CP JEA ileTatihou
Manche.fr Espace Presse
11 juin 2026, 00:20
Texte de la source originale
L’île Tatihou participe aux Journées européennes de l’archéologie depuis 2012, proposant des ateliers, des visites, conférences
ou spectacles. L'Archéologie est une discipline particulière qui permet de confronter des sources documentaires à des objets mis
au jour sur des chantiers et de mieux comprendre ainsi l'histoire d'un site. C'est par ce biais que sur l'île Tatihou, des découvertes
importantes ont été faites. Cette année, 2026 correspond à la 17e édition de ce rendez-vous. Si l’archéologie sous-marine a été
mise en avant l’an passé, c’est au tour de l’archéologie terrestre d’être à l’honneur cette année.
L’occupation la plus ancienne de l’île Tatihou remonte au Paléolithique moyen récent et peut être datée des environs de 100 000
ans. Les microfalaises de la partie occidentale de l’île ont livré, lors de prospections, des objets lithiques appartenant à plusieurs
gisements. Contrairement aux deux autres sites moustériens de Saint-Vaast-la-Hougue (le Crau et surtout la Hougue) longuement
et densément occupés, à la même époque par l’Homme de Néandertal qui y a laissé des milliers de silex taillés et y a entretenu de
très nombreux feux, les sites repérés à l’heure actuelle sur l’île sont modestes, mais potentiellement intéressants.
Par sa morphologie, une presqu'île qui avance dans l'océan, le nord Cotentin évolue au fil des variations climatiques, les périodes
glaciaires et interglaciaires. Tantôt continental, durant les épisodes froids, tantôt baigné par la mer, le Cotentin s'individualise par
un relief bien marqué mis en place durant le briovérien et l'ère primaire. Ces éléments structurants du relief ont été mis à profit
par les Hommes de Néandertal qui ont occupé notre territoire de - 300 000 ans à - 40 000 ans. C'est cette
géographie particulière qui nous livre les vestiges d'occupation de ces populations anciennes, principalement lors des périodes de
remontée du niveau de la mer (le fameux réchauffement climatique) et notamment en position de cap, de Portbail à Saint-Vaast-
la-Hougue.
Ces témoignages se limitent fréquemment aux vestiges pérennes, le matériel en pierre taillé par les Néandertaliens. Les vestiges
organiques et les structures (foyers, amas de débitage, aire de découpe des carcasses animales) ne sont que très rarement
préservés du fait des méfaits générés par les variations climatiques : gel / dégel, érosions diverses... Parmi ces sites particuliers,
citons : Le Rozel, Port-Racine, Biéroc et le Fort à Saint-Vaast-la-Hougue.
Ils participent à mieux connaître les modes de vie de ces populations disparues.
-- 1 of 2 --
- À 14h30 : conférence par Dominique Cliquet :
« Du Rozel à Tatihou, quand l’homme de Néandertal occupait le Cotentin »
- À 16h00 : échange puis possibilité de visionner le film consacré aux découvertes
archéologiques du site du Rozel « Néandertal, dans les pas d’une autre humanité »
de David Geoffroy, France 3 Normandie
- À 18h00 : dernier retour bateau vers Saint-Vaast-la-Hougue
[email protected]
-- 2 of 2 --