Désengagement de l’État dans l’apprentissage et la formation : la Région, elle, maintient son cap et ses investissements
Régions Françaises
3 juil. 2026, 14:11
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26 juin 2026 4 minutes de lecture La session plénière des jeudi 25 et vendredi 26 juin a réuni les 83 élus du Conseil régional dans un climat particulièrement difficile pour les Régions. Alors que l’assemblée s’apprête a voté une première décision modificative à son budget 2026, Loïg Chesnais-Girard est revenu sur les désengagements successifs de l’État dans le financement de l’apprentissage (investissements dans les CFA) après celui de la formation professionnelle, notamment celle des futurs soignants. Cette baisse de crédits brutale et soudaine, qui met en péril la réalisation de nombreux projets, ne pourra pas être entièrement compensée par la Région. Toutefois, son Président assure que la Bretagne continuera d’assumer ses responsabilités dans ces domaines prioritaires pour accompagner, d’une part, la montée en compétences de chacun et chacune, et d’autre part, de soutenir les filières économiques et les entreprises qui recrutent et investissent. La collectivité dénonce et déplore avec force la décision de l’État de réduire de 88 % les crédits consacrés à l’apprentissage versés aux Régions. Pour la Bretagne, l’enveloppe vient de passer de 11,7 M€, en 2025 , à seulement 1,4 M€, en 2026 ! Cette décision intervient sans aucune concertation préalable, alors même que de nombreux projets sont déjà programmés sur la base des montants initialement attendus de l’État . Parce qu’elle s’y était engagée, la Région assumera sur son propre budget une partie des conséquences du retrait de l’État, comme le financement du Campus Esprit à Redon (2 M€). Mais la collectivité ne pourra compenser seule une décision qui la prive de 10 M€ de crédits dévolus au soutien des centres de formation des apprentis (CFA) . Plus d’une dizaine d’investissements immobiliers et d’actions en faveur des apprentis bretons s’en trouvent fragilisés, voire compromis. « Cela impacte fortement les capacités de la Région à accompagner les CFA, s’indigne Stéphane Perrin-Sarzier . Mais, au total, c’est plus de 3O M€ de crédits formation qui disparaissent du budget de la Région du jour au lendemain , poursuit le Vice-président de la Région aux finances, Dans ces conditions, nous n’avons plus d’autre choix que de nous dédire ou d’assumer la facture à la place de l’Etat à un moment où on nous ponctionne aussi des recettes ! « Car à cette baisse brutale dans le domaine de l’apprentissage s’ajoutent d’autres coupes drastiques de la part de l’État dans le financement des formations sanitaires et sociales, tout comme dans celles des demandeurs d’emploi et personnes en reconversion. Concernant les formations sanitaires et sociales , la collectivité maintient son engagement de 60 M€/an . Mais elle demande à l’État d’assumer le sien alors que celui-ci ne financera plus les 230 places par an supplémentaires prises en charge jusqu’ici en application du « Ségur de la santé ». Alors que les collectivités sont déjà fortement mises à contribution pour participer au redressement des finances publiques et à différentes politiques prioritaires, la Région refuse de se substituer systématiquement au désengagement de l’État. Depuis le début de son mandat, l’exécutif régional fait de la formation et de la montée en compétences sa priorité. Et il entend bien continuer ainsi. Dans le seul champ de l’apprentissage, la collectivité a soutenu, entre 2020 et 2025 , plus de 50 projets d’investissement pour un montant supérieur à 52 M€ tout en accompagnant plus de 400 projets en dépenses de fonctionnement pour près de 14 M€ . Ces opérations ont permis de moderniser les centres de formation , de développer l’offre sur tout le territoire, de soutenir les filières économiques stratégiques et d’ accompagner des milliers de jeunes vers la qualification et l’emploi. Dans ce contexte, la Région Bretagne appelle le Gouvernement à sortir de l’ambiguïté . Il n’est pas cohérent de prétendre faire de l’apprentissage une priorité nationale, d’appeler à renforcer les compétences face aux transitions économique et industrielle et, dans le même temps, de réduire brutalement les moyens consacrés à ces objectifs. Consultez le dossier de presse complet.