Claude Moniquet : «Nous sommes bien plus confrontés aujourd'hui à un terrorise individuel»
11 septembre 2026
Claude Moniquet : «Nous sommes bien plus confrontés aujourd'hui à un terrorise individuel»
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Elle reste très clairement pour l'Europe, pour l'Amérique du Nord, pour l'Asie, pour l'Afrique, elle reste la menace terroriste numéro un. Il n'y a aucun doute là-dessus. Les chiffres sont très clairs. Mais elle a profondément muté. Al-Qaïda était une organisation qui était une petite organisation élitiste, extrêmement structurée, hiérarchisée, qui n'a jamais compté plus de quelques centaines de membres réels, de membres actifs dans son noyau dur, mais qui avait une aura, disons, intellectuelle et opérationnelle dans les milieux islamistes radicaux et qui n'a jamais été capable, fort heureusement, de rééditer les attentats du 11 septembre.
Mais après, on a eu toute une série de choses qui se sont passées, dont l'invasion de l'Irak. Et l'invasion de l'Irak a donné lieu, terrible erreur américaine, l'invasion de l'Irak a donné lieu à la déstabilisation totale de l'Irak et à l'éruption, dix ans plus tard, de l'État islamique. Et donc à toute la vague terroriste qu'on a connue depuis 2013 avec les attentats du 13 novembre, avec Nice, avec les attentats de Bruxelles, avec des dizaines d'attentats commis partout en Europe entre 2015 et 2017. Et une menace terroriste qui depuis n'a jamais décru, mais qui aujourd'hui est moins structurée, quoi qu'il faille être très, très prudent, très, très méfiant. Ces quarante ans d'observation de la menace me l'ont appris.
On peut, on est à la merci de la répétition, pas du tout du même attentat. La sécurité aérienne a changé. Détourner un avion aujourd'hui, et encore plus trois avions, quatre avions, c'est impensable. En revanche, arriver à organiser un attentat meurtrier, multicible, qui fasse des centaines ou des milliers de victimes, malheureusement, c'est une possibilité qu'on ne doit pas exclure, même si aujourd'hui on est bien davantage confrontés à un terrorisme individuel commis, inspiré par les islamistes radicaux, mais commis par des bas de plafond qui sont incapables de concevoir et de réaliser un plan structuré.