Veillée-concert Res Temporis à Souvigny : la mémoire clunisienne relancée dans le cadre du pèlerinage de la Paix

Diocèses de France
Moyen
17 avr. 2026, 12:19

Citation

"L’esprit de Cluny irrigue l’Europe, et donne à l’Occident un nouveau visage."
Res Temporis
Pierre-Alain Héritier
Arianna Savall
Marie Héritier
Diocèse de Moulins
Prieurale de Souvigny
Ordre de Cluny
Pèlerinage de la Paix

L'article met en lumière une veillée-concert portée par la troupe suisse Res Temporis, organisée dans la prieurale de Souvigny lors du pèlerinage de la Paix. Sur fond de musique médiévale authentique, l'événement vise à renouer avec l'héritage de Cluny, dont l'esprit, au tournant de l'an mil, a profondément transformé la société européenne, religieusement et civilement. La célébration de la mémoire clunisienne n'est pas anodine : elle fait écho à des enjeux contemporains de dialogue, de paix et de renouveau spirituel, alors que l'Europe demeure confrontée à diverses crises de sens et d’identité. La création musicale — sur instruments d’époque — permet une relecture vivante de l’histoire, présentée non comme une nostalgie du passé mais comme une invitation à puiser dans l’héritage monastique des pistes pour la société actuelle, en particulier sur la capacité de résilience face à la violence, l’injustice et les « ténèbres de leur temps ». Cette démarche s’inscrit dans la mouvance récente de valorisation du patrimoine clunisien par l’Église et les collectivités locales, renforçant le dialogue transfrontalier et l’ancrage du religieux dans les territoires.

Texte de la source originale

Veillée -concert avec Res Temporis : Sur les routes de Cluny

 

Dans le cadre du pèlerinage de la Paix, les 2 et 3 mai prochains, une veillée concert » aura lieu

– le samedi 2 mai à 20h30 à la prieurale de Souvigny –

La Troupe Res Temporis de Sion ( Suisse), 9 musiciens et chanteurs sous la direction de Pierre-Alain Héritier, avec comme conseillère musicale Arianna Savall, sont tous animés d’une passion commune : la musique ancienne, sur instruments médiévaux, élaborés à partir de longues recherches. Ils puisent aux sources musicales de toute l’Europe médiévale, de l’Angleterre à l’Espagne, de l’Italie à la France. Ils entraîneront les auditeurs sur les routes de Cluny, à l’époque de l’an mil, lorsque l’esprit de Cluny irriguait toute l’Europe et donnait à l’Occident un nouveau visage. Sur un texte écrit par Marie Héritier, on suivra des moines sur ces routes très fréquentées alors du nord au sud et du finistère vers l’abbaye-mère, cette cité monastique à la splendeur sans pareille. On découvrira cette semaison de sites clunisiens qui remodèlent la société civile et religieuse et accompagnent l’humain sur les questions les plus essentielles.

« Sur les Routes de Cluny »

Res Temporis

 

Nos lointains aïeux, comme nous, se débattaient avec les ténèbres de leur temps, ils souffraient les violences guerrières de leur siècle, l’insécurité de la vie humaine, l’injustice subie par les petits face aux puissants.

Vers l’an mil, des fils de saint Benoît propose leur réponse. Sur les terres bourguignonnes, un rameau surgit, au prodigieux essor : des milliers de moines sur le sol d’Occident, du nord au sud, vont élever des centaines de maisons, de l’Angleterre à l’Italie, de la Galice à la Pologne.

L’esprit de Cluny irrigue l’Europe, et donne à l’Occident un nouveau visage. Les moines remodèlent la société civile et religieuse. A force d’un labeur efficace, ils changent la géographie des régions, défrichent, cultivent, assainissent. Leurs bibliothèques, leurs écoles, leurs érudits vivifient la pensée médiévale.

On voyage beaucoup, pour les affaires, en pèlerinage, pour le travail. Ainsi, les bâtisseurs font route de chantier en chantier. On part en pèlerinage jusqu’à Santiago, jusqu’à Rome, du Mont Saint Michel ou de Vézelay, jusqu’à Montserrat en Catalogne, ou de Sion en Valais par la Via Francigena qui conduit les pèlerins d’Angleterre jusqu’à Rome.

Laissons-nous convier à ce voyage, en musique, celle qui nous accompagne de ses questions les plus essentielles.

La Troupe Res Temporis

 

La troupe Res Temporis (« Les choses du temps ») invite au voyage à travers les époques, les heures joyeuses ou dramatiques. Une même passion pour la musique ancienne réunit les musiciens et les chanteurs. Leur répertoire compte notamment des monodies des troubadours (XIème – XIIème siècle), des chants sacrés du XIIIème siècle (Cantigas de Santa Maria, Laudi da Cortona…) ; de la musique profane du XIVème siècle (Codex Rossi…), des madrigaux de la Renaissance, puisant aux sources musicales de toute l’Europe médiévale, de l’Angleterre à l’Espagne, de l’Italie à la France,

Ils jouent sur des instruments médiévaux : harpe gothique, vièle, flûtes médiévales, oud, organetto, percussions et carillon, maintes fois représentés sur les chapiteaux romans, dans les enluminures, les peintures gothiques. Il a fallu chercher des facteurs d’orgue, des luthiers spécifiques. Ainsi, la harpe vient d’Autriche, la vièle et l’organetto d’Italie. Ces instruments sont le fruit des longues recherches, d’expérimentations de longue haleine. L’organetto a été élaboré d’après un tableau de Hans Memmling ; la harpe gothique a été développée par le luthier Franz Reschenhofer en partenariat avec Arianna Savall à partir de différentes représentations. Le carillon de cloches est à l’image d’une enluminure des Cantigas de Santa Maria.

©Res Temporis

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