Rapport IGAS IGESR Rôle et mission AESH dans l'école inclusive (2026)
IGAS Nos rapports
10 juin 2026, 05:00
Texte de la source originale
Rôle et missions des AESH dans l’école
inclusive, aujourd’hui et demain
IGÉSR N° 24-25 229A - janvier 2026
IGAS N° 2025-046R
Rapport à monsieur le ministre de l’Éducation nationale
madame la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des
Personnes handicapées
madame la ministre déléguée, chargée de l’Autonomie et des Personnes
handicapées
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Inspection générale de l’éducation,
du sport et de la recherche
Inspection générale
des affaires sociales
Rôle et missions des AESH dans l’école inclusive, aujourd’hui et
demain
Janvier 2026
Bénédicte ROBERT
Pierre ARENE
Inspecteurs généraux de l’éducation,
du sport et de la recherche
Laure DE LA BRETECHE
Inspectrice générale
des affaires sociales
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SOMMAIRE
Synthèse ...................................................................................................................................... 1
Liste des préconisations................................................................................................................ 5
Introduction ................................................................................................................................. 8
1. Les accompagnantes des élèves en situation de handicap (AESH), des personnels contractuels
en quête de reconnaissance et en première ligne d’un modèle d’école inclusive sous tension ........ 9
1.1. Des personnels longtemps méconnus qui sont devenus la deuxième population du ministère
de l’éducation nationale et l’objet d’une forte attention ....................................................................... 9
1.1.1. Des caractéristiques socio-professionnelles spécifiques qui doivent être appréhendées par diverses
sources ....................................................................................................................................................... 10
1.1.2. Des personnels contractuels progressivement reconnus mais qui demeurent soumis à une réelle
précarité ....................................................................................................................................................... 16
1.1.3. Malgré un effort financier continu, la budgétisation des emplois d’AESH ne suit ni le rythme ni la
croissance des notifications d’aide humaine ................................................................................................... 18
1.1.4. La souplesse du recrutement contractuel a permis d’absorber la gestion des besoins d’aide humaine,
processus amplifié par le déploiement des pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL) ....................... 20
1.2. Un cadre de gestion des personnels AESH qui repose sur une gestion déconcentrée, complexe,
morcelée et insuffisamment qualitative .............................................................................................. 22
1.2.1. Un pilotage national limité à la définition d’un cadre de gestion dont la mise en œuvre est laissée à la
main des académies ....................................................................................................................................... 22
1.2.2. Des évolutions positives attendues de la refonte en cours du cadre de gestion des AESH ................ 23
1.2.3. La fragilité du processus d’affectation, largement assuré par le PIAL, est renforcée par l’absence de
réel outil SIRH................................................................................................................................................. 24
1.2.4. Un dialogue social autour des AESH qui s’appuie sur un fort besoin de reconnaissance professionnelle
....................................................................................................................................................... 26
1.3. Des missions hétérogènes, un besoin de professionnalisation et une attractivité qui questionne
................................................................................................................................................ 27
1.3.1. La mise en œuvre de la circulaire de 2017 révèle la complexité de fonctions hybrides ..................... 27
1.3.2. La fonction d’AESH référente a été instituée pour offrir aux accompagnantes un appui de proximité
fondé sur l’entraide entre paires .................................................................................................................... 29
1.3.3. In fine, une professionnalité indissociable d’une présence auprès de l’élève et un temps de travail
conditionné par le temps scolaire ................................................................................................................... 30
1.3.4. Une formation à l’emploi postérieure à la prise de fonctions et une formation continue trop peu
investie ....................................................................................................................................................... 31
1.3.5. Une attractivité complexe à évaluer ............................................................................................... 33
1.4. Une politique d’amélioration de la qualité de l’emploi permettrait de mieux reconnaître les
contraintes particulières du métier d’AESH ......................................................................................... 33
1.4.1. Une réforme structurelle des conditions d'emploi et de travail des AESH, dans le cadre de « l'acte II de
l'école inclusive », a été annoncée mais elle nécessite des efforts budgétaires ............................................... 33
1.4.2. Mieux prendre en compte les conditions d’exercice : reconnaître et compenser les contraintes de
travail ....................................................................................................................................................... 34
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2. L’école pour tous est un enjeu partenarial qui doit conduire le monde scolaire à revisiter sa
pratique des coopérations .......................................................................................................... 36
2.1. La stratégie nationale pour l’école inclusive doit clarifier ses concepts et renforcer ses données
pour devenir lisible et partagée ........................................................................................................... 36
2.1.1. L’école inclut les ESH dans la catégorie plus large des EBEP sans définir de politique articulant
l’ensemble...................................................................................................................................................... 36
2.1.2. « Besoins particuliers », handicap et « comportements perturbateurs » : un besoin urgent de mieux
qualifier la réalité des situations à l’école pour une pleine application de la loi du 11 février 2005 ................. 38
2.1.3. Un travail à plusieurs niveaux sur les données est nécessaire pour créer un socle commun de
connaissances, donner de la visibilité aux parties prenantes et piloter des partenariats de territoire .............. 40
2.2. La mise en place des PAS confirme l’engagement d’une dynamique partenariale avec le secteur
médicosocial, au service de l’enfant à besoins éducatifs particuliers (EBEP) mais aussi de la classe ... 43
2.2.1. Depuis quelques années, l’évolution des établissements et services médicosociaux (ESMS) en
dispositifs (DIME et DITEP), encore en consolidation, a posé les bases d’un rapprochement avec et au cœur de
l’école ....................................................................................................................................................... 43
2.2.2. Une étape stratégique de renforcement du lien médico-social / éducation nationale, pour l’appui à la
classe, est en phase de déploiement via les pôles d’appui à la scolarité (PAS) ................................................. 45
2.2.3. Le développement, à l’école, de nouvelles ressources médico-sociales appelle en retour la
simplification du parcours de scolarisation pour tous les enfants ................................................................... 48
2.3. Les MDPH, pivots de la politique de compensation, développent des relations soutenues avec
les acteurs de l’école mais ont besoin d’une clarification de leur cadre d’action dans le champ de la
scolarité ................................................................................................................................................ 49
2.3.1. Membre du GIP départemental, l’éducation nationale joue un rôle croissant dans l’élaboration des
mesures relatives à la scolarité des MDPH ..................................................................................................... 49
2.3.2. La notification de l’accompagnement humain s’opère sous forte tension, avec des marges
d’appréciation contraintes ............................................................................................................................. 51
2.3.3. Les pratiques de coopération entre éducation nationale et MDPH, encore très hétérogènes,
connaissent des progrès en matière d’outils SI et de pilotage dont les effets devront être évalués ................. 53
2.4. La construction de l’École pour tous appelle à une forte évolution de la place dévolue aux
familles, pivots du parcours de l’enfant. .............................................................................................. 54
2.4.1. La résistance au besoin de dialogue entre AESH et parents illustre la difficulté à donner une place aux
familles dans l’école ....................................................................................................................................... 54
2.4.2. Une réticence institutionnelle à la co-construction du parcours de l’enfant avec la famille.............. 55
2.4.3. La confiance des familles et l’écoute de leurs besoins sont cruciaux pour la réussite des réformes
engagées ....................................................................................................................................................... 56
2.5. L’école pour tous est un horizon commun pour l’État et les collectivités locales, dont les
modalités d’association restent perfectibles........................................................................................ 57
2.5.1. Des efforts sont actuellement engagés pour faire évoluer les cadres de coopération, mais la pratique
est lente à se mettre en place et inégale ........................................................................................................ 58
2.5.2. Les enjeux de l’accessibilité sont au cœur des missions des collectivités locales, mais ne font pas l’objet
d’une stratégie partagée sur l’école ............................................................................................................... 58
2.5.3. La question de la pause méridienne a révélé les carences de la coopération stratégique entre l’État et
les collectivités locales pour l’école inclusive................................................................................................... 59
2.5.4. Les ambitions pour l’école inclusive, déjà soutenues et accompagnées par les collectivités locales sur
le terrain, méritent une meilleure coopération et une reconnaissance réciproque des complémentarités autour
du parcours de l’enfant .................................................................................................................................. 60
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3. Construire de nouvelles professionnalités au service d’une école pour tous : pistes pour demain
.......................................................................................................................................... 61
3.1. Au regard de la comparaison internationale et des travaux de recherche, le dispositif des AESH
n’apparaît plus adapté aux enjeux de l’école inclusive et à la nécessité de développer l’accessibilité
dans une école pour tous ..................................................................................................................... 61
3.1.1. En comparaison internationale, le dispositif des AESH incarne le modèle de « l’accompagnement
humain précaire » .......................................................................................................................................... 62
3.1.2. Dans la recherche française et internationale, le dispositif des AESH est un dispositif « à tout faire »
inefficace sur les apprentissages .................................................................................................................... 62
3.1.3. Les AESH sont nécessaires à la scolarisation de certains ESH mais elles ne sauraient suffire à répondre
à leurs besoins d’autonomie et d’apprentissage ............................................................................................. 64
3.2. Le système éducatif français a commencé à développer des « ilots » d’accessibilité, qui
peuvent servir de modèles ou d’inspiration ......................................................................................... 64
3.2.1. Les ULIS, un pôle de ressources en matière de handicap interne à l’établissement / école à
repositionner au profit d’une politique d’accessibilité ..................................................................................... 65
3.2.2. Les DAR, qui bénéficient de moyens conséquents, doivent encore faire la preuve du concept de
l’accessibilité .................................................................................................................................................. 67
3.3. Internaliser les ressources spécialisées de l’école inclusive – dont les AESH – au droit commun
pour un véritable projet d’école pour tous .......................................................................................... 68
3.3.1. Un potentiel de ressources pour l’accessibilité sous exploité au sein de l’éducation nationale ......... 69
3.3.2. Vers une nouvelle organisation des ressources de l’école pour tous ................................................ 74
3.4. Des métiers à créer pour développer l’accessibilité pédagogique .......................................... 77
3.4.1. Un nouveau métier installé au cœur de l’école : le « conseiller principal accessibilité » ................... 77
3.4.2. Un nouveau métier, l’« assistant d’accessibilité » ........................................................................... 79
3.4.3. L’AESH, centrée sur les missions en lien avec la vie quotidienne et la vie sociale des élèves ............. 80
3.4.4. Le statut : un levier au service d’un projet, pas une fin en soi .......................................................... 81
3.5. L’accompagnement au changement : les conditions de la réussite......................................... 81
3.5.1. Points d’attention ........................................................................................................................... 81
3.5.2. Susciter l’adhésion des enseignants au projet de l’École pour tous à travers un investissement fort
dans la formation et une trajectoire de réduction des effectifs ....................................................................... 82
3.5.3. Un nécessaire renforcement opérationnel de la gouvernance locale et nationale ........................... 83
Conclusion ................................................................................................................................. 84
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SYNTHÈSE
L’« école pour tous » doit répondre à l’ambition , héritée de la loi fondatrice du 11 février 2005, de rendre la
scolarité accessible à tous les enfants. Dans son exposé des motifs, la loi de 2005 « consacre le devoir de
l'éducation nationale d'accueillir tous les enfants handicapés dans l'école la plus proche de leur domicile ou
d'assurer, si nécessaire, leur scolarisation dans des établissements adaptés. Elle pose le principe d'une prise
en charge effective, dès l'école maternelle et sans discontinuité, permettant à l'enfant de suivre le parcours
de formation valorisant au mieux ses capacités ».
Vingt ans après l’adoption de la loi, par comparaison avec ses voisins européens plus précoces ou plus
systémiques, le modèle français, n’a pas encore atteint les objectifs définis en 2005.
Selon le document de présentation du PLF 2025 pour l’éducation nationale, à la rentrée 2025, les créations
nettes de postes d’accompagnantes d’enfants en situation de handicap (AESH) depuis 2017 représentent
35 722 ETPT soit une augmentation de plus de 70 % des effectifs. Cette hausse a accompagné celle du
nombre d’enfants en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire, qui a triplé entre 2006 et 20231.
En dépit de cette forte croissance et de l’appui remarquable que les AESH ont apporté à la scolarisation des
enfants en situation de handicap, la mission a pu constater que le dispositif d’aide humaine connait une crise
importante à trois niveaux.
En premier lieu, il est en décrochage par rapport au rythme d’augmentation des notifications d’aide humaine
de la MDPH : chaque année, en moyenne, 10 % des enfants notifiés restent sans accompagnement humain
et, plus globalement, la gestion des affectations d’aide humaine en cours d’année est sous tension, peu lisible
au regard des besoins de l’enfant et mal comprise des familles.
Ensuite, les accompagnantes, deuxième population de l’éducation nationale, restent marginalisées : mal
intégrées au collectif éducatif, souffrant d’une optimisation de la gestion de leur temps de travail (24h en
moyenne), faiblement rémunérées, elles sont fortement en demande de reconnaissance, de formation et de
stabilité pour l’exercice de leur métier, auquel elles sont attachées.
Enfin, les tensions vives du dispositif d’aide humaine sont le miroir d’un choix collectif : la préférence pour
les AESH, mesure individuelle de compensation pour l’enfant, n’a pas permis, simultanément, le nécessaire
investissement dans l’accessibilité pédagogique. Cet investissement au cœur de l’école peut prendre appui
sur ses partenaires (acteurs médico-sociaux, collectivités locales) mais est d’abord un enjeu de refondation
interne. La mission appelle à un rééquilibrage urgent en faveur de l’accessibilité de l’école et des
apprentissages.
Les préconisations de la mission ont tenu compte d’un contexte dont les contraintes, budgétaires et
démographiques (tensions de recrutement sur des métiers clés, baisse du nombre d’élèves) sont autant un
risque qu’une opportunité.
Améliorer la gestion des AESH
Les recommandations les plus urgentes de la mission portent sur l’amélioration de la gestion des AESH qui
resteront durablement une solution clé d’accompagnement pour une partie des enfants reconnus en
situation de handicap, en vue d’assurer leur sécurité et leur bien être à l’école.
Les investigations de la mission ont montré qu’une augmentation significative du temps de travail des AESH,
à missions constantes, est impossible, s’agissant d’une fonction principalement arrimée au temps scolaire de
l’enfant et dont les heures connexes déjà en place n’ont pas été utilisées sur tout le territoire. En dépit de
l’intention qui en a été à l’origine, les évolutions législatives relatives à la pause méridienne n’ont pas été
davantage un facteur d’amélioration de leur rémunération, soit par choix des AESH elles-mêmes, soit par
incapacité à gérer les temps de pause réglementaires dans le temps de travail de celles-ci. On observe en
outre encore une forte hétérogénéité de leur mise en œuvre et une coopération insuffisante entre les
acteurs.
1 Chiffres DREES Le handicap en chiffres – 2024.
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En revanche, une revalorisation de la rémunération des AESH de 10%2 pourrait être mise en œuvre par une
amélioration de leur grille indiciaire et du rythme d’avancement dans celle-ci ; elle permettrait un
rapprochement avec les niveaux de référence de la catégorie B, sans alignement des grilles ni assimilation
statutaire, les conditions de recrutement demeurant distinctes. Par ailleurs, l’exercice professionnel multisite
des AESH doit être reconnu financièrement, au même titre qu’il l’est pour les personnels enseignants.
La mission a par ailleurs observé des pratiques de gestion RH insuffisamment organisées et contrôlées, qui
confirment l’urgence de l’actualisation (en cours) du cadre de gestion national de 2019 ainsi que des
échanges de bonnes pratiques sur les organisations locales de gestion RH des AESH. La mission préconise
également l’installation d’un comité de suivi académique dédié au dialogue social sur les AESH.
Enfin la formation des AESH doit être améliorée, tant pour le bon exercice de leurs missions vis-à-vis des
enfants accompagnés que pour leur ouvrir un parcours de carrière plus favorable. Une journée de formation
préalable à toute première mission doit être systématisée ainsi que la programmation, à l’issue de cette
journée, des formations prévues au titre des 60 heures.
Dans un contexte où la transition majeure à opérer consiste à réinvestir massivement dans l’accessibilité et
l’accompagnement pédagogique, la création d’un statut de fonctionnaire pour la profession d’AESH parait
inappropriée et, en tout cas, prématurée pour être une piste pertinente de résolution de la crise actuelle.
L’hypothèse d’une fonctionnarisation est écartée par la mission car elle ne parait ni adaptée aux besoins de
flexibilité en cours d’année de l’aide humaine aux notifications de la MDPH, ni conforme à l’évolution des
missions d’appui aux apprentissages relevant de la responsabilité pédagogique de la classe.
Renforcer les partenariats pour l’école inclusive
L’amélioration rapide des conditions de travail des AESH est indissociable de l’évolution concomitante du
contexte dans lequel elles réalisent leurs missions, et notamment de la qualité des coopérations établies,
plus ou moins intensément, par l’école avec les ressources de son environnement – secteur médicosocial,
collectivités et familles – et sans oublier les MDPH.
En premier lieu, la qualité et le partage des données doivent être renforcés tant pour le suivi des élèves en
situation de handicap, que pour les élèves dits à besoins particuliers (EBEP)3. En l’absence de cadre analytique
et statistique sur ces derniers, la mission observe, dans les pratiques collectives des acteurs, un glissement
de la catégorie EBEP à la catégorie ESH, avec un traitement par le handicap de situations à caractère
pédagogique. Il est urgent d’inverser cette logique qui, de l’avis de tous, alimente parfois indument la
demande d’aide humaine.
La mission a pu constater sur le terrain la qualité des relations entre les acteurs éducatifs et médicosociaux,
ainsi que l’impact positif des nouvelles flexibilités de l’offre en ESMS (dispositifs et plateformes). Le manque
de fiabilité des données sur les files d’attente en ESMS, mais aussi sur la part des demandes de précaution
des familles auprès des MDPH, rendent hasardeux un chiffrage du nombre d’enfants qui seraient à tort ou
par défaut orientés en scolarisation ordinaire. L’augmentation de la capacité d’accompagnement médico-
social reste cependant une préoccupation forte pour tous les acteurs de l’école inclusive.
La mission a mené des investigations spécifiques sur la préfiguration des pôles d’appui à la scolarité. Ce
dispositif est un point d’appui important pour le développement de l’accessibilité et il doit être soutenu. La
mission préconise que l’affectation des AESH ne soit pas rattachée aux PAS et que l’intervention de ces
derniers cible en priorité les EBEP, conformément à la circulaire4. En prévision de leur généralisation en 2027,
une clarification de leur périmètre (intégration des EMAS, relation au pôle ressource) devra être opérée. Le
juste calibrage de leurs territoires d’intervention sera également une condition de leur accessibilité pour les
familles et de leur capacité à remplir leurs missions.
2 Soit 276 à 300 M€ par an.
3 La DGESCO donne une classification des élèves pouvant être qualifiés d’EBEP : enfants handicapés, enfants en difficulté scolaire
grave et durable, enfants en situation familiale ou sociale difficile, enfants intellectuellement précoces, enfants nouvellement
arrivés en France, enfants malades, enfants du voyage, enfants mineurs en milieu carcéral.
4 Circulaire du 1er septembre 2025 relative aux PAS et cahier des charges (annexe).
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3
Le partenariat avec les MDPH est réel et quotidien. Membre du GIP et de l’équipe pluridisciplinaire,
l’éducation nationale est partie prenante de toutes les décisions relatives à la scolarité pour les enfants en
situation de handicap. Le retard de déploiement du livret personnalisé d’inclusion (LPI) et les adaptations
progressives du SI MDPH pèsent encore sur la réactivité de décision et la fluidité des échanges entre équipes.
La mission recommande de prioriser la conduite de ces chantiers. La mission recommande que soient
poursuivis et finalisés les travaux sur la notification d’aide humaine (référentiels) mais aussi d’ouvrir une
réflexion collective sur la graduation des réponses (systématisation des mesures d’aménagements
pédagogiques, insuffisamment activées) afin d’ajuster au mieux les demandes d’accompagnement humain
au besoin.
Le manque de confiance des familles en l’éducation nationale pour s’occuper de leurs enfants à besoins
particuliers est un constat exprimé par tous les interlocuteurs de la mission. La mission préconise notamment
de mieux associer les familles à la gouvernance des PAS, de revoir les modalités de fonctionnement de
l’équipe de suivi de scolarisation (ESS), lieu précieux mais non suffisant, et de systématiser les rendez-vous
tripartites, en présence de l’AESH, s’agissant des enfants accompagnés d’une aide humaine. L’écoute des
familles comme partie prenante du parcours de l’enfant à besoins particuliers doit constituer un élément
structurant et régulier de leur scolarité.
Le partenariat avec les collectivités locales a retenu l’attention de la mission, non seulement en raison du
contexte d’évolution de la loi du 24 mai 2024 sur la pause méridienne et ses incidences sur l’aide humaine,
mais aussi au vu de l’importance des coopérations de terrain autour de l’école inclusive. Mal appréhendé par
les données disponibles, l’investissement des collectivités locales dans l’école pour l’accompagnement des
enfants à besoins particuliers est significatif, non pas seulement sur leurs compétences (accessibilité des
locaux, périscolaire, formation), mais aussi, au niveau de la commune ou du département, pour
l’accompagnement des aménagements internes de l’école aux besoins particuliers des élèves. La mission
encourage à renforcer par des conventions plus stratégiques ces partenariats.
Créer de nouvelles professionnalités et consolider la stratégie d’accessibilité dans l’école
Au cœur de l’école, la mission a souhaité redéfinir le positionnement de l’aide humaine des AESH, en
amorçant un « virage de l’accessibilité ». L’affirmation de cette ligne stratégique est la seule réponse
structurelle possible aux difficultés rencontrées par les familles et par les enseignants.
Tant les travaux de recherche sur l’aide humaine à l’école que les comparaisons internationales confirment
la nécessité d’inverser l’approche en priorisant d’une part la dimension collective des aménagements
pédagogiques dans la classe, d’autre part en limitant tout ce qui peut créer une délégation externe des
enfants à besoins particuliers (à l’AESH ou au partenaire médicosocial), même si l’étayage est utile et
souhaitable.
La mission invite à mieux utiliser les ressources spécialisées dont dispose l’éducation nationale pour
accompagner la professionnalisation collective et propose une réorganisation de celles-ci. Cette stratégie
d’accessibilité se développe déjà autour des ULIS et des DAR – avec un impact qui peut être encore accru.
Afin de développer une approche cohérente de l’ensemble des moyens placés au service de l’école inclusive,
la mission propose de réinterroger la gouvernance des moyens de l’école inclusive et préconise de déployer
au niveau des circonscriptions du 1er degré d’une part, et des collèges / lycées d’autre part des « conseillers
principaux accessibilité » en charge d’une équipe interne à la circonscription ou à l’EPLE pour piloter la
politique d’accessibilité de l’unité éducative.
Cette équipe interne serait composée de personnels ressources déjà identifiés (RASED, ERSEH, formateurs,
AESH…) mais rattachés hiérarchiquement au conseiller principal accessibilité, auxquels viendraient
s’adjoindre des « assistants d’accessibilité ». L’expérimentation d’un « agent d’accessibilité », envisagée
pour la rentrée 2025 n’a pas pu être observée par la mission. Envisagée comme un débouché de carrière
pour les AESH, cette fonction peut effectivement répondre à un besoin, sous réserve d’être articulée avec le
PAS et mise à disposition des classes. La mission considère toutefois que cet « assistant d’accessibilité », déjà
expérimenté avec succès dans d’autres pays, est un nouveau métier, supposant une forte compétence par
VAE ou une formation spécifique. La mission propose en annexe deux fiches de poste pour ces nouvelles
fonctions.
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4
À terme, cette filière métiers permettra de recentrer l’aide humaine des AESH sur l’accompagnement
quotidien, laissant à l’enseignant étayé par l’assistant d’accessibilité une responsabilité directe sur les
apprentissages et les aménagements pédagogiques pour toute la classe.
La mission préconise la tenue d’« assises des métiers de l’École pour tous », intégrant la totalité des métiers
de l’éducation nationale, du périscolaire, du médico-social et du secteur médical, afin de de réaliser une
cartographie des métiers nécessaires au développement de l’accessibilité à l’école, et d’expliciter la création
au sein du MEN de métiers dédiés à l’accessibilité.
Un enjeu majeur de réussite pour un tel « virage de l’accessibilité » repose sur l’adhésion des enseignants.
La mission insiste dans ce contexte sur l’importance d’un réel investissement dans la formation des
enseignants mais aussi sur une baisse des effectifs des classes.
Une transition sera nécessaire, durant laquelle la montée en charge des personnels dédiés à l’accessibilité
cohabitera avec une présence des AESH forte et nécessaire à la sécurisation des enfants et des familles. A
terme, les gains issus de la baisse démographique peuvent venir financer cette transformation majeure
vers une École pour tous.
Enfin, la gouvernance nationale doit s’adapter à une mise en œuvre plus opérationnelle, évaluable et
partagée des objectifs de l’école inclusive. Au-delà du comité national réunissant les deux ministres et
l’association, encore peu précise dans ses attendus, des collectivités locales via le comité de suivi de la charte
d’engagement d’avril 2023, le suivi par projet doit être renforcé en veillant à désigner au sein de la DGESCO
et/ou de la DGRH du ministère de l’éducation nationale l’entité plus particulièrement en conduite de projet,
de même que pour les projets relevant davantage de la CNSA et de la DGCS.
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5
Liste des préconisations
n° Recommandation Priorité Autorité
responsable Échéance
1
A cadre juridique constant, et afin de valoriser le passage en CDI,
revaloriser la grille indiciaire des AESH en accélérant la cadence
d’avancement après le premier indice et en ajoutant des indices
supplémentaires, et limiter les situations de stagnation.
1 DGRH (MEN) Juin 2026
2
Réaliser une cartographie des services académiques de gestion des
AESH et, sur la base des bonnes pratiques, préconiser les organisations
les plus efficaces dans une démarche d’accompagnement à la
transformation, par ailleurs préparatoire à la migration vers RenoiRH
1 DGRH/DGESCO
(MEN)
Juin 2026
3
Mettre en place un comité académique chargé de faire un bilan des
affectations des AESH et d’examiner les alertes RH remontées par le
SIRH et les AESH référentes.
1 DGRH/rectorats
(MEN)
Juin 2026
4
Finaliser le système d’information de l’école inclusive en le
synchronisant avec la migration des AESH dans RenoiRH (fin 2027).
Instaurer un pilotage stratégique dédié. Sanctuariser les crédits
budgétaires du P 214 concernant le chantier SI de l’école inclusive.
2 DGCR/DGESCO/
DNE (MEN)
Fin 2027
5
Valoriser et sécuriser la fonction d’AESH référente par une durée
contractuelle de référence à 45 semaines minimum, la création d’au
moins un poste par PIAL, et une lettre de mission contractualisée.
Consacrer le rôle de l’AESH référente comme conseillère RH de
proximité du PIAL, formée et habilitée à remonter les difficultés et à
proposer des solutions locales.
1 DGESCO/DGRH
(MEN)
Juin 2026
6
Clarifier le décompte des heures connexes en veillant au suivi de leur
utilisation pour la formation ; mieux articuler les actions de formations
avec les besoins de terrain : accompagnement éducatif, médiation,
pédagogie inclusive, gestion de situations complexes.
2 Rectorats 2026-2027
7
Faire de l’affectation à l’année (AFA) la modalité de référence pour les
AESH affectées dans un ou deux établissements, en limitant les cas de
dérogation à des nécessités justifiées (évolution de notification,
fermeture de classe, force majeure). Créer, pour les AESH non
bénéficiaires de l’AFA, une indemnité forfaitaire de sujétion spéciale de
multi-affectation (ISSM-AESH)
1 DGRH (MEN) Rentrée
2026
8
Définir un programme de travail commun entre DEPP et DREES sur les
données de l’école inclusive en associant le CNIS à son élaboration
(recommandation déjà énoncée par les inspections en 2022)
1 DEPP/DREES
9
Réintroduire par décret la proposition d’une structure d’observation
des besoins, interne à la statistique publique, dotée d’une gouvernance
ouverte aux parties prenantes, dédiée à l’école inclusive, aux parcours
des EBEP et au suivi des dispositifs mis en place (dont PAP, PAI, PPRE…)
1 Cabinet
MEN /DGESCO/
DEPP
10
Expérimenter, dans chaque région le « service médico-social à l’école »
avec réintégration des élèves des unités d’enseignement externalisés
sous responsabilité du DASEN. Evaluer le dispositif fin 2026.
1 DGESCO/DGCS 1er semestre
2026
11
Intégrer le Gevasco dans les pièces de recevabilité du dossier de
demande à la MDPH. Renforcer le caractère obligatoire des éléments
sur l’observation de l’enfant et des mesures relatives aux ressources
internes mobilisées par l’école.
2 CNSA/DGCS 1er semestre
2026
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6
n° Recommandation Priorité Autorité
responsable Échéance
12
Envisager une adaptation du droit pour graduer les réponses
d’accessibilité et de compensation au service des besoins de l’enfant
(priorisation des mesures d’accessibilité ; évaluation de leur
effectivité ; puis réexamen pour d’éventuelles mesures de
compensation).
2 CNSA/DGCS Rentrée
2026-2027
13
Poursuivre les travaux initiés par le groupe de travail de la CNSA en vue
d’un référentiel national sur l’attribution d’aide humaine, en associant
les associations et les fédérations représentatives des parents d’élèves,
ainsi que les associations de professionnels (ANMDPH et l’AFER-
ERSEH).
1 CNSA 2026
14
Intégrer les associations représentatives des familles dans la
gouvernance des PAS (comité de pilotage départemental) et assurer un
suivi du ratio des saisines équipes éducatives/familles pour s’assurer
d’un équilibre d’usage
1 DGESCO/ARS/
rectorats
2026
15
Systématiser un temps d‘écoute des familles d’enfants à besoins
particuliers ; s’agissant des ESH au moins deux fois par année scolaire
(dont une en début d’année), mais aussi pour tout EBEP dont la
situation le requiert.
1 Rectorats 1er semestre
2026
16
Relancer la coopération avec les collectivités locales. Les associer au
suivi des PAS (CDSEI) et à la cartographie d’implantation à venir.
Travailler à un schéma départemental commun de l’école inclusive,
(description des financements et projets des collectivités locales dans
leur champ de compétence et en extra légal). Associer les CAF au titre
de la continuité du parcours de l’enfant.
1 Rectorats/ARS/
départements
17
Intégrer un bilan d’étape des ULIS et des DAR dans la mission IGÉSR sur
l’accessibilité (PTA 2025-2026) : analyse qualitative des parcours,
développement professionnel collectif, articulation avec les personnels
médico-sociaux
2 IGÉSR
18
Placer auprès de l’IEN de circonscription et du chef d’établissement un
conseiller principal accessibilité (CPA), avec autorité fonctionnelle sur
les personnels ressources de l’école inclusive, en lien avec le PAS,
Maintenir la mission d’affectation et de gestion de proximité des AESH
hors du périmètre du PAS (cellule ad hoc)
2 DGESCO/rectora
ts
Juin 2026
19
Revoir la répartition des rôles pour l’élaboration et la mise en œuvre
du PAP en responsabilisant le conseiller principal accessibilité, avec la
validation du médecin scolaire.
2 DGESCO/rectora
ts
2026
20
Tenir des « assises des métiers de l’école pour tous » avant l’été 2026,
pour une cartographie des métiers et des formations nécessaires au
développement de l’accessibilité à l’école. Créer au sein du MEN une
filière métier de l’accessibilité. À 3 ans, réaliser un bilan des mutations
professionnelles et de missions associées
1 MEN, ministères
sociaux
MEN/MS/MFP
Rentrée
2026
21
Intégrer au mouvement des personnels pour la rentrée 2026, 3 000 ETP
de postes à profil de conseillers principaux d’accessibilité (50 % de la
cible finale, dont une partie par redéploiement) et au moins 8 000 ETP
d’assistants d’accessibilité (dont 7 200 ETP d’AESH-co).
Finaliser le déploiement des CPA et poursuivre celui des assistants
d’accessibilité pour la rentrée 2027 (DGRH, rectorats).
1 MEN Rentrée
2026
Rentrée
2027
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7
n° Recommandation Priorité Autorité
responsable Échéance
22
Prioriser le développement de compétences professionnelles pour
l’accessibilité dans le bloc 1 et le bloc 2 de la formation initiale ; assurer
la promotion des modules m@gistère sur l’accessibilité dans le premier
degré (« acte II » des plans français et mathématiques) et dans les
plans académiques de formation du second degré ; développer des
formations conjointes enseignants-AESH
1 IGÉSR/DGESCO Juin 2026
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8
Introduction
Par lettre de mission en date du 14 avril 20255, les directeurs de cabinet respectifs de la ministre d’État,
ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la ministre du travail,
de la santé, des solidarités et des familles, ainsi que de la ministre déléguée en charge de l’autonomie et du
handicap ont demandé à l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche et à l’inspection
générale des affaires sociales de faire porter leurs travaux sur « le rôle des accompagnants des élèves en
situation de handicap (AESH) et les évolutions à envisager tant en termes de statut que de missions ». La
saisine mentionne, pour ces évolutions, l’opportunité du rapprochement entre l’école et le secteur médico-
social, marquée par la création en cours des pôles d’appui à la scolarité (PAS), ainsi que la perspective d’une
éventuelle fonction élargie d’« agent d’accessibilité ».
Cette saisine fait suite à une décision du Comité interministériel du handicap présidé par le Premier ministre
le 6 mars 2025, qui a acté le principe d’une mission sur le rôle des AESH et les évolutions à envisager avec
l’objectif d’« associer pleinement les AESH au virage inclusif de l’école », poursuivant l’intention de la CNH de
2023 qui avait préconisé de « réformer le cadre d’emploi des AESH » 6.
Cet objectif d’évolution est une réponse à trois types de difficultés :
– un décalage persistant entre le besoin croissant d’accompagnement issu des notifications d’aide
humaine par les MDPH et la capacité de réponse de l’éducation nationale ;
– un manque de reconnaissance des AESH et des conditions de travail précaires ;
– une interrogation de plus en plus forte sur la pertinence de ce dispositif qui, en France, tient lieu
de vecteur majeur, voire unique, d’accès à la scolarisation pour les enfants en situation de
handicap.
Ces difficultés sont identifiées depuis plusieurs années et ont donné lieu à des rapports successifs7 dont la
mission reprend à son compte nombre des recommandations, jusque-là peu suivies d’effet. La mission a donc
souhaité identifier les freins structurels qui en sont l’origine et proposer des voies de réforme appropriées.
Deux constats ont présidé à l’élaboration du présent rapport et à ses recommandations : d’une part, au cours
des investigations de la mission, réalisées entre juin et octobre 2025, un large consensus a émergé pour
appeler à réformer le dispositif d’aide humaine. D’autre part, cette transformation est indissociable d’une
mutation profonde et urgente du rapport de l’éducation nationale à l’accessibilité de l’école,
indépendamment des partenariats qui doivent l’accompagner (MDPH, offre d’appui médico-social,
collectivités locales).
Autrement dit, l’épuisement du dispositif des AESH est la conséquence d’un déficit stratégique du projet de
l’école pour tous, en dépit d’un effort budgétaire chaque année plus important et de l’engagement des
personnels sur le terrain.
En conséquence, les travaux de la mission se sont structurés en trois temps complémentaires :
– En premier lieu, répondre à l’urgence de la situation précaire des personnels recrutés pour
remplir la mission d’aide humaine aux ESH.
La première partie de ce rapport présente un état des lieux et des propositions d’amélioration, à la suite
d’échanges directs avec près de 80 AESH dans trois départements et de nombreux entretiens avec l’ensemble
des parties prenantes concernées par leur mission ainsi que les administrations en responsabilité. Refonder,
pour le parcours de l’enfant à besoins particuliers, les coopérations de l’éducation nationale avec les familles
et les associations, les collectivités locales, les acteurs médico-sociaux et les MDPH, en développant données
et lieux de pilotage communs.
L’évolution du dispositif d’aide humaine bute sur une défiance réciproque entre l’École et ses partenaires et
sur des fonctionnements en silo qu’il est possible aujourd’hui de transformer, comme y invite la mise en
5 Annexe 1.
6 La CNH de 2023 préconisait de faire évoluer les AESH en créant le métier d’accompagnant à la réussite éducative, piste qui a été
abandonnée depuis.
7 Cf annexe 5.
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9
place progressive des PAS, à condition de reconnaitre leur valeur ajoutée et d’ouvrir les organisations à leur
contribution.
– Organiser, avec de nouvelles professionnalités et en s’appuyant sur les travaux de la recherche,
le virage de l’école vers l’accessibilité pour tous par le droit commun.
La mission fait le constat que le maintien d’un système fondé sur l’aide humaine bloque le développement
de l’école pour tous et est même un obstacle au bon usage de cette aide humaine, qui restera pourtant
indispensable à l’accompagnement de beaucoup d’enfants.
Le présent rapport est accompagné d’annexes thématiques, permettant de mettre en perspective l’approche
française (recherche, expériences internationales), de dresser un premier bilan des PAS ou encore de mettre
en perspective les enjeux de la notification d’aide humaine. Plusieurs annexes sont consacrées aux AESH,
tant pour détailler les données aujourd’hui disponibles les concernant que pour traiter l’hypothèse, non
retenue par la mission, de la fonctionnarisation de cette population et de mener une approche comparative
de leur statut avec d’autres métiers (ATSEM, moniteurs éducateurs).
Le présent rapport emploie le genre féminin pour désigner l’ensemble des accompagnantes et accompagnants
d’élèves en situation de handicap (AESH).
Ce choix ne constitue pas une remise en cause de la règle grammaticale de l’usage du masculin comme genre
neutre, qui demeure appliquée dans l’ensemble du rapport et de ses annexes.
Conformément aux orientations fixées par la circulaire du 21 novembre 2017 relative aux règles de féminisation
dans les actes administratifs et aux plans d’action en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les
hommes dans la fonction publique, il s’agit d’une adaptation circonscrite visant à rendre visible une profession
composée à 94 % de femmes, cette féminisation constituant un élément structurant de l’identité professionnelle
et du besoin de reconnaissance des AESH.
1. Les accompagnantes des élèves en situation de handicap (AESH), des
personnels contractuels en quête de reconnaissance et en première ligne
d’un modèle d’école inclusive sous tension
1.1. Des personnels longtemps méconnus qui sont devenus la deuxième population du
ministère de l’éducation nationale et l’objet d’une forte attention
L’émergence rapide et massive des accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) au cœur des
ressources humaines de l’éducation nationale, en tant que deuxième métier de l’institution en nombre
d’agents, résulte d’une conjonction de transformations structurelles qui ont rendu visible un métier
longtemps resté en marge de l’école. Quantitativement, la population des AESH a fortement participé de
l’augmentation des contractuels, notamment parmi les non-enseignants8. Qualitativement, les décisions
successives de l’État se sont traduites par une déprécarisation progressive des personnels au rythme de la
consolidation de l’école inclusive et de la scolarisation croissante des élèves en situation de handicap. Le
recours à ces agents contractuels a été la principale réponse pour absorber la hausse continue des besoins
d’accompagnement humain, dans le cadre d’une politique volontariste d’inclusion scolaire. Aujourd’hui, ces
personnels accompagnants sont considérés comme des « des acteurs clés qui contribuent à la mise en place
d’une École pleinement inclusive »9.
8 À la rentrée 2024, les AESH représentent près de 63 % de l’ensemble des agents non titulaires non-enseignants (134 775 sur environ
214 600), un poids très supérieur à celui des enseignants contractuels, qui représentent 9 % des enseignants (81 300 agents). La
progression des emplois non titulaires dans l’Éducation nationale est donc portée très majoritairement par le recrutement d’AESH.
9 Selon la présentation qu’en fait le site du ministère de l’éducation nationale Cf. sur le site de Être accompagnant des élèves en
situation de handicap (AESH)
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10
1.1.1. Des caractéristiques socio-professionnelles spécifiques qui doivent être appréhendées par
diverses sources
Bien que le cadre d’emploi spécifique d’AESH existe depuis 2014, c’est seulement à la rentrée 2020 que les
effectifs d’AESH ont pu être comptabilisés de manière complète, lorsque les derniers contrats aidés ont
basculé en contrat AESH. Cette bascule a notamment permis un constat important : les AESH sont devenues
le premier métier non enseignant de l’éducation nationale et le deuxième par ses effectifs après celui des
enseignants.
Dans le même temps, les AESH ont fait l’objet d’une attention croissante dans le débat public ainsi qu’au
niveau institutionnel. Depuis 2022, deux lois leur ont été consacrées.
La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) a entrepris un travail d’analyse
afin de fournir une connaissance plus approfondie des personnels AESH10. Le Panorama statistique des
personnels de l’enseignement scolaire, dans son édition 2024-2025, permet d’accéder à un ensemble de
données, complétées par d’autres sources quant aux caractéristiques socio-professionnelles complètes des
AESH.
1.1.1.1 Une population qui présente de fortes singularités aux plans démographique, statutaire et salarial
Les AESH en chiffres (2024)
- 134 775 AESH
- 94 % de femmes
- Âge moyen : 45,6 ans (38 % de plus de 50 ans contre 16% de moins de 35 ans)
- 84 % rattachées à un PIAL inter-degré
- 64 % en CDI
- 97,6 % à temps incomplet ; une quotité moyenne de 63,4 % (64,5 % en CDI ; 61,4 % en CDD) ; 70 % (2d
degré) / 62 % (1er degré)
- Salaire net mensuel :1 030 € ; Salaire temps plein théorique 1 580 €
- 50 % AESH m/ 33 % AESH i / 13 % AESH co (ULIS)11
- 73 % : taux de maintien (2021 à 2024)
Source : DEPP, Panorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire 2024-2025, éd. 2025.
Les AESH représentent un agent sur dix et près de quatre non-enseignants sur dix. Elles se caractérisent par
une très forte féminisation (94 %) et un âge moyen de 45,6 ans plus élevé par rapport aux autres catégories
de personnels de l’éducation nationale12. 64 % des agentes bénéficient d’un CDI ; l’organisation du travail
10 La DEPP, service statistique ministériel de l’éducation nationale, regroupe dans le Panorama statistique des personnels de
l'enseignement scolaire toute l’information disponible sur les personnels enseignants et non enseignants : effectifs, missions et
lieux d’exercice, carrières des agents fonctionnaires, concours de recrutement, rémunérations, formation continue, congés pour
raison de santé, perception de leur condition de travail, départs à la retraite, départs volontaires, etc. Un chapitre 12 sur le
handicap et les personnels accompagnants apparaît pour la première fois dans l’édition 2022-2023 du Panorama statistique des
personnels de l’enseignement scolaire, publiée en octobre 2023. La présentation éditoriale de l’édition 2022-2023 indique que
deux nouveaux chapitres complètent les thèmes de l’édition précédente, dont un « chapitre 12 » spécifiquement consacré, d’une
part, aux personnels en situation de handicap bénéficiaires de l’obligation d’emploi et, d’autre part, aux personnels accompagnant
les élèves en situation de handicap.
11 L'aide humaine aux élèves en situation de handicap, référencée dans l'article D. 351-16-1 du code de l'éducation, se décline selon
deux modalités : l'aide individuelle et l'aide mutualisée. L’AESH chargée d’une aide individuelle (AESH i) intervient auprès d’un
élève pour lequel la CDAPH a identifié un besoin d’accompagnement soutenu et continu, sur une quotité horaire précisément
déterminée. L’AESH affectée à une aide mutualisée (AESH m) intervient auprès d’élèves qui ont besoin d’un accompagnement
non nécessairement soutenu ni continu. Ses activités sont définies par la CDAPH, mais sans quotité horaire prédéterminée, ce qui
confère à sa mission une souplesse organisationnelle. L’AESH-m peut être mobilisée auprès d’un ou de plusieurs élèves, selon les
besoins du moment. À côté de ces modalités d’aide humaine, des AESH peuvent être chargées de l'accompagnement collectif
(AESH co) dans les unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS). Leur affectation relève de l'autorité académique et ne dépend
pas d'une décision de la CDAPH. Ces personnels apportent leur aide à l'ensemble des élèves du dispositif, soit au sein de l'ULIS,
soit lors des temps d'inclusion dans les classes ordinaires.
12 Selon Panorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire 2024-2025, l'âge moyen des AESH est en progression
constante depuis l'homogénéisation de leur statut : il passe de 45,3 ans en 2023 à 45,6 ans en 2024. Ainsi, la part des 50 ans ou
plus augmente d’un point en 2024 passant à 39 % et la part des moins de 35 ans diminue d’un point passant à 15 % entre 2023 et
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11
repose presque exclusivement sur le temps incomplet (97,6 %), avec une quotité moyenne à 63 % et une
rémunération nette inférieure au seuil de pauvreté. Cette quotité résulte du choix de ne décompter comme
temps de travail effectif quasi exclusivement que les temps d’accompagnement des élèves.
1.1.1.2 Selon la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) de l’Insee, les AESH exercent
un métier du soin, de l’aide et de l’accompagnement
Classées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) parmi les
professions sociales en application du Code de l’action sociale, puisqu’elles accompagnent des personnes en
situation de handicap13, les AESH s’inscrivent dans l’univers des métiers du soin, de l’aide et de
l’accompagnement14. Officiellement, comme l’indique le site du ministère : « Les AESH sont des personnels
sous contrat de droit public, recrutés sur critères de qualification professionnelle »15. Dans ce cadre,
conformément au décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d'emploi des
accompagnants des élèves en situation de handicap, les AESH sont recrutées notamment (mais pas
exclusivement) « parmi les candidats titulaires d'un diplôme professionnel dans le domaine de l'aide à la
personne »16.
Positionnement des AESH dans la PCS 2020
Selon la nomenclature des Professions et Catégories Socioprofessionnelles (PCS 2020) de l’Insee, les AESH
relèvent du groupe 52 « employés », et plus précisément du sous-groupe 52C consacré aux métiers de l’aide et
de l’accompagnement médico-social.
Elles sont classées sous le code 52C5 « Aides médico-psychologiques et professions assimilées », aux côtés de
professions exerçant des missions d’accompagnement direct, avec un faible degré d’autonomie et un niveau de
qualification modeste.
La PCS 2020 a profondément remanié le niveau détaillé des professions pour « rendre compte du monde du
travail actuel ». Parmi les principes de la rénovation figurait la « création de nouvelles rubriques avec
l'émergence de nouveaux métiers ».
Cette rénovation a permis de sortir les AESH d'une invisibilité statistique antérieure. Dans la PCS 2003, les
auxiliaires de vie scolaire (AVS) n'avaient pas de rubrique dédiée et étaient classés dans la rubrique 422e
« Surveillants et aides-éducateurs des établissements d'enseignement », aux côtés des surveillants scolaires.
Cette classification ne rendait pas compte de la spécificité de leur mission d'accompagnement du handicap.
Les AESH côtoient les accompagnants éducatifs et sociaux (AES) et les aides médico-psychologiques (AMP),
partageant avec eux des missions de soutien à l’autonomie, d’aide à la participation et d’inclusion sociale ou
scolaire17. La matrice de codification de la PCS 2020 attribue désormais le code 52C5 de manière
univoque aux AESH et garantit une identification fiable et systématique de cette profession dans l'ensemble
2024. Cette augmentation de l’âge s’inscrit dans une tendance à long terme puisque depuis 2020 l’âge moyen des AESH a
augmenté d’1 an. De même, la part des moins de 35 ans a baissé de 3,5 points et la part des 50 ans ou plus a augmenté dans les
mêmes proportions.
13 Entretien de la mission avec la DREES, juin 2025.
14 Dans ce même ensemble professionnel figure également la catégorie 52C1, qui inclut les agents spécialisés de crèche et des écoles
maternelles — parmi lesquels les agents territoriaux spécialisé des écoles maternelles (ATSEM) qui constituent un cadre d’emplois
de la filière sanitaire et sociale de catégorie C, régi par les dispositions du décret n° 2010-1067 du 8 septembre 2010 modifiant le
décret n° 92-850 du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emplois des agents territoriaux spécialisés de 1re classe
des écoles maternelles. Ils sont soumis au statut général de la fonction publique territoriale (Titre 1 : loi n° 83-634 du 13 juillet
1983 et Titre 3 : loi n° 84-53 du 26 janvier 1984.).
15 https://www.education.gouv.fr/etre-accompagnant-des-eleves-en-situation-de-handicap-aesh-12188
16 Cependant, les conditions d’accès sont également ouvertes aux « candidats justifiant d'une expérience professionnelle d'au moins
neuf mois dans les domaines de l'accompagnement des personnes en situation de handicap » et aux « candidats justifiant d'un
titre ou diplôme classé au moins au niveau 4, ou d'une qualification reconnue au moins équivalente à l'un de ces titres ou
diplômes », qui structurent bien davantage le recrutement effectif.
17 La nomenclature PCS de l’Insee confirme donc la filiation professionnelle avec les métiers du secteur social, en particulier, ceux qui
sont engagés dans des missions d’autonomie, de participation sociale et de soutien aux personnes vulnérables. Cette classification
réinscrit les AESH dans le champ élargi du travail social et éducatif, davantage que dans la seule logique scolaire.
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12
des enquêtes statistiques. Ce rattachement confère aux AESH une visibilité statistique et institutionnelle
nouvelle par rapport à la précédente nomenclature datant de 2003.
Dans une certaine mesure, les AESH partagent avec les AED la caractéristique d’un temps incomplet18. Ce
temps incomplet est largement subi selon les retours entendus sur le terrain, sans que se manifeste un
souhait unanime de la part des AESH rencontrées de travailler plus pour obtenir un temps complet.
À la différence des autres travailleurs sociaux, souvent employés en droit privé associatif ou intégrés aux
fonctions publiques territoriale ou hospitalière, la précarité des AESH se manifeste ici au sein d’un système
éducatif massivement fonctionnarisé et organisé autour du temps plein, ce qui accentue sa visibilité et son
ressenti.
1.1.1.3 Des qualifications variées selon certaines études académiques que corroborent les retours de terrain malgré
une absence de données complètes et officielles
La direction générale des ressources humaines (DGRH), interrogée par la mission, a indiqué que le niveau de
qualification des AESH recrutées ainsi que leurs modes d’accès à l’emploi (détention d’un diplôme
professionnel dans le domaine de l’aide à la personne, expérience professionnelle dans le domaine de
l’accompagnement , niveau de qualification générale) n’étaient pas documentés, faute d’enregistrement de
ces données dans les champs prévus à cet effet dans le système d’information RH ministériel.
Le niveau de qualification est vérifié lors de la procédure de recrutement, mais il n’est pas archivé dans les
dossiers individuels19. Même si l’outil EPP prévoit la possibilité d’enregistrer ces informations, celles-ci sont
rarement renseignées, de sorte qu’aucune base centralisée ne permet aujourd’hui d’avoir une vision
consolidée du niveau de diplôme des AESH.
La DEPP conduit actuellement un travail statistique d’enquête auprès d’un échantillon représentatif d’AESH,
dont les résultats devraient être publiés en 2026 ; ils fourniront les premières données officielles consolidées
sur leur niveau de qualification. Des travaux de recherche en sociologie du travail menés sur le niveau de
qualification des AESH, y compris des auxiliaires de vie scolaire-handicap (AVSH), qui ont précédé les AESH,
livrent cependant des estimations statistiques intéressantes20. On constate ainsi que près d’un tiers des AESH
disposent d’un diplôme de niveau bac+2 et supérieur et que 70 % d’entre elles détiennent au moins le
baccalauréat, comme le montre le graphique ci-dessous (établi à partir des données de Durand, 2024)21.
18 55 % des AED sont en temps incomplet (contre 98 % pour les AESH).
19 Une vérification conduite dans une académie a confirmé cette lacune : sur 7 800 dossiers d’agents AESH enregistrés dans la base
EPP, seuls 120 dossiers avaient la donnée “diplôme” renseignée.
20 Sur ce point voir : Chevalier C., Imbert A., Jacquot A. (2023), « Qui sont les AESH ? Morphologie professionnelle et “prolétarisation”
de l’éducation », Empan, vol. 132, n° 4, p. 35-42 et Durand, M. (2024). « Au-delà de nos fonctions » : l’accompagnement socio-
éducatif des petites mains de l’Éducation nationale sur un territoire paupérisé. La Revue de l'Ires, 114(3), 35-61.
Chevalier et alii (2023) mobilisent un questionnaire en ligne administré auprès de 1 590 AESH. L’absence de pondération socio-
démographique introduit toutefois un biais de sélection, les réponses provenant plus fréquemment d’AESH fortement investies
ou disposant d’un niveau de diplôme plus élevé. Ce cadre méthodologique éclaire leurs résultats relativement hauts : 34,7 % de
bachelières et 54,2 % de diplômées de l’enseignement supérieur. À l’inverse, Durand (2024) s’appuie sur les données de l’Enquête
Emploi 2022 de l’Insee et de France, Portrait social 2023 pour établir un tableau comparatif du niveau de diplôme des AESH. Cette
approche, statistiquement représentative car pondérée par région, âge et sexe, conduit à des estimations plus prudentes : environ
un tiers d’AESH titulaires d’un diplôme post-bac, un tiers au niveau bac et un tiers sans le bac. L’autrice souligne également la
forte hétérogénéité interne du groupe, marquée par une surqualification relative dans les grandes aires urbaines et, à l’inverse,
une sous-qualification dans les territoires ruraux les plus fragilisés.
21 Durand, M. (2024). « Au-delà de nos fonctions » : l’accompagnement socio-éducatif des petites mains de l’Éducation nationale sur
un territoire paupérisé. La Revue de l'Ires, 114(3), 35-61.
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13
En l’absence de données officielles, les observations de la mission révèlent une grande diversité parmi les
AESH rencontrées, incluant des mères en reprise d’activité ou des personnes en reconversion (anciens
cadres, commerçantes, etc.). Pour beaucoup, ce métier – souvent un second métier (39 % ont plus
de 50 ans) – fait suite à une carrière dans le social ou le médico-social (infirmières, éducatrices, travailleuses
sociales). La majorité sont issues d’une reconversion, avec un lien fréquent au handicap dans leur entourage.
1.1.1.4 Une perception du métier contrastée
L’entrée dans le métier relève rarement d’un choix initial, mais plutôt d’une opportunité ou d’une nécessité,
comme en témoigne une AESH : « Je suis devenue AESH parce que mon fils n’avait pas d’accompagnant ».
D’autres viennent du médico-social ou du soin, transférant leurs compétences relationnelles vers l’école.
Leur engagement, souvent subjectif, se traduit par la satisfaction de « voir les enfants progresser » ou « les
aider à trouver leur place », ce qui renforce leur intérêt et leur investissement dans ce métier. De fortes
attentes et des insatisfactions persistantes selon le baromètre du bien-être au travail de la DEPP malgré une
appréciation très positive de la mission et l’expression d’une solidarité entre AESH
Le baromètre du bien-être au travail, dont les résultats pour les AESH sont présentés dans le chapitre 13 du
Panorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire 2024-2025 (enquête menée au printemps
2023), permet de brosser un portrait contrasté et spécifique de cette population22. Il signale un groupe
professionnel marqué par un engagement subjectif élevé, en dépit d’un cadre institutionnel précaire.23
Encadré – La perception des AESH de leur qualité de vie au travail selon le Baromètre DEPP 2023
Un ressenti de l’intérêt de leur travail nettement plus élevé chez les AESH
Les AESH rapportent des niveaux élevés d'engagement subjectif : impression d'être utile 8,6/10 | fierté liée au
métier 7,7/10 | épanouissement 6,9/10 (tous supérieurs aux enseignants). En parallèle, elles déclarent une faible
valorisation sociale de leur métier : 2,4/10 (enseignants : ~3,0).
Une insatisfaction forte face à la rémunération et aux carrières
Les AESH se déclarent moins exposées à la charge émotionnelle : épuisement 5,5/10 (vs 7,2 enseignants 1er
degré). Mais une très faible satisfaction concernant la rémunération 2,1/10 (note la plus basse de tout le
ministère) et les perspectives carrière 2,2/10 (enseignants : ~3,0).
22 Le Baromètre du bien-être des personnels de l’Éducation nationale, mis en place par la DEPP, vise à suivre et comprendre
l’évolution de la qualité de vie au travail des personnels. C'est aussi un outil de diagnostic des conditions d’exercice les plus
propices à son amélioration. Le Baromètre permet de disposer d'informations régulièrement actualisées à partir d'échantillons
nationaux représentatifs.
23 Voir Rade É, 2024, « Bien-être au travail des personnels de l’Éducation nationale : des résultats stables en 2023 », Note
d'Information, n° 24.03, DEPP. La note précise quelles AESH ont été interrogés par le Baromètre du bien-être au travail pour la
première fois en 2023 et 3 000 réponses ont été collectées Voir également les analyses de la DEPP dans l’étude qu’elle a consacrée
en 2023 au bien-être au travail des personnels de l’éducation nationale et qu’elle reproduit au chapitre 13 du Panorama statistique
des personnels de l'enseignement scolaire 2024-2025, en y insérant des analyses particulières concernant les AESH.
7%
12%
12%
39%
21%
5%4%
Niveau de formation des AESH
Diplôme de niveau Bac +5 ou
plus (doctorat, master)
Diplôme de niveau Bac +3/4
(licence, maîtrise)
Diplôme de niveau Bac +2
(DUT, BTS, Deug)
Bac général, technologique ou
professionnel
CAP, BEP ou équivalent
Brevet des collèges
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14
Une appréciation positive des contextes d’exercice
Les AESH expriment une appréciation positive sur leurs lieux d'exercice 8,4/10 (supérieur aux enseignants) |
sentiment de sécurité 8,2/10. Cependant, elles considèrent le manque de formation comme un empêchement :
4,8/10 – problématique plus marquée que chez les enseignants.
Relations interpersonnelles positives mais des relations avec l’administration déceptives
Les AESH déclarent des interactions positives : soutien des collègues 8,0/10 | respect des élèves 7,6/10 et respect
parents 7,4/10. En revanche, l’appréciation du soutien institutionnel est plus bas : soutien hiérarchique 7,0/10
(vs 8,0 enseignants 1er degré) et des relations avec l'administration pour la gestion administrative de carrière,
l’évaluation, l’animation / accompagnement, les délais) | gestion carrière 5,2/10 | accompagnement des missions
5,2/10 – systématiquement inférieurs aux autres personnels.
Les éléments issus du baromètre de la DEPP manifestent un écart ressenti entre leur utilité sociale et leur
positionnement périphérique dans le système éducatif, que confirment les témoignages recueillis auprès
d’AESH rencontrées par la mission.
Les témoignages recueillis tant auprès des AESH rencontrées par la mission que ceux transmis par une
association24 confirment dans leur ensemble plusieurs traits généraux mis en évidence par le baromètre du
bien-être au travail 2023 et les travaux de recherche sur les AESH (voir annexe 8).
Le travail quotidien des AESH, inscrit dans le domaine du care, demande la gestion des émotions,
l’attachement et le maintien d’une « bonne distance ». Le lien établi avec les élèves, la perception d’une
utilité directe et la reconnaissance ponctuelle par certaines équipes enseignantes renforcent la motivation
des accompagnantes et leur donnent le sentiment d’un travail porteur de sens (Maguet, 2023)25.
Cependant, ce sens du travail coexiste avec une lassitude grandissante face aux contraintes administratives
et à la faible visibilité institutionnelle du métier.
Certaines AESH décrivent également des situations professionnelles difficiles et parfois traumatisantes : elles
accompagnent des élèves particulièrement fragiles, susceptibles de présenter des troubles du
comportement. Ces difficultés peuvent conduire à des situations de crise plus fréquentes, exposant les
accompagnantes à un risque accru d’accidents, de violences verbales ou physiques, et d’incivilités. En
l’absence de dispositifs de soutien clairement identifiés, ces événements sont vécus comme de véritables
épreuves professionnelles. Sur ce point, la mission a constaté que les AESH ayant témoigné de ces situations
difficiles n’avaient bénéficié d’aucun dispositif d’écoute, d’orientation ou d’accompagnement destiné à
prendre en charge les impacts professionnels et personnels qui en ont résulté, ni d’outils permettant d’en
améliorer la compréhension et la prévention.
Les conditions de travail perçues comme dégradées accentuent la fragilité du groupe professionnel. Dans le
premier degré, l’isolement est fréquent. À l’inverse, pour celles qui interviennent dans plusieurs
établissements, cela crée une charge organisationnelle (et économique) importante. L’absence de temps
collectif et la multiplicité des interlocuteurs (direction, coordonnateur PIAL, inspection, DSDEN) rendent le
suivi institutionnel confus. Les affectations apparaissent souvent aléatoires : certains profils sont placés dans
des postes très exigeants sans accompagnement adapté, avec des changements fréquents d’emploi du temps
et un non-respect des zones géographiques assignées.
Le sentiment d’appartenance à l’équipe éducative reste très variable. Certaines AESH évoquent des
environnements coopératifs et soutenants ; d’autres se sentent marginalisées. L’une d’elles confie : « Une
professeure m’a barré la porte en me demandant quel diplôme j’avais pour accompagner en maths. »
Beaucoup souhaitent participer pleinement aux réunions d’équipe, être informées des projets
d’établissement et impliquées dans les échanges avec les familles. Comme le résume une accompagnante :
« On aimerait être vues comme des professionnelles, pas comme des aides. » Pourtant les missions confiées
aux AESH sont clairement définies comme des missions d’aide, d’appui et d’accompagnement et relèvent
24 Témoignages transmis par l’association « AESH en lumière » et reproduits en annexe.
25 Maguet, U. (2023). Le travail de care des Accompagnants des élèves en situation de handicap, entre discrétion et vulnérabilité : La
face cachée d’un métier essentiel [Limoges]. http://aurore.unilim.fr/ori-oai-search/notice/view/2023LIMO0056
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15
d’un cadre prescriptif assumé26. Cependant, les compétences et les savoir-faire nécessaires à leur mise en
œuvre effective demeurent insuffisamment reconnus comme des compétences professionnelles à part
entière, et sont encore largement appréhendés comme un engagement personnel tacite et invisible. C’est là,
selon la mission, le nœud de la quête de reconnaissance des AESH
Sur le plan salarial, les écarts entre les responsabilités exercées et la rémunération perçue sont jugés
considérables : « Quand j’ai commencé, je gagnais 650 euros, déclare l’une ; « un temps plein en maternelle,
c’est 900 euros », ajoute une autre. Beaucoup cumulent plusieurs contrats à temps partiel ou des activités
périscolaires pour survivre, ce qui nourrit une certaine amertume.
Malgré les avancées institutionnelles — création du cadre d’emploi en 2014, accès à un CDI après trois ans,
possibilité d’exercer la fonction de référente —, la précarité demeure consubstantielle au dispositif. La
recherche montre qu’à la précarité économique des AESH peut s’ajouter une vulnérabilité symbolique et
affective : leur travail, considéré comme « naturel » plutôt que technique, reste invisible. Maguet (2023)
montre, à travers des portraits concrets, que la posture de care les rend « perméables aux souffrances des
élèves », exposant leur santé psychique. Ainsi, la précarité des AESH est à la fois économique, symbolique et
émotionnelle.
Encadré – Paroles d’AESH : ce que déclarent les accompagnants (verbatim) (voir aussi annexe 6)
Ressenti vis-à-vis du travail : engagement fort, faible reconnaissance
« Quand on est AESH, on devient invisible, personne ne s'intéresse à nous, on nous infantilise. »
« J'adore accompagner les élèves, les aider dans leur apprentissage, c'est vraiment un métier qui me
passionne. »
Rémunération, carrière et stabilité : forte insatisfaction déclarée
« Ce qu’on fait mérite d’être payé plus pour ce à quoi on est confronté. »
« Notre rémunération est vraiment déplorable. On devrait avoir un salaire décent, au-delà des 1 000 euros. »
« Même si on veut chercher un autre emploi, c’est compliqué : de 8h à 17h, on est AESH, donc on ne peut rien
faire à côté. »
« Cette année, j’ai eu environ 18 emplois du temps différents. Je suis considérée comme bouche-trou. »
« Ne pas savoir où on va être l’année prochaine, c’est très angoissant. »
Conditions d’exercice : appréciation des lieux, manque de formation et cadrage insuffisant
« J’ai commencé sans aucune formation, avec un élève TSA très violent. Je me suis retrouvée complètement
démunie. »
« On fait parfois un travail d’éducateur spécialisé, mais sans formation. »
« Nos missions ne sont pas suffisamment claires : accompagner un élève de terminale ou un élève de maternelle,
ce n’est pas la même chose. »
« Il nous manque beaucoup de choses pour travailler dans de bonnes conditions et aménager les salles pour ces
élèves. »
Relations sociales et relations avec l’administration : soutien des pairs, déficit institutionnel
« On doit souvent aller à la pêche aux infos : on ne sait pas toujours pourquoi on accompagne un enfant. »
« Vous êtes AESH ? Il faut voir avec le rectorat. Et le rectorat dit de voir avec le proviseur. »
« Je rejoins mes collègues sur le manque de considération : parfois, j’ai l’impression qu’on nous infantilise. »
« Beaucoup d’enseignants ne veulent pas d’AESH dans leur classe, juste parce qu’ils ne veulent pas de regard
adulte. »
Dans les observations faites par la mission, la situation professionnelle des AESH est vécue comme très
insatisfaisante par les intéressées, confrontées à des contraintes particulières dans l’exercice de leurs
missions d’accompagnement. Face à cette situation, les pouvoirs publics ont engagé une réponse progressive
mais encore partielle. Depuis la création du cadre d’emploi d’AESH en 2014, ces personnels ont ainsi fait
l’objet d’une activité législative et réglementaire soutenue.
26 Les missions des AESH relèvent d’une aide à l’autonomie de l’élève, d’un soutien à sa participation à la vie scolaire et d’un appui à
l’accès aux apprentissages, dans le cadre des adaptations définies par l’équipe éducative, sans se substituer à l’acte
d’enseignement. Voir ci-dessous au 1.3.1.1.
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16
1.1.2. Des personnels contractuels progressivement reconnus mais qui demeurent soumis à une réelle
précarité
Le recours à des personnels faiblement qualifiés et employés par contrat court s’inscrit dans le double
contexte de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation
et la citoyenneté des personnes handicapées » et de la loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation
pour la cohésion sociale, ces deux lois favorisant le recours aux contrats aidés (CUI-CAE) à la fois pour
répondre à la montée des besoins d’aide humaine et pour lutter contre le chômage de masse27. La création
du statut d’AESH en 2014 marque une rupture. En remplaçant les contrats aidés par des contrats de droit
public, l’État a institutionnalisé une ressource humaine indispensable à la gestion des besoins d’aide
humaine, tout en la maintenant structurellement flexible. Depuis 2014, les mesures législatives ou
réglementaires se sont inscrites dans ce chemin avec l’objectif d’améliorer la situation des AESH ; celles-ci
demeurent soumises à une réelle précarité (notamment salariale).
1.1.2.1 . Une politique de “déprécarisation” des AESH progressive, qui reste partielle et essentiellement centrée sur la
consolidation contractuelle
La loi n° 2022-1574 du 16 décembre 2022 visant à lutter contre la précarité des AESH et des assistants
d’éducation a instauré un dispositif spécifique de stabilisation contractuelle, en permettant l’accès au CDI
après trois ans de services, contre six dans le régime de droit commun. Cette mesure constitue l’une des
avancées les plus marquantes dans la construction progressive d’un véritable cadre d’emploi pour les AESH.
Encadré – Les étapes de la « déprécarisation » contractuelle des AESH (2013-2025)
1. Sortie des contrats aidés et généralisation du statut public (2014-2020)
• la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 (loi pour la refondation de l’école de la République) : création du statut
d’AESH et sortie progressive des CUI-CAE.
• Décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d'emploi des accompagnants des
élèves en situation de handicap : organisation du nouveau régime d’emploi.
• 2014-2020 : coexistence transitoire AESH / CUI-CAE
• Circulaire n° 2019-090 : à la rentrée 2020, 100 % de l’accompagnement est assuré par des AESH.
2. Stabilisation contractuelle : CDD de trois ans et accès accéléré au CDI (2020-2022)
• le décret n° 2019-1389 du 18 décembre 2019 fixe la durée du contrat de recrutement à trois ans, renouvelable
une fois avant l'accès à un contrat à durée indéterminée. Généralisation du CDD de 3 ans à partir de 2019.
• loi n° 2022-1574 du 16 décembre 2022 visant à lutter contre la précarité des accompagnants d'élèves en
situation de handicap et des assistants d'éducation qui permet la « cédéisation » : CDI après un seul CDD
triennal.
3. Changement d’employeur : l’État se substitue à l’EPLE et consacre la pérennisation des emplois dans son
budget : bascule intégrale sous le titre 2 (2023-2024)
• Jusqu’en 2023 : 71 000 AESH encore hors titre 2
• Mission conjointe IGF–IGÉSR de septembre 2021 recommande bascule sur Titre 2 et décisions
gouvernementales prises en 2022 (PLPFP 2023-2027)
• 31 décembre 2024 : intégration complète au programme 230 – Titre 2 et au plafond d’emplois.
4. Une déprécarisation réelle mais incomplète
• En 2025 : environ 140 000 AESH, tous agents publics, 63 % des AESH en CDI.
• Déprécarisation centrée sur le contrat ; limites persistantes (statut non titulaire, quotités faibles, manque de
formation).
La loi du 16 décembre 2022 a conduit à un triplement du nombre d'AESH en contrat à durée indéterminée
(CDI) : de 20,8 % fin 2022 à 63,4 % en janvier 2025.
27 Le statut d’AVS a vu le jour en 2003 et « très vite, la demande est telle que l’État est contraint d’envisager une massification du
dispositif dès 2005 » L’autonomie dans l’invisibilité. Les accompagnantes des élèves en situation de handicap.
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1.1.2.2 Une précarité salariale persistante malgré de récentes avancées
La « déprécarisation contractuelle » s’est accompagnée de plusieurs mesures prises pour améliorer la
situation financière des AESH : depuis le 1er septembre 2021, les AESH bénéficient d'un déroulement de
carrière qui permet, avec la création d’un échelonnement indiciaire dédié (grille de 11 échelons d’une durée
respective de trois ans), une revalorisation régulière et automatique de leur rémunération (avancement en
fonction de l'ancienneté). Une revalorisation spécifique des indices de rémunération des AESH est intervenue
le 1er septembre 202328 ainsi que la création d’une indemnité de fonction d’un montant annuel de 1 529 €
bruts pour un temps plein29, versée mensuellement à tous les AESH. Une revalorisation de 10 % de
l’indemnité versée aux AESH référentes est en vigueur depuis cette même date.
La récente revalorisation de la grille indiciaire des AESH débute à l'indice 366, soit au-dessus de l'indice
minimum de traitement de la fonction publique. Ce positionnement peut évoquer, par son point d’entrée,
une référence aux grilles des corps de catégorie B. Cet indice se rapproche en effet des indices de début de
carrière des fonctionnaires de catégorie B sans toutefois constituer un alignement réel sur ce niveau. En effet,
cette proximité avec les corps de catégorie B est limitée au seul grade initial. La comparaison globale fait
apparaître des écarts importants :
– la grille AESH plafonne à l’indice majoré 450-455, alors que la grille B1 progresse jusqu’à environ
67330 ;
– l’amplitude de carrière des AESH demeure très réduite et sa progression uniforme, quand la
catégorie B bénéficie d’une évolution plus rapide, de grades successifs et de régimes
indemnitaires plus favorables.
La revalorisation opérée demeure donc partielle au regard des écarts persistants avec la catégorie B et le
temps de travail des AESH, toujours recruté à temps incomplet, limite le bénéfice réel de cette
revalorisation31. En effet, le salaire mensuel net moyen d’une AESH à quotité moyenne (environ 62 % d’un
temps plein) se situe autour de 1 000 euros, ce qui demeure nettement au-dessous du seuil de pauvreté
monétaire fixé à 60 % du revenu médian32.
Les mesures récentes de revalorisation — revalorisation progressive de la grille indiciaire, extension des
primes REP / REP+33 et proportion croissante de contrats à durée indéterminée — ont favorisé une forme de
reconnaissance, mais demeurent insuffisantes pour sécuriser l’attractivité de la mission. Un effort budgétaire
pérenne est nécessaire pour offrir aux AESH en CDI (donc après 3 ans) une progression salariale plus rapide
et reconnaître, pour toutes les AESH, la technicité croissante du métier, par un doublement de l’indemnité
de fonction (actuellement 1 529 euros bruts annuels) pour la porter à 3 060 euros bruts annuels. Cet effort
budgétaire correspondrait à une augmentation de 10 % de la masse salariale actuelle.
28 La grille applicable depuis le 1er septembre 2023, fixée par l’arrêté du 13 juillet 2023 modifiant celui du 23 août 2021, comprend
11 échelons, de l’indice majoré 366 à l’indice 450, avec un passage automatique à l’échelon supérieur tous les trois ans. L’indice
majoré 366 est 5 points au-dessus de l’indice minimum de traitement de la fonction publique. Cette nouvelle grille conduit à des
gains compris entre 5 et 15 points d’indice, en fonction des échelons.
29 L’indemnité de fonctions AESH instaurée par le décret n° 2023-598 du 13 juillet 2023, constitue l’élément commun à l’ensemble
des personnels : son montant annuel est fixé à 1 529 € brut pour un temps plein, soit 127,42 € mensuels, et fait l’objet d’une
proratisation stricte en fonction de la quotité de service (environ 79 € brut mensuels pour une quotité de 62 %, soit près de 63,50 €
nets).
30 Les indices d’entrée de la grille AESH se situent désormais au niveau du tout début de la catégorie B, mais la progression ultérieure
est sans comparaison : les fonctionnaires B1 atteignent IM 673, contre 450-455 pour les AESH, avec davantage de grades, primes
et perspectives. Le rapprochement est donc limité au point de départ.
31 Raison pour laquelle le salaire net mensuel moyen d’un AESH (1 030 €) est de moitié inférieur à celui d'un fonctionnaire titulaire
de catégorie C (2 020 €), même si ces derniers sont les fonctionnaires les moins bien rémunérés du ministère.
32 Selon l’INSEE le seuil de pauvreté est fixé par convention à 60 % du niveau de vie médian de la population. Il correspond à un
revenu disponible de 1 288 euros par mois pour une personne vivant seule et de 2 705 euros pour un couple avec deux enfants
âgés de moins de 14 ans. Cf. Insee (2025). L’essentiel sur… la pauvreté. Chiffres-clés. Publication en ligne du 7 juillet 2025.
33 Le Décret n° 2022-1534 du 8 décembre 2022 modifiant le décret n° 2015-1087 du 28 août 2015 portant régime indemnitaire
spécifique en faveur des personnels exerçant dans les écoles ou établissements relevant des programmes « Réseau d'éducation
prioritaire renforcé » et « Réseau d'éducation prioritaire » a étendu le bénéfice de l'indemnité de sujétions aux assistants
d'éducation et aux accompagnants des élèves en situation de handicap : depuis le 1er janvier 2023, les AESH exerçant dans une
école ou établissement relevant d'un réseau d'éducation prioritaire bénéficient d'une indemnité de sujétions annuelle de 1 106 €
et les AESH exerçant dans une école ou un établissement relevant d'un réseau d'éducation prioritaire renforcé bénéficient d'une
indemnité de sujétions de 3 263 € (part fixe) et d'un complément d'au plus 448 € (part modulable).
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Recommandation n° 1 : A cadre juridique constant, et afin de valoriser le passage en CDI, revaloriser la grille
indiciaire des AESH en accélérant la cadence d’avancement après le premier indice et en ajoutant des indices
supplémentaires, et limiter les situations de stagnation.
La revalorisation proposée repose non sur une augmentation uniforme des rémunérations, mais sur une
révision ciblée des rythmes d’avancement dans la grille indiciaire. Le maintien d’une durée de trois ans au
premier indice correspondrait à la phase d’entrée dans le métier, exercée en CDD. À compter du deuxième
indice, l’accélération progressive des durées de stationnement, alignée sur les standards observés en
catégorie B, permet de consacrer le passage en CDI et de corriger les situations de stagnation prolongée sans
modification du cadre juridique d’emploi34. L’ajout d’indices supplémentaires en fin de grille offre une
perspective de progression sur le long terme et renforce l’attractivité du métier. Cette approche produit un
effet réel sur les trajectoires professionnelles, tout en garantissant un impact budgétaire progressif, différé
et soutenable.
1.1.3. Malgré un effort financier continu, la budgétisation des emplois d’AESH ne suit ni le rythme ni la
croissance des notifications d’aide humaine
En 2024, le coût de l’accompagnement du handicap s’élève à 4,659 Mds €. La rémunération des AESH en
absorbe la majeure partie, avec 3 Mds €, en constante augmentation depuis plusieurs années.
En 2022, le rapport conjoint de l’IGF-IGÉSR souligne que « la soutenabilité financière et les besoins de
recrutement des AESH constituent des limites du système actuel, tout comme les enjeux de
professionnalisation de la fonction et de la qualité de l’accompagnement pour favoriser l’autonomie des
enfants en situation de handicap35 ».
Si un fait majeur est celui du triplement du nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu
ordinaire entre 2006 et 2024, un autre fait récent attire l’attention : l’augmentation du recours à l’aide
humaine est devenue plus rapide que la hausse du nombre d’élèves en situation de handicap.
Selon la DGESCO, le besoin prévisionnel national d’accompagnement est établi en projetant, à partir des
tendances observées, la proportion d’élèves scolarisés susceptibles de recevoir une notification de la CDAPH
et de nécessiter un accompagnement humain. La DAF a indiqué à la mission que les besoins ainsi identifiés
par le ministère correspondaient à près de 25 000 emplois pour la période 2023-2027. Or le volume d’emplois
34 Les AESH connaissent des durées de stationnement uniformes de trois ans par échelon, contre un à trois ans en catégorie B, ce qui
conduit, après dix ans de carrière, à un positionnement indiciaire nettement inférieur (échelon 3 ou 4 contre échelon 7), justifiant
un alignement ciblé des rythmes d’avancement dans la limite d’un impact budgétaire plafonné à 10 %.
35 IGF-IGÉSR, La scolarisation des enfants en situation de handicap, Rapport n° 2021-M-072-02 / 2022-062, avril 2022, p.
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19
d’AESH prévus sur quatre ans par la loi de programmation des finances publiques est de 10 000 ETP 36. Dans
ce contexte budgétaire contraint, une trajectoire de réduction progressive des créations de postes d’AESH a
été inscrite dans la loi de programmation des finances publiques 2023-2027 : 4 000 en 2023, 3 000 en 2024,
2 000 en 2025 et 1 000 prévus en 202637.
Cette budgétisation des emplois crée une tension structurelle et explique que, chaque année, 8 à 10 % des
élèves notifiés ne bénéficient pas de l’accompagnement prévu, un taux en nette aggravation à la rentrée
2025 où le ministre a confirmé que 50 000 élèves restaient sans AESH malgré une notification38.
Elle limite mécaniquement la capacité du ministère à couvrir l’ensemble des notifications et pèse sur
l’efficacité du processus budgétaire de répartition entre les académies qui vise moins, schématiquement, à
couvrir les besoins qu’à répartir une forme de pénurie.
La DGESCO a ainsi indiqué qu’il demeure difficile de construire un modèle d’allocation aux académies
permettant de résorber cet écart entre besoins notifiés et moyens disponibles. L’allocation ministérielle
repose sur quatre indicateurs :
– le nombre d’élèves en attente (9 % en moyenne, jusqu’à 18,9 % à Créteil) ;
– le nombre d’élèves accompagnés par ETP (5,15 en moyenne) ;
– la part de l’accompagnement mutualisé (de 42 % à plus de 73 %) ;
– et la capacité de l’académie à pourvoir les postes.
Certaines académies, notamment en Île-de-France39, n’absorbent pas l’intégralité de leur dotation en raison
de difficultés de recrutement liées à la faible rémunération, au turnover, ou à la rareté des candidats dans
les territoires ruraux. Depuis 2022, la DGESCO encourage la prise en compte fine des accompagnements
mutualisés qui constitue selon la DGESCO un levier d’optimisation, mais elle ne compense pas les effets d’une
trajectoire budgétaire fondée sur l’hypothèse d’une stabilisation des notifications et d’un effet régulateur
des PAS dont le déploiement, plus lent qu’escompté, ne parvient pas à enrayer des notifications en hausse
de 14 % par an. Par ailleurs, le modèle de répartition, très complexe, nécessite des ajustements manuels pour
éviter des suppressions automatiques d’emplois dans les académies qui ne saturent pas leur dotation,
comme Versailles ou Créteil.
Dans ce contexte, les services académiques s’emploient à réduire, dès la rentrée, l’écart entre notifications
et accompagnements effectifs, par des recrutements ou des redéploiements. Ces efforts produisent un cycle
récurrent : un pic de non-effectivité à la rentrée, une résorption progressive au fil de l’année, puis une
nouvelle dégradation à la rentrée suivante40.
À cette tension s’ajoutent les rigidités du schéma d’emploi. Ainsi fin 2024, 1 700 emplois d’AESH ont été sous-
consommés et déduits définitivement de la dotation ministérielle. Cette sous-consommation41, paradoxale
dans un contexte de tension budgétaire sur les AESH, s’explique pour deux raisons :
36 Loi n° 2023-1195 du 18 décembre 2023 de programmation des finances publiques pour les années 2023 à 2027.
37 Cette programmation repose sur l’hypothèse d’une stabilisation des prescriptions d’aide humaine ainsi que sur l’effet régulateur
attendu du déploiement des futurs Pôles d’appui à la scolarité (PAS). Cependant, un décalage croissant apparaît entre cette
stratégie budgétaire et la réalité du terrain. Le déploiement des PAS se révèle plus lent qu’anticipé, tandis que la demande
d’accompagnement continue de progresser fortement (+ 14 % de notifications par an). Cette dynamique crée une tension
structurelle avec une trajectoire de créations de postes orientée à la baisse.
38 Leur nombre était descendu à 42 000 à la veille des vacances d’automne : Cf. Assemblée nationale, Commission d’enquête sur les
défaillances des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap, Compte rendu n° 42 de la séance du
30 octobre 2025, audition de M. Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, Paris, 2025.
39 Selon la DGESCO, malgré les autorisations budgétaires, il y a une sous-consommation chronique des emplois d'AESH. Certaines
académies, notamment les académies de la région Île-de-France et l’académie d’Orléans, n'arrivent jamais à saturer leurs
autorisations en raison de contraintes RH.
40 « Les écarts s’accroissent mécaniquement en début d’année, se réduisent progressivement, puis se creusent à nouveau à la rentrée
suivante » Cf. Audition de M. Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, précité.
41 Le rapporteur du Sénat pour la mission enseignement scolaire dans le cadre du projet de loi de finance pour 2024 indique que « le
plafond d'emplois consacrés aux AESH restait sous-consommé de façon importante. Ainsi, il manquait en 2022 3 433 ETPT en
exécution par rapport aux prévisions d'emplois et de recrutement en LFI ». Cf. Projet de loi de finances pour 2024 : Enseignement
scolaire - Rapport général n° 128 (2023-2024), tome III, annexe 14, déposé le 23 novembre 2023.
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20
– le recrutement d’AESH présente une saisonnalité marquée, avec une montée en charge de janvier
à avril, parfois jusqu’en mai ;
– Or le calcul du schéma d’emplois est réalisé par une photographie des emplois au 31 décembre.
Sur une population de contractuels au recrutement sujet à une telle saisonnalité, la règle du schéma
d’emplois – actualisée en avril 202542 – est particulièrement pénalisante.
Dans un contexte de forte contrainte budgétaire, l’absence désormais de tout dispositif de rattrapage des
sous-exécutions accentue encore la pression sur les académies et limite leur capacité à ajuster leur
recrutement à la demande. Si des pistes d’assouplissement sont à l’étude avec le ministère chargé des
comptes publics, elles se heurtent pour l’heure à un contexte budgétaire particulièrement contraint.
1.1.4. La souplesse du recrutement contractuel a permis d’absorber la gestion des besoins d’aide
humaine, processus amplifié par le déploiement des pôles inclusifs d'accompagnement localisés
(PIAL)
1.1.4.1 Le dispositif de recrutement s’est structuré autour d’une logique d’ouverture maximale du vivier
Les conditions d’accès au métier reposent sur un socle de critères minimaux non cumulatifs43. Il n’y a pas de
prérequis attestant de maitrise technique particulière, mais une entrée privilégiant des compétences
relationnelles plutôt qu’une formation académique44. Ces conditions visent à encourager une entrée rapide
et massive dans la profession.
Ce modèle, fondé sur la flexibilité, fragilise la sécurisation des parcours professionnels. La généralisation des
contrats à durée indéterminée, a certes réduit la précarité de court terme, mais n’a pas permis d’offrir de
véritables perspectives de carrière. La professionnalisation reste inachevée en raison de la difficulté à
reconnaître les compétences développées dans la pratique de l’accompagnement.
Cette dynamique a installé durablement l’idée que les besoins des élèves en situation de handicap pouvaient
être couverts par un recrutement massif de personnels peu qualifiés, disponibles et adaptables, au prix d’une
reconnaissance professionnelle limitée. En conséquence, la montée en charge de l’aide humaine a consolidé
un modèle fondé sur la réponse quantitative, au détriment d’une stratégie plus structurelle d’amélioration
de l’accessibilité et de montée en compétence des professionnels.
Le recours au contrat confère à l’éducation nationale une souplesse de gestion indispensable dans un
dispositif d’aide humaine dont les besoins varient fortement au gré des décisions des MDPH, des
mouvements des élèves et des révisions de notifications. Parce qu’elles ne sont pas titularisées sur un poste,
les AESH peuvent être recrutées à tout moment de l’année, voir leur quotité horaire ajustée par avenant,
être changées d’école ou de niveau en fonction des urgences, et être redéployées rapidement lorsqu’un
accompagnement s’interrompt ou qu’un nouveau besoin émerge. Cette flexibilité — plus difficile à mettre
en œuvre avec un corps de fonctionnaires soumis à des règles d’affectation et de mobilité beaucoup plus
contraignantes — permet à l’administration d’absorber les fluctuations du « flux » de prescriptions,
d’optimiser les moyens disponibles sur un territoire et d'assurer une continuité de service malgré la
variabilité intrinsèque de l’aide humaine.
Ces souplesses de gestion ont été encore amplifiées, de manière involontaire, par le déploiement des PIAL,
dont l’objectif initial était d’accroître la réactivité dans la réponse aux notifications.
1.1.4.2 . Le renforcement de la flexibilité contractuelle par les PIAL a rendu les conditions d’exercice du métier plus
contraignantes
La mise en place des services départementaux de l'école inclusive (SDEI) et le déploiement des PIAL.ont
modifié les modalités d’affectation des AESH en séparant, d’une part, la gestion administrative des contrats,
42 Premier Ministre, Circulaire du 23 avril 2025 relative aux « orientations en matière de gestion de la masse salariale et des mesures
catégorielles ».
43 Ces conditions d’accès sont soit la détention d’un diplôme de niveau 3 orienté vers l’aide à la personne (notamment le DEAES ou
un équivalent), soit une expérience professionnelle dans l’accompagnement, soit un niveau équivalent au baccalauréat.
44 Chevalier, C., Imbert, A., & Jacquot, A. (2023). Qui sont les aesh ? Morphologie professionnelle et « prolétarisation » de l’éducation.
Empan, n° 132(4), 35-42. Cairn.info. https://doi.org/10.3917/empa.132.0035
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21
assurée par les services académiques (rectorat ou DSDEN) et, d’autre part, l’organisation opérationnelle des
missions, qui relève désormais du PIAL. Créés par la loi n° 2019-791 du 26 juillet 2019, les PIAL sont
mentionnés à l’article L. 351-3 du Code de l’éducation. La circulaire du 5 juin 2019 les qualifie de « nouvelle
forme d’organisation », soulignant qu’il s’agit d’un dispositif de coordination fonctionnelle et non d’un
service administratif doté d’une personnalité juridique ou d’une autonomie propre.
Encadré — Article L. 351-3 du code de l’éducation (extrait)
« Des pôles inclusifs d’accompagnement localisés sont créés dans chaque département.
Ils ont pour objet la coordination des moyens d’accompagnement humain au sein des écoles et établissements
scolaires de l’enseignement public et de l’enseignement privé sous contrat. »
« Ils constituent des pôles ressources à destination de la communauté éducative ; ils associent à cet effet des
professionnels de santé et les gestionnaires des établissements et services médico-sociaux mentionnés aux 2° et
3° du I de l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et des familles. »
« Ces dispositifs visent à mieux prendre en compte les besoins éducatifs particuliers de l’élève en situation de
handicap en vue du développement de son autonomie. »
À la rentrée 2024, environ 4 090 PIAL assuraient la gestion de proximité des accompagnants d’élèves en
situation de handicap, devenant ainsi la structure centrale pour l’allocation d’aide humaine. Le rattachement
administratif des AESH à un établissement « tête de PIAL » reste purement formel et ne garantit ni le lieu
d’exercice ni la stabilité des missions. C’est le PIAL qui détermine les conditions d’exercice des AESH : élèves
accompagnés, niveaux scolaires, organisation des déplacements et emplois du temps.
Cette organisation permet de répondre aux nouvelles notifications d’aide humaine en complétant le temps
de service des AESH existantes plutôt qu’en recrutant systématiquement. Elle vise à s’adapter aux évolutions
des besoins des élèves et des AESH, optimisant ainsi la gestion opérationnelle pour assurer une couverture
maximale des notifications.
La création des PIAL a transformé les conditions de travail des AESH : elles ne sont plus rattachées à une école
unique, mais interviennent sur plusieurs établissements, avec une mobilité accrue et un cadre de travail plus
variable. Les notifications d’aide mutualisée, sans précision sur le volume horaire, renforcent cette flexibilité
de gestion.
La mise en œuvre des PIAL s’est heurtée à trois limites. Premièrement, dédiés à la gestion complexe des
AESH, ils n’ont pas joué leur rôle de ressource pédagogique inclusive. Deuxièmement, les PIAL procèdent
selon une gestion RH manuelle faute de SI (voir infra les conséquences en termes de gestion RH globale).
Troisièmement, par la priorité mise à la logique de gestion des moyens, ils ont été perçus, ainsi que le souligne
le rapport de la Défenseure des Droits, comme un obstacle à la mise en œuvre d’une réponse adaptée aux
besoins des enfants 45.
Pour les familles, passée la phase de satisfaction sur la réactivité à la notification, le PIAL est désormais perçu
comme responsable d’évolutions inexpliquées des durées d'accompagnement. Pour les AESH, il est
responsable d’une mobilité accrue, de plannings instables, et d’un déficit d'information sur les profils des
élèves accompagnés. Pour les établissements enfin, et notamment les têtes de PIAL, la mise en œuvre des
PIAL se traduit par une charge accrue.
1.1.4.3 Le projet d’évolution des PIAL en pôles d'appui à la scolarité (PAS) ne répond pas aux défauts actuels de la
gestion des AESH
Parmi les mesures annoncées dans la CNH 2023 figurait : « Transformer les PIAL en "pôles d’appui à la
scolarité" ». Une préfiguration des PAS a été engagée à la rentrée 2024 dans 4 départements sans que les
45 Voir le rapport « L’accompagnement humain des élèves en situation de handicap » de la Défenseure des droits, dans la partie II.3
consacrée aux PIAL (« Les pôles inclusifs d’accompagnement localisés : une gestion qui interroge sur la prise en compte des
besoins des enfants »). La Défenseure des droits relève que certains PIAL utilisent la marge de manœuvre des aides mutualisées
(AESH-m) pour « optimiser » les emplois du temps au détriment des besoins réels, et que la logique de mutualisation RH peut
conduire à ce que des élèves notifiés soient accompagnés seulement quand l’AESH est disponible, ce qui brouille la distinction
entre le droit notifié (aide mutualisée) et l’organisation interne (mutualisation de postes). Défenseur des
droits, L’accompagnement humain des élèves en situation de handicap, rapport, 2022.
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PIAL ne disparaissent. Il faut noter que dans cette phase de préfiguration observée par la mission les pôles
d'appui à la scolarité (PAS) présentaient un périmètre d'intervention élargi par rapport aux PIAL. Dans
certains départements, les PAS ont été créés en fusionnant deux ou trois PIAL, avec une conséquence
importante pour les AESH puisqu’elles ont vu leur périmètre géographique d’intervention augmenter après
une phase de renégociation contractuelle46. Au moment où la mission a effectué ses déplacements, les AESH
rencontrées étaient peu informées de la création des PAS mais mobilisées sur les conséquences possibles sur
leurs conditions de travail. Dans certains territoires, une mesure conservatoire de gestion des AESH au niveau
du PIAL a été prise.
1.2. Un cadre de gestion des personnels AESH qui repose sur une gestion
déconcentrée, complexe, morcelée et insuffisamment qualitative
1.2.1. Un pilotage national limité à la définition d’un cadre de gestion dont la mise en œuvre est laissée
à la main des académies
La DGRH, interrogée par la mission sur la politique RH concernant les AESH, estime que la forte
déconcentration de la gestion des personnels contractuels limite largement le rôle opérationnel de
l’administration centrale47. Son action se concentre sur trois leviers : l’actualisation et la diffusion du cadre
de gestion, l’animation régulière de webinaires destinés aux services académiques, et l’entretien d’un réseau
collaboratif sur Pléiade permettant aux gestionnaires d’échanger entre pairs et de solliciter un appui
juridique ou réglementaire. Le pilotage opérationnel et le management quotidien demeurent exclusivement
académiques.
Bien que le « cadre de gestion des personnels exerçant des missions d'accompagnement d'élèves en situation
de handicap (AESH) »48 de 2019 insiste dans sa première partie sur l’importance de « Renforcer
l'appartenance des AESH à la communauté éducative par un suivi adapté et une gestion coordonnée par les
services académiques » et rappelle que « quel que soit le signataire des contrats, la gestion des AESH relève
de la responsabilité des services académiques », la mission a pu constater que ce pilotage académique est
partiel alors que le cadrage national prévoit une coordination académique dans les domaines suivants :
pilotage du recrutement et de l’emploi, suivi de l’ensemble des AESH de l’académie, mise en œuvre des
processus RH réglementaires et garantie des conditions d’exercice.
La gestion des AESH s’inscrit dans un modèle de gestion entièrement déconcentré, organisé autour d’une
chaîne RH qui conduit du recteur, employeur légal, jusqu’aux écoles et établissements via les DSDEN, les
services départementaux de l’école inclusive (SDEI) et les PIAL. La mission a pu constater, dans les trois
départements visités, trois modèles d’organisation différents avec une forte variabilité des chaînes RH et des
périmètres de compétence, y compris au sein d’une même académie. Selon l’organisation académique, le
recrutement, la gestion administrative et la paie, le management de proximité peuvent être opérés à trois
ou quatre niveaux différents (établissement, PIAL, DSDEN, rectorat), sans instance de coordination ni
clarification des responsabilités.
Dans certaines académies, comme Dijon, le Service Interdépartemental de Gestion (SIG-AESH) centralise la
paie et la gestion des 2 700 AESH des quatre départements, tandis que les recrutements et affectations
relèvent encore des DSDEN et des SEI. Ailleurs, comme à Strasbourg, la plateforme académique de gestion
financière ne couvre que la paie, laissant les volets RH aux départements. En Seine-et-Marne, la gestion reste
départementale, concentrée au sein d’une division de personnels (DIPATE), sans harmonisation académique.
Ces différences d’architecture créent une hétérogénéité de traitement : les quotités de référence peuvent
46 La presse s’est faite l’écho de la mise en place du licenciement de 25 AESH par une commission du rectorat de Rennes (Ille-et-
Vilaine), en septembre 2025. Elles n’auraient pas accepté de signer un avenant à leur contrat de travail élargissant de plusieurs
dizaines de kilomètres le périmètre de leur territoire d’affectation dans le cadre de la préfiguration des PAS par extension du
périmètre géographique d’intervention des AESH comme en témoigne un article du journal Le Monde (« Handicap : le
licenciement de 25 AESH en Ille-et-Vilaine, malgré la pénurie, symbole de la crise du métier ») daté du 25 octobre 2025 voir ;
https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/10/10/handicap-le-licenciement-de-25-aesh-en-ille-et-vilaine-malgre-la-penurie-
symbole-de-la-crise-du-metier_6645540_3224.html
47 Dont témoigne le faible effectif des agents de la DGRH dédiés à ce pilotage de gestion : 2 agents au bureau statutaire qui suivent
également d’autres catégories de contractuels.
48 Cf. Circulaire n° 2019-090 du 5-6-2019.
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23
varier d’un département à l’autre (24 h en Saône-et-Loire contre 22 h en Côte-d’Or) ; les pratiques
d’indemnisation ou de subrogation divergent ; les retards de paie liés à la remontée manuelle des emplois
du temps persistent.
De plus, on constate que les DRH académiques ont peu d’intervention directe dans la gestion des AESH sauf
pour le pilotage de la commission consultative paritaire. Le rôle actuellement exercé par la direction des
ressources humaines académiques à l’égard des AESH reste proche de celui assumé pour d’autres
contractuels (AED voire contractuels enseignants), sans prise en charge spécifique des enjeux propres à cette
population par les autorités académiques. La principale difficulté tient sans doute à l’absence, au niveau
académique, d’une architecture de gestion clairement définie. Les processus – répartition des
responsabilités, séquence des actes, circuits d’information, périmètres décisionnels, outils et calendriers –
demeurent insuffisamment formalisés, laissant aux acteurs une large marge d’interprétation.
Faute de ce cadre structuré, services départementaux, chefs d’établissement, inspecteurs et coordonnateurs
développent des pratiques locales hétérogènes. Le déploiement et la mise en œuvre des PIAL n’ont pas été
accompagnés, à l’échelle nationale, d’une modélisation suffisante pour assurer une clarification
opérationnelle des processus RH attendus, ce qui nourrit des fragilités persistantes.
Dans ce contexte, une évolution s’impose : le pilotage RH des AESH gagnerait à être davantage assumé par
la direction des ressources humaines, dans une logique d’impulsion et d’harmonisation. Cela suppose une
architecture de gestion consolidée : formalisation des processus, sécurisation des circuits d’information,
montée en compétence des gestionnaires49, accompagnement méthodologique renforcé et outillage adapté.
Une telle consolidation améliorerait la lisibilité des responsabilités, la cohérence des pratiques et la
sécurisation de la gestion d’un ensemble d’agents devenu essentiel au fonctionnement de l’École inclusive.
Recommandation n° 2 : Réaliser une cartographie des services académiques de gestion des AESH et, sur la
base des bonnes pratiques, préconiser les organisations les plus efficaces dans une démarche
d’accompagnement à la transformation, par ailleurs préparatoire à la migration vers RenoiRH (voir infra).
1.2.2. Des évolutions positives attendues de la refonte en cours du cadre de gestion des AESH
À la suite du dialogue social tenu avec les représentants des personnels réunis, à de nombreuses reprises, au
sein d’un groupe de travail national AESH, la DGRH a informé la mission des travaux en cours de finalisation
sur une actualisation du cadre de gestion des AESH. Ce projet définit des mesures de nature à consolider leur
place dans la communauté éducative et à améliorer leur gestion administrative et les conditions d’exercice
de leur métier.
La mission a pu prendre connaissance de ce projet et considère qu’il apporte des modifications importantes
et nécessaires. Il dote enfin la filière AESH d’un référentiel homogène et juridiquement sécurisé : procédure
de recrutement conforme au Code général de la fonction publique, fiche de poste nationale50, grille
d’entretien, modèles de contrats, clarification de la chaîne hiérarchique, structuration de l’évaluation
professionnelle, cadrage des temps de service et des conditions d’exercice, droit effectif à la formation, et
renforcement de l’appartenance à la communauté éducative.
Cependant, les constats de terrain réalisés par la mission montrent que le cadre de gestion ne répond
qu’imparfaitement aux objectifs d’une gestion RH qualitative des AESH. En effet, la déconcentration de la
gestion RH des AESH, explicite dans le cadre de gestion, se heurte à l’absence d’une filière RH structurée et
identifiée dans les académies, la coexistence de multiples acteurs (DSDEN, services École inclusive,
plateformes académiques de gestion, établissements, coordonnateurs de PIAL), ainsi que la faible
formalisation des procédures ont conduit à maintenir un flou persistant sur les responsabilités et les circuits
d’information. Les AESH elles-mêmes peinent à identifier leurs référents, oscillant entre autorité
administrative, autorité managériale et autorité fonctionnelle, avec au fond une difficulté à identifier la
personne en charge de leur dossier, ou capable de répondre à leurs questions sur leurs arrêts de travail, leur
affectation, leur contrat ou leur rémunération.
49 Selon la DGRH, les services académiques, souvent composés d’agents récemment positionnés sur ce champ, formulent des
questions de niveau juridique simples, révélatrices d’un besoin fort de montée en compétence.
50 Le projet 2025 de cadre de gestion formalise un modèle de fiche de poste nationale générique qui sert d'appui aux services
académiques pour le recrutement, permettant d'objectiver les critères de sélection des candidats.
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La rénovation du cadre de gestion ne sera donc pas à elle seule une garantie d’amélioration de l’emploi des
AESH. Pour donner une portée effective à cette ambition, il faut inscrire la fonction RH concernant les AESH
dans un pilotage national et académique51 cohérent afin de rendre lisible et sécurisée une chaîne RH jusque-
là fragmentée. Une fragilité majeure tient à la fonction d’affectation en école et établissement.
1.2.3. La fragilité du processus d’affectation, largement assuré par le PIAL, est renforcée par l’absence
de réel outil SIRH
1.2.3.1 Une gestion de l’affectation largement réalisée au niveau infradépartemental
Les services de gestion départementaux affectent les AESH au PIAL. L’affectation précise des AESH dans les
écoles et établissements relevant du PIAL et auprès des élèves est organisée par les coordonnateurs de PIAL,
qui assument cette mission en plus de leurs fonctions d’enseignants spécialisés ou de directeurs d’école.
Le coordonnateur prépare les répartitions, le pilote PIAL (souvent un chef d’établissement) arbitre,
l’enseignant référent transmet les notifications, et le SDEI intervient lorsque les familles expriment une
demande urgente ou qu’un ajustement doit être réalisé. Le recrutement, quant à lui, dépend à la fois des
capacités locales, des viviers disponibles et de délais incompressibles lorsqu’il est conduit de manière
rigoureuse. Il faut noter la difficulté à tracer ces actes de gestion en l’absence de SIRH intégré (voir infra).
Ainsi, il est quasi impossible de comptabiliser précisément les changements d’emploi du temps, les
déplacements entre établissements, ou encore les conditions d’exercice ouvrant droit à indemnités (comme
l’indemnité REP / REP+), ce qui rend complexe tout recalcul ou régularisation.
Dans ce système, les responsabilités apparaissent souvent fragmentées, ce qui déstabilise les AESH.
Lorsqu’un changement d’emploi du temps ou d’affectation survient, il leur est difficile d’identifier
l’interlocuteur pertinent : le pilote PIAL est parfois difficilement joignable, le chef d’établissement d’exercice
n’est pas celui qui décide, le service gestionnaire ne connaît pas toujours les raisons de la décision, et les
outils RH ne tracent pas l’historique des lieux d’exercice ou des ajustements effectués. Cette organisation,
structurée au niveau départemental, souffre également d’un manque d’uniformité académique, ce qui
fausse les repères des agents et ouvre la voie à des pratiques hétérogènes.
Faute d’un cadre unifié, les AESH demeurent confrontées à une mosaïque d’interlocuteurs, chacun
responsable d’une part du processus, sans coordination systématique :
– un gestionnaire RH pour la paie et les contrats ;
– un coordonnateur ou pilote de PIAL pour les décisions d’affectation ;
– un directeur d’école ou un chef d’établissement pour les horaires et l’organisation quotidienne ;
– un enseignant pour les consignes fonctionnelles liées à l’accompagnement.
Cette architecture éclatée produit des effets très concrets : erreurs de quotité ou de rémunération,
modifications d’affectation en cours d’année sans avenant, absence d’entretien professionnel annuel,
circuits de validation des absences multiples et parfois contradictoires. Les accompagnantes se trouvent ainsi
placées dans un environnement de gestion peu lisible, où la dispersion des responsabilités alimente un
sentiment d’insécurité professionnelle et complique la résolution rapide des situations problématiques.
Ce fonctionnement complexe, et insuffisamment transparent, mine la confiance des équipes ; les enquêtes
de climat de travail soulignent d’ailleurs ces difficultés d’accès à l’information et la difficulté de joindre la
personne réellement décisionnaire.
La mission propose la mise en place d’un comité académique, sous la présidence du DRH et comprenant les
représentants des personnels afin d’installer un véritable dialogue social pour les AESH.
Recommandation n° 3 : Mettre en place un comité académique chargé de faire un bilan des affectations des
AESH et d’examiner les alertes RH remontées par le SIRH et les AESH référentes.
51 Cela passe par une traduction de la politique nationale RH des AESH en académie portée directement par les recteurs d’académie
et les secrétaires généraux d’académie, en charge, auprès d’eux de l’administration de celle-ci.
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1.2.3.2 L’absence d’un système d’information RH intégré et de modules dédiés aux AESH est un facteur structurel de
désorganisation
La gestion déconcentrée des AESH, désormais deuxième force de travail du ministère, se heurte à une chaîne
RH trop complexe et mal outillée. Les académies doivent composer avec une multiplicité d’outils non
interconnectés (Virtuo pour le recrutement52, EPP53 pour la paie, solutions locales, tableurs), qui ne tiennent
pas compte des spécificités du métier. Cette fragmentation, couplée à des évolutions réglementaires
fréquentes, alourdit la charge des gestionnaires, contraints de corriger des anomalies externes, et mine la
confiance des agents, surtout en cas d’erreurs sur la rémunération ou le temps de travail.
EPP, outil central, ne dispose d’aucun module dédié aux AESH et ne gère ni les multi-affectations liées aux
PIAL, ni la distinction entre affectation contractuelle et réalité du terrain, alors que la mobilité intra-PIAL est
la norme. Les gestionnaires dénoncent des retards systématiques dans les mises à jour réglementaires de
l’outil, entraînant des corrections manuelles sources d’erreurs.
Les académies ont développé des solutions locales (Ganesh, AGESH54), mais celles-ci ne permettent ni
d’homogénéiser les pratiques, ni de produire des données fiables à l’échelle nationale. La coexistence de
plusieurs supports (Virtuo, EPP, fichiers locaux, AGESH) impose un travail de réconciliation manuel, aggravé
par le sous-dimensionnement des équipes. L’absence de modélisation des PIAL dans les SIRH constitue un
blocage majeur : le système rattache automatiquement les AESH à l’établissement « tête de PIAL », ignorant
leur périmètre réel d’intervention et empêchant l’automatisation des primes ou la traçabilité des quotités
effectuées.
Cette défaillance technique aggrave les limites du pilotage déconcentré, multipliant les erreurs, les délais et
les réclamations, notamment sur la paie, ce qui alimente les saisines de la médiatrice et renforce le sentiment
d’instabilité professionnelle.
La mission préconise d’intégrer dans le SIRH un module de gestion des vœux et des compétences offrant
une aide à la décision dans le cadre des procédures d’affectation automatisées.
1.2.3.3 La migration prioritaire de la population des AESH prévue à l’horizon 2028 dans le SIRH RenoiRH et
l’achèvement du chantier du système d’information de l’école inclusive (LPI) sont indispensables
La migration prioritaire de la population des AESH a été programmée par une décision récente du secrétariat
général du ministère pour doter la gestion des 143 000 AESH d’applications efficientes. Toutefois, tant que
cette migration n’est pas finalisée (fin 2027), les académies continuent de gérer les AESH à l’aide d’outils
éclatés.
Dans l’architecture cible, le LPI ne se limite plus à tracer les parcours des élèves à besoins éducatifs
particuliers : il devient le module d’affectation opérationnel, capable d’identifier, à partir de la notification et
des besoins pédagogiques, l’AESH mobilisable sur un ou plusieurs élèves, dans un périmètre géographique
donné et en cohérence avec sa quotité de service. C’est cette fonctionnalité qui permettra enfin de définir
les lieux d’exercice réels des AESH – information aujourd’hui absente des systèmes RH – et de garantir une
cohérence entre accompagnement notifié, affectation effective et mise en œuvre dans les établissements55.
L’interopérabilité entre les deux outils est donc centrale : l’affectation issue de LPI devra alimenter
automatiquement Renoir RH, afin d’éviter les ressaisies, fiabiliser la paie et automatiser les règles
52 Virtuo, application de gestion RH qualitative (solution Saas) facilitant et harmonisant la gestion de la formation, des compétences,
et du recrutement des contractuels.
53 E.P.P. (Emplois, Postes, Personnels) : système d’information ministériel assurant la gestion des personnels du second degré, des
emplois et postes, la préliquidation de la paie et le pilotage national et académique.
54 AGESH : Application de Gestion des Élèves en Situation de Handicap (application académique qui gère les décisions MDPH, la
planification des accompagnements et l’affectation des AESH aux PIAL). GANESH (« Gestion Académique Nomade des Élèves en
Situation de Handicap ») était l’appellation initiale du système académique de suivi des élèves en situation de handicap ; il a été
remplacé par AGESH à compter de 2021 dans les systèmes d’information académiques.
55 En recentrant la gestion des AESH sur un module d’affectation adossé aux besoins éducatifs, et en articulant ce module avec Renoir
RH pour la sécurisation administrative et financière, le ministère redéfinit profondément la chaîne de gestion : la donnée élève
fonde désormais la donnée RH, ce qui constitue une évolution de paradigme : intégrer dans un outil centré sur le parcours de
l’élève des fonctions de gestion administrative et humaine, afin d’assurer la continuité entre la notification d’accompagnement,
l’affectation effective et le suivi de la mise en œuvre.
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indemnitaires – notamment lorsqu’un AESH intervient dans des établissements classés REP / REP+. À
l’inverse, les données contractuelles issues de Renoir RH permettront au LPI de vérifier la faisabilité d’une
affectation (disponibilité horaire, périmètre d’intervention, quotité restante).
La réussite de ces transformations des systèmes d’information est conditionnée par un investissement
budgétaire durable.
