Comment piloter ses achats workplace en 2026 - Decision-achats.fr

Decision Achats
2 juin 2026, 14:00

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Accueil / #Familles d'achats / #Workplace Le workplace, poste de dépense longtemps géré en silos Les services généraux – restauration collective, propreté, maintenance multitechnique, sécurité, accueil, gestion des espaces, gestion documentaire, services aux occupants – représentent l’environnement de travail quotidien des collaborateurs. À ce titre, ils constituent un poste de dépense significatif : entre 5 et 10 % des achats indirects d’une entreprise selon les analyses sectorielles, soit plusieurs millions d’euros par an pour un site de taille moyenne. Pourtant, ces dépenses restent souvent fragmentées entre plusieurs interlocuteurs internes (direction immobilière, RH, services généraux, achats indirects) et multipliées entre plusieurs prestataires spécialisés. Cette fragmentation a un coût documenté. Sur un site typique de 1 000 collaborateurs, il n’est pas rare de compter 15 à 30 contrats distincts couvrant le périmètre workplace, gérés par des équipes différentes, avec des échéances décalées, des indicateurs de service hétérogènes et peu de visibilité consolidée sur la performance. Selon les analyses sectorielles, les organisations qui ont structuré leur pilotage des services généraux capturent des économies significatives par rapport aux organisations en mode dispersé, tout en améliorant la qualité perçue par les utilisateurs. Les chiffres confirment l’ampleur du sujet. Selon Les Echos Études (rapport «  Le marché du facility management à l’horizon 2030  », publié en 2025–2026), les dépenses de facility management des entreprises et établissements publics français ont atteint 102 milliards d’euros en 2024 , dont 16 milliards d’euros externalisés auprès de prestataires de FM (les établissements publics représentent environ 25 % du total). Selon Mordor Intelligence, le marché français du facility management (incluant FM interne et externalisé) pèse plus de 100 milliards de dollars en 2024 et devrait poursuivre sa croissance à un TCAC supérieur à 3,9 % à l’horizon 2029. Les Hard Services (maintenance multitechnique, MEP, HVAC) représentent la majorité du marché, portés par les obligations énergétiques et réglementaires ; les Soft Services (propreté, restauration, accueil) connaissent une croissance plus rapide sous l’effet de la transformation de l’expérience collaborateur. Pourquoi 2026 est un moment charnière pour les achats workplace Trois forces convergentes recomposent le marché en 2026. La première est la consolidation des prestataires . Plusieurs opérations majeures ont redessiné le paysage ces dernières années. Elior Group a finalisé l’acquisition de Derichebourg Multiservices en 2023 (opération annoncée fin 2022, approuvée en assemblée générale en avril 2023, valorisation à 450 M€, Daniel Derichebourg devenant PDG d’Elior Group, avec au moins 30 M€ de synergies EBITDA annuelles attendues à horizon 2026). Le fonds américain Clayton, Dubilier & Rice (CD&R) a acquis fin 2022 OCS Group au Royaume-Uni puis, début 2023, les opérations britanniques, irlandaises et asiatiques d’ Atalian – fusion finalisée le 1er mars 2023 sous la marque OCS Group , dirigée par Rob Legge (ex-CEO d’Atalian) et pesant environ 2,1 milliards de livres sterling de CA avec 130 000 collaborateurs dans une trentaine de pays. Atalian continue d’opérer en France, en Europe centrale et orientale, aux États-Unis et en Afrique sous sa propre marque. ISS a finalisé en avril 2024 la cession de ses activités françaises (hors clients Grands Comptes Mondiaux) à Onet . Lire aussi : Top 5 des prestataires de facility management en 2026 La deuxième est la transformation du workplace post-Covid . Le travail hybride, les démarches flex office , la quête d’expérience collaborateur transforment les attentes vis-à-vis des services généraux. Sodexo a publié pour son exercice 2024 (clos le 31 août 2024) une croissance interne de +5,7 % sur la restauration contre +2,4 % sur le facility management – illustrant une repondération des achats des prestations commodités vers les services à valeur ajoutée orientés expérience utilisateur. Cette mutation impose une révision des cahiers des charges, des indicateurs de service et des modes de contractualisation. La troisième est la digitalisation