Commission des affaires sociales : Mme Marine Jeantet, déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté
2 février 2021
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Affaires sociales (commission) Assemblée nationale
00:00 - 00:40
Intervenant 1
Fortement impliquée dans le suivi de la crise sanitaire, la commission des affaires sociales n’oublie pas que la solidarité fait également partie de ses compétences. C’est pourquoi notre bureau a souhaité que nous fassions le point avec Mme Marine Jeantet, déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté. À l’automne 2018, le Gouvernement a défini une stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté. Cette approche nouvelle de l’action sociale à destination des plus fragiles visait à se saisir de toutes les dimensions de la question : le logement, l’hébergement, l’insertion, la santé, l’accès aux droits et aux biens essentiels. La démarche se veut innovante en se fondant sur les initiatives des territoires plutôt que sur des politiques menées d’en haut.
Plus de deux ans après son lancement, il nous revient de faire le point sur cette stratégie, de bien comprendre quel est votre rôle au regard des ministères et administrations chargés de ces politiques et de procéder à un premier bilan de votre action mais aussi de celles des hauts commissaires à la lutte contre la pauvreté, missionnés auprès des préfets de région. Vous nous direz sans doute également comment cette stratégie s’est adaptée à la crise sanitaire durant les derniers mois, particulièrement éprouvants pour un grand nombre de nos concitoyens. Je pense particulièrement à nos jeunes.
00:40 - 01:30
Intervenant 2
J’ai pris mes fonctions le 11 mars dernier donc trois jours avant le premier confinement, dans un contexte assez perturbé de gestion de crise. Il existait déjà des personnes précaires, des pauvres en France avant la crise. La France est un pays riche ; le taux de pauvreté est l’un des plus faibles d’Europe mais il se situe tout de même aux alentours de 15 %, ce qui reste toujours trop par rapport à ce que nous pourrions imaginer dans un pays riche. Notre système de redistribution fonctionne : nous serions à un taux de pauvreté d’environ 22 % sans cette redistribution par les différentes aides sociales. Notre système permet donc de réduire le taux de pauvreté de 22 % à 15 % ce qui est déjà une première marche assez conséquente.
Malheureusement, cette crise arrivée très soudainement voici un an touchera de manière massive et en priorité beaucoup de personnes précaires. Nous l’avons vu sur le plan sanitaire. Cette crise est un révélateur assez brutal des inégalités sociales qui existaient déjà mais sont devenues encore plus criantes durant le premier confinement. Il s’agit d’abord d’inégalités dans l’accès aux soins ; elles sont liées aux conditions de vie des personnes surexposées au risque de covid dans des logements surchargés. Des personnes non éligibles au télétravail se sont retrouvées exposées en allant travailler tandis que d’autres personnes, plutôt des cadres, pouvaient travailler à domicile et donc se protéger.
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