Recommandation n° 4 : Finaliser le système d’information de l’école inclusive en le synchronisant avec la
migration des AESH dans RenoiRH (fin 2027). Instaurer un pilotage stratégique dédié. Sanctuariser les crédits
budgétaires du P 214 concernant le chantier SI de l’école inclusive.
1.2.4. Un dialogue social autour des AESH qui s’appuie sur un fort besoin de reconnaissance
professionnelle
Les AESH participent aux élections professionnelles (CSA ministériel56 et CCP des contractuels57) et leur
participation a progressé en 2022 selon la DGRH. Un groupe de travail associant administration et
représentants du personnel a récemment été réuni pour réviser le cadre de gestion de 2019 ; les
organisations syndicales y ont majoritairement désigné des AESH, renforçant une expression revendicative
centrée sur les enjeux identitaires, statutaires et indemnitaires. La DGRH observe un dialogue social porté
par des représentants très investis mais peu familiers de ses codes, ce qui peut en limiter l’efficacité. En
l’absence d’instance dédiée de type CAP, les AESH relèvent de commissions communes à l’ensemble des non-
titulaires, ce qui rend leur représentativité spécifique difficile à isoler. Le dialogue social fonctionne dès lors
en silos, par métiers, et aborde peu les enjeux de coopération professionnelle entre enseignants et AESH,
pourtant centraux pour la mise en œuvre de l’école inclusive. Les organisations syndicales d’enseignants
mettent principalement en avant la gestion de l’hétérogénéité des élèves, sans formuler de demandes de
formation conjointe avec les AESH ni d’outillage de la co-construction pédagogique, tandis que les priorités
des AESH demeurent essentiellement statutaires et indemnitaires. Malgré les rappels de la DGESCO,
notamment dans le guide d’entretien enseignant-AESH-famille, sur l’importance du travail collectif et du
positionnement professionnel, ces dimensions restent peu présentes dans les instances de dialogue social.
Les organisations syndicales siégeant au CSA ministériel rencontrées par la mission ont toutes dénoncé la
précarité statutaire et salariale des AESH. Elles revendiquent la création d’un corps de fonctionnaire de
catégorie B pour les AESH58. Elles expriment un fort attachement au lien de subordination pédagogique vis-
à-vis de l’enseignant.
La mission a également rencontré le collectif « AESH en lumière » qui revendique sa non affiliation syndicale.
Il privilégie une action directe d’influence et d’alerte auprès des élus, en particulier les parlementaires. La
mission note que la création de ce collectif, qui a su fédérer très largement sur tout le territoire national, fait
office à la fois d’espace de partage sur le métier et d’élaboration de réflexions sur les revendications
professionnelles ; il illustre, en répondant à un besoin manifeste, le manque d’un véritable dialogue
institutionnel avec les représentants des AESH que ce soit au niveau national ou académique et signale le
caractère singulier de leur articulation avec les autres personnels du ministère.
56 Le CSA ministériel (Comité Social d’Administration) est une instance de dialogue social au sein des ministères, où sont discutées
les questions relatives aux conditions de travail, à l’organisation des services et aux politiques sociales concernant les agents.
57 La CCP des contractuels (Commission Consultative Paritaire) est une instance de dialogue social spécifique aux agents non titulaires
de l’État. Elle permet de discuter des questions individuelles et collectives liées à leur carrière, leurs conditions de travail et leur
gestion administrative.
58 « Reconnaître le métier d’AESH » : Déclaration commune CSAMEN du 6 mai 2025 Les organisations syndicales signataires de la
déclaration commune CSAMEN du 6 mai 2025 sont la FSU, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, l’UNSA Éducation,
la CGT Éduc’action, le SNALC et SUD Éducation. FO ne fait pas partie des signataires selon les communiqués syndicaux publiés à
cette occasion.
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1.3. Des missions hétérogènes, un besoin de professionnalisation et une attractivité
qui questionne
1.3.1. La mise en œuvre de la circulaire de 2017 révèle la complexité de fonctions hybrides
1.3.1.1 Un rôle professionnel marqué par l’hybridation des missions
À l’origine, les missions de l’accompagnante scolaire sous le statut d’Auxiliaire de Vie Scolaire avaient été
précisée par une circulaire de 200859 qui prévoyait des modalités d’intervention plurielles relevant de
l’accessibilité des apprentissages, de l’aide à la personne, des gestes techniques, et de la participation
éducative et à l’inclusion scolaire. Après la mise en place du statut des AESH, la définition de leurs missions
a été précisée par la circulaire n° 2017-084 du 3 mai 2017.
Les activités des personnels chargés de l'aide humaine sont divisées en « trois domaines » :
– l’accompagnement dans les actes de la vie quotidienne, qui relève d’une logique d’aide à la
personne (sécurité, installation, déplacement, alimentation, hygiène, etc.) ;
– l’accompagnement dans l’accès aux activités d’apprentissage, relevant d’une logique
pédagogique ;
– enfin, l’accompagnement à la vie sociale et relationnelle et à la participation à la vie de l’école,
relevant d’une logique éducative et d’intégration.
Cette tripartition inscrit dès l’origine une hybridation de fonctions60 : les AESH se situent à la croisée du champ
médico-social, éducatif et pédagogique.
Les circulaires de 201961 ne modifient pas le contenu de ces missions62, et instaurent la fonction d’AESH
référente, chargée d’un appui méthodologique auprès de ses paires63.
Dans la pratique, les trois missions se scindent en deux. Le premier versant de l’activité d’accompagnement,
au cœur de la fonction de compensation, réunit l’aide à la vie quotidienne et l’aide à la vie sociale. Ce volet
mobilise l’essentiel du temps en classe.
Le second versant, l’accessibilité aux apprentissages, soulève des ambiguïtés. Bien que la circulaire sépare
clairement l’acte pédagogique (enseignant) du soutien à l’élève, cette frontière reste difficile à appliquer. Les
tâches s’entremêlent, créant une zone grise où assistance, pédagogie et gestion du comportement se
confondent, parfois au détriment des prérogatives enseignantes.
L’ambiguïté ne vient pas du texte, mais de la difficulté à concilier pédagogie et aide à la pédagogie. Faute de
cadre clair, les AESH manquent de repères et peuvent se voir confier des tâches relevant explicitement de la
pédagogie ou de la discipline, dépassant leur mission d’accompagnement humain.
59 Ministère de l’Éducation nationale, « Assistants d’éducation. Formation des auxiliaires de vie scolaire », circulaire n° 2008-100 du
24 juillet 2008, NOR: MENE0800533C, BOEN n° 31 du 31 juillet 2008. L’annexe 3 de la circulaire précise les « fonctions » dont sont
chargés les AVS qui sont : « Accueillir l’élève handicapé et l’aider, entre autres, dans ses déplacements, aider l’élève à effectuer
les actes de la vie quotidienne qu’il ne peut faire seul en raison de son handicap (toilettes, prise de repas, aide matériell e…),
favoriser la communication entre l’enfant et ses pairs, favoriser la socialisation de l’élève handicapé et contribuer à assurer à
l’élève des conditions de sécurité et de confort ».
60 Voir Bordeau, M. et Bourget, G. (2009). Le personnel accompagnant scolaire, une approche socio-historique. La nouvelle revue de
l'adaptation et de la scolarisation, 45(1), 55-69. https://doi.org/10.3917/nras.045.0055. Les auteurs interrogent « la nature
hybride et indéfinie de l’accompagnant scolaire, ni enseignant, ni éducateur, rend actuellement impossible la constitution d’une
culture professionnelle propre à ce « métier » situé à l’interstice de deux territoires professionnels cloisonnés depuis des
décennies. »
61 En particulier la circulaire n° 2019-090 du 5 juin 2019, relative au cadre de gestion des AESH, et la circulaire n° 2019-088 de la
même date, sur l’école inclusive.
62 Les dispositions de la circulaire de 2019 viennent consolider le cadre administratif et organisationnel du dispositif. Elles se
substituent à certaines dispositions de la circulaire n° 2017-084 du 3 mai 2017 afin d’établir une gestion plus pérenne et de
renforcer l’appartenance des AESH à la communauté éducative, notamment par l’instauration d’un entretien d’installation. Cette
évolution s’inscrit dans le prolongement de la loi du 26 juillet 2019 pour une École de la confiance, qui généralise les pôles inclusifs
d’accompagnement localisés (PIAL) et introduit, à l’article L. 351-3 du code de l’éducation, la possibilité pour les établissements
de mutualiser les moyens d’accompagnement humain dans le respect des notifications de la CDAPH.
63 Cette fonction a été précisée par l’arrêté du 29 août 2020.
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28
La porosité entre soutien à l’élève et aide à l’enseignant est d’autant plus marquée que les moyens de
formation, de supervision et de temps de concertation demeurent insuffisants. La réalité du métier dépend
ainsi fortement du contexte d’exercice, du niveau de compétence des accompagnantes et de la qualité de la
coopération avec les équipes éducatives. L’intégration dans la communauté scolaire reste très variable :
certains établissements favorisent une collaboration effective, mais nombre d’AESH rencontrées indiquent
être encore tenues à l’écart des réunions pédagogiques ou des équipes de suivi de la scolarisation, en raison
d’emplois du temps inadaptés64.
1.3.1.2 La prédominance de l’aide humaine mutualisée renforce la nécessité d’articulation de l’accompagnement
humain avec l’accessibilité pédagogique
La circulaire de 2017 distingue trois modalités d’accompagnement :
Type d’aide Définition Fonctionnement Public concerné
Aide
individuelle
Accompagnement dédié pour un élève
nécessitant une attention soutenue et
continue.
Notification précise du temps
hebdomadaire et des activités
principales.
Élèves dont le
handicap exige une
présence constante
d’une AESH.
Aide
mutualisée
Accompagnement partagé entre
plusieurs élèves n’exigeant pas une
attention exclusive.
L’AESH partage ses interventions
entre différents élèves, la
répartition des horaires étant
décidée localement.
Élèves ayant des
besoins modulables
dans le temps et les
activités.
Aide
collective
Mission d'accompagnement collectif
dans une ULIS : aide à l'ensemble des
élèves du dispositif, soit au sein de
l'ULIS, soit lors des temps d'inclusion
dans les classes ordinaires
Relève de l'autorité académique
et ne dépend pas d'une décision
de la CDAPH.
Élèves scolarisés en
ULIS
Décret n° 2012-903 du 23 juillet 2012 relatif à l'aide individuelle et à l'aide mutualisée apportées aux élèves handicapés
Circulaire n° 2017-084 du 3 mai 2017 relative aux Missions et activités des personnels chargés de l'accompagnement des élèves en situation de
handicap
L’aide individuelle est accordée par la MDPH lorsqu’un élève a besoin d’une « attention soutenue et
continue », tandis que l’aide mutualisée est accordée pour des besoins d’attention plus limités, permettant
éventuellement un suivi séquentiel de plusieurs élèves par une même AESH65.
L'aide mutualisée n'est pas une aide collective à la disposition de l'enseignant. Elle accompagne des élèves
nommément désignés par la CDAPH mais sa quotité horaire d'intervention auprès de chaque élève est fixée
par l’éducation nationale.
Selon les données communiquées par la DGESCO, au 31 octobre 2025, l’aide mutualisée (AESH-m) constituait
la modalité largement majoritaire dans les notifications d’accompagnement des élèves en situation de
64Ce défaut de participation nourrit une méconnaissance réciproque et contribue à leur invisibilité dans le collectif de travail. De
manière générale, la reconnaissance professionnelle demeure partielle et fortement tributaire de la relation quotidienne avec les
enseignants, oscillant parfois entre collaboration, subordination et délégation de tâches peu valorisée. Sur ce point voir l’analyse
de Buisson-Fenet, H. (2024). Les formes changeantes de l’invisibilité. Les AESH, entre reconnaissance et subordination. Centre
Alain Savary, ENS de Lyon. [En ligne]. Disponible sur: https://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/thematiques/ecole-
inclusive/les-formes-changeantes-de-linvisibilite-les-aesh-entre-reconnaissance-et-subordination (consulté le [date de
consultation]).
65 Dans les deux cas, il s’agit d’un droit individuel ouvert à chaque élève, fondé sur le principe de compensation du handicap ( loi du
11 février 2005, art. L. 114-1 et L. 351-3 du Code de l’éducation). La circulaire précitée (§ 3.1) rappelle d’ailleurs que « l’aide
mutualisée est accordée à plusieurs élèves dont les besoins d’accompagnement ne requièrent pas une aide individuelle
permanente. Elle reste prescrite au bénéfice de chaque élève par la CDAPH ».
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handicap, la moyenne nationale se situant autour de 62 % d’aides mutualisées contre 38 % d’aides
individuelles. La proportion d’ESH accompagnés par des « AESH mutualisés » est passée de 18,4 % à 38,9 %
entre 2017 et 202166.
Cette évolution a des conséquences sur l’exercice des missions des AESH. La mission mutualisée permet
officiellement de concentrer l'aide sur les besoins, qui peuvent être ponctuels, des élèves, mais elle s’opère,
comme pour les « AESH-i », dans un cadre très large d’intervention : aide physique, soutien pédagogique,
gestion comportementale.
Faute d’une évolution des missions elles-mêmes, l’intervention des AESH-m se cale de facto sur celle des
AESH-i, mais avec des quotités horaires moindres. La mission a recueilli plusieurs témoignages d’AESH qui se
plaignent d’un émiettement de leur intervention auprès de plusieurs élèves, parfois pour une seule heure
d’accompagnement, souvent dans des écoles ou des établissements différents. Dans le cas d’interventions
manifestement insuffisantes et peu articulées aux besoins de l’enfant, elles expriment le sentiment d’être
une variable d’ajustement pour assurer l’effectivité d’une notification, au détriment de leur mission. La
« mutualisation » est vécue comme un facteur de perte de sens, sans recours disponible, l’établissement
d’exercice n’étant pas le lieu où se prennent les décisions qui les concernent.
1.3.2. La fonction d’AESH référente a été instituée pour offrir aux accompagnantes un appui de
proximité fondé sur l’entraide entre paires
La fonction d’AESH référente, créée par la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance et intégrée à
l’article L.917-1 du Code de l’éducation, vise à reconnaître des accompagnantes expérimentées chargées de
soutenir leurs paires. Entrée en vigueur à la rentrée 2020, cette mission est encadrée par un arrêté
du 29 juillet 2020 « relatif aux missions et aux conditions de désignation des accompagnants des élèves en
situation de handicap référents prévus à l'article L. 917-1 du code de l'éducation ».
L’arrêté de 2020 définit le rôle de la référente : apporter aide et appui méthodologique aux AESH d’un secteur
géographique, soutenir les nouvelles recrutées, contribuer à la mutualisation des pratiques à différents
niveaux et participer éventuellement aux actions de formation. La référente exerce dans le cadre d’une lettre
de mission fixant ses priorités et la part de son temps de travail dédiée à cette fonction. Pour être désignée,
une AESH doit justifier d’au moins trois ans d’expérience sur les six dernières années, d’un parcours diversifié
auprès d’élèves en situation de handicap et d’une formation dans le champ de l’école inclusive. La sélection,
organisée par l’IEN ASH sous l’autorité du DASEN, se déroule sur candidature, avec une formation spécifique
à la prise de fonction.
Si le dispositif précise les missions, il laisse en revanche dans l’ombre la question de la charge de travail et de
la rémunération associées, suscitant des interrogations. La fonction d’AESH référente répond au besoin
d’appui professionnel de proximité des AESH. Leur rôle consiste à conseiller et accompagner leurs paires, lors
d’entretien ou en co-intervention en classe. En sus de leur fonction, elles pratiquent le plus souvent elles-
mêmes des accompagnements d’ESH.
Les auditions conduites montrent toutefois une mise en œuvre contrastée. Plusieurs AESH référentes
rencontrées ont exprimé une réelle motivation à s’impliquer dans cette mission, mais témoignent du manque
de temps et de moyens (frais de déplacement, téléphone portable…) pour assurer une régularité suffisante
à leur accompagnement. Encore peu identifiées par les accompagnantes recrutées avant 2019, elles
souffrent de moyens hétérogènes d’un département à l’autre : le nombre d’AESH suivies par une référente
varie fortement, de même que les conditions d’exercice, allant d’une décharge partielle à une décharge
complète selon les territoires.
Ainsi, si la fonction d’AESH référente constitue un levier pertinent pour soutenir la professionnalisation et
rompre l’isolement des accompagnantes, sa capacité à structurer un véritable appui continu dépend
étroitement des ressources allouées, de la clarté du mandat confié et de son appropriation par les équipes
locales. Elle représente toutefois un appui précieux à la prise de poste et, sous réserve de temps dédié, un
relai de proximité pour soutenir les pratiques professionnelles et structurer un premier niveau de
professionnalisation.
66Voir : Rapport IGAS-IGÉSR Acte II-école inclusive (2025) annexes.
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30
Pour que les AESH référentes puissent exercer pleinement leur mission, il est nécessaire de passer d'une
indemnisation symbolique (600 €67) à une véritable reconnaissance contractuelle des missions exercées par
les AESH référents
Recommandation n° 5 : Valoriser et sécuriser la fonction d’AESH référente par une durée contractuelle de
référence à 45 semaines minimum, la création d’au moins un poste par PIAL, et une lettre de mission
contractualisée. Consacrer le rôle de l’AESH référente comme conseillère RH de proximité du PIAL, formée
et habilitée à remonter les difficultés et à proposer des solutions locales.
1.3.3. In fine, une professionnalité indissociable d’une présence auprès de l’élève et un temps de travail
conditionné par le temps scolaire
La professionnalité des AESH relève de l’accompagnement humain, fondamentalement ancré dans une
présence effective auprès de l’élève, qui structure l’ensemble de leur temps de travail.
La question du temps de travail des AESH s’examine donc dans ce cadre spécifique. La présence de l’AESH
n’étant pas requise en dehors du temps scolaire, son activité s’exerce à temps incomplet car limitée à la
durée des périodes scolaires, soit 36 semaines dans l’année.
Afin d’intégrer les dimensions nécessaires à l’exercice de la fonction, le temps de service a été étendu à 41
semaines pour couvrir, par exemple, l’accompagnement du ou des élèves, les activités préparatoires ou
connexes réalisées pendant ou hors de la période scolaire, les réunions et formations requises.
Détermination des heures connexes : base de calcul et principe de proportionnalité
Le décret n° 2023-597 du 13 juillet 2023 fixe la durée annuelle de travail des AESH à 1 607 heures pour un
temps complet et prévoit, en son article 4, que cette durée est calculée au prorata du temps incomplet prévu au
contrat :
« La durée de travail annuelle est calculée au prorata du temps incomplet prévu au contrat. »
La circulaire n° 2019-090 du 5 juin 2019 précise l’organisation du service, distinguant :
- 36 semaines de présence auprès des élèves,
- 5 semaines dédiées aux activités dites “connexes” : formation, réunions, concertation, préparation,
participation à des temps institutionnels.
Ces cinq semaines constituent la base nationale de calcul des heures connexes. Elles ne s’ajoutent pas aux
obligations de service hebdomadaires mais sont incluses dans la durée annuelle de travail. Leur volume est donc
strictement proportionnel à la quotité inscrite au contrat : un AESH employé à 50 %, 62 % ou 75 % accomplit
50 %, 62 % ou 75 % du volume d’heures connexes d’un temps plein.
Pourtant, le décret n° 2014-724 du 27 juin qui fixe les conditions de recrutement et d'emploi des AESH précise
que « les AESH peuvent être recrutés à temps complet ou incomplet68 ». La circulaire ministérielle
d'application n° 2014-083 du 8 juillet 2014 ne limite pas les obligations de service des AESH au seul temps
d'accompagnement notifié par la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées
(CDAPH) pour l'élève en situation de handicap. Elle a élargi les obligations de service à toutes les activités
liées à la mise en œuvre du projet personnalisé de l'élève pour que le décompte d'heures effectuées
permette la signature de contrats à temps complet, notamment par un service réparti sur plusieurs
établissements.
En conséquence, la question du temps de travail demeure un point dur d’un éventuel rapprochement des
statuts entre celui des AESH et celui d’autres professions comme celle des ATSEM ou des moniteurs-
éducateurs. Dans la fonction publique territoriale, le temps de travail est régi par la durée légale fixée à 35
heures hebdomadaires, soit 1 607 heures de travail effectif par an, conformément aux dispositions générales
67 Un décret et un arrêté du 23 octobre 2020 ont prévu une indemnité annuelle (« indemnité de fonctions particulières »). Celle-ci
est d'un montant, plutôt modeste, de 600 € par an, soit 50 € par mois, l'indemnité étant versée mensuellement. Cf. décret
n° 2020-1287 du 23 octobre 2020 portant création de l'indemnité de fonctions particulières allouée aux accompagnants des élèves
en situation de handicap exerçant les missions de référent prévues à l'article L. 917-1 du code de l'éducation ; arrêté du 23 octobre
2020 fixant le montant de l'indemnité de fonctions particulières allouée aux accompagnants des élèves en situation de handicap
exerçant les missions de référent prévues à l'article L. 917-1 du code de l'éducation (Journal officiel du 24 octobre 2020).
68 Article 4.
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31
applicables aux agents territoriaux. Le calcul standard repose donc sur la formule 35 heures × 52 semaines,
ajustée selon le principe d’annualisation du temps de travail69.
La comparaison avec d’autres métiers du secteur social révèle une spécificité majeure des AESH :
contrairement aux professionnels disposant d’un volume horaire annualisé incluant des plages d’activité hors
contact direct avec les usagers, le cœur du métier d’AESH repose sur la co-présence avec l’élève, strictement
alignée sur le temps scolaire. La reconnaissance de 200 heures d’activités connexes ne comble pas l’écart
entre leur temps d’intervention effectif (24 h hebdomadaires en primaire, 28 à 30 h en secondaire, sur 36
semaines) et l’obligation légale de 1 607 heures pour un temps plein dans la fonction publique.
Cette dépendance structurelle au rythme scolaire consacre un temps de travail incomplet par nature,
intrinsèquement lié à la logique de leurs missions : soutenir l’autonomie, faciliter l’accès aux activités
d’enseignement et accompagner les gestes d’apprentissage. Ainsi, toute réflexion sur leur statut ou la
question du temps complet doit intégrer ce principe fondamental : la professionnalité des AESH se définit
avant tout par une fonction d’accompagnement en présence, élément constitutif de leur identité
professionnelle et difficilement extensible sans une refonte profonde du métier.
1.3.4. Une formation à l’emploi postérieure à la prise de fonctions et une formation continue trop peu
investie
La formation des AESH est prévue par l'article L. 917-1 du code de l'éducation, qui dispose qu'elles bénéficient
d'une formation spécifique pour l'accomplissement de leurs fonctions et d'une formation professionnelle
continue70.
1.3.4.1 Une formation professionnelle d’adaptation à l’emploi qui demeure aléatoire
La circulaire n° 2019-090 du 5 juin 2019 a rendu obligatoire une formation d’adaptation à l’emploi sur une
durée minimale de 60 heures71 qui doit être complétée par un dispositif de formation continue sur le temps
de service et, autant que possible, en dehors du temps scolaire des élèves.
La gestion de la formation est assurée au niveau départemental par le service de l’école inclusive (SDEI) des
DSDEN, qui est le niveau de pilotage des moyens d’accompagnement humain et de la programmation des
actions de formation. La nécessité d’anticiper les actions de formation à partir d’une analyse des besoins, en
lien étroit avec le pilote du PIAL, est rappelée à la fois par le vade-mecum PIAL (édition 2020) et par plusieurs
rapports récents72.
69 Les collectivités peuvent, en fonction des nécessités du service, organiser le travail sous forme de modulation ou d’horaires décalés,
notamment dans les établissements médico-sociaux où les interventions se font souvent en roulement (matin, après-midi, nuit,
week-end ou jours fériés). Dans les services territoriaux de l’enfance ou de l’action sociale, les horaires sont en général réguliers
mais peuvent inclure des astreintes ponctuelles liées aux besoins d’accompagnement ou aux réunions d’équipe.
70 Cf. article L. 917-1, al.5 : « Les accompagnants des élèves en situation de handicap bénéficient d'une formation spécifique pour
l'accomplissement de leurs fonctions, mise en œuvre en collaboration avec les associations d'aide aux familles d'enfants en
situation de handicap. Ils peuvent demander à faire valider l'expérience acquise dans les conditions définies aux articles L. 2323-
10, L. 6111-1, L. 6311-1, L. 6411-1 et L. 6422-1 du code du travail. Leur formation professionnelle continue est fixée
conformément à un référentiel national et adaptée à la diversité des situations des élèves accueillis dans les écoles et
établissements d'enseignement. Un arrêté du ministre chargé de l'éducation nationale précise le cahier des charges des contenus
de la formation continue spécifique concernant la prise en charge des enfants en situation de handicap ».
71 Elle est instituée par la circulaire n° 2019-090 du 5 juin 2019 et précisée par l’arrêté du 23 octobre 2019 fixant le cahier des charges
de la formation continue spécifique des AESH précisant son contenu ainsi que l’accès à la plateforme Cap École inclusive et aux
modules d’initiative nationale (MIN-ASH).
72 Les documents institutionnels convergent pour souligner que la formation des personnels, et en particulier des AESH, doit être
anticipée à partir d’une analyse fine et contextualisée des besoins. Le vade-mecum des PIAL rappelle ainsi que le pilote a la
responsabilité d’identifier les besoins du terrain et d’organiser des actions de formation adaptées. Le rapport IGÉSR-IGAS Acte 2
de l’école inclusive insiste, pour sa part, sur la nécessité d’un pilotage local de la formation, conçu comme un levier majeur de
l’accessibilité pédagogique et reposant sur une évaluation des besoins réalisée par les PIAL et futurs PAS. La Cour des comptes
souligne également l’inadéquation persistante d’une offre de formation trop générique, appelant à la construction de modules
spécifiques élaborés à partir d’une analyse partagée des besoins professionnels au niveau local. Enfin, la Médiatrice de l’Éducation
nationale recommande de renforcer la formation continue en s’appuyant sur cette même analyse partagée au sein des équipes,
tout en développant des modules communs aux enseignants et aux AESH, afin de soutenir une compréhension et une prise en
charge cohérentes des besoins des élèves.
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Encadré – Organisation de l’accueil et de l’accompagnement des nouveaux AESH dans la DSDEN de
Seine-et-Marne (77)
La DSDEN 77 a engagé un investissement spécifique dans la formation initiale et continue des AESH,
considérée comme un levier d’attractivité et de stabilisation des équipes. Depuis deux ans, chaque rentrée débute
par une journée d’accueil animée par la chargée de mission départementale, offrant les premiers repères sur le
cadre réglementaire, les missions, la posture professionnelle et l’organisation locale. Dans le mois suivant,
chaque nouvel accompagnante rencontre son AESH référente, selon un phasage structuré : quinze jours
d’observation et d’échanges réguliers permettent de sécuriser la prise de fonction et de prévenir les difficultés.
Les AESH référentes, identifiées pour leur expérience, jouent un rôle majeur d’appui entre pairs. Mobilisées par
les chefs d’établissement, les pilotes de PIAL et les pôles ressources, elles accompagnent l’intégration des
nouvelles agentes et contribuent au traitement des situations complexes. Ce soutien de proximité est complété
par l’intervention de professionnels spécialisés, notamment l’ERDC73, qui aide les équipes à analyser les
situations et à élaborer des réponses concertées.
Les entretiens, menés par la mission avec les AESH, révèlent un écart persistant entre les ambitions en
matière de formation et la réalité. Cette formation initiale reste perçue comme trop théorique et
déconnectée du travail réel, comme en a témoigné une AESH : « Ma formation initiale, c'était du cours
magistral devant 70 personnes ». Le calendrier de la formation d’adaptation à l’emploi, ultérieure à la prise
de poste, peut la différer de plusieurs semaines ou mois. Les AESH se retrouvent alors à gérer des situations
complexes — comportements difficiles, troubles importants du spectre de l'autisme, troubles alimentaires
ou besoins liés aux transferts et manipulations — sans préparation. Le contenu de la formation elle-même
est jugé trop général, avec peu d'éléments opérationnels sur les troubles spécifiques, les situations de crise,
ou encore les attentes pédagogiques des enseignants.
1.3.4.2 Une formation continue incomplète artificiellement imputée à des heures d’activités connexes
Les dispositifs de formation actuels demeurent insuffisamment articulés aux besoins du terrain. Bien que
certaines académies aient renforcé leurs offres de formation continue (notamment par des partenariats avec
le secteur médico-social), La plupart des actions de formation continue sont programmées sur le temps
scolaire, ce qui place les accompagnantes face à un dilemme : se former ou maintenir leur présence auprès
de l’élève. Dans certains établissements, l’absence de solution de remplacement les contraint à renoncer à
une partie de l’offre formative. Pourtant le statut des AESH prévoit explicitement que les temps de formation
sont à décompter des activités « connexes » qui s’ajoutent au temps de présence auprès des élèves.
Si, par conséquent, les formations devraient se tenir en dehors du temps scolaire, la mission a pu constater
que les accompagnantes et l’institution sont variablement disponibles pour suivre ou organiser ces actions
de formations hors temps scolaire, par exemple pendant les « petites vacances ». L’usage des heures
connexes apparait, en pratique, peu conforme aux textes, considéré par les responsables hiérarchiques d’une
partie des AESH comme une souplesse permettant de leur assurer un complément de rémunération sans
contrepartie. Les AESH en ont porté témoignage, réticentes à se rendre à des formations en dehors de leurs
heures de service d’accompagnement, et estimant que cela représente une charge supplémentaire dans leur
service, alors même qu’elle est inscrite à leur contrat. Selon les textes, le service des AESH est construit autour
d’un temps incomplet strictement lié aux besoins d’accompagnement élève, tandis que les activités connexes
peuvent être placées à d’autres moments de la semaine, mais en pratique ce complément de service ne
s’articule pas toujours avec l’emploi du temps prescrit ni avec les contraintes personnelles des agents.
Malgré les limites de l’offre existante, les AESH décrivent un apprentissage réel, essentiellement empirique.
Les formations, même appréciées, sont jugées « déconnectées » sans articulation avec les cas concrets.
Le parcours de formation des AESH représente un levier majeur pour définir des perspectives de progression
pour celles-ci. Or, il demeure un déficit central de leur emploi. Les parcours restent en conséquence
stationnaires, sans véritable reconnaissance des compétences pédagogiques ou relationnelles acquises,
exception faite de l’évolution vers la fonction d’AESH référente.
73 Enseignant ressource pour les difficultés de comportement.
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33
Recommandation n° 6 : Clarifier le décompte des heures connexes en veillant au suivi de leur utilisation pour
la formation ; mieux articuler les actions de formations avec les besoins de terrain : accompagnement
éducatif, médiation, pédagogie inclusive, gestion de situations complexes.
1.3.5. Une attractivité complexe à évaluer
Le défaut d’attractivité du métier d’AESH, est souvent invoqué pour expliquer les situations où les
notifications d’accompagnements ne sont pas effectives, ou bien pour réclamer une amélioration du statut
des AESH74. Le recrutement massif des dernières années a toutefois démontré un intérêt pour la mission et
ce, sur tout le territoire ; les contraintes budgétaires ont pesé davantage que le manque d’attractivité pour
répondre au besoin d’accompagnement75.
Si certaines académies, notamment en Île-de-France, ne parviennent pas à consommer tous les emplois
d'AESH alloués, les raisons en sont multiples selon la DGESCO : faibles rémunérations, turnover important et,
dans certains territoires ruraux, difficulté à trouver des candidats. Le manque de ressources humaines ou le
manque de moyens pour les recruter peut conduire les PIAL à fractionner en très faibles quotités le niveau
d’accompagnement dont ils font bénéficier un élève notifié d’une aide mutualisée. Les gestionnaires
départementaux ont confirmé à la mission que la première cause de non prise en charge est la tension sur
des moyens contraints, et non un choix pédagogique fondé sur une révision des besoins de l’enfant
(autonomie croissante, diminution de l’étayage par anticipation d’une révision de la notification). Dans le
département de la Côte-d’Or (académie de Dijon), la DSDEN a fait état d’une dotation d’emplois d’AESH
insuffisante qui a deux conséquences : la quotité de service de chaque AESH est maintenue autour de 57 %
d’un temps plein, sur les territoires en déficit de postes, les « marges ainsi constituées permettent d’assurer
l’accompagnement de nouveaux élèves notifiés ».
À partir d’un fichier fourni par la DGRH, la mission a pu calculer le taux de fidélisation national des AESH
recrutées sur 2 ans, (janvier- août 2023 et encore en poste au 1er septembre 2025) qui est de 77,8 %, d’où se
déduit un taux de rotation national (agents partis, toutes causes confondues) de 22,2 %76. À titre de
comparaison, le taux de maintien des éducateurs spécialisés à deux ans se situe à 79 % — très proche donc
du taux constaté pour les AESH77.
1.4. Une politique d’amélioration de la qualité de l’emploi permettrait de mieux
reconnaître les contraintes particulières du métier d’AESH
1.4.1. Une réforme structurelle des conditions d'emploi et de travail des AESH, dans le cadre de « l'acte
II de l'école inclusive », a été annoncée mais elle nécessite des efforts budgétaires
En avril 2025, 64 % des 140 000 AESH (personnes physiques) exerçaient en contrat à durée indéterminée
(CDI)78. Cette stratégie de pérennisation massive dans l’emploi contractuel des AESH appelle la mise en
74 « Le cumul de ces précarités explique le manque d’attractivité du métier d’AESH, qui fait face à une pénurie de plus en plus
inquiétante de candidats, à une volatilité grandissante de ses personnels en poste, à des défections de plus en plus nombreuses. »
Cf. Sénat, Rapport d’information n° 568 (2022-2023) M. Cédric Vial au nom de la commission de la culture, de l’éducation et de la
communication, sur « les modalités de gestion des AESH, pour une école inclusive ».
75En 2022, lors du débat parlementaire autour proposition de loi visant à lutter contre la précarité des accompagnants d’élèves en
situation de handicap et des assistants d’éducation, des arguments comparables ont été mis en avant pour dénoncer les
conditions de travail des AESH qui compromettraient leur recrutement en grand nombre en raison de « la piètre reconnaissance
et la faible attractivité de leurs fonctions » Cf Sénat, Rapport n° 171 (2022-2023) de Mme Marie-Pierre Monier, fait au nom de la
commission de la culture, de l’éducation et de la communication sur la proposition de loi visant à lutter contre la précarité des
accompagnants d’élèves en situation de handicap et des assistants d’éducation, 1er décembre 2022
76 En excluant les académies ultra-marines (Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique, Mayotte), sur la période considérée, les
trois meilleures académies en fidélisation des AESH (et donc les plus faibles en rotation) sont : Strasbourg (85,1 %), Amiens
(84,3 %) et Nice (83,7 %). À l’inverse, les académies avec la plus faible fidélisation (et donc la plus forte rotation) sont : Corse
(63,3 %), Versailles (69,8 %) et Nantes (71,9 %).
77 Voir par exemple les études relatives aux éducatrices spécialisée et Aides médico-psychologiques publiées sur le site de la DREES :
Poulain, J. (2025, mars). Éducatrices spécialisées : neuf ans après l'entrée dans la profession, une sur deux a quitté le métier,
Drees, Études et Résultats, 1329 ; et Poulain, J. (2024, octobre). Aides médico-psychologiques : sept ans après l'entrée dans la
profession, une sur deux a quitté le métier, Drees, Études et Résultats, 1314
78 Rapport au Parlement sur l’application de la loi n° 2022-1574 du 16 décembre 2022 visant à lutter contre la précarité des
accompagnants d’élèves en situation de handicap et des assistants d’éducation, consultable sur :
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œuvre d’une politique de ressources humaines garantissant à la fois la professionnalisation du métier et des
conditions d’exercice adaptées à leurs missions. Une réforme structurelle des conditions d'emploi et de
travail des AESH avait pourtant été annoncée dès novembre 2022. L’engagement des gouvernements
successifs depuis 2023 a toujours été de professionnaliser ces personnels et d’améliorer leurs conditions de
rémunération, en permettant à celles et ceux qui le souhaitent de bénéficier d'un contrat à temps complet.
Or, à date, seulement 2 % des AESH bénéficient d’un temps complet et 86 % ont une quotité de travail
inférieur à 62 %.
Aucune des tentatives de permettre le passage à un temps complet, que ce soit le projet de transformation
de fusion des AESH et des AED dans un nouveau cadre d’emploi d’assistant de réussite éducative (ARE)79 ou
bien la dernière en date qui est celle de la prise en charge par l’État de la pause méridienne80, n’ont abouti
(voir annexe 9).
1.4.2. Mieux prendre en compte les conditions d’exercice : reconnaître et compenser les contraintes de
travail
Les AESH exercent dans des conditions qui cumulent temps partiel imposé, horaires fragmentés et multiples
lieux d’intervention. Cette fragmentation du temps de travail, souvent réparti sur plusieurs établissements
et entrecoupé de déplacements non rémunérés, fragilise leur équilibre de vie et leur revenu global. Une
reconnaissance explicite de ces contraintes apparaît indispensable. Les affectations multiples qui engendrent
des contraintes spécifiques pourraient être reconnues par une indemnité forfaitaire.
Les AESH sont contractuellement affectés sur une zone géographique élargie (PIAL), couvrant plusieurs écoles
ou établissements, ce qui autorise une intervention sur différents lieux. Pourtant, cette flexibilité
contractuelle se traduit par une réalité hétérogène sur le terrain.
Selon le dernier Panorama statistique de la DEPP81, à peine la moitié des AESH exercent sur un seul site :
seulement 25 % sont affectés à une seule école et 27 % à un seul établissement du second degré, tandis que
près de 48 % interviennent sur plusieurs lieux, le plus souvent en multi-affectation inter-degrés, puisque 39 %
accompagnent à la fois des élèves en école et au collège ou lycée. D’autres AESH interviennent dans plusieurs
écoles (8 %) ou dans plusieurs établissements du second degré (1 %). Cette mobilité impose de nombreux
déplacements, une coordination régulière avec plusieurs équipes pédagogiques, donc des temps non
comptabilisés officiellement.
Sans ignorer le besoin de flexibilité dans les affectations, la multi-affectation constitue une contrainte sous-
estimée82. Elle engendre des frais de déplacement réguliers mal ou peu remboursés et une mobilité
contrainte sans reconnaissance indemnitaire.
La mobilité imposée par les PIAL, non compensée financièrement, pèse sur les AESH : déplacements
fréquents, emplois du temps fragmentés, difficulté à s’intégrer aux équipes et adaptation permanente à des
contextes variés. Contrairement aux enseignants (TZR / TR) qui perçoivent l’ISSR83 pour mobilité ou absence
https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/Media/files/autour-de-la-loi/legislatif-et-reglementaire/application-des-lois/rapports-
sur-la-mise-en-application-des-lois/2025/rapport_application_loi_2022-1574.pdf
79 Lors du CIH du 20 septembre 2023, le Gouvernement avait présenté les prochaines étapes de la trajectoire vers « l’école pour
tous ». À cette occasion, la création d’un nouveau métier d’assistant à la réussite éducative (ARE) avait été annoncée. Ce projet
visait à instituer un nouveau cadre d’emploi permettant aux accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et aux
assistants d’éducation (AED) qui le souhaitaient d’accéder à un temps plein de 35 heures, en complétant leur service par de
nouvelles missions éducatives. Ce projet a finalement été abandonné, mettant un terme à la perspective de fusionner, au moins
partiellement, les fonctions d’AESH et d’AED dans un cadre d’emploi commun.
80 Loi n° 2024-475 du 27 mai 2024 visant la prise en charge par l'État de l'accompagnement humain des élèves en situation de
handicap durant le temps de pause méridienne. Voir partie 2.
81 Ministère de l’Éducation nationale, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), Panorama statistique
des personnels de l’enseignement scolaire 2024-2025, Octobre 2025, Chapitre 13 : Le bien-être au travail, le climat scolaire et la
victimation.
82 La dispersion des services des accompagnantes d’élèves en situation de handicap entre plusieurs établissements est une
caractéristique qu’avait déjà observée la Cour des comptes qui est directement rattachée selon elle « aux limites des pôles inclusifs
d’accompagnement localisés qui font l’objet de critiques récurrentes. » Cf. Rapport p.20.
83 Décret n° 89-825 du 9 novembre 1989 portant attribution d'une indemnité de sujétions spéciales de remplacement aux personnels
assurant des remplacements dans le premier et le second degré : L’ISSR compense les contraintes propres à une fonction de
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d’affectation fixe, les AESH assument ces contraintes sans indemnité spécifique, bien que cette charge
dépasse le cadre strict de l’accompagnement des élèves. Transposer une indemnité de sujétion spéciale
adaptée au fonctionnement des PIAL permettrait de reconnaître cette contrainte particulière.
La mission propose la création d’une indemnité forfaitaire sous la forme d’une indemnité de sujétion
spéciale de multi-affectation (ISSM-AESH), destinée à reconnaître les contraintes liées, d’une part, à
l’alternance de lieux d’exercice différents dans le cadre de l’emploi du temps hebdomadaire et, d’autre
part, à la succession de lieux d’exercice différents pendant l’année scolaire (dans ce cas le bénéfice de
l’indemnité ne serait ouvert qu’à compter du premier changement de lieu d’exercice).
L’ISSM-AESH serait versée automatiquement (50 €/mois) à toute AESH multi-affectée à la rentrée (au moins
deux établissements), sans condition de distance ou de fréquence. Attribuée sur la base des données initiales
(emploi du temps, contrat), elle serait maintenue toute l’année scolaire, même en cas de modifications
ponctuelles d’affectation. Ce dispositif, simple et pérenne, vise à reconnaître la contrainte structurelle de la
multi-affectation, sans alourdir la gestion administrative.
1.4.2.1 Stabiliser les AESH dans les écoles et les établissements quand elles y exercent durablement par une
affectation à l’année exclusive de tout déplacement en dehors des opérations de rentrée annuelle
La mission a pu constater que dans beaucoup d’écoles ou d’établissement, un certain nombre d’AESH est
durablement affecté parfois depuis plusieurs années. Ce rattachement professionnel durable s’explique le
plus souvent par la taille importante de l’école ou de l’établissement. Les besoins d’accompagnement sont
constants auprès de certains élèves et se renouvellent régulièrement. Cela permet aux AESH de voir leur
activité renouvelée régulièrement (en particulier pour les AESH-m) ou stabilisée durablement lorsqu’elles
suivent un élève à titre individuel, souvent tout au long de son parcours dans l’établissement. La mission a
pu mesurer la satisfaction des AESH concernées de se sentir mieux intégrées à la communauté éducative et
aux équipes pédagogiques. Pour autant, celles-ci ont souvent fait part de leur sentiment d’insécurité
concernant leur affectation qui selon elles peut être remise en cause à tout moment par des décisions
gestionnaires prises au sein du PIAL.
Un scénario complémentaire au précédent s’inscrit donc dans une logique de stabilité en privilégiant, par
principe, une affectation à l’année (AFA)84 dans un ou deux établissements au maximum. Cette stabilisation
à l’année, reconnue comme orientation nationale (à intégrer dans le cadre de gestion national), serait à
réaliser dès lors que l’AESH effectue plus de 80 % de son service dans un même établissement. Elle permet
également de réduire la variabilité des interventions et les redéploiements intempestifs, souvent sources de
tensions pour les familles, les enseignants et les accompagnantes. L’affectation serait prononcée en début
d’année scolaire et pour la durée de l’année scolaire ne pourrait être modifiée qu’à titre exceptionnel,
assurant ainsi une protection effective contre les ajustements de circonstance.
Lorsque la répartition des heures notifiées ou les besoins du territoire rendent impossible une AFA, la
mobilité intra-PIAL serait encadrée et compensée selon le scénario présenté plus haut.
Recommandation n° 7 : Faire de l’affectation à l’année (AFA) la modalité de référence pour les AESH
affectées dans un ou deux établissements, en limitant les cas de dérogation à des nécessités justifiées
(évolution de notification, fermeture de classe, force majeure). Créer, pour les AESH non bénéficiaires de
l’AFA, une indemnité forfaitaire de sujétion spéciale de multi-affectation (ISSM-AESH).
remplaçant marquée par l’incertitude des affectations et une mobilité imposée tout au long de l’année scolaire. En premier lieu,
elle reconnaît la sujétion professionnelle liée à cette mobilité contrainte : le TZR n’étant pas durablement affecté dans un
établissement, il peut être déplacé en fonction des besoins du service, et l’ISSR indemnise l’instabilité que cette flexibilité génère.
84 L’affectation à l’année (AFA) est une des modalités d’affectation des enseignants titulaires qui s’applique notamment aux
personnels enseignants chargés des fonctions de remplaçant qui ne disposent pas d’une affectation fixe dans une école ou
établissement mais sont rattachés à une zone de remplacement. Elle correspond à la mobilisation d’un TZR sur un poste vacant
pour l’ensemble de l’année scolaire, le plus souvent dès la rentrée de septembre. Bien que leur vocation statutaire soit d’assurer
des remplacements temporaires, les TZR sont ainsi fréquemment affectés à l’année sur des postes durablement vacants ou non
pourvus. Cette modalité d’affectation emporte des conséquences financières notables, dans la mesure où l’AFA exclut le bénéfice
de l’indemnité de sujétions spéciales de remplacement (ISSR), laquelle vise normalement à compenser les contraintes spécifiques
liées aux déplacements et à la discontinuité des missions de remplacement de courte durée.
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2. L’école pour tous est un enjeu partenarial qui doit conduire le monde
scolaire à revisiter sa pratique des coopérations
Les missions des AESH s’exercent dans un contexte scolaire en forte évolution. Les évolutions de leurs
missions et de leur rôle dans l’école inclusive sont par définition à considérer à l’aune des mutations que les
partenaires de l’école inclusive (ARS, MDPH, collectivités locales mais aussi familles et associations) ont initié
ou subissent.
2.1. La stratégie nationale pour l’école inclusive doit clarifier ses concepts et renforcer
ses données pour devenir lisible et partagée
2.1.1. L’école inclut les ESH dans la catégorie plus large des EBEP sans définir de politique articulant
l’ensemble
2.1.1.1 L’augmentation du nombre d’ESH, une réalité complexe mais manifeste dans la population scolarisée
À la rentrée 2023, 468 270 enfants bénéficiant d’un PPS étaient scolarisés en milieu ordinaire (soit 3,9 % des
élèves du milieu ordinaire) ; à la rentrée 2024, ils étaient 496 83985 (+ 6 %). La scolarisation en milieu ordinaire
s’est accrue en moyenne, depuis 2006, de 5 % par an dans le premier degré et de 10 % dans le second degré86.
Dans le premier degré, 9 enfants reconnus en situation de handicap sur 10 sont scolarisés à temps plein. Fin
2022, 1 enfant sur 10 accompagnés par un ESMS reste toutefois non scolarisé (8 %), proportion qui a cessé
de diminuer depuis 2018 (ils étaient 10 % en 2014, chiffres ES-handicap- DREES).
La question du nombre de personnes en situation de handicap en France n’en est pas moins complexe87. La
DREES établit en conséquence une fourchette très large, de 5,7 à 18,2 millions de personnes de 5 ans et plus
handicapées en France, selon les critères et croisement de critères utilisés. S’agissant des enfants de 5 à 15
ans vivant à domicile, la DREES estime le nombre d’enfants handicapés entre 0,1 et 1,2 million88. En pratique,
l’approche la plus fréquente du handicap s’opère en s’appuyant sur la reconnaissance administrative du
handicap, c’est-à-dire via les droits reconnus par la MDPH.
Sur cette base, entre 2012 et 2022, on constate que le nombre d’enfants bénéficiaires de l’allocation
d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) a doublé, passant de 216 400 à 435 000, soit 2,7 % des enfants de
moins de 20 ans. En dix ans, ce nombre a augmenté de 7 % par an en moyenne89.
2.1.1.2 Le monde scolaire a développé une approche spécifique via la notion d’EBEP, sans y associer de politique
dédiée
La France s’est inspirée de la loi sur l’éducation britannique de 1981 (Education Act) qui définit l’EBEP comme
un enfant rencontrant des difficultés d’apprentissage qui nécessitent des mesures éducatives spéciales90. En
2003, la DGESCO donne une classification des élèves pouvant être qualifiés d’EBEP. Cette liste réunit des
situations hétéroclites : enfants handicapés, enfants en difficulté scolaire grave et durable, enfants en
situation familiale ou sociale difficile, enfants intellectuellement précoces, enfants nouvellement arrivés en
France, enfants malades, enfants du voyage, enfants mineurs en milieu carcéral. Cette liste reste en vigueur
avec quelques évolutions lexicales.
85 Chiffres DEPP et DGESCO, RERS 2025
86 ibid
87 Comme le rappelle la DREES, « il n’y a pas de réponse unique à cette question, parce qu’il n’y a pas de définition unique de ce
qu’est une personne handicapée (…) : il n’y a pas de méthode pour dénombrer les personnes handicapées qui fasse l’objet d’un
consensus ». En 2022, 14,5M de personnes de 15 ans ou plus déclarent avoir au moins une limitation fonctionnelle sévère87 et
5,4M être fortement restreintes dans des activités essentielles du quotidien.
88 Chiffres 2022 selon les critères de limitations fonctionnelles sévères et restrictions d’activité globale.
89 Chiffres DREES op cit
90 Seule la loi du 11 février 2005 fait référence. Les textes relatifs aux EBEP sont de niveau réglementaire (circulaires principalement).
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Aux origines de la notion d’EBEP
La notion d’élève à besoins particuliers (EBEP) est issue des travaux de Mary Warnock, philosophe spécialiste
de l’éducation, placée en 1973 à la tête d’une commission ad hoc et chargée de réaliser un audit de l’organisation
du système éducatif britannique en lien avec les élèves handicapés et tenant compte de leurs besoins (notamment
médicaux). Les travaux de la commission ont adopté une approche systémique, débordant le cadre de l’école
mais aussi celui de la question du handicap. « Nous nous sommes attachés non seulement aux élèves sévèrement
handicapés, mais à tous les élèves qui ont besoin d’une éducation spécialisée de quelque forme que ce soit ».
La priorité du rapport est de donner un contenu à l’« éducation spécialisée » qui « prend en compte toutes les
formes d’accompagnement qui permettent de surmonter les difficultés, quels que soient le lieu et la forme
qu’elles peuvent prendre (…). Cela comprend aussi l’idée que, malgré le fait que la nature des troubles que
rencontre un élève peut dicter la nature des enseignements et la méthode pédagogique dont il devra bénéficier,
le but de leur éducation doit rester le même que tous les autres. » Le rapport dénonce un système qui repose sur
une distinction entre handicap et non handicap, sans rapport avec ce que vivent les élèves.
Depuis 2008, l’OCDE propose également une définition des « personnes à besoins éducatifs particuliers »,
considérées sous l’angle des mesures d’accompagnement : « [elles] se définissent par les ressources publiques
ou privées supplémentaires engagées pour le financement de leur éducation ». Cette définition est complétée
par une approche en trois catégories internationales : les déficiences, les difficultés et les désavantages91. La
pratique des pays membres de l’OCDE est toutefois peu homogène : « Pour certaines administrations, ce terme
porte essentiellement sur le handicap ou l’aspect médical (par exemple pour la communauté flamande de
Belgique ou la Suède), alors que pour d'autres, il s'agit davantage des besoins supplémentaires d'apprentissage
de ces élèves. Le Portugal, par exemple, a cessé de catégoriser les élèves en 2018. De même, l’Écosse (Royaume-
Uni) a adopté le terme « élèves ayant besoin d'une aide supplémentaire. Cette définition est large et s'applique
aux enfants ou aux jeunes qui, peu importe la raison, ont besoin d’une aide supplémentaire pour tirer le meilleur
de leur enseignement scolaire et être parfaitement inclus92 ».
La notion d’EBEP répond à deux objectifs : d’une part élargir au-delà de la reconnaissance de handicap la
prise en compte des situations spécifiques des élèves ; d’autre part, centrer les réponses sur le besoin
pédagogique et l’accompagnement des apprentissages.
Or, en France, il n’existe pas de suivi statistique de cette population même si, paradoxalement, dans la
dernière enquête TALIS (2024), les professeurs français sont parmi les plus nombreux à déclarer avoir plus
de 10 % d’EBEP dans leur classe (74 % contre 45 % en moyenne OCDE) et que leur proportion a augmenté de
32 points entre 2018 et 202493.
La DEPP a mis en place en 2014 une enquête annuelle sur une sous-population, celle des élèves allophones
nouvellement arrivés (EANA) mais dont la qualification, pour les besoins de l’enquête, est définie par le
passage d’un test de non-maitrise du français94. La mission n’a pas trouvé d’autre dispositif de suivi statistique
des EBEP (hors ESH), ce qui rend complexe leur quantification et leur projection sur le territoire.
En pratique, la notion d’élèves à besoins particuliers ne participe paradoxalement pas d’une stratégie de
prise en compte des besoins particuliers transverse conduisant à une politique d’accessibilité. La grande
91 « A/ catégorie Déficiences ». Elle concerne les élèves présentant des déficiences ou incapacités considérées du point de vue médical
comme des troubles d’origine organique (liés par exemple à des déficiences sensorielles, motrices ou neurologiques). On considère
que le besoin éducatif résulte principalement des problèmes imputables à ces déficiences. « B/catégorie Difficultés ». Elle concerne
les élèves présentant des troubles du comportement ou des troubles affectifs, ou des difficultés spécifiques d’apprentissage. On
considère que le besoin éducatif résulte principalement de problèmes d’interaction entre l’élève et l’environnement éducatif.
Catégorie internationale. « C/catégorie Désavantages ». Elle concerne les élèves présentant des désavantages découlant
principalement de facteurs socio-économiques, culturels, et/ou linguistiques. Le besoin éducatif consiste à compenser les
désavantages imputables à ces facteurs." Élèves présentant des déficiences, des difficultés et des désavantages sociaux in
Politiques, statistiques et indicateurs, OCDE 2008.
92 OCDE (2023), Équité et inclusion dans l'éducation (version abrégée) : La diversité fait la force, Éditions OCDE, Paris,
https://doi.org/10.1787/e9be59d0-fr
93 OECD. (2025). Results from TALIS 2024. TALIS. https://doi.org/10.1787/90df6235-en
94 « Un enfant allophone entre dans le champ de l’enquête dès lors qu’il a passé le test de positionnement initial et que celui-ci a
identifié son besoin de soutien linguistique. Ces élèves peuvent être scolarisés (…), pris en charge par la mission de lutte contre le
décrochage scolaire (MLDS) ou rester en attente d’une affectation. (…) L’élève sort du champ de l’enquête dès qu’il devient
autonome en français et que son besoin disparaît » Note d’information DEPP juin 2025.
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hétérogénéité des populations concernées et l’approche par les solutions (intervention des RASED,
proposition de PPRE, de PAI ou de PAP principalement, hors situation reconnue de handicap) a conduit à une
approche « au cas par cas ».
Seule une sous-partie de l’ensemble, les élèves en situation de handicap, fait l’objet d’une politique
construite, portée en partie par des partenaires externes (MDPH et ARS). Ce décalage interroge, alors que la
notion d’EBEP porte la promesse d’une universalité de l’accès aux apprentissages95.
La mission préconise de mobiliser la recherche et les partenaires (associations de parents, représentants
du secteur médical et médicosocial) aux côtés des acteurs de l’École et notamment des enseignants, pour
définir le cadre d’une politique d’accessibilité tenant compte des besoins particuliers.
2.1.1.3 Peu activées et ne faisant l’objet d’aucun suivi global, les réponses de droit commun aux « besoins
particuliers » doivent être réinvesties à l’heure où s’engagent de nouveaux dispositifs en faveur de
l’accessibilité
Dans son rapport public de septembre 2024 sur l’école inclusive, la Cour des comptes relève que « les
données présentées par le ministère sont d’une portée limitée puisqu’elles ne renseignent pas (…) sur
l’adaptation des enseignements. Elles n’offrent aucun élément d’appréciation sur la différentiation
pédagogique (…) et n’indiquent rien sur le volume horaire réalisé. » Il n’existe pas, à ce jour, de dispositif de
suivi des plans d’accompagnement mis en œuvre à l’école, qu’il s’agisse des PAI, des PAP et des PPRE96. Cette
absence d’investissement joue sur la préférence des familles et des associations pour une reconnaissance de
handicap par la MDPH au motif qu’elle assure, outre son caractère opposable, un suivi en ESS du plan
personnalisé de scolarisation et obligerait à une plus forte vigilance des acteurs de l’école.
Plus largement, les mesures relatives aux aménagements pédagogiques font rarement l‘objet d’un suivi,
(affectations de matériel pédagogique) voire sont sous-utilisées97. C’est notamment sensible pour une des
mesures qui semblent le mieux répercuter l’attention aux « besoins particuliers », la « programmation
adaptée des objectifs d’apprentissage » (PAOA)98, dont le besoin peut faire l’objet d’une notification MDPH
au titre du PPS, mais qui est un dispositif de droit commun au même titre que le PAI, le PPRE et le PAP. Or,
elle est très rarement utilisée.
La notion de « besoins particuliers » émane d’une conception personnalisée de l’accès aux apprentissages et
trouve son ancrage dans la pratique enseignante et ses adaptations. L’émergence des pôles d’appui à la
scolarité ainsi que l’expérimentation en cours de lancement des « agents d’accessibilité » constituent à terme
un levier important d’aide à la classe et aux enseignants. Une relance de la prise en compte des « besoins
particuliers », indépendamment de la reconnaissance de handicap, est aussi une condition de leur réussite.
La mission préconise de procéder à une enquête quantitative et qualitative, le cas échéant sur échantillon,
sur les élèves à besoins particuliers et leur accompagnement (nature des aménagements, modalités de
suivi, impact sur le parcours) en vue de disposer d’un diagnostic sur les points forts / points faibles dans le
premier et second degré (DEPP).
2.1.2. « Besoins particuliers », handicap et « comportements perturbateurs » : un besoin urgent de
mieux qualifier la réalité des situations à l’école pour une pleine application de la loi du 11 février
2005
2.1.2.1 Un débat difficile sur la reconnaissance du handicap
La mission a rencontré un nombre important d’associations, le plus souvent portées par des parents
d’enfants en situation de handicap, ainsi que des familles dont l’enfant bénéficiait d’une reconnaissance de
handicap. Elle a pu mesurer, même si ces parcours de vie débordaient largement le cadre des questions de
95 En 2012, Serge Tomazet appelait ainsi « à remettre sur le terrain de l’école le concept de besoins éducatifs particuliers qui tend à
devenir un concept administratif lié à la mise en place des dispositifs de compensation » (in « Du handicap aux besoins éducatifs
particuliers »2012, article paru dans Cairn Info)
96 Les retards de mise en œuvre du LPI impactent également la constitution de données statistiques relatives aux EBEP.
97 Cf la sous consommation persistante des enveloppes de matériel pédagogique.
98 Lorsqu’un élève en situation de handicap n’est pas en capacité de suivre les objectifs d’apprentissage du programme, la PAOA
permet, dans le PPS, de définir des objectifs d’apprentissage prioritaires, de définir la manière de les atteindre et d’évaluer si les
objectifs sont atteints ou pas. L’ESS prend connaissance de cette programmation et s’assure de sa conformité au PPS.
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scolarité, l’importance de leur engagement aux côtés de leur enfant, le risque d’épuisement qu’elles
encourent, les difficultés que les démarches administratives peuvent représenter.
De même, la mission a pu mesurer leur attachement à la défense de leurs droits, notamment ceux liés à la
compensation du handicap dont la MDPH a la responsabilité. Elle a entendu leurs doutes, unanimes, sur la
capacité de l’éducation nationale à sortir d’une approche comptable des réponses aux besoins des enfants
et leur crainte, en cas de moindre opposabilité de leurs droits, d’une régression des moyens dédiés à
l’accompagnement de leurs enfants.
Elle a aussi entendu ces mêmes associations et familles reconnaître que la « protection » d’une
reconnaissance de handicap était aussi un moyen mobiliser les enseignants et la communauté éducative, vrai
besoin certes mais satisfait par un moyen (la notification par la MDPH) dès lors détourné de sa finalité
fondamentale. Pour certaines familles, notamment d’enfants dys, la reconnaissance de handicap facilite la
mise en place de mesures d’aménagement pédagogique, relevant normalement du droit commun, parfois
plus nécessaires que l’AESH qu’elles demandent également.
Du côté de l’éducation nationale, et sans minorer l’excellence et l’engagement de beaucoup des équipes
rencontrées, en établissement, dans l’administration départementale ou en circonscription, la mission a
souvent entendu une préoccupation majeure, non sur les situations de handicap à l’école en général, mais
sur les comportements violents. La communauté éducative, enseignants et AESH, par défaut de solution
alternative, renvoie vers la reconnaissance de handicap et l’étayage par une aide humaine l’accueil des
enfants dont le comportement « perturbe » la vie scolaire. L’approche par le handicap est alors mise au
service d’une gestion des classes.
Enfin, les personnels issus du secteur médicosocial (éducateurs spécialisés, pédopsychologues,
ergothérapeutes...) font également part tout à la fois, du besoin de soutenir la communauté éducative face
à des cas complexes mais d’un risque de surréaction face à des profils d’enfants qui peuvent avoir un besoin
temporaire d’aide sans relever d’une reconnaissance de handicap.
Structuré autour de ces anticipations négatives et des craintes de modifier des équilibres précaires, le débat
sur la reconnaissance du handicap est bloqué. Le processus créé par la loi de 2005 repose pourtant sur
l’évaluation des besoins de l’enfant dans son environnement et non sur la mesure de ses incapacités
supposées à se plier à une « norme » dont il faudrait, par diverses compensations, lui permettre de respecter
le caractère impératif.
2.1.2.2 La totalité des rapports consacrés à l’école inclusive ont pointé le risque d’un usage inapproprié de la
reconnaissance de handicap mais leur alerte est restée sans suite
L’IGF et l’IGÉSR, dans leur rapport de 2022, qualifiaient de poreuse la frontière entre « situation de handicap
et simple difficulté scolaire remédiable ». Pour sa part, la Cour des comptes dans son rapport de septembre
2024 souligne que « penser en termes de besoins éducatifs particuliers peut conduire à faire de tout élève un
enfant "à risque", dans une approche extensive de la politique inclusive et à provoquer une extension de la
notion de "handicap », au risque d’y associer des problématiques de natures très variées (sociales, scolaires,
cognitives, sanitaires) ».
De même la mission de l’IGAS relative aux MDPH (2024) fait état dans son rapport de doutes des équipes
pluridisciplinaires sur le bien-fondé de certaines demandes qui, en cas de rejet, donnent lieu à des recours
administratifs préalables obligatoires voire des contentieux le plus souvent gagnés par les familles, la mesure
d’aide humaine étant le pivot sur lequel se joue la reconnaissance de handicap, là où la reconnaissance de
handicap devrait plutôt la précéder.
Dans le cadre d’une étude en psychologie expérimentale sur les croyances et les attitudes des acteurs du
système scolaire envers les ESH commanditée par la Cour des comptes99, il ressort une association forte entre
les termes « handicap » et « incompétence », démontrant une difficulté à comprendre et qualifier la difficulté
99 Étude réalisée en octobre 2023 auprès de 2084 établissements.
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scolaire, aussi bien que le handicap en milieu scolaire100. Or, l’ensemble de ces rapports relèvent également,
comme les interlocuteurs de la mission l’ont fait, l’importance du rôle de « prescripteur » d’aide humaine
des enseignants via le Gevasco ; leur compréhension du handicap est un élément crucial, aujourd’hui
défaillant, de l’instruction des dossiers soumis à la MDPH.
2.1.2.3 Oser le débat de la juste reconnaissance du handicap dans l’intérêt de l’enfant
La mission mesure la difficulté de requestionner les mesures de reconnaissance du handicap, dans un
contexte, d’une part, de situations d’urgence des familles souvent en grand besoin d’aide, d’autre part,
d’insuffisance flagrante des dispositifs de réponse à leurs besoins, tant dans le secteur médicosocial que dans
le cadre de l’accompagnement à la scolarité101.
Pourtant, il semble urgent de disposer d’une analyse partagée, fondée sur des situations individuelles, de la
jurisprudence constituée par les CDAPH. Certes, la reconnaissance de handicap repose sur une évaluation
individuelle des besoins, sur la base d’un référentiel commun aux MDPH, mais il serait utile de pouvoir
examiner, par exemple, les cas ayant donné lieu à recours sur des demandes de reconnaissance du handicap
en situation de scolarité et d’étudier en quoi les solutions de compensation proposées étaient ou non
accompagnées de mesures d’accessibilité, d’une part, et orientées vers l’autonomie de l’enfant, d’autre part.
Une telle étude pourrait aider à replacer dans le cadre de la loi de 2005 des principes de jurisprudence qui
favorisent le respect prioritaire de l’intérêt de l’enfant, la logique d’adaptation / réexamen des solutions
apportées en fonction des besoins de l’enfant, l’analyse des natures de besoin (sociaux, médicaux…) et
l’impératif d’adaptation de l’environnement par sa mise en accessibilité, là où, à ce jour, la compensation a
pris le pas sur la recherche d’accessibilité universelle.
La mission préconise d’initier un travail de recherche-action sur la reconnaissance du handicap pour les
enfants scolarisés avec une étude spécifique des recours, en copilotage avec le CNCPH (représentation des
MDPH, des familles, des associations et des représentants de l’éducation nationale).
2.1.3. Un travail à plusieurs niveaux sur les données est nécessaire pour créer un socle commun de
connaissances, donner de la visibilité aux parties prenantes et piloter des partenariats de
territoire
2.1.3.1 Les directions statistiques des ministères concernés ont engagé des travaux, encore inaboutis pour construire
un ensemble de données sur la politique d’inclusion scolaire
La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) consacre plusieurs volets de sa
publication annuelle, Repères et références statistiques (RERS) aux élèves en situation de handicap
bénéficiaires d’un PPS et disposant d’un identifiant national élève (INE)102. En complément, elle mène tous
les ans une enquête auprès de ESMS pour recueillir les données sur les enfants en situation de handicap
scolarisés mais ne disposant pas d’un INE (enquête n° 32). Elle avait également initié une enquête
longitudinale sur un panel103 à la rentrée 2013, aujourd’hui arrivée à son terme.
À la DREES, les données disponibles concernent principalement les adultes et enfants en situation de
handicap accueillis en établissements et services médico-sociaux104, et sont collectées depuis 1982, tous les
4 ans depuis 2006. La DREES est également désormais en charge105 de l’enquête décennale en population
100 « Outre les effets négatifs en termes de stigmatisation (Goffman, 1975), le risque majeur est de voir les élèves handicapés
"disparaitre" derrière leurs étiquettes (…) en amenant les enseignants à adopter des attitudes conformes, non à leurs limitations
effectives, mais à celles supposées du fait de leur handicap » Serge Tomazet in « Du handicap aux besoins éducatifs particuliers »,
2012.
101 Une association rencontrée par la mission a relevé qu’il était difficile de porter un regard critique argumenté sur le dispositif des
AESH alors que celui-ci a continûment été en sous régime par rapport aux besoins. L’audition fin octobre du ministre de l’Éducation
nationale par la commission de l’assemblée nationale sur la santé mentale en a donné une récente illustration avec la très fo rte
croissance du nombre d’enfants reconnus en situation de handicap et notifiés pour une aide humaine, laissés sans solution (12 %
en octobre 2025 pour 9 % en mars 2025).
102 Enquêtes dites n° 3 et n° 12. Ses données alimentent également L’état de l’école et, en version cartographiée, Géographie de
l’école.
103 12 800 élèves nés en 2001 ou 2005.
104 ES-handicap.
105 Antérieurement INSEE Handicaps, incapacités, dépendance.
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générale sur l’autonomie dont la collecte et l’exploitation sont en cours, et qui comprend un volet handicap
incluant le domicile. L’amélioration progressive du SI des MDPH devrait également faciliter l’accès de la
DREES à ces données via un centre de données dédié106.
Si des échanges existent entre les deux directions, la mission n’a pas eu connaissance d’un programme de
travail commun, en vue d’améliorer la couverture de la population en situation en handicap scolarisée ni
d’une demande en ce sens des directions métier concernées. Leur coopération semble buter en outre sur le
dispositif spécifique d’identifiant de l’Éducation nationale (INE), là où le conseil national de l’information
statistique (CNIS) et la CNIL exigent le recours au code statistique non signifiant (CSNS)107 et le cryptage du
NIR. Un premier progrès a toutefois été réalisé, avec la généralisation (encore en cours) de l’INE, qui devrait
permettre de simplifier les enquêtes de la DEPP.
Les données statistiques actuelles, complétées des données de gestion émanant de la DGESCO et de la DGRH
d’une part, des MDPH et de la CNSA d’autre part, sont encore insuffisamment structurées. Leur éclatement,
le caractère aléatoire des remontées par enquêtes et leur incomplétude sont bien identifiés par les deux
directions (DEPP et DREES). La mission souscrit aux constats de la mission IGAS-IGÉSR de 2022108 sur la
nécessité d’une meilleure priorité statistique sur ce champ de politique publique, à haute sensibilité, et qui
nécessite un socle de données objectivables et récurrentes. Elle invite, en associant le CNIS à la totalité de
ces travaux, à une réflexion sur l’harmonisation du suivi statistique entre les deux directions, en lien étroit
avec les directions métier et les parties prenantes pour un repérage des besoins non couverts.
La mission préconise d’assurer un pilotage approprié du volet de l’enquête de la DEPP relatif aux AESH et
associer des chercheurs à son exploitation.
Recommandation n° 8 : définir un programme de travail commun entre DEPP et DREES sur les données
statistiques de l’école inclusive en associant le CNIS à son élaboration (recommandation déjà énoncée par
les inspections en 2022)
2.1.3.2 Le pilotage par les données se limite, par défaut, à une focalisation sur les suites données aux notifications
d’AESH dont le suivi reste perfectible
La DGESCO tient un tableau de bord, sur la base des remontées des rectorats, du taux de couverture des
notifications d’aide humaine auprès des élèves scolarisés en situation de handicap. La mise à jour de ce
tableau dont la mission a disposé fin juin de la version arrêtée au 31 mars 2025 pour l’année scolaire 2024-
2025 a été à l’origine fin octobre 2025 d’une forte attention médiatique, suite à l’audition des deux ministres
en charge respectivement du handicap et de l’Éducation nationale par la commission de l’Assemblée
nationale relative à la mission parlementaire sur la santé mentale des jeunes.
Cet épisode illustre l’extrême focalisation du pilotage de l’école inclusive sur la seule donnée du taux de
couverture des notifications d’AESH. Sur ce volet sensible, le secteur associatif réclame, afin d’en avoir une
image plus exacte, les temps effectifs de scolarisation correspondant aux notifications s’agissant des AESH-i,
et des temps attribués par l’éducation nationale s’agissant des AESH-m). Cette donnée de suivi existe sous
une forme macro109 mais, elle ne permet pas d’opérer de rapprochement spécifique entre les notifications
et leur mise en œuvre.
106 Le CNIS a autorisé la DREES à y accéder, avec le statut de « tiers de confiance », sachant que les données déversées dans le centre
de données du SI MDPH sont anonymisées.
107 Défini par la loi pour une République numérique de 2016, le CSNS permet la mise en œuvre d’appariements de fichiers à des fins
statistiques en limitant l’usage du NIR. Le principe est d’utiliser une clé d’appariement calculée à partir d’un chiffrement
irréversible du numéro de sécurité sociale.
108 Acte II de l’école inclusive, IGÉSR n° 22-23 107B/IGAS n° 2022-114R – août 2023.
109 Entre 2017 et 2024 la part des élèves scolarisés à temps partiel diminue dans les deux degrés mais reste plus élevée dans le
premier degré.
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DEPP Note d’information n° 025.63- novembre 2025
Il n’existe pas de socle de données harmonisé permettant l’alimentation des CDSEI ou, plus simplement,
faisant office de tableau de bord pour le DASEN et son équipe du SDEI. Les académies mettent en général à
disposition du public une documentation dédiée à l’école inclusive qui comprend des données (nombre
d’ESH, d’AESH, de dispositifs), plus ou moins mises à jour, mais dans une visée prioritaire d’aide à la prise de
contact et aux démarches.
2.1.3.3 Sans suite aujourd’hui, la proposition de loi prévoyant la création d’un observatoire sur l’école inclusive
présente une vraie pertinence pour renforcer le pilotage partagé par les données
La proposition de loi visant à « renforcer le parcours inclusif des enfants à besoins éducatifs particuliers »
prévoyait en son article 2 la création d’un observatoire de la scolarisation et de l’insertion professionnelle
des personnes en situation de handicap. Le gouvernement avait proposé d’y substituer un rapport annuel
remis au Parlement. Accepté par l’Assemblée nationale en première lecture, cet amendement a été rejeté
en même temps que le projet d’observatoire par le Sénat. Le texte n’a, à ce jour, pas été réinscrit à l’ordre
du jour des assemblées après son rejet en commission mixte paritaire en juillet dernier.
La mission suggère, au vu des enjeux liés au partage des données et au besoin de créer une forte confiance
avec les parties prenantes (enseignants, associations, collectivités locales et familles) que ce projet
d’observatoire soit reconsidéré. Il s’agit moins de créer des ressources complémentaires et une structure
autonome que de donner droit, par ce statut, à un travail commun sur la construction des données, leur
collecte, leur diffusion et leur usage partagé. Structure légère, co-portée par la DREES et la DEPP, sa
gouvernance serait garante d’un positionnement neutre et favoriserait tant la valorisation des données
existantes que la définition d’un nouveau pilotage par les données. La généralisation du LPI et de l’INE
constitue un contexte favorable.
On notera que la CNH d’avril 2023 avait annoncé la mise en place d’un observatoire des besoins des
personnes en situation de handicap, engagement complété par l’annonce, par le CIH 2024, de la mise en
place d’observatoires territoriaux de ces besoins, confiés aux ARS. Enfin, le CIH du 6 mars 2025 a confirmé la
mise en place d’un « observatoire de l’offre et des besoins ». Ces annonces sont restées sans suite à ce jour
mais signalent un manque ressenti de données structurées, lié pour partie à l’immaturité du SI Via trajectoire,
qui connait aujourd’hui de fortes améliorations. La mission souscrit à la proposition de la mission IGAS
relative à la transformation de l’offre médico-sociale110 de développer, par anticipation de ce meilleur
outillage qui favorisera notamment une meilleure fiabilité des listes d’attente en ESMS, une méthodologie
de diagnostic territorial.
Recommandation n° 9 : Réintroduire par décret la proposition d’une structure d’observation des besoins
interne à la statistique publique (DREES-DEPP), dotée d’une gouvernance ouverte aux parties prenantes,
110 Rapport n° 2024-017R – janvier 2025.
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43
dédiée à l’école inclusive et aux parcours des EBEP, et au suivi des dispositifs mis en place (dont PAP, PAI,
PPRE…).
2.2. La mise en place des PAS confirme l’engagement d’une dynamique partenariale
avec le secteur médicosocial, au service de l’enfant à besoins éducatifs particuliers
(EBEP) mais aussi de la classe
2.2.1. Depuis quelques années, l’évolution des établissements et services médicosociaux (ESMS) en
dispositifs (DIME et DITEP), encore en consolidation, a posé les bases d’un rapprochement avec et
au cœur de l’école
2.2.1.1 L’offre de places en ESMS pour enfants, en augmentation, connaît une mutation profonde de son organisation
Fin 2022, selon l’enquête ES-handicap de la DREES, 174 160 enfants et adolescents bénéficient d’un
accompagnement, dont 173 790 dans une des 4 030 structures dédiées à l’accompagnement spécifique des
enfants et adolescents111.
Les établissements représentent 59 % de l’offre pour enfants et adolescents et proposent un
accompagnement avec ou sans hébergement, ainsi qu’un accompagnement en milieu ordinaire. Entre 2018
et 2022, le nombre de places a augmenté de 8,2 %. Les ITEP (+ 24 %) et les IME (+ 7 %) contribuent le plus à
cette progression. Les services (SESSAD), qui ont connu une forte hausse de capacité jusqu’en 2018112 pour
atteindre alors 34 % du nombre total de places n’ont pas augmenté en capacité depuis 2018 (+ 0,3 %).
Ces deux évolutions sont étroitement liées à la mutation d’organisation du secteur médico-social qui, depuis
2016 pour les ITEP et 2019 pour l’ensemble des structures pour jeunes113 en situation de handicap, sont
invités à fonctionner en « dispositif intégré », avec des propositions d’accompagnement élargies114.
Si le fichier FINESS n’identifiait pas encore en 2022 les structures relevant de cette nouvelle organisation,
l’enquête ES-handicap a permis de confirmer leur émergence. Ainsi, 93 % des ITEP et 11 % des SESSAD
indiquaient fonctionner en DITEP (dispositif intégré). Les textes ont mis fin aux autorisation spécifiques en
2017, avec pour conséquence une hausse des créations de places dans les établissements, dédiées au milieu
ordinaire et provoquant mécaniquement une diminution des créations de places en services115.
Entre 2018 et 2022, 5 200 nouvelles places de « prestations en milieu ordinaire » ont été créées116. La CNH
du 26 avril 2023 a confirmé l’objectif de passer d’une logique de places (structures segmentées par type
d’accompagnement) à une logique d’offre de services coordonnés d’ici 2030 pour l’ensemble des personnes
en situation de handicap, adultes et enfants, et initié le plan « 50 000 solutions », adossé à un plan d’aide à
l’investissement de 1,5 Mds€ dont 400 M€ pour les solutions dédiées aux enfants et 400 M€ pour le
financement de l’appui aux établissements scolaires par les ESMS.
2.2.1.2 Dans un contexte de tension persistante sur les places disponibles, le travail partenarial entre ARS, MDPH et
DSDEN est un élément majeur.
Dès le décret du 2 avril 2009 qui fixe les modalités de création des unités d’enseignement pour l’accueil en
établissement scolaire, partiel ou total, des enfants suivis en ESMS, le partenariat entre éducation nationale
et médicosocial (ARS et MDPH) est un élément central. Des conventions sont mises en place pour
111 Il existe également 80 structures mixtes enfants/adultes qui complètent cette offre.
112 + 10 points entre 2006 et 2018.
113 Loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance et décret n° 2017-620 du 24 avril 2017 relatif au fonctionnement des ESMS
en dispositif intégré ; un décret plus récent du 5 juillet 2024 actualise le cahier des charges des établissements fonctionnant en
dispositif.
114 Sur décision de la CDAPH, les jeunes peuvent évoluer d’une modalité à l’autre (internat/externat/accompagnement en milieu
ordinaire, selon leurs besoins et sans nouvelle validation des orientations par la CDAPH.
115 Les « prestations en milieu ouvert » (PMO) ont vocation à se substituer aux places de SESSAD.
116 Le décret n° 2009-378 du 2 avril 2009 relatif à la scolarisation des enfants, des adolescents et jeunes adultes handicapées et à la
coopération entre les établissements mentionnés à l’article L. 351-1 du code de l’éducation et les établissements et services
médicosociaux mentionnés aux 2° et 3° de l’article L. 312-1 du code de l’actions sociale et des familles : aujourd’hui :, unités
d’enseignement en maternelle autisme (UEMA), unités d’enseignement élémentaire autisme(UEAA), dispositifs d’autorégulation
(DAR), unité d’enseignement polyhandicap (UEEP), dispositif intégré ITEP (DITEP).
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accompagner le fonctionnement de ces unités d’enseignement117, avec une forte accélération sous l’effet de
la stratégie autisme à partir de 2018. Il en a été de même s’agissant de l’évolution en dispositif ; le décret du
24 avril 2017 mentionne que le fonctionnement en « dispositif intégré » se décide dans le cadre d’une
convention conclue notamment avec la MDPH, l’ARS, les organismes de protection sociale, le rectorat et la
DRAAF.
Le travail engagé dans le cadre du plan 50 000 solutions procède du même besoin de coopération. En dépit
de situations locales parfois moins favorables, le travail partenarial, adossé au CDSEI plutôt dans un rôle
d’instance de partage d’information118, s’est largement installé.
La mission a eu connaissance d’une enquête de l’ANCREAI119 qui s’est intéressée à l’appropriation du
fonctionnement en dispositif intégré par les partenaires. Les témoignent d’une prise de conscience de l’enjeu
du droit commun, finalité de cette organisation souple en « dispositif », du rôle des enseignants spécialisés
et de l’intérêt d’unités d’enseignements externalisées étendues aux enfants hors file active.
2.2.1.3 Les retours de terrain montrent des améliorations réelles mais aussi des fragilités de ces coopérations
La mission a rencontré plusieurs organismes gestionnaires, les MDPH et les ARS de trois territoires, en
complément de ses échanges avec les établissements et les services départementaux de l’école inclusive. Elle
a pu échanger également avec des associations et des familles qui avaient bénéficié d’accompagnements de
dispositifs intégrés.
Il se dégage de ces échanges quelques constats sur les apports et les points de progrès des coopérations
locales au service de la scolarité des enfants en situation de handicap.
En premier lieu, la fonction d’appui-ressource des ESMS, explicitée par le décret du 5 juillet 2024120, est
unanimement saluée, soutenue par la création des équipes mobiles (EMAS / EMASCO) à partir de 2019121.
Les interlocuteurs rencontrés mentionnent également l’impact bénéfique d’habitudes de travail intégrant les
familles. Le projet d’accompagnement propre aux dispositifs intégrés suppose la validation par la famille, au
moment de l’orientation en CDAPH (le plus souvent DITEP ou DIME) et sanctuarise la place de la famille.
Cette co-construction itérative infuse, au-delà de l’existence de l’ESS, lieu central de dialogue de l’école
inclusive, mais souvent trop ponctuelle pour favoriser une évaluation des besoins et intégrer la parole des
parents122.
Enfin, les interlocuteurs ont beaucoup valorisé l’appropriation d’une dimension plus collective des
interventions auprès de l’enfant. Les enseignants et membres de la communauté éducative soulignent
l’apport de temps de réunions dédiés à l’enfant et de partage de pratiques pour « rompre l’isolement ». Ils
117 Le rapport remis par Pénélope Komitès au gouvernement, publié le 25 juin 2013, observait toutefois que « seulement la moitié
des établissements spécialisés avaient signé la convention de coopération avec l'Éducation nationale postulée par le décret du 2
avril 2009 relatif à la scolarisation des enfants, des adolescents et des jeunes adultes handicapés ; le renforcement des UEE ».
118 Il ressort de tous les échanges de la mission que le CDSEI est rarement un lieu d’élaboration stratégique ou de décision. Sa
composition, qui associe plus ou moins la MDPH, et où les associations sont plus ou moins considérées comme des partenaires à
part entière, autoriserait pourtant un repositionnement plus fort sur le pilotage et la gestion prévisionnelle. C’est d’ailleurs le sens
du décret du 5 juillet 2024 qui spécifie que le CDSEI, « instance d’échange et de concertation œuvrant à la programmation
commune (…) favorise le déploiement du fonctionnement en dispositif intégré » ; il doit également en « présenter un bilan annuel
au conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) » (cahier des charges annexé au décret précité).
119 Étude initiée à la demande de la CNSA : État des lieux sur l’offre et la description des ESMS pour enfant en situation de handicap
fonctionnant en dispositif intégré,(présentation en comité de pilotage) 6 février 2025.
120 « L’ESMS peut répondre aux demandes en matière de conseil ou de sensibilisation-formation de la communauté éducative pour
lui permettre une prise en compte des besoins particuliers d’élèves en situation de handicap, dans le cadre de son autorisation »,
cahier des charges annexé au décret précité.
121 Initiées par la circulaire n° DGCS/SD3B/2019/138 du 14 juin 2019 relative à la création d’équipes mobiles d’appui médico-social
pour la scolarisation des enfants en situation de handicap (EMAS), ces équipes pluridisciplinaires ont pour but de mettre leu r
expertise au service de la communauté éducative. Des financements spécifiques, à hauteur de 30 M€, ont permis aux agences
régionales de santé (ARS) de déployer les EMAS depuis 2020 ; leur fonctionnement a été précisé dans le cahier des charges défini
par la circulaire n° DGCS/SD3B/2021/109 du 26 mai 2021.
122 S’agissant des élèves bénéficiant d’un accompagnement en dispositif intégré, l’ESS a toutefois une responsabilité renforcée ; il lui
revient de valider, sans notification nouvelle par la MDPH, les évolutions de l’accompagnement dès lors qu’il y a accord d e la
famille et de l’ESMS porteur sur ces nouvelles modalités, pratique qui pourrait gagner, à terme, à être généralisée au-delà de cette
file active en dispositif.
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soulignent par exemple l’intérêt de disposer d’échanges au sein des dispositifs intégrés avec des
professionnels (ergothérapeutes) qui, lors de leurs interventions en libéral, n’ont à l’inverse pas d’interaction
avec les équipes.
Toutefois, face à ces trois leviers d’amélioration du parcours de scolarité (fonction appui-ressource,
coopération avec les familles et approche collective), quelques alertes émergent sur la capacité à les
pérenniser :
– la difficulté à mobiliser des temps dédiés au collectif dans les établissements scolaires. Une école
maternelle rencontrée, pourtant exemplaire dans son projet inclusif, était ainsi en juin dernier en
train de renoncer aux réunions hebdomadaires avec le dispositif médicosocial intervenant auprès
de ses élèves, faute de participants disponibles ;
– la question du financement des transports, bien identifiée des ARS qui ont souvent mobilisé des
budgets (y compris crédits non reconductibles) pour pallier l’absence de prise en charge des
transports pour les enfants accueillis en prestations en milieu ouvert (PMO) ; ce point a
également été relevé par la mission IGAS relative à la transformation de l’offre médicosociale ;
– les difficultés de coopération plus importantes en collège et lycée en raison du manque
d’interlocuteur identifié du côté de l’établissement scolaire.
En dépit de ces limites, la mise en place des projets d’accompagnement, la formalisation contractuelle des
projets pour l’enfant, intégrant les apprentissages mais en lien étroit avec son parcours de vie ainsi que
l’accent mis sur l’appui ressources aux établissements acte une transformation importante de l’appui à la
scolarisation qui doit être poursuivie.
2.2.2. Une étape stratégique de renforcement du lien médico-social / éducation nationale, pour l’appui
à la classe, est en phase de déploiement via les pôles d’appui à la scolarité (PAS)
Le dispositif des pôles d’appui à la scolarité (PAS) constitue l’une des plus récentes évolutions de l’école
inclusive et est notamment porté par les financements dédiés au « plan 50 000 solutions ». En préfiguration
dans 100 implantations réparties dans quatre départements123 pendant l’année scolaire 2024-25, les PAS
sont en cours de déploiement dans 80 départements à la rentrée 2025, avec la perspective d’une
généralisation sur le territoire national en 2027.
La mission a réalisé un état des lieux de l’existant (1er septembre 2025), joint au présent rapport en annexe
12.
Au vu des retours de terrain et des orientations actuelles, la mission confirme la pertinence du dispositif,
sous la réserve forte de clarifier ses priorités et les moyens dont il dispose.
2.2.2.1 Le PAS est une bonne réponse au fort besoin d’accompagnement des élèves à besoins particuliers en
convergence entre l’éducation nationale et le médicosocial
« Nouveau service rendu aux parents (...) d’enfants présentant des besoins éducatifs particuliers, en même
temps qu’une organisation qui vient en appui des professeurs124 », le PAS est conçu pour « trouver des
réponses rapides et adaptées, en première intention comme au long cours ». Il est constitué d’un « binôme
opérationnel », coordonné par un personnel de l’éducation nationale, aux côtés duquel intervient un
éducateur délégué à temps plein par un ESMS, mandaté par l’ARS. La saisine du PAS peut se faire, auprès du
coordonnateur, par les parents, un directeur d’établissement ou un professeur125. La saisine par les parents
représente une nouveauté majeure du PAS par comparaison avec le PIAL.
Un tableau joint en annexe 12 détaille les principales orientations du cahier des charges du 1er septembre
2025.
La préfiguration des PAS a fait l’objet d’une évaluation limitée, réalisée conjointement par la CNSA, avec
l’appui de l’ANAP, et la DGESCO. Les chiffres disponibles correspondent aux données issues des 4
123 L’Aisne, la Côte d’Or, l’Eure et Loire et le Var.
124 Circulaire du 3 juillet 2024.
125 La circulaire du 1er septembre 2025 précise qu’elle peut également émaner d’un élève majeur.
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départements préfigurateurs du 1er avril à fin mai 2025. Ils donnent quelques tendances sur l’usage du
dispositif.
Majoritairement utilisé par les équipes enseignantes plutôt que les familles126, le PAS a été mis au service de
situations d’enfants en difficulté d’apprentissage (51 %) et difficultés de comportement (41 %), loin devant
les troubles du neurodéveloppement, qu’il s’agisse de TSA, troubles du langage ou de TDA (25 % au total)127.
On constate que les PAS ont bien en priorité été saisis pour des enfants ne disposant pas d’une notification
de la MDPH (83 %), même si le PAS joue un rôle pour orienter vers celle-ci (13 % en aide à la constitution de
dossier) ou en appui à des enfants dont la demande était en cours (12 %). On observe également une
surreprésentation des saisines concernant les élèves du premier degré, avec 70 à 80 % de situations.
Ces tendances demandent à être confirmées mais signalent toutefois :
– un positionnement du PAS en appui des enseignants / classes déjà approprié ;
– une priorité pour les situations hors handicap conforme à son cahier des charges ;
– une focale des interventions sur l’appui aux premières années d’apprentissage, cohérente avec
son rôle d’appui à la détection et l’organisation des solutions aux besoins d’apprentissage.
Le tableau ci-après réunit les principales données disponibles :
Tableau de bord - Pôles d'appui à la scolarité préfigurateurs
Aisne Côte-d'Or Eure-et-Loir Var TOTAL
Nombre de sollicitations reçues 778 818 634 2075 4305
dont sollicitations directes par la famille* 337 126 114 2075 2652 62 %
dont sollicitations par l'établissement scolaire 429 692 520 0 1641 38 %
Nombre d'élèves scolarisés en maternelle 218 263 184 602 1267 30 %
Nombre d'élèves scolarisés en élémentaire 398 407 275 872 1952 46 %
Nombre d'élèves scolarisés en collège 133 139 159 428 859 20 %
Nombre d'élèves scolarisés en lycée 24 9 41 71 145 3 %
Nombre d'élèves ayant bénéficié d'une expertise du PAS 773 818 659 1973 4223
Nombre d'élèves en situation de handicap ayant bénéficié d'une réponse du PAS 36 51 110 365 562 17 %
Nombre d'élèves hors situation de handicap ayant bénéficié d'une réponse du PAS 543 767 227 1282 2819 83 %
Nombre de réponses "aménagements pédagogiques" 390 267 1424 2081 29 %
Nombre de réponses "attribution de MPA" 42 39 3 39 123 2 %
Nombre de réponses "intervention d'un personnel de l'Éducation nationale" 500 818 313 1145 2776 39 %
Nombre de réponses "intervention d'un personnel médico-social" 273 774 39 1052 2138 30 %
TOTAL REPONSES 1205 1898 355 3660 7118 1
Délai d'attente entre la sollicitation et la rencontre avec la famille (en jours) 3,8 3,0 8,0 2,0 4,2
Délai d'attente pour une réponse de 1er niveau (en jours) 18,2 18,0 16,0 72,3 31,1
Nombre de familles ayant reçu l'appui du PAS pour une demande MDPH 79 97 126 232 534
Source : DGESCO- observation avril-mai 2025
* Le nombre de saisines significativement plus important dans le Var (2 075 sur un total de 4 303 saisines) vient en atténuation de la lecture des % :
le Var avait imposé un dispositif de saisines à 100 % par les familles, les équipes éducatives étant invitées à passer par les familles pour leur propre
saisine. Partout ailleurs, les saisines par les familles représentant 20 à 25 % du total des saisines.
La mission a constaté une forte satisfaction des interlocuteurs du PAS s’agissant des délais de réponse, d’une
part, et de l’amélioration des coopérations de travail, d’autre part.
2.2.2.2 La première phase de déploiement doit permettre de clarifier certains points de son cahier des charges et de
ses conditions d’exercice des missions
L’annexe 12 propose des analyses sur la préfiguration des PAS et précise les points d’amélioration en mesure
de faciliter l’exercice de leurs missions. Trois points d’attention sont ici évoqués plus particulièrement.
126 Sauf dans le département du Var où le choix a été fait d’un dispositif de saisines exclusivement par les familles.
127 Les motifs de saisine relatifs aux troubles peuvent être multiples pour chaque enfant.
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Tout d’abord, il semble nécessaire que la gouvernance nationale et locale permette de procéder à des
aménagements, en temps réel, et de tenir le plus grand compte des difficultés remontées par le terrain :
territoire géographique d’intervention, outillage, conditions matérielles d’exercice (frais de déplacement,
équipement en téléphonie).
Ensuite, le lien avec les EMAS, qualifiées de « proto-PAS » par des interlocuteurs de la mission, interroge. Le
cahier des charges ne les intègre pas clairement aux ressources directes du PAS. Leur rôle d’origine auprès
des équipes éducatives128 concerne les enfants en situation de handicap mais leur positionnement, précisé
par le cahier des charges de mai 2021129, ne présentait pas d’autre différence significative avec les PAS. La
circulaire de la DGCS du 4 septembre 2025 acte déjà des pistes d’adaptation bienvenues130. L’année scolaire
2025-2026 devrait permettre de mesurer l’impact d’un maintien des EMAS à l’extérieur du dispositif, en
termes de délais, de coût et d’efficacité des réponses du PAS.
La mission préconise de tester l’intégration des EMAS au cours de l’année 2025-2026 sur quelques
territoires et étudier, avec les opérateurs, les conditions de sa généralisation pour la rentrée 2027.
Enfin, un point majeur à clarifier concerne le rôle des PAS s’agissant de la mission d’affectation des AESH.
Comme évoqué plus haut (partie 1), le fonctionnement des PIAL, dédié à cette mission, a suscité de fortes
insatisfactions. Or, si les PAS s’inscrivent dans la lignée des PIAL, cette filiation est plutôt issue des PIAL dits
« renforcés131 » La mission préconise, quel que soit le rattachement adopté (pôle ressource, IEN, IEN ASH)
qu’une cellule ad hoc soit maintenue, de préférence hors du PAS.
La mission préconise de préciser, dans le cahier des charges, que la mission d’affectation et de gestion de
proximité des AESH est maintenue hors du périmètre du PAS. Conserver une cellule ad hoc avec des
moyens dédiés aux AESH. Adapter la proposition de loi en conséquence (cf partie 3).
La mission souhaite compléter ces trois points d’attention d’un quatrième relatif à l’inégale répartition des
PAS. À la différence des quatre départements préfigurateurs, qui ont bénéficié d’une couverture dense et
complète, les 400 PAS de la première vague de déploiement ne couvrent pas le territoire de leurs
départements d’implantation en totalité et sont inégalement répartis sur le territoire national, créant une
inégalité d’accès et des résultats plus difficilement exploitables pour l’académie comme pour ses
partenaires132.
2.2.2.3 L’appui du PAS à une stratégie concrète d’accessibilité doit être priorisé, de préférence à un rôle
d’antichambre des orientations vers la MDPH et de gestion des AESH
La mission regrette que, au motif légitime d’un débat parlementaire complexe sur les PAS et sans doute aussi
en raison des besoins opérationnels d’un dispositif calé sur la rentrée scolaire, les éléments d’évaluation
disponibles sur les PAS n’aient pas été mieux partagés. Même lacunaire, leur évaluation apporte des
éléments de compréhension précieux sur les besoins qui leur sont remontés et les réponses apportées. Ce
partage aurait montré aux parties prenantes que le PAS présente des caractéristiques compatibles avec les
attentes des parlementaires rencontrés par la mission et des associations.
Orientés vers l’appui aux classes sur des situations d’élèves en difficulté d’apprentissage et de
comportement, les PAS répondent en effet déjà bien à la mission d’aide concrète à l’accessibilité qui leur a
été confiée.
128 Circulaire n° DGCS/SD3B/2021/109 du 26 mai 2021 : « Leurs interventions indirectes au bénéfice des établissements scolaires, et
non des jeunes directement, tend à favoriser la sensibilisation des professionnels de l’éducation aux aspects relatifs au handicap,
apporter des réponses et un appui concret afin de prévenir des ruptures de parcours. »
129 Annexe 1 de la circulaire précitée.
130 « Les ARS sont encouragées à asseoir les PAS sur les EMAS. L’organisme gestionnaire porteur de l’EMAS sera à ce titre amené à
assurer le recrutement de l’éducateur spécialisé dédié au PAS et permettre l’intervention directe sur mobilisation du PAS. Une
EMAS a, dans ce cadre, vocation à couvrir plusieurs PAS. Ce modèle vise à renforcer la cohérence des dispositifs
d’accompagnement et à optimiser les ressources. Une convergence des dispositifs (PAS et EMAS) est ainsi visée, avec comme
horizon la généralisation des PAS en 2027. » Circulaire n° DGCS/SD3B/2025/119 du 4 septembre 2025.
131 Les PIAL renforcés étaient en charge d’assurer la coordination entre Éducation nationale et médicosocial, mais sans intégration
de ressources issus du médicosocial. Les PIAL renforcés n’ont pas su trouver leur place et, pour l’essentiel, la mission d’affectation
des AESH a largement dominé leur activité.
132 Une projection cartographique de leur répartition est jointe en annexe 12.
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Dans la configuration actuelle, il est essentiel que le PAS puisse conserver un fonctionnement en
interventions courtes, la relève étant prise d’une part via le LPI pour la traçabilité des actions et des besoins,
d’autre part par les équipes concernées. S’agissant des ESH, ceci suppose en premier lieu une coopération
bien définie et suivie avec les ERSEH, en charge du suivi au long cours des ESH et à qui revient la relation avec
les MDPH comme la conduite des ESS, en second lieu, comme vu supra, une relation de coopération, mais
non de gestion directe avec les AESH. En effet, se joue dans ce partage clair, un positionnement des PAS dans
une juste distance avec les dispositifs de compensation du handicap, qui ne doivent ni relever de sa décision
comme l’a rappelé à plusieurs reprises le débat parlementaire, ni même de son intervention (sauf
mobilisation du MPA et du droit commun). Sa fonction d’aide à la constitution des dossiers doit également
s’exercer dans les seuls cas où la communauté éducative, dont relève cette mission, n’est
exceptionnellement pas en mesure de le faire (absence d’enseignant, difficultés particulières liées à l’urgence
par exemple). Le PAS n’a pas vocation à être le lieu de préparation des Gevasco, ni de suivi des parcours
d’enfants notifiés par la MDPH.
2.2.3. Le développement, à l’école, de nouvelles ressources médico-sociales appelle en retour la
simplification du parcours de scolarisation pour tous les enfants
2.2.3.1 Du dispositif à l’organisation d’une offre en « plateforme », un objectif renforcé d’adaptation au parcours de
l’enfant en situation de handicap scolarisé
La refonte de l’offre médico-sociale en dispositif coïncide avec une évolution à la hausse de la scolarisation
en milieu ordinaire133, en établissement scolaire ou en unités d’enseignement externalisées.
Objet de retours positifs de ses bénéficiaires, mais encore incomplètement développé sur le territoire, le
fonctionnement en dispositif intégré a facilité la coopération d’une palette de solutions (ex SESSAD et ITEP
ou IME) au service du parcours de l’enfant scolarisé. Parallèlement, une réflexion s’est engagée dans certains
territoires pour rechercher une intégration plus forte encore via un fonctionnement en plateforme,
expérimenté par exemple à l’initiative de la délégation départementale de l’ARS de Seine-et-Marne.
Reposant sur les principes d’inconditionnalité de la réponse et de responsabilité populationnelle et
territoriale, la plateforme suppose une « déspécialisation » des ESMS pour éviter les cas de compétence
négative et de « zone blanche ». Processus long de restructuration de l’offre, la plateforme vient bousculer
les typologies d’agrément et suppose une mise à jour des SI financiers (Serafin-PH134), ainsi qu’une
adaptation, encore difficile à opérer des files actives accueillies, suite aux notifications de la MDPH.
La force d’une telle orientation consiste à la fois dans la fluidité de parcours qu’elle autorise pour les
personnes adressées à la plateforme et dans la facilitation des partenariats calés sur des territoires simplifiés
(zones d’intervention prioritaire). En Seine-et-Marne, où la transformation est en cours depuis 2019, les
équipes des services académiques confirment en mesurer les effets positifs. Elle appelle un fonctionnement
en réciprocité, la DSDEN 77 étant attentive à l’intervention en subsidiarité des ESMS et le maintien en milieu
ordinaire des enfants faisant l’objet d’un suivi.
Il n’entrait pas dans le champ de la mission de vérifier les résultats de cette orientation. La mission IGAS
relative à la transformation de l’offre médicosociale135 préconise la « mise en extinction des différentes
catégories d’ESMS dédiées aux PSH d’ici 2030 », selon un modèle qui s’inspire de celui qu’expérimente la
Seine-et-Marne, tout en veillant aux effets sur la vie des enfants et des familles (transport, temps plus
fractionné).
On peut noter que, en miroir de cette simplification des catégories médicosociales, le PAS pourrait engager
un premier niveau de « plateformisation » des ressources de l’école au service des situations complexes,
orientée en l’espèce en priorité vers les élèves à besoins particuliers non notifiés.
133 Entre 2010 et 2022, la part des enfants scolarisés en milieu ordinaire passe de 38 à 46 %, alors que le nombre d’enfants scolarisés
dans l’établissement médico-social baisse de 43 à 28 %. La part des unités d’enseignement externalisées (UEE), ie gérées par
l’ESMS mais installées dans l’établissement scolaire a évolué à la hausse de 4 à 11 %. (Chiffres ES-handicap 2022 in Etudes et
résultats n° 1352- novembre 2025).
134 Des évolutions sont actuellement à l’étude à la DGCS.
135 Rapport IGAS n° 2024-017R.
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2.2.3.2 La réinternalisation des UEE par les établissements scolaires, un test de la responsabilité populationnelle de
droit commun de l’école étayée par le médicosocial ?
Le CIH du 6 mars 2025 a proposé une gradation de l’école pour tous en trois niveaux, chacun devant
contribuer à l’accessibilité universelle de l’école. La réponse de premier niveau est apportée par les PAS, pour
les élèves à besoins éducatifs particuliers « sans nécessairement recourir à une notification de la CDAPH »136 ;
le deuxième niveau concerne les élèves bénéficiant d’une notification « en scolarisation individuelle » de la
CDAPH, ce qui renvoie aux mesures d’accompagnement à la scolarisation en milieu ordinaire (aménagement
pédagogiques, MPA, AESH, ULIS). Le troisième niveau est créé par le CIH de mars dernier : destiné aux élèves
« notifiés en scolarisation collective », c’est-à-dire nécessitant une présence d’accompagnement
médicosocial dans l’école, un « service médico-social établi à l’école » est instauré. Il répond à la fois à
l’ambition de la CNH d’avril 2023 qui prévoyait le déploiement d’IME dans l’école et au projet du CIH de 2024
instaurant des « SESSAD-école ».
Dans son prolongement, un travail s’est engagé pour faire converger les dispositifs d’appui existant dans
cette réponse graduée, conduisant à un projet de constitution de la ressource médico-sociale par
transformation des unités d’enseignement externalisées (UEE, UEEMA, UEEA, UEEP). Un texte est
actuellement en préparation par la DGCS et la DGESCO pour lancer, dans chaque région, des
expérimentations de cette réponse graduée. La force de cette proposition est de prévoir la restauration de
la responsabilité de l’école sur la scolarité des enfants dont, jusqu’à présent, l’inscription, l’affectation et le
suivi sont restés sous la responsabilité des ESMS gestionnaires, après notification de la MDPH.
Les interlocuteurs de la mission ont souvent souligné le caractère paradoxal d’une gestion divisée des élèves,
et appelé au retour de tous sous une même responsabilité137, ce que symbolise la mise en place d’un INE
pour tous. La « réponse graduée » réaffirme concrètement la responsabilité populationnelle de l’éducation
nationale pour tous les enfants scolarisés ; elle l’inscrit dans un suivi de parcours commun, permettant des
transitions entre dispositifs, en milieu ordinaire ou spécialisé. Cette conception en plateforme de services
médico-social, dans l’école, permet de repositionner le recours aux mesures de compensation (prévues dès
le niveau 2), dont la notification d’AESH, en complément de l’accessibilité, et non en premier recours ni en
condition implicite de scolarisation.
Recommandation n° 10 : expérimenter, dans chaque région le « service médico-social à l’école » avec
réintégration des élèves des unités d’enseignement externalisés sous responsabilité du DASEN. Evaluer le
dispositif fin 2026.
2.3. Les MDPH, pivots de la politique de compensation, développent des relations
soutenues avec les acteurs de l’école mais ont besoin d’une clarification de leur
cadre d’action dans le champ de la scolarité
Au vu de l’enjeu majeur des notifications d’aide humaine et au rôle de la MDPH dans le pilotage de la stratégie
pour l’école inclusive, la mission a consacré un développement spécifique en annexe 11 à ces questions, dont
certains éléments sont repris ci-après plus succinctement.
2.3.1. Membre du GIP départemental, l’éducation nationale joue un rôle croissant dans l’élaboration
des mesures relatives à la scolarité des MDPH
2.3.1.1 L’éducation nationale est le premier partenaire au sein du GIP MDPH
L’éducation nationale est aujourd’hui systématiquement présente au sein des MDPH, tant dans la
gouvernance que dans les équipes pluridisciplinaires qui préparent les décisions de la CDAPH, présence
confirmée par les interlocuteurs de la mission en départements et attestée par le rapport de l’IGAS relatif
aux MDPH138.
136 Dossier de presse du CIH du 6 mars 2025 (p22).
137 Une association a évoqué le droit de tous les enfants à « la porte commune de l’école ». Le caractère intrinsèquement
contradictoire de la notion d’« enseignement externalisé »…accueilli dans l’établissement mais hors de sa responsabilité a
également été souligné.
138 Rapport n° 2023-098- Accueillir, évaluer, décider : comment les MDPH traitent les demandes des usagers ? – IGAS – juin 2024
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Le CASF prévoit que « l’équipe pluridisciplinaire mentionnée à l’article 146-8 réunit des professionnels ayant
des compétences médicales ou paramédicales, des compétences dans les domaines de la psychologie, du
travail social, de la formation scolaire et universitaire, de l’emploi et de la formation professionnelle. » Elle
précise que « lorsqu’elle se prononce sur des questions relatives à la scolarisation, elle comprend un
enseignant du premier ou du second degré »139. Aujourd’hui, ces dispositions sont strictement respectées. La
mission relative aux MDPH précitée mentionne ainsi que, selon des données transmises par la DGESCO et
retraitées par elle, on constate une augmentation des ETP d’enseignants et de psychologues affectés en
MDPH de 30 % entre 2016 et 2023140.
L’éducation nationale est le premier partenaire de la MDPH au sein du GIP, même si les mises à disposition à
titre gratuit de l’État prévues par les conventions constitutives sont en diminution141. Elle est directement
partie prenante de toutes les décisions qui sont ensuite l’objet de notification dans le champ de la scolarité.
2.3.1.2 Le Gevasco, outil essentiel de partage entre Éducation nationale et MDPH, doit confirmer sa vocation d’aide à
l’évaluation des besoins de l’enfant
Le Geva-sco, déclinaison du Geva (guide d’évaluation des besoins de compensation, mis en place en 2008),
comprend, en 6 pages, un descriptif de la scolarité, un questionnaire sur les ressources internes mobilisées
par l’école, et deux pages dédiées à l’observation des activités de l’enfant. Il souffre de trois limites :
– les informations reportées sont souvent lacunaires. Des compléments peuvent être recherchés,
lors de l’instruction142, par les enseignants (notamment ERSEH) membres de l’équipe
pluridisciplinaire ou le référent scolarité avec un impact sur les délais de traitement.
– le Geva-sco n’étant pas une pièce constitutive de recevabilité, la famille n’est pas tenue de le
joindre au dossier.
– enfin et surtout, son usage se réduit souvent à une demande d’aide humaine dont les
interlocuteurs de la mission ont confirmé une forme prédominante d’auto prescription par les
enseignants.
Le contenu du Gevasco est nécessaire à une évaluation fidèle à la loi de 2005 qui a voulu dépasser une
approche strictement médicale du handicap. Son instrumentalisation au service de la demande d’aide
humaine en a affaibli la portée pour évaluer les besoins de l’enfant dans son environnement, notamment en
matière d’aménagements pédagogiques et d’organisation des apprentissages.
Recommandation n° 11 : intégrer le Gevasco dans les pièces de recevabilité du dossier de demande à la
MDPH. En revoir les attendus pour renforcer le caractère obligatoire des éléments sur l’observation de
l’enfant et des mesures relatives aux ressources internes mobilisées par l’école.
2.3.1.3 Un faible investissement dans les mesures d’aménagement pédagogique et l’absence de suivi de leur mise en
œuvre limitent les droits de l’enfant à l’accessibilité de l’école
Dans le cadre du plan personnalisé de compensation que la CDAPH décide pour l’enfant en situation de
handicap, l’équipe pluridisciplinaire peut notifier des mesures relevant des aides à la scolarisation de
l’Éducation nationale.
Le plus souvent, le Gevasco, quand il est joint au dossier, donne peu de retour sur ces mesures et leur suivi,
sinon pour pointer leur « insuffisance » et orienter la demande vers une mesure de compensation,
principalement d’aide humaine.
Deux leviers sont, dans ce contexte, peu activés :
La notification de matériel pédagogique adapté (MPA) concerne, au 31 décembre 2023, 105 000 enfants, soit
environ un enfant notifié sur quatre. Ce chiffre semble a priori faible au regard des enjeux propres à la classe
et au besoin d‘individualiser la pédagogie qui s’attache à l’accessibilité des apprentissages. Or, le taux de
139 R. 146-27 du CASF (code de l’action sociale et des familles).
140 200,3 ETP en 2016 ; 261,5 en 2023.
141 La contribution de l’éducation nationale aux charges de personnel des MDPH a baissé de 19 M€ en 2016 à 16,6 M€ en 2023.
