Commission des lois : Mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences ; Report du renouvellement général des conseils départementaux, des conseils régionaux et des assemblées de Corse, de Guyane et de Martinique

3 février 2021

Aucun chapitre disponible pour le moment

Lois (commission) Assemblée nationale

00:00 - 01:05
Intervenant 1
Lors de la Conférence des présidents du mardi 19 janvier 2021, le président du groupe La France insoumise, M. Jean Luc Mélenchon, a fait usage, pour cette proposition, du « droit de tirage » que le deuxième alinéa de l’article 141 du Règlement de l’Assemblée nationale reconnaît à chaque président de groupe d’opposition ou de groupe minoritaire une fois par session ordinaire.  Par conséquent, et conformément au second alinéa de l’article 140 du Règlement, s’il revient à la commission des lois, à laquelle a été renvoyée la proposition de résolution, de vérifier si les conditions requises pour la création de la commission d’enquête sont réunies, il ne lui appartient pas de se prononcer sur l’opportunité d’une telle création.  Les trois conditions sont les suivantes : en premier lieu, pour être recevables, les propositions de résolution tendant à la création de commissions d’enquête « doivent déterminer avec précision soit les faits qui donnent lieu à enquête, soit les services ou entreprises publics dont la commission doit examiner la gestion », en application de l’article 137 du Règlement.  En l’occurrence, les faits sur lesquels la commission d’enquête devra se pencher semblent définis avec une précision suffisante puisque, selon l’article unique de la proposition de résolution, elle serait chargée d’examiner « les différents aspects de la main basse sur l’eau en identifiant les cas emblématiques de financiarisation, de prédation, de corruption et de mauvaise gestion de l’eau par les opérateurs privés en France, notamment en outre-mer », « le rôle de l’État et des autorités organisatrices des services d’eau potable et d’assainissement des eaux usées dans les cas identifiés » et les conséquences de ces « cas emblématiques » s’agissant de l’évolution « des conditions de collecte, de distribution, d’assainissement et de facturation de l’eau potable tant pour les finances publiques que pour les usagers ».  En second lieu, les propositions de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sont recevables sauf si, dans l’année qui précède leur discussion, a eu lieu une mission d’information ayant fait usage des pouvoirs dévolus aux rapporteurs des commissions d’enquête demandés dans le cadre de l’article 145‑1 du Règlement ou une commission d’enquête ayant le même objet. 

Or ce n’est pas le cas ici, bien que deux rapports d’information récents de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire aient déjà abordé le sujet de l’eau : le premier, déposé le 21 juin 2018, portait sur la ressource en eau et le second, déposé le 4 juin 2020, traitait de la gestion des conflits d’usage en situation de pénurie d’eau.  La mission d’information dont le second rapport est issu, bien qu’ayant eu lieu dans l’année qui précède l’examen de la proposition de résolution, n’a pas bénéficié, pour ses travaux, des prérogatives attribuées aux commissions d’enquête.  La proposition de résolution remplit donc le deuxième critère de recevabilité.  Enfin, en application de l’article 139 du Règlement, la proposition de résolution ne peut être mise en discussion si le garde des sceaux fait connaître que des poursuites judiciaires sont en cours sur les faits ayant motivé le dépôt de la proposition.  L’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 prévoit, quant à lui, que la mission d’une commission d’enquête déjà créée prend fin dès l’ouverture d’une information judiciaire relative aux faits sur lesquels elle est chargée d’enquêter. 

Interrogé par le président de l’Assemblée nationale conformément au premier alinéa de l’article 139 précité, M. Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, ministre de la Justice, lui a fait savoir, dans un courrier du 29 janvier 2021, que le périmètre de la commission d’enquête envisagée était « susceptible de recouvrir pour partie plusieurs procédures judiciaires en cours ».  La commission devra donc veiller, tout au long de ses travaux, à ne pas faire porter ses investigations sur des questions relevant de la compétence exclusive de l’autorité judiciaire.  Sous cette réserve, il apparaît que la demande de création d’une commission d’enquête relative à la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences est recevable. 
01:05 - 01:30
Intervenant 2
Depuis plus d’un an, le virus de la Covid-19 circule sur notre territoire, mettant à l’épreuve notre système de santé, notre économie, notre vie quotidienne, mais également notre démocratie.  Fondé sur l’exercice régulier, sincère et équitable du pouvoir de suffrage, notre calendrier électoral a dû être modifié à plusieurs reprises pour préserver la santé de nos concitoyens et limiter la propagation de la maladie.  Suivant l’avis du Conseil scientifique Covid-19, mis en place auprès de l’exécutif, nous avons déjà été amenés à reporter le second tour des élections municipales, du 22 mars au 28 juin 2020, les élections consulaires, de mai 2020 à mai 2021, ainsi que plusieurs élections législatives, sénatoriales et municipales partielles qui pourront être organisées jusqu’au 13 juin 2021, par dérogation au délai de trois mois pour l’organisation de l’élection après constatation de la vacance de siège.  Ces décisions, difficiles au regard de l’importance de ces échéances électorales pour nos concitoyens, ont jusqu’à présent fait l’objet d’un accord entre l’Assemblée nationale et le Sénat.  Ce consensus témoigne de l’attachement de l’ensemble des partis politiques à l’organisation des élections dans des conditions permettant de concilier les principes constitutionnels de sincérité et de périodicité du scrutin avec celui de préservation de la santé publique. 

La suite de la transcription est réservée aux clients Pro

Débloquez la transcription complète, le chat et toutes les fonctionnalités d'analyse avec Polyfact Pro.

Posez une question sur cette vidéo — j'analyse sa transcription pour vous répondre.