Les SDIS essayent de favoriser l'intégration des femmes. Mais il y a encore une certaine omerta.
23 octobre 2026
Sommaire mis à jour le 23 oct. 2026
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Conseil économique social et environnemental CESE
00:09 - 02:20
Intervenant 1
Les femmes qui se désengagent sont jeunes. Celles que j'ai interviewées avaient toutes moins de 35 ans. Deux d'entre elles étaient même mineures. Et donc elles ont toutes rencontré différents freins au cours de leur engagement. Le premier, c'est la difficile conciliation entre leur engagement, leur vie personnelle et leur vie familiale.
Et donc elles ont parfois du mal à trouver du temps pour voir leurs enfants parce que les formations sont organisées pendant les vacances scolaires ou en week-end. Elles ont du mal à les faire garder, etc. C'est quelque chose qui est aussi remonté par les hommes, mais dans des proportions moindres. Et d'ailleurs, on observe que les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à se désengager. Pour d'autres raisons aussi.
Elles sont également plus nombreuses que les hommes à avoir signalé des comportements problématiques de certains formateurs qui peuvent être humiliants parfois ou qui n'ont pas un comportement adapté à ce qu'on peut attendre en termes de pédagogie, par exemple. L'un des problèmes majeurs qui revient aussi très régulièrement, c'est les violences sexuelles et sexistes, en fait, dont elles sont victimes, que ce soit au cours de leur formation ou vraiment à la caserne. Ces violences-là les poussent à quitter leur engagement. En fait, la hiérarchie et le poids de la hiérarchie est très, très important dans le milieu des sapeurs-pompiers de manière générale. Et c'est quelque chose que je retrouve aussi chez les femmes.
Lorsqu'elles rencontrent des problèmes, elles ont du mal parfois à aller parler à leur chef de centre ou à remonter les faits encore plus haut dans la hiérarchie. Elles ont beaucoup de difficultés à dénoncer des comportements de personnes qui sont plus gradées qu'elles. D'autant que généralement, les personnes gradées sont déjà là depuis un certain temps. Et en fait, l'institution sait qu'ils sont disponibles, qu'ils sont investis, qu'ils sont motivés, etc. Et donc elles ont peur, et c'est parfois la réalité, que leur problème, leur témoignage soit minoré par rapport à ce qu'elles vivent vraiment en raison de la nécessité d'avoir suffisamment de monde dans les camions et donc de la difficulté à se séparer de personnes qui peuvent avoir un comportement problématique mais qui sont malgré tout très investies dans leur mission.
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