142 Une étude de la DITP avait évalué à 25 % des dossiers concernés par une demande d’éléments complémentaires, chiffre que la
mission IGAS sur les MDPH estime sous-estimé.
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couverture (70 % en moyenne) apparait également très en deçà de ces notifications143 comme le montre le
tableau ci-dessous, sachant que le délai de mise en œuvre atteint 18 mois à 2 ans :
De même, le recours à la Programmation adaptée des objectifs d’apprentissage (PAOA) est peu mobilisé. Il
permet pourtant à l’équipe pluridisciplinaire d’engager les enseignants à définir dans le cadre du conseil de
cycle / de classe, des objectifs d’apprentissage prioritaires, la méthode mise en œuvre et l’évaluation de
l’atteinte des objectifs. L’ESS doit en prendre connaissance et vérifier sa conformité au PPS.
Dans un objectif de simplification des mesures relevant de la MDPH, la responsabilité d’attribution du
matériel pédagogique tend à revenir à l’Éducation nationale144 et au PAS. Si cette évolution est bienvenue,
elle ne doit pas priver les équipes d’évaluation de retours sur les suites données aux notifications ni
d’évaluation pertinente sur la mise en œuvre des mesures d’aide à la scolarisation dites « de droit commun ».
Le cadre de la loi de 2005 ne prévoit pas de contrôle par la MDPH de l’activation préalable des mesures de
mise en accessibilité de l’école, relevant du droit commun. La mission souscrit au constat de l’IGAS145 sur la
nécessité d’un travail de doctrine pour renforcer ce recours au droit commun. Il s’agirait par exemple de
préciser systématiquement dans le PPS les mesures qui en relèvent (dont MPA, PAOA), ainsi que les
modalités d’évaluation de leur mise en œuvre, et de conditionner tout renouvellement d’aide à un bilan
préalable de celles-ci. S’agissant des enfants non reconnus en situation de handicap, mais présentant des
besoins particuliers, les mesures de droit commun préconisées seraient l’objet d’un échange avec l’Éducation
nationale en accord avec les familles.
La mission préconise de définir une doctrine commune à la CNSA et à l’éducation nationale en vue de
renforcer le recours aux mesures d’aides à la scolarité de droit commun (aménagements pédagogiques,
matériel pédagogique adapté et son suivi).
2.3.2. La notification de l’accompagnement humain s’opère sous forte tension, avec des marges
d’appréciation contraintes
2.3.2.1 La notification d’aide humaine (AESH i ou m) est perçue comme le principal droit opposable facilitant la
scolarisation en milieu ordinaire des enfants connaissant de grandes difficultés
La hausse continue du recours à l’aide humaine a accompagné la croissance du nombre d’enfants en situation
de handicap scolarisés en milieu ordinaire. Dès 2012, un rapport constate le doublement des prescriptions
d’aide humaine entre 2006 et 2011146.
143 La Cour des comptes signale qu’« Il existe en outre des disparités départementales importantes en termes de couverture : 97 %
dans le Morbihan, 96 % dans la Manche et 94 % dans le Cantal, contre 3 % dans les Hauts-de-Seine, 12 % dans le Val-d’Oise et
17 % en Haute-Saône » (rapport septembre 2024 précité).
144 Cf circulaire du 4 septembre 2025 : « un pôle "matériel pédagogique adapté" est installé au sein de chaque service départemental
de l’école inclusive (SDEI), placé sous l’autorité de l’IA-Dasen, en lien avec l’IEN en charge de l’École inclusive. Ce pôle est chargé
de la mise en œuvre des décisions de la CDAPH concernant le MPA, et, le cas échéant, des propositions des pôles d’appui à la
scolarité. Une procédure est formalisée dans chaque département pour faciliter l’attribution du matériel auprès de l’élève et
réduire autant que possible ses délais de mise à disposition ».
145 Mission MDPH 2024.
146 « Les attributions d’accompagnement humain ont plus que doublé entre 2006 et 2011 alors que le nombre d’élèves handicapés
non accompagnés a diminué pendant la même période (– 2 277). Ce sont désormais six élèves sur dix en primaire et un sur quatre
dans le secondaire qui reçoivent le soutien d’une aide individuelle. Mais, si le nombre d’élèves bénéficiaires d’une aide individuelle
a très fortement augmenté, les nouvelles prescriptions se sont majoritairement orientées vers des accompagnements à temps
partiel. » rapport n° 2012-162 IGAS IGAENR IGEN.
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Selon la jurisprudence, les décisions de la CDAPH prononçant une aide individuelle ou mutualisée apportée
par un AESH participent à la garantie effective du droit à l’éducation et au respect de l’obligation d’instruction
scolaire de l’enfant en situation de handicap147. Le manquement est constitué dès lors que
l’accompagnement n’est pas total par rapport aux exigences posées par la CDAPH148, sans que le manque de
moyens budgétaires puisse justifier le non-respect de la notification 149
Si certaines associations auditionnées par la mission sont réservées sur la qualité de l’accompagnement
procuré par les AESH, elles sont unanimes dans l’attachement à la notification des aides humaines par les
MDPH, d’une part, et dans l’attente d’un strict respect de cette notification, d’autre part. Tout en dénonçant
une pratique qui lie, dans certains établissements, l’accès à l’école à la présence d’une AESH pour les enfants
présentant des troubles de l’apprentissage ou du comportement, mais aussi parfois une déficience
sensorielle ou motrice150, les associations y voient la condition de l’accès et/ou du maintien des ESH en milieu
ordinaire. Elles en assument la priorisation, lucides sur les limites du système (moindre autonomisation de
l’enfant, « AESH écran »), par défaut de progrès suffisants de l’accessibilité de l’école (manque de formation
pour l’adaptation pédagogique).
2.3.2.2 L’aide humaine mutualisée illustre le conflit entre principe de compensation au service des besoins de l’enfant,
objectifs de gestion et renforcement de l’école inclusive151
Le décret n° 2012-903 instaure la distinction entre aide individuelle et aide mutualisée apportée à l’élève en
situation de handicap. Aux termes de l’article D351-16-2, « l'aide mutualisée est destinée à répondre aux
besoins d'accompagnement d'élèves qui ne requièrent pas une attention soutenue et continue ». Ce dernier
critère renvoie à l’évaluation du besoin par la CDAPH en conformité avec la recherche d’une compensation
des insuffisances de sécurité, d’aide aux apprentissages et de protection de l’enfant dans la classe et
l’environnement scolaire.
À l’usage, les quotités horaires étant laissées aux termes du décret à la libre appréciation de l’éducation
nationale s’agissant de l’aide humaine mutualisée, celle-ci a été rapidement soupçonnée de relever d’un
pilotage sous contrainte de ressources.
Paradoxalement, l’aide humaine mutualisée, selon les chercheurs rencontrés par la mission, favorise, en
principe, une meilleure distance à l’enfant, et permettrait, sous réserve d’une intégration différente à la
classe, une prise en charge bien adaptée à une partie des enfants notifiés.
Mais la pratique de « saupoudrage » des heures d’AESH-m, le nombre d’enfants suivis par AESH, la faible
caractérisation préalable du besoin auquel elle répond, l’absence d’objectifs différenciés entre AESH « i » et
« m » ont conduit à l’épuisement de cette voie différenciée d’aide humaine, faute de l’avoir pensée en appui
à l’accessibilité.
Le travail initié récemment par la CNSA152 pour réunir les bonnes pratiques de référentiel d’attribution de
l’aide humaine153 va favoriser une harmonisation attendue des critères et des méthodes d’évaluation du
besoin. Toutefois, il risque de buter sur la conviction ancrée que la notification d’AESH mutualisée reste un
pis-aller. Interrogé par la mission sur l’amélioration principale que les AESH appelaient de leurs vœux, le
collectif « AESH en lumière » a cité la suppression de la mutualisation de l’aide humaine, au nom de l’intérêt
des enfants accompagnés tout autant que pour améliorer l’exercice de leurs missions.
2.3.2.3 À droit constant, l’évaluation des besoins bute sur une préférence sous-jacente pour l’étayage en aide
humaine là où une meilleure accessibilité de l’école diminuerait l’attractivité de cette mesure de compensation
Si des améliorations sont possibles à droit constant, une réflexion sur la notification d’aide humaine, la
reconnaissance de handicap associée (première étape vers l’aide humaine) et la graduation des réponses
147 TA de Rennes, 26 juin 2025 n° 2407334. La cour a estimé que la décision du DASEN ne respectait pas le droit à l'éducation de
l'enfant, tel que garanti par le code de l'éducation.
148 TA Nice 2 décembre 2024 n°2406310.
149 TA de Rennes, 26 juin 2025 n° 2407334.
150 Cf aussi le rapport de la Défenseure des Droits, L’accompagnement humain des élèves en situation de handicap, 2022.
151 L’annexe 11 comprend des développements plus complets.
152 Groupe de travail interministériel mis en place fin septembre 2025.
153 L’annexe 11 présente ces travaux.
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entre accessibilité et compensation parait aujourd’hui nécessaire. Elle suppose un portage politique clair,
respectueux des principes de la loi de 2005, guidé par l’intérêt de l’enfant et à l’écoute des associations.
Celles-ci ont investi la défense prioritaire de l’aide humaine par défaut d’écoute de leurs constats et
demandes sur l’évolution de l’accessibilité de l’école. Un travail commun, fondé sur les résultats de la
recherche, peut ouvrir à des évolutions du droit.
Recommandation n° 12 : envisager une adaptation du droit pour rendre possible la graduation des réponses
d’accessibilité et de compensation au service des besoins de l’enfant (priorisation des mesures
d’accessibilité ; évaluation de leur effectivité ; puis réexamen pour d’éventuelles mesures de compensation).
2.3.3. Les pratiques de coopération entre éducation nationale et MDPH, encore très hétérogènes,
connaissent des progrès en matière d’outils SI et de pilotage dont les effets devront être évalués
2.3.3.1 La coopération sur des « campagnes » de notification, compatibles avec les rythmes de l’éducation nationale,
se généralise
La situation reste très inégale, mais des améliorations ont été apportées, constatées par la mission. Elles
reposent pour partie sur une forte incitation aux familles à respecter des calendriers prévisionnels avec
« dates limites de dépôt » de traitement, même s’ils ne sont pas opposables en droit154 :
– la plupart des MDPH et des DSDEN travaillent en commun à un calendrier de rentrée scolaire afin
d’organiser le traitement des demandes en ménageant un délai de mise en œuvre en amont de
la rentrée et, au cours de l’année scolaire, des périodes scolaires155 ;
– l’instauration de ces calendriers est partagée avec le public pour inciter à des dépôts de demande
permettant d’en améliorer la gestion156
Pour être efficace, ce dispositif suppose que les modalités de travail des équipes pédagogiques
(programmation des ESS, information sur les affectations des AESH aux élèves) soient également partagées
avec les MDPH. En l’absence d’outils, permettant une information en flux, ces démarches de calendrier
commun, nécessaires, restent difficilement évaluables quant aux effets produits.
2.3.3.2 À droit constant, la pratique des référentiels partagés sur la notification d’AESH doit être généralisée
Les travaux engagés par la CNSA évoquées plus haut associent les administrations en charge de la scolarité
de l’enfant (MEN et Agriculture), et visent, en premier lieu, à donner un socle évaluatif renforcé à l’équipe
pluridisciplinaire (EP)de la MDPH. Toutefois, l’enjeu du travail partenarial est aussi de créer une culture
commune de l’aide humaine, de la formulation de la demande à la mise en œuvre de la notification.
L’initiative de la collectivité européenne d’Alsace157, dans le contexte de la fusion des MDPH de ses deux
départements, illustre bien cet enjeu. Son travail a été diffusé tant aux équipes de l’Éducation nationale,
qu’aux EP de la MDPH et aux familles.
Recommandation n° 13 : Poursuivre les travaux initiés par le groupe de travail de la CNSA en vue d’un
référentiel national sur l’attribution d’aide humaine, en associant les associations et les fédérations
représentatives des parents d’élèves à sa réalisation, ainsi que les associations de professionnels concernés
(ANMDPH et l’AFER-ERSEH).
154 Cf ci-joint l’exemple de la Marne : Plaquette_Scolaire_2025_2026.pdf
155 C’est le cas des départements dans lesquels la mission s’est déplacée, et ces bonnes pratiques sont valorisées dans le Vademecum
de rentrée de la CNSA (cf ed 2025 – p44)
156 Le site de la MDPH77 indique, pour la rentrée 2025, que « tous les dossiers d’orientation scolaire déposés avant le 30 avril
2025 seront traités prioritairement par la MDPH afin de les notifier d’ici début juillet 2025 pour une affectation dans un
établissement scolaire avant les vacances scolaires. Les dossiers d’orientation scolaire déposés après le 1er mai 2025 seront traités
dans un délai de 4 mois durant tout l’été, avec des affections scolaires par l’Éducation nationale possibles pendant les vacances
scolaires d’été et jusqu’aux vacances de la Toussaint.
157 Elle est présentée en annexe 11.
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2.3.3.3 Le LPI et les développements de Via Trajectoire ouvrent des perspectives proches pour gagner en partage
d’informations et en rapidité sur les demandes d’accompagnement à la scolarisation
La mission a pu échanger, tant en MDPH et en établissement scolaire, qu’en administration centrale
(direction du numérique éducatif -DNE et direction des SI de la CNSA) sur les évolutions de deux outils
majeurs pour l’école inclusive que sont le Livret de parcours inclusif (LPI) et Via trajectoires.
Le LPI vise à faciliter le parcours scolaire des élèves à besoins spécifiques et le suivi des aménagements mis
en place. Il concerne les élèves en situation de handicap mais aussi les élèves reconnus « à besoins éducatifs
particuliers ». Il favorise la circulation d’information entre l’école et la MDPH via une interface dédiée. Les
documents dont la mission a disposé montrent une forte accélération du déploiement158, sachant que toutes
les MDPH se sont mises en situation de réaliser via le SI-MDPH des exports de PPS vers le LPI. Toutefois, à ce
stade, les envois retour en provenance du LPI ne sont pas généralisés et les échanges de dossiers restent
encore limités.
Via trajectoire est un SI national de suivi des orientations en ESMS des personnes en situation de handicap.
Il doit notamment permettre de mieux piloter l’adéquation entre l’offre et les besoins (suivi de la mise en
œuvre des orientations, anticipation des besoins d’adaptation de l’offre par l’ARS et le conseil
départemental, amélioration de la connaissance des besoins des personnes). Une étape nouvelle est prévue
avant la fin 2025 avec l’adoption d’un décret portant création du SI commun pour l’évaluation des besoins
des personnes en situation de handicap. Le projet de texte cite les services départementaux de l’éducation
nationale en destinataires des données « pour les seules données nécessaires à la mise en œuvre des décisions
relatives à la scolarisation des élèves en situation de handicap159 ».
Tant pour renforcer la qualité que le suivi des notifications, il est urgent que les équipes locales disposent
des fonctionnalités du LPI et de Via trajectoires en déploiement et/ou en construction. À ce stade, le manque
d’outillage reste un problème central.
2.4. La construction de l’École pour tous appelle à une forte évolution de la place
dévolue aux familles, pivots du parcours de l’enfant.
La mission a souhaité entendre les familles, tant sur leur expérience de l’aide humaine dans le parcours de
scolarisation que, plus largement, sur leurs attentes, les améliorations perçues ou attendues de l’école et de
ses partenaires pour l’accueil des enfants en situation de handicap. Elle a donc mené trois types d’entretiens :
avec des familles directement concernées160, avec les fédérations d’associations de parents d’élèves, avec les
associations du monde du handicap, très largement portées et animées par des parents.
2.4.1. La résistance au besoin de dialogue entre AESH et parents illustre la difficulté à donner une place
aux familles dans l’école
La relation tripartite famille / AESH / enseignant relève d’une pratique de la coéducation qui, dans le cas des
familles d’ESH, souffre de deux limites. S’il est souhaitable que l’enseignant soit l’interlocuteur principal de
la famille, il arrive parfois qu’il délègue à l’AESH tout ce qui ne relève pas des « progrès » d’apprentissage ;
or, deuxième limite, l’AESH est placée dans l’incertitude sur son droit à communiquer avec les familles
2.4.1.1 Le lien entre famille et AESH est la première revendication des familles
Dans la grande majorité des entretiens de la mission avec des familles ou leurs représentants, la question
des échanges avec les AESH est soulevée pour appeler au renforcement du lien. Une association parle de
« communication empêchée ». La consigne donnée aux AESH d’éviter les contacts avec les familles et de
passer systématiquement par l’enseignant n’est pas comprise des familles, non par souhait de contourner
l’enseignant mais par l’inadéquation de cette consigne au quotidien (difficulté à dégager du temps pour les
deux simultanément ; impossibilité matérielle de suivre les problèmes rencontrés hors situation de crise).
158 Au 12 septembre 2025, 64 MDPH avaient réalisé des exports de décisions vers le LPI.
159 Article 3-II-2 du projet de décret.
160 Lors d’un de ces entretiens collectifs, les enfants étaient présents, dont certains sans leurs parents dont le consentement avait
été recueilli par les équipes éducatives et en présence d’adultes référents. Une des familles rencontrées avait un enfant en
dispositif ITEP.
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Les parents revendiquent une « expertise du quotidien » et ont conscience que l’AESH, via ses missions, n’a
pas la même perception de l’enfant et de ses compétences que l’enseignant, focalisé sur le suivi des acquis
académiques. La Défenseure des droits signale un nombre élevé de réclamations de parents sur
« l’interdiction » de parler aux AESH.
En pratique, les familles les plus à l’aise avec les rapports institutionnels, organisent de leur propre initiative
des prises de contact informelles et construisent une relation directe à l’AESH (don de matériel, contacts
téléphoniques, parfois suivi personnel de l’enfant à domicile en complément). Les autres subissent une mise
à distance qu’elles ne souhaitent pas.
2.4.1.2 Les AESH sont conscientes de leur mission d’interface sans les moyens de la mener
Comme évoqué plus haut161, les AESH sont, elles aussi, sous certaines réserves162, en demande de relation
avec les parents. En général, le manque évoqué par les AESH est celui des événements de vie à domicile
susceptibles d’impacter la vie scolaire de l’enfant accompagné tout autant que d’informations sur le handicap
de l’enfant et ses habitudes de vie.
En pratique, les AESH, sollicitées pour l’accueil et le départ des enfants dont le handicap nécessite une prise
en charge de transport spécifique pour les trajets domicile-école, sont de facto des acteurs de la transition
avec le domicile. Ce statut singulier exige des garde-fous mais la circulation d’information actuellement
tolérée et non organisée par l’établissement scolaire est inadaptée aux enjeux d’inclusion de l’enfant.
La mission préconise d’accompagner, sous la responsabilité de l’enseignant, l’organisation d’échanges
d’information entre les familles et les AESH (cahier navette, points réguliers, visio) pour faciliter la
continuité du parcours de l’enfant entre domicile et école.
2.4.2. Une réticence institutionnelle à la co-construction du parcours de l’enfant avec la famille
2.4.2.1 La réunion dite « équipe de suivi de scolarité (ESS) » est bien identifiée mais ne permet pas d’élaborer une
véritable coopération entre l’école et la famille
Prévue par les textes163, l’ESS prévoit obligatoirement la participation des parents. En pratique, cette consigne
peut être variablement respectée, soit par défaut de transmission de l’invitation, soit par difficulté à accéder
à la famille164. Organisée par l’enseignant référent, à raison d’une par an, elle constitue un moment important
et collégial. Sa pratique soulève plusieurs questions :
– si le chef d’établissement ou son représentant et le professeur principal sont généralement
présents, les autres participants (professionnels médico sociaux, AESH, médecin scolaire) le sont
plus variablement ;
– l’organisation de la réunion permet peu de faire circuler la parole en dépit des efforts des
enseignants référents. Une association a évoqué le fait que la « légitimité » de l’ERSEH n’était pas
assez reconnue pour qu’il puisse jouer son rôle pleinement. De même, plusieurs autres
associations évoquent un fonctionnement en « tribunal » de l’enfant et de sa famille, où on
évalue non les réponses apportées par l’éducation nationale aux besoins de l’enfant mais les
déficiences de celui-ci et son incapacité présupposée à réussir ;165
– le manque de priorisation de l’ESS sur les besoins de l’enfant, au bénéfice d’une analyse
immédiatement focalisée sur ses « manques » et déficiences, conduit à précipiter une demande
161 Partie 1.
162 Un petit nombre des AESH rencontrées par la mission disait redouter un contact direct, associé à un risque de sur-sollicitation et
de pression psychique.
163 Article D. 351-10 du code de l’éducation « L'équipe de suivi de la scolarisation, (…) comprenant nécessairement l'élève, ou ses
parents, ou son représentant légal ainsi que l'enseignant référent de l'élève, (…) facilite la mise en œuvre du projet personnalisé
de scolarisation et assure son suivi pour chaque élève handicapé. Elle procède, au moins une fois par an, à l'évaluation de ce
projet et de sa mise en œuvre (…) ».
164 L’invitation, adressée par le directeur de l’établissement, est généralement envoyée par mail ; environ 20 % des familles n’utilisent
pas leur compte. Le cas des familles non francophones ou précarisées a notamment été évoqué par les interlocuteurs de la
mission.
165 Il est également l’objet d’analyses par Chloé Courtot dans sa thèse L’inclusion à tout prix ? : Devenir parent d'élève en situation
de handicap à l'aube des années 2020.
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de réponse en compensation, principalement d’aide humaine, avec une surévaluation du besoin
et une tendance à la conservation des droits ouverts rarement requestionnés ;
– au-delà de son contenu, le positionnement de l’ESS dans l’année peut être problématique. Son
impact est supérieur en début d’année ou lors des changements de cycle où une fréquence
annuelle s’avère insuffisante. La mission a été alertée sur le nombre important de situations
suivies par ERSEH, en moyenne de 230 actuellement 166 , invitant à une forte vigilance sur le
maintien d’une ressource adaptée en ERSEH sur tout le territoire.
Élément central de l’école inclusive, l’ESS souffre d’une forme de divergence d’objectifs de ses participants,
soulignée par les familles et les associations. Elle représente pourtant, sous réserve d’un investissement dans
la co-construction des documents dont une association indique que, à ce jour, « ils figent le plus souvent des
attentes non convergentes », un lieu précieux d’échange autour du parcours de l’enfant. Un usage plus
systématique de la PAOA contribuerait à remettre la recherche d’accessibilité au centre des réponses aux
besoins de l’enfant et démontreraient aux familles un investissement direct des équipes éducatives.
La mission préconise de réaliser une évaluation du fonctionnement des ESS et de renforcer la place des
mesures d’accessibilité (bilan et définition de ces mesures en préalable obligatoire aux propositions de
mesures de compensation (en maintien ou en nouvelle mesure).
2.4.2.2 Le PAS peut contribuer à une évolution culturelle sur la place des familles, sous réserve de certaines
clarifications complémentaires de celles évoquées précédemment (2.3)
Le cahier des charges des PAS confirme, à la différence des PIAL, dispositif gestionnaire, leur vocation à
répondre aux saisines des familles aussi bien que des équipes éducatives. Parmi les territoires préfigurateurs,
le Var s’est singularisé par une exclusivité des saisines par les familles, mesure radicale de rééquilibrage au
service des parents d’enfants à besoins particuliers, y compris les ESH notifiés. L’attention aux familles s’est
traduite, dans l’Aisne, autre département préfigurateur, par un positionnement des PAS en « aller vers » via
des installations en maisons France service et des visites à domicile.
Ces initiatives sont convergentes avec les textes167 qui mentionnent explicitement la co-construction avec les
familles (point 3 et 4 du cahier des charges), tant pour les interventions de premier niveau (aménagements
pédagogiques168) que pour les interventions médico-sociales en cas de situation « susceptible de relever d’un
trouble ou d’évoluer vers une reconnaissance de handicap169 ».
Toutefois, comme le relève le CNCPH170, les familles et leurs représentants ne sont pas associés à la
gouvernance des PAS. L’appropriation du dispositif, son amélioration in itere et la communication sur ses
missions sont pourtant indispensables à son succès. Le déséquilibre (à l’exception du Var), lors de la
préfiguration, entre saisines par les équipes éducatives (environ 70 %) et par les familles alerte pourtant sur
cette nécessité.
Recommandation n° 14 : intégrer les associations représentatives des familles dans la gouvernance des PAS
(comité de pilotage départemental) et assurer un suivi spécifique du ratio des saisines équipes
éducatives / familles pour s’assurer d’un équilibre d’usage.
2.4.3. La confiance des familles et l’écoute de leurs besoins sont cruciaux pour la réussite des réformes
engagées
2.4.3.1 Une forte défiance s’est installée, nourrie par la conviction d’un système peu piloté par l’intérêt de l’enfant
Deux éléments pèsent particulièrement dans cette défiance, soulignée par tous les interlocuteurs de la
mission :
166 L’AFER cite des situations locales avec 450 dossiers par enseignants référents. Cf compte rendu de l’AG de l’AFER ERSEH,
17 septembre 2025.
167 Circulaires des 3 juillet 2024 (préfiguration des PAS) et 1er septembre 2025 (déploiement de 400 PAS nouveaux) et cahiers de
charges associés en annexe.
168 « le coordonnateur peut évoquer les solutions de premier niveau qui pourraient répondre aux besoins de l’élève. Dans une logique
de co-construction, il échange avec la famille sur l ‘opportunité de les activer », in cahier des charges préc., p6.
169 « des interventions médico-sociales ponctuelles peuvent être proposées et construites avec la famille », ibid, p7.
170 Avis du CNCPH sur la circulaire et le cahier des charges relatifs aux PAS (juillet 2025).
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En premier lieu, l’aide humaine mutualisée est perçue par les familles comme une mesure de gestion des
ressources et non une alternative à l’« AESH-i » fondée sur le besoin de l’enfant171. Plusieurs associations,
pourtant sensibles à l’objectif d’une meilleure autonomie de l’enfant et à des besoins de présence très
variables selon les enfants accompagnés, ont souligné que l’usage qui en avait été fait a décrédibilisé le
recours aux « AESH-m ». Les associations comme les familles entendues ont fait part de leur résignation à se
contenter de ce qu’elles ont, par crainte de perdre des heures en cas de désaccord exprimé. Pour autant,
chez les familles les plus agiles pour mobiliser des ressources, les RAPO auprès de la MDPH sont croissants
sur ce point, en vue d’obtenir une requalification en aide individuelle.
En second lieu, l’absence de référent clair, surtout dans les établissements qui ne bénéficient pas de la
présence d’un ERSEH, est un autre point de difficulté. L’interlocuteur des familles est principalement le chef
d’établissement. De lui dépend l’organisation, par exemple, d’une réunion de rentrée tripartite entre
enseignant, AESH et famille en présence de l’enfant, à ce jour très peu systématisée. Le sentiment prévaut
d’un système personne-dépendant où l’intérêt de l’équipe de direction pour les questions d’inclusion est
déterminant.
2.4.3.2 Structurer l’échange avec les familles favorisera une meilleure connaissance mutuelle des attentes et des
solutions activables
Au motif que le recours aux mesures d’accompagnement de droit commun (PAP, PAI, PPRE) est jugé
inefficient, les familles et les associations, alors qu’elles souhaitent seulement « une aide à l’école pour leur
enfant » selon une directrice de MDPH rencontrée par la mission, vont préférer la voie complexe de la
reconnaissance de handicap pour sécuriser le parcours scolaire de leur enfant172. La connaissance des
solutions alternatives à l’aide humaine doit être renforcée et l’accompagnement de sa mise en œuvre
également pour restaurer la confiance. À titre d’illustration de ce besoin, la représentante de la PEEP
évoquait l’idée de créer des « cellules d’appui à la parentalité inclusive » en charge d’aider les familles dans
leurs droits et démarches. Dans un premier temps, la systématisation des réunions tripartites de rentrée et
la mise en place d’un suivi partagé de type « contrat pédagogique » (cf. partie 3) pourraient faciliter la
ritualisation des échanges.
L’intégration dans l’école des ressources médico-sociales est un facteur favorable ; même si les relations avec
les familles y sont parfois conflictuelles, les habitudes de travail des ESMS sont ancrées dans la prise en
compte de l’enfant dans la totalité de son parcours de vie. La coopération avec les familles est donc très
présente. Elle se traduit par des points réguliers, des ajustements de la prise en charge, des modalités de
partage des informations qui pourront, via les PAS, infuser plus largement dans les établissements scolaires.
Comme évoqué infra173, les premières expérimentations de DAR montrent l’importance de l’adhésion des
familles et l’établissement d’une relation de confiance avec les enseignants pour assurer le plein effet sur le
parcours des enfants174.
Recommandation n° 15 : systématiser un temps d‘écoute des familles d’enfants à besoins particuliers ;
s’agissant des ESH au moins deux fois par année scolaire (dont une en début d’année) au-delà de l’ESS mais
aussi pour tout EBEP dont la situation le requiert.
2.5. L’école pour tous est un horizon commun pour l’État et les collectivités locales,
dont les modalités d’association restent perfectibles
Même si l’analyse des relations entre les collectivités locales et l’éducation nationale dans le champ de l’école
inclusive n’entre pas dans le périmètre du présent rapport, la mission a pu, au fil de ses investigations, relever
l’importance de cette coopération et de sa qualité pour les acteurs rencontrés. Or, on constate deux réalités
171 La PEEP a transmis des réponses écrites à la mission où elle évoque la « mutualisation forcée des accompagnements ».
172 Une autre association (Hypersuper TDAH France) a souligné que le problème se pose de façon plus aiguë au collège où le PAP est
peu respecté et où la reconnaissance de handicap par la MDPH aide à « prendre au sérieux » le besoin.
173 Partie 3.
174 Cf. échange de la mission avec les équipes du DAR de Bousseix, (Haute-Vienne) : « La famille est toujours partie prenante du
projet. Si elle n’accepte pas la guidance, l’enfant ne sera pas accueilli. L’enseignant référent travaille en amont avec la famille sur
les difficultés rencontrées. (…) quand les familles sont partie prenante, les progrès sont fulgurants. Si elles ne sont pas convaincues,
les progressions sont plus limitées car l’objectif est de pouvoir transmettre des compétences à la famille ».
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juxtaposées. D’un côté, les relations de proximité des établissements scolaires avec les collectivités locales
témoignent d’un investissement significatif dans la vie scolaire et l’appui à l’accueil des enfants en situation
de handicap. Mais, de l’autre, au niveau académique, l’organisation des coopérations est peu priorisée, en
raison du retard, au niveau national, à reconnaître le rôle des collectivités locales dans la stratégie d’inclusion
scolaire. Cette absence d’articulation entrave directement la gestion de l’aide humaine auprès des ESH.
2.5.1. Des efforts sont actuellement engagés pour faire évoluer les cadres de coopération, mais la
pratique est lente à se mettre en place et inégale
Plusieurs évolutions récentes en faveur d’une convergence des politiques nationales et locales peuvent être
relevées :
Tout d’abord, lors de la conférence nationale du handicap du 26 avril 2023, une charte d’engagement pour
une société pleinement inclusive a été signée entre l’État et quatre associations d’élus locaux175. Elle rappelle
l’importance de l’accessibilité universelle (objectif n° 3) et de la simplification des parcours dans le champ
médicosocial (objectif n° 4). On note toutefois que le premier comité de suivi s’est tenu plus de deux ans
après la CNH de 2023, relancé par le CIH du 6 Mars 2025176 et s’en est tenu à définir succinctement quatre
comités de pilotage thématiques sans programme de travail ni attendus.
Plus récemment, un protocole d’accord a été signé entre l’association des maires de France, le ministère de
l’éducation nationale et le ministère des sports, dédié à l’école. Si son objectif prioritaire est de définir des
principes de concertation sur l’élaboration de la carte scolaire dans un contexte d’accélération des
fermetures de classes, il inclut également un engagement commun, dans le champ de la politique éducative
à « coordonner durablement leurs actions, dans le respect de leurs compétences respectives177 ». Trois points
sont évoqués : systématiser la concertation préalable avec les maires s’agissant des modalités de mise en
œuvre des partenariats avec le secteur médico-social, associer les maires au déploiement des PAS, informer
les maires sur les modalités de prise en charge des ESH sur la pause méridienne dans le cadre de la loi du 27
mai 2024.
Dans les faits, l’AMF a signalé à la mission que le déploiement des PAS de la rentrée 2025 n’avait pas été
concerté avec les maires178. Conçue en priorité pour gérer la carte scolaire, une instance départementale de
dialogue a été créée en 2023 dans les départements ruraux179 ; cet « observatoire des dynamiques rurales »,
constitue une opportunité de partager des « constats objectivés » selon les termes du protocole d’avril 2025
mais il ne fait aucune place à ce jour à l’élaboration d’une stratégie commune sur l’école inclusive.
La mission préconise de relancer la coopération avec les collectivités locales, notamment en application de
la charte d’engagement de 2023 et les associer au suivi des 500 PAS existants (CDSEI) ainsi qu’à la
cartographie d’implantation à venir.
2.5.2. Les enjeux de l’accessibilité sont au cœur des missions des collectivités locales, mais ne font pas
l’objet d’une stratégie partagée sur l’école
Au-delà des compétences reconnues aux départements avec la création des maisons départementales du
handicap, la loi du 11 février 2005 donne une large place aux collectivités locales dans la mise en accessibilité
des services de proximité, du logement et de l’espace public ; la création des commissions communales
d’accessibilité180 consacre ce rôle.
175 Le ministre des solidarités, la ministre déléguée en charge des collectivités territoriales, la ministre en charge de personnes
handicapées, la présidente de Régions de France, la présidente de France Urbaine, le président de Département de France et le
président de l’association des maires de France.
176 Comité de suivi pour une société pleinement accessible, présidé par le ministre de l’aménagement du territoire et la ministre
déléguée chargée de l’autonomie et du handicap, 30 avril 2025.
177 Protocole d’accord en date du 8 avril 2025.
178 Cette information est également confirmée par les retours de terrain de la mission et France Urbaine.
179 Présidée par le préfet et l’IA-DASEN.
180 L’article 46 de la loi l’article L. 2143-3 du code général des collectivités territoriales, qui prévoit que dans les communes de 5 000
habitants et plus, il est créé une commission communale pour l'accessibilité aux personnes handicapées incluant des
représentants d'associations d'usagers et de personnes handicapées. Elle dresse le constat de l'état d'accessibilité du cadre bâti
existant, de la voirie, des espaces publics et des transports. Elle établit un rapport annuel.
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Les compétences des collectivités locales sont cruciales dans l’effectivité de l’école pour tous. Outre leurs
compétences historiques (aménagement des écoles, collèges et lycées ; transport, périscolaire ; prestations
et orientations médico-sociales via la MDPH ; formation), les collectivités locales sont souvent présentes au
titre de leurs compétences facultatives sur le champ des dotations de matériel spécifique et d’équipements
numériques.
Pourtant, comme le rappelle la Cour des comptes dans son rapport de 2024, les montants dédiés chaque
année par les collectivités locales à la politique de l’école inclusive ne sont ni connus ni identifiés, ce qui rend
de facto difficile la mesure des progrès de l’accessibilité. Dans le champ de l’aménagement des écoles, des
collèges et des lycées, la Cour des comptes recommande au ministère de l’éducation nationale et aux
collectivités territoriales d’« établir un état des lieux des besoins restant à couvrir en matière d’accessibilité
aux bâtiments et espaces scolaires et d’adaptation de l’environnement éducatif et mettre en œuvre une
démarche de programmation en concertation avec les collectivités territoriales ».
Outre la clarification des budgets dédiés et de l’effort des collectivités locales en faveur de l’école inclusive,
ce bilan parait souhaitable pour faire la part de ce qui relève des collectivités locales, d’une part, et de l’État
d’autre part. Lors de ses déplacements, la mission a pu constater des évolutions positives de l’accessibilité,
avec un effort important sur l’accessibilité physique et une réflexion, plus rare, sur les dispositifs de
circulation adaptée pour les handicaps sensoriel et psychique. Mais des questions sur le financement du
« petit matériel » nécessaire pour certains handicaps (tipi, tente, poufs, coussins enveloppants, casques
anti-bruit, « timer » …) ne sont pas réglées et sont des objets de conflit. En lycée professionnel, dans certaines
filières (restauration, blanchisserie), l’adaptation des matériels et des process s’avère parfois inexistante, et
doit alors être compensée, pour certains profils d’élèves par une présence d’aide humaine assurant
principalement la sécurisation de l’élève et de la classe.
L’ADF, au cours de son audition par la mission, a alerté sur le manque de ressources de certains départements
pour réaliser des locaux plus adaptés à l’accueil des enfants en situation de handicap (création de salles
supplémentaires pour des DAR, des salles de soins, ou encore des développements d’UEE). L’AMF a
également souligné le risque d’une baisse des soutiens à l’investissement de l’État et des effets sur ces
projets181. La coopération État / collectivités locales parait tout particulièrement nécessaire, comme le
rapporte la Cour des comptes, citant l’ADF pour répondre au « besoin d’accompagnement financier et
technique pour la mise en accessibilité aux handicaps sensoriels, psychiques et intellectuels182 ».
Depuis 2019, une cellule du bâti scolaire a été mise en place, rattachée au secrétariat général du ministère
de l’éducation nationale. Productrice de guides et de référentiels, elle ne répond qu’en partie aux besoins
des collectivités locales dépourvues de capacités d’ingénierie. Dans les services des rectorats, l’IRE (ingénieur
régional de l’équipement) qui pilote la délégation régionale académique de l’immobilier s’occupe surtout de
l’enseignement supérieur (CPER, dévolution) et des bâtiments de l’État (essentiellement ceux hébergeant les
services académiques (rectorat, CIO, DSDEN, circonscriptions). Il n’a pas de rôle d’accompagnement des
collectivités territoriales en matière de bâti scolaire.
Recommandation n° 16 : travailler à un schéma départemental commun de l’école inclusive, incluant une
description des financements et projets en cours des collectivités locales dans leur champ de compétence et
en extra légal. Associer les CAF au titre de la continuité du parcours de l’enfant (crèches, périscolaire et
loisirs).
2.5.3. La question de la pause méridienne a révélé les carences de la coopération stratégique entre
l’État et les collectivités locales pour l’école inclusive
Comme évoqué dans l’annexe 9, la réforme de la prise en charge de l’aide humaine sur la pause méridienne
répondait à trois objectifs : simplifier les démarches pour les familles qui auraient désormais un seul
interlocuteur pour l’accompagnement de leur enfant, décharger les collectivités locales du recrutement et
de la gestion des AESH sur un laps de temps ponctuel, et améliorer les conditions de travail ainsi que la
rémunération des AESH en augmentant leur quotité horaire. Provoquée par un arrêt du Conseil d’État
181 La question des aménagements bâtimentaires est également relevée par la Cour des comptes dans son rapport public de
septembre 2024.
182 Ibid.
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du 20 novembre 2020 qui cantonnait la responsabilité de l’État sur le seul temps scolaire, la refonte de cette
prise en charge a été introduite par la loi du 27 mai 2024 : l’article 1er de la loi inscrit au titre des charges de
l’État la rémunération des AESH intervenant sur le temps scolaire et le temps de pause méridienne pour
chaque degré d’enseignement.
Variablement spécifiée par la MDPH au titre de l’aide humaine183, la prise en charge par une AESH de la pause
méridienne ne répond pas à des critères objectivables et partagés, mais relève d’une appréciation du besoin
au vu du dossier de demande.
Dans ces conditions, alors même que la loi venait clarifier les responsabilités en gestion et en financement,
son application s’est avérée complexe et reste à ce jour sensible184, avec une hétérogénéité sur le territoire
que les déplacements de terrain de la mission ont confirmée. Une enquête récente de France urbaine185,
réalisée sur une base déclarative, signale un nombre important de territoires sans AESH de l’État sur le temps
de pause méridienne en fin d’année scolaire 2024-2025. La suppression des conventions par décret en février
2025 a privé les communes de la possibilité d’une négociation, sachant que la loi leur retire toute base légale
pour procéder à des recrutements.
On constate en revanche que les territoires sur lesquels des pratiques de coopération s’étaient développées
en amont ont pu construire rapidement des dispositifs opérationnels, en dépit des mêmes difficultés
conjoncturelles que les autres territoires (textes parfois contradictoires, absence de financement186 dédié à
la reprise des AESH sur la pause méridienne, manque de données sur le besoin) : évaluation partagée des
situations, répartition des réponses aux besoins, circuit d’information anticipant sur l’affectation d’aide
humaine...
Le défaut de pratiques collaboratives entre l’éducation nationale et les communes a aggravé les tensions
inhérentes à toute réforme, dans un contexte de difficultés à recruter sur ces fonctions d’accompagnement.
La mission souscrit, sur ce point, au constat de France urbaine : « L’école pour tous appelle une révision en
profondeur des coopérations locales187 ». L’investissement majeur de l’État dans la prise en charge de
l’accompagnement humain mérite une organisation plus performante et doit permettre de faire la part entre
les missions de droit commun relevant des communes et de leur personnel (accessibilité des locaux,
accessibilité des activités périscolaires, accessibilité de la restauration) et le concours d’une aide humaine
décidée en fonction du besoin de l’enfant. Actuellement, les cadres de concertation (CDSEI188, CDEN) sont
peu opérants pour gérer l’organisation de ces coopérations de proximité.
La mission préconise de réaliser au premier semestre 2026 un bilan de l’application, concerté entre
académie et collectivités locales, de la loi du 27 mai 2024.
2.5.4. Les ambitions pour l’école inclusive, déjà soutenues et accompagnées par les collectivités locales
sur le terrain, méritent une meilleure coopération et une reconnaissance réciproque des
complémentarités autour du parcours de l’enfant
Lors des échanges avec les acteurs de terrain (associations, familles, équipes pédagogiques en établissement
scolaire), le rôle des collectivités locales est régulièrement invoqué. Le premier des sujets concerne la
question des locaux, qu’il s’agisse de l’implantation des PAS, des aménagements liés à l’installation de locaux
spécifiques (DAR, salle de remédiation, salle de soins) ou bien des unités d’enseignement externalisé (UEE),
en développement depuis 2014. La question des transports est également soulevée, sachant qu’elle relève,
s’agissant des enfants et adultes en situation de handicap, de la compétence du département : le
développement des interventions en milieu ordinaire (DITEP, DIME) provoque un accroissement des
183 Environ 50 % des MDPH pratiquent une notification spécifique d’aide humaine sur la pause méridienne.
184 Plusieurs communes ont déposé des recours indemnitaires lors de la rentrée 2025, constatant la carence de l’État sur la prise en
charge des AESH.
185 Ses résultats n’ont pas été publiés mais la mission a eu connaissance du retour d’enquête (juillet 2025).
186 Le besoin de financement en appui à la réforme avait été évalué à 31M€ par la Cour des comptes (septembre 2024), et réévalué
à 54 M€ par la DGESCO dans sa demande budgétaire pour 2025, restée sans suite. Le rapport IGF IGÉSR de 2022 évaluait l’impact
potentiel de l’arrêt du CE du 20 novembre 2020 pour les collectivités locales (mises à disposition d’AESH) à hauteur de 52M€.
187 Communiqué du 30 octobre 2025 – https://franceurbaine.org/actualites/ecole-pour-tous-face-a-la-carence-persistante-de-letat-
dans-la-mise-en-oeuvre-de-la-loi-du-27-mai-2024-les-villes-demandent-le-remboursement-des-frais-engages/
188 Les communes y sont peu représentées.
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dépenses liées à la scolarisation, plus séquentielle. Enfin, la question de la formation conjointe des équipes
éducatrices, qu’elles relèvent de l’éducation nationale ou des communes (animateurs sur le temps
périscolaire) a pu, ponctuellement, être citée comme une bonne pratique à développer.
Sur le terrain, les témoignages font prévaloir une relation fluide et une écoute réciproque entre collectivités
locales et établissements scolaires. À plusieurs reprises ont été évoquées des situations où, faute de
financement inscrit à son budget, l’établissement obtenait le complément nécessaire auprès de la commune
hors de son champ de compétence.
La coopération inter collectivités locales avec l’éducation nationale peut également être un fort enjeu. Les
maires signalent la difficulté pour eux de n’avoir pas d’accès aux notifications de la MDPH et l’importance,
sous réserve du respect des données personnelles, d’anticiper les besoins. Le cas des enfants avec double
vulnérabilité, ASE et handicap, l’illustre plus encore. L’ADF signale l’enjeu, pour ces enfants dont le nombre
est en croissance, d’une scolarisation proche du lieu d’accueil, tout en permettant le maintien du lien aux
parents.
Les pratiques locales facilitatrices et la diffusion des bonnes pratiques de coopération institutionnelles
observées sur certains territoires doivent rapidement être généralisées. Les réformes de l’école inclusive,
tant dans le champ du médico-social que pour l’éducation nationale, se traduisent par une recentration sur
le parcours de l’enfant en situation de handicap, adossé au PPS et facilité par le LPI. La logique de continuité
qui en découle tout au long de la journée et sans rupture d’année en année invite à créer des temps
d’échange plus régulier. Si l’AMF plaide pour la création d’un conseil local pour l’inclusion qui favoriserait la
préparation amont de la rentrée (mai-août) et permettrait, en concertation, de définir les lieux et conditions
de scolarisation sur les situations complexes, l’ADF met en garde contre une comitologie ad hoc s’ajoutant à
beaucoup d’autres et souscrit en revanche à la nécessité de consolider et ritualiser les échanges entre
éducation nationale et collectivités locales.
3. Construire de nouvelles professionnalités au service d’une école pour tous :
pistes pour demain
Les dispositifs d’accompagnement humain, portés par les AESH, bien qu’essentiels pour assurer la
scolarisation en milieu ordinaire, révèlent leurs limites dans leur capacité à répondre efficacement et
durablement aux enjeux d’accessibilité universelle et d’autonomie pour tous les élèves. Au-delà de la seule
logique de compensation et de l’accompagnement individuel, il s’agit désormais d’inventer de nouvelles
formes de professionnalité, portées par des équipes pluridisciplinaires et des métiers renouvelés, intégrés de
façon cohérente dans le droit commun de l’école.
3.1. Au regard de la comparaison internationale et des travaux de recherche, le
dispositif des AESH n’apparaît plus adapté aux enjeux de l’école inclusive et à la
nécessité de développer l’accessibilité dans une école pour tous
Le dispositif français des AESH, conçu initialement pour faciliter la scolarisation des élèves handicapés, révèle
ses limites face aux enjeux de l’école inclusive. Leur rôle cantonné à l’accompagnement individualisé (y
compris sous forme d’« aide humaine mutualisée »), souvent perçu comme une aide technique ou de soin,
ne suffit plus à répondre aux nécessités d’une accessibilité véritablement intégrée et collective. L’analyse
comparative internationale met en lumière que beaucoup d’autres systèmes éducatifs privilégient une
transformation globale des pratiques pédagogiques, une co-construction entre enseignants et
accompagnants formés conjointement et une approche portée sur l’adaptation collective de la classe plutôt
que sur l’aide individualisée.
Les travaux de recherche quant à eux insistent sur les effets ambivalents d’un accompagnement trop centré
sur l’aide directe, qui peut renforcer la dépendance fonctionnelle des élèves en limitant leur autonomie et
leur participation active.
Ces constats appellent à repenser le rôle des accompagnants humains et surtout à promouvoir une véritable
politique d’accessibilité.
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3.1.1. En comparaison internationale, le dispositif des AESH incarne le modèle de « l’accompagnement
humain précaire »
Prévues par la convention internationale des droits des personnes handicapées, les accompagnantes d’élèves
en situation de handicap sont présentes dans tous les pays étudiés dans la comparaison internationale
réalisée pour cette mission (voir annexe 7), mais leur statut, leur formation et leur reconnaissance varient
fortement.
De manière synthétique, trois grands modèles se distinguent :
– le modèle nordique (Suède, Norvège, Finlande) : les accompagnantes bénéficient d’une
formation universitaire (2 à 3 ans), sont fonctionnaires, et participent activement à la co-
construction de l’enseignement. Elles sont intégrées à l’équipe pédagogique et interviennent sur
des missions étendues (soutien pédagogique, comportemental, social et émotionnel) ;
– le modèle anglo-saxon (États-Unis, Canada, Royaume-Uni) : la formation est plus courte
(certificats), mais les accompagnantes ont des contrats plus stables et des possibilités d’évolution
professionnelles. Elles sont souvent affectées à une classe entière, favorisant une approche
collective ;
– le modèle continental (France, Allemagne) : L’accompagnement est individualisé, mais la
formation est très courte, le statut est précaire (temps incomplet, faible rémunération) et les
missions sont centrées sur l’aide aux gestes de la vie quotidienne, avec une séparation nette entre
les tâches d’accompagnement et les responsabilités pédagogiques de l’enseignant.
Au Portugal et en Italie, souvent cités en exemple, le modèle repose sur une prise en charge par des
enseignants spécialisés, soit dans la classe (Italie), soit intervenant comme personnes ressources (au
Portugal, dans un volume supérieur à la France). Des « assistantes de communication » existent en Italie mais
en nombre très limité.
Outre la mise en valeur de la précarité des AESH françaises, cette comparaison internationale fait apparaître
une autre spécificité française : avec l’Allemagne, la France est le seul pays à avoir à ce point privilégié la prise
en charge individuelle, là où les autres privilégient un service à la classe soit par l’intermédiaire d’un
enseignant spécialisé soit par une sorte d’assistant d’accessibilité. Cette différence majeure explique les
écarts de niveau de recrutement et de statut entre les pays, l’accompagnement individualisé s’étant construit
sur des bases moins professionnalisées (donc moins qualifiées et moins rémunérées) que l’accompagnement
collectif. Le modèle du service à la classe est par ailleurs privilégié par la recherche en termes d’efficacité sur
les apprentissages.
3.1.2. Dans la recherche française et internationale, le dispositif des AESH est un dispositif « à tout
faire » inefficace sur les apprentissages
3.1.2.1 Depuis plus de 10 ans, la recherche internationale a montré l’inefficacité de l’accompagnement humain
individuel sur les apprentissages
Les recherches française et internationale convergent pour dresser un portrait critique du dispositif AESH,
dont l’extension massive depuis les années 2010 marque la réponse quasi-unique à l’inclusion scolaire (voir
aussi l’annexe 8). Les études montrent que l’accompagnement individualisé, principalement centré sur le
care et l’aide technique, se transforme souvent en un « dispositif à tout faire » : l’AESH devient la ressource
mobilisée pour tous les types de difficultés, qu’elles soient didactiques, comportementales ou sociales, en
raison d’un manque de clarification des rôles et d’une délégation excessive des responsabilités de
l’enseignant vers l’accompagnant189. Ce recours systématique, relevant de la « loi du marteau » (Maslow,
1966), aboutit à une surutilisation de l’AESH pour tout élève à besoin particulier, sans distinction fine des
situations190.
189 Voir notamment Giangreco, M. F. (2021). Maslow’s Hammer : Teacher assistant research and inclusive practices at a crossroads.
European Journal of Special Needs Education, 36(2), 278-293. https://doi.org/10.1080/08856257.2021.1901377
190 La loi de l'instrument, loi du marteau, marteau de Maslow ou marteau d'or est un biais cognitif qui implique une confiance
excessive accordée à un outil. Comme le formule Abraham Maslow en 1966, « j'imagine qu'il est tentant, si le seul outil dont vous
disposiez est un marteau, de tout considérer comme un clou » (Maslow, 1966).
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Cette généralisation du recours à l’AESH participe d’une logique où la présence d’un adulte référent semble
garantir l’inclusion, alors même que la recherche révèle un « effet écran » : l’AESH, principalement assignée
à une proximité physique et à l’assistance individuelle, tend à faire obstacle entre l’élève et l’ensemble de la
classe ou l’enseignant. La création d’un système didactique auxiliaire (SDA) centré sur l’élève accompagné et
piloté par l’AESH, fait écran au système didactique principal de la classe, engendrant « désynchronisation
didactique », « superposition des discours », inhibition des interactions sociales et maintien d’une situation
de dépendance qui freine l’autonomie et relègue l’élève à un rôle d’« invité » (Toullec, 2020, Dupré, 2023)191.
Les recherches, telles celles de Blatchford et al. (2011) au Royaume-Uni ou de Dupré (2023) en France,
attestent que plus l’aide individuelle est importante, plus les résultats scolaires des élèves stagnent, voire
régressent, du fait précisément de cette effet écran – accentuée par un manque de formation, l’isolement
professionnel et l’absence de collaboration structurée avec les enseignants192.
3.1.2.2 La non prise en compte de ces travaux peut s’expliquer par un poids important du « validisme » chez les
acteurs éducatifs
Le « validisme » est un « système faisant des personnes valides la norme sociale », et par extension désigne
la « discrimination envers les personnes en situation de handicap »193.
Le recours systématique à l’AESH peut être alimenté par des représentations sociales validistes, qui
conçoivent le handicap avant tout comme un déficit à compenser individuellement, plutôt que comme une
diversité à intégrer dans la dynamique collective du savoir. Ce paradigme se traduit institutionnellement par
un double standard : l’inclusion, pensée comme accueil et assistance, tolère finalement qu’un élève ayant les
besoins éducatifs les plus complexes soit confié au professionnel le moins qualifié et le plus précaire du
système, ce qui perpétue une tolérance à l’inefficacité éducative et à l’exclusion interne du groupe-classe194.
Ces stéréotypes relevant du validisme sont, d’une certaine façon, présents dans l’école française ainsi que
l’ont montré Huron et al : les élèves en situation de handicap sont jugés plus « chaleureux » que
« compétents », et l’inclusion est encore largement conçue comme une politique d’accueil plutôt que d’accès
égal au savoir et à la réussite195.
Cette prégnance du validisme contribue à la résistance à la transformation profonde du dispositif et légitime
le recours systématique à l’AESH comme « prothèse individuelle » plutôt que comme acteur du collectif et
de l’accessibilité pédagogique. Une transformation profonde, en particulier sur les plans didactique et
organisationnel, n’est donc possible qu’en questionnant et en faisant évoluer ces représentations : il s’agit
de passer d’un système produisant des écrans à l’apprentissage à un système misant sur la collaboration, la
formation conjointe et une flexibilité réelle de l’accompagnement, pour garantir une accessibilité
pédagogique effective à tous les élèves, sans écran ni délégation systématique.
La mission a par ailleurs reçu le témoignage d’AESH sollicitées pour garder la classe en l’absence de l’enseignant, préparer des
courriers, faire le travail de l’ATSEM, surveiller la cour, les examens...
191 Voir notamment : Toullec, M. (2020). L’AESH, aide ou écran à l’inclusion scolaire ? Ressources, 22, 64‑72.
Dupré, F. (2023). Pratiques inclusives et articulations entre deux systèmes didactiques : L’accompagnement par un AESH est-il un
obstacle ou un levier à l’accessibilité didactique. Éducation et didactique, 13(3), 93‑112.
192 Blatchford, P., Bassett, P., Brown, P., Martin, C., Russell, A., & Webster, R. (2011). The impact of support staff on pupils’ ‘positive
approaches to learning’ and their academic progress. British Educational Research Journal, 37(3), 443-464.
https://doi.org/10.1080/01411921003734645
193 https://dictionnaire.lerobert.com/definition/validisme
194 Webster, R., Blatchford, P., Bassett, P., Brown, P., Martin, C., & Russell, A. (2010). Double standards and first principles : Framing
teaching assistant support for pupils with special educational needs. European journal of special needs education, 25(4), 319-336.
195 Cour des Comptes. (2024). L’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap | Cahier analyses quantitatives.
https://www.ccomptes.fr/fr/publications/linclusion-scolaire-des-eleves-en-situation-de-handicap
En psychologie sociale, les croyances véhiculées sur un groupe social donné sont mesurées par l’intermédiaire des stéréotypes .
Ceux-ci peuvent être analysés en référence aux modèles actuels du jugement social indiquant que les jugements se déclinent en
deux dimensions (pour une synthèse de ces modèles, Abele et al., 2021) : la première, nommée « chaleur », est liée aux qualités
sociales et morales des individus et traduit des qualités telles qu’être gentil, sympathique, franc et des défauts tels qu’hypocrite,
sournois ou malhonnête ; la seconde, nommée « compétence », fait référence aux capacités des individus et recouvre des
qualités telles que consciencieux, intelligent ou motivé et des défauts tels que lâche, incapable ou sans ambition. Dans cette
perspective, la plupart des groupes sociaux ne sont pas uniformément dévalorisés mais font l’objet d’un jugement « mixte »,
c’est-à-dire d’une évaluation négative sur une de ces deux dimensions, mais positive sur l’autre. La plupart des études sur le
handicap mettent ainsi en évidence que les personnes en situation de handicap sont mieux jugées sur la dimension de « chaleur »
que sur celle des « compétences ».
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3.1.3. Les AESH sont nécessaires à la scolarisation de certains ESH mais elles ne sauraient suffire à
répondre à leurs besoins d’autonomie et d’apprentissage
Les AESH constituent aujourd’hui un maillon devenu indispensable du dispositif français d’inclusion scolaire,
tant leur présence conditionne, dans les faits et de manière contraire au droit196, la possibilité d’une
scolarisation effective pour certains élèves en situation de handicap. Grâce à l’aide humaine, un nombre
croissant d’ESH ont pu être scolarisés en milieu ordinaire (par différence avec la scolarisation en
établissement médico-social)197. Leur rôle de médiation quotidienne, d’assistance dans les gestes de la vie
scolaire ou de soutien attentionné à la participation des élèves, répond à un besoin réel d’accessibilité
humaine, complémentaire des aménagements matériels et des adaptations pédagogiques. À ce titre, leur
action rend tangible le principe d’un droit à la scolarisation pour tous.
Cependant, la dépendance systémique qu’a créée le modèle français envers cette catégorie de personnels
met en évidence un paradoxe structurel : le recours massif à un accompagnement individuel, conçu comme
condition d’accès, a progressivement remplacé la réflexion collective sur la transformation même des
pratiques et des environnements d’apprentissage. L’école inclusive se trouve ainsi dans la situation
paradoxale de garantir la présence des élèves en situation de handicap par la médiation d’un tiers, au lieu de
concevoir, en amont, une accessibilité intégrée, inscrite dans la conception pédagogique et organisationnelle
de la scolarité. En ce sens, les AESH pallient les manques d’un système qui les a rendues nécessaires, sans
pour autant disposer des leviers institutionnels ou de la formation suffisante pour agir sur les causes
structurelles de ces manques.
Les recherches récentes (voir en particulier Toullec, 2023)198 convergent pour souligner que la dépendance
au dispositif des AESH, en individualisant la réponse à la diversité, freine paradoxalement l’émancipation et
l’autonomie des élèves accompagnés. En créant les conditions d’un accompagnement rapproché mais
souvent non intégré à la dynamique de classe, l’institution entretient une forme d’« inclusion compensée »,
où l’obstacle est géré mais non levé. Les élèves, apprenant à travers l’intermédiation constante d’un adulte,
développent des stratégies d’adaptation qui renforcent la dépendance plutôt qu’elles ne construisent des
compétences d’autonomie, un phénomène que plusieurs travaux qualifient de « dépendance fonctionnelle
à l’aide ».
La recherche internationale montre au contraire que les environnements véritablement inclusifs reposent
moins sur des dispositifs humains individualisés que sur des adaptations structurelles : formation conjointe
des enseignants et accompagnants, co-intervention planifiée, différenciation didactique collective,
conception universelle de l’apprentissage. L’enjeu est donc moins de continuer d’accroître le nombre d’AESH,
que de repenser la place du soutien humain dans un écosystème scolaire porteur d’objectifs d’autonomie et
d’apprentissage pour tous les élèves, dans le cadre d’une politique de développement de l’accessibilité
pédagogique.
3.2. Le système éducatif français a commencé à développer des « ilots » d’accessibilité,
qui peuvent servir de modèles ou d’inspiration
Deux dispositifs font figure d’exception en offrant un cadre de réflexion et d’action plus global : les unités
localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS) et les dispositifs d’autorégulation (DAR). Les ULIS, historiquement
implantées, permettent depuis dix ans d’expérimenter des pratiques collaboratives, le plus souvent avec une
AESH au service de la classe ; les DAR, plus récents, se distinguent par une forte présence de professionnels
issus du médico-social, par une dynamique d’innovation pédagogique et l’absence d’AESH.
196 Dans son rapport, la Défenseure des droits rappelle que « la présence d’un personnel chargé de l’accompagnement n’est ni un
préalable ni une condition à la scolarisation de l’élève » (p.7), Défenseure des droits. (2022). L’accompagnement humain des
élèves en situation de handicap. https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/2023-07/ddd_rapport_accompagnement-
eleves-handicap_2022_20220825.pdf
197 Selon les chiffres de la DREES (2024), entre 2018 et 2022 l’enseignement en milieu ordinaire et en unité d’enseignement externe
a progressé (+ 3 points pour chacun des deux types) au détriment de l’enseignement au sein des structures médico-sociales. À
noter cependant que 8 % des jeunes accompagnés par des ESMS sont non scolarisés en 2022.
198 Toullec-Théry, M., & Granger, N. (2023). École inclusive et personnes accompagnantes des élèves en situation de handicap : État
des lieux de la recherche. Empan, 132(4), 26-34. https://doi.org/10.3917/empa.132.0026
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Ces dispositifs démontrent que l’appui de professionnels spécialisés, combiné à une réflexion sur les
pratiques d’enseignement, peuvent construire une école véritablement accessible à tous.
3.2.1. Les ULIS, un pôle de ressources en matière de handicap interne à l’établissement / école à
repositionner au profit d’une politique d’accessibilité
Telles qu’elles existent aujourd’hui, les ULIS sont des dispositifs ouverts de l'école inclusive créés en 2015
(voir aussi annexe 13). Elles permettent, à l’école, au collège et au lycée, l'inclusion scolaire d'élèves en
situation de handicap qui nécessitent des enseignements adaptés au sein d'un groupe restreint, tout en
maintenant leur inscription et leur inclusion dans une classe de référence correspondant à leur âge. Au-delà
de cette mission, les ULIS peuvent jouer un rôle stratégique en tant que pôles de ressources internes pour
l’accessibilité. Certaines ULIS travaillent avec des ESMS et hébergent des plateaux techniques, comme la
mission en a été témoin avec une ULIS pour troubles des fonctions motrices, mais le modèle commun est
celui d’un dispositif avec un enseignant coordinateur et une AESH « collective » (AESH-co) au service du
dispositif. On compte un peu plus de 7 200 ETP d’AESH-co au 31 mars 2025 pour près de 11 000 dispositifs
ULIS (données DGESCO).
3.2.1.1 L’ULIS au service de l’accessibilité
Le dispositif est piloté par un coordonnateur ULIS théoriquement (et majoritairement199) détenteur d’une
certification de type CAPPEI, disposant d’une expertise pédagogique permettant d’adapter les
enseignements et d’articuler, pour chaque élève, un parcours entre temps de regroupement spécifique et
inclusion en classe de référence200.
Le coordonnateur ULIS, par ses missions de conseil, de coordination d’équipe, de diffusion d’une culture de
l’inclusion, peut dans certains cas, et ainsi que la mission en a été le témoin, devenir un véritable point
d’appui pour la communauté éducative, les familles et les partenaires, dans la compréhension et la prise en
charge du handicap scolaire. Ainsi, et notamment en lycée professionnel pour ce que la mission a pu
observer, le coordonnateur ULIS coordonne le travail des AESH au-delà de celles affectées en ULIS, ainsi que
le suivi des élèves ayant un PPS, au-delà de ceux scolarisés dans l’ULIS. Il est identifié par le chef
d’établissement comme son référent handicap.
Le coordonnateur ULIS met en place des outils permettant d’assurer le suivi partagé des élèves de l’ULIS,
avec l’AESH-Co pendant les temps de regroupement et avec les enseignants pendant les temps de classe. Ces
outils comportent des éléments d’évaluation des apprentissages en référence notamment au socle commun
de connaissances, de compétences et de culture et permettent de suivre les acquisitions des élèves. Le
coordonnateur définit l’emploi du temps de l’élève – et notamment les temps d’inclusion. L’enseignant
spécialisé coordonnateur d’ULIS est, du fait de son statut enseignant, son niveau de compétences attesté par
la certification CAPPEI, plus susceptible d’être regardé comme crédible et légitime par les collectifs
d’enseignants.
Néanmoins, la portée réelle de son action au-delà du dispositif reste tributaire de la place qui lui est confiée
par le directeur d’école ou le chef d’établissement et des modalités effectives de formation et de
collaboration mises en place au sein des équipes. Une coordonnatrice ULIS a ainsi décrit à la mission son
arrivée dans un collège : « Les élèves des classes d’inclusion étaient réfractaires à l’accueil des élèves d’ULIS,
ils disaient "tes élèves". Les enseignants disaient "il ne fait pas comme les autres, je ne sais pas comment
faire". Il y avait une tension, je longeais les murs et j’évitais la salle des profs. J’ai passé beaucoup d’heures à
les écouter se plaindre et à revenir avec des solutions, pour les élèves de l’ULIS et pour les autres aussi. Et on
est sorti de ça. »
3.2.1.2 L’AESH-co préfigurateur des missions d’accessibilité
Les ULIS peuvent bénéficier d’AESH-co qui « apportent leur aide à l’ensemble des élèves du dispositif, soit au
sein de l’ULIS, soit lors des temps d’inclusion dans les classes ordinaires. Ils assistent l’enseignant sans pour
199 À la rentrée 2024, 68,5 % des coordonnateurs ULIS étaient des enseignants spécialisés (données DGESCO).
200 Circulaire n° 2015-129 du 21 août 2015, Unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS), dispositifs pour la scolarisation des élèves
en situation de handicap dans le premier et le second degrés,
https://www.education.gouv.fr/bo/15/Hebdo31/MENE1504950C.htm
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autant se substituer à lui pour les tâches qui ne relèvent pas spécifiquement de l’activité d’enseignement,
conformément au référentiel d’activités [référentiel commun aux AESH-i et m]. »201
L’AESH-co ne limite pas son intervention à l’aide matérielle ou à la surveillance ; elle peut devenir un agent-
clé de médiation, de soutien aux apprentissages, de facilitation de la socialisation et de l’inclusion, à condition
que ses missions soient clarifiées, reconnues et intégrées à la co-construction des situations éducatives202. Ce
positionnement renouvelé de l’AESH-co permet de sécuriser des parcours, de fluidifier le lien entre l’ULIS et
les classes ordinaires et de créer les conditions d’une accessibilité réellement partagée dans l’établissement.
En cela, l’AESH-co semble préfigurer des missions d’« assistant d’accessibilité » sous la responsabilité du
coordonnateur ULIS. Une fédération de parents d’élèves décrit ainsi l’AESH-co comme un exemple voire un
modèle de ce qu’il pourrait être souhaitable de généraliser, constatant la plus grande complexité du public
scolaire et l’intérêt d’un « co-enseignement ».
Toutefois, si ULIS, coordonnateur ULIS et AESH-co préfigurent des fonctions centrales dans la chaîne de
l’accessibilité, leur impact n’est complet qu’à certaines conditions. Beaucoup d’enseignants, y compris parmi
ceux rencontrés par la mission, expriment encore une réserve à l’accueil d’élèves d’ULIS dans leur classe,
surtout sans l’AESH-co. La mission a pu constater, à partir des emplois du temps des élèves affichés, que les
temps d’inclusion étaient variables selon les élèves et pouvaient être minoritaires. Certains départements,
comme la Seine-et-Marne, assurent un suivi de cet indicateur, ce qui paraît nécessaire pour que l’ULIS ne
reconstitue pas une logique d’intégration sans inclusion. Enfin, un point d’attention est apparu en lycée
professionnel, où le nombre d’ESH peut être très important en ULIS et hors ULIS et les moyens à disposition
du coordonnateur pas toujours mis en place à leur juste mesure, soit par les services départementaux, soit
au sein des établissements eux-mêmes203. Le bon fonctionnement de l’ULIS repose sur des temps de
régulation, que certaines directions d’école identifient (par exemple en utilisant le conseil des maîtres), des
organisations départementales (tous les coordonnateurs ULIS déchargés de classe sur une même demi-
journée pour intervenir en formation des enseignants qui accueillent les élèves en inclusion) ou des temps
dédiés en établissement. Ces temps ne sont toutefois pas inscrits dans le service des enseignants
contrairement au fonctionnement des SEGPA et EREA.
3.2.1.3 Le fonctionnement plus intégratif qu’inclusif des sections d'enseignement général et professionnel adapté
(SEGPA) et des établissements régionaux d’enseignement adapté (EREA) pose question dans le contexte de
l’école inclusive
La mission s’est interrogée sur la survivance des SEGPA et les EREA, antérieurs au développement de l’école
inclusive et qui relèvent d’un fonctionnement plus intégratif qu’inclusif, c’est-à-dire qui scolarisent les élèves
à besoins particuliers (dont ESH) en milieu ordinaire mais de manière séparée204. Les 1 464 SEGPA en
fonctionnement en 2024 sont implantées majoritairement dans des collèges publics, socialement défavorisés
et de grande taille, souvent dotés d’autres dispositifs et sections spécifiques (ULIS ou UPE2A)205 ; elles
accueillent des élèves présentant des difficultés scolaires graves et persistantes, avec ou sans notification de
situation de handicap206. Les EREA, quant à eux, sont des établissements proposant un enseignement adapté
et un accompagnement global à des élèves en grande difficulté scolaire, sociale ou en situation de handicap,
avec souvent un internat. Ces dispositifs privilégient une scolarisation spécialisée, souvent plus cloisonnée
que celle des ULIS, avec une organisation pédagogique et sociale distincte de la classe ordinaire, ce qui limite
l’inclusion effective des élèves dans les parcours scolaires en milieu ordinaire.
201 Ibid.
202 Honoré, G. G. (2024). Les gestes professionnels efficaces en faveur des élèves en situation de handicap scolarisés en dispositif ULIS-
École (Numéro 2024MULH6226) [Theses, Université de Haute Alsace - Mulhouse]. https://theses.hal.science/tel-04854099
203 Ces observations croisent celles effectuées par la mission IGÉSR, Le rôle et la place du CAP, entre rôle social et diplôme d’insertion,
N° 24-25 014C – juillet 2025.
204 Voir notamment IGEN. (2018). Bilan des sections d’enseignement général professionnel adapté (SEGPA) (Nos. 2018-076).
https://www.education.gouv.fr/bilan-des-sections-d-enseignement-general-professionnel-adapte-segpa-7145
205 DEPP. (2025). Les Segpa dans les collèges : Dans quels types d’établissements ? Devant quels professeurs ? Pour quels élèves ?
(Nos. 25-60). https://www.education.gouv.fr/les-segpa-dans-les-colleges-dans-quels-types-d-etablissements-devant-quels-
professeurs-pour-quels-451658
206 Circulaire n° 2015-176 du 28-10-2015, Sections d'enseignement général et professionnel adapté,
https://www.education.gouv.fr/bo/15/Hebdo40/MENE1525057C.htm
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Les élèves en situation de handicap avec une notification PPS représentent aujourd’hui en moyenne 22 %
des élèves de SEGPA et 23 % des élèves d’EREA207. Les témoignages recueillis par la mission montrent que si
ni les SEGPA ni les EREA ne font l’objet d’orientations relevant de la compétence des MDPH, elles peuvent
devenir, dans un contexte de saturation de l’offre d’établissements médico-sociaux et d’ULIS, des
orientations proposées alors même que leur fonctionnement n’est structurellement pas inclusif208.
Malgré ce fonctionnement plus intégratif qu’inclusif, le directeur adjoint chargé de SEGPA (DACS) occupe une
fonction pivot en matière d’accessibilité éducative au sein des collèges accueillant ce dispositif et ce d’autant
plus que certains établissements semblent être spécialisés dans l’accueil de publics spécifiques, comme ce
collège rencontré avec une SEGPA inclusive, complétée d’une UEE ITEP en 2018 et d’une ULIS TFC en 2023.
Placé sous l’autorité du chef d’établissement et doté de la certification CAPPEI, le DACS est responsable de
la coordination pédagogique, de l’animation de l’équipe pluridisciplinaire et du suivi personnalisé des élèves,
notamment ceux bénéficiant d’un PPS. Mais son rôle dépasse souvent le périmètre de la SEGPA et il peut
jouer un rôle de conseiller technique en matière d’inclusion dans le suivi des ESH et l’affectation des AESH
dans les classes comme la mission a pu le constater. Sa mission l’amène à organiser des concertations
régulières, à mobiliser l’ensemble des partenaires éducatifs et socio-médicaux et à s’assurer de la cohérence
des parcours de chaque élève au regard de ses besoins spécifiques. Pour l’ensemble de ces raisons, le DACS
préfigure des missions de « conseiller principal d’accessibilité » (voir infra).
3.2.2. Les DAR, qui bénéficient de moyens conséquents, doivent encore faire la preuve du concept de
l’accessibilité
Expérimentés dans le cadre de la stratégie nationale pour les troubles du neuro-développement (TND) à
partir de la rentrée 2021, les DAR proposent un changement de paradigme : passer d’une logique de
compensation individuelle du handicap à une transformation des pratiques pédagogiques et éducatives au
bénéfice de tous les élèves dans le sens d’une accessibilité pédagogique pour tous209.
Un DAR est implanté au sein d’une école ou d’un collège ordinaire et vise à scolariser un petit groupe d’élèves
(généralement 8 à 10) présentant des troubles du comportement relevant de TSA, sans déficience
intellectuelle. Grâce au DAR, l’enfant, scolarisé en classe ordinaire, développe ses capacités d’autorégulation,
définies comme l’aptitude à « maîtriser ses pensées, ses émotions et ses comportements pour entrer dans
les apprentissages ». L’approche cognitivo-comportementale est privilégiée pour travailler des compétences
transversales telles que la flexibilité cognitive, l’anticipation et la gestion des émotions. Les DAR disposent
également d’un lieu dédié (la « salle du DAR »), dont l’usage doit être au service de l’inclusion210.
Le modèle économique repose sur une coopération entre l’ARS et les services académiques. La part du
budget annuel d’un DAR – porté par l’ARS – est d’environ 140 000 €, complété par la mise à disposition d’un
enseignant surnuméraire (recruté sur poste à profil mais non spécialisé), soit environ 18 000 €/an par enfant.
Ce financement permet de constituer une équipe pluridisciplinaire renforcée qui intervient directement dans
l’école comprenant généralement des éducateurs spécialisés, et à temps partiel, des psychomotriciens ou
207 DEPP. (2025). Repères et références statistiques 2025. Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche. https://www.education.gouv.fr/reperes-et-references-statistiques-2025-450954
208 L’observation de la notification SEGPA a été faite dans l’académie de Strasbourg.
L’engorgement des ULIS, symbole des difficultés de la politique d’inclusion scolaire en France. (2024, novembre 19). Le Monde.
https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/11/19/l-engorgement-des-ulis-symbole-des-difficultes-de-la-politique-d-inclusion-
scolaire_6401992_3224.html . 14000 jeunes sont en attente d’une place en ULIS.
209 MEN, & SE handicap. (2021). Création de dispositifs d’autorégulation pour les élèves présentant des troubles du spectre de
l’autisme, dans le cadre de la stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neurodéveloppement [Instruction
ministérielle]. https://www.education.gouv.fr/bo/21/Hebdo48/SSAA2127473J.htm
210 Sur ce point voir Hérin-Theulière, H., & Toullec, M. (2024). École inclusive : Analyse didactique d’un dispositif d’autorégulation
(DAR). Revue hybride de l’éducation, 8, 1-25. https://doi.org/10.1522/rhe.v8i5.1825. Cette étude de cas menée dans une école
ayant mis en place un DAR dès 2018 permet d'éclairer certaines limites dans la mise en œuvre effective de ces principes. Bien que
conçu pour favoriser l'inclusivité, le dispositif observé tendait à segmenter les élèves selon leurs difficultés, créant un espace
d'enseignement plus clos dans la salle du DAR. Les enseignantes interrogées soulignaient que les élèves avec autisme présentaient
un retard scolaire important et ne maîtrisaient pas suffisamment les compétences scolaires attendues pour être pleinement
intégrés dans la classe ordinaire. Ainsi, malgré l'objectif initial d'inclusion, la salle du DAR fonctionnait souvent comme un espace
séparé où l'enseignement était délocalisé. L'étude montre que la mise en œuvre effective de l'autorégulation et de l'inclusion
nécessite encore des ajustements pratiques pour répondre pleinement aux ambitions institutionnelles.
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psychologues. L’enseignant supplémentaire fait le lien entre les approches éducatives (fonctions exécutives)
et pédagogiques (programmes scolaires).
La plus-value principale du DAR réside dans sa capacité à transformer les pratiques et à faire monter en
compétences l’ensemble de la communauté éducative en matière d’accessibilité. Plutôt que de juxtaposer
les expertises, le dispositif organise leur hybridation. Cela passe par des moyens concrets :
– une formation-action commune : tous les personnels (enseignants, AESH, éducateurs, personnels
périscolaires) bénéficient de formations conjointes, par exemple sur l’enseignement explicite, les
fonctions exécutives, l’empathie ou la gestion des comportements. Ces temps permettent de
développer un « langage commun sur l’éducatif » et de rendre les pratiques plus fluides211.
– la co-intervention et la supervision : les professionnels du médico-social interviennent dans les
classes, non pas pour « prendre en charge » un élève, mais pour accompagner les enseignants
dans l’ajustement de leurs pratiques. Cette présence de personnes ressources est jugée
« bénéfique pour l’école » et donne confiance aux enseignants, qui peuvent constater les progrès
des élèves.
– l’évolution des postures professionnelles : les enseignants développent leur « capacité à observer
les élèves et à analyser les situations ». Ils s’approprient des outils (routines sensorielles,
renforcement positif) qui bénéficient à toute la classe.
Les résultats observés sont probants, tant pour les élèves du DAR que pour toute l’école, favorisant un climat
plus serein et le développement de compétences psychosociales chez tous les enfants. Deux éléments du
DAR ont par ailleurs attiré l’attention de la mission : contrairement à tous les autres modes de scolarisation
des ESH, les élèves du DAR disposent de véritables objectifs d’apprentissages et leurs parents sont
pleinement associés à la construction de leur parcours scolaire.
Moins d’une centaine de DAR existent actuellement, ce qui en fait un dispositif marginal de l’école inclusive,
sans doute en raison de son coût. La mission a pu constater par ailleurs des difficultés en matière de GRH
(personnels en congé de longue maladie, postes non pourvus et recrutement de contractuels) concernant
l’enseignant surnuméraire, liées notamment à la complexité de l’exercice professionnel.
Cependant les DAR existants constituent des lieux uniques de développement d’une culture de l’accessibilité
et de transformation des représentations sur le handicap. L’enjeu majeur pour l’éducation nationale est d’en
faire un véritable levier internalisé de transformation, une « preuve de concept », dans un contexte où ils
restent encore « trop adossés au médico-social ».
Recommandation n° 17 : intégrer un focus sur les ULIS et les DAR dans le cadre de la mission IGÉSR sur
l’accessibilité (PTA 2025-2026) pour un bilan d’étape : analyse qualitative des parcours d’élèves, rôle des ULIS
et des DAR dans les établissements de rattachement, développement professionnel collectif, articulation
avec les personnels médico-sociaux (IGÉSR).
3.3. Internaliser les ressources spécialisées de l’école inclusive – dont les AESH – au
droit commun pour un véritable projet d’école pour tous
Le PAS questionne l’organisation des structures de l’éducation nationale, à travers la question de son
articulation avec le service départemental de l’école inclusive (SDEI), la circonscription, l’EPLE, et le travail
commun avec d’autres acteurs sur des missions proches, notamment les RASED. Il pose ce faisant la question
de la pertinence d’un découpage – voire d’un éclatement – des ressources pour la prise en charge des ESH
et des EBEP entre SDEI, piloté par l’IEN ASH, et les organisations de droit commun que sont les
circonscriptions et les EPLE. Si ce découpage a pu se justifier à une période de montée en puissance des
ressources de l’école inclusive, leur volume, et surtout la confusion croissante entre ESH et EBEP évoqué
au 2.1, rend envisageable et souhaitable leur intégration pleine et entière aux organisations de droit commun
que sont les circonscriptions et les EPLE.
Dans les pays les plus inclusifs (notamment l’Italie et le Portugal), l’internalisation des ressources de l’école
inclusive (enseignants spécialisés, accompagnants humains) se traduit par une meilleure responsabilisation
211 Entretiens avec la mission.
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et montée en compétence des personnels pédagogiques et éducatifs dans la scolarisation des ESH et des
EBEP. L’enjeu est donc, dans le cas de la France, d’expliciter l’impact attendu et les modalités d’une
internalisation des ressources de l’école inclusive dans les circonscriptions et les EPLE.
3.3.1. Un potentiel de ressources pour l’accessibilité sous exploité au sein de l’éducation nationale
Outre les enseignants eux-mêmes, les ressources disponibles pour contribuer à l’accessibilité sont
nombreuses et éclatées : moyens humains (et notamment enseignants spécialisés) relevant des SDEI,
moyens humains relevant des circonscriptions (notamment RASED), moyens humains relevant des PIAL
(AESH), matériel pédagogique adapté, et, dans une moindre mesure, médecine scolaire. À l’exception des
coordonnateurs ULIS et des DACS, ces ressources sont, soit faiblement pilotées (dans le cas des pôles
ressources et des RASED), soit pilotées par des services d’appui plutôt que par la structure de droit commun
(circonscription ou EPLE). Selon les observations qu’elle a pu réaliser, la mission fait l’hypothèse que ce mode
de pilotage induit une utilisation sous optimale de ces ressources.
3.3.1.1 Atouts et limites de la centralité du service départemental de l’école inclusive (SDEI)
Créés par la circulaire de rentrée 2019, les SDEI ont constitué une véritable valeur ajoutée dans l’organisation
de la scolarisation des élèves en situation de handicap en structurant à l’échelle départementale la réponse
institutionnelle aux besoins de scolarisation des élèves en situation de handicap212. Pilotés par des IEN-ASH
sous l’autorité du DASEN, ces services sont organisés différemment selon les départements mais comportent
a minima :
– un « pôle pédagogique » avec notamment un chargé de mission MPA, une cellule formation, une
cellule « situations complexes », un professeur ressource autisme et/ou TND ;
– un bureau des AESH en charge d’un certain nombre d’actes de gestion RH (voir partie 1) ;
– la coordination des PIAL ;
– la coordination des enseignants référents ;
– les relations partenariales.
Le graphique ci-dessous illustre une organisation départementale représentative et montre comment ces
services ont vu leurs effectifs augmenter au fil des années213.
212 Circulaire n° 2019-088 du 5-6-2019, Pour une École inclusive,
https://www.education.gouv.fr/bo/19/Hebdo23/MENE1915816C.htm
213 À titre indicatif, ce département compte 7700 ESH et un peu plus de 100 000 élèves dans le premier degré.
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La mission a constaté que ces services sont aujourd’hui confrontés à la gestion du quotidien plutôt qu’à des
missions de pilotage. Cette situation est principalement due à l’augmentation des notifications de la MDPH,
à la complexité et au temps passé à la gestion des AESH et des « situations complexes », à l’augmentation
des élèves « sans solution » et à l’intensification (positive) des relations partenariales notamment avec les
MDPH. Cette gestion du quotidien, qui priorise de fait les élèves « sans solution » et la gestion des AESH,
laisse peu de temps notamment aux missions de formation et de pilotage des ERSEH et moins encore pour
l’animation des pilotes et coordonnateurs de PIAL, du réseau des DACS et des coordonnateurs ULIS, missions
pourtant essentielles pour la professionnalisation de ces acteurs et des enseignants qui les entourent.
Par ailleurs, les SDEI ont une culture professionnelle historiquement ancrée dans le premier degré : ils sont
pilotés par des IEN-ASH anciennement IEN de circonscription, et s’entourent principalement de personnels
du premier degré. Or depuis 2024, le nombre d’ESH dans le second degré a dépassé celui du premier degré,
créant des besoins d’accompagnement particuliers dans les collèges et lycées, non complètement couverts
aujourd’hui. La mission a pu observer que des questions spécifiques à la scolarisation des ESH se posent dans
le second degré, et notamment : l’organisation disciplinaire des enseignements, la question du niveau de
qualification des AESH en lien avec les savoirs scolaires, le souhait d’autonomisation des élèves à l’âge de la
puberté, etc. Ces questions viennent ajouter de la complexité à la problématique de l’« AESH-écran » et
nécessitent une réflexion sur l’école inclusive s’inscrivant dans les objectifs et modalités d’organisation du
second degré. La scolarisation en lycée professionnel nécessite par ailleurs une bonne compréhension de
l’alternance, des contraintes (notamment en termes de sécurité) posées par les ateliers voire le milieu
professionnel pour les stages et l’insertion professionnelle et de la procédure d’affectation post 3e, beaucoup
de ces sujets étant accompagnés par des personnels de niveau académique (service de l’orientation, de la
voie professionnelle, IEN-ET-EG) et non du niveau départemental.
3.3.1.2 Le matériel pédagogique adapté (MPA), un levier d’accessibilité puissant mais encore sous-activé
Le matériel pédagogique adapté (MPA) représente un levier très fort pour l’accessibilité pédagogique, sous
mobilisé aujourd’hui tant dans le volume de notifications que dans le taux de couverture. La mission a pu
constater la rareté de diffusion du MPA voire de connaissance du MPA par les équipes pédagogiques
notamment dans le premier degré et la complexité d’activation de ce MPA. Une enquête nationale menée
par la DGESCO auprès des DSDEN en décembre 2023 a ainsi montré qu’en moyenne au niveau
départemental, 0,95 équivalent temps plein est dédié au service du matériel pédagogique adapté mais que
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38 départements ne disposaient que de 0,5 ETP au mieux et 3 d’aucun214. Les missions de ces agents sont
susceptibles de recouvrir la responsabilité de la chaîne d’octroi du MPA depuis la saisine (par la notification
ou le PAS) jusqu’à la dotation à la famille en passant par la configuration appropriée en lien avec les
recommandations d’un ergothérapeute. Pour cela, le chargé de mission MPA est aussi responsable de la
procédure d’achat, ce qui implique anticipation, coordination avec la MDPH et optimisation. Enfin, il est
responsable de l’accompagnement de l’usage du MPA. En 2024, une fois le MPA indiqué dans le PPS, le délai
moyen d’obtention du matériel était de 7,6 semaines (donnée DGESCO citée dans le guide de bonnes
pratiques).
L’ensemble de ces questions ont fait l’objet d’un groupe de travail DGESCO-CNSA dont les conclusions ont
été synthétisées dans un document de bonnes pratiques et ont débouché en août 2025 sur une circulaire qui
permet l’accès au MPA directement via le PAS215.
Dans les observations de la mission et avec les apports du guide de bonnes pratiques et de la circulaire, les
procédures d’octroi et d’achat fonctionnent de manière satisfaisante. Un point d’attention porte sur la
formation des enseignants et des AESH à l’utilisation du numérique au service des élèves. Ainsi dans l’un des
départements visités, une formation initiale d’adaptation à l’emploi de deux heures en présentiel permet aux
AESH nouvellement nommées de tester les différents logiciels de compensation216 et d’apprendre à adapter
sous Word des documents pour augmenter leur accessibilité. Une formation continue de trois heures en
présentiel, dans les différents bassins du département, permet aux AESH volontaires de revoir les logiciels de
compensation des PC et de tester les applications des tablettes. Toutefois peu de formations ciblent les
enseignants et principalement les enseignants spécialisés. Dans ce même département, rien n’était proposé
pour les enseignants du second degré. Le guide de bonnes pratiques évoque le recours aux enseignants
référents aux usages du numérique et les formateurs du service régional du numérique éducatif.
La mission préconise que le guide de bonnes pratiques du MPA soit mis en œuvre dans tous les
départements, de prévoir des actions de formation pour les enseignants spécialisés et AESH, ainsi que pour
les autres enseignants qui le demandent ; dans le premier et le second degré et identifier des personnes
ressources de proximité des enseignants.
3.3.1.3 Des « pôles ressources » toujours insuffisamment structurés et qui, à l’heure des PAS, posent la question de la
structuration insuffisante de l’éducation nationale au service de l’école pour tous
La circulaire qui crée le SDEI et les PIAL ne mentionne pas le pôle ressource de la circonscription et ne prévoit
pas leur articulation, ce qui peut s’expliquer par la distinction, pertinente en 2019, entre ESH, suivis par le
SDEI, et les PIAL et EBEP, suivis par le pôle ressource. La confusion croissante entre ces « catégories » et
l’arrivée du PAS questionne cet éclatement.
Les pôles ressources de circonscription, institués en 2014, visent à regrouper :
« tous les personnels que l’inspecteur de l’éducation nationale (IEN) peut solliciter et fédérer
pour répondre aux demandes émanant d’un enseignant ou d’une école (conseillers
pédagogiques, maîtres-formateurs, animateurs Tice, enseignants référents pour la
scolarisation des élèves handicapés, psychologues scolaires, enseignants spécialisés,
enseignants itinérant ayant une mission spécifique, etc.). Les personnels sociaux et de santé
de l’éducation nationale peuvent être associés autant que de besoin à son action. »217.
Membres du pôle ressource, les équipes du RASED ont pour missions, telles que décrites dans la circulaire
de 2014 de « prévenir et remédier aux difficultés scolaires persistantes qui résistent aux aides apportées par
les enseignants des classes » 218. Même si le terme n’est pas employé, on comprend que le RASED a pour
mission la prise en charge des EBEP. Pour cela le RASED se compose de trois types de profil, tous titulaires
214 Enquête mentionnée dans MENESR, & CNSA. (2025). Guide de bonnes pratiques, matériel pédagogique adapté.
https://share.google/eCMuQVx5hLW8jsfA0
215 MENESR. (2025). Matériel pédagogique adapté [Circulaire]. https://www.education.gouv.fr/bo/2025/Hebdo33/MENE2517971C
216 Prédicteur de mots, synthèse vocale, utilisation de studys extension de Word, modificateur de PDF, logiciel de géométrie
217 Circulaire n° 2014-107 du 18-8-2014, Fonctionnement des réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) et missions
des personnels qui y exercent, https://www.education.gouv.fr/bo/14/Hebdo31/MENE1418316C.htm
218 Les RASED ont été créés en 1990. Leurs missions sont restées sensiblement identiques depuis leur création.
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des certifications spécifiques adéquates 219. Enfin, l’aide apportée par le RASED est centrée sur l’élève, mais
la circulaire prévoit qu’il puisse aussi participer à l’évolution des pratiques pédagogiques des enseignants220.
On comprend à cette lecture que les RASED, comme l’ont expliqué les interlocuteurs de la mission en
département préfigurateur, aient pu s’interroger sur le rôle des PAS, dont ils sont de fait très proches par
leurs objectifs et leurs modalités d’intervention.
Les RASED ont fait l’objet en 2021 d’un rapport de l’IGÉSR221. Ce rapport s’est explicitement inscrit dans le
contexte du service public de l’école inclusive en identifiant la contribution des RASED à l’objectif
d’acquisition du socle commun par tous. La mission observe que les constats posés en 2021 restent
pleinement d’actualité. Ainsi la mission avait constaté :
– un pilotage incertain du pôle ressource se traduisant par des organisations et des
fonctionnements hétérogènes (et donc illisibles dans le cadre d’un travail partenarial par exemple
avec le PIAL ou avec des partenaires médico-sociaux)222 ;
– une priorité politique mise sur la co-intervention en classe mais une réalité de prise en charge des
élèves en dehors de la classe en petits groupes et une absence de projet d’aide spécialisée
empêchant un travail conjoint formalisé avec l’enseignant sur les objectifs d’apprentissage ;
– des missions de personnes ressources auprès des enseignants prévues par les textes et relayées
institutionnellement, mais très peu effectives223 ;
– une mobilisation des enseignants du RASED sur des situations à la limite de leurs missions, que
ce soit pour une prise en charge d’« enfants éruptifs »224 ou en « solution d’attente » d’une prise
en charge médico-sociale de type orthophoniste.
En conclusion, la mission appelait notamment à « redéfinir la place du RASED dans le cadre d’une nouvelle
circulaire ministérielle », « doter chaque RASED d’une feuille de route » (dont un volet ressources), « éditer
un guide national pour consolider les pôles ressources et encourager à tisser des liens avec les PIAL ».
219 Les trois profils membres du RASED sont : (1) l'enseignant spécialisé chargé de l'aide à dominante pédagogique (maître E) pour
« prévenir et repérer (…) les difficultés d'apprentissage de ces élèves et apporter une remédiation pédagogique dans le cadre d'un
projet d'aide spécialisée. » ; (2) l'enseignant spécialisé chargé de l'aide à dominante rééducative (maître G) pour « prévenir et
repérer (…) les difficultés de comportement de ces élèves et de mettre en œuvre des actions » ; (3) le psychologue scolaire.
220 « Les enseignants spécialisés apportent leur appui aux enseignants pour prévenir et analyser les difficultés d'apprentissage ou de
comportement que manifestent leurs élèves, pour objectiver et comprendre les situations, croiser les approches, reconnaître et
prendre en compte les différences entre élèves au sein de la classe, cerner leurs besoins et les obstacles qu'ils rencontrent. Ils
accompagnent les équipes enseignantes pour l'élaboration de réponses adaptées aux besoins des élèves, la construction de
situations d'enseignement qui tiennent compte des stratégies d'apprentissage des élèves en difficultés et pour la mise en œuvre
de pratiques pédagogiques qui favorisent la réussite de tous les élèves. Cette aide à l'analyse des situations contribue à la
prévention des difficultés d'apprentissage et des risques de décrochage scolaire des élèves, en participant au développement des
compétences des équipes enseignantes. Elle permet de fonder une culture partagée sur les composantes de la réussite scolaire, de
sensibiliser les maîtres aux aspects pédagogiques qui fragilisent certains élèves plus que d'autres et les mettent en difficulté pour
leurs apprentissages. »
221 IGÉSR. (2021). L’organisation, le fonctionnement et l’évaluation des effets des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté
(Nos. 2021-013). https://www.education.gouv.fr/l-organisation-le-fonctionnement-et-l-evaluation-des-effets-des-reseaux-d-
aides-specialisees-aux-326800
222 La mission de 2021 indique que « les données recueillies (…) témoignent plutôt d’un pilotage incertain et d’une politique peu
lisible ». En témoignent « des procédures de signalement, de diagnostic et de traitement de la difficulté scolaire prise en charge
par les RASED qui diffèrent d’une circonscription à l’autre, voire d’un "pôle" RASED à l’autre au sein d’une même circonscription ».
Par ailleurs « la notion de pôle ressource est diversement exploitée et valorisée sur l’ensemble du territoire, avec un niveau
d’appropriation variable au niveau de la circonscription. » « La mission observe que, durant ses échanges de terrain, la question
des pôles ressources a soulevé parfois une réponse embarrassée, voire est souvent restée dans l’ombre, signe d’une diffusion
encore fragile de leur existence et de leur action. »
223 La mission de 2021 indique : « Rarement titulaires du Certificat d’aptitude aux fonctions d’instituteur ou de professeur des écoles
maître formateur (CAFIPEMF), les enseignants du RASED estiment, pour la plupart, ne pas avoir la "légitimité" d’un formateur ».
« Cette fonction [ressource] a été identifiée par la mission comme étant difficile à assurer, voire à assumer à certains endroits. »
224 Expressions de la mission de 2021 qui indique aussi : « La problématique des élèves au comportement hautement perturbant peut
faire l’objet de recommandations de traitement par les RASED » « Le cas des enfants dits "éruptifs" est très régulièrement évoqué
lors des entretiens conduits par la mission : leur présence est de plus en plus constatée et conduit souvent à l’interpellation du
RASED. »
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Aucune suite n’a été donnée à ce rapport, ce qui peut expliquer que la mission sur les AESH soit amenée à
réaliser les mêmes constats225. Le travail des RASED semble à la fois important pour les équipes d’école et
difficile à évaluer au niveau de la circonscription en l’absence d’un réel pilotage. Au-delà du RASED, qui en
constitue par ailleurs la partie la plus nombreuse, le pôle ressource reste largement virtuel.
La mission observe ainsi un décalage entre les très fortes mobilisations individuelles pour répondre aux
besoins d'appui pour les EBEP et la fragilité de la structuration institutionnelle pour la prise en charge de ces
élèves. La mise en place du PAS dont les missions sont très proches de celles des RASED voire du pôle
ressource questionne tant les RASED que leur environnement ; au-delà, elle appelle à une prise de conscience
au sein de l’institution sur la nécessité de prioriser et structurer les ressources de l’école pour tous.
Enfin, il faut remarquer qu’à l’exception des DACS et des coordonnateurs ULIS, aucune ressource relevant de
l’école inclusive ou de l’école pour tous n’est déployée dans le second degré. L’augmentation déjà objectivée
du nombre d’EBEP en situation de handicap dans le second degré, l’importance de la transition école-collège
et collège-lycée, et les données (non fiabilisées) sur l’augmentation des troubles de comportement hors
handicap au collège rendent ce constat très préoccupant et urgent à traiter.
3.3.1.4 Une médecine scolaire en manque de moyens et mal positionnée
En matière de ressources disponibles pour l’école inclusive, la mission s’est interrogée sur le rôle possible de
la médecine scolaire tant dans l’appui à l’école inclusive que dans la contribution au partenariat entre l’école
et le secteur médico-social à l’heure des PAS.
On peut ici citer le rapport IGAS-IGÉSR de 2023 sur la médecine scolaire : « Les constats établis montrent que
la politique de santé scolaire est très partiellement assumée. Le socle de missions, issu de sédimentations
successives, est largement au-delà de ce que peuvent réaliser les effectifs disponibles. L’écart s’accentue sous
l’effet de l’ajout régulier de tâches nouvelles et, s’agissant au moins des médecins, de la diminution encore
accrue de l’effectif global. »226 En l’état actuel de la médecine scolaire, elle ne constitue donc pas un potentiel
de ressources mobilisable.
Cela explique la difficulté à mettre en œuvre les plans d’accompagnement personnalisé (PAP) prévus par le
code de l’éducation pour « les élèves dont les difficultés scolaires résultent d'un trouble des
apprentissages »227. La mise en œuvre du PAP bute aujourd’hui sur la pénurie de médecins scolaires, dont
l’avis est requis. Le rapport IGAS-IGÉSR de 2023 met en lumière une confusion des rôles, le médecin se
trouvant de fait chargé de la mise en œuvre d’un document à caractère avant tout pédagogique. Le rapport
préconise ainsi de « recentrer le médecin scolaire sur son expertise médicale (le diagnostic du trouble) tout
en confiant la responsabilité de l’élaboration des aménagements à l’équipe pédagogique ».
La mission a reçu de nombreux témoignages – notamment d’associations – indiquant que les PAP n’étant pas
effectifs, les familles s’orientaient vers une demande de PPS, avec souvent une demande d’AESH. Il y a donc
un enjeu majeur à repositionner le rôle de la médecine scolaire et à responsabiliser les équipes sur la
réalisation des PAP.
Il découle des constats qui précèdent que l’utilisation des ressources de l’école inclusive n’est pas optimisée,
s’agissant aussi bien des ressources du SDEI, que celles du pôle ressource et de la médecine scolaire. Ces
éléments de sous optimisation sont à considérer en miroir de la « sur-optimisation » dont font l’objet les
AESH, au détriment de la qualité d’accompagnement des élèves et de leurs conditions de travail. La mission
a donc souhaité proposer un scénario alternatif d’organisation des ressources du système scolaire qui puisse
assurer une meilleure utilisation de ces ressources (dont celle des AESH).
225 L’inspecteur de l’éducation nationale est le « pilote du pôle ressource » mais dans la pratique, telle que la mission l’a observé, il
manque de temps et délègue cela à un enseignant spécialisé. Les fréquences de réunion du pôle ressource sont faibles – une
circonscription indiquait réunir le pôle ressource « au moins une fois par période ». La mission n’a pas eu connaissance de politique
de formation sur le handicap, de tableau de bord ou de projet de pôle ressource.
226 IGAS, & IGÉSR. (2023). Rapport au Parlement sur le devenir de la médecine scolaire et sur la politique de santé scolaire (Nos. 22-
23 034A). https://share.google/196NaxOICWb6hoDYu
227 MENESR. (2015). Le plan d’accompagnement personnalisé (Circulaire No. 2015-016).
https://www.education.gouv.fr/bo/15/Hebdo5/MENE1501296C.htm
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74
3.3.2. Vers une nouvelle organisation des ressources de l’école pour tous
Le SDEI a été créé dans un contexte de priorité donnée à l’école inclusive. Or, pour les raisons évoquées
précédemment, la porosité de la frontière entre l’accompagnement des ESH et celui des EBEP s’est accrue,
créant une tension sur les ressources strictes de l’école inclusive et dégradant le contexte d’enseignement. Il
s’agit désormais de penser l’organisation de « l’école pour tous », sans méconnaître la spécificité de la
scolarisation des ESH.
3.3.2.1 Mieux intégrer au droit commun les ressources de l’école inclusive
La comparaison internationale met en lumière des modèles où la proximité joue un rôle clé dans le diagnostic
et la définition des modalités d’accompagnement des ESH. La loi de 2005 a à la fois posé un objectif
d’accessibilité – notamment pédagogique – et installé un nouvel acteur, la MDPH, guichet unique du
handicap dans un rôle central de prescripteur des droits. Sans remettre en cause le modèle français centré
sur la MDPH, les exemples, comme ceux du Portugal ou de l’Italie, montrent l’intérêt de développer des
réponses locales et intégrées. En France, ces réponses sont d’ailleurs prévues réglementairement (via
notamment les PAOA, PAP, PPRE, PAI) mais largement ineffectives sur le terrain. Il s’agit donc de les remettre
au centre des priorités.
Par ailleurs, la porosité désormais installée entre ESH et EBEP invite à repenser l’approche strictement
individuelle, sous peine d’un épuisement des ressources d’une part, d’une stigmatisation des élèves d’autre
part. Ce sont en effet deux points majeurs soulevés par l’OCDE dans son analyse de la politique d’inclusion
portugaise228. Sans changement de paradigme, si une approche collective ne vient pas compléter l’approche
individuelle, les ressources spécialisées vont continuer d’être massivement orientées vers des prises en
charge individuelles ou en petits groupes, le plus souvent hors de la classe, au détriment de
l’accompagnement des équipes et du travail sur les environnements d’apprentissage. Cela alimente les
tensions sur les moyens humains et financiers, sans gains durables contre les inégalités de réussite et avec
un risque avéré de relégation des enfants concernés : la sédimentation et la multiplication des dispositifs
centrés sur des catégories d’élèves (élèves « à besoins », EBEP, nouvellement arrivés, élèves du voyage…)
tend à figer les étiquettes et à structurer, dans l’école ordinaire, des cheminements parallèles qui consolident
une différenciation intra‑établissement.
Afin de développer la personnalisation des enseignements sans multiplier des sous-groupes d’élèves,
marginalisés par rapport à une « norme » pédagogique, l’enjeu est donc de redéployer les ressources vers
l’accompagnement des enseignants, de développer des dispositifs collectifs à l’échelle des
établissements / territoires et de traiter la diversité dans une stratégie globale de développement de
l’accessibilité, comme y invite l’exemple portugais. Cela suppose de responsabiliser sur ces objectifs les
services de droit commun de l’école, et notamment les circonscriptions et les EPLE, en leur donnant les
moyens de les atteindre.
Les SDEI incarnent le service public de l’école inclusive et ont vocation, à ce titre, à jouer un rôle plus
stratégique de pilotage, d’expertise et de régulation, combiné à une plus grande autonomie et
responsabilisation des échelons de proximité (circonscriptions et EPLE) sur la mise en œuvre opérationnelle
de l’école inclusive.
3.3.2.2 Un principe d’organisation, « l’unité école pour tous »
À l’heure où, avec le PAS, de nouvelles ressources sont ajoutées au service public de l’école inclusive, qui
intègre formellement l’accompagnement des EBEP, il s’agit de tirer les enseignements de l’ineffectivité de la
structuration du pôle ressource depuis dix ans et plus largement de l’accompagnement à la montée en
compétences des enseignants sur la prise en charge des élèves à besoins particuliers, pour s’assurer que ces
ressources supplémentaires servent effectivement au développement de l’accessibilité à l’échelle des écoles
et des établissements.
228 OCDE. (2022). Review of Inclusive Education in Portugal (Reviews of National Policies for Education).
https://www.oecd.org/en/publications/review-of-inclusive-education-in-portugal_a9c95902-en.html
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La mission propose d’introduire des mécanismes de responsabilisation des circonscriptions et EPLE assortis
de moyens dédiés avec la création en leur sein d’une unité « école pour tous » dirigée par un personnel
d’encadrement spécialisé, « conseiller principal accessibilité » (voir infra)229.
Cette unité aurait pour mission d’être un pôle d’impulsion de l’accessibilité. Elle assurerait le suivi
pédagogique et administratif des élèves en situation de handicap et des EBEP, la gestion des personnels
spécialisés (dont les AESH), la mise en œuvre de la politique de formation de tous les personnels, et
l’animation des relations avec les parents, le secteur médico-social (dans le respect des coopérations
spécifiques du PAS) et les collectivités territoriales. L’objectif est de promouvoir une approche concertée et
une montée en compétences collective autour des principes de l’école pour tous.
Cette proposition implique de rattacher à la circonscription, en plus des RASED et de certains enseignants
ressources déjà membres de la circonscription, les ERSEH et les AESH, et d’inclure dans ce collectif les
coordonnateurs ULIS230. La mission a pu établir, à partir des données agrégées communiquées par la DGESCO
et des données du RERS, des estimations moyennes des moyens mobilisables à l’échelle d’une circonscription
ou d’un établissement. Ces données visent à donner un ordre de grandeur et ne constituent en aucun cas
une norme.
Tableau 1
Pour une circonscription du premier degré, il y a, en moyenne…
3 923 Elèves
171 Élèves en situation de handicap
171231 ETP enseignants devant élèves
8 ETP de RASED
0,8 ETP d’ERSEH232
0,5 ETP d’enseignants ressources233
4 ETP de coordonnateurs ULIS
40 AESH234
Un travail identique a été mené pour le second degré, à partir du nombre de collèges et de lycées
professionnels (LP).
229 Pour tenir compte des cultures organisationnelles du premier et du second degré, il peut être envisagé deux termes désignant la
même fonction : « coordonnateur accessibilité » pour le premier degré et « conseiller principal accessibilité » pour le second
degré.
230 L’un des enjeux de cette réorganisation est de préserver la ressource du PAS pour lui permettre de rester centré sur ses missions
et notamment d’éviter la gestion (chronophage) des AESH par le PAS.
231 Par pure coïncidence, il y a, à quelques unités près, autant d’élèves en situation de handicap dans le premier degré que
d’enseignants devant élèves.
232 La mission a divisé le nombre d’ERSEH par 2, considérant que les ERSEH suivent les élèves du premier et du second degré, et qu’il
y a autant d’ESH dans le 1D et dans le 2D.
233 Enseignants itinérants, ressources, chargés de mission, conseillers pédagogiques ASH
234 Le ratio a été fait en comptant que les élèves du 1D représentent 60 % des notifications d’aide humaine.
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Tableau 2
Pour un collège ou un LP, il y a, en moyenne…
38 Elèves en situation de handicap
0,2 ETP d’ERSEH
6 AESH
0,9 ETP de coordonnateur ULIS
0,3 ETP de DACS235
Le tableau 1 pour le premier degré et le tableau 2 pour le second degré montrent que de nombreuses
ressources humaines existent qui peuvent potentiellement être inscrites dans le droit commun, en
poursuivant leurs missions actuelles mais dans le cadre d’un projet de territoire ou d’établissement visant le
développement de l’accessibilité.
Les propositions de la mission conduisent par ailleurs à la création d’une nouvelle fonction de conseiller
principal accessibilité (CPA).
La mission estime que la baisse importante et durable des effectifs scolaires liée au recul démographique
dans le premier degré et progressivement dans le second degré, concomitante d’une augmentation des
élèves à besoins particuliers, permet d’envisager une réallocation des ressources éducatives en faveur de
l’école pour tous, pour des postes de CPA et une réduction des effectifs dans les classes.
La création de 1 379 emplois de CPA dans les circonscriptions du premier degré (un par circonscription) et de
5 000 emplois dans les collèges et lycées professionnels de plus de 300 élèves peut, dans ce contexte,
s’effectuer par redéploiement de moyens enseignants.
Financement des nouveaux CPA :
Premier degré :
- 1 379 ETP par redéploiement de moyens enseignants liés à la baisse démographique
Dans les 4 458 collèges (>300 élèves) :
-Dans les 1 370 collèges avec SEGPA, le DACS est responsabilisé sur la mission de CPA (voir 3.2.1.3 pour la
faisabilité)
-Dans les 1 093 collèges REP et REP+ qui scolarisent une grande proportion d’EBEP, recruter les nouveaux
coordonnateurs REP / REP+ avec une certification CAPPEI
-Dans les 2 000 collèges restants, financement par redéploiement de moyens enseignants liés à la baisse
démographique
En lycée professionnel et polyvalent :
-achever la couverture des LP et SEP en ULIS ; garantir la couverture de toutes les ULIS pro en AESH-co ;
responsabiliser le coordonnateur ULIS en CPA (voir 3.2.1 pour la faisabilité)
L’unité rendrait compte au DASEN sur une feuille de route intégrant des éléments de suivi des ESH et EBEP,
de montée en compétences collective des enseignants, avec des objectifs chiffrés d’accessibilité et
d’augmentation des mesures d’aménagement pédagogique. Ces éléments de suivi de la mise en œuvre de la
politique d’accessibilité pourraient être coconstruits avec l’aide de l’IEN ASH et du SDEI.
3.3.2.3 Deux déclinaisons distinctes pour le premier et le second degré
La mission propose deux déclinaisons de cette organisation d’unité école pour tous, pour respecter les
cultures et organisations distinctes du premier et du second degré.
