Gérald Darmanin : «Quand quelqu'un fait une faute professionnelle, il faut en tirer des conclusions»

23 juin 2026

CNEWS

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D'abord, il est très difficile de réformer le ministère de la Justice, chacun le sait.  Et ça fait un an que je suis ministre de la Justice et j'essaie de le faire en créant des prisons de haute sécurité, en changeant la politique carcérale, en organisant différemment la politique contre le narcotrafic et j'espère en remettant un peu de bon sens au ministère de la Justice.  Est-ce qu'une majorité de magistrats pense comme le syndicat de la magistrature ?  Personnellement, je ne le crois pas.  J'ai beaucoup d'échanges avec eux. 

Il y a des gens qui se posent des questions, il y a des gens qui peuvent être découragés dans leur travail, il y a des gens qui disent : "Attendez, il y a eu un problème à Auch, il n'y en a pas partout en France" et ils ont raison et ils font très bien leur travail.  Mais est-ce que nous avons une confrontation ?  Ce matin, j'ai dit sur France Info en écoutant l'une des responsables du syndicat de la magistrature qui a dit : "Oui, le rapport est accablant, oui, le rapport me désigne des fautes, mais il ne faut pas sanctionner notre collègue pour ça".  Là, j'ai une opposition, j'ai dit frontale, une opposition complète avec le syndicat de la magistrature.  Évidemment que lorsque des magistrats, mais comme les policiers, comme les gendarmes, comme les ministres, comme les gardiens de phare, comme les pharmaciens, comme les médecins, quand quelqu'un fait une faute professionnelle, il ne s'agit pas de ne pas respecter les procédures, je les respecte. 

Je saisis un rapport d'inspection, je saisis une enquête administrative, on saisira le Conseil supérieur de la magistrature.  Il n'y a pas de mouvement arbitraire contraire à l'État de droit dans ce que je dis, je fais mon rôle de chef.  Quand quelqu'un, il est désigné qu'elle fait des fautes professionnelles, mais évidemment qu'il faut en tirer des conclusions.  Parce que si personne ne contrôle les magistrats, qui les contrôle ?  Alors on veut bien, on peut avoir un débat démocratique pour savoir si c'est le ministre qui doit les contrôler. 

Si c'est pas le ministre, ça doit être quelqu'un d'autre.  Est-ce que c'est une autorité administrative indépendante ?  Est-ce que c'est le Conseil supérieur de la magistrature ?  Est-ce que c'est le Parlement ?  On peut discuter de ce pouvoir. 

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