2025 E 023 Annexe 10
IGF Rapports de mission
10 juin 2026, 03:50
Texte de la source originale
Face à la gravité de la situation financière
des hôpitaux publics, renforcer
l'efficience par une intégration territoriale
ANNEXE X Pilotage de la politique
d’efficience
SEPTEMBRE 2025
Anne PERROT
Charles-Henry GLAISE
Matthieu LECLERCQ
Nicolas SALEILLE
Joé VINCENT-GALTIÉ
Mouad EL ISSAMI
Mathias ALBERTONE
Paul-Marie ATGER
Pierre RICORDEAU
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RAPPORT
FACE A LA GRAVITÉ DE LA SITUATION FINANCIÈRE
DES HÔPITAUX PUBLICS, RENFORCER L'EFFICIENCE
PAR UNE INTÉGRATION TERRITORIALE
Annexe X Pilotage de la politique d’efficience
Établi par
MATHIAS ALBERTONE
Inspecteur général des affaires
sociales
PIERRE RICORDEAU
Inspecteur général des affaires
sociales
PAUL-MARIE ATGER
Inspecteur des affaires
sociales
- SEPTEMBRE 2025 -
Inspection générale des
finances
IGF N° 2025-E-023-02
Inspection générale des
affaires sociales
IGAS N° 2025-030R
CHARLES-HENRY GLAISE
Inspecteur des finances
NICOLAS SALEILLE
Inspecteur des finances
MATTHIEU LECLERCQ
Inspecteur des finances
Joé VINCENT-GALTIÉ
Data scientist
MOUAD EL ISSAMI
Data scientist
Sous la supervision de
ANNE PERROT
Inspectrice générale des
finances
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ANNEXE X
Pilotage de la politique d’efficience
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SOMMAIRE
1. LE DISPOSITIF STRUCTURÉ DE PILOTAGE DE L’EFFICIENCE HOSPITALIÈRE MIS
EN PLACE À PARTIR DES ANNÉES 2000 A FONCTIONNÉ JUSQU’À LA FIN DES
ANNÉES 2010 ............................................................................................................................... 1
1.1. Un dispositif structuré de pilotage de l’efficience a été progressivement mis en
place à partir des année 2000 .....................................................................................................1
1.2. Le dispositif national de pilotage est relayé au niveau régional par les ARS qui
bénéficient d’un arsenal complet vis-à-vis des établissements publics ....................3
2. LA PANDÉMIE PUIS LE SÉGUR DE LA SANTÉ ONT CONDUIT À DÉPRIORISER LA
PROBLÉMATIQUE DE L’EFFICIENCE DONT LE CADRE DE PILOTAGE A ÉTÉ
AFFAIBLI........................................................................................................................................ 8
2.1. Le Ségur de la santé met d’autres priorités que l’efficience en avant, notamment
l’attractivité ........................................................................................................................................8
2.2. Les outils du pilotage national de l’efficience semblent s’être affaiblis.....................9
2.3. Jusqu’à la circulaire du Premier ministre d’avril 2025, les ARS, auxquelles ont
été fixées d’autres priorités d’action que l’efficience, avaient un mandat affaibli
pour utiliser les outils de régulation de l’efficience à leur disposition ................... 11
3. REPRENDRE UNE STRATÉGIE D’EFFICIENCE CLAIRE ET ASSUMÉE ARTICULANT
POLITIQUE PUBLIQUE DE L’ETAT ET LOGIQUE DE GROUPE DES
ÉTABLISSEMENTS ................................................................................................................... 12
3.1. La nécessité d’une stratégie nationale de transformation ........................................... 12
3.2. Reprendre la démarche de structuration d’une politique publique de l’efficience
nationale ........................................................................................................................................... 13
3.3. Le niveau national serait en charge du cadre, des outils et de l’évaluation .......... 14
3.4. Au niveau régional, un dialogue ARS/établissement qui prendrait en compte
une responsabilité territoriale renforcée dans une logique de groupe public .... 15
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Annexe X
1. Le dispositif structuré de pilotage de l’efficience hospitalière mis en
place à partir des années 2000 a fonctionné jusqu’à la fin des
années 2010
1.1. Un dispositif structuré de pilotage de l’efficience a été progressivement mis
en place à partir des année 2000
A partir de 2004, un pilotage national de la situation financière des établissements et de la
politique d’efficience s’est structuré à l’occasion du déploiement de la T2A pour le financement
des hôpitaux. Il a été renforcé dans le cadre de la loi HPST1 de 2010 qui crée les ARS et met en
place un certain nombre d’outils juridiques pour garantir le retour à l’équilibre financier avec
les plans de redressement et contrats de retour à l’équilibre (PRE2 et CREF3).
L’augmentation de l’endettement hospitalier après le plan hôpital 2007 conduit à compléter
progressivement l’arsenal des outils : mise en place du réseau d’alerte DGOS/DGFIP en
février 2010, encadrement des autorisations d’emprunt en 2012, mise en place des comités
régionaux de veille des situations de trésorerie de veille (Corevat) en 2012.
En 2013, le comité interministériel de la performance et de la modernisation de l’offre de soins
hospitaliers (Copermo) est instauré. Il examine les situations financières hospitalières à enjeu
les plus complexes et assure la validation des grands projets d’investissement hospitaliers4 .
Le « Copermo performance » vient accroitre la pression par un arbitrage national des
situations les plus critiques alors que la gestion territoriale pouvait rencontrer des limites5.
Le Copermo produit en parallèle une série d’outils et de références sur l’investissement et la
performance6.
1 Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires.
2 le PRE (plan de redressement) qui a pour finalité le retour à l’équilibre financier de l’ES ; il est mis en place sur
injonction de l’ARS lorsque un certain niveau de risque financier défini par décret est dépassé ou lorsque la situation
financière de l’ES l’exige ; l’établissement peut également de son propre chef produire un PRE ; l’établissement
définit les grandes actions permettant le retour à l’équilibre qui sont présentées à l’ARS ; le PRE est sous la
responsabilité du chef d’établissement qui le présente au directoire ; le chef d’établissement mobilise ses équipes et
s’assure de la mise en œuvre des actions définies.
3 Le CREF (contrat de retour à l’équilibre financier) qui accompagne le PRE sous la forme d’un engagement
contractuel entre l’ES et l’ARS ; le CREF a pour finalité le suivi du retour à l’équilibre financier de l’ES. Il fait l’objet
d’un avenant au CPOM ARS/ES ; le CREF fixe une trajectoire de retour à l’équilibre et définit le suivi des chantiers
prioritaires du PRE ; la durée du contrat est de 3 ans maximum ; l’atteinte des objectifs et des résultats est évaluée
dans le cadre de revues conduites par l’ARS ; toute aide financière dans le cadre du retour à l’équilibre doit s’inscrire
dans un CREF (avenant au CPOM) ; un CREF ne comprend pas forcément une aide financière.
4 Le Copermo est donc double avec un « Copermo Performance » et un « Copermo Investissement »
5 En 2008, la mission Igas portant sur « Le contrôle des mesures prises dans le cadre d’un contrat de retour à
l’équilibre par des hôpitaux perdants à la TAA » mettait en avant les limites de la démarche notait que :
- Les diagnostics se concentrent souvent sur les indicateurs financiers aux dépens de l’analyse de la
performance médico-économique (durée moyenne de séjour DMS, taux d’occupation, nombre
d’interventions par chirurgien...).
