2022
L’Hiver, faïence émaillée, 2014
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