Laisser annexer le Groenland signifierait que nous avons accepté la soumission | Claude Malhuret
19 janvier 2026
Sommaire mis à jour le 29 août 2026
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Avec Édouard Édouard Philippe (Avec Édouard)
00:00 - 02:23
Intervenant 1
Monsieur le Président, Madame et Messieurs les ministres, mes chers collègues. Ce monde nouveau est en train de naître sous nos yeux et nous peinons à le comprendre. La première puissance de la planète, garante de l'ordre actuel, est devenue celle qui le conteste. Elle était notre alliée, elle est aujourd'hui notre adversaire avant de devenir peut-être demain notre ennemi. Elle était un rempart contre les dictatures, elle semble sur le point d'en devenir une.
Si nous peinons à comprendre, c'est d'abord parce que le trumpisme est une incohérence. Une doctrine simpliste et des actes qui ne cessent de la démentir. L'isolationnisme est revendiqué avec les droits de douane ou la traque des étrangers, pourtant jamais aucun président n'a commis autant d'ingérences. En un an, il a effectué autant de frappes aériennes que Biden durant tout son mandat. Guerre Israël-Hamas, bombardement de l'Iran, frappes au Nigeria, en Somalie, au Yémen, en Syrie, au Venezuela.
Il se proclame président de la paix et candidat au prix Nobel, tout en menaçant de nouvelles interventions : Canada, Groenland, Cambodge, Cuba, Colombie et Mexique. Le seul pays dont il se désengage, c'est l'Ukraine. Et les pourparlers qui traînent, les concessions à Poutine, le lâchage des Européens sont tels qu'ils finissent par rendre crédible ce qu'il accuse d'être Krasnov, cet agent russe recruté dans les années 90 et objet d'un compromat. La deuxième absurdité, c'est l'absence totale de persévérance dans l'action. Trump se targue d'avoir arrêté huit guerres en un an, ce n'est le cas d'aucune d'elles.
Au mieux des cessez-le-feu fragiles, au pire des combats qui continuent et nulle part aucun traité de paix n'a été signé. L'important n'est pas le résultat, mais les bonnes images pour la télé. Trois petits tours et puis s'en va. Sa politique extérieure est celle d'un enfant de quatre ans qui pleure pour obtenir le beigneur vu dans la vitrine et qui le jette trois jours plus tard dans une malle après lui avoir arraché une jambe. Incompréhensible est la volonté de casser le système international mis en place par les États-Unis depuis 45, que dans un délire paranoïaque les trumpistes interprètent comme un complot du monde entier contre leur pays.
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