- Seule une minorité de contrats fixait des objectifs précis en matière de redéploiement des effectifs ou de
maîtrise de l’évolution de la masse salariale. Quand elles existaient, les mesures de maîtrise de la masse
salariale prévues concernaient pour une grande part le personnel non médical et beaucoup moins le
personnel médical, même dans les cas où sa productivité est inférieure à la moyenne, qu’il s’agisse d’une
sous-activité manifeste ou de doublons entre les sites.
- La conclusion des CREF observés par la mission n’avait pas été l’occasion de réexaminer l’ensemble de
l’offre de soins du territoire.
6 Toujours disponible aujourd’hui sur le site internet du ministère de la santé
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Annexe X
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Parallèlement à la construction du cadre de pilotage de l’efficience, les outils d’audits et
d’accompagnements nationaux sont mis en place. La mission nationale d’expertise et d’audit
hospitalier (MEAH)7 et la mission nationale d’appui à l’investissement (MAINH) créés en 2003
sont fusionnées au sein d’une nouvelle agence, l’ANAP qui fonctionne à partir de 2009.
Le dispositif des conseillers généraux des établissements de santé se met lui en place à partir
de 2006 pour intervenir directement dans les établissements de santé en appui ou substitution
de la direction en cas de difficulté, notamment par le biais d’administrations provisoires8.
Plusieurs programmes nationaux sont mis en place progressivement autour de logiques de
recherche d’efficience et notamment :
le programme Phare sur les achats hospitaliers lancé en 2011 ;
le programme national de gestion des lits9 lancé en 2013 ;
le programme Ophelie10 (Outil de pilotage du Patrimoine Hospitalier pour les
Etablissements de santé) sur la gestion patrimoniale mis à disposition à partir de 2014 ;
le programme Simphonie qui fédère à partir de 2015 un certain nombre de process mis
en place autour de la SIMplification du Parcours administratif Hospitalier des patients et
Numérisation des Informations ;
le programme national de développement de la chirurgie ambulatoire lancé en 2015.
Les lois de financements de la sécurité sociale (LFSS) sont également l’occasion d’engager des
programmes d’économies ciblées. Le durcissement des objectifs de dépenses pour permettre
le retour à l’équilibre du régime général conduit à la mise en place du plan
triennal Ondam 2015-2017 qui associe l’Etat et l’assurance maladie autour d’une série de
programmes d’économies assortis d’objectifs de rendements précis fixés aux ARS et à leurs
directeurs généraux, pour certains conjointement avec les CPAM et aux établissements.
Le plan comprend 4 axes d’action qui ne concernent pas que l’hôpital mais qui impliquent
clairement de :
concrétiser le « virage ambulatoire » et mieux adapter les prises en charge en
établissement et en ville ;
accroître l’efficacité de la dépense hospitalière et améliorer la qualité de l’offre
hospitalière;
poursuivre les efforts sur les prix des médicaments et l’adoption des génériques ;
améliorer la pertinence et le bon usage des soins en ville et à l’hôpital.
7 La MEAH s'adresse à tous les établissements de santé, publics et privés, MCO, SSR et psychiatrie. Sa mission est de
faire émerger une meilleure organisation des activités hospitalières en combinant des objectifs d'amélioration de la
qualité du service, d'amélioration de l'efficience économique et d'amélioration des conditions de travail et d'emploi
des personnels médicaux et non médicaux. Elle fait progresser les organisations par des actions de terrain conduites
avec des équipes hospitalières volontaires et des activités de conseil qu'elle sous-traite par appel d'offres et qu'elle
finance.
8 Le dispositif des CGES est ensuite intégré à l’IGAS puis mis en extinction.
9 Le programme permet de fluidifier le parcours patient (structuration d’une gestion centralisée et prévisionnelle,
bonne orientation des patients et mise en place de règles d’hébergement, organisation de filières de prise en charge),
de maîtriser les durées de séjour (analyse de la pertinence des journées d’hospitalisation, identification de cibles de
progression, structuration du processus de sortie) et d’avoir un juste dimensionnement des modes de prise en
charge et des capacités d’hospitalisation (adapter les modes d’hospitalisation aux types de prise en charge des
patients, adapter les capacités aux évolutions des prises en charge et de l’activité, mutualiser et redimensionner les
unités de soins). - Fiche 2-4 du dossier « efficience » de la DGOS : La gestion des lits.
10 OPHELIE, met à disposition un outil de référence dédié au secteur de la santé pour réaliser l’inventaire du
patrimoine et se comparer entre établissements sur la base de 15 indicateurs de benchmark ; il permet d’identifier
d’éventuelles sous-utilisations des biens immobiliers et des surfaces et de maîtriser le coût global annuel de son
patrimoine immobilier. Fiche 2-9 du dossier « efficience » de la DGOS : Ophelie
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Annexe X
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Le plan triennal est suivi en 2018, d’un plan pluriannuel 2018-2022 de transformation du
système de santé qui, tout en desserrant la contrainte sur le taux d’Ondam et les tarifs
hospitaliers, reprend des démarches d’efficience et de pertinence hospitalières. A la différence
du précédent le plan est accompagné d’un contrat pluriannuel conclu avec les fédérations
hospitalières.
1.2. Le dispositif national de pilotage est relayé au niveau régional par les ARS
qui bénéficient d’un arsenal complet vis-à-vis des établissements publics
1.2.1. Un ensemble d’actions et de pouvoirs à la main des ARS pour améliorer
l’efficience
Les ARS conduisent une politique de promotion de l’efficience qui prend d’abord la forme d’une
animation régionale à travers notamment l’organisation de benchmarks entre
établissements11, en relayant les programmes de formation et partage de bonne pratiques
conduits par l’ANAP ou en facilitant l’accès de l’assurance maladie aux établissements pour
déployer ses programmes dans le cadre du programme pluriannuel régional de gestion du
risque et d’efficience du système de soins12 (par exemple diffusion des programmes Prado de
retour à domicile après hospitalisation ou promotion de la chirurgie ambulatoire). Les ARS
animent également une politique régionale de pertinence avec les professionnels de santé dans
le cadre d’un plan d’actions pluriannuel régional d’amélioration de la pertinence des
soins (PAPRAPS)13 et signent avec les établissements de santé des contrats d’amélioration de
la qualité et de l’efficience des soins (CAQES)14.
Mais c’est dans leur activité de tutelle, en particulier vis-à-vis des établissements en difficulté,
que les ARS ont un impact le plus direct sur l’efficience des établissements publics. Elles sont
en effet en première ligne pour suivre la situation financière des établissements de santé
publics avant que le niveau national soit saisi le cas échéant sur les situations à enjeu les plus
difficiles dans le cadre du Copermo Performance.
11Plusieurs régions organisent ainsi des benchmarks sur la gestion des blocs opératoires ; l’ARSIF a mis en place
des outils de parangonage (notamment pour comparer l'APHP avec les 10 plus gros chu – projet d’adapter pour tous
les établissements de la région par dominantes d'activité) et organisé un webinaire de performance (partage de
bonnes pratiques) avec les établissements en avance sur leur sujet.
12 Article L182-2-1-1 du code de la sécurité sociale
13Les PAPRAPS sont prévus à l’article L162-30-3 du code de la sécurité sociale. Le dispositif a été mis en place dans
la LFSS 2015. Le contenu des plans est détaillé à l’article Article D162-11. Ils comportent un diagnostic régional, des
domaines d’action prioritaires et des actions.