– pour le premier degré : le conseiller principal accessibilité236 serait l’adjoint de l’IEN de
circonscription. Il assurerait la coordination des AESH, des enseignants spécialisés (dont ERSEH et
235 Rapporté seulement au nombre de collèges.
236 Voir aussi la remarque à la note 223.
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RASED) et des dispositifs ULIS à l’échelle de la circonscription et viserait à développer
l’accessibilité dans les écoles de la circonscription.
– pour le second degré : le conseiller principal accessibilité, membre de l’équipe de direction de
l’établissement, aurait pour objectif principal d’intégrer pleinement la question de l’accessibilité
dans la stratégie de l’EPLE.
Le risque principal d’une telle organisation est la potentielle rupture dans le suivi du parcours de l’élève,
notamment lors du passage entre le premier et le second degré. Des dispositifs de liaison renforcés et la
mobilisation du LPI devront impérativement être mis en place pour prévenir cette fragmentation.
Recommandation n° 18 : Placer auprès de l’IEN de circonscription et du chef d’établissement un conseiller
principal accessibilité (CPA), responsable du développement de l’accessibilité au sein de la circonscription ou
de l’EPLE, avec autorité fonctionnelle sur les personnels ressources de l’école inclusive (notamment ERSEH,
formateurs, personnels RASED et AESH), en lien avec le PAS, et faire une mise à plat des différents pôles,
réseaux, services, désormais placés au service de la circonscription ou de l’EPLE (MEN, DGESCO).
Recommandation n° 19 : revoir la répartition des rôles pour l’élaboration et la mise en œuvre du PAP en
responsabilisant le conseiller principal accessibilité, avec la validation du médecin scolaire (DGESCO).
L’expérience insatisfaisante des pôles ressources de circonscription invite à la prudence quant au potentiel
d’une réorganisation autour d’unités « école pour tous ». Dans cette perspective, la création d’une véritable
filière métier en charge de l’accessibilité apparaît comme un levier nécessaire, essentiel et complémentaire
pour constituer de véritables forces d’impulsion au niveau local en faveur du développement de
compétences collectives en matière d’accessibilité, et en appui des PAS.
3.4. Des métiers à créer pour développer l’accessibilité pédagogique
L’« accessibilité », prévue par la loi de 2005, est aujourd’hui encore demandée par de nombreux acteurs,
notamment associatifs (en particulier dans le champ des TND) et toujours en complément d’une réponse en
termes de compensation. Cette demande repose sur le constat que le déploiement des AESH a eu pour effet
de s’exonérer d’une réflexion nécessaire sur l’accessibilité des apprentissages.
Si cette demande a un peu d’antériorité, le déploiement du PAS lui a donné une place beaucoup plus centrale
dans la politique de l’école inclusive. Concomitamment, l’idée d’« agent d’accessibilité » proposée par la
FNASEPH237 dès 2021, est aujourd’hui reprise à son compte par le ministère avec quatre départements censés
être expérimentateurs à la rentrée 2025 (voir infra).
Si les partenaires médico-sociaux ont vocation à participer à cette dynamique de l’accessibilité (exemple des
DAR), le concept questionne d’abord l’organisation pédagogique de la classe, des apprentissages et de leur
évaluation. Il questionne donc les métiers de l’enseignement et fait émerger un besoin actuellement non
couvert de métiers dédiés à l’accessibilité, présente dans la plupart des pays observés dans la comparaison
internationale, regroupant des métiers inscrits dans un continuum allant de l’expertise stratégique à
l’intervention de proximité.
3.4.1. Un nouveau métier installé au cœur de l’école : le « conseiller principal accessibilité »
3.4.1.1 La nécessité d’un personnel pédagogique membre de l’équipe de direction / adjoint de l’IEN en charge de
l’accessibilité
Sur le terrain, la mission a rencontré des équipes souvent très engagées mais assez éloignées de l’accessibilité
pédagogique dans leurs préoccupations professionnelles. Leur sujet de focalisation est la situation de l’élève
en situation de handicap, reconnu par la MDPH, et les mesures de compensation dont il fait l’objet (AESH
surtout). Les questions de la mission sur l’appui à l’accessibilité des apprentissages ont rencontré peu d’écho.
Le MPA étant encore peu déployé, il n’aiguillonne pas la réflexion pédagogique sur l’accessibilité. Les leviers
pédagogiques de celle-ci, telles que l’attention aux obstacles potentiels aux apprentissages, l’importance de
la pédagogie explicite quant aux consignes, les étapes de la tâche et les critères de réussite, qui permettent
237 Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (FNASEPH).
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de ne pas surcharger les fonctions exécutives de l’élève, n’ont à aucun moment été évoqués par les
personnels de terrain rencontrés par la mission238.
La mission constate un déficit de culture professionnelle partagée sur l’accessibilité pédagogique et une
centration encore trop forte sur le strict périmètre des ESH alors que beaucoup de difficultés pédagogiques
sont posées par des élèves à besoins particuliers qui ne sont pas en situation de handicap. À cela s’ajoute la
question des représentations et du poids du « validisme » (voir supra les travaux de Caroline Huron). C’est
dans ce contexte que l’on peut comprendre l’absence de véritable « contrat pédagogique » passé entre
l’enseignant et l’élève en situation de handicap quant à ses objectifs d’apprentissage.
C’est donc une transformation pédagogique profonde que l’école doit accomplir qui requiert la présence
d’un personnel pédagogique expert, perçu comme légitime par les enseignants et porteur d’une ambition
pédagogique pour la scolarisation des élèves en situation de handicap et plus généralement les élèves à
besoins particuliers.
3.4.1.2 Missions principales
Comme évoqué au 3.3.2.2 et 3, il est proposé de positionner un cadre avec la certification CAPPEI auprès du
chef d’établissement ou de l’IEN de circonscription. Cet « expert » de l’accessibilité, équivalent dans son
champ du directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques (DDFPT) dans la voie
professionnelle, aurait pour mission de piloter la politique d’accessibilité de l’unité éducative.
Les missions de ce nouveau cadre seraient principalement de contribuer à la mise en accessibilité
pédagogique de l’école / établissement. Cela suppose d’accompagner le changement de regard et de
pratiques de la communauté éducative, d’assurer le suivi pédagogique des élèves en situation de handicap
et les EBEP, de renforcer la coéducation avec les familles, de dialoguer avec les collectivités territoriales et
les partenaires du secteur médico-social, facilitant ainsi la mise en œuvre de parcours coordonnés, en lien
avec les PAS là où ils existent (voir annexe 12).
3.4.1.3 Une mission centrale, aujourd’hui non priorisée : identifier et suivre les objectifs d’autonomie et
d’apprentissage des ESH et EBEP
Surtout, le conseiller principal accessibilité, avec son équipe (cf. infra), aurait un rôle central pour s’assurer
que de véritables objectifs d’autonomie et d’apprentissage sont élaborés, que les aménagements
pédagogiques prévus sont suivis.
Pour les élèves à besoins particuliers, il serait le garant, en lien avec l’ERSEH, de l’élaboration et de la mise
en œuvre effective des PPRE et PAP, en lien avec les enseignants et le médecin. L’enjeu est ici d’éviter que
ces besoins ne dérivent, par défaut de réponse adéquate, vers une prise en charge de type handicap.
Pour les ESH, il s’assurerait, en lien avec l’ERSEH, de la rédaction conforme du GEVA-Sco première demande.
Pour les élèves bénéficiant d’un PPS, il coordonnerait la rédaction du document de mise en œuvre et son
suivi régulier.
Pour tous, il serait responsable de la qualité de renseignement du LPI, permettant une traçabilité de la qualité
du suivi individuel et l’alimentation d’un tableau de bord de suivi de l’accessibilité et d’augmentation des
mesures d’aménagement pédagogique.
3.4.1.4 Les moyens dont il dispose
Pour mener à bien ses missions, et au regard des moyens existants actuellement (voir supra), le conseiller
principal accessibilité, dans le premier et le second degré, s’appuierait sur une équipe composée d’au moins
un ERSEH, de formateurs accessibilité et d’assistants d’accessibilité, qu’il encadrerait sur un modèle proche
de la relation entre le CPE et les assistants d’éducation (AED). Ce sont des personnels actuellement en poste
(ERSEH, formateurs, RASED…) qui seraient ainsi rattachés hiérarchiquement au conseiller principal
accessibilité.
Il assurerait également la gestion de proximité des AESH, reprenant ainsi cette partie des missions de
coordination des PIAL, et mènerait ses missions en lien étroit avec le PAS.
238 Ces éléments ont été amenés par les associations qui observent qu’ils peuvent être utiles à d’autres élèves à besoins particuliers.
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3.4.1.5 La fonction de CPA : l’hypothèse d’une mission fonctionnelle
La fonction de CPA pourrait s’exercer comme une mission fonctionnelle ouverte à des fonctionnaires relevant
des corps d’enseignement, ainsi qu’à des agents contractuels de niveau et d’expérience équivalents détenant
la spécialisation du CAPPEI 239. Ce choix permet de définir précisément les missions, conditions d’exercice et
modalités de recrutement, dans un calendrier plus allégé.
Le recrutement serait organisé au niveau académique par les recteurs, sur la base d’un référentiel métier
national, selon une procédure de poste à profil combinant examen des candidatures et entretien. La
première année d’exercice serait probatoire et assortie d’une formation spécifique aux missions de pilotage,
de coordination et d’expertise en accessibilité. La poursuite dans la fonction serait conditionnée à une
évaluation favorable. Le régime de travail applicable serait celui de la fonction publique d’État, cohérent avec
des missions de niveau catégorie A orientées vers l’appui aux équipes et le pilotage de l’école inclusive.
3.4.2. Un nouveau métier, l’« assistant d’accessibilité »
À la rentrée 2025, plusieurs départements « expérimentent » un « agent d’accessibilité ». Selon les
informations recueillies par la mission, il s’agirait à terme de sédentariser des AESH en école ou établissement
et de leur confier des missions de mise en accessibilité, sans que ces missions ne soient définies, à ce stade,
de manière précise. En septembre 2025, ces expérimentations n’étaient pas mises en œuvre, la priorité ayant
été donnée à la mise en œuvre du PAS.
Par ailleurs, pour les raisons évoquées supra (manque de culture de l’accessibilité, difficulté des RASED à se
positionner en co-intervention auprès des enseignants), la mission considère qu’un assistant accessibilité ne
peut seul contribuer à l’accessibilité d’un environnement scolaire et qu’il a besoin de l’appui et de la légitimité
hiérarchique d’un conseiller principal accessibilité. La proposition ci-dessous est donc indépendante de
l’expérimentation non déployée à la rentrée 2025.
3.4.2.1 Missions principales
Dans le modèle proposé par la mission sur la base des travaux de recherche, de la comparaison
internationale, des travaux de la FNASEPH, et des observations réalisées sur les missions des AESH-co,
l’assistant accessibilité, placé sous la responsabilité du conseiller principal accessibilité, aurait pour mission
d’intervenir non pas de manière individuelle, avec les risques induits d’« écran » aux apprentissages, mais
dans un service à la classe et à l’enseignant, sans être nécessairement assigné à la même classe / au même
enseignant sur toute l’année scolaire. Il serait non pas assis auprès d’un élève mais mobile dans la classe.
Sous la responsabilité du conseiller principal accessibilité, et en collaboration avec l’ensemble des équipes
éducatives et pédagogiques, il agirait au quotidien pour favoriser la scolarisation de tous les élèves, en
particulier de ceux présentant des besoins éducatifs particuliers. Ses missions s’organiseraient autour de trois
grands champs d’activité :
1. Le fonctionnement inclusif de l’établissement : l’assistant accessibilité participerait à la mise en
œuvre du projet inclusif de l’école ou de l’établissement, en veillant plus particulièrement à la prise
en compte des situations de handicap dans l’organisation de la vie collective hors la classe. Il veillerait
à ce que les temps de récréation, de déplacement et de sortie scolaire soient accessibles et sécurisés
pour les élèves à besoins éducatifs particuliers. Il favoriserait la participation sociale des élèves,
repèrerait les situations d’isolement ou de conflit, et pourrait proposer ou animer des actions de
sensibilisation au handicap avec les équipes éducatives et les élèves. Il contribuerait à la coordination
des intervenants extérieurs (notamment médico-sociaux) et au suivi administratif des dispositifs
d’accompagnement. Il prendrait part aux actions de formation autour des besoins éducatifs
particuliers.
2. L’appui au travail des enseignants : l’assistant accessibilité soutiendrait les enseignants dans la mise
en œuvre des PPS, PAP ou autres dispositifs, sans se substituer à leur responsabilité pédagogique. Il
contribuerait aux adaptations pédagogiques, à la préparation et à l’ajustement des supports, au bon
239 À l’instar des fonctions de conseillers en formation professionnelle : Cf. décret n° 90-426 du 22 mai 1990 fixant les dispositions
applicables aux conseillers en formation professionnelle relevant du ministre chargé de l'éducation.
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usage du MPA, et pourrait mener, à la demande de l’enseignant, des activités de consolidation des
apprentissages.
3. L’accompagnement dans les apprentissages : il accompagnerait les élèves à besoins éducatifs
particuliers pour faciliter l’accès à l’ensemble des activités scolaires, éducatives, culturelles,
sportives, artistiques ou professionnelles. Il aiderait à la compréhension des consignes, soutiendrait
l’expression et la prise de notes, favoriserait l’autonomie et veillerait à la mise en œuvre des
aménagements prévus lors des évaluations et examens. Pour les ESH accompagnés, il réalise ces
missions en lien avec les AESH.
Pour le premier degré, l’assistant d’accessibilité pourrait être présent un jour par semaine avec un enseignant
et couvrir un maximum de 4 classes.
Dans le second degré, deux scénarios sont possibles : rattachement à 4 classes de référence ou rattachement
à des enseignants. Le rattachement à la classe de référence permet de décloisonner l’organisation
disciplinaire du second degré, de créer du lien entre les enseignants et d’accompagner la dynamique sociale
et scolaire de la classe. Le rattachement à des enseignants, sur le modèle des techniciens de recherche et de
formation exerçant dans les laboratoires des EPLE, serait plus proche des pratiques en cours dans les
établissements et sans doute perçu par les enseignants comme un réel soutien, de nature à conforter
l’adhésion au développement de l’accessibilité pédagogique.
3.4.2.2 Penser la voie d’accès pour les AESH en poste
Les missions de l’assistant accessibilité impliquent une montée en compétences pédagogiques, un
recrutement à un niveau de qualification d’au moins bac+2 et une formation spécifique.
Ces missions, et leurs caractéristiques (et notamment temps plein, niveau de qualification, mission pérenne)
justifie la création d’un corps de fonctionnaire. Cette création doit s’accompagner d’une réflexion sur les
parcours professionnels. Pour les AESH expérimentées, notamment les AESH référentes, une voie d’accès
spécifique par concours interne à ce nouveau corps pourrait être créée. Un plan de formation ambitieux et
une reconnaissance des acquis de l’expérience seraient indispensables pour permettre ces évolutions de
carrière, offrant ainsi de réelles perspectives aux AESH en poste et contribuant à l’attractivité du métier.
Financement des assistants d’accessibilité
À terme, les assistants d’accessibilité doivent pouvoir répondre de manière plus satisfaisante aux besoins
aujourd’hui couverts par les AESH-m.
À court terme, les missions effectives des AESH-co étant proches de celles envisagées pour les assistants
d’accessibilité, et leur présence non contrainte par le processus de notification individuelle, les postes d’AESH-
co (actuellement de 7 200 ETP) pourraient être transformés en postes d’assistants d’accessibilité avec un passage
à temps plein (induisant un surcoût).
Il est difficile d’établir une projection cible du nombre d’ETP d’assistants accessibilité nécessaires à terme. À
titre indicatif, sur la base du volume actuel d’AESH-m, ce sont au moins 45 000 ETP d’assistants accessibilité,
à temps complet, qui pourraient être déployés. Dans l’optique d’en avoir au moins un par classe un jour de la
semaine à l’école et au collège, en l’état actuel de la démographie scolaire, il faudrait environ 85 000 ETP.
3.4.3. L’AESH, centrée sur les missions en lien avec la vie quotidienne et la vie sociale des élèves
Le développement d’une filière de l’accessibilité ne peut justifier la disparition de l’aide humaine ; elle
conforte au contraire le caractère irremplaçable des AESH pour l’accompagnement de l’enfant sous l’angle
de sa sécurité et de sa vie quotidienne et sociale.
Dans cette nouvelle organisation, la mission de l’AESH serait recentrée sur la compensation individuelle en
raison d’un handicap lourd (moteur, sensoriel, cognitif). Son rôle, centré sur l’élève, consisterait à assurer sa
sécurité, son bien-être, son autonomie dans les actes de la vie quotidienne et sa participation aux activités
de la vie sociale et relationnelle. Ces missions incluent l’aide à la mobilité, à l’habillage, aux repas, à la toilette,
ainsi que la facilitation des interactions avec les pairs et les adultes. En cela, une formation spécifique et
renforcée serait nécessaire sur des gestes techniques (manipulation d’un fauteuil, aide à la toilette, aspiration
endo-trachéale, etc.) et la relation d’aide, en fonction des besoins précis des enfants accompagnés. Les
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missions d’accompagnement dans les apprentissages s’exerceraient en lien avec le conseiller principal
accessibilité.
La mission fait l’hypothèse que le développement de l’accessibilité devrait limiter à terme le recours à la
notification d’aide humaine (et notamment celle qui aujourd’hui relève de l’aide mutualisée).
3.4.4. Le statut : un levier au service d’un projet, pas une fin en soi
La question du statut des AESH est au cœur des débats actuels. La comparaison internationale montre que
si la précarité du statut des AESH en France est une réalité, la réflexion doit porter plus largement sur la
nature des missions et le niveau de qualification requis. La plupart des pays européens font appel à des
personnels plus qualifiés et mieux rémunérés mais pour des missions également plus complexes, au service
de la classe et non seulement d’un élève.
Pour tenir compte de l’histoire du métier tout en infléchissant la politique d’inclusion, la mission propose une
approche différenciée.
La première partie du présent rapport a présenté les points d’évolution souhaitables pour les AESH mais aussi
les raisons pour lesquelles un maintien sous statut contractuel constitue la voie la plus appropriée pour
l’exercice de leurs missions.
Au terme d’une montée en charge des métiers de l’accessibilité, pour les AESH recentrées sur
l’accompagnement à la vie quotidienne et sociale, le maintien d’un statut contractuel en CDI, avec des
conditions d’emploi améliorées, semble toujours adapté à une mission liée à une notification individuelle.
Toutefois, à l’issue d’une nécessaire période de transition permettant la mise en place de CPA et d’assistants
d’accessibilité, la mission estime nécessaire de procéder à un bilan du repositionnement des AESH, y compris
dans leur dimension statutaire.
Recommandation n° 20 : tenir des « assises des métiers de l’école pour tous » avant la fin mars 2026,
associant ministère de l’éducation nationale et ministère de la santé, qui permette de réaliser une
cartographie des métiers et des formations (potentiellement diplômantes) nécessaires au développement
de l’accessibilité à l’école, et d’expliciter la création au sein du MEN d’une filière métier de l’accessibilité. À 3
ans, réaliser un bilan des mutations professionnelles et de missions associées (MEN, MS, MFP).
Recommandation n° 21 : Intégrer au mouvement des personnels pour la rentrée 2026, 3 000 ETP de postes
à profil de conseillers principaux d’accessibilité (50 % de la cible finale, dont une partie par redéploiement)
et au moins 8 000 ETP d’assistants d’accessibilité (dont 7 200 ETP d’AESH-co). Finaliser le déploiement des
CPA et poursuivre celui des assistants d’accessibilité pour la rentrée 2027 (DGRH, rectorats).
3.5. L’accompagnement au changement : les conditions de la réussite
La politique de l’école inclusive constitue un défi collectif majeur pour le système éducatif français.
En l’absence d’une politique de développement de l’accessibilité pédagogique, les personnels, enseignants
comme accompagnants, se sentent souvent « démunis » et insuffisamment préparés pour faire face à la
complexité des besoins. Cette perception est aggravée par la saturation des ressources humaines et
matérielles, tant du côté de l’école que du médico-social.
Dans ce contexte ce rapport invite à sortir de la « dépendance au sentier » qu’a constitué le recours quasi
exclusif aux AESH pour prendre résolument le virage de l’accessibilité pédagogique. Cette nouvelle
orientation stratégique implique une transformation tant des pratiques que des organisations et même de
la culture de l’école, en lien avec ses partenaires. Une attention particulière doit être accordée à la conduite
du changement, en restaurant la confiance et en alignant les moyens sur les ambitions.
3.5.1. Points d’attention
Le « virage de l’accessibilité » parie sur un rééquilibrage entre compensation et accessibilité. Le recours
massif à l’aide humaine, incarnée par les AESH, a eu pour résultat freiner le développement de l’accessibilité
pédagogique. La logique des PAS et du droit commun vise à inverser cette tendance en privilégiant les
solutions d’accessibilité (matériel adapté, adaptations pédagogiques) et en faisant de l’aide humaine une
réponse complémentaire. À terme, cela pourrait conduire à une mise en extinction progressive des
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accompagnements mutualisés (AESH-m), tributaires d’une notification individuelle en dépit d’une vocation
inaccomplie d’intervention collective, au profit de solutions plus claires, plus structurelles et pérennes dans
les établissements. Cet « effet ciseau » — moins de compensation individuelle, plus d’accessibilité
collective — doit être activement accompagné pour être effectif sans laisser les équipes et les élèves sans
solution durant la transition.
La proposition de reconfiguration de la gouvernance locale, incarnée par l’inscription dans le droit commun
des ressources de l’école inclusive et leur articulation avec les PAS, nécessite d’être explicitée quant à ses
objectifs. Cette nouvelle organisation s’accompagne d’une réaffectation des ressources d’accompagnement
(et notamment des enseignants spécialisés) au plus près des besoins du terrain, en confiant directement à
l’IEN ou au chef d’établissement ces ressources, tout en renforçant le rôle d’impulsion du SDEI. Chacun des
services concernés (et notamment le SDEI) doit identifier la plus-value de cette réorganisation et ses objectifs
non pas tant organisationnels que pédagogiques.
Enfin, les difficultés rencontrées ne sont pas seulement celles des élèves et de leurs familles, mais aussi celles
des enseignants face notamment aux situations d’« élèves éruptifs ». En attendant l’effectivité d’une culture
de l’accessibilité, ces situations doivent faire l’objet d’un traitement prioritaire et d’échanges de bonnes
pratiques à effet rapide pour restaurer la confiance et la sérénité au sein des écoles et établissements.
Exemple de protocole de prise en charge des « élèves éruptifs »
Le SDEI du 77 teste un protocole « 15jours/15jours » qui semble apporter une réponse à la gestion des situations
explosives en école. Il s’agit d’un protocole dans lequel une première réunion du conseil des maîtres acte la mise
en œuvre du protocole et l’équipe s’engage pendant 15 jours à observer l’élève ; au bout de cette période une
nouvelle réunion, avec le pôle ressource, permet de partager les observations et d’identifier des leviers d’action
testés pendant 15 jours. Si au terme de ces deux fois 15 jours, la situation ne s’est pas améliorée, un relais
extérieur (médico-social) est pris. Ce protocole remobilise le travail d’équipe et en lui donnant un horizon
temporel et lui permet de se reconcentrer sur une gestion professionnelle plus qu’émotive de la situation.
3.5.2. Susciter l’adhésion des enseignants au projet de l’École pour tous à travers un investissement fort
dans la formation et une trajectoire de réduction des effectifs
Il s’agit en effet de pouvoir répondre structurellement aux difficultés exprimées par les enseignants face à
des contextes d’enseignement qui les bousculent. Les données internationales confirment l’urgence d’agir :
74 % des enseignants français, contre 45 % en moyenne dans les pays de l’OCDE240, déclarent qu’ils ont dans
leurs classes au moins 10 % d‘élèves à besoins éducatifs particuliers. Cette exposition ressentie à la diversité
des élèves manifeste une perception qui ne s’accompagne pas d’une préparation adéquate. Seuls 53 % des
enseignants estiment pouvoir adapter leurs tâches d’apprentissage à leurs élèves aux profils spécifiques, un
chiffre inférieur à la moyenne OCDE qui est de 62 %.
Les propositions de la mission autour du « virage de l’accessibilité » devraient susciter une amélioration des
contextes d’enseignement. Pour être pleinement effective celle-ci nécessite cependant l’adhésion et la
professionnalisation des enseignants eux-mêmes aux principes et à la mise en œuvre de l’École pour tous.
3.5.2.1 Une priorité en matière de formation des enseignants
Il est urgent et nécessaire de professionnaliser l’ensemble des enseignants, afin qu’ils puissent être
autonomes en matière d’accessibilité, superviser efficacement les futurs assistants accessibilité et, in fine,
améliorer la scolarisation des élèves. Cela passe par une refonte de la formation, tant initiale (en cours) que
continue, ainsi que par des formations conjointes enseignant / AESH.
La formation initiale a fait l’objet d’une première évolution importante par le doublement des heures dédiées
au module « Adapter sa pratique professionnelle à la diversité des élèves » (bloc 2 de la nouvelle maquette
des masters MEEF) (50h au lieu de 25h à compter de la rentrée 2026). Toutefois, des travaux exploratoires
menés en INSPÉ avec des experts en didactique et visant à intégrer la pratique des aménagements
240 OECD. (2025). Results from TALIS 2024. TALIS. https://doi.org/10.1787/90df6235-en
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pédagogiques directement dans les blocs de compétences disciplinaires (mathématiques, français, ...)
semblent plus prometteurs.
En matière de formation continue, un parcours de déploiement de l’accessibilité pédagogique a été conçu
sur la plate-forme m@gistere. Il a été présenté aux académies en janvier 2025 dans le cadre d’un séminaire
du plan national de formation consacré à l’école pour tous et doit pouvoir alimenter les plans de formation
continue des premier et second degrés des académies.
La mission inscrite au programme de travail annuel de l’IGÉSR et dédiée à l’accessibilité pédagogique
permettra d’alimenter des évolutions en ce sens 241.
Recommandation n° 22 : dans le cadre du suivi de la réforme de la formation initiale, attacher une forte
priorité au développement de compétences professionnelles pour l’accessibilité dans le bloc 1 et le bloc 2 ;
assurer la promotion des modules m@gistère sur l’accessibilité dans le premier degré dans le cadre de
« l’acte II » des plans français et mathématiques et dans le second degré dans le cadre des plans académiques
de formation ; développer des formations conjointes enseignants-AESH (IGÉSR, DGESCO).
3.5.2.2 Intégrer la priorité à l’École pour tous dans la stratégie sur la taille des classes
La mission s’inscrit dans la perspective d’un développement à l’échelle de la classe – et non plus d’un élève –
de l’accessibilité pédagogique. Néanmoins, la taille des classes constitue un élément déterminant de la
réussite de cette transformation, en tant que telle et dans l’adhésion des enseignants à la stratégie globale
de mise en œuvre de l’École pour tous.
Ainsi, une réduction ciblée des effectifs dans les classes accueillant une forte proportion d’élèves à besoins
éducatifs particuliers, et l’intégration formalisée d’un critère « EBEP / ESH » dans les règles d’allocation
des moyens aux écoles et EPLE, apparaissent nécessaires à la réussite de la transformation envisagée. Elle
suppose un renforcement urgent des capacités de suivi statistique des EBEP sur la base d’une première
enquête que la mission suggère de mettre en place sans délai (cf partie 2). La baisse démographique actuelle
est l’occasion unique de procéder à un rééquilibrage.
3.5.3. Un nécessaire renforcement opérationnel de la gouvernance locale et nationale
Pour piloter une transformation d’une telle ampleur, une feuille de route nationale claire, déclinée
localement, est indispensable.
La gouvernance politique de l’école inclusive s’appuie sur un comité national de suivi, coprésidé par les deux
ministres compétents, explicitant le caractère stratégique de cette ambition. Ce comité, institué en 2019, est
un lieu de concertation avec l’ensemble des acteurs de l'école inclusive, notamment les associations de
parents d'élèves en situation de handicap, les collectivités locales, les représentants de l'Éducation nationale
et du secteur médico-social. Les orientations qu’il a vocation à définir, à raison de deux réunions par an,
gagneraient, comme recommandé supra, à s’adosser aux travaux d’un observatoire dont le comité pourrait
contribuer, sur le plan stratégique, à la feuille de route. Son articulation avec l’instance plus particulièrement
dédiée au partenariat du ministère chargé du handicap avec les collectivités locales, le comité de suivi « Pour
une société pleinement accessible » dont la première réunion s’est tenue le 5 juin 2025, doit être précisée.
Au niveau plus opérationnel, l’administration centrale joue un rôle majeur d’accompagnement des
expérimentations de terrain et de la mise en œuvre des orientations nationales. Toutefois, la lisibilité des
acteurs et des priorités est parfois complexe : à la DGESCO, le bureau de l’école inclusive est en interaction
avec de nombreux autres bureaux, ce qui suppose une réelle transversalité ; l’articulation avec la Direction
Générale des Ressources Humaines (DGRH) doit aussi être améliorée.
La mission appelle également à donner une forte lisibilité à la conduite des projets SI et à renforcer la capacité
de la DNE à piloter les évolutions et les interfaces du livret de parcours inclusif (LPI) en approche produit,
étant donné les enjeux de terrain majeurs qui s’y attachent. Le LPI doit devenir l’outil de suivi de référence.
Conçu pour centraliser les plans et aménagements (PPS, PAP, PPRE), il est au cœur des objectifs de continuité
241 Sur les modalités et contenus précis, la mission renvoie aux travaux futurs, notamment la mission IGÉSR inscrite au plan de travail
annuel 2025-2026 intitulée « L’accessibilité pédagogique : de la formation à la diplomation ».
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du parcours de l’élève. Son accessibilité et son appropriation par tous les intervenants (enseignants, familles,
professionnels du médico-social) sont cruciaux.
S’agissant du partenariat, aujourd’hui bien effectif entre l’éducation nationale et l’administration du
ministère des solidarités, le renforcement d’une conduite par projet, sous le pilotage du comité national de
suivi, permettrait de faciliter les coopérations (DGCS, CNSA) dans une visée plus opérationnelle que
réglementaire. Les chantiers relatifs au « suivi social dans l’école », à l’installation des pôles d’appui à la
scolarité ou encore au développement concomitant d’objectifs renforcés d’accessibilité pédagogique dans
l’école et de transformation de l’offre médicosociale demandent une forte concertation et une forte
attention aux moyens dégagés pour les mener.
Sans préjudice des chantiers relatifs à l’école inclusive, une réflexion parait également nécessaire pour initier,
entre les administrations en charge de la santé (DGS, DGOS) et l’éducation nationale, de nouvelles
coopérations, aujourd’hui peu activées, dans le champ sensible de la santé mentale et les troubles associés
des élèves.
Enfin au titre des projets nationaux, la mission confirme l’intérêt de prolonger les échanges et la concertation
sur l’école inclusive dans l’esprit d’adapter les cadres hérités de la loi du 11 février 2005 aux besoins
d’aujourd’hui des enfants. L’écoute des familles et des associations, mais aussi des chercheurs et des
professionnels doit être mise au service d’une mutation urgente en faveur de l’accessibilité de l’école.
Plusieurs volets devront être envisagés, parfois hautement sensibles, sur les processus de reconnaissance du
handicap, sur la place des EBEP dans les stratégies pédagogiques, sur les métiers de l’école pour tous et leur
juste valorisation.
Au niveau local, la mission a proposé supra plusieurs axes concrets de meilleure association des collectivités
locales et des familles, au-delà de l’attention croissante qui est portée aux coopérations avec le secteur
médicosocial. Les propositions relatives à l’évolution interne des ressources de l’école inclusive (création des
unités école pour tous, définition de nouveaux métiers de conseiller principal accessibilité et agent
d’accessibilité) doivent être l’occasion d’ouvrir les lieux de pilotage locaux (CDEN, réunions internes aux
établissements, comités de pilotage ad hoc comme pour les PAS) à ces partenaires majeurs, dont
l’accompagnement et l’adhésion sont une condition centrale de réussite.
Conclusion
Au terme de cette analyse, la mission fait le constat que le modèle actuel de l'accompagnement humain,
incarné par les AESH, bien qu'essentiel pour garantir l'accès à l'école, n'est plus adapté aux enjeux de
l’inclusion et de l’école pour tous. Centré sur une logique de compensation individuelle, il a engendré un
dispositif sous tension, caractérisé par la précarité d'un métier majoritairement féminin et une réponse
partiellement inadaptée aux besoins complexes des élèves. Le système a atteint un point de rupture, où la
croissance continue du nombre d'accompagnantes ne suffit plus à masquer les failles structurelles d'une
approche qui peine à transformer l'environnement scolaire en un lieu nativement accessible.
La transition vers une « école pour tous » exige une transformation profonde des pratiques et des
organisations. Le rapport propose ainsi une réorganisation des services de l’éducation nationale pour
rapprocher des agents et des usagers les ressources spécialisées. En complément, la proposition centrale est
de faire évoluer les professionnalités en créant des métiers dédiés à l'accessibilité, comprenant des
conseillers principaux accessibilité dans le premier et le second degré, avec, à leurs côtés des assistants
accessibilité et des AESH. L’assistant accessibilité aurait pour mission de rendre l'environnement et les
apprentissages accessibles à l'ensemble des élèves avec un renforcement des missions des AESH sur
l'accompagnement à la vie quotidienne et sociale. Les AESH resteront un levier important d’accès à la
scolarité pour nombre d’enfants en situation de handicap. Enfin, cette stratégie suppose l’adhésion des
enseignants, leur professionnalisation et une réflexion renouvelée sur la taille des classes dans le contexte
de la baisse démographique.
L’engagement de l’éducation nationale dans une vraie stratégie d’accessibilité devrait permettre aux enfants
en situation de handicap et à besoins particuliers de mener un parcours de scolarité adapté, dans lequel les
AESH pourront trouver leur juste place, reconnues pour leur professionnalité et pleinement intégrées à la vie
de l’école.
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Une telle évolution ne saurait aboutir sans un renforcement significatif des coopérations entre l'éducation
nationale, le secteur médico-social, les collectivités locales et, de manière cruciale, les familles. La mise en
place d'une gouvernance locale de l'école inclusive, s'appuyant sur des diagnostics partagés et des ressources
mutualisées, est la condition sine qua non pour dépasser les cloisonnements actuels.
Enfin, l'enjeu n'est pas seulement statutaire ou organisationnel, mais bien culturel et politique. Il requiert un
investissement massif dans la formation de tous les acteurs, une communication claire sur les objectifs visés
et une volonté politique forte pour porter cette vision renouvelée de l’école inclusive, en l’inscrivant
pleinement dans la discussion sur les enjeux de la baisse démographique.
Pierre ARENE Laure DE LA BRETECHE Bénédicte ROBERT
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Annexes
Annexe 1 : Lettres de saisine et de désignation ...................................................................... 89
Annexe 2 : Liste des personnes rencontrées........................................................................... 93
Annexe 3 : Méthodologie de la mission .................................................................................. 105
Annexe 4 : Liste des sigles ....................................................................................................... 110
Annexe 5 : Synthèse des recommandations des rapports institutionnels depuis 2022 ......... 113
Annexe 6 : Témoignages d’AESH ............................................................................................. 120
Annexe 7 : Le rôle et les missions des AESH : une comparaison internationale ..................... 132
Annexe 8 : Etat de la recherche sur l’accompagnement humain des élèves en situation de
handicap ................................................................................................................ 141
Annexe 9 : Le cadre d’emploi contractuel des AESH : des progrès réels et des limites
structurelles........................................................................................................... 153
Annexe 10 : Les travaux sur la fonctionnarisation des AESH se heurtent à une difficile
redéfinition des missions et à un temps de travail structurellement incomplet .. 171
Annexe 11 : La notification des mesures relatives à la scolarité en MDPH et la question de
l’aide humaine : Etat des lieux, pratiques, évolutions et questions ..................... 185
Annexe 12 : Les pôles d’appui à la scolarité ; Point de situation au 1er septembre 2025 ......... 207
Annexe 13 : Le dispositif ULIS, ressource interne pour une école inclusive accessible ? ......... 230
Annexe 14 : Proposition de fiches de poste pour « conseiller principal accessibilité » et
« assistant d’accessibilité » ................................................................................... 234
Annexe 15 : Les métiers de l’accompagnement médico-social et de l’accompagnement
socio-éducatif ........................................................................................................ 238
Annexe 16 : L’évolution de l’offre de places en ESMS .............................................................. 244
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Annexe 1
Lettres de saisine et de désignation
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Annexe 2
Liste des personnes rencontrées
• Ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
– Mme Valérie Maurin-Dulac, conseillère école inclusive, santé, sport, handicap
– M. Olivier Salerno, conseiller budgétaire
• Ministre chargée de l’Autonomie et du Handicap
– M. Vincent Reymond, cirecteur de cabinet
– Mme Charlotte Faïsse
• Ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles
– Mme Brigitte Chabrol, conseillère
• Ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins
– Dr. Dinh-Phong Nguyen, conseiller santé publique, prévention et numérique
• Assemblée nationale
– Mme Fatiha Keloua Hachi, députée de Seine-Saint-Denis (8e circonscription)
– Corentin Le Fur , député des Côtes-d'Armor (3ᵉ circonscription)
• Sénat
– M. Cédric Vial, sénateur de la Savoie (Auvergne-Rhône-Alpes)
– M. Olivier Paccaud, sénateur de l'Oise
• Direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO)
– M. Matthieu Lahaye, chef de service de l'instruction publique et de l'action pédagogique
– Mme Catherine Albaric-Delpech, sous-directrice des savoirs fondamentaux et des parcours
scolaires
– Mme Anne Savouroux, adjointe à la sous-directrice des savoirs fondamentaux et des parcours
scolaires
– Mme Céline Kerenflech, cheffe de service du budget et des politiques éducatives territoriales
– M. Erwan Coubrun, sous-directeur des programmes budgétaires
– Mme Cécile Goujon, cheffe du bureau du programme « vie de l'élève »
• Secrétariat général du ministère de l'Éducation nationale, du ministère de l'Enseignement supérieur,
de la Recherche et de l'Espace et du ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative
– M. Thierry Legoff, secrétaire général
– M. Sébastien Mounié, haut fonctionnaire au handicap et à l’inclusion
– Mme Christine Gavini-Chevet, chargée d'une mission nationale sur les PAS
• Service de modernisation des systèmes d'information des ressources humaines (SEMSIRH)
– M. Stéphane Trainel, directeur du service
– Mme Nathalie Escaffre-Andrieu, adjointe au directeur du service
• Direction du numérique éducatif DNE
– M. François Wolf, adjoint au directeur
– Mme Agnès Duwer, sous directrice des services numériques
– M. Flavien Kapp, adjoint à la cheffe du bureau des SI de la scolarité – DNE SN2
– M. Didier Alaux, chef du projet LPI (DNE SN2)
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– Mme Amina Chitour, cheffe du bureau DNE SOCLE 1
– M. Adolphe Benjamen, DNE SOCLE 1
• Direction générale des ressources humaines (DGRH)
– M. Christophe Gehin, directeur général
– Mme Sylvie Thirard, cheffe de service des personnels enseignants de l’enseignement scolaire
– M. Laurent Crusson, chef du Service de l’attractivité et de la politique des ressources humaines
– M. Laurent Belleguic, sous-directeur des personnels enseignants, d'éducation et des
psychologues de l'éducation nationale
– M. François Gicquel, chef du département des affaires juridiques, statutaires et indemnitaires
• Direction des affaires financières (DAF)
– Mme Marjorie Soufflet-Carpentier, sous-directrice l’expertise statutaire, de la masse salariale,
des emplois et des rémunérations
• Direction de l ’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP)
– Mme Magda Tomasini, directrice
– Mme Guillemette Buisson, cheffe du bureau des études statistiques sur les personnels
– Mme Sandra Andreux, cheffe du bureau de la conception et du pilotage de l'évaluation des élèves
– Mme Amandine Weber, adjointe à la cheffe du bureau des études statistiques sur les élèves
– M. Mickaël BEATRIZ, chef du bureau des études sur les établissements et l ’ éducation prioritaire
• Direction générale de la cohésion sociale (DGCS)
– M. Jean-Benoît Dujol, directeur général
– M. Benjamin Voisin, chef de service des politiques sociales et médico-sociales, adjoint au
directeur général
• Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)
– Mme Julie Labarthe, sous-directrice de l’observation de la solidarité
– Mme Béatrice Le Rhun, adjointe de la cheffe de bureau des collectivités locales
• Délégation interministérielle à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement
– M. Etienne Pot, délégué interministériel
– M. Thierry Bour
• CIH
– Mme Céline Poulet, secrétaire générale
– M. Maxime Oillaux, chef de projet « Participation des personnes »
• CNSA
– Mme Aude Muscatelli
– Mme Michelle Hermann
– M. Etienne Deguelle
• ANAP
– M. Stéphane Pardoux
– Mme Caroline Massot
• Médiatrice de l’éducation nationale
– Mme Catherine Bizot, médiatrice de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur
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– Mme Charlotte Avril, adjointe à la médiatrice de l'éducation nationale, de l'enseignement
supérieur et de la recherche
– M. Thomas Levigne, chargé de mission
• Défenseure des droits
– Mme Marie Lieberherr, directrice « protection des droits - affaires judiciaires »
– Mme Valérie Jegu, conseillère experte – handicap/autonomie au secrétariat générale
– Mme Marguerite Aurenche, cheffe du pôle Défense des droits de l’enfant
• Conseil national consultatif des personnes handicapées
– M. Nicolas Eglin, président de la commission « Education, scolarité, enseignement supérieur et
coopération entre éducation ordinaire et éducation adaptée »
– Mme Marie-Pierre Toubhans
• ANCREAI
– Mme Sandra SINIGAGKIA, responsable de projets, études et formations à la fédération nationale
des CREAI
• APF France Handicap
– Mme Bénédicte Kail
• Fédération des dys
– Mme Nathalie Groh, présidente
– Mme Laetitia Branciard , vice-présidente
• Autisme France
– Mme Daniele Langloys, présidente
• Hypersupers - TDAH
– Mme Claudine Casavecchia, présidente
– Mme Christine Getin, directrice générale
– M. Daniel Quagliori, vice-président
• AIRe
– Roland Dysli, président de l'association des DITEP
– Annelise Garzuel, conseiller technique pour l'association des DITEP
– Olivier Mayette, coordonnateur pédagogique en DITEP
• ANDIME
– M.Dominique Driollet, président
– Mme Estelle Vertueux, vice-présidente
– Mme Chloé Joly, éducatrice spécialisée en EMAS
– Famille Dorso
• UNAPEI
– Mme Sonia AHEHEHINNOU
– Mme Mathilde Vincent
– Mme Florence Perret
• FCPE
– M. David Dumont, administrateur national
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96
• PEEP
– Mme Mona Teitgen Le Gendre, administratrice, référente groupe santé prévention
• AFER (association française enseignants référents)
– M. Quentin Cohuau, président
• AESH en lumière
– Caroline Lagadeuc, co-fondatrice de l’association
– Sandy Guyomard, co-fondatrice de l’association
• SE UNSA
– M. Gilles Langlois, secrétaire national
– Mme Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale
• SNALC
– M. Jean-Rémi GIRARD, président national
– Mme Danielle ARNAUD, membre du bureau national, responsable nationale chargée des AESH
• CFDT EFRP
– Florence Dubonnet, secrétaire nationale
– Carole Ferlet, secrétaire fédérale en charge du dossier AESH
– Sarah Zytnicki
• FNEC FP-FO
– M. Christophe Lalande, secrétaire fédéral
• FSU
– Mme Cécile Stassi
– Mme Virginie Cassand
– Mme Séverine Brelot
• AMF
– M. Frédéric Leturque, vice-président
• ADF
– Olivier Richefou
– Jérôme Dumont
Chercheurs
– Mme Marie Toullec, professeure des universités en sciences de l’éducation, CREN, Nantes
– M. Frédéric Dupré, maître de conférences, GRHAPES, INSEI
– Mme Martine Caraglio, inspectrice générale honoraire de l’éducation, du sport et de la recherche
• Académie de Strasbourg
Conseillers académiques et DSDEN
– M. Olivier Klein, recteur d’académie
– Mme Claudine Macresy Duport, SGA
– M. Nicolas Feld-Grooten, DASEN
– M. David-Olivier Comte, SG DSDEN
– Mme Patricia Muller, CT ASH, IEN ET EG en SBSSA
– M. Mike Noeppel, IEN ASH
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– M. Sylvain Golder, Coordonnateur des PIAL/ PAS
– Mme Sophie-Charlotte Debionne, CPC école inclusive
– Mme Caroline Dreger, cheffe du bureau des AESH
– Mme Christelle Viaud, service académique de gestion des AESH
– Mme Stéphanie Loiseau , chargée de mission MPA
– Mme. Veronique Weibel, IEN ASH
– Mme Claire Avajon, CPC ASH 2D
– Mme Emmanuelle Thillaye, ERSEH
– Mme Ermine Baudais, ERSEH
AESH référentes
– Mme Marion Golder, AESH référente et accompagnatrice de la mission
– M. Dominique Kandel
– Mme Hugette Lambert
– Mme Virginie Lemaire
– Mme Maylis Bourniquel
– Mme Christine Reffin
– Mme Tiphanie Comartin
– Mme Karine Guillaume
– Mme Aurore Boegelin
– Mme Ludovic Schaeffer
– Mme Hélène Priss
– Mme Elisabeth Wetzel
MDPH 67
– Mme Laurence Dehan, directrice
– M. François Pyot, responsable parcours de l'usager
– Mme Marie Bogula, responsable service orientation enfant
ARS 67
– Mme Véronique Caspar, Référente financière, secteur autonomie
– Mme. Véronique Le Goff, Correspondante personnes handicapées, secteur autonomie
Etablissements/ personnels médico-sociaux
– M. Valentin Chartier, directeur adjoint DASCA, site de Neuhof, association Adèle de Glaubitz
– M. Pierre-Mickaël Klein Scheidt, cadre intermédiaire équipe mobile d’appui médico-social (EMAS)
ARSEA (association régionale spécialisée d’action sociale d’éducation et d’animation)
– Mme Claire Malnoury, (DITEP) St-Charles, Fondation Saint Vincent de Paul, Troubles du langage
– Mme Nathalie Brassel, pôle de compétences et de prestations externalisées (PCPE) Institut
médico éducatif Tremplin (APEDI Alsace, association de parents, personnes handicapées
intellectuelles et de leurs amis)
– M. Romain DUDKA UEMA IME Tremplin (APEDI Alsace)
– M. Romain Gruner Sessad IME Tremplin (APEDI Alsace)
– Mme Maya Ham-Schmidt, Institut d’éducation motrice (IEM) les Soleils (ARAHM, association
régionale d’aide aux handicapés moteur)
– Mme Loriane Giguet, directrice Institut éducatif sensoriel (IES) Auguste Jacoûtot (association
Adèle de Glaubitz)
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– Mme Raphaëlle Fuzenik, enseignante spécialisée UEE, IES Auguste Jacoûtot
– M. Pierre Kretz, chef de service DITEP les Mouettes,
– Mme Dorcas Hetzel, coordonnatrice pédagogique DITEP les Mouettes
Personnels du lycée Oberlin, Strasbourg
– Mme Rose Da Cruz, enseignante STMS
– Mme Beatrice Jauneau, AESH
– Mme Laurence Irte, AESH à la retraite
– M. Frédéric Torres, AESH
– M. Stéphane Helmbold, AESH
– M. Alexandre Lemos, coordonnateur Ulis
– Mme Sophie Welfringer, proviseure adjointe
– M. Alain Heili, proviseur
– Julien, élève de terminale bac pro métiers de l'accueil, scolarisé en ULIS
Ecole élémentaire Albert Le Grand, Strasbourg
– Mme Claudine Addamiano, AESH
– Mme Florence Hecky, AESH
– Mme Brigitte Tinot, AESH
– Benjamin Philippon, AESH
– Wilfried Ulmann, AESH
– Jessim, élève de CP
– Wassim, élève de CE1
– Faiza, élève de CE1
– Ayaz, élève de CE2
– Noah, élève de CM2
– Mordjane, ULIS
– M.Mahamat Saleh, parent
– Mme Abaki, parent
– Mme Gueroui, parent
– Mme Emilie Kraemer, coordinatrice ULIS
– Mme Just, enseignante
– Mme Zimmermann, enseignante
– M. Gillot, enseignant
– Mme Mourère, directrice
– Et M. Frédéric Fischer-Rosfelder, IEN de circonscription Strasbourg 7
Collège Solignac, Strasbourg
– M. Olivier Wahl, principal
– M. Arnaud Dubus, principal adjoint
– Mme Virginie Fink, directrice de SEGPA
– M. Fidèle Glao, AESH-co
– Mme Gaëlle Jacques, AESH
– Mme Bénédicte Loelhe, coordonnatrice ULIS
– M. Ferdi Butic, père de Samira (élève de 3e SEGPA) et d’Alim (élève de 6e ULIS)
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99
– Mme Sabine Moca, mère d’Ethan Delancre Mota
Collège Stockfeld, Strasbourg
– M. Guerrier Evrard, principal (par intérim)
– M. Pascal Fuchs, directeur de SEGPA
– Mme Laurine Kielwasser, coordonnatrice ULIS
• Académie de Dijon
Rectorat
– Mme Mathilde Gollety, rectrice d'académie
– Mme Mially Viallet, secrétaire générale
– M. Christophe Petitjean, secrétaire général d’académie adjoint en charge des moyens et de la
performance
– M.Pierre-Jean Fave, CT ASH
– Mme Lise Rodriguez, CTR AS
DSDEN Côte d’or
– M. David Muller, inspecteur d’académie, directeur académique des services de l’éducation
nationale de Côte d’Or
– M. Dominique Matet, adjoint au DASEN chargé du premier degré
– M. Cédric Petitjean, secrétaire général
– Mme Sylvie Salles, IEN ASH
– Mme Natacha Pallier, chargée de mission ASH.
– Mme Sandrine Marion, coordinatrice départementale gestion des AESH
– Mme Hélène Pipon, Cheffe de la division des unités d'enseignement en charge du service de
l'école inclusive
Service Interdépartemental de gestion des AESH (SIGAESH) à la DSDEN 71
– M. Stéphane Guiguet, secrétaire général
– Mme Maud Eono, responsable du SIGAESH
– Mme Aurélie Marmier, gestionnaire administrative et financière
Partenaires et professionnels médico-sociaux
– Mme Emmanuelle Coint, 1ère vice-présidente du conseil départemental de Côte d’Or
– M.David Percheron, DGS du conseil départemental de Côte d’Or
– M. Jérôme Pélissier, directeur de la MDPH de Côte d’Or
– Mme Marie-Thérèse Bonnotte, chargée de mission régionale École inclusive pour l’ARS-
Bourgogne Franche Comté
– Mme Eva Morisot Vulquain, Direction filière handicap enfance, VYV3 Bourgogne
– Mme Hélène Cohen, Coordonnatrice PAS/ EDE, UGECAM
– M.Alain Milot, DG association PEP CBFC
– Mme Martine Pâques, Directrice plateforme scolarité et activités inclusives, PEP CBFC
– M. Christophe Dufour, directeur adjoint du dispositif intégré d’accompagnement des déficiences
motrices (DIADEM) du Clos Chauveau (PEP)
– Mme Candice Jacques, ergothérapeute, intervenante au DIADEM
– Mme Jessica Perquin, ergothérapeute intervenante au DIADEM
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Collège Jean Rostand, Quétigny
– M.Fabien Belle, principal du collège et pilote de PAS « Quetigny »
– Mme Claire Vautrain, inspectrice de l’éducation nationale, co-pilote du PAS « Quetigny »
– Mme Elodie Bellot, Principale adjointe
– Mme Nirina Andrianarijaona, Directrice adjointe chargée de SEGPA
– Mme Dhez, coordonnatrice ULIS troubles des fonctions cognitives (TFC)
– Mme Guillemaut, enseignante en Unité d’enseignement externalisé (UEE) DITEP
– Mme Beuche, AESH
– Mme Marie Dureuil AESH
– Mme Burois, AESH
– Mme Céline Zenadja, enseignante coordonnatrice de PAS
– Mme Manon Dureuil, éducatrice de PAS
Ecole primaire d’application Chevreul de Dijon
– M. Grosmaire, directeur de l’école
– M.Lucot Royer, directeur de l’accueil collectif de mineurs
– Mme Porta, coordinatrice d’ULIS TFM
– Mme Baudot, coordinatrice d’ULIS TFM
– Mme Dufour, enseignante MS-GS
– Mme Tessé, enseignante en CP
– M. Yann Popovic, enseignant MS-GS
– Mme Halima Zidane, AESH-co
– Mme Caroline Gibert, AESH-co
– Mme Gladys Desmurs, AESH
– Mme Pascale Piquemal, AESH
– Mme Naïma Karym, AESH
– Mme Hortense Guillery, AESH
– M.Abdelatif Jalal, AESH
– Mme Sarah Sucheter, AESH
– Mme Léna Todesco, AESH
– Ophélie Le Foll, maman d'élève
– Aline Dureux, maman d'élève
– Maman de Lucie
– Papa de Louis
Table-ronde avec des AESH
– Mme Gaëlle de Rojas, AESH référente et accompagnatrice de la mission
– Mme Cécile Antona
– Mme Cyrielle Antonio
– Mme Aurélie Antonio
– Mme Sabine Colin
– Mme Claudine Kenzo
– Mme Sophie Bellissent
– Mme Estelle Billaut
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101
– Mme Jennifer Waxin
– Mme Cyndi Herard
– Mme Elsa Huet
– Mme Ilham Jaali
– Mme Jeanne Melin
– Mme Catherine Depralon
– Mme Samira Zbairi
– Mme Emmanuelle Bourgeois
– M. Jalal Abdelghani
– Mme Isabelle Legrand
– Mme Agnès Luquet-Letondal
– Mme Madalena Santos
– Mme Valérie Roy
– Mme Eléonore Rogalski
– Mme Laura Bastos Do Santos
– Mme Nema Dado Umutoniwase
– Mme Fabienne Dupuy
– Mme Natacha Lagrue
– Mme Laura Truillot
Lycée Anna-Judic de Semur-en-Auxois
– M. Christophe Nicod, proviseur du lycée
– Mme Valérie Martin, DDFPT
– Mme Julie Grandperret, coordinatrice ULIS et gestionnaire des AESH du PAS
– Mme Terrien, enseignante de biotechnologie
– Madame Boudier, enseignante de mathématiques
– M.Charlot, enseignant de cuisine
– Mme Alastra, AESH
– Mme Verkindere, AESH
– Mme Cochard, AESH
– M. Frédéric Carroué, principal et co-pilote du PAS « Semur »
– M.Alain Niermont, IEN, co-pilote du PAS « Semur »
– Mme Virginie Semon coordonnatrice du PAS
– Mme Eloïse Courtin, éducatrice du PAS
• Seine-et-Marne, liste des auditions
Rectorat
– M. Jean-François Chanet, recteur de l'académie de Créteil
– M. Mehdi Cherfi, secrétaire général
– Mme Francette Dalle Mese, secrétaire générale adjointe
– Mme Stéphanie Lentz, CT ASH
– Mme Marie-Laure Derrien, CT Service social
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DSDEN 77
– Mme Aline Vo Quang, IA-DASEN
– M. Benjamin Royannez, IA-DAASEN
– M. Gilles Bousquet, ADASEN
– Mme Christèle Guyonnet, secrétaire générale
– Mme Natacha L’Yvonnet, cheffe de la division des personnels administratifs et techniques –
DIPATE
– Mme Sophie Riard, IEN école inclusive
– Mme Anna Sougakoff, IEN école inclusive
– M. Paul Quesney, IEN école inclusive
– Noëlle Gaudefroy, Chargée de mission école inclusive, formation des AESH
– Sandrine Santoire, chargée de recrutement AESH
– M. Franck Ehlinger, conseiller pédagogique PEI (SEGPA, ESMS, EREA, ULIS lycée)
ARS 77 et personnels MS
– Mme Hélène Marie, directrice départementale de l’ARS
– Mme Aurore Sanson, responsable du département autonomie, DD ARS
– Mme Inès Vansteen, responsable adjointe du département autonomie, DD ARS
MDPH
– Mme Armelle Rousselot, directrice de la MDPH
– Mme Agnès Dominiak, adjointe
– Mme Géraldine Edouard, cheffe du service évaluation et compensation
Personnels médico-sociaux
– M. Slimane Bouaziz, Directeur plateforme P-PIT Fontainebleau, service Ressource
– Mme Aurore Boucher, psychopédagogue sur EMASCO de P-PIT
– Mme Pauline Lienard, coordinatrice de service du DAJE, dispositif d'accompagnement jeunes
enfants Melun/ DAR
– Clotilde Hernandez, Directrice future Plateforme EEAP (transfo IEM) en visio
Lycée Antonin Carême, Savigny-le-Temple
– Mme Rhama Touil, proviseure
– Mme Mondé, proviseure adjointe
– Mme Mounia BEN REJEB, AESH
– Mme Valérie PINCE, AESH
– Mme Sandra Labry, coordinatrice ULIS
– M. Stéphane Monin, DDFPT
Personnels EN du PAS de Trilport
– M. Cyril Machavoine-Veau, principal du collège Bois de l’Enclume, Trilport
– M. Vincent Foucault, principal adjoint
– M. Xavier Nicolas, IEN de circonscription
– Mme Emmanuelle Arbaoui, enseignante référente en difficultés comportementales
Personnels médico-sociaux du PAS de Trilport
– Mme Oumou Keita, directrice de l'EPSM de l'Ourcq
– Mme Sasha Riffard, directrice adjointe de l'EPSM de l'Ourcq
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– Mme Mylène William, cheffe de service PAS EMASco
– Mme Emilie Piaunier, éducatrice spécialisée, PAS
– M. Jérôme Teboul, coordonnateur, PAS
Lycée polyvalent Pierre de Coubertin, Meaux
– Mme Marie-Hélène Despin-Hirlimann, proviseure
– Mme Isabelle Nevot, coordinatrice ULIS
– Mme Amaria Meftah, AESH
– Mme Adélia Hurtaux, AESH
– Mme Stéphanie Cass, AESH référente du secteur
Ecole DAR Alain 1, Meaux
– M. Martial Depagne, IEN circonscription Meaux Villenoy
– M. Loïc Guyader, directeur
– M. Maxime Faydiza, BD ASH
– Mme Clémence Schuchard-Mathieu, psychomotricienne EPSM de l'Ourcq
– Mme Frédérique De Carli, éducatrice spécialisée EPSM de l'Ourcq
– M. Clément Lorin, éducateur spécialisé EPSM de l'Ourcq
Ecole élémentaire Grossepierre, Meaux
– Mme Emmanuelle Brisset, directrice école élémentaire
– Mme Céline Tombois, directrice école maternelle
– Mme Samia Ferhoum, coordonnatrice ULIS
– Mme Fabienne Pignon, enseignante CE1
– Mme Elisabete Fernandes, enseignante de CP
– M. Jérémy Degiovanni, enseignant de MS
– 3 mamans d'élève en situation de handicap
AESH
– Mme Audrey Brayer, AESH
– Mme Patricia Laureau, AESH
– Mme Anne-Marie-Vitry, AESH
– Mme Falima Messaoud, AESH
– Mme Wawa Buyika Bivannie, AESH
– M. Bakar Lotfi, AESH
– Mme Annie Barthelemy, AESH
• Compléments
Académie de Limoges, DAR
– Mme Magalie Auroy, directrice de l’école primaire de Boisseuil
– Mme Sylvie Graton, éducatrice spécialisée et coordinatrice du DAR école primaire de Boisseuil
(PEP87-24)
– Mme Lydie Girard, enseignante du DAR école primaire de Boisseuil
– M. Vincent Estrade, principal du collège Maurice Genevoix de Couzeix
– Mme Lisiane Laramee, enseignante d’autorégulation, DAR TND collège Maurice Genevoix de
Couzeix
– Mme Mélina Labarde, éducatrice spécialisée, DAR TND collège Maurice Genevoix de Couzeix
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– Mme Nelly Sabatie, directrice IEM 87 APF FH, DAR TND collège Maurice Genevoix de Couzeix
– Mme Amandine Oriol, coordinatrice DAR TND collège Maurice Genevoix de Couzeix
– M. Emmanuel Artur, IEN Ecole inclusive, DSDEN 87
Département de la Meuse
– Mme Caroline Roussé, directrice de la MDPH
– Mme Sylvie Perri, IEN-ASDH de la Meuse
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Annexe 3
Méthodologie de la mission
La mission relative aux rôle et missions des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) s’inscrit
dans un contexte particulier. Elle résulte du comité interministériel du handicap du 6 mars 2025 qui
mentionnait : « Une mission flash visant à associer pleinement les AESH au virage inclusif de l’école sera
conduite au cours du premier semestre ».
La lettre de saisine qui en est la suite a resitué cette commande dans le cadre des évolutions de l’école
inclusive (transformation en cours de l’offre médicosociale, renforcement de la coopération EN-MS avec les
PAS, et projets moins stabilisés de création des agents d’accessibilité et d’évolution de la prise en charge des
AESH sur la pause méridienne.
La mission IGAS IGESR, constituée fin mai, a organisé ses travaux selon deux axes :
– en raison de la proximité de la fin d’année scolaire, les déplacements en territoires ont été
priorisés, incluant les rencontres avec les AESH ;
– à l’issue de ses deux premiers déplacements et au vu des retours d’entretiens avec les parties
prenantes, il est apparu nécessaire à la mission d’élargir sa focale, des AESH à strictement parler
à un état des lieux du contexte et des partenariats de l’école inclusive, déterminants essentiels
des missions actuelles et futures des AESH.
La mission a rencontré certaines limites méthodologiques (carence des données, manque de suivi des
dispositifs de l’école inclusive). Ses travaux ont buté sur la difficulté à mobiliser des données objectives, tant
sur les AESH que sur les dispositifs qui composent les leviers de l’école inclusive. En raison d’un contexte
politique et d’application des textes trop instable, ainsi que de variations d’interprétations locales, la
question, posée par la lettre de mission, de la prise en charge de la pause méridienne, n’a pu être investiguée
de façon approfondie par la mission ; elle est traitée en partie 2.5 du rapport et en annexe 9.
1. Des déplacements en territoires : principes de sélection des territoires,
périmètre des interlocuteurs et organisation des échanges
1.1. Trois territoires choisis pour leur complémentarité
La mission s’est déplacée en juin dans le territoire de la collectivité européenne d’Alsace, avec un périmètre
de rencontres limités à la commune de Strasbourg ; puis en Côte d’Or, avec des rencontres à Dijon, Quetigny
et Semur en Auxois. En septembre, elle s’est rendue en Seine et Marne, avec des rencontres à Melun, Meaux
et Savigny le Temple.
Les territoires choisis étaient pour l’un désigné préfigurateur pour la fonction d’agent d’accessibilité, pour
l’autre préfigurateur du PAS sur l’année scolaire 2024-2025, enfin, le 3e territoire choisi s’illustre par une
forte maturité de coopération entre éducation nationale et secteur médico-social, avec un fonctionnement
en cours d’installation de dispositifs médicosociaux en plateforme.
Ces trois territoires présentent également des caractéristiques différentes au regard des modalités
d’intervention auprès des élèves :
- Faible densité populationnelle en Côte d’Or où la mission a pu rencontrer des équipes pédagogiques
en zone rurale ;
- Forts contrastes socio-économiques et de problématiques urbaines et Seine et Marne ;
- Contexte de refonte institutionnelle de la nouvelle collectivité européenne d’Alsace, mais relative
unité urbaine de la zone strasbourgeoise visitée par la mission.
1.2. Un déroulé de rencontres dense privilégiant les déplacements en situation scolaire
et les rencontres avec les AESH, avec une attention particulière pour les familles
Une liste de rencontres type avait été définie par la mission :
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– représentants institutionnels (recteur, DASEN) et métier (IEN ASH, équipe de gestion RH,) de
l’académie ;
– AR ;,
– MDPH ;
– représentants du conseil départemental ;
– équipes du Pôle d’appui à la scolarité (quand existantes ou en cours d’installation) ;
– visites d’établissements de chaque degré avec des temps spécifiques pour l’observation
(dispositifs ULIS, ateliers en lycée professionnel, classes ordinaires, Segpa), des rencontres avec
les AESH et l’équipe éducatives ;
– des familles d’enfants en situation de handicap ;
– des équipes médicosociales intervenant en établissement (EMAS ou autre) ;
– et, rencontres essentielles pour la mission, des AESH.
S’agissant des familles, elles ont été rencontrées soit en collectif soit en individuel ; certaines d’entre elles
sont venues avec leurs enfants ; toutes étaient parents d’élèves en situation de handicap dans les
établissements visités, soit en école primaire, soit en collège. Les échanges ont été menés en suivant un guide
d’entretien semi directif, avec des questions ouvertes sur la situation de l’enfant, son expérience de la
scolarisation, les attentes de la famille et de l’enfant et leur retour sur l’aide humaine dont l’enfant avait pu
bénéficier. La mission a privilégié les rencontres hors présence du directeur de l’établissement. Lors
d’échanges ultérieurs avec des associations, certaines ont associé des familles et leurs enfants à la rencontre.
Lors de son troisième déplacement, la mission a demandé à visiter un DAR en école élémentaire1.
En dépit des demandes de la mission, une seule rencontre a pu être organisée avec un conseil départemental
(VP solidarités). Certains des échanges envisagés ont été reportées en visio (recteurs, ARS) faute de temps
dans le planning des trois jours de déplacement par département.
1.3. Un échange avec les AESH structuré autour d’une trame d’entretien mais laissant
la place à des propos libres
La mission a pu rencontrer environ 80 AESH ; ces rencontres ont eu lieu sous trois formats :
– rencontres dans l’établissement d’intervention, en observation ;
– échanges en collectif dans l’établissement
– échanges au rectorat soit avec les AESH référentes (Bas Rhin), soit en collectif AESH et AESH
référentes (Cote d’Or), soit AESH exclusivement (deux groupes scolaires de la circonscription de
Meaux)
Une trame d’entretien avait été préparée par la mission pour guider les échanges mais en laissant le choix
libre des sujets à chaque personne présente.
Les thèmes proposés étaient : le parcours personnel (formation, métier d’origine, situation) ; l’exercice du
métier (place des trois missions ; reconnaissance) ; le contexte professionnel (échanges avec l’équipe
éducative, les familles, les acteurs du médicosocial) ; les perspectives et les souhaits d’amélioration.
L’échange a le plus souvent été long et non limité afin de permettre à chacune de s’exprimer.
1 Elle a complété cet échange par une rencontre en visioconférence avec les équipes des DAR de l’école primaire de Bousseuil et du
collège de Couseix (Haute Vienne)
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2. Le choix méthodologique de replacer les questions du rôle et des missions
des AESH dans leur environnement sans oublier l’urgence de répondre aux
besoins d’évolution d’une profession en difficulté
2.1. Défocaliser s’est avéré la seule façon de comprendre les évolutions possibles et
souhaitables…
Les AESH étant une partie, considérée à tort comme le tout, de la stratégie d’école inclusive, la question du
périmètre d’investigations, susceptible de favoriser des recommandations praticables s’est posée à mesure
de l’avancement des travaux.
Plus fondamentalement, le sens de la mission a pu se poser pour des raisons de calendrier ; elle a d’ailleurs
été soulevée par de nombreux interlocuteurs de la mission, sensibles au fait que la réforme des AESH n’était
pas envisageable sans une vision clarifiée des effets des réformes en cours (création des PAS, effets de la
transformation de l’offre médicosociale, passage à l’échelle des DAR, renforcement des ULIS).
Cet effet de chronologie a été une des préoccupations majeures de la mission. Les recommandations tiennent
compte de l’immaturité de certaines réformes et de la nécessité tant d’en mesurer les effets (réformes de
l’outillage SI, développement des ULIS) que, parfois, d’en faire une évaluation in itere dans une visée
d’amélioration (PAS, création des plateformes médicosociales).
2.2. …mais la priorité a toutefois été maintenue tout au long des travaux de définir des
propositions concrètes d’amélioration de l’exercice du métier d’AESH à court
terme et à plus long terme
Les échanges de terrain, première étape des travaux de la mission ont confirmé la nécessité de proposer des
réformes urgentes de la profession d’AESH, issue d’un état des lieux approfondi de leur situation (gestion
de carrière, rémunération, conditions d’emploi).
Différentes sources, outre les échanges évoqués ci-dessus, ont été mobilisées :
– données de la DEPP et de la DGESCO et échanges avec les administrations du ministère au niveau
national et local ;
– étude du contexte législatif ;
– analyse des métiers présentant des similitudes avec soit la professionnalité soit le statut des
AESH ;
– entretiens avec des parlementaires, les fédérations syndicales, le collectif « AESH en lumière ».
En complément, la mission a souhaité définir des évolutions à plus long terme, nourries de ses échanges
avec les associations, les chercheurs et les acteurs de terrain pour inscrire ces mutations dans un paysage
cohérent d’orientations pour l’école inclusive.
Dans les deux cas, il a été tenu le plus grand compte de la parole des AESH, dans la diversité de leurs besoins
et de leurs situations. Des verbatims sont joints au rapport pour favoriser un partage de leurs propos dont
la mission a été le bénéficiaire privilégié (voir annexe 6).
3. Limites et apports méthodologiques aux travaux de la mission
3.1. La mission a multiplié les sources d’information en mettant en place une écoute
aussi large que possible des parties prenantes
Outre les entretiens avec les représentants de l’Etat au niveau national (cabinets et administrations
centrales) et territorial (ARS, MDPH, DSDEN, rectorats), la mission a mené de nombreux entretiens avec des
associations, gestionnaires ou de plaidoyer.
Elle a mené des entretiens avec des familles également, avec ou sans les associations dans les trois
départements visités et en visioconférence.
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Enfin, elle a souhaité recueillir la parole des chercheurs, qui sont une source d’enquêtes qualitatives
importante, peu exploitées par les administrations.
Au total, la mission a mené plus d’une centaine d’entretiens, dont une majeure partie en collectif.
3.2. Les données sur l’école inclusive et les AESH sont limitées
A tous les niveaux d’investigation, la mission a buté sur des données limitées en raison de carences des
dispositifs de pilotage et des outils associés:
– absence de suivi des AESH par la DEPP ;
– aléa statistique sur la population d’enfants en situation de handicap, en raison de définitions
différentes et du biais constitué par la notion administrative de reconnaissance du handicap par
la MDPH ;
– absence de suivi statistique des dispositifs de droit commun de l’école inclusive (PAP, PPRE,
interventions des RASED, PAS) quantitatif et qualitatif ;
– fragilité de la notion de « file d’attente » dans les dispositifs médicosociaux, faute d’usage
harmonisé de Via trajectoire ;
– retards de mise en place du LPI et de l’INE.
Les process locaux sont très variables et ne permettent pas de définir un suivi des décisions ou des travaux
réalisés par les équipes même s’il y a des exceptions.
3.3. Une enquête spécifique sur les AESH est un préalable indispensable à certaines
orientations pour l’amélioration des conditions d’emploi, même si la mission a
veillé à élaborer ses recommandations toutes choses égales par ailleurs
La mission avait envisagé une enquête auprès de toutes les AESH, mais elle a été finalement écartée pour
deux raisons principales :
– tout d’abord la DEPP a lancé une enquête climat scolaire sur l’ensemble des professionnels de
l’école qui inclut pour la première fois les AESH ; la mission a été informée d’un questionnaire en
cours de préparation avec des chercheurs. Elle n’a pas pu y avoir accès mais encourage à une
forte attention à quelques données aujourd’hui inexistantes : niveau de diplôme, aptitude à la
mobilité, inscription dans un parcours professionnalisant …
– la réalisation d’une étude ad hoc par la mission a buté sur les outils de diffusion auprès des AESH
et le risque d’une surreprésentation, impossible à tracer, par des AESH engagées dans des
mouvements militants au détriment d’une image pertinente des positions de chacune.
3.4. Un apport méthodologique : la présence des AESH référentes
La mission a été accompagnée dans chacun de ses déplacements de terrain par une AESH référente, issue
respectivement de chacune des académies visitées.
Présente à tous les entretiens (sauf avec les familles), mais attentive à une posture d’écoute non
interventionniste, elle a été d’un grand apport pour la mission. Elle a pu éclairer certaines prises de position,
élargir la vision au-delà des établissements visités et donner les clés de certaines réalités locales.
A aucun moment, elle n’a limité la liberté d’investigation de la mission.
4. Livrables de la mission
Outre le présent rapport, la mission a élaboré des annexes visant
– soit à éclairer les développements du rapport : annexes relatives aux AESH : hypothèse de la
fonctionnarisation, état des lieux, comparaison avec les ATSEM ; annexes relatives à la
notification d’aide humaine et à la mise en place des Pôles d’appui à la scolarité ; annexes relatives
à la recherche sur les dispositifs d’aide humaine et aux comparaisons internationales ; annexes
intégrant des propositions de nouvelles fiches de poste pour l’école inclusive ;
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– soit à restituer une parole que le rapport ne permettait pas de donner complètement à voir :
verbatim des AESH entendues par la mission ; verbatim adressés par un collectif (cf annexe 6).
Quelques annexes documentaires relatives aux professions de l’école inclusive et à l’état des lieux des places
en ESMS complètent cet ensemble.
Enfin la mission a fait le choix de donner à voir les recommandations relatives à l’école inclusive dans les
travaux et rapports réalisés au cours des cinq dernières années, tant dans une annexe spécifique qu’au fil du
rapport.
La mission a démarré ses travaux alors qu’un projet d’États généraux de l’école inclusive était envisagé par
la ministre en place. La mission a placé ses recommandations dans une perspective, quelle qu’en soit la
forme, de forte concertation à venir avec l’ensemble des parties prenantes sans lesquelles aucune évolution
de l’école inclusive préconisée par la mission n’est envisageable, à l’exception des mesures visant les
conditions de travail des AESH qui relèvent d’une négociation plus classique – et urgente.
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Annexe 4
Liste des sigles
Abréviation Intitulé complet
AESH Accompagnant des élèves en situation de
handicap
AESH-co AESH exerçant en dispositif collectif
AESH-i AESH pour l’aide individuelle
AESH-m AESH pour l’aide mutualisée
AGESH Application de gestion des élèves en situation
de handicap
ARS Agence régionale de santé
ASE Aide sociale à l’enfance
ASH Adaptation scolaire et scolarisation des élèves
handicapés
AVS Auxiliaire de vie scolaire
CAPA-SH Certificat d’aptitude professionnelle pour les
aides spécialisées, les enseignements adaptés
et la scolarisation des élèves en situation de
handicap
CAPPEI Certificat d’aptitude professionnelle aux
pratiques de l’éducation inclusive
CAMSP Centre d’action médico-sociale précoce
CDAPH Commission des droits et de l’autonomie des
personnes handicapées
CDD Contrat à durée déterminée
CDI Contrat à durée indéterminée
CLIS Classe pour l’inclusion scolaire
CMPP Centre médico-psycho-pédagogique
CNED Centre national d’enseignement à distance
CNH Conférence nationale du handicap
CNSA Caisse nationale de solidarité pour
l’autonomie
CNSEI Comité national de suivi de l’école inclusive
CDSEI Comité départemental de suivi de l’école
inclusive
CRDPH Convention relative aux droits des personnes
handicapées
CT-ASH Conseiller technique ASH du recteur
DARES Direction de l’animation de la recherche, des
études et des statistiques
DASEN Directeur académique des services de
l’éducation nationale
DGESCO Direction générale de l’enseignement scolaire
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DSDEN Direction des services départementaux de
l’éducation nationale
EAFC École académique de la formation continue
EBEP Élèves à besoins éducatifs particuliers
EMAS Équipe mobile d’appui médico-social à la
scolarisation
EPLE Établissement public local d’enseignement
EREA Établissement régional d’enseignement
adapté
ERSEH Enseignant référent pour la scolarisation des
élèves en situation de handicap
ESMS Établissement et service médico-social
ESS Équipe de suivi de la scolarisation
GEVA-Sco Guide d’évaluation des besoins de
compensation – volet scolaire
HAS Haute Autorité de santé
IEN-ASH Inspecteur de l’éducation nationale chargé de
l’ASH
IGAS Inspection générale des affaires sociales
IGÉSR Inspection générale de l’éducation, du sport et
de la recherche
IME Institut médico-éducatif
INSEI Institut national supérieur de formation et de
recherche pour l’éducation inclusive
ITEP Institut thérapeutique, éducatif et
pédagogique
LSF Langue des signes française
MDPH Maison départementale des personnes
handicapées
MENJ Ministère de l’Éducation nationale et de la
Jeunesse
PAI Projet d’accueil individualisé
PAP Plan d’accompagnement personnalisé
PIAL Pôle inclusif d’accompagnement localisé
PPS Projet personnalisé de scolarisation
RASED Réseau d’aides spécialisées aux élèves en
difficulté
REP Réseaux d’éducation prioritaire
RQTH Reconnaissance de la qualité de travailleur
handicapé
SEGPA Section d’enseignement général et
professionnel adapté
SESSAD Service d’éducation spéciale et de soins à
domicile
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TDAH Trouble du déficit de l’attention avec ou sans
hyperactivité
TND Troubles du neurodéveloppement
TSA Troubles du spectre de l’autisme
ULIS Unité localisée pour l’inclusion scolaire
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Annexe 5
Synthèse des recommandations des rapports institutionnels depuis 2022
De nombreux rapports institutionnels ont été rédigés ces trois dernières années sur l’école inclusive, incluant
des recommandations portant sur les AESH. Ces recommandations se recoupant assez largement, il a semblé
utile à la mission d’en proposer une synthèse.
Ces rapports sont les suivants (avec l’acronyme proposé pour les références) :
– CC : Cour des comptes. (2024, septembre). L’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap
| Cour des comptes. https://www.ccomptes.fr/fr/publications/linclusion-scolaire-des-eleves-en-
situation-de-handicap
– DD : Défenseure des droits. (2022). L’accompagnement humain des élèves en situation de
handicap. https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/2023-
07/ddd_rapport_accompagnement-eleves-handicap_2022_20220825.pdf
– AN : Hugues, S., & Portier, A. (2023). L’instruction des enfants en situation de handicap (Rapport
d’information de l’Assemblée nationale No. 1856). https://www.assemblee-
nationale.fr/dyn/16/rapports/dde/l16b1856_rapport-information
– IG23 : IGESR, & IGAS. (2023). Acte II de l’école inclusive. https://www.education.gouv.fr/acte-ii-
de-l-ecole-inclusive-416510
– IG22 : IGF, & IGESR. (2022). La scolarisation des enfants en situation de handicap (Nos. 2022-062).
https://www.education.gouv.fr/la-scolarisation-des-enfants-en-situation-de-handicap-343648
– AN25 : Le Nabour, C., & Peytavie, S. (2025). Mission d’évaluation de la loi n° 2005-102 du 11 février
2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes
handicapées (Rapport d’information de l’Assemblée nationale No. 1692).
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion-soc/l17b1692-tii_rapport-
information
– Sénat : Vial, C. (2023). Modalités de gestion des AESH, pour une école inclusive (Rapport
d’information du Sénat No. 568). https://www.senat.fr/rap/r22-568/r22-568.html
1. Statut, conditions de travail, gestion des AESH
Donner aux accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) le statut de fonctionnaire, poursuivre
l’amélioration de leur niveau de rémunération et de leurs conditions de travail. (AN25)
1.1. Améliorer la gestion RH
Afin de tirer les conséquences de l’intégration budgétaire des accompagnants d’élèves en situation de
handicap au sein des effectifs du ministère, mettre en place un cadre renforcé de gestion des ressources
humaines pour ces personnels. (CC)
La Défenseure des droits recommande au ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse de mettre en
place une mission d’évaluation des PIAL afin d’identifier les bonnes pratiques mises en oeuvre, de proposer
un fonctionnement clair et homogène de ces structures et d’en faire de véritables plateformes au soutien
des besoins réels de l’enfant. (DD)
Redimensionner la taille des Pial, afin de mieux les adapter aux réalités du contexte local. (Sénat)
Garantir dans l’intérêt des enfants la stabilité des AESH affectés au cours de l’année.(AN)
1.2. Clarifier les missions
Établir une distinction entre aide individualisée et aide mutualisée dans le futur cadre d’emploi des
accompagnants de réussite éducative et mettre en place un référentiel de compétences. (IG23)
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1.3. Mieux accompagner les AESH
Accompagner et intégrer les AESH en exercice, en : - revalorisant la mission d'appui et de soutien des AESH-
référents ; - prévoyant leur accompagnement personnalisé par des référents ou conseillers handicap
déployés à l'échelle de chaque académie ; - systématisant l'intégration des AESH au sein des équipes
pédagogiques et leur participation aux équipes de suivi de la scolarisation (ESS). (Sénat)
1.4. Recrutement au fil de l’eau et des moyens budgétaires adéquats
De réaliser, quelle que soit la période de l’année scolaire considérée, les diligences imposées pour le
recrutement des AESH octroyés aux élèves en situation de handicap par la CDAPH ; (DD)
De prendre les mesures appropriées afin que soit inscrite, au budget de chaque année scolaire, une
enveloppe prévisionnelle permettant de prendre en compte les notifications d’accompagnants d’élèves en
situation de handicap (AESH) quelle que soit la période de l’année scolaire considérée (DD)
Mettre en place un service de remplacement des AESH pour garantir la continuité de la prise en charge des
ESH. (Sénat, AN25)
1.5. Mesurer la performance de la politique d’accompagnement humain
Charger la direction de l'évaluation, de la perspective et de la performance (Depp) du ministère de l'Éducation
nationale d'un suivi qualitatif, local et national, de la population des AESH, et de la mise en place
d'indicateurs, préalables à une évaluation de la performance de la politique publique en faveur de
l'accompagnement humain des ESH. (Sénat).
2. Professionnalisation et formation
2.1. Garantir la compétence et la formation des AESH
La Défenseure des droits recommande aux services académiques de veiller à ce que les AESH désignés auprès
des enfants en situation de handicap disposent des compétences requises pour répondre au plus près à leurs
besoins. (DD)
Favoriser la prise en compte de l’expérience passée de l’AESH dans son affectation. (AN)
Assurer l’effectivité de la formation initiale des AESH, comprenant notamment le rôle de l’AESH auprès de
l’enfant et le positionnement de l’AESH auprès des différents interlocuteurs : enseignants, parents, secteur
médico-social, etc. ; Assurer l’effectivité des formations spécifiques des AESH aux différents handicaps en
proposant des modules pointus tout au long de l’année (DD) Rendre obligatoire la formation des AESH dans
un délai de deux mois maximum suivant leur entrée en fonction. (AN25)
Assurer la formation des AESH sur des temps dédiés, hors du temps d’accompagnement des élèves. (DD)
Sensibiliser les directeurs d’école et chefs d’établissement à la nécessité des formations pour les AESH. (AN)
Mettre en place, au bénéfice des AESH, une formation initiale obligatoire d'une semaine avant la prise de
poste et un plan ambitieux de formation continue : - garantissant une formation initiale avant la prise de
poste, qui reposerait sur des cycles de formation trimestriels et aurait lieu en dehors du temps de prise en
charge des ESH ; - assurant une formation continue permettant aux AESH d'acquérir des compétences
adaptées et spécialisées en fonction des besoins. (Sénat)
2.2. Prévoir des formations croisées
Renforcer les dispositifs de formation initiale et continue en direction des personnels éducatifs, ainsi que les
modules de formations inter-métiers (notamment entre accompagnants et enseignants). (CC)/ Développer
les modules de formation communs entre AESH et enseignants. (IG22)
Favoriser les formations croisées et le partage d’expériences entre personnels de l’Éducation nationale, AESH
et professionnels du secteur médico-social. (AN)/ favorisant les échanges et les formations conjointes entre
les enseignants, les AESH et les professionnels médico-sociaux pour « faire culture commune » (Sénat)
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développer les formations croisées entre les professionnels de l’Éducation nationale et les acteurs du
médico-social (AN25)
Mettre en place, concrètement, des temps de formation communs avec les enseignants et les professionnels
du secteur médico-social, éventuellement par bassin géographique ; (DD)
Systématiser des formations de proximité sur l’école inclusive, à la main des directions des services
départementaux de l’éducation nationale et des pôles d’appui à la scolarité, y compris les formations croisées
avec le secteur médico-social et les maisons départementales des personnes handicapées, en mobilisant des
financements de l’éducation nationale et du champ médico-social (IG23)
2.3. Investir dans la formation et l’accompagnement des enseignants
Mieux former les enseignants et, plus généralement, l’ensemble des acteurs de l’Education nationale sur les
enjeux de l’école inclusive, l’accueil des enfants en situation de handicap, les différents handicaps mais
également sur l’utilisation des outils indispensables à l’évaluation des besoins de l’enfant (DD)/ Mettre en
place une formation effective obligatoire de cinq jours sur l’école inclusive avec un plan pluriannuel pour
tous les enseignants, sur le modèle des constellations français et mathématiques (IG23)/ S’assurer que la
formation initiale en Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE) dispense
effectivement les 25 heures sur l’école inclusive, et de prévoir dans le module une période de stage au sein
d’un établissement médico-social (AN)/ Sensibiliser les enseignants aux formations et ressources de l’Institut
national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation inclusive (INSEI) (AN)/ Intégrer des modules
de formation continue obligatoires en matière de handicap. (AN)/ revoir le contenu de la formation initiale
des enseignants pour que le handicap puisse être pris en compte dans la question de la transmission des
savoirs propres à chaque discipline, dans le cadre d’une conception universelle des apprentissages ;(AN25)
S’assurer que chaque académie développe une offre de formation continue répondant de façon réactive à
l’échelle locale aux besoins des équipes de terrain (enseignants, directeurs d’écoles, chefs d’établissements,
coordonnateurs de PIAL, inspecteurs). (IG22) rendre obligatoire des modules de formation aux questions du
handicap dans le cadre de la formation continue (AN25)
Accroître la formation initiale et continue des personnels de l'Éducation nationale à la prise en charge des
ESH. Mettre en place, à leur bénéfice, un accompagnement ponctuel et adapté, via le déploiement en
nombre suffisant de référents ou de conseillers handicap à l'échelle de chaque académie. (Sénat)
Renforcer l’attractivité de la certification des enseignants (CAPPEI) afin d’améliorer la couverture des besoins
en matière d’affectation des enseignants spécialisés. (CC)/ Donner une place visible à l’école inclusive dans
tous les programmes des concours de recrutement et renforcer les formations spécialisées au Certificat
d’aptitude aux pratiques de l’éducation inclusive (IG23)/ Massifier la mise à disposition d’enseignants
ressources et d’équipes mobiles. (AN)/ Revitaliser les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté
(RASED) (AN)/ Déployer les dispositifs dits « intégrés », du type équipe mobile d'appui à la scolarisation ou
pôle-conseil médico-social, exerçant une fonction-ressource auprès des professionnels de l'Éducation
nationale (Sénat)
3. Le processus de notification
3.1. Renforcer la place du GEVA-sco
Avec l’accord des MDPH concernées, une expérimentation pourrait être mise en oeuvre dès la rentrée
scolaire de septembre 2022, imposant l’expression d’un avis favorable par l’enseignant référent de secteur
sur le GEVA-sco comme préalable à l’examen d’une demande d’accompagnement. (IG22)
Modifier l’article 1 de l’arrêté du 6 février 2015 relatif au guide d’évaluation des besoins de compensation en
matière de scolarisation (GEVA-sco) afin de rendre ce guide obligatoire pour une saisine de la MDPH relative
à une demande d’accompagnement pour la scolarisation. (IG22)
Faire du guide d’évaluation des besoins de compensation pour la scolarisation (GEVA-sco) rénové, élargi aux
mesures d’accessibilité, le document support de la réponse de premier niveau apportée par le pôle d’appui
à la scolarité (IG23)
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Améliorer le GEVA-sco pour permettre une analyse plus qualitative des besoins de l'élève dans son
environnement scolaire, préalable à une demande de compensation (Sénat)
3.2. Envisager des évolutions du processus de notification
Mettre en œuvre un référentiel harmonisé concernant les prescriptions des maisons départementales des
personnes handicapées (MDPH), notamment en matière d’accompagnants humains des élèves en situation
de handicap individualisés et mutualisés. (CC)/ Partager les référentiels nationaux d’orientation des MDPH
auprès de tous les acteurs afin d’assurer une équité entre les territoires et d’assurer une cohérence globale
du système de prise en charge.(AN)/ Charger la CNSA, dans le cadre d'un travail concerté, d'élaborer un
référentiel national, définissant des outils communs d'évaluation et des indicateurs partagés de prescription,
afin d'harmoniser les pratiques des MDPH. (Sénat)
Expérimenter la possibilité, pour les équipes de suivi de la scolarisation (ESS), d'adresser à la MDPH une
contre-proposition si les modalités de l'aide ne leur paraissent pas répondre aux besoins de l'ESH dans son
environnement scolaire, charge ensuite à la MDPH de valider ou non cette contre-proposition. (Sénat)
Permettre de moduler et d'évaluer les prescriptions dans la durée et/ou dans leur contenu, en fonction de
l'évolution des besoins de l'ESH, dans le but d'accompagner celui-ci vers l'autonomie. (Sénat)
Engager, par voie de circulaire du ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et du sport, l’ensemble
des services départementaux de l’école inclusive à définir avec les MDPH un calendrier annuel de gestion des
demandes et de mise en œuvre des notifications des besoins d’accompagnement dans le domaine scolaire.
(IG22)
3.3. Préciser et communiquer le PPS
Rappeler aux MDPH d’adopter un PPS afin, conformément à l’article D. 351-5 du code de l’éducation, de
définir et coordonner les modalités de déroulement de la scolarité et les actions pédagogiques,
psychologiques, éducatives, sociales, médicales et paramédicales répondant aux besoins particuliers des
élèves présentant un handicap ; (DD)
Afin de permettre une sécurisation et une égalité de suivi du parcours des élèves en situation de handicap,
s’assurer que le projet personnalisé de scolarisation est systématiquement rédigé et transmis à la famille et
au chef d’établissement. (CC)/ Rendre obligatoire la notification des PPS au directeur d’école ou au chef
d’établissement pour validation et transmission à l’enseignant référent. (AN)
Inviter les CDAPH à préciser, dans leurs décisions, les activités à réaliser par les AESH affectés auprès des
enfants (DD)
4. Organisation et gouvernance
4.1. Conforter le cadre partenarial au sein des MDPH
Augmenter l’attractivité des fonctions de référent scolarité en MDPH en leur ouvrant le bénéfice de
l’indemnité de 1 765 € annuels instituée par le décret n° 2017-964 du 10 mai 2017 instituant une indemnité
pour les enseignants spécialisés des premier et second degrés exerçant dans des structures spécialisées.
(IG22)
Réévaluer les moyens de fonctionnement des MDPH au regard de l'augmentation de leur charge d'activité,
en particulier en matière de scolarisation des ESH, et permettre un suivi, jusqu'alors inexistant, des actions
réellement mises en oeuvre. (Sénat)
Améliorer les procédures d'instruction et de prescription des MDPH en matière d'aide à la scolarisation des
ESH, en : - garantissant le caractère pluridisciplinaire des équipes d'évaluation des besoins ; - dotant les
équipes pluridisciplinaires de moyens et d'outils adaptés à une évaluation des besoins de l'ESH dans son
environnement (in situ) (Sénat)
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4.2. L’affectation et l’offre en ESMS
Généraliser les commissions d’affectation partagées pour l’accompagnement médico-social des enfants en
situation de handicap entre éducation nationale, Agence régionale de santé, gestionnaires d’établissements
ou de services médico-sociaux et maison départementale des personnes handicapées. (IG23)
Dresser un tableau de bord, sous l’égide de la MDPH, qui recenserait les besoins et l’offre disponible dans
chaque département (AN)/ Confier aux agences régionales de santé l’organisation d’une territorialisation de
l’offre médico-sociale, adaptée en fonction des territoires, à articuler avec celle de l’éducation nationale à
l’échelle des PAS. (IG23)
Accroître l'offre médico-sociale, en augmentant les capacités d'accueil en ESMS et le nombre de
professionnels médico-sociaux dans les territoires sous-dotés. (Sénat)
Élargir l’expérimentation « 100 projets pilotes d’IME dans l’École » à l’ensemble des établissements ou
services médico-sociaux, et y inclure l’élargissement des missions de ces établissements ou services médico-
sociaux, dans une logique de plateforme territoriale (IG23)
Poursuivre le développement des unités d’enseignement externalisées et expérimenter le rapprochement
de classes d’unités d’enseignement externalisées et d’unités localisées pour l’inclusion scolaire co-existantes
au sein d’un même établissement (IG23)
Ajuster les modalités de financement des établissements ou services médico-sociaux dans le cadre de
SERAFIN-PH (Réforme pour une Adéquation des financements aux parcours des Personnes Handicapées) aux
enjeux de l’école inclusive et adapter les outils pour permettre le suivi de l’activité des plateformes (IG23)
4.3. Les PAS
Expérimenter dans un premier temps le déploiement des pôles d’appui à la scolarité dans une dizaine de
départements volontaires et organiser un suivi du déploiement en associant les parties prenantes (IG23)
Conforter les pôles d’appui à la scolarité avec un cahier des charges national, et désigner comme pilote un
personnel d’encadrement à temps plein, avec des moyens administratifs suffisants ; systématiser la mise en
place de pôles d’appui à la scolarité interdegrés (IG23)
Mobiliser les équipes médico-sociales du pôle d’appui à la scolarité pour le conseil, la formation et
l’évaluation des situations et unifier l’appui-ressource médico-social à l’éducation nationale en leur sein
(IG23)
Associer étroitement les enseignants-référents au pilotage des pôles d’appui à la scolarité et renforcer leurs
moyens sur le territoire, avec une cible de 150 à 200 dossiers suivis par enseignant (IG23)
Introduire une expertise médico-sociale dans l’école ordinaire (AN)
4.4. Gouvernance globale
Mettre en place, à l’échelle nationale, un comité technique interministériel pour le déploiement de la
politique de l’école inclusive, et généraliser les conventions entre ARS et rectorats (IG23)
4.5. Mieux associer les familles
Veiller à la relation parents/AESH en s’assurant de la mise en place de la rencontre prévue par la circulaire
du 5 juin 2019 et en favorisant leurs échanges dans le respect de la circulaire n° 2017-084 du 3 mai 2017
relative aux missions et activités des personnels chargés de l’accompagnement des élèves en situation de
handicap. (DD)/ Rappeler le caractère obligatoire de la première rencontre entre l’AESH et les parents de
l’enfant accompagné.(AN)/ Systématiser, au moins une fois par trimestre, la tenue d'une réunion entre
l'équipe pédagogique, l'AESH, les parents et, le cas échéant, l'éducateur de l'enfant. (Sénat)
Associer les familles aux différentes étapes de la réponse de premier niveau et au suivi de sa mise en œuvre
(IG23)
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4.6. Pause méridienne et périscolaire
Clarifier, juridiquement, la compétence de la commission des droits et de l’autonomie des personnes
handicapées (CDAPH) en matière d’évaluation du besoin d’accompagnement sur tous les temps de vie de
l’enfant. (DD)/ Prendre en compte le temps périscolaire dans les notifications des CDAPH et les projets
personnalisés de scolarisation (PPS). (AN)/ Systématiser la préconisation, par les MDPH, du besoin ou non
d'aide humaine sur le temps méridien des ESH, afin d'éclairer la décision des collectivités territoriales et des
établissements scolaires privés sous contrat, désormais responsables de sa mise en œuvre, et de garantir une
continuité de la prise en charge sur les différents temps de la journée de l'enfant. (Sénat)
Déterminer avec les collectivités territoriales, et pour chaque enfant qui en aurait besoin, comment
l’accompagnant intervenant sur le temps scolaire peut également intervenir durant le temps périscolaire, de
façon à assurer, si cela se révèle dans l’intérêt de cet enfant, la continuité de l’aide qui lui est apportée ; (DD)
5. Accessibilité et pédagogie
5.1. Améliorer les outils de suivi de la scolarisation des ESH
S’assurer du déploiement complet du livret parcours inclusif sur tout le territoire et de son caractère
opérationnel (droits d’accès pour les professionnels et les familles, interopérabilité avec les données MDPH,
etc.) au plus tard d’ici la rentrée scolaire 2025 (ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse, caisse
nationale de solidarité pour l’autonomie). (CC)
Revoir les droits d’accès aux outils de gestion du livret de parcours inclusif et de l’application de gestion des
élèves en situation de handicap pour permettre les interfaces fonctionnelles pour les acteurs de terrain.
Développer un applicatif pour la gestion des accompagnants des élèves en situation de handicap /
accompagnant à la réussite éducative par les pôles d’appui à la scolarité. (IG23)
Mettre en place des outils statistiques permettant d’appréhender finement les modalités et le temps de
scolarisation effectif des élèves en situation de handicap, le temps de présence des AESH, les modalités
d’accompagnement mises en place, etc. ; (DD)/ Organiser un suivi national quantitatif et qualitatif des temps
d’inclusion en classe ordinaire des enfants et jeunes scolarisés dans une unité d’enseignement externalisée
des établissements médico-sociaux, ou un dispositif d’unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS). (IG23)/
Préciser les conditions et la qualité de la scolarisation (volume horaire en particulier) dans les statistiques
officielles recensant le nombre d’enfants en situation de handicap scolarisés en classe ordinaire. (AN)
Assurer aux MDPH la possibilité de suivre la mise en œuvre de leurs notifications en leur garantissant l’accès
aux données relatives aux affectations et aux accompagnements des élèves ayant bénéficié d’une
prescription d’aide humaine. (IG22)/ Systématiser, au bénéfice des MDPH, un retour sur la mise en œuvre de
leurs prescriptions d'aide humaine, dans un souci de partage de l'information entre prescripteur et
opérateur, ainsi que d'évaluation des mesures prises. (Sénat)/ De mettre en place des indicateurs permettant
de suivre, en temps réel, la mise en œuvre des décisions des MDPH en matière de scolarisation des élèves
en situation de handicap ; (DD)
5.1.1. « Contrat pédagogique » et valorisation dans les dotations aux écoles et établissements
Mettre en place des modules d’apprentissage (lecture, écriture, calcul, autonomie) qui seraient validés en
fonction des progrès des enfants, pour se défaire de la logique de performance et de passage de cycles et
niveaux. (AN)
Pour accompagner l’inclusion scolaire dans ses différentes modalités, en cohérence avec le déploiement de
l’INE pour tous les enfants, proposer une évolution de la dotation horaire globale des établissements, avec
une possible double comptabilisation, un coefficient majoré des élèves ou une limitation des effectifs dans
certaines classes, en fonctions des moyens mobilisables. (IG23)
5.2. Accroître le recours au matériel pédagogique adapté
Améliorer les procédures d’acquisition de matériels pédagogiques et de supports d’enseignement adaptés
aux élèves en situation de handicap, et prévoir des actions de formation des intervenants éducatifs (CC)
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Massifier la mise à disposition de matériels pédagogiques et numériques, en s’appuyant notamment sur les
ressources produites par l’Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation inclusive
(INSEI). (AN)
Faire respecter des délais homogènes d’obtention des matériels au plan national (AN)
Élargir l’enveloppe budgétaire consacrée au matériel et aux logiciels. (AN)
Modifier en profondeur le pilotage des ressources en matériel pédagogique adapté (MPA) et de son
attribution. Au plan national, créer un pôle de pilotage du MPA. À l’échelle territoriale, confier aux Pôles
d’appui à la scolarisation la mission d’évaluation fonctionnelle des besoins de MPA (IG23)
Appeler l'Éducation nationale à assumer pleinement son rôle en matière d'accessibilité en : - développant et
systématisant l'accessibilité des matériels pédagogiques, notamment via le cahier des charges s'imposant
aux éditeurs, et celle des outils numériques ; - adaptant les fournitures scolaires aux ESH ; - mettant en œuvre
les adaptations pédagogiques nécessaires, sans attendre les éventuelles mesures de compensation prescrites
par les MDPH. (Sénat) Faciliter l’accès aux matériels pédagogiques adaptés sans passage obligé par les MDPH,
accroître les crédits prévus en la matière et former les professeurs et les AESH à leur usage (AN25).
5.3. Conforter l’accessibilité en lien avec les collectivités
Établir un état des lieux des besoins restant à couvrir en matière d’accessibilité aux bâtiments et espaces
scolaires et d’adaptation de l’environnement éducatif, et mettre en œuvre une démarche de programmation
en concertation avec les collectivités territoriales (CC)/ Accélérer la mise en accessibilité universelle de tous
les établissements d’enseignement (AN) ; Garantir l’accessibilité universelle du bâti scolaire à travers une
planification des travaux à mener. Veiller à ce que soient prises en compte l’ensemble des formes de
handicap dans la conception des aménagements. (AN25)
Créer des espaces de repli et de répit au sein des écoles et établissements, pour permettre aux enfants
atteints de troubles du spectre de l’autisme notamment de se reposer dans un environnement calme (AN)
6. Améliorer le suivi des données sur le handicap à l’école
Mettre en place une base de données exhaustive à visée statistique (incluant le médico-social via la
généralisation de l’identifiant national élève) pour suivre la scolarisation et l’insertion professionnelle de
l’ensemble des élèves en situation de handicap (ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse, ministère
du travail, de la santé et des solidarité). (CC)
Mettre en place un suivi statistique exhaustif de la scolarité de l’ensemble des enfants handicapés, quels que
soient leur lieu de vie, leur mode d’accompagnement et les modalités de scolarisation mises en œuvre (AN25)
Relancer sous l’égide du Conseil national de l’information statistique, un groupe de travail réunissant DEPP,
DGESCO, DREES, DGCS et CNSA pour élaborer une feuille de route conjointe du suivi statistique de l’école
inclusive incluant les priorités d’enquêtes. (IG23)
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Annexe 6
Témoignages d’AESH
La mission a extrait les verbatims ci-dessous pour donner à entendre le mieux possible la parole des AESH.
Ces verbatims sont complétés de témoignages écrits recueillis par une association et communiqués à la
mission.
Satisfaction du métier
« Je pensais prendre un « petit boulot » et en fait c'est un vrai travail ; j’ai continué parce qu’il y avait d’autres
AESH disponibles pour que je pose des questions ».
« J’ai voulu ce métier car j’ai toujours été dans le social ».
« Je me suis un peu découverte une vocation même si les jours ne sont pas toujours simples, les enfants sont
très attachants. »
« Je suis AESH en école maternelle, j’accompagne la même petite fille depuis 3 ans, on a une belle complicité,
j'ai pu constater beaucoup de progrès, elle a un syndrome non verbal, elle ne marchait pas, maintenant elle
marche. L'inclusion a été réussie. »
« Je suis en CAP cuisine et cette année j'ai eu des difficultés avec les élèves, malgré mon expérience et mon
âge. J’accompagne 4 élèves avec 4 pathologies différentes. Des situations très difficiles où je me suis sentie
vraiment seule. Par contre j'adore ce que je fais. Mais l'inclusion a ses limites. Des élèves avec troubles du
comportement, qui insultent, qui font griller les cuisines. »
« J'adore le milieu scolaire, l'accompagnement des enfants qui ont des difficultés très importantes, ma sœur
était dyslexique et elle a eu du mal à faire son trou. Mon cheval de bataille c'est de faire reconnaitre notre
métier par les collègues, la hiérarchie dans les établissements ». »
« AESH co, c’est d’une grande richesse car on a beaucoup de partenaires et ça permet de rester sur le poste
longtemps, ça crée une continuité d’emploi ».
Souffrance au travail
« Quand on est une AESH, on devient une invisible, on nous infantilise. C’est bien dommage »
« Je me sens très démunie en élémentaire, c’est plus compliqué en élémentaire ».
« Je me suis sentie démunie, j’accompagnais un enfant de 7 ans en grande section, très violent. Moi je pensais
que j'allais accompagner un enfant dans les apprentissages, mais en fait non, l'essentiel du temps je l'ai passé
dans la cour. »
« Dans l'école où je me trouve, je ne vois pas ce que je peux apporter. On se contente de surveiller des enfants
pour qu'ils ne se blessent pas, ne blessent pas les autres. On ne peut rien leur apprendre. »
« L'an dernier j'ai été utile au moins à un élève. Cette année, je ne sers à rien, l'élève ne m'écoute pas, il a
d'énormes problèmes de comportement, il épuise tout le monde. »
« Au début c'était très difficile. Je devais gérer un élève qui pouvait être en crise totale, un élève sans SESSAD.
Je pouvais passer des heures dans la cour avec cet élève pour le calmer. »
« Je suis déçue par le poste ; il y a des enfants à qui je ne peux pas apporter grand chose ; est ce qu’on ne va
pas nous amener bientôt des enfants dans le coma ? on doit juste surveiller des enfants à qui on ne peut rien
apprendre. »
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« Maintenant je ne parle plus de mon niveau professionnel passé ; mais je sais que je pourrais être une aide
car je vois évoluer les jeunes et des profs en difficulté, mais je dois rester à ma place ».
« On est démunies face à la distinction notifiés/ non notifiés ; les AESH doivent gérer cette injustice dans les
classes. Et l’équipe de PAS ne peut pas intervenir sur les élèves notifiés. »
« J’ai l’impression de ne servir à rien, je suivais un élève qui a mal vécu de perdre des heures. J’ai dû
l’annoncer moi-même à l’enfant, personne ne l’avait fait ; après, il a refusé de venir, il s’est déscolarisé. L’IDE
(infirmier) a appelé la mère, l’enfant ne sortait plus de sa chambre. »
« J’ai un métier passion, j’adore ce que je fais. Mais on a des cas de plus en plus lourds, parfois on ne fait que
de la surveillance ».
« Avec les enfants dys, c’est très agréable, il y a une marge de manœuvre sur la progression. »
« Je suis un enfant 7h, ce n’est pas assez. Il se retrouve souvent tout seul dans la classe et il risque de se
retrouver en Ulis car il a été suivi trop tard en maternelle ».
Intégration au collectif éducatif/ sentiment d’isolement
« Il manque des contacts collectifs au sein de l’école pour assurer la transmission. Il y a une ESS par an, ce
n’est pas suffisant ; parfois les parents n’y sont pas ».
« Il y a des réunions qui se font, des ESS, et on n'est pas conviés. On est constamment avec les enfants, on
sait comment ils réagissent… Si on n'est pas conviées, c'est qu'on compte pour du beurre ».
« L’AESH référente est un appui administratif mais pas du tout sur les situations difficiles ».
« On reste pour l’équipe ».
« Il nous faut une place claire dans l’équipe pédagogique et un cadre de travail respectueux ».
« AESH depuis 3 ans, mes deux premières années ont été très compliquées. Je n’ai pas vraiment discuté avec
l’AESH référente et j’ai beaucoup de mal à avoir un contact avec la coordinatrice. »
« Quand il y un souci avec un enfant, on vient me chercher "il faut que tu règles le problème" ».
« J’accompagne un enfant pendant 24h. Je fais un écrit sur les progrès de l'élève pour les ESS. Pendant l’ESS,
les difficultés sont mentionnées mais le lendemain je me retrouve toute seule. La plupart du temps je me
retrouve seule dans une salle de classe et je gère. J’ai mis en place un cahier pour communiquer avec les
parents, ils n'ont jamais écrit. Dans l’ULIS, il n’y a pas de matériel adapté pour cet enfant ; j’ai acheté 40 jeux
pour l'enfant avec mes deniers. J'ai plus d'échange avec l'éducatrice qui vient un jour qu'avec l'enseignant. »
« La communication est compliquée, il faut aller à la pêche aux infos ; comme AESH référente, on a souvent
des AESH en difficulté par manque d’information : par exemple, la notification est « vie sociale et
relationnelle », on ne sait pas toujours le traduire ; ou parfois l’enseignant n’a pas la notification car il faut
que les parents le disent. »
« Je suis AESH -i en école maternelle avec un enfant autiste. Au début, vous ne savez rien de l'enfant, c'est
compliqué. »
« Je suis depuis ses 6 ans la même enfant TSA depuis 8 ans. Mon métier me passionne. J’ai vu ses progrès ;
j’ai appris par l’observation, j’étais incluse dans l’équipe, avec un rôle d’éducatrice. Je suis passée au collège
avec l’enfant. Je travaille beaucoup chez moi et je récupère les cours pour elle ».
« Vous avez cet élève, mais on ne sait pas les objectifs, les soins, on apprend sur le tas. Il manque du cadre,
des outils de communication. Les enseignants ne sont pas dans la rétention d'information. Je découvre en
réunion de régulation, 7 mois après le début de l'accompagnement que la petite que j’accompagnais avait
une surdité moyenne à l’oreille gauche ».
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Relation AESH-enseignants
« En tant qu'enseignant on a déjà des difficultés avec ces élèves, alors pour donner des conseils aux AESH…
(enseignant) »
« Les enseignants ne savent pas discerner l’info à donner ».
« Il y a des signes qu’on ne compte pas ; par exemple il arrive qu’il n’y a pas une table et une chaise pour
nous dans certaines classes avec certains enseignants ».
« Il n’y a pas de transmission des situations de l’enfant par les profs. J’ai eu du mal à trouver ma place… On
cherche tout le temps les infos et les plannings qui changent souvent… ».
« Ma collègue a des difficultés avec les enseignants, ils n’acceptent pas sa présence (ils lui refusent table et
chaise ; ils lui disent « je ne sais pas à quoi tu sers ») » ;
« Je rencontre un manque de considération. La maitresse se positionne en « cheffe de la classe » ; je dois
rappeler mes droits par exemple pour les heures connexes ; pour les sorties scolaires, on m’a dit que c’était
les heures connexes, or ça n’en est pas. »
(en LP) « Avant quand un AESH venait en classe, des enseignants leur parlaient comme à des élèves, ou les
ignoraient, ou leur disaient "voilà le cours, fais ce qu'il faut pour qu'ils comprennent". On a fait évoluer cela. »
Rôle du responsable d’établissement
« Le directeur est à l’écoute. Il y a une bonne égalité avec les enseignants ; on a notre place au sein de cette
école ».
