Communique de presse Transition Robuste avril26
The Shift Project Publications
11 juin 2026, 06:00
Texte de la source originale
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Communiqué de presse
14 avril 2026
Réussir la transition dans l’incertitude :
Le Shift publie un nouveau travail d’envergure
face à la crise énergétique en cours,
avec un zoom sur 20 chantiers prioritaires à mener
dans le cadre du nouveau
Plan Robuste pour l’Economie Française (PREF) du Shift Project
A l’heure où les crises énergétiques frappent à nouveau violemment l’Europe, il est
crucial d’intensifier les efforts pour décarboner la France. Il est plus que jamais
essentiel d’agir pour libérer notre économie de sa dépendance structurelle aux
énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon).
Dans ce contexte énergétique et climatique contraint, la réussite de tout projet
économique pour la France est conditionnée au succès de la décarbonation : celle-
ci redonne de la liberté d’action et devient une condition de notre souveraineté.
Pour éclairer le débat public à un an de l’élection présidentielle, le Shift publie le 14
avril une étude inédite qui apporte des enseignements et propositions pour sécuriser la
transformation de l’économie, et rendre la décarbonation française robuste aux aléas
des 25 prochaines années.
« La sortie des combustibles fossiles doit devenir la
colonne vertébrale des politiques publiques »
Jean-Marc Jancovici
Du Plan de transformation de l’économie française (PTEF) au Plan
robuste pour l’économie française (PREF)
Dans un monde qui se fragmente et soumis à des chocs, les systèmes se grippent, les
prévisions se faussent et les plans ne se déroulent pas comme prévu.
Il y a 5 ans, le Shift Project présentait son Plan de Transformation de l’Économie Française
(PTEF), un ensemble de 15 rapports thématiques et d’une synthèse proposant des mesures
concrètes pour réduire de 5 % par an les émissions de gaz à effet de serre de la France. Cette
feuille de route réaliste et chiffrée de notre décarbonation, dans la lignée d’autres scenarios
(RTE, ADEME, négaWatt), veillait à la cohérence entre l’énergie bas-carbone disponible, les
emplois nécessaires et la réduction de nos émissions nationales au bon rythme.
Cependant, notre plan supposait en filigrane un contexte stable et prévisible, sans explorer
les risques liés à l’échec partiel ou total de certaines mesures. L’étude « Réussir la transition
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dans l’incertitude » réinterroge les analyses et recommandations du PTEF à l’aune des
probables chocs, perturbations et aléas des 25 prochaines années. Notre objectif est de
sécuriser la transition en tenant compte du fait que le monde sera incertain, et que les acteurs
français ne pourront pas tout maîtriser dans les décennies à venir.
Ce rapport « Réussir la transition dans l’incertitude » constitue la première brique technique
de son Plan Robuste pour l’Économie Française (PREF), un travail collectif et inédit financé
par plus de 30 000 donateurs et porté depuis plus d’un an par des milliers de membres des
Shifters – nos bénévoles -, et de professionnels engagés. Un livre synthèse sortira le 14
octobre prochain en librairie.
20 chantiers prioritaires à mener pour réussir la décarbonation
Premier pilier du Plan Robuste pour l’Économie Française, notre analyse plonge au cœur de
20 grands chantiers : ceux sans lesquels la transition bas-carbone ne réussira pas.
• Transports : déploiement du vélo, extension des transports en commun,
généralisation de la voiture électrique (sobre), massification du train, décarbonation
de l’aérien (SAF et baisse du trafic), relance du fret ferroviaire, déploiement des
camions électriques
• Logement : rénovation des habitations, déploiement des pompes à chaleur (PAC)
• Numérique : maîtrise du déploiement des centres de données
• Industrie : production d’acier bas-carbone, production d’hydrogène bas-carbone,
captage et séquestration de carbone (CCS)
• Agriculture : transformation de nos systèmes d’élevage (baisse sélective des
cheptels bovins), transformation de notre gestion de l’azote (légumineuses), maintien
et développement des puits de carbone naturels, agricoles et forestiers
• Énergie : prolongation du nucléaire historique et lancement du nouveau nucléaire
(EPR2), déploiement des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien terrestre,
éolien en mer), déploiement soutenable des bioénergies
Pour chacun, nous avons interrogé des dizaines d’experts et consultés les professionnels des
filières concernées. Notre objectif : comprendre ce qu’il faut pour que ça marche vraiment, et
identifier ce qui risquerait de tout faire échouer (manque de main d’œuvre, retards industriels,
évolution lente des usages...).
Notre conclusion : le succès de chaque chantier de décarbonation dépend de
conditions clés, dont la réalisation reste incertaine et dont la maîtrise totale ne peut
être garantie — c'est autant de défis à relever pour réussir la décarbonation. Selon les
chantiers, il s’agit notamment d'accélérer un déploiement industriel ou infrastructurel, de
développer des technologies aujourd’hui peu matures, de faciliter les évolutions des usages
et des comportements, de tenir un rythme de recrutement et de formation, ou d’obtenir des
conditions agronomiques ou sylvicoles favorables.
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Quels choix face aux incertitudes ? Nos 6 enseignements clés pour
sécuriser la transition
Nous avons mené une analyse de robustesse imaginant des trajectoires dégradées de
décarbonation, pour mieux les éviter. Ces trajectoires chiffrées ont été construites à partir de
variantes – en termes d’émissions de GES, de consommation d’énergie, de cuivre, et d’emploi -
supposant des issues plus ou moins optimistes pour chaque chantier.