14 Le CAQES est prévu par l’article L162-30-2 du code de la sécurité sociale. Le contrat est obligatoire pour les
établissements se situant sur des niveaux de pratique élevés ou potentiellement non conformes sur des priorités
nationales définies par arrêté. Le dispositif a été modifié à compter de l’année 2022. Il comporte 3 volets dont un
relatif à la pertinence. 15 indicateurs au total sont disponibles : 8 indicateurs nationaux et 7 indicateurs régionaux
répartis dans les 3 volets. Deux types d’intéressement sont prévus. Celui sur les indicateurs nationaux ouvre la
possibilité de récupérer 20% à 30 % des économies générées. Celui sur les indicateurs régionaux est déterminé à
partir d’une enveloppe FIR.
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Annexe X
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Elles bénéficient pour ce faire d’un arsenal juridique de tutelle qui s’est renforcé depuis le
début des années 2000. Cet arsenal est toujours en vigueur aujourd’hui malgré la suppression
du Copermo. Il est à noter que cet arsenal n’est pas que financier. Le directeur de l’ARS dispose
également de compétences étendues pour reconfigurer l’offre de soins. Il peut aussi demander,
aux termes de l’article L. 6131-2 du code de la santé, la mise en œuvre de coopérations, afin
d’améliorer l’organisation et l’efficacité de l’offre de soins tout en maîtrisant son coût,
notamment lorsque la mise en place d’un administrateur provisoire n’a pas permis d’améliorer
la situation financière d’un établissement. Sur la base de cet article, il peut également décider
de la création d’un nouvel EPS par fusion des établissements concernés. Il peut également
demander la suppression d’emplois médicaux, en application de l’article L. 6131-5 du code de
la santé.
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Annexe X
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Tableau : Dispositions principales confiant au DG ARS un pouvoir d’action sur les
établissements de santé publics
Code de la santé
publique
(sauf mention
contraire)
Pouvoir confié au DG ARS
Autorisation de
l’établissement et
des activités
L 6122-1 et s Régime des autorisations des établissements et activités
de soins
Orientation
stratégique de
l’établissement
L 6114-1 et s CPOM ARS établissement
L 6131-2 et
L 6131-4
Pourvoir de demander la conclusion d’une convention de
coopération, d’un GCS, d’une fédération médicale
interhospitalière ou d’une fusion avec sanction en cas de
refus
L 6132-5 Pouvoir de demander des suppressions d’emploi en cas de
restructuration avec leviers de mise en œuvre
L 6132-2
Pour de demander la modification de la convention
constitutive du GHT yc le PMP afin qu’il soit compatible
avec le PRS
Contrôle de
l’équilibre
économique et
financier
L 6143-4 et
D 6145-31
Possibilité de s’opposer à certaines délibérations du
conseil de surveillance et décisions du directeur ainsi qu’à
l’EPRD et au PGFP
L 6145-1 et
L 6145-2
Pouvoir de demander un nouvel EPRD puis d’arrêter lui-
même l’EPRD en cas de désaccord avec le directeur
d’établissement ou en cas de carence de l’établissement
L 6145-4
Pouvoir de demander la modification de l’EPRD pour
contribuer au respect de l’ONDAM ou en cas d’évolution
non anticipée de l’activité
L 6143-3 et
L 6114-2
Pouvoir de demande voire de mise en demeure de
produire un plan de redressement financier et contrat de
retour à l’équilibre financier (CREF) inséré dans le CPOM
L 6145-3 et
L 6145-5
Pouvoir de mandatement d’office d’une dépense ou d’une
recette en cas de carence du directeur
D 6145-70 Autorisations des emprunts bancaires lorsque certains
indicateurs financiers ne sont pas atteints
L 6143-3-1
Mise en place d’une administration provisoire et
possibilité de saisine préalable de la chambre régionale
des comptes
Gestion des
directeurs
d’établissement
L 6143-7-2
Proposition au niveau national de la nomination des
directeurs (hors CHU) - le retrait de fonction dépend du
niveau national
Décret n° 2020-719
du 12 juin 2020 et
Décret n° 2012-749
du 9 mai 2012
Lettre d’objectif, évaluation annuelle des directeurs
d’établissement et prime de fonction et de résultats
Contrôle
L 6116-1 et s Contrôle des établissements
R 6145-39 Mission d’enquête sur le fonctionnement et la gestion d’un
établissement en difficulté
Article L. 162-23-13
du code de la
sécurité sociale
Contrôle de la tarification à l’activité
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Annexe X
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1.2.2. Un dialogue de gestion financier qui laisse la place à des mesures graduées de
contrainte en cas de difficulté
Les ARS approuvent les EPRD et les plans globaux de financement pluriannuel (PGFP) avec la
possibilité de rejeter des constructions budgétaires qui ne seraient pas assez maîtrisées.
Elles conduisent avec chaque établissement (en impliquant ou pas le GHT) un dialogue de
gestion régulier dans le cadre du contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) signé
avec l’établissement, qui doit veiller à garantir l’équilibre économique de l’établissement.
Il n’existe pas de cadre national pour ce dialogue de gestion et chaque ARS définit ses propres
modalités en fonction de ses caractéristiques, de ses moyens et des enjeux qu’il souhaite
prioriser.
Encadré 1 : Des modalités différentes d’organisation du dialogue de gestion ARS/établissement
Normandie
Une gradation des interventions pour cibler les établissements en difficultés avec trois catégories
d’établissements suivis soit à un rythme mensuel, trimestriel ou semestriel
Les GHT font l'objet d'un dialogue de gestion stratégique annuel - en deux parties - enjeux de
structuration d'offre, et deuxième partie de considération financière, achat, informatique, RH
Auvergne-Rhône-Alpes
Dialogue stratégique et de gestion DSG avec chaque établissement avec travail préalable de
l'établissement et de l’ARS – un arrêt sur image sur le positionnement : activité, trésorerie,
territoire, ambulatoire etc…sans se perdre dans le détail en ciblant des indicateurs pertinents –
30aine de courriers pour demander des plans d'action pour donner un mandat aux directeurs.
Pas de dialogue GHT mais dimension GHT dans le DSG
Ile de France
Dialogue de gestion stratégique avec les GHT depuis 2023 sur trois sujets : le PMP, la structure
d'exploitation et les investissements. A l'issue de ces dialogues on a fait une feuille de route précise,
intégrée à des CPOM de GHT pour ne pas rester sur l'établissement, avec un suivi précis.
En infra annuel - à 6 mois, uniquement sur les données de gestion - on reprend dans le détail toutes
les données yc benchmark entre établissements.
Cycle complémentaire pour les établissements les plus en difficulté (140 environ) avec suivi
rapproché de chaque mesure du plan de performance couplé pour un trentaine avec le suivi Corevat
avec la DGFIP.
Centre-Val de Loire
Le travail est centré sur les EPRD avec dialogue en amont en cas de projet de rejet et travail sur un
plan d'actions
Certains établissements en difficulté font l’objet d’un suivi régulier dont une dizaine mensuellement
En cas de difficultés financières dans un établissement, l’ARS peut, dans un premier temps,
engager avec l’établissement une démarche d’amélioration de l’efficience, sans en passer par
une démarche formalisée. Ainsi, sans recourir formellement au CREF, les ARS peuvent faciliter,
voire financer la mise en place d’accompagnements auprès de l’établissement, le cas échéant à
travers un plan d’amélioration de la performance et un contrat d’amélioration de la
performance15.
15 Le contrat performance désigne spécifiquement l’engagement contractuel tripartite (ARS, ES, ANAP) autour de
l’accompagnement de l’ES qui se traduit par un projet performance ; le contrat performance constitue une annexe
du CPOM ARS/ES.
