Effets psychologiques de TikTok sur les mineurs : Mmes Marie-Christine Cazaux, et Catherine Martin, éducatrices spécialisées

13 mai 2025

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Effets psychologiques de TikTok sur les mineurs : Mmes Marie-Christine Cazaux, et Catherine Martin, éducatrices spécialisées

00:00 - 00:30
Intervenant 1
Mmes Marie-Christine Cazaux et Catherine Martin exercent une vigilance particulière sur certains influenceurs et ont signalé des pratiques préoccupantes, notamment auprès de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).  Je vous remercie de bien vouloir nous déclarer tout intérêt public ou privé de nature à potentiellement influencer vos déclarations.  Je vous rappelle également que cette séance est retransmise en direct sur le site internet de l’Assemblée nationale.  L’enregistrement vidéo sera ensuite disponible à la demande.  L’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes auditionnées dans le cadre de travaux d’enquête de prêter le serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. 

Je vous invite donc à lever la main droite et à dire : « Je le jure ». 
00:30 - 01:20
Intervenant 2
Notre collectif s’est constitué en 2023 à la suite de la promotion, par l’influenceuse Ophenya, d’une application de rencontre destinée aux jeunes âgés de dix à vingt-et-un ans, jugée dangereuse pour les mineurs et largement médiatisée à l’époque.  Cet événement est venu soulever une question fondamentale : au-delà des problématiques liées à l’algorithme de TikTok, les créateurs de contenu ont-ils une responsabilité directe sur la santé mentale des mineurs ?  Afin d’y répondre, nous observons depuis près de deux ans plusieurs influenceurs, en portant une attention particulière à Ophenya, Il nous paraît essentiel d’expliquer ce choix, en rappelant que notre objectif n’est nullement de lui faire un procès.  Toutefois, lorsque la presse, des professionnels dont nous faisons partie, ainsi que des collectifs ont dénoncé à juste titre l’application Crush, nous avons vu émerger des milliers de commentaires de « BGnya », nom donné à sa communauté.  Beaucoup de mineurs défendaient alors cette application en affirmant qu’elle n’avait rien de problématique, que la presse mentait et que les critiques étaient motivées par la jalousie. 

Ce sont précisément ces réactions passionnelles, dénuées d’objectivité et profondément défiantes à l’égard de la presse et des institutions, qui ont commencé à nous alerter.  Ce choix s’est également imposé à nous car, à l’époque, Ophenya était la plus grande influenceuse jeunesse avec cinq millions d’abonnés, était engagée dans des causes telles que la santé mentale et le harcèlement scolaire et avait été légitimée dans son combat par le Gouvernement.  Ophenya est ainsi devenue une sorte de maître étalon nous permettant d’observer les conséquences d’une interaction poussée à son extrême avec des mineurs âgés de huit à dix-sept ans.  En parallèle, nous observons l’ensemble de la plateforme TikTok depuis deux ans.  Quatre thématiques principales se sont dégagées de notre travail : la responsabilité des influenceurs sur la santé mentale des mineurs, les phénomènes d’emprise, la présence de contenus violents et inadaptés ainsi que l’algorithme et la modération. 

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