Protectionnisme US et chaos géopolitique : l'acheteur, nouveau diplomate de l'entreprise ? - Decision-achats.fr
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30 avr. 2026, 13:03
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Accueil / #Stratégie achats La crise du détroit d’Ormuz n’est que le volet émergé de l’iceberg. Les infrastructures détruites pendant le conflit vont impacter la production de pétrole sur le long terme et installer un risque inflationniste durable. Le spectre de la rupture Pour les entreprises françaises, l’impact est brutal. Le carburant représente désormais plus de 30 % des coûts d’exploitation des transporteurs routiers , étranglant des marges déjà exsangues. Tous les secteurs économiques seront concernés car les produits dérivés du pétrole augmenteront également dans les prochains mois. Dans ce contexte, les défaillances d’entreprises, déjà à leur plus haut niveau en 2025 (près de 70 000 défaillances d’entreprises 2 ) vont s’étendre, touchant de plein fouet les PME et ETI de nos territoires y compris les plus solides et ancrées, celles qui emploient et font travailler tout un écosystème. Dans ce paysage miné, une fonction est devenue encore plus stratégique, celle des achats. Acheter n’est plus un acte de gestion administrative, c’est un acte de guerre économique. Un fournisseur qui tombe, c’est une chaîne de production qui s’arrête. La fonction Achat n’est plus là pour « négocier des remises », elle est là pour garantir la continuité de l’existence même de l’entreprise. De la négociation de prix à l’ingénierie de la valeur L’actualité nous impose donc un changement de logiciel. Longtemps, l’acheteur a été perçu comme un simple négociateur de prix. Il était déjà beaucoup plus que cela mais, aujourd’hui, son rôle se révèle. Il devient un expert en gestion des risques et un ingénieur de la valeur. Lire aussi : Baromètre des achats responsables 2026 : les données carbone restent le talon d’Achille Car la véritable performance ne se joue plus à la signature du contrat, mais bien en amont. Le préalable à toute démarche d’achat consiste à requestionner le besoin. C’est devenu un impératif de survie. Pourquoi acheter ce composant si nous pouvons repenser son usage ? Pourquoi subir l’inflation des matières premières si une conception plus sobre permet de réduire les volumes de 15 % à 20 % ? C’est ici, dans l’analyse critique de ce que nous consommons, que se trouvent les gisements de compétitivité, bien avant toute mise en concurrence. L’acheteur, pivot de la résilience collective Cette mise en lumière propulse l’acheteur au cœur du réacteur stratégique. On ne s’étonnera plus de voir ces profils accéder massivement aux directions générales. C’est d’ailleurs le cas du directeur général de Renault, François Provost. Pourquoi ? Parce qu’ils pilotent l’entreprise par les risques et par les flux. Ils sont les garants de la solidité de notre écosystème de partenaires.