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Annexe X
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Pris à l’initiative de l’EPS ou à la demande de l’ARS, le plan d’amélioration de la performance
définit les chantiers d’amélioration de la performance (Cohérence avec les priorités
territoriales, Performance financière et économique, Qualité et pertinence des prises en
charge, Performance opérationnelle de l’organisation, Performance de la gestion des
ressources humaines, Performance des systèmes d’information, Pilotage de l’ES). Les objectifs
sont priorisés, inscrits dans un calendrier et évaluables. Le plan est sous la responsabilité du
chef d’établissement qui mobilise ses équipes et s’assure de la mise en œuvre des actions
définies. La réalisation des actions est portée par l’ES et peut être accompagnée par l’ARS : ce
plan peut s’inscrire dans le CPOM ARS/ES.
Si ces démarches n’ont pas porté leur fruit, ou si l’EPS connaît une grave dégradation de sa
situation financière, l’ARS peut mettre en œuvre différentes actions plus coercitives :
rejet de l’EPRD et demande d’un nouvel EPRD, voire exercice d’une forme de contrôle
budgétaire, à l’image du contrôle exercé sur les préfets sur le budget des collectivités
territoriales16 en fixant directement l’EPRD en cas de désaccord ou de carence ;
injonction de mettre en place un PRE puis de signer un CREF ;
suivi de la trésorerie avec les DDFIP dans le cadre des Corevat ;
examen des demandes d’autorisation d’emprunt lorsque les ratios financiers de
l’établissement sont dégradés et rendent cette autorisation nécessaire ;
accord d’une aide en trésorerie à l’établissement.
L’article L. 6143-3 du CSP dispose que le directeur de l’ARS demande à un EPS de présenter un
plan de redressement lorsqu’il estime que la situation financière de l’établissement l’exige ou
lorsque le déficit de l’établissement dépasse un certain taux (2,5 % ou 3,5 % suivant les cas17).
Il s’agit, en théorie du moins, d’une compétence liée.
La mise en place du Copermo en 2013 a cependant conduit à mettre en place une « doctrine »
nationale et à structurer davantage les schémas de PRE/CREF en intégrant souvent
explicitement des objectifs de réduction capacitaire et de réduction d’effectifs dans les contrats
de retour à l’équilibre.
Enfin, en cas de perte de maîtrise de la situation, l’ARS peut saisir la CRC et/ou mettre en place
une administration provisoire temporaire qui peut se substituer à la direction mais aussi le cas
échéant au conseil de surveillance.
1.2.3. Mais l’arsenal juridique rencontre des limites importantes dans la mise en œuvre
du fait de l’organisation du service public hospitalier
Si l’arsenal des actions à la main des ARS est complet pour conduire les établissements à
améliorer leur efficience, le dispositif principalement contractuel souffre de diverses limites
qui ont trait à la fois au statut de service public des établissements et à leur gouvernance.
En cas de difficultés financières, l’ARS se trouve en effet le plus souvent devant un dilemme
entre la possibilité de contrainte sur l’établissement que lui offre le code de la santé publique
pour prendre les mesures d’efficience nécessaire et la réalité de l’impossibilité de ne pas
accompagner financièrement un établissement qui n’a plus de trésorerie et ne peut plus payer
les salaires.
16 Aux termes des articles L. 1612-1 à L. 1612-20 du Code général des collectivités territoriales (CGCT), le préfet
peut réformer les documents budgétaires des collectivités territoriales, dans le cadre d’un pouvoir de substitution
qui lui permet de régler d’office et de rendre exécutoire le budget d’une collectivité afin, par exemple, d’inscrire et
de mandater d’office des dépenses obligatoires ou de s’assurer de l’équilibre réel du budget.
17 D 6145-63 du code de la santé publique
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Annexe X
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Le principe de la contractualisation du retour à l’équilibre trouve ici des limites d’autant plus
fortes que la gouvernance des établissements peut s’opposer aux mesures d’efficience. Cela
peut être le cas des élus au conseil de surveillance si des emplois ou une activité de soins sont
en jeu. Cela peut être le cas des organisations syndicales si le dialogue social est insuffisant.
Cela peut également être le cas parfois de la direction de l’établissement dont le sort ne dépend
qu’indirectement de l’ARS mais aussi beaucoup du président de conseil de surveillance.
Le DG d’ARS n’a pas la main sur le remplacement du directeur, sauf à lancer une procédure
d’administration provisoire. Il peut formellement faire varier la notation et la part variable du
directeur mais le dispositif rend dissuasifs les mouvements à la baisse, sauf à entrer dans des
procédures proches de celles prévues pour une sanction disciplinaire18.
Seule l’administration provisoire permet en réalité potentiellement de débloquer des
situations pour lesquelles l’action contractuelle de l’ARS trouve ses limites. Mais le dispositif
est lui-même limité pour des raisons principalement pratiques liées à la difficulté à recruter un
administrateur provisoire adapté aux enjeux de redressement. Il n’existe pas en effet de vivier
d’administrateurs provisoires. Le CNG propose donc aux ARS uniquement des directeurs en
instances d’affectation ou en congé spécial qui n’ont pas forcément le bon profil pour la
mission. La complexité de la charge d’une administration provisoire nécessiterait par ailleurs
souvent plutôt une équipe qu’un seul administrateur isolé. Aucun dispositif d’appui aux
administrateurs provisoires n’existe. Au total le nombre d’administrations provisoires reste
limité par rapport aux besoins19 (une demi-douzaine par an moyenne selon le CNG) et celles
qui ont lieu ne sont pas forcément décisives par rapport aux besoins des établissements.
2. La pandémie puis le Ségur de la santé ont conduit à déprioriser la
problématique de l’efficience dont le cadre de pilotage a été affaibli
2.1. Le Ségur de la santé met d’autres priorités que l’efficience en avant,
notamment l’attractivité
Le Ségur de la santé transforme profondément le contexte du pilotage de l’efficience.
La politique conduite au cours de la décennie 2010 est décriée. La « course » à l’activité que
la T2A aurait suscitée et la recherche d’efficience dans le cadre d’ONDAM très contraints
auraient conduit à la fois aux difficultés rencontrées pendant la pandémie et à la perte de sens
ressentie par la communauté hospitalière, traduite par une crise d’attractivité sans précédent.
La priorité est placée sur l’attractivité pour répondre au problème de pénurie RH rencontrées
par les établissements.
Dans ce contexte le Ségur de la santé se traduit à la fois par une remise à niveau financière
(revalorisation RH, aide au désendettement, programme d’investissements) et par une
transformation des outils de pilotage de l’efficience dont la pression est affaiblie notamment
au niveau national :
suppression du Copermo Perfomance, le Copermo investissement étant remplacé par un
nouveau conseil stratégique pour l’investissement en santé (CSIS) qui n’intervient que
pour les investissements supérieurs à un seuil relevé par rapport à celui du Copermo ;
les ARS sont donc laissées seules en gestion des situation financières dégradées ;
18 Le dispositif indemnitaire actuel de la PFR, permet en théorie une variation de la part résultats. Son taux décliné
en points (6 maximum), atteint souvent son plafond au bout d’une dizaine d’années de carrière. Il est toujours
possible de diminuer celui-ci, avec un rapport circonstancié. Le CNG indique que peu d’évaluateurs utilisent ce
levier.
