Le pape Léon XIV appelle à refonder l’ordre international sur la justice, la vertu et la participation démocratique

Diocèses de France
Élevé
20 avr. 2026, 15:19

Citation

"La concentration du pouvoir technologique, économique et militaire entre les mains de quelques personnes menace à la fois la participation démocratique au sein des peuples et la concorde internationale."
Pape Léon XIV
Académie pontificale des sciences sociales
Église catholique
Diocèse de Nîmes
FAO
François
SEDIF
Vatican

Le message du pape Léon XIV à l'Académie pontificale des sciences sociales souligne l'urgence d'une refondation éthique et politique de l'ordre international. Inscrivant son propos dans la doctrine sociale de l'Église, il remet en cause une conception du pouvoir fondée sur la puissance économique, technologique ou militaire, appelant à exercer l'autorité en vue du bien commun. Cela implique que toute légitimité politique ou institutionnelle repose moins sur la domination que sur la vertu et la participation citoyenne. Sur le plan démocratique, Léon XIV met en garde contre les dérives formalistes ou ploutocratiques et encourage une démocratie ancrée dans la dignité humaine. La critique de la technocratie et de la concentration des pouvoirs vise directement les institutions mondiales actuelles, perçues comme peu inclusives et soumises aux logiques de puissance. En prônant une réforme des institutions internationales s'appuyant sur la solidarité et la coopération, le pape s’aligne sur une tradition magistérielle, tout en accentuant l’enjeu de la fraternité universelle. Ce message, transmis à des acteurs influents de la réflexion sociale, pourrait contribuer à renouveler le débat sur la légitimité et les finalités des grands systèmes de gouvernance globale.

Texte de la source originale

Dans un message adressé aux participants de la session plénière de l’Académie pontificale des sciences sociales (14-16 avril 2026), le pape Léon XIV salue leurs travaux consacrés au thème : “The Uses of Power: Legitimacy, Democracy and the Rewriting of the International Order” (« Les usages du pouvoir : légitimité, démocratie et refonte de l’ordre international »). Il les invite à réfléchir à l’exercice du pouvoir, à la démocratie et à la refondation de l’ordre international au service du bien commun et de la paix.

Le Service de la formation du diocèse de Nîmes (SEDIF) vous en résume l’essentiel.

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Un pouvoir ordonné au bien commun

Le pape rappelle que le pouvoir n’a de sens que s’il est orienté vers le bien commun et exercé avec vertu.

« La doctrine sociale de l’Église catholique considère le pouvoir non comme une fin en soi, mais comme un moyen ordonné au bien commun. Cela implique que la légitimité de l’autorité ne dépend pas de l’accumulation de puissance économique ou technologique, mais de la sagesse et de la vertu avec lesquelles elle est exercée pour le bien commun (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 1903). »

La sagesse permet de discerner le vrai bien, tandis que la justice, la force d’âme et la tempérance rendent possible un usage juste de l’autorité et préviennent les dérives du pouvoir.

Une démocratie fondée sur la dignité humaine

La démocratie authentique est présentée comme une forme politique respectueuse de la personne humaine.

« Cette compréhension du pouvoir légitime trouve l’une de ses plus hautes expressions dans la démocratie authentique. Loin d’être une simple procédure, ce type de démocratie reconnaît la dignité de chaque personne et appelle chaque citoyen à participer de manière responsable à la poursuite du bien commun. »

Mais sans fondement moral, elle peut dégénérer en domination majoritaire ou en captation du pouvoir par des élites économiques et technologiques.

Un ordre international juste et non technocratique

Le pape élargit la réflexion à l’échelle mondiale en critiquant les logiques de puissance.

« Nous devons nous souvenir qu’un ordre international juste et stable ne peut naître d’un simple équilibre de pouvoir ni d’une logique purement technocratique. La concentration du pouvoir technologique, économique et militaire entre les mains de quelques personnes menace à la fois la participation démocratique au sein des peuples et la concorde internationale. »

Il appelle ainsi à dépasser les rapports de force pour construire un ordre mondial fondé sur la justice et la participation.

Vers des institutions internationales renouvelées

Léon XIV s’inscrit dans une continuité magistérielle appelant à réformer la gouvernance mondiale.

« Le développement d’une telle communauté mondiale de fraternité exige “une meilleure politique, mise au service du vrai bien commun” (François, Fratelli tutti, n. 154). En effet, il est “plus que jamais nécessaire de repenser avec audace les modalités de la coopération internationale” (Visite au siège de la FAO à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, 16 octobre 2025, 7). »

Cette transformation suppose des institutions renforcées et une coopération internationale plus solidaire.

L’espérance chrétienne au service de la paix

Enfin, le message s’ouvre à une perspective spirituelle sur le sens de l’histoire et de la paix.

« Le pouvoir divin ne domine pas, mais guérit et restaure. C’est précisément cette logique de charité qui doit animer l’histoire, car l’action humaine inspirée par la charité contribue à façonner la “cité terrestre” dans l’unité et dans la paix, faisant d’elle — bien que de façon imparfaite — une anticipation et une préfiguration de la “Cité de Dieu”. »

La paix véritable est définie comme une réalité active, fruit de la justice et de la charité, et non comme une simple absence de conflit.

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Ce message appelle à une refondation morale et spirituelle de l’exercice du pouvoir à toutes les échelles. Il ouvre une perspective où la politique devient un chemin de service, de justice et de paix universelle.

SEDIF

Lire le message intégral du pape Léon XIV : site du Vatican.