L’espace doit rester un bien commun
10 septembre 2026
Sommaire mis à jour le 10 sept. 2026
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Jean-Luc Mélenchon
00:00 - 00:11
Intervenant 1
Est-ce que vous vous opposez au partenariat notamment d'Ariane Espace avec des entreprises américaines? Et vous, président de la République, avec quelle organisation, quel pays, quelle entreprise est-ce que vous favoriseriez les partenariats dans l'espace?
00:11 - 02:13
Intervenant 2
Oui. Il y a deux visions de l'espace. Pour nous, les insoumis, on a introduit la question de l'espace comme nouvelle frontière de l'humanité, la mer, le numérique, dès notre création, avec la certitude que c'était la prochaine direction d'expansion de l'humanité parce que ça a toujours été comme ça, notre espèce a toujours franchi toutes ces frontières. Et bien sûr, à l'époque, ça n'intéressait pas grand monde. Mais dorénavant, la compétition des nations, la démonstration qui a été faite qu'il pouvait y avoir dans l'espace une source de profit considérable, ont attiré toutes sortes d'affaires.
Et deux visions s'opposent. La nôtre, qui est celle de l'espace comme bien commun, et l'autre qui considère que c'est un bien comme les autres qu'on peut s'approprier. Et donc on a eu cette déclaration grotesque de Monsieur Trump, mais qui en même temps est un manifeste, qui dit : "La Lune est à nous parce qu'on est arrivés les premiers." Et comme nous, les Français, en cachette, notre gouvernement a signé un accord qui s'appelle Artémis, qui dit qu'on a le droit d'installer des corps spatiaux, des qu'on a le droit de s'installer et de s'approprier ce qu'on trouve dans l'espace et même de le sécuriser, c'est-à-dire d'installer des bases militaires autour. Il y a donc vraiment deux visions du monde qui s'opposent.
Le président Macron, en accord avec sa conception philosophique de la politique, considère que le marché que l'espace est un marché. Et donc pour lui, toutes les coopérations de type commercial sont les bienvenues, quand bien même elles aboutissent pour les Français à des absurdités, c'est-à-dire à mettre en concurrence avec notre propre système d'État avec des systèmes privés, plus ou moins privés d'ailleurs. Tout ça confine au ridicule avec la traditionnelle série des copinages entre belles personnes pour s'arranger des marchés publics. Donc en effet, je condamne certains de ces accords que je trouve inacceptables et surtout je demande que la France puisse se saisir du sujet. C'est pas Monsieur Macron, y compris par temps, qui va décider.
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