19 Le CNG indique ne pas être en mesure de répondre à toutes les demandes des ARS.
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Annexe X
- 9 -
prolongement de la garantie de financement jusqu’en 2024 sous la forme de la
sécurisation modulée à l’activité (SMA), ce qui limite la pression sur les démarches
d’efficience ; le financement accordé aux établissements dans ce cadre n’est pas
accompagné - même pour les établissements de santé connaissant une situation
chronique de sous-productivité ou de déficit - de demandes portant sur des
restructurations ou la mise en place de mesures contribuant à l’efficience de ces
établissements ;
mise en veille des PRE/CREF ;
mais signature, dans le cadre du versement de 6,5 Md€ consacrés à la restauration des
marges financières, de contrats qui doivent prévenir le retour à une spirale
d’endettement des établissements ; bien que l’intention des contrats soit de prendre des
engagements d’efficience en contrepartie des aides accordées, le contexte est peu
favorable ; les contrats doivent être conclus avant le 31 décembre 2021 pour 10 ans.
Dans les faits, la Cour des comptes20 relève qu’il n’y a pas eu de contreparties précises
demandées voire que le contrat recherchait des objectifs contradictoires en visant à la
fois « l’amélioration de la capacité de financement des investissements nécessaires au
service public hospitalier, donc sur son désendettement, et la restauration d’un niveau
d’investissement courant minimum ».
2.2. Les outils du pilotage national de l’efficience semblent s’être affaiblis
2.2.1. Un affaiblissement des outils nationaux après la pandémie
La réorganisation de la DGOS en 2023 continue à afficher une dimension « performance » avec
la sous-direction du « financement et de la performance » qui prend la suite de la
sous-direction du « pilotage de la performance des acteurs du système de soins ». La
disparition du Copermo réduit cependant le périmètre et l’appréhension par la direction des
questions d’efficience et le travail de construction d’une doctrine qui y était liée. Jusqu’à la
circulaire du Premier ministre de mai 2025, aucune circulaire centrée sur l’efficience n’est
publiée depuis le Ségur. Les différentes démarches (notamment les feuilles de route achat et
HAD, dont les objectifs concourent à l’efficience des EPS) ne sont pas rassemblées dans une
stratégie unique portant sur l’efficience. Elles ne font pas l’objet d’un suivi formalisé de la part
de la DGOS.
Bien qu’elle ait été préparée en 2023, la deuxième génération de stratégie nationale de santé
officielle, n’a pas été adoptée. Le projet ne consacre pas de développements spécifiques aux
établissements publics de santé, alors que la première SNS décrivait l’évolution attendue du
service public hospitalier, sur la base du rapport Couty.
20 Cour des comptes - La situation financière des hôpitaux publics après la crise sanitaire - octobre 2023
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Annexe X
- 10 -
Les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) conclus avec les ARS depuis le Ségur
font également peu de place à l’efficience hospitalière. Alors que la génération des CPOM 2018-
2022 construits en cohérence avec le plan2018-2022 de transformation du système de santé
comportait plusieurs objectifs liés à l’efficience21, la génération 2024-2028 n’inclut aucun
objectif lié à l’efficience, le volet efficience étant renvoyé à un éventuel avenant, et ne conserve
comme indicateur que le taux global de chirurgie ambulatoire22.
En termes de programmes nationaux, la DGOS semble également avoir réduit son périmètre
d’intervention. Deux programmes nationaux principaux sont en vigueur :
Phare, pour lequel une nouvelle feuille de route a été publiée au printemps 2025 ;
Simphonie, autour de la simplification et de la digitalisation du parcours des patients et
du pilotage de la facturation, des recettes et du recouvrement.
2.2.2. Une reprise progressive de la thématique d’efficience
Si la DGOS semble moins présente sur l’efficience interne, elle continue à produire des
politiques importantes sur les orientations structurelles du système hospitalier. La réforme
des autorisations aboutit en 2022 et 2023. Une feuille de route pour la HAD est mise en place
pour la période 2021-2026 avec des objectifs de développement importants. L’ambulatoire
continue à faire l’objet d’une promotion continue avec la poursuite de la fixation d’objectifs
nationaux et régionaux et un accompagnement par l’assurance maladie renouvelé.
Parallèlement les modes d’intervention de l’ANAP sont transformés. L’agence met en place à
partir de 2024 un nouveau mode d’intervention sous la forme d’un 360° pour répondre aux
sollicitations des ARS et des établissements sur leur efficience interne.
21 L’o bjectif 4 « Améliorer la fluidité et la pertinence des prises en charge » vise d’une part à renforcer la démarche
de pertinence des actes hospitaliers pour réduire les variations de pratiques médicales et d’autre part à promouvoir
un développement ambitieux des prises en charge ambulatoires en substitution de l’hospitalisation complète et à
adapter les organisations et capacités en conséquence.
L’objectif 7 « Accroitre l'efficience du système de santé » vise à accroître l’efficience du système de santé en
rationalisant le fonctionnement des établissements et notamment leurs achats, à améliorer la pertinence des
prescriptions des établissements de santé et optimiser les dépenses de transports et de médicaments.
22 L’indicateur taux global de chirurgie ambulatoire est inséré dans les CPOM Etat/ARS depuis plusieurs exercices.
Dans cette génération de CPOM il est associé à la thématique « Accompagner la finalisation du virage ambulatoire
dans l’offre de soins hospitalière » de l’objectif « 6. Garantir la pertinence, la qualité, la sécurité des prises en charge
en mobilisant l'inspection contrôle et la gestion du risque ». Au total, avant ajustements régionaux, le modèle de
CPOM propose 10 objectifs et près de 60 thématiques.
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Annexe X
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Encadré 2 : Principaux outils mis en œuvre par l’ANAP
L’ANAP propose aujourd’hui apporte aujourd’hui un ensemble d’outils et de référentiels de bonne
pratique ainsi qu’un pannel d’interventions sous la forme d’appuis collectifs ou individuels. Elle a mis en
place à partir de 2024 une offre de diagnostic à 360° sur les établissements. 38 établissements ont été
programmés en 2024 et 51 en 2025. 10 experts sont mobilisés en moyenne par intervention.
Enfin la logique d’efficience revient dans les priorités politiques à partir de 2025. Le dispositif
de SMA est supprimé en 2025. Une enveloppe de 200M€ est mise en place pour les
établissements en difficulté mais on retrouve la logique contractuelle des engagements
d’efficience en contrepartie qui préexistait à la pandémie. Enfin de manière inédite, le Premier
Ministre signe en avril 2025 une circulaire aux ARS relative à l'efficience et à la performance
des établissements de santé qui repriorise clairement la politique d’efficience.
2.3. Jusqu’à la circulaire du Premier ministre d’avril 2025, les ARS, auxquelles
ont été fixées d’autres priorités d’action que l’efficience, avaient un mandat
affaibli pour utiliser les outils de régulation de l’efficience à leur disposition
L’arrivée de la pandémie puis le Ségur de la santé modifie drastiquement le cadre de priorités
fixées aux ARS. La période la pandémie est d’abord marquée par la mobilisation de l’ensemble
des capacités de l’offre de soins pour parer aux défis de la prise en charge des malades et à la
prévention de l’épidémie. Les moyens accordés par le niveau national ou mobilisés sur le FIR
sont très importants pour accompagner les projets des établissements.
L’annonce du Ségur qui suit la première vague de l’épidémie renforce cette approche. Les ARS
sont d’abord mobilisées pour distribuer les fonds mis à leur disposition pour l’investissement
ou la restauration des marges financières. Si sur ce dernier aspect une contractualisation avec
les établissements est nécessaire, le caractère automatique de l’aide à la restauration financière
et les délais très courts laissés pour la contractualisation limitent la capacité à faire de cette
contractualisation un véritable levier pour renforcer l’efficience.
