Défaillances des pouvoirs publics face aux plans de licenciements : M. Clément Malgouyres, chercheur du CNRS auprès du Centre de recherche en économie et statistique (CREST) et économiste auprès de l’Institut des politiques publiques (IPP)

8 avril 2025

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Défaillances des pouvoirs publics face aux plans de licenciements : M. Clément Malgouyres, chercheur du CNRS auprès du Centre de recherche en économie et statistique (CREST) et économiste auprès de l’Institut des politiques publiques (IPP)

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Intervenant 1
Nous débutons notre programme d’auditions du jour avec M. Clément Malgouyres, chercheur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) auprès du Centre de recherche en économie et statistique (CREST) et économiste auprès de l’Institut des politiques publiques (IPP), à qui je souhaite la bienvenue.  Vos travaux portent en particulier sur la fiscalité des entreprises, l’évaluation des politiques d’incitations fiscales et le rôle des entreprises sur le marché du travail.  C’est la raison pour laquelle il nous est apparu pertinent de recueillir votre témoignage.  Je vous rappelle que l’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes auditionnées par une commission d’enquête de prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.  Je vous invite donc, Monsieur, à lever la main droite et à dire : « Je le jure ». 

Votre analyse sur la baisse des revenus liée aux plans de licenciements massifs soulève une question importante.  Peut-on établir un lien direct entre la taille des entreprises et le niveau de la rémunération proposée aux salariés ?  Plus précisément, est-il juste d’affirmer que les grands groupes, souvent concernés par les plans de sauvegarde de l’emploi impliquant un nombre élevé de salariés, offrent généralement de meilleures rémunérations que les petites structures ?  Cette hypothèse expliquerait-elle la difficulté des salariés licenciés à retrouver un niveau de rémunération équivalent par la suite ?  Je fais ce constat dans ma circonscription, dans laquelle une entreprise qui ferme propose à des techniciens des salaires qui sont en moyenne plus élevés – même s’ils ne sont pas excessivement élevés – que dans les autres entreprises du territoire. 
00:50 - 01:15
Intervenant 2
La plupart des études sur le sujet se concentrent sur la fermeture d’entreprises de grande taille.  C’est le choix que font les chercheurs pour obtenir des résultats pertinents.  Les salariés affectés par un plan de sauvegarde de l’emploi appartiennent à des structures de taille supérieure à la taille moyenne des structures en France.  Or, il existe une corrélation nette entre la taille de l’entreprise et le salaire horaire proposé.  Le passage d’une grosse structure à une structure plus petite, potentiellement moins productive, explique donc la baisse de revenus que l’on peut observer. 
01:15 - 01:40
Intervenant 1
Vous avez évoqué le risque d’une évolution importante de l’emploi dans les entreprises fortement émettrices de carbone, tout en soulignant que la France semblait relativement protégée par rapport aux États-Unis.  Cependant, l’industrie automobile continue de peser dans notre pays, même si sa place est moins importante aujourd’hui qu’autrefois.  Le passage du moteur thermique au moteur électrique entraîne une réduction importante des emplois dans notre pays.  L’entreprise Bosch, située à Onet‑le‑Château, près de Rodez, fabriquait des injecteurs-pompes pour optimiser la consommation de gazole.  Or, ce type de produits est aujourd’hui beaucoup moins demandé. 

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