« Ici on est bien intégrées mais il y a quand même un manque de reconnaissance malgré tout. On n’est pas
citées au spectacle de fin d’année ».
« Ma plus grosse difficulté, ce sont les menaces des parents d’autres enfants ou d’un enfant… je n’ai eu aucun
soutien du directeur qui avait peur de la famille et l’enseignante était débordée ».
« Je suis AESH depuis 8 ans; cette année, j’ai eu 18 emplois du temps différents, avec des élèves tous
différents. On est considéré comme un bouche trou. J’ai dû déposer une plainte pour harcèlement. La
proviseure adjointe m’a dit : « Madame, vous ne savez pas diffuser d’amour ».
« Je suis AESH depuis 6 ans ; la directrice est très bien, elle prend le relai quand il y a des difficultés, elle sait
quoi dire et quoi faire ».
Rémunération et quotité de temps de temps de travail
« Le salaire est indécent, c’est déplorable ».
« Mon problème c’est que je travaille 22h par semaine seulement (donc 900€ nets/mois). Je demande depuis
des années à faire plus d’heures ; je ne sais pas si je pourrai tenir alors que c’est un métier que j’adore. Et en
plus ce n’est pas possible de trouver un autre job à côté car de 8h à 17h on est bloqué. »
« Les AESH [du département voisin] ont plus d’heures que nous, ce n’est pas normal ».
« Je suis devenue AESH co, c’est un métier différent, mais 22h en Ulis c’est beaucoup trop peu. J’en fais
beaucoup plus (rester à midi, incident, …) ; c’est très prenant. »
« Les heures connexes, on ne sait pas à quoi ça sert ».
L’affectation
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« J’éprouve une forte angoisse sur l’année suivante. J’aime travailler auprès des collégiens et j’angoisse à
l’idée d’aller en primaire. »
« On va devoir attendre tout l’été. Pourtant normalement en juin les proviseurs devraient avoir l’info, non? »
« D’abord je suis restée avec 3 à 4 élèves différents puis j’ai été baladée entre des collèges. Je suis la dernière
arrivée donc toujours déplacée. »
« C'est pas toujours simple, on change de classe en milieu de journée, je passe du CP au CM2. »
« Il y a beaucoup de mutualisés. Parfois on a un enfant seulement 1 ou 2h par semaine, ça n’a aucun sens.
On déshabille Paul pour habiller Pierre. »
« AESH ce n’est pas le même métier en maternelle et terminale. Les PIAL n’ont pas permis de distinguer ces
métiers ; passer au PAS ne change rien ».
L’accessibilité
« Il y a trop de problèmes matériels d’accessibilité : on dit faire de l’inclusion mais il n’y a pas assez
d’ascenseurs, trop de bousculade dans les couloirs ; c’est l’angoisse à cause des sacs à dos que les enfants se
prennent dans la tête quand ils sont en fauteuil. Il n’y a aucune salle adaptée, elles sont trop petites ; on a
l’angoisse des alarmes car on se sent très vulnérable ».
Formation
« Les formations sont trop « maigres » par rapport aux problèmes ».
« Pour les situations complexes, il faut une formation, d’une part plus tôt, et d’autre part plus solide pour
faire face aux problèmes de l’enfant ».
« J’ai pu avoir la chance de travailler dans le social. Comme AESH, je prends des cours en parallèle pour moi ».
« Je suis en difficulté pour les enfants à troubles du comportement. La formation de 60h est bien mais
intervient trop tard. »
« On fait un boulot d’éduc spé sans formation. J’ai dû réclamer ma formation de 60h et je ne l’ai toujours pas
eue ».
« La formation n’est pas suffisante. C’est peau de balle ».
« Il y a un vide abyssal entre les 60h de formation et la réalité du terrain. »
« J’accompagnais un jeune avec un glaucome, j'ai surfé sur le net. On apprend par soi-même. »
« J’ai adoré le PIAL (privé) qui donnait beaucoup de formations ; en neuropsy par exemple, on s’appuyait sur
les formations du PIAL ».
Outillage
« Il manque beaucoup de cadre et d’outils de communication et de transmission, et de diagnostic pour
ajuster la prise en charge ». (ex aide-soignante et éducatrice pour foyer).
« Il y aurait besoin d’une analyse de pratiques mais ça n’existe pas ».
« On manque de matériel. En collège privé, on a des outils ».
Lien aux parents
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« Le contact avec les parents est nécessaire pour connaître la situation de l’enfant et ses capacités ; il est
prévu dans le vademecum national une rencontre initiale parents, AESH et enseignant. Mais elle n’est pas
organisée ».
« A l'époque on ne nous disait "surtout pas de lien avec la famille, restez à distance", mais heureusement on
a fait les choses autrement, et c'est un enfant que je vois encore, et c'est une belle histoire. »
L’expérience du PAS
« Le PAS, ce qui ne me plait pas, c’est que les équipes du service social viennent dans les écoles mais qu’on
n’a pas d’interactions avec eux. Alors qu’on nous avait dit que ce serait un binôme AESH/service social ».
« Le PAS a été efficace, il a une réponse très rapide. On a eu 3 séances d’observation, les éducateurs viennent
une fois par semaine mais le problème c’est le plan d’action : il y a trop de demandes sur le CAMPS. »
1. Témoignages réunis par l’association « AESH en lumière »
Les témoignages d’AESH ci-dessous ont été communiqués par l’association « AESH en lumière », auditionnée
le 23 septembre 2025. Ces témoignages sont reproduits avec l’accord de l’association. Comme pour d’autres
contributions citées dans le rapport, cette reproduction ne vaut pas approbation du contenu du rapport par
l’association.
● Je souhaite exprimer mon angoisse. Hier, j’ai fait ma pré-rentrée dans une grande école primaire de 400
élèves, où travaillent 11 AESH. Durant la réunion, on nous a annoncé trois démissions prévues d’ici la fin du
mois ainsi qu’un départ à la retraite.
Dans cette école, il semble – d’après plusieurs collègues – que nous n’ayons pas le droit de manger sur place
le midi. Une salle est bien mise à disposition, mais uniquement pour les enseignants. Aux AESH, on dit
clairement que c’est la salle des professeurs et que nous n’y sommes pas les bienvenues. Résultat : certaines
rentrent chez elles, d’autres déjeunent dans leur voiture et ne peuvent revenir qu’à 13h20. Imaginez cela en
plein hiver…
Pour ma part, mon domicile est à 30 minutes de l’école (sans bouchons), et avec la circulation, je dois compter
10 minutes de plus. Il m’est donc impossible de rentrer déjeuner.
Pire encore : certains enseignants affichent clairement une hostilité envers les AESH. Nous sommes parfois
placées seules au fond de la classe, en attente que l’enseignant nous appelle pour intervenir auprès de
l’élève. Et lorsqu’il estime ne plus avoir besoin de nous, il nous demande d’« aller voir ailleurs » ou de ranger
la classe. Le PIAL comme la direction de l’école sont parfaitement au courant de cette situation.
Mon PIAL est informé, mais ferme les yeux.
Aujourd’hui, j’ai juste envie de tout abandonner.
Je suis écœurée...
● J’ai droit à l’AEEH et la PIM AEEH a été suspendue car la notification est en attente.
Financièrement je n’y arrive plus ! Hier en rentrant du travail j’étais en pleurs en voyant le niveau de mon
réservoir d’essence… Je ne pourrais pas finir le mois.
Etant à 18 km, je dois rentrer le midi pour m’occuper de ma fille. Ma voiture consomme beaucoup et a besoin
de réparations : aiguille des km qui ne fonctionne plus, perte de liquide de refroidissement huile moteur et
huile direction assistée, rétroviseur gauche cassé et recollé, surchauffe du moteur m’obligeant à m’arrêter
régulièrement…
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Chaque jour j’ai la boule au ventre sur les trajets en espérant ne pas tomber en panne ou ne pas avoir
d’accident !
Avec 900€/mois comment faire pour réparer sa voiture ? Comment faire pour racheter une voiture ?
Les aides de la CAF sont coupées en raison d’un transfert de dossier suite à un déménagement et donc un
changement de département.
En 1 semaine mon niveau de carburant a déjà diminué des ¾. Je ne finirais pas la semaine prochaine…
Comment faire 3 pleins de 87€ pour pouvoir aller travailler avec un salaire de 900€ ?
Je me lève tous les matins pour gagner ma vie et nourrir mes filles.
Il me reste 123€ sur mon compte, j’ai fait le choix de l’alimentation de mes filles au détriment de l’essence.
Cette année aura été ma 9e année d’AESH. J’ai demandé au PIAL une affectation plus proche de mon domicile
mais on me répond que dans mon contrat c’est 20km autour du domicile. Je trouve inacceptable de nous
imposer cela sachant nos salaires si bas ! Nous n’avons aucune indemnité kilométrique.
● Bonjour ! moi j'avais fait un courrier à mes responsables pour leur exprimer mon mécontentement par
rapport aux conditions de travail et aux vœux qui n'ont pas été suivis pour ma part et ceux de certaines
collègues et par rapport aussi aux affectations et bien je viens d'avoir un mail pour me prévenir que je vais
faire l'objet d'une sanction disciplinaire.... Voilà où on en est aujourd'hui.
● AESH en dispositif ULIS je suis nouvelle et j’ai eu ma pré-rentrée hier. Ne pouvant pas manger chez moi j’ai
demandé si une salle était dédiée aux personnels pour le repas, on m’a dit « NON ! il n’y a que la salle des
maîtres mais celle-ci, pour des raisons de confidentialité, est réservée qu’aux maîtres ; Du coup vous vous
débrouillez pour manger ».
Quel horrible sentiment de rejet… Et dire qu’on est dans l’inclusion !!!
● Bonjour à tous,
Je vous prie par avance de m’excuser si tout n’est pas clair …
Je vous écris aujourd’hui car je suis démunie, désemparée, en situation de stress … C’est un cri de secours …
Comme nous tous, j’ai fait ma prérentrée vendredi, celle-ci était chaotique … Les collègues AESH me disant
clairement que les professeurs des écoles et la directrice se moquent éperdument de nous, nous prennent
de haut et, excusez-moi du terme, pour un bouche trou.
J’en ai eu confirmation vendredi ! Je n’ai même pas eu le temps de finir de me présenter, juste nom-prénom
et fonction qu’on me coupait déjà la parole en me répondant « ok on va te confier tel et tel enfants ». Deux
enfants non notifiés, qui ont blessé une des collègues AESH l’an passé … Je viens d’arriver dans cette école,
j’ai tout de même précisé ma situation de santé étant reconnue adulte handicapée, cela me paraît important
même en cas de soucis (connaissant bien sûr mon handicap, afin de faire entre autres de la prévention). On
m’a clairement répondu « chacun son tour de prendre les cas difficiles », je tiens à rappeler encore que ces
deux enfants ne sont pas notifiés ni même en attente de notification !!! Aucun dossier en cours.
J’ai officiellement 3 enfants notifiés (je suis en élémentaire) les 3 ainsi que les 2 qu’on me demande de
m’occuper sont dans la même classe. Sur les 3, 2 sont en individualisés et 1 en mutualisé.
Hier l’instit m’a demandé de gérer les deux non notifiés, je lui ai clairement répondu que ma priorité sont les
enfants notifiés ou à la limite, si le temps me le permet ceux en attente de notification. Mais non ! Je dois
l’écouter et répondre à ses ordres … C’est ELLE qui décide ! Je cite ici ses paroles …
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Aujourd’hui de même, je m’occupais sur un exercice, des trois enfants notifiés, elle m’a imposé d’arrêter
pour mettre « les deux bagarreurs au travail », je m’exécute, l’un d’eux m’a mordu à sang sur le dessus de
l’avant-bras … Je suis allée voir la directrice qui m’a donné un pansement pour doigt, il était 15h50, on m’a
interdit de partir et obligé d’attendre 16h30 pour aller consulter (je suis allée aux urgences après, j’ai 12
points de sutures). J’ai appelé aussitôt sortie des urgences la directrice pour faire une fiche SST, elle m’interdit
d’en faire une car l’enfant en question n’est pas notifié et m’a rappelé que « étant donné qu’il n’est pas
notifié tu ne peux pas faire valoir ton droit de retrait ».
On m’interdit de consulter le GEVA-sco des enfants notifiés, on m’interdit d’être présente pour le rendez-
vous de début d’année avec les parents. Mais on m’impose une réunion la semaine prochaine pour mettre
en place des « choses » pour les deux enfants non notifiés …
Deux jours et je suis déjà à bout et avec la boule au ventre à l’idée d’y retourner …
Je ne sais pas quoi faire.
Le PAS m’a répondu de gérer ça avec la directrice de l’école …
Encore désolée …
Bonne journée ou soirée à vous !
● Bonjour à tous et toutes.
Depuis mon agression physique par une collègue, ma situation professionnelle s’est fortement dégradée. J’ai
subi à plusieurs reprises des intimidations (pneu crevé à trois reprises en un mois), le mépris et l’isolement
de la direction après avoir signalé les faits au PIAL. Mon emploi du temps est devenu intenable : on m’impose
la surveillance intégrale des récréations, sans pause, en plus de la gestion de six élèves. La collègue qui m’a
agressée est proche de la directrice, ce qui accentue mon sentiment d’injustice et d’insécurité. Ces deux mois
de vacances ont été marqués par l’angoisse et les pleurs à l’idée de reprendre le travail. Ma santé mentale
se détériore gravement. J’aimais mon métier et mes élèves, mais je n’ai plus la force de continuer : je suis
contrainte de démissionner.
● J'espère que la pré-rentrée s'est bien passée ! J'ai besoin d'aide ma collègue et moi avons un élève qui est
aveugle, sondé…et qui doit être nourri par seringue à midi. Apparemment il nous appartient de le faire, nous
ne sommes pas formées !!!! Comment nous protéger et quel document devons-nous avoir qui nous autorise
à le faire. Merci de vos réponses.
● Bonjour, j'ai fait ma pré-rentrée au collège. Je suis à 20h/ semaine. La principale adjointe m'a fait un emploi
du temps avec pas mal de trous, et parfois des pauses de 4 heures...style 11h00 - 15h. Parfois je reviens juste
pour 1h30 de cours. Jusqu'à présent, on nous laissait une certaine liberté dans la gestion des emplois du
temps tant qu'on respectait notre quotité horaire. Cette année la principale adjointe veut gérer les choses à
sa manière.
Est-ce que quelqu'un saurait me dire ce qui est légal, que dit la législation à ce niveau ? Je sais que rien n'est
vraiment cadré mais en termes d'emploi du temps quand ça ne convient pas du tout c'est compliqué ! Merci
● Bonjour pré rentrée aujourd'hui comment dire… J'étais juste une figurante ensuite la directrice est partie
j'ai vite fait le tour et fait connaissance et ensuite j'ai attendu sur un banc. On m'a dit de partir et si on a
besoin de moi on m'appelle.
● Bonjour à tous, bonne rentrée un peu en avance.
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J'ai fait la prérentrée hier comme tout le monde dans mon collège avec une nouvelle principale qui vient
d'arriver, on avait la réunion le matin , à midi déjeuner pour tout le personnel, l'après-midi c'était explications
du déroulement des aides aux devoirs pour les personnes intéressées, j'y étais avec ma collègue vu qu'on
avait le droit de faire les aides aux devoirs ( j'ai niveau Bac+4), la principale en distribuant les documents pour
les professeurs, elle arrive à moi et ma collègue et ne nous les donne pas et passe à l'autre rang !!!
Un comportement que j'ai trouvé très méprisant et rabaissant à notre égard !!!
Rajoutant à ça le matin elle nous a envoyé un mail concernant l'organisation de la semaine et les informations
nécessaires pour la rentrée, il figurait la liste du personnel du collège, tous les noms y apparaissent sauf le
mien et celui de ma collègue !!!
Je voulais partager ça avec vous car ça commence déjà mal, elle nous regarde vraiment de très haut !!!
● Bonsoir !
J'ai une question. J'ai en charge un petit le matin et un autre pendant midi (12/13h30)
Et je reprends dans un autre établissement l'après-midi.
Ma question : à votre avis aurais-je le droit de manger avec l'enfant le midi, avant ou après car là, le laps de
temps je ne vois pas comment manger !
En soi ce n'est pas grave de ne pas manger mais au moins prendre une collation. Aller au WC ...
Merci d'avance
● Bonjour,
Je travaille en tant que AESH dans un collège depuis 11 ans.
J'ai un contrat de 28 h depuis cette année sinon j'étais à 24 h par semaine pendant 10 ans.
Lorsque j'ai commencé à travailler en collège, je suivais un élève, les années suivantes 2 élèves et aujourd'hui
je suis 9 élèves sur 2 niveaux différents ( 4 ème et 3 ème) dans 5 classes différentes.
Cela représente un énorme travail pour s'adapter à chaque élève et nous n'avons pas assez d'heures pour
nous occuper correctement de chacun d'entre eux.
Il y a de plus en plus de besoins et d'élèves notifiés mais nos conditions de travail se dégradent et il est de
plus en plus compliqué de recruter des AESH qui n'arrivent pas à vivre de leur salaire et qui démissionnent.
Voilà la réalité de notre métier.
Comme la grande majorité de mes collègues, j'adore mon travail, je suis investie et je suis contente de m'y
rendre chaque jour mais il devient urgent pour les élèves et les AESH que nous soyons reconnus comme un
vrai corps de métier et qu'il y ait plus de moyens pour non seulement recruter mais aussi former.
● Bonjour,
Je vous recontacte suite à notre échange sur le fil de discussion de l’association. Ça fait plusieurs fois que
j’essaye de décrire mon quotidien mais ce n’est pas évident.
J’accompagne deux élèves, un en GS et le second en élémentaire, dans deux écoles différentes. Les deux
élèves sont à la limite d’inclusion dans une classe ordinaire. Je suis bien intégrée dans les deux équipes
pluridisciplinaires et les relations avec les familles sont bonnes. Ce qui est compliqué, et là où certaines
situations peuvent être aberrantes, est vraiment en lien avec les « missions » de l’AESH :
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- Il est dit que l’on ne doit pas toucher les élèves or il est nécessaire d’utiliser la contention avec l’un des
élèves lorsqu’il se met en danger ou quand il est trop agité.
- J’ai été frappé deux fois au visage par l’un d’entre eux, quand je demande à la coordinatrice du PIAL quel
est le protocole et ce que je peux faire lors de ces situations il n’y a pas de réponse claire.
● Coup de gueule d’une AESH en questionnement…
Je me demande sérieusement si je vais continuer ce métier. J’aime profondément travailler auprès des
enfants en situation de handicap, c’est une véritable vocation pour moi. Je fais même du soutien en dehors
de mon poste d’AESH, tellement j’y crois. Mais aujourd’hui, je trouve le manque de considération pour notre
rôle déplorable. Nous sommes traitées comme de simples pions sur un échiquier. Ma référente, par exemple,
place les AESH où elle le souhaite, souvent sans tenir compte de nos situations personnelles, sous prétexte
qu’« il n’y a pas le choix » et qu’« il manque d’AESH » Dans notre PIAL, nous avons été nombreuses à
apprendre la veille de la rentrée que nous changions d’affectation ! L’année dernière, malgré mes problèmes
de dos, on m’a mise en maternelle… et cette année, rebelote. On me confie régulièrement des enfants
notifiés IME, alors que je n’ai pas les compétences spécialisées nécessaires. Je tiens à rappeler : nous ne
sommes pas éducatrices spécialisées, ni psychomotriciennes, ni ergothérapeutes. Notre rôle est
d’accompagner l’inclusion scolaire, pas de remplacer des professionnels formés pour des missions de
rééducation. Résultat : les enfants souffrent car ils n’ont pas la structure adaptée, et nous, AESH, nous
souffrons aussi.
Comment garder l’envie quand notre travail est non reconnu, sous-payé et mal valorisé ? J’adorais mon
ancienne école, en plein quartier difficile, j’adorais les enfants et l’équipe… mais comme j’étais bien, on m’a
changée. Où est la logique ?
Et puis… que dire de la partialité de certains référents ? Certains soutiennent et écoutent uniquement leurs
« amis » et laissent les autres sur le côté. Pourquoi ne pas remettre en jeu le poste de référent tous les 3 ans
? Ce serait plus juste pour tout le monde. Je lance ce message ici, car je sais que beaucoup vivent la même
chose.
Sommes-nous les seules dans notre PIAL à subir ce genre de traitement ?
● Comment savoir quel(s) enfant(s) nous accompagnons ?
J’ai commencé le 2 septembre et on m’a dit : « Tu t’occupes des 5 ! ».
J’ai demandé s’ils étaient tous notifiés… Le directeur me répond « Non, mais les autres sont à 24h !! » Je lui
réponds donc que je n’accompagnerai que l’enfant notifié, et il me dit que je dois faire un effort sinon
l’enseignant de la classe ne tiendra pas !
Je suis nouvelle dans ce métier et j’ai bien l’impression que l’on veut me faire faire tout et n’importe quoi
pour soulager enseignants et ATSEM…
De plus, tout le monde m’ignore : pas un bonjour, pas un regard, pas un sourire…
Tout le personnel confondu hurle sur les enfants (je suis en maternelle !)… Je suis choquée, découragée… Je
pense donner ma démission… je ne tiendrai pas avec de tels collègues, un tel mépris et dédain de leur part…
● Cette année je me retrouve avec 8 enfants répartis en 6 classes (que des collégiens).
Je ne suis pas d’accord !
Cela fait 3 ans que je suis dans cette école, j’ai toujours eu 3 ou 4 élèves en primaire.
Cette année on m’enlève les élèves que j’accompagne depuis 3 ans, ce qui est déjà un déchirement, pour me
confier 8 collégiens que je ne connais pas.
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J’avais demandé, dans ma fiche de vœux, de continuer à suivre mes élèves. Les parents avaient demandé à
la directrice que je reste l’AESH de leurs enfants. Au final, on m’a enlevé tous les enfants !
J’ai 8 enfants et 6 emplois du temps !!!
Franchement 24h pour 8 enfants çà fait 3h par enfant alors qu’ils ont quasiment tous droit à 12h
d’accompagnement INDIVIDUALISE !
J’ai un élève une fois par semaine 1h en sport… C’est d’un ridicule !
Je suis vraiment très attristée et en colère de cette situation.
● Cette année a été un peu difficile pour moi car j’ai eu un cancer du sein.
Maintenant en rémission, j’ai voulu reprendre mon activité et demandé un mi-temps thérapeutique.
Quelle déception en apprenant que tous les agents de la fonction publique peuvent y prétendre sauf nous
les AESH, car le mi-temps est à 20h et pas moins.
En sachant qu’on nous impose des contrats de 24h/semaine, j’ai ressenti encore une profonde injustice…
En plus de ça, s’ajoute le coordinateur PIAL qui m’a mis sur 3 écoles différentes alors qu’il était au courant de
ma situation médicale… Je viens de travailler une semaine et je suis déjà épuisée.
On nous rabâche en long, en large et en travers que nous sommes essentielles mais je constate que la
considération n’est pas du tout au rendez-vous.
Je suis à bout et pense démissionner alors que j’aime mon travail et que j’ai repris contre avis médical.
● Je crois que je suis arrivée au bout !
Sept ans où j’ai vraiment aimé mon travail, j’ai toujours donné le meilleur de moi-même, jamais absente non
plus. Mais là… STOP !
Nouvelle affectation avec un élève en GS qui a de gros troubles du comportement (cris, insultes et violence).
Il est scolarisé le reste du temps en ITEP. Depuis la rentrée j’ai déjà reçu des coups de pieds, une baffe, j’ai
eu 2 morsures, des insultes « gros cul», « dégage », des menaces « je vais te tuer » etc….
J’ai alerté ma coordinatrice PIAL, la directrice… On me répond de lui laisser le temps… Sauf que moi je ne
dors plus, je ne fais que pleurer. Je vais travailler avec une boule dans la gorge. Je ne me sens pas capable
d’aider cet enfant, je ne suis pas éducatrice.
J’ai envie de tout arrêter… C’est tellement dur !!!
● Bonjour
J’exerce le métier d’Aesh depuis environ 12ans contrat de 24h.
Au début, je vivais des accompagnements intéressants et soutenu par l’enseignante référente.
L’enseignante référente nous mettait en lien avec les CMP centre recherche autiste ou autre. On pouvait
amener nos images pictogrammes. Aujourd'hui je ne peux plus car c'est l’enseignant qui fait le minuteur
picto… Si l'enseignant ne le fait pas je ne peux pas travailler.
J'ai dû payer de ma poche la formation « vivre avec autisme » : 60 euros.
Je voudrais faire le langage makaton mais tout est payant et la dsden nous délaisse.
On ne veut pas nous payer les heures de cantine sur un contrat de 24h. On doit récupérer et même se battre
pour prendre 20min de pause obligatoire.
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Nous avons peu de moyens. Quand un élève TDAH sévère fait une crise en classe, nous n’avons pas le droit
de rester seule avec lui. S’il a besoin d'être seul pour éviter de mettre les autres élèves en danger. Comment
faire ?
Aujourd'hui devant des handicaps lourds on est seul sans moyens avec une paye qui ne suit pas.
Je suis célibataire et c'est dur.
Le pial nous retire les élèves du jour au lendemain sans nous demander notre avis pour remplacer une
collègue par exemple.
On doit préparer les ESS alors qu'on nous envoie ailleurs.
De retour de vacances, je vais quitter mes 3 élèves et les ESS sont les 14 et 28 janvier…
Il nous manque un statut. Aujourd’hui le métier se dégrade…
● Mon témoignage sera sur l'année dernière voire les 3 années en arrière. Je n'ai pas encore fait de rentrée
scolaire étant en arrêt depuis le 27/01/2025 suite à une opération de la coiffe des rotateurs (rupture du
tendon de l'épaule gauche). J'ai été prise en maladie professionnelle car récidive suite à la même opération
sur la droite en 2021.
Suite à la prise en charge de ma maladie professionnelle par la CPAM, je viens de recevoir un courrier de la
médecine du travail de la dsden d'une possible inaptitude à mon poste d'aesh (en gros ils veulent me dégager
!!!) je fais ce travail depuis 11 ans (principalement en maternelle) au tout début nous avions 1 voire 2 enfants
à nous occuper, depuis la venue du pial c'est 7 voire 9 enfants sur 3 établissements, avec des emplois du
temps impossible à gérer et même pas le temps de déjeuner.
Avec les enseignants "c'est ou ça passe ou ça casse", il y a ceux qui sont contents de nous avoir et ceux qui
nous ignore royalement, voire nous méprise carrément, alors si en plus vous avez 2/3 enfants TSA lourds à
vous occuper qui vous prennent pour leur punching-ball et bien vous avez au bout un burn-out qui vous
attend.
J'ai eu droit une année au collège à une sous-directrice limite harceleuse, une enseignante qui hurlait toute
la journée et me le reprochait pour se défausser de ne pas savoir tenir sa classe, une autre qui vous balance
de "changer de métier si vous êtes pas capable de vous occuper d'un enfant TSA" qui passe sa journée à vous
taper, et vous crachez dessus, une autre qui vous prend pour son ATSEM et vous reproche par contre de faire
grève et vous souhaite de "profiter de votre journée de repos" une autre qui ne vous invite jamais aux
réunions d'ESS de vos élèves et vous donne même pas le compte-rendu, une autre qui vous enferme dans
une classe avec 2 élèves TSA pendant la récré d'après cantine alors que ce ne sont pas vos élèves pendant
qu'elles boivent leur petit café dans la cour, bref j'ai un monceau d'anecdotes à dire qui serait trop long.
Je ne vous parle pas non plus des parents qui n'ont même pas un regard pour vous, ni un bonjour, ni un
merci, quant à ma hiérarchie, nos diverses référentes (ça change tous les ans) sont infectes avec nous, nous
parlent comme à des chiens, nous laissant pas le choix de parler ou de nous plaindre.
En 2023 j'ai fait un burn-out, suite à une cadence infernale pendant 2 ans, suite à ça je me suis syndiquée, et
demandé à redescendre sur un 24h (j'étais à 29h), j'ai changé de pial à ma demande, donc je ne sais pas à
quelle sauce je vais être mangée quand je vais reprendre.
Actuellement en arrêt je dois reprendre le 4 novembre, avec j'espère des aménagements mais franchement
je me dis peut-être vaut-il mieux que l'on me mette en inaptitude et qu'on me licencie, car je me reconnais
plus dans mon métier et il n'y a plus la motivation…
●Bonjour
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Dernièrement nous avons eu l'appel de la coordinatrice du pial pour nous annoncer qu'ils allaient faire le
tour des écoles primaires pour vérifier le taux d’aesh en fonction des besoins. Il s'avère qu’à priori les critères
ont changé pour les élèves qui sont mutualisés.
On compte une aesh pour trois élèves soit 8h d'accompagnement ce qui équivaut à 2h30 par élève. Nous
sommes actuellement 3 dans l'école pour 9 enfants notifiés mutualisés dont un individualisé à 15h.
Nous étions à 23h30 et un temps à 19h30 hebdomadaire. Finalement c'est ma collègue à 19h30 qui va devoir
changer d'établissement après les vacances de la Toussaint. Nous avons actuellement 9 élèves et nous avons
déjà mis en place beaucoup de choses pour eux depuis la rentrée scolaire. Tout va être chamboulé à partir
de la rentrée prochaine. Nous sommes en colère de ne plus pouvoir accompagner nos élèves comme il se
doit et de devoir renoncer à une collègue alors que nous en avions besoin.
Notre métier aujourd'hui se dégrade de plus en plus. Il y a une vraie remise en question sur la qualité de
notre travail et notre statut de pion déplacé au fur et à mesure des besoins sans considération, sans
possibilité de pouvoir se projeter sur une année scolaire ou sur une organisation dans l'accompagnement de
nos élèves. J'avais envie de partager cela avec vous car actuellement je suis en plein questionnement sur la
continuité de ce travail qui pourtant m’apporte beaucoup au quotidien mais les conditions deviennent de
plus en plus difficiles. Je voulais savoir si vous de votre côté votre pial fait aussi le tour des aesh et si vous
êtes assez nombreuses pour les accompagnements ?
● Le second degré : Niveau en ligne de mire pour prôner l'autonomie alors que des besoins existent...qu'ils
ont été notifiés par la MDPH
Sur le terrain...l'enseignante référente s'arroge le droit, soutenue par les chefs d'établissements de baisser
au maximum les quotités d'accompagnement en disant bientôt...plus d'AESH en lycée ainsi que pour la
poursuite d'étude. Il n’y aura aucun accompagnement ou aménagements.
Dans mon établissement le nombre d'élèves en situation de handicap accueillis n'a pas changé depuis 3 ans
: 13 élèves...nous sommes 1,5 puisque ma collègue est en double service. Pour la majorité trouble autistique
et TDAH en filière professionnelle, avec toutes les problématiques d'intégration dans les classes que nous
connaissons chaque année.
Le collège d'à côté, idem. Même nombre d'élèves...elles sont passées de 12 à 7 AESH.
Ici la consigne est claire Plus ou presque plus d'AESH dans le second degré. Comme tout agent de la fonction
publique nous sommes pourtant affectées par la DSDEN, mais sur le terrain on ne veut pas de nous (à part
les enseignants), et nous sommes écartées de toutes les communications. Même ressenti dans d'autres
établissements du coin du second degré
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Annexe 7
Le rôle et les missions des AESH : une comparaison internationale
La Cour des comptes a réalisé un très riche cahier de comparaison internationale en annexe de son rapport
public sur l'école inclusive de 2024 (Cour des Comptes, 2024). Le rapport se concentre sur la politique de
l'école inclusive (définition, acteurs, parcours de scolarisation des ESH, financement), en Allemagne, Hongrie,
Italie, Portugal, Angleterre, et Suède.
Il ne s'agit donc pas ici de refaire cet exercice mais de traiter quelques questions relatives, dans le cadre de
la mission, aux rôle et missions des AESH.
L'objectif est double : analyser en profondeur les spécificités de plusieurs pays européens et mettre en
lumière les meilleures pratiques ainsi que les défis communs. Une attention particulière est portée à deux
pays considérés comme des modèles pour leurs approches distinctes et historiquement ancrées de
l'inclusion : l'Italie, pionnière de la fermeture des établissements spécialisés, et le Portugal, qui a récemment
refondu son cadre législatif pour une approche plus holistique de l'école inclusive.
La comparaison s'étend également à d'autres pays comme l'Allemagne, le Royaume-Uni (Angleterre), la
Suède, la Finlande, la Norvège et la Hongrie, afin d'offrir une vue d'ensemble plus large des différentes
philosophies et organisations.
1. Des équilibres éducation/ médico-social différents mais une tendance à la
médicalisation du handicap en Europe
1.1. Une tendance à la désinstitutionalisation mais des réalités qui restent marquées
par l’histoire de chaque territoire national
La tension entre un modèle d'éducation ségrégatif (établissements spécialisés) et un modèle inclusif
(scolarisation en milieu ordinaire) est un marqueur central des politiques du handicap en Europe.
Deux grands ensembles de pays se distinguent historiquement en Europe :
- les pays ayant une forte tradition d’établissements spécialisés (ex: Belgique, Pays-Bas, Allemagne)
- ceux ayant historiquement favorisé le milieu ordinaire (ex: Italie, Grèce, Espagne, Norvège, Suède)
A ces traditions nationales, sont venus s’ajouter à partir des années 1990 des travaux internationaux visant
à mieux scolariser les enfants en situation de handicap. En 1994, la déclaration de Salamanque, « pour
l’éducation et les besoins spéciaux », adoptée dans le cadre des travaux de l’UNESCO, est inspirée par le
« principe de l’intégration et la reconnaissance de la nécessité de travailler à la création d’«écoles pour
tous» »2. La Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH), adoptée par
les Nations unies en 2006, a joué un rôle déterminant dans l’évolution des politiques éducatives à travers le
monde. En consacrant le droit à une éducation inclusive pour tous, notamment dans son article 24, la
Convention a incité les États à repenser leurs systèmes scolaires afin de favoriser la scolarisation des élèves
en situation de handicap dans les établissements ordinaires. Elle considère que l’éducation inclusive
constitue un moyen essentiel de garantir l’égalité des chances et la pleine participation sociale. Ainsi, plutôt
que de maintenir des structures spécialisées souvent perçues comme ségrégatives, la CIDPH encourage les
États à les transformer ou à les intégrer dans un dispositif global d’accompagnement au sein des écoles
ordinaires.
Cependant les réalités nationales continuent de refléter des héritages historiques, culturels et législatifs
distincts comme le montre le graphique ci-dessous (DEPP, 2024, p. 33) :
2 Déclaration de Salamanque et cadre d'action pour les besoins éducatifs spéciaux - UNESCO Bibliothèque Numérique
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L’Italie a adopté une approche radicale dès les années 1970 en fermant la quasi-totalité de ses établissements
spécialisés. Aujourd'hui, la scolarisation en milieu ordinaire est la norme quasi-absolue. En 2020-2021, plus
de 300 000 élèves en situation de handicap (3,6 % des inscrits) étaient scolarisés dans les écoles italiennes
ordinaires. Seuls quelques instituts spécialisés pour aveugles et sourds, préexistants à la loi, subsistent.
De même le Portugal a une longue histoire de promotion de l'intégration, intensifiée depuis les années 1990.
Le décret-loi 3/2008 a initié la transformation de la plupart des écoles spécialisées en centres de ressources
pour l'inclusion (CRI), chargés de soutenir les élèves désormais placés en milieu ordinaire. En 2018, le taux
de scolarisation en milieu ordinaire pour les élèves à besoins éducatifs particuliers atteignait un niveau
exceptionnellement élevé de 98,9 %.
En Allemagne, signataire de la convention internationale, les situations diffèrent selon les Länder, du fait
d’une compétence décentralisée. Historiquement basé sur les établissements spécialisés, le pays a vu la part
d'ESH scolarisés en milieu ordinaire passer de 18,8 % en 2008 à 43,9 % en 2020. Cependant, des Länder
importants comme la Bavière ou le Bade-Wurtemberg conservent une forte dépendance aux établissements
spécialisés.
Par ailleurs, le rapport NESSE3 met en garde contre une vision trop optimiste de la fermeture des écoles
spécialisées. En effet, de « nouvelles formes, plus subtiles, de ségrégation » peuvent apparaître au sein même
des établissements ordinaires. Des pays comme l'Écosse ou la Finlande ont vu une augmentation du nombre
d'unités spécialisées rattachées aux écoles ordinaires (ex: unités de soutien comportemental). Un élève peut
être administrativement inscrit en milieu ordinaire mais passer la majorité de son temps dans une structure
séparée, ce qui « masque l'utilisation de placements spéciaux ».
Le graphique ci-dessous témoigne de cette réalité, le chiffre français s’expliquant par le fait que les élèves
scolarisés en ULIS ne sont pas comptés comme scolarisés en classe ordinaire (DEPP, 2024, p. 32) .
3 NESSE, & Riddell, S. (2012). Education and disability / special needs Policies and practices in education, training and employment for
students with disabilities and special educational needs in the EU (p. 87). https://op.europa.eu/en/publication-detail/-
/publication/66756d2b-ad70-4c09-9195-518ad1ae98a5
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1.2. La prégnance de l'approche médicale par rapport à une approche éducative
La tension entre une approche médicale, qui voit le handicap comme un déficit inhérent à l'individu, et une
approche sociale et éducative, qui se concentre sur l'élimination des barrières environnementales, est
fondamentale. Les politiques européennes oscillent entre ces deux pôles.
Le rapport NESSE décrit une évolution conceptuelle :
- L'approche médicale « localise les déficits chez les individus, à traiter par un traitement médical, une
réadaptation ou une compensation ». Elle conduit à des diagnostics, des catégorisations et souvent
à des interventions visant à « changer ou guérir l'enfant ».
- l’approche sociale, soutenue par les associations du handicap, « se concentre sur le rôle des barrières
économiques, sociales, politiques et culturelles dans la création du handicap ». La solution réside dans
la suppression de ces barrières.
- Le modèle « bio-psycho-social » de l’OMS tente de dépasser la distinction en se concentrant sur les
déficiences, les limitations d'activité et les restrictions de participation sociale, intégrant ainsi les
facteurs individuels et environnementaux.
Malgré une adhésion de principe à la conception sociale du handicap, l'approche médicale reste prégnante.
La manière dont les pays définissent et catégorisent le handicap révèle leur approche sous-jacente. Le
rapport NESSE souligne les « dilemmes de la différence ». L'étiquetage peut être « bénéfique pour justifier
l'allocation de ressources supplémentaires » (aides, services, aménagements) mais il peut aussi être
« extrêmement dangereux s'il conduit à la ségrégation sociale ».
Le Portugal illustre une tentative de sortir de ce dilemme. Le décret-loi 54/2018 « abandonne le système de
catégorisation des élèves » et la logique selon laquelle « il est nécessaire de catégoriser pour intervenir ». Les
élèves ne sont plus étiquetés selon leurs caractéristiques personnelles (handicap, origine immigrée, etc.) mais
selon le type de mesures de soutien dont ils bénéficient (universelles, sélectives, additionnelles). C'est un
changement de paradigme majeur, visant à se concentrer sur les besoins éducatifs plutôt que sur un
diagnostic médical et en prenant une approche collective reposant sur une refonte de la pédagogie.
Cependant, l'OCDE note que « de nombreuses parties prenantes interprètent encore l'éducation inclusive
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principalement comme l'inclusion des élèves ayant des BEP », montrant une résistance à ce concept élargi et
à sa mise en œuvre dans des pratiques pédagogiques transformées (OCDE, 2022).
En Italie, la loi-cadre n° 104/1992 définit le handicap en termes de déficiences physiques, psychiques ou
sensorielles entraînant des difficultés d'apprentissage et un risque d'exclusion. La loi distingue même le
« handicap » du « handicap grave », ce qui conditionne le niveau de soutien. En Allemagne, le degré de
handicap est évalué par des experts médicaux.
Dans ce contexte, la France, avec le processus de notification de la MDPH qui à la fois met en avant les pièces
et l’avis médical et repose sur un examen pluridisciplinaire des dossiers, est, en droit, dans une situation qui
combine avis médical et éducatif4.
1.3. Un partenariat entre les acteurs de l'éducation et ceux du médico-social allant de
la simple consultation à des équipes intégrées
Une inclusion réussie repose sur une collaboration étroite entre le monde de l'éducation et celui de la santé.
Les modèles de partenariat varient, allant de la simple consultation à des équipes intégrées.
Plusieurs pays ont institutionnalisé cette collaboration au niveau de l'école ou d’un réseau d’écoles. Ainsi au
Portugal, le décret-loi 54/2018 a créé les équipes multidisciplinaires de soutien à l'éducation inclusive
(EMAEI) au sein de chaque regroupement d'écoles. Ces équipes sont un pilier du système. Elles rassemblent
des professionnels de l'école et de l'extérieur : enseignants, psychologues, travailleurs sociaux et
professionnels de la santé. Elles sont responsables de l'identification des besoins, de la mobilisation des
mesures de soutien et du suivi des élèves.
En Italie, l'élaboration du plan éducatif individualisé (équivalent du document de mise en œuvre du PPS) se
fait en collaboration entre le conseil de classe, les parents et des « professionnels spécifiques à l'intérieur et
à l'extérieur de l'école », avec le soutien d'une « unité d'évaluation pluridisciplinaire » du système de santé
national. Chaque école dispose également d'un « groupe de travail pour l’inclusion », qui inclut des
spécialistes de l'autorité sanitaire locale.
En Allemagne, les écoles allemandes travaillent en étroite collaboration avec des professionnels de la santé
(thérapeutes, médecins). Des comités de coordination réunissent les parties prenantes pour planifier le
soutien. Les soins peuvent être dispensés au sein de l'école ou dans des centres médicaux spécialisés.
Malgré ces structures, la collaboration n'est pas toujours fluide. L'analyse de l'OCDE sur le Portugal note que
si les EMAEI existent au niveau local, la collaboration au niveau national entre le ministère de l'éducation et
d'autres acteurs centraux, comme le ministère de la santé, semble limitée. Il est recommandé de « renforcer
la collaboration et les stratégies de consultation avec un plus large éventail de parties prenantes ».
Un autre défi, souligné dans le rapport NESSE, est que l'implication du secteur médical peut renforcer une
approche centrée sur le déficit. La prédominance de « professionnels spécialisés sur les BEP » dans les
Centres de Ressources pour l'Inclusion (CRI) au Portugal, ou la forte influence des « lobbys médicaux » dans
la reconnaissance de catégories comme le TDAH, montre que le partenariat peut parfois tirer l'école vers une
vision plus clinique que pédagogique.
2. Les réponses éducatives et pédagogiques aux besoins des ESH
2.1. L’existence de plans éducatifs individualisés, outil central de la scolarisation
La plupart des pays étudiés utilisent une forme de plan individualisé.
En Italie, le plan éducatif individualisé (PEI) est un document central. Il est élaboré conjointement par le
conseil de classe, les enseignants de soutien, les parents et les professionnels de la santé. Il « décrit les
interventions prévues » et indique « les outils et les stratégies pour créer un environnement d'apprentissage
basé sur les relations, la socialisation, la communication, l'orientation et l'autonomie ». Il précise également
les méthodes d'enseignement et d'évaluation adaptées.
4 Même si le certificat médical est obligatoire alors que le GEVA-sco est recommandé.
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Au Royaume-Uni (Angleterre), le plan EHC (Education, Health and Care) est élaboré suite à une évaluation
des besoins (EHC Needs Assessment) menée par l'autorité locale. Il définit les objectifs à long terme et précise
les aménagements à fournir, qui peuvent relever de l'éducation, de la santé ou des services sociaux.
Le système portugais, dans sa volonté de dépasser la logique de catégorisation, a une approche nuancée.
L'analyse de l'OCDE mentionne un « abandon du cadre de planification individualisée » au profit d'une
« personnalisation de l'apprentissage par l'engagement de toute la classe ». Cependant, pour les élèves
nécessitant des « adaptations curriculaires significatives », un programme éducatif individuel (PEI) peut être
conçu par l'équipe multidisciplinaire (EMAEI). Ce PEI intègre les compétences à développer, les stratégies
d'enseignement et les ajustements d'évaluation. Trois ans avant la fin de la scolarité obligatoire, un plan de
transition individuel (PIT) est ajouté.
Le cas du Portugal est particulièrement intéressant car il incarne un débat plus large sur la nature de ces
plans. L'OCDE recommande au Portugal de « passer d'un cadre de planification individualisée à une
perspective qui personnalise l'apprentissage par l'engagement de toute la classe, en utilisant des approches
comme l'apprentissage coopératif ». Cette vision suggère que l'individualisation, si elle est trop poussée, peut
mener à une forme de ségrégation au sein de la classe. L'objectif devient alors de rendre la pédagogie
ordinaire suffisamment flexible et reposant sur la conception universelle des apprentissages pour répondre
à la diversité des besoins, plutôt que de créer une multitude de parcours parallèles. Le rapport NESSE abonde
dans ce sens, prônant des « curricula flexibles et personnalisés » et l'utilisation de « stratégies pédagogiques
génériques qui soutiennent l'apprentissage de la majorité des élèves ». Ces éléments relèvent d’une politique
visant à développer l’accessibilité pédagogique.
2.2. Une typologie d’acteurs commune à la plupart des pays mais avec des rôles
variables
L'analyse des différents pays révèle une constellation d'acteurs récurrents :
- Les enseignants de la classe ordinaire sont en première ligne. Leur formation, leurs attitudes et leur
capacité à différencier leur pédagogie sont cruciales.
- Les enseignants spécialisés constituent une ressource clé. En Italie, l'« insegnante di sostegno »
(enseignant de soutien) est une figure centrale, affecté à la classe (et non à l'élève) pour faciliter
l'intégration. Au Portugal, les 7 122 enseignants spécialisés (en 2020/21) sont considérés comme des
« ressources spécialisées pour les écoles, les enseignants ordinaires et les élèves ».
- Les accompagnants (équivalents des AESH) fournissent un soutien direct à l'élève.
- Dans plusieurs pays des équipes/groupes de soutien internes à l’école sont formalisées : les EMAEI
au Portugal, le GLI en Italie, et le SENCo (special education needs coordinator) en Angleterre, qui est
un enseignant responsable de la coordination du suivi des élèves à besoins particuliers.
- A ces ressources internes, s’ajoutent des structures de ressources externes. Elles apportent une
expertise que l'école ne possède pas en interne. Les centres de ressources pour l'inclusion (CRI) au
Portugal, issus de la transformation des anciennes écoles spécialisées, en sont un bon exemple.
L'Italie dispose de centres territoriaux de soutien (CTS), qui sont des écoles spécialisées dans les
technologies pour l'enseignement inclusif.
- Enfin, les personnels médico-sociaux (psychologues, orthophonistes, thérapeutes, travailleurs
sociaux...) interviennent soit au sein de l'école (comme les psychologues dans les EMAEI portugaises),
soit en externe en lien avec l'école.
2.3. Les accompagnants d'élèves en situation de handicap : des missions, un statut et
une reconnaissance très variables
Tous les pays investigués ont mis en place des accompagnants mais ceux-ci sont positionnés de manière très
différente. On peut distinguer trois grands types d'organisation du soutien aux élèves en situation de
handicap.
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2.3.1. Le modèle nordique (Suède, Norvège, Finlande) : la professionnalisation intégrale
Ce modèle se caractérise par une approche hautement professionnalisée et intégrée de l'accompagnement.
Les accompagnants bénéficient d’une formation universitaire allant de 2 à 3 ans (par exemple, un bachelor
en pédagogie spécialisée en Norvège), formation qui constitue un prérequis obligatoire. Alors que la
formation française vise à rendre les AESH opérationnels sur des tâches d'aide de base, les formations
universitaires nordiques préparent de véritables professionnels de la pédagogie inclusive, capables de
comprendre les troubles de l'apprentissage, de développer des stratégies d'adaptation, de participer à
l'évaluation des élèves et de collaborer d'égal à égal avec les enseignants. Les accompagnants sont souvent
des fonctionnaires municipaux ou d'État, bénéficiant d'une sécurité de l'emploi et d'une reconnaissance
institutionnelle forte. Ils bénéficient d’une rémunération élevée et attractive. Ces conditions de recrutement
et de travail correspondent à un positionnement et des missions très différentes des AESH français. Les
accompagnants sont des membres à part entière de l'équipe pédagogique, participant à la co-planification
et au co-enseignement, et intervenant sous la supervision d’équipes pluridisciplinaires spécialisées
(enseignants-ressources, psychologues, thérapeutes).
Dans les pays nordiques (comme dans les pays anglo-saxons, voir infra), les accompagnants, forts de leur
formation, ont des missions étendues. Ils peuvent participer au co-enseignement en petits groupes, adapter
les supports pédagogiques sous la supervision de l'enseignant, contribuer à l'évaluation formative de l'élève
en fournissant des observations qualifiées, mettre en œuvre des programmes d'intervention spécifiques
(comportementaux, langagiers), animer des temps d'apprentissage en autonomie.
Par exemple le modèle finlandais fonctionne selon 3 niveaux (Sundqvist et al., 2019) :
– Niveau 1 - Soutien général : L'enseignant régulier reçoit une formation de base (50 heures) sur
l'éducation inclusive et les besoins spécifiques des élèves en situation de handicap.
– Niveau 2 - Soutien intensifié : Un accompagnant spécialisé (koulunkäynninohjaaja) intervient avec
une formation de 2 ans (120 crédits ECTS) dans les universités finlandaises. Ces professionnels
ont des compétences approfondies en adaptation pédagogique.
– Niveau 3 - Soutien spécialisé : Un enseignant spécialisé intervient qui peut diagnostiquer, planifier
et évaluer les besoins d'accompagnement.
La mission centrale de l'accompagnant spécialisé finlandais est de faciliter l'apprentissage et la participation
sociale des élèves à besoins particuliers au sein de la classe ordinaire. Il agit comme un pont entre l'élève,
l'enseignant et le curriculum (équivalent du programme scolaire), en adaptant les situations d'apprentissage
pour les rendre accessibles. Il peut ainsi intervenir dans 4 domaines :
– Soutien pédagogique : Aider l'élève à comprendre les consignes, à organiser son travail, à utiliser
des outils de compensation (logiciels, supports visuels). Il peut reformuler les explications de
l'enseignant, animer un petit groupe de travail sur une notion spécifique ou préparer du matériel
pédagogique adapté.
– Soutien comportemental : Mettre en œuvre des stratégies convenues avec l'équipe pédagogique
pour aider l'élève à réguler son comportement, à gérer ses émotions et à maintenir sa
concentration. Cela peut inclure l'utilisation de renforcement positif pour encourager les
comportements appropriés et stimuler la motivation, de routines visuelles ou de pauses
structurées.
– Soutien social et émotionnel : Faciliter les interactions de l'élève avec ses pairs, l'aider à
comprendre les codes sociaux et à développer des relations positives. Il peut servir de médiateur
lors de conflits mineurs et encourager la participation à des activités de groupe.
– Aide à l'autonomie : Accompagner l'élève dans les gestes de la vie quotidienne scolaire (se
déplacer, s'habiller, organiser son matériel) avec pour objectif constant de réduire
progressivement son aide pour favoriser l'indépendance.
Cette implication pédagogique transforme l'accompagnant en un véritable partenaire de l'enseignant, au
service d'une stratégie d'inclusion globale pour la classe. Ce faisant, ces pays dépassent le problème souligné
par le rapport NESSE de risque que l'accompagnant provoque chez l’élève une « relation de dépendance » et
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devienne une barrière aux interactions de l'élève avec ses pairs et l'enseignant de la classe (voir aussi l’annexe
recherche).
2.3.2. Le modèle anglo-saxon (États-Unis, Canada, Royaume-Uni) : la flexibilité structurée
Ce modèle offre une voie médiane, avec une professionnalisation plus variable mais des parcours de carrière
définis. La formation va de quelques mois (certificats) à deux ans (diplômes collégiaux ou « associate's
degrees »). Elle est souvent plus pratique et spécialisée. Les accompagnants ont le statut d’employé du
système éducatif (district scolaire, autorité locale), avec des contrats plus stables que le modèle français et
des possibilités de temps plein. Ils disposent d’une rémunération moyenne. Des échelles de carrière existent,
permettant une évolution vers des postes de « senior teaching assistant » voire devenir enseignant via des
passerelles de formation.
L'accompagnement est défini par des plans individualisés (IEP aux États-Unis, EHCP au Royaume-Uni) avec
des objectifs clairs. Au Royaume-Uni, les « teaching assistants » sont affectés à une classe entière, bénéficiant
à tous les élèves et en particulier à ceux ayant des besoins spécifiques. Le ratio peut y atteindre 1 pour 8 ou
plus, favorisant une approche plus collective et inclusive.
2.3.3. Le modèle continental (France, Allemagne) : l'accompagnement individualisé précaire
Ce modèle, dont la France est l'exemple type, repose sur une aide humaine individualisée mais souffre d'un
manque de professionnalisation. Les accompagnants ont une formation très courte et souvent non
qualifiante, axée sur les aspects pratiques immédiats. Leur statut est précaire avec un temps partiel imposé.
Leur rémunération est basse, ce qui pose des problèmes d'attractivité et de reconnaissance.
Contrairement aux autres modèles, l’accompagnement est focalisé sur l'aide individualisée stricte - aide aux
gestes de la vie quotidienne, aide à la manipulation du matériel, facilitation de la communication, etc. -, avec
une séparation nette entre les tâches d'accompagnement et les responsabilités pédagogiques de
l'enseignant. Les accompagnants sont assez peu supervisés – la supervision repose principalement sur
l'enseignant de la classe sans cadre structuré.
2.4. La formation des enseignants et accompagnants : des manques criants
La formation, initiale et continue, est le levier principal pour faire évoluer les pratiques vers une école plus
inclusive. Or, c'est un point faible dans de nombreux systèmes éducatifs.
Un constat quasi unanime émerge des documents : la formation initiale des enseignants (ITE) ne les prépare
pas suffisamment à la diversité des élèves. L'analyse de l'OCDE sur le Portugal est sévère : « L'ITE est jugée
insuffisante pour préparer les enseignants à la diversité, à l'équité et à l'inclusion ». Les cursus manquent de
contenu obligatoire sur ces sujets, et les cours optionnels existants se concentrent souvent uniquement sur
les BEP ou sur une « diversité conceptuelle sans application pratique ». Les enseignants se sentent « souvent
non préparés et incapables de répondre à la diversité dans la classe ».
La formation continue est souvent perçue comme une solution, mais elle présente ses propres défis. Au
Portugal, bien qu'obligatoire (50 heures tous les 4 ans), elle est souvent jugée « trop théorique et manquant
de formation pratique ». Elle représente une « charge considérable » pour les enseignants qui doivent
souvent la suivre en dehors de leurs heures de travail et à leurs frais. En Italie, des actions de formation
continue se concentrent sur des sujets comme l'identification précoce des risques ou les mesures
didactiques. Les plans sont élaborés par le ministère ou par les écoles elles-mêmes.
2.5. Les parents, des partenaires clés, mais un pouvoir inégal
Les parents sont des partenaires incontournables de l'école inclusive. Leur rôle varie de la simple consultation
à une co-construction active du projet de leur enfant.
Le rapport NESSE souligne que « l'implication des parents d'enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux est
un facteur vital dans la scolarisation inclusive ». Cependant, il note aussi que « les parents sont souvent
opposés aux écoles et aux autorités locales dans une lutte pour des ressources et des ajustements
supplémentaires pour leur enfant ».
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Le pouvoir des parents est très variable selon les pays. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Écosse, les
parents disposent de voies de recours judiciaires (tribunaux) ou non-judiciaires (médiation) pour contester
les décisions. Ce pouvoir a permis d'augmenter les ressources allouées, mais il bénéficie surtout aux parents
les plus informés et dotés en capital culturel. Aux Pays-Bas, la tradition de litige est moins forte et les droits
d'appel des parents sont plus faibles, ce qui, selon certains analystes, a ralenti les progrès vers l'inclusion.
La participation des parents peut être formalisée dans l'élaboration des plans individualisés. Ainsi en Italie,
les parents collaborent à l'élaboration et à l'approbation du PEI. Au Portugal, les parents font partie de
l'équipe multidisciplinaire (EMAEI) et participent à l'élaboration du rapport technico-pédagogique et du PEI.
En Belgique (Flandre), une étude a montré le succès d'une expérimentation où les parents avaient un statut
égal à celui des professionnels dans l'élaboration et le suivi des « Plans Unifiés de Soutien » (USP).
Conclusion : défis communs et perspectives
Cette comparaison internationale, bien que non exhaustive, révèle des convergences et des tensions
significatives dans la manière dont les pays européens abordent l'accompagnement des élèves en situation
de handicap. Si l'idéal de l'école inclusive est universellement partagé, sa mise en œuvre se heurte à des défis
communs.
1. La place de l’accompagnant dans le système didactique joue sur l’efficacité de son accompagnement.
L’enseignant reste le garant des apprentissages de tous les élèves, tandis que l’accompagnant soutient l’accès
aux activités et l’autonomie de l’élève en situation de handicap. Leur complémentarité repose sur une
coopération quotidienne : co‑planification, échanges de pratiques et coordination avec l’équipe éducative.
Les systèmes les plus inclusifs définissent clairement cette répartition pour éviter la dépendance ou la
confusion des missions.
2. La professionnalisation des accompagnants est un enjeu central. Le modèle italien, avec son corps
d'enseignants de soutien spécialisés et formés à l'université, apparaît comme une « bonne pratique », bien
qu'il soit confronté à des difficultés de recrutement. Le modèle nordique avec un haut niveau de
professionnalisation des accompagnants au service de la classe constitue également un exemple possible. La
tendance générale, recommandée par l'OCDE pour le Portugal, est de « passer d'une allocation de ressources
axée sur l'élève individuel à une allocation qui renforce la capacité des enseignants ordinaires et des écoles
dans leur ensemble ». Cela suggère un rôle pour l'accompagnant qui serait moins centré sur l'élève et plus
sur le soutien à l'enseignant et à la classe pour créer un environnement inclusivement conçu.
3. La formation de tous les enseignants est le véritable levier du changement. Le constat est unanime : la
formation initiale ne prépare pas assez les enseignants à la gestion de la diversité. L'inclusion ne peut reposer
uniquement sur des spécialistes. Le succès du modèle portugais, par exemple, dépendra de sa capacité à
renforcer les compétences de l'ensemble du corps enseignant, comme le recommande l'OCDE.
4. Le risque de la « ségrégation inclusive » est réel. La présence d'un accompagnant ou le recours à des unités
spécialisées au sein de l'école ordinaire peut, paradoxalement, isoler l'élève. Le débat, incarné par le
Portugal, entre « planification individualisée » et « conception universelle des apprentissages » est au cœur
des réflexions futures. L'objectif n'est pas seulement de placer un élève dans une classe, mais de transformer
la classe pour qu'elle accueille tous les élèves.
5. Le partenariat et la place des parents sont essentiels. Les modèles les plus avancés, comme en Italie et au
Portugal, institutionnalisent la collaboration entre l'école, les services de santé et les familles au sein
d'équipes pluridisciplinaires. Donner aux parents un rôle de co-décideur, et non de simple demandeur,
semble être une condition de la réussite.
En définitive, le rôle et les missions des accompagnants ne peuvent être pensés isolément. Ils s'inscrivent
dans un écosystème complexe où la formation des enseignants, la flexibilité des programmes, la culture de
l'établissement et la collaboration entre tous les acteurs déterminent la capacité d'un système éducatif à être
véritablement inclusif.
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Références
Cour des Comptes. (2024). L’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap | Cahier de comparaison
internationale. https://www.ccomptes.fr/fr/publications/linclusion-scolaire-des-eleves-en-situation-de-
handicap
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141
Annexe 8
État de la recherche sur l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap
L'accompagnement individualisé de l’élève en situation de handicap (de type AESH) est une disposition
prévue par la convention internationale des personnes handicapées, beaucoup de pays y ont eu recours,
avec des augmentations très fortes ces dernières années - la situation française n'est pas une exception.
L’accompagnement humain fait depuis près de 15 ans l’objet de travaux scientifiques, questionnant en
particulier son impact sur les apprentissages.
Loin de confirmer une amélioration systématique des apprentissages, de nombreuses études quantitatives
et qualitatives mettent en lumière des effets paradoxaux, voire contre-productifs. La recherche révèle que
l'accompagnement, tel qu'il est majoritairement mis en œuvre, peut générer des obstacles didactiques et
sociaux, au point de constituer un « écran aux apprentissages », isolant l'élève au sein même de la classe.
Cet état de la recherche propose une synthèse des principaux apports de ces travaux, en explorant les thèmes
récurrents qui structurent ce champ d'étude, avec un développement approfondi sur la notion cruciale
d' « écran aux apprentissages » et ses implications pour penser les conditions d'une intervention réellement
efficace.
Il faut au préalable souligner des manques dans la recherche : même si des études ont investigué la
complexité des missions des AESH relevant du « care » (et notamment Maguet, 2023)5, elles se sont
concentrées majoritairement sur les missions en lien avec les apprentissages. Par ailleurs, aucun des travaux
auxquels nous avons pu avoir accès ne mentionne la question des relations avec les familles et la coéducation
autour d’un enfant en situation de handicap. Enfin, la collaboration entre les professionnels de l’éducation
et les professionnels du médico-social fait également l’objet de peu de travaux, même si cette collaboration
est identifiée comme un facteur de réussite pour le parcours de scolarisation des enfants en situation de
handicap.
1. Les grands thèmes de la recherche sur les AESH
La recherche sur les AESH s'est structurée autour de plusieurs axes interdépendants qui permettent de
dresser un portrait nuancé de cette profession et des enjeux qui la traversent.
1.1. Le quotidien du métier : une profession du « care » sujette à la précarité
1.1.1. AESH, un métier du « care », ce qui participe de son invisibilisation
Le travail quotidien des AESH s’inscrit historiquement et prioritairement dans le domaine du « care »
(Maguet, 2023). Ce domaine n’est pas une disposition morale, mais une modalité professionnelle qui englobe
des phases précises (se soucier de, prendre en charge, soigner, aider à recevoir le soin). Cet engagement
professionnel se traduit par une attention constante aux besoins physiologiques, psychologiques et cognitifs
des élèves, allant souvent au-delà des missions prescrites mais indissociables, pour les professionnelles, de
l’exercice de leur métier. Il inclut une dimension affective centrale : la gestion des émotions, l'attachement
et la nécessité de maintenir une « bonne distance » ne sont pas des aléas, mais une composante structurelle
et exigeante du métier.
Ces dimensions constituent l’essentiel de l’attractivité du métier d’AESH. Dans l’enquête réalisée et exploitée
par Chevalier et al., plus de la moitié des AESH sont venues dans le métier pour des raisons morales : 30,2 %
par « sentiment d’utilité » et 22,4 % par « conviction » (2023). Ce sont ces rétributions symboliques associées
à leurs missions qui pourraient, partiellement, compenser les désavantages matériels (voir infra). C’est du
moins la théorie des « externalités positives » développée par l’économiste Anne Preston (1989) à propos
des travailleurs du secteur privé à but non lucratif (associations, mutuelles, coopératives, etc.).
5 Pour faciliter la lecture, les références scientifiques de cette annexe suivent la méthode auteur-date avec références complètes en
fin d’annexe.
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142
Toutefois cette perception positive du métier à l’échelle des AESH n’est pas celle qui est renvoyée par son
écosystème. En effet, relevant des métiers du « care », le métier d’AESH partage avec les autres métiers de
cette famille la représentation qu’il ne s’agit pas véritablement d’un métier, mais d’activités historiquement
dévolues aux femmes et considérées comme allant de soi. Ce faisant le travail est invisibilisé dans sa nature
(Maguet, 2023).
1.1.2. Précarité et vulnérabilité des AESH
Cette invisibilisation s’ajoute à une précarité économique. Sur ce point, nous ne disposons pas encore
d’enquêtes sociales ministérielles complètes6. La recherche met en avant que les AESH sont majoritairement
des femmes, souvent (mais pas exclusivement) issues des classes populaires, qui occupent des emplois à
temps partiel avec des salaires très bas, fréquemment sous le seuil de pauvreté. Cette précarité est
historiquement consubstantielle au dispositif malgré les efforts institutionnels faits pour reconnaître ce
métier, notamment avec la création du statut d'AESH en 2014, la possibilité d'obtenir un CDI après trois ans,
et plus récemment la mise en place des AESH référentes.
Chevalier et al. positionnent les AESH dans une histoire de la démocratisation scolaire où l’hétérogénéité des
élèves a conduit les différents gouvernements à promouvoir ou créer des groupes professionnels pour
suppléer les enseignants dans leurs missions, d’abord des « professionnels non enseignants » (CO-Psy, CPE),
puis des travailleuses plus précaires et moins formées, que Chevalier et al. nomment « techniciennes de
l’éducation » (2023). Ces travailleuses ont pour caractéristiques d’être moins formées, moins qualifiées, dans
des situations d’emploi plus précaires, moins payées et moins représentées dans les instances de
négociations professionnelles, ce qui les rend plus vulnérables.
Maguet ajoute une dimension humaine et psychologique en se penchant sur la vulnérabilité des AESH elles-
mêmes. Grâce à des portraits détaillés, elle montre comment les conditions de travail se traduisent en
souffrance vécue. La thèse documente l'usure liée non seulement à la précarité, mais aussi au
surinvestissement affectif et à la gestion constante des émotions (celles de l'élève et les siennes) dans un
contexte de manque de temps d'échange et de lieux pour parler des dilemmes éthiques rencontrés. La
posture de care peut rendre l'accompagnante « perméable aux souffrances des élèves », créant un risque
pour leur propre santé psychique.
Cette grille de lecture permet de comprendre que la précarité des AESH n'est pas seulement économique,
mais aussi symbolique, liée à l'invisibilité d'un travail jugé « naturel » plutôt que technique, et affective
(Maguet, 2023).
1.2. Une professionnalité paradoxale
La question de la professionnalité des AESH est centrale et paradoxale. D'une part, toutes les analyses
convergent pour souligner le caractère peu qualifié de l’emploi (faible niveau de diplôme requis, référentiel
métier relevant principalement du « care », conditions de travail précaires).
D’autre part, nombreuses sont les analyses qui soulignent la complexité de l’activité d’AESH :
"les accompagnantes sont pourtant assujetties à des tâches complexes que les enseignants
disent souvent ne pas pouvoir assumer. Un autre paradoxe est à souligner : les enseignants
plébiscitent la présence des accompagnantes tout en leur refusant des clés pour mieux
connaître l’élève. Ainsi (dans une enquête réalisée en 2021) seules 46,6 % des assistantes
sont destinataires du projet personnalisé de scolarisation de l’élève" (Toullec-Théry &
Granger, 2023)
Plus précisément, la recherche pointe les dilemmes éthiques auxquels font face les AESH, et ce, dans trois
registres (Maguet & Panissal, 2019) :
– par rapport à leur positionnement dans la vie de l’équipe éducative : jusqu'où aller dans le
fonctionnement de la vie de classe, avec qui échanger au sein de l'équipe éducative ;
6 La mission a eu connaissance par la DEPP de la réalisation d’une enquête nationale de climat scolaire et de vécu professionnel des
personnels des écoles et établissements scolaires qui inclurait un panel de 1000 AESH. Ces données, une fois exploitées, devraient
venir combler un manque.
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– dans l’aide à apporter aux élèves : jusqu'où aller pour permettre à l'élève d'être autonome,
auquel s’ajoute le risque d'attachement réciproque ;
– enfin, les dilemmes en lien avec les normes institutionnelles, et notamment le principe d'inclusion
universelle – tous les enfants ont-ils leur place à l’école ? – ou l'évaluation – comment évaluer de
manière juste un ESH aidé par une AESH.
La thèse de Maguet donne un nom et une substance à cette complexité en identifiant les « savoir-faire
discrets » des AESH. Il s'agit d'un ensemble de compétences et d'actions subtiles, non prescrites, qui sont
pourtant essentielles au bon déroulement de l'accompagnement. L'approche ethnographique de Maguet lui
permet de documenter ces gestes du quotidien, qui se déploient à deux niveaux :
– À l'endroit des élèves : les AESH doivent faire preuve d’anticipation (prévoir une crise, préparer
le matériel avant même la consigne, sentir la fatigue de l'élève), de transgression (autoriser une
pause non prévue, adapter une règle de vie de classe, pour préserver le bien-être et la
disponibilité de l'élève aux apprentissages).
– À l'endroit des enseignants : par des « petites attentions » (gestes de soutien à l'enseignant(e)
pour maintenir un climat de classe serein), une aide à l'autorité (intervenir discrètement pour
rappeler un élève à l'ordre et soutenir l'enseignant) et une aide à d'autres élèves, ce qui, bien que
non prescrit, fluidifie le fonctionnement de la classe et favorise l'inclusion du groupe.
Or dans le même temps, le travail des AESH est caractérisé par une grande solitude et un manque de repères,
« un quotidien marqué par la débrouille » (Chevalier et al., 2022).
1.3. Des besoins en formation, objet de l’attention de la recherche
Le « déficit de formation » est un constat quasi unanime de la recherche internationale. En France, la
formation initiale de 60 heures est jugée très insuffisante au regard de la complexité des tâches. Le recours
important aux supports numériques (que ce soient les 30h de la formation initiale sur m@gistere7, ou les
plate-formes comme Cap école inclusive8), par ailleurs très riches dans leurs contenus, ne semble pas adapté
aux AESH, que ce soit en raison d’une certaine fracture numérique, d’une offre abondante qui rend difficile
son exploration ou d’un affichage « enseignants » ou public mixte qui peut être dissuasif (Aissani, 2023).
Ce manque de formation a des conséquences directes sur la qualité de l'accompagnement.
Les recherches pointent la nécessité de formations qui dépassent le simple cadre technique. Les AESH
expriment le besoin d'espaces de parole et de délibération pour gérer les dilemmes éthiques et l'affect.
Surtout, l'enjeu majeur réside dans la mise en place de formations conjointes avec les enseignants. Comme
le montrent les analyses didactiques, l'efficacité de l'aide dépend de la compréhension par l'AESH des enjeux
de savoir et des techniques pédagogiques choisies par l'enseignant. Sans cette culture commune, l'aide peut
devenir un obstacle. Le conseil scientifique de l'éducation nationale (CSEN) insiste sur ce point,
recommandant que les aides humaines soient « formées et supervisées par les enseignants pour mettre en
œuvre une intervention pédagogique efficace ».
La recherche met également en avant le risque d’un effet contre-productif d’une AESH trop bien formée aux
côtés d’un enseignant qui ne l’est pas. C’est ce que Michael F. Giangreco décrit comme le « piège de la
formation » (training trap) soit le fait que les enseignants abandonnent une part toujours plus grande de la
responsabilité pédagogique des élèves handicapés aux AESH, sous prétexte que ces AESH reçoivent une
petite formation et ont pour mission l’accompagnement des AESH, et que plus elles sont formées, plus ils
supposent que cela signifie qu’elles sont désormais pleinement capables et préparées à soutenir les élèves
d’une manière similaire à un enseignant qualifié voire spécialisé (Giangreco, 2021).
7 Le catalogue des offres de formation sur M@gistère susceptibles d’intéresser les AESH ne comporte pas moins de 49 modules
répartis en 8 catégories parmi lesquelles : l’accompagnement des élèves, le développement personnel, le développement de
carrière, l’utilisation du numérique, les valeurs de la République. Les contenus sont élaborés par des experts : des spécialistes en
neurosciences cognitives, des chargés d’étude ou des formateurs académiques.
8 Cap Ecole inclusive renferme nombre de ressources que les AESH peuvent mobiliser pour répondre aux besoins de leurs élèves,
pour mieux connaître les différents types de handicap, mais aussi pour se sensibiliser aux exigences du travail d’équipe, coopérer
avec la famille ou gérer les conflits.
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1.4. La place de l’AESH dans la classe : un système complexifié
L'introduction d'une AESH dans la classe modifie profondément sa structure. La recherche didactique,
notamment les travaux de Marie Toullec et Frédéric Dupré, modélise cette nouvelle configuration comme un
« système d'enseignement complexifié » (Dupré, 2023; Nédélec-Trohel & Toullec-Théry, 2010). À côté du
« Système Didactique Principal (SDP) », piloté par l'enseignant et incluant toute la classe, émerge un
« Système Didactique Auxiliaire (SDA) », piloté par l'AESH et centré sur l'élève accompagné. L'élève se
retrouve alors à devoir naviguer entre ces deux systèmes qui coexistent dans le même espace-temps.
Source : (Dupré, 2023), p. 97
Cette configuration est également décrite comme un « système bicéphale dissymétrique », l’enseignement
pour un ESH étant pris en charge par deux adultes, dont l’un qui « parle fort » quand l’autre « chuchote »
(Nédélec-Trohel & Toullec-Théry, 2010).
La recherche, en France et à l’international, pointe que la relation entre l'enseignant et l'AESH est souvent
marquée par une absence de collaboration et de planification conjointe. Les enseignants, tout en plébiscitant
la présence de l'AESH, délèguent de fait la responsabilité pédagogique de l'élève. Faute d'indications claires,
l'AESH est contrainte d'improviser, adoptant souvent une « position surplombante » (Toullec-Théry &
Granger, 2023) pour justifier sa présence. Cette dynamique crée une concurrence involontaire et place l'élève
dans une situation de double sollicitation potentielle de la part de l’enseignant et de l’AESH. En pratique,
cette double sollicitation se traduit par une relation quasi exclusive à l’AESH, ce qui est au cœur du
phénomène d'«écran aux apprentissages ».
2. L'AESH comme « écran aux apprentissages »
L'un des apports les plus critiques et les plus documentés de la recherche récente est la mise en évidence
que l'accompagnement humain, loin d'être une aide inconditionnelle, peut paradoxalement faire « écran » à
l'inclusion et aux apprentissages de l'élève. Ce concept, exploré en profondeur par des chercheurs comme
Marie Toullec-Théry et Frédéric Dupré en France, et Michael F. Giangreco à l'international, décrit les
mécanismes par lesquels la présence et l'action de l'AESH peuvent isoler l'élève, entraver son accès au savoir
et freiner son autonomie.
2.1. Définir l'«écran » (Marie Toullec) : quand l'aide devient obstacle
La notion d'« écran » désigne une situation où l'AESH, par sa présence physique très proche et ses
interventions constantes, s'interpose entre l'élève et son environnement d'apprentissage : l'enseignant, les
savoirs, et les autres élèves. L'intention est d'aider, mais l'effet est d'isoler.
Marie Toullec-Théry a été l'une des premières en France à analyser finement ce phénomène d'écran. Elle
observe que « la plupart du temps, l’accompagnante se tient à une distance intime de l’élève accompagné »
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(Toullec-Théry & Granger, 2023). Elle met en évidence un paradoxe dans une étude de cas avec un élève avec
TSA : l'enseignant et l'AESH désirent tous deux l'autonomie de cet élève et ses interactions avec les pairs,
mais leurs pratiques vont à l'encontre de ces objectifs. L'AESH, en répétant systématiquement les consignes
de l'enseignant, « dissocie l’élève du collectif de la classe ». L'origine de ce comportement est à chercher dans
la dynamique du binôme enseignant-AESH. L'enseignant, novice et angoissé par les possibles « dérapages »
de l’élève, délègue à l'AESH une mission de contrôle comportemental. Cette délégation conduit l'AESH à une
omniprésence qui, paradoxalement, génère l'angoisse et le rejet chez l'élève.
Le conflit entre X. et l’AESH ne naît donc pas strictement de la distance intime entre eux,
mais du fait que l’enseignant délègue à l’AESH un certain nombre de tâches qui incombent
normalement au système enseignant (aménagement des situations, maintien de Yohan dans
le collectif). Cette délégation de responsabilités à l’AESH [...] atteste qu’il y a alors un risque
de relégation de l’élève (exclusion du groupe) au sein même de la classe. (Toullec, 2020)
L'AESH, n'ayant ni la formation ni la mission de rendre les savoirs accessibles, se concentre sur la tâche et le
comportement, faisant ainsi écran aux apprentissages et reléguant l'élève à un statut d'« invité » dans la
classe, exclu « de l'intérieur ».
Les apprentissages s’effectuent principalement dans le contexte des interactions humaines, la réussite des
ESH dans les apprentissages sera corrélée à l'intensité et à la qualité des interactions avec l’adulte, et seront
d’autant meilleurs que celui-ci est qualifié (Cullen et al., 2022). Or de fait, les ESH accompagnés par des AESH
interagissent principalement avec leur AESH plutôt qu’avec l’enseignant de la classe ou leurs pairs. Ce qui se
traduit par le paradoxe relevé par Michael F. Giangreco : « le personnel le moins bien payé, le moins qualifié
et souvent insuffisamment encadré a été affecté à l'accompagnement des élèves présentant les
caractéristiques d'apprentissage et de comportement les plus difficiles » (Giangreco, 2021). Il a produit un
dessin illustratif de cet isolement :
Les recherches didactiques ont permis de décomposer ce phénomène général d’isolement de l’ESH avec son
AESH en une série d'obstacles concrets et observables qui se manifestent dans l'interaction quotidienne en
classe.
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2.2. Les obstacles didactiques qui contribuent à ce phénomène d’écran (Frédéric
Dupré)
À travers des études de cas fines en classe de mathématiques, Frédéric Dupré a identifié plusieurs
phénomènes récurrents qui illustrent comment le système didactique auxiliaire (SDA) piloté par l'AESH peut
nuire à l'engagement de l'élève dans le système didactique principal (SDP) de l'enseignant (Dupré, 2023).
2.2.1. La désynchronisation du temps didactique
L'un des risques majeurs est la désynchronisation temporelle. Dans une étude de cas, une élève, Caroline,
doit réaliser un exercice sur les critères de divisibilité. Une question nécessite de poser une division. L'AESH
l'engage dans une technique d'approximation par multiplications successives, très coûteuse en temps.
Lorsque l'enseignante demande de passer à l'activité suivante, l'AESH insiste pour finir la division, indiquant
« on a presque fini ». Résultat : l'élève reste mobilisée dans le SDA sur la tâche précédente pendant que le
reste de la classe avance. Dupré conclut : « Le second obstacle à l’étude mis en évidence par cet épisode réside
dans la désynchronisation du temps personnel de l’élève vis-à-vis des cadres produits par le SDP. En effet,
Caroline se trouvant contrainte de rester engagée dans le SDA, elle ne pourra pas prendre place au sein du
SDP pendant l’ensemble de la phase 2 ». L'élève est physiquement présent, mais didactiquement absent.
2.2.2. Des élèves potentiellement empêchés de s’engager dans la situation d’apprentissage souhaitée
par l’enseignant
L'AESH, n'ayant pas toujours une connaissance précise des enjeux didactiques, peut introduire des
techniques qui font obstacle à l'apprentissage visé. Dans une autre étude, l'enseignante propose une activité
pour introduire l'égalité des fractions via une comparaison visuelle de surfaces (tablettes de chocolat). Elle
souhaite que les élèves découvrent par eux-mêmes la technique du coloriage. Cependant, au sein du SDA,
l'AESH prend les devants, prend l’initiative de montrer à l’élève qu’il faut colorier ce qui a été mangé sur les
tablettes de chocolat, sans la laisser chercher. Ce faisant, elle introduit et met en œuvre une technique faible,
et elle empêche la dévolution, c'est-à-dire le processus par lequel l'élève prend la responsabilité de résoudre
le problème.
2.2.3. La superposition des discours et l'empêchement des interactions
La proximité physique constante de l'AESH génère deux autres types d'écrans. Premièrement, la
« superposition des discours » : l'AESH s'adresse à l'élève en même temps que l'enseignant parle à la classe.
L'élève est alors confronté à un dilemme cognitif : quel discours écouter ? Deuxièmement, cette proximité
fait « écran aux interactions avec les pairs ». Dupré observe que même lors de travaux de groupe, la présence
de l'AESH inhibe les échanges entre l'élève accompagné et ses camarades, les interactions se limitant au duo
AESH-élève.
2.3. En conclusion, les AESH, un dispositif « à tout faire », inefficace sur les
apprentissages et qui témoigne de représentations relevant du « validisme »
2.3.1. Les AESH, exemples de la « loi du marteau », le regard international de Michael F. Giangreco
Les travaux de l'Américain Michael F. Giangreco, menés sur plusieurs décennies, offrent une perspective
internationale qui corrobore et enrichit les constats français. Le chercheur pointe les nombreux « effets
délétères involontaires » liés à la surutilisation des accompagnants, une surutilisation qu’il explique par la loi
du marteau de Maslow. La loi de l'instrument, loi du marteau, marteau de Maslow ou marteau d'or est un
biais cognitif qui implique une confiance excessive accordée à un outil. Comme le formule Abraham Maslow
en 1966, « j'imagine qu'il est tentant, si le seul outil dont vous disposiez est un marteau, de tout considérer
comme un clou ».
Décliné pour l’école inclusive, cela se traduit par le fait que si le seul moyen à disposition semble être l’AESH,
on l’utilisera pour toutes les situations. Les exemples donnés par Giangreco sont très illustratifs :
Un élève a besoin de plus de temps d'enseignement ou de soutien – assignez un AESH. Un
nouvel élève en situation de handicap (par exemple, déficience intellectuelle, autisme) va
intégrer l'école – assignez un AESH. Un élève présente des troubles du comportement –
assignez un AESH. Un enseignant exprime un besoin de soutien…, un parent souhaite
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s'assurer que son enfant ne soit pas perdu dans la masse…, une équipe souhaite protéger un
élève du harcèlement ou faciliter les interactions avec ses pairs – assignez un AESH.
On comprend dans ce contexte que, faute d’usage d’autres instruments plus adaptés, la concentration sur la
demande d’AESH produise à la fois un excès de recours et une insatisfaction sur les résultats obtenus. Par
ailleurs, si pour améliorer la scolarisation des ESH on insiste sur l’importance de clarifier les missions des
AESH, ou sur leur formation, on risque de retomber dans le « piège de la formation » évoqué précédemment.
2.3.2. Une mesure d’impact négative des AESH sur les apprentissages en Angleterre
L’ensemble de ces éléments peut expliquer que dans les études d’impact (reposant sur des méthodologies
quantitatives), une corrélation négative ait été observée entre l’accompagnement humain et les résultats
scolaires. Ainsi au Royaume-Uni, le projet de recherche gouvernementale DISS (deployment and impact of
support staff) a mesuré l’impact de l’aide d’une assistante d’une part sur l’attitude des élèves à l’égard de
l’apprentissage et d’autre part sur les résultats scolaires (Blatchford et al., 2011; Webster et al., 2010). Les
résultats montrent que l’aide d’une assistante n’impacte positivement ni les attitudes des élèves en situation
de handicap ni leurs apprentissages. Un impact négatif existe même sur les progrès scolaires des élèves.
Ainsi, plus les élèves en situation de handicap reçoivent une aide de l’assistante, moins ils progressent en
anglais, en mathématiques et en sciences. Ces résultats ont induit une évolution des missions des assistants
anglais vers un service à la classe.
2.3.3. Ce que le recours systématique aux AESH révèle : la force du « validisme » dans le système
scolaire
Le « validisme » désigne le fait de considérer le non-handicap comme la norme et de voir le handicap comme
une anomalie à corriger, un déficit (notamment sur le plan des compétences scolaires), plutôt qu’une
différence à inclure. Ainsi les travaux de psychologie sociale montrent que les élèves en situation de handicap
sont perçus comme « plus chaleureux que compétents », et cela est confirmé par une étude sur la
représentation du handicap dans le système scolaire français au travers des personnels de direction et des
enseignants menée par Caroline Huron, Mickaël Jury, Odile Rohmer (Cour des Comptes, 2024)9.
Cette représentation a des conséquences sur la conception de l’école inclusive. Ainsi dans l’étude
précédemment citée, la majorité des participants ont une conception de l’école inclusive majoritairement
ancrée dans le paradigme intégratif : l’école inclusive vise à accueillir les élèves en situation de handicap et
les élèves à besoins spécifiques. A peine un quart indiquent que l’école inclusive vise à répondre aux besoins
sociaux et académiques de ces mêmes élèves et un autre quart à considérer l’école inclusive comme une
école qui vise à répondre aux besoins sociaux et académiques de tous les élèves.
Pour Giangreco ces représentations s’expliquent par la façon dont l’école inclusive s’est déployée : en
insistant initialement sur le volontariat des équipes, en indiquant que cette scolarisation ferait l’objet d’un
accompagnement par des AESH, que cela n’impliquait pas de modifier les pratiques pédagogiques, on n’a
pas questionné les représentations des personnels de la communauté éducative sur le handicap.
En conclusion, qu'ils soient analysés sous l'angle didactique, sociologique ou systémique, que ce soient des
travaux français ou internationaux, les travaux de recherche convergent pour montrer que
l'accompagnement humain, lorsqu'il est conçu comme une prothèse individuelle et non comme un soutien
au système, risque de devenir un puissant écran aux apprentissages et même à l'inclusion sociale de l'élève.
9 En psychologie sociale, les croyances véhiculées sur un groupe social donné sont mesurées par l’intermédiaire des stéréotypes.
Ceux-ci peuvent être analysés en référence aux modèles actuels du jugement social indiquant que les jugements se déclinent en
deux dimensions (pour une synthèse de ces modèles, Abele et al., 2021) :
- la première, nommée « chaleur », est liée aux qualités sociales et morales des individus et traduit des qualités telles qu’être gentil,
sympathique, franc et des défauts tels qu’hypocrite, sournois ou malhonnête ;
- la seconde, nommée « compétence », fait référence aux capacités des individus et recouvre des qualités telles que consciencieux,
intelligent ou motivé et des défauts tels que lâche, incapable ou sans ambition.
Dans cette perspective, la plupart des groupes sociaux ne sont pas uniformément dévalorisés mais font l’objet d’un jugement « mixte
», c’està-dire d’une évaluation négative sur une de ces deux dimensions, mais positive sur l’autre. La plupart des études sur le
handicap mettent ainsi en évidence que les personnes en situation de handicap sont mieux jugées sur la dimension de « chaleur
» que sur celle des « compétences »
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Marie Toullec résume ainsi : « l’école inclusive peine à advenir, elle conserve l’idée d’un accueil des élèves en
situation de handicap, sans faire en sorte que l’enseignement soit substantiel. » (Toullec-Théry & Granger,
2023).
Ces éléments ne remettent pas en cause toutefois l’impact positif de la scolarisation en milieu inclusif (par
opposition à des établissements spécialisés) des élèves en situation de handicap. Un article récent, reposant
sur les résultats de nombreuses recherches indique ainsi qu’un contexte inclusif, en comparaison à un
contexte spécialisé, obtient des effets majoritairement positifs (parfois nuls, mais jamais négatifs) sur les
résultats scolaires et les contacts sociaux des élèves avec besoins éducatifs particuliers. De plus, une
éducation inclusive ne génère pas de conséquences défavorables en termes d’apprentissages pour les élèves
sans besoins éducatifs particuliers. L’impact positif dépend cependant fortement des systèmes de croyances
sous-jacentes des enseignants (Dignath et al., 2022).
3. Vers des conditions d'efficacité de l'intervention
Face au constat critique des effets potentiellement négatifs de l'accompagnement sur la réussite scolaire des
ESH, la recherche ne se contente pas de mener une analyse critique mais explore également les conditions
qui permettraient de rendre l'intervention de l'AESH réellement efficace et bénéfique pour l'élève. L'enjeu
est de transformer l'aide d'un possible obstacle en un véritable levier pour l'accessibilité didactique.
3.1. Repenser le droit commun et faire évoluer les représentations
Les premières préconisations mises en avant par Giangreco, et implicites dans les travaux de Huron et al. sur
la représentation du handicap dans le système scolaire au travers des personnels de direction et des
enseignants (Cour des Comptes, 2024), visent le droit commun :
1. Contrer les représentations, et notamment le validisme ;
2. Mettre en œuvre pour chaque élève des objectifs d’apprentissage individualisés au sein d’une expérience
collective ;
3. Évaluer les besoins, et y répondre, potentiellement avec des ressources de droit commun :
Par exemple, si un élève dyscalculique a besoin d'un soutien supplémentaire en
mathématiques, quel est le personnel scolaire le plus qualifié pour l'accompagner ? S'agit-il
: (a) d'une AESH qui se dit peu compétente et mal à l'aise en mathématiques ; (b) de
l'enseignant spécialisé/de soutien, qui n'a peut-être pas de solides connaissances en
mathématiques ; ou (c) du professeur de mathématiques ou d'un spécialiste ? Si un élève de
lycée a besoin d'aide pour ses transitions entre les classes, est-il préférable de faire appel à
une AESH ou à un camarade de classe qui effectue la transition entre les mêmes classes ?
(Giangreco, 2021)
En complément de cette évolution du droit commun, les travaux de recherche insistent pour une évolution
du rôle de l’AESH, d’une aide à l’élève à une aide à la classe.
3.2. Faire évoluer le rôle des AESH d’une aide à l'élève à une aide à la classe
Une recommandation forte et transversale est de faire évoluer la conception du rôle de l'AESH. Plutôt qu'une
aide attachée à un individu, l'accompagnement devrait être pensé comme un soutien au système
d'enseignement dans son ensemble. Cela implique une plus grande flexibilité dans l'intervention. L'AESH ne
serait plus systématiquement en « distance intime » avec un seul élève, mais pourrait intervenir auprès de
différents élèves, faciliter le travail en petits groupes, ou préparer du matériel, libérant ainsi du temps pour
que l'enseignant, l'expert pédagogique, puisse travailler plus directement avec l'élève à besoins particuliers.
Cette approche collective n’empêche pas de penser un véritable projet éducatif individualisé pour les élèves
reposant sur une évaluation fine et continue du besoin réel de l'élève et de ses objectifs d’apprentissage. La
recherche suggère que le besoin d'aide n'est pas constant. Il doit être « considéré de manière située en
prenant en compte les potentialités de l’élève et les caractéristiques du savoir en jeu au sein d’un chapitre »
(Dupré, 2023). Un élève peut être très à l'aise dans un domaine (par exemple, la géométrie) et ne pas
nécessiter d'aide, mais en avoir besoin dans un autre (résolution de problèmes). L'attribution d'un quota
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d'heures d'accompagnement ne devrait pas se traduire par une présence systématique, mais par une
ressource mobilisable en fonction des besoins réels, identifiés conjointement par l'équipe pédagogique.
Une intervention efficace n'est pas une intervention constante. La recherche met en évidence l'importance
de l'« effacement » de l'AESH à des moments clés. Et notamment l'AESH doit savoir se mettre en retrait pour
permettre à l'élève de s'engager dans une phase de recherche individuelle et de réflexion, interagir avec ses
pairs, être en relation directe avec l'enseignant et le collectif classe. L'étude de Dupré (2023) sur une
séquence de géométrie montre que l'un des gestes favorisant l'accessibilité est précisément « la mise en
retrait du système auxiliaire » par l'AESH, qui adopte une « posture en retrait » à des moments opportuns.
La modulation de la distance physique et interactionnelle est donc une compétence professionnelle clé.
3.3. L’importance de la collaboration, la planification conjointe, la formation et la
supervision par l'enseignant
L'efficacité de l'AESH est directement corrélée à la qualité de sa collaboration avec l'enseignant, et plus
encore au rôle actif de l’enseignant dans la stratégie pédagogique à adopter pour les ESH (Cullen et al., 2022).
Pour éviter les interventions inadaptées ou la création d'un système didactique auxiliaire "étanche", un
travail conjoint en amont des séances est indispensable. Ces temps de concertation, aujourd'hui quasi
inexistants, sont cruciaux pour que l'enseignant puisse :
- Clarifier les enjeux de savoir : Préciser à l'AESH l'objectif d'apprentissage de la séance, au-delà de
la simple réussite de la tâche.
- Partager les techniques attendues : Expliquer les méthodes et stratégies que les élèves doivent
mobiliser pour ne pas que l'AESH en induise des non pertinentes.
- Anticiper les obstacles : Identifier les difficultés potentielles pour l'élève et définir les aides et
adaptations pertinentes.
- Définir les rôles : Décider des moments où l'AESH doit intervenir et de ceux où elle doit se mettre
en retrait pour favoriser l'autonomie de l'élève.
Ces « alliances pédagogiques » sont la condition sine qua non pour que l'articulation entre le SDP et le SDA
soit fonctionnelle (Dupré, 2023).
L'efficacité passe par une montée en compétence des AESH, mais aussi par une reconnaissance du rôle de
superviseur de l'enseignant. Le CSEN est très clair sur ce point : les aides humaines doivent être « formées et
supervisées par les enseignants pour mettre en œuvre une intervention pédagogique efficace » (Conseil
scientifique de l’éducation nationale, 2023). Cela implique de doter les enseignants de compétences pour
former, guider et coordonner le travail de l'AESH. La supervision ne doit pas être vue comme un contrôle
hiérarchique mais comme un pilotage pédagogique au service de l'élève.
La collaboration enseignant-AESH n’est pas la seule condition de réussite pour la scolarisation des ESH. Le
CSEN (Conseil scientifique de l’éducation nationale, 2023) met également en avant :
- un travail en collaboration avec des professionnels de santé extérieurs (orthophoniste,
ergothérapeute, psychomotricien…) ;
- mettre en place des adaptations et des aménagements des tâches et des évaluations scolaires,
en fonction des besoins de l’élève, de manière à assurer l’accessibilité des apprentissages pour
tous et la possibilité pour chacun de progresser ;
- l’utilisation de technologies adaptées : ordinateurs, tablettes avec des applications et des
ressources numériques adaptées ;
- une communication fréquente et constructive avec les parents pour mieux identifier les besoins
de l’élève.
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3.4. Scénarii
Certains articles vont même jusqu’à définir des scénarii d’évolution et notamment Suc-Mella (2023). Dans
cet article, l’auteur identifie trois modèles d’interactions, impliquant également le médico-social (peu
fréquemment évoqué par ailleurs dans les travaux de recherche) :
1. L’enseignant·e délègue à l’AESH l’adaptation nécessaire pour les élèves à besoins éducatifs
particuliers, en s’appuyant sur le secteur médico-social pour organiser les conditions
d’apprentissage. Dans ce cadre, l’enseignant reste dans une posture traditionnelle. Cela ne conduit
pas à une école inclusive mais à une juxtaposition des élèves dans une même classe ;
2. L’enseignant·e détermine l’adaptation du programme pour que l’AESH la mette ensuite en œuvre,
tout en ayant l’appui du secteur médico-social pour organiser les conditions d’apprentissage. Cela
conduit à une école qui reste encore intégrative plutôt qu’inclusive;
3. L’enseignant·e détermine l’adaptation du programme pour une mise en œuvre ensemble avec
l’AESH, en associant l’AESH à la conception, tout en ayant l’appui du secteur médico-social pour
organiser les conditions d’apprentissage. Le rôle de l’enseignant reste central mais l’AESH est
impliqué·e dans le pédagogique et dans l’approche médico-sociale, ce qui rend l’école inclusive plus
pragmatique.
Dans ce dernier scénario,
l’enseignant reste central dans l’organisation pédagogique et dans la structuration de la
classe. Mais on passe à une fonction de l’AESH qui est un véritable accompagnant de
proximité, impliqué dans le « faire », mais également membre actif de la communauté
éducative pour aider à penser l’organisation de la classe dans le sens le plus inclusif possible.
On doit alors mesurer l’évolution des postures que cela implique pour tous les professionnels
de l’école, mais aussi une évolution de fond qui est de faire basculer complètement le rôle de
l’AESH d’auxiliaire de vie individuelle vers celui de mise en accessibilité de l’école, avec un
rôle prioritaire de s’adapter à la diversité des situations de l’ensemble des élèves. (Suc-Mella,
2023)
Conclusion
L'état de la recherche sur l'accompagnement humain des élèves en situation de handicap dresse un tableau
complexe et critique, qui est ancien (2010), a conduit à des évolutions dans de nombreux pays (Royaume-
Uni et Portugal notamment, voir aussi annexe internationale) mais semble avoir été très peu pris en compte
dans la politique publique en France. Alors que le recours aux AESH s'est imposé comme la réponse quasi-
unique à l'impératif d'inclusion, les travaux scientifiques, tant en France qu'à l'étranger, convergent pour
alerter sur les effets paradoxaux de ce dispositif. Loin d'être une panacée, l'accompagnement, tel qu'il est
majoritairement pratiqué, peut se transformer en un puissant « écran aux apprentissages ».
Les analyses fines des interactions en classe ont révélé des mécanismes concrets d'obstacles :
désynchronisation didactique, empêchement de la dévolution, superposition des discours, inhibition des
interactions sociales, et maintien de l'élève dans une situation de dépendance. Ces phénomènes ne sont pas
imputables à la seule personne de l'AESH, mais sont le symptôme d'un système d'enseignement complexifié,
mal régulé, où le manque de formation, de collaboration et de clarification des rôles conduit à une délégation
de la responsabilité pédagogique vers le personnel le moins qualifié. Le risque est paradoxalement
d’appauvrir l’approche collective de la classe, en individualisant le suivi en marge du groupe classe.
La remise en question de cet « allant de soi » est donc un enjeu majeur. La recherche ne plaide pas pour la
suppression des AESH, mais pour une transformation profonde de leur rôle notamment sur les
apprentissages et de leur environnement de travail. L'efficacité de l'intervention repose sur un changement
de paradigme : passer d'une aide individuelle centrée sur la compensation du handicap à un soutien flexible
et intégré au système d'enseignement. Cela exige d'instituer des temps de collaboration et de formation
conjointe pour les binômes enseignant-AESH, de clarifier les rôles en réaffirmant la responsabilité
pédagogique de l'enseignant, et d'apprendre à moduler l'aide en fonction des besoins situés de l'élève. En
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définitive, la question n'est plus de savoir s'il faut un accompagnant, mais comment faire pour que cet
accompagnement devienne un véritable levier d'accessibilité et non un obstacle à l'inclusion.
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153
Annexe 9
Le cadre d’emploi contractuel des AESH : des progrès réels et des limites structurelles
Les AESH ont vu leurs effectifs croître de manière spectaculaire au cours de la dernière décennie, afin de
répondre à l’augmentation continue du nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu
ordinaire. Avec plus de 140 000 agents, elles constituent désormais le premier groupe de personnels non
enseignants de l’Éducation nationale.
Leur mission s’inscrit dans la mise en œuvre du droit à compensation, principe posé par la loi du 11 février
2005. À l’école, ce droit se traduit notamment par l’attribution d’un accompagnement humain lorsque les
besoins de l’élève en situation de handicap ne peuvent être satisfaits par les seules adaptations
pédagogiques. Pourtant, malgré leur rôle opérationnel dans la réalisation effective de ce droit, le cadre
d’emploi des AESH demeure caractérisé par une précarité structurelle. Celle-ci se manifeste par des
rémunérations faibles en raison des quotités de travail réduites, ainsi que des pratiques de gestion
hétérogènes, une offre de formation encore lacunaire et l’absence de véritables perspectives de carrière.
Pour répondre à ces fragilités, les pouvoirs publics ont progressivement instauré un dispositif de
contractualisation plus protecteur : harmonisation des conditions d’emploi, accès au contrat à durée
indéterminé (CDI) après trois ans d’exercice, revalorisations salariales (grille indiciaire, indemnité de
fonctions, primes REP/REP+), et développement d’actions de professionnalisation. Si ces mesures
contribuent à une certaine stabilisation du métier, elles demeurent insuffisantes pour garantir une
sécurisation professionnelle durable.
Ces avancées butent en effet sur un obstacle majeur : le maintien structurel d’un temps de travail incomplet
pour la quasi-totalité des AESH. À missions identiques, aucune évolution significative ne permet d’envisager
un accès généralisé au temps complet, offrant une véritable stabilité professionnelle et financière. Cette
contrainte, liée à la nature même de l’accompagnement humain — limitées au temps scolaire — et à
l’organisation du système éducatif, réduit la portée des réformes engagées et perpétue une précarité
salariale difficilement surmontable.
Ainsi, l’accompagnement humain, pilier opérationnel du droit à compensation, se trouve aujourd’hui fragilisé
par un modèle reposant sur la massification des recrutements sans refonte du cadre d’emploi. Pour garantir
la qualité et la continuité de l’aide apportée aux élèves, il devient indispensable de repenser l’articulation
entre les missions confiées aux AESH, leurs conditions d’exercice et leur statut, condition nécessaire à la
réalisation effective des ambitions d’une école véritablement inclusive.
1. Un recrutement par voie contractuelle pour une adaptation souple à la
couverture des besoins d’accompagnement humain
L'histoire du statut des Accompagnantes des Élèves en Situation de Handicap (AESH), anciennement
Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS), est inséparable de la croissance rapide de la scolarisation des élèves en
situation de handicap dont témoigne la progression constante de leur nombre. Ainsi, sur la période 2006 –
2024, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire a triplé, avec une
progression encore plus marquée dans le second degré10. À la rentrée 2025, 520 600 élèves en situation de
handicap sont scolarisés dans les établissements scolaires11 .
1.1. Les auxiliaires de vie scolaire (AVS), point de départ de la trajectoire
Le dispositif d’accompagnement humain à l’école trouve son origine dans la création, en 2003, du statut
d’Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS). Celui-ci résulte de la volonté de l’État de structurer l’aide apportée aux
10 Weber A., 2025, "Évolution de la scolarité en milieu ordinaire des élèves en situation de handicap entre 2006 et 2024", Note
d'Information, n° 25-63, DEPP. https://doi.org/10.48464/ni-25-63
11 Selon le nombre indiqué sur la page dédiée « La scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers » le site du ministère
https://www.education.gouv.fr/la-scolarisation-des-eleves-besoins-educatifs-particuliers-1022
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élèves en situation de handicap à une période où les besoins deviennent plus visibles. Les fonctions remplies
par ces personnels, à partir de la rentrée 2003, devaient être assurées par des assistants d’éducation,
bénéficiant de conditions de recrutement, d’encadrement et de formation spécifiques, prévues à l’article
L.351-3 du code de l’éducation et dans le décret du 6 juin 2003. Il est vrai cependant que l’inspiration du
dispositif à l’origine postulait même le principe du renouvellement régulier des personnels en charge de
l'accompagnement des élèves handicapés (AVS-i), conformément aux dispositions législatives et
réglementaires qui avaient instituées les AED, qui limitait à six ans la durée de leur emploi.
Très rapidement, la demande d’accompagnement humain dépasse les capacités du dispositif initial. À partir
de 2005, deux dynamiques simultanées accélèrent la montée en charge. D’une part, la loi de programmation
pour la cohésion sociale (dite « loi Borloo » ) 12 déploie massivement les contrats aidés (CUI-CAE), permettant
de mobiliser une main-d’œuvre nombreuse et faiblement coûteuse pour répondre aux besoins croissants en
accompagnement. D’autre part, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances consacre le
droit à la scolarisation en milieu ordinaire et renforce le droit à compensation, ce qui entraîne une
augmentation importante des notifications d’aide humaine émanant des MDPH13. La période 2003-2005
révèle une promesse de professionnalisation immédiatement contredite. Il est alors demandé aux IA-DSDEN
de mobiliser préférentiellement, notamment dans les classes de petite et moyenne sections d’école
maternelle, des personnels recrutés sur des contrats d’accompagnement vers l’emploi pour assurer les
fonctions d’aide à l’accueil et à la scolarisation des élèves handicapés (ASEH)14.
En deux ans, l'État a créé un cadre institutionnel reconnaissant la spécificité éducative de l'accompagnement
(exigence de diplôme, formation obligatoire, droit public), puis a contourné ce cadre en y injectant une main-
d'œuvre moins chère, moins formée et plus volatile. Cette contradiction ne sera pas résolue jusqu'en 2014-
2017, avec la création du statut unique d'AESH qui reviendra à une logique proche des AVS (exerçant sous
statut d’AED), mais après une décennie de précarité accumulée et de rotation des personnels.
Face à l’ampleur des besoins et à la fragilité du statut des AVS, l’État a donc engagé à partir de 2013-2014
une réforme visant à professionnaliser et stabiliser ces personnels. Cette réforme conduit à la création du
statut d’Accompagnant d’Élèves en Situation de Handicap (AESH), appelé à remplacer progressivement les
AVS et à offrir des conditions d’emploi plus homogènes et un accès au CDI après plusieurs années d’exercice.
Le statut des accompagnantes des élèves en situation de handicap (AESH) est créé par la loi n° 2013-1278 du
29 décembre 2013 de finances pour 2014 qui a introduit l'article L. 917-1 du code de l'éducation 2014 qui a
instauré un statut autonome pour cette catégorie d’agents, désormais recrutés par des contrats de droit
public à durée indéterminée au terme de six années de travail en contrat à durée déterminée (CDD)15.
1.2. Une croissance très rapide des effectifs d’AVS/AESH
Le graphique ci-dessous présente l’évolution du nombre d’AESH en distinguant les effectifs en personnes
physiques (source DEPP – Panorama statistique 2024‑2025, dossiers de presse et lois de finances) et en
équivalents temps plein (ETP).
12 Loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale.
13 Christophe Chevalier, Arthur Imbert et Alicia Jacquot, « L’autonomie dans l’invisibilité. Les accompagnantes des élèves en situation
de handicap », La nouvelle revue du travail, 20, 2022.
14 Circulaire interministérielle DGAS/SD3 C no 2005-390 du 19 août 2005 relative à la scolarisation des élèves handicapés :
préparation de la rentrée scolaire 2005
15 L'article 124 de la loi n° 2013-1278 du 29 décembre 2013 de finances pour 2014, publiée au Journal officiel le 30 décembre 2013,
a modifié le code de l'éducation pour créer le statut des Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH). L'article
remplace les mentions relatives aux assistants d'éducation par celles des accompagnants des élèves en situation de handicap. Les
AESH sont recrutés sous contrat de droit public et peuvent bénéficier d'un contrat à durée indéterminée (CDI) après six années
continues d'engagement. Cette modification s’inscrit dans le contexte de la loi du 8 juillet 2013, loi d'orientation et de
programmation pour la refondation de l'École de la République, publiée le 9 juillet 2013, laquelle pose les fondements d'une école
inclusive. Elle concrétise l'engagement de faire de l'éducation une priorité nationale, en incluant des mesures pour
l'accompagnement des élèves en situation de handicap.
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Évolution des effectifs AESH en ETPT et en personnes physiques entre 2017 –2025)
ETPT sur la période 2017–2022 : source rapport IGESR – IGF avril 2022
Personnes physiques uniquement à partir de 2020 : source DEPP – Panorama statistique 2024
‑2025, dossiers
de presse et lois de finances) Les années 2017–2019 apparaissent comme non disponibles pour les personnes
physiques)16
Les effectifs d’AESH ont progressé de 115 000 à près de 143 000 personnes entre 2020 et 2025, soit une
hausse de 24 %. En équivalents temps plein, la progression est de 69 564 à 88 000 ETP sur la même période
(+26 %), traduisant à la fois la création d’environ 10 000 emplois budgétaires sur 2022‑2023 et une stabilité
de la quotité moyenne autour de 63 %. La tendance projetée pour 2025 situe l’emploi total autour de 143
000 AESH, représentant environ 88 000 ETP.
Parmi les personnels non enseignants (353 900 personnes), les accompagnantes d’élèves en situation de
handicap (AESH) constituent la majorité des personnels d’assistance éducative (193 400 au total). Les
personnels d’assistance éducative, selon la présentation des statistiques du ministère, tous non titulaires,
rassemblent les 58 700 assistants d’éducation (AED), et les plus de 140 000 AESH.
Depuis 2015, la progression des effectifs de personnels non enseignants relevant de l’enseignement scolaire
est principalement portée par l’augmentation très marquée des personnels d’assistance éducative, du fait
d’un recrutement massif d’AESH dont les effectifs ont crû de 139 % entre 2015 et 202117.
Le graphique reproduit ci-dessous, d’après l’édition 2025 des Repères et références statistiques, publié par
la DEPP, témoigne de l’essor de cette population au sein de la population des non-enseignants du ministère.
16 Avant 2014, il n’existe pas d’« AESH » comme catégorie statistique : l’accompagnement est assuré par des AVS sous statut d’AED et
par des contrats aidés (EVS, CUI-CAE, etc.) et ces personnels apparaissent dans les statistiques MEN/DEPP sous d’autres rubriques
(vie scolaire, contrats aidés), pas sous l’intitulé AESH. Après 2014 et jusqu’en 2020, les AESH ne font pas l’objet d’un décompte
séparé avec les derniers AVS ou « contrats aidés » assurant des fonctions similaires.
17 DEPP, Repères et références statistiques, 2025, p. 362
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156
Les AESH forment désormais le premier collectif de contractuels non enseignants du ministère (plus de
140 000 agents, soit 11,1 % de ses effectifs globaux) recrutés directement par l’État qui est leur employeur.
1.3. Une politique de « déprécarisation » progressive des AESH qui reste partielle et
essentiellement centrée sur la consolidation contractuelle
Le décret d’application n° 2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d'emploi des
accompagnants des élèves en situation de handicap précise le régime de recrutement et d’emploi des AESH
et organise le remplacement progressif des contrats aidés : « Les missions d’aide à l’inclusion scolaire des
élèves handicapés sont exercées par des accompagnants d’élèves en situation de handicap. » Dès 2014, les
nouveaux recrutements sont donc faits en contrats publics AESH, mais les CUI-CAE en cours continuent à être
renouvelés à titre transitoire.
1.3.1. La période transitoire entre les contrats aidés (CUI-CAE) et les AESH (2014-2020)
La période comprise entre 2014 et 2020 constitue une phase de transition durant laquelle ont coexisté deux
régimes d’emploi pour l’accompagnement des élèves en situation de handicap :
- d’une part, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), agents contractuels de droit
public créés par le décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 ;
- d’autre part, les contrats aidés (CUI-CAE), de droit privé, régis par le code du travail et les conventions
conclues entre l’État, Pôle emploi et les associations ou collectivités.
Le décret du 27 juin 2014 a posé le cadre juridique des AESH sans abroger immédiatement les dispositifs
antérieurs d’auxiliaires de vie scolaire. Son article 7 précise que les personnels recrutés sous les anciens
régimes peuvent être maintenus jusqu’à la fin de leur contrat.