Le choix parallèle de prolonger le dispositif de garantie de financement puis de SMA
jusqu’en 2024 contribue d’ailleurs à limiter les incitations à la relance des politiques
d’efficience. La problématique des pénuries RH, présente avant la pandémie mais amplifiée
dans l’après pandémie, concentre les énergies sur les politiques d’attractivité et de
recrutement.
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Annexe X
- 12 -
Au total, de l’avis de l’ensemble des acteurs rencontrés, la période 2020-2024 a été marquée
par un retrait général de toutes les politiques de pression sur l’efficience des établissements.
Cela ne veut pas dire que les ARS et les établissements ont abandonné toute politique
d’efficience. Les procédures de dialogue de gestion ARS/établissement reprennent
progressivement à partir de 2022, mais celle-ci n’est plus ni priorisée ni assumée
jusqu’en 2024.
L’année 2025 change la donne. Le nouveau cadre réglementaire sur les CPOM avec les
établissements de santé modifié début 2025 fait mieux apparaître les objectifs d’efficience en
indiquant qu’un des objets du CPOM est de déterminer « les mesures d'efficience de gestion,
dont les achats », mention qui n’existait pas précédemment23. Surtout la circulaire du PM
d’avril 2025 donne clairement aux ARS un mandat politique de retour à la politique d’efficience.
3. Reprendre une stratégie d’efficience claire et assumée articulant
politique publique de l’Etat et logique de groupe des établissements
3.1. La nécessité d’une stratégie nationale de transformation
La gravité inédite de la situation financière des établissements de santé qui met en cause la
soutenabilité des investissements prévus dans le cadre du Ségur pour répondre aux besoins
des territoires ne peux que conduire à confirmer la repriorisation de la politique publique
d’efficience du système hospitalier intégrant une stratégie de transformation des
établissements publics de santé. Il n’y a pas là qu’un objectif d’économie et de finances
publiques mais également de pérennité d’un système hospitalier mis en grave danger.
Cette politique publique ne peut fonctionner dans l’organisation française qu’avec un mandat
national fort pour susciter la dynamique nécessaire, fixer des priorités, accompagner et outiller
les ARS et les établissements, évaluer les réalisations et une action régionale portée par ce
mandat national.
Au vu de l’ampleur du défi financier, la mission a la conviction que la stratégie portée par cette
politique publique ne peut se limiter à la mobilisation, certes nécessaire, des principales
sources d’économie, mais porter également la transformation du système hospitalier public
sans laquelle une perspective de consolidation est difficile à envisager.
Dans ce cadre la mission propose de réfléchir autour de quatre dimensions qui pourraient être
déclinées de manière structurante au niveau de chaque région et de chaque territoire :
un positionnement de l’hôpital public moins centré autour des lits mais pensé au sein de
parcours portés par des filières de soins, des activités hospitalières de proximité, des
plateaux techniques privilégiant l’ambulatoire ou l’HAD et gradués entre la proximité, le
recours et l’hyper recours ;
les établissements doivent percevoir leur avenir dans une logique de groupe public
territorial, facilitant leur positionnement et apportant des gains économiques
significatifs par la mutualisation des activités support et médico-techniques ;
la culture de l’efficience et de l’approche médico-économique pour le développement des
activités de soins doit être généralisée au niveau des établissements de santé ;
la promotion de la qualité et de la pertinence des activités hospitalières doit donner le
sens nécessaire à la transformation.
23 Décret n°2025-180 du 25 février 2025 – Le décret propose une simplification du contenu des CPOM. Les objectifs,
passés sur la base du PRS, doivent être plus stratégiques, et le nombre d’indicateurs doit être limité. Les
établissements doivent choisir au maximum 10 indicateurs, contre 32 lors de la campagne précédente.
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Annexe X
- 13 -
Ces quatre dimensions pourraient servir de base à la construction d’une stratégie nationale qui
constitue un cadre nécessaire pour lancer une dynamique d’action. Elle pourrait le cas échéant
être intégrée à l’avenir, dans la nouvelle stratégie nationale de santé (SNS) lorsque celle-ci sera
enfin publiée.
3.2. Reprendre la démarche de structuration d’une politique publique de
l’efficience nationale
Compte tenu de la gravité de la situation financière des établissements de santé publics, la
stratégie d’efficience ne produira ses fruits que dans un cadre pluriannuel. Elle a besoin d’être
portée par une organisation nationale structurée, capable de mobiliser les différentes
ressources disponibles à ce niveau.
Les critiques portées sur le cadre national de pilotage de l’efficience hospitalière préexistant à
la pandémie ne militent pas pour un retour au dispositif antérieur, même si certains de ses
leviers peuvent être repris.
La mission considère notamment que trois évolutions doivent être réalisées ou confirmées
dans le cadre de la nouvelle architecture de pilotage.
3.2.1. Le schéma pluriannuel doit se construire dans un cadre de concertation fixant
l’horizon du redressement et mesurant clairement la part des efforts demandés
aux établissements et aux financeurs (assurance maladie, mutuelles et
particuliers)
C’est ce cadre qui avait été esquissé avec le plan triennal et de manière plus concertée et
structurée avec le protocole pluriannuel entre l’Etat et les fédérations, négocié en 2019 et signé
début 2020. Quelque soient les choix de répartition arrêtés par l’Etat, la mission considère cet
exercice de transparence et de concertation comme utile à la réussite de la dynamique
d’efficience qu’elle propose de renforcer. A défaut les managers hospitaliers pourraient être en
difficulté pour défendre la transformation au niveau de leur établissement et de leur territoire.
3.2.2. Le principe d’une responsabilisation des ARS sur l’ensemble des établissements
de leur territoire
Affirmé au moment du Ségur avec la suppression du Copermo performance ce principe
correspond à une évolution pertinente, même si certaines situations extraordinaires, que la
mission n’a pas examinée, pourraient faire exception selon des modalités à imaginer.
L’ARS est en effet la plus à même de mesurer les équilibre nécessaires et les équilibres
possibles pour le redressement des établissements. L’approche par territoire ou GHT que la
mission propose de privilégier est également plus facilement appréhendable au niveau de
l’ARS, sauf à vouloir faire remonter au niveau national l’évaluation de l’ensemble des
établissements d’un GHT. C’est enfin la gestion par l’ARS qui est la plus responsabilisante pour
les acteurs locaux (éviter le recours au niveau politique national) et pour l’ARS (qui peut sans
cela se vivre en « avocate » de l’établissement devant l’instance nationale). La disparition
du Copermo performance comme instance de décision individuelle ne fait pas pour autant
disparaître l’intérêt du Copermo performance comme instance productrice de référentiel
(cf. infra).
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Annexe X
- 14 -
3.2.3. La gouvernance doit réunir l’ensemble des acteur publics concernés mais
également associer les représentants des établissements
Même si, de par ses attributions, la DGOS doit conserver un rôle pilote dans la conduite de la
politique d’efficience, il est utile de pouvoir mobiliser l’ensemble des ressources
administratives disponibles dans un cadre collectif qui doit notamment associer l’ensemble des
administrations centrales compétentes mais aussi les ARS, l’assurance maladie et les
opérateurs les plus directement intéressés.