et l’ESG . Les smart FM solutions (IoT, IA prédictive, capteurs) deviennent un levier d’efficacité. Les exigences ESG – décarbonation des bâtiments, réduction de la consommation énergétique, conformité à la CSRD – imposent par ailleurs un pilotage data des consommations qui était inconnu il y a cinq ans. Une part significative des occupants considère la résilience face aux disruptions logistiques comme un risque FM majeur, et une majorité des directions ont dû réviser à la hausse leurs budgets simplement pour absorber l’inflation des dernières années. Les enjeux structurants des achats services généraux Une démarche d’achat workplace mature s’organise autour de quatre enjeux. D’abord, la cartographie consolidée des dépenses  : qui dépense quoi avec quels prestataires, à quels coûts unitaires, sur quel périmètre. Cette photographie – qui relève du spend analytics – révèle souvent des doublons fournisseurs, des écarts tarifaires injustifiés entre sites et des opportunités de massification. Ensuite, l’ arbitrage make-or-buy  : pour chaque service, internalisation (régie), externalisation single (un prestataire spécialisé par métier), bundled (plusieurs métiers chez un même prestataire) ou intégrée (un prestataire pilote l’ensemble en multitechnique global). Le troisième enjeu est la stratégie contractuelle . Le marché évolue vers des contrats outcome-based où la rémunération est liée à des indicateurs de performance (taux de service, satisfaction utilisateurs, performance énergétique, décarbonation) plutôt qu’à des heures ou volumes consommés. Cette mutation rééquilibre la relation donneur d’ordre-prestataire et incite à l’innovation. Le quatrième est l’ intégration data  : les prestataires modernes proposent des dashboards consolidés, des API d’échange avec les outils internes (IWMS), et des reportings ESG (Scope 1, 2, 3 du périmètre exploité). Sans cette intégration, la promesse de pilotage data reste théorique. Par où commencer : la trajectoire pragmatique Premier temps – cartographier la dépense workplace sur le périmètre du groupe ou de l’entité. Croiser les bons de commande, les factures, les abonnements pour reconstituer la dépense réelle par catégorie (restauration, propreté, multitechnique, sécurité, accueil, fournitures de bureau), par site, par prestataire. Ce travail initial – qui peut prendre 6 à 8 semaines – révèle systématiquement des angles morts (catégories sous-suivies, sites trop autonomes, doublons fournisseurs) qui constituent les premiers gisements d’optimisation. Deuxième temps – structurer la stratégie make-or-buy par catégorie . Selon le périmètre et la maturité, certaines catégories restent en régie (accueil parfois, gestion documentaire souvent), d’autres relèvent de single services (sécurité incendie, gestion énergétique pointue), d’autres s’agrègent en multitechnique global. Le choix dépend du nombre de sites, de la complexité du parc immobilier, de la sensibilité aux variations locales et de la maturité de la direction des services généraux. Troisième temps – lancer un appel d’offres structuré sur le périmètre prioritaire. Sur le marché français, plusieurs grands prestataires multiservices structurent l’offre : Sodexo (leader restauration et FM hybride, CA 23,80 Md€ sur l’exercice 2024), Elior Group (restauration + Derichebourg Multiservices après la fusion 2023), Atalian (acteur français multiservices, qui a cédé ses opérations UK/Irlande/Asie au groupe OCS en 2023), ISS Facility Services (acteur mondial, qui a cédé ses activités françaises à Onet en 2024 hors Grands Comptes Mondiaux), et Vinci Facilities (groupe Vinci, multitechnique et bâtiment). Des spécialistes coexistent : Onet, Samsic, GSF (propreté), Engie Solutions, Equans, Dalkia (énergie et multitechnique), Sodexo et Elior (restauration). Quatrième temps – mettre en place le pilotage contractuel . Au-delà du choix du prestataire, le succès dépend de la qualité du pilotage opérationnel  : KPIs partagés, comités de pilotage trimestriels, scorecards mensuelles, mécanismes d’ajustement, plan de progrès partagés. Sur les contrats outcome-based, la mesure de la performance utilisateur (NPS workplace, satisfaction collaborateurs) devient un indicateur central. C’est cette discipline managériale dans la durée qui distingue un contrat workplace mature d’un simple transfert de tâches. Ce contenu est publié par Mentioned