Sandrine Rousseau alerte sur le risque "d'une seconde affaire" Le Scouarnec

11 septembre 2026

Sandrine Rousseau alerte sur le risque "d'une seconde affaire" Le Scouarnec

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Intervenant 1
Nous ne pouvons pas dire qu'il n'y a pas une seconde affaire Le Scouarnec quelque part en France.  C'est impossible à affirmer.  Ce qui est apparu très clairement, c'est qu'il y a eu des défaillances majeures pour en arriver à l'affaire Le Scouarnec et pour qu'un chirurgien puisse avoir été condamné pour près de 300 viols et agressions sexuelles dont la plupart sur mineurs et en effet dans des conditions d'exercice de son métier pour la plupart des cas.  Donc il y a eu des défaillances majeures en amont de l'affaire Le Scouarnec, mais ça le procès quelque part l'avait déjà montré.  Ce que nous avons nous cherché à comprendre, c'est quels enseignements et quelles conclusions ont été tirés par les différentes institutions concernées par cette affaire après le procès Le Scouarnec. 

Et force est de constater qu'aucune des institutions que nous avons auditionnées ne nous a semblé avoir pris la juste mesure de ce qui s'était déroulé.  C'est-à-dire que à part des modifications mineures dans les procédures, notamment du Conseil de l'Ordre qui a à la marge modifié ses procédures d'instruction des signalements ou la gendarmerie qui a formé ses membres pour l'annonce des faits, à part quelques éléments comme ça, nous n'avons pas entendu de la part d'aucune des institutions une véritable prise en compte, une modification des procédures, les leçons tirées de cette affaire Le Scouarnec, ce qui nous inquiète au premier plan puisque évidemment aujourd'hui nous ne pouvons pas dire, et je crois qu'aucune des quatre rapporteures ne pourrait le dire ici après toutes les auditions que nous avons faites, nous ne pouvons pas dire qu'il n'y a pas une seconde affaire Le Scouarnec quelque part en France.  C'est impossible à affirmer.  Parce que aujourd'hui encore, vous pouvez très bien avoir des sanctions au sein de l'Ordre des médecins et devenir kinésithérapeute et dépendre d'un autre ordre et cela ne fait l'objet d'aucune espèce d'information.  Vous pouvez ne pas avoir le certificat d'honorabilité parce que vous avez été condamné pour des violences sexistes et sexuelles dans le médico-social et pour autant devenir médecin ou kiné ou sage-femme ou quoi. 

Et donc en fait aujourd'hui, il n'y a absolument pas eu de prise en compte de la réalité de cela.  Parmi les auditions qui m'ont beaucoup marquée, il y a le fait que nous avons posé la question à toutes les institutions que nous avons reçues, c'est-à-dire nous avons posé la question à la gendarmerie, nous avons posé la question à la police, nous avons posé la question aux procureurs, nous avons posé la question à la justice de savoir si une fois depuis l'affaire Le Scouarnec ils avaient été saisis par l'Ordre des médecins d'un signalement de violences sexistes et sexuelles.  Aucune.  Aucune de ces institutions n'a répondu par l'affirmative.  Toutes ont dit non, jamais nous n'avons été saisis par l'Ordre des médecins du moindre signalement de violences sexistes et sexuelles après l'affaire Le Scouarnec comme avant l'affaire Le Scouarnec. 
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