L’expertise et l’agilité acquise par l’ANAP dont le cœur de métier est l’efficience devrait lui
permettre de jouer un rôle central dans ce cadre collectif pour ce qui est de la mise en œuvre
opérationnelle et l’accompagnement des ARS et des établissements.
C’est ce mode de gouvernance nationale qui avait été adopté avec succès pour le pilotage du
plan triennal ONDAM. Mais si ce principe doit être maintenu, la mission estime en revanche
que la gouvernance doit être élargie aux représentants des établissements de santé publics afin
que le cadre pluriannuel de la politique d’efficience puisse être discuté, puis porté et suivi de
manière partagée.
C’est une condition de sa réussite car il permet aux acteurs de comprendre ce qu’il est attendu
d’eux, de faire valoir leurs attentes et leurs besoins et de les responsabiliser sur le succès
du plan.
3.3. Le niveau national serait en charge du cadre, des outils et de l’évaluation
Dès lors qu’il n’interviendrait plus, sauf exception dans les dossiers individuels, le niveau
national devrait se concentrer sur la stratégie nationale de sa définition à son évaluation.
Cinq missions principales lui seraient dévolues :
arrêter les éléments de cadrage et les objectifs financiers globaux de la politique
d’efficience hospitalière dans le cadre de la préparation des lois de financement de la
sécurité sociale ;
arrêter les priorités thématiques (pluriannuelles et annuelles) à traiter, les indicateurs
pertinents partagés et les objectifs fixés sur ces priorités ;
développer les outils nationaux de mesure de la performance hospitalière pour faciliter
un suivi harmonisé des performances et permettre aux établissements de se comparer
entre eux ; ces outils existent aujourd’hui pour partie mais il couvrent assez mal les
activités médico-techniques et les activités de soins, certains indicateurs clés de
performance ne faisant pas l’objet d’un recueil national ; un tableau de bord national de
la performance hospitalières pourrait par ailleurs être mis en place dans le
prolongement de l’initiative en cours de l’ANAP, en sélectionnant certains indicateurs
clés (avec le cas échéant des valeurs de référence ou des valeurs cibles à atteindre)24 ;
24 Par exemple :
Développement de la chirurgie ambulatoire
o Taux de réalisation ambulatoire des gestes MSAP
o Taux global de chirurgie ambulatoire
Améliorer la soutenabilité de la situation financière et patrimoniale
o Résultat comptable
o Taux de marge brute non aidée
o Taux d’indépendance financière
o Durée apparente de la dette
Optimiser de l’organisation des plateaux techniques (bloc opératoire, imagerie, stérilisation, laboratoire)
o Nombre d’ICR par salle d’intervention chirurgicale
Développement de la HAD
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Annexe X
- 15 -
apporter aux ARS et aux établissements les outils et l’accompagnement utiles pour
mettre en œuvre ces priorités, y compris par l’animation de certains programmes
nationaux prioritaires qui nécessitent un grand nombre d’actions, juridiques et
opérationnelles et des financements dédiés ;
enfin garantir le suivi harmonisé avec les tableaux de bord nationaux nécessaires,
l’évaluation de l’action régionale et plus globalement l’évaluation de la stratégie
nationale ou des programmes nationaux prioritaires.
Dans ce cadre, la mission estime notamment que de nouveaux programmes nationaux
prioritaires devraient être relancés ou mis en place, en complément des feuilles de route sur la
HAD, les achats et la facturation et le recouvrement (Simphonie), qui pourraient faire l’objet
d’une actualisation en 2026 au vu des recommandations de la mission :
La gestion patrimoniale, avec la relance d’un inventaire du patrimoine affecté aux soins
et d’une démarche de valorisation du patrimoine non affecté aux soins
Le virage ambulatoire, conçu tout à la fois comme le transfert de l’hôpital vers la ville,
mais aussi le transfert d’activité intrahospitalière du conventionnel vers le secteur
ambulatoire hospitalier (hôpitaux de jour, consultations)
Le développement des coopérations hospitalières, par le biais de la mutualisation des
fonctions supports et des fonctions médico-techniques au sein des GHT
L’urbanisation des SI RH et finances hospitaliers
L’automatisation des fonctions administratives et logistiques et l’impact de l’IA.
3.4. Au niveau régional, un dialogue ARS/établissement qui prendrait en
compte une responsabilité territoriale renforcée dans une logique de
groupe public
3.4.1. La responsabilité de l’équilibre financier repose d’abord sur l’établissement et le
GHT
L’efficacité de la politique d’efficience passe d’abord par une clarification des rôles de chaque
acteur. La complexité de la gouvernance hospitalière et l’importance des pouvoirs de tutelle
des ARS sur l’ensemble des établissements d’un territoire a pu conduire parfois à confondre le
rôle de l’établissement et de l’agence dans la politique d’efficience.
Or la logique d’efficience est d’abord une responsabilité de l’établissement qui doit prendre
toutes les mesures pour la promouvoir ou la rétablir et conduire le dialogue interne nécessaire.
La prise en compte dans la dynamique d’efficience de la vision territoriale que propose la
mission conduit logiquement à intéresser le GHT au processus.
Mais dans les deux cas l’agence n’intervient au titre de tutelle publique qu’en cas de défaillance
ou de carence pour inciter, faciliter ou forcer à la prise des mesures qui relèvent de
l’établissement ou du groupement et évaluer les résultats obtenus.
Le fait que l’efficience doive se concevoir au niveau territorial et non plus seulement au niveau
de l’établissement, permet de faciliter cette répartition des rôles. En effet, en introduisant le
GHT on sort de la relation bilatérale exclusive ARS/Etablissement qui facilitait les stratégies de
renvoi des responsabilités (c’est l’ARS qui impose les mesures). Dès lors que c’est bien au GHT
d’avoir une politique d’efficience au niveau territorial, dans une logique de groupe public et de
prendre les mesures nécessaires pour promouvoir ou rétablir l’efficience, il est plus difficile de
renvoyer la responsabilité à l’ARS.
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Annexe X
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Dans sa relation contractuelle avec l’établissement pour le redressement, l’ARS est également
moins enserrée dans le dilemme évoqué au point 1.2.3. dans la mesure où elle peut faire appel
dans une certaine mesure à la solidarité des établissements parties au GHT.
3.4.2. Le dialogue de gestion des ARS doit s’appuyer davantage sur les GHT
Dès lors que la stratégie proposée par la mission intègre les leviers territoriaux, il est
nécessaire d’adapter le dialogue de gestion en renforçant l’importance de sa partie territoriale,
comme l’on déjà engagé certaines ARS. Le dialogue de gestion avec les GHT présente par
ailleurs l’avantage de faciliter le déploiement de la politique d’animation régionale de
l’efficience de l’ARS. Il permet notamment de développer les démarches de benchmark entre
établissements et de partage des bonnes pratiques25.
Les ARS disposent déjà de leviers juridiques importants pour conduire cette évolution. Outre
l’approbation de la convention constitutive du GHT et de son projet médical partagé, ainsi que
de ces avenants, l’ARS a la possibilité de conclure un CPOM unique par GHT26. La mission
considère que ce type de CPOM unique, en substitution aux CPOM d’établissement, devrait être
privilégié et progressivement généralisé. Elle doit par ailleurs apprécier l’EPRD et le PGFP de
chaque établissement soumis à son approbation « en prenant en compte l’ensemble des
budgets d’établissement du GHT »27. Le comité stratégique du GHT doit lui-même donner un
avis sur les EPRD des établissements membres28. La mission considère que ces dispositifs sont
peu utilisés et qu’ils pourraient être confortés en définissant une méthodologie d’analyse des
EPRD applicable au niveau du GHT.