Afin de préciser cette disposition, la circulaire n° 2014-083 du 8 juillet 2014, relative à la mise en œuvre du
décret précité, a confirmé la possibilité de renouveler à titre transitoire les contrats aidés dans la limite de la
durée maximale autorisée par le code du travail 18:
La circulaire du ministère de l’éducation nationale n° 2017-084 du 3 mai 2017 relative aux « Missions et
activités des personnels chargés de l'accompagnement des élèves en situation de handicap » a prolongé ce
régime mixte en indiquant que « Les missions d’accompagnement des élèves en situation de handicap sont
confiées à des personnels qui relèvent de deux statuts différents : les accompagnantes des élèves en situation
de handicap (AESH) recrutées sous contrat de droit public et les agents engagés par contrat unique
d’insertion – contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) recrutés sous contrat de droit privé régi
par les dispositions des articles L. 5134-19-1 et suivants du code du travail. »
18 Circulaire n° 2014-083 du 8 juillet 2014 relative à la mise en œuvre du décret n° 2014-724 du 27 juin 2014, Bulletin officiel de
l’éducation nationale n° 28 du 10 juillet 2014, § 1.3.
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La circulaire n° 2019-090 du 5 juin 2019 met un terme définitif à cette dualité de statuts en disposant qu’à
compter de la rentrée 2020, l’accompagnement des élèves en situation de handicap est exclusivement assuré
par des AESH. 19
Ainsi, entre 2014 et 2020, la coexistence des CUI-CAE et des AESH a été successivement encadrée par des
textes réglementaires et des circulaires de gestion, jusqu’à l’extinction complète du dispositif des contrats
aidés au profit d’un recrutement unique sous statut d’agent public contractuel.
Avec la transformation en 2020 des derniers contrats aidés sur mission d’assistants vie scolaire,
l’accompagnement des élèves en situation de handicap est exclusivement assuré par les accompagnantes
d’élèves en situation de handicap (AESH), dont les conditions de recrutement ont été facilitées par le décret
du 27 juillet 2018 : en particulier par l’assouplissement des conditions d’accès (ouverture aux diplômes de
niveau 4).
1.3.2. La généralisation en 2019 du recrutement de ces personnels en contrat de droit public de trois
ans s’est accompagnée d’une double gestion sur les dépenses de personnel (T2) et sur les
dépenses d'intervention du ministère (HT2) jusqu’en 2023.
Initialement, les AESH étaient recrutées par contrats à durée déterminée d’un an20, alignés sur la durée de
l’année scolaire lorsque la notification de la commission des droits et de l’autonomie des personnes
handicapées portait au moins sur cette période. La loi de 2019 « pour une École de la confiance », dans le
cadre du renforcement de l’école inclusive21, a modifié l’article L. 917-1 du code de l’éducation en portant la
durée du contrat à trois ans. Si cette évolution constituait un progrès, elle ne remettait pas en cause la règle
générale imposant six années de services pour accéder à un contrat à durée indéterminée, de sorte que
l’exercice du métier demeurait majoritairement fondé sur des CDD.
Par ailleurs, jusqu’en 2023, le système de recrutement des AESH faisait cohabiter plusieurs modalités de
gestion car une partie de ces personnels étaient directement recrutée et payée par les établissements publics
locaux d'enseignement (EPLE), la rémunération des AESH étant transférée aux académies lors de leur passage
en CDI après 6 ans d'ancienneté. Cette double gestion, sur les dépenses de personnel et sur les dépenses
d'intervention du ministère, était génératrice de contraintes d'organisation, de manque de lisibilité et de
difficulté de pilotage voire de coûts. Au niveau budgétaire, les emplois en EPLE étaient catégorisés en dehors
des dépenses de personnels (HT2) et n’étaient pas décomptés dans le plafond d'emplois, ce qui posait la
question de la sincérité du plafond d'emplois en loi de finances, même si les documents budgétaires retracent
intégralement ces postes, indépendamment de la nature de leur imputation.
En septembre 2021, le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports et le ministre délégué
auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance, chargé des comptes publics engagent une
mission conjointe confiée à l'Inspection générale des finances (IGF) et à l'Inspection générale de l'éducation,
du sport et de la recherche (IGESR) pour analyser « les voies et moyens d'unifier les modalités de gestion
administrative des AESH en rattachant l'ensemble de ces personnels à la masse salariale du ministère et
l'intégration de ces agents au plafond d'emplois ministériel » et recueillir « des pistes permettant de
renforcer les quotités de travail des AESH afin d'améliorer l'attractivité de leurs fonctions et leur
rémunération. »
En réponse, la mission conjointe de l’IGF et de l’IGÉSR recommandait dans son rapport de mettre fin à la
distinction entre les dépenses de personnel consacrées aux AESH qui relèvent du titre 2 (T2) du budget de
l’État et celles qui en sont exclues, au profit d’une gestion unifiée sous le régime T222.
19 Les CUI-CAE arrivés à échéance en 2020 ne sont plus reconduits ; leurs titulaires ont pu, sous conditions, être recrutés comme
AESH.
20 Selon la version initiale du décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d'emploi des
accompagnantes des élèves en situation de handicap en vigueur du 30 juin 2014 au 20 décembre 2019.
21 Articles 25 à 31 de la Loi n° 2019-791 du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance.
22 Inspection générale des finances (IGF) – Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR), Scolarisation des
élèves en situation de handicap, rapport conjoint, avril 2022, p. 72-73 :« Transférer l’ensemble des crédits relatifs aux
accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sur le titre 2 afin d’assurer la soutenabilité financière, la transparence
et le pilotage de la politique d’inclusion scolaire. »
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En septembre 2022, le Gouvernement, dans le cadre du projet de loi de programmation des finances
publiques pour les années 2023 à 2027 (publiée en décembre 2023) décide le transfert du financement de la
totalité du contingent d'AESH, soit quelque 71 000 agents jusque-là rémunérés par les EPLE sur le hors titre
2 vers le titre 2 et le plafond d'emplois du budget de l'État d'ici 2025. Cette opération de bascule intervient
concomitamment avec la mise en œuvre de la loi n 02022-1574 du 16 décembre 2022 instituant l'accès à un
CDI au terme de trois années d'exercice des fonctions d'AESH. Cette mesure est effective depuis le 1er
septembre 2023.
La bascule de la totalité des AESH sur le titre 2 du programme 230 au 31 décembre 2024 correspond à un
effort de sincérité budgétaire qui marque une rupture complète pour la gestion de cette population qui
bénéficie désormais, quel que soit la durée du contrat CDD ou CDI, d’une gestion unifiée sous le régime
unique du T2. Cette mesure est présentée par le gouvernement comme la conséquence d’une volonté de
déprécarisation par l’octroi d’un CDI : comme le soulignait le ministre délégué chargé des comptes publics
de l’époque : « Dès lors que nous voulons remédier à la précarité qui caractérisait ces emplois, le fait de les
intégrer au plafond d’emplois de l’État relève de la bonne gestion »23.
1.3.3. La pérennisation des emplois d’AESH a été complétée par une sécurisation contractuelle opérée
par la loi, qui ouvre à toute AESH la possibilité d’accéder à un CDI après trois ans d’ancienneté
La masse salariale de la totalité des AESH relève désormais directement du budget général de l’État et le
premier effet de cette opération est de faire passer ces emplois dans le plafond d’autorisation des emplois
rémunérés du ministère de l’éducation nationale. Cette bascule budgétaire s’est accompagnée d’une
évolution législative qui s’est opéré par la loi n° 2022-1574 du 16 décembre 2022 visant à lutter contre la
précarité des accompagnants d'élèves en situation de handicap et des assistants d'éducation qui permet la
"cédéisation" des accompagnants d’élèves en situation de handicap au bout de 3 ans24.
La loi de 2022, issue d’une proposition de loi émanant de l’Assemblée nationale25, constitue donc une
avancée significative par les bénéfices qu’elle procure en matière de stabilité et de sécurité de l’emploi, en
offrant aux AESH une protection renforcée et une visibilité accrue sur leur avenir professionnel et personnel.
Les effets de la loi sont rapides : entre 2021 et 2024, la part des AESH en CDI progresse fortement, passant
de 16,1 % à 63,9 %, tandis que les effectifs des AESH en CDI sont multipliés par plus de quatre, de 19 176 à
86 118 agents. Cette évolution résulte directement de l’entrée en vigueur du décret n° 2023-597 du 13 juillet
2023, qui a rendu obligatoire la CDIsation après trois ans de service et provoqué un basculement massif dès
la rentrée 2023.
Parallèlement, l’effectif total des AESH a augmenté, passant de 119 018 en 2021 à 134 775 en 2024. Malgré
cette stabilisation statutaire, les difficultés persistent : la quotité de travail moyenne demeure autour de 63
%, et la rémunération en conséquence toujours faible26, bien que revalorisée par des mesures comme
l’indemnité de fonctions de 1 529 euros bruts annuels (soit environ 64 euros nets par mois pour 24
h/semaine) ou l’accès aux primes REP/REP+, demeure souvent inférieure au seuil de pauvreté.
En ouvrant la possibilité de recruter les AESH en contrat à durée indéterminée (CDI) après un seul CDD de
trois ans, la loi de 2022 a accéléré le transfert des emplois d’AESH du Hors titre 2 vers le titre 2, dans la mesure
où la "cédéisation" des accompagnantes d’élèves en situation de handicap était mis en œuvre par l’État et
non par l’EPLE lorsqu’il était le recruteur initial de l’AESH. La bascule progressive des emplois d’AESH sous
plafond d’emplois à partir de 2023a été totalement réalisé au 31 décembre 2024.
23 Assemblée nationale, Commission des finances, séance du lundi 26 septembre 2022, audition de M. Gabriel Attal, ministre délégué
chargé des comptes publics, sur le projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2023 à 2027 (n° 272).
24 En 2021, plus de 80 % des AESH étaient employées sous CDD, le plus souvent à temps incomplet : seuls 2 % occupaient un temps
plein, la quotité moyenne s’élevant à 62 %.
25 Prop. de loi visant à lutter contre la précarité des accompagnants d’élèves en situation de handicap et des assistants d’éducation,
n° 4781, AN, 7 déc. 2021, 15ᵉ législature, Mme Michèle Victory.
26 La rapporteure du texte à l’Assemblée nationale a elle-même reconnu qu’un simple ajustement législatif ne suffirait pas et qu’un
arbitrage global devrait être conduit entre le recrutement de nouveaux AESH et l’augmentation du temps de travail
hebdomadaire26.
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Une telle opération a rendu manifeste et visible les AESH en tant que catégorie de personnels à part entière
parmi l’ensemble des ressources humaines du ministère. Leur nombre qui avoisine les 140 000 agents au 1er
janvier 2025 en fait désormais la deuxième population en termes d’effectifs du ministère derrière les 900 000
enseignants. Or cette population est constituée exclusivement de personnels contractuels. Elle assure
pourtant des missions, au cœur du modèle d’école inclusive, qui qui est celui de l’accompagnement humain
des élèves en situation de handicap scolarisés dans l’École répondant par là à un besoin essentiel et
permanent du service public d’éducation.
2. Le cadre d’emploi des AESH relève de celui d’agents contractuels de droit
public, ce qui accentue la singularité de leur métier dans un ministère où
prédomine l’emploi de fonctionnaires
2.1. Une exception dans un ministère historiquement composé de fonctionnaires : des
emplois permanents mais des services à temps incomplet
L’Éducation nationale compte environ 1,2 million d’agents dont 0,9 million de titulaires (ou sur échelle de
titulaires)27 Les AESH constituent désormais le premier collectif de contractuels non enseignants du ministère
(près de 140 000 personnes, soit 11,1 % de ses effectifs globaux) recrutés directement par l’État qui est leur
employeur. Ces effectifs sont comparables à ceux des maîtres des établissements d’enseignement privés
sous contrat avec l’État au nombre, à la rentrée 2024, de 141 500. Ces enseignants exercent leur activité dans
l’enseignement privé sous contrat et ont le statut d’agents de droit public depuis l’entrée en vigueur de la loi
Censi (rentrée 2005) et dont la grande majorité sont « assimilés titulaires » car ces enseignants du privé sous
contrat sont placés sur une échelle de rémunération de titulaires. 28
Contrairement aux enseignants, CPE, personnels de direction, administratifs ou techniques, il n’existe pas de
corps de fonctionnaires d’AESH ni d’examen de titularisation : La situation statutaire des accompagnants
d’élèves en situation de handicap (AESH) comme celle des assistants d’éducation (AED) constitue une
singularité au sein du ministère de l’éducation nationale.
Cette particularité les place à la marge d’une administration largement structurée autour d’une architecture
statutaire de corps de fonctionnaires. La justification principale de cette particularité peut être recherchée
dans le principe issu de la loi du 30 juillet 1984, dont les dispositions statutaires sont désormais inscrites au
Code général de la fonction publique (CGFP depuis 2022) qui élargit les cas où les employeurs publics peuvent
recourir aux contractuels.
Le principe général posé par le CGFP est que les emplois civils permanents de l’État doivent être occupés par
des fonctionnaires. L’article L. 311-1 dispose en effet que, sauf dérogation, ces emplois sont réservés aux
fonctionnaires de l’État, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics administratifs, ou,
selon des statuts particuliers, à certaines autres catégories de personnels publics. Ce principe fonde la règle
traditionnelle selon laquelle la permanence de l’emploi public s’accompagne de la titularisation des agents
qui l’occupent.
Toutefois, le CGFP prévoit des exceptions permettant de recruter des agents contractuels sur des emplois
pourtant permanents. L’article L. 332-1 énumère ainsi plusieurs catégories d’emplois publics pouvant
27 Cf. Panorama statistique des personnels de l'enseignement scolaire – 2024-2025, p.9.
28 La loi du 5 janvier 2005, dite « loi Censi », a précisé que les maîtres en fonctions dans les établissements d'enseignement privés
sous contrat d'association sont des agents de droit public. Les maîtres de l’enseignement privé sous contrat avec l’État n’ont pas
le statut de fonctionnaires titulaires de l’État, destinés à occuper des emplois permanents après une année de stage. Néanmoins,
les maîtres contractuels ou agréés à titre définitif sont couramment appelés « maîtres titulaires » et les maîtres contractuels ou
agréés à titre provisoire « stagiaires ». Dans le premier degré, ils peuvent être classés dans les échelles de rémunération des
instituteurs ou des professeurs des écoles. Ceux du second degré sont classés dans les échelles de rémunération des professeurs
certifiés, agrégés, etc. Par souci de simplicité, la terminologie utilisée dans le Panorama statistique des personnels pour les
enseignants du secteur privé est proche de celle adoptée pour les enseignants du secteur public : on parlera donc d’« assimilés
titulaires » pour ces enseignants du privé sous contrat placés sur une échelle de rémunération de titulaires. Il existe également
des « maîtres délégués », qui sont l’équivalent des non-titulaires de la fonction publique et sont recrutés pour réaliser les
remplacements.
(selon le Panorama statistique des personnels de l'enseignement scolaire – 2024-2025, pp. 28-29).
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déroger à la règle de l’occupation fonctionnaire, notamment les emplois des établissements publics de l’État,
certains emplois hospitalo-universitaires et, surtout, les emplois occupés par des assistants d’éducation, des
maîtres d’internat et des surveillants d’externat relevant du code de l’éducation. C’est dans ce cadre
dérogatoire que s’inscrit le recrutement des accompagnants des élèves en situation de handicap. À l’instar
des assistants d’éducation, les AESH sont recrutés par contrat pour exercer des missions permanentes au
sein du service public de l’éducation, alors même que, selon la règle de principe, ces emplois devraient être
pourvus par des fonctionnaires. Leur cadre d’emploi relève donc explicitement d’une exception prévue par
le législateur, qui autorise l’État à recourir durablement à des agents contractuels pour des besoins
permanents liés à l’accompagnement humain des élèves.
Les conditions d’emploi des AESH s’inscrit également dans un cadre juridique qui contribue à structurer le
recours au temps incomplet : l’article L. 332-3 du CGFP prévoit en effet que les fonctions permanentes
exercées dans le cadre d’un service n’excédant pas 70 % d’un temps complet sont assurées par des agents
contractuels de l’État.
L’exercice des missions d’AESH correspond le plus souvent à un service à temps incomplet dont la quotité,
dans de nombreux cas de figure, n’excède pas 70 % d’un temps plein ; la quotité moyenne de travail d’une
AESH s’établit aujourd’hui à 62 % d’un temps plein.
Ainsi, le statut de contractuel de droit public des AESH ne résulte pas d’un régime transitoire, mais bien d’une
exception inscrite dans le droit commun de la fonction publique : des emplois permanents mais des temps
incomplets. Cette exception contribue à expliquer la singularité de leur cadre d’emploi au sein d’un ministère
où, par principe, les emplois permanents sont occupés par des fonctionnaires.
Cette singularité des fonctions d’AESH s’explique par la nature même de la mission d’accompagnement
humain du ou des élèves, qui est doublement limitée : d’abord à la présence de celui-ci ou de ceux-ci à l’école
pendant les périodes scolaires, soit 36 semaines ; ensuite parce que cette mission d’accompagnement
correspond à un service hebdomadaire qui ne peut excéder l’horaire réglementaire d’un élève au sein de
l’école ou de l’établissement scolaire, soit 24 heures en primaire et 26 à 28 heures en collège et lycée.
Quand bien même, le Code de l’éducation prévoit que les accompagnantes des élèves en situation de
handicap sont recrutées pour exercer des fonctions d’aide à l’inclusion scolaire de ces élèves, « y compris en
dehors du temps scolaire », cette possibilité reste largement théorique. Le décret n° 2014-724 du 27 juin
2014, dans son article 4, précise pourtant que les AESH « peuvent être recrutés à temps complet ou à temps
incomplet ».
En conclusion, les AESH sont des contractuels de droit public recrutés sur des emplois permanents de l’État,
dont la mission définie légalement (exercer des fonctions d’aide à l’inclusion scolaire des élèves en situation
de handicap) est, en pratique, limitée à un temps incomplet, ce qui de fait ferme la porte de la
fonctionnarisation.
2.2. Un travail sur la rémunération qui s’est appuyé sur des recherches de solutions au
temps de travail incomplet, sur la création d’une grille indiciaire spécifique et sur
une politique indemnitaire
Les conditions de rémunération des accompagnants des élèves en situation de handicap AESH ont connu des
améliorations successives depuis 2019, selon deux axes principaux, l’extension de la durée de référence du
temps de travail et la mise en place d’une grille indiciaire propre complétée par un régime indemnitaire
spécifique.
2.2.1. Le passage à la référence de 41 semaines pour le calcul du temps de travail des AESH
La première avancée intervient en 2019, avec la mise en place des Pôles inclusifs d’accompagnement localisés
PIAL et la publication de la circulaire n° 2019-090 du 5 juin 2019, qui officialise le calcul du temps de service
annuel des AESH sur la base de 41 semaines, contre 39 auparavant, afin de mieux prendre en compte le
temps de travail masqué correspondant à la préparation des séances, aux réunions pédagogiques, aux
équipes de suivi de scolarisation ou encore à la formation. Avant cette réforme, la durée de référence variait
selon les académies, ce qui ne permettait pas une reconnaissance uniforme de ces activités.
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La rémunération AESH se base désormais sur 41 semaines au lieu de 39, améliorant légèrement le traitement
en reconnaissant les heures de préparation, de réunion et de suivi qui étaient auparavant non
comptabilisées29. Les 5 semaines ajoutées aux 36 de présence élèves sont donc dédiées aux activités
connexes indispensables à l’accompagnement, telles que la formation, la concertation ou la rédaction de
bilans.
L’annualisation du temps de travail sur 41 semaines permet ainsi de rémunérer les semaines dédiées aux
activités connexes, tandis qu’en cas de missions spécifiques le contrat peut aller jusqu’à 45 semaines,
notamment lors de formations longues. Cette mesure constitue une première étape, même si la quotité
d’exercice moyenne demeure faible, autour de 62 pour cent selon la DEPP.
2.2.2. Un cadre d'emploi qui est doté de sa propre grille indiciaire instauré en 2021 et complété en 2023
par un régime indemnitaire spécifique et qui rattache les AESH plutôt aux agents de catégorie C
Une seconde avancée intervient à partir de 2021, avec l’introduction d’une grille indiciaire propre au cadre
d’emploi des AESH prévoyant une progression automatique de dix points d’indice tous les trois ans sur onze
échelons, pour un coût estimé à soixante millions d’euros par an. Cette nouvelle grille indiciaire est entrée
en vigueur à la rentrée 202130. Les AESH relèvent donc d’une grille propre et, à partir du 1er janvier 2023,
elles bénéficient aussi d’un régime indemnitaire spécifique ou de l’accès à certaines indemnités existantes,
notamment l’indemnité de sujétion en éducation prioritaire.
À la rentrée 2023, une nouvelle revalorisation est intervenue avec la fixation d’un indice plancher supérieur
à l’indice minimal de la fonction publique, la création d’une indemnité de fonction annuelle de 1529 euros
pour un temps complet et une majoration de dix pour cent de l’indemnité des AESH référents. L’arrêté du 13
juillet 2023 fixe une grille allant de l’indice majoré 366 à l’indice majoré 450, avec un avancement
automatique tous les trois ans, mais qui reste inférieure à la grille des fonctionnaires de catégorie B1, tant
en termes de progression que de plafond.
Depuis le 1er janvier 2023, la grille indiciaire s’étend, pour un temps complet, d’un indice majoré (IM) 353 à
un IM de l’ordre de 435 ; du fait du relèvement de l’indice minimal dans la fonction publique, les deux
premiers échelons de cette grille, où se concentre la majorité des AESH, sont désormais alignés sur cet indice
minimal, ce qui fige en pratique la rémunération pendant la durée cumulée de ces deux échelons, soit environ
six ans.
Comparaison des indices et niveaux de rémunération des AESH et des fonctionnaires de catégories B et C ( données
2025)
Critère AESH (2025) Fonctionnaire catégorie
C (C1, 2025)
Fonctionnaire catégorie
B1 (2025)
Premier échelon IM 366 à 371 (≈ 1 800 €
brut mensuel à temps
plein)
IM 366 (≈ 1 800 € brut
mensuel – minimum de
traitement FP)
IM 367 (≈ 1 800 € brut
mensuel)
Dernier échelon IM 450 à 455 (≈ 2 215 à
2 236 € brut mensuel)
IM env. 430 à 450 selon
grades C1/C2/C3 (≈ 2
050 à 2 200 € brut)
IM 673 (≈ 3 300 € brut
mensuel)
Progression de carrière 11 échelons ;
progression lente,
amplitude indiciaire
limitée
11 à 13 échelons selon
C1/C2/C3 ; progression
plus rapide en début de
carrière
13 échelons ou plus ;
progression rapide et
forte amplitude indiciaire
29 Exemple : pour un contrat de 24 h/semaine sur 41 semaines, cela correspond à 984 h annuelles, soit 61,2% d’un temps plein (1
607 heures).
30 Entre 2014 et 2021, Les accompagnants des élèves en situation de handicap bénéficiaient seulement d'une rémunération qui ne
pouvait « être inférieure au traitement indiciaire correspondant au salaire minimum interprofessionnel de croissance, ni
supérieure au traitement afférent à l'indice brut 400". Cf. Arrêté du 27 juin 2014 relatif à la rémunération des accompagnants des
élèves en situation de handicap et modifiant l'arrêté du 6 juin 2003 fixant le montant de la rémunération des assistants
d'éducation, art.1.
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Primes / indemnités IFSE, indemnités
REP/REP+, indemnité
de fonctions spécifiques
(arrêtés du 13 juillet
2023)
IFSE + CIA (RIFSEEP),
indemnité de résidence,
SFT, NBI éventuelle
IFSE, CIA, IFTS, primes de
sujétion, etc.
En conclusion, malgré plusieurs revalorisations indiciaires, les AESH sont rémunérées sur une grille propre
dont les indices se situent à des niveaux proches de ceux des agents de catégorie C.
À ce socle indiciaire s’ajoutent toutefois quelques compléments indemnitaires, ce qui atténue
marginalement la faiblesse globale de leur rémunération sans la compenser structurellement.
2.2.3. L'établissement d'un régime indemnitaire spécifique pour les AESH : une reconnaissance des
conditions d'exercice particulières à l'impact financier limité
L’établissement d’un régime indemnitaire spécifique aux accompagnantes des élèves en situation de
handicap (AESH), intervenu plusieurs années après la création de ce cadre d’emploi, constitue une modalité
significative de reconnaissance des conditions d’exercice de leurs missions et marque l’amorce d’une
véritable professionnalisation. Ce régime indemnitaire, qui complète la rémunération indiciaire, s’articule
désormais autour de plusieurs composantes :
– l’indemnité de fonctions AESH instaurée par le décret n° 2023-598 du 13 juillet 2023, constitue
l’élément commun à l’ensemble des personnels : son montant annuel est fixé à 1 529 € brut pour
un temps plein, soit 127,42 € mensuels, et fait l’objet d’une proratisation stricte en fonction de la
quotité de service (environ 79 € brut mensuels pour une quotité de 62 %, soit près de 63,50 €
nets). Versée dès l’entrée en fonctions, elle vise à reconnaître la technicité de l’accompagnement
humain et à homogénéiser les pratiques indemnitaires entre académies.
– l’indemnité spécifique allouée aux AESH exerçant les missions de référent, chargés d’un appui
méthodologique auprès des nouveaux personnels : dotée d’un montant annuel de 660 € brut —
soit 55 € mensuels — elle a été revalorisée de 10 % en septembre 2023 pour tenir compte de la
charge accrue liée au tutorat et à l’animation de réseaux de pratiques.
– depuis l’entrée en vigueur du décret n° 2022-1534 du 8 décembre 2022, les AESH peuvent
bénéficier des indemnités d’éducation prioritaire REP et REP+, dont les montants (1 106 € annuels
en REP et 3 263 € en REP+, assortis d’une part modulable pouvant atteindre 448 €) sont eux aussi
proratisés selon la quotité de travail et le temps effectivement exercé en éducation prioritaire.
Toutefois, cette structuration indemnitaire reste largement conditionnée par la proratisation appliquée à la
quotité de travail, majoritairement fixée à 62 % dans la profession. À ce titre, l’indemnité de fonction, qui
s’élève à 1 529 € annuels bruts pour un temps plein, se réduit à environ 79 € bruts mensuels (soit près de
63 € nets) pour une quotité de 62 %. Dans ces conditions, l’impact financier réel sur le niveau de vie des AESH
demeure marginal.
En effet, cette indemnité ne représente qu’environ 8 à 9 % du salaire brut annuel pour un temps plein, et
cette proportion est mécaniquement réduite pour les temps incomplets. Cette part est très en deçà de la
part des primes et indemnités dans le salaire brut qui s’observe pour l’ensemble des fonctionnaires qui
s’établit à 24,6% en moyenne 31 L’effet sur le salaire net reste donc très limité et ne modifie qu’à la marge le
revenu disponible des agents. Si cette revalorisation indemnitaire marque une reconnaissance plus formelle
du cadre d’emploi des AESH, elle n’entraîne pas d’amélioration significative de leur rémunération globale.
L’insatisfaction des AESH à l’égard de leur situation financière se reflète nettement dans les saisines
adressées à la Médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. Ils constituent en effet 55
% des réclamations émanant des personnels contractuels non-enseignants, dont 73 % portent sur des litiges
31 Cf. « Les rémunérations dans la fonction publique en 2023 », Christophe DIXTE, Mélissa GUITON, Gwendoline VOLAT in Rapport
annuel sur l’état de la fonction publique, Édition 2025, Faits et chiffres., p.112.
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financiers, principalement liés à leur rémunération32. En 2024, une part importante de ces réclamations
concerne le refus de versement rétroactif des indemnités de sujétion REP et REP+, applicables aux AESH et
AED uniquement à compter du 1er janvier 2023, conformément aux décrets de juillet 2023 qui les ont
instituées sans effet rétroactif33.
In fine, malgré les revalorisations successives, la rémunération des AESH reste majoritairement inférieure au
seuil de pauvreté en raison de la persistance d’un temps de travail incomplet et d’un régime indemnitaire
moins avantageux que celui des fonctionnaires titulaires.
2.2.4. Les AESH se distinguent au sein des personnels non enseignants par la précarité salariale à
laquelle elles demeurent soumises
Le salaire net mensuel moyen d’une AESH (1 030 €) est de moitié inférieur à celui d'un fonctionnaire titulaire
de catégorie C (2 020 €), qui sont pourtant les fonctionnaires les moins bien rémunérés du ministère. Même
si l'on considère leur salaire en Équivalent Temps Plein (EQTP), soit 1 580 € net, il reste inférieur à celui d'un
fonctionnaire de catégorie C (2 080 € EQTP).
Rémunérations des AESH par rapport aux autres catégories de personnels non enseignants (données 2023) 34
Catégorie de Personnel Salaire Net Mensuel
Moyen (Individuel)
Salaire Net EQTP (Temps
Plein simulé)
Quotité de Travail
(Moyenne AESH) Statut Typique
AESH 1 030 € 1 580 € 63 % Contractuel
Contractuels Non-Enseignants
(Ensemble) 1 140 € 1 610 € N/A Contractuel (inclut
AESH/AED)
Titulaires Catégorie C (e.g., ASS
filière technique)
2 020 € (ou 1 879 € pour
ASS admin. Cat C)
2 080 € (ou 1 937 € pour
ASS admin. Cat C) N/A Fonctionnaire
Titulaires Catégorie B (e.g., ASS
filière administrative)
2 410 € (ou 2 420 € pour
ASS admin. Cat B) 2 480 € N/A Fonctionnaire
Sources, Panorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire 2024-2025, DEPP, novembre 2025. Les données sur les rémunérations
dans l'édition 2025 (Chapitre 7) sont issues du Système d’information sur les agents des services publics (Siasp), millésime 2023
En 2023, le salaire moyen d'une AESH reste sensiblement inférieur au seuil de pauvreté (environ 1 330 euros
de revenus mensuels en 2024), même après les avancées salariales survenues depuis fin 2022, comme
l'attribution d'une indemnité de fonctions (1 529 € bruts annuels). Ce faible salaire est dû au fait que les AESH
exercent en moyenne à 63 % d’un temps plein, ce qui correspond au temps de scolarisation des élèves.
De plus, les horaires d’accompagnement sont souvent fragmentés (par exemple, 8h30-11h30 et 13h30-
16h30), ce qui complique l'exercice d'une deuxième activité pour compenser le temps incomplet.
En définitive, les AESH perçoivent une rémunération inférieure à celle des titulaires de catégorie C – pourtant
les moins bien payés du ministère –, sous le seuil de pauvreté, une précarité encore renforcée par
l’impossibilité de cumuler une activité complémentaire en raison de la fragmentation de leurs horaires.
32 Médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. (2024). Rapport de la médiatrice de l’éducation nationale et
de l’enseignement supérieur 2024 : Éviter les ruptures, Faciliter les transitions. [Paris]: Ministère de l’Éducation nationale et de la
Jeunesse, p. 102.
33 Cette situation trouve son origine dans un contentieux enclenché par un jugement du tribunal administratif de Paris du 14
décembre 2022, confirmé par un arrêt de la cour administrative d’appel de Paris le 8 novembre 2024, qui avait reconnu une
rupture d’égalité et ordonné le versement de l’indemnité à un AESH pour une période antérieure à 2023. Cette affaire, fondée
sur une requête de 2021 — donc antérieure aux décrets de 2023 — a conduit de nombreux AESH à solliciter, par la suite, la
rétroactivité de ces indemnités. L’administration a systématiquement refusé ces demandes, considérant que les textes ne
prévoyaient aucun effet rétroactif. Le Conseil d’État, dans deux décisions du 16 juillet 2025 (n° 500427 et n° 500429), a mis un
terme définitif à cette incertitude juridique. Il a annulé les arrêts de la cour administrative d’appel et jugé que aucun droit à
rétroactivité ne peut être invoqué par les AESH pour des périodes antérieures à l’entrée en vigueur des textes du 1er janvier 2023.
Ces décisions mettent ainsi fin au fondement juridique sur lequel s’appuyaient les réclamations, en validant la position constante
du ministère et en fermant la voie à tout contentieux ultérieur sur la rétroactivité de ces indemnités.
34 Les données sur les rémunérations dans l'édition 2025 (Chapitre 7) sont issues du Système d’information sur les agents des
services publics (Siasp), millésime 2023.
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2.3. Le cadre d’emploi contractuel des AESH limite leurs droits en matière de carrière,
de mobilité, de sécurité de l’emploi et de reconnaissance professionnelle
Les AESH sont régies par les dispositions réglementaires générales applicables aux agents contractuels de
l’État.
Le fait d’être soumis au régime des agents contractuels de l’État entraîne pour les AESH des conséquences
importantes par rapport aux règles applicables aux fonctionnaires, notamment en matière de carrière, de
mobilité et de sécurité de l’emploi. Leur situation reste plus précaire et moins structurée que celle des
personnels titulaires intégrés dans un corps de fonctionnaires.
Les AESH ne sont pas intégrées dans un corps avec des grades et des échelons ; il n’existe donc pas de
véritable carrière statutaire, mais une progression de rémunération négociée par contrat, encadrée
seulement par des grilles indiciaires spécifiques et des réexamens périodiques prévus par la circulaire de
2019. À la différence des fonctionnaires, ils ne bénéficient pas de promotions de grade ou de concours
internes structurés ; les changements de fonctions ou de niveau de responsabilité passent principalement
par la signature d’un nouveau contrat ou par une revalorisation décidée localement.
Les AESH n’ont pas accès au « mouvement » au sens des mutations réglementées qui s’appliquent aux
enseignants, CPE, etc., car elles ne font pas partie d’un corps de fonctionnaires. Leur mobilité repose sur des
dispositifs contractuels : changement d’académie ou d’employeur public via rupture et nouveau contrat, ou
via des congés de mobilité pour convenances personnelles prévus par le décret du 17 janvier 1986 pour les
contractuels en CDI, sans la garantie générale de mobilité reconnue aux fonctionnaires par le Code général
de la fonction publique. En CDD, la relation d’emploi d’un AESH est limitée dans le temps ; le non-
renouvellement est possible, même s’il doit être fondé sur l’intérêt du service, alors que le fonctionnaire est
titulaire de son grade et bénéficie d’une forte protection contre la perte d’emploi. En CDI, les AESH gagnent
une stabilité relative, mais restent des contractuels : leur CDI peut être modifié (quotité de travail,
affectation) ou prendre fin selon les règles applicables aux agents contractuels (suppression de besoin, faute,
etc.), qui offrent une protection moindre que le régime de la fonction publique pour les titulaires.
Contrairement aux agents titulaires, le régime d’arrêt maladie des AESH, personnels contractuels de
l’Éducation nationale, les exclut du mécanisme de subrogation. Ils sont donc contraints de rembourser à leur
employeur les indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) perçues pendant leur arrêt, tout en voyant
leur salaire maintenu. Cette situation engendre des difficultés financières majeures, telles que des saisies sur
salaire ou la perte de prestations sociales35. Un décret de juin 2024 prévoyait l’application de la subrogation
pour les AESH à compter du 1er juillet 2025, mais un nouveau décret de février 2025 a reporté cette mesure
au 1er janvier 2027, pour des raisons techniques liées aux systèmes d’information.
Ce report prolonge la précarité des AESH, déjà confrontées à des salaires modestes et des conditions de
travail instables, et maintient une inégalité de traitement avec les agents titulaires et certains contractuels
d’établissements publics qui bénéficient déjà de la subrogation.
Les AESH sont soumises aux droits et obligations des agents publics (neutralité, obligation de service,
protection fonctionnelle, etc.), mais sans la reconnaissance d’un statut de fonctionnaire ni l’accès aux mêmes
perspectives de carrière interministérielle ou inter-fonctions publiques.
3. Le cadre d’emploi actuel des AESH n’offre aucune solution qui permette de
favoriser l’obtention d’un temps complet pour les AESH qui le souhaitent
L’essor significatif du recrutement d’agents contractuels sur des postes permanents a amené l’État à assumer
pleinement ses responsabilités d’employeur envers une population dont les conditions matérielles et
morales exigeaient une réponse adaptée. Or, le cadre actuel de gestion des fonctions d’accompagnante des
élèves en situation de handicap (AESH) ne permet que rarement aux agents qui le souhaitent d’exercer à
35 De plus, le cumul des IJSS et du salaire peut entraîner la suppression de certaines aides sociales et fausser le calcul de l’impôt sur
le revenu, le reversement ultérieur des IJSS n’étant pas pris en compte s’il intervient après la fin de l’année civile. Cette situation
ubuesque mais aux conséquences très injustes a plusieurs fois été évoquée par des AESH rencontrées par la mission. Elle contribue
au ressentiment négatif des AESH à l’égard de leur système de gestion.
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temps plein. Cette situation, souvent subie, les contraint à cumuler plusieurs contrats précaires (CDD,
missions d’intérim) afin d’atteindre un niveau de rémunération équivalent à un emploi à temps complet.
Dès lors, au printemps 2023 et concomitamment avec le transfert des AESH du HT2 vers le T2, le
gouvernement a recherché des voies et moyens afin d’augmenter la quotité de travail des agents chargés de
l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap en leur procurant des contrats de 35 heures.
3.1. La proposition d’un nouveau cadre d’emploi d’« accompagnant à la réussite
éducative » (ARé) aurait permis une augmentation du temps de travail des AESH –
moyennant une redéfinition de leurs missions
Lors de la 6ᵉ Conférence nationale du handicap, organisée le 26 avril 2023, le premier des dix engagements
vise à ouvrir « l’acte II de l’école inclusive » et à porter une nouvelle ambition : celle de « l’École pour tous ».
Cet engagement se décline en plusieurs mesures, dont l’une concerne directement les AESH : la réforme de
leur cadre d’emploi par la création d’un nouveau métier d’« accompagnant à la réussite éducative ».
Il est ainsi envisagé de regrouper les cadres d’emplois des AESH et des assistants d’éducation (AED) au sein
d’une même fonction, celle d’accompagnant à la réussite éducative (ARE), afin de permettre notamment :
– de consolider les conditions d'emploi des AESH auprès des établissements ;
– d’offrir un passage à temps plein et une évolution professionnelle ;
– de permettre une prise en charge sur les temps périscolaires ;
– d'éviter la démultiplication des accompagnants dans la même classe.36
Cette proposition a soulevé des réserves majeures liées à la nature même des missions. Les principales
critiques à ce projet ont porté sur le risque de dénaturation de la mission d’aide humaine, telle qu’elle est
exercée par les AESH.
On peut en effet considérer que la finalité de la mission d’aide humaine, telle que définie par la loi, repose
sur une relation de proximité éducative, fondée sur la compréhension fine des besoins spécifiques de chaque
élève en situation de handicap et sur la mise en œuvre d’adaptations individualisées, décidées dans le cadre
du projet personnalisé de scolarisation (PPS) notifié par la MDPH. Elle requiert une posture
d’accompagnement pédagogique, cognitive et sociale, mobilisant des compétences spécifiques :
observation, reformulation, médiation, anticipation des situations de handicap, coopération étroite avec les
enseignants et les équipes médico-sociales. Cette logique de compensation, indissociable du droit à l’égalité
d’accès à l’enseignement, confère à la mission une dimension de responsabilité éducative individualisée.
À l’inverse, la mission des AED relève d’une autre finalité : l’encadrement collectif des élèves, la régulation
de la vie scolaire et la sécurisation du climat éducatif, sous la responsabilité du conseiller principal
d’éducation (CPE). Elle s’exerce dans des temps et des espaces différents – surveillance, accompagnement
des déplacements, gestion de l’absentéisme, prévention du harcèlement – et vise à garantir le bon
fonctionnement de l’établissement plutôt qu’à soutenir un parcours d’apprentissage individualisé.
Comme l’avait souligné le rapport de l’IGESR et de l’IGAS, « Acte 2 de l’école inclusive », qui avait expertisé
cette solution37, la fusion des cadres d’emploi ne saurait donc entraîner une assimilation fonctionnelle des
deux métiers. Outre les écarts de culture professionnelle, de formation et de tutelle hiérarchique, la
conciliation entre les impératifs de la vie scolaire et l’exigence d’un accompagnement humain individualisé
se heurte à des contraintes d’organisation difficilement compatibles. Les conseillers principaux d’éducation
(CPE), jusqu’ici peu impliqués dans la scolarisation des élèves en situation de handicap, devraient par exemple
articuler la gestion collective des AED avec des missions à forte dimension éducative et médico-sociale.
En outre, la logique d’un cadre unique d’« assistants de réussite éducative » (ARE) pouvait être perçue comme
un encouragement au développement de l’accompagnement mutualisé, au détriment de l’aide individualisée
qui demeure indispensable pour nombre d’élèves. C’est pourquoi la distinction entre accompagnement
individualisé et mutualisé devait, selon les inspections générales, être préservée dans toute réforme.
36 Cf ; « Les mesures de la Conférence nationale du handicap 2023 », Dossier de presse de la CNH 2023, p. 35
37 IGESR-IGAS, Acte 2 de l'école inclusive, rapport n° 22-114R, août 2023, pp. 61-62
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Le rapport recommandait d’ailleurs, dans l’hypothèse de ce scénario, de maintenir des fiches de poste
différenciées – assistants de réussite éducative individualisés (ex-AESH-i) et assistants de réussite éducative
collectifs ou mutualisés – et de construire un référentiel de compétences propre à chacune de ces fonctions,
garantissant la continuité du droit à la compensation tout en permettant l’évolution vers des parcours
professionnels plus complets.
Enfin, selon le rapport cité, la recherche d’un temps plein pour les personnels affectés à l’aide individualisée
devait s’appuyer sur des articulations interinstitutionnelles, notamment entre le temps scolaire et le temps
périscolaire, en lien avec les collectivités territoriales, afin d’assurer la cohérence du parcours éducatif sans
dénaturer la spécificité du métier d’accompagnant.
Certains parlementaires se sont aussi inquiétés d’un tel projet de fusion des AESH et des assistants
d'éducation (AED) affectés jusqu'à présent à la vie scolaire en général et relayent les objections des
organisations syndicales de l'éducation nationale qui avaient fait part de leur opposition à ce projet. Dans
une question écrite transmise au ministère de l'éducation nationale et publiée, un sénateur souligne que
« les différences de missions, compétences et cadres d'emploi en feraient des fonctions peu «
interchangeables ». Leur fusion irait à l'encontre de la professionnalisation de ces métiers attendue par ceux
qui l'exercent, les familles et la communauté éducative. »38
D’autres, comme les rapporteurs pour avis du budget de l’enseignement scolaire, à l’occasion de la
préparation du projet de loi de finances 2024, ont estimé que ce projet « permettrait aux AESH d’accéder
plus facilement à un temps plein et d’être rattachés à un même établissement. Ils pourraient ainsi également
assurer le suivi des enfants sur le temps scolaire et sur le temps périscolaire ». Les rapporteurs relevaient
néanmoins que « Cette proposition n’est pas unanimement reçue par les syndicats » et estimaient que « les
échanges doivent se poursuivre – en y associant les collectivités territoriales pour achever de résoudre les
questions liées à la prise en charge du temps périscolaire – afin de trouver une issue qui permettent de limiter
les temps partiels subis et d’accroître l’attractivité du métier. » 39
La contestation syndicale du projet de création d’un métier unique d’« assistant à la réussite éducative »
(ARE) a, elle, été unanime. Les organisations syndicales ont dénoncé une réforme qui revenait à nier la
spécificité des missions d’aide humaine exercées par les AESH. Elles ont alerté sur le risque de dégradation
supplémentaire de leurs conditions de travail et de remise en cause de leur reconnaissance professionnelle.
La FSU, syndicat majoritaire au sein du ministère, y a vu une négation de la vocation inclusive de l’école et a
réaffirmé la nécessité de doter les AESH d’un véritable statut de fonctionnaire, seul garant d’une
professionnalisation durable. Les syndicats ont insisté sur le maintien indispensable de la distinction entre
les missions d’aide humaine et celles de vie scolaire, rappelant que l’inclusion suppose des moyens dédiés,
une formation adaptée et une politique publique cohérente, loin d’une simple mutualisation des personnels.
Finalement le projet est abandonné par le ministère en mai 2024, comme annoncé en groupe de travail aux
OS. Cette décision a été officialisée le 16 mai 2024, lors de la 11e édition du comité interministériel du
handicap : au titre du suivi de l’engagement de l’école pour tous, le comité réaffirme la spécificité des
missions des AESH et l’orientation donnée privilégie « l'élargissement de leur cadre d'emploi » afin de
« permettre aux AESH de mieux contribuer à la réussite éducative de tous les élèves en situation de handicap
et aux personnels volontaires d’augmenter substantiellement leur temps de travail ».
Le projet d’ARE comprenait deux évolutions majeures dans les missions des AESH : d’une part il mobilisait les
AESH plus nettement sur un temps hors la classe, un mouvement contraire au renforcement de la valence
pédagogique des AESH à l’œuvre précédemment ; d’autre part, il mobilisait les AESH dans un cadre collectif
et non individuel. Selon leurs auteurs, la critique a pu porter sur l’une ou l’autre ou les deux évolutions,
laissant peu de chance à leur réalisation. Un enseignement peut être tiré de la séquence quant à l’incapacité
probable à redéfinir les missions des AESH.
38 Hervé Maurey, Question écrite n° 08542 au ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse, relative au projet d’« accompagnant
à la réussite éducative », Journal officiel du Sénat, 16ᵉ législature, 5 octobre 2023, p. 5207.
39 Cf- Avis Par MM. Philippe FAIT et Christophe MARION de la commission des affaires culturelles sur le projet de loi de finances 2024
– Enseignement scolaire. Assemblée nationale – N° 1781 – octobre 2023.
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C’est dans ce contexte qu’est intervenue une nouvelle étape législative impliquant les AESH : le vote de la loi
n° 2024-475 du 27 mai 2024 visant la prise en charge par l'Etat de l'accompagnement humain des élèves en
situation de handicap durant le temps de pause méridienne, dite loi « Vial »40.
3.2. La prise en charge par l’État de l’accompagnement humain des élèves en situation
de handicap sur le temps méridien : une clarification utile du financement du
dispositif mais une fausse avancée pour la rémunération des AESH
3.2.1. La loi affirme, à la charge de l’État, la continuité de l’accompagnement humain sur l’ensemble du
temps scolaire, y compris pendant la pause méridienne
La loi du 27 mai 2024 rétablit la prise en charge par l’État de l’accompagnement des élèves en situation de
handicap durant le temps méridien. Cette loi fait suite à une crise déclenchée par une décision du Conseil
d’État en novembre 202041, qui avait limité le financement étatique au temps scolaire strict, laissant aux
collectivités locales la charge de l’accompagnement pendant la pause déjeuner. Entre 2020 et 2024, cette
mesure a perturbé l’accompagnement à la cantine en imposant pour les AESH accompagnant des enfants
durant la pause méridienne soit d’être mis à disposition de la commune via une convention (la collectivité
assumant alors leur rémunération pour ces heures), soit d’être directement employés par la collectivité pour
les heures réalisées en dehors du temps scolaire. Les inégalités territoriales se sont creusées, notamment
dans les communes rurales, souvent incapables d’assumer financièrement cette nouvelle compétence. Pour
les AESH, cette situation aggravait leur précarité, certains devant gérer deux employeurs distincts, ce qui a
compliqué leur gestion administrative et réduit leurs droits.
La loi du 27 mai 2024 a pour objectif de rétablir la continuité de l’accompagnement sur l’ensemble du temps
scolaire, y compris pendant la pause méridienne, en confiant clairement à l’État la responsabilité financière
de cette prise en charge42. Elle modifie l’article L. 211-8 du code de l’éducation pour y inscrire explicitement
cette compétence, mettant ainsi fin aux disparités locales et aux inégalités d’accès à l’accompagnement.
Cependant, son application effective dépend des moyens budgétaires alloués et de la capacité à harmoniser
les pratiques entre les différents territoires.
Un an après son adoption, la mise en œuvre de la loi du 27 mai 2024, dite « loi Vial » continue toutefois de
rencontrer de nombreuses difficultés. Celles-ci tiennent principalement à la complexité administrative du
dispositif, au manque de moyens dédiés, et aux conséquences concrètes de l’application inégale du texte sur
le terrain.
3.2.2. Une mise en œuvre décevante de la loi au préjudice des élèves et sans bénéfice pour les AESH
Dès son entrée en vigueur, la loi a été freinée par des procédures administratives lourdes, à rebours de
l’objectif initial de simplification. La circulaire d’application, particulièrement détaillée, a été jugée
40 L’initiative de ce texte législatif est issue d’une proposition de loi relative à la prise en charge par l’État de l’accompagnement
humain des élèves en situation de handicap sur le temps méridien, déposée au Sénat le 5 juillet 2023 par le sénateur Cédric Vial.
41 Conseil d'État, Section, 20/11/2020, 422248, Publié au recueil Lebon. Selon cette décision : « en vertu de l'article L. 917-1 du code
de l'éducation, cité au point 4, les accompagnants des élèves en situation de handicap recrutés par l'État sur le fondement d'une
décision d'une commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées ayant alloué l'aide individuelle prévue à
l'article L. 351-3 du code de l'éducation, peuvent intervenir " y compris en dehors du temps scolaire ". À ce titre, ils peuvent
notamment être mis à la disposition de la collectivité territoriale dans les conditions prévues à l'article L. 916-2 du code de
l'éducation, c'est-à-dire sur le fondement d'une convention conclue entre la collectivité intéressée et l'employeur dans les
conditions prévues à l'article L. 216-1 du même code, lequel précise qu'il revient à la collectivité territoriale d'assurer la charge
financière de cette mise à disposition. Ils peuvent également être directement employés par la collectivité territoriale pour ces
heures accomplies " en dehors du temps scolaire ". Enfin, ils peuvent être recrutés conjointement par l'État et par la collectivité
territoriale ainsi que le prévoient désormais les dispositions de l'article L. 917-1 du code de l'éducation, dans leur rédaction issue
de la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance, non applicable au présent litige. »
42 Aux termes de l’article L. 211-1 du code de l’éducation, l’État assume, dans le cadre de ses compétences, des missions qui
comprennent le recrutement et la gestion des personnels relevant de sa responsabilité. À ce titre, l’État a notamment la charge
des rémunérations d’une large catégorie de personnels intervenant dans le service public de l’éducation (enseignants, personnels
administratifs et d’inspection, agents relevant de l’enseignement supérieur et de la recherche) mentionnés à l’article L. 211-8 du
code de l’éducation. Avant le vote de la loi Vial, les dépenses de rémunération des personnels AESH, bien qu’ils soient recrutés
par l’État, ne figuraient pas dans cette liste. L’État, n’ayant pas l’exclusivité du recrutement des AESH, qui peuvent également être
employés par les établissements publics locaux d'enseignement (EPLE), les établissements privés sous contrat, ainsi que par la
collectivité de rattachement de l’établissement scolaire concerné, soit directement, soit en commun avec l’État.
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excessivement complexe. Cette circulaire imposait en effet aux communes la conclusion d’une convention-
cadre, suivie de conventions spécifiques, un dispositif qualifié d’« infernal » 43.
Un décret publié en février 2025 devait clarifier la situation en se substituant à la circulaire44. Toutefois, les
deux textes ont cohabité plusieurs mois, avant que la circulaire ne soit finalement abrogée le 15 juin 2025.
Cette abrogation, opérée sans communication claire, a semé la confusion parmi les familles, les enseignants
et les services académiques, donnant le sentiment d’un « retour en arrière ». Dans plusieurs départements,
certaines inspections académiques ont même rédigé leurs propres circulaires locales réintroduisant, de facto,
l’obligation de conventions45.
Sur le plan financier, la situation n’est guère plus satisfaisante. Bien que la loi impose une prise en charge
intégrale par l’État, aucun financement spécifique n’avait été prévu pour le temps méridien dans le cadre du
budget 2025. Selon la DGESCO, lors de son audition par la mission, le coût de l’accompagnement humain sur
la pause méridienne avait été estimé à 1 650 ETP lors des travaux préparatoires à la loi (sans compter la
croissance de la demande d’accompagnement sur ce temps, susceptible de créer de nouveaux besoins).46,
avant d’être réévalué à environ 2 000 ETP. Bien que ce besoin ait été identifié, aucun financement spécifique
n’a été réellement prévu : il a été demandé d’absorber cette charge supplémentaire dans les 3 000
autorisations d’emploi d’AESH allouées pour la rentrée 2024. Ce non-financement de la pause méridienne a
créé des dilemmes pour les services de gestion. Les directeurs académiques des services de l’Éducation
nationale (DASEN) ont dû réaffecter leurs moyens internes, souvent déjà limités.
La question de la pause méridienne complique également la gestion des emplois du temps des AESH,
lorsqu’elles doivent se rendre dans l’après-midi dans une autre école ou un autre établissement : leur
présence sur un site durant la pause méridienne les prive du temps nécessaire pour rejoindre leur second
lieu d’exercice, compte tenu des temps de transport. Chaque PIAL ou PAS doit donc établir la liste des AESH
volontaires pour travailler sur le temps de la pause méridienne, en tenant compte de critères de proximité
pour limiter les trajets entre le temps scolaire et périscolaire. Le PIAL ou PAS transmet ensuite au service
départemental gestionnaire des AESH la liste du vivier volontaire. Le service départemental de l’école
inclusive et/ou le service gestionnaire des AESH est chargé de rédiger l’avenant au contrat de travail de
l’accompagnant. Après signature de l’avenant par l’AESH, le PIAL ou le PAS se charge de la mise en œuvre
effective de l’accompagnement.
La loi du 27 mai 2024, dite « Vial », a de surcroît engendré un effet paradoxal : désormais responsable de la
prise en charge, l’État rend illégale toute substitution des communes. Celles-ci ne peuvent plus financer
directement une AESH sur la pause méridienne, sous peine d’irrégularité. Plusieurs maires ont dû maintenir
leurs anciens contrats sans remboursement, ou recourir à des « rustines » locales pour éviter des ruptures
d’accompagnement.
L’intégration du temps méridien dans le contrat de travail des AESH, prévue par la loi, visait, au-delà de
l’objectif de continuité de la prise en charge des élèves en situation de handicap, à constituer un levier
d’amélioration de leur situation professionnelle en ajoutant environ huit heures hebdomadaires, et ainsi à
permettre à certains d’entre elles de rapprocher leur quotité de travail d’un temps complet. Dans les faits,
toutefois, cette mesure s’est révélée d’une portée limitée. La rémunération du temps méridien par l’État a
43 « Huit pages pour une loi de deux lignes ! » a dénoncé le sénateur Cédric Vial, à l’origine du texte Selon les propos auprès de Maire
info (Édition du jeudi 4 septembre 2025) : « La circulaire imposait aux mairies de faire une convention cadre puis de faire des
conventions spécifiques… l’État a tout fait pour rendre ce transfert le plus compliqué possible. » Après avoir été interpellé sur le
sujet, le gouvernement a pris en février 2025 un décret qui avait vocation à remplacer cette fameuse circulaire.
https://www.maire-info.com/handicap/financement-des-aesh-pendant-la-pause-meridienne-une-rentree-encore-perturbee--
article-29943
44 Décret n° 2025-137 du 14 février 2025 relatif à l'intervention des accompagnants des élèves en situation de handicap sur la pause
méridienne
45 Ce système de conventions pesait particulièrement sur les petites communes, contraintes de multiplier les délibérations et
procédures administratives — parfois sur plusieurs mois — pour un résultat incertain. Nombre de maires reconnaissaient ne pas
comprendre clairement les modalités d’application du dispositif.
46 L’estimation initiale, réalisée en 2021, reposait sur une enquête menée auprès des IEN-ASH, qui avaient analysé les prescriptions
papier afin de repérer les accompagnements requis sur le temps du midi. La direction des affaires financières du Ministère,
rencontrée par la mission, a confirmé que le surcoût budgétaire important lié à la pause méridienne n'a pas été financé, malgré
une demande budgétaire pour 1600 emplois (54 millions d'euros) basée sur l’enquête de la DGESCO .
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169
été présentée comme un moyen d’augmenter la quotité de travail des AESH, mais la plupart des agents
concernés étaient déjà rémunérés sur ces plages horaires par les collectivités territoriales, lorsqu’ils
intervenaient sur le temps périscolaire. Le transfert de financement n’a donc pas entraîné de revalorisation
effective des rémunérations, d’autant que la majorité des contrats d’AESH restent fixés à 24 heures
hebdomadaires, temps méridien compris.47
Par ailleurs, la possibilité même d’exercer pendant la pause méridienne demeure inégale. De nombreux AESH
ne peuvent intervenir sur ce temps en raison de contraintes organisationnelles (déplacement vers un autre
établissement pour l’après-midi, absence d’élèves notifiés sur cette plage horaire), personnelles
(récupération de leurs propres enfants, nécessité de conserver une activité annexe mieux rémunérée) ou
structurelles (impossibilité d’articuler ce temps avec les emplois du temps scolaires). En pratique, cette
mesure demeure largement inopérante, comme l’a constaté la mission dans les trois départements visités.
Faute de financement dédié, l’extension du service se traduit souvent par un simple redéploiement des
heures : le temps passé sur la pause méridienne est compensé par une réduction de la présence de l’AESH
en classe, ce qui annule l’effet recherché tant pour l’élève que pour l’agent.
Par ailleurs, plusieurs AESH auditionnées indiquent ne pas souhaiter intervenir dans ces conditions sur la
pause méridienne, qui représente pour eux l’un des rares moments de respiration professionnelle : un temps
d’échanges entre pairs, mais aussi, dans certains établissements, un espace informel de dialogue avec les
enseignants. L’ajout de cette mission, sans reconnaissance ni organisation adaptée, apparaît ainsi
difficilement acceptable et peu attractif. De plus, nombre d’AESH n’ont pas la possibilité de travailler pendant
la pause méridienne (conciliation avec le temps de déplacement vers un autre établissement pour l’après-
midi, besoin de ce temps pour une activité annexe mieux rémunérée, nécessité de récupérer leurs propres
enfants sur la pause déjeuner, absence d’enfant ayant une prescription sur ces temps dans leur
établissement, etc.).
Enfin, il convient de noter qu’en réduisant le sujet du temps périscolaire à la question de la pause méridienne,
le législateur n’a pas remis en cause le partage des compétences entre l’État et les collectivités pour tous les
autres temps après la classe, qu'ils se traduisent par des études surveillées, une simple garderie, un accueil
de loisirs ou des activités culturelles ou sportives48 . Ainsi, la mesure, bien qu’animée par un objectif de
valorisation et de professionnalisation, n’a pas eu les effets escomptés révélant la difficulté de faire évoluer
les conditions d’emploi des AESH en augmentant leur quotité de travail pour améliorer leurs conditions de
rémunération.
Conclusion : aucune réforme structurelle du cadre d’emploi des AESH ne pourra se
réaliser sans une évolution des missions actuellement exercées
Si 62 % des AESH sont aujourd’hui titulaires d’un CDI, l’objectif affiché par les gouvernements depuis 2023
est d’accroître la professionnalisation du métier et d’améliorer les conditions de rémunération, notamment
en ouvrant la possibilité d’accéder à un temps complet pour celles qui le souhaitent. Dans les faits, cette
ambition demeure largement inaboutie : seuls 2 % des AESH bénéficient actuellement d’un contrat à temps
plein, tandis que 86 % travaillent avec une quotité inférieure à 62 %.
Dans le cadre actuel, les AESH sont recrutées pour exercer des fonctions d'aide à l'inclusion scolaire des
élèves qu’ils accompagnent. Cette mission est intrinsèquement et directement adossée au temps scolaire,
dont la nature rend structurellement difficile un emploi à 35 heure hebdomadaire. Les inspections générales
(rapport IGÉSR–IGAS Acte II de l’école inclusive, 2023) avaient souligné à cet égard que la pérennisation du
dispositif d’accompagnement humain devait s’inscrire dans une approche d’école inclusive intégrée,
articulant temps scolaire, temps périscolaire et parcours éducatif global49.
47 Comme l’a fait remarquer une sénatrice lors de l’examen de la proposition de loi en commission ; Cf . Mme Marie-Pierre Monier,
intervention lors de l’examen du rapport et du texte de la commission sur la Proposition de loi visant la prise en charge par l'État
de l'accompagnement humain des élèves en situation de handicap sur le temps méridien, Commission de la culture, de
l'éducation, de la communication et du sport, Sénat, 17 janvier 2024.
48 Sur ce point voir : Collin, Émilie, « Prise en charge des AESH par l’État sur le temps méridien, ou comment donner une béquille sur
deux aux collectivités », AJFP – Actualité juridique Fonction publique, n° 7-8, juillet-août 2024, p. 375.
49 IGESR-IGAS, Acte 2 de l'école inclusive, rapport n° 22-114R, août 2023, p. 62
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170
Dès lors, l’hypothèse de la création d’un corps de fonctionnaires a pu sembler l’aboutissement logique de la
reconnaissance de la profession d’accompagnantes des élèves en situation de handicap. Cela permettrait
certes d’intégrer ces professionnelles au service public de l’école inclusive, avec des ressources humaines
reconnues et gérées selon les normes de la fonction publique, incluant une gestion prévisionnelle des emplois
et des compétences. Pourtant, cette perspective se heurte à des obstacles majeurs abordés dans l’annexe
10.
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Annexe 10
Les travaux sur la fonctionnarisation des AESH se heurtent à une difficile redéfinition des missions et à un
temps de travail structurellement incomplet
La fonctionnarisation des AESH a été abordée dans le cadre du débat parlementaire50. Ce mouvement
parlementaire converge avec les revendications des organisations syndicales représentatives—FSU, SE-
UNSA, CGT Éduc’action, SNALC—pour lesquelles la création d’un statut de fonctionnaire est un levier
essentiel d’attractivité et une condition indispensable à la politique d’inclusion scolaire. L’ensemble de ces
initiatives souligne que les avancées partielles réalisées ces dernières années (prise en charge du temps
méridien, généralisation des CDI) apparaissent insuffisantes pour répondre aux enjeux structurels de
précarité et de reconnaissance professionnelle auxquels les AESH demeurent confrontées.
Toutefois cette aspiration à la reconnaissance professionnelle d’un métier par la fonctionnarisation doit être
envisagée dans le respect de la cohérence statutaire (temps de travail, niveau d’emploi, modes et conditions
de recrutement) avec d’autres professions au sein de la fonction publique, fonctionnaires de catégorie C ou
B ou contractuels. Une revalorisation dans le cadre de la reconnaissance des compétences doit être étayée
et ne pas susciter des demandes reconventionnelles d’autres corps de métiers qui seraient dès lors
injustement traités51.
La fonctionnarisation des AESH pose principalement la question de leur temps de travail. Ce temps de travail
étant défini principalement par rapport au temps d’accompagnement de l’élève, il est donc limité au temps
de classe, ce qui se traduit par un temps incomplet incompatible avec le statut de fonctionnaire de l’État.
Dans la fonction publique de l’État, les emplois à temps incomplet sont, par principe, pourvus par des agents
contractuels, les fonctionnaires étant en principe recrutés sur des emplois à temps complet 52 L’augmentation
du temps de travail des AESH et l’accès à la fonctionnarisation ne peut se faire qu’à travers une redéfinition
des missions, soit vers plus de polyvalence soit vers plus de spécialisation.
50 Plusieurs propositions de loi ont été déposées par des députés à l’Assemblée nationale en 2024 et 2025. La proposition de loi n°
600, déposée le 19 novembre 2024, prévoit la création d’un corps de catégorie B, la titularisation immédiate des agents en poste,
une formation initiale d’un an en établissement d’enseignement supérieur. Dans la même perspective, la proposition de loi n°
664, enregistrée le 3 décembre 2024 et présentée par un ensemble de députés de sensibilités diverses, poursuit également
l’objectif de créer un corps de catégorie B afin d’offrir aux AESH un emploi à temps plein, une rémunération revalorisée et une
formation qualifiante. Plus récemment, la proposition de loi n° 1933, déposée le 14 octobre 2025, confirme la poursuite de cette
dynamique visant une reconnaissance statutaire renforcée.
Au Sénat, Proposition de loi n° 872, Sénat, session 2024-2025, présentée par Mmes Marie-Pierre MONIER, Colombe BROSSEL et
autres, visant à intégrer les accompagnants des élèves en situation de handicap dans la fonction publique et à garantir une
meilleure inclusion des élèves en situation de handicap et à besoins éducatifs particuliers, enregistrée à la Présidence du Sénat le
31 juillet 2025.. Lors de l’examen au Sénat de la proposition de loi visant à renforcer le parcours inclusif des enfants à besoins
éducatifs particuliers, un amendement demandant au Gouvernement de remettre un rapport sur l’intégration possible des AESH
dans un corps de catégorie B de la fonction publique d’État a été déposé, mais finalement rejeté en séance.
51 Un nombre limité de professions ont été, depuis 1982, revalorisées dans le cadre de la reconnaissance des compétences. Parmi
elles, les enseignantes et enseignants du premier degré, les infirmières et infirmiers, les sages-femmes, les officiers de police, les
assistantes sociales et assistants sociaux sont désormais recrutés à un niveau de diplôme plus élevé que par le passé et leurs corps
ont été reclassés de catégorie B à catégorie A dans la fonction publique.
52 Pour la fonction publique de l’État, cf Art. L. 3 du Code général de la fonction publique (CGFP) : « Les fonctionnaires civils de l'État
sont les personnes qui ont été nommées dans un emploi permanent à temps complet et ont été titularisées dans un grade de la
hiérarchie administrative des administrations de l'État ou des établissements publics de l'État autres que ceux mentionnés à
l'article L. 5. » La notion d’« emploi permanent à temps complet » est entendu comme l’exercice des fonctions pendant la durée
légale du travail, soit 35 heures hebdomadaires et 1 607 heures annuelles.
Pour la fonction publique territoriale, les emplois à temps non complet peuvent être occupés par des fonctionnaires ou par des agents
contractuels, quelle que soit la durée de travail et quelle que soit la taille de la collectivité ou de l’établissement employeur. Ces
dispositions répondent aux besoins des employeurs territoriaux et sont susceptibles de remédier, au moins partiellement, aux
difficultés de recrutement, notamment dans le secteur périscolaire. Toutefois, le régime statutaire des fonctionnaires territoriaux
à temps non complet varie en fonction de la quotité de travail : les agents dont la durée hebdomadaire de travail est inférieure à
17 h 30 ne sont pas intégrés dans un cadre d’emplois.
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1. L’hypothèse d’une fonctionnarisation en catégorie C des AESH : un
rapprochement possible mais socialement peu acceptable avec le cadre
d’emploi des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM)
Le positionnement professionnel des AESH peut être analysé non seulement à partir d’une monographie de
leurs missions dans un cadre scolaire, mais également en référence à des professions proches. Dans ce
contexte, il faut noter que les AESH relèvent, dans le code de l’action sociale des professions sociales de
catégorie C puisqu’elles accompagnent des personnes en situation de handicap sur des fonctions
d’exécution53.
1.1. Le cadre d’emploi actuel des AESH les assimile à des agents de catégorie C et les
rattache à la catégorie socioprofessionnelle des « employés civils et agents de
service de la fonction publique »
Dans la nomenclature socioprofessionnelle PCS2020, les AESH sont dans la catégorie des « employés » et
plus précisément :
– Groupe socioprofessionnel 5 : Employés / Employées
– Catégorie socioprofessionnelle 52 : Employés administratifs / Employées administratives de la
fonction publique, agents / agentes de service et auxiliaires de santé
– Groupe de professions 52C : Aides-soignants / Aides-soignantes, employés / employées d'accueil
de la petite enfance et professions assimilées
– Profession 52C5 : Aides médico-psychologiques et professions assimilées
Les AESH sont intégrées, aux côtés des accompagnants éducatifs et sociaux (AES) et des aides médico-
psychologiques (AMP), à un ensemble professionnel centré sur l’accompagnement des personnes en
situation de handicap.
Tableau présentant les principaux codes et libellés associés à la profession 52C5 « Aides médico-psychologiques et
professions assimilées »
Code Libellé fréquent/exemple Description
52C5 Accompagnant des élèves en situation de
handicap (AESH)
Personnel salarié encadrant des élèves
handicapés, principalement en milieu scolaire 54
52C5 Aide médico-psychologique (AMP) Accompagnement médico-social en structure
collective ou à domicile
52C5 Auxiliaire de vie scolaire (AVS) Soutien scolaire et social d’élèves en situation de
handicap
52C5 Accompagnant éducatif et social (AES) à
l’éducation inclusive et à la vie ordinaire
Aide pour l'autonomie et l'inclusion en école,
domicile, ou établissement
52C5 Accompagnant éducatif et social (AES) en
structure collective
Accompagnement dans établissements
spécialisés, maisons de retraite, hôpitaux
Du côté des anciennes nomenclatures, la PCS 2003 plaçait les surveillants et aides-éducateurs (422e),
catégorie dans laquelle étaient rangés les emplois de vie scolaire (EVS) et, par extension, une partie des
53 Entretien de la mission avec la DREES, juin 2025.
54 La nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) donne la définition suivante de la profession à laquelle
se rattache le métier d’AESH dans la nomenclature de l’INSEE : « Personnels salariés du public, majoritairement, ou du privé qui
participent à l'accompagnement des enfants et des adultes handicapés ou des personnes âgées dépendantes. Conduite au sein
d'une équipe pluriprofessionnelle, sous la responsabilité de professionnels du travail social ou paramédical, leur activité se déroule
dans les établissements scolaires, les hôpitaux, les maisons d'accueil spécialisées, les maisons de retraite, partout où des
personnes ont besoin d'une présence et d'un accompagnement individualisé du fait de la gravité de leur handicap ou de leur état
de dépendance. »
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auxiliaires de vies scolaire (AVS)55 qui avaient pour mission d’apporter une aide humaine individualisée ou
collective à des élèves en situation de handicap, dans l’ensemble des personnels de la vie scolaire, donc dans
une logique avant tout éducative et de surveillance. Cette insertion les alignait statistiquement sur des
fonctions scolaires plutôt que sur des métiers de l’aide à la personne. Dans l’étude de 2025 sur les
professionnelles du social, l’Insee écrit que « les accompagnantes des élèves en situation de handicap (AESH)
sont des professionnelles du social salariées de l’éducation nationale » 56, tout en précisant qu’elles relèvent
pour leurs statistiques détaillées de la DEPP. Cette qualification publique les fait entrer officiellement dans le
champ des « professions sociales », défini comme un ensemble de métiers visant l’accompagnement de
publics en situation de handicap, d’exclusion ou de fragilité, et non plus dans la seule sphère des personnels
éducatifs. Cette évolution s’inscrit dans une continuité fonctionnelle entre les anciens auxiliaires de vie
scolaire (AVS) du champ éducatif et les professions du secteur médico-social, telle qu’elle est désormais
objectivée par les nomenclatures statistiques nationales. L’inscription des accompagnants d’élèves en
situation de handicap (AESH) dans la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS)
de l’INSEE, au sein du code 52C5 – Accompagnants éducatifs et sociaux, reconnaît explicitement la
communauté de fonctions exercées autour du soutien à l’autonomie, de l’aide à la participation sociale et de
l’accompagnement des parcours inclusifs, qu’ils soient scolaires ou médico-sociaux.
Ce rattachement statistique confère aux AESH une visibilité nouvelle dans les principales sources
d’observation de l’emploi public et social. Il permet ainsi une identification stabilisée de ces personnels, une
meilleure comparabilité avec les autres métiers de l’accompagnement social et éducatif, et ouvre la voie à
des analyses consolidées de leurs effectifs, de leurs conditions d’emploi, de leurs rémunérations et de leurs
trajectoires professionnelles.
Le groupe de professions 52C qui contient des professions proches de celle des AESH comprend la profession
des agents spécialisés de crèche et des écoles maternelles, qui, comme l’indique le tableau ci-dessous, relève
d’un statut de fonctionnaire territorial.
Correspondances entre la nomenclature INSEE (PCS 2020 – Groupe 52C) et les statuts juridiques des professions
associées
Code
PCS
2020
Intitulé officiel
INSEE
Libellés métiers
INSEE (exemples)
Statuts / textes réglementaires
correspondants
Secteur(s) d’emploi
dominant(s)
52C1 Aides-soignants
/Aides-soignantes
Aide-soignant ; Agent
de soins ; Aide
infirmier
Décret n° 2007-118 du 29 janv. 2007 (FPH) ;
Code de la santé publique art. R. 4311-4 à R.
4311-5 ; Conventions FEHAP et FHP
FPH, établissements
privés sanitaires,
EHPAD
52C2 Assistants de
professions
médicales et
paramédicales
Assistant dentaire ;
Assistant vétérinaire ;
Aide préparateur en
pharmacie
Décret n° 2024-635 du 3 juil. 2024
(reconnaissance nouv. catégorie) ; CSP L. 4393-
8 s.
Secteur privé médical
/ paramédical,
laboratoires, cabinets
dentaires, vétérinaires
52C3 Auxiliaires de
puériculture
Auxiliaire de
puériculture ; Aide de
pouponnière
Décret n° 2021-1131 du 30 août 2021 (diplôme
d’État) ; CSP R. 4383-3 à R. 4383-5 ; Décret n°
2007-118 (FPH)
FPH, crèches
hospitalières et
municipales, secteur
associatif
52C4 Agents spécialisés
de crèche et des
écoles maternelles
ATSEM ; ASEM ; Aide
maternelle ; Auxiliaire
petite enfance
Décret n° 92-850 du 28 août 1992 (statuts
ATSEM) ; Filière médico-sociale territoriale
(cat. C) ; Convention collective de la petite
enfance
FPT (collectivités
territoriales), secteur
associatif petite
enfance
52C5 Aides médico-
psychologiques et
professions
assimilées
Aide médico-
psychologique (AMP)
; AESH ; AVS ; AES ;
Accompagnant à la
vie sociale
Décret n° 2016-74 du 29 janv. 2016 (D.E. AES) ;
Décrets n° 2023-597 et 598 du 13 juil. 2023
modifiant le décret n° 2014-724 du 27 juin
2014 relatif aux conditions de recrutement et
d'emploi des accompagnants des élèves en
situation de handicap(AESH) ; Circulaire n°
2019-090 du 5 juin 2019 ; CASF D. 451-88 à D.
451-95
Éducation nationale
(AESH), FPH/FPT (AES,
AMP), secteur privé et
associatif médico-
social
55 Les anciennes auxiliaires de vie scolaire (AVS) avaient pour mission d’apporter une aide humaine individualisée ou collective à des
élèves handicapés, afin de soutenir leur autonomie dans la vie scolaire quotidienne, leurs apprentissages et leur participation aux
activités de la classe et de l’établissement. Cf Circulaire n° 2003-093 du 11 juin 2003 (abrogée).
56 Le Rhun, B., Morel-Jean, C. & Poulain, J. (2025). « Professionnelles du social : de forts besoins mais des rémunérations souvent
faibles et des conditions de travail souvent difficiles », in Insee (dir.), France, portrait social. Édition 2025
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174
Pour ces raisons, la mission a souhaité étudier les conditions justifiant un statut de fonctionnaire pour les
ATSEM, et qui pourraient être également valables pour les AESH.
1.2. Les ATSEM exercent des missions d’assistance et d’accompagnement reconnues
par un statut de fonctionnaire territorial
Les ATSEM constituent un cadre d’emploi de la filière sanitaire et sociale de catégorie C, régi par les
dispositions du décret n°92-850 du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emplois des agents
territoriaux spécialisés des écoles maternelles. Fonctionnaires territoriaux, les ATSEM sont soumis aux
dispositions du décret n°87-1107 du 30 décembre 1987 portant organisation des carrières des fonctionnaires
territoriaux de catégories C et D.
Les missions des ATSEM couvrent l'aide à l'hygiène et l'accueil des enfants, la participation à la mise en œuvre
des activités pédagogiques sous supervision de l'enseignant, et l'entretien des locaux et du matériel. Si le
décret statutaire des ATSEM, modifié notamment par le décret n° 2018-152 du 1er mars 201857, reconnaît
notamment aux ATSEM la possibilité d'assister les enseignants auprès des enfants à besoins éducatifs
particuliers, il inscrit leur rôle dans une logique collective de collaboration à l'inclusion scolaire des élèves en
situation de handicap en maternelle.
Sur le plan professionnel, les missions des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) et
celles des accompagnantes des élèves en situation de handicap (AESH) sont différentes et présentent des
spécificités. Cependant les deux professions participent d'un même champ professionnel : celui de l'appui
éducatif au service de l'enfant et contribuent, chacune selon ses modalités d'intervention, à soutenir les
apprentissages, favoriser l'autonomie et garantir le bien-être des élèves dans leur environnement scolaire.
Leurs personnels sont membres de la communauté éducative58
Du côté des ATSEM, l’appui éducatif s’exerce au sein de l’école maternelle, dans une approche globale et
collective. Ces agents assurent un accompagnement éducatif, matériel et sanitaire auprès de tous les enfants,
en veillant à leur sécurité, leur confort et leur socialisation. Sous l’autorité du professeur des écoles, ils
participent à la préparation et à la mise en œuvre des activités pédagogiques et peuvent, conformément à
l’article 2 du décret du 1ᵉʳ mars 2018, assister les enseignants dans les classes ou établissements accueillant
des enfants à besoins éducatifs particuliers. Leur présence favorise la continuité entre les temps scolaires et
périscolaires et contribue à la qualité du climat éducatif dans la classe.
Du côté des AESH, l’appui éducatif s’inscrit dans une démarche plus individualisée. Le rôle
d’accompagnement défini par la circulaire n° 2017-084 du 3 mai 2017 repose notamment sur l’aide à l’accès
aux apprentissages : l’AESH favorise la compréhension des consignes, soutient la participation de l’élève aux
activités scolaires et encourage son autonomie. Le Guide national des AESH (MENJ-DGRH, 2020) réaffirme
cette mission centrale en soulignant que les accompagnants contribuent, au sein de l’équipe éducative, à la
mise en œuvre du projet pédagogique et inclusif de l’élève ou des élèves accompagnés. Par leur présence et
leur médiation, ils facilitent l’accès de l’enfant en situation de handicap aux savoirs, à la vie de classe et à la
socialisation.
L'ATSEM intervient donc collectivement auprès de tous les enfants de la classe, tandis que l'AESH
accompagne individuellement l'élève en situation de handicap pour compenser son handicap spécifique et
favoriser son autonomie.
Ces deux catégories de personnels bien qu’agissant au quotidien auprès du même public et dans un
environnement scolaire commun, relèvent de cadres statutaires profondément différents : les ATSEM sont
des fonctionnaires territoriaux, intégrés à la fonction publique communale, tandis que les AESH demeurent
des agents contractuels de droit public employés par l’État.
57 Décret n° 2018-152 du 1er mars 2018 portant diverses dispositions statutaires relatives aux agents territoriaux spécialisés des
écoles maternelles.
58 Cette appartenance à la communauté éducative est inscrite de le décret n° 2018-152 pour les ATSEM ; et dans la circulaire n° 2017-
084 pour les AESH.
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1.3. La polyvalence des ATSEM leur permet d’exercer à temps complet, contrairement
aux AESH
Les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) relèvent d’un cadre d’emploi soumis, pour
ce qui concerne la durée et l’organisation du travail, au droit commun applicable aux agents territoriaux
(notamment la durée annuelle de 1 607 heures à temps complet et les modalités d’annualisation). Cette
insertion dans le régime général du temps de travail conduit les collectivités à mobiliser une forte polyvalence
des ATSEM (activités en classe, accompagnement périscolaire, restauration, entretien des locaux, etc.) afin
d’assurer la complétude de leur quotité de travail, ce qui favorise la structuration de ces emplois en postes à
temps complet.
Le statut particulier des ATSEM précise leurs missions59. Ils sont notamment « chargés de l'assistance au
personnel enseignant pour l'accueil et l'hygiène des très jeunes enfants ainsi que de la préparation et la mise
en état de propreté des locaux et du matériel servant directement à ces enfants », d'après l'article 2 du décret
n° 92-850 du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emplois des agents territoriaux spécialisés
des écoles maternelles. Le métier et le cadre d'emplois d'agent territorial spécialisé des écoles maternelles
(ATSEM) a connu des évolutions statutaires et fonctionnelles importantes depuis l'entrée en vigueur du
décret n°2018-152 du 1er mars 2018 portant diverses dispositions statutaires relatives aux ATSEM. Acteurs
de la communauté éducative, ils sont concernés par une double mission d'animation et d'éducation comme
le précise ce décret. En effet, d'une part les ATSEM peuvent être chargés de la surveillance des jeunes enfants
dans les cantines scolaires et d'animation dans le cadre du temps périscolaire ou de loisirs et d'autre part, ils
sont chargés d'assister le personnel enseignant pour l'accueil et l'hygiène des enfants, de préparer et de
mettre en état de propreté les locaux et le matériel servant directement à ces enfants, de participer à la mise
en œuvre des activités pédagogiques prévues par les enseignants.
Les ATSEM sont statutairement des fonctionnaires des collectivités territoriales placés sous l'autorité
hiérarchique du maire pour la gestion de leur emploi mais aussi placés sous l'autorité du directeur de l'école
durant les heures scolaires60.
Les ATSEM sont donc affectés dans une école et non dans une classe en particulier. Ils peuvent ainsi être
amenés à intervenir dans différentes classes, en fonction des nécessités de service ou de l’organisation de
l’école, chaque fois que l’intérêt des enfants l’exige.61
Dans leur rapport conjoint de 2017 sur « Les missions des agents territoriaux spécialisés des écoles
maternelles (ATSEM) » l’inspection générale de l’Éducation nationale et l’inspection générale de
l’administration soulignaient que temps de travail et le décompte du temps de service des ATSEM reposait
sur une organisation complexe, dépendant fortement des besoins locaux, des décisions des communes et de
l'évolution de leurs missions, notamment avec l'essor des activités périscolaires ces dernières années. Elles
constataient que la polyvalence des ATSEM était « un besoin pour permettre aux agents d’occuper des postes
à temps complet.62 »
59 Le statut particulier des ATSEM est défini principalement par le décret n°92-850 du 28 août 1992 (et ses modifications ultérieures,
notamment le décret n°2018-152 du 1er mars 2018 et le décret n°2025-360 du 18 avril 2025). Le décret de 2025 modifie
profondément les modalités de recrutement des ATSEM, en augmentant à 60 % la part des postes attribués au concours interne.
Cette inversion du ratio concours interne/externe permet à un nombre bien plus important d’agents « faisant fonction » – déjà
expérimentés et travaillant dans les écoles maternelles – d’accéder au statut d’ATSEM titulaire.
60 Pour autant, même si conformément aux dispositions de l'article R. 412-127 du code des communes « […] pendant son service
dans les locaux scolaires, il est placé sous l'autorité du directeur ou de la directrice », il n'est pas prévu pour les ATSEM de temps
de présence obligatoire auprès des enseignants des écoles maternelles. Dans les faits, en fonction des besoins et des spécificités
organisationnelles de chaque école, la décision est laissée aux directions d'école, en concertation avec les ATSEM, les enseignants
et les collectivités territoriales, de définir le temps de présence nécessaire des ATSEM au sein d'une classe d'école maternelle Cf.
Assemblée Nationale - Question écrite n° 904 : Temps de présence en classe des ATSEM (Question de : M. Daniel Labaronne) -
Publication de la question au Journal Officiel du 23 août 2022, page 3839 - Publication de la réponse au Journal Officiel du 8
novembre 2022, page 5233.
61 Au 31 décembre 2023, outre les personnels rémunérés par le ministère, 49 700 agents territoriaux spécialisés des écoles
maternelles (ATSEM) sont affectés dans le public dans les écoles du premier degré : huit sur dix sont fonctionnaires ou stagiaires,
17% travaillent à temps partiel. Les femmes représentent 99% des ATSEM. DEPP -Repères et références statistiques 2025, p 362.
62 Les missions des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) - Rapport IGEN-IGA n° 2017-068, juillet 2017, p27
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En effet, les ATSEM peuvent occuper des postes à temps complet ou non complet, mais le temps passé
uniquement en classe (864 heures annuelles, soit 24 h par semaine sur 36 semaines) ne suffit généralement
pas à remplir un temps complet selon la fonction publique territoriale (1607 heures annuelles). Pour arriver
à un temps plein, les communes leur confient des missions supplémentaires : garderie (matin/soir),
surveillance pendant la restauration scolaire, animation d'activités périscolaires, entretien des locaux,
accompagnement lors des sorties, participation aux réunions éducatives ou accueil des enfants et des
parents.
La polyvalence des fonctions est donc nécessaire et particulièrement visible dans les petites communes où
les ATSEM peuvent changer de tâches tout au long de la journée et de l'année, selon les besoins et le temps
de service journalier de l'ATSEM peut avoir une forte amplitude, débutant souvent tôt le matin lors de
l'accueil des enfants, se poursuivant sur le temps scolaire, puis sur la restauration et les activités périscolaires
jusqu'à parfois tard dans l'après-midi. Il existe une diversité de schémas d'organisation horaire : certaines
communes organisent un capital-temps annuel ou hebdomadaire intégré au service permettant la
participation des ATSEM aux réunions éducatives (conseil d'école, réunions d'équipe, formation). Lorsque les
ATSEM sont mobilisés sur le temps périscolaire, l'entretien des locaux est parfois réduit, et leur charge de
travail augmente, entraînant souvent une fatigue accrue63.
1.4. La polyvalence des ATSEM face à la spécialisation des AESH : deux logiques
d’emploi public contrastées
La comparaison entre les ATSEM et les AESH met en lumière deux logiques de gestion profondément
distinctes au sein du service public d’éducation : d’un côté, la polyvalence contrainte des ATSEM, nécessaire
à la complétude de leur temps de travail dans la fonction publique territoriale ; de l’autre, la spécialisation
contrainte des AESH, dont les missions sont strictement limitées à l’accompagnement individualisé ou
mutualisé des élèves en situation de handicap.
La polyvalence fonctionnelle des ATSEM, analysée par l’Inspection générale de l’éducation nationale (IGEN)
et l’Inspection générale de l’administration dans leur rapport Les missions des agents territoriaux spécialisés
des écoles maternelles (ATSEM) (n° IGEN 2017-068 / IGA 2017-030, juillet 2017), découle d’abord d’une
contrainte structurelle liée au temps de travail légal dans la fonction publique territoriale. En effet, la
présence en classe – estimée à environ 864 heures par an – ne permet pas d’atteindre le temps complet
réglementaire de 1 607 heures. Pour combler cet écart, les ATSEM doivent cumuler un ensemble de missions
périphériques : assistance pédagogique auprès de l’enseignant, entretien et préparation du matériel,
surveillance et animation durant la garderie ou la restauration scolaire, participation aux temps d’activités
périscolaires, accueil des familles, accompagnement des sorties, sécurisation des locaux, voire travaux
d’entretien ménager. Cette polyvalence, particulièrement marquée dans les petites communes, s’impose
comme une condition nécessaire à l’emploi à temps plein.
Les AESH, à l’inverse, relèvent d’un cadre national contractuel dans la fonction publique d’État, structuré
autour d’un temps incomplet souvent subi, limité à la durée effective de présence des élèves accompagnés.
Leur emploi ne prévoit pas de missions périphériques permettant d’atteindre un plein temps légal, ce qui
maintient la majorité d’entre eux dans des quotités inférieures à 70 %. Alors que la polyvalence des ATSEM
relève d’une logique d’optimisation de leur temps de travail dans le cadre communal, la spécialisation des
AESH, inhérente à la mission d’accompagnement humain des élèves en situation de handicap, singularise
leur positionnement professionnel et leur emploi au sein de l’école. Ainsi, si ATSEM et AESH partagent une
proximité fonctionnelle auprès des élèves et des enseignants, leurs conditions d’emploi illustrent deux
modèles opposés : la polyvalence imposée pour garantir le temps plein dans la fonction publique territoriale,
et la spécialisation restrictive conduisant au temps incomplet dans la fonction publique d’État.
63 Rapport IGEN-IGA, « Les missions des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) », juillet 2017, notamment p.
28.
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1.5. Une évolution des missions des AESH vers plus de polyvalence ne semble pas
envisageable
ATSEM et AESH exercent des missions proches, mais dans un cadre statutaire distinct. Les ATSEM sont
devenus des fonctionnaires territoriaux en acceptant une plus grande polyvalence dans leurs missions. À
l’inverse, les discussions récentes sur le statut des AESH ne montrent pas qu’une telle évolution soit
envisageable pour elles. Ainsi le projet de 2024 visant à créer des « assistants de réussite éducative », en
fusionnant les AESH et les assistants d’éducation, a été rejeté par la plupart des AESH, les organisations
syndicales et de nombreux acteurs publics (voir annexe 9).
Cette opposition s’explique par la crainte d’une confusion entre les rôles, contraire à la volonté de
professionnaliser le métier d’AESH. Cette extension des missions des AESH vers plus de polyvalence soulève
en réalité deux difficultés. D’une part elle implique de passer d’un cadre d’accompagnement individuel à un
cadre collectif, ce qui pose problème au regard du respect du droit notifié ; d’autre part, elle implique une
mobilisation sur des missions moins pédagogiques qu’éducatives, à rebours de l’évolution des missions des
AESH ces dernières années.
Tant les associations, que les organisations syndicales ou les AESH rencontrées par la mission ont marqué
leur opposition à cette double évolution, perçue comme une déprofessionnalisation.
La perspective de fonctionnarisation des AESH est portée par la plupart des acteurs vers un corps de catégorie
B sans que les implications n’en soient très explicites. La mission a donc exploré le rapprochement avec les
professions intermédiaires de la santé et du travail social — telles que les moniteurs-éducateurs, éducateurs
spécialisés ou conseillers en économie sociale et familiale —, de catégorie B et qui exercent également des
missions d’accompagnement, d’autonomie et d’inclusion auprès d’enfants, d’adolescents ou d’adultes en
difficulté.
2. L'hypothèse d’une fonctionnarisation des AESH en catégorie B est
incompatible avec les niveaux de qualification attendus
L’examen de la nomenclature socioprofessionnelle de l’INSEE permet d’établir un rapprochement entre les
AESH et les « moniteurs éducateurs / monitrices éducatrices », définis comme :
Personnes salariées du privé (majoritairement) ou du public, qui exercent leur fonction
auprès d'enfants, d'adolescents ou d'adultes présentant un handicap ou des difficultés
d'insertion. À travers un accompagnement particulier, les moniteurs éducateurs et monitrices
éducatrices aident quotidiennement à instaurer, restaurer ou préserver l'adaptation sociale
et l'autonomie de ces personnes. Ils participent ainsi à l'action éducative, à l'animation et à
l'organisation de la vie quotidienne des personnes accueillies en liaison avec les autres
professions de l'éducation spécialisée.
Cette description fait apparaître une proximité fonctionnelle manifeste avec les AESH, qui œuvrent elles
aussi, mais dans le cadre scolaire, à l’autonomie, à la socialisation et à la participation active des élèves en
situation de handicap, tout en s’inscrivant dans un travail collectif coordonné avec les enseignants et les
partenaires médico-sociaux.
Les moniteurs éducateurs sont des personnels de catégorie B qui relèvent de :
– Groupe socioprofessionnel 4 : Professions intermédiaires
– Catégorie socioprofessionnelle 43 : Professions intermédiaires de la santé et du travail social
– Groupe de professions 43D : Travailleurs sociaux et socio-culturels / Travailleuses sociales et
socio-culturelles
L’appellation « professions intermédiaires » désigne des personnels occupant une position intermédiaire
entre les cadres et les agents d’exécution. Leur appartenance à ce groupe est déterminée par leur
classification professionnelle : dans la fonction publique, il s’agit principalement d’agents relevant de corps
ou cadres d’emplois de catégorie B et assimilés, à l’exception notamment des cadres du travail social classés
dans la catégorie socioprofessionnelle 43 ; dans le secteur privé, ces professions correspondent
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généralement à des statuts de techniciens ou d’agents de maîtrise, tels que définis par les conventions
collectives de branche64.
La question se pose donc d’une hypothèse de fonctionnarisation des AESH dans un corps de catégorie B
d’autant plus qu’avant 2013, il n’existait pas de cadre d’emploi territorial spécifique de
moniteurs-éducateurs, ce qui conduisait les collectivités à recruter soit des agents sociaux territoriaux de
catégorie C, soit des contractuels, soit encore des titulaires de diplômes du travail social placés sur des
emplois classés en C, faute de cadre adapté. Les agents sociaux territoriaux constituaient ainsi le principal
support statutaire pour des missions d’accompagnement social, éducatif ou familial proches de celles
aujourd’hui dévolues aux moniteurs-éducateurs, mais sans reconnaissance statutaire du niveau de
qualification associé aux diplômes du travail social. La réforme de 2013 correspond donc moins à la
promotion d’un cadre d’emplois existant qu’à la création ex nihilo d’un cadre d’emplois de catégorie B65,
visant à corriger cette inadéquation entre compétences et classement en C, à reconnaître des missions
socio-éducatives qualifiées et à ouvrir de véritables perspectives de carrière, notamment via la promotion
interne depuis la catégorie.
Ce mouvement de revalorisation se retrouve également dans les évolutions récentes dans le champ des
professions sociales — assistants de service social, éducateurs spécialisés, conseillers en économie sociale et
familiale — témoignent d’une dynamique de revalorisation statutaire et d’un glissement vers la catégorie A
pour les métiers associant expertise relationnelle, accompagnement éducatif et participation à la mise en
œuvre des politiques publiques sociales.
Tableau : Professions intermédiaires du travail social et socio-culturel – PCS 43D : Typologie et descriptions
Intitulé du métier Description synthétique des missions Champ retenu / codes PCS et NAF
Éducatrices
spécialisées
Accompagnent des enfants, adolescents ou adultes
présentant un handicap ou des difficultés d’insertion, afin de
restaurer ou de préserver leur autonomie.
PCS 43D3.
Monitrices-
éducatrices
Assurent un accompagnement éducatif quotidien auprès
d’enfants, d’adolescents ou d’adultes en situation de
handicap ou de difficulté d’insertion, pour favoriser leur
adaptation sociale et leur autonomie.
PCS 43D4.
Éducateurs
techniques
spécialisés /
moniteurs d’atelier
Cumulent les fonctions d’éducateur et de technicien dans un
domaine professionnel. Ils favorisent la réinsertion ou
l’intégration dans le monde du travail des personnes
handicapées ou en grande difficulté d’insertion.
PCS 43D5.
Éducatrices de
jeunes enfants (EJE)
Interviennent auprès d’enfants de 0 à 7 ans hors de leur cadre
familial, pour favoriser leur développement global
(intellectuel, affectif, artistique).
PCS 43D6. Sont exclues les EJE exerçant
dans les crèches (NAF 8891A) ou dans
l’administration publique (NAF 8411Z,
crèches municipales).
Animatrices socio-
culturelles
Conçoivent et mettent en œuvre des projets d’animation
favorisant l’insertion sociale et la cohésion au sein
d’établissements sociaux et
2.1. Des écarts de qualification et de responsabilité qui écartent une intégration en
catégorie A
La perspective d’une évolution des AESH vers un corps de catégorie A, à l’instar de celui des éducatrices
spécialisées, apparaît, à ce stade, peu réaliste. Une telle orientation ne pourrait éventuellement se concevoir
qu’à travers l’introduction, au sein de l’école, de ces profils d’éducateurs spécialisés exerçant des missions
analogues à celles qu’ils remplissent dans les établissements médico-sociaux auprès d’enfants ou de jeunes
en situation de handicap.
64 Voir pour cette définition des professions intermédiaires sur le site de l’INSEE :
https://www.insee.fr/fr/metadonnees/pcs2020/groupeSocioprofessionnel/4
65 À ce titre, le décret n°2013-490 du 10 juin 2013 crée un nouveau cadre d’emplois comportant deux spécialités correspondant à
des diplômes de niveau IV (niveau bac) : - moniteur-éducateur - technicien de l’intervention sociale et familiale.
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La source officielle la plus récente concernant le nombre d’éducateurs spécialisés en France est la DREES
(Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). Selon une étude publiée par la
DREES en mars 2025, il y a 116 000 éducatrices spécialisées en exercice en 2022 en France (79 % de
femmes)66. Le passage en catégorie A des éducateurs spécialisés, intervenu entre 2018 et 2019 dans les trois
versants de la fonction publique, a constitué une revalorisation statutaire mais surtout salariale majeure pour
la profession. Dans la fonction publique d’État, le décret n° 2019-420 du 7 mai 2019 a concerné les éducateurs
spécialisés exerçant dans les instituts nationaux de jeunes sourds (INJS) et à l’Institut national des jeunes
aveugles (INJA), en définissant leur nouveau statut, leur grille indiciaire ainsi que leurs modalités de
recrutement et d’avancement, sur la base d’une qualification de niveau bac+3. Dans la fonction publique
hospitalière, la revalorisation a été actée par le décret n° 2019-55 du 30 janvier 2019, intégrant les éducateurs
spécialisés des établissements sanitaires et sociaux au sein du corps des assistants socio-éducatifs de
catégorie A, avec une grille indiciaire alignée sur celle des autres professions sociales diplômées. Dans la
fonction publique territoriale, le décret n° 2018-542 du 29 juin 2018 a opéré le même passage en catégorie
A pour les assistants socio-éducatifs territoriaux, dont relèvent les éducateurs spécialisés, harmonisant les
rémunérations et les perspectives de carrière avec les autres versants de la fonction publique. Dans
l’ensemble, cette réforme reconnaît le diplôme d’État d’éducateur spécialisé (DEES, bac+3), offre de
nouvelles perspectives d’avancement et traduit la volonté institutionnelle de valoriser l’expertise et les
responsabilités croissantes de ces professionnels au sein des équipes pluridisciplinaires. Le passage en
catégorie A est ainsi pleinement effectif depuis 2018-2019 dans les trois fonctions publiques, selon des
décrets spécifiques mais dans un cadre désormais convergent de reconnaissance et d’harmonisation des
carrières.
Les accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) ne peuvent, à ce stade, relever d’une
reconnaissance statutaire de catégorie A, principalement en raison de la différence de niveau de qualification
et de responsabilité qui les sépare des éducateurs spécialisés. Ces derniers, titulaires d’un diplôme d’État de
niveau bac+3, sont formés à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation de projets éducatifs
personnalisés auprès de publics en difficulté, dans une posture d’autonomie professionnelle et de
responsabilité institutionnelle. Leur appartenance à la catégorie A se justifie par un haut degré d’expertise,
de coordination et de décision dans le champ de l’action sociale et médico-sociale.
À l’inverse, les AESH, recrutées à un niveau de formation baccalauréat ou équivalent, reçoivent une formation
initiale courte (60 heures) centrée sur l’accompagnement de l’élève dans ses apprentissages et la
compensation du handicap, sous la responsabilité pédagogique de l’enseignant. Leur rôle s’inscrit dans une
logique d’appui éducatif et de soutien individualisé, sans autonomie dans la conception ou l’évaluation des
actions éducatives. Leur mission relève ainsi d’une fonction d’exécution et de médiation, essentielle mais
encadrée, au service du projet pédagogique de l’enseignant et du projet de scolarisation défini par la MDPH.
Par leur positionnement fonctionnel, les AESH se situent davantage dans la continuité des métiers
d’accompagnement social de catégorie B – tels que les moniteurs-éducateurs ou les techniciens de
l’intervention sociale – que dans celle des professions d’encadrement et de conception éducative
caractéristiques de la catégorie A.
2.2. Un rapprochement avec le cadre d’emploi des moniteurs-éducateurs de catégorie
B se heurte à un premier obstacle structurel en matière de niveau de qualification
2.2.1. Les missions des moniteurs-éducateurs ouvrent une perspective comparative intéressante pour
la professionnalisation des AESH
Le cadre d’emploi des moniteurs-éducateurs et intervenants familiaux territoriaux, classé en catégorie B de
la filière médico-sociale, a été institué par le décret n° 2013-490 du 10 juin 2013 afin de valoriser l’ancien
corps des moniteurs-éducateurs territoriaux et d’intégrer les techniciens de l’intervention sociale et familiale.
Ces professionnels, estimés à environ 33 000 selon la DREES, exercent dans les services sociaux de l’enfance,
de la jeunesse et de l’accompagnement des personnes en difficulté, au sein des collectivités territoriales et
de leurs établissements publics. Leurs missions s’appuient sur une double compétence éducative et sociale :
accompagnement individuel, soutien à l’autonomie, médiation et prévention des ruptures. L’accès à ces
66 DREES, « Éducatrices spécialisées : neuf ans après l’entrée dans la profession, une sur deux a quitté le métier », Études et Résultats,
n°1329, mars 2025.
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fonctions suppose la détention d’un diplôme d’État de moniteur-éducateur (DEME) ou d’un diplôme d’État
de technicien de l’intervention sociale et familiale (DETISF), tous deux classés au niveau 5 du cadre national
des certifications professionnelles (ancien niveau III, équivalent à un bac + 2). Ces diplômes, délivrés par le
ministère chargé des affaires sociales, attestent d’une formation théorique et pratique d’environ deux
années, articulant enseignements en institut de formation et stages en milieu professionnel dans le champ
de l’action sociale, médico-sociale et éducative.
Les AESH exercent, pour leur part, des missions qui présentent plusieurs points de convergence avec ces
métiers : accompagnement individualisé, aide à la communication, médiation sociale et participation à la vie
scolaire. Leur activité repose sur des compétences proches de celles mobilisées dans le travail social :
observation, écoute, coopération avec les enseignants et coordination avec les partenaires médico-sociaux,
en lien avec le projet personnalisé de scolarisation de l’élève.
Cependant, ces proximités quant aux missions sont dépendantes du niveau de qualification des personnels.
2.2.2. Une reconnaissance en catégorie B des AESH est conditionnée à un niveau de recrutement à
bac+2 et à la création d’une filière de formation qualifiante
La comparaison des cadres d’emploi montre que les accompagnantes d’élèves en situation de handicap
(AESH) pourraient, au regard de la complexité croissante et de la transversalité de leurs missions, être
rapprochées des métiers de catégorie B tels que les moniteurs-éducateurs territoriaux, dont les fonctions
associent accompagnement éducatif, soutien social et compétences relationnelles affirmées.
Cependant, il faut souligner les obstacles actuels à une telle évolution. Le premier réside dans le niveau de
qualification initial. Les AESH relèvent actuellement d’un cadre contractuel de droit public de catégorie C,
sans formation diplômante reconnue par l’État. Leur formation initiale obligatoire n’est pas inscrite au
répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). À l’inverse, les moniteurs-éducateurs et
techniciens de l’intervention sociale et familiale bénéficient d’un cursus qualifiant reconnu, ouvrant droit à
un véritable parcours de carrière au sein de la fonction publique territoriale. Près de 60 % des AESH ne
disposent pas d’un diplôme supérieur au baccalauréat, alors que les professions de catégorie B exigent une
certification d’État de niveau bac+2. Dans le contexte de crise d’attractivité des métiers de la fonction
publique, on peut s’interroger sur le vivier disponible de candidats de niveau bac+2 pour un emploi de
catégorie B. La grande hétérogénéité des profils – issus pour beaucoup d’anciens contrats aidés, de
reconversions ou d’activités à temps partiel – rend par ailleurs difficile toute homogénéisation des critères
d’accès ou de concours.
À cela s’ajoute l’absence de filière diplômante reconnue : le cadre actuel se limite à une formation
d’adaptation de 60 heures, sans reconnaissance au RNCP ni socle de compétences unifié. La
professionnalisation demeure faible : la fonction d’AESH repose encore sur l’expérience pratique plus que
sur un parcours structuré de formation, ce qui empêche la constitution d’un véritable corps professionnel
doté de perspectives de carrière.
Enfin, le positionnement institutionnel des AESH, agents contractuels hors statut, entretient une ambiguïté
durable : leur mission relève davantage de la compensation du handicap que d’un métier éducatif intégré à
part entière au service public de l’éducation. En définitive, l
Dans le paysage actuel des professions du médicosocial, l’accès à la catégorie B pour les AESH impliquerait
un cadre de qualification initiale plus exigeant (avec le risque d’un rétrécissement possible du vivier) et une
véritable formation d’adaptation à l’emploi.
3. La fonctionnarisation repose sur un temps de travail à temps complet,
incompatible avec les missions actuelles des AESH
Le principal obstacle à la fonctionnarisation des AESH tient à la définition même de leur temps de travail.
Leur activité actuelle repose sur un calendrier de travail, aligné sur la durée effective de présence des élèves,
soit environ 24 heures hebdomadaires sur 36 semaines dans le premier degré, complété par cinq semaines
de temps de travail annualisé équivalant à une quotité moyenne de 62 % d’un temps plein administratif (1
607 heures), soit un temps de travail effectif de 984h.
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Dans le cadre de l’analyse du cadre d’emploi des ATSEM, on a pu voir que le temps plein des ATSEM est rendu
possible par une polyvalence de leurs missions. On étudiera ici le temps de travail des fonctionnaires de
catégorie B non enseignant, avant d’explorer la comparaison avec le corps enseignant.
3.1. Le temps de travail annuel des corps de fonctionnaires est de 1 607 heures
effectives
3.1.1. L’exemple des moniteurs éducateurs
Dans la fonction publique territoriale, le temps de travail des moniteurs-éducateurs et intervenants familiaux
est régi par la durée légale fixée à 35 heures hebdomadaires, soit 1 607 heures de travail effectif par an,
conformément aux dispositions générales applicables aux agents territoriaux. Ce volume annuel inclut la
journée de solidarité et tient compte des congés et jours fériés, ramenant ainsi les 1 820 heures théoriques
à 1 607 heures effectives. Le calcul standard repose donc sur la formule 35 heures × 52 semaines, ajustée
selon le principe d’annualisation du temps de travail. Les collectivités peuvent, en fonction des nécessités du
service, organiser le travail sous forme de modulation ou d’horaires décalés, notamment dans les
établissements médico-sociaux où les interventions se font souvent en roulement (matin, après-midi, nuit,
week-end ou jours fériés). Dans les services territoriaux de l’enfance ou de l’action sociale, les horaires sont
en général réguliers mais peuvent inclure des astreintes ponctuelles liées aux besoins d’accompagnement ou
aux réunions d’équipe. En cas de temps partiel ou de service non complet, le décompte s’effectue au prorata
du volume de référence de 1 607 heures. Ainsi, quel que soit le site ou le mode d’organisation, la base de
calcul du temps de travail d’un moniteur-éducateur territorial à temps plein demeure fixée à 1 607 heures
effectives par an, garantissant une homogénéité de référence pour l’ensemble du cadre d’emploi de la filière
médico-sociale.
Comparatif des statuts : AESH – ATSEM – moniteurs-éducateurs (ME) territoriaux – moniteurs-éducateurs (ME)
Hospitaliers
Critères AESH (État) ATSEM (Territoriale) ME territoriaux
(Décret n° 2013-490)
ME hospitaliers
(Décret n° 2014-99)
Fonction
publique État (Éducation nationale) Territoriale Territoriale Hospitalière
Catégorie Contractuels (non titulaires) Catégorie C Catégorie B Catégorie B
Corps / Cadre
d’emplois Contrat AESH Cadre d’emplois des ATSEM
Cadre d’emplois des
moniteurs-éducateurs et
intervenants familiaux
Corps des moniteurs-
éducateurs
Références Décret n° 2014-724 du 27
juin 2014 + décrets/arrêtés
du 13 juillet 2023
Décret n° 92-850 du 28
août 1992
Décret n° 2013-490 du 4
février 2014
Décret n° 2014-99 du 4
février 2014
Missions
Accompagnement humain
d’élèves en situation de
handicap
Aide à l’enseignant,
hygiène, surveillance en
maternelle
Accompagnement socio-
éducatif, autonomie, insertion
sociale notamment auprès
d’enfants et d'adolescents
handicapés, inadaptés ou en
danger d'inadaptation.
Idem ME territoriaux
Conditions de
recrutement
Titulaires d'un diplôme
professionnel dans le
domaine de l'aide à la
personne ; diplôme niveau
CAP AEPE + concours
catégorie C
DEME (Diplôme d’État de
moniteur-éducateur)
Catégorie B
DEME + concours sur titres
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IV ou expérience dans le
champ du handicap (9 mois)
Statut / Grade Pas de grade CDD → CDI
3 grades : principal 2e cl.,
1re cl., classe
exceptionnelle
2 grades : ME classe normale /
classe supérieure Idem
Grille indiciaire IM ~366 à 525 (11 échelons) IM ~352 à 514 (selon
échelon et grade)
IM ~390 à 593 (classe normale)
/ ~416 à 628 (classe
supérieure)
Idem
Indemnités
Indemnité de fonctions (1
529 €), pour un temps plein
(proratisée selon la quotité
de travail) indemnité
référent AESH (660 €/an)
RIFSEEP (IFSE + CIA selon
collectivité)
RIFSEEP, indemnités
collectivité
Primes FPH (service,
sujétion…)
Évolution de
carrière
Évolution dans la grille (11
échelons) Accès au CDI
Avancement de grade /
mobilité
Avancement de classe /
mobilité Idem
Temps de
travail
Temps incomplet (souvent
24h–30h/semaine) Rythmes
scolaires : sur 36 semaines +
(120 h d’activités connexes
annualisées)
35h/hebdo (souvent
annualisé selon le
calendrier scolaire)
35h/hebdo (Possible internat,
WE, soirées) Idem
Employeur Rectorat / DSDEN Commune ou
intercommunalité Département, commune, EPCI Établissements publics de
santé, médico-sociaux
Spécificités Pas de titularisation possible
Grille nationale
Fonction très encadrée par
l’équipe enseignante
Souvent rattaché à des
structures éducatives sociales
locales
Travail souvent en internat,
structure sanitaire ou
médico-sociale
3.1.2. L’exemple des personnels non-enseignants de l’éducation nationale
Le temps de travail des personnels non-enseignants de l’éducation nationale est régi par la durée annuelle
légale de 1 607 heures pour un temps plein (35 h hebdomadaires), mais son application demeure composite
en raison de régimes dérogatoires et de modalités de décompte spécifiques selon les métiers et les
structures. L’organisation repose sur une annualisation permettant d’ajuster les horaires au calendrier
scolaire, dans le respect des garanties minimales fixées par la réglementation : plafond de 10 h de travail
quotidien, de 48 h hebdomadaires (ou 44 h en moyenne sur 12 semaines), repos quotidien de 11 h, repos
hebdomadaire de 35 h consécutives et pause obligatoire de 20 minutes au-delà de 6 h de travail continu.