La cartographie des possibles obtenue nous a permis de proposer de grandes lignes d’action
pour une décarbonation française réussie dans un contexte incertain.
1. La France peut encore réussir sa décarbonation : si elle en fait, dès le
prochain quinquennat, une priorité politique et économique absolue.
Même dans un contexte incertain, où les imprévus seront inévitables, la transition peut aboutir.
En revanche, tout affaiblissement de l’ambition ou tout retard dans sa mise en œuvre
accroîtrait les tensions autour des ressources énergétiques, dans un monde déjà marqué
par l’instabilité et les aléas. L’urgence est d’accélérer, sans compromis.
2. La France a pris trop de retard pour faire l'impasse sur les chantiers majeurs,
qu'il va falloir tous mener de front. Cependant, si elle parvient à accélérer sur
l'ensemble des chantiers, elle regagnera du pouvoir de décision sur sa
trajectoire au cours de la décennie 2040.
Sécuriser la décarbonation demande de déployer simultanément tous les leviers de
décarbonation : 1. la production d’énergies bas-carbone française ; 2. l’électrification
massive de l’économie ; 3. la maîtrise de la consommation d’énergie ; 4. la réduction des
émissions de carbone hors combustion ; 5. la préservation des puits de carbone naturels. Il
est nécessaire de ne faire l'impasse sur aucun de ces leviers.
3. L’électrification massive des équipements est incontournable pour une
décarbonation poussée de l’économie française, et pour mettre à l’abri les
ménages français des prochaines crises sur les énergies fossiles.
L’électrification des machines et équipements doit s’accélérer : petites voitures
électriques abordables, pompes à chaleur, procédés industriels électriques, flottes de
camions électriques doivent faire l’objet de planifications dédiées.
Il faut inciter, accompagner, contrôler et protéger les industries européennes pour
qu’elles électrifient leurs procédés et qu’elles produisent des équipements électriques
abordables.
Il faut aider et accompagner les ménages à s’en équiper. Le plein déploiement prendra
une quinzaine d’années pour la voiture. Chaque petite voiture électrique abordable vendue
mettra à l’abri un ménage des futurs chocs sur l’essence. Chaque pompe à chaleur qui
remplacera une chaudière à gaz mettra à l’abri un ménage des futurs chocs sur le gaz.
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4. Electrifier nos équipements demande une forte hausse de la production
électrique bas-carbone française.
Renoncer au nucléaire ou ralentir le rythme de déploiement des énergies
renouvelables, c’est risquer de manquer d’électricité bas-carbone et souveraine dès la
décennie 2030.
Nos modélisations montrent que stopper le déploiement des EnR mène à manquer
d’électricité dès la décennie 2030 ; sortir volontairement du nucléaire mène à manquer
d’électricité au cours de la décennie 2040. Renoncer au déploiement des EPR2 fait reposer
le destin électrique de la France sur la prolongation du parc nucléaire actuel à 70 ans et sur
un déploiement plein et sans faute des EnR. Déployer les EnR à un rythme modéré fait
reposer le destin électrique de la France sur la prolongation du parc nucléaire actuel à 70 ans
et sur un déploiement de plus de 6 EPR2 en 2050.
5. Maîtriser la consommation des différentes énergies (carburants liquides, gaz,
électricité) est indispensable pour sécuriser la décarbonation française.
La maîtrise de la consommation d’électricité permet d’éviter des conflits d’usages sur
l’électricité, entre électrification des équipements, production de carburants électriques
(efuels) et usages actuels des ménages. Pour les équipements qu’on ne saura pas faire
fonctionner à l’électricité, la maîtrise de la consommation de carburants liquides et de gaz
permet d’éviter la surexploitation de la biomasse (ou de l’électricité pour les e-fuels) pour les
produire et d’en limiter les impacts agroécologiques. Il faut ainsi démultiplier l’usage du vélo,
déployer les transports en commun et le train, réduire le trafic aérien, rénover massivement
les logements, continuer à améliorer l’efficacité des équipements, maîtriser le déploiement
des centres de données.
6. La décarbonation de l’économie repose sur un défi majeur : une
transformation profonde des compétences et de l’emploi.
La décarbonation ne se fera pas sans formation. Certains métiers se transforment
fortement, comme les mécaniciens automobiles, mais tous les métiers sont concernés à
divers degrés. Cela doit être planifié sans délai : créer ou transformer une formation peut
prendre 2 à 10 ans.
La décarbonation nécessite des centaines de milliers d'emplois supplémentaires dans
des secteurs clés : rénovation des bâtiments, ferroviaire, électricité... Les profils à recruter
sont principalement des ouvriers et techniciens. Ces emplois sont souvent en tension et peu
attractifs : la qualité des emplois doit être améliorée pour attirer et fidéliser les professionnels.
Pour les secteurs dont l’activité doit décroître (aérien, transport poids lourds, énergies
fossiles...), un dialogue sans tabou doit être ouvert entre représentants des salariés et des
employeurs, pour projeter les évolutions d’activité et leur conséquence sur les emplois dans
chaque entreprise et chaque filière.
Contact presse
Mona Poulain - chargée de communication - [email protected] - 07 87 34 05 78
Héloïse Lesimple - Responsable adjointe affaires publiques - [email protected] -
06 13 35 51 33
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