Ces dispositions permettent d’organiser assez facilement un double dialogue de gestion avec
les GHT et les établissements. Il ne semble pas utile à la mission de prescrire dans un texte des
modalités particulières d’organisation du dialogue de gestion dès lors que ces modalités
intègrent bien le niveau GHT suivant des modalités que chaque ARS peut fixer en fonction de
sa taille et de ses choix d’organisation interne.
En revanche le dialogue de gestion pourrait être utilement outillé par un minimum de tableaux
de bord harmonisés au niveau national29 intégrant les référentiels les plus pertinents (Cf 3.3.).
3.4.3. Il doit pouvoir bénéficier de l’appui renforcé de l’ANAP
L’expertise acquise par l’ANAP sur les questions de performance hospitalière est un atout qui
doit pouvoir être mobilisé facilement par les ARS au profit de leur politique d’efficience. La
gamme des appuis collectifs et la possibilité de déclencher des appui individuels semble
répondre correctement aux besoins des ARS. Le dispositif des 360 semble notamment
particulièrement intéressant et il pourrait être utile qu’une démarche 360 sur un GHT soit
également développée.
25 Un plan d’actions régional de partage de l’efficience pourrait d’ailleurs être construit de manière coordonnée avec
les autres politiques d’animation régionale (promotion de la qualité et de la pertinence, programme régional de
gestion du risque) en lien avec l’ANAP et l’assurance maladie.
26 L 6132-5-1 du code de la santé publique
27 L 6143-4 du code de la santé publique
28 R6132-21 du code de la santé publique
29 Aujourd’hui chaque ARS construit ses propres tableaux de bord.
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Annexe X
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La mission n’a pas mené une étude précise sur le bon dimensionnement de l’appui ANAP.
Néanmoins au regard des enjeux financiers en jeu et du plan de transformation qu’elle propose
de conduire au niveau des GHT, il parait raisonnable de considérer qu’un élargissement des
capacités d’intervention de l’ANAP serait utile, dès lors que l’ANAP s’intègre bien dans un
schéma de réponse à des commandes des ARS et non dans un processus auto-alimenté. Les
postes qui seraient créé à ce titre pourraient d’ailleurs être en partie financés par les ARS à la
commande. L’élargissement concernerait également l’appui d’experts aux équipes à constituer
autour des managers de transition dans le cas par exemple d’une administration provisoire
(cf. 3.4.5).
3.4.4. Le dispositif de contractualisation doit être rendu plus efficace en mobilisant
l’ensemble des leviers disponibles dans un cadre territorial
En cas de difficultés financières, l’ARS dispose d’un certain nombre de leviers à la fois
juridiques et financiers pour discuter avec l’établissement concernés. Elle peut notamment
demander la production d’un plan de redressement et contractualiser avec l’établissement
pour le retour à l’équilibre financier. Des contreparties notamment financières peuvent être
associées à cette contractualisation même si leur mise en œuvre est parfois compliquée
(cf.1.2.3.).
Dès lors que le dialogue de gestion s’appuie également sur le GHT, le cadre contractuel doit être
adapté pour intégrer la dimension territoriale, ce qui peut le rendre plus efficace. Le cadre du
PRE/CREF pourrait être maintenu au niveau de l’établissement mais associer le GHT qui
pourrait être cosignataire au titre de la responsabilité du groupe territorial.
Cette association du GHT au CREF permettrait de diversifier les leviers de la contractualisation
pour la rendre plus efficace :
le GHT pourrait apporter une partie des contributions au redressement de
l’établissement sur les éléments nécessairement territoriaux de l’amélioration de
l’efficience (apport de compétences, réorganisation de l’offre, appui en RH etc..) ;
le plan de redressement pourrait inclure des mouvements sur la mutualisation au sein
du GHT ; l’ARS pourrait mobiliser l’article L 6131-2 du code de la santé publique pour
demander la mise en œuvre de coopérations afin d’améliorer l’organisation et l’efficacité
de l’offre de soins ;
au-delà des mesures de redressement, une forme de solidarité financière du GHT
pourrait être mise en place ; de même que l’ARS apporte des financements conditionnés
dans le cadre du CREF, de même le GHT pourrait être amené à apporter une partie de la
contribution avec l’ARS ou s’engager à intervenir à la place de l’ARS en l’absence de
réussite suffisante du redressement30 ; l’intérêt financier partagé du GHT à la réussite du
plan de redressement renforcerait clairement la crédibilité de la conditionnalité des
aides de l’ARS accordées dans le cadre du plan de redressement.
30 Par exemple par des prêts en trésorerie des autres établissements parties à l’établissement en difficulté en
fonction de leur situation financière
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Annexe X
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3.4.5. Les leviers d’action de l’ARS sur la gouvernance en cas de problème important
doivent être rendus opérants
Bien que théoriquement important, les leviers d’action des ARS sur la gouvernance des
établissements rencontrent dans les faits des difficultés de mise en œuvre (cf 1.2.3.). Il est donc
nécessaire de traiter ces limites pour donner toute son efficacité à l’action des ARS en matière
d’efficience. Deux sujets devraient notamment être traités.
La rémunération des directeurs d’établissement devrait pouvoir dépendre plus
fortement de leur performance, notamment en matière d’efficience
Le dispositif indemnitaire actuel de la PFR pour la rémunération des directeurs est peu
mobilisable pour mettre en œuvre une rémunération variable en fonction des résultats. De ce
point de vue le retard de la fonction publique hospitalière à passer au mécanisme du RIFSEEP
constitue un handicap. La mission considère que le passage du corps des directeurs d’hôpitaux
au RIFSEEP doit être priorisé afin de faire apparaître une parts résultats (CIA) qui puisse
véritablement dépendre de l’évaluation de l’action du directeur par l’ARS et donc varier à la
hausse ou à la baisse. Les travaux préparatoires du projet de décret d’harmonisation pour la
FPH des statuts haute fonction publique ont été conduits en 2024 mais ont été arrêtés par la
dissolution de juin 2024. Une mise en œuvre rapide de la mesure devrait donc pouvoir être
possible.
La possibilité de recourir à une administration provisoire en cas de nécessité devrait
être facilitée par la mise en place d’un vivier de managers de transition
Le nombre et la qualité des administrations provisoire est aujourd’hui limitée par l’absence de
vivier d’administrateurs provisoire. Au vu de l’ampleur des enjeux d’efficience, la mission
estime que la mise en place d’un tel vivier devrait être priorisée. Au-delà de l’administrateur
provisoire, c’est souvent une équipe de transition ou un ensemble d’expertises
professionnalisées qu’il faudrait pouvoir mobiliser au service de l’administration provisoire.
Le CNG a proposé depuis deux ans de constituer un pool de 10 managers de transition formés,
placés sur des emplois fonctionnels, rattachés au CNG, qui effectueraient une prestation de
service remboursée au CNG par les EPS concernés. L’ANAP a également indiqué sa disponibilité
pour contribuer au dispositif. La mission considère qu’une solution associant CNG et ANAP
serait la plus adaptée pour mobiliser conjointement des administrateurs provisoires et des
expertises spécialisées. Le principe du paiement de l’administration provisoire par
l’établissement en difficulté permet d’autofinancer la mesure à la fois par un retour sur
investissement direct et en évitant le recours à des cabinets de conseils en appui des
établissements en difficulté. Sa mise en œuvre devrait donc être rapide pour être pleinement
opérationnelle en 2026.
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