Pour les personnels administratifs, techniques, sociaux et de santé (ATSS) exerçant notamment en EPLE, la
durée annuelle est fixée à 1 593 heures après prise en compte de deux jours de réduction du temps de travail,
conformément à la circulaire n° 2002-007 du 21 janvier 2002, toujours utilisée malgré les réserves exprimées
par la Cour des comptes qui, dans ses rapports de 2019 puis de 2024, a jugé ce texte non conforme au cadre
légal et estimé qu’il conduit à un temps de travail inférieur à la durée réglementaire. Cette circulaire organise
une modulation hebdomadaire pouvant varier, pour les personnels administratifs, entre 32 h et 40 h, assortie
de compensations pour sujétions particulières (travail de nuit, horaires décalés). L’ensemble illustre un cadre
juridique formellement unifié, mais dont les déclinaisons opérationnelles restent hétérogènes et parfois en
décalage avec les principes généraux du droit du travail applicable aux agents publics.
Alors que la plupart des personnels non enseignants disposent d’un temps de travail annualisé ou structuré
par les besoins organisationnels de l’établissement (CPE, AED, personnels administratifs, ITRF), les AESH
exercent leurs missions en fonction des élèves qu’elles accompagnent et du temps scolaire. Le travail ne peut
être ni redistribué ni lissé sur l’année : il épouse la discontinuité du parcours scolaire de l’élève, ce qui le
distingue des autres métiers où la temporalité est définie par l’institution scolaire elle-même.
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3.2. Les AESH, personnels non enseignants, peuvent-ils entrer dans le régime
dérogatoire des professeurs du premier ou second degré ?
3.2.1. Un calcul du temps de travail enseignant qui repose sur la préparation des cours, la correction, les
réunions, le suivi individualisé et les activités pédagogiques
Les enseignants titulaires de l’éducation nationale sont soumis à une obligation réglementaire de service
(ORS) de 24 heures hebdomadaires dans le premier degré et 18 heures dans le second degré67. Ce volume,
fixé par décret, ne correspond qu’à la part du travail réalisée devant les élèves. Comme l’a rappelé la DEPP
dans sa note d’information n° 2025-62, les enseignants à temps plein déclarent 41 heures 30 de travail
hebdomadaire hors vacances scolaires, soit environ 1 635 heures sur l’année, dont près de la moitié
consacrée à la préparation des cours, la correction, les réunions, le suivi individualisé et les activités
pédagogiques68. Ce « travail invisible » constitue une part essentielle de leur activité professionnelle et justifie
pleinement la rémunération à temps complet, bien que les heures d’enseignement stricto sensu soient
réduites.
3.2.2. Le temps de travail des AESH inclut bien des « heures connexes » correspondant notamment à un
calcul adapté du temps de préparation
Le temps de travail des AESH repose d’abord sur la présence effective auprès des élèves, selon le calendrier
scolaire, dans une logique de soutien à l’autonomie et d’accessibilité pédagogique. Les activités connexes
qu’elles effectuent – préparation, concertation, formation – sont intégrées dans la durée annuelle de service
à travers le décompte des « heures connexes ». La circulaire du 5 juin 2019 prévoit en effet que leur service
comprend, en plus du temps d’accompagnement, un ensemble d’activités connexes (concertation,
participation aux ESS, préparation, formation…), dûment reconnues et annualisées dans le calcul du temps
de travail.
Sur la base d’un contrat de 24h par semaine, les AESH effectuent donc un temps de travail effectif
d’accompagnement d’élève de 864 heures. A cela s’ajoutent les « heures connexes » évaluées à 5 semaines,
soit 120h sur la base d’un contrat de 24h. Il ne s’agit pas d’un travail « invisible » non reconnu, mais d’un
travail reconnu et encadré.
Ainsi, le temps de travail effectif de la très grande majorité des AESH est donc aujourd’hui de 984h.
3.3. A missions constantes, la recherche d’un temps plein repose sur une extension des
horaires et des journées travaillées et demeure structurellement contraint
Le temps de service des AESH est indissociable du temps scolaire de l’élève. Celui-ci se définit strictement
par rapport aux activités d’enseignement et aux horaires de la classe.
Les temps éducatifs : Temps scolaire / périscolaire / extrascolaire69
- Temps scolaire : Enseignements obligatoires définis par l’État (L.521-1 ; D.521-10 à 13) : 24 h hebdomadaires
au premier degré ; au second degré, durée variable selon les niveaux mais correspondant à l’horaire
réglementaire des programmes (collège et lycée).
67 Décret n° 2014-940 du 20 août 2014 relatif aux obligations de service et aux missions des personnels enseignants exerçant dans
un établissement public d'enseignement du second degré.et Décret n° 2008-775 du 30 juillet 2008 relatif aux obligations de service
des personnels enseignants du premier degré.
68 Idmachiche S., 2025, "Les enseignants déclarent travailler 41 heures 30 en moyenne par semaine hors vacances scolaires", Note
d'Information, n° 25-62, DEPP. https://doi.org/10.48464/ni-25-62
69 Pour une définition sémantique voir un rapport de janvier 2000 de l’inspection générale de l’éducation nationale qui définit
« Temps scolaire vs temps périscolaire vs temps extrascolaire » et décrit leur articulation : « Temps scolaire: Temps passé par
l’enfant en classe(allant de l’ouverture de la classe à sa fermeture) organisé sous la responsabilité de l’institution scolaire et dans
le cadre des programmes et des horaires officiels d’enseignement. Temps périscolaire: Temps passé par l’enfant dans l’école ou
non, qui encadre le temps scolaire proprement dit. Il recouvre plus précisément le temps d’accueil du matin, la pause méridienne,
l’accueil ou l’accompagnement de fin de journée, après la classe. Temps extrascolaire: Temps passé par l’enfant, hors de la
responsabilité de l’école, dans les demi-journées "sans école". (selon l’organisation le samedi, le dimanche, le mercredi, les petits
congés et les vacances d’été). Cf. Rapport N˚ 2000-01 : "L’Aménagement des rythmes scolaires à l’école primaire / Ministère de
l’éducation nationale, de la recherche et de la technologie, Inspection générale de l’éducation nationale ; Yves Bottin, Michel
Delaunay, Sonia Henrich."
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-Temps périscolaire : Accueils et activités facultatifs organisés les jours d’école, incluant la pause méridienne,
sans se substituer à l’enseignement (L.551-1 ; compétence communale dans le premier degré).
-Temps extrascolaire : Accueils de loisirs organisés hors jours d’école : vacances, samedis sans école et
dimanches (CASF, R.227-1 et s.).
Le régime du temps de travail des AESH découle directement de la nature de leurs missions
d’accompagnement humain auprès d’un ou plusieurs élèves : présence en classe, accompagnement
individualisé quand bien même l’aide est dite mutualisée, participation à la vie scolaire, préparation et
échanges pédagogiques — autant d’activités difficilement extensibles sans redéfinition de la fonction.
L’hypothèse d’une extension des activités des AESH sur les temps périscolaires — accueil du matin, pause
méridienne, études surveillées, accueils de loisirs ou activités organisées après la classe et le mercredi — a
été envisagée comme une piste d’augmentation du temps de travail, mais elle se heurte à des contraintes
juridiques et fonctionnelles substantielles. Dans une note adressée aux recteurs d’académie en 2023, le
directeur de cabinet du ministre de l’éducation nationale70 avait eu l’occasion de faire part de la position
ministérielle indiquant que la prise en charge des enfants en situation de handicap durant les activités
périscolaires dans l'enseignement public relève des collectivités territoriales et non de l’Etat. La loi n° 2024-
475 du 27 mai 2024 visant la prise en charge par l'Etat de l'accompagnement humain des élèves en situation
de handicap durant le temps de pause méridienne, n’a que partiellement infirmé cette répartition, en raison
de son lien direct avec le temps scolaire, sans étendre cette prise en charge aux autres temps périscolaires,
qui demeurent de la responsabilité des collectivités territoriales (communes ou intercommunalités)71.
En conséquence, l’intervention d’AESH en dehors du temps scolaire stricto sensu n’est envisageable que
lorsqu’un besoin de compensation strictement identifié le justifie, ce qui limite fortement la portée
opérationnelle d’un tel élargissement. Par ailleurs, ces activités — souvent de surveillance, d’animation ou
de loisirs — ne requièrent pas nécessairement les compétences spécifiques d’un AESH, au risque de diluer
leur cœur de métier, de créer des tensions de disponibilité au détriment de l’accompagnement en classe et
de brouiller la frontière entre missions éducatives, périscolaires et sociales. Sans réforme du cadre juridique
et sans redéfinition explicite des missions, l’extension des interventions des AESH aux temps périscolaires
apparaît donc d’une faisabilité limitée et d’un intérêt fonctionnel incertain.
Conclusion
A missions et cadre législatif constants, le temps de travail des AESH restera structurellement inférieur au
temps de travail annuel de la fonction publique (environ deux tiers de ce temps de travail).
L’augmentation de ce temps de travail peut se faire via une évolution des missions vers plus de polyvalence
ou plus de spécialisation mais, à l’examen, aucune de ces pistes n’apparaît souhaitable ou réaliste.
Enfin, toute proposition d’évolution doit tenir compte des métiers connexes (notamment ATSEM,
enseignants, moniteurs éducateurs) afin d’éviter de déséquilibrer la structure des métiers de l’éducation et
du social. Ainsi l'intégration des 140 000 AESH dans la fonction publique, sans modification de leurs missions
actuelles ou de leurs conditions de recrutement, aurait très probablement l’effet d’attirer des personnels
comme les ATSEM – qui verrait leur temps de travail effectif réduit – ou même des personnels du
médicosocial attiré par un temps de travail réduit et moins contraignant en termes de soirs et week-ends.
Cette fonctionnarisation déséquilibrerait les métiers de l’accompagnement humain.
Cette intégration – et le passage induit d'un temps partiel (62 % en moyenne) à un temps plein -
représenterait une hausse mécanique de la masse salariale, estimée entre 1,2 et 1,5 milliard d'euros par an72,
sans création de valeur ajoutée pour répondre aux besoins nouveaux d’aide humaine et aux prescriptions en
attente.
70 Note du 4 janvier 2023 adressée aux recteurs relative à l’ « Accompagnement des élèves de l'enseignement public en situation de
handicap durant les activités périscolaires ».
71 Sur ce point voir : É. Collin, « Prise en charge des AESH par l’État sur le temps méridien, ou comment donner une béquille sur deux
aux collectivités », AJFP, 2024, p. 375.
72 Selon les estimation recueillis par la mission auprès de la DGRH
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Annexe 11
La notification des mesures relatives à la scolarité en MDPH et la question de l’aide humaine : Etat des
lieux, pratiques, évolutions et questions
La loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté
des personnes handicapées a largement refondé le droit applicable à la scolarité des enfants en situation de
handicap en l’intégrant au nombre des trois axes permettant de décliner le principe de non-discrimination et
d’accès aux droits :
– lobligation d’accessibilité dans toutes les dimensions de la vie collective (transports, écoles,
services publics, logement..) ;
– la reconnaissance du droit pour tout enfant porteur de handicap, d’être inscrit en milieu ordinaire
dans l’école dont relève son domicile ;
– l’organisation d’un soutien à l’insertion professionnelle des personnes handicapées, notamment
en autorisant le cumul AAH/revenus du travail.
Enfin, un principe transverse, soutenu par une gouvernance nouvelle, est affirmé pour la participation des
personnes en situation de handicap à toutes les décisions qui les concernent.
S’agissant du droit à la scolarité, l’exposé des motifs de la loi de 2005 acte l’insuffisance des textes en vigueur :
« Le principe de l’obligation éducative inscrit dans la loi d’orientation sur l’éducation du 10
juillet 1989 est trop souvent resté lettre morte. Un nombre encore trop important d’enfants
et d’adolescents handicapés ne bénéficie aujourd’hui d’aucune prise en charge scolaire. La
nouvelle législation consacre le devoir de l’éducation nationale d’accueillir tous les enfants
handicapés dans l’école la plus proche de leur domicile ou d’assurer si nécessaire leur
scolarisation dans des établissements adaptés. »
Dans cet esprit, les articles relatifs à la scolarité de la loi de 2005, réunis dans le Code de l’éducation73,
relèvent de son titre IV portant sur l’accessibilité de droit commun74. C’est ensuite, en appui à la réalisation
de ces droits, au titre V, chapitre 2 que sont évoquées les MDPH75, le titre reprenant une partie de leurs
missions : « accueil et information des personnes handicapées, évaluation de leurs besoins et reconnaissance
de leurs droits ».
La dialectique qui se noue ainsi entre accessibilité au droit commun et compensation fondée sur l’évaluation
des besoins est au cœur des enjeux de la notification des mesures relatives à la scolarité des enfants en
situation de handicap, encore aujourd’hui. La compensation a été placée par le législateur au service de
l’accessibilité.
Si, depuis 2005, le corpus de mesures en faveur de l’enfant et de sa scolarité s’est à la fois précisé et enrichi
(1), la pratique d’évaluation des besoins des MDPH, arrimée à un partenariat crucial avec l’éducation
nationale, bute encore sur certains obstacles (2). Dans le champ de la scolarité et des notifications d‘aide
humaine (AESH), la mission a eu connaissance de leviers d’amélioration déjà en cours et à confirmer (3), mais
la poursuite de l’objectif d’accessibilité pourrait exiger des évolutions plus profondes (4).
73 Articles 19 à 22 de la loi, in titre IV accessibilité, chapitre 1er, codifiés L. 111-1 et suiv, ainsi que L. 351-1 et suiv. du code de
l’Education.
74 La priorité donnée au droit commun se manifeste également dans la structuration des deux codes concernés. Ainsi le chapitre II
(au titre IV du livre II du CASF) relatif à l’enfant et à l’adolescence handicapées rappelle dans son premier article que « les règles
relatives à l’éducation des enfants et adolescents handicapés sont fixées aux articles L. 112-1 à L. 112-4, L. 351-1 et L. 351-2 du
code de l’éducation ».
75 Article 64 de la loi, codifié L. 146-3 à 146-12 du code de l’action sociale et des familles.
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1. Les mesures notifiées par la MDPH ont vocation à accompagner l’enfant et sa
famille dans son parcours, en faisant une place majeure à sa scolarisation
1.1. Les droits de l’enfant reconnus par la MDPH se sont précisés au fil du temps
Ces droits recouvrent plusieurs champs : la scolarisation ordinaire, l’orientation en établissement et service
médicosociaux, les allocations monétaires (allocation d’éducation pour enfant handicap (AEEH76 – socle et
compléments) et prestation de compensation (PCH)), et enfin la reconnaissance d’un statut ouvrant des
droits spécifiques à la mobilité (carte mobilité inclusion).
Les mesures dans le champ de la scolarité sont décrites à l’article D351-7 du code de l’éducation qui rappelle
que relèvent de la compétence de la CDAPH l’orientation en milieu scolaire, y compris en dispositifs adaptés,
l’attribution d’une aide humaine, le maintien en classe de maternelle, la mobilisation du matériel
pédagogique adapté et la définition d’aménagements pédagogiques.
S’agissant de l’aide humaine, les articles D361-16-1 à D351-16-4 précisent les modalités de choix entre aide
humaine individualisée ou mutualisée, sachant que : « l'aide individuelle a pour objet de répondre aux besoins
d'élèves qui requièrent une attention soutenue et continue, sans que la personne qui apporte l'aide puisse
concomitamment apporter son aide à un autre élève handicapé. Elle est accordée lorsque l'aide mutualisée
ne permet pas de répondre aux besoins d'accompagnement de l'élève handicapé 77». Dans les deux cas, la
CDAPH doit prévoir les activités de l’accompagnant. Dans le cas de l’aide individualisée, elle précise dans la
notification la quotité horaire.
Les dispositifs relatifs à l’aide humaine ont connu plusieurs étapes qui ont permis en premier lieu d’officialiser
cette aide78, en second lieu de distinguer les deux modalités d’intervention précitées, mutualisée et
individuelle.
L’aide humaine à l’école : de l’initiative familiale à la notification
L’initiative d’une aide personnelle auprès des enfants en situation de handicap est lancée par des parents
concernés dans les années 1980. S’ils sont tout d’abord tolérés en contrat privé ou sous forme de contrats aidés,
en particulier sous contrats jeunes, en 2003, l’éducation nationale reprend le monopole de l’accompagnement
scolaire : la loi n°2003-400 du 30 avril 2003 relative aux assistants d’éducation prévoit que « des assistants
d’éducation peuvent être recrutés […] notamment pour l’aide à l’accueil et à l’intégration des élèves
handicapés y compris en dehors du temps scolaire ».
Suite à la mise en place de ces auxiliaires de vie scolaire (AVS)79 sous contrat d’assistants d’éducation,
l’accompagnement connait des formes diverses : assuré par les EVS (employés de vie scolaire) ou ASEH (aides
à l’accueil et à la scolarisation des élèves handicaps) à partir de 2005, ils deviennent également Ascol (assistants
à la scolarisation) en 2011, puis AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) en 2014.
Si la prescription d’aide humaine à un élève en situation de handicap ne fait pas l’objet d’un développement
spécifique dans la loi du 11 février 2005, elle découle tant de ses principes (article 19 de la loi) que des
responsabilités dévolues à la commission d’accès aux droits prévue à l’article 66 de la loi80. Elle se met en place
rapidement, adossée au guide d’évaluation des besoins de compensation (Geva/Geva-sco) mis en place en
200881.
76 L’article 242-14 du code de l’action sociale et des familles relatif à l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé renvoie au code
de la sécurité sociale qui fixe les règles relatives à l’allocation de l’AEEH.
77 Article D351-16-4 du code de l’Education.
78a création des assistants d’éducation/AVS en 2003, entièrement pris en charge par l’éducation nationale (financement,
recrutement, formation) vaut reconnaissance officielle de la fonction d’accompagnant scolaire, de facto reconnu comme un
besoin permanent.
79 Le terme AVS remplace en 2001 celui d’ »auxiliaire d’intégration scolaire » dont le signe AIS désignait aussi à l’époque le secteur
chargé de « l’adaptation et de l intégration scolaires »…
80 Cf article 66 de la loi du 11 février 2005 - Art. L. 241-6 du CASF. - I. – « La CDAPH est compétente pour : 1° Se prononcer sur
l'orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale ».
81 Décret n°2008-110 du 6 février 2012 et arrêté relatif aux références et nomenclatures applicables au guide d’évaluation des besoins
de compensation des personnes handicapées (…)
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Le décret n°2012-903 du 23 juillet 2012 introduit un élément majeur en distinguant aide individualisée et aide
mutualisée, dont l’attribution est décidée selon les besoins de l’enfant (ESH nécessitant ou pas une « attention
soutenue et continue ») dans un contexte de forte augmentation des demandes d’aide humaine par les familles82.
1.2. Les mesures relatives aux enfants (dont scolarité) représentent une part
minoritaire de l’activité des MDPH mais leur dynamique est importante avec de
fortes disparités territoriales concernant l’aide humaine
En 2023, les principales mesures de prestation ou d’orientation attribuées aux enfants au cours de l’année
par les MDPH se répartissent comme suit83 :
- 32% au titre de l’AEEH
- 22% d’aides humaines à la scolarisation
- 15% d’orientations en ESMS enfants
- 15% d’orientations scolaires
- 4% pour le matériel pédagogique
- 2% de PCH enfant.
En termes quantitatifs et de nombre de droits ouverts constatés fin 2023, les mesures « enfants »
représentent une part minoritaire. Hors PCH et CMI, les mesures enfant représentent 11,61% des droits
ouverts et les droits adultes sont très largement majoritaires (50,34% également hors PCH et CMI).
Nombre de droits ouverts par les MDPH au 31 décembre 2023
Droits et prestations enfants (moins de 20
ans)
Nombre de droits ouverts % de l’ensemble des droits ouverts
Orientations en établissement et service
enfants
320.000 2,28%
Orientations scolaires 328.000 2,34%
Matériel pédagogique adapté 105.000 0,75%
Aide humaine à la scolarisation (AESH) 358.000 2,55%
AEEH (base et compléments) 517.000 3,69%
Source : CNSA, enquête des échanges annuels sur l’activité des MDPH
Les mesures enfants sont minoritaires mais en forte dynamique. Entre 2022 et 2023, le nombre de demandes
de prestations pour enfants a augmenté de 8,9%. S’agissant du nombre de bénéficiaires avec un droit ouvert
à un accompagnement d’AESH, on constate une dynamique forte également, de 14% en moyenne annuelle
depuis 2019 (+8% entre 2022 et 2023).
En moyenne, l’aide humaine à la scolarisation concerne 22 enfants et jeunes de moins de 20 ans sur 1000 en
2023. De toutes les prestations prévues au titre du handicap, adulte et enfant, cette aide est celle qui
présente la répartition la plus inégale selon les territoires, comme l’indique, dans le rapport de la CNSA84, le
coefficient de variation qui atteint 39%85 pour l’aide humaine à la scolarisation. Les taux de couverture les
plus faibles rapportés à la population des moins de 20 ans s’observent en Outre-mer, ainsi que dans l’Indre
(9‰), la Haute-Vienne (9‰) et le territoire de Belfort (10‰). Les taux les plus élevés s’observent notamment
dans le sud de la France, le Gers (47‰), l’Ariège (44‰) et le Lot (41‰). Même si de tels écarts interrogent,
82 Dès juillet 2012, une mission IGAS/IGAENR/IGEN est commanditée pour procéder à un état des lieux des prescriptions d’aide
humaine et proposer des améliorations de leur pilotage, dans un contexte de doublement des attributions d’aide humaine depuis
2006 et de difficultés de l’Education nationale à « suivre le rythme des prescriptions et d’apporter des réponses ajustées aux
besoins des élèves » (Lettre de mission du 19 juillet 2012 adressée par les ministres en charge aux trois chefs d’inspections).
83 Chiffres issus de la synthèse des Rapports d’activités 2023 des MDPH, CNSA – août 2025
84 Rapport d’activité – Synthèse des rapports d’activité 2023 des MDPH – août 2025
85 Exprimé en pourcentage, le coefficient de variation équivaut au ratio entre l’écart type par département et la moyenne. Plus le
coefficient est élevé donc les valeurs dispersées autour de la moyenne, plus cela se traduit par des écarts territoriaux importants.
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les données disponibles ne permettent pas de distinguer, dans ces mesures, ce qui relève de pratiques
disparates et ce qui peut légitimement s’expliquer par des taux d’incidence du handicap différents86.
2. La MDPH a renforcé son partenariat avec l’éducation nationale, mais
l’élaboration des mesures relatives à la scolarisation des enfants en situation
de handicap reste complexe
2.1. L’éducation nationale participe systématiquement aux instances exécutives et
d’évaluation de la MDPH
La loi du 11 février 2005, en mettant fin aux commissions départementales de l’éducation spéciale (CDES),
met fin au rôle dominant de l’Etat et organise les MDPH sous le statut de GIP départemental, dont sont
membres de droit les acteurs institutionnels majeurs du parcours de l’enfant en situation de handicap.
Son article 64 prévoit ainsi que « la maison départementale des personnes handicapées est un groupement
d'intérêt public, dont le département assure la tutelle administrative et financière. Le département, l'Etat et
les organismes locaux d'assurance maladie et d'allocations familiales du régime général de sécurité sociale
définis aux articles L. 211-1 et L. 212-1 du code de la sécurité sociale sont membres de droit de ce
groupement87. »
Il est explicitement prévu que l’éducation nationale puisse participer à son comité exécutif comme en
témoigne la précision suivante qui mentionne « des représentants de l'Etat désignés par le représentant de
l'Etat dans le département et par le recteur d'académie compétent ». Le département détient 50% des postes
du comité exécutif, les associations un quart et l’Etat, avec les autres organismes membres de droit et/ou
signataires de la convention constitutive, le quart restant.
Dans les faits, après une première période de contraction des moyens mis à disposition par l’Education
nationale au titre des conventions constitutives, on observe au contraire aujourd’hui une présence confirmée
des représentants de l’Education nationale au sein des MDPH, tant dans la gouvernance que dans les équipes
pluridisciplinaires qui préparent les décisions de la CDAPH, présence signalée par les interlocuteurs de la
mission en départements et attestée par le rapport de l’IGAS relatif aux MDPH88.
S’agissant des instances exécutives, la participation de l’Education nationale est assurée le plus souvent par
un IEN ou IEN ASH au sein de la commission spécialisée de la CDAPH. En Seine et Marne, la représentante de
l’éducation nationale préside cette commission depuis l’été 2025, comme cela a déjà été le cas
précédemment.
Le code de l’action sociale et des familles prévoit que « l’équipe pluridisciplinaire mentionnée à l’article 146-
8 réunit des professionnels ayant des compétences médicales ou paramédicales, des compétences dans les
domaines de la psychologie, du travail social, de la formation scolaire et universitaire, de l’emploi et de la
formation professionnelle. » Elle précise que « lorsqu’elle se prononce sur des questions relatives à la
scolarisation, elle comprend un enseignant du premier ou du second degré.89 » Aujourd’hui, ces dispositions
sont strictement respectées. La mission relative aux MDPH précitée mentionne ainsi que, selon des données
transmises par la DGESCO et retraitées par elle, on constate une augmentation des ETP d’enseignants et de
psychologues affectés en MDPH de 30% entre 2016 et 202390.
L’éducation nationale est aujourd’hui le premier partenaire de la MDPH au sein du GIP, même si les mises à
disposition à titre gratuit de l’Etat prévues par les conventions constitutives sont en diminution y compris
s’agissant de l’éducation nationale91.
86 La DREES recourt à des enquêtes déclaratives de « limitations d’activité » (Vie quotidienne et santé – 2021), notion qui ne recouvre
pas celle de handicap au sens de droit ouvert à la MDPH.
87 article L. 146-4 du CASF.
88 Rapport n°2023-098- Accueillir, évaluer, décider : comment les MDPH traitent les demandes des usagers ? - IGAS – juin 2024
89 R.146-27 du CASF
90 200,3 ETP en 2016 ; 261,5 en 2023.
91 Sa contribution aux charges de personnel des MDPH a baissé de 19M€ en 2016 à 16,6M€ en 2023.
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Certains départements, pour faire face à l’activité croissante des notifications enfant, ont renforcé leur
équipe pluridisciplinaire de profils issus de l’éducation nationale, à l’instar de la Seine et Marne. La directrice
de la MDPH, avec l’appui de la DASEN, a ainsi recruté deux nouveaux profils issus de l’éducation nationale,
pour atteindre un volant de 10 enseignants issus du MEN (8 il y a 2 ans) ; elle dispose également d’un poste
de psychologue mis à disposition par le MEN et 0,7ETP de travailleur social (non pourvu). Le GIP a recruté en
complément un ETP d’enseignant en CDD d’un an et 4 infirmiers. La MDPH 77 a fait le choix de former les
ERSEH qu’elle emploie à la totalité de l’évaluation des dossiers enfant, y compris sur les fonctions de
tarification, afin d’accélérer la réponse globale aux familles sur toutes leurs demandes. En termes RH, ces
mises à disposition prévoient un renoncement à une partie des congés statutaires contre rémunération, afin
de caler le traitement des dossiers sur les rythmes scolaires (préparation renforcée en période de vacances
pré rentrée).
2.2. L’évaluation des besoins de l’enfant reste fragile en dépit d’une approche
partenariale qui se renforce
Si la recevabilité du dossier de demande à la MDPH est strictement encadrée, celle-ci ne permet pas toujours
de disposer des éléments nécessaires à l’évaluation des besoins de l’enfant. Pour être recevable, une
demande doit comprendre le formulaire de demande MDPH complété, un certificat médical, un justificatif
d’identité et un justificatif de domicile. Les compétences réunies au sein de l’équipe pluridisciplinaire doivent,
sur cette base, permettre d’instruire l’évaluation.
Trois éléments de fragilisation des évaluations de besoins ont été signalés à la mission et confirmés par ses
investigations. Ils signalent certaines failles dans le socle évaluatif, finalement peu encadré par les textes, qui
fonde le travail de l’équipe pluridisciplinaire.
2.2.1. Le Geva-sco est une pièce importante de l’évaluation mais souvent difficilement exploitable
Le Geva-sco, déclinaison du Geva (guide d’évaluation des besoins de compensation, mis en place en 2008), a
constitué, par son adaptation à l’évaluation des besoins en scolarité, un progrès important pour procéder au
partage d’informations à 360° sur les besoins de l’enfant.
Les échanges de la mission en MDPH, avec les associations et les équipes éducatives ont montré toutefois
une sous-utilisation du Geva-sco pour les premières demandes. Cette sous-utilisation est moins quantitative
que qualitative. Si les demandes adressées à la MDPH pour un enfant en scolarité sont fréquemment
accompagnées voire suscitées par l’enseignant de l’enfant, les informations portées au dossier sont le plus
souvent insuffisantes pour permettre de mesurer les difficultés rencontrées par l’enfant et fonder un
diagnostic de handicap.
Constitué de 6 pages, le Geva-sco comprend un descriptif de la scolarité, un questionnaire sur les ressources
internes mobilisées par l’école, et deux pages dédiées à l’observation des activités de l’enfant. Il faut noter
qu’aucun espace, éventuellement connexe au document principal d’évaluation des besoins, ne permet de
renseigner des éléments de contexte locaux utiles à la compréhension du degré d’accessibilité ou de
compensation mis en œuvre dans l’école/ établissement fréquenté par l’élève (formation de l’équipe
pédagogique, présence d’un enseignant spécialisé, d’AESH expérimentées, équipement numérique
important…), autant d’éléments qui permettraient de prendre la mesure d’une prise en charge de l’ESH au
titre de l’accessibilité.
Ce questionnaire et la manière dont il est renseigné fait que les informations reportées sont souvent très
lacunaires et surtout orientées principalement vers la demande d’accompagnement humain selon une
logique d’auto-prescription. Des compléments peuvent être recherchés, lors de l’instruction du dossier92, par
les ERSEH de l’équipe pluridisciplinaire ou le référent scolarité mais cette recherche a un impact sur les délais
de traitement, sujet de forte tension dans les MDPH.
92 Une étude de la DITP avait évalué à 25% des dossiers concernés par une demande d’éléments complémentaires, chiffre que la
mission IGAS sur les MDPH estime sous estimées.
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Le Geva-sco n’étant pas une pièce constitutive de recevabilité, la famille n’est pas tenue de le joindre au
dossier, même si les MDPH en font la demande systématique93 et que la famille procède à son envoi dans la
majorité des cas94.
L’usage du Gevasco pour les renouvellements de demande est a priori amélioré par le fait qu’il est
spécifiquement de la responsabilité de l’enseignant référent (ERSEH) ; il est au cœur des équipes de suivi de
scolarité (ESS) dont la réunion, au moins une fois par an et par enfant reconnu en situation de handicap, vise
à mettre à jour les actions conduites en milieu scolaire et les résultats obtenus. Plusieurs MPDH ont souligné
que, à tort, les ESS pouvaient avoir tendance à se substituer à l’équipe pluridisciplinaire en énonçant des
besoins de compensation95, et non les constats, liés au « suivi » de scolarité que demande la loi de 2005, et
qui permettent de préparer l’évaluation. Il s’en suit, à l’instar des premières demandes, une orientation du
Gevasco, plus prescripteur qu’informatif, et le plus souvent pour demander un renouvellement d’aide
humaine. Les interlocuteurs de la mission issus de l’éducation nationale, notamment l’AFER-ERSH, ont
confirmé cette pratique.
Plusieurs interlocuteurs de la mission, ont évoqué la nécessité de renouveler la structure du Geva-sco pour
le rendre plus opérationnel96. La mission suggère dans tous les cas d’en préciser mieux les attendus dont, à
ce jour, les usages sont peu conformes à ses objectifs.
La mission s’interroge également sur le caractère facultatif de la production du Geva-sco s’agissant des
demandes pour des enfants scolarisés. Une forte tension s’observe entre le droit, qui n’en fait pas une pièce
de recevabilité, et la pratique, par laquelle les MDPH invitent, y compris dans le dossier de demande, « à
joindre impérativement le formulaire Geva-sco » ainsi que la réalité du travail évaluatif qui y trouve des
éléments essentiels.
2.2.2. Le poids de l’avis médical est sujet à débat
La recevabilité du dossier de demande adressé à la MDPH est tributaire de la présence d’un certificat médical,
signe de l’importance attachée au diagnostic pour contribuer à l’évaluation des besoins.
L’évaluation suppose en miroir, comme prévu par les textes régissant la CDAPH et l’EP, « des compétences
médicales ou paramédicales » dans l’équipe.
La mission constate toutefois chez ses interlocuteurs - associations, MDPH, familles, professionnels de
l’éducation nationale - une forte ambivalence sur la place à donner aux compétences médicales. En 2010,
deux ans après la mise en place du Geva, outil partenarial d’évaluation qui compte 8 volets dont un médical,
la CNSA rappelait que « dans les équipes techniques des anciennes Cotorep et CDES, les médecins disposaient
d’une sorte de prééminence(...). Ainsi c’était le médecin qui « disait le handicap ». L’utilisation du guide
barême et la fixation du taux étaient en pratique ses prérogatives quasi-exclusives ». Le Geva et sa version
adaptée à la scolarité le Geva-sco ont organisé la pluridisciplinarité, en conformité avec la vision du handicap
que porte la loi du 11 février 2005, fondée sur l’analyse des limitations dans l’environnement et non plus
l’exclusivité du diagnostic médical97.
Toutefois, la mission a pu entendre plusieurs MDPH interrogatives sur le caractère encore prédominant de
l’avis médical dans leur propre structure et le risque d’un lien de causalité directement établi entre un
diagnostic et la reconnaissance du handicap. Il n’entrait pas dans le champ de la mission d’investiguer ce
volet qui touche à l’élaboration de l’évaluation. On peut toutefois constater l’impact que l’avis médical peut
avoir, dans le processus d’accès aux droits, tant vis-à-vis des familles que des juridictions en cas de recours.
93 Le dossier de demande indique à sa p12 : « Pour les enfants scolarisés joindre impérativement le formulaire GEVASco pour toute
demande de renouvellement d’aide pour la scolarisation et si possible pour toute première demande à ce propos. »
94 En 2024, en Seine et Marne, une demande de Gevasco complémentaire a été faite pour 10% des dossiers jugés recevables ; sur les
90% restants, beaucoup ont été récupérés directement par les instructeurs sur le réseau où les ERSEH déversent les Gevasco.
95 Un cas fréquent cité est de préconiser en ESS le renouvellement de l’aide humaine en arguant des difficultés/déficiences de l’enfant
mais sans faire le bilan précis ni des mesures mises en place en termes d’aménagements pédagogiques, ni de leur impact.
96 Ce point a également été évoqué par le sénateur Cédric Vial, tant dans son rapport que lors de l’échange avec la mission.
97 L’article 2 de la loi du 11 février 2005 édicte que « constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou
restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération
substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un
polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant »
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191
Alors que la démographie médicale limite l’attractivité de ces postes en MDPH comme en médecine scolaire,
celle-ci étant d’ailleurs absente des dispositifs d’évaluation du handicap98, la question de la juste expertise,
également soulevée par les missions de l’IGAS relatives d’une part aux IME99 et d’autre part à la
transformation de l’offre médico-sociale100 se pose tant pour l’avis constitutif de la demande (formation des
médecins de ville au diagnostic du handicap en cas de non disponibilité des CAMPS/CMPP) que pour les
propositions de notifications (manque de compétence en pédopsychiatrie) par la MDPH.
2.2.3. L’évaluation peut buter sur des demandes « de précaution » ou, à l’inverse, trop limitées
Parce qu’elles sont confrontées à une démarche multidimensionnelle et que le questionnaire du dossier de
demande101 le prévoit (cf infra), les familles, dans le cas d’un enfant en scolarité, sont incitées à faire quasi
systématiquement une demande d’aide humaine.
Extrait du dossier de demande à la MDPH p12.
Les associations rencontrées par la mission et les fédérations de parents d’élèves102 ont souligné qu’elles
recommandaient aux familles d’enfants rencontrant des difficultés d’apprentissage de privilégier autant que
possible une demande de reconnaissance de handicap par la MDPH plutôt que de s ’appuyer sur les
dispositifs d’accompagnement prévus par l’éducation nationale, particulièrement le plan d’accompagnement
personnalisé (PAP)103. Selon leur retour, il serait plus difficile pour les familles d’obtenir le respect du PAP par
les enseignants que du projet personnalisé de scolarité (PPS)104, issu de la MDPH.
Cette pratique, qui relève de la constitution d’une « ressource de précaution » est également très identifiée
chez les enseignants qui sont, via la demande des familles, prescripteurs d’aide humaine. Tant les retours de
terrain que les échanges avec les chercheurs rencontrés par la mission ont confirmé une pratique quasi
systématique, que l’AFER-ERSEH qualifiait de très difficile à combattre, en dépit d’un caractère inadapté aux
besoins de l’enfant dans un nombre significatif de cas.
A l’inverse, l’équipe d’évaluation pluridisciplinaire peut constater au cours de l’instruction du dossier que les
familles, focalisées sur la demande d’aide humaine à l’école, ont négligé de demander des aides financières
auxquelles elles ont droit, manifestant l’importance de l’analyse d’éligibilité par l’EP105.
98 Les médecins scolaires sont mentionnés à l’article D. 351-11 du code de l’éducation, parmi les membres de l’ESS mais ils n’ont
jamais été cités par les interlocuteurs de la mission parmi ses participants effectifs. Ils sont mieux identifiés comme responsables
de le validation des plans d’accompagnement personnalisés (PAP).
99 Septembre 2025 (rapport non public)
100 Rapport 2024-017R – janvier 2025
101 Cerfa n°15692*01
102 Notamment PEEP
103 Le PAP s’adresse aux élèves qui rencontrent des difficultés scolaires durables ayant pour origine un ou plusieurs troubles des
apprentissages (troubles neurodéveloppementaux tels que les dys, TDAH…) évoluant sur une longue période sans reconnaissance
du handicap.
104 L’article D. 351-5 du code de l’éducation mentionne que le PPS « définit et coordonne les modalités de déroulement de la scolarité
et les actions (…) répondant aux besoins particuliers des élèves présentant un handicap ».
105 Rapport relatif aux MDPH IGAS – juin 2024. « Les MDPH ont confirmé à la mission que, pour les familles, la demande d’une
scolarisation adaptée au handicap est tellement prégnante que les aides financières peuvent être omises. (..) Pour son pôle enfants,
la MDPH du Finistère estime que 10% des décisions prises sont des accords de droits qui n’étaient pas demandés ».
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Les demandes de précaution des familles peuvent aussi se produire pour les demandes de place en ESMS, et
se traduire, dans ce cas, par une absence de suite donnée, la famille préférant anticiper sur un besoin futur
possible par crainte de nouvelles démarches incertaines. Ce choix des familles de différer le recours à une
solution proposée par la CDAPH est peu identifié dans l’analyse des files d’attente, aujourd’hui très lacunaire.
Il doit aussi conduire à une certaine prudence dans la lecture des données sur les enfants scolarisés en milieu
ordinaire « en attente de place en ESMS ».
2.2.3.1 Une limite à la juste évaluation : des notifications sous contrainte de l’offre existante ?
Dans son rapport public relatif à L’inclusion des élèves en situation de handicap106, la Cour des comptes
interroge le lien entre les décisions individuelles de la MDPH et les contraintes d’offre existant sur son
territoire. Elle note une première différence entre territoires selon que la CDAPH a opté pour une ou plusieurs
propositions d’orientation (cf infra), l’effectivité des mesures étant assez logiquement supérieure quand une
palette de solutions a été définie en CDAPH107.
Elle s’interroge aussi sur l’impact des spécificités de l’offre locale sur les orientations. Ainsi s’agissant des
jeunes sourds, elle observe que la proportion d‘élèves sourds en milieu ordinaire peut varier de 100 à 31%
en fonction des départements. Or les départements avec la plus faible part d’élèves sourds sont ceux où sont
implantés des instituts nationaux des jeunes sourds (INJS) ou des antennes de l’institut des jeunes sourds
(IJS).
La Cour des comptes a alerté dans son évaluation sur le risque d’inéquité et de moindre efficacité des
politiques d’inclusion scolaire, notamment en appelant l’attention sur de « très fortes inégalités
territoriales108 » en soulignant les enjeux de référentiels communs pour l’évaluation des besoins.
3. L’outillage des MDPH et de l’éducation nationale, encore en cours de
développement, devrait favoriser un pilotage plus efficace des notifications
106 Evaluation de politique publique – septembre 2024
107107 Le rapport relatif aux MDPH de l’IGAS relève que le choix de proposer des orientations « complémentaires » est une pratique
plus fréquente dans les départements sous forte contrainte d’offre.
108 P83, rapport public précité
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193
par les deux partenaires, mais les outils de suivi du parcours restent
inégalement activés.
A l’instar du rapport public de la Cour des comptes précité, l’ensemble des rapports qui traitent des MDPH
et de leurs pratiques insistent sur les disparités territoriales dans l’exercice de leurs compétences, placées
sous la responsabilité du département109. Sans doute la genèse des MDPH, créées sans outillage national,
après la loi de 2005 et sans que la CNSA les précède dans l’élaboration de guides de pratiques communs,
porte-t-elle une part majeure de responsabilité dans cet état de fait. Confrontés à l’urgence de répondre aux
besoins des personnes handicapées et de leur famille et d’élaborer des processus nouveaux d’accès à des
droits nouveaux, les départements ont, dans le cadre partenarial du GIP, installé des outils et des process qui
leur étaient propres. Ils ont su répondre, après 2005, et en dépit des défis de la mise en œuvre110, à la
demande des usagers.
Vingt ans après l’adoption de la loi de 2005, des progrès réels ont été réalisés : l’appui de la CNSA aux MDPH
s’est professionnalisé. Sa récente évolution au titre de la branche autonomie lui a permis de dégager des
ressources nouvelles, notamment en renfort de ses équipes SI pour structurer sa conduite de projet.
Toutefois, s’agissant de la stratégie de scolarisation des enfants en situation de handicap, les travaux
engagés, tant en termes de procédure commune que de déploiement SI, produisent encore peu de résultats
mesurables, qu’il s’agisse des référentiels communs ou bien des outils SI.
3.1. Des progrès sont enregistrés en matière d’outillage des MDPH et de leur
partenaire
3.1.1. Des pratiques nouvelles de référentiel commun sur le sujet sensible des notifications d’AESH
La croissance rapide et continue des notifications d’aide humaine et les enjeux associés, tant en termes de
réponse aux besoins de l’enfant qu’en termes de moyens mobilisés111, ont justifié un travail partenarial
spécifique sur la notification d’aide humaine.
La distinction entre AESHi et AESHm est liée aux besoins de l’enfant
Le décret n°2012-903 instaure la distinction entre aide individuelle et aide mutualisée apportée à l’élève en
situation de handicap. Aux termes de l’article D351-16-2, « l'aide mutualisée est destinée à répondre aux
besoins d'accompagnement d'élèves qui ne requièrent pas une attention soutenue et continue.
Lorsqu'elle accorde une aide mutualisée, la (…) [CDAPH] définit les activités principales de l'accompagnant ».
L’aide mutualisée est définie avant l’aide individuelle par le législateur, ce qui semble soutenir l’idée que la
réponse aux besoins d’aide humaine doit en priorité trouver une réponse sous forme « mutualisée ».
A sa suite, l’aide individuelle (art D. 351-16-4) est définie comme suit :
« L'aide individuelle a pour objet de répondre aux besoins d'élèves qui requièrent une
attention soutenue et continue, sans que la personne qui apporte l'aide puisse
concomitamment apporter son aide à un autre élève handicapé. Elle est accordée lorsque
l'aide mutualisée ne permet pas de répondre aux besoins d'accompagnement de l'élève
handicapé. Lorsqu'elle accorde une aide individuelle, dont elle détermine la quotité horaire,
la commission susmentionnée définit les activités principales de l'accompagnant. »
Le besoin d’attention « soutenue et continue » ou non est donc le critère majeur défini par les textes.
Les difficultés d’application de cette nouvelle modalité i/m ont conduit à un travail de la CNSA puis
partenarial sur un arbre de décision commun, préfigurant un indispensable référentiel national
109 Aux termes de la loi du 11 février 2005, le département en assure la tutelle administrative et financière.
110 Les défis opérationnels nombreux liés à la mise en place des MDPH ont pu générer des difficultés (délais de traitement longs,
complexité de l’évaluation de la PCH, accueil du public inégal sur le territoire,…), aujourd’hui en forte amélioration même si la
qualité de service reste un sujet d’actualité (cf CIH du 6 mars 2025, « un choc de simplification » p.21 du dossier de presse)
111 Croissance de 90% des effectfs d’AESH en ETP depuis 2013.
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194
L’évaluation du « besoin d’attention soutenue et continue » souffre des défauts évoqués supra du socle
d’évaluation (dossier de demande limité, Gevasco parfois peu documenté, demande de précaution des
familles par crainte légitime de rencontrer des freins à la scolarisation).
Dès lors, un premier travail a été initié par la CNSA conduisant à une fiche technique très complète parue en
2019 et dont l’objectif explicite bien les difficultés rencontrées en MDPH : « La présente fiche d’appui pour
l’attribution d’un accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) a pour objectif d’aider à la décision
les membres de l’équipe pluridisciplinaire d’évaluation (EPE) de la MDPH chargés des situations en lien avec
la scolarisation. Ce document répond à un besoin d’équité de traitement et d’harmonisation des pratiques. »
Cette première fiche technique s’emploie à préciser ce qu’est et n’est pas une aide humaine ; elle rappelle
que « par principe l’AESH individuel est proposé sur 100% du temps de scolarisation » ; enfin, elle spécifie
qu’il n’est pas de la compétence de l’AESH d’intervenir sur les besoins en soin.
La fiche pose en préalable l’évaluation de la situation de handicap et propose l’arbre de décision suivant :
Arbre de décision pour identifier une situation de handicap – fiche technique CNSA -2019
En annexe de la fiche, elle propose un descriptif des « actions des AESH » visant, sur leurs trois grandes
missions (vie quotidienne ; accès aux apprentissages ; vie sociale et relationnelle) à faciliter aux EP
l’énonciation des tâches attendues pour l’enfant bénéficiaire de la mesure d’aide humaine.
Cette même fiche comprend un arbre de décision relatif au choix entre AESHi et AESHm et rappelle que « la
proposition d’AESH mutualisé est à privilégier par l’EP ».
Dans le prolongement de ce travail, un vademecum de rentrée scolaire a été rédigé, conjointement par la
CNSA, le ministère de l’éducation nationale (DGESCO), le ministère de l’agriculture (DGER) et l’association
des directeurs de MDPH en prévision de la rentrée 2025112. Il reprend l’arbre de décision de 2019 relatif à la
notification d’AESH i et m :
112 Vademecum de rentrée scolaire – avril 2025
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195
Arbre de décision AESH mutualisé ou individuel – fiche CNSA- vademecum de rentrée 2025 p38
Ce travail, partagé avec les administrations en charge de la scolarité de l’enfant (MEN et Agriculture), vise,
en premier lieu, à donner un socle évaluatif renforcé à l’EP de la MDPH ; le document reproduit ci-dessus
résulte d’un travail interne de la CNSA.
Toutefois, l’enjeu du travail partenarial est aussi de créer une culture commune de l’aide humaine entre les
différents acteurs qui accompagnent les familles et l’enfant, de la formulation de la demande à la mise en
œuvre de la notification. A cet égard, la mission a pris connaissance lors de son déplacement à Strasbourg,
de l’initiative, soutenue par la CNSA, du département du Bas Rhin qui, dans le contexte de la fusion des MDPH
des deux départements formant la nouvelle collectivité alsacienne, a initié un travail dont le résultat a été
diffusé tant aux équipes de l’Education nationale, qu’aux EP de la MDPH et aux familles.
L’attribution d’aide humaine, exemple du guide de la collectivité européenne d’Alsace
Co-porté par la collectivité européenne d’Alsace et la MDPH d’Alsace, ainsi que le rectorat, un guide a été
élaboré sur « Les critères d’attribution des AESH ». Il a été rendu public avant la rentrée 2025 et a fait l’objet
d’une forte communication interne à partir de la fin 2024.
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En 5 pages, il rappelle les principes de l’école inclusive, déclinés en dispositifs de droit commun pour les élèves
à besoins particuliers et droit complémentaire à compensation pour les enfants reconnus en situation de handicap.
Il est attentif, pour cette deuxième catégorie, à rappeler l’importance des aménagements pédagogiques, l’aide
humaine étant une modalité citée parmi d’autre et en dernière position sur la liste. En une page, il énonce les
critères d’attribution des AESHi, AESHm et AESHco , en partant toujours strictement des besoins de l’enfant,
notamment le besoin de sécurité.
Enfin, il définit 4 cas de besoins spécifiques (troubles de l’attention ; orientation en SEGPA ; élève en attente
de prise en charge en DITEP ; enfin élève avec trouble du langage écrit et/ou besoin de matériel pédagogique
adapté).
Le document converge sur l’importance du recours au droit commun, l’importance du rôle de l’enseignant et
s’attache à proposer une palette de solutions, permettant de replacer l’aide humaine dans cet ensemble.
Le vademecum précité comprend en annexe différentes bonnes pratiques issues de MDPH, dont certaines
portent sur la clarification des critères d’attribution des aides humaines113. Dans le prolongement de ces
démarches, depuis la fin septembre 2025, un groupe de travail national a été mis en place par la CNSA et la
DGESCO afin de partager les bonnes pratiques existantes et d’approfondir, à droit constant, les critères
d’attribution d’aide humaine. Ce travail, sous réserve qu’il associe le secteur associatif, pourrait favoriser
l’émergence d’un référentiel national partagé et de facto réduire les cas de recours sur les motifs d’une
attribution en m plutôt qu’en i, cas fréquemment rencontré par les MDPH114.
3.1.2. Une amélioration en cours des outils informatiques, LPI et Via trajectoire, à fort impact sur la
connaissance et l’échange d’informations
La mission a pu échanger, tant en MDPH et en établissement scolaire, qu’en administration centrale
(Direction du Numérique Educatif -DNE et direction des SI de la CNSA) sur les évolutions de deux outils
majeurs pour l’école inclusive que sont le Livret de parcours inclusif (LPI) et Via trajectoire.
Le LPI vise à faciliter le parcours scolaire des élèves à besoins spécifiques, le suivi des aménagements mis en
place et la production des documents destinés à formaliser leur accompagnement (plan d’accompagnement
personnalisé, programme personnalisé de réussite éducative, projet personnalisé de scolarisation, …). Il
concerne les élèves en situation de handicap mais aussi les autres élèves reconnus comme « à besoins
éducatifs particuliers ». Application numérique initialement portée par la CNSA, le LPI est aujourd’hui
développé par la DNE du MEN.
Outre sa vocation à accélérer le recours aux aménagements pédagogiques par l’enseignant, au moyen d’une
banque de données très large, à simplifier les procédures d’élaboration des plans par l’équipe pédagogique
et à les formaliser avec les familles, il a aussi pour objectif la circulation d’information entre l’école et la
MDPH via une interface dédiée.
Les documents dont la mission a disposé montrent une forte accélération du déploiement115, sachant que
toutes les MDPH se sont mises en situation de réaliser via le SI-MDPH des exports de PPS vers le LPI116.
Toutefois, à ce stade, les envois retour en provenance du LPI ne sont pas généralisés et les échanges de
dossiers restent encore limités.
S’agissant de l’appropriation du LPI par les équipes pédagogiques auxquelles il est destiné en priorité, la
mission a constaté une appétence limitée de ses interlocuteurs, liée à un lancement, en 2024, sans doute
insuffisamment sécurisé qui a produit localement du découragement sur les accès aussi bien que sur les
fonctionnalités de l’outil. Toutefois, les améliorations réalisées, confirmées par la DNE devraient permettre
113 Cf p62, brochure de la MDPH d’Ille et Vilaine destinée aux familles
114 La cour des Comptes note dans son rapport public d’évaluation de septembre 2024 : « il n’existe pas, à ce jour, de référentiel
permettant de justifier le recours à un accompagnement individualisé ou mutualisé. »
115 Au 12 septembre 2025, 64 MDPH avaient réalisé des exports de décisions vers le LPI.
116 Ces envois sont conditionnés à l’édition d’un « numéro LPI » qui figure sur le Gevasco électronique de l’élève stocké sur le serveur
de l’EN. Seuls les enseignants y ont accès ; le profil MDPH ne permet pas de mener cette recherche …sans numéro LPI. L’extension
des accès à l’équipe d’évaluation faciliterait le développement des flux LPI.
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de franchir un cap en 2025 très utile au partage d’information sur les notifications, les suites données et le
travail sur le parcours de l’élève117.
Via trajectoire est un SI national de suivi des orientations en ESMS des personnes en situation de handicap.
Outre ses objectifs de simplification du suivi de leurs demandes par les usagers et de simplification du
traitement des demandes d’admission, il doit permettre de mieux piloter l’adéquation entre l’offre et les
besoins (suivi de la mise en œuvre des orientations, anticipation des besoins d’adaptation de l’offre par l’ARS
et le conseil départemental, amélioration de la connaissance des besoins des personnes).
Lancé à la suite du rapport « Zéro sans solution »118 , le projet d’un outil de suivi des orientations a atteint
une étape nouvelle en 2022 lorsque Via trajectoire est devenu socle national119. S’il n’a pas encore atteint
tous ses objectifs, la CNSA maitre d’ouvrage stratégique a acté, à l’été 2025, un cap important pour l’accès
des usagers à leur dossier (DUI). Construit postérieurement à la mise en place des MDPH, Via trajectoire s’est
heurté, dans un premier temps tant à des problèmes structurels (absence de répertoire commun des
établissements, hétérogénéité des pratiques d’orientation, absence de cadre d’urbanisation), qu’à une
difficulté, une fois l’outil développé, à en généraliser l’usage dans les MDPH et les ESMS120.
A ce jour, des limites demeurent, notamment en matière de gestion des « files d’attente » en ESMS ; certains
d’entre eux ont ainsi la pratique, une fois les orientations par la CDAPH effectives, de ne pas enregistrer les
demandes tant que leurs places sont pourvues, laissant des bénéficiaires sans visibilité sur les suites données
à la notification. La CNSA évoquait l’idée de rendre obligatoire l’enregistrement dans le cadre des
renouvellements de CPOM ; on peut même considérer, au regard des droits des usagers et des obligations
générales des ESMS envers leurs financeurs (département et/ou Etat), que cette obligation pourrait être
l’objet d’une demande directe des MDPH aux ESMS de leur territoire.
Dans tous les cas, une étape nouvelle est prévue avant la fin 2025 avec l’adoption d’un décret portant
création du SI commun pour l’évaluation des besoins des personnes en situation de handicap. Réunissant
des données personnelles et des données issues des décisions de la CDAPH, ce SI doit faciliter la mise en
œuvre et le suivi des orientations, ainsi que la production d’indicateurs et statistiques. Le projet de texte cite
les services départementaux de l’éducation nationale en destinataires des données « pour les seules données
nécessaires à la mise en œuvre des décisions relatives à la scolarisation des élèves en situation de
handicap 121». Simultanément, la CNSA a informé la mission d’un travail en cours, adossé à la brique
évaluation de ce SI, pour préparer en 2026 une interconnexion de Via trajectoire avec le LPI en vue de
récupérer les données du Gevasco.
Pour renforcer la qualité et le suivi des notifications, la mission a pu constater le besoin urgent de disposer
des fonctionnalités du LPI et de Via trajectoires en déploiement et/ou en construction. Pour les équipes de
l’éducation nationale sur le territoire et pour l’information des familles, mais aussi pour les EP dont le travail
d’évaluation est tributaire d’une information aussi rapide et complète que possible sur la situation de l’enfant
en milieu scolaire, le manque d’outillage reste un problème central.
3.1.3. Un effort de synchronisation des calendriers à poursuivre pour l’effectivité de l’aide humaine
Un des sujets fréquemment évoqués par les interlocuteurs de la mission (familles, associations, personnels
de l’Education nationale) concerne le délai d’obtention effectif de l’aide humaine. Il s’agit également d’un
point d’attention de la Défenseure des droits dans son rapport de 2022 relatif à l’accompagnement humain
117 L’ouverture à la rentrée 2025 d’un accès au LPI pour les coordonnateurs de PAS, chainon des échanges d’information sur les
situations complexes, devrait également contribuer à une meilleure alimentation des MDPH et des équipes pédagogiques et
contribuer à son appropriation après une phase déceptive.
118 Rapport de Denis Piveteau, 2014
119 A l’origine, l’outil était développé par les hospices civils de Lyon et propriété du GCS Sara.
120 La circulaire d’instruction du 15 novembre 2021 n°DGCS/CNSA/DESMS relative au développement des usages et la fiabilisation
des données du SI de suivi des orientations mentionne le manque de manque de qualité des données collectées et appelle à une
plus grande mobilisation des référents en ARS pour s’assurer de leur fiabilisation.
121 Article 3-II-2 du projet de décret
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des élèves en situation de handicap122. Deux éléments se conjuguent : le délai de notification de l’aide et, en
aval, le délai de mise en place de la mesure d’aide auprès de l’enfant scolarisé.
Aux termes de la loi de 2005, le dépôt des demandes par les personnes handicapées et leur famille est à leur
libre initiative, sans calendrier imposé. Un des indicateurs majeurs de qualité des MDPH est, en revanche, le
respect des délais de traitements. La durée règlementaire de traitement est fixée à quatre mois (article R.
241-33 du code de l'action sociale et des familles), délai rarement atteint123.
S’agissant des prestations enfant, et plus particulièrement des notifications d’aide humaine, on peut
constater que le délai moyen s’est dégradé en dix ans mais reste malgré tout proche de l’obligation légale.
Délais moyens de traitement entre 2015 et 2023 (en mois)
CNSA- mars 2025
Pour l’éducation nationale, le calendrier se structure autour de la rentrée (septembre) puis par périodes
scolaires (temps de cours inclus entre deux périodes de congés). L’organisation des plannings, la composition
des classes et l’affectation des enseignants s’inscrivent dans ces séquences.
Dès lors, le rapprochement des deux calendriers est un enjeu majeur pour rendre effectives les notifications
d’aide humaine (délais de recrutement des AESH, formation, organisation locale des ressources et des
affectations).
La situation reste très inégale, mais des améliorations importantes ont été apportées constatées par la
mission. Elles reposent pour partie sur une forte incitation aux familles à respecter des calendriers
prévisionnels avec « dates limites de dépôt » de traitement, même s’ils ne sont pas opposables en droit124 :
– la plupart des MDPH et des DSDEN travaillent en commun à un calendrier de rentrée scolaire afin
de mieux gérer, d’une part la réception des dossiers de demande, d’autre part pour organiser les
traitements des demandes en priorisant les réponses à ce type de demande pour ménager un
délai de mise en œuvre en amont de la rentrée et, au cours de l’année scolaire, des périodes
scolaires125 ;
– linstauration de ces calendriers est largement partagée avec le public pour inciter à des dépôts
de demande permettant d’en améliorer la gestion126 .
122 Le rapport relate une situation d’enfant sans AESH au motif que « les notifications tardives communiquées après la rentrée
scolaire, ne pouvaient être couvertes en raison du manque de budget des services académiques, n’évoluant pas u rythme des
ouverture de droits émises par la MDPH. Dans une décision 2022-122, la Défenseure des droits a conclu à une violation des droits
de l’enfant ». p12 rapport précité 2022.
123 Le délai moyen de traitement national des demandes (tous droits et prestations confondus) au deuxième trimestre 2024 était de
4,7 mois.
124 Cf ci-joint l’exemple de la Marne : Plaquette_Scolaire_2025_2026.pdf
125 C’est le cas des départements dans lesquels la mission s’est déplacée, et ces bonnes pratiques sont valorisées dans le Vademecum
de rentrée de la CNSA (cf ed 2025 – p44)
126 Le site de la MDPH77 indique, pour la rentrée 2025, que « tous les dossiers d’orientation scolaire déposés avant le 30 avril
2025 seront traités prioritairement par la MDPH afin de les notifier d’ici début juillet 2025 pour une affectation dans un
établissement scolaire avant les vacances scolaires. Les dossiers d’orientation scolaire déposés après le 1er mai 2025 seront traités
dans un délai de 4 mois durant tout l’été, avec des affections scolaires par l’Education nationale possibles pendant les vacances
scolaires d’été et jusqu’aux vacances de la Toussaint.
-- 204 of 251 --
199
Pour être efficace, ce dispositif suppose que les modalités de travail des équipes pédagogiques
(programmation des ESS, information sur les affectations des AESH aux élèves) soient également partagées.
En l’absence d’outils, permettant une information en flux, ces démarches de calendrier commun,
nécessaires, restent difficilement évaluables quant aux effets produits.
Surtout, le nombre d’élèves notifiés et non accompagnés est passé de 6,8 à 9 % entre mars 2021 et mars
2025 (resp. 17.536 élèves en 2021 vs 31.952 en 2025), dégradation manifeste en chiffres absolus et en
pourcentage du taux de couverture des notifications. Cette dégradation se poursuit selon les derniers chiffres
disponibles (12% en novembre 2025).
3.2. Le suivi des décisions reste insuffisamment priorisé
Du point de vue des familles et des personnes concernées, la question cruciale est celle de l’effectivité des
mesures.
3.2.1. Des modalités de suivi des notifications imprécises
L’effectivité de mise en œuvre des notifications MDPH fait l’objet d’un rendu compte global dans le cadre de
l’exercice budgétaire :
Source : Rapport annuel de performances PLF2024, programme 230
-- 205 of 251 --
200
Les données présentées dans le RAP sont produites par la DGSCO et issues d’une enquête de gestion auprès
des acteurs académiques, qui permet également à mi année de disposer des données par académie du
nombre d’heures d’accompagnement par élève notifié, du ratio d’élèves pris en charge par AESH, ces chiffres
étant spécifiés selon les trois types d’aide possible (individuelle, mutualisée et collective en Ulis).
Si cette enquête de la DGESCO est cruciale, elle ne permet pas de disposer d’une vision qualitative des
réponses. Sa modalité de collecte de données peut également poser question. Au niveau local, le manque de
SI de gestion des AESH (ex AGESH) crée des difficultés de suivi des notifications qui peuvent expliquer
l’hétérogénéité de la qualité des données remontées au niveau national.
Cela étant dit, le taux de couverture des notifications reste un objectif central des acteurs locaux, notamment
des PIAL ; dans un contexte de couverture insuffisante des besoins, les PIAL tendent à prioriser les
notifications d’AESH-i en faisant varier la quotité d’accompagnement en AESH-m.
Outre le format de la remontée de données, la question de la date de prélèvement de la donnée est
également sensible compte tenu de ce qui a été indiqué précédemment sur les questions de décalage de
calendrier entre les MDPH et le calendrier scolaire.
3.3. Les notifications de matériel pédagogique adapté (MPA) sont inégalement
appliquées et une modification importante de leur attribution est en cours.
Au 31 décembre 2023, 105.000 enfants disposaient d’un droit ouvert par la MDPH à du matériel pédagogique
adapté, soit environ un enfant notifié sur 4.
Or le taux de couverture apparait en deçà de ces notifications127 comme le montre le tableau ci-dessous :
En moyenne, le taux de couverture bénéficiaires/prescription est de 70%, avec des délais de mise en œuvre
signalés à la mission comme pouvant atteindre 18 mois à 2 ans. Pourtant, il a été également confirmé à la
mission que le budget annuel de MPA fait l’objet d’une importante sous-consommation, alors que, comme
le relevait la mission IGESR IGF de 2022, les montants financiers en jeu représentent environ 1% de la dépense
consacrée à l’aide humaine.
Les MDPH ont signalé à la mission n’avoir aucun retour sur l’effectivité des mesures de MPA qu’elles décident
en CDAPH.
Suite à la CNH de 2023, une orientation nouvelle a été très récemment confirmée pour placer sous la
responsabilité directe de l’IA DASEN l’attribution de MPA. Une circulaire du 4 septembre 2025 précise que,
dans ce cadre :
« un pôle « matériel pédagogique adapté » est installé au sein de chaque service
départemental de l’école inclusive (SDEI), placé sous l’autorité de l’IA-Dasen, en lien avec
l’IEN en charge de l’école inclusive. Ce pôle est chargé de la mise en œuvre des décisions de
la CDAPH concernant le MPA, et, le cas échéant, des propositions des pôles d’appui à la
scolarité. Une procédure est formalisée dans chaque département pour faciliter l’attribution
du matériel auprès de l’élève et réduire autant que possible ses délais de mise à disposition ».
127 La Cour des comptes signale qu’ « Il existe en outre des disparités départementales importantes en termes de couverture : 97 %
dans le Morbihan, 96 % dans la Manche et 94 % dans le Cantal, contre 3 % dans les Hauts-de-Seine, 12 % dans le Val-d’Oise et 17
% en Haute-Saône » (rapport septembre 2024 précité)
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201
Les PAS sont en effet, aux termes de la circulaire du 1er septembre 2025, en droit d’attribuer le matériel
pédagogique adapté sans notification préalable de la MDPH. Cette mesure s’inscrit aussi dans les objectifs
de simplification d’accès aux droits ouverts par les MDPH: « L’école pourra déployer l’accessibilité de premier
niveau pour éviter des demandes inutiles aux parents (25% des dossiers enfants ne portent que sur des
aménagements scolaires aujourd’hui) ; l’attribution du matériel pédagogique adapté (…) sera confiée aux
équipes éducatives, en lien avec les enseignants référents, les AESH, et les parents128. » L’enjeu de la formation
au MPA, au-delà de son attribution, est également majeur pour l’effectivité des mesures d’accompagnement
de l’ESH scolarisé, avec l’appui des EMAS (ergothérapeute). Cette formation devrait être renforcée pour les
enseignants et les AESH.
3.3.1. Le suivi des mesures de scolarisation, inégal et dispersé, devrait être facilité par la mise en place
du LPI interfacé avec les SI des MDPH
Le suivi de l’effectivité de mise en œuvre des notifications MDPH suppose une première étape qui est
l’édition et la transmission du PPS.
La loi de 2005 prévoit la mise en place, pour toute personne reconnue en situation de handicap d’un plan
personnalisé de compensation (PPC), dont le PPS est un volet dédié à la scolarisation. Outil partagé principal
de suivi tout au long de la scolarité, le PPS est ainsi décrit par la loi de 2005 :
« En fonction des résultats de l'évaluation, il est proposé à chaque enfant, adolescent ou
adulte handicapé, ainsi qu'à sa famille, un parcours de formation qui fait l'objet d'un projet
personnalisé de scolarisation assorti des ajustements nécessaires en favorisant, chaque fois
que possible, la formation en milieu scolaire ordinaire. Le projet personnalisé de
scolarisation constitue un élément du plan de compensation visé à l'article L. 146-8 du code
de l'action sociale et des familles. Il propose des modalités de déroulement de la scolarité
coordonnées avec les mesures permettant l'accompagnement de celle-ci figurant dans le
plan de compensation ».
La mission relative aux MDPH précitée129 montre que, si la réalisation des PPC (adultes) est très marginale et
concentrée sur les dossiers de PCH, sous sa forme de plan personnalisé de scolarité (PPS) son taux de
réalisation est supérieur. Sa réalisation est plus particulièrement priorisée s’agissant des mesures
susceptibles de faire l’objet d’un RAPO130, fréquent sur le champ des mesures accompagnant la scolarisation.
Concernant les PPS, selon les données de la DGESCO, les MDPH respecteraient encore variablement la
réalisation et l’envoi de PPS aux familles. Moins d’un sur deux aurait été rédigé lors la rentrée 2022131. La
mission a rencontré cette situation dans le département du Haut Rhin où, avant la fusion au sein de la
collectivité alsacienne, la MDPH ne procédait pas à des envois de PPS, privilégiant le Geva-sco par
substitution. Or le PPS, à la différence du Geva-sco, est validé par la CDAPH et est garant d’une vision
pluridisciplinaire des besoins et des mesures relatifs à l’enfant.
La superposition, en pratique, du Geva-sco d’une part, qui réunit les constats des équipes pédagogiques, sous
la responsabilité du directeur d’établissement, pour procéder à une demande de reconnaissance du handicap
à la MDPH ou à des adaptations en cas de renouvellement de demande, et du PPS d’autre part, produit par
la MDPH à l’occasion de la première demande qui lui est adressée132, ne facilite pas la compréhension des
fonctions de chacun de ces supports.
Le caractère non systématique du PPS ne facilite pas le suivi de mise en œuvre des préconisations de la
CDAPH. Leur mise en œuvre nécessite également un partage d’information entre éducation nationale et
MDPH, et un outil informatique commun pour le réaliser. Ce sont ces difficultés qui peuvent expliquer le
128 Cf dossier de presse du Tour de France des solutions. « La MDPH continuera de jouer un rôle pour les adaptations relevant du
cadre médico-social ou qui ne relèvent pas des acquis pédagogiques. Mais pour le matériel standard et reconnu, la réponse sera
désormais plus fluide, plus rapide, et plus cohérente avec le vécu scolaire ».
129 « Accueillir, évaluer, décider : comment les MDPH traitent les demandes des usagers » IGAS- juin 2024, n°2023-098R
130 Recours administratif préalable obligatoire.
131 Chiffre issu du rapport MDPH IGAS 2024
132 On trouve souvent la mention qu’il doit être demandé par les familles alors que le document de demande n’en fait logiquement
pas mention (seul le Gevasco est demandé en appui des demandes dans le cas d’un enfant déjà scolarisé et tout particulièrement
dans les situations de renouvellement de demande).
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202
manque de qualités des données remontées au niveau national. La mise en place du LPI, et le travail
d’interfaçage avec les SI des MDPH actuellement en cours, devrait donner une nouvelle dynamique à la
réalisation et au partage du PPS qui, pour le moment, est largement cantonné à la réunion annuelle de l’ESS
– et à l’ERSEH. A ce jour, PPS, MOPPS (document de mise en œuvre du PPS) et Geva-sco co-existent et leur
cohérence est largement déléguée à l’enseignant référent (ERSEH) en charge de préparer les demandes de
modification du PPS, initiées dans le Geva-sco. L’ensemble témoigne d’un suivi de la mise en œuvre des
notifications institutionnellement insuffisamment priorisé compte tenu de leur caractère central dans la mise
en œuvre de la scolarisation des enfants en situation de handicap.
Ces procédures multiples génèrent de la complexité pour les familles qui peinent à distinguer ce qui relève
du droit, de l’interprétation du droit par la pratique et du déni de droit. Ainsi, à ce jour, ni les Geva-sco, ni les
PPS ne sont opposables. Les notifications d’aide humaine sont, à l’inverse, étayées par un socle juridique
puissant, mais qui n’est pas non plus sans soulever des difficultés pour les nouveaux enjeux de l’école
inclusive.
4. Le cadre juridique issu de la loi de 2005 protège, en pratique, la notification
des droits à compensation dans le champ de la scolarité de l’enfant avant le
droit à l’accessibilité, dès lors trop négligé.
4.1. La notification d’aide humaine, seul droit opposable à l’éducation nationale fait
l’objet d’une judiciarisation croissante
4.1.1. Le pilotage sous contrainte budgétaire du droit à l’aide humaine « i » et « m » a perturbé la
lecture des principes du droit
La hausse continue du recours à l’aide humaine a accompagné la croissance du nombre d’enfants en situation
de handicap scolarisés en milieu ordinaire. Dès 2012, un rapport constate le doublement des prescriptions
d’aide humaine entre 2006 et 2011133, conjugué à une disparité d’accès à l’aide et de montée de la
notification à temps partiel. Cette même année, le décret n°2012-903 a distingué aide individuelle et aide
mutualisée et structuré leur notification sur la base des besoins de l’enfant.
D’emblée, cette mesure a été perçue comme une mesure de gestion et suscité des réserves chez les
associations et les familles. Depuis 2012, l’alternative de notification en AESH i ou m a souffert de l’absence
d’un référentiel métiers et d’une clarification des missions relevant de l’une ou de l’autre solution pour
répondre aux besoins de l’enfant, ce qui a rendu d’autant plus nécessaire le travail aujourd’hui en cours sur
les critères (cf supra). La mise en œuvre des PIAL à partir de 2018 a certes réduit les délais d’attente mais a
également induit des « optimisations » sur la base des flexibilités permises par les notifications de type m
qui, dans un contexte budgétaire contraint, ont dégradé tant l’accompagnement des élèves que les
conditions de travail des AESH.
La mission ne peut que constater la contradiction forte entre des principes de droit fondés sur les besoins de
l’enfant et une pratique qui a cherché, sous contrainte budgétaire, à contenir le recours aux notifications
d’AESH-i. Ainsi, plusieurs MDPH ont fait état des cibles fixées par les DSDEN (70 à 80% de notifications en
m)134. Les services académiques ont systématiquement fait état auprès de la mission des « bons » ou moins
bons résultats atteints par les MDPH en matière de ratio d’AESH-m. De même, le terme de « surprescription »
de « i » est couramment utilisé pour faire état d’un taux important de notifications d’aide humaine
individuelle, sans aucune base de référence permettant de valider cette notion.
133 « Les attributions d’accompagnement humain ont plus que doublé entre 2006 et 2011 alors que le nombre d’élèves handicapés
non accompagnés a diminué pendant la même période (– 2 277). Ce sont désormais six élèves sur dix en primaire et un sur quatre
dans le secondaire qui reçoivent le soutien d’une aide individuelle. Mais, si le nombre d’élèves bénéficiaires d’une aide individuelle
a très fortement augmenté, les nouvelles prescriptions se sont majoritairement orientées vers des accompagnements à temps
partiel. » rapport n°2012-162 IGAS IGAENR IGEN
134 Ce point est également confirmé par les constats de la mission IGAS de 2024 relative aux MDPH
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203
Cette gestion locale découle d’un cadrage national, répercuté par le pilotage budgétaire des programmes de
l’école inclusive. L’optimisation du ratio d’AESH-m fait partie, depuis 2021135, des indicateurs de l’école
inclusive. La sous-direction des programmes budgétaires procède à la répartition des moyens en emplois au
moyen de 4 indicateurs. Le premier d’entre eux est le nombre d’élèves en attente de suite à la notification
d’aide humaine (si la moyenne nationale est stable à 9%, ce chiffre reste variable sur le territoire et s’établit
à 18% pour l’académie de Créteil par exemple). Le deuxième est le nombre d’élèves accompagnés par un ETP
d’AESH (5,15 en moyenne) et le troisième la capacité à consommer les emplois (en évitant de donner des
postes aux académies où les difficultés de recrutement créent une vacance importante). Le quatrième
s’intéresse au pourcentage d’AESH-m : un taux de 72% sera jugé à l’inverse d’un taux de 52% (académie de
Marseille). Sur la base de ce 4e indicateur, la sous-direction des programmes budgétaires affecte aux
académies dont les ratios en AESH-m sont les plus hauts un « bonus » en emplois dans l’idée de ne pas les
pénaliser par rapport aux départements dont le ratio en i est resté élevé.
Le pilotage de la ressource en postes d’AESH repose sur une préférence gestionnaire pour la notification
d’AESH-m, dont le principe pose problème. Sans remettre en cause le principe de libre évaluation des besoins
de l’enfant, il en est pourtant dissocié.
Dans le cadre d’un pilotage partenarial de l’école inclusive, les MDPH ont été conduites à accompagner la
mise en œuvre de ces objectifs fixés aux académies. Elles ont alerté la mission sur l’essoufflement de cette
gestion par la pénurie qui conduit à « saupoudrer136 » les heures d’AESH-m137 et pousse les familles,
prévenues du risque, à introduire des RAPO pour obtenir une requalification de la notification en AESHi.
4.1.2. Un objet de vigilance pour les associations et la Défenseure des droits
Si certaines associations sont réservées sur la qualité de l’accompagnement procuré par les AESH, elles sont
unanimes dans l’attachement à la notification des aides humaines par les MDPH d’une part et l’attente d’un
strict respect de celle-ci. Interrogées sur les notifications d’aide humaine mutualisée, certaines en
reconnaissent l’intérêt pour les enfants à « faible handicap » ; elles appellent à privilégier l’aide humaine
individuelle pour les élèves en situation du handicap du premier degré, mais voient l’intérêt d’un recours à
l’aide mutualisée au collège. Elles déplorent que les MDPH procèdent rarement aux auditions des ESH et de
leur famille en CDAPH, pourtant prévues par les textes.
La Défenseure des droits, dans un avis récent sur la PPL n°571 déposée par la députée Julie Delpech138, a
rappelé « qu’elle est résolument opposée aux modifications apportées par la PPL à l’article L351-3 du code de
l’éducation visant à retirer aux CDAPH leurs prérogatives relatives à la fixation de la quotité horaire
d’intervention des AESH individualisés auprès des ESH et à la détermination des activités des AESH
mutualisés ». Elle a souligné que « l’évaluation des besoins d’accompagnement ne peut relever de l’Education
nationale (…) au risque de voir persister les dérives dénoncées dans notre rapport de 2022 (réponses
inadaptées car apportées en fonction des moyens disponibles et non des besoins de l’élève) ».
Pour la Défenseure des droits, le maintien d’une distinction entre prescripteur et payeur protège pour les
familles « la possibilité d’initier un contentieux en cas de non-respect par les services de l’éducation nationale
de la quotité horaire définie par la CDAPH ».
4.1.3. Une jurisprudence qui conforte le droit à l’aide humaine au titre de la compensation dans le
cadre prévu par la loi de 2005
Selon la jurisprudence, les décisions de la CDAPH prononçant une aide individuelle ou mutualisée apportée
par un AESH participent à la garantie effective du droit à l’éducation et au respect de l’obligation d’instruction
scolaire de l’enfant en situation de handicap139. Le manquement est constitué dès lors que
135 La sous-direction des programmes budgétaires a indiqué que cette orientation avait été prise suite à une mission de l’IGAESR.
136 Le ratio d’élèves accompagnés par ETP d’AESH recruté s’élève à 6,5 en aide mutualisée (de 13 à 4 selon les académies) pour 2,5
en aide individuelle (chiffres DGESCO 31 mars 2025)
137Aux termes de la loi de 2005, la quotité d’heures d’intervention des AESHm est déterminée par l’équipe pédagogique et non par
la MDPH.
138 Avis n°25-06 du 5 juin 2025
139 TA de Rennes, 26 juin 2025 n°2407334. La cour a estimé que la décision du DASEN ne respectait pas le droit à l'éducation de
l'enfant, tel que garanti par le code de l'éducation.
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l’accompagnement n’est pas total par rapport aux exigences posées par la CDAPH140, sans que le manque de
moyens budgétaires puisse justifier le non-respect de la notification 141.
La jurisprudence a également confirmé l’impossibilité de sortir d’une alternative stricte entre AESH i et m
dans l’évaluation du besoin de l’enfant. Dans sa décision du 26 novembre 2021, le pôle social du tribunal
judiciaire de Melun donne ainsi droit à la demande d’un AESHi pour un enfant en situation de handicap et
précise, sur la base d’une expertise médicale la quotité d’heures associée (22h15), en rejetant « l’accord
conclu entre l’Education nationale et la MDPH, s’agissant de la mise en place d’une aide mutualisée dite
conséquente » dont la décision précise qu’«elle n’est pas opposable » au requérant. Afin de graduer les
réponses d’accompagnement, la MDPH de Seine et Marne avait en effet défini une catégorie particulière au
sein de l’aide mutualisée pour les enfants dont les besoins étaient considérés comme ne relevant pas d’une
« attention continue et soutenue » mais dont la qualification « conséquente » visait à orienter l’affectation
horaire par l’Education nationale. Suite à la décision du tribunal, cette pratique a été suspendue.
Cette vigilance du juge au strict respect de la loi de 2005 laisse peu de marges à l’édiction de règles nationales
d’encadrement des notifications et appelle à la prudence sur le contenu des référentiels/arbres de décision
relatifs à la notification d’aide humaine142.
Plus encore, on observe l’apparition d’une jurisprudence qui, au-delà de la notification d’aide humaine,
adosse les décisions enjoignant à l’Etat de mettre en place une aide humaine au plan personnalisé de
scolarisation. La mission a pu constater une divergence d’interprétation du droit entre la défenseure des
droits qui considère le PPS comme opposable143 et la CNSA qui a alerté la mission sur cette conception
extensive de l’opposabilité. Un arrêt récent de la Cour administrative d’appel de Nantes tendrait
effectivement à interpréter la notification comme équivalente aux prescriptions validées par la CDAPH dans
le PPS : « il y a lieu, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative,
d'enjoindre à la rectrice (…) de mettre en place un accompagnement, conformément aux prescriptions
mentionnées dans les projets personnalisés de scolarisation ou GEVA-Sco applicables à chaque enfant et à
l'évolution éventuelle des besoins des enfants ».
4.1.4. Une judiciarisation croissante, manifestation d’un droit sous tension ?
Même si la mission n’a pas pu disposer de données consolidées sur le taux de recours relatif aux décisions
dans le champ de la scolarité, les MDPH constatent une augmentation de celui-ci. Certaines MDPH ont adapté
leur pratique, au vu du fort taux de décisions des juges faisant droit à la demande des familles : en cas de
RAPO, la CDAPH infléchit sa position pour anticiper une décision de justice qui lui sera défavorable144.
Tout autant que les notifications d’aide humaine, la MDPH de Seine et Marne a signalé un taux de recours
d’environ 4% sur toutes les orientations et prestations enfant, et en priorité pour les demandes d’Ulis ou
d’AEEH non satisfaites.
Si, depuis 2005, les associations se sont organisées pour aider les parents à faire valoir leurs droits, on voit
aujourd’hui émerger une autre modalité d’offre, de nature commerciale, portée par des cabinets de conseil
juridique et dédiée aux notifications d’aide humaine, comme celle proposée par le site « UrgenceAESH » ou
plus récemment encore « Monaesh.fr"145. Ce virage, dans un contexte de fragilité de l’évaluation des besoins
et de difficulté de l’Education nationale à faire droit aux demandes croissantes d’aide humaine, invite à
s’interroger sur le caractère de quasi-automaticité du recours aux mesures de compensation au détriment
de l’objectif d’accessibilité paradoxalement mis en difficulté par la judiciarisation actuelle.
140 TA Nice 2 décembre 2024 n°2406310
141 TA de Rennes, 26 juin 2025 n°2407334
142 On peut ainsi s’interroger, dans la fiche technique pour l’attribution d’un AESH réalisée par la CNSA en 2019, sur le conformité
aux textes de la mention suivante « la proposition de l’AESH mutualisé est à privilégier par l’EPE. »(p.8).
143 C’est également le cas chez certains parents et acteurs associatifs comme en témoigne cette mention sur le site d’information
Dyscussions : « Le PPS est opposable au code de l’Education Nationale ».
144 Le rapport IGF IGESR de 2022 a analysé les recours relatifs aux décisions enfants d’une MDPH (non spécifiée) et constaté en 2020
77% de jugements modifiant les décisions de celle-ci sur 35 dossiers jugés.
145 https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/08/31/des-familles-se-tournent-vers-la-justice-pour-que-leur-enfant-obtienne-
un-aesh-lundi-on-est-prets-a-faire-un-recours_6637720_3224.html
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4.2. Un risque de déresponsabilisation sur le champ de l’accessibilité
4.2.1.1 Une place limitée des mesures d’accessibilité pédagogique dans le travail d’instruction des CDAPH
La loi de 2005 poursuit, au moyen de mesures de compensation, un objectif d’accessibilité. Pour cette raison,
elle n’a pas exclu de la responsabilité de la CDAPH et de l’équipe pluridisciplinaire, la description des mesures
relevant de l’accessibilité pédagogique parmi les mesures notifiées en réponse aux besoins de l’enfant. A
partir de 2008, le Geva-sco vient même en principe renforcer l’information de l’EP, nourri des observations
du milieu scolaire sur l’enfant.
Une première partie du Geva-sco intitulée « Points saillants liés à la scolarisation », inclut ainsi un tableau à
remplir sur les aménagements relevant du droit commun mis en place pour l’enfant, tableau qui précède les
éléments demandés sur un éventuel suivi médicosocial, et qui est complété d’un tableau sur les conditions
matérielles de la scolarisation :
Extrait Geva-sco p2
Toutefois, trois obstacles sont venus en pratique percuter l’ordre de priorité qui se déduit de l’examen de ce
document pour instruire en premier les mesures d’accessibilité de droit commun, puis en second lieu le
recours à une mesure de compensation (dont aide humaine) :
– Le statut incertain du Geva-sco, certes requis par la MDPH dans le dossier de demande puis de
renouvellement de demande, mais non obligatoire pour la recevabilité et l’examen de ladite
demande.
– La composition fluctuante des équipes de l’EP, au titre de l’éducation nationale, dont les
compétences issues du domaine de la pédagogie n’ont pas toujours été priorisées
– La focalisation des familles elles-mêmes sur la demande d’aide humaine et leur défiance vis-à-vis
des alternatives internes à l’Education nationale (PAP, PPRE, PAI), largement confirmées à la
mission, par défaut d’investissement des enseignants concernés et de suivi de l’institution
scolaire.
4.2.2. L’impossibilité, à cadre juridique constant, de graduer les réponses accessibilité/compensation
Le cadre de la loi de 2005 ne prévoit pas, paradoxalement, une vérification par la MDPH de l’activation
préalable des mesures de mise en accessibilité de l’école, relevant du droit commun.
Pilotée par la demande de la famille et le respect des délais de réponse, l’examen des mesures
d’accompagnement de la scolarité prend appui sur la totalité des besoins identifiés, sans pourvoir prioriser
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la mise en œuvre de mesures d’accessibilité de droit commun. La MDPH de la Meuse a signalé à la mission la
difficulté, à droit constant, de graduer les réponses de l’accessibilité à la compensation.
La mission souscrit au constat de l’IGAS146 sur la nécessité d’un travail de doctrine pour renforcer le recours
au droit commun avant la compensation. Actuellement sans support légal clair, plusieurs MDPH, en lien avec
les DSDEN, ont développé des pratiques de priorisation tel que le Finistère dont la MDPH, lors des
investigations de la mission147 prenait des décisions de refus des prises en charge spécifiques à l’école si l’EP
constatait qu’aucun aménagement pédagogique préalable n’avait été mis en place.
Ces initiatives appellent au minimum un travail de recensement et d’échange sous la responsabilité de la
CNSA en lien avec la DGESCO et, dans un second temps, une réflexion sur un support réglementaire commun
pour en consolider le cadre d’exercice.
4.2.3. La meilleure articulation entre accessibilité et notification, un sujet d’investigation très concret
pour le PAS
Il n’appartient pas à la mission de réinterroger le cadre de la loi de 2005. Dans le champ très sensible des
notifications d’aide humaine, une grande majorité de ses interlocuteurs a pointé l’épuisement du dispositif
et le besoin d’accroitre la place des mesures d’accessibilité.
La judiciarisation en cours prospère toutefois sur la défiance des familles et leur attachement au respect de
leurs droits, trop souvent réduits dans le débat à l’obtention d’une aide humaine. Les associations ont été
nombreuses à exprimer leur refus de « lâcher la proie (ie le droit opposable aux AESH) pour l’ombre (ie le
recours à des mesures d’accessibilité de droit commun) ».
Le déploiement en cours des PAS148 doit permettre de d’initier la preuve de l’efficacité des mesures de droit
commun en organisant d’une part leur mise en œuvre, d’autre part leur suivi dans un processus partagé avec
les familles.
***
La loi du 11 février 2005 plaçait la compensation au service de l’accessibilité et n’avait pas développé de
réflexion spécifique sur l’aide humaine. L’évolution des pratiques de notifications, dans un contexte d’atonie
des mesures d’accessibilité au cœur de l’école, montre une difficulté importante à concilier le cadre de la loi
et l’augmentation continue des mesures d’aide humaine, corsetées par la seule alternative construite autour
du besoin d’attention continue et soutenue.
Le développement de partenariats renforcés entre MDPH et éducation nationale doit se poursuivre, autour
d’outils de partage permettant de mieux prioriser les mesures d’accessibilité de droit commun et la
vérification conjointe de leur effectivité en réponse aux besoins de l’enfant.
146 Mission MDPH 2024
147 Premier semestre 2024
148 485 PAS sont en place à la rentrée 2025 dans 81 départements au total. La circulaire du 1er septembre 2025 précise qu’ils sont au
service des élèves à besoin particulier, notifiés ESH ou non ; dans le cadre de ses missions, le PAS « envisage la meilleure cohérence
entre les aménagements pédagogiques (…) et les missions confiées à l‘AESH dans le cadre du PPS ».Plus largement, « le PAS vise à
l’évolution des pratiques pédagogiques pour un enseignement pleinement accessible ».
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Annexe 12
Les pôles d’appui à la scolarité ; Point de situation au 1er septembre 2025
La création des pôles d’appui à la scolarité (PAS) résulte de la conférence nationale du handicap du 26 avril
2023. Cette création est annoncée au titre des mesures de meilleure organisation de l’accueil des enfants à
besoins particuliers au sein des établissements scolaires comme le rappelle l’encadré ci-dessous.
Source : Dossier de presse de la CNH du 26 avril 2023
Le comité interministériel du 16 mai 2024 confirme la création des PAS en précisant le public cible, qui inclut
explicitement les enfants en situation de handicap (ESH) et non plus seulement les enfants à besoins éducatifs
particuliers, et organise la transition avec les PIAL :
« Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse apportera la première réponse
aux besoins de tous les élèves, sans passage préalable par la maison départementale des
personnes handicapées (MDPH). D’ici 2027, tous les pôles inclusifs d’accompagnement
localisés (PIAL) deviendront des pôles d’appui à la scolarité (PAS). Ils seront dotés de
temps d'enseignant et d'éducateur spécialisés et pourront mobiliser des professionnels
médico-sociaux (orthophonistes, ergothérapeutes, masseurs-kinésithérapeutes,
psychomotriciens, psychologues). Ces pôles accueilleront les familles et accompagneront
tous les élèves à besoins éducatifs particuliers, dont les élèves en situation de handicap. Ils
détermineront les accompagnements pédagogiques à mettre en œuvre. Les pôles se
chargeront également de l’accès et de l’attribution de matériels scolaires adaptés et
mobiliseront les personnels pour accompagner et soutenir chaque élève. À la rentrée 2024,
les départements de l’Aisne, de la Côte-d'Or, d’Eure-et-Loir et du Var déploieront les 100
premiers PAS préfigurateurs. (dossier de presse du CIH du 16 mai 2024)
A l’heure où la mission a effectué ses déplacements de terrain (juin-septembre 2025), le dispositif était
encore en phase de préfiguration ; à la rentrée 2025, le déploiement de 400 nouveaux PAS a été lancé. Une
évaluation, confiée à l’ANAP pour le compte de la CNSA, était attendue pour juin 2025. Toutefois, ses
conclusions définitives n’étaient pas encore disponibles en septembre. La répartition des 100 premiers PAS
en septembre 2024 entre les 4 départements préfigurateurs était la suivante : 24 dans l’Aisne ; 17 en Côte
d’Or ;18 dans l’Eure et Loir ; 41 dans le Var.
Bien qu’émergent, ce dispositif constitue une voie d’évolution de l’école inclusive, considérée comme
significative par les interlocuteurs de la mission. Porté en interministériel par les ministères de l’Education
nationale (DGESCO, DGRH) et du handicap (DGCS, CNSA), il n’a toutefois pas reçu les suffrages des
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parlementaires qui ont rejeté l’amendement parlementaire instaurant les PAS en commission mixte paritaire
à l’été 2025.
Après avoir examiné les missions et l’organisation des pôles d’appui à la scolarité (PAS) (1) telles que prévues
par les textes149 et les interrogations qu’elles ont soulevées dans le débat parlementaire, il sera présenté un
état des lieux de leur première année de fonctionnement dans les départements expérimentateurs (2), ainsi
que les points d’attention que ces débuts mettent en lumière à l’heure de leur première phase de
déploiement (3), et des questions à trancher en vue d’une généralisation complète en 2027 (4).
1. Un nouveau service aux missions nombreuses visant à coordonner les
interventions éducatives et médico-sociales auprès des enfants à besoins
éducatifs particuliers en priorité
Les pôles d’appui à la scolarité, en cours de déploiement, s’appuient sur des textes de mise en œuvre
confirmés (circulaires et cahiers des charges), mais leur base légale reste inachevée.
1.1. La circulaire du 1er septembre 2025 précise partiellement une première circulaire
adoptée un an plus tôt
Annoncé dès la CNH du 26 avril 2023, le principe des pôles d’appui à la scolarité fait l’objet d’une préfiguration
à compter de la rentrée 2024. La circulaire du 3 juillet 2024 en pose les modalités principales et définit son
cahier des charges, annexé à la circulaire.
Présenté comme un « nouveau service rendu aux parents (...) d’enfants présentant des besoins éducatifs
particuliers, en même temps qu’une organisation qui vient en appui des professeurs150», le PAS est conçu pour
« trouver des réponses rapides et adaptées, en première intention comme au long cours ».
Pour mener cette mission, il est constitué d’un « binôme opérationnel », coordonné par un personnel de
l’Education nationale, aux côtés duquel intervient un éducateur délégué à temps plein par un ESMS du
territoire, mandaté par l’ARS. En septembre 2025, ce modèle est maintenu.
La saisine du PAS peut se faire, auprès du coordonnateur, par les parents, un directeur d’établissement ou
un professeur151. La saisine par les parents représente, dès 2024, une nouveauté majeure du PAS par
comparaison avec le PIAL.
Le PAS peut mobiliser des moyens relevant de l’éducation nationale et du secteur médico-social sur son
territoire tant pour apporter une réponse de premier niveau (aménagements pédagogiques, attribution de
matériel pédagogique, intervention en observation) que pour l’appui à une réponse plus approfondie
(orientation vers des ressources spécifiques, aide à la préparation d’un dossier de demande de compensation
à la MDPH).
La gouvernance du PAS, en phase de préfiguration, est définie simplement par le rattachement des
coordonnateurs de PAS aux IA-DASEN, à charge pour eux de les réunir régulièrement avec les DT ARS. Est
également mentionnée la constitution d’un « pilotage local du PAS » confié simultanément à un directeur
d’établissement, un IEN 1er degré et le responsable de l’équipe mobile d’appui médicosociale. Il est
recommandé de « positionner le coordonnateur du PAS dans les différentes chaînes de décision », mais en
proposant aux départements préfigurateurs de définir leurs propres modalités de gouvernance. En
septembre 2025, un modèle de gouvernance unique est proposé152 par le cahier des charges des PAS.
Le pilotage de proximité est maintenu dans son format initial avec la mission de définir la communication,
les procédures de saisine et d’assurer le suivi de l’activité du PAS.
Le tableau ci-dessous reprend les principales orientations du cahier des charges du 1er septembre 2025.
149 Notamment la circulaire du 1er septembre 2025 et cahier des charges
150 Circulaire du 3 juillet 2024
151 La circulaire du 1er septembre 2025 précise qu’elle peut également émaner d’un élève majeur.
152 Ce modèle est inspiré des préconisations de l’ANAP dans son étude de juillet 2025 (cf infra).
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Synthèse du cahier des charges du Pôle d’appui à la scolarité – 1er septembre 2025*
Missions
- Apporter des réponses adaptées aux EBEP, sur sollicitation des responsables légaux, de
l’élève majeur, des chefs d’établissement, directeurs d’école, inspecteurs et professeurs
- Accompagner les familles pour analyser les besoins de l’enfant (aide au GEVA-Sco)
- Mettre en œuvre l’accompagnement humain notifié par la MDPH et la coordination des
interventions extérieures (médicales et médicosociales)
Public cible
- EBEP sans notification préalable de la CDAPH (« logique d’accessibilité »)
- Elèves disposant d’une notification de la CDAPH pour le matériel adapté ou bien « de
manière temporaire » pour les élèves notifiés vers un ESMS « en attente de mise en œuvre ».
Organisation et
gouvernance
-Périmètre : plusieurs écoles, de préférence de la même circonscription, et des établissements
du 2d degré ; l’IA-DASEN et le DT-ARS examinent ensemble la cartographie
- Equipe permanente : un coordonnateur personnel de l’EN (sous autorité IA-DASEN) et un
éducateur spécialisé déployé par l’équipe MS mandatée par l’ARS dédiés au PAS.
- Ressources : le PAS peut mobiliser les professeurs référents numérique, RASED, professeurs
ressources TND, conseillers pédagogiques, ERSEH, équipes pédagogiques, AED, psychologues,
personnels de santé scolaire et SDEI..ainsi que les AESH référents. « Une équipe d’AESH est
rattachée au PAS (…) pour accompagner l’ensemble des ESH notifiés pour un accompagnement
humain » ; peuvent également être mobilisés sous l’autorité de l’ESMS porteur des emplois,
l’éducateur spécialisé dédié et l’EMAS pour des interventions directes auprès d’élèves. Le
coordonnateur peut s’appuyer sur des professionnels libéraux mobilisés par l’EMAS.
-Gouvernance : elle comprend 4 niveaux, académique, départemental, local et interne au PAS.
L’organisation est présentée en CDSEI pour identifier les ressources mobilisables et
coordonner les interventions.
-Pilotage et coordination : IEN, chef d’établissement et directeur de l’ESMS porteur sont
pilotes et définissent la communication, les procédures de saisine et la régulation du PAS. Le
coordonnateur accueille les familles et les EBEP, expertise les besoins pédagogiques et
éducatifs, propose les interventions et met en réseau les professionnels.
-Implantation du PAS : en priorité dans une école ou un établissement scolaire, choisie en
association avec les collectivités locales, avec accès à du matériel informatique et
téléphonique. « Les frais de déplacement (…) sont pris en charge par l’autorité de tutelle ».
-Accueil des familles : dans les meilleurs délais après saisine ; le coordonnateur a accès au LPI
en consultation. Le PAS ne se substitue pas aux équipes pédagogiques en charge de la 1e
réponse. Si une évaluation médico-sociale est proposée, une autorisation parentale est
nécessaire.
Réponses de 1er
niveau
Aménagements pédagogiques : le PAS peut proposer des adaptations complémentaires,
inscrits au LPI.
Matériel pédagogique adapté : le coordonnateur peut proposer l’attribution de MPA et
adresser directement une demande au service dédié.
Soutien pédagogique et/ou médicosocial : en plus des ressources pédagogiques de droit
commun (cf supra), recours possible à une aide personnalisée ; en cas de « situation
susceptible de relever d’un trouble ou d’évoluer vers une reconnaissance du handicap, des
interventions MS ponctuelles peuvent être proposées, à titre temporaire en amont ou en
complément de l’existant (PPS, PAP..).
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Ressources territoriales : le PAS peut les solliciter (associations, collectivités ou tout autre
appui), sur la base d’un recensement fait avec les collectivités.
Accompagnement des familles vers les structures spécialisées : le PAS assure un rôle de
conseil, en cas d’insuffisance des réponses de premier niveau, pour accélérer le diagnostic
(PCO, CAMPS, CMPP..) ou aider à la constitution d'‘un dossier MDPH avant relais par les
enseignants référents.
Accompagnement
humain des ESH
« Les droits à compensation sont la prérogative de la MDPH. ». Le PAS « envisage la meilleure
cohérence entre les aménagements pédagogiques (…) et les missions confiées à l‘AESH dans le
cadre du PPS ». Les académies veillent aux moyens de gestion des AESH en sus des moyens
des PAS.
Mission ressource
pour les écoles et
les
établissements
scolaires
« le PAS vise à l’évolution des pratiques pédagogiques pour un enseignement pleinement
accessible ». Les directeurs d’école/chefs d’établissement peuvent le solliciter ainsi que
l’EMAS, soit pour une situation, soit pour « renforcer la coopération avec l’ensemble des
professionnels concourant à la réussite scolaire des enfants ».
*en italiques : extraits spécifiques du cahier des charges
La circulaire du 3 juillet 2024 précisait que « en vue d’une généralisation progressive des pôles d’appui à la
scolarité à partir de 2025, [l]’ expérimentation donnera[it] lieu à des ajustements en fonction du retour
d’expérience des quatre territoires ». Il est regrettable que ni la circulaire du 1er septembre 2025 ni le cahier
des charges annexé ne fassent état des apports de la préfiguration et/ou n’intègrent une dimension
préparatoire à la généralisation de 2027 en réservant des options d’évolution. Alors qu’un « comité de suivi
de la phase préfiguratrice » comprenant la DGCS, la DGESCO et la CNSA était annoncé par la circulaire de
2024, l’évaluation dont il a été en charge n’a pas été rendue publique et ses résultats sont peu visibles dans
la nouvelle rédaction du cahier des charges des PAS.
A la lecture comparée des deux cahiers des charges (annexés à la circulaire du 3 juillet 2024 et à la circulaire
du 1er septembre 2025), on constate toutefois que des enseignements ont été tirés des 6 à 8 mois de
fonctionnement en 2024-25. Ainsi, quelques inflexions y sont sensibles consistant principalement à :
– rappeler de façon plus lisible que « les droits à compensation sont la prérogative de la MDPH » ;
– Définir de façon restrictive les interventions auprès des ESH notifiés : élèves disposant d’une
notification de la CDAPH pour le matériel adapté ou bien « de manière temporaire » élèves
notifiés vers un ESMS « en attente de mise en œuvre » ;
– Formaliser l’association du coordonnateur de pôle aux instances locales de gouvernance de
l’école inclusive
– Renoncer à préciser le « délai raisonnable de réponse » aux familles, après saisine du PAS (le
cahier des charges 2024 mentionnait que « les parents sont reçus (…) dans un délai qu’il faudra
définir » ).
– Définir un lien de coopération avec les AESH sans mentionner la fonction d’affectation (le cahier
des charges 2024 affirmait que « le coordonnateur du PAS assure la répartition des AESH en
fonction des besoins identifiés » ; celui de 2025 mentionne seulement qu’« une équipe d’AESH
est rattachée au PAS »)
– Un encadré nouveau évoque les fonctions spécifiques des ERSEH pour la mise en œuvre des PPS,
et la possibilité pour les PAS de les solliciter « pour apporter leur expertise sur les besoins des
élèves de leur secteur ».
Toutefois les motifs ayant présidé à ces modifications ne sont pas explicités. On verra infra que, par défaut,
la circulaire du 1er septembre 2025 peut générer de l’incertitude sur la conduite opérationnelle des missions
du PAS.
Sa parution, dans un contexte de débat sur le dispositif, peut expliquer ces imprécisions, reflets d’un doute
sur la soutenabilité d’une évolution rapide vers un principe prioritaire d’accessibilité vs compensation.
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1.2. Le débat parlementaire, marqué par la défiance vis-à-vis du dispositif des PAS
s’est sensiblement orienté vers un rejet des propositions successives du
gouvernement.
L’enjeu de transformation des PIAL en PAS a justifié les tentatives successives du gouvernement pour
soumettre au parlement la création des PAS, les PIAL étant un dispositif de niveau législatif. La CNH de 2023
a en effet acté la transformation des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) en PAS. Or les PIAL
ont été créés par la loi n° 2019-791 du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance.
Les PIAL ont pour objectif de mieux prendre en compte les besoins éducatifs des élèves en situation de
handicap, avec trois missions principales : coordonner les moyens d'accompagnement humain au sein des
établissements scolaires ; constituer un pôle ressources à destination de la communauté éducative ; y
associer des professionnels de santé et les gestionnaires des établissements et services médico-sociaux.
A la rentrée 2022, on dénombrait 4 089 PIAL. On constate que leur mission s’est le plus souvent limitée à la
gestion des affectations des AESH. La mission visant à en faire un « pôle de ressources » et l’objectif
d’«association des professionnels de santé » ont, pour leur part, été réservés aux PIAL dits « renforcés », au
nombre de 864 à la rentrée 2022, soit 21 % d'entre eux.
Dans ce contexte, la transformation des PIAL en PAS, dont la mission est de coordonner mieux les
interventions pédagogiques et celles relevant du secteur médico-social, n’est pas perçue comme une
amélioration du droit applicable.
De surcroît, elle a été très tôt perçue par les associations, au-delà des évolutions de dispositifs, comme une
tentative de limiter de facto les compétences de la MDPH sur la notification des AESH aux enfants en situation
de handicap. Ainsi la disposition suivante relative au PAS a été introduite à l’article 53 du projet de loi de
finances pour 2024 par le Gouvernement :
« Lorsque la commission mentionnée à l’article L. 146 9 du code de l’action sociale et des
familles constate que la scolarisation d’un enfant dans une classe de l’enseignement public
ou d’un établissement mentionné à l’article L. 442 1 du présent code requiert une aide, qui
peut, le cas échéant, présenter un caractère individuel, sa décision est communiquée au pôle
d’appui à la scolarité mentionné au I du présent article, qui en détermine les modalités de
mise en œuvre et organise son exécution. Cette aide peut notamment être apportée par un
accompagnant des élèves en situation de handicap recruté selon les modalités définies à
l’article L. 917 1. »
Cette disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel en tant que cavalier budgétaire ; elle a
toutefois créé une alerte sur le risque que les PAS soient les vecteurs d’un affaiblissement du droit à
compensation, prérogative des MDPH, en confiant à l’éducation nationale non seulement la mise en œuvre
de la décision de la MDPH mais le choix des quotités horaires associées (« modalités de mise en œuvre »).
Associé dès lors à un objectif de régulation des affectations d’AESH, le projet du PAS est par principe suspecté
par une majorité de parlementaires. La proposition de loi déposée par la députée Julie Delpech reprend
initialement pourtant l’essentiel du texte du PLF:
« Lorsque la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des
familles constate que la scolarisation d'un enfant dans une classe de l'enseignement public
ou d'un établissement mentionné à l'article L. 442-1 du présent code requiert une aide
individuelle (dont elle détermine la quotité) horaire, ou mutualisée, la décision est
communiquée au pôle d’appui à la scolarité mentionné au troisième alinéa du présent article,
qui organise sa mise en œuvre. »
Le texte voté par le Sénat limite explicitement les pouvoirs du PAS sur ce volet en précisant à l’article L351-3
du code de l’éducation que « la décision est communiquée au pôle d’appui à la scolarité mentionné au
troisième alinéa du présent article ». La lecture des débats en commission du 11 juin 2025 au Sénat
permettent de comprendre la nature de l’adhésion aux principes du PAS et les points de vigilance qui en
justifient in fine le rejet153. En effet, la rapportrice convainc sur les ambitions théoriques du PAS (extension à
153 Proposition de loi visant à renforcer le parcours inclusif des enfants à besoins éducatifs particuliers - Sénat
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tous les EBEP et non pas seulement les ESH ; mise en place d’un binôme intégrant les compétences
médicosociales) mais, en complément de la question de l’autorité de notification du droit à compensation,
l’expérience peu concluante des PIAL limite l’adhésion des sénateurs au dispositif154.
Ainsi, en dépit des modifications apportés par le Sénat, le dispositif du PAS est rejeté en commission mixte
paritaire dans sa globalité.
A ce jour, les suites données à l’expérimentation des PAS (extension de 100 à près de 500 PAS à la rentrée
2025) sont à considérer dans ce contexte particulier : en droit, les PIAL sont le seul dispositif reconnu par le
législateur ; le déploiement des PAS s’effectue donc à droit constant, en superposition des PIAL, sans
clarification des missions nouvelles qui leur sont confiées ; bien qu’il y ait un intérêt pour son ambition, la
défiance sur la question de la mise en œuvre du droit à compensation ainsi que sur les moyens qui
permettront d’assurer l’effectivité des missions des PAS reste forte.
Une proposition de loi visant à généraliser le dispositif à l’horizon 2027 (3000 PAS) devrait être présentée au
Parlement à l’automne 2025.
2. La préfiguration des PAS est riche d’enseignements, mais n’a pas permis d’en
faire émerger une modélisation claire.
A la rentrée 2024, 4 départements ont été désignés préfigurateurs du PAS, à raison de 100 PAS au total.
La CNSA, en charge d’un premier bilan d’évaluation, a confié à l’ANAP une étude sur leur mise en place,
finalisée en juillet 2025. Cette étude porte sur une durée de fonctionnement limitée compte tenu d’un
démarrage progressif au T4 2024 et d’une remontée des données constitutives de ce premier bilan, variant
entre mars et mai 2025 pour les plus récentes. De ce fait, les données disponibles présentent un caractère
plus indicatif que conclusif.
La mission, lors de son déplacement en Côte d’Or, département préfigurateur, comme lors de ses échanges
avec d’autres équipes préparant le déploiement de la rentrée 2025, a pu relever des constats, des pratiques
et des questionnements très convergents avec l’enquête réalisée par l’ANAP.
2.1. Le calibrage des PAS préfigurateurs a été une phase complexe, avec un fort
engagement des acteurs
Le calibrage du PAS pose la question de son territoire, de son périmètre d’action et de sa composition.
S’agissant des territoires, le souhait des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) a été, en
conformité avec l’inscription dans la lignée des PIAL, de faire correspondre les PAS à ces territoires
préexistants. Dans les 4 départements préfigurateurs, les PAS ont été positionnés auprès des têtes de PIAL,
avec des regroupements de PIAL variant de 2 (Var) à 3 voire 4 (Aisne) sans changement des périmètres
globaux.
