A Wallis et Futuna, nous n'avons pas la même sécurité sociale qu’en métropole.
27 octobre 2025
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Conseil économique social et environnemental CESE
00:09 - 05:11
Intervenant 1
Pour Footona, il faut juste comprendre qu'on a un tout petit hôpital avec très peu de moyens et que, pour la majorité des soins importants, on est obligé d'aller sur Wallis. Donc le premier aspect, il va déjà être logistique : il faut prendre l'avion, qui est un Twin Otter d'une douzaine de places, pour aller à Wallis, et qu'en général, surtout en ce moment, on n'a plus d'accompagnateur qui part avec le malade. Donc, on aimerait bien que ça soit rétabli, puisque c'est un soutien psychologique aussi pour le malade, et aussi pour arriver sur place si on n'a pas de famille, ou qu'il n'y en a pas. C'est quand même important d'avoir quelqu'un sur qui s'appuyer pour faire des démarches ou juste aller chercher de l'alimentation, ce genre de choses. Au-delà de ça, ce sont les conditions d'hébergement qui survolent.
Donc effectivement, actuellement, la solution, c'est une auberge, où on est en dortoir pour le séjour, surtout pour que ce soit l'aide ou l'accompagnateur. On aimerait vraiment qu'on optimise, qu'on améliore, qu'on fasse évoluer ces conditions d'hébergement pour le séjour, surtout les séjours assez longs, et c'est ce qui nous ramène au cas des femmes et de la maternité. Donc, il n'y a pas de maternité à Foutouna, les femmes sont obligées d'aller à Wally pour accoucher, étant donné qu'on n'a pas de bloc opératoire à Foutouna. En cas de complications et de nécessité, par exemple une césarienne, on n'a pas les moyens de les faire, et le déclenchement d'un accouchement, dont c'est dans les cas, est impossible. Donc essayer de voir comment on pourrait raccourcir ces jours-là qui sont de plus de 4 semaines et, en tout cas, les rendre le plus confortables possible pour les familles. Ça, c'est vraiment les urgences, on va dire, au niveau inter-îles, entre les deux îles. Après, spécifiquement sur Foutuna, au niveau des urgences, ce sont les pompiers qui se substituent aux ambulances, mais l'état catastrophique de la route fait que leur service n'est pas rapide. Il y a des délais très longs sur une petite île qui fait 30 kilomètres de tour. C'est inconcevable qu'on doive attendre deux, trois, quatre heures, et ce n'est pas la faute des agents.
Donc ça, si on arrive à sensibiliser les autorités sur le fait de créer une vraie route, en tout cas de l'améliorer et de l'entretenir, ça fluidifiera déjà cette partie-là. Alors, au niveau de l'offre de sang, ce sont plutôt des spécialistes, que ce soit un cardiologue, un ophtalmo, ce genre de choses-là, qui viennent aux missions annuelles programmées, qui sont en général officiellement programmées à deux voire trois missions annuelles, et parfois on n'en a qu'une voire pas du tout. Donc, on comprend qu'on ne peut pas installer des spécialistes sur notre territoire, car la population est de 12 000 habitants, donc forcément, ce sont des moyens très importants. Mais essayer déjà de respecter en tout cas les programmations au mieux : s'il y a trois rotations, c'est très bien. Et aussi l'élargir, par exemple, on parlait d'avoir ce qu'on appelle des spécialistes pour les enfants, en pédiatrie, tout ce qui est accompagnement des troubles des enfants en situation de handicap, mais aussi des personnes âgées qui ont des programmations un peu plus structurelles, on va dire, et à long terme, parce qu'on a l'impression que les propositions ne sont pas stables et ce ne sont pas des projections à long terme. Ce n'est vraiment pas dans l'urgence, mais voilà, en fonction des moyens, sur des projections à moyen terme, de deux ou trois ans maximum.
Donc, ce serait bien de figer un peu plus les choses et qu'on ait, en fin de compte, des repères sur le suivi, on va dire, de chaque spécialité. Récemment, le territoire s'est quand même doté de la fibre, donc je pense qu'on a les moyens matériels actuellement pour pouvoir travailler à distance. Ça serait forcément une opportunité puisque là on parlait des spécialistes qui ne peuvent pas forcément se déplacer, mais aussi, je pense, entre médecins pour travailler ensemble, se questionner sur des problématiques qu'ils rencontrent sur le terrain, mais aussi d'autres services. Forcément, ça pourrait être une opportunité. Après, il y a aussi des difficultés organisationnelles, ne serait-ce que par rapport au décalage horaire, qui fait que, bon, quand ici il est minuit, là-bas il est quasiment midi. Donc, ce sont des choses, mais il faut harmoniser et organiser. Je pense que, effectivement, ça sera un plus pour voir les Sefoutuna. Quand on est en métropole ou ailleurs, étant donné qu'on n'a pas la sécurité sociale et la même couverture qu'ici, il serait vraiment important aujourd'hui de créer quelque chose, en tout cas institutionnellement parlant, pour que s'il nous arrive un pépin en métropole, par exemple comme dans mon cas actuel où on est en déplacement, mais il y a aussi des étudiants, il y a plein de personnes qui viennent en mission quotidiennement, il y a aussi des Evasans qui viennent en métropole et qui sont confrontés à ces situations-là.
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