Un autre spatial est possible !
10 septembre 2026
Sommaire mis à jour le 10 sept. 2026
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Jean-Luc Mélenchon
00:00 - 03:23
Intervenant 1
Depuis la création du mouvement insoumis, nous avons positionné la question de l'exploration de l'espace comme une des nouvelles frontières de l'humanité. Et nous le placions à côté de la mer et du numérique, persuadés que la France ayant par ses chercheurs, ses ingénieurs, ses traditions historiques, sa capacité à avoir anticipé dans le passé sur ces questions, des moyens particuliers qui pouvaient en faire un leader au compte de l'humanité. C'était une vision qui paraissait à l'époque un peu étrange et il n'y avait que vous pour sympathiser dans la discussion avec nous parce qu'on parlait de la même chose. Nous voici rendus six ans plus tard au moment où la plupart des puissances ont compris que l'espace, comme la mer, comme le numérique, mais puisque nous sommes sur l'espace, est une des possibilités de l'accumulation capitaliste et que les différentes nations, les différents systèmes économiques sont en compétition à propos de l'espace. Dès lors, il y a bien un projet dominant et un projet dominé.
Le projet dominant, c'est l'espace est une source d'accumulation, l'espace est une source de profit, l'espace doit être confié aux entreprises privées et tout ce qui a un rapport avec l'espace doit être privatisé. Naturellement, ce sont toujours les Nord-Américains qui en donnent les formules les plus grossières et les plus vulgaires, les plus conquérantes et les plus impérialistes et c'est ce que nous avons vu il y a quelques jours dans la bouche de Monsieur Trump. Il reste encore des naïfs pour croire que Trump est juste délirant. Non, Trump va au bout d'une logique et il le dit avec les mots qui sont ceux d'un homme d'affaires qui construit des choses qui ne servent à rien, c'est-à-dire des tours, sinon à l'accumulation elle-même. Et il a décrété que la lune appartenait aux États-Unis d'Amérique parce qu'ils y étaient arrivés les premiers.
Alors bien sûr, beaucoup d'entre vous ont souri, n'ont pas pris ça au sérieux. Moi, je l'ai pris très au sérieux. Telle est la mentalité de l'impérialisme qu'il est capable de considérer que tout ce qu'il touche lui appartient. Et il est vrai qu'on est entré dans cette phase. Et il est vrai que la France, sans en avoir jamais saisi son parlement, a opté pour cette option.
Car en envoyant un fonctionnaire signer le traité Artémis, nous avons été engagés dans l'idée que le premier arrivé est le premier servi et qu'il a le droit d'organiser autour de sa présence sur un corps céleste, là il s'agit de la lune, une sécurisation, disent-ils, c'est-à-dire une occupation armée de la position occupée, comme on l'aurait fait dans le passé à propos de n'importe quelle colonisation de n'importe quel territoire envahi. Il y a donc bien qu'une vision globale, méthodique, de la privatisation de l'exploration, ce que nous appelons nous l'exploration de l'espace et qu'eux appellent la conquête de l'espace. C'est pourquoi une des premières tâches à laquelle il faudra que nous nous assignions dans le moment où nous exercerions le pouvoir, c'est de rappeler que nous sommes attachés à la philosophie qui était celle des débuts de l'exploration spatiale. L'espace res nullius appartient à l'humanité tout entière. Personne n'a le droit de se l'approprier.
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