Dès lors, la compatibilité avec les ressources médicosociales et leur propre territorialisation n’a été examinée
que dans un second temps, le choix d’une attribution des binômats aux organismes gestionnaires déjà en
charge d’une EMAS ayant concouru à simplifier l’organisation. Trois départements155 ont constitué la
cartographie des PAS en croisant avec des critères de nombres d’élèves et de nombre d’AESH à encadrer. En
154 « On nous indique aujourd'hui que les PAS permettront d'inclure le secteur médico-social, mais c'était déjà prévu dans les Pial et
cela n'a pas fonctionné, faute de moyens mis en oeuvre par l'éducation nationale. Aujourd'hui, changer le nom du dispositif ferait
surgir les moyens nécessaires... (…) Selon la Dgesco, 3 000 PAS sont prévus, ce qui signifient 6 000 postes nouveaux dont 3 000
dans le secteur médico-social. Même en accordant les crédits nécessaires, les recrutements seraient impossibles, car les agents
n'existent pas. Il est impératif de prendre ce sujet à bras-le-corps et de ne pas laisser l'éducation nationale faire semblant de
s'occuper de l'école inclusive. C'est la mise en oeuvre de ce texte qui pose problème, car l'éducation nationale a la main. Il convient
donc d'éviter cet écueil et de placer des garde-fous ; ce texte pourrait y contribuer s'il était amélioré en ce sens ». Intervention du
sénateur Cédric Vial en commission du 11 juin 2025.
155 Var, Aisne et Cote d’Or
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revanche, la dimension géographique s’est avérée plus complexe à homogénéiser, créant des différences
fortes de distance à couvrir et de temps de déplacement pour les intervenants des PAS156.
Dans les quatre départements, le recrutement des binômes a pu être effectué rapidement en concédant
toutefois des amodiations par rapport aux profils initialement recherchés. Ainsi, s’agissant des
coordonnateurs, la mission a pu constater que beaucoup d’entre eux n’avaient pas encore le CAPPEI, même
s’ils ont le plus souvent mentionné l’intention de concourir à cette diplomation. S’agissant des éducateurs
spécialisés, le poste a présenté une bonne attractivité. Seul le département de l’Aisne a privilégié des profils
de moniteurs éducateurs pour préserver les RH des organismes gestionnaires du territoire en éducateurs
spécialisés.
Le recrutement de la 2e ressource médicosociale prévue s’est parfois avéré plus complexe (sachant qu’on
constate un décalage entre la compréhension du schéma par l’éducation nationale (2ETP) et les quotités
d’ETP prévus par la DGCS et la CNSA (1,6 à 1,8 ETP157). Rattachées aux EMAS, ces ressources ont pris des
formes variables (professionnels de santé, éducateur spécialisé partagé, mix des 2 solutions). Le bilan d’étape
de l’ANAP interroge la complétude des équipes, en raison du morcèlement des temps de professionnels
correspondant à cette 2e ressource. La mission a constaté l’originalité du modèle de la Côte d’Or qui
s’explique sans doute aussi par son antériorité sur la préfiguration des PAS.
Préfiguration des PAS en Côte d’Or – plateau technique
17 PAS ont été déployés en Côte d’Or depuis la rentrée 2024. Trois partenaires du médico-social (PEP-CBFC,
UGECAM-BFC, VYV3-Bourgogne) sont responsables de la gestion des éducateurs spécialisés. Ils ont
mutualisé leurs ressources paramédicales dans une équipe mobile reliée au PAS (EMR-PAS) afin de répondre
aux besoins des PAS de tout le département. Celle-ci est composée de deux psychologues, d’une
neuropsychologue, d’une ergothérapeute, d’une psychomotricienne et de deux orthophonistes.
Le PAS sollicite les paramédicaux de l’EMR-PAS pour un appui d’analyse des besoins des élèves dans les
classes, ainsi que pour la construction de réponses de premier niveau.
La Côte d’Or se singularise par une expérimentation antérieure sous pilotage de l’ARS, dès 2022. Constatant
une augmentation des troubles du comportement d’enfants à l’école, une équipe de 5 éducateurs est déployée
dans le cadre des quartiers politique de la Ville, avec pour mission de rayonner sur 2 ou 3 établissements du
premier degré. Selon les interlocuteurs de la mission, cette expérimentation spécifique à la Côte d’Or a fait ses
preuves. Elle a fait l’objet d’un très bon accueil par les établissements et les communautés enseignantes (suivi
individuel et prise en charge).
Source : Données DSDEN et DT ARS de Côte d’Or
2.2. Le public cible constitue un point central des retours de la préfiguration
Destiné en priorité à favoriser des réponses de premier niveau pour les élèves à besoins éducatifs particuliers
(EBEP), les PAS préfigurateurs ont pu avoir des doctrines différentes sur la prise en charge des élèves au cours
de la première année.
La première difficulté tient au manque de définition claire des EBEP à la différence des enfants en situation
de handicap, dont la reconnaissance administrative est confiée à la MDPH. Les EBEP ne constituent pas une
catégorie administrative et ne sont pas caractérisés par une définition des troubles ou des limitations
éprouvées158.
Toutefois, en application de la circulaire de juillet 2024, les PAS ont respecté une priorité qui sous entendait
une dépriorisation des ESH. Ainsi, à l’exception du Var, trois départements sur 4 ont fait le choix d’exclure du
périmètre d’intervention du PAS les ESH avec notification de la MDPH. Au fil de l’année, les élèves notifiés
156 Cette évolution de la géographie aura aussi un impact sur les AESH à mesure que les territoires des PIAL seront réajustés à ceux
des PAS. A ce jour, la situation reste très hétérogène.
157 Ce décalage peut s’expliquer par le fait que la dotation sociale est calculée en euros et non en ETP ; toutefois la dotation financières
des PAS a été calculée largement comme le montre l’étude de l’ANAP.
158 La DGESCO le définit comme un élève en situation de handicap, ou en situation de difficulté scolaire, ou en situation familiale ou
sociale difficile, ou intellectuellement précoce, allophone nouvellement arrivé, issu des familles itinérantes ou de voyageurs, ou
mineurs en milieu carcéral. L’annexe relative aux comparaisons internationales ainsi que la partie 2.1. du rapport développent ce
point.
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mais sans effectivité de la notification ont été réintégrés dans les files actives mais avec de fortes
hétérogénéités selon les départements.
Etude ANAP pour la CNSA – juillet 2025
Ainsi, pour une moyenne de 17% d’élèves accompagnés disposant d’une notification de la MDPH, on en
compte en fait seulement 6% dans l’Aisne et en Côte d’Or, et 22% dans le Var. La proportion d’élèves relevant
potentiellement du champ du handicap (ie avec une démarche en cours auprès de la MDPH) s’élève toutefois
à 42% sans que les suites données par la MDPH soient toutefois connues.
Les difficultés des jeunes pris en charge relèvent à 51% des difficultés d’apprentissage et à 41% de difficultés
de comportements, les TND (regroupant TSA, TDAH et troubles du langage) représentant 25% (voir tableau
p.23)159. On peut donc constater que le premier motif d’intervention du PAS est une difficulté relevant des
apprentissages pédagogiques.
En préfiguration, on constate dans tous les PAS une forte prédominance des interventions auprès des élèves
les plus jeunes : 75% des accompagnements concernent les élèves de maternelle et de classes élémentaires
(plus de 80% en Côte d’Or160). Ce chiffre est conforme à la vocation de détection dévolue au PAS en
première analyse des besoins ; elle signale toutefois une disproportion avec la répartition des élèves (20%
d’interventions du PAS en collège pour 27% des élèves scolarisés et 3% au lycée pour 18% des élèves).
159 Les pourcentages peuvent cumuler plusieurs qualifications de difficultés (total de 184 points).
160 Note du 4 avril 2025 – DSDEN de Côte d’Or
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Les personnels de l’éducation nationale et des ESMS ont à plusieurs reprises souligné une plus grande facilité
d’interaction dans le premier degré, là où le second degré se caractérise par un nombre important
d’enseignants par élève moins propice à une observation et un engagement personnalisé. Le premier degré
est, en outre, mentionné comme le lieu naturel de la « prévention », c’est à dire de la détection des premiers
troubles ou limitations, au cœur des interventions du PAS. Enfin, la moindre proportion d’élèves du collège
peut partiellement s’expliquer par le plus grand nombre d’élèves déjà entrés dans le champ de la
compensation par la notification MDPH.
2.3. Les modalités de saisine ont été hétérogènes, proposant des modèles parfois
alternatifs
Les PAS, à la différence des PIAL, peuvent être saisis par les familles directement. La préfiguration a toutefois
poursuivi une tendance de saisines très majoritairement réalisées par les enseignants et les équipes
pédagogiques, en moyenne 74% (hors Var). Parfois, c’est délibérément que les saisines par la famille ont été
différées, comme par exemple en Côte d’Or où elles ont été ouvertes à compter de mars 2025 seulement. La
DSDEN de Côte d’Or déplore toutefois que « la part des sollicitations des familles reste en retrait (..) malgré
la communication mise en œuvre »161.
Seul le Var a fait prévaloir un principe radical de 100% des saisines par les familles, celles-ci étant le point
d’entrée vers le PAS après échange avec l’équipe pédagogique. Sans doute cette particularité a-t-elle conduit
à travailler plus avant sur les modalités de saisine, avec la mise en place d’une adresse mail unique et la mise
en place de permanences, cette modalité étant partagée avec d’autres départements162.
L’outillage du PAS pour faciliter les saisines et en assurer le suivi est par ailleurs resté insuffisant. Beaucoup
des acteurs rencontrés par la mission ont déploré la difficulté du partage d’information avec les partenaires
(non accès au LPI163, absence d’annuaires, absence d’interfaces entre les systèmes des organismes
gestionnaires et de l’Education nationale). La mission a également pu constater le manque d’identification
du PAS par un nombre important d’acteurs des territoires concernés, y compris directeurs d’établissement
et plus encore AESH, largement laissées en marge de la communication sur le PAS.
Les effets de la communication et/ou du bouche à oreille ne sont pas lisibles en année de préfiguration, ni
ne suivent une évolution linéaire, le nombre maximal de sollicitations ayant été constaté en novembre 2024.
Pourtant, des efforts de communication ont été réalisés avec des cibles variées : présentation du PAS en
161 Note du 4 avril 2025 -précitée.
162 Le rapport provisoire de la CNSA du 5 juin 2025 mentionne notamment les permanences dans les locaux de France service comme
présentant l’intérêt de capter une population averse au contact avec l’Education nationale ou en précarité.
163 Il est prévu à la rentrée 2025 que les coordonnateurs de PAS aient accès au LPI.
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début d’année, réunions spécifiques de directeurs d’établissement et d’écoles, mise à disposition de flyers
dans des relais publics (Maisons France service, CCAS, mairies...).
Il faut noter qu’à défaut d’une offre d’appui nationale et de mutualisation entre départements
expérimentateurs, un temps important a été passé par les SDEI et les PAS à concevoir les outils nécessaires
à leur mission (fiches de saisine, supports, répertoire des acteurs etc..).
2.4. Les retours sur les interventions sont globalement positifs, même si le faible
nombre des prises en charge rend difficile une évaluation d’impact
En moyenne les PAS ont reçu 43 sollicitations. Le nombre d’interventions par PAS varie de 10 à 95 avec une
moyenne inférieure à 40. Ce nombre d’intervention rapproche le PAS des volumes moyens de prise en charge
par un SESSAD, posant la question de l’intensité de prise en charge et du coût unitaire164.
La rapidité de contact après la première sollicitation fait partie des points de satisfaction majeurs exprimés
par les interlocuteurs du PAS. En moyenne, un premier contact avec les familles s’organise en 4 jours. De
même, le premier niveau de réponse s’opère en 3 à 4 semaines, dans des délais perçus comme très adaptés,
même si les modalités de préanalyse, mobilisant ou non le plateau technique, peuvent modifier le délai et
l’élaboration des plans d’action.
Ainsi s’agissant du PAS de Longvic-Quétigny (Côte d’Or), l’IEN signalait que « la possibilité d’apporter une
réponse immédiate aux situations complexes ou aux impasses rencontrées par les équipes constitue une
véritable plus-value165. »
Dans 3 départements sur 4, une intervention du PAS, comprenant la mise en place du plan d’action, s’opère
intégralement pendant la durée d’un période scolaire (7 semaines). Les interlocuteurs de la mission en
territoire ont insisté sur la nécessité de limiter dans le temps les interventions du PAS, sous peine de créer
l’embolie de celui-ci avec des prises en charge au long cours.
Le contenu de l’intervention est en premier lieu plébiscité pour la coopération native qu’elle prévoit entre le
coordonnateur du PAS, issu de l’éducation nationale, et l’éducateur spécialisé mis à disposition par l’ESMS
de secteur. Cette coopération reste toutefois tributaire d’une bonne appropriation préalable des codes et de
la culture professionnelle réciproque des deux acteurs166 ; des tensions ont été signalées sur certains PAS où
cette phase avait été moins anticipée ou accompagnée.
La première mission du binôme consiste à décider d’une intervention ou d’une réorientation. Dans tous les
cas, priorité est donnée à une analyse des accompagnements pédagogiques déjà en place ou pouvant être
activés dans le cadre du droit commun. Cette priorité donnée à une démarche de mise en accessibilité
pédagogique est signalée comme une plus-value importante du PAS.
Dans la relation aux familles, mais également aux enseignants en difficulté, la présence d’un éducateur
spécialisé dans l’équipe socle du PAS est également mentionnée comme un « atout », apte à diminuer la
« défiance » des parents vis-à-vis de l’institution scolaire, ou de donner l’autorité d’expertise et l’externalité
nécessaires à une évolution des pratiques enseignantes. S’agissant des parents, elle contribue également,
pour les étapes de pré-diagnostic, à mieux envisager l’hypothèse du handicap pour l’enfant et à engager des
démarches plus sereinement167.
Sans qu’il soit possible d’évoquer une modélisation des interventions du PAS, le recours aux phases
d’observation dans les classes (répétées à plusieurs reprises pour une même situation selon le schéma décrit
par les interlocuteurs de la mission en Côte d’Or) représente un élément structurant de l’intervention du
164 3.350€ par accompagnement en moyenne (étude sur les PAS, ANAP – juillet 2025)
165 Document de présentation et bilan du PAS remis à la mission – 16 juin 2025
166 Ainsi en Côte d’Or, « le terme de coordonnateur crée parfois des tensions car la coordination fait partie du référentiel des
éducateurs spécialisés. Certains estiment que celul-ci doit leur revenir. (…) Il convient donc d’être en permanence vigilant pour
définir les missions de chacun (…). Le statut des écrits professionnels et le secret partagé doivent être clairement définis pour éviter
des tensions au sein du binôme. » note du 4 avril 2°25 – DSDEN Cote d’Or
167 Le parcours des parents confrontés au handicap est spontanément évoqué par de nombreux interlocuteurs institutionnels de la
mission comme un « chemin de croix » que l’intervention du PAS soulage significativement, tant en termes d’acceptation du
handicap que pour accompagner les démarches associées.
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PAS. Parfois accompagné d’une ressource issue de l’EMR-PAS (plateau technique), elle favorise le diagnostic
et facilite les aménagements en classe, l’évolution des pratiques de l’enseignant et la préparation du plan
d’action.
Le PAS, en phase de préfiguration, avait la faculté de proposer l’attribution d’un matériel pédagogique adapté
(MPA)168 et d’en demander au service départemental l’attribution. Trois niveaux de MPA coexistent : niveau
1 (adaptations simples) ; niveau 2 (matériel léger de type casque anti bruit, stylo lecteur) ; niveau 3 ( matériel
informatique). S’agissant du niveau 3, le PAS intervient à titre temporaire et une reconnaissance de handicap
reste nécessaire pour une attribution à long terme169.
En pratique, l’attribution de MPA a concerné un nombre très limité de sollicitations auprès du PAS (3%). Les
pratiques entre départements restent variables parfois sous contrainte de matériel disponible (ex : dans
l’Eure et Loir, le MPA est attribué aux ESH principalement en raison d’une pénurie de matériel). En Côte d’Or,
le prêt de matériel s’est limité au matériel léger (niveau 2).
La mission a pu disposer des données consolidées par la DGESCO sur les mois d’avril et mai (cf infra), plus
restrictives que celles utilisées par l’ANAP via ses enquêtes de terrain ce qui peut expliquer quelques écarts
de chiffres.
2.5. La création des PAS n’a pas eu encore d’effets de simplification ou de
recomposition de l’écosystème territorial d’acteurs
Si des effets positifs du PAS sont spontanément évoqués par les équipes rencontrées s’agissant de la relation
aux familles, des établissements et classes où ont eu lieu des interventions et de la collaboration avec les
équipes médicosociales, il est en revanche plus complexe de discerner les effets produits s’agissant de trois
types de partenaires :
– Le pôle ressources des DSDEN
– Les EMAS
– Les MDPH.
S’agissant du pôle ressources, selon la circulaire sur le « Fonctionnement des réseaux d'aides spécialisées aux
élèves en difficulté (Rased) et missions des personnels qui y exercent » (2014) il regroupe tous les personnels
que l'inspecteur de l'éducation nationale (IEN) peut solliciter et fédérer pour répondre aux demandes
émanant d'un enseignant ou d'une école (conseillers pédagogiques, maîtres-formateurs, animateurs Tice,
enseignants référents pour la scolarisation des élèves handicapés, psychologues scolaires, enseignants
spécialisés, enseignants itinérant ayant une mission spécifique, etc.). Les personnels sociaux et de santé de
l'éducation nationale peuvent également être associés autant que de besoin à son action.
168 Ces dispositions du cahier des charges de préfiguration ont été confirmées sans changement dans le nouveau cahier des charges
de septembre 2025.
169 Les travaux en cours sur la simplification du recours en MDPH prévoit une bascule complète de la mission d’attribution de MPA
aux PAS ; une notification de la MDPH ne sera plus nécessaire, yc pour une attribution durable de matériel. (cf dossier de presse
juillet 2025).
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Le cahier des charges de préfiguration des PAS ne décrit pas clairement le lien attendu avec le pôle
ressources. Cette abstention a suscité de fortes interrogations parmi les RASED, aux missions potentiellement
proches des interventions des PAS170 et parmi les ERSEH dont l’association nationale (AFER- enseignants
référents) s’est mobilisée pour obtenir tant des précisions dans la récente circulaire nationale que des
clarifications locales171.
En Côte d’Or, un modèle intégré a été mis en place par l’IEN copilote des PAS de Longvic Quétigny et Chenôve
(circonscription de Chenôve). « A la rentrée 2024 2025, dans le cadre du déploiement des PAS (…), les
membres des PAS ont été intégrés au sein du pôle ressources de la circonscription ». Des divergences de
relations entre RASED et PAS ont toutefois été constatées au sein de la circonscription (absence de
communication, risque de saisines aléatoires des équipes pédagogiques envers les PAS et les RASED), et l’IEN
a instauré une information préalable sur toutes les sollicitations pour accord d’intervention, ainsi qu’un
examen collectif des situations complexes.
La mention d’une « intégration » des membres du PAS interroge sur ses conséquences : la construction du
PAS en co-portage DASEN/DT ARS écarte l’hypothèse d’une intégration au sens hiérarchique. Le terme,
impropre, éclaire toutefois sur le besoin de créer un lien resserré. L’option inverse, « intégration » du pôle
ressources dans le PAS, pourrait, en ce sens également se déduire de la rédaction du cahier des charges du
1er septembre 2025172 mais la nature des liens, croisée avec les autorités hiérarchiques de référence, et leurs
conséquences (priorisation des demandes d’intervention, mobilisation obligatoire ou facultative des
ressources) ne sont pas clarifiées.
Le lien aux RASED et aux CPC n’a, de fait, pas été organisé, laissant aux territoires expérimentateurs le soin
de définir ces coopérations. Ni la préfiguration des PAS, ni la première phase de déploiement n’ont donné
lieu à un réexamen des missions et des liens entre ces nouveaux acteurs et les dispositifs plus anciens
disponibles au sein des établissements scolaires. Il en va de même du lien aux Ulis ou aux Segpa dont les
publics concernent pourtant particulièrement les objectifs d’inclusion poursuivis par le PAS.
S’agissant des EMAS, la mission a eu connaissance de modèles différents de liens aux PAS. De manière
générale, la préfiguration a adossé les PAS aux organismes gestionnaires d’EMAS pour les ressources
médicosociales. En Côte d’Or, le choix singulier a été fait de réunir les ressources des EMAS disponibles pour
le PAS dans une EMR-PAS qui intervient, sur demande exclusive du PAS, en 2e niveau du PAS (intervention
directe) ou pour les accompagnements collectifs prévus par la préfiguration PAS. Dans aucun des 4
départements, l’EMAS n’a été fusionnée au sein du PAS, au motif du caractère distinct des appuis apportés
par les EMAS. Cette « quasi-intégration 173» préserve un rôle indépendant des EMAS pour intervenir auprès
d’autres équipes pédagogiques hors du champ du PAS, même si, en pratique, les mêmes professionnels
interviennent au titre de l’EMAS et du « plateau technique » du PAS. L’ambiguïté de ce lien interroge, tant
du point de vue de la lisibilité pour les partenaires du PAS qu’en termes de clarification des ressources
affectées à celui-ci.
Enfin, s’agissant des MDPH, la question des liens inter institutions MDPH/PAS se double d’une interrogation
sur un effet potentiel de diversification des réponses aux familles, et permettant éventuellement de minorer
le recours aux AESH et l’orientation vers la MDPH pour en demander la notification. Cet effet n’est pas vérifié.
Seule l’Aisne fait état d’une diminution des notifications d’AESH (-22% des primo demandes entre le S1 2024
170 Les maitres G sont des enseignants à dominante rééducative qui s’adressent aux enfants ayant des difficultés à répondre aux
attentes et contraintes scolaires, notamment en termes comportementaux. Ils aident l’enfant à devenir élève.
171 Le président de l’association a fait part de ces interrogations auprès de la mission ; la newsletter n°4 de l’AFER indique « Beaucoup
d’ERSEH nous font remonter des inquiétudes sur l’avenir du métier d’ER. Après avoir interrogé l’institution à tous les niveaux, IEN,
DASEN, Rectorats et MEN, nos interlocuteurs se sont toujours montrés très rassurants. Les PAS et les ERSEH n’ont rien à voir, même
s’ils sont destinés à devenir partenaires » (site de l’AFER - juin 2025)
172 « au sein de l’éducation nationale, peuvent être mobilisés par le coordonnateur du PAS, dans le respect des spécificités
professionnelles les professeurs enseignants référents aux usages du numérique, les professeurs ayant une mission d’appui aux
EBEP, les professeurs des RASED, les professeurs ressources TND (…) » cf cahier des charges du 1er septembre 2025 p.3 pour la liste
complète qui recouvre les ressources généralement attachées au pôle ressources.
173 Cf étude de l’ANAP – juillet 2025
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et le S1 2025) difficilement interprétable174. Sur le fond, le caractère préventif des interventions du PAS175 est
sans doute encore trop récent pour être détectable.
Les procédures d’échange entre MDPH et PAS sont elles aussi peu développées. Un seul département, le Var,
a mis en place une fiche de liaison systématiquement transmise à la MDPH, après l’intervention du PAS et si
l’élève est orienté vers la MDPH.
Les échanges de la mission en Côte d’or ont porté témoignage de la bonne qualité des dossiers d’enfants
adressés après intervention du PAS en vue d’une reconnaissance de situation de handicap. Le plus souvent,
bien documentés, ils sont traités dans de meilleurs délais176. Toutefois, aucune MDPH n’a créé de processus
spécifique pour l’analyse des dossiers ayant fait l’objet d’une intervention du PAS. De même, responsables
des PAS et MDPH sont vigilants à conserver des logiques distinctes d’intervention : le rôle prioritaire des PAS
est de développer l’accessibilité de droit commun au cœur des établissements scolaires, et non de préparer
les dossiers orientés vers la MDPH.
2.6. La transition entre PIAL et PAS n’a pas été opérée dans le cadre de la préfiguration
Alors que le CIH du 16 mai 2024 annonçait que « D’ici 2027, tous les pôles inclusifs d’accompagnement
localisés (PIAL) deviendront des pôles d’appui à la scolarité (PAS). », la mission a pu constater que cette
transition n’avait pas été engagée. En relative contradiction avec le cahier des charges de la préfiguration177,
les deux entités PIAL et PAS ont coexisté pendant l’année scolaire 2024-2025. Les interlocuteurs de la mission
ont justifié ce choix par la nécessité de procéder par étapes et d’installer en priorité les missions nouvelles
du PAS, notamment l’accueil des familles et le traitement des situations complexes. Les PIAL ont conservé
leur mission de gestion de l’affectation de proximité des AESH.
Si la géographie des PAS a bien été calée sur celle des PIAL (cf. supra), il n’y a eu ni mutualisation ni report
d’activité entre les deux dispositifs. La mission a pu constater lors de ses échanges avec les AESH de Côte d’Or
que celles-ci n’avaient pas été en contact avec les PAS ni sollicitées par eux. Ce choix a d’ailleurs eu pour
conséquence une très forte inquiétude pour leur mission chez les AESH et alimenté la crainte que la création
des PAS préfigure leur suppression, crainte largement relayée auprès de leurs contacts nationaux178 (cf. infra).
On peut noter toutefois le choix dans 3 départements sur 4 (hors Cote d’Or) de prévoir, auprès des PAS, un
temps dédié d’AESH référent, entre 0,15 (Var) et 0,3 (Aisne) ETP. Ce dispositif n’a toutefois pas permis de
rendre lisible pour les AESH le rôle des PAS et l’organisation cible les concernant.
Au total, la préfiguration des PAS, de courte durée, aura permis de disposer de typologies différentes
d’organisation selon les territoires, tant en termes de publics que de territoires et de nombre de saisines. Elle
fait ressortir quelques points communs sur la prédominance des interventions dans le premier degré, le bon
accueil par les familles et les professionnels de l’Education nationale (enseignants et directeurs des
établissements d’implantation des PAS), et la consolidation des coopérations entre secteur médicosocial
et acteurs de l’éducation nationale. En dépit de textes qui en faisaient mention, la préfiguration n’a
quasiment pas traité de l’articulation avec les AESH, point majeur pourtant de la politique de compensation.
Au vu des coûts significatifs d’intervention des PAS179, la préfiguration invite aussi à vérifier les objectifs
prioritaires assignés aux PAS et les moyens pour les atteindre.
174 Sans écarter un possible « effet PAS », la MDPH de l’Aisne s’interroge sur un possible retour à la normale après deux années de
très forte hausse post Covid en 2022 et 2023.
175 Le premier objectif des PAS est d’intervenir sur des situations complexes évocatrices de troubles pour en éviter l’installation et
l’orientation vers une qualification trop hâtive de handicap.
176 Ce point est confirmé par l’étude ANAP de juillet 2025.
177 « Le PAS a aussi la responsabilité de la mise en œuvre des notifications d’accompagnement humain AESH pour les élèves en
situation de handicap notifiés par la CDAPH. Le coordonnateur du PAS assure la répartition des AESH en fonction des besoins
identifiés. (…) L’AESH référent relié au PAS peut également être mobilisé pour apporter son appui à l’AESH désigné. » Cahier des
charges – BO du 4 juillet 2024
178 Collectif AESH en lumière, très engagé contre le maintien des PAS.
179 Dans un contexte de sollicitations limitées, e financement d’une 2ème ressource médicosociale est considéré par l’étude de l’ANAP
comme potentiellement excédentaire (superposition des EMAS et des plateaux techniques, difficulté à tracer les interventions de
la 2e ressource mobilisée par les PAS).
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2.7. Les PAS, un possible levier d’accélération vers l’accessibilité au cœur de l’école,
sous réserve de consolider rapidement les priorités et les moyens
Les PAS créent une attente positive pour répondre à certains besoins identifiés et mal couverts de l’institution
scolaire.
La liste des missions et tâches relevant des PAS est formalisée dans le cahier des charges actualisé du 1er
septembre 2025. Comme le montre le tableau supra, les missions mentionnées sont très larges et
ambitieuses, avec le risque à terme, en cas de plus forte notoriété et de communication renforcée auprès
des familles et de la communauté éducative d’emboliser le dispositif et/ou de créer une frustration sur les
résultats obtenus.
Il est apparu nécessaire à la mission de prioriser, au vu des échanges qu’elle a eus avec les parties prenantes,
quelques principes d’action qui répondent aux attentes les plus fortes. Ceux-ci sont au nombre de trois :
– aller vers une plus grande co-construction avec les familles du projet de parcours scolaire de leur
enfant (y compris amélioration de la détection précoce du handicap) ;
– rapprocher les cultures professionnelles du médicosocial et des acteurs de l’éducation nationale ;
– prioriser et favoriser l’accompagnement des enseignants et des classes pour une pédagogie
universelle et différenciée.
2.8. Créer un lieu de prise en compte des familles et introduire une culture de la co
construction
Les PAS, à la différence des PIAL, se caractérisent par la possibilité ouverte aux familles de les saisir
directement. Ce droit s’accompagne de l’obligation de recevoir les familles qui le demandent et de les
associer à toutes les étapes de l’intervention du PAS (autorisation parentale d’intervention, définition
préalable des aménagements réalisés et de leur éventuelle réactivation, accusé de réception des demandes,
proposition de réponse soumise à la famille et inscrite si accord dans le LPI).
La préfiguration des PAS a fait émerger deux constats qui appellent à une forte vigilance : d’une part,
l’installation du PAS représente un enjeu de visibilité et d’accessibilité pour les familles (bonne identification,
discrétion de l’accueil, disponibilité hors des périodes scolaires, possibilité de se déplacer pour aller à la
rencontre des familles et de l’élève). D’autre part, la communication, très limitée en année de préfiguration
et non représentative d’un fonctionnement en période de généralisation, n’a pas permis d’atteindre la cible,
les ¾ des saisines ayant émané des enseignants, exception faite du Var qui a instauré une obligation de saisine
par les familles.
La mission a été frappée par les nombreux témoignages, y compris de personnels de l’éducation nationale,
déplorant la trop faible association des familles aux décisions concernant leur enfant. L’ouverture des PAS
aux familles porte donc un fort enjeu pour l’Education nationale. Des représentants associatifs, interrogés
sur la création des PAS, relayent les inquiétudes des familles d’un « retour en arrière » et citent les
commissions départementales de l’éducation spéciales (CDES), dispositif très critiqué, dont les compétences
ont été dévolues aux MDPH en 2006. Dès lors, il pourrait être intéressant de s’inspirer de l’expérience varoise
pour systématiser, dans le cas d’une saisine par un enseignant, l’association de la famille à celle-ci dans une
logique de co saisine.
L’effectivité de l’association des familles aux décisions, s’agissant d’un dispositif installé dans la communauté
scolaire, sera scrutée. Concrètement, elle peut s’opérer, non seulement au niveau des PAS eux même par
des rencontres avec les familles concernées, mais aussi dans la comitologie de gouvernance des PAS, à
chaque niveau par association de représentants des familles. La mise en place des PAS peut enfin être une
opportunité d’installer en routine les échanges entre les enseignants et les familles sur les besoins particuliers
des enfants, au-delà de la réunion de rentrée180, et instaurer une meilleure vision partagée du parcours de
l’enfant.
180 Il a été signalé à la mission que, s’agissant des ESH disposant d’une notification de la MDPH, ces réunions, qui associent
notamment, autour du directeur, enseignant, AESH et famille, ne sont pas tenues systématiquement.
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2.9. Coordonner la coopération des moyens médico sociaux et de l’éducation
nationale en forgeant une culture commune de l’intervention
La structure du PAS, placé sous la responsabilité conjointe du DASEN et du DT-ARS, institue un « binôme »
composé d’un coordonnateur issu de l’éducation nationale et d’un éducateur spécialisé, issu d’un organisme
gestionnaire du médicosocial, mandaté par l’ARS. Ce partage explicite une forte ambition de
pluridisciplinarité pour réunir les ressources nécessaires au service de l’école inclusive.
Répercutée sur la chaîne de gouvernance du PAS, cette coopération a pour premier enjeu de faciliter la
mobilisation coordonnée des moyens des deux parties. Son effectivité suppose que plusieurs conditions
soient réunies :
- Une bonne appropriation de la culture professionnelle de chacun des membres du binôme par
l’autre. L’année de préfiguration a montré l’intérêt de dédier du temps à l’élaboration de son
fonctionnement, notamment en systématisant les interventions strictement conjointes du binôme
dans les premiers mois, voire pour tout premier contact d’intervention pour une situation.
- L’identification des ressources, dans toute leur étendue, par les acteurs du périmètre d’intervention
du PAS, en définissant clairement les attentes vis-à-vis des « plateaux techniques » et/ou EMAS selon
l’organisation locale. La bonne association des ressources des RASED (enseignants et personnels
médicosociaux) fait partie de ce travail de repérage. Les PAS préfigurateurs ont souvent mentionné
la nécessité de disposer/créer un annuaire commun des ressources et relais.
- La clarification de la portée et des limites de l’intervention du PAS : de ce point de vue, le rôle des
pilotes (IEN, chef d’établissement, responsable de l’ESMS) pourrait être aussi d’aider le PAS à
confirmer un temps limité pour l’intervention, les ressources mobilisables en 2d niveau et la
préparation du passage de relai, afin d’éviter les frustrations des usagers du PAS, enseignants et/ou
parents.
Dans la perspective d’une coopération efficace et qui permette de poser les bases d’un parcours pour
l’enfant, la question des périmètres géographiques doit, autant que possible, éviter d’être un facteur de
complexité (incohérence avec les EMAS existantes, évolution des zones d’intervention dans les territoires en
cours de bascule en dispositifs, densité excessive de situations suivies). Le risque de mise en échec par
l’ineffectivité des mesures proposées dans les plans d’action des PAS est réel et doit être accompagné.
Par ailleurs, la simplification des dispositifs est un objectif auxquels les PAS devraient concourir. Il s’agit d’une
forte attente des parties prenantes, internes ou externes à l’école. Le modèle de la coordination des
interventions, sans intégration claire, pourrait, lors du déploiement en cours, démontrer ses limites. La
préfiguration n’a pas permis de faire émerger un modèle de référence. Remettre l’aide à la classe et l’étayage
pédagogique au premier plan
Les motifs de saisine du PAS constatés pendant l’expérimentation sont une indication intéressante sur les
besoins auxquels les équipes des PAS sont appelés à répondre. Comme le montre le tableau ci-dessous, ils
confirment largement une priorité à l’appui pédagogique, le premier motif évoqué étant les « difficultés
d’apprentissage » et le second les « troubles du comportement »181. Les difficultés liées à des TND sont très
minoritaires.
181 Ce point confirme le recouvrement d’intervention avec les RASED.
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Etude ANAP pour la CNSA – juillet 2025
Le positionnement explicite du PAS, bien précisé par le cahier des charges, semble donc validé : tout en
œuvrant à la coordination des moyens du MEN et du MS, comme vu supra, il donne une priorité à la
recherche de solutions de droit commun par les aménagements pédagogiques, priorité signifiée par le rôle
de coordonnateur dévolu à un personnel de l’éducation nationale.
L’expertise internalisée au PAS d’une ressource médicosociale (1,7ETP en préfiguration) est perçue très
positivement par les interlocuteurs de la mission, tant en interne qu’en dehors de l’institution scolaire
(familles, MDPH, organismes gestionnaires impliqués ou non dans le PAS). Ces interlocuteurs alertent
toutefois sur le risque de « délégation » au PAS des enfants à besoins particuliers, hors de la classe, à l’instar
de la délégation parfois réalisée par l’enseignant de l’ESH à l’AESH et signalée comme un frein majeur à
l’évolution des pratiques enseignantes. Ils expriment de cette façon la crainte que le traitement
médicosocial soit une nouvelle forme d’« externalisation » des EBEP hors du champ scolaire.
Les gestionnaires de PAS préfigurateurs rencontrés par la mission sont conscients du risque et avertis que
leur mission comprend le développement de l’accessibilité dans les pratiques pédagogiques en aidant les
enseignants, à partir de situations concrètes, dans leur classe. Ils ont d’ailleurs signalé à la mission leur
préoccupation de ne pas devenir les « pompiers des situations d’urgence », dans l’hypothèse où le nombre
de saisines ne permettrait plus de réserver du temps hors urgence182.
Les modalités d’intervention qui ont été, en 2024-25, expérimentées et confirmées par le cahier des charges
sont de fait à mi-chemin entre l’intervention pour une situation et l’intervention pour le compte d’une classe
avec son/ses enseignants. Cette deuxième dimension doit permettre de combler un manque, dans un esprit
qui rappelle le cadre d’intervention des RASED, avec une typologie de publics plus large.
Les interlocuteurs de la mission ont, de ce point de vue, beaucoup valorisé les « temps d’observation » mis
en place par les PAS, précisément pour le transfert de compétences qu’ils facilitent à partir d’une situation
182 Le nombre de saisines constatées sur l’année 2024 25 reste très en deçà d’une mise sous tension des ressources, à modalités
d’intervention inchangées.
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donnée. Cette modalité d’intervention, accompagnante de la classe, est une des formes possibles
d’étayage, destinées aux enseignants et complémentaire des formations, initiale et continue, plus
théoriques.
Le cahier des charges du 1er septembre 2025 inscrit dans son 6e et dernier volet une « mission ressource pour
les écoles et les établissements scolaires », consistant en un accompagnement aux pratiques inclusives
pédagogiques déclenché à la demande d’un directeur ou chef d’établissement. L’enjeu de l’accessibilité est
tributaire d’une repriorisation progressive de ce 6e volet.
Afin de rendre toute sa visibilité à cet objectif majeur, il semble important que les suites données à une
intervention du PAS soient l’objet d’une particulière attention. En préfiguration, le principe d’une
intervention limitée à une période scolaire a prévalu. Qu’il soit ou non requestionné, ce principe en appelle
un autre : l’obligation de suivi, dans l’institution scolaire, au-delà de la clôture du dossier par le PAS.
Autrement dit, quand bien même le relai serait transmis à un étayage médico-social externe, la mobilisation
des outils de l’éducation nationale pour transmettre les informations dans la durée et contribuer, dans
l’école, au parcours de l’enfant est également nécessaire. Si, à compter de la rentrée 2025, la faculté ouverte
au coordonnateur de PAS d’accéder au LPI va faciliter ce suivi, cette question excède celle de l’outillage
informatique pour le suivi individuel d’un élève dans son parcours : les interventions du PAS doivent aussi
être « tracées » par l’établissement afin de contribuer à la capitalisation des évolutions pratiques
éducatives, dans une logique d’essaimage et de montée en compétence collective.
3. A l’occasion de la première phase de déploiement des PAS, un certain
nombre de choix, cruciaux pour leur réussite opérationnelle, doivent être
opérés
La mission a pu constater que le rejet du dispositif des PAS en commission mixte paritaire en juillet 2025 jette
un doute sur sa pérennisation et sur la mobilisation des acteurs ; elle pourrait conduire à un relatif attentisme
des acteurs nationaux en charge du pilotage des PAS. Toutefois, deux éléments militent pour que des moyens
soient mis au service d’une consolidation de leurs principes de fonctionnement et de la doctrine présidant à
leur conduite opérationnelle :
- D’une part, si la suppression des PIAL suppose une validation de niveau législatif, l’organisation des
PAS n’en est pas strictement tributaire.
- D’autre part, les doutes persistants sur les objectifs et les priorités des PAS, faute d’une évaluation
partagée183 et d’une clarification des suites de la préfiguration alimentent précisément la défiance et
desservent la bonne compréhension du projet.
La mission a souhaité expliciter les questions principales qui lui semblent mériter une clarification.
3.1. Le PAS est-il positionné en guichet unique ou en chainon manquant des dispositifs
existants ?
Le cahier des charges du 1er septembre témoigne d’une difficulté à qualifier le positionnement du PAS en le
désignant sous le vocable d’«organisation » (volet 1 – Missions) voire d « organisation territoriale » (volet 3-
1 périmètre des PAS). Dans la circulaire de juillet 2024 en vue de la préfiguration, largement reprise par celle
du 1er septembre, il est également désigné comme un « nouveau service offert aux parents et responsables
légaux ».
Le cahier des charges de juillet 2024 intégrait un objectif de simplification en précisant son rôle de « point
d’entrée » des demandes émanant des parents, des responsables légaux, des professeurs, ainsi que des
directeurs d’école et chefs d’établissement ». Ce n’est plus le cas à l’heure du déploiement.
Cette évolution lexicale vise à éviter toute polémique sur le positionnement du PAS en moyen de
contournement de la MDPH, dont les textes prévoient la possibilité de saisine inconditionnelle par les
183 Fin septembre la mission de dispose pas de l’évaluation finale confiée à la CNSA.
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personnes en situation de handicap et leurs représentants légaux. La saisine du PAS ne peut en aucun cas
constituer un préalable à celle de la MDPH.
Toutefois, cette définition par défaut a perturbé la lecture du rôle du PAS « nouveau service » parmi les
dispositifs existants. De nombreux interlocuteurs de la mission ont souligné les difficultés opérationnelles et
symboliques soulevées par le positionnement indéterminé du PAS :
- Pour les familles, le repérage du PAS comme process de simplification des démarches est fragilisé
alors que c’est une de ses missions majeures.
- Pour les acteurs du territoire, le ralliement à un lieu d’aiguillage des demandes entrantes n’est pas
activé, laissant à chacun (enseignant, directeur d’école..) le choix de solliciter des ressources
extérieures au PAS
- Pour les instances de gouvernance, le PAS ne peut pas jouer le rôle de repérage et de recensement
unique des demandes sur son territoire, ni vis-à-vis des acteurs internes de l’Education nationale ni,
à plus forte raison, vis à vis des acteurs du secteur médico-social.
Si le calibrage des PAS en structures légères peut justifier de craindre son embolie et d’y parer par
anticipation, le coût constaté lors de la préfiguration en temps d’intermédiation, de difficulté de pilotage
voire de tensions entre acteurs (cf. RASED/PAS) devrait être mieux évalué pour déterminer au besoin un
positionnement plus central et simplifié, et préciser l’articulation avec les ressources de droit commun.
D’ores et déjà, les préconisations issues de la préfiguration en matière de communication vers les familles et
les efforts des DSDEN pour éviter leur invisibilisation pourraient buter contre ce positionnement ambigu,
voire induire un doute sur l’intérêt de l’intervention des PAS, « nouveau service » parmi d’autres.
3.2. La reprise des missions des PIAL, principalement l’affectation des AESH, est-elle
compatible avec les objectifs d’accompagnement de l’école et des familles qui
incombent au PAS ?
Le lien entre les AESH et les PAS est demeuré très ténu pendant la préfiguration (cf. supra). Toutefois, le
cahier des charges du 1er septembre les mentionne, ainsi que les AESH référents comme mobilisables par le
PAS, en distinguant les AESH référents « interlocuteurs (…) notamment lorsqu’ un nouvel accompagnement
le nécessite » et « une équipe d’AESH (…) rattachée au PAS, éventuellement au sein d’un secteur du PAS défini
au niveau académique, pour accompagner l’ensemble des élèves en situation de handicap notifiés pour un
accompagnement humain ».
Un volet 5 du cahier des charges est dédié à « l’accompagnement humain des ESH », signalant la spécificité
de l’intervention du PAS à leur égard par différence avec les EBEP. Il y est précisé que « les droits à
compensation sont la prérogative de la MDPH » pour formuler ensuite un rôle d’expertise du PAS sur la
« cohérence entre les aménagement pédagogiques (…) dans l’école (..) et les missions confiées à l’AESH dans
le cadre du PPS de l’élève ».
La juxtaposition de ces mentions dresse un paysage peu lisible sur les missions des PAS vis-à-vis des AESH. Si,
à droit constant, les textes règlementaires sont dans l’impossibilité d’expliciter une reprise des missions des
PIAL par les PAS, la mention des AESH crée un doute sur le périmètre visé.
En pratique, les territoires des PAS ont bien été pensés en cohérence avec les PIAL préexistants pour faciliter
une transition. De même, sur le terrain, des estimations de temps dédiés par les PIAL à l’affectation des
AESH184 ont été menées en vue de calibrer la reprise de cette mission par les PAS.
En phase de (pré)déploiement, les départements nouvellement porteurs de PAS à la rentrée 2025 ont
manqué de temps pour réajuster les rattachements d’ETP des PIAL aux PAS. Dans l’attente, on constate une
184 Ces estimations conduisent à des quotités de temps relativement faibles que la mission n’a pas pu vérifier. Les modèles très
disparates de gestion des AESH sur le territoire rendent en tout état de cause très difficile une norme commune à ce stade.
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prolongation des choix opérés pendant la préfiguration c’est à dire le maintien de la ressource des PIAL en
complément des PAS, pour gérer les affectations d’AESH185.
Dans ce contexte, une forme d’incertitude prévaut, peut-être propice à une ré-interrogation de l’objectif de
complète reprise par les PAS des missions des PIAL.
Trois séries de questions pourraient le justifier :
- En premier lieu, les missions des PAS doivent s’orienter vers l’accessibilité et non la compensation,
comme le rappelle le cahier des charges lui-même. La responsabilité des affectations des AESH
représente de ce point de vue un pas de côté, qui risque de nuire à la lisibilité de ses missions
- En second lieu, complexe et chronophage, la gestion des affectations d’AESH est un facteur important
de tension avec les familles. Dans la perspective d’une consolidation de la confiance au cœur de
l’école, en s’adossant à un binôme d’accompagnement des situations complexes d’EBEP, la mission
de gestion des AESH représente un risque.
- Enfin, en lien avec le point précédent, la mission a pu mesurer que les PIAL, considérés tant par les
AESH que par élus qui ont fortement relayé leurs constats et attentes, comme responsables de
l’aggravation de leurs conditions de travail par l’accélération de pratiques de mutualisation excessive,
ne sont pas un héritage propice à convaincre de l’intérêt des PAS. Leur rejet en commission mixte
paritaire s’explique par le soupçon d’une réplication des défauts des PIAL.
SI le 5e volet du cahier des charges clarifie nettement le départage des missions (accessibilité/compensation)
et la nature de l’appui, très souhaitable, des PAS aux AESH, le volet 3.2 cité plus haut, dédié aux ressources
en AESH, reste relativement obscur. Il appartiendra aux instances de pilotage locales et nationales d’en
opérer la clarification. La mission y a lu le souhait de rendre possible un nouveau positionnement des AESH
en « collectif », s’agissant d’une « équipe » dont le calibrage n’est pas précisé186. Les liens de gestion et de
pilotage plus largement applicables aux AESH restent, au titre du PAS, indéterminés, dans le cadre d’un statu
quo législatif sur les PIAL.
3.3. La gouvernance des PAS répond-elle aux conditions de simplification et
d’efficacité qui doivent présider à leur montée en charge ?
Le dispositif de gouvernance des PAS compte parmi les points d’évolution significatifs de la rentrée 2025,
avec l’intention de tirer les enseignements de la préfiguration, délibérément ouverte sur les modalités locales
d’organisation.
Le schéma associé (cf supra) prévoit 4 niveaux de gouvernance (académique, départemental, local et
d’équipe) et organise la périodicité des instances comme les objectifs relevant de chaque niveau, là où une
plus forte flexibilité présidait au schéma antérieur. Apte à permettre une appropriation et un engagement
de tous pour la réussite du PAS, il présente paradoxalement des manques.
En premier lieu, il ne prévoit pas d’espace d’échange de pratiques entre les binômes de PAS alors que la
préfiguration a montré l’importance de vérifier les convergences de doctrine et de process entre eux pour
assurer un service équivalent aux familles et aux enseignants. Le PAS, dans l’élaboration d’une intervention
conjointe entre médicosocial et éducation nationale, est porteur d’une forte innovation de méthode et de
format. Il est essentiel d’en faire le pivot de l’évaluation des réussites et des limites des PAS, afin d’alimenter
les instances de gouvernance par la réalité des pratiques et de procéder par itération à l’amélioration du
dispositif.
En second lieu, le modèle de gouvernance présenté n’associe les familles à aucun niveau alors que leur
appropriation et leur retour évaluatif sur le dispositif est une dimension majeure de son acceptation. Des
185 Situation présentée par le rectorat de l’académie de Créteil et confirmée par la DASEN de Seine et Marne pour ses 10 nouveaux
PAS. De même dans le département de la Meuse où la ressource des PIAL a été préservée.
186 Ce descriptif ne semble pas faire écho à l’expérimentation des « agents d’accessibilité envisagée dans trois territoires à la rentrée
2025 mais dont la mission n’a pas été en situation de vérifier le cadrage et la mise en œuvre. Il pourrait s’agir de la création d’un
droit d’appel aux AESH pour les faire concourir à la prise en charge d’enfants notifiés sans solution d’aide humaine ou plus
simplement d’une reprise des missions des PIAL sans expliciter cette continuité.
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relais associatifs issus du secteur du handicap et/ ou de représentation par les associations de parents d’élève
devraient contribuer au pilotage local des PAS. Leur participation pourrait mieux garantir, comme le CNCPH
l’appelle de ses vœux dans son avis du 17 juillet 2025 sur les PAS, que « la co-construction en lien avec le
souhait des familles soit plus affirmée »187.
Enfin, la gouvernance est peu interrogée sur certaines de ses dimensions moins convaincantes, notamment
le rôle des pilotes (trois par PAS). La création de quatre niveaux de gouvernance devra en priorité servir les
adaptations et remontées de terrain que le pré déploiement rend nécessaires ; l’animation méthodologique
et l’écoute des équipes de terrain devraient être les objectifs de cette première phase de gouvernance dont,
à terme, il parait pertinent de réduire l’empilement.
La gouvernance devrait enfin s’appuyer sur un ensemble d’indicateurs, qui doivent signifier les priorités en
fonction desquelles l’activité sera pilotée par chacun de ces niveaux. La mission a eu connaissance des
indicateurs proposés par la CNSA dont un volet important porte sur la qualification des aménagements
pédagogiques proposés (environ dix modalités d’intervention recensées) et un autre sur les ressources
médicosociales mobilisées (douze rubriques spécifiées). Cette précision semble en effet bien adaptée à la
compréhension des interventions, pour le moment mal connues. Les indicateurs retenus dans le tableau de
bord du LPI188 épousent une logique moins qualitative que quantitative et appellent une vigilance sur le
pilotage et l’évaluation ex post qu’ils permettront ; à titre d’exemple, ils comprennent une mention « nombre
de réponses AESH » qui ne semble pas pertinente en l’état actuel du droit et des prérogatives de la MDPH
sur cette « réponse ». Les indicateurs devraient en priorité permettre aux parties prenantes de la
gouvernance, locale et nationale, d’apprécier la valorisation de la mission d’accessibilité par les interventions
du PAS, la pertinence de sa file active, les délais d’intervention et la quantification des prises en charge, en
vue d’affiner les conditions de déploiement d’ici 2027. La liste jointe au cahier des charges des PAS dans la
circulaire du 1er septembre 2025 devra être retravaillée en ce sens.
3.4. Les territoires sont-ils adaptés aux missions des PAS ?
Comme vu supra, la définition des territoires, dès la préfiguration, a représenté un enjeu sensible, afin d’une
part d’assurer la continuité avec les périmètres des PIAL189, d’autre part de concilier la territorialisation
scolaire avec le concours des équipes médicosociales désignées pour attribution des PAS.
La mission a pu constater que le pilotage de ces territoires et de leur compatibilité reste une préoccupation
pour les équipes de terrain et ce, à deux titres :
La définition des territoires n’a pas pu tenir toujours compte des cibles populationnelles, ou à tout le moins,
rarement en priorité. Si une cible de 4 à 5.000 élèves par PAS a été élaborée le temps de la préfiguration, elle
n’a pas été maintenue pour le pré-déploiement de la rentrée 2025. En Seine et Marne, un « plafonnement »
à 15.000 élèves par PAS est envisagé. Or, s’il existe des données sur le nombre d’enfants en situation de
handicap par territoire, il est actuellement impossible de disposer de données sur le nombre estimé d’EBEP,
faute de caractérisation claire de cette notion. Or le public prioritaire des PAS est celui des EBEP.
La refonte des territoires des PIAL pour constituer ceux des PAS, le plus souvent regroupés par 2 à 4, soulève
deux questions concernant les AESH : d’une part une interrogation sur la soutenabilité d’un pilotage de
proximité des collectifs d ‘AESH (cible envisagée à 55 AESH par PAS à terme en Seine et Marne) ; d’autre part,
une inquiétude des AESH sur l’extension de leurs territoires d’affectation, sachant que les déplacements d’un
établissement à un autre comptent parmi les motifs d’insatisfaction les plus souvent cités. A l’été 2025, des
avenants aux contrats des AESH concernés par des changements de périmètres dans les 100 nouveaux PAS
187 Dans cet esprit, le CNCPH « souhaite que le comité national du PAS et ses déclinaisons locales comprennent l’ensemble des parties
prenantes (associations représentatives, CNCPH, représentants des personnels et de l’administration de l’éducation nationale, des
professionnels du secteur social, collectivités locales…) » ( Avis du 17 juillet 2025 portant sur le projet de circulaire et le cahier des
charges relatifs au déploiement des pôles d’appui à la scolarité).
188 Ce tableau de bord, transmis par la CNSA, date de mai 2025.
189 Les PIAL sont au nombre de 7000 pour une cible de 3000 PAS à la rentrée 2027.
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ont été envoyés aux intéressés pour réponse sous un mois190, le refus ou l’absence de réponse enclenchant
une procédure de licenciement191.
Or il serait paradoxal que la question du pilotage des AESH, question RH délicate dans un contexte déjà tendu,
prenne le pas sur les finalités premières du PAS. La pertinence de son territoire se vérifiera par sa capacité à
intervenir sur les établissements/classes qui en feront la demande, par son accessibilité, y compris en aller
vers, pour les familles et en capacité à coordonner les ressources internes à l’éducation nationale et
médicosociales, en lien avec les capacités de relai de soin.
La mission s’interroge sur le risque que la gestion des AESH constitue soit un obstacle à l’exercice de ces
priorités, soit un sujet d’insatisfaction pour l’ensemble des parties prenantes, faute de temps pour dédier le
temps nécessaire à une population sensible, déjà en forte attente de considération et d’étayage.
En revanche, un lien est nécessaire qui milite aussi pour une convergence aussi forte que possible de ces
territoires et valide l’option de rapprochement des périmètres des PIAL avec ceux des PAS tout en
maintenant une forte vigilance sur les conditions de travail et de déplacement des AESH ; en milieu rural,
l’accès à des ressources d’étayage peut s’avérer très complexe ; le PAS est alors attendu comme un « sas »,
un lieu de médiation et d’appui pour les écoles ne disposant pas de ressources de proximité (ni
médicosociales ni AESH) et pour lesquelles l’intervention du PAS permet de restaurer un meilleur lien aux
familles et d’appuyer le collectif éducatif192.
Les territoires seront un point de vigilance majeur et de probable réflexion sur les priorisations qu’ils
imposent.
3.5. Les moyens déployés sont-ils en adéquation avec les priorités des PAS ?
La préfiguration n’a pas permis de définir une cible claire en termes de moyens associés.
Dans un contexte de saisines peu nombreuses, la mobilisation des ressources médicosociales financées par
les ARS semble surcapacitaire, avec un questionnement sur le financement prévu (144K€ par PAS pour la
ressource médicosociale) et les ETP correspondants. L’étude de l’ANAP de juillet 2025 préconise à ce titre de
limiter le financement par PAS à 100K€.
Etant donné le peu de recul que donne la préfiguration, dont le bilan porte sur 6 mois d’activité, il parait
toutefois pertinent d’avoir maintenu une contribution favorisant une montée en charge plus significative.
Toutefois, une vigilance identique devra s’attacher à la quantification des ressources effectivement
mobilisables de l’éducation nationale. A ce jour, le PAS intègre un ETP de l’éducation nationale au titre du
poste de coordonnateur. A l’occasion d’une réinterrogation de la gouvernance de l’école inclusive, la mission
interroge l’organisation des ressources, mais sans revisiter la structure du PAS lui-même sur ce point. La
question d’un 2e ETP dédié à 100% de son temps (enseignant référent, personnel avec forte expérience des
Ulis ou des RASED, professeur ressource TND) pourrait se poser afin de mieux accompagner l’appui aux
classes et aux enseignants, enjeu prioritaire des PAS. A tout le moins, cette hypothèse devra être envisagée
dans le cas où la mobilisation du pôle ressources s’avèrerait inopérante ou trop peu réactive aux demandes
du PAS.
Enfin, il sera essentiel que les créations de PAS ne s’effectuent pas, dans l’éducation nationale, par
redéploiement de ressources en minorant, par exemple, la capacité d’action des RASED ou des professeurs
ressources mais, comme pour les postes issus du médicosocial, par des créations de poste effectives. Ce point
majeur, condition d’un partenariat équilibré, se joue aussi sur les ressources dégagées pour le pilotage des
AESH. La mission a été informée de situations de PIAL sans pilote depuis plusieurs mois, qui alerte sur une
190 Le collectif AESH en lumière a dénoncé une adaptation des AESH « sous la menace » de perdre son emploi aux territoires des PIAL.
191 La FCPE 35 s’est fait l’écho de cette évolution : « Fin septembre 2025, le rectorat d’Ille-et-Vilaine a procédé au licenciement de 25
AESH, un choix intervenu malgré une pénurie significative de personnel dans ce domaine. Ces licenciements résultent du refus de
ces AESH de signer un avenant à leur contrat leur imposant une extension importante de leur zone d’intervention, dans le cadre
de la réforme des PIAL. Cette extension peut atteindre jusqu’à 70 km, alors que la « règle de courtoisie » (limitant théoriquement
les déplacements à 20 km) n’est pas écrite dans les contrats ni toujours respectée. L’allongement des trajets n’est pas indemnisé,
ce qui constitue une dégradation sensible des conditions de travail ».
192 Cf échanges de la mission avec les équipes du PAS de Semur en Auxois, Côte d’Or
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contraction des moyens et une dégradation des moyens là où la création de ressources nouvelles est
nécessaire.
Au-delà des moyens humains, la préfiguration a mis en lumière la fragilité des conditions logistiques
d’exercice des missions du PAS : l’éducation nationale n’a pas prévu de ligne budgétaire pour financer les
locaux ni les moyens associés à l’exercice des missions des PAS. Or un enjeu majeur porte sur la capacité des
équipes du PAS à se déplacer dans les établissements de son territoire. Une projection limitée du PAS sur son
territoire, faute de moyens logistiques pour le faire, ne lui permettra pas d’atteindre ses objectifs. D’ores et
déjà, la mission a constaté sur les territoires préfigurateurs l’effet « lampadaire » de l’installation d’un PAS
dans un établissement donné ; si le directeur de l’établissement est investi (souvent par le rôle de pilote qui
lui échoit en plus) et y recourt, les directeurs des autres établissements sont peu demandeurs et peu au fait
des missions du PAS en dépit d’une communication générale de rentrée 2024.
L’absence de dotation en téléphones professionnels et ordinateurs est également une forte limite
concrète193 ; il est difficilement envisageable que, lors du déploiement, les équipes du PAS recourent
exclusivement au téléphone de l’éducateur spécialisé, alors qu’il n’a pas la fonction de coordonnateur et doit
rester en second pour répondre aux sollicitations194.
Les PAS peuvent répondre à un besoin clairement identifié de réponse rapide en classe face à des situations
d’enfants encore mal diagnostiquées. Centrée sur l’accessibilité des apprentissages, l’intervention du PAS est
un levier d’appropriation par les classes des méthodes permettant de faciliter une inclusion différenciée mais
universelle des enfants. Dédié aux « besoins particuliers », le PAS ne doit pas être l’antichambre de la MDPH
ni un dispensateur d’aide humaine. Les équipes locales rencontrées par la mission sont très conscientes de
l’impérieux besoin de repositionner les interventions des PAS avec une ambition différente de celle des PIAL.
Pour assurer la réussite de leur implantation, des clarifications sont nécessaires, fondées sur l’analyse des
premiers mois, à une échelle suffisante. A ce stade, comme le montrent les cartes ci-après, l’installation
progressive et inégale des PAS sur le territoire va rendre délicate leur évaluation in itere. L’écoute des retours
de terrain et une gouvernance très collective des premiers 500 PAS seront nécessaires à une généralisation
optimale en 2027.
193 Plus globalement, la mission a constaté la fragilité des moyens des fonctions attachées à la prise en charge du handicap ; ainsi,
héritage des CDES, la circulaire 2006-119 du 31 juillet 2006 prévoit que « les frais de fonctionnement [ des ERSEH] sont imputés
sur les dépenses des MDPH », précisant pour les frais de fonctionnement qu’ « il convient de distinguer les (…) prestations de
missions pour les MDPH (…) de ceux qui incombent à l’autorité académique ». Jamais mis à jour depuis 20 ans et sous compensé
par l’Etat dont les dotations aux MDPH ont réduit au fil du temps, ce dispositif n’est plus adapté aux ambitions de l’école inclusive.
194 De même, dans 3 départements sur 4 préfigurateurs, la voiture de fonction de l’éducateur spécialisé a été utilisée pour les
déplacements de l’équipe du PAS. Un département, le Var, a mobilisé une ligne de financement pour rembourser les frais des
enseignants coordonnateurs.
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Source : mission avec le concours du pôle data de l’IGAS – données DGESCO septembre 2025
Source : mission avec le concours du pôle data de l’IGAS – données DGESCO septembre 2025
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Annexe 13
Le dispositif ULIS, ressource interne pour une école inclusive accessible ?
Les unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) sont des dispositifs ouverts de l'école inclusive. Elles
succèdent aux CLIS, qui étaient des classes spécialisées du primaire, sans inclusion en classe ordinaire. Les
ULIS permettent, à l’école, au collège et au lycée professionnel, l'inclusion scolaire d'élèves en situation de
handicap qui nécessitent des enseignements adaptés au sein d'un groupe restreint, tout en maintenant leur
inscription dans une classe de référence correspondant à leur âge195.
L’ULIS est pilotée par un coordonnateur ULIS qui peut également bénéficier de l’appui d’une « AESH-co ».
L’affectation en ULIS est très demandée ; elle suit une procédure réglementée basée sur la reconnaissance
officielle du handicap et la décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées
(CDAPH), qui émet une orientation vers l’ULIS dans le cadre du projet personnalisé de scolarisation (PPS).
La carte des ULIS est élaborée de manière à garantir sa cohérence et sa complémentarité avec l'offre médico-
sociale et l'offre de soins pilotées par les agences régionales de santé (ARS).
1. Une organisation pédagogique dans laquelle le coordonnateur ULIS joue un
rôle clé
Les ULIS sont déployées dans le premier degré (ULIS-école) et le second degré (collège, lycée général et
professionnel), avec des effectifs limités (généralement 12 élèves en école, 10 au collège et lycée, modulables
selon les besoins et projets personnalisés) afin d'assurer un accompagnement adapté.
Les publics accueillis présentent des troubles des fonctions cognitives, troubles du langage, troubles du
spectre autistique, troubles moteurs, sensoriels, ou troubles multiples associés. La constitution du groupe
vise une compatibilité des besoins et non une homogénéité.
Son organisation repose sur un principe de double appartenance pour l'élève :
- La classe de référence : Chaque élève bénéficiant du dispositif est inscrit dans une classe ordinaire
correspondant à sa classe d'âge. Il y suit les enseignements pour lesquels ses besoins ne requièrent
pas d'adaptations trop lourdes et participe à la vie de la classe.
- Les temps de regroupement : L'élève bénéficie de temps d'enseignement spécifiques au sein de
l'ULIS, animés par un enseignant spécialisé. Ces temps permettent de travailler sur des objectifs
définis dans son Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS), de consolider des compétences et de
bénéficier d'un accompagnement adapté à ses potentialités.
Cette alternance vise à articuler les apprentissages en milieu ordinaire et un soutien spécialisé, favorisant
ainsi l'acquisition de compétences scolaires et sociales.
L'ULIS relève de l’école ou de l'établissement scolaire où elle est implantée, sous la responsabilité du
directeur ou chef d'établissement. Son fonctionnement est co-piloté entre l’IEN-ASH d’un côté, l’IEN de
circonscription ou le chef d’établissement de l’autre.
À la rentrée 2024, on compte près de 11 000 ULIS ouvertes dans le premier et le second degré en France,
permettant la scolarisation de 119 000 élèves en situation de handicap, soit près d’un quart des élèves
handicapés en milieu ordinaire.
195 Circulaire n°2015-129 du 21 août 2015, Unités localisées pour l'inclusion scolaire (Ulis), dispositifs pour la scolarisation des élèves
en situation de handicap dans le premier et le second degrés,
https://www.education.gouv.fr/bo/15/Hebdo31/MENE1504950C.htm
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Le coordonnateur ULIS est un enseignant spécialisé (titulaire du CAPPEI ou CAPA-SH/2CA-SH selon le degré)
chargé de plusieurs missions 196:
– Enseigner aux élèves lors des temps de regroupement dans l'ULIS, en adaptant pédagogiquement
les contenus aux besoins spécifiques ;
– Coordonner le dispositif en lien avec l'équipe éducative, les partenaires extérieurs, les familles et
les enseignants des classes ordinaires afin d'assurer la continuité et la cohérence des parcours
individualisés ;
– Conseiller et être personne ressource pour les enseignants de l’établissement accueillant des
élèves ULIS, notamment pour faciliter les aménagements pédagogiques dans la classe de
référence.
En tant que membre de l'équipe pédagogique de l'établissement, le coordonnateur est un acteur clé pour
diffuser une culture de l'inclusion. Il facilite la mise en œuvre des adaptations, aide à la compréhension des
besoins des élèves et favorise la collaboration entre les différents professionnels. Cette fonction nécessite
une expertise fine de l'impact du handicap sur les apprentissages pour proposer un enseignement le mieux
adapté, tout en favorisant l'inclusion dans la classe de référence lorsque cela est possible.
Des recherches (voir infra) montrent cependant que ce rôle de personne ressource est parfois sous-exploité,
certains enseignants des classes ordinaires pouvant percevoir le coordonnateur et l'AESH comme les seuls
"spécialistes" du handicap, ce qui peut freiner une appropriation collective des enjeux de l'inclusion
2. Un dispositif inclusif ou intégratif ?
Les ULIS ont été officiellement instituées dans leur forme actuelle par la circulaire de 2015, texte qui acte
l’emploi du terme ULIS aussi bien à l’école qu’au collège et au lycée, harmonisant ainsi l’appellation et
l’organisation sur tout le système scolaire. En effet les ULIS succèdent directement à deux types de
dispositifs :
– Les CLIS (Classes pour l’Inclusion Scolaire) dans le premier degré, créées officiellement en 1991
pour accueillir des élèves en situation de handicap à l’école primaire, remplacées par les “ULIS
école” à partir de 2015.
– Les UPI (Unités Pédagogiques d’Intégration) dans le second degré (collège/lycée), dispositifs créés
en 1995 pour permettre l’intégration de collégiens et lycéens en situation de handicap dans les
établissements scolaires ordinaires, organisant des temps de regroupement spécifiques et des
temps d’inclusion en classe de référence. A noter que les UPI ont été remplacées par les “ULIS
collège/lycée” dès 2010197.
La réforme de 2015 s’inscrit dans un mouvement amorcé par la loi du 11 février 2005 non pas seulement
d’intégration mais d’inclusion, là où CLIS et UPI étaient pensées d’abord comme des dispositifs d’intégration
collective.
L’accompagnement par un enseignant spécialisé et un AESH-co vise à permettre une adaptation pédagogique
et sociale continue, en articulation étroite avec les autres enseignants et les équipes éducatives. L’élève ULIS
est un élève à part entière, bénéficiant d’activités et de projets communs avec le reste de l’établissement. Il
faut toutefois noter que les pratiques en matière de comptabilisation des élèves dans les effectifs de la classe
ordinaire varient selon les DSDEN et entre le premier et le second degré.
Les ULIS, depuis 2010-2015, marquent l’évolution de la logique intégrative vers une logique inclusive, mais
cette dernière dépend beaucoup des pratiques locales198. En effet, les ULIS sont des dispositifs inclusifs par
196 Près de 70% des coordonnateurs ULIS sont effectivement titulaires de cette certification, et plus fréquemment dans le second
degré que dans le premier.
197 Circulaire n° 2010-088 du 15 juillet 2010, Dispositif collectif au sein d'un établissement du second degré,
https://www.education.gouv.fr/bo/2010/28/mene1015813c.htm
198 Caraglio, M. (2019). Les élèves en situation de handicap. Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/les-eleves-en-
situation-de-handicap--9782715401082
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leur intention et leur organisation, mais leur fonctionnement présente parfois des limites intégratives selon
les pratiques d’établissement et l’effectivité des démarches d’inclusion.
En effet malgré ces intentions inclusives, les travaux scientifiques et les retours de terrain pointent que l’ULIS
peut parfois fonctionner de façon essentiellement intégrative : le dispositif existe parallèlement à la classe
ordinaire, et l’inclusion réelle dépend du degré d’ouverture du projet d’établissement, de la collaboration
entre équipes, et de la qualité du lien entre le temps en ULIS et la classe de référence199. Lorsque les
regroupements sont trop fréquents ou que l’accompagnement vers la classe ordinaire est limité, il y a un
risque de reproduction d’un fonctionnement séparatif, limitant l’accès aux apprentissages partagés et à la
citoyenneté scolaire.
La collaboration entre AESH, coordonnateur ULIS et enseignants des classes ordinaires est ici fondamentale
et variable. La mission a ainsi été témoin de coordonnateurs ULIS dans des postures d’ « aller vers » les
enseignants (avec plus ou moins de succès), investis de fonction de coordination des AESH de l’établissement,
de salles ULIS lieux de partage ou à l’inverse géographiquement isolées, d’outils communs (carnet de liaison,
espaces numériques partagés) plus ou moins présents, d’un soutien de la direction plus ou moins net. Le
coordonnateur ULIS joue un rôle pivot de personne ressource pour l’équipe pédagogique, soutenant les
enseignants dans la mise en place d’aménagements et la co-construction des situations d’apprentissage
adaptées200. Les AESH-co assurent une présence éducative et relationnelle dans tous les espaces de
scolarisation, selon l’organisation définie par le coordonnateur.
A la dynamique relationnelle adulte s’ajoute celle des jeunes. Ainsi les sociabilités des élèves en Ulis oscillent
entre protection mutuelle et cloisonnement201. L’enjeu institutionnel est d’organiser l’articulation entre ces
espaces sécurisants et une exposition progressive aux exigences et codes du collectif ordinaire, via des temps
partagés, des projets inclusifs ou du tutorat.
3. L’AESH-co : des missions au service du collectif et non de l’individuel
Selon la circulaire de missions des AESH de 2017, « l’affectation des personnels chargés d'une mission
d'accompagnement collectif dans une Ulis du premier ou du second degré relève de l'autorité académique et
ne dépend pas d'une décision de la CDAPH ». Ainsi, on compte un peu plus de 7200 ETP d’AESH-co au 31 mars
2025 pour près de 11 000 dispositifs ULIS (données DGESCO).
Les missions des AESH-co sont précisées dans la même circulaire de mission de 2017 : « Ces personnels
apportent leur aide à l'ensemble des élèves du dispositif, soit au sein de l'Ulis, soit lors des temps d'inclusion
dans les classes ordinaires. Ils assistent l'enseignant sans pour autant se substituer à lui pour les tâches qui
ne relèvent pas spécifiquement de l'activité d'enseignement, conformément au référentiel d'activités ci-
dessous [référentiel commun aux AESH-i et m]. »
L’AESH-co se différencie principalement de l’AESH-i ou m en ce que son action n’est pas individualisée ni
mutualisée au sens large : elle s’inscrit de façon exclusive dans le projet collectif de l’ULIS, au plus près des
besoins d’un petit groupe d'élèves à besoins complexes. Par ailleurs, en termes de conditions de travail,
l’AESH-co agit en étroite collaboration avec l’enseignant coordonnateur ULIS, participant à l’ensemble des
temps pédagogiques, des projets, et de l’inclusion des élèves dans la vie de l’établissement. L’AESH-co est
199 Lacaille, A. (2011). L’expérience scolaire en Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) d’élèves souffrant de troubles des fonctions
cognitives (Numéro 2011ORLE1117) [Theses, Université d’Orléans]. https://theses.hal.science/tel-00688952
Bonnet, J., & Perpigna, M. (2023). L’inclusion scolaire d’élèves en situation de handicap dans un dispositif ULIS au sein d’une école
ordinaire. https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04522840
Lansade, G. (2015). Entre classe d’inclusion et Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire en lycée professionnel : Suivis ethnographiques
d’une scolarisation adaptée. Recherches en éducation, 23. https://doi.org/10.4000/ree.6800
Honoré, G. G. (2024). Les gestes professionnels efficaces en faveur des élèves en situation de handicap scolarisés en dispositif Ulis-
École (Numéro 2024MULH6226) [Theses, Université de Haute Alsace - Mulhouse]. https://theses.hal.science/tel-04854099
Petry-Genay, I., & Dupré, F. (2024). Des alliances pédagogiques pour favoriser l’accès à l’étude des savoirs : Une étude de cas en Ulis
collège. La nouvelle revue - Éducation et société inclusives, 9899(1), 277-294. https://doi.org/10.3917/nresi.098.0277
200 Voir notamment Coince, L. (2025). Inclusion scolaire et diversité des besoins : Le coordonnateur ULIS au cœur de l’école inclusive.
49. https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-05216167v1
201 Laidi, L. (2023). « Autrement adolescents » : Sociabilités juvéniles de collégiens en dispositif Ulis [These de doctorat, Université
Paris Cité]. https://theses.fr/2023UNIP7315
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233
une ressource collective, centrée sur le groupe ULIS et la dynamique inclusive de l’établissement, alors que
les AESH-i répondent à des besoins très individuels et que les AESH-m se partagent entre plusieurs élèves
mais hors d’un dispositif collectif spécialisé.
Les recherches récentes soulignent que l’AESH-co ne se limite pas à un accompagnement matériel, mais
devient un véritable agent de médiation, de soutien aux apprentissages et de socialisation, à condition que
ses missions soient clarifiées, reconnues et valorisées au sein de l’équipe202. Leur implication dans la co-
construction de séquences et d’accompagnement éducatif dans la classe ordinaire peut être déterminante,
préfigurant peut-être en cela la mission d’ « assistant d’accessibilité ».
4. L’ULIS, un pôle ressource pour l'école inclusive
En repositionnant les ULIS comme pôles internes de ressources handicap à l’échelle des établissements, elles
peuvent alimenter une réflexion plus large sur l’accessibilité et l’adaptation du système éducatif. Leur
organisation pédagogique, la qualification du coordonnateur et la complémentarité avec les AESH-co offrent
un modèle d’appui dans la conception d’enseignements accessibles à tous, contribuant ainsi à une vraie école
inclusive dans la continuité des projets personnalisés.
La réussite du dispositif tient à sa capacité à essaimer des pratiques accessibles et coopératives à l’ensemble
de l’établissement. Ce statut de « pôle ressource » suppose toutefois une ouverture du dispositif à l’ensemble
de l’équipe éducative, des espaces de formation interne, et une implication visible de la direction.
Conclusion
La mise en œuvre du dispositif ULIS s’impose aujourd’hui comme une composante essentielle du
développement d’une école vraiment inclusive, où chaque élève bénéficie de conditions d’apprentissage
adaptées à ses besoins spécifiques. L’organisation pédagogique autour du coordonnateur et la
complémentarité avec l’AESH-co permettent non seulement une personnalisation de l’accompagnement,
mais aussi la diffusion de pratiques inclusives à l’ensemble de l’établissement scolaire. Les ULIS ne doivent
pas être envisagées comme des espaces à part, mais comme des leviers pour repenser l’accessibilité
pédagogique et l’adaptation du système éducatif dans son ensemble. Toutefois, la réussite de ce modèle
repose sur la capacité à ouvrir le dispositif ULIS comme pôle ressource pour tous, encourageant la
collaboration, ce qui suppose un engagement fort de la direction et sur la formation continue des équipes.
202 Honoré (2024), Coincé (2025)
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Annexe 14
Proposition de fiches de poste pour « conseiller principal accessibilité » et « assistant d’accessibilité »
Cette annexe vient apporter des précisions à la partie 3 quant aux deux métiers qu’il est proposé de créer. Il
s’agit de propositions qui auraient vocation à nourrir des « assises métier de l’école pour tous ».
1. Fiche de poste : conseiller principal accessibilité (premier ou second degré)
1.1. Missions
Piloter la politique d’accessibilité pédagogique de l’école ou de l’établissement, en lien étroit avec l’IEN ou le
chef d’établissement, et veiller à son inscription dans le projet d’école/d’établissement et ses déclinaisons
opérationnelles.
Impulser et accompagner l’évolution des pratiques professionnelles vers une pédagogie accessible à tous, en
développant la co-intervention, la différenciation, l’utilisation raisonnée des aides techniques (notamment
matériel pédagogique adapté) et des aménagements, et en organisant des temps de travail collectif sur les
besoins éducatifs particuliers.
Contribuer au développement professionnel des équipes : repérer les besoins de formation, co‑construire
ou co‑animer des actions locales (FIL, formations croisées), diffuser les ressources issues de la recherche et
des dispositifs d’expertise (EMAS, centres ressources, etc.).
Assurer le suivi pédagogique des élèves en situation de handicap et des EBEP : repérer les besoins, organiser
les réponses de premier niveau, articuler les aides d’accessibilité et de compensation, coordonner les acteurs
internes (enseignants, vie scolaire, santé scolaire) et externes (MDPH, médico‑social, associations).
Garantir la qualité et l’effectivité des dispositifs de suivi individualisé : élaboration et mise en œuvre des PPRE
et PAP pour les élèves à besoins particuliers, élaboration des GEVA‑Sco première demande, suivi des PPS et
du document de mise en œuvre pour les ESH, vigilance sur les transitions et les changements de palier ou de
cycle.
Veiller à l’objectivation et au suivi des aménagements pédagogiques : s’assurer de la définition d’objectifs
d’autonomie et d’apprentissage, du suivi régulier des aménagements prévus, et de leur mobilisation lors des
évaluations et examens.
Être garant de la qualité de renseignement et de l’exploitation du Livret de Parcours Inclusif (LPI) : sécuriser
la traçabilité des besoins, des réponses mises en œuvre et de leurs effets, et alimenter un tableau de bord
de l’accessibilité de l’école/établissement (aménagements, accompagnements, formation).
Animer et encadrer une équipe « accessibilité » : ERSEH, formateur accessibilité, assistants accessibilité,
personnels RASED, coordonnateur ULIS, sur un modèle de management de proximité comparable au binôme
CPE-AED.
Assurer la gestion de proximité des AESH : accueil au sein de l’école/ établissement, organisation des emplois
du temps en lien avec les besoins des élèves, articulation avec les missions des assistants accessibilité, soutien
professionnel, suivi des heures connexes et de la formation (adaptation à l’emploi et formation continue).
Renforcer la coéducation avec les familles : référent accessibilité pour les familles, point de contact sur les
démarches (PAP, PPS, MDPH), médiation en cas de désaccord, participation aux ESS et réunions de suivi,
appui aux équipes pour construire un discours commun et lisible.
Sous l’autorité de l’IEN ou du chef d’établissement, point de contact opérationnel avec les collectivités
territoriales (aménagements matériels, transports, restauration, périscolaire) et, - en lien avec le PAS – les
acteurs du secteur médico‑social pour favoriser des parcours coordonnés et éviter les ruptures de prise en
charge.
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1.2. Profil recherché
1.2.1. Conditions de recevabilité
Être titulaire d’un CAPPEI (ou d’un ex‑CAPA‑SH/2CA‑SH reconnu équivalent), avec une expérience
significative en ULIS, SEGPA, EREA, RASED ou comme enseignant référent/ERSEH.
Être enseignant du premier ou du second degré, ou cadre pédagogique, justifiant d’une expérience avérée
en pilotage de dispositifs ou de projets liés à l’école inclusive (coordination ULIS, direction adjointe de SEGPA,
coordination PIAL, etc.).
Connaissance solide du cadre législatif et réglementaire de l’école inclusive (loi de 2005, code de l’éducation,
dispositifs PPRE, PAP, PPS, GEVA‑Sco, LPI, circulaires AESH), ainsi que des acteurs institutionnels (MDPH,
CDAPH, ARS, collectivités).
1.2.2. Compétences attendues
Compétences d’expertise pédagogique en accessibilité : analyse des besoins éducatifs, conception
d’aménagements et d’adaptations, articulation entre soutien ordinaire, aides renforcées et compensation,
dans une logique de gradation du soutien.
Capacités de pilotage et de management : conduite de projet, animation de collectifs, régulation d’équipe
pluri‑catégorielle, conduite de réunions (ESS, équipes éducatives), élaboration et suivi de tableaux de bord.
Compétences en accompagnement du changement : appui aux équipes pour faire évoluer les
représentations sur le handicap et les EBEP, gestion de situations complexes ou conflictuelles, capacité à
construire des compromis opérationnels.
Maîtrise des outils de suivi et de traçabilité (LPI, outils académiques de suivi des EBEP, systèmes d’information
des élèves, outils de pilotage des PIAL) et des outils numériques liés aux aides techniques.
Qualités relationnelles et éthiques : sens du travail en équipe, écoute des familles, respect de la
confidentialité, posture de ressource plutôt que de contrôle, capacité à travailler avec des partenaires
extérieurs.
1.3. Conditions d’exercice
Fonction de cadre pédagogique d’établissement ou de circonscription, placée sous l’autorité du chef
d’établissement ou de l’IEN, avec une lettre de mission spécifique annexée au projet
d’école/d’établissement.
Service construit principalement sur du temps de pilotage, de coordination et de formation (réunions,
observations de classe, entretiens avec les familles, travail avec les partenaires), avec une quotité identique
à celle des CPE (40h par semaine).
Encadrement fonctionnel et/ou hiérarchique d’une équipe pluri‑professionnelle (ERSEH, assistants
accessibilité, AESH, formateurs), en articulation avec les personnels d’encadrement IEN, chef
d’établissement.
Participation aux instances de pilotage internes (conseil pédagogique, conseil école‑collège, conseil
d’administration, conseil de cycle) et, le cas échéant, externes.
Accès prioritaire à une offre de formation continue et à des ressources d’expertise (équipes mobiles d’appui,
réseaux de chercheurs, dispositifs européens) afin de maintenir un haut niveau d’expertise sur l’accessibilité
pédagogique et organisationnelle.
Possibilité d’exercice sur un établissement support avec responsabilité sur un réseau (circonscription, bassin,
réseau d’éducation prioritaire), selon la taille et la configuration du territoire.
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2. Fiche de poste : assistant accessibilité (premier ou second degré)
2.1. Missions
Contribuer au fonctionnement inclusif de l’école ou de l’établissement en veillant à la prise en compte
systématique des situations de handicap et des besoins éducatifs particuliers dans la vie scolaire hors classe
(accueils, récréations, déplacements, restauration, sorties scolaires, internat).
Faciliter la participation sociale de tous les élèves : repérage des situations d’isolement, de conflit ou de
harcèlement, médiation entre pairs, mise en place d’activités et de supports favorisant la coopération et
l’appartenance au groupe, en lien avec la vie scolaire et les enseignants.
Contribuer au suivi administratif et organisationnel des dispositifs d’accompagnement : coordination des
interventions de professionnels extérieurs (médico‑sociaux, thérapeutes, associations), gestion des
modifications d’emploi du temps, aide au suivi des notifications et des réunions.
Appuyer le travail des enseignants dans la mise en œuvre des PPS, PAP, PPRE et autres dispositifs, sans se
substituer à leur responsabilité pédagogique : préparation et adaptation des supports, utilisation et entretien
des matériels pédagogiques adaptés (MPA), contribution au lien avec les ressources (Cap École Inclusive, LPI).
Participer à des activités de consolidation des apprentissages définies par l’enseignant : tutorat ponctuel ou
en petits groupes pour réinvestir des notions, entrainement, reformulation, accompagnement dans
l’organisation du travail.
Accompagner les élèves à besoins éducatifs particuliers dans l’accès à toutes les activités scolaires,
éducatives, culturelles, sportives, artistiques ou professionnelles : aide à la compréhension des consignes,
soutien à l’expression orale ou écrite, aide à la prise de notes, aide à l’organisation matérielle.
Veiller à la mise en œuvre effective des aménagements prévus lors des évaluations et examens (temps
majoré, usage d’outils, transcription, installation matérielle, etc.), en coordination avec les enseignants et, le
cas échéant, les AESH.
Travailler en complémentarité avec les AESH : articulation des rôles entre accompagnement individuel en
compensation et appui à l’accessibilité au niveau de la classe et de l’établissement, éviter les effets « écran »
en favorisant l’autonomie de l’élève.
Participer à des actions de sensibilisation et de formation interne sur les besoins éducatifs particuliers et le
handicap (ateliers avec les élèves, échanges de pratiques avec les équipes, participation à des formations
locales).
2.2. Profil recherché
2.2.1. Conditions de recevabilité
Être titulaire au minimum d’un diplôme de niveau 5 (Bac+2) dans les domaines de l’éducation, du social, de
l’animation, de la santé ou équivalent, ou justifier d’une expérience significative comme AESH, AED,
moniteur‑éducateur, éducateur spécialisé ou dans des fonctions d’accompagnement d’élèves.
Connaissance de base du système éducatif français, des principes de l’école inclusive et des principaux
dispositifs de scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers.
2.2.2. Compétences attendues
Compréhension des besoins éducatifs particuliers et des situations de handicap, capacité à repérer des
obstacles à l’apprentissage et à la participation et à les signaler aux enseignants ou au conseiller principal
accessibilité.
Compétences relationnelles fortes avec les élèves : posture bienveillante, capacité à encourager, à soutenir
l’estime de soi, à favoriser les interactions entre pairs et l’autodétermination des élèves.
Capacité à travailler en équipe pluri‑professionnelle, sous la responsabilité du conseiller principal accessibilité
et en collaboration étroite avec les enseignants, la vie scolaire, les AESH et les partenaires extérieurs.
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Maîtrise des gestes professionnels de base en appui pédagogique : reformulation de consignes,
décomposition de tâches, adaptation de supports simples, aide à l’utilisation des outils numériques
d’accessibilité (MPA notamment).
Organisation et rigueur : gestion de son emploi du temps sur plusieurs classes ou niveaux, respect des
procédures (confidentialité, remontées d’informations, outils de suivi), utilisation d’outils numériques
simples de traçabilité.
Intérêt pour la formation continue et l’analyse de pratiques, dans une logique de montée en compétences
progressive et de professionnalisation de la filière des assistants éducatifs.
2.3. Conditions d’exercice
Personnel éducatif de catégorie « assistant éducatif » ou équivalent, rattaché à l’établissement scolaire ou à
une circonscription, placé sous l’autorité du chef d’établissement ou de l’IEN et sous la responsabilité
fonctionnelle du conseiller principal accessibilité.
Service effectué principalement en présentiel dans les écoles et établissements, sur les temps de classe et
hors classe ; sur les temps de classe, l’assistant accessibilité est au service de la classe, dans une approche
collective plutôt qu’individuelle ; il accompagne le développement de l’accessibilité en classe en fonction des
besoins et n’est pas nécessairement attaché à une classe.
Emploi du temps défini annuellement puis ajusté en cours d’année selon les besoins repérés (évolution des
profils d’élèves, nouvelles notifications, modifications de dispositifs), en articulation avec le conseiller
principal accessibilité.
Participation à des temps institutionnels : réunions d’équipe, synthèses avec le conseiller principal
accessibilité, formations internes, éventuellement ESS ou rencontres avec les partenaires sous la
responsabilité du cadre.
Bénéfice d’un plan de formation initiale et continue structuré (modules sur l’accessibilité pédagogique, les
besoins éducatifs particuliers, la coopération avec les enseignants, les gestes professionnels
d’accompagnement), dans une logique de filière de métier et de possibles évolutions vers d’autres fonctions
éducatives.
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Annexe 15
Les métiers de l’accompagnement médico-social et de l’accompagnement socio-éducatif
1. Pour la partie médicosociale
Il existe au total 13 DE (diplômes d’État) du travail social, correspondant chacun à un métier. Les formations
y préparant se déroulent au sein d’instituts spécialisés, publics ou privés, agréés par le ministère du Travail,
de la Santé, de la Solidarité et des Familles. Plusieurs DE sont accessibles sans le bac et se préparent en 1 à 2
ans, comme le DE accompagnant éducatif et social ou le DE moniteur éducateur. Cinq DE, en 3 ans après le
bac, donnent le grade de licence dont le DE assistant de service social ou le DE éducateur spécialisé. Les
autres sont accessibles après un premier diplôme de niveau bac + 2 minimum.
S’agissant du secteur du handicap, fin 2022, 343.100 personnes travaillent dans les structures de prise en
charge enfants et adultes. Selon la DREES203, 7 structures sur 10 ont connu des difficultés de recrutement et
déclarent plus de difficultés dans le secteur enfant (74%) qu’adulte (68%).
Tout type de structures confondus, le personnel socio-éducatif (éducateurs spécialisés, aides médico-
psychologiques) est déclaré par 88% des structures comme le plus difficile à recruter. S’agissant du personnel
enseignant, les difficultés de recrutement sont beaucoup moins importantes (23%).
Un nombre croissant de structures recourt à du personnel extérieur (prestataires ou libéraux (88% des IEM
par exemple). Les effectifs ont progressé : +7% dans les établissements pour enfants et +4% dans les services.
Toutefois, la rotation du personnel augmente également (fin 2022, 28% du personnel est arrivé depuis moins
d’un an contre 21% en 2014), dont 30% des psychologues et du personnel paramédical.
En 2022, 58 000 étudiantes et étudiants, dont 84 % de femmes, sont inscrits dans en formation sociale en
France. Parmi eux :
– 14 600 sont en formation d’éducateur spécialisé ;
– 10 400 en formation d’accompagnant éducatif et social ;
– 7 100 en formation d’assistant de service social.
Le nombre de personnes inscrites baisse très légèrement en 2022 tandis que le nombre de diplômés, hors
validation des acquis de l’expérience (VAE) et allègement de scolarité, s’établit à 21 300, en hausse de 4,8 %
par rapport à 2021. Le taux d’interruption définitive en cours de formation atteint 7,2 %.
L’ambition de la loi du 11 février 2005 était de renforcer et compléter les professionnalités et les métiers
nécessaires à l’accompagnement des personnes en situation de handicap. Ainsi son article 79 prévoit que :
« Le gouvernement présentera un plan des métiers, qui aura pour ambition de favoriser la
complémentarité des interventions médicales, sociales, scolaires au bénéfice de l’enfant, de
l’adolescent et de l’adulte présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant.
Ce plan des métiers répondra à la nécessité des reconnaissances des fonctions émergentes,
l’exigence de gestion prévisionnelle des emplois et le souci d’articulation des formations
initiales et continues dans les différents champs d’activités concernés. Il tiendra compte des
rôles des aidants familiaux, bénévoles associatifs et accompagnateurs. 204»
La CNSA a accompagné et financé la mise en place de plateformes des métiers de l’autonomie qui ont donné
lieu à une évaluation in itere depuis 2023 ; seules 16 plateformes sont en fonctionnement en 2025 avec
l’appui, le plus souvent des départements concernés et des maisons de l’emploi. Une mission de l’IGAS est
en cours sur l’attractivité des métiers du social.
203 Note Etudes et résultats n°1307 de juillet 2024.
204 Ce plan des métiers, annoncé en février 2008 estimait le besoin à 400.000 emplois à l’horizon 2015, dont 200.000 liés à la création
de nouveaux emplois. Ce plan « métier », sous impulsion de l’État, a été porté par la CNSA, les conseils régionaux et la branche
professionnelle du secteur privé non lucratif (UNIFAF).
Il n’a pas fait l’objet d’un bilan et a été généralisé à l’ensemble des régions, en 2009.
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Sans viser à l’exhaustivité, le tableau ci-après récapitule les formations correspondant aux professions
principales sociales et paramédicales, présentes dans le secteur du handicap de l’enfant.
Chargé de mission ASH / École inclusive
Diplôme préparé Formation Exercice du métier
Aide soignant 12 mois – DE
(niv4)
Soins de la vie quotidienne et des soins aigus
Auxiliaire de
puériculture
12 mois -DE (niv4) Activités d’éveil et soins adaptés.
Psychomotricien 3 ans- DE (niv5) Rééducation par des techniques de relaxation dynamique,
d’éducation gestuelle, d’expression corporelle, des activités
rythmiques et de coordination
Ergothérapeute 3 ans – DE (niv 6) Restauration et maintien des activités humaines pour des PSH ou des
personnes recourant à la rééducation, la réadaptation ou la
réhabilitaion
infirmier 3 ans- DE (niv6) Soins infirmiers sur prescription ou conseil médical, dans le cadre
d’une équipe pluridisciplinaire en établissement et à domicile
kinésithérapeute 4 ans DE (niv7) Techniques spécifiques pour mobiliser et stimuler les tissus et
muscles endommagés pour une rééducation corrective ou
compensatrice.
Auxiliaire de vie
sociale (AVS) ou
Accompagnant
éducatif et social
(AES)
DEAS-(niv CAP) intervention au sein d'un organisme de services à la personne ou à
domicile pour l’aide à la vie quotidienne
Educateur
spécialisé
DE éducateur
spécialisé (DEES-
niv3)
Participe à la conception du projet socio éducatif permettant la
préservation et l’instauration de l’autonomie des personnes en
situation de handicap (mais aussi en difficulté sociale, public plus
large que le handicap)
Moniteur
éducateur
DE moniteur
éducateur (DEME
– niveau bac)
Aide à instaurer ou préserver ou instaurer l’adaptation sociale et
l’autonomie des personnes en situation de handicap (enfants et
adultes) en exécution du projet de la personne.
Aide médico-
psychologique
DEAS – (niv CAP) Intervention d’aide à la vie quotidienne en hôpital ou maison
d’accueil spécialisé (MAS) là où le handicap requiert un
accompagnement individualisé
2. Pour la partie éducative et pédagogique
Du côté de l’éducation nationale, les métiers de l’école inclusive se répartissent entre :
– Les AESH ;
– Les enseignants spécialisés ;
– Les personnels médico-sociaux ;
– Les psychologues scolaires et autres personnels.
Les enseignants spécialisés détiennent le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation
inclusive (CAPPEI)205. Peuvent se présenter à l’examen pour obtenir le CAPPEI les enseignants du premier
degré et du second degré du public et du privé sous contrat.
205 Le CAPPEI, Certificat d’Aptitude Professionnelle aux Pratiques de l’Éducation Inclusive, est la certification qui atteste de la
spécialisation des enseignants pour l’éducation inclusive et l’adaptation scolaire et la scolarisation des élèves en situation de
handicap (ASH). Cette certification s’inscrit dans une démarche de professionnalisation des enseignants chargés d’accompagner
les élèves à besoins éducatifs particuliers.
La préparation au CAPPEI s’étend sur une année scolaire et représente environ 300 heures de formation. Celle-ci est organisée en
plusieurs modules : un tronc commun d’environ 144 heures, deux modules d’approfondissement de 52 heures chacun, et un
module de professionnalisation dans l’emploi de 52 heures. Dans les cinq années suivant l’obtention du CAPPEI, les enseignants
bénéficient généralement d’un complément de 100 heures de formation, souvent réparties entre 25 et 50 heures par an. Ces
modules d’initiative nationale permettent d’approfondir ou de diversifier leur spécialisation, afin de répondre aux évolutions des
besoins des élèves et des pratiques pédagogiques.
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Métiers et formations de l’école inclusive
Métier/Fonction Diplôme / Formation Missions principales
AESH Diplôme niveau 3 médico-
social (DEAES ou équivalent)
ou diplôme de niveau 4 +
formation ≥ 60 h
Chargé de l’aide humaine couvrant l'accompagnement
des ESH dans les actes de la vie quotidienne, les
apprentissages, la vie sociale et la participation aux
activités scolaires. Il a pour mission de favoriser
l’autonomie de l’élève en situation de handicap, qu’ils
interviennent au titre de l’aide humaine individuelle,
de l’aide humaine mutualisée ou de
l’accompagnement collectif.
Enseignant
spécialisé (ULIS,
RASED, SEGPA,
UE…)
Enseignant PE ou second degré
titulaire du CAPPEI – 300 h de
formation après titularisation
ou CDI
Spécialiste de l’adaptation pédagogique qui instruit et
accompagne les élèves en situation de handicap ou en
très grande difficulté scolaire en adaptant les
situations d’apprentissage, en contribuant à
l’élaboration et au suivi des PPS/PAP
Expertise des besoins éducatifs particuliers, aide
spécialisée, coordination de dispositifs inclusifs.
Enseignant
itinérant ASH (Hors
RASED)
PE ou second degré, souvent
CAPPEI
Interventions pédagogiques spécialisées sur plusieurs
écoles/établissements.
Enseignant
ressource ASH
PE ou second degré, souvent
CAPPEI
Intervient dans le cadre de l'adaptation scolaire et la
scolarisation des élèves handicapés (ASH), sous
l'autorité de l'inspecteur de l'Éducation nationale
(IEN) et en collaboration avec les acteurs médico-
sociaux et de santé.
Coordonnateur
ULIS
PE ou certifié + CAPPEI
(parcours ULIS)
Chargé d'une Ulis, il organise le travail des ESH dont il a
la responsabilité en fonction des indications des
PPS, en lien avec l’ERSEH et avec les enseignants des
classes de l'école, du collège ou du lycée. Personne
ressource pour l’ensemble de l’équipe pédagogique.
Enseignant de
SEGPA / ÉREA
PE ou PLP + éventuellement
CAPPEI
Enseignement adapté, remédiation, préparation à
l’orientation et à la formation professionnelle.
Enseignant en
unité
d’enseignement
(ESMS)
PE ou second degré + CAPPEI
(parcours UE)
Enseignement pour élèves scolarisés en milieu médico-
social ou sanitaire.
Enseignant
référent pour
élèves handicapés
Enseignant spécialisé
expérimenté (CAPPEI ou ex-
CAPA-SH/2CA-SH)
Acteur central du suivi de la scolarisation des élèves en
situation de handicap : il est l’interlocuteur privilégié
de la famille, réunit et anime les ESS, veille à la
continuité et à la cohérence du PPS et assure le lien
avec la MDPH pour éviter les ruptures de parcours.
Suivi des PPS, animation des ESS, interface MDPH–
familles–écoles/établissements.
La certification est délivrée à l’issue du premier bloc de 300 heures et repose sur trois épreuves distinctes. La première consiste
en une séance d’enseignement de 45 minutes devant des élèves, suivie d’un entretien de 45 minutes avec une commission. La
deuxième épreuve est un entretien de 45 minutes basé sur un dossier présentant la pratique professionnelle du candidat. Enfin,
la troisième épreuve évalue la fonction de personne-ressource de l’enseignant, à travers l’analyse de situations
d’accompagnement ou de conseil.
Bien que le CAPPEI soit un certificat professionnel de l’Éducation nationale et non un diplôme universitaire, il existe des dispositifs
permettant de l’articuler avec un master MEEF « éducation inclusive » ou « pédagogie adaptée ». Ainsi, les enseignants peuvent
obtenir à la fois une certification professionnelle et un diplôme de niveau master, en suivant un cursus universitaire associé. Cette
double reconnaissance renforce la légitimité et les compétences des enseignants spécialisés dans l’accompagnement des élèves
en situation de handicap.
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Métier/Fonction Diplôme / Formation Missions principales
Coordonnateur
AESH
Personnel
administratif/éducatif désigné
par l’IA-DASEN
Chargé du suivi de la mise en œuvre des PIAL au niveau
départemental et de l’affectation des AESH dans
chaque PIAL.
Veille au recrutement, à l’affectation des AESH et à
leur suivi sur le département en appui des
coordonnateurs des Pôles Inclusifs d’Accompagnement
Localisés (PIAL).
Coordonnateur
PIAL / PAS
Directeur d'école (premier
degré) ou un membre de
l'équipe pédagogique (second
degré).
Responsable de l'organisation et de la coordination
des AESH au sein d'un territoire scolaire, en tenant
compte des besoins des élèves et des dispositions de la
MDPH.
Psychologue de
l’éducation
nationale
Concours de psychologues de
l’éducation nationale spécialité
« Éducation, développement
et apprentissages » (EDA)
Contribue à l’évaluation des besoins des ESH et EBEP,
participe aux équipes de suivi de la scolarisation et aux
PPS, et apporte son expertise aux équipes
(enseignants, AESH, médecins) pour adapter la
scolarité et prévenir les ruptures de parcours
Médecin de
l’éducation
nationale
Titulaires d’un doctorat en
médecine et recrutés sur
concours,
contribue à la scolarisation des élèves en situation de
handicap en évaluant l’impact des troubles de santé
sur la scolarité, en donnant un avis médical pour le
choix du mode de scolarisation et des aménagements
(PPS, éventuellement PAP), et en participant aux
équipes de suivi de la scolarisation pour adapter le
parcours et assurer le lien entre famille, école, MDPH
et soignants.
Infirmier de
l’éducation
nationale
Titulaire d’un DE Infirmier
(niveau 6) et recrutés sur
concours
Contribue à la scolarisation des ESH en assurant les
soins et suivis nécessaires, en participant à
l’élaboration et à la mise en œuvre du PPS (et
éventuellement du PAI), en aidant à l’analyse des
besoins particuliers et aux aménagements, et en
prenant part, si besoin, aux équipes de suivi de la
scolarisation.
Assistant de service
social en faveur des
élèves
Titulaire d’un DEASS (niveau 6)
et recrutés sur concours
Participe à l’équipe de suivi de la scolarisation en
apportant son expertise sociale sur la situation de
l’élève et de sa famille, en contribuant à l’évaluation et
à l’ajustement du PPS.
Directeur adjoint
chargé de SEGPA
(DACS),
Enseignant titulaire du
diplôme de directeur
d’établissement d’éducation
adaptée et spécialisée
(DDEEAS)
En charge de l’organisation et la coordination
pédagogiques de la SEGPA, des projets individuels de
formation des élèves, de l’animation des réunions de
coordination et de synthèse, ainsi que la liaison avec la
commission départementale d’orientation vers les
enseignements adaptés du second degré (CDOEA)
Directeur d’EREA
Personnels de direction,
exerçant comme directeurs
d’établissement d’éducation
adaptée et spécialisée (DEEAS)
Au sein de l’établissement qu’il dirige, veille à la mise
en œuvre des PPS pour les élèves concernés (souvent
en lien avec un internat éducatif) et coordonne les
partenariats avec les services médico-sociaux pour
assurer un accompagnement global
Le CAPPEI permet d’accéder au métier d’ « enseignant spécialisé ». Celui-ci peut s’exercer :
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– principalement en face à face pédagogique en SEGPA, EREA, unités d’enseignement
d’établissements médico‑sociaux ou de soins (IME, ITEP, hôpitaux de jour, etc.), en centre scolaire
hospitalier, à domicile, en milieu carcéral ou centre éducatif fermé ;
– principalement dans des fonctions ressource : comme maîtres E (dominante pédagogique) et
maîtres G (dominante rééducative ou relationnelle) des RASED, coordonnateur d’ULIS (école,
collège, lycée), enseignant itinérant/ ressource ASH, conseiller pédagogique ASH ;
– dans des fonctions de coordination : chargé de mission ASH ;
– dans des fonctions d’enseignement, ressource, et de coordination pour les coordonnateurs ULIS ;
– comme enseignant référent pour la scolarisation des élèves en situation de handicap en charge
du suivi des PPS, animation des ESS, interface MDPH–familles–écoles/établissements.
Les sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) accueillent au sein d’un collège des
élèves présentant des difficultés scolaires graves et persistantes auxquelles n’ont pu remédier les actions de
prévention, d’aide et de soutien.
Les établissements régionaux d'enseignement adapté (EREA) et les lycées d'enseignement adapté (LEA) sont
des établissements publics locaux d'enseignement (EPLE) qui accueillent des élèves en grande difficulté
scolaire ou sociale ou rencontrant des difficultés liées à une situation de handicap.
Le tableau présenté à la page suivante permet de prendre la mesure de leurs effectifs.
Source : enquêtes postes ASH 2024 (DGESCO A1-3 et B1.2)
Champ : France métropolitaine + DROM, secteur public + privé (P139, P140, P141)
(1) les données des colonnes D, E, F et G sont exprimées en équivalent temps plein (ETP)
(2) L'arrondi du total des postes peut être différent de la somme des arrondis
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Postes ASH Secteurs public + privé
(p140, p140, p139) - Rentrée 2024
Postes occ
enseignants
spé (1)
Postes occ
enseignants
non spé
Postes
non
occupés
(vacants)
Total
(2)
% de postes
occ par
enseignants
spé
HANDICAP
HANDICAP MEN
Enseignants itinérants 164 58 13 235 70%
Enseignants ressources 261 100 19 380 69%
ULIS école 3 450 2 012 11 5 473 63%
ULIS collège 3 206 1 232 10 4 448 72%
ULIS lycée G&T 130 26 2 158 82%
ULIS lp 699 147 6 851 82%
MAD MDPH 174 80 9 262 66%
Enseignant référent 1 860 449 10 2 319 80%
Secrétaire de CDOEA 55 26 1 82 67%
Dir école 3 cl 13 1 - 14 93%
Conseiller pédagogique ASH 309 74 5 388 80%
Coordonnateur AESH 85 147 7 239 36%
Coordonnateur PIAL ou PAS 209 218 18 445
Chargés de mission 72 33 1 107 68%
Autres postes MEN 212 270 11 493 43%
HANDICAP MEN 10 900 4 873 121 15 895 69%
HANDICAP HMEN
Etablissements et services médico-
sociaux 2 542 2 160 50 4 752 54%
Etablissements de santé 773 157 12 943 82%
Unités d'enseignement externalisées
(UEE) des établissements spécialisés 969 564 21 1 554 62%
Coordonnateur pédagogique d'une
unité d'enseignement (UE) 349 56 6 410 85%
Autres situations hors MEN 46 89 20 154 30%
HANDICAP HMEN 4 679 3 025 109 7 813 60%
TOTAL HANDICAP 15 579 7 898 230 23 707 66%
ADAPTATION
ADAP MEN
RASED / RGA aide pédagogique 4 637 877 355 5 870 79%
RASED / RGA aide relationnelle 1 396 98 205 1 698 82%
RASED / RGA Psychologue 3 171 331 256 3 758 84%
ERPD 38 66 2 105 36%
EREA Enseignant éducateur 161 107 10 277 58%
EREA Enseignant 480 352 3 834 58%
EREA Directeur 47 13 1 61 77%
SEGPA Enseignant 4 120 1 883 19 6 021 68%
SEGPA Directeur 961 300 15 1 275 75%
APADHE 57 22 1 79 72%
ADAPTATION MEN 15 066 4 047 866 19 978 75%
ADAP HMEN
Etab et services socio-éducatifs 139 74 6 219 64%
Etablissements pénitentiaires relevant
d'UPR 368 123 10 501 73%
Centres éducatifs fermés 31 24 4 59 53%
CMPP - CAMSP Psychologue ou
directeur psychologue 57 - 1 58 98%
CMPP - CAMSP Enseignant spécialisé
ou directeur 192 19 13 224 86%
ADAPTATION hors MEN 786 240 34 1 060 74%
TOTAL ADAPTATION 15 852 4 286 899 21 038 75%
TOTAL HANDICAP + ADAPTATION 31 431 12 184 1 130 44 745 70%
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Annexe 16
L’évolution de l’offre de places en ESMS
Nombre de structures
2006 2010 2014 2018 2022
Ensemble des structures 9 490 10 600 11 570 12 430 12 380
Établissements pour enfants 2 080 2 120 2 270 2 370 2 380
Services pour enfants 1 300 1 450 1 630 1 800 1 650
Établissements pour adultes 5 390 5 910 6 410 6 790 6 700
Services pour adultes 720 1 120 1 260 1 460 1 570
Établissements expérimentaux
pour personnes handicapées et
lieux de vie3
- - - 10 80
Nombre de places par type de structures
2006 2010 2014 2018 2022
Ensemble des structures 408 380 463 240 489 200 510 620 531 040
Établissements pour enfants 106 390 106 920 107 310 108 900 117 860
Services pour enfants 33 360 43 560 50 160 55 790 55 930
Établissements pour adultes 241 520 267 320 281 620 290 240 294 250
Services pour adultes 27 120 45 450 50 100 55 640 61 350
Établissements expérimentaux
pour PSH et lieux de vie - - - 40 1 650
Source DREES, enquête ES-Handicap 2006, 2010, 2014, 2018 et 2022.
Le tableau ci-dessus, issu de l’enquête ES-Handicap de la DREES, réalisée tous les quatre ans depuis 2006
montre une évolution significative du nombre de structures sur la période. S’agissant des places pour enfant
en ESMS, la dynamique est plus forte en termes de services (SESSAD) entre 2014 et 2018. La diminution
observée entre 2018 et 2022 correspond à un déport des créations de places dans le cadre des dispositifs
intégrés, au titre des créations de places dans les établissements. Au total (enfants et adultes), les créations
de place pour les personnes en situation de handicap ont augmenté de 20.000 entre 2018 et 2022.
Le tableau suivant illustre cette évolution entre 2018 et 2022 pour les structures destinées aux enfants (hors
établissements et services expérimentaux, communs aux adultes et aux enfants) : dans le contexte de la
transformation de l’offre, le nombre d’établissements est stable (+0,4%), mais le nombre de places augmente
de 5,5%. Cette hausse s’explique par celle des dispositifs dont les places de prestations en milieu ordinaire
(PMO, ex SESSAD) sont rattachées à des établissements porteurs.
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Nombre de structures et de places par type de structures (enfants)
Type de structure
2022 Évolution entre 2018 et
2022 (en %)
Nombre de
structures
Nombre
de places
Nombre de
places moyen par
structure
Nombre
de
structures
Nombre
de places
Ensemble des structures pour enfants 4 030 173 790 43 -3,4 5,5
Établissements pour enfants 2 380 117 860 50 0,4 8,2
Dont :
Instituts médico-éducatifs 1 380 75 700 55 6,2 7,0
Instituts thérapeutiques, éducatifs et
pédagogiques 490 19 750 40 6,5 23,6
Établissements pour enfants et
adolescents polyhandicapés 190 5 490 29 -5,0 -3,3
Instituts d’éducation motrice 140 7 550 54 0,0 5,2
Instituts pour jeunes déficients sensoriels 110 7 940 72 -8,3 17,8
Établissements expérimentaux 40 770 19 -66,7 -60,1
Autres établissements pour enfants 30 660 22 -25,0 -2,9
Services pour enfants 1 650 55 930 34 